Amour interdit et tensions familiales
Amour interdit et tensions familiales
CHAPITRE 1
C’est un temps ensoleillé, une météo clémente en cette fin de soirée dans la ville D’ESEKA.
La température est douce et un ciel dégagé annonciateur d’un coucher de soleil savoureux.
Cette journée est idéale pour les balades en plein air, se détendre dans un parc ou un jardin.
Les rayons de soleil réchauffent doucement la peau ébène de la jeune Doriane lui procurant
une sensation de bien-être et d’énergie. Les oiseaux chantent au rythme du vent qui souffle
dans les herbes. Doriane caresse ces herbes sur son passage tout en chantonnant. Elle
lève les yeux au ciel et reçoit sur son visage une fraîcheur qui lui chatouille le visage. La
jeune fille sourit et poursuit son bout de chemin tout lentement donnant l’impression de ne
vouloir pas arriver à destination. Son sac à dos accroché sur son épaule droit, elle le
déplace pour le porter à l’épaule gauche. Sa jupe évasée bleue et une chemise blanche qui
représentent la tenue du collège où elle est inscrite lui donnent l’impression d’être une
pompon-girl. Elle porte des baskets aux pieds et des chaussettes de couleur blanche. Six
grosses nattes sur la tête avec les bouts noués par un chichi. Doriane longe la vallée
d’herbes qu’elle n’arrête de caresser et arriver vers un petit pot qu’elle traverse toujours à
pas de torture. Il est 16 heures en cette journée ensoleillée. Doriane est particulièrement
sereine ce jour. Cette marche à pied du collège jusqu’à son domicile qu’elle vient de faire lui
a fait un bien fou. Mais cette joie se voit interrompue lorsque la jeune fille remarque le
véhicule de sa mère garé dans la cour. « Elle est déjà rentrée, merde ! » s’exclame la jeune
fille en pressant le pas pour rejoindre le domicile de ses parents. Lorsqu’elle passe la porte
d’entrée, elle aperçoit sa mère assise à table devant un plat de riz. Madame Marlyse
EBONGUE, femme de la cinquantaine, de teint noir, élancée et élégamment vêtue d’un
ensemble tailleur, exerçant comme responsable dans une société brassicole de la ville, elle
affiche une mine étroite ce qui n’enchante pas Doriane qui sait déjà qu’elle se fera
réprimander par cette dernière. La jeune fille s’avance et salue sa mère.
_ Bonsoir maman !
Maman Marlyse lève le visage et le pose durement sur sa fille et lui réponds en retour :
_ Tu sors d’où ?
_ De l’école !
_ Il est quelle heure Doriane ? C’est à cette heure du soir que tu rentres des classes ? Un
mercredi en plus où vous sortez à 14 heures.
_ Non maman je te jure, je ne suis allée nulle part j’ai marché du collège jusqu’à la maison.
J’en avais juste envie.
A cette question, Doriane qui n’a pas de réponse baisse la tête. Elle sait qu’il est préférable
de ne rien dire à sa mère lorsqu’elle n’a pas de réponse. Sa mère poursuit :
_ J’espère pour toi que tu ne trafiques rien avec l’argent que je te donne pour le transport.
C’est la dernière fois que tu arrives ici en retard. La prochaine fois c’est devant tes
camarades que je vais te fesser. Il est 16 heures, bientôt 17, à quelle heure tu vas te reposer
avant d’étudier. Je te rappelle que c’est le dernier trimestre et tu dois avoir une excellente
moyenne pour aller en classe de Première. Ce n’est pas parce que tu n’es pas dans une
classe d’examen que tu ne dois pas travailler. Est-ce que tu m’écoutes ?
_ Tu as intérêt !
Dorian n’avait aucun moyen de savoir que sa mère serait déjà de retour du travail à cette
heure alors que généralement elle rentre un peu plus tard. Si elle l’avait su, elle allait
emprunter un taxi comme elle a l’habitude de le faire tous les jours pour arriver à la maison à
l’heure. Sur le mur du grand salon de la famille EBONGUE se trouvent des photos de
famille. On peut distinguer entre autres le couple EBONGUE en tenue d’apparat, les enfants
EBONGUE constitués de leur fils ainé Marion, de Doriane la cadette et de Camile le
benjamin. Sur l’un de ses cadres on peut remarquer monsieur Richard EBONGUE en robe
de juriste ce qui nous situe sur sa profession. Monsieur EBONGUE est compté parmi les
meilleurs avocats de la ville d’Eseka. Il exerce sa profession dignement un peu partout dans
le pays où il doit répondre et défendre ses clients. C’est également dans cette rigueur qu’il
élève et éduque ses enfants.
A seize ans, Doriane dépend intégralement de ses parents. Elle est intelligente, toujours
comptée parmi les meilleures de sa classe et ça depuis toujours. Elle est obéissante,
serviable autant à la maison qu’à l’école. Elle est curieuse, et aime apprendre de nouvelles
choses. Même si ses parents ne lui donnent pas la possibilité de s’ouvrir au monde
extérieur, Doriane est ouverte d’esprit et tolérante, empathique et résiliente. Elle écoute ses
parents, elle sait qu’ils la préservent des dangers auxquels les jeunes de son âge font face
au quotidien. Doriane est surprotégée, mais alors, pour combien de temps durera sa
surprotection ?
Alors qu’elle rejoint sa chambre, elle y trouve son petit frère Camile qui est couché les pieds
croisés.
_ Maman m’a chassé pour aller dormir. Je n’ai pas sommeil et je t’attendais.
_ Elle est rentrée depuis ?
_ J’ai marché. Si j’avais su qu’elle allait rentrer plutôt aujourd’hui j’aurais pris un taxi. Je vais
me doucher, laisse-moi seul.
Le petit Camile âgé de treize ans quitte la chambre de sa sœur pour regagner la sienne.
Doriane ferme sa porte pour se déshabiller. Elle qui pensait regarder la télé dès son retour
va remettre son désir pour le lendemain en priant que sa mère ou son père ne soit pas de
retour avant l’heure. Les règles sont connues pour les enfants : pas de télévision pendant
les cinq jours qui constituent les jours de classe. Evidemment, les deux jeunes élèves violent
les règles lorsqu’ils savent qu’ils ne craignent aucun risque d’être attrapé. Ils sont conscients
de ce qui les attend lorsqu’ils se font prendre. Après sa douche, Doriane est allée se servir
et a mangé rapidement comme un militaire pour pouvoir rattraper le temps de repos qui est
obligatoire chez la famille après le retour des classes. Doriane a envie d’échanger avec son
frère ainé qui se trouve chez sa tante en Europe où il est allé poursuivre ses études. Depuis
son départ il y a deux ans, elle se sent seule, personne avec qui échanger, raconter ses
déboires, briser la solitude qui l'envahit. Des amis, elle n’en a véritablement pas car ses
parents lui interdisent toute fréquentations pouvant entacher ses études d’après eux et la
plonger dans la dérive. Doriane passe ses journées à la maison, ou dans le meilleur des
cas, elle échange quelques mots avec sa voisine du même âge toujours loin des regards de
ses parents.
Monsieur EBONGUE est revenu autour de 20 heures. Les enfants sont à la salle d’étude, il
va les saluer.
Bonsoir !
_ Merci ! Ça va Doriane ?
_ Oui papa ça va. Euh… papa est -ce que je peux parler à Marion ? Il me manque.
_ Oui papa !
_ Je parle du centre commercial, il y a des salles de jeux là-bas pour les jeunes.
_ Tu as le culot de me poser cette question Doriane alors que tu composes dans quelques
semaines, qu’est ce qui t’arrive ?
_ Je sais papa. Tous mes camarades y vont, c’est un centre de loisirs j’ai aussi envie de
découvrir. Je pourrais y passer deux heures.
_ Ferme ta bouche et que je ne t’écoute plus. Tu cherches comment tu vas aller t’exhiber en
route comme tes sois disant camarades sans éducation, tu te crois ou ?
_ Mais papa !
_ Eh la ferme ! s’insurge madame Marlyse, ton père te dis non tu ne comprends pas ? Tu ne
vas nulle part.
Elle va prendre son sac et sort pour l’école. Son petit frère la suit en courant. Restés seuls à
table, le couple EBONGUE s’étonne de l’attitude de leur fille.
_ Oui, je vais préparer la sauce avant de partir. Doriane rentrera cuire du plantain.
_ D’accord !
Doriane emprunte un taxi avec son frère pour l’école. Certains jours ils se font déposer par
l’un des parents qui a du temps devant lui. Doriane passe une bonne journée à l’école avec
ses amis. Vu que son frère sort avant elle, elle est la dernière à rentrer et ce jour elle s’est
dépêchée d’arriver à l’heure. Comme à chaque fois que sa mère laisse des consignes, elle
se met à la tâche tout en regardant la télévision avec son frère et veille à ce que les parents
ne les surprennent pas. Doriane va une fois de plus dehors vérifier qu’aucune voiture
n’arrive, elle tombe sur son unique amie Vera. Cette dernière est encore en tenue de classe,
une robe bleue qui représente le lycée d’Eseka.
_ Ouais ! Je me suis arrêtée chez une amie pour prendre un livre. Finalement vous
composez quand ?
_ Nous également. J’ai hâte de finir mes études cette année et me reposer.
_ Je te dis. L’année prochaine nous serons dans une classe d’examen la pression de ça.
_ Je ne te le fais pas dire. Sinon pour la salle de loisir au centre commercial tu y seras ?
_ Hum devrais-je encore te dire que mes parents ont refusé, je ne sais même pas pourquoi
je leur ai demandé.
_ Pff ! je ne peux pas vivre avec des parents sévères comme les tiens. Un jour je vais fuir.
_ Je sais que c’est difficile mais bon je suis habituée. Comment va ta grand-mère, je ne l’ai
pas vu depuis
_ Comment tu vas la voir si tu ne sors pas. Elle va bien, elle a accepté que je sorte samedi
je vais bien m’amuser.
_ J’imagine ! Si j’étais une fille têtue j’aurais désobéi à mes parents. Bref est ce que je peux
te trouver un téléphone Android, je veux faire une recherche sur internet.
_ Tu sais que moi-même je n’ai pas de téléphone, j’utilise souvent celui de ma grand-mère.
Qu’est-ce que tu veux chercher, je peux le faire pour toi.
_ Non ça va c’est personnel.
_ Ah ma copine a déjà des trucs personnels c’est bien ça. Je n’insiste pas. Tu peux soutirer
celui de ta mère ou de ton père pour faire tes recherches.
_ Hein !
