Administration Publique et Développement en RDC
Administration Publique et Développement en RDC
B.P.: 1534
KINSHASA/MONT-NGAFULA
Par:
EPIGRAPHE
«Une administration n'est pas conçue pour résoudre des problèmes neufs. Si dans une machine à
emboutir, on introduit des pièces de bois, il n'en sortira point des meubles».
DEDICACE
A mes chers parents, Dieudonné MUKENGULE et Florentine KALUMUNA,
qu’ils trouvent dans cette première œuvre scientifique, le fruit de leur dévouement et de
tous les sacrifices consentis depuis maintenant plus de vingt ans.
A ma deuxième maman, ma grand-mère Jacquie KALUMUNA pour tous ses
conseils et son amour inconditionnel.
A ceux que nous chérissons du plus profond de notre cœur, mes frères et sœurs:
Christian MUKENGULE, Ruffin MUKENGULE, Ruffine MUKENGULE, Josué
MUKENGULE, Josias MUKENGULE, Eliel MUKENGULE, Benjamin KAGALE et
Lydie MUKENGULE.
REMERCIEMENTS
Il est difficile pour l’homme de rédiger un travail scientifique « seul », et dans notre cas
c’est encore plus vrai. Ce travail de fin cycle est non seulement le fruit de notre labeur et de nos
idées personnelles, mais aussi celui de beaucoup d’autres personnes qui y ont consacré leur
temps et leur apport.
En premier lieu, je tiens à remercier le Très Haut pour la vie qu’il nous donne en
permettant que cette œuvre soit achevée.
Nos remerciements s’adressent au Professeur Didier YANGONZELA LIAMBOMBA
qui, en dépit de ses nombreuses occupations, a accepté d’encadrer la rédaction de ce travail de fin
de cycle par ses observations, ses critiques et ses conseils.
Nous pensons aussi à nos autorités académiques et à tous les Professeurs de la faculté de
Droit de notre Université pour leur engagement dans la formation de la Jeunesse que nous
sommes.
A l’assistant PEGUY BAMANA, nous disons merci.
Il serait ingrat de notre part de ne pas adresser nos remerciements à nos compagnons de
lutte : Christopher MULENGA, Aristarque BAKILA, Grâce LUFIMPADIO, Gaëlle TAWABA,
Didistone LIBOKE. Daniella MUKENDI. Paola MABENGO, Bénédicte NTUMBA, Teiy
KANYEBA, Emmanuella LONGA, Jededi NDOLO, Samy TSHOMBE, Placide MANZOMBI,
Phinées AUNGE, Préfina NDOMBA, Leeroy BOFANGA et Samuel MUPIDIA pour leur
encouragement tout au long de cette année académique.
A tous ceux que nous n’avons pas pu citer, qu’ils trouvent dans ces quelques lignes
l’expression de notre considération.
[5]
INTRODUCTION
Dans le cadre de cette partie introductive, il est question de poser la problématique de notre
étude, proposer les hypothèses, exposer la motivation sur le choix et l’intérêt du sujet, expliquer
les méthodes et techniques utilisées, de procéder à la délimitation du sujet dans le temps et dans
l’espace, ensuite de subdiviser le travail et enfin de présenter le plan du travail.
1. PROBLEMATIQUE
Tout Etat qui se veut moderne et qui se dit « Etat de droit » doit impérativement être guidé
par différents principes de base ainsi que certains fondamentaux, à savoir le principe de légalité
ainsi que le principe de l’administration.1
L’Administration est soumise au droit, même si elle contribue à émettre des règles de droit,
notamment par l’exercice de son pouvoir réglementaire. Celui-ci est en effet une source de droit,
mais il est simultanément soumis au respect de règles supérieures.2
Il faut noter qu’en République démocratique du Congo, les services publics doivent se conformer
aux six principes essentiels, qui sont3 : le principe d’égalité, le principe de neutralité, le principe
de légalité, le principe de continuité, le principe de spécialité ainsi que le principe d’adaptabilité
ou de mutabilité.
1
KABANGE NTABALA C., Droit Administratif, Tome 3, Genèse et évolution de l’organisation territoriale, politique et
administrative en République démocratique du Congo, de l’état indépendant du Congo à nos jours et perspectives
d’avenir, p.7.
2
Dumont M.L.G., Droit Administratif, 6ème édition, Dalloz, 2003, p.20
3
Art.6, Loi organique n°16/001 du 03 mai 2016 fixant l’organisation et le fonctionnement des services publics du
pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées.
[6]
Cependant, l'administration publique est une institution normative car elle est constituée
par des prescriptions définissant des règles de conduites, auxquelles les membres du service public
doivent se conformer dans l’exercice de leur fonction 4 tel est le cas de l’institut national de
préparation professionnelle.
À ce titre, l’Administration d’un Etat est composée d’un certain nombre de services et organismes
dont certains sont dotés de la personnalité juridique, les autres ne le sont pas, mais les uns et les
autres constituent ce qu’on appelle des personnes morales publiques.5
Il est important de savoir que depuis 1885, le Congo a connu une évolution très caractéristique de
ses institutions politiques et administratives. Durant la première grande tranche de notre histoire,
de 1885 à 1960, l’Administration locale du Congo a connu deux grandes périodes à savoir :
Pour remblayer à cela, nous répondrons à différentes questions tout au long de notre travail :
- Que doit être le rôle de l’INPP en tant que service public de droit congolais?
- En tant que service public de l’Etat congolais que doit faire l’INPP pour promouvoir la
jeunesse congolaise ?
4 KABANGE NTABALA C., Droit Administratif, Tome 3, Genèse et évolution de l’organisation territoriale, politique et
administrative en République démocratique du Congo, de l’état indépendant du Congo à nos jours et perspectives
d’avenir, p.13
5
Idem, p.11
6
Ibidem, p.37
[7]
2. HYPOTHESES
Selon GRAWITZ, l’hypothèse est une proposition de réponse à la question posée. Une fois
énoncée, une hypothèse peut être étudiée, confrontée, utilisée, discutée. Elle tend à formuler une
relation entre les faits significatifs. C’est donc une réponse provisoire que l’auteur donne à ses
recherches avant leur aboutissement.7
En effet, l’Administration publique se doit de respecter les principes la régissant qu’a
prévus le législateur et c’est seulement lorsque ces principes sont d’application que l’on peut dire
que l’Administration publique constitue un canal pour le développement du pays.
Il revient donc à dire que pour une contribution efficiente de l’INPP au développement en
RDC, il faut une grande volonté politique de la part des acteurs à la fois qui dirigent cette institution
et l’autorité de tutelle pour que cette institution concoure au développement de la RDC.
Etant donné que l’Administration s’occupe de l’action sociale d’un Etat, il faut qu’elle soit
un organe de rationalité technique de la communauté et pour cela, elle doit avoir à sa tête des
hommes compétents. Ceci pour démontrer que l’homme est parmi les acteurs du développement.
Et pour que ces hommes soient de plus en plus compétents, il faut impérativement qu’ils reçoivent
une formation continue afin qu’ils soient dans l’actualité étant donné que les agents de l’Etat en
République démocratique du Congo sont souvent vieux et ne veulent pas se détacher de leurs
fonctions même quand l’âge de la retraite est à la porte.
