CHAPITRE 1 : HISTOIRE DE LA RHÉTORIQUE : L’AGE
CLASSIQUE
Introduction :
But : lutter contre les sophismes (Argument, raisonnement faux malgré
une apparence de vérité.). Forme importante, mais la rhétorique (le fond)
lutte contre.
Rhétorique date de la Mésopotamie (épopée de Gilgamesh), l’Égypte avec
des règles de conduites d’expression, l’art de la présentation
(Hatchepsout, pour légitimer son pouvoir, dit quelle est apparentée à
Dieu). C’est la Grèce antique qui conceptualise la réflexion sur les techs de
parole.
R existe depuis l’antiquité, et passe principalement par l’oralité. Illiade =
premier texte qui utilise des figures de style pour retenir l’attention. C’est
aède le narrateur, poète chanteur = contes chantés. Donc convaincre
passe par oral et écrit
Barthes classait les travailleurs de texte en 2 cat :
Les écrivains : romancier, grand style. On pense la relation entre les
mots.
Les écrivants : usage de l’écrit sans s’intéresser à la langue :
transmettre l’info
I. La naissance de la R et l’émergence des cités grecques
a. Une inconnue : le point de départ
Pas de date fixe pour la créa de la R, mais toutes les civilisations ont eu
des réflexions sur la langue et la forme. Déjà des empires avec plusieurs
langues : Assyrie, ou une élite a sa propre langue, tirée de l’écriture en
Mésopotamie = besoin de spécialistes. Ce sont des scribes
→ manière de parler dépends de la classe soc
b. Les cités grecques et leur système
1000 jusqu’au Vie siècle av. JC, les royaumes grecques se structurent en
cités : des territoires organisés autour d’institutions partagées. Différents
sites/instances : capitales, l’Acropole, places publiques. = circulation de
l’info et marché, + institutions pour les réguler (débat sur la monarchie).
Structure de pvr (constitut°…) dépendent des cités. Différents types
d’habitants : citoyens libres, esclaves sans droits politiques, et métèques
protégés pour leur contribution éco (sacralisation, objets sacrés pour les
rendre intouchables sinon peine de mort… car commerçants).
Athènes = démocratie / Spartes = monarchie, sages religieux….
c. Le modèle athénien
Début au VIᵉ siècle av. J.-C : Solon crée la première constitut° et l’Héliée,
tribunal impliquant les citoyens. Pour lui, démocratie = pouvoir du peuple,
opposé à la monarchie et l’aristocratie. Clisthène réorganise le territoire, et
Périclès marque l’âge d’or d’Athènes, favorisant le théâtre, la philosophie,
et l’émergence des premières grandes écoles athéniennes et sophistes.
d. Les premiers sophistes
Image caricaturée des sophistes, mais en général ce sont des profs.
Éducation à Athènes : pas d’école, donc cours aux élites, puis ils entrent
dans l’éphébie = institution civique d’éduc (formation militaire, sportive,
intellect = apprendre la vie).
Après l’éphébie, soit militaire (phalange qui protège citée + voisins), soit
pris en charge par les sophistes (15-16 ans) pour apprendre à s’exprimer,
être citoyen…
Hippias d’Élis : « meilleure mémoire à l’époque », il sait un peu tout
(histoire des JO). Pour lui la mémoire ça permet d’avoir des
connaissances donc de convaincre. Il a un rôle diplo et cherche à
rencontrer de gdes figures (+ former des disciples et recueillir des
infos). Dimension de l’érudition : savoir approfondi sur les sources
historiques, textes… mais pas de système de pensée
Protagoras : adversaire de Socrate, premier vrai prof d’enseignement
sup. il forme à raisonner, penser et bien parler et à gagner tous ses
débats : employer tous les moyens pour faire changer d’opinion. Pour
lui, la parole c’est une arme de dom. Fondateur du relativisme et du
subjectivisme : il n’y a que des savoirs humains, donc pas de savoir
absolu. On cherche donc pas à avoir raison, juste à l’emporter.
il fait payer cher son enseignement (réservé aux élites)
Socrate : seconde moitié Ve siècle av. JC. Rupture avec Protagoras : on
ne devrait pas faire payer son enseignement car dépendance, mais le
but du savoir c’est l’indépendance. il casse le marché car enseigne
gratuit. Pour lui, le savoir repose sur la vérité : c’est un philosophe à la
recherche du vrai savoir
→ allégorie de la caverne : hommes enchainés depuis leur naissance qui
voient que des ombres projetés sur un mur par un feu. 1 se libère, et voir
le feu (il comprend que ombres = illusion), puis sort de la caverne et voit
prog le vrai monde
→ quête philo de la vérité progressive : elle est extérieure à l’homme, et
donne un avantage face à ceux emprisonnés dans les fausses croyances.
