Modélisation et Estimation Statistique L3
Modélisation et Estimation Statistique L3
Statistique Mathématique en L3
Marc Hoffmann
Janvier 2014
ii
Table des matières
1 Modélisation statistique 1
1.1 Introduction à la problématique statistique . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Le data deluge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.2 Les données hier... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Modélisation statistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2 Echantillonnage 9
2.1 Loi d’une variable aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Fonction de répartition empirique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2.1 Précision d’estimation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2.2 Approche asymptotique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.3 Estimation uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3 Estimation de fonctionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.4 Limites et conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5 Comparaison d’estimateurs 45
5.1 Intervalle et région de confiance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
5.2 Approche asymptotique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
5.3 Modèles réguliers et information de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
5.3.1 Construction de l’information de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . 47
5.3.2 Modèle régulier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
5.4 Cadre général et interprétation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
6 Tests statistiques 53
6.1 Notion de test et d’erreur de test . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
6.2 Hypothèse simple contre alternative simple . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
6.3 Tests gaussiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
6.3.1 Tests sur la moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
6.3.2 Tests sur la variance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
6.4 Construction d’un test : hypothèses générales . . . . . . . . . . . . . . . . 62
6.4.1 Retour sur un exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
6.4.2 Principe de construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
6.5 Tests asymptotiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
6.6 Compléments : p-valeur et liens entre tests et régions de confiance . . . . 66
6.7 Tests d’adéquation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
6.7.1 Tests de Kolmogorov-Smirnov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
6.7.2 Tests du χ2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Chapitre 1
Modélisation statistique
Plan de la séance
– Les données aujourd’hui : le data deluge
– Les données hier... statistikum !
– La statistique comme discipline scientifique : notion de problématique statistique
et d’expérience statistique
– Le modèle d’échantillonnage
[Link]
2 Modélisation statistique
[Link]
FGBL, Apr. 99 à Dec. 05, 1 donnée par jour. (Source : BNP Paribas)
125
120
115
Bund
110
105
Time
115.65
115.60
115.55
value
115.50
115.45
115.40
time
0, 0, 0, 1, 1, 0, 1, 0, 0, 1, 1, 0, 1, 0, 0, 1, 1, 0.
Statistique et probabilités
– 17e siècle : Invention des probabilités. Incorporation d’un raisonnement probabiliste
– et donc un modèle du hasard – dans le traitement d’observations.
– Basculement de la statistique vers une discipline scientifique à part entière. Préfigure
l’actuariat moderne 3 .
– L’exemple historique incontournable : John Arbuthnott (1667–1735) et le déficit des
naissances et morts selon le sexe. – la première reflexion moderne de statistique
et qui préfugurent l’actuariat.
0, 0, 0, 1, 1, 0, 1, 0, 0, 1, 1, 0, 1, 0, 0, 1, 1, 0.
Echantillonnage
Echantillonnage
– L’expérience statistique la plus centrale : on observe la réalisation de X1 , . . . , Xn ,
v.a.r. où les Xi sont indépendantes, identiquement distribuées, de même loi com-
mune PX .
– Que dire de la loi PX commune des Xi ?
– Structure stochastique très simple (variable aléatoires indépendantes, de même loi).
Mais : espace des paramètres immense (toutes les lois de probabilités).
Definition 1.
X : Ω, A, P −→ R, B
PX A = P X −1 (A) = P X ∈ A , A ∈ B.
Formule d’intégration
Z Z
ϕ(x) PX (dx)
E ϕ(X) = ϕ X(ω) P(dω) =
Ω R
ϕ fonction test.
10 Echantillonnage
– Ecriture de PX (dx) :
PX (dx) = 31 δ1 (dx) + 23 δ0 (dx).
– Formule de calcul
Z
ϕ(x) PX (dx)
E ϕ(X) =
R
Z Z
= 31 ϕ(x)δ1 (dx) + 2
3 ϕ(x)δ0 (dx)
R R
1 2
= 3 ϕ(1) + 3 ϕ(0).
– Formule de calcul
Z
k
X
ϕ(x) PX (dx) = e−2 ϕ(k) 2k! .
E ϕ(X) =
R k∈N
– Ecriture de PX (dx) :
2
PX (dx) = √1 e−x /2 dx
2π
dx : mesure de Lebesgue.
2.2 Fonction de répartition empirique 11
– Formule de calcul
Z Z
2
ϕ(x) PX (dx) = ϕ(x)e−x /2 √dx
E ϕ(X) = 2π
.
R R
Fonction de répartition
Definition 2. X variable aléatoire réelle. Fonction de répartition de X :
F (x) := P X ≤ x , x ∈ R .
– F est croissante, cont. à droite, F (−∞) = 0, F (+∞) = 1
– F caractérise la loi PX :
PX (a, b] = P a < X ≤ b = F (b) − F (a)
Problématique statistique
– On observe
X1 , . . . , Xn ∼i.i.d. F,
F fonction de répartition quelconque, inconnue.
– Terminologie : (X1 , . . . , Xn ) est un n-échantillon de la loi F .
– Comment retrouver F à partir des observations X1 , . . . , Xn ?
– Démarche : on construit une fonction (aléatoire) x ; Fbn (x) = Fn (x; X1 , . . . , Xn )
ne dépendant pas de F (inconnu) telle que
Fbn (x) − F (x)
petit lorsque n grand... Comment ? Petit dans quel sens ?
12 Echantillonnage
0.6
0.4
0.2
0.0
−1 0 1 2
sort(x)
Convergence en probabilité
– Mode de convergence naturel en statistique
P
– Convergence en probabilité : Xn −→ X si
∀ε > 0, P |Xn − X| ≥ ε → 0, → ∞.
– Interprétation : pour tout niveau de risque α > 0 (petit) et tout niveau de précision
ε > 0, il existe un rang N = N (α, ε) tel que
n > N implique |Xn − X| ≤ ε avec proba. ≥ 1 − α.
– En pratique, on souhaite simultanément N , α et ε petits. Quantités antagonistes
(à suivre...).
