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Méthodologie de la dissertation philosophique

Le document présente une méthodologie pour rédiger une dissertation philosophique, en prenant comme exemple le sujet de la désobéissance aux lois. Il aborde l'analyse du sujet, la structuration du plan, l'introduction, le développement et la conclusion, en insistant sur l'importance de la définition des notions, des arguments et des références. L'objectif est de mener une réflexion critique et argumentée sur la question posée, tout en évitant les généralisations et les non-réponses.

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Le document présente une méthodologie pour rédiger une dissertation philosophique, en prenant comme exemple le sujet de la désobéissance aux lois. Il aborde l'analyse du sujet, la structuration du plan, l'introduction, le développement et la conclusion, en insistant sur l'importance de la définition des notions, des arguments et des références. L'objectif est de mener une réflexion critique et argumentée sur la question posée, tout en évitant les généralisations et les non-réponses.

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LA DISSERTATION

On prendra pour exemple le sujet : « A-t-on le droit de désobéir aux lois ? »

1 Analyse du sujet

Vous devez vous demander :


a- Quel est le sens précis de la question posée et donc quelles seront les réponses pertinentes ?
- Les sujets de type « qu’est-ce que/comment définir… ? » appellent une définition et une
explication. Réponse : « la conscience de soi c’est… »
- Ceux de la forme « est-ce que/ peut-on… ? » demandent une réponse affirmative ou
négative argumentée. Réponse : « oui/non, il est possible de… »
- Les formulations « doit-on (peut-on)/ faut-il… ? » impliquent en outre une prise de
position morale justifiée. Réponse : « oui/non, nous n’avons pas le droit de… »
Exemple : il ne s’agit pas ici de savoir s’il existe des personnes qui désobéissent aux lois, mais
si on peut le faire légitimement.

b- Quelles sont les notions que le sujet met en œuvre et que le devoir devra impérativement
définir, illustrer, critiquer ? Dans notre exemple il s’agit bien sûr de la loi mais aussi du droit. On
rate un devoir en se focalisant sur un seul aspect de la question.

c- Quelles sont les connaissances, les problèmes philosophiques et les exemples qui sont
pertinents pour ce sujet (et quels sont ceux qui ne le sont pas vraiment) ?
Nota : Une dissertation de philosophie est un exercice de réflexion critique, elle doit proposer un
raisonnement argumenté, il faut dire pourquoi et non pas se contenter de donner son avis ou
d’accumuler des exemples.

2 Le plan

Tout devoir doit présenter un plan structuré et lisible, ceci tant au sens figuré (le correcteur doit
savoir à quel point du raisonnement il en est) que littéral (saut de ligne, début de paragraphe), il
doit surtout être progressif : chaque partie, si elle n’est pas la solution définitive du problème, doit
fournir des éléments pour celle-ci. On évitera donc de donner l’impression de revenir en arrière,
de tenir pour nul ce que l’on vient d’écrire ou de le détruire.
Conseil : Sur votre brouillon, donnez à chacune de vos parties un titre en forme de réponse à la
question posée, pour chacune des sous-partie précisez s’il s’agit d’un exemple, d’une définition…

3 L’introduction

L’introduction a pour but de faire apparaître pourquoi on se pose la question du sujet, en quoi
elle fait problème et ce qu’il faut faire pour y répondre.

Elle doit : 1- Poser les termes du sujet : de quoi parle-t-on ?


2-a Montrer concrètement ce qui pose problème. –b En quoi ce problème est intéresant.
3- Indiquer quels sont les points qu’il faudra éclaircir, les étapes de la réflexion pour
parvenir à la solution.

Elle ne doit pas : 1- Noyer la question dans des généralités (« de tout temps… les hommes… »).
2- Poser la question de façon abrupte et sans la problématiser.
3- Etre sans rapport avec le développement.
4- Exposer le plan sans raison (« dans une première partie nous allons… »).

Exemple : « (1) Les lois sont des règles contraignantes qui déterminent ce que l’on a le droit de
faire dans une société. Ainsi, l’idée d’un droit de désobéissance semble fantaisiste : la loi qui
l’énoncerait se contredirait. (2) Toutefois il n’est pas possible d’en rester là, en effet certaines
lois, celles d’un Etat totalitaire par exemple, sont fondamentalement mauvaises et il est alors de
notre devoir de désobéir. (3) La question que nous devons donc nous poser est la suivante : en
vertu de quels principes et à quelles conditions est-il possible de contester la loi sans relever de la
criminalité pure et simple ?