Platon crée un une académie avec des « gardiens » ou on enseigne
Socrate
II. La dictature athénienne
G du Péloponnèse (Athènes VS spartes), Socrate forme les resp politiques.
Tension à Athènes entre le parti élitiste (G pas bonne) et parti populiste (si
GG grande fortune). Spartes gagne= dictature avec Critias, gouvernant
(disciple de Socrate, soutient le gvt)
Les populistes fuient, et quand spartes se retire ils reviennent au pvr avec
Anytos
b. La chute de Socrate
Anytos = gde fortune athénienne, H + riche d’Athènes. Anytos ne fait
éduquer son fils ni chez Protagoras ni chez Socrate, juste la gestion d’etp.
Thrasybule retourne au pvr et ils sont majoritaires à l’héliée : il engage
Mélétos (poète) et Lycon (politicien) et porte plainte contre Socrate pour
trahison : créa d’un nvx dieu, le Diamôn, qui fait le lien entre le monde des
dieux et des hommes. Il corrompt la jeunesse. Socrate ne se défends pas
mais confronte, expose son récit de vie = condamnation à mort. Ses
disciples bâtissent sa légende.
c. L’ère de Démosthène
Démosthène VS Philippe II de macédoine. il était pas très fort, mais fait un
discours ou il exalte le patriotisme et dénonce ceux qui font de la fausse R,
les orateurs stipendiés (agissent pas intérêt financier, pas par conviction).
Aristote, disciple de Platon, devient précepteur pour le fils de Philippe de
Macédoine, Alexandre = il se fait du biff et revient fonder le Lukéion, le
lycée.
Période axiale : 800-200 av. JC = periode de transformation de la pensée
mondiale = aristote en aurait entendu parler.
329-323, Aristote rédige La Rhétorique, qui explore les moyens de
persuasion et relie éloquence, justice, et vérité. Il distingue trois genres de
discours :
Épidictique : démonstratif, pour établir des vérités dans un cadre
savant.
Judiciaire : destiné aux juges, entre défense et accusation.
Délibératif : pour orienter des décisions, souvent dans des
contextes politiques.
Grèce antique = postes politiques tirés au sort avec une « osrtie de
charge », ou on vote sa satisfaction : ca peut aller de l’ostracisation à la
peine de mort. Aristote réfléchir à la loi et aux types de gvt dans La
Politique, ou il distingue plusieurs formes de gvt :
Monarchie, dégradée en tyrannie.
Aristocratie, corrompue en oligarchie ou kleptocratie.
République : participation commune des citoyens. Susceptible de
devenir une démocratie populiste (populisme → Trump)
Aristote relie ainsi la politique à la rhétorique, montrant que l’art de bien
gouverner repose sur des discours adaptés à l’intérêt général et à la
justice.
III. Les Romains / La Rome antique
Logique proche des cités grecques, se prétends mm créateurs. Fin du 3 e
siècle av JC = conquête complète de la Grèce par Rome = modèle grecque
d’éducation reference
a. L’éducation romaine
Éloquence = qualité intrinsèque au citoyen romain, associée à la piété, la
virtus (comportement exemplaire), et la tempérance. Rôle clé dans la
vie civique, militaire et politique.
Enseignement romain : Magistère (petits), Grammaticus (Maîtrise
avancée de la langue) et Rhéteur (à partir de 16 ans) : Formation
supérieure en éloquence les contextes pltq et militaire (art du discours
militaire : discours avant chaque bataille pour galvaniser les troupes). R =
place importante, romains riches vont se faire former à Athènes. École
romaine de R = influence sur la cité + éloquence sobre. Caton l’Ancien
s’inspire du style laconique (spartiate) : parle peu, vague dans la volonté
d’être épuré.