2.2 Fonction de répartition empirique 13
1.0
0.8
(1:length(x))/length(x)
0.6
0.4
0.2
0.0
−2 −1 0 1 2
sort(x)
0.6
0.4
0.2
0.0
−4 −2 0 2
sort(x)
Soit α > 0 donné (petit). On veut trouver ε, le plus petit possible, de sorte que
P |Fbn (x0 ) − F (x0 )| ≥ ε ≤ α.
On a (Tchebychev)
1
P |Fbn (x0 ) − F (x0 )| ≥ ε ≤ 2 Var Fbn (x0 )
ε
F (x0 ) 1 − F (x0 )
=
nε2
1
≤
4nε2
≤α
Conduit à
1
ε= √
2 nα
Intervalle de confiance
Précision catastrophique !
– Si α = 5% et n = 100, précision ε = 0.22, soit une barre d’erreur de taille 0.44,
alors que 0 ≤ F (x0 ) ≤ 1.
– Autres exemples : εα=1/1000,n=100 = 1.58, εα=1/100,n=100 = 0.5. aucune précision
d’estimation !
Inégalité de Hoeffding
Proposition 2.1. Y1 , . . . , Yn i.i.d. de loi de Bernoulli de paramètre p. Alors
n
X
1
Yi − p ≥ t ≤ 2 exp(−2nt2 ).
P n
i=1
On résout en ε :
2 exp(−2nε2 ) = α,
soit r
1 2
ε= log .
2n α
à comparer avec
tchebychev 1
In,α = Fbn (x0 ) ± √ .
2 nα
– Même ordre de grandeur en n.
– Gain significatif dans la limite α → 0. La prise de risque devient marginale par
rapport au nombre d’observations.
– Optimalité d’une telle approche ?
16 Echantillonnage
L’approche asymptotique
– Vers une notion d’optimalité : on se place dans la limite n → ∞ (l’information
explose ). On évalue
P Fbn (x0 ) − F (x0 ) ≥ ε , n → ∞
pour une normalisation ε = εn appropriée.
– Outil : Théorème central-limite.
Interprétation et application
– Interprétation du TCL :
n
1X σ d
Yi = µ + √ ξ (n) , ξ (n) ≈ N (0, 1).
n n
i=1
– Application : dans notre contexte
Yi = 1{Xi ≤x0 }
avec 1/2
µ = F (x0 ) et σ = σ(F (x0 )) = F (x0 )1/2 (1 − F (x0 ) .
2.2 Fonction de répartition empirique 17
Application (suite)
– On a
n
1X σ(F (x0 )) (n)
Fbn (x0 ) − F (x0 ) = Yi − µ = √ ξ .
n n
i=1
– Il vient
√
h
(n) n εn i
P Fn (x0 ) − F (x0 ) ≥ εn = P ξ
b ≥
σ(F (x0 ))
h
(n) ε0 i
=P ξ ≥
σ(F (x0 ))
√
pour la calibration εn = ε0 / n (ε0 reste à choisir).
Il vient
Z
h ε0 i dx
2 /2
P ξ (n)
≥ → e−x √
σ(F (x0 )) |x|≥ε0 /σ(F (x0 )) 2π
= 2 1 − Φ ε0 /σ(F (x0 ))
≤ α,
Rx −t2 /2 √dt ,
avec Φ(x) = −∞ e 2π
ce qui donne
σ(F (x0 )) −1
P Fbn (x0 ) − F (x0 ) ≥ √ Φ 1 − α/2 → α.
n
– De manière équivalente,
h σ(F (x0 )) −1 i
P F (x0 ) ∈ [Fbn (x0 ) ± √ Φ 1 − α/2 ] → 1 − α.
n
18 Echantillonnage
σ(F (x0 )) −1
[Fbn (x0 ) ± √ Φ 1 − α/2 ]
n
est inconnue !
– Solution : remplacer σ(F (x0 )) par un estimateur (c’est-à-dire une quantité obser-
vable). Candidat :
1/2
Fbn (x0 )1/2 1 − Fbn (x0 ) .
Lemme de Slutsky
d P
Proposition 2.3 (Slutsky). Si An −→ A et Bn −→ b avec b ∈ R (variable aléatoire
dégénérée), alors, pour toute fonction (a, b) → ϕ(a, b) ∈ R continue, on a
d
ϕ(An , Bn ) −→ ϕ(A, b).
Application de Slutsky
– Avec les notations précédentes
√
n d
An = Fbn (x0 ) − F (x0 ) −→ A ∼ N (0, 1)
σ(F (x0 ))
1/2 P
bn = Fbn (x0 )1/2 1 − Fbn (x0 )
Bn = σ −→ b = σ(F (x0 ))
Observation finale
Estimation uniforme
– On sait estimer F (x0 ), pour un x0 donné. Qu’en est-il de l’estimation globale
de F :
F (x), x ∈ R ?
– 3 résultats pour passer de l’estimation en un point à l’estimation globale :
– Glivenko-Cantelli (convergence uniforme)
– Kolmogorov-Smirnov (vitesse de convergence, asymptotique)
– Inégalité de DKW (vitesse de convergence, non-asymptotique)
Glivenko-Cantelli, Kolmogorov-Smirnov
Inégalité de DKW
Estimation de fonctionnelles
– Objectif : estimation d’une caractéristique scalaire de la loi inconnue F ≡ estimation
d’une fonctionnelle T (F ) à valeurs dans R.
– Exemples
– Déjà vu : valeur en un point T (F ) = F (x0 )
– Fonctionnelle régulière :
Z
T (F ) = h g(x)dF (x) ,
R
Traduction : une variable aléatoire de loi Fbn prend les valeurs Xi avec probabilité
1/n.
– Estimateur par substitution ou plug-in de T (F ) :
X n
T (Fbn ) = h n1 g(Xi )
i=1
Exemples
R
– Moyenne : T (F ) = m(F ) = R xdF (x).
Z n
X
1
T (Fbn ) = m(Fbn ) = xdFbn (x) = n Xi = X̄n .
R i=1
– Variance :
Z
2
2
T (F ) = σ (F ) = x − m(F ) dF (x)
ZR Z
2
2
= x dF (x) − xdF (x) .
