Questions sur le Tabligh
Question: Est-ce que le « Khouroudj fi sabilillah », communément appelé « Tabligh Djama’te »
peut-être considérée comme une « Bid’ah » (innovation) ? Le « Khouroudj fi sabilillah » est en fait une
sortie en groupe pour la cause religieuse qui dure 3 jours, 40 jours ou 4 mois. La période de sortie
peut même atteindre une année entière (comme c’est le cas au Pakistan notamment). Le but de cette
sortie est principalement de faire la « Da’wa » (d’inviter vers une bonne pratique de l’Islam), et ce,
même pour les débutants.
Réponse: Le « Khouroudj fi sabilillah » ou « Sortie dans le chemin de Dieu » pour la « Da’wa », le
« Tabligh » (propagation du message religieux) et pour raffermir sa propre foi n’est nullement une
« Bid’ah » (innovation), car le principe même de cette sortie existait à l’époque du Prophète
(sallallahou alayhi wa sallam) et des Compagnons (radhia Allahou anhoum), même si la forme n’était
pas la même. A vrai dire, il existe deux sortes de « Da’wa »:
1. La première consiste à appeler les musulmans à un retour vers l’Islam: Cette forme de « Da’wa »
doit se faire à deux niveaux:
❍ Tout d’abord avec sa famille et toutes les personnes qui sont sous sa responsabilité. Cette forme de
« Da’wa » est obligatoire à tout musulman et musulmane.
❍ Avec les autres musulmans en général; il s’agit dans ce cas d’inviter vers le bien et de déconseiller
le mal. Cette forme de « Da’wa » est Far’z Kifâya (c’est une obligation partielle.) Il incombe aux
musulmans de chaque pays de former un groupe parmi eux pour s’acquitter de ce devoir et cette
responsabilité.
1. La seconde consiste à inviter les non-musulmans vers l’Islam. Il s’agit là encore d’un devoir qui
incombe à chaque musulman.
Cependant, le laps de temps déterminé pour les sorties (3 ou 40 jours, 4 mois ou 1 an…) ne
représente en aucune façon une prescription religieuse. Il s’agit plutôt d’une
méthodologie élaborée par des savants musulmans (Ces différents laps de temps ont été cependant
choisis en fonction d’un certain nombre de traditions ou de récits coraniques reprenant ces chiffres:
par exemple, la période de 40 jours revient très souvent en Islam, comme dans l’histoire de Moïse
etc… Mais j’insiste quand même sur le fait que le choix de ces périodes déterminées pour le
« Khouroudj » n’est pas une prescription religieuse.) L’expérience a montré (et montre encore) la
grande efficacité de ce système. Mais il est à noter que le « Khouroudj » n’est pas la seule forme de
Da’wa et de Tabligh: en effet, ils peuvent aussi se faire sous des formes aussi variées que la
publication d’ouvrages islamiques, la mise en place de débats sur des thèmes se rapportant à l’Islam
etc…
Quiconque considère le « Khouroudj » comme étant la seule forme de « Da’wa » est dans l’erreur. De
même, celui qui regarde le programme de sortie élaboré par les savants comme une obligation
religieuse se dévie aussi du droit chemin. On pourrait éventuellement dans ces deux cas parler de
« Bid’ah », mais uniquement pour les personnes qui agissent de la sorte, sans pour autant remettre
en cause, en aucune façon qui soit, le bien fondé de cette noble tâche qu’est le « Khouroudj fi
sabilillah ».
Wa Allâhou A’lam !
Et Dieu est Plus Savant !
Des informations complémentaires et des « fatawas » (en anglais) sur la question du Tabligh sont
disponibles à l’adresse suivante:
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