Sans perdre une seconde, Doriane court à l’intérieur laissant sa copine se moquer d’elle.
_ Papa arrive, dit-elle à son frère qui se dépêche d’éteindre la télé et de se rendre dans sa
chambre et faire mine de dormir depuis des heures.
Monsieur EBONGUE se gare dans la cour, il prend son sac, sort de la voiture et entre chez
lui. Doriane l'accueille en venant lui prendre son sac.
_ J’ai encore le plantain au feu. Mais c’est déjà cuit je vais aller me coucher. Tu veux que je
te serve avant ?
Doriane va garder le sac de son père et retourne à la cuisine éteindre le feu sous la marmite
ensuite elle a mangé un bout avant d’aller se coucher. Elle n’a pas envie de dormir, elle
réfléchit sur la situation qui la tourmente depuis peu, la situation sur laquelle elle souhaite
faire des recherches pour écarter tout soupçons. Après le départ de ses parents, elle est
sortie s'asseoir devant l’écran. Camile finalement, s’est endormi.
A suivre...
CHAPITRE 2
Plus les jours passent, plus la tranquillité de la jeune fille est troublée. Elle n’a toujours pas
réussi à se procurer un téléphone avec internet pour effectuer ses recherches et le temps
passe. Il ne lui reste plus qu’une solution : se rendre chez Angelo.
Doriane a profité de l’absence du dernier professeur pour disparaître de l’établissement. Elle
prend un taxi pour une direction autre que celle de la maison. Elle arrive dans ce quartier et
chemine à pieds en pensant dans des raccourcis pour ne pas se faire remarquer d’une
quelconque connaissance. Elle arrive devant une maison, elle est fermée. Doriane s’assoit
devant la porte et patiente. A la véranda, elle aperçoit le chat qui s’est sûrement échappé de
la maison, elle va le porter pour le caresser. Cette bête lui fait oublier en l’espace de
quelques minutes ses craintes. Elle le caresse, il aime bien ça et se ramollit de plus sous sa
jupe. Lorsqu’elle lève la tête, elle voit son ami arriver dans sa tenue bleue constituée d’un
pantalon et d’une chemise. Le jeune homme est tout souriant à la vue de Doriane.
_ D’accord, moi aussi je voulais te voir. Je t’ai attendu au centre de loisir samedi, vu que tu
n’es pas venu j’ai compris que tes parents n’avaient pas accepté.
_ Evidemment ! j’allais passer à ton établissement demain après les cours. Tu devrais
arrêter de jouer ainsi avec le chat ils rendent malade.
Angelo ouvre la porte à l’aide de ses clés. Il invite Doriane à entrer. La jeune fille traverse les
cachots de tomates, des sacs de tubercules et des vivres frais au salon et suit son ami dans
sa chambre. Angelo est un jeune garçon de dix-sept ans, élève au lycée en classe de
Première scientifique. Angelo vit uniquement avec sa mère, Bayam-seller au marché. Sa
relation avec Doriane remonte à une année alors que les deux sont encore mineurs. Doriane
s’assoit sur son lit pendant qu’il se change.
_ Oui, elle est rentrée des champs hier raison pour laquelle tu vois le salon saturé de ses
provisions. Je vais tout ranger avant qu’elle ne rentre, hier je n’ai pas pu.
_ D’accord il faut que je me dépêche avant qu’elle ne me trouve ici. Angelo il se passe
quelque chose que je n’arrive pas à comprendre, je n’ai pas eu mes règles depuis.
_ Je ne sais pas. Je voulais faire des recherches sur internet à ce sujet mais je n’ai pas pu.
Est-ce que c’est normal ?
_ Hum !
_ Bientôt un mois. Peut-être que ça fait déjà un mois, je ne me rappelle plus exactement de
la dernière fois que je les ai eus. Tu crois que je suis malade ?
_ Ou bien tu es enceinte.
_ Pardon ? Tu as dit quoi, enceinte ? ce n’est pas possible Angelo. S’il te plait dis-moi que
ce n’est pas possible.
_ Qu’est-ce que j’en sais Doriane, nous avons couchés ensemble tu sembles l’oublier.
_ Oui mais tu m’as assuré n’avoir pas jouit en moi. Et la première fois c’était le cas j’ai eu
mes règles normalement tu ne vas pas me dire que cette fois-ci tu as joui en moi.
_ Non, c’était pareil. Écoute Doriane pour être sûr tu vas devoir faire un test de grossesse.
_ Ah mon Dieu je vais mourir Angelo, si je suis enceinte je vais me tuer, oui je préfère me
tuer que de le dire à mes parents.
_ Eh tu ne vas rien faire. Arrête de paniquer peut-être que ce n’est pas ça.
Elle fond en larmes. Angelo se rapproche d’elle et la prend dans ses bras. Il la console du
mieux qu’il puisse. Il essuie ses larmes, l’oblige à le regarder et lui dit :
_ Bébé, je te jure que je n’ai pas jouis en toi. Mais tu sais, tout comme les pilules du
lendemain ou un préservatif ce n’est pas efficace à cent pour cent.
_ Mais je suis foutu Angelo tu ne comprends pas. Je n’ai pas pensé une seule seconde à ce
que je puisse tomber enceinte on l’a fait seulement deux fois, deux petites fois mon Dieu est
ce que c’est suffisant ? Ma vie est foutue.
_ Ne parle pas uniquement pour toi Doriane moi aussi je serais foutu. Ce n’est pas ce qu’on
voulait.
_ C’est ce que tu crois. En plus d’elle tes parents vont certainement m’enfermer. Eh merde !
Nous avons vraiment merdé. Écoute, c’est simple ça ne sert à rien de nous lamenter
maintenant, cherchons d’abord à savoir si tu es réellement enceinte. Il faut acheter un test à
la pharmacie.
_ Je vais t’écrire le mode d’emploi sur un papier que tu vas appliquer, ce n’est pas difficile.
_ Mais non, je t’ai dit que tu étais et tu restes ma première petite amie. Je regarde la télé, je
me documente même dans les films, on peut voir tout ça.
_ Est-ce que je regarde alors la télé? Ok on va faire comme ça. Je vais rentrer prier. Prie
aussi de ton côté.
_ Ah ça va, ne me fais pas peur plus que je ne le suis déjà. Je t’attends demain à l’école s’il
te plaît arrive vite pour que je puisse vite rentrer.
_ D’accord.
Angelo se lève et prend Doriane dans ses bras. Il lui fait un long câlin et lui donne un baiser
sur le front. Ensuite il lui prend la main ils sortent. La première moto qui passait la porte. A
peine parti, il voit sa mère arriver. Il va l’aider à transporter ses sacs à l’intérieur. Maman
Ebeny, femme de la quarantaine, commerçante au marché, a une corpulence forte, un teint
clair immaculé des tâches rouges dues à l’effet du soleil ardent sur sa peau exposée en
longueur de journée. Maman Ebeny entre avec son fils et va s'asseoir laissant son unique
bébé ranger ses marchandises à la cuisine et nettoyer le sol. Angelo ne s’est pas encore
remis de la visite de Doriane et surtout de ce qu’elle a apporté comme crainte. Il est lui aussi
tourmenté par cette situation et plie le doigt pour que ce test soit négatif. Après que sa mère
ait pris sa douche, elle revient au salon où son fils se trouve assis devant la télé mais le
regard dans le vide. Une attitude qui indique à sa mère qu’il est soucieux et l’oblige à
l’interroger.
_ Angel, tu as un souci ?
_ Angelo assois-toi.
Angelo qui a toujours voulu garder sa relation secrète à sa mère craint de devoir tout
dévoiler à cette dernière dans le cas où elle a remarqué Doriane. Il s’assoit pour l’écouter.
Maman Ebeny poursuit :
_ C’est la deuxième fois que je te vois avec cette fille. Et tu t'arranges toujours à ce qu’elle
parte avant que je ne rentre. Est-ce que c’est ta petite amie ? Je t’ai toujours dit que tu
pouvais me parler, je suis ta pote.
_ Hum j’en étais sûr. Vous êtes ensemble depuis combien de temps ? Et pourquoi tu ne
m’as rien dit ?
_ Ça fait un an. Si je ne t’ai pas dit c’est par rapport à son rang social. Elle vient d’une
grande famille.
_ Si elle vient d’une grande famille et qu’elle te considère ça veut dire qu’elle n’a pas de
complexe. Ou alors se sont ses parents qui l’ont ?
_ Tu as tout compris. Ils sont tellement autoritaires. Pour la voir c’est comme si j’allais jouer
au loto.
_ Tu l’as donc connu comment puisque vous ne fréquentez pas la même école.
_ J’étais dans son établissement pour un match lors des journées portes ouvertes l’année
dernière. On s’est croisé comme ça par hasard elle rentrait j’ai proposé de l’accompagner et
voilà.
_ D’accord. A la voir c’est une petite fille donc pardon, je te demande seulement pardon ne
la touche pas. Je sais que vous les jeunes aujourd’hui vous êtes rapides, vous voulez tout
expérimenter mais ce n’est pas encore le moment mon fils. Vous êtes tous les deux des
enfants. Que ta barbiche qui pousse sous ton menton ne te trompe pas, tu es un enfant
donc soit sage. Et c’est toi-même qui me dit que ses parents sont sévères donc pardon ne
cherche pas les problèmes, je n’ai pas les côtes. Mon petit commerce nous suffit tous les
deux si on perd ça on va broyer du noir ici et je compte beaucoup sur tes études parce que
je veux que tu réussisses dans la vie. Ni ton père, paix à son âme ni moi n’avons réussi
mais toi oui. Et dans le cas où le diable te visite et te pousse à monter sur la fille d'autrui,
pardon papa met une capote. Est-ce que tu m’écoutes ?
C’est à cet instant que Angelo se demande pourquoi il n’avait pas parlé de sa relation à sa
mère dès son entame pour qu’elle lui donne ces conseils qui l’auront sans doute évité de
plonger tête baissée dans ce piège de la vie sexuelle. C’est clair qu’ils n’étaient pas prêts
pour ça, la précipitation est une mauvaise habitude. Sur le coup il a pensé à dire à sa mère
que ses conseils arrivent très tard car le mal l’a habité comme elle l’avait imaginé et le pire
s’en ait suivi. Il s’est ressaisi en se disant que le test peut être négatif et si c’est le cas
Angelo se promet de ne plus toucher sa petite amie sans protection. Allongé sur son lit, il se
souvient de toutes les misères par lesquelles sa mère est passé depuis le décès de son
père il y a quatre ans, toutes les châtiments que sa belle-famille lui a fait subir alors qu’elle
pensait qu’elle allait être un soutien pour elle et son fils. Abandonnée à elle-même, maman
Ebeny s’est lancée dans le commerce car n’ayant pas d'autre choix que de s’occuper de son
fils et de sa petite personne. Angelo s’en veut de l’avoir déçu, il s’en veut de l’avoir
déshonoré et de donner raison à ses oncles qui l’ont traité de femme sans éducation. Même
s’il a dit à Doriane que la prière ne servirait à rien si l’embryon est déjà implanté dans son
ventre, cela ne l’empêche pas lui aussi de mettre les genoux au sol et d’implorer le Dieu très
puissant d’agir et lui promettre monts et merveilles.