R R
Z
2
T (Fbn ) = σ 2 (Fbn ) = x − m(Fbn ) dFbn (x)
R
n
X n
X
= 1
n (Xi − X̄n )2 = 1
n Xi2 − (X̄n )2 .
i=1 i=1
Exemples
– Asymétrie (skewness) :
R 3
x − m(F ) dF (x)
T (F ) = α(F ) = R
= ··· .
σ 2 (F )3/2
– Aplatissement (kurtosis) :
R 4
x − m(F ) dF (x)
T (F ) = κ(F ) = R
= ··· .
σ 2 (F )2
F (qp ) = p ( qp = F −1 (p) ).
La médiane :
med(F ) = q1/2 (F ).
Les quartiles = {med(F ), q1/4 (F ), q3/4 (F )}.
Quantiles empiriques
Quantiles empiriques
pour k = 1, . . . , n, où les X(i) sont les statistiques d’ordre associées à l’échantillon
(X1 , . . . , Xn ) :
X(1) ≤ · · · ≤ X(i) ≤ · · · ≤ X(n) .
En particulier, la médiane empirique :
X((n+1)/2) pour n impair
Mn = med(Fbn ) = 1
2 X (n/2) + X(n/2+1) pour n pair
2.3 Estimation de fonctionnelles 23
Le boxplot
q q q
X∗ q̂n,1/4 Mn q̂n,3/4 X∗
Preuve de la consistance
P
– C’est la loi (faible) des grands nombres et la propriété que si Xn −→ X et ϕ : R → R
P
continue, alors ϕ(Xn ) −→ ϕ(X).
– On veut immédiatement aller plus loin : Vitesse de convergence : plus délicat,
attendre. Dépend évidemment de la forme de l’estimateur...
– Et que dire de la loi de d T (Fbn ), T (F ) à n fixé ?
– Comment savoir s’il n’existe pas des procédures plus performantes que le plug-
in ? Et dans quel sens ?
Conclusion
– L’approche empirique, basée sur Fbn permet d’estimer une distribution inconnue F
ou une fonctionnelle T (F ) ∈ R à partir d’un n-échantillon, mais
– reste très générale, pas toujours adaptée.
– restreinte à la situation d’un n-échantillon.
– Formalisation de la notion d’expérience statistique
– incorporation d’information de modélisation supplémentaire.
– construction de méthodes d’estimation – de décision – systématiques.
– comparaison et optimalité des méthodes.
26 Echantillonnage
Chapitre 3
Expérience statistique
Consiste à identifier :
– Des observations
x1 , x2 , . . . , xn
considérées comme des réalisations de variables aléatoires Z = (X1 , . . . , Xn ) de loi
PZ .
– Une famille de lois
{Pϑ , ϑ ∈ Θ} .
– Une problématique : retrouver le paramètre ϑ tel que PZ = Pϑ (estimation) ou bien
prendre une décision sur une propriété relative à ϑ (test).
Expérience statistique
– Approche générale empirique :
– ϑ = F , Θ est l’ensemble de toutes les lois (s’il s’agit de l’estimation de F ) ;
– ϑ = F , Θ est l’ensemble de toutes les lois vérifiant une hypothèse très générale,
par exemple, la bornitude d’un moment (s’il s’agit de l’estimation de T (F )).
– Approche paramétrique : on suppose que F appartient à une famille de lois connue
indexée par un paramètre ϑ de dimension finie : ϑ ∈ Θ ⊂ Rd .
– Exemple : Θ = R,
Xi = ϑ + ξi , i = 1, . . . , n,
ξi v.a. i.i.d. de densité connue f sur R et E(Xi ) = ϑ.
Question : en utilisant cette information supplémentaire, peut-on construire un
estimateur plus performant que l’estimateur X̄n basé sur l’approche empirique ?
28 Expérience statistique dominée
Expérience statistique
– En écrivant
Xi = ϑ + ξi , i = 1, . . . , n,
ξi v.a. i.i.d. de densité connue f , nous précisons la forme de la loi Pϑ de (X1 , . . . , Xn ) :
n
Z !
Y
Pϑ A = f (xi − ϑ) dx1 . . . dxn ,
A i=1
n
pour tout A ∈ B(R ).
Expérience statistique
Définition 3.1. Une expérience (un modèle) statistique E est le triplet
E = Z, Z, Pϑ , ϑ ∈ Θ ,
avec
– Z, Z espace mesurable (souvent (Rn , B(Rn ))),
– {Pϑ , ϑ
∈ Θ} famille de probabilités définies simultanément sur le même espace
Z, Z ,
– ϑ est le paramètre inconnu, et Θ est l’ensemble des paramètres connu.
n
Z !
Y
Pnϑ
A = f (xi − ϑ) dx1 . . . dxn ,
A i=1
Expériences dominées
– On fait une hypothèse minimale de complexité sur le modèle statistique. But :
ramener l’étude de la famille
{Pϑ , ϑ ∈ Θ}
à l’étude d’une famille de fonctions
{z ∈ Z ; f (ϑ, z) ∈ R+ , ϑ ∈ Θ} .
– Via la notion de domination. Si µ, ν sont deux mesures σ-finies sur Z, alors µ domine
ν (notation ν µ) si
µ A = 0 ⇒ ν A = 0.
Théorème de Radon-Nikodym
Théorème 3.1. Si ν µ, il existe une fonction positive
notation dν
z ; p(z) = (z),
dµ
définie µ−p.p., µ− intégrable, telle que
Z Z
dν
ν A = p(z)µ(dz) = dµ (z)µ(dz), A ∈ Z.
A A
Expérience dominée
Définition 3.2. Une expérience statistique E = Z, Z, Pϑ , ϑ ∈ Θ est dominée par la
mesure σ-finie µ définie sur Z si
∀ϑ ∈ Θ : Pϑ µ.
Densité, régression
1 (x − m)2
Pϑ (dx) = f (ϑ, x)dx = √ exp − dx
2πσ 2 2σ 2
µ(dx) = dx.
– Puis
n
d Pnϑ Y
(x 1 , . . . , x n ) = f (ϑ, xi )
dµn
i=1
n
2 −n/2 1 X
(xi − m)2 ,
= (2πσ ) exp − 2
2σ
i=1
3.4 Vraisemblance 31
avec x1 , . . . , xn ∈ R.