La Charte africaine sur les valeurs et les principes du service public et de l’administration
étale dans ses articles 20 et 21 les éléments importants pour la formation continue des
fonctionnaires de l’Etat ainsi que du renforcement de leurs capacités ce qui rentre vraisemblement
dans les missions de l’INPP.
L’administration publique ne se présentera comme un canal vers le développement en RDC
uniquement si les instruments politiques et juridiques et politiques œuvrent pour cela et l’Etat se
doit de renforcer les organes par lesquels il s’exprime pour réaliser ces besoins d’utilité général et
pourvoyeurs aux besoins sociaux.
7
GRAWITZ M., Méthodes des sciences sociales, 11e édition,Dalloz, Paris, 2001,p.398
[8]
- Sur le plan théorique, ce travail se situe dans la trame de la littérature scientifique sur le
droit. Il nous donne une ouverture de lecture des différents textes légaux en matière
d’Administration publique et des services publics.
Ce travail constitue donc notre modeste contribution au bénéfice de tout chercheur intéressé.
- Sur le plan pratique, le présent travail se veut une étude de terrain. Le souci est de vérifier
réellement l’apport de l’INPP dans le développement de la RDC.
4. METHODES ET TECHNIQUES
La réalisation de tout travail nécessite un recours à différentes méthodes et techniques
devant conduire la recherche.
A. Méthodes
- La méthode analytique
Elle nous permet d’analyser systématiquement toutes les informations ainsi que les données
récoltées.
[9]
- La méthode historique
Elle permet d’analyser les faits et les données d’une période précise ou d’un temps bien
limité, l’accent étant surtout mis sur l’évolution des faits étudiés. Celle-ci nous aidera à bien saisir
et à interpréter les faits passés afin de mieux comprendre les faits présents et d’envisager les
perspectives.
B. Techniques
- La technique documentaire
Elle nous permet de recueillir des informations à partir des documents tels que les ouvrages,
les lois, les notes de cours, etc.
5. DELIMITATION
- Sur le plan temporel, nous allons parler brièvement de l’évolution de
l’administration publique allant de 2006 à nos jours..
- Sur le plan spatial, nous allons faire une analyse sur l’apport dans l’Administration
publique des personnes passées à l’INPP et connaître leur importance dans le
développement de la République démocratique du Congo.
6. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Notre travail comprend deux chapitres. Le premier aborde la question des services publics et le
second traite de l’impact de l’Institut National de Préparation Professionnelle sur le développement
de la RDC.
[10]
L’Etat pour réaliser ses différentes missions d’intérêt général passe par le canal de ses
organes constitués en services publics. De ce fait, dans le cadre du présent chapitre il sera question
de traiter d’une part des notions et rôles des services publics (section 1) et de la classification et
modes de gestion des services publics (section 2).
Nous allons dans le cadre de cette section donner les différentes définitions des services
publics (paragraphe 1) et de ses rôles (paragraphe 2).
Paragraphe 1. Définitions
8
YUMA BIABA L., L’essentiel du droit administratif général, Kinshasa, Kinexpress, 2018, p.184
[11]
L’Administration publique est celle qui gère les différentes affaires de l’Etat. Et, pour
mieux comprendre les affaires de l’État, il importe de circonscrire les missions normalement
dévolues à tout Etat moderne. Ces missions découlent de la finalité de tout pouvoir politique qui
sert de fondement à l’existence de l’État. Le pouvoir politique est l’un des éléments essentiels dans
la constitution d’un Etat. Il se définit comme étant « une autorité instituée par la conscience
collective d’un peuple, soutenue par l’idée de droit des citoyens, et ayant pour finalité la réalisation
du bien-être social commun »9.
L’administration publique pour réaliser ses différentes missions passe par le canal des
services publics qui sont de divers ordres.
Il appert de rappeler que seule la doctrine nous sert une définition d’un service public
de laquelle on déduit deux conceptions de cette notion. L’on parle donc du service public au sens
organique et au sens matériel.
a. Le service public au sens organique
Le service public est l’organisme public qui gère l’activité d’intérêt général. Il désigne
l’ensemble des services de l’administration publique, c’est-à-dire l’Administration centrale et
l’Administration décentralisé10.
Ce qui revient à dire qu’au sens organique, le service public est une organisation
formée d’agents et de moyens matériels destinée à accomplir certaines dispositions, au sein d’une
Administration (ex : le service de la santé).
b. Le service public au sens matériel
Le service public désigne toute activité destinée à satisfaire un besoin d’intérêt général
et qui, en tant que telle, doit être assurée ou contrôlée par l’administration, parce que la satisfaction
continue de ce besoin ne peut être garantie que par elle11.
Duguit soutient qu’est service public « toute activité dont l’accomplissement doit être
assuré, réglé et contrôlé par le gouvernement, parce que l’accomplissement de cette activité est
indispensable à la réalisation et au développement de l’interface sociale, et qu’elle est de telle
nature qu’elle peut être réalisée complètement que par l’intervention de la force gouvernante »12.
9
YUMA BIABA L., Op. Cit., 4.
10
Idem
11
GUILLIEN, R., et VINCENT J., Lexique des termes juridiques, Paris, 2005, p.571.
12
L. DUGUIT, Traité de droit constitutionnel, 1911, cité par Jean-Paul Valette « Le service public à la française »,
Paris, Ellipses, 2000, p. 157.
[12]
C’est dans ce sens que l’arrêt Terrier nous donne comme leçon que le service public désigne une
activité d’intérêt général que l’administration entend assumer c’est dans ce sens que la destruction
des vipères a été rangé parmi les services publics bien qu’aucun organe public n’en fut
spécialement chargé. Dans le même sens la jurisprudence parle de mission de service public.
Il soutient également que l’Etat n’existe pas mais qu’il n’existe qu’un faisceau des
services publics. Pour André de LAUBADERE, le service public se définit comme une activité
d’intérêt général gérée par une personne publique ou sous son contrôle selon un régime exorbitant
du droit commun13.
Ces différentes définitions accordées à la notion de service public sont issues d’une
histoire car le service public a connu une certaine évolution. En bref, le service public est une
activité d'intérêt général assurée soit par une personne publique soit par une personne privée
rattachée à une personne publique et soumise à un régime juridique particulier14.
Cependant, ces services publics doivent respecter un régime juridique accompagné des
quelques principes pour un bon fonctionnement et pour une satisfaction effective de l’intérêt
général.
Paragraphe 2. Rôles
Le législateur congolais prévoit les principes applicables aux services publics à l’article
6 de la loi organique n°16/001 du 03 mai 2016 fixant l’organisation et le fonctionnement des
services publics du pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées.
Lesquels sont :
- le principe de continuité ;
- le principe d’égalité ;
- le principe de mutabilité :
- le principe de neutralité ;
- le principe de spécialité ;
- le principe de légalité.
Ces principes jouent un rôle important en ce qui concerne la mission des services publics qui sont
nombreux et feront l’objet d’après analyses dans la présente étude.