Entre-temps, le tourment a envahi l’esprit de Doriane qui est complètement dépaysé. Elle
erre dans la cour comme un mauvais esprit et n’écoute pas sa mère l’appeler. Camile qui la
voit monter et descendre va la tapoter.
_ Maman t’appelle, on dirait que ton esprit a voyagé c’est depuis qu’elle t’appelle.
Doriane court à l’intérieur répondre à l’appel de sa mère. C’est lorsqu’elle hume l’odeur qui
se dégage de la cuisine qu’elle comprend pourquoi sa mère l’appelle avec insistance.
Doriane se dépêche d’éteindre le feu sous la marmite et de récupérer les macabos qui n’ont
pas cramé. Toutes les injures que sa mère lui envoie ne l'effleurent pas le moindre du
monde. Toutes ses idées sont portées vers le test de grossesse qu’elle va recevoir demain
de la part de son petit ami. Elle se souvient encore de ce jour où elle avait offert sa virginité
à ce garçon qui a su conquérir son cœur par sa gentillesse, sa bienveillance, son attention,
son sens de l’humour. Juste quelques semaines après leur rencontre elle en était déjà folle
amoureuse et se demandait si c’était normal. Leur rencontre se faisait à la sortie des cours,
Angelo était présent à l’attendre et l’accompagner jusqu’à la maison, du moins à quelques
pâtés de la maison. Doriane n’a jamais parlé de cette relation à ses copines de classe, ni à
Vera avec qui elle s’entend bien. Elle avait toujours peur que les gens ne comprennent pas
pourquoi une jeune fille de son âge avec son potentiel intellectuel et surtout venant d’une
grande famille se retrouve amoureuse d’un jeune garçon ordinaire, orphelin de père et de
mère commerçante qui manque d’éducation. Or Doriane savait bien que derrière cette
apparence de garçon voyou se cache une belle âme qui ne demande qu’à être explorée
dans les profondeurs. Alors ce jour où tout est allé plus vite que la lumière, les parents de
Doriane étaient en déplacement pour un long week-end et cette dernière en avait profité
pour rendre une longue visite amoureuse à son petit ami. Les vibrations de leur corps
lorsqu’ils s’embrassaient les ont poussés à explorer en profondeur le fruit défendu. C’était la
première fois pour les deux adolescents qui se découvraient mutuellement. Doriane qui a
pour habitude de se méfier, de bien faire les choses comme ses parents lui ont enseigné ne
peut expliquer la raison pour laquelle elle avait franchi ce pas. Elle ne saurait déterminer si
c’était de l’insouciance, l’inconscience ou simplement l’attirance pour l’interdit. Évidemment
qu’elle avait demandé pardon au seigneur pour avoir pêché, et avait promis de ne plus
recommencer. Sauf que, le plaisir charnel est parfois plus dominant que ce qu’on avait
pensé et lorsque l’occasion s’était présentée pour la seconde fois, elle n’avait pas hésité à y
aller encore, ignorant naïvement ses promesses à l’éternel. Est-ce le prix pour avoir désobéi
? Elle en saura plus dans quelques jours.
A SUIVRE…#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 3
Doriane a passé une nuit blanche. Elle comptait les heures pour afin arriver à voir le jour se
lever. C’est ce jour où elle recevra le test de grossesse de la part de son petit ami. Elle est
plus stressée que la veille et fait mine devant ses parents d’aller bien. Assise à table avec
ces derniers, elle ne les écoute pas discuter et tourne son café sans jamais le porter à la
bouche. Une attitude qui n'a pas passé inaperçu aux yeux de son père.
La jeune fille qui a encore des pensées lointaines ne l’écoute pas. Son père répète ses mots
avec plus d’autorité ce qui la fait sursauter entraînant le liquide de sa tasse s’évaporer.
_ Tu commences sérieusement à m’inquiéter. Ton lait doit être déjà froid à force de tourner
comme tu le fais. Dépêchez Vous je vais vous déposer à l’école.
N’étant pas lui aussi dans une classe d’examen, il a hâte de boucler cette année et de se
divertir avec ses amis. Durant tout le trajet pour l’école, Doriane n’a pas émis un mot car trop
occupée à prier intérieurement. C’est la toute première fois depuis sa naissance qu’elle se
retrouve dans une telle situation qui dépasse son entendement. Elle qui a toujours trouvé
des solutions pour pallier à ses problèmes et à ceux de ses camarades. Cette fois-ci c’est
au-dessus de ses moyens.
Après les cours, elle s’est éloignée du collège pour rejoindre une vieille maison abandonnée,
celle qui leur sert de retrouvaille après les cours. Doriane est assise sur un parpaing pour
attendre en se rongeant les ongles ce qui traduit son anxiété. Ce lieu est bien caché des
yeux de ses camarades qui, si elle se fait surprendre se moqueraient d’elle, l’image de la
petite fille naïve, innocente qu’elle a toujours brandie aux yeux de ses camarades sera
entachée. Elle tient tout de même à préserver son image et sa dignité. Également, des
mauvaises langues qui peuvent par jalousie aller tout rapporter à ses parents. Plongée dans
ses pensées, Doriane ne voit pas Angelo arriver derrière elle, il pose la main sur son épaule,
elle sursaute en se levant.
Angelo fouille son sac et sort le test et le bout de papier qu’il donne à sa copine. Elle le
garde directement dans son sac comme si elle avait peur qu’une présence malfaiteur les
épie.
_ Demain je vais revenir ici à la même heure pour que tu me donnes les résultats.
_ D’accord. Je n’ai pas dormi cette nuit et je me perds dans mes pensées au point où mes
parents se doutent de quelque chose.
_ Eh bébé je t’ai demandé de te comporter comme si rien ne se passait, je sais que c’est
pénible mais il le faut. De mon côté c’est aussi difficile mais je n’ai pas le choix. Figure-toi
que ma mère est au courant pour nous deux.
_ Non, apparemment elle t’a vu partir hier. Après ton départ elle est directement arrivée
derrière toi et elle m’a posé des questions auxquelles je n’ai pas pu mentir. C’était la
deuxième fois qu’elle te voyais.
_ Bah plutôt bien et elle m’a donné des conseils ne sachant pas que nous sommes déjà
allés plus loin. Si tu es vraiment enceinte Doriane j’aurais déçu ma mère, j’aurais vraiment
honte.
_ Elle au moins t’écoute. Tu peux lui dire que tu as une copine et ça passe, les miens même
les simples relations amicales ils ne veulent pas. Bref je dois y aller.
_ D’accord. Si nous avions le téléphone on allait pouvoir communiquer à travers sans être
obligé de se voir. Attends que je te donne le numéro de ma mère, on ne sait jamais.
Angelo arrache un bout de papier dans un cahier et inscrit le numéro de sa mère qu’il remet
à sa copine. Doriane garde le numéro précieusement, embrasse son petit ami et s’en va tout
en regardant autour d’elle pour se rassurer que personne ne l’a vu. A son arrivée à la
maison, elle tombe sur sa mère qui vient elle aussi de se garer. Doriane lui souhaite la
bienvenue, lui prend son sac qu’elle va garder dans sa chambre et rejoint la sienne. Elle va
prendre une douche, se sert à manger et retourne dans sa chambre se reposer. C’est à ce
moment qu’elle sort le test de grossesse de son sac pour lire le mode d’utilisation que
Angelo a pris le soin de bien énumérer les étapes. Subitement sa porte s’ouvre sur sa mère,
Doriane a le réflexe de cacher le test sous l’oreiller.
_ Oui maman !
_ Oui je vais saluer une collègue à l’hôpital. Ton père va rentrer tu vas le servir et veille sur
ton frère qu’il ne sorte pas.
_ D’accord.
Après le départ de sa mère, Doriane a poussé un ouf de soulagement. Elle a failli se faire
prendre. Sa mère a toujours cette manie là d’entrer dans sa chambre sans cogner et lui
interdit de fermer sa porte à clé. Du coup, elle ne garde rien dans cette pièce qui puisse lui
causer des soucis. Doriane sort de sa chambre pour s'asseoir sur les marches dehors. Elle
prend un peu d’air. Son amie et voisine Vera qui l’a vu l’approche.
_ Eh Doriane, je voulais te voir j’ai vu ta mère partir. Tu peux me prêter ton bord de
physique-chimie ?
Vera suit son amie jusque dans sa chambre, elle touche à tout ce qui attire son attention
dans cette chambre.
_ Mais ça te suffit est ce que tu es beaucoup. Tiens voici le bord et c’est à remettre ce
weekend parce que mon père surveille souvent nos affaires.
_ Ah bon ? il fait ça ?
_ Pff tes parents c’est le cardio. Tu n'as pas de chaussures que tu ne portes plus ? J’en ai
besoin ma copine.
Soudain, Doriane suit son petit frère accueillir son père et s’exclame : « oh non, mon père
est rentré ».
Non, cache toi derrière la porte, je te rappelle que tu as mon livre, s'il voit ça il va te sauter à
la gorge. En plus il n’aime pas voir les gens chez lui, allez Vera cache toi il arrive.
Vera ne se fait pas prier et va rester derrière la porte que Doriane a pris le soin de la garder
entrouverte. Elle sait que son père va s’arrêter jeter un coup d’œil à son passage. Monsieur
Richard arrive et entre salue sa fille.
_ Tu ne dors pas ?
_ D’accord.
Doriane fait mine de sortir et lorsqu’elle constate que son père est entré dans sa chambre,
elle fait sortir son amie et cette dernière court pour regagner sa maison. Toute essoufflée,
elle raconte la scène à sa grand-mère qui ne peut s’empêcher de rire.
_ Protéger de qui mamie ou de quoi ? ils exagèrent. Doriane ne peut rien faire de plus à part
aller à l’école ou à l’église. Même pour aller au marché c’est le protocole je n’aime pas ça.
_ Tu n’es pas sérieuse mamie. D’ailleurs je ferais mieux d’aller faire mes devoirs. Je dois
aussi passer en classe supérieure.