– Puis
d Pϑ
(x) = (1 − ϑ) 1{x=0} + ϑ 1{x=1} = ϑx (1 − ϑ)1−x
dµ
3.4 Vraisemblance
Fonction de vraisemblance
d Pϑ
f (ϑ, x) = (x), x ∈ R .
dµ
n
Y
ϑ ; Ln (ϑ, X1 , . . . , Xn ) = f (ϑ, Xi )
i=1
Exemples
– Exemple 1 : Modèle de Poisson. On observe
X1 , . . . , Xn ∼i.i.d. Poisson(ϑ),
P
ϑ ∈ Θ = R+ \{0} et prenons µ(dx) = k∈N δk (dx).
– La densité de Pϑ par rapport à µ est
ϑx
f (ϑ, x) = e−ϑ , x = 0, 1, 2, . . . .
x!
– La fonction de vraisemblance associée s’écrit
n
Y ϑXi
ϑ ; Ln (ϑ, X1 , . . . , Xn ) = e−ϑ
Xi !
i=1
1 Pn
= Qn e−nϑ ϑ i=1 Xi
.
i=1 Xi !
Exemples
– Exemple 2 Modèle de Cauchy. On observe
X1 , . . . , Xn ∼i.i.d. Cauchy,
Méthodes d’estimation
– Méthode de substitution (ou des moments)
– Z-estimation
– M -estimation
– Le principe du maximum de vraisemblance
1
Eϑ X = ,
ϑ
l’estimateur par moment associé s’écrit
1
ϑbn = .
Xn
Γ(α + β) α−1
x; x (1 − x)β−1 1{0<x<1} ,
Γ(α)Γ(β)
4.1.1 Z-estimation
Z-estimation
– La méthode des moments (en dimension 1) est basée sur l’inversibilité de la fonction
Z
mg (ϑ) = g(x) Pϑ (dx)
R
– Principe de construction d’un Z-estimateur : remplacer mg (ϑ) − g(x) par une fonc-
tion φ(ϑ, x) : Θ × R → R arbitraire telle que
Z
∀ϑ ∈ Θ, φ(ϑ, x) Pϑ (dx) = 0.
R
4.2 Z-estimation
Z-estimation
– Résoudre l’équation empirique associée :
n
1X
φ(ϑ, Xi ) = 0.
n
i=1
– La fonction Z
a ; Eϑ
φ(a, X) = Arctg(X − a)f (x − ϑ)dx
R
est strictement décroissante et s’annule seulement en a = ϑ.
– Z-estimateur associé : solution ϑbn de
n
X
Arctg(Xi − ϑbn ) = 0
i=1
(unicité).
Le cas multidimensionnel
Z-estimation → M -estimation
– En dimension 1 : si
φ(ϑ, x) = ∂ϑ ψ(ϑ, x)
pour une certaine fonction ψ, résoudre ni=1 φ(ϑ, Xi ) = 0 revient à chercher un
P
point critique de
Xn
ϑ; ψ(ϑ, Xi ).
i=1
– En dimension d ≥ 1, il faut φ(ϑ, x) = ∇ϑ ψ(ϑ, x) (moins facile à obtenir).
– Invite à généraliser la recherche d’estimateurs via la maximisation d’un critère
→ M -estimation.
4.3 M -estimation
M -estimation
– Principe : Se donner une application ψ : Θ × R → R+ telle que, pour tout ϑ ∈ Θ ⊂
Rd , Z
a ; Eϑ ψ(a, X) = ψ(a, x) Pϑ (dx)
admet un maximum en a = ϑ.
4.3 M -estimation 37
ϑ ∈ R. On pose
ψ(a, x) = −(a − x)2
– La fonction Z
a ; Eϑ ψ(a, X) = − (a − X)2 f (x − ϑ)dx
R
R
admet un maximum en a = Eϑ X = R xf (x − ϑ)dx = ϑ.
– M -estimateur associé :
n
X n
X
(Xi − ϑbn )2 = min (Xi − a)2 .
a∈R
i=1 i=1
Paramètre de localisation
– C’est aussi un Z-estimateur associé à φ(a, x) = 2(x − a) : on résout
n
X
(a − Xi ) = 0 d’où ϑbn = X n .
i=1
on a
n
X n
X
∂a ψ(ϑ, Xi ) a=ϑ
bn = φ(ϑbn , Xi ) = 0 .
i=1 i=1
Maximum de vraisemblance
– Principe fondamental et incontournable en statistique. Cas particuliers connus de-
puis le XVIIIème siècle. Définition générale : Fisher (1922).
– Fournit une première méthode systématique de construction d’un M -estimateur
(souvent un Z-estimateur, souvent aussi a posteriori un estimateur par substitution
simple).
– Procédure optimale (dans quel sens ?) sous des hypothèses de régularité de la famille
{Pϑ , ϑ ∈ Θ} (Cours 6).
– Parfois difficile à mettre en oeuvre en pratique → méthodes numériques, statistique
computationnelle.
Fonction de vraisemblance
– La famille {Pϑ , ϑ ∈ Θ} est dominée par une mesure σ-finie µ. On se donne, pour
ϑ∈Θ
d Pϑ
f (ϑ, x) = (x), x ∈ R .
dµ
Définition 4.3. Fonction de vraisemblance du n-échantillon associée à la famille {f (ϑ, •), ϑ ∈
Θ} :
n
Y
ϑ ; Ln (ϑ, X1 , . . . , Xn ) = f (ϑ, Xi )
i=1
Exemples
– Exemple 1 : Modèle de Poisson. On observe
X1 , . . . , Xn ∼i.i.d. Poisson(ϑ),
P
ϑ ∈ Θ = R+ \{0} et prenons µ(dx) = k∈N δk (dx).
– La densité de Pϑ par rapport à µ est
ϑx
f (ϑ, x) = e−ϑ , x = 0, 1, 2, . . . .
x!
4.4 Principe de maximum de vraisemblance 39
Exemples
– Exemple 2 Modèle de Cauchy. On observe
X1 , . . . , Xn ∼i.i.d. Cauchy,
Θ = {ϑ1 , ϑ2 } ⊂ R,
ou bien l’événement
n
nY n
Y o
f (ϑ2 , Xi ) > f (ϑ1 , Xi ) (Cas 2)
i=1 i=1
– Existence, unicité...