13
DE LAUBADERE, Manuel de Droit administratif, Paris, 1999, p.23.
14
DEMBA SY, Cours Droit administratif, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, p.240 (Inédit)
[13]
Dans cette section nous allons donner la classification des services publics (paragraphe
1) et leur mode de gestion (paragraphe 2).
Paragraphe 1. Classification
15
YUMBA BIABA L., [Link]., p.185
16
[Link] consulté le 8 aout 2022 à 15h 7’.
[15]
un SPA le service public auquel le caractère industriel et commercial n‘est pas reconnu par les
textes ou ne peut pas lui être attribué à partir du critère jurisprudentiel, il est bien évident que dans
l‘identification du SPA resurgissent certaines des difficultés déjà rencontrées dans celle des
SPIC17.
Les services publics administratifs constituent la catégorie classique dont la mission
consiste à gérer une activité d’intérêt général de l’Etat. Le principe de la spécialité de service public
réside dans le fait que chaque activité qui rentre dans l’une des missions de l’Etat donne naissance
à un service public différent des autres services publics. Il n’est donc pas admis de créer, au sein
de la même collectivité publique, deux services publics ayant le même objet18.
En droit en comparé, notamment en droit français, un service public administratif
(SPA) est u service public qui est presque entièrement soumis aux règles de droit public.
La doctrine considère que les services publics sont par natures administratifs, sauf s’ils
remplissent les critères des services publics industriels et commercial.
En effet, le rattachement d’un service public administratif entraine une application
large du droit administratif. Le service public emploie majoritairement des agents sous statut, le
plus souvent des fonctionnaires. Les règles financières applicables sont celles des services publics
et de la comptabilité publique19.
L’usager d’un service public administratif est également placé dans une situation
statutaire et réglementaire à l’égard du service, et non dans une relation contractuelle. En cas de
responsabilité de la personne chargée du service public administratif, c’est le régime de la
responsabilité administrative qui s’applique.
Nous pouvons prendre à titre illustratif : la défense nationale, la police administrative,
les affaires foncières et de l’urbanisme.
2. Les services publics socio culturels
Le passage de l’Etat gendarme à l’Etat providence a donné naissance aux services
publics à caractère social, éducatif ou culturel.
Les services publics à caractère social sont ceux « ayant pour objet de fournir à leurs
bénéficiaires des prestations sociales, c’est-à-dire des prestations visant à répondre aux besoins
17
MBAU D., Cours de Droit administratif, L1 Droit, UNIKIN, p. 80 (inédit)
18
YUMA BIABA L., Op. Cit., p. 183
19
Service public administratif sous [Link] consulté le 9 aout 2022 à 14h 06’.
[16]
d’une catégorie des citoyens considérée comme plus ou moins défavorisée en considération des
risques inhérents à leur condition sociale ». Parmi ces services publics, on peut citer notamment :
les services de sécurité sociale, les services des personnes vivant avec handicap, les services de
l’emploi, les services de santé publique, les hôpitaux publics, les services d’assistance ou d’aide
sociale…20
La distinction SPA/SPIC présente un caractère exhaustif. On a pu, cependant, se
demander si le juge n‘allait pas troubler cette tête à tête en créant avec la catégorie des services
publics sociaux, un troisième compère. L‘expression de service public social est d‘ailleurs
ambiguë. Tout service public est, d‘abord, par essence « social » et, en plus, il existe aujourd‘hui,
si l‘on prend en considération leur objet, de nombreux services publics sociaux : sécurité sociale,
action sociale, action sanitaire, etc. Mais la tentative jurisprudentielle de créer, à côté des SPA et
des SPIC, une troisième catégorie de services publics dits sociaux s‘est développée essentiellement
à partir d‘activités comme les colonies de vacances, les centres aérés, les centres de jeunesse, les
patronages, etc. dès lors que ces activités étaient prises en charge par des personnes publiques21.
3. Les services publics industriels et commerciaux22
Les SPIC sont qualifiés soit suivant leur objet soit suivant leur régime juridique
A. Qualification selon l’objet
Pour qu’un service public puisse être considéré comme industriel et commercial, il faut
que son objet, c’est-à-dire ce que fait le service, la prestation qu’il accorde aux usagers, soit
semblable à l’objet des activités accomplies par de personnes privées et donne lieu à des opérations
de production ou de vente de biens ou des prestations. Cet élément ne brille pas par une précision
extrême mais il fournit un premier indice et fait ainsi obstacle à ce que puisse être renversée la
présomption d’administrative à propos du service d’octroi désintéressé des prêts sur gage par les
communes (T. confl. 15 janv. 1979, Caisse de crédit municipal de Toulon, JCP 1980.11.19328,
note Kerninon). En revanche, la présomption d‘administrativité a pu être renversée quant à l‘objet
et, dès lors qu‘étaient remplies les deux autres conditions analysées infra, ont été considérés comme
industriels et commerciaux, les services publics suivants : un frigorifique municipal (T. confl. 17
déc. 1962, Dame Bertrand, Rec. 831, concl. Chardeau; AJDA 1963.88, chr. Gentot et Fourré; CJEG
20
Service public administratif, [Link]
21
MORAND DEVILLIER J., Droit administratif, 11ème Edition, Paris, LMD, Montchrestien, L’extenso édition, 2021,
p.552
22
Idem, p.184
[17]
1963.114, note Carron); On s’est demandé, à propos de l’objet du service, si l’existence d’un
monopole de droit au profit du gestionnaire d’un service public donné ne faisait pas obstacle à ce
qu’il puisse être considéré comme un SPIC puisque, par définition, le monopole exclut que
l’activité monopolisée par le service public puisse être prise en charge par des entreprises privées.23
L’objet du service public ne serait plus ici comparable à celui d’activités privées. A
vrai dire, rien ne fait obstacle à ce que le législateur érige en SPIC une activité bénéficiant d‘un
monopole de droit et, après tout, ce n‘est pas parce qu‘une activité est monopolisée par un service
public qu‘elle ne reste pas comparable à une activité privée par son objet et n‘est-ce pas là ce
qu’exige le critère jurisprudentiel du SPIC:127. Il suffira notamment en France de mentionner, à
cet égard, que la plupart des grands SPIC nationaux : EDF, GDF, SNCF, sont monopolisés, ou
l’ont été, étant entendu qu’il faut = rappeler ici que le droit communautaire n’admet, en la matière,
de monopole que = lorsqu’il est nécessaire à l‘accomplissement de la mission de service public
(CJCE ô 19 mai 1993, Corbeau, AJDA 1993.865, note Hamon, Rec. CJCE, 2533; CJCE 27 avr. g
1994, Commune d’Almelo, AJDA 1994.637, note Hamon; CJEG 1994.623, concl. Darmon, 5 note
Fiquet) et que certains services publics locaux sont également bénéficiaires d’un 5 monopole
(transports publics).24
B. LA CONDITION RELATIVE AU MODE DE FINANCEMENT DU SERVICE
Le service public industriel et commercial doit puiser, pour l’essentiel, les ressources
nécessaires à son fonctionnement et à ses investissements dans les redevances payées par les
usagers du service public en contrepartie de la prestation accordée. Ce qui exclut, en principe, que
l’essentiel des ressources proviennent de subventions versées par le budget de la collectivité
publique (État ou collectivités locales) qui a juridiquement la haute responsabilité du service.