Vera souffre de voir son amitié brisée à cause de la dureté des parents de Doriane alors
qu’elle aurait voulu que, compte tenu du fait qu’ils soient voisins depuis longtemps, que sa
grand-mère soit une femme respectée dans le quartier et ses environs, ils lui auraient
permis de la fréquenter amicalement. Mais hélas, Vera devra se contenter de voir son amie
les jours où celle-ci est libre de ses mouvements.
Doriane s’est levée à 5 heures pour aller se mettre à l’aise et effectuer le test. Après l’avoir
utilisé, elle est rentrée dans sa chambre pour patienter. C’est en faisant des cent pas dans
sa chambre qu’elle compte les minutes et prie de ne pas voir apparaître les deux traits
rouges. Lorsqu’elle s’approche du test posé sur sa table avec le cœur qui bat à tout rompre,
elle ne voit qu’un seul trait et son visage s’illumine. Elle va s’asseoir et respirer à fond. Elle
répète en boucle : « je ne suis pas enceinte ». C’est plus qu’un soulagement pour la jeune
fille qui tremble encore. Lorsqu’elle va prendre le test pour le garder, elle est surprise de ne
plus voir un seul trait rouge mais deux. Stupéfait, elle porte sa main à sa bouche pour
s’empêcher de crier. Les minutes attendues n’étaient pas suffisantes lorsqu’elle avait
regardé le test pour la première fois et ce qu’elle voit est le résultat final : elle est enceinte.
Doriane s’écroule sur son lit pour pleurer. Elle pleure sa vie qu’elle a brillamment gâché en
voulant satisfaire ses pulsions sexuelles. Elle pleure le déshonore dont elle fait montre dans
sa famille alors que ses parents ont reposé tous leurs espoirs sur elle en la citant très
souvent comme modèle comparé à ses cousines. Doriane pleure sa naïveté qui l’a poussé
dans les bras de cet homme et a occasionné cette grosse boulette. Enceinte à seize ans
n’était pas le résultat pour cette fin d’année, ce n’était pas ce que ses parents attendaient
d’elle ; ce n’était non plus pas ce qu’elle attendait. Quel gâchis ! Doriane n’a pas arrêté de
pleurer. Ses yeux gonflés ne sont pas passés inaperçus au regard de sa mère ce matin.
_ Euh non maman pas suffisamment. Je me suis réveillée à 4 heures pour lire.
C’est avec la mine de chien battu que Doriane a passé la journée à l’école évitant toute
communication avec ses camarades. Elle a l’impression que le temps ne passe pas, que
tout le monde autour d’elle peut lire à travers son ventre qu’un embryon grandi. Doriane est
secouée, elle n’écoute pas grand-chose des cours que dispensent ses professeurs. A la
sortie, c’est en vitesse qu’elle s’est rendue dans cette vieille maison abandonnée pour
rencontrer Angelo. Ce dernier s’y trouve déjà et s’empresse de lui demander les résultats.
Doriane s’effondre dans ses bras.
_ Nous sommes morts. Eh bébé arrête de pleurer et trouvons une solution. Comment
allons-nous l’annoncer à nos parents ?
_ Pardon ? Tu penses vraiment que je vais le dire à mes parents ? Ah non je préfère m0urir
Angelo je t’assure je ne peux pas.
_ C’est vrai que c’est une situation difficile mais un av0rt€ment peut te couter cher.
_ Je m’en fous Angelo je ne peux pas assumer cette grossesse auprès de mes parents.
D’ailleurs si je ne me tue pas ils vont le faire donc autant mieux en finir avec ma vie.
_ Angelo je ne pourrais pas attendre longtemps je ne vais pas pouvoir supporter. Trouve
comment me faire avorter rapidement avant que je ne le fasse moi-même.
_ D’accord. Ne t’inquiète pas on va s’en sortir. J’espère que tu as bien jeté le test loin de la
maison.
_ Oui je l’ai jeté en cours de route dans une poubelle. Il faut que je rentre maintenant. Si tu
as une solution tu me retrouves à l’église dimanche à 10 heures.
_ Ça marche.
Doriane est partie. Elle n’a pas envie d’arriver rapidement à la maison, elle veut marcher et
se vider la tête. La peur de savoir sa mère à la maison ne l’ébranle pas, tout ce qu’elle
souhaite c’est recevoir cette bonne fraîcheur sur son visage. Angelo quant à lui a pris un
transport pour regagner le domicile. Il ne voulait pas faire peur tout à l’heure à sa copine
mais il est terrifié par tout ceci, il est effrayé et perdu. Assis dehors à la véranda, il a la tête
baissée, il pense à sa copine, à son état et à la proposition qu’elle lui a adressé. L’arrivée
d’un jeune homme perturbe sa tranquillité l’obligeant à lever la tête.
Ah Carlos c’est toi, tu fais trop de bruits.
_ C’est comme si tu savais que je voulais te voir. Gars je suis dans la merde jusqu’au cou.
_ Oh, raconte-moi.
_ Ma go est enceinte.
_ Hahahaha ça ne me fait pas rire et je te rappelle que c’était la première fois pour nous
deux. Man je suis un homme mort.
_ Mais bien sûr que tu es mort comment tu peux t’amuser à coucher avec la fille d’un avocat
sans protection. Je sais déjà que je viendrais te donner des fruits en prison.
_ Merci pour le soutien. Est-ce que tu ne connais pas quelqu’un qui peut nous aider à
évacuer ça ?
_ Non, je n’en sais rien. Mais je sais qu’il y a des femmes au marché qui vendent des
poudres, j’entends souvent mes grandes sœurs en parler.
_ Tu connais mes sœurs comment elles sont sauvages, elles vont me battre comme un
serpent sans même chercher à savoir la raison, je ne préfère pas. Mon conseil serait d’aller
à l’hôpital c’est plus sûr. Les choses de la route là hum mon frère c’est dangereux je ne
t’apprend rien.
_ Pour te dire la vérité je ne suis pas d’accord avec l’av0rt&ment mais Doriane a dit que si
elle ne le fait pas elle va se tuer et connaissant la foutre qui l’attend avec ses parents, je
crois bien qu’elle en sera capable.
_ Ça devient sérieux mon frère, il faut encore réfléchir et en parler avec Doriane. Un bébé
est mieux qu’un m0rt.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 4
Doriane passe des jours ardus, elle est comme un zombie qui a été programmé pour
exécuter des tâches bien précises. Sa voix ne se fait plus entendre à la maison, lorsqu’elle
rentre des classes elle s’enferme dans sa chambre et tout ceci réussi à impacter ses études.
Elle n’arrive plus à lire. N’ayant personne à qui se confier, elle magazine toutes ses craintes,
ses inquiétudes, ses frayeurs dans son for intérieur ce qui la rend nerveuse toute au long de
la journée. Ce samedi, après qu’elle ait fait le ménage, elle s’est réfugiée dans sa chambre.
Sa copine Vera arrive avec le livre.
_ Oui dis-moi.
C’est un supplice pour Doriane qui aimerait se confier mais ne peut pas de peur que la
personne ne divulgue l’information. Elle fait confiance en son amie Vera mais sachant que
cette dernière discute beaucoup avec sa grand-mère, elle craint qu’elle lui passe
l’information. Doriane admire la relation que sa copine entretient avec sa grand-mère. Elle lui
parle de tout, elle lui raconte ses journées, ses rencontres, ses craintes, ses angoisses, ses
aspirations, ses rêves et tout ce qui lui passe par la tête. Ce genre de relation que la jeune
fille aurait espéré vivre avec sa mère ou son père mais hélas.
En soirée, Doriane se trouve au salon avec son petit frère et sa mère. Ils regardent la
télévision, du moins une émission politique que leur mère regarde. Doriane n’a pas encore
informé sa mère qu’elle ira à l’église demain. Elle ne peut pas manquer le rendez-vous
qu’elle s’est fixé avec Angelo.
_ Nous avons l’habitude d’aller à celle de 10 heures c’est la messe des jeunes.
_ L’important n’est pas la qualité des personnes qui assistent mais c’est de suivre les
enseignements. Étant donné que vous allez bientôt composer, je préfère que vous allez
plutôt à 8 heures comme ça à 10 heures vous serez de retour pour étudier.
_ Non je dis…
_ Alors tu fermes ta bouche. J’ai dit demain 8 heures c’est mon dernier mot. Vous devez
étudier toute la journée de dimanche. Maintenant laisse-moi suivre mon émission.
Doriane a juste envie de hurler de toutes ses entrailles pour exprimer son ras le bol. Il y a
des jours où elle se demande si cette femme qui la ressemble comme deux gouttes d’eau
est réellement sa génitrice parce qu’elle ne comprend pas pourquoi cette dernière lui met les
barrières comme si elle ne voulait pas de son épanouissement. Si elle n’avait pas vu son
frère aîné vivre la même frustration, elle allait croire que sa mère lui en veut
personnellement. Que dire de son père qui a exactement le même comportement que sa
femme. A croire qu’ils étaient faits pour vivre ensemble. Doriane n’a aucun moyen d’informer
Angelo du fait que l’heure du rendez-vous a été reportée. A cette heure du soir, elle ne peut
plus inventer une sortie pour le carrefour afin d’appeler ce dernier sur le téléphone de sa
mère. Elle est bloquée, enragée et stressée. Doriane pense à désobéir à sa mère.
Le matin, après son réveil, elle est restée au lit. Sa porte s’ouvre sur Camile qui est déjà
habillé pour l’église. Il est surpris de trouver sa sœur encore sous les draps.
_ Bah n’y vas pas donc. On fait d’habitude la messe de 10 heures qui est en français
pourquoi maman veut qu’on assiste à une messe dite en langue.
_ Hum ok.
_ Pardon ? je vois que cette fille à l’eau dans sa tête, dit-elle en se rendant nerveusement
dans la chambre de sa fille qu’elle ouvre brusquement.
Doriane sursaute et sort du lit. Elle s’attendait bien à cette réaction de sa mère.
_ Maman c’est que le prêtre prêche en langue et nous ne comprenons pas ça. Or à 10
heures il fait la messe en français.
_ Doriane ne me fait pas bavarder, tu vas finir par me faire croire que cette histoire d’église
cache quelque chose. Si tu voulais vraiment assister à la messe, l'heure n’allait pas
t’importer. Ce n’est pas la première fois que tu assiste à cette messe c’est en français et en
langue donc ne me raconte pas n’importe quoi. Lève toi tu vas te changer et vous y aller.