Caius Popilius Laenas : ex de simplicité et d'efficacité dans l’expression, il
oblige le roi Antiochos IV à se conformer aux exigences romaines en
traçant un cercle autour de lui, = décision immédiate sous pression.
b. Les origines du tribun de la plèbe
Ve s av. JC : Rome sort de la royauté pour la Rép. Rév de la plèbe, qui
quitte Rome pour aller sur la colline de l’Aventin : le Sénat envoie Agrippa
Menenius Lanatus leur faire un apologue (estomac qui ne digère pas
seulement mais qui est indispensable, le sénat est pareil). Il convainc la
plèbe de revenir, à condition de créer une magistrature de défense de la
plèbe : le tribun de la plèbe. Ils ont un droit de véto, s’opposent aux
dictateurs…
Poste bas en hiérarchie mais bloque les institutions.
Tibérius Graccus & Caius Gracchus utilisent cette fonction pour
réformer la société romaine. Tiberius, alarmé par la pauvreté des anciens
légionnaires, propose une réforme agraire (Lex Sempronia) pour
redistribuer les terres, afin de lutter contre la corruption des riches
sénateurs. → échoue, car assassiné.
Ils ont permis la créa de 2 partis : les populaires et les puissants
c. Cicéron
-63, Catilina (ancien général) VS Cicéron (consul de Rome) : gde R car
ancien avocat, peut faire les 2 camps dans un procès. Il attaque Caius
Licinius Verres : ils ont torturé des siciliens, mis trop d’impôts… il dmde
leur condamnation car violence sauvage.
Il défend Fonteius, gouverneur gaulois, parce qu’il a torturé des gaulois :
ce n’est pas grave, ils ne sont pas italiens, c’est des barbares, on fait ce
qu’on veut.
Son résonnement est à géométrie variable, il s’engage dans bcp de
procès, not les parricides (pire crime à Rome), et réussi a les sauver (peine
de mort normalement).
Cicéron accuse Catilina de conspirer contre les institutions romaines,
tout en dénonçant ses motivations populistes visant à redistribuer des
terres aux vétérans.
Il écrit le traité De Oratore, une référence en R : plusieurs livres ou des
personnages interviennent, pour montrer les qualités des grands orateurs.
Il insiste sur : a nécessité d’une formation large et de vastes connaissance
et l’accessibilité du discours, pour être compris de tous. 3 étapes
nécessaires pour construire un discours :
Inventio : recherche des arguments
Compositio : mise en forme, ordre des éléments
Elocutio : mise en pratique
Actio : bien dire le discours par les gestes (élégance et posture :
convainquant)
d. Quintilien
Il reprend les éléments de Cicéron et les systématise : il est obsédé par
l’idée de définir et d’utiliser des figures de style,. Plusieurs styles de
discours :
Style élevé : sujets graves, donner forte impression, frapper l’opinion
Style moyen : expose, informe ; explique, le style du témoin
Style simple : détendre le public et le mettre à l’aise
Il dit qu’on doit les alterner dans un même discours, et qu’on doit en faire
une performance physique. Il faut apprendre son discours par cœur pour
être convainquant
Il écrit De Institutione oratoria : manuel pour les profs d’éloquence. A son
époque, l’éloquence c’est une vertu humaine. C’est l’apogée de la R, qui
se diffuse partout.
Ve siècle : invasions barbares, = fin de l’empire romain en 476
IV. Le tournant médiéval
Conversion de Constantin 1er au christianisme vers 320, religion officielle.
L’église s’inspire de la magistrature romaine, dont la R grecque.
b. Les diverses rhétoriques bibliques
L’église ne repose pas que sur les trads romaines : textes de l’ancien
testament, rhétorique juives, anciennes sctés d’Asie et phéniciennes. La R
de la bible repose sur les listes et paragraphes d’opposition d’idées =
recul des pratiques gréco-romaines
Nouvelle tradition : la trad germanique qui se heurte à la trad catholique.