Remarques
– Log-vraisemblance :
∇ϑ `n (ϑbnrv , X1 , . . . , Xn ) = 0.
4.4 Principe de maximum de vraisemblance 41
– Log-vraisemblance
n
n 1 X
`n (µ, σ 2 ), X1 , . . . , Xn = − log(2πσ 2 ) − 2 (Xi − µ)2 .
2 2σ
i=1
Equation(s) de vraisemblance
n
2 ), X , . . . , X
1 X
∂ µ ` n (µ, σ 1 n = (Xi − µ)
σ2
i=1
n
n 1 X
2 ), X , . . . , X (Xi − µ)2 .
∂ 2
σ n
` (µ, σ 1 n = − +
2σ 2 2σ 4
i=1
n
1X
ϑbnrv = X n , (Xi − X n )2
n
i=1
– Log-vraisemblance
n
X
`n (ϑ, X1 , . . . , Xn ) = c(X1 , . . . , Xn ) − nϑ + Xi log ϑ.
i=1
42 Méthodes d’estimation pour le modèle de densité
– Equation de vraisemblance
n n
X 1 1X
−n + Xi = 0, soit ϑbnrv = Xi = X n
ϑ n
i=1 i=1
– Log-vraisemblance
n
X
log 1 + (Xi − ϑ)2
`n (ϑ, X1 , . . . , Xn ) = −n log π −
i=1
– Equation de vraisemblance
n
X Xi − ϑ
=0
1 + (Xi − ϑ)2
i=1
Comparaison d’estimateurs
resp.
∀ϑ ∈ Θ : lim inf Pnϑ ϑ ∈ Cn,α (Z (n) ) ≥ 1 − α.
n→∞
Approche asymptotique
46 Comparaison d’estimateurs
√ d
n ϑbn −ϑ −→ N 0, v(ϑ)
d
où ξ (n) et ζ (n) → N (0, 1).
Conclusion provisoire
– Il est difficile en général de comparer des estimateurs.
– Cadre asymptotique + normalité asymptotique → comparaison de la variance
asymptotique ϑ ; v(ϑ).
– Sous des hypothèses de régularité du modèle {Pnϑ , ϑ ∈ Θ} alors
– Il existe une variance asymptotique v ? (ϑ) minimale parmi les variances de la
classe des M -estimateurs as. normaux.
– Cette fonction est associée à une quantité d’information intrinsèque au modèle.
– La variance asymptotique de l’EMV est v ? (ϑ).
– Ceci règle partiellement le problème de l’optimalité.
5.3 Modèles réguliers et information de Fisher 47
Information de Fisher
2
Définition 5.2. – I(ϑ) = Eϑ ∂ϑ log f (ϑ, X) s’appelle l’information de Fisher de
la famille {Pϑ , ϑ ∈ Θ} au point ϑ. Elle ne dépend pas de la mesure dominante µ.
– Le cadre d’intérêt est celui où
0 < I(ϑ) < +∞.
– I(ϑ) quantifie l’information qu’apporte chaque observation Xi sur le paramètre
ϑ.
Remarque : on a Pϑ f (ϑ, X) > 0 = 1, donc la quantité log f (ϑ, X) est bien définie.
Pϑ
ϑbnmv −→ ϑ
soit Pn
∂ϑ log f (ϑ, Xi )
ϑn −ϑ ≈ − Pi=1
b mv
n 2
i=1 ∂ϑ log f (ϑ, Xi )
Pn
– Etape 4 : le numérateur. Normalisation et convergence de i=1 ∂ϑ log f (ϑ, Xi ) ?
Numérateur
Lemme 5.3.1. On a
Eϑ ∂ϑ log f (ϑ, X) = 0.
Preuve.
Z
Eϑ ∂ϑ log f (ϑ, X) = ∂ϑ log f (ϑ, x)f (ϑ, x)µ(dx)
ZR
∂ϑ f (ϑ, x)
= f (ϑ, x)µ(dx)
f (ϑ, x)
ZR
= ∂ϑ f (ϑ, x)µ(dx)
RZ
= ∂ϑ f (ϑ, x)µ(dx) = ∂ϑ 1 = 0.
R
5.3 Modèles réguliers et information de Fisher 49
Dénominateur
2
= − Eϑ ∂ϑ2 log f (ϑ, X)
I(ϑ) = Eϑ ∂ϑ log f (ϑ, X)
En effet
Conséquences
– Les ∂ϑ log f (ϑ, Xi ) sont i.i.d. et Eϑ ∂ϑ log f (ϑ, X) = 0. TCL :
n
1 X d 2
√ ∂ϑ log f (ϑ, Xi ) −→ N 0, Eϑ ∂ϑ log f (ϑ, X)
n
i=1
= N 0, I(ϑ) .
Conclusion
– En combinant les deux estimations + lemme de Slutsky :
Pn
√1
√ n i=1 ∂ϑ log f (ϑ, Xi )
n(ϑbnmv −ϑ) ≈ − 1 Pn 2
n i=1 ∂ϑ log f (ϑ, Xi )
d N 0, I(ϑ)
−→
I(ϑ)
loi
1
= N 0, .
I(ϑ)
50 Comparaison d’estimateurs
Modèle régulier
Définition 5.3. La famille de densités {f (ϑ, •), ϑ ∈ Θ}, par rapport à la mesure domi-
nante µ, Θ ⊂ R, est régulière si
– Θ ouvert et {f (ϑ, •) > 0} = {f (ϑ0 , •) > 0}, ∀ϑ, ϑ0 ∈ Θ.
– µ-p.p. ϑ ; f (ϑ, •), ϑ ; log f (ϑ, •) sont C 2 .
– ∀ϑ ∈ Θ, ∃Vϑ ⊂ Θ t.q. pour a ∈ Vϑ
2
|∂a2 log f (a, x)| + |∂a log f (a, x)| + ∂a log f (a, x) ≤ g(x)
où Z
g(x) sup f (a, x)µ(dx) < +∞.