Vous avez 1h30 donc je veux vous voir à la maison à 10 heures maxi.
Doriane n’a pas trop le choix en plus si elle n’y va pas elle ne verra pas Angelo et le fait que
sa mère leur a donné un couvre-feu ne l’arrange pas. Elle va devoir prier pour que Angelo
se pointe avant 10 heures. Assise dans la grande paroisse de cette ville, Doriane n’écoute
rien de l’évangile, elle ne cesse de guetter l’extérieur dans le but de voir Angelo arriver.
A la maison, madame EBONGUE est allongée dans son fauteuil, elle regarde la télévision.
Vera arrive bien vêtue dans une robe trapèze avec une bandoulière lancée autour de son
épaule, elle avance timidement vers le salon. Son souhait était de tomber directement sur
son amie et non sur la mère de cette dernière vient de se briser. Mais trop tard pour
rebrousser chemin, madame Marlyse l'a déjà vu.
_Ah maintenant je comprends mieux cette insistance pour la messe de 10 heures, ça vient
de toi alors. Après tu seras étonné de savoir pourquoi je refuse que ma fille te côtoie.
_ C’est ça stuipp.
Vera a toujours ce goût amer lorsqu’elle s'entretient avec la mère de sa copine. Si elle
n’avait pas de respect pour elle, elle l’aurait copieusement vilipendé.
Vera s’est rendue à la paroisse toute seule. Elle s’est assise à la grotte avec quelques
copines qu’elle a trouvées pour attendre que la messe sorte. Doriane n’arrête pas de
regarder l’heure, la fin de la messe est proche, il faut qu’elle gagne en temps en allant à la
recherche de Angelo.
_ Camile il faut que je sorte. Reste là jusqu’à la fin et si je ne reviens pas tu m’attends. Ne
rentre pas sans moi.
_ Tu vas où ?
Doriane est sortie. Les chrétiens du 10 heures sont déjà dans la grande cour de la paroisse.
Doriane balade son regard partout à la recherche de son copain et le voit enfin. Elle court
vers lui. Ils se déplacent vers un endroit moins bruyant et loin des autres.
_ Je n’ai pas assez de temps devant moi, ma mère m’a obligé à faire la messe de 10 heures
et je suis avec mon petit frère. Dis-moi tu as trouvé une solution ?
_ Ecoute, j’ai pensé à ta tante, tu as bien une tante ici tu peux aller lui parler.
Et ça va changer quoi ? Je te rappelle qu’elle est la grande sœur de mon père et elle lui
informera, en plus elle n’acceptera jamais que je fasse un av0rtement. Non, je ne peux pas
lui dire. J’ai une meilleure idée: je peux boire de l’eau de javel et ça fait l’affaire.
_ Je vais finir par te frapper Doriane. Tu es enceinte tu n’as tué personne bon sang. C’est
vrai que nous sommes jeunes, c’est vrai que nous avons déçu nos parents mais ça ne
mérite pas que quelqu’un y laisse sa vie et c’est la dernière fois que tu me parles de te tuer,
je suis sérieux. Tu ne penses qu’à toi et moi dans tout ça je ne compte pas ? s’il t’arrive
quelque chose je ne me pardonnerais jamais je dis bien jamais Doriane parce que tout ceci
est de ma faute. Ne me fait pas me sentir plus mal que je ne le suis déjà.
Ces mots ont réussi à attendrir le cœur de Doriane et de la faire pleurer. Angelo la prend
dans ses bras pour la réconforter.
_ J’ai tellement peur si tu pouvais savoir. J’ai si peur que je vais finir par avoir la tension à
mon âge.
_ Oui mais j’ai un devoir ce jour. Voyons-nous mardi je serais libre autour de midi.
_ D’accord moi également je vais me libérer à cette heure. D’ailleurs on ne fait que des
révisions à l’école pour préparer les devoirs. Je dois y aller la messe est sortie.
Doriane lui sourit, elle essuie son visage trempé et s’éloigne de Angelo. Avec tout ce monde
dans la cour, il serait difficile de retrouver son petit frère. Alors qu’elle le fouille, elle tombe
sur Vera.
_ Eh Do, j’étais chez toi ta mère m’a mal reçu comme d’habitude. C’est comme si tu as
pleuré.
_ Euh non ce n’est rien. J’aurais dû passer chez toi pour t'informer de ce que ma mère m’a
obligé à faire la messe de 8 heures. Maintenant je cherche Camile nous devons rentrer
ensemble et nous sommes en retard à la maison aiii.
_ C’est simple, le prêtre a reçu les dons et on sait tous comment c’est toute une fête qui
prend du temps après la quête.
Les deux filles se faufilent entre cette foule à la recherche de Camile. Le temps passe et
Doriane craint qu’il soit déjà rentré l’ayant trop attendu. Et si c’est le cas elle va recevoir un
tonnerre de réprimandes de la part de sa mère pourquoi pas des coups de fouets. Lasse de
faire le tour de la paroisse, Doriane sort pour la route et regarde les rues. Elle le voit enfin
avec un copain à lui en train de jouer sur la console de son ami. Elle pousse un ouf de
soulagement et informe Vera qui peut regagner l’église. Doriane va chercher son frère, ils
rentrent. Elle n’a pas eu besoin de mentir à sa mère pour expliquer son retard ; cette
dernière était avec sa copine et elle ne s’est pas rendue compte que ses enfants n’ont pas
respecté l’heure. En plus de ses propres soucis qui la tourmentent, se mettre sa mère à dos
n’est pas la solution.
Entre temps chez Angelo. Il revient de l’église et s’installe au salon devant l’écran. Sa mère
sort de sa chambre bien vêtue d’un ensemble pagne et des talons.
_ Comme pour dire que tu n’as rien compris tu es allé voir ta copine. J’ai fait ça quand j’étais
plus jeune. Bon je suis partie, il y a de la nourriture dans la marmite si tu as faim.
_ Euh pourquoi ?
_ Habillé comme tu es ça ne peut être que pour lui. Maman tu n’as pas besoin de me cacher
ta relation avec lui, je le sais et ça me fait plaisir.
_ Pourquoi devrais-je l’être ? Maman tu as le droit de refaire ta vie, tu as droit d’avoir un petit
ami et je l’apprécie beaucoup c’est un homme responsable.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 5
Depuis que Doriane sait qu’elle porte la vie en elle, elle n’est plus vraiment concentrée à
étudier ses leçons. Elle reste des heures à la salle d’études à regarder ses cahiers, feuilleter
ses livres et s’imaginer avec un gros ventre ou alors mourir parce que ses parents l’auraient
tué.
De peur de ramener en plus de la grossesse une mauvaise note à la maison, elle s’est
rendue chez Vera ce lundi après les cours pour étudier avec elle. Le fait d’être accompagné
lui permettra de faire des exercices qu’elle a longtemps mis en pause. C’est toujours un
plaisir pour Vera d’étudier avec sa copine qui, contrairement à elle, est meilleure de sa
classe. Vera en profite pour que cette dernière l’aide dans les matières qu’elle ne comprend
pas en classe. Après plus d’une heure de travail, Doriane pense à rentrer.
_ C’est plutôt moi qui te remercie, tu m’as beaucoup appris. Tu es vraiment intelligente.
J’espère que ta mère n’est pas encore rentrée.
_ Je ne pense pas. Le lundi elle rentre souvent tard et mon père travaille à Douala depuis le
matin.
_ Le métier d’Avocat me plait bien mais ce sont des années d’études. Ça rapporte beaucoup
d'argent, ton père est riche.
Doriane ne se doute pas une seconde que sa mère est déjà de retour et ne voyant pas sa
fille, elle a interrogé son fils qui lui a dit que sa sœur se trouvait chez Vera. C’est en colère
que cette dernière se rend chez la voisine et hurle le nom de sa fille qui a sursauté en
faisant tomber ses cahiers.
Doriane ramasse rapidement ses documents et sort répondre à l'appel de sa mère. Cette
dernière saisit son oreille gauche qu’elle tire et tourne en lui disant :
_ Qu’est-ce que je t’ai dit, pourquoi tu veux me faire bavarder, hein tu veux que je te frappe ?
_ Maman pardon, je suis allée étudier avec elle, j’avais des devoirs à faire.
_ Depuis quand c’est elle qui t’aide à faire tes devoirs, une fille aussi nulle va te montrer quoi
hein dis-moi, tu crois que je suis ta copine à qui tu racontes n’importe quoi. Cette fille a une
mauvaise influence sur toi et je ne veux plus te voir avec elle, idiote.
Doriane rejoint sa chambre, elle se jette sur son lit et pleure. Elle ne demande pas grand
chose à ses parents, juste lui permettre d’avoir aussi des amies. Elle est consciente que
Vera est une jeune fille plus expérimentée qu’elle mais elle n’est pas mauvaise. En ce
moment où elle a terriblement besoin de parler à une personne extérieure elle va devoir
encore et encore se débrouiller toute seule. Pourquoi pas se parler à elle-même, une
conduite qu’elle a adoptée depuis peu. Sauf que la conversation entre elle et elle semble
tourner autour d’une seule solution : mourir. Doriane se lève et se rend aux toilettes. Elle
prend la bouteille qui contient de l’eau de javel et la regarde scrupuleusement. Puis, elle se
place devant le miroir et se regarde comme si elle attendait que son autre elle lui donne le
coup d’envoi. Doriane ouvre la bouteille et hume son contenu. Elle cherche le courage pour
porter la bouteille à sa bouche. Soudain, on cogne à la porte, ce qui la fait sursauter et fait
tomber la bouteille qu’elle ramasse rapidement. Camile ouvre la porte tout souriant.
_ Mais tu pouvais attendre que je t’autorise à entrer quelles sont ses manières. Je pouvais
être en train de me doucher.
_ Oui mais tu t’es déjà douché. Ok excuse-moi c’est que j’étais content de t’annoncer ça. Tu
voulais laver les habits ?
Depuis le temps que Doriane sollicite discuter avec son frère aîné, ses parents ne le lui
permettent pas mais aujourd’hui où elle n’a pas envie de lui parler c’est en ce moment qu’ils
vont le lui permettre. Doriane a peur de ne pas cacher son mal être à son frère qui, la
connaissant bien saura qu’il se passe quelque chose. Elle n’est pas du tout disposée à lui en
parler, il est tout aussi rigoureux comme ses parents on aurait dit le jumeau de leur père.
L’envie d’avaler ce liquide a disparu pour laisser place à la frayeur. Elle dépose la bouteille à
sa place et sort des toilettes pour regagner sa chambre.