Ils ont la culture de l’oralité (loi pas écrite mais orale, pas fixe mais
s’adapte…)
→ diverses influences qui modifient la place de la R, mais elle est toujours
enseignée
c. Comment se forge la rhétorique universitaire
Troubadours et trouvères travaillent le style et l’élégance du verbe
(poètes, musiciens) célébrant l'amour courtois : les H doivent séduire les F
par des épreuves. (2-3siècles)
Moment d’élaboration intellectuelle, mais querelle théologique entre 2
groupes :
Les réalistes (pour qui les mots créent le réel, soutenus par l'Église):
la bible dit la vérité sur la naissance du monde, le mot entraine
l’existence de la chose
Les nominalistes (pour qui langage et réalité sont autonomes)
Certains sont accusés d’hérésie… Thomas d’Aquin (religieux italien) y
prend part et dit qu’il faut faire la distinction entre 2 niveaux de causalité :
causes divines (première) et terrestres (secondes). La cause divine est
privilégiée tant qu’on ne peut pas prouver que c’est terrestre.
CHAPITRE 2 : HISTOIRE DE LA RHÉTORIQUE
MODERNE
Introduction :
Fin du moyen âge = transformation du rôle de la rhétorique et
affaiblissement car crise multiforme sur les systèmes de savoir (fin du
15e) :
Crise spirituelle : rupture entre le roi FR et la papauté = schisme
catholique, avec plusieurs papes en concurrence + nouveaux
principes comme le purgatoire (vente de lettres d’indulgence pour
se faire du biff)
Crise politique : émergence des États-Nation, guerre de cent ans
Réformes religieuses : remise en qst de l’église catholique par Luther
et Érasme
I. La modernité
a. La transition avec le Moyen Âge
Nouveau rôle à l’art oratoire : pdt le moyen âge, il y avait déjà le théâtre
qui avait des normes différentes de la R. même si banni par le
christianisme, il a perduré sous certaines formes vouées à se développer :
Le mystère : théâtre religieux qui met en scène des moments des
Évangiles, souvent sans déguisements lors de fêtes religieuses.
Les histoires/fables : conteurs racontent des histoires, comme celles
des chevaliers de la Table ronde ou du Roman de Renart. Influencent
la Renaissance
Les chroniques : Grandes Chroniques de France relatent les
événements du royaume = l'émergence d'une conscience nationale
+ langue pop (FR moderne)
b. La Renaissance
Plusieurs mouvements qui refondent la culture au 15 e -16e : not les
grandes explorations et la découverte de l’Amérique. = première
unification mondiale : démonstration que la terre est ronde,
mathématiques… on retrouve des idées héritées de l’antiquité.
= crédibilisation du travail scientifique donc nouvelle place donnée aux
sciences et crédibilisation du catholicisme (cathédrale de Rome et
tombeau de St Pierre)
L’église réserve la lecture de la bible aux prélats et prêtres : Luther dit que
tout chrétien doit pvr lire la bible → imprimerie de Gutenberg = impression
de la bible en grand nbr.
Ordonnance de Villers-Cotterêts : FR comme langue administrative,
tournant de la langue pop qui l’emporte sur le latin (auteurs comme
Ronsard, Rabelais)
Nouvelle démarche autour du style : les gens s’intéressent à son
apprentissage et sa diffusion. = émergence de théoriciens de la langue,
comme Guillaume Budé et Robert Estienne, qui contribuent à la création
de dictionnaires et à la philologie.
Question du savoir, not de bien parler = nouvelle rhétorique, l’éloquentia.
Inspirée d'Aristote = outil central dans l'art de gouverner, incarnée par
Machiavel.
Pendant et à la fin du moyen âge, on essayait de fixer des limites au
souverain, la coutume et la religion. Machiavel écrit pour apprendre au duc
de florence à bien exercer son pouvoir. Pour lui, pltq ≠ religion, le prince
doit être indépendant de toute considération religieuse.
Le Prince (1532) : importance de gouverner l’opinion publique et de
manipuler les émotions du peuple pour instaurer une domination, mettant
en place une politique de la peur. Les ministres aussi doivent craindre le
prince. Actes + importants que la parole
c. Les penseurs courtisans
1513 : Réflexions sur la conduite appropriée des individus à la cour, en
particulier celles des courtisans au service des princes, Castiglione écrit Le
livre du courtisan : l’H de cour idéal défenseur d’art de vivre, au service du
prince. Il est galant, connait les lettres, l’art, il cherche à faire le bien
(médiateur).
Il doit faire preuve d’Ingenio (avoir de l’esprit) et cortesia (courtoisie) et de
sprezzatura (alléger la lourdeur du monde, faciliter les autres). Accessible
et serviable.