R a∈V(ϑ)
∀ϑ ∈ Θ, I(ϑ) > 0.
Résultat principal
Preuve de la proposition
– Le premier point consiste à rendre rigoureux le raisonnement précédent. Point
délicat : le contrôle du terme de reste.
5.3 Modèles réguliers et information de Fisher 51
Eϑ φ(ϑ, X)2
vφ (ϑ) = 2 .
Eϑ ∂ϑ φ(ϑ, X)
Eϑ φ(ϑ, X)2
1
2 ≥ .
Eϑ ∂ϑ φ(ϑ, X) I(ϑ)
Preuve de l’inégalité
– Par construction
∂a Eϑ φ(a, X) = 0.
a=ϑ
– Conclusion
Eϑ φ̇(ϑ, X) = − Eϑ φ(ϑ, X)∂ϑ log f (ϑ, X)
c’est-à-dire
2
−1 Eϑ φ̇(ϑ, X)
vφ (ϑ) = ≤ I(ϑ).
Eϑ φ(ϑ, X)2
52 Comparaison d’estimateurs
Le cas multidimensionnel
– Même contexte que précédemment, avec Θ ⊂ Rd , et d ≥ 1.
– Matrice d’information de Fisher
I(ϑ) = Eϑ ∇ϑ log f (ϑ, Z n )∇ϑ log f (ϑ, Z n )T
Efficacité à un pas
– Dans un modèle régulier, le calcul numérique de l’EMV peut être difficile à réaliser.
– Si l’on dispose d’un estimateur ϑbn asymptotiquement normal et si les évaluations
n
X n
X
`0n (ϑ) = 1
n ∂ϑ log f (ϑ, Xi ), `00n (ϑ) = 1
n ∂ϑ2 log f (ϑ, Xi )
i=1 i=1
sont faciles, alors on peut corriger ϑbn de sorte d’avoir le même comportement
asymptotique que l’EMV :
`0 (ϑbn )
ϑen = ϑbn − n (algorithme de Newton)
`00n (ϑbn )
satisfait
√ d 1
n ϑen − ϑ −→ N 0,
I(ϑ)
Chapitre 6
Tests statistiques
Exemple introductif
– On observe 10 lancers d’une pièce de monnaie et on obtient le résultat suivant :
(P, P, F, F, P, F, P, P, F, P ).
ϕ = ϕ(P, P, F, F, P, F, P, P, F, P )
0 on accepte l’hypothèse la pièce est équilibrée
=
1 on rejette l’hypothèse la pièce est équilibrée
Résolution
– On associe l’expérience statistique (par exemple)
avec (P = 0, F = 1)
⊗10
P10
ϑ = ϑδ0 (dx) + (1 − ϑ)δ1 (dx) .
1
H0 : ϑ =
2
54 Tests statistiques
1
H1 : ϑ 6=
2
Résolution (cont.)
– On note Z l’observation.
– On construit une règle de décision simple :
0 on accepte l’hypothèse
ϕ=1 =
Z∈R} 1 on rejette l’hypothèse.
Erreur de décision
– Lorsque l’on prend la décision ϕ, on peut se tromper de deux manières :
1
Rejeter H0 (ϕ = 1) alors que ϑ =
2
ou encore
1
Accepter H0 (ϕ = 0) alors que ϑ 6= .
2
– Erreur de première espèce (=rejeter à tort)
P10
1 ϕ=1
2
Conclusion provisoire
– Un bon test ϕ doit garantir simultanément des erreurs de première et seconde
espèce petites.
– Un test optimal existe-t-il ?
– Si non, comment aborder la notion d’optimalité et comment construire un test
optimal ?
1. léger abus de notation...
6.2 Hypothèse simple contre alternative simple 55
Définition formelle
– Situation : E = Z, Z, {Pϑ , ϑ ∈ Θ} engendrée par l’observation Z.
– Hypothèse nulle et alternative : Θ0 ⊂ Θ et Θ1 ⊂ Θ t.q.
Θ0 ∩ Θ1 = ∅.
Définition 6.1 (Test simple). Un test (simple) de l’hypothèse nulle H0 : ϑ ∈ Θ0
contre l’alternative H1 : ϑ ∈ Θ1 est une statistique ϕ = ϕ(Z) ∈ {0, 1}. (Fonction
d’) erreur de première espèce :
ϑ ∈ Θ0 ; Pϑ ϕ = 1
ϑ ∈ Θ1 ; Pϑ ϕ = 0 = 1 − puissanceϕ (ϑ).
Pϑ0 ϕ? = 1 ≤ Pϑ0 ϕ = 1
et
Pϑ1 ϕ? = 0 ≤ Pϑ1 ϕ = 0 ?
– Si Pϑ0 et Pϑ1 ne sont pas étrangères un tel test ϕ? ne peut pas exister.
Une condition suffisante pour que P et Q ne soient pas étrangères est que P Q et
Q P.
Soient A = {ω, ϕ? (ω) = 0} et B = {ω, ϕ? (ω) = 1}. Alors Pϑ0 [A] = 1 et donc
Pϑ1 [A] > 0 car Pϑ0 et Pϑ1 ne sont pas étrangères. Aussi, Pϑ1 [B] = 1. Donc A∩B 6= ∅.
Il existe ω0 tel que 0 = ϕ? (ω0 ) = 1 contradiction !
– Attention ! La propriété Pϑ0 et Pϑ1 non étrangères est minimale. Mais elle disparaı̂t
dans la plupart des situations dans un cadre asymptotique lorsque n → ∞.
– Un test de niveau α ne dit rien sur l’erreur de seconde espèce (comportement sur
l’alternative).
6.2 Hypothèse simple contre alternative simple 57
Définition 6.4. Un test de niveau α est dit Uniformément Plus Puissant (UPP) si son
erreur de seconde espèce est minimale parmi celles des tests de niveau α.
– Pour le cas d’une hypothèse simple contre une alternative simple, un test UPP
existe.
R(c) = f (ϑ1 , Z) > cf (ϑ0 , Z) , c > 0
Pϑ0 Z ∈ R(cα ) = α.
– Le test ainsi construit (si cette équation admet une solution) est de niveau α. On
montre qu’il est UPP.