Comme elle l’avait sollicitée, elle a refusé de dire un mot à son grand frère, ce qui a étonné
son père mais pas sa mère. Monsieur Richard retrouve sa fille dans sa chambre. Doriane
qui l’a suivi arriver a ouvert son livre et fait semblant de le lire. Son père ouvre la porte, il
reste à la porte et lui demande :
_ Ça va ?
_ Il y a quelques jours tu voulais parler à ton frère et aujourd’hui tu ne veux plus, qu’est ce
qui se passe ?
_ Rien papa, je suis juste nerveuse. Je n’ai pas envie d’être désagréable. Bref on aura le
temps de discuter quand je vais finir de composer.
_ Hum ton excuse ne tient pas la route mais je vais t’accorder le bénéfice du doute..
Sur ces mots il s’en va en refermant la porte. Doriane sait que son père est très futé et son
métier d’avocat en est pour beaucoup. C’est une chance qu’il n’est pas insisté sinon elle ne
sait plus quoi elle aurait inventé de sensé. Monsieur Richard retrouve sa femme dans leur
chambre.
_ Ta fille a quel problème ? Elle qui est souvent excitée de discuter avec son frère
aujourd’hui elle montre son désintéressement.
_ Je ne sais pas. Peut-être qu’elle est fâchée parce que je l’ai réprimandé du fait qu’elle soit
allée chez la voisine, la petite mal élevée qui rôde toujours autour d’elle.
_ Comme quoi elle étudiait avec elle. Tu te rends compte, cette fille veut exploiter la nôtre, je
ne l’aime pas.
_ Prochainement si elle veut étudier avec cette fille demande leur de le faire ici comme ça tu
seras rassurée qu’elles étudient vraiment.
_ Tu n’écoutes pas ce que je dis. Je te dis que je ne veux pas de cette fille auprès de la
mienne. Tu as vu comment elle s’habille ? Je ne peux pas compter le nombre de fois que je
l’ai vu discuter avec les garçons en route, une fille de son âge c’est une mauvaise influence
pour notre fille chérie. Il faut l’en éloigner.
_ D’accord tu as raison. Je vais travailler un peu avant de me coucher. Demain je n’ai pas de
pression pour sortir.
_ D’accord.
Le lendemain, comme convenu, Doriane s’est enfuie de l’établissement pour se rendre chez
Angelo. Elle le retrouve à la cuisine où il prépare des œufs. Angelo porte encore le pantalon
de sa tenue et un t-shirt.
_ Bonjour Ange.
_ Ah ça !
Les deux amoureux vont s’installer au salon. Angelo avec son plateau contenant ses œufs
et un bout de pain et Doriane qui cherche déjà à s’amuser avec le chat.
Je vais t’avouer quelque chose mais ne te fâche pas.
_ D’accord dis-moi.
_ Angelo c’est plus fort que moi je ne vais pas pouvoir y arriver. Je sursaute à chaque fois
que ma mère ou mon père m’appelle croyant qu’ils sont au courant. Je ne dors plus bien, je
n’arrive même plus à lire mes cours et on compose dans une semaine. Je prie de dormir et
de ne plus me réveiller.
_ Tu me fais du mal quand tu dis ça. J’y ai pensé toute la nuit et je pense que la meilleure
solution est d’en parler d’abord à ma mère.
_ A ta mère ? Mais qu’est-ce qu’elle va bien pouvoir faire pour moi ? Elle peut nous aider à
évacuer ?
_ Ne raconte pas n’importe quoi ma mère ne fera jamais ça. Il faut qu’on le dise à un aîné
Doriane. Plus on garde, plus tu délires et un jour tu finiras par mettre des envies suicidaires
à exécution. C’est décidé j’en parle à ma mère. Ça ne sera pas la joie, je ne suis pas fier de
lui dire ça, je ne suis pas fier de l’avoir déçu mais là j’ai besoin d’elle. Nous avons besoin
d’un aîné. Tu vas attendre qu’elle rentre et on lui parle.
_ Je crois que je n’ai vraiment pas le choix. Est-ce que je peux un peu m’allonger dans ta
chambre, je me sens étourdie.
Doriane se rend dans la chambre de Angelo. Elle enlève la chemise de sa tenue, ses
chaussures et s’allonge. Les choses commencent à se préciser. Si la mère de son petit ami
sera mise au courant aujourd’hui ça voudra dire que ses parents à elle le seront très bientôt.
Doriane frissonne et se blottit sous le drap. Angelo de son côté joue au courageux devant sa
copine alors qu’au fond il est plus angoissé qu’elle. Il sait que cette annonce va détruire la
confiance que sa mère avait mis en lui. Il sait que ça va les éloigner pour un temps parce
qu’elle sera dépitée et aura besoin de le manifester. Il espère juste qu’avec le temps il
pourra se racheter à ses yeux.
Il est 16 heures lorsque maman Ebeny revient du marché. Angelo qui avait regagné sa
copine dans la chambre sort accueillir sa mère et l'aide à ranger ses achats à la cuisine..
_ Oui pourquoi ? Je vais chez papa Charles, sa fille fête son anniversaire.
_ Douze ans. C’est une petite fille très intelligente comme son père. Alors tu voulais me dire
quoi il y a un souci ?
_ Eh Angelo je te connais, je sais quand tu as un souci sinon tu n’allais pas me poser cette
question allez accouche.
_ Ne te crée pas de problèmes s’il te plait je vais la voir prochainement. Moi-même je suis
pressée, j’ai des choses à faire chez papa Charles. Si ça ne te dérange pas on remet ça
pour un autre jour pourquoi pas le week-end là on aura le temps d’échanger sans pression.
_ Tu ne m’as pas l’air satisfait, si c’est vraiment urgent j’appelle papa Charles pour lui dire
que je serais en retard.
_ D’accord..
Angelo regarde sa mère s’éloigner et souffle. Elle est si heureuse de sa nouvelle relation
qu’il a peur de gâcher sa joie avec ses actes. Il retourne dans sa chambre, Doriane est
debout, elle porte ses chaussures.
_ Ah tu es déjà réveillé ?
_ J’ai bien voulu le faire mais tu m’as dit que tu ne dormais pas bien du coup je t’ai laissé te
reposer. En fait, ma mère est rentrée et je lui ai dit que tu es là.
_ Non elle s’est juste inquiétée du temps qu’il fait et m’a dit qu’elle ne pouvait pas te
recevoir, qu’il faut que tu rentres. En plus elle va à un évènement.
_ Ce n’est pas ce que j’ai dit et elle non plus. Puisque tu ne sors pas le week-end je lui ai dit
que tu viendras encore vendredi si ça te convient.
_ Vendredi c’est toujours un jour de classe et ta mère rentre tard aussi. Mettons à dimanche
je vais faire semblant d’aller à l’église et venir ici.
_ D’accord. On va je t’accompagne.
Angelo porte le sac de sa copine et ensemble ils sortent de la chambre. Maman Ebeny qui
les a suivis sortir sort également de la sienne et les retrouve au salon.
_ Bonsoir. Aujourd’hui tu as décidé de ne plus te cacher. Je suis venue te saluer, voir à quoi
tu ressembles vraiment, tu es quand même la copine de mon fils ça aurait été mal élevé de
ma part de ne pas sortir te saluer, c’est la moindre des choses.
_ Oui il le faut et si tu veux passer plus de temps avec Angelo, viens le week-end s’il te plait.
Ce n’est pas bien de venir chez ton petit ami en tenue de classe, nous-même avons fait ça
mais je ne le conseille pas. Si tu étais ma fille j’allais te battre ce n’est pas bien, ça te donne
une mauvaise image. Vient le week-end d’accord ?
_ Oui maman.
_ Ok allez-y, rentre bien. Angelo tu la mets dans le taxi et tu reviens lire tes cours. Euh une
dernière chose, j’espère que vous ne faites rien dans la chambre, hein Doriane tu es encore
petite pour faire certaines choses. Je ne vais pas t’interdire de fréquenter mon fils parce que
ça ne servira à rien, vous les ados vous faites toujours le contraire de ce qu’on vous interdit,
je veux juste m’assurer que vous ne faites rien. C’est important pour moi et pour vous aussi.
Peut-être que je bavarde trop mais ce que je dis à sa place, ou bien ?
_ Oui maman, dit Angelo, ça a sa place et oui tu bavarde beaucoup Doriane a déjà peur de
toi, va t’apprêter je la mets dans le taxi.
Angelo entraîne sa copine dehors, elle avait déjà perdu sa langue. Loin du regard de la
mère de son petit ami, Doriane peut s’exprimer.
_ Je ne pense pas que c’est une bonne idée d’en parler à ta mère, elle est déjà convaincue
que nous n’avons rien fait.
_ Oui mais on n’a pas le choix, dimanche on lui dit tout c’est ça ou rien.
Angelo stop le taxi la fait monter et la regarde s’en aller en croisant les doigts qu’elle puisse
tenir jusqu’à ce dimanche.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 6
Angelo marche lentement, les épaules courbées, les yeux baissés et un air soucieux sur le
visage. Il serre son cartable contre lui comme s’il cherchait à se rassurer. Depuis le départ
de sa copine il y a deux jours Angelo est contrarié, il a peur et tremble à chaque fois qu’il se
retrouve seul. Il n’a aucun moyen de prendre de ses nouvelles et ce soir après les cours il
s’est rendu à son collège dans le but de la voir, se rassurer qu’elle va bien et qu’elle ne
pense plus à s’ôter la vie mais elle était déjà rentrée. Il s’assoit doucement sur un tabouret
resté à la véranda et garde le visage baissé. Le chat qui a suivi son arrivée, s’empresse de
se jeter à ses pieds et de s'y frotter tout en miaulant. Dommage pour cet animal que l’esprit
de son maître soit ailleurs. Enfoui dans ses pensées lointaines, Angelo suit son ami et
camarade de classe l’appeler ce qui le sort de ses rêveries. Le jeune Carlos arrive et salue
son ami.
_ Bah à la maison. J’ai préféré réviser à la maison plutôt que d’aller perdre le temps au
lycée.
_ Je te rappelle qu’on ne perd pas le temps, on fait des révisions et on corrige les anciennes
épreuves c’est aussi important.
_ Oui.
_ Je n’ai rien pour toi. Lève-toi le matin comme nous autres tu vas à l’école.
_ D’en parler à ma mère. Je ne peux pas accepter qu’elle avorte sous ma responsabilité.
Moi j’ai très peur des choses comme ça je vais tout dire à ma mère et ensemble on verra
comment procéder pour informer ses parents.