1 siècle plus tard, Graciàn fréquente la cours du roi d’Espagne : la cour est
un terrain miné, la moindre parole peut être mortelle. Risque de la double
disgrâce (perdre les faveurs du prince et être trahi) = prudence extrême. Il
écrit L’Art de la prudence, ou le courtisan doit savoir se taire. L’art de la
parole peut être dangereux
→ castiglione = parole séduction / → Graciàn = division
d. Les normes
16 : Érasme se pose la qst de l’usage des figures dans la rhétorique. Pour
e
lui on doit utiliser des figures et des lieux-communs dans l’élocutio. Il faut
éviter la paraphrase et la répétition. 2 figures importantes : l’allégorie
(illustration, Marianne) et l’ironie pour retenir l’attention. Il faut aussi se
concentrer sur la grammaire et la syntaxe.
Plusieurs personnalités sont d’accord : Talon, juriste grammairien qui
insistent sur l’usage des figures pour être convainquant, et La Fontaine,
avec ses fables allégoriques animalières sur la société de cour.
e. Le discernement
Ordre des jésuites fondé au XVIe siècle par Loyola, la compagne de Jésus,
met en place la méthode de discernement : distinguer le bien du mal,
profond superficiel… Ils ont une methodo : carnet ou t’écris toute tes
envies.
Connus pour leurs missions, not avec la Congrégation de Propaganda Fide,
à diffuser la foi chrétienne dans les territoires protestants et dans les
terres nouvelles (Asie)
Rôle clé dans la transmission de la rhétorique antique à travers des écoles
comme le lycée Louis-le-Grand, contribuant ainsi à la formation des élites
européennes.
Logique des figures : 16-17e, Dumarais fait une classification des figures
(comparaison, substitution, opposition) très important, revisité par
Fontainier = référence
II. La rhétorique et l’argumentation contemporaine
Milieu 19e = époque contempo de la rhétorique, après la Rév FR car mise
en place des classes rhétoriques ou ils apprennent la figure du discours
(analogie et substitution)
Émergence de gdes assemblées = R récup sa fonction d’éloquence
politique, et devient un art caméral. Ils servent à légitimer des décisions
législatives et à influencer l'opinion publique à travers les discours publiés
dans les journaux. Rousselier par de pyramide de l’éloquence » =
l'influence de la rhétorique qui passe du parlement aux professeurs
Des sociologues disent que ce n’est pas que le discours qui convainc :
Tarde parle d’imitation comme moteur de conduites sociales (suicide
donne l’idée)
Durkheim pas d’accord : suicide car perte de repère avec l’anomie
urbaine
→ sauf que vraiment épidémies de suicide
Lebon parle de phénomènes inconscients et collectifs : la psycho des
foules. Groupes ≠ tous ceux qui le composent, mais conscience propre
Usage de l’émotion pour gouverner les masses : fascistes comme
Mussolini ou Hitler. Klemperer parle de sloganisation.
Ojd, la R utilisée dans la politique, la philo, et la vente, pour influencer les
comportements en s'appuyant sur des techniques de persuasion
CHAPITRE 1 : LES RELATIONS ENTRE LANGAGE
ET POUVOIR
I. La langue comme un instrument de liberté ou domination
a. Un instrument de liberté
Permet de communiquer avec les autres des idées abstraites et de créer
des symboles, ce qui nous différencie des animaux qui communiquent sur
les choses palpables et immédiates. Les H ont la capacité à sémiotiser
(transformer les mots/objets/concepts en signes). = langage permet la
réflexion, et nous permet de nous approprier le monde car on doit nommer
nos repères (les inuits ont plusieurs mots pour la neige ou les tribus
amazoniennes qui ont plusieurs mots pour tronc d’arbre).
Poésie : échapper a la surdétermination du langage : on associe comme on
veut, on crée un univers… poètes souvent tués car sont autonomes
intellectuellement. Barthes dit que la poésie est une manière de tricher la
langue.
b. Un instrument de domination
Sophistes… langage comme moyen de contrôle de l’esprit.