Lemme de Neyman-Pearson
Pϑ0 f (ϑ1 , Z) > cα f (ϑ0 , Z) = α
alors le test de région critique Rα = f (ϑ1 , Z) > cα f (ϑ0 , Z) est de niveau α et UPP
pour tester H0 : ϑ = ϑ0 contre H1 : ϑ = ϑ1 .
– Si U = f (ϑ1 , Z)/f (ϑ0 , Z) bien définie et L(U ) dx (sous Pϑ0 ), alors Pϑ0 U >
cα = α admet une solution.
58 Tests statistiques
– On a R? \R⊂ R? d’où
f (ϑ1 , z) > c(α)f (ϑ0 , z) sur R? \ R.
Exemple (cont.)
– Zone de rejet du test de N-P. :
f (ϑ1 , Z) ≥ cf (ϑ0 , Z)
n
= n(ϑ1 − ϑ0 )X n − (ϑ21 − ϑ20 ) ≥ log c
2
ϑ0 + ϑ1 log c
= Xn ≥ + .
2 n(ϑ0 − ϑ1 )
Exemple (cont.)
– Choix de c. On résout
log c
Pϑ0 X n ≥ 21 (ϑ0 + ϑ1 ) +
= α.
n(ϑ0 − ϑ1 )
– Approche standard : on raisonne sous Pϑ0 . On a
1
X n = ϑ0 + √ ξ n,ϑ0 ,
n
où ξ n,ϑ0 est une gaussienne standard N (0, 1) sous Pϑ0 mais pas sous une autre
probabilité Pϑ si ϑ 6= ϑ0 !
Exemple (fin)
– Résolution de
1 1 log c
Pϑ0 ϑ0 + √ ξ n,ϑ0 ≥ (ϑ0 + ϑ1 ) +
= α.
n 2 n(ϑ0 − ϑ1 )
√
– Equivalent à Pϑ0 ξ nϑ0 ≥ 2n (ϑ1 − ϑ0 ) + √1n ϑlog c
0 −ϑ1
= α, soit
√
n 1 log c
(ϑ1 − ϑ0 ) + √ = Φ−1 (1 − α),
2 n ϑ0 − ϑ1
Rx 2
où Φ(x) = −∞ e−u /2 √du 2π
.
– Conclusion
ϑ1 − ϑ0 √
+ n(ϑ0 − ϑ1 )Φ−1 (1 − α)
cα = exp −
2
Bilan provisoire
– Si l’on accepte le principe de Neyman, on sait résoudre le problème à deux points.
– Que faire si l’hypothèse nulle H0 ou l’alternative H1 sont composites ?
– Critique méthodologique de l’approche de Neyman ; notion de p-valeur (Cours 8)
– On ne sait toujours pas répondre à la question de l’exemple introductif...
60 Tests statistiques
H0 : µ ≤ µ0 contre H1 : µ > µ0
Calcul de cα
– Majoration de l’erreur de première espèce. Si µ ≤ µ0 , on a
Pµ Y n − µ0 ≥ cα = Pµ (µ + √σn ξ n,µ ) − µ0 ≥ cα
≤ Pµ √σn ξ n,µ ≥ cα .
n
1 X n mv
s2n := (Yi − Y n )2 = bn2
σ
n−1 n−1
i=1
alors
s2n
(n − 1) ∼ χ2 (n − 1)
σ2
et
√
n(Y n − µ)
∼ Student(n − 1)
sn
et ces variables sont pivotales : leur loi ne dépend pas de µ, σ 2 sous Pµ,σ2 .
– Les lois du χ2 et de Student (à k degrés de liberté) sont classiques et s’étudient
indépendamment.
T
Rα = T (Y ) > q1−α,n−1
où
√
n(Y n − µ0 )
T (Y ) =
sn
où
T
P Studentn−1 > q1−α,n−1 =α
– On teste
H0 : µ = µ0 contre H1 : µ 6= µ0 . Un test de niveau α : donné par
T
Rα = T (Y ) > q1−α/2,n−1 .
62 Tests statistiques
où
n
1 X
V (Y ) = (Yi − Y )2
σ02 i=1
et
χ2
P Chi-deuxn−1 > q1−α,n−1 = α.
– Mêmes remarques méthodologiques sur l’optimalité de ces tests que précédemment.
Situation
– Situation : on part d’une expérience statistique Z, Z, {Pϑ , ϑ ∈ Θ} engendrée par
l’observation Z.
– On souhaite tester :
H0 : ϑ ∈ Θ0 ⊂ Θ contre H1 : ϑ ∈ Θ1
avec Θ0 ∩ Θ1 = ∅.
– Si Θ0 = {ϑ0 } et Θ1 = {ϑ1 }, on a Neyman-Pearson. Et sinon ?
Principe de construction
– Trouver une statistique libre sous l’hypothèse : toute quantité φ(Z) observable
dont on connait la loi sous l’hypothèse, c’est-à-dire la loi de φ(Z) sous Pϑ avec
ϑ ∈ Θ0 .
– On regarde si le comportement de φ(Z) est typique d’un comportement sous
l’hypothèse.
– Si oui, on accepte H0 , si non on rejette H0 .
– On quantifie oui/non par le niveau α du test.
– On observe Z = (Y1 , . . . , Yn ),
Y1 , . . . , Yn ∼i.i.d. N (µ, σ 2 )
s2n
(n − 1) ∼ χ2 (n − 1)
σ02
1 Pn
avec s2n := n−1 i=1 (Yi − Y n )2 .
s2n
φ(Z) = (n − 1)
σ02
χ2
P U > q1−α,n−1 = α.
d χ 2
– Sous l’hypothèse φ(Z) = U et donc la probabilité pour que φ(Z) dépasse q1−α,n−1
est inférieure (égale) à α (comportement atypique si α petit).
χ 2
φ(Z) ≤ q1−α,n−1 .
On la rejette sinon.
– Par construction, on a un test de niveau α.
– On ne sait rien dire sur l’erreur de seconde espèce, mis à part qu’elle est minimale
parmi les tests de zone de rejet de la forme de {φ(Z) > c}, c > 0...
64 Tests statistiques
=α.