_ J’aurais 18 ans dans quatre mois mon cher ami. Je suis très inquiet pour Doriane, elle
continue de dire qu’elle va se tuer.
_ Hum ! je ne sais même pas quoi te dire. Je ne me suis jamais retrouvé dans cette situation
mon pote. Moi je me protège.
_ Mieux de toi stuip. Écoute rend moi un service, allons chez elle, juste me rassurer qu’elle
n’est pas morte.
_ S’il te plait c’est important pour moi. On peut être là en train de discuter alors qu’elle a mis
ses menaces à exécutions.
_ Je ne peux pas aller loin là-bas , mes sœurs sont là, je leur ai dit que je venais chez toi.
_ On va prendre la moto aller-retour. S’il te plait mon frère si ce n’était pas urgent je serais
allé seul.
_ Ça marche !
Angelo se dépêche d’ouvrir la porte, il se change et ressort. Avec son ami, ils prennent une
moto vite fait qui les dépose à l’entrée du domicile de Doriane. Ils se placent à un pâté de la
maison pour observer afin d’avoir la chance de voir Doriane sortir.
_ Oui, je vois une voiture garée ça veut dire que soit son père est de retour soit c’est sa
mère donc nous ne pouvons pas nous rapprocher.
_ Donc ses deux parents ont la voiture. Mais toi-même tu as le gros cœur hein tu vas porter
une fille bobo qui n’est pas ton niveau et tu l’enceinte.
_ Mon frère je t’aime beaucoup, je peux te défendre mais pas au point d’aller en prison avec
toi non merci. Eh voilà un garçon qui est sorti.
_ On ferait mieux de partir. Vu qu’il n’y a rien qui montre qu’il y a deuil ici ça veut qu'elle est
en vie. On s’en va..
_ Tu veux dire si je ne suis pas morte. C’était une mauvaise idée, ma mère peut sortir.
_ D’accord je vais prévenir ma mère. Ne t’inquiète pas tout ceci sera bientôt derrière nous.
Doriane est touchée par son geste. Le risque qu’il court en se pointant clandestinement chez
ses parents dans le but de savoir si elle va bien, pour elle c’est une preuve qu’il tient à elle.
Après son départ, elle rentre continuer sa tâche en soufflant car elle a vraiment eu peur que
sa mère sorte ou que son père revienne du travail.
Plus les jours passent, plus elle est stressée de devoir tout dire à la mère de Angelo.
Comme il fallait s’y attendre, Doriane a été contrainte d’assister à la messe de 8 heures.
C’est avec son petit frère qu’elle y est allée. A peine assise qu’elle informe son frère de son
départ.
_ Tu vas ou ?
_ J’ai une course à faire chez une amie. Tu sais que maman ne me laisse pas sortir s’il te
plaît reste ici et attends-moi.
_ Et si tu mets long ?
_ Je ne vais pas durer. Pardon Camile ne rentre pas sans moi. Attends-moi je vais te garder
un biscuit et reste tranquille, ne va pas jouer avec tes amis sinon je vais te chercher sans te
trouver.
_ D’accord.
Avec l’argent que sa mère lui a donné pour la quête, Doriane s’en est servi pour payer la
moto qui l’a déposée chez Angelo. Elle cogne et patiente que ce dernier vienne lui ouvrir..
_ Non, maman est debout mais elle reste le plus souvent dans sa chambre le dimanche
pour faire le rangement et se reposer. Je vais l’appeler. Tu es prête ?
_ Non mais je n’ai pas le choix. J’ai laissé mon frère à l’église, on doit y aller rapidement.
_ Ok tu peux t'asseoir.
Angelo laisse sa copine s’installer et va dans la chambre de sa mère. Cette dernière range
son armoire.
Le ton que tu prends m’inquiète, et moi qui croyais que c’était uniquement pour faire sa
connaissance, c’est clair qu’il se passe quelque chose. Allons-y.
Doriane se lève lorsqu’elle voit maman Ebeny arriver. Elle la salue chaleureusement et ils
s’asseyent tous. Angelo prend place aux côtés de sa copine qui est déjà froide. Elle
commence à tripoter nerveusement ses doigts.
_ D’accord. Angelo je vous écoute, vous faites une sale tête, j’espère que ce n’est pas
grave.
Angelo garde le silence pendant quelques secondes comme pour puiser au fond de son être
le courage de tout dire à sa mère. Il préfère garder la tête baissée car il a honte de croiser
son regard.
_ Euh maman, je sais que tu seras en colère contre nous, contre moi particulièrement et je
tiens à te demander pardon. L’autre jour lorsque je t’ai annoncé notre relation tu m’as donné
des conseils ce qui m’a vraiment touché et j’étais si heureux d’avoir une maman avec qui
discuter des choses aussi intimes malgré mon âge. Mais ce que tu ne savais pas maman,
c’est que tes conseils sont arrivés très tard.
_ Non Angelo, ne continue pas. J’espère que ce n’est pas ce que je pense que tu vas me
dire. Tout sauf ça Angelo.
Maman Ebeny reste figée, les yeux écarquillés et la bouche ouverte comme si les mots de
son fils venaient de la frapper de plein fouet. Son visage devient blême, et ses lèvres
tremblent. Elle semble avoir du mal à respirer et ses mains s’agrippent inconsciemment à
quelque chose de solide pour ne pas s’effondrer. Maman Ebeny essaie de bredouiller
quelques mots « Quoi ? », « Tu as dit quoi ? », « Doriane est enceinte ? non c’est pas vrai,
c’est pas possible ». Elle répète ces mots comme si elle essayait de vouloir se convaincre
que c’est une mauvaise blague ou qu’elle avait mal écouté son fils. Ce dernier le confirme
enfin : « Oui maman Doriane est enceinte ». Maman Ebeny se lève et va prendre de la
bouteille d’eau qui se trouve sur la table. Elle boit une gorgée et revient s'asseoir. Elle
regarde son fils et avec un ton colérique elle lui demande :
_ Pourquoi tu m’as fait ça ? Pourquoi Angelo ? je suis en plein cauchemar là.
_ Non !
_ Maman, c’est que je voulais faire ce qu’on appelle le coït interrompu mais ça n’a pas
marché.
_ Non !
A cette réponse maman Ebeny ramasse sa babouche qu’elle vise sur son fils en disant : «
Idiot tu n’as jamais fait quelque chose et c’est sur l’enfant d’autrui que tu voulais
expérimenter. Eh seigneur c’est quelle malchance ça ». Se tournant vers Doriane elle lui
demande :
_ Et tu crois qu’à cet âge une fille ne sait pas qu’on doit se protéger ? d’ailleurs même
comment se fait-il qu’une fille de ton âge, de ton rang social avec ton bagage intellectuel
puisse prendre autant de risque ? Qu’est ce qui n’a pas marché Doriane ? Mais pourquoi
vous faites ça ? Tu as combien de mois ?
_ Je ne sais pas.
_ Mais c’est normal que tu ne saches rien tu es un enfant. Vous êtes des enfants. Je suis
sûr que tu ne sais même pas compter ton cycle. Je suis abasourdie, vous m’avez gâché la
journée. C’est pas possible ça ! Enceinte à 16 ans et l’autre 17 ans bravo à vous c’est ce
qu’on vous a envoyé à l’école faire. Que vont penser tes parents Doriane ? Tu leur as dit ?
_ Non maman. Maman s’il te plait je ne veux pas qu’ils soient au courant, je veux évacuer
sinon mes parents vont me tuer.
_ Tu veux évacuer pourquoi ? Ce n’est pas ce que tu voulais ? Vous voyez à quel point vous
êtes inconscients, l’autre me parle de coït interrompu imbécile tu sais comment on écrit ce
mot ? J’ai juste envie de te percer les yeux. Ecoutez-moi très bien il n’y a pas d’av0rtement
chez moi, je ne cautionne pas ça donc ma très chère Doriane tu vas annoncer cette bonne
nouvelle à tes parents et c’est à eux de décider ce qu’ils en feront parce que moi je ne
t’amènerais jamais faire un av0rtement derrière le dos de tes parents. Vous allez prendre
vos responsabilités en main. Vous avez dit que vous êtes grands alors je vous traiterais en
tant que tel. Je viendrais chez toi Doriane pour qu’on le dise à tes parents on peut même y
aller maintenant.
_ Pas maintenant maman je t’en supplie. Je préfère me suicider que de les affronter. Pardon
je ne peux pas le faire maintenant s’il te plait.
_ Essuie moi tes larmes de crocodiles. Quand tu écartais les pieds dans cette chambre je
n’étais pas là. Et dire que tout ça s’est passé sous mon toit, j’ai juste envie de vomir.
_ Maman, commence Angelo, je suis d’accord qu’on aille chez elle le dire à ses parents
mais comme elle a dit ça ne va pas le faire maintenant, patientons jusqu’à la semaine
prochaine je crois qu’elle aurait fini de composer. La bombe est vraiment énorme pour que
ses parents le prennent avec du recul et cela pourrait compromettre ses compos. Donc je
propose qu’elle finisse ses devoirs là elle sera libre. Si ça t’arrange Doriane.
_ D’accord, je vais attendre une semaine, pas plus. Maintenant tu peux partir.
Doriane se lève et sort en courant. Elle est dans les temps pour retrouver son frère à
l’église. Resté seul avec sa mère, Angelo a gardé la tête baissée, le déshonneur le
submerge.
_ Regarde-moi Angelo, je veux voir tes yeux pour que tu me dises ce qui a manqué à ton
bonheur pour que tu ailles coucher avec cette petite fille.
_ Tu es désolé, qu’est-ce que j’ai à faire que tu sois désolé. Je t’ai fait confiance Angelo, je
sors tous les jours à 5 heures du matin avec tous les risques que je cours mais ce n’est pas
un problème, je dois travailler dur pour te donner la vie que tu as aujourd’hui. Je ne suis pas
derrière toi pour te surveiller parce que je te faisais confiance, je savais que j'avais bien
élevé mon fils, qu’il ne peut pas faire de bêtise. Qu’est-ce que je ne t’ai pas donné Angelo,
qu’est-ce que tu as manqué ? Tu es témoin de tout ce que j’ai vécu après la mort de ton
père, sa famille m’a tout pris parce que nous n’étions pas légalement mariés et je me suis
juré de me battre pour que son fils ne manque de rien.
Maman Ebeny marque une pause, elle a les larmes qui coulent le long de son visage ce qui
fend le cœur de Angelo qui se rapproche d’elle voulant la consoler. Elle le repousse.