Barthes dit que le langage codifie la pensée et impose des
classifications qui limitent la liberté individuelle. la langue impose des
normes sociales et des hiérarchies, en particulier à l'école, où l'on
apprend à parler "correctement" et à respecter les codes sociaux
(français, pas langue régionale). Donc la langue est un outil
d’assujettissement fasciste, car elle oblige à dire. Littérature = jeu avec
les mots et codes, création d’univers (éloge)
Foucault : langage maintien des rapports de pouvoir dans la scté, en
utilisant des mots pour contrôler les perceptions et imposer des
systèmes de valeurs. Ex : "crime passionnel" (figure masculiniste) à
"féminicide". → Zemmour qui abuse en parlant de « francocide » pour
les français)
Derrière les mots se cachent tjrs des figures d’autorité, et c’est un
moyen de faire entendre ou de censurer certains discours
II. L’exercice du pouvoir est associé à la maitrise du langage
Premières civilisation : langue = pouvoir associée à une élite lettrée
(scribes ou mandarin en chine), qui peuvent aider dans la gouvernance.
Les mots servent à figer l’info = réel
Ceux qui savent écrire savent gouverner / clercs retranscrivent la parole
divine
Ex Aztèque : le lien entre pouvoir et langage visible dans la langue, où
l'empereur, le conseil suprême, et l'État portent tous des racines de
"parler" (Tlato).
CLS étudie une tribu amazonienne : il apprend la langue… le chef
découvre l’écriture, se met à écrire en hiéroglyphes et en tire du prestige :
c’est le seul qui sait communiquer à l’écrit = pvr politique
Théorie des actes de langage (Langshaw Austin et John Searle) : distingue
les énoncés constatifs (qui décrivent la réalité) des énoncés performatifs
(qui modifient la réalité par leur simple énonciation, comme "je promets"
ou "je jure")
III. Le contrôle des langues comme facteur de renforcement du
pouvoir
a. Les pouvoirs cherchent à contrôler l’utilisation des langues, à la foi
pour des raisons symboliques et pour des raisons pratiques
les pouvoirs ont cherché à contrôler les langues pour des raisons
symboliques et pratiques, en imposant des normes et en codifiant les
usages linguistiques (lutte linguistique pour l’écriture inclusive).
Lorsqu’un état se crée, surveillance de la langue et de ses usages
(élaboration de dictionnaires, faire tomber de vieilles expressions) mais
conflits :
→ Maghreb, entre l’arabe dialectal (populaire) et littéraire (langue d’état)
→ France : richelieu crée l’Académie française (1635) pour codifier l’usage
du français, imposant une censure sur ce qui était considéré comme
convenable de dire (dictionnaire, rhétorique, poétique).
b. Un état doit limiter les risques d’incommunication au sein de la
population
Éviter l’incompréhension car pour gouverner il faut être compris. L’unité
linguistique d'un territoire est un principe fondamental pour justifier le
pouvoir politique.
→ ex : Hitler qui applique le principe linguistique dans les territoires
occupés
→ ex : Charlemagne, lors du partage du territoire. Les Serments de
Strasbourg, où les dirigeants juraient dans la langue de l'autre pour que le
peuple comprenne la promesse
c. Les États, pour gouverner, ont intérêt à poser une langue officielle
unique
Création du royaume FR sur la langue unique : 1539, ordonnance de Villier-
Cotterêts, l’admin parle, délibère et rédige en FR (≠latin), pour que tlm
puisse lire ses docs.
→ Rév FR = usage obligatoire du fr = lutte linguistique car les langues
régionales sont des ennemis. L’Abbé Grégoire fait rapport pour éradiquer
les patois, → 1950 langues régionales reconnues à l’école.
Obsession pas propre à la France :
USA : 98, référendum Cali a supprimé les cours espagnols dans les
écoles publiques
Algérie : décolonisation, arabisation au détriment des berbères
(finalement reconnu)
Québec : Malgré minorité, les Québécois ont obtenu un pays bilingue
où administration et armée doivent fonctionner en français et en
anglais → compliqué
CHAPITRE 2: LA LANGUE DE BOIS
SOVÉTIQUE ET LA RHÉTORIQUE DE POUTINE
I. La langue de bois soviétique
"langue de bois" ou de logocratie = contrôler les @ et les idées par la
censure, et par un langage qui masque ou embellit la réalité au lieu de la
décrire. Belinkov dit que certains écrivains ont été tués, les autres forcés à
se taire et les derniers
George Orwell, 1984, s'inspire de la logocratie pour imaginer la novlangue,
une langue conçue pour limiter les nuances et empêcher toute pensée
critique.