– La même statistique de test convient pour contrôler l’erreur de première espèce que
pour l’hypohèse nulle simple. On choisit ici la même règle de décision.
Conclusion provisoire
– Pour contruire un test de l’hypothèse H0 : ϑ ∈ Θ0 contre H1 : ϑ ∈ Θ1 , on cherche
une statistique libre sous l’hypothèse et on rejette pour un seuil qui dépend de la
loi de la statistique sous H0 , de sorte de fournir une zone de rejet maximale.
– Le plus souvent, la statistique est obtenue via un estimateur. Sauf exception (comme
la cas gaussien) une telle statistique est difficile à trouver en général.
– Simplification cadre asymptotique (où la gaussianité réapparaı̂t le plus souvent...).
tion Z n , ϑ ∈ Θ ⊂ R
– Objectif : Tester
H0 : ϑ = ϑ0 contre ϑ 6= ϑ0 .
– Hyopthèse : on dispose d’un estimateur ϑbn asymptotiquement normal
√ d
n(ϑbn −ϑ) → N 0, v(ϑ)
√ ϑbn −ϑ0 d
nq −→ N (0, 1)
v(ϑbn )
6.5 Tests asymptotiques 65
Preuve
– Test asymptotiquement de niveau α par construction.
– Contrôle de l’erreur de seconde espèce : Soit ϑ 6= ϑ0 . On a
√ ϑbn −ϑ √ ϑ − ϑ 0 2
Tn = nq + nq
v(ϑbn ) v(ϑbn )
=: Tn,1 + Tn,2 .
d
On a Tn,1 −→ N (0, 1) sous Pnϑ et
Pn
ϑ
Tn,2 −→ ±∞ car ϑ 6= ϑ0
ϑ Pn
Donc Tn −→ +∞, d’où le résultat.
√
– Remarque : si ϑ 6= ϑ0 mais |ϑ − ϑ0 | . 1/ n, le raisonnement ne s’applique pas.
Résultat non uniforme en le paramètre.
66 Tests statistiques
p-valeurs
– Exemple : on observe
φ−1 (1 − α/2)
Xn > √
n
φ−1 (1−0.05/2)
– Application numérique : n = 100, X 100 = 0.307. On a √
100
≈ 0.196. on
rejette l’hypothèse....
p-valeur (cont.)
φ−1 (1−0.05/2)
– Et pour un autre choix de α ?. Pour α = 0.01, on a √
100
≈ 0.256. On rejette
φ−1 (1−0.05/2)
toujours... Pour α = 0.001, on a √ ≈ 0.329. On accepte H0 !
100
– Que penser de cette petite expérience ?
– En pratique, on a une observation une bonne fois pour toute (ici 0.307) et on
choisit α... comment ?
– On ne veut pas α trop grand (trop de risque), mais en prenant α de plus en plus
petit... on va fatalement finir par accepter H0 !
– Défaut de méthodologie inhérent au principe de Neyman (contrôle de l’erreur de
première espèce).
p-valeur
– Quantité significative : non par le niveau α, mais le seuil de basculement de décision :
c’est la p-valeur (p-value) du test.
Définition 6.5. Soit Rα une famille de zones de rejet d’un test de niveau α pour une
hypothèse H0 contre une alternative H1 . Soit Z l’observation associée à l’expérience. On
a Z ∈ Z et R0 = Z. On appelle p-valeur du test la quantité
p − valeur(Z) = inf{α, Z ∈ Rα }.
Interprétation de la p-valeur
6.7 Tests d’adéquation 67
Tests d’adéquation
– Situation On observe (pour simplifier) un n-échantillon de loi F inconnu
X1 , . . . , Xn ∼i.i.d. F
– Objectif Tester
H0 : F = F0 contre F 6= F0
où F0 distribution donnée. Par exemple : F0 gaussienne centrée réduite.
– Il est très facile de construire un test asymptotiquement de niveau α. Il suffit de
trouver une statistique φ(X1 , . . . , Xn ) de loi connue sous l’hypothèse.
√ Xn
φ2 (X1 , . . . , Xn ) = n ∼ Student(n − 1)
sn
φ3 (X1 , . . . , Xn ) = (n − 1)s2n ∼ χ2 (n − 1).
– Le problème est que ces tests ont une Rfaible puissanceR: ils ne sont pas consistants.
– Pas exemple, si F 6= gaussienne mais R xdF (x) = 0, R x2 dF (x) = 1, alors
Z x
2 /2 du
e−u
PF φ1 (X1 , . . . , Xn ) ≤ x → √ , x ∈ R.
−∞ 2π
Test de Kolmogorov-Smirnov
– Rappel Si la fonction de répartition F est continue,
√ d
n sup Fbn (x) − F (x) −→ B
x∈R
6.7.2 Tests du χ2
Test du Chi-deux
– X variables qualitative : X ∈ {1, . . . , d}.
P X = ` = p` , ` = 1, . . . d.
X1 , . . . , Xn ∼i.i.d. p,
tester H0 : p = q contre H1 : p 6= q.
Statistique du Chi-deux
Proposition 6.4. Si les composantes de p sont toute non-nulles
– On a la convergence en loi sous Pp
d
U n (p) −→ N 0, V (p)
√ √ T √ √ √
avec V (p) = Idd − p p et p = ( p1 , . . . , pd )T .
– De plus
d
2
X pn,` − p` )2 d
(b
kU n (p)k = n −→ χ2 (d − 1).
p`
`=1
∼ χ2 Rang V (p)
√ √ T √
par Cochran : V (p) = Idd − p p est la projection orthogonale sur vect{ p}⊥
qui est de dimension d − 1.
70 Tests statistiques
Test d’adéquation du χ2
– distance du χ2 :
d
2
X (p` − q` )2
χ (p, q) = .
q`
`=1
χ2
= α si U ∼ χ2 (d−1) est asymptotiquement de niveau α et consistant
où P U > q1−α,d−1
pour tester
H0 : p = q contre H1 : p 6= q.
556 × χ2 (b
p556 , q) = 0, 47.
– On a q95%,3 = 0, 7815.
– Conclusion : Puisque 0, 47 < 0, 7815, on accepte l’hypothèse p = q au niveau
α = 5%.