_ Ne me touche pas. Tu as réussi à me faire douter de ma qualité de mère. Que vont dire
les gens ? La famille de ton père ? Que tu es un voyou, tu as mis une fille de 16 ans
enceinte, une fille de famille nanti pour qu’elle nous anéantisse. Tu crois que ses parents
vont te caresser ? Non monsieur ils vont t’attaquer et voilà un gros problème que tu déposes
sur mon dos. Je te dis merci, merci de m’avoir poignardé dans le dos. Merci Angelo d’avoir
gâché ma tranquillité. Toutes ces années de sacrifices pour ce résultat pathétique, je te dis
merci. Je vais aller me coucher et je ne veux pas te voir dans les parages. Fait tout mais
évite moi. Je vais désormais te traiter comme un adulte, tu as déjà un enfant donc…
Elle se lève et se rend dans sa chambre laissant son fils décontenancé, abattu et affligé.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 7
Ce même dimanche, Doriane avait retrouvé son petit frère à l’église et ensemble ils étaient
rentrés. Elle avait réussi à jongler la vigilance de sa mère. Depuis qu’elle est revenue de son
entretien avec la mère de son petit ami, son stress a redoublé de volume. Elle pense qu’elle
aurait dû ne pas accepter de tout dévoiler à cette femme et de régler cette histoire seule.
Débout devant la paillasse à la cuisine, Doriane essuie un plat avec le regard dans le vide.
Elle est perdue dans ses pensées et ses yeux semblent dire : « je me sens submergée, je
me sens seule, j’ai besoin d’aide, je me sens anxieuse, j'ai envie de disparaître ». Encore
cette idée de se donner la mort qui refait surface. Doriane tremble et au son de la voix de sa
mère, elle laisse tomber le plat qui se brise sur ses pieds.
_ Doriane reste concentrée, tu vas finir par te blesser. Ramasse ça et fais attention aux
verres. Euh chérie je vais chez ma sœur avec Camile. Je vais lui apporter ses remèdes.
_ D’accord. Ne rentres pas la nuit avec l’enfant, il doit se coucher tôt, demain il commence
les devoirs à l’école.
Doriane ramasse tous les bouts du plat brisé au sol et va le jeter à la poubelle. Elle revient à
la cuisine continuer sa tâche et cette fois-ci elle essaie de rester concentrée. Pour y
parvenir, elle respire profondément, se calme et se dit qu’elle n’est pas seule, quoi qu’il
arrive elle pourra compter sur son petit ami même s’il ne fait pas le poids face à ses parents.
Elle cherche à se rassurer que tout ira bien et qu’elle peut surmonter ses angoisses. Sa
petite conversation avec elle-même s'interrompt à nouveau par sa mère qui revient à la
charge.
_ Doriane tu n’as pas fini ? depuis que tu essuies deux plats.
_ Après tu vas prendre de l’argent dans mon porte-monnaie tu vas te coiffer, je n’ai pas la
force pour te faire les tresses. Tu dis à la coiffeuse de t’arrêter quatre nattes. C’est suffisant
pour finir l’année et tu rentres vite étudier, les compos commencent demain.
_ D’accord.
C’est toujours un plaisir pour la jeune fille de se retrouver dehors loin de la maison et du
regard de ses parents. Même si elle passera uniquement quelques minutes au salon de
coiffure pour elle c’est suffisant pour qu’elle s’évade l’instant d’un moment.
Deux jours plus tard, Angelo qui ne parle pas toujours avec sa mère se sent vide, il se sent
seul, abandonné à son triste sort. Il souffre de cette distance que sa mère a créé entre eux,
cette distance qui dure déjà deux longues journées et semble vouloir se poursuivre mais
Angelo ne le souhaite pas. Il est conscient qu’il a blessé et chagriné sa mère, il est conscient
qu’il doit faire des démarches pour qu’elle puisse lui parler à nouveau, il a besoin d’elle, de
son soutien, besoin de savoir qu’il peut compter sur elle, Angelo a plus que besoin de sa
mère.
Ayant attendu qu’elle revienne du marché, Angelo patiente un moment, le temps qu’elle
prenne sa douche et se couche pour aller cogner à sa porte. Elle l’invite à entrer. Maman
Ebeny est assise sur son lit et regarde son fils passer la porte. Angelo se tient debout devant
sa mère, les yeux baissés dans une posture de soumission et de regret, il se sert
nerveusement la main comme s’il voulait se donner le coup d’envoi pour parler, dire les mots
qu’il faut pour être écouté. Ses yeux qui ont été témoins de la souffrance de sa mère, sont
maintenant remplis de remords et de supplication. Il les lève lentement vers sa mère et lui dit
:
_ Maman nous ne sommes jamais restés dans cette maison sans se parler. Ça n’a jamais
été dans nos habitudes parce que toi et moi c’est le dialogue et toujours le dialogue du coup
depuis ces deux jours où tu as coupé le contact avec moi j’ai l’impression de ne plus exister.
C’est comme si j'avais perdu ma mère. Maman je sais que je t’ai déçu, je regrette tellement
et souhaite remonter le temps pour effacer mes bêtises. Pardonne moi maman, je te prie de
me pardonner, je n’ai pas changé tu sais, je ne suis pas un voyou, tu m’as très bien élevé,
j’ai fait une bêtise sans réfléchir.
Sa voix tremble lorsqu’il parle et il choisit soigneusement ses mots pour s’excuser et
expliquer son comportement. Il semble vraiment convaincre sa mère qu’il est vraiment
désolé et qu’il fera tout pour regagner sa confiance. Il poursuit avec une voix rauque
refoulant ses larmes.
_ Maman j’ai besoin de toi je suis perdu je ne sais pas quoi faire. S’il te plait ne
m’abandonne pas.
Angelo se jette aux pieds de sa mère et fond en larmes. Cette dernière le relève et le fait
asseoir à ses côtés. Elle lui prend la main, l’oblige à la regarder.
_ Même si je le voulais je ne t’abandonnerais jamais. Oui je suis extrêmement déçu, je ne te
fais plus confiance. Au fond de moi je sais que tu n’es pas mauvais, tu es garçon génial
Angelo mais tu fais des mauvais choix je ne sais pas à qui tu veux ressembler ou alors entre
vous copains vous faites des défis dans le but de vous sentir homme. Depuis je réfléchi je
me pose des questions auxquelles je n’aurais surement jamais de réponses puisque
toi-même tu ne les as pas. Tu as 17 ans Angelo et tu vas avoir un bébé ce n’est plus
l’amusement c’est une grosse responsabilité et je doute fort que la famille de Doriane te
donne ce privilège. Est-ce que tu penses que tu peux assumer ce bébé ?
_ D’accord. J’ai cru entendre que les parents de Doriane sont très stricts en dis-moi plus, je
veux savoir où je mettrais les pieds.
Angelo prend un air plus décontracté, sa mère ouvre la discussion et c’est bon signe, c’est
tout ce qu’il attendait.
_ Strict c’est peu dire, je dirais qu’ils sont vicieux, intransigeants et très rigoureux. Tu vois le
genre d’enfants toujours dans la barrière.
_ Les deux et sa mère c’est très grave. Elle surveille sa fille à la loupe. Doriane n’a pas le
droit d’avoir des amis, son parcours c’est maison école et elle vérifie ses heures de retour.
_ Waouh ! et elle va se dire qu’elle la protège trop. Elle ne sait pas ce qui l’attend. Je
comprends que c’est le genre de femme sui se prend un peu la tête, je vois le genre. Je
saurais comment l’aborder. De toutes les façons, il n'y a pas une meilleure façon d’annoncer
à une maman que sa fille de seize ans est enceinte. Doriane a des frères et sœurs ?
_ Un petit frère et un grand frère qui vit en Europe depuis deux ans. Maman j’ai peur que
Doriane se fasse du mal, elle a tellement peur de ses parents qu’elle en serait capable.
Dernièrement elle m’a dit qu’elle a failli boire de la javel.
_ Hum c’est sérieux ça. Raison pour laquelle ses parents doivent être mis au courant le plus
rapidement possible.
_ Je n’ai aucun moyen de la voir, savoir si elle va bien ça me stress un peu. J’ai envie d’aller
à son établissement la voir.
_ Ne te dérange pas pour ça, reste lire tes cours, je vais aller la voir. Si jusqu’à présent elle
garde cette idée de se faire du mal ça veut dire que tu n’as pas réussi à la rassurer ou alors
elle a besoin du soutien d’une femme comme elle. J’irais la voir demain tu vas me donner
son programme.
C’est avec un cœur léger que Angelo regagne sa chambre et se met à étudier sans plus de
remords. Le chemin est encore long, il a passé une première étape et il reste la plus grande,
la plus sérieuse et décisive, celle d’affronter les parents de Doriane. Bénéficiant déjà du
soutien de sa mère, il sait qu’il pourra s’en sortir, peut-être pas vainqueur mais vivant.
C’est le troisième jour d’examen pour Doriane qui, pendant un moment, met ses peines de
côté pour se concentrer sur les devoirs. Elle se doit de finir l’année sur une bonne note
comme à ses habitudes sauf que cette fois-ci la bonne note va s’accompagner d’un bébé
non désiré. Alors qu’elle se détache du groupuscule formé avec ses camarades de classe
afin de faire des commentaires en rapport à la dernière épreuve, Doriane va chercher un
taxi. Elle se fait retarder par maman Ebeny qui l’a accosté.
_ Bonsoir Doriane.
_ Non ! Mettons-nous un peu à l’écart pour discuter si tu veux bien m’accorder quelques
minutes je sais que tu es pressée.
Doriane entraîne maman Ebeny vers un kiosque vide pour plus de discrétion.
_ Doriane comment tu vas réellement ? Je ne parle pas de ce que je vois, je parle de ce qu’il
y a à l’intérieur, comment tu vas ?
_ Pourquoi tu penses que le fait que tu sois enceinte mérite que tu meurs ? A quel degré tu
places la mort par rapport à ton état ?
_ Maman j’ai peur de ce qui va m’arriver à la maison, mes parents sont sévères.
_ Oui ils sont sévères, ils vont crier, ils vont même te battre mais ils ne vont pas te tuer. Tu
es enceinte tu n’as tué personne pour qu’on te réserve un tel châtiment. Soit forte Doriane,
tu es une femme, certes un enfant mais la grossesse te rend femme tu en es une et tu dois
être forte. Tu dois assumer tes actes, que ce soit auprès de tes parents, que ce soit auprès
de la société qui va bien sûr te juger ce qui n’est pas étrange. Une fille de ton âge ne devrait
pas être enceinte dans les normes de la vie mais hélas. Ce sont des choses qui arrivent et
qu’on tolère parce qu