→ restriction du vocabulaire sert à réduire les capacités de réflexion et de
nuances + mots vidés de leur sens. But = occulter la réalité, car les faits
démentent le système donc ils s’enfoncent.
Résistance = humour populaire : les blagues absurdes pour montrer
l’absurdité de la situation et le manque de sens. Régime totalitaire repose
sur un "langage-pouvoir", ou il ne sagit plus de persuader, on est comme
dans une fiction
- Comment on en est arrivés là ?
Mort de Lénine en 1924, Staline constate que c’était un grand orateur
avec de bons slogans, mais qui tournent vides, car ils étaient
révolutionnaires (or pvr durable). Le collectif au pvr charge vinokur
(linguiste) de faire un rapport sur les astuces R de Lénine :
Discours dissuasifs : Marx dit que les Rév (FR, ANG), sont bourgeoises =
il redéfinit des concepts comme liberté (parce que liberté des
bourgeois, pas du peuple), les remplace ou leur donne un nouveau sens
(+ il interdit ces termes à ses adversaires)
Discours persuasifs ou formules-slogans : formules chocs qui se
mémorisent facilement et qui jouent sur les sonorités « pillons les
pillards » : appel à l’action, formule floue car on ne sait pas qui sont les
pillard, mais dcp c’est qui on veut. (Pareto)
Staline parle de dékoulakisation (paysans riches), c’est flou aussi
Collectivisation des terres = baisse des rendements agricoles, car les
paysans motivés par l’argent sont désengagés. Comme spoliation, il se
donnent plus à fond = lacement de la NEP (nvl pltq éco), on restitue des
petits morceaux de terre aux paysans. Ils mettent plus d’efforts sur leurs
lopins que sur les parcelles collectives = baisse des rendements à cause
des koulaks. C’est la figure de l’ennemi, il faut les piller. = Famine en
Ukraine, Holodomor (2M morts)
Vinokur dit que les slogans deviennent obsolètes quand le régime est
établi et critique leur usage excessif : c’est la langue de bois (aucune
pensée réelle, plein de clichés inexacts et se substitue à la réalité). Il dit
qu’il faut renouveler les slogans pour éviter l’essoufflement de la rév :
Staline s’en inspire négativement (exploite clichés, koulaks)
- Caractéristiques de la langue de bois soviet
La répétition : réduire l’émergence d’idées concurrentes. Lénine
utilisait les 3 temps dans ses phrases pour créer une illusion de
plénitude verbale. Idée de matraquage des slogans qui sont appris par
tous et récités pour abolir l’esprit critique = reflexes pavlovien : en
entendant les slogans, ça crée un stimulus, un engouement
Le recours aux clichés : Les slogans perdent leur lien avec la réalité
matérielle et = clichés applicables à ttes situations (ex : « lutte contre
l’impérialisme »). Beaucoup usage de la convocation de
Lénine (jusqu’en 70) : demeurer fidèle au testament de Lénine, on suit
les directives qu’il nous a laissé + on ne peut pas contester sa figure
car sanctification
Pseudo-objectivité : marxisme présenté comme une science et vérité
objective incontestable. Slogans comme « Lénine enseigne que », « à la
lumière du marxisme-léninisme ». Pas une vraie démarche scientifique
car science = réfutable (Popper)
Substantivation abusive : Remplacement des verbes par des noms
(substantifs) pour éviter les contestations. Ex : « Les ouvriers luttent »
devient « La lutte des ouvriers continue », transformant un fait
contestable en une pseudo-évidence.
Discours de l’unité : postulat unanimiste avec l’usage de nous «
partis et peuples ne font qu’un » = fusion entre peuple et dirigeants.
Dévalorisation permanente de l’ennemi : le « nous » a besoin d’un
« eux ». Structures d’opposition basique : bien/mal, haut/bas… la déf
des ennemis évolue même dans les dictionnaires (sionisme).
Langue de bois = langue automatique déconnectée de la réalité. On peut
prendre mélanger des phrases, ça aura tjrs un sens.
II. La rhétorique de poutine
Ben Nimmo analyse la R de poutine, extension de la langue de bois
soviétique qui repose sur une distorsion systématique des faits. On parle
des 4 D :
Dismiss (nier) : jamais reconnaitre avouer sa responsabilité (comme
Trump). Ex, en 2022 ils ont déployé des troupes autour de l’Ukraine
en niant l’invasion, quand on les accusait ils ciraient à la
russophobie.
