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Éthique environnementale et protection de la nature

Le document aborde la nécessité de protéger la nature face aux menaces qui pèsent sur elle et sur l'humanité, notamment à travers les conséquences du progrès technologique. Il présente différentes perspectives éthiques sur la protection de l'environnement, telles que l'écocentrisme, le biocentrisme et l'anthropocentrisme, ainsi que le débat sur la valeur intrinsèque de la nature. Enfin, il souligne l'importance de repenser notre relation avec la nature et les écosystèmes, qui sont fragiles et non linéaires.

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Le document aborde la nécessité de protéger la nature face aux menaces qui pèsent sur elle et sur l'humanité, notamment à travers les conséquences du progrès technologique. Il présente différentes perspectives éthiques sur la protection de l'environnement, telles que l'écocentrisme, le biocentrisme et l'anthropocentrisme, ainsi que le débat sur la valeur intrinsèque de la nature. Enfin, il souligne l'importance de repenser notre relation avec la nature et les écosystèmes, qui sont fragiles et non linéaires.

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Qu’on parle de “protection” implique que quelque chose soit menacé, que cette chose puisse être ou

ne pas être, selon ce qui sera choisi pour l’action. Le climat peut être ou ne pas être “déréglé”, les
écosystèmes peuvent être ou ne pas être endommagés, dégradés, épuisés, détruits, les espèces
peuvent disparaître. Et comme le signale Hans Jonas (1903-1993), aujourd’hui ce n’est pas seulement
la nature non-humaine qui est menacée : c’est l’espèce humaine en tant que telle, ses conditions de
possibilité biologiques, sa liberté qui sont menacées notamment par les modifications biologiques et
génétiques, par la prolifération de toxiques à effets lents et cumulatifs et toutes sortes de procédés
qui, selon Ulrich Beck, sont maintenant les conséquences réelles et inséparables du “progrès”. Le
comprendre implique d’envisager la nature sous un tout autre jour que celui mis en place avec la
modernité. Ce nouvel ordre peut être symbolisé par l’écologie. Ici la nature est susceptible d’une
histoire, et pas seulement de principes universels et immuables tels que la loi de la gravité. La
protection de la nature évoque la nature dans ce qu’elle a de fragile, de périssable. Les écosystèmes
rendent des “services” tels que l’épuration de l’eau, l’apport de nutriments, la reproduction des
espèces etc. qui peuvent être détruits par des expérimentations hasardeuses ou un usage aveugle
des milieux. Cette nouvelle vision du monde interroge les finalités que la modernité avait prêtées à
l’évolution humaine. La nature peut-elle encore être conçue comme une étendue réglée par des
forces déterminées que nous pouvons connaitre et entièrement mettre à notre profit ? Comment
avons-nous pu commettre une erreur aussi énorme à propos de l’ordre du climat, par exemple, dont
nous avons longtemps pensé que rien ne pourrait en perturber la régularité ? Comment les travaux
de Svante Arrhénius ont-ils pu être ignorés, lui qui avait averti dès 1896 qu’une élévation du taux de
dioxyde de carbone aboutirait à augmenter la température moyenne et modifier le climat ? Les
écosystèmes, à la différence des lois de la gravité, ne sont pas linéaires, ils peuvent être le lieu
“d’effets de seuil” brutaux, déstabilisant les sociétés humaines. A partir de là plusieurs orientations
sont possibles, qui ressortissent à ce que l’on appelle “l’éthique environnementale” ou “l’économie
écologique” voire “le développement durable”. L’éthique environnementale se scinde en trois
courants : l’écocentrisme, qui estime que les écosystèmes doivent être gérés de telle manière à ce
que la communauté biotique reste en harmonie ; le biocentrisme qui cherche plutôt à protéger les
êtres vivants en tant qu’individus, les écosystèmes n’étant là que pour les servir ; et
l’anthropocentrisme, qui affirme que la nature ne doit être protégée que si elle est utile à l’être
humain. Le débat central tourne autour de l’existence d’une “valeur intrinsèque” de la nature, que
soutiennent les éthiques biocentristes et écocentristes, et que nie l’anthropocentrisme. L’économie
écologique tente d’articuler les deux : valeur en soi de certains éléments naturels, qui doivent être
préservés, par exemple les écosystèmes qui permettent aux poissons de se reproduire etc. et ce qui
peut avoir une valeur instrumentale, que nous pouvons consommer, détruire – par exemple les
poissons arrivés à l’âge adulte. Bien d’autres positions éthiques et politiques existent : anti-spécisme
(égalité des droits pour toutes les espèces sensibles), etc. En ce sens, les questions de “protection de
la nature” ne sont pas nouvelles. Platon évoquait déjà les causes humaines de désertification de
l’Attique et les cataclysmes naturels tels que celui qui aurait

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