Le prix du service doit donc être calculé de telle façon qu’il représente, en principe, le
coût unitaire réel de la prestation ou du bien. En un mot, c’est à l’usager et non au contribuable
qu’il appartient normalement de supporter le coût réel de la prestation ou tout au moins un prix
approchant ce coût réel car, pour des raisons sociales notamment, la charge demandée à l‘usager
peut s’écarter quelquefois de ce coût lorsqu’il apparaîtrait trop élevé et risquerait de devenir ainsi
un mode de sélection par l’argent quant à l’accès au service public. Comme conséquence de cette
exigence d’une redevance que doivent supporter les usagers du SPIC et couvrant, ou approchant,
23
Cité par WALINE J. dans Droit administratif, 27e édition, Paris, Dalloz, 2018
24
Idem
[18]
le coût réel de la prestation ou du bien que le service octroi, et tarifés en fonction du nombre
d’unités achetées ou consommées, peuvent être considérés comme industriels et commerciaux,
sous réserve qu’ils satisfassent aux deux autres conditions, les services publics suivants :
Un service public d’assainissement géré en régie directe par une commune et dont la
redevance que doit supporter l’usager constitue le prix du service et est déterminée en fonction de
sa consommation d’eau (CE 20 janv. 1988, SCI « La Colline » c/ Commune de La BénissonDieu,
AJDA 1988.406, note J.-B. Auby); Un service public de distribution d’eau potable lorsque la
redevance supportée est fixée en fonction du volume d‘eau consommée (CE 9 mai 1980,
Abdesselem, Rec. 634; T. confl. 15 nov. 1980, Tettart, Rec. 643; T. confl. 22 juin 1992, Berger,
Rec. 840), à défaut le juge judiciaire y voit un SPA (Soc. 10 juill. 1995, Cie des eaux et de l’ozone,
AJDA 1996.396, note Bazex). En revanche, la présomption d‘administrativité d’un service public
ne peut pas être normalement renversée lorsque le service public est gratuit (TC 15 oct. 1973,
Barbou, préc. : bac de transports) ou quasi gratuit (T. confl. 15 janv. 1979, Dame le Cachey et
autres, préc. : théâtre municipal dont les recettes ne fournissent que 10 % du budget d’exploitation
du service; même solution pour une parade de jazz : CE 2 juin 1995, Ville de Nice, Rec. 685) ou
financé par une taxe fiscale (T. confl. 28 mai 1979, SCAVN de Cergy-Pontoise, Rec. 658 : service
d’enlèvement des ordures ménagères) ou par l’impôt direct local (CE 8 janv. 1997, Soc. Verreries
et Cristalleries d’Arques, Rec. 779).25
25
WALINE J., [Link]
[19]
comptabilité ou des contrats ». Il remarquait, d’ailleurs, que l‘on ne pouvait guère aller plus loin
dans le rapprochement entre le SPIC et l’activité privée car « la puissance publique lorsqu’elle créé
et gère un SPIC, créé une activité commerciale mais n‘exerce pas une profession ». Le juge, pour
rechercher si les procédés de gestion du service se rapprochent de ceux rencontrés dans l’entreprise
privée, se réfère en parti en particulier aux: recours aux techniques de la comptabilité privée, fut-
ce parallèlement à celles de indices suivants la comptabilité publique lorsque cette dernière est
imposée par un texte (CE 19 déc. 1955, Milliet, Rec. 797); recours aux usages du commerce dans
les relations contractuelles avec les usagers, notamment dans la passation de contrats
d’abonnement ou de fournitures; recherche de l’équilibre financier du service; service financé non
par l’impôt mais par une rémunération directe perçue sur l’usager (CE, avis, 10 avr. 1992, Soc.
Hofmïller, préc. T. confl. 7 oct. 1996, Breton, Rec. 793); fonctionnement du service dans un secteur
concurrentiel (CE, avis, 19 déc. 1995, préc. : cas des pompes funèbres depuis l‘entrée en vigueur
de la loi du 8 janvier 1993) ou sans mise en œuvre de prérogatives de puissance publique (CAA
Paris, 3 déc. 1996, SARL Agriver c/ INC, Rec. 617 : publication par l’INC de la revue « 50 millions
de consommateurs »); soumission prévue par la loi du personnel du service à un régime juridique
faisant appel au droit privé, etc. (V. la rédaction de l’arrêt du T. confl. 24 avr. 1978, Sté boulangerie
de Kourou, préc.). De même, constitue un indice de la volonté du créateur d’un service public de
le doter d’une nature industrielle et commerciale, le fait de préciser que sa gestion peut être confiée,
par la voie de la concession ou de l’affermage, à une entreprise commerciale de droit privé.26
Cette catégorie des services publics gère une activité industrielle ou commerciale tout en
poursuivant un but d’intérêt général. Ce service est caractérisé par les critères ci-après :
a. La nature de l’activité : alors que le service public administratif gère une activité qui rentre
dans la fonction normale de l’Etat, le service public industriel et commercial intervient dans
les activités généralement dévolues aux particuliers.
b. La réalisation des bénéfices : le service public industriel et commercial réalise des bénéfices
; mais tel n’est pas le but de sa création mais plutôt la conséquence de son activité. Il
pourrait donc fonctionner sans réaliser les bénéfices et même à perte moyennant recours
aux subsides de l’Etat ou de la collectivité.
c. L’accomplissement des actes de commerce : le service public industriel et commercial
accomplit des actes que la loi qualifie de commerciaux. Il s’agit de la production
26
WALINE J., [Link]
[20]
Une fois créé, le service public doit être mis en place, ce qui suppose de déterminer le mode de
gestion le plus adéquat car, qu’il soit administratif ou industriel et commercial, des institutions
différentes, publiques ou privées, sont à même de le prendre en charge27.
Les services publics sont gérés en régie, en forme d’établissement public ou en mode
contractuel de concession de service public.
1. La régie
Aux dires de Jean-Paul VALETTE, un service public est géré en régie si la personne
publique assume non seulement la gestion stratégique mais aussi la gestion opérationnelle du
service. C‘est le cas d‘une grande quantité de services publics. Les cas où la gestion opérationnelle
est en régie directe doivent cependant être distingués de ceux où elle est en régie indirecte28.
La régie est le mode normal d’exploitation du service public par l’Administration. Il
s’agit ici de la « régie directe » ; celle-ci repose sur la prise en charge directe du fonctionnement
d’un service public par l’Etat ou encore une Administration décentralisée ; qu’il s’agisse de
l’établissement public ou d’une collectivité décentralisée. La régie est donc créée par une personne
morale de droit public qui en assure directement la gestion avec ses moyens propres (moyens
humains, moyens matériels, moyens financiers)29.
La régie directe s’inscrit dans une administration hiérarchisée ; tous les services
dépendent directement de l’autorité supérieure qui exerce le pouvoir hiérarchique.