Distort (déformer les faits) : pour soutenir la narration politique russe
(concentration sur des micro-évènements). Ex : URSS, images
d’Occidentaux faisant la queue pour relativiser les pénuries
alimentaires en URSS. / événements mineurs, protestations isolées
contre des chars américains en République tchèque = rejet global
Distract : Créer la confusion en multipliant les versions
contradictoires. Ex : Malaysia Airlines abattu en Ukraine, la Russie a
proposé plusieurs explications incompatibles (tir ukrainien, attentat,
accident) pour brouiller les faits
Dismay : Intimider les opposants par des discours menaçants. Ex :
Depuis 2022, multiplication des ref à l’usage d’armes nucléaires, =
peur permanente
CHAPITRE 3 : LA RHÉTORIQUE POPULISTE
CONTEMPORAINE
I. Qu’est-ce que le populisme ?
Utilisé comme une insulte, mais historiquement originaire de Juan Peròn en
argentique : éradication de tt les intermédiaires (syndicats, partis) pour
une relation directe avec le peuple. Qu’est ce qui le caractérise ?
Opposition aux élites : conflit entre le peuple et les élites. Élites (partis
politiques, journalistes, intellectuels, etc.) = ennemies du peuple,
aspect complotiste
Exclusion de certaines populations : définition de manière restrictive le
peuple, sur des principes ethno-raciaux, ethnolinguistiques… donc il
leur enlève des droits, ne les représente pas, car ce n’est pas le vrai
peuple
Conception antagoniste de la scté : opposition du ppl vertueux aux
élites corrompues
Leader = seule exception, il est l’expression de la volonté générale du
peuple
Leadership charismatique : leader exceptionnel, capable de prendre des
décisions, qui est franc, associé à l’image de l’homme fort. Il prétend
avoir un lien avec la pop : se déplace, parle comme eux. Transgression
verbale, injure (Sarkozy « racailles »
II. La parole/rhétorique populiste et la vision du monde qu’elle
développe
Patrick Charaudeau, linguiste et professeur de sciences du langage, :
discours politique = contrat de communication où les candidats cherchent
à convaincre les électeurs des bienfaits de leur projet pol. Ce contrat
repose sur plusieurs points clés :
Capacité à décrire l’état de la scté : faire un bilan, identifier les pb,
souligner les souffrances, frustrations... et dire qu’on a des solutions
Identifier les responsabilités aux pbtq : on désigne des responsables,
souvent les forces adverses (migrants, Russie, Europe)
Défense de valeur et d’idéaux : idéologie, défense de grands
principes
Incarner une politique : se présenter comme un leader exemplaire,
qu’on a des valeurs et qu’on fera mieux que les autres
Le populisme dramatise les problèmes sociaux, amplifie les frustrations et
présente les explications de manière extrême. Les boucs émissaires sont
souvent utilisés pour accuser des forces hostiles = discours de
victimisation : le peuple et les leaders populistes sont victimes d'un
système hostile.
= adversaires coupables, donc satanisation (diabolisation) qui justifie leur
élimination, et le leader qui les protège. Valeurs défendues de manière
hystérique, polémique.
Agenot parle de « l’idéologie du ressentiment », le sentiment d’injustice
qui se transforme en colère. Les populistes mettent de l’huile sur le feu au
lieu de calmer les ardeurs avec la démagogie.
Discours de victimisation poussé à l’extrême : danger imminent et
fondamental, not avec les peurs identitaires (grand remplacement)
les peurs socio-éco (déclassement social, peur de tomber dans la
précarité) et de l’insécurité physique (transformation de tout faits
divers en faits de scté = jeu sur les peurs). Créa de bouc-émissaire :
ceux qui gagnent un peu plus, les assistés, l’état
Usage des termes flous, des supports projectifs : « je vous ai
compris » de CDG alors qu’on ne sait pas ce qu’il a compris, et « le
système » de Mélenchon, qui désigne les médias comme ennemis
Appel au peuple : de manière unanimiste, cherche un intérêt
commun au peuple (on efface les courants et intérêts contraires).
Nie la complexité démocratique, où les divergences doivent être
prises en compte et arbitrées. En affirmant que le leader populiste
représente l'unité du peuple, il justifie l'imposition de son point de
vue au reste de la population.