La presse française
Semaine 6
Qu’est-ce que le racisme ?
Questions de mise en route :
1- Lorsque vous pensez au racisme,
quelles images vous viennent en tête
?
Le racisme évoque souvent des scènes de discrimination, d’injustice et de violence.
Cela me rappelle des moments où des individus sont jugés uniquement en fonction de
la couleur de leur peau ou de leur origine ethnique, comme dans des manifestations ou
des conflits sociaux.
2- Y a t-il beaucoup de racisme dans
votre pays ?
3- Avez-vous été victime de racisme
?
4- Quelle est votre réaction lorsque
vous voyez des comportements
racistes ?
5- Dans quel(s) pays pensez-vous
qu’il y ait le plus de racisme ?
Dans les États-Unis, où des divisions raciales profondes persistent, ou certains pays
d’Europe, où les minorités ethniques peuvent être particulièrement vulnérables.
6- Pourquoi les gens sont-ils
racistes ?
7- Est-ce que le racisme devient
plus ou moins répandu dans votre
pays ?
8- Pensez-vous que le racisme
puisse disparaitre dans le monde ?
Idéalement, oui, mais cela nécessiterait une transformation profonde des mentalités et
des structures sociales. Il y a des progrès, mais le racisme est profondément enraciné
dans les sociétés humaines et nécessite des efforts constants pour le combattre.
9- Comment peut-on expliquer le
racisme à un enfant ?
10- Quelles sont les “races” ou
“groupes” les plus discriminés dans
votre pays ?
11- Quelles punitions devrait-on
mettre en place contre les actes
racistes ?
12- Comment peut-on lutter contre le
racisme ?
L’éducation est clé. Sensibiliser dès le plus jeune âge à la diversité et à l’égalité,
promouvoir des lois anti-discrimination, et encourager la solidarité et les dialogues
intercommunautaires peuvent jouer un rôle fondamental. Chacun peut contribuer à
son niveau en dénonçant le racisme et en soutenant les victimes.
13- Qu’est-ce qui est pire selon vous :
le racisme, le sexisme ou
l’homophobie?
Lecture de l’article :
Qu'est-ce que le racisme ?
Par Maud Navarre
Mai 2017
Le racisme naît de la confrontation à
l’altérité humaine. Il s’est manifesté
dans les sociétés occidentales
modernes sous des formes multiples
(esclavagisme, génocides,
ségrégation raciale…). Aujourd’hui, la
question de la compatibilité des
cultures lui donne un second souffle.
A
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Les définitions du racisme sont
multiples. Par exemple, les chercheures
Évelyne Heyer et Carole Reynaud-
Paligot du musée de l’Homme
expliquent que le racisme « consiste à
considérer des différences entre
individus, qu’elles soient physiques ou
culturelles, comme héréditaires,
immuables et naturelles ; il établit une
hiérarchie entre des catégories d’êtres
humains ; il peut se traduire par des
sentiments et des actes allant de la
discrimination jusqu’à l’extermination de
l’autre ». Autrement dit, le racisme
repose sur trois piliers : catégoriser des
individus en groupes (un réflexe du
cerveau humain, mais les critères de
classement varient selon les contextes
sociohistoriques), les hiérarchiser
(certains sont valorisés ou dévalorisés
pour une raison arbitraire) et les
essentialiser, c’est-à-dire présenter ces
différences comme étant indépassables,
inévitables car relevant d’une
transmission héréditaire. Le racisme se
distinguerait ainsi de la xénophobie qui
ne considère pas nécessairement l’autre
comme irrémédiablement différent.
L’historien Jean-Frédéric Schaub, pour
sa part, considère que le racisme a une
dimension politique, car c’est l’une des
réponses utilisées pour gérer l’altérité
inhérente à l’espèce humaine. Les
différentes formes de racisme
(antisémitisme, anti-Noirs, etc.)
relèveraient ainsi d’un même principe.
Là où certains optent pour un
traitement égal et équitable, d'autres
discriminent certains groupes en raison
de critères variables (la race, mais aussi
le sexe, le handicap, l’orientation
sexuelle, etc.), souvent pour imposer
leur supériorité aux autres.
Autre définition allant dans ce sens,
selon le philosophe et militant
antiraciste Pierre Tévanian, auteur de
La Mécanique raciste (2017), le racisme
n’est pas à chercher dans la psychologie
de l’homme, mais dans les idéologies
politiques, telles qu’elles prennent corps
dans les institutions (justice, police,
école, etc.) : « Le racisme, en un mot, est
un système de domination. »
Les historiens ne s’accordent pas sur
l’origine du racisme. Si on entend le mot
dans un sens étroit (une ségrégation
fondée sur des critères biologiques),
alors, selon l’historien J.F. Schaub, ses
premières manifestations en Occident
seraient apparues avec la persécution
des Juifs ibériques au 15e siècle.