27
FRIER P-L. et PETIT J., Droit administratif, 12e édition, LGDJ, 2018-2019
28
VALETTE J-P, Droits de services publics, 3eme édition, Ellipses, 2020 pp. 199- 221
29
HUERTA DE SOTO J., Droit administratif, Théorie générale du service public, Domat, Montchrestien, 1981, p. 316
[21]
Il est fait une distinction entre la régie directe de la régie indirecte ou autonome30.
Celle-ci intervient dans le cadre de la déconcentration par service. Le service public déconcentré
reste placé sous l’autorité hiérarchique de la personne morale de droit public mais il bénéficie d’une
autonomie de gestion. Son budget est annexé au budget général de l’Etat ou de la collectivité ou
établissement public. C’est le souci d’accroître l’efficacité du service public et la nécessité
d’assouplir les règles des finances publiques qui justifient l’octroi de l’autonomie de gestion à
certains services publics.
Par exemple les régies financières de l’Etat (DGI, DGRAD, DGDA) ou des Provinces
(DGRK) ; la régie de construction de l’Université de Kinshasa ; les cliniques universitaires de
Kinshasa, sont autant de régies autonomes.
L’autonomie de gestion implique la délégation de pouvoirs de décisions dans la gestion
du personnel ; du patrimoine et des ressources financières affectés à la régie, et dans les matières
relevant de l’exploitation de la régie.
La régie autonome est généralement placée sous l’autorité d’un Directeur général
relevant hiérarchiquement de l’Etat, de la collectivité territoriale ou de l’établissement public31.
Le droit positif congolais connaît l’appellation des régies personnalisées qui sont en
réalité des établissements publics. C’est le cas de la Régie des voies maritimes, la régie de
distribution des eaux, la régie des voies aériennes, la régie des voies fluviales.
La régie directe ou indirecte est différente de la régie intéressée. Cette dernière est
caractérisée par le contrat de prestation de service par lequel l’Administration confie à un
particulier ou à un organisme la charge d’exécuter un service public pour son compte tout en étant
intéressé aux résultats de l’exploitation.
Le régisseur est rémunéré par l’Administration sur base du contrat mais le risque
financier incombe à l’Administration du fait que celle-ci conserve la direction et le contrôle du
service public. La loi n° 10/010 du 17 avril 2010 relative aux marchés publics assimile la régie
intéressée au contrat de délégation de service public.
30
DOUENCE J-C., La réforme des régies locales, AJDA 2001, p. 376
31
Idem
[22]
2. L’établissement public
Les établissements publics furent longtemps présentés comme des services publics
dotés d‘une personnalité morale de droit public. C‘est en effet la définition historique que l‘on
pouvait en donner, mais la complexité de la situation contemporaine doit faire préférer une
définition plus analytique, fondée sur des critères, lorsque se posent des problèmes.
d‘identification, ou une définition plus catégorielle si l‘on se propose de décrire le système du droit
administratif. En effet, l‘établissement public est une personne morale de droit public créée soit
par l‘État soit par une collectivité territoriale. Le recours à l‘établissement public peut être
nécessaire pour la gestion d‘un SPA (centre communal d’action social, caisse de crédit municipal,
office public d’HLM, hôpital…) ou la gestion d‘un SPIC (transport, eau, assainissement …)32.
L’établissement public se définit comme un service public doté de la personnalité
juridique ou morale. La personnalité morale implique la capacité juridique et une autonomie
administrative distincte de celle de l’Etat ou de la Collectivité qui a créé l’établissement public.
L’autonomie administrative est différente de l’autonomie politique33.
L‘établissement public est « toute personne morale de droit public créée par l’État en
vue de remplir une mission de service public » (art. 3 alinéa 2 de la loi du 7 juillet 2008 sur les
établissements publics). Même si la présente définition ne permet pas d'emblée de faire la
distinction nette entre l’établissement public et l’autorité administrative indépendante congolaise,
en raison de l’absence dans cette définition de l’élément « contrôle de tutelle »34 et qu’il convient
de compléter l’article 2 par les dispositions de l’article 3 in fine de la même loi, il faut, reconnaître
que cette définition apporte néanmoins plusieurs éléments caractéristiques :
1°) l’établissement public est une personne morale de droit public, c’est-à-dire un
service public personnalité ou décentralisé ;
2°) l’établissement public est créé par l’État, c’est-à-dire il est institué suivant le
procédé de fondation ou de création par la voie unilatérale de la puissance publique ;
3°) l’établissement public remplit une mission de service public, c’est-à-dire un service
public au sens organique prend en charge un service public au sens matériel.
32
CHEVALLIER J., La place de l’établissement public en droit administratif français, [Link]. droit d’Amiens, 1972,
n°3; «Les transformations du statut d’établissement public», TCP 1972, I, 2496;
33
YUMA BIABA L., [Link], p.188
34
Art. 2 de la loi n°08/009 du 7 juillet 2008 portant dispositions générales applicables aux établissements publics,
[Link], n°spécial, du 12 juillet 2008, p.3
[23]
La définition légale donnée à l’article 2 de la loi du 7 juillet 2008 sur les établissements
publics, doit être complétée par les caractères des missions possibles à confier à un établissement
public limitativement énumérés à l’article 4 de la même loi. En doctrine et désormais en droit
congolais, l’établissement public, a pour objet la gestion d’un service public à caractère
administratif, social, culturel, scientifique ou technique. Par conséquent, en droit positif congolais,
une entreprise publique ne peut plus être un établissement public dans la mesure où l’entreprise
publique est d’abord une société commerciale, c’est-à-dire une personne morale de droit privé,
régie spécialement par le droit commercial. Si les établissements publics, régis par le droit public,
sont voisins des établissements d’utilité publique, les entreprises publiques, c’est-à-dire les
entreprises du portefeuille de l’État, sont essentiellement régies par le droit privé.
Par ailleurs, la loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l’enseignement national définit
l’expression établissement public comme « celui qui assure l’enseignement national dans les
conditions définies par la loi » (art. 7, point 15). Autrement dit, les établissements publics de
l’enseignement national (par exemple, les universités publiques, les instituts supérieurs publics, les
écoles supérieures) ne sont pas régis par la loi du 7 juillet 2008 portant dispositions générales
applicables aux établissements public.
En effet, La capacité juridique permet à l’établissement public d’avoir des droits et des
obligations, de contracter, d’engager sa responsabilité et d’ester en justice.
En droit congolais, les provinces sont dotées de l’autonomie politique dans la mesure
où elles disposent d’institutions politiques distinctes de celles de l’Etat. Mais les collectivités
décentralisées et les établissements publics sont dotés de l’autonomie administrative. Celle-ci
comprend l’autonomie organique, l’autonomie matérielle et l’autonomie patrimoniale.35
L’organisation et le fonctionnement des établissements publics est fixée par la loi du 7
juillet [Link] Constitution congolaise laisse au législateur le pouvoir de créer les catégories
d’établissements publics et de déterminer les règles d’organisation et de fonctionnement de ceux-
ci 189 tandis que la création d’un établissement public relève de la compétence du pouvoir
réglementaire, en l’occurrence, celle du Premier ministre.
L’établissement public bénéficie d’une autonomie administrative qui lui permet
d’avoir des organes propres, des compétences propres, un patrimoine propre et la capacité
juridique.
35
YUMA BIABA L., [Link], p.188
[24]
La loi du 7 juillet 2008 organise la tutelle de l’Etat sur les établissements publics. Le
ministre ayant l’objet social de l’établissement public dans ses activités exerce le pouvoir de tutelle
sur celui-ci. Le contrôle de tutelle porte sur le pouvoir d’autorisation, le pouvoir d’approbation et
le pouvoir d’opposition (voir loi du 7 juillet 2008). Le pouvoir de substitution n’a pas été prévu
expressément par la loi. Le pouvoir d’annulation porte sur la légalité des décisions soumises au
contrôle de tutelle.
On distingue généralement les établissements publics classiques dits établissements
publics administratifs (EPA) et les établissements publics à caractère industriel et commercial
(EPIC). Mais l’évolution des services publics à donner naissance aux autres formes
d’établissements publics les établissements publics à caractère scientifique et technologique, les
établissements publics à caractère socio culturel, les établissements publics à caractère éducatif,
professionnel, les établissements publics à caractère économique et du développement.
Tous les établissements publics ne sont pas des entreprises publiques de même que
toutes les entreprises publiques ne sont pas des établissements publics. Seuls les établissements
industriels et commerciaux sont considérés comme des entreprises publiques. Les sociétés d’Etat
et celles d’économie mixte à capital majoritaire Etat sont également des entreprises publiques.
Il est fait la distinction entre établissement public et établissement d’utilité publique.
Le premier découle de la décentralisation technique et se réalise par la création d’une personne
morale de droit public ou personne administrative placée sous la tutelle de l’Etat. Le deuxième est
une personne morale de droit privé créée pour la satisfaction d’un besoin d’intérêt privé mais qui,
dans l’exploitation de son activité, rencontre un besoin d’intérêt général. L’UNIKIN est un
établissement public tandis que l’UPC est un établissement d’utilité publique. L’établissement
d’utilité publique est régi par des règles de droit privé et ne connaît pas de tutelle administrative.
La réforme des entreprises publiques intervenue en 2008 a supprimé la loi du 06 janvier
1978 sur les entreprises publiques pour organiser les établissements publics sous la loi n° 08/009
du 07 juillet 2008 et les entreprises du portefeuille sous la loi n° 08/008 du 07 juillet 2008.
[25]
36
RIVERO J., Droit Administratif, Dalloz, Paris, 2011, p. 145.
37
DE LAUBADERE A., « Vicissitudes actuelles d’une distinction classique : établissement public et collectivité
territoriale », Mél. Couzinet, 1974, p. 411.
38
THIERY D., Lexique des Termes Juridiques, Dalloz 22e édition, Paris, 2019, p. 567.
[26]
La concession de service public diffère également de l’affermage qui est une forme de
concession consistant à faire gérer les droits de la collectivité publique sur un service public et à
faire fonctionner celui-ci par une personne privée appelée fermier. Celui-ci n’est pas rémunéré par
les usagers ; au contraire, il reçoit les fonds d’investissement de la collectivité publique, il fait
fonctionner le service avec les recettes d’exploitation et verse de redevance à la collectivité
publique. Par exemple, la gestion des halles et stands de marché; la gestion d’un bac public, d’une
route ou d’un service administratif tel que le domaine public, le port maritime.
La concession de service public est le modèle type de la délégation de service public;
celle-ci est une notion récente introduite, en France par la loi du 11 décembre 2001, qui la définit
comme « un contrat par lequel une personne morale de droit public confie la gestion d’un service
public dont elle a la responsabilité à un délégataire public ou privé, dont la rémunération est
substantiellement liée aux résultats de l’exploitation du service ».Cette définition a été reprise
textuellement par l’article 5, alinéa 12, de la loi congolaise de 2010 sur les marchés publics.
La concession de service public est un contrat administratif spécial : cette spécialité se
traduit par les éléments ci-après39 :
- Le cocontractant ne fixe pas de prix, il est rémunéré par les redevances
payées par les usagers ;
- Dans la concession de service public, l’Administration contractante ne
bénéficie pas du pouvoir général de surveillance et de direction comme c’est le cas dans le
contrat administratif ;
- L’Administration ne dispose pas du privilège de modification unilatérale du
contrat qui caractérise le contrat administratif ; en aucun cas, l’Administration ne peut
imposer à son cocontractant l’obligation de fournir des prestations différentes de celles qui
avaient été stipulées à l’origine dans l’acte de concession et le concessionnaire est
parfaitement libre de refuser les propositions de modifications lui adressées par
l’Administration concédante sans que ce refus puisse entraîner la résiliation du contrat de
concession.
La concession de service public constitue une forme de privatisation de gestion de
service public, différente de la privation du capital laquelle entraîne l’aliénation des parts sociales
39
YUMA BIABA L., [Link], p.192
[27]
de l’Etat, soit partiellement, soit entièrement. Le service public concédé voit sa gestion privatisée
tandis que le capital et son patrimoine restent dans le domaine de l’Etat.
La concession de service public est caractérisée par une nature hybride : mi-
réglementaire, mi contractuels.
La partie règlementaire est constituée de toutes les clauses, élaborées unilatéralement
par l’Administration, qui fixe l’organisation et le fonctionnement du service. Ces clauses sont
contenues dans un document appelé « CAHIER DES CHARGES ». Il s’agit d’un acte
règlementaire, acte condition que le concessionnaire n’est pas appelé à négocier avec la collectivité
publique.
La partie règlementaire comprend deux catégories de clauses40 :
- Celles qui concernent l’organisation du service : elles comprennent
essentiellement la définition du service, c'est-à-dire la nature ou l’objet du service, sa
mission d’intérêt général ou la qualité de sa prestation, la sphère de ses activités.
- Celles qui concernent le fonctionnement du service : elles sont relatives aux
rapports du service avec les usagers ; elles fixent les conditions de la fourniture des
prestations aux usagers telles que 193 l’accès au service, le tarif à payer, les sanctions
éventuelles, les modalités d’utilisation du service par les usagers.
Lorsque le concessionnaire ne respecte pas le cahier des charges, les usagers
s’adressent à l’Administration pour faire respecter l’acte-condition. Le rejet du recours par
l’Administration, ou encore le silence de cette dernière après expiration du délai requis, constitue
une décision administrative faisant également l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. Vis-à-
vis des usagers, le concessionnaire n’est pas une autorité administrative et ses décisions ne sont
pas susceptibles de recours pour excès de pouvoir. En droit français, certaines décisions du
concessionnaire relèvent du juge administratif lorsqu’elles interviennent dans le cadre de la
fonction administrative.41
La partie contractuelle comprend tout ce qui concerne les rapports personnels entre
l’Administration concédant et le particulier concessionnaire. Les clauses contractuelles résultent
de la convention entre les deux parties à la concession le concédant et le concessionnaire. Il s’agit
principalement des dispositions relatives à la durée de la concession et à la rémunération du
40
YUMA BIABA L., [Link], p.192
41
Idem, p.193
[28]
42
Affermage sous [Link], consulté le 9 aout 2022 à 6h 06’
43
MBAU D., Op. Cit., p. 106
44
Gérance sous [Link], consulté le 9 aout 2022 à 17h 09’.
[29]
Paragraphe 1. Organisation
Cependant, la nature juridique de l’INPP est à remettre en cause puisque depuis la loi
de 2008 portantes transformations des entreprises publiques, sa nature vantée dans son statut
n’existe plus. Ainsi, nous partageons l’avis du Professeur YUMA BIABA qui estime que l’INPP
45
Article 8 du statut de l’INPP
[30]
doit se ranger dans la catégorie des établissements publics à caractère social. Contrairement à ce
qu’affirme le statut de cette institution.
La doctrine, notamment celle du professeur YUMA BIABA affirme que l’INPP n’est
pas une entreprise publique mais plutôt un établissement public à caractère social, c’est dans ce
sens que cette doctrine s’exprime en ces termes : « Tout établissement public n’est pas non plus
entreprise publique car il existe des établissements publics sans aucune activité commerciale ;
exemple, ceux à caractère administratif (OFIDA, OGDEP), ceux à caractère éducatif et scientifique
(UNIKIN, CRENEK), ceux à caractère social (INSS, INPP, l’Hôpital général de référence) ; il
n’y a que les établissements publics à caractère industriel et commercial qui rentrent dans la
définition de l’Entreprise publique (OCC, ONARA, SNEL, REGIDESO, LAC, etc.) »46.
Pour ce qui est de son organisation, en conformité avec les dispositions de l’article 5
de la loi 78-002 du 6 janvier 1978 portant dispositions générales applicables aux entreprises
publiques, les structures de l’Institut sont:
- le conseil d’administration;
- le comité de gestion ;
- le collège des commissaires aux comptes47.
Pour ce qui est de son patrimoine, il convient de rappeler que l’Institut vit des apports
ultérieurs que l’État pourra lui consentir et des réserves qui pourront lui être incorporées dans les
conditions prévues par la présente ordonnance.
Ceci nous rappelle encore le fait que l’INPP s’éloigne dans son organisation à toute
forme de législation liée aux sociétés commerciales considérant surtout l’origine de ses avoir.
46
YUMA BIABA L., Op. Cit., p. 133
47
Article 7 de l’ordonnance 78-188 du 5 mai 1978 portant statuts d’une entreprise publique dénommée «Institut
national de préparation professionnelle», en abrégé: «I.N.P.P.».
48
Article 6 du statut de l’INPP
[31]
Ce qui nous rappelle également qu’il est le propre des services publics d’avoir parmi
le mode de désignation de leurs animateurs l’intervention du pouvoir public ou de ses institutions.
L’INPP est organisé de telle enseigne que chacun de ses organes participe activement
dans la réalisation de ses objectifs.
Paragraphe 2. Fonctionnement
Dans son fonctionnement, l’INPP est placé sous la tutelle du département du Travail
et de la Prévoyance sociale et celui du Portefeuille, chacun y intervenant dans la sphère de ses
attributions spécifiques.
[32]
A ce titre, les contrôle par l’autorité de tutelle sont, selon le cas, préventifs,
concomitants ou a posteriori.
Ils s’exercent sur les personnes comme sur les actes et à tous les niveaux: conseil
d’administration, comité de gestion, directions, organes d’exécution, et à tous les stades:
délibérations, décisions, contrats.
Ils peuvent porter sur la légalité et sur l’opportunité des actes de l’Institut.
C’est dans ce sens que l’ordonnance portant statut de l’INPP précise à son article 22
ce qui suit :
49
Article 21 du statut de l’INPP.
[33]
Nous avons :
- Les conditions minima requises et des qualifications que possèdent déjà les candidats
lors de leur admission ;
Nous devons également savoir qu’il n’y a pas de développement sans êtres humains
bien formés. Et c’est pour remblayer à cela que l’INPP dans ses missions s’occupe de la formation
professionnelle.
L’INPP en tant qu’établissement public et rentrant dans la grande famille des services
publics travaille et concoure pour le développement social de la société, ses activités ne doivent
pas rester sans implication du point de vue social. Ainsi, dans la présente section nous allons traiter
de l’impact de l’INPP sur le développement en RDC (paragraphe 1) et nous allons critiquer le
travail de cette institution tout en proposant des perspectives d’avenir (paragraphe 2).
Au contact des hommes avec les étrangers, une nouvelle dimension du travail a pris
naissance, il s'agit de l'échange des biens contre biens, et contre la monnaie plus tard, d'où
l'existence de l'économie de troc et de la traite dans les milieux africains.
50
KUMBU Ki NGIMBI J-M, Cours de Droit du Travail, M1 droit, UCC, p. 13 inédit
51
Idem., p. 14
[36]
main d'oeuvre ici considérée est caractérisée de la façon la plus frappante par son instabilité et par
sa faible qualification »52.
De ce fait, dans le but de préparer les professionnels, personnes sans lesquelles aucun
développement durable n’est possible, l’article 3 du statut de l’INPP dispose : « L’Institut est
chargé, par association des intérêts et des responsabilités de l’État, des employeurs et des
travailleurs, de collaborer à la promotion, à la création et à la mise en application des moyens
existants ou nouveaux, nécessaires pour la qualification professionnelle de la population active du
Zaïre53 ».
Les postes qu’occupaient les colons dans les entreprises publiques et privées devraient
absolument être cédés aux nationaux pour prendre en charge leur pays. C’est là qu’un signe
d’incapacité et d’incompétence s’est manifesté, c’est ainsi que les autorités compétentes ont décidé
de créer l’Institut National de Préparation Professionnelle avec l’appui de l’ONU sous
l’Organisation Internationale du Travail (OIT) par l’ordonnance-loi n°206 pour répondre aux
besoins des cadres qui devront remplacer favorablement les colons à leurs postes vacants 54.
52
RIEDMANN G. ET NAVILLE P., Traité de sociologie du travail, éd. Armand Colin, Paris, 1962, p.235
53
Article 3 du statut de l’INPP.
54
KIKOKO LWENDO S., Rapport de stage d’entreprise effectué à l’INPP sous [Link]
consulté le 10 aout 2022 à 5h 00’.
55
[Link] consulté le 10 aout 2022 à 5h 07’.
[37]
Ainsi, l’impact des actions de l’INPP ne peut rester sans rhétorique dans une société
en pleine transformation et qui a besoin des personnels qualifiés pour son développement.
C’est dans ce sens que s’inscrit d’ailleurs à titre illustratif cette déclaration de son
directeur général [Link] Patrick Kayembe Nsumpi qui a annoncé au cours d'une conférence de
presse organisée le 24 janvier 2022 au siège de cet établissement public situé dans la commune de
Limete à Kinshasa : « Pour le programme du Gouvernement de la République, celui de
développement à la base de 145 territoires, l'INPP va jouer sa partition. Par anticipation, l'INPP
a déjà commencé à travailler sur ce projet. On est en train d'y travailler pour voir comment est-ce
que nous pouvons accompagner le Gouvernement dans la réalisation de cet objectif là. Nous
devons nous impliquer dans le développement de 145 territoires surtout dans les fins fonds de notre
pays où il y a même un problème de formation qui se pose, parce qu'aujourd'hui il y a des métiers
qui sont rémunérateurs mais nous ne trouvons pas une main-d'œuvre pour ces métiers là. L'INPP
doit vraiment être l'instrument de l'État dans cet accompagnement pour ce qui est de la formation
de qualité de la main-d'œuvre »57.
« En 2022, nous allons aussi mettre un accent particulier sur l'entrepreneuriat des
jeunes. Et l'entrepreneuriat appelle à ce que nous puissions collaborer avec d'autres structures
comme l'OPEC, l'ANAPI pour essayer d'accompagner les investisseurs toujours dans le domaine
de formation58 ».
Sans se livrer à la réalisation des projets. L’INPP prépare les personnels qualifié pour
leur réalisation. Il intervient donc dans la partie la plus importante qui est celle de doter aux
citoyens les connaissances nécessaires pour travailler et atteindre un développement durable.
56
Développement économique sous [Link] consulté le 10
aout 2022 à 5h 30’.
57
KAYEMBE NSUMPI P., l’INPP va accompagner le programme du gouvernement de développement à la de 145
territoires de la RDC sous Le plus grand site d'information en république démocratique du congo ([Link])
consulté le 10 août 2022 à 6h 08’.
58
Idem.
[38]
1. Critiques
Du point de vue de droit, nous pouvons constater que jusqu’à ce jour, le statut juridique
de l’INPP est sujet à débats étant donné que le législateur congolais n’a pas encore pris soin de
modifier et d’actualiser le texte qui organise cette institution. Certes, dans le rang des services
publics, régit par le droit administratif pour quelque contentieux que ce soit. Cependant, le texte
continue à dire qu’il s’agit ici d’une entreprise publique et pourtant toutes ses activités nous
poussent à affirmer qu’il s’agit d’un établissement public à caractère social.
Il est vrai que l’INPP tel que voulu doit être un cadre de préparation pour les futurs
professionnels, personnes sans lequel aucun développement durable n’est possible. Cependant,
nous pouvons observer que l’INPP est sous équipe en termes d’outils de travail pouvant rendre
cette préparation professionnelle effective.
Par ailleurs, cette institution bien que sous tutelle et disposant des moyens matériaux
et financiers propre mérite d’être passé au peigne fin en ce qui concerne la gestion de son
patrimoine. Puisqu’il a été remarqué que les animateurs de cette institution sont exposés et se
livrent parfois à des pratiques peu recommandables pour une institution qui doit travailler pour le
développement durable.
2. Perspectives
Il est donc impérieux au regard de tout ce qui précède que l’Etat congolais puisse
redéfinir tôt d’abord juridiquement le statut de l’INPP afin de lui appliquer un régime juridique qui
lui convient.
En outre, pour que l’impact de cet organe dans la perspective de développement
durable en RDC soit visible, l’Etat se doit de lui doter les moyens logistiques et financiers possible.
La politique de gestion des établissements publics doit être revue afin de rendre ces
derniers plus productifs à la fois politiquement qu’économiquement.
Partant sur les pas d’Adam Smith qui considère que lorsque plus rien ne marche il faut
regarder l’homme car il est la ressources des ressources, l’Etat congolais doit veiller à ce que les
conditions d’apprentissage à l’INPP soient favorables afin de pouvoir faire sentir son impact.
[39]
CONCLUSION
Les services publics existent pour permettre à l’Etat d’atteindre ses différents objectifs.
En effet, le service public n’ayant de définition légale, le service public est conçu au sens matériel
comme toute activité destinée à un besoin d’intérêt général et qui, en tant que telle, doit être assurée
ou contrôlée par l’Administration public et au sens formel comme l’ensemble organisé des moyens
matériels et humains mis en œuvre par l’Etat ou une collectivité publique.
Le service public est inséparable du système économique et social dans lequel elle
s’insère. La production du service public est destinée à satisfaire l’intérêt général. Le service public
est un système ouvert qui entretient des échanges permanents avec son environnement extérieur et
d’autres centres de décision.
C’est dans ce sens que l’Institut National de Préparation Professionnelle s’inscrit
depuis sa création par l’ ordonnance 78-188 du 5 mai 1978 portant statuts d’une entreprise publique
dénommée «Institut national de préparation professionnelle», en abrégé: «I.N.P.P.». Dans la
dynamique de vouloir servir l’intérêt général et contribuer au bon fonctionnement de l’Etat.
L’INPP est contrairement à ce qu’affirme son statut depuis 2008 un établissement
public à caractère social. Certes, le but recherché par l’INPP n’est pas le lucre mais sa contribution
du développement de la RDC passe par le canal des professionnels qui ressortent de cette
institution.
Considérant son mode de gestion, son organisation et son fonctionnement, tout pousse
à croire que nous sommes en face d’un établissement public plutôt que d’une entreprise publique
de l’Etat.
Il est donc impérieux que l’Etat congolais puisse assurer sa participation totale dans
les activités de l’INPP afin de pouvoir faciliter la promotion de la formation professionnelle.
La politique de l’Etat congolais à l’endroit des services publics qui n’ont pas pour
finalité le lucre doit être revu afin de permettre à ce que dans la synergie toutes les institutions
puissent participer activement au développement durable.
La lutte contre les antivaleurs et vices qui rongent notre administration publique
méritent à ce que l’Etat puisse renforcer la répression des infractions commises dans le cadre de la
gestion de la chose publique. Ainsi, l’impact de l’INPP dans notre société sera visible et
considérable.
[40]
BIBLIOGRAPHIE
I. INSTRUMENTS JURISDIQUES
1. Loi du 7 juillet 2008 sur les établissements publics loi n°08/009 du 7 juillet 2008 portant
dispositions générales applicables aux établissements publics, JORDC, 49 année, numéro
spéciale, 12 juillet 2008
2. Loi organique n•16/001 du 03 mai 2016 fixant l’organisation et le fonctionnement des
services publics du pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées.
3. Ordonnance 78-188 du 5 mai 1978 portant statuts d’une entreprise publique dénommée
«Institut national de préparation professionnelle».
II. OUVRAGES
4. CHEVALLIER J., «La place de l’établissement public en droit administratif français »,
[Link]. droit d’Amiens, 1972, n°3; «Les transformations du statut d’établissement
public», TCP 1972, I, 2496;
15. RIEDMANN G. ET NAVILLE P., Traité de sociologie du travail, éd. Armand colin, Paris,
1962.
16. THIERY D., Lexique des Termes Juridiques, 22e édition, Dalloz, Paris, 2019.
17. VALETTE J-P., Droits de services publics, 3e édition, Ellipses, 2020.
18. WALINE J., Droit administratif, 27e édition, Paris, Dalloz, 2018.
19. YUMA BIABA L., L’essentiel du droit administratif général, Kinshasa, Kinexpress, 2018.
III. ARTICLES ET REVUES
20. DOUENCE J-C., « La réforme des régies locales », AJDA 2001.
22. KUMBU Ki NGIMBI J-M, Cours de Droit du Travail, M1 droit, UCC, inédit.