4 Développement

Longueur : Un devoir digne de ce nom doit avoir une certaine étendue, il ne s’agit pas de faire du
remplissage mais les sujets du baccalauréat ne peuvent pas être traités sérieusement sans un
certain nombre d’arguments d’exemples, d’explications. On peut se donner une moyenne de 6-8
pages.

Définitions : Vous devez impérativement définir toutes les notions sur lesquelles vous travaillez.
Les définitions ont principalement trois fonctions : a) fixer le sens des mots pour engager la
réflexion et éviter les contresens, b) distinguer les différents aspects des notions et donc articuler
les étapes de votre travail, c) résumer les acquis de celui-ci. Exemple : « Avoir un droit c’est avoir
une liberté reconnue par une règle, cette dernière peut être une loi positive, mais elle peut être
aussi d’un ordre supérieur, comme lorsque l’on parle des droits naturels de tout homme. »

Distinctions conceptuelles : Les termes d’un sujet se rapprochent souvent d’autres notions, ils
convient de préciser ce qu’elles ont en commun et ce en quoi elles diffèrent, cela permet d’éviter
des contresens, de lever des difficultés et de faire progresser la pensée. Exemple : « Il faut
distinguer la contrainte et l’obligation. Nous sommes physiquement contraints d’obéir à toutes les
lois par les forces de l’ordre, mais ce n’est pas la même chose que de se sentir moralement obligé
par ces règles, il faut en outre pour cela que nous les estimions justes. »

Références : L’élaboration d’une réponse se fait en mobilisant des connaissances philosophiques


précises, vous devez mentionner explicitement les œuvres auxquelles vous faites référence. Il ne
s’agit pas d’étaler son savoir mais d’utiliser les arguments d’un auteur ayant une théorie construite
sur la question étudiée. Exemple : on utilisera la théorie du Contrat social de Rousseau pour
déterminer à quelles conditions une loi est juste.

Exemples : Une pensée sans références concrètes est vide, des faits sans explication sont
dépourvus de signification. Vous devez justifier vos propos par des exemples pertinents et relevés,
choisissez les dans l’histoire, les sciences, la littérature. Evitez les références triviales, trop vagues
(« l’histoire a montré que… ») ou fantaisistes (« le lion qui est le roi des animaux… »). Exemple :
Pour parler du droit de désobéissance on pensera à la Résistance s’opposant à l’occupation et au
régime de Vichy durant la seconde guerre mondiale.

Arguments : La dissertation n’est pas un exposé mais une réflexion critique, vous devez envisager
plusieurs réponses à la question posée, les confronter et les départager, il s’agit de montrer
pourquoi telle thèse est, rationnellement, une meilleure réponse au problème étudié. Exemple : « Il
n’est pas possible de dire que toutes les lois doivent être respectées en vertu du seul fait que ce
sont des lois, car dans ce cas il faudrait considérer que les lois nazies sont parfaitement
légitimes. »

Transitions : Il s’agit d’un moment essentiel dans la construction du devoir ; à la fin de chacune
des parties vous devez montrer ce qui a été acquis et expliquer pourquoi un nouvel aspect de la
question doit être abordé. Exemple : « Nous avons vu que l’idée d’un droit de désobéissance est
contradictoire, toutefois il est tout aussi certain que l’on ne doit pas obéir à n’importe quelle loi. Il
faut donc nous demander à quelles conditions une loi est juste et légitime. »

5 Conclusion

La conclusion n’a pas à résumer le devoir, il suffit qu’elle fasse apparaître la progression, ceci
étant établi vous pouvez alors apporter une réponse, nuancée s’il le faut, mais claire à la question
qui vous est posée, en montrer la portée et les enjeux. Evitez absolument les bilans du type
pour/contre qui ne répondent à rien. On peut, pour finir, ouvrir le débat sur d’autres problèmes,
mais il ne faut jamais laisser entendre que la question n’a pas été traitée ou qu’un point important
reste en suspend.

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