L’historien américain Benjamin Isaac a
fait valoir de son côté que chez les Grecs
et les Romains, les stéréotypes de types
raciaux fondés sur le « sang », les
critères physiques et géographiques
étaient très répandus.
Il existe peu de traces de populations
discriminées en raison de leurs
différences biologiques. Les plus
marquantes sont celles qui reposent sur
un racisme institutionnel (lorsque les
institutions politiques, juridiques,
éducatives imposent un traitement
différencié en raison de la race réelle ou
supposée). Par exemple, dans le cadre
de l’exposition « Nous et les autres » au
musée de l’Homme, sont distinguées
trois principales formes de racisme
institutionnalisé : l’esclavagisme et la
colonisation, le régime nazi et le
massacre des Tutsis et des Hutus au
Rwanda. Le plus souvent, les exemples
cités impliquent les sociétés
occidentales, non pas qu’elles soient les
seules à être racistes, mais plutôt que
leur système de pensée le favorise.
B
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………….
À partir du 15e siècle, des navigateurs du
continent européen découvrent de
nouveaux mondes et de nouvelles
populations. Un premier empire colonial
commence à se constituer, centré sur
l’Amérique alors appelée le « Nouveau
Monde ». La pensée raciale n’apparaît
pas immédiatement : elle se développe
tout au long des 16e et 17e siècles, avec
la mise en place de l’esclavagisme.
D’ailleurs, alors que les conquistadors
massacrent les populations pour
s’emparer de leurs terres, des
missionnaires comme Las Casas s’y
opposent. Sa voix sera entendue dans un
premier temps par l’empereur Charles
Quint. Des lois sont adoptées pour
protéger les populations du Nouveau
Monde, mais les colons esclavagistes s’y
opposent. Un premier système
d’esclavagisme se développe aux 17e et
18e siècles : il mobilise les populations
d’Amérique pour travailler dans les
plantations de café notamment. Mais
cette exploitation provoque des
rébellions d’esclaves. Leur prix
augmente, ce qui crée une crise de la
traite.
La Grande-Bretagne décide alors
d’abolir la traite puis l’esclavage des
populations d’Amérique. Elle s’engage
dans la conquête de l’Afrique et de
l’Asie, suivie dans cette entreprise par la
France. C’est le mouvement dit « de
seconde colonisation ». Pourtant, ces
pays se retrouvent face à une difficulté
majeure : alors qu’ils défendent
dorénavant les droits de l’homme, ils ne
les respectent pas auprès des
populations qu’ils colonisent. La pensée
raciale se développe pour justifier ce
paradoxe. Elle invoque des droits et des
devoirs des populations jugées
supérieures au regard de celles perçues
comme inférieures. Par exemple, comme
le rappelle le catalogue de l’exposition
« Nous et les autres », la France instaure
le régime de l’indigénat dans ses
colonies : il se caractérise par la
privation de droits civiques et le travail
forcé (alors que la Révolution française
de 1789 l’a aboli). Ce régime est d’abord
appliqué en Algérie, puis dans les autres
terres coloniales jusqu’à la Seconde
Guerre mondiale.
C
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………….
Au début du 20e siècle, le national-
socialisme allemand gagne le soutien
des électeurs en s’appuyant sur
l’humiliation du traité de Versailles et la
grave crise économique que connaît le
pays. L’idéologie postule l’existence de
races supérieures, dont la race aryenne
représenterait le sommet de la
hiérarchie et la race juive, le plus bas
niveau. Alors que les formes de racisme
classique supposent l’infériorité et la
subordination de certains groupes,
l’idéologie nazie développe la volonté de
purifier la race aryenne, supposée
corrompue par les Juifs, dans le
mouvement des mesures eugénistes en
vigueur à l’époque. Cette forme
renouvelée de racisme, le « mythe de la
race pure aryenne », conduit d’abord à
la constitution de ghettos juifs et à leur
persécution. Durant la Seconde Guerre
mondiale, le nazisme se radicalise : les
Juifs sont déportés et exterminés dans
les camps de concentration. Au total,
6 millions de Juifs d’Europe ont été
exterminés, soit les deux tiers, ainsi que
220 000 Tsiganes, mais aussi plusieurs
centaines de milliers de handicapés et
des dizaines de milliers d’homosexuels.
D
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………….
Dans la seconde moitié du 20e siècle, les
politiques d’égalité des droits et de lutte
contre les discriminations se
développent. Par exemple, dès 1948,
l’Onu adopte la Déclaration universelle
des droits de l’homme dont l’article 1er
proclame que « tous les êtres humains
naissent et demeurent libres et égaux en
dignité et en droits ».
Pourtant, aujourd’hui, le sentiment qu’il
existe du racisme en France reste
répandu. Est-il le même que celui
d’hier ? Selon l’historien George M.
Frederickson, un racisme culturel aurait
pris le dessus sur le racisme biologique.
De même, le médecin généticien Axel
Khan explique qu’aujourd’hui, « le
racisme n’a pas besoin de la réalité
biologique des races pour sévir (…). Dans
le discours des racistes modernes, ce ne
sont souvent plus les races qui sont
déclarées incompatibles ou inégales, ce
sont les coutumes, les croyances et les
civilisations. Ce dont on parle, c’est de
choc des cultures. » La chercheure
C. Reynaud-Paligot confirme ces
analyses, tout en nuançant : « Les
pensées racialisantes ou essentialistes
n’ont pas disparu ; elles subsistent sous
une forme moins radicale et présentent
les “cultures” comme des entités figées,
avec des caractéristiques sinon
immuables, difficilement transformables,
alors que les travaux en sciences sociales
ne cessent de montrer le caractère fluide,
dynamique et en perpétuelle évolution
des cultures, comme des identités. »
E- ………………………………………………
Le racisme d’aujourd’hui reposerait
donc sur des différences culturelles
supposées incompatibles
(l’appartenance religieuse, l’origine
géographique, la langue, etc.). Il
prendrait des formes multiples :
islamophobie (attitude d’hostilité à
l’égard de l’Islam et des personnes de
religion musulmanes ou assimilées à
cette religion), antisémitisme (hostilité
envers les Juifs, les personnes perçues
comme telles ou leur religion), racisme
anti-Roms, anti-Asiatiques, anti-Noirs et
même anti-Blancs ! Cette dernière forme
souvent jugée moins discriminante que
les autres reste toutefois peu étudiée.
Source:
[Link]
u-est-ce-que-le-racisme_fr_38059.html
I-Questions de compréhension
globale
Trouvez un titre pour chaque
paragraphe.
A:
B:
C:
D:
E:
II- Questions de compréhension
Répondez aux questions ci-dessous
en utilisant vos propres phrases,
vous ne pouvez pas copier le texte.
1. Pour E. Heyer et C. Raynot
Paligot, quels sont les trois éléments
qui permettent de définir le
racisme ? (Utilisez vos propres
mots).
2. Quelle est la différence entre le
racisme et la xénophobie, d’après ce
texte ?
3. Pour [Link].s chercheur.e.s le
racisme a t-il une dimension
politique ?
4. Expliquez ce qu’est le racisme
institutionnel. Donnez trois
exemples en les expliquant avec vos
propres mots.
5. Lors du mouvement de la
“seconde colonisation” en Europe,
on assiste à un paradoxe, lequel ?
Expliquez.
6. Quel est le postulat de base de
l’idéologie nationale socialiste (nazi)
en Allemagne ?
7. D’après l’historien George M.
Frederikson, comment le racisme a
t-il évolué en France ?
III- Dites si les affirmations suivantes
sont vraies ou fausses. Cochez les
cases vrai/faux
Vra Faux
i
1- Cet article explique les
différentes manières de
définir et comprendre le
racisme.
2- Pour E. Heyer et C.
Raynot-Paligot, il y a
différentes définitions du
racisme.
3- Pour Pierre Tévanian, le
racisme fait partie de la
manière de penser chez
l’être humain.
4- D’après cet article, le
racisme se définit par la
discrimination entre les
humains suivant des
critères biologiques.
5- JF Schaub et Benjamin
Isaac sont d’accord sur
l’origine des premières
traces du racisme en
Europe.
6- Les Grecs et les Romains
ne discriminaient pas
seulement suivant des
critères physiques.
7- Dans l’histoire on a très
peu d’écrits relatant des
discriminations physiques
entre individus.
8- Le racisme ne s’est pas
développé tout se suite
après les premières
conquêtes coloniales. `
9- L’empereur Charles
Quint et les colons
esclavagistes ne
souhaitaient pas prot
10- Les nazis ont seulement
cherché à exterminer les
juifs.
IV- Questions de réflexion.
1. Expliquez et commentez cette
citation : « Le racisme, en un mot, est
un système de domination. »
2. Selon Axel Khan : Dans le
discours des racistes modernes, ce ne
sont souvent plus les races qui sont
déclarées incompatibles ou inégales,
ce sont les coutumes, les croyances et
les civilisations. Ce dont on parle,
c’est de choc des cultures. “. Etes-
vous d’accord avec ce médecin ?
Justifiez votre reponse par des
exemples concrets.
3. A votre avis, existe-t-il un
racisme “anti-blanc”? Justifiez votre
réponse.
Des stéréotypes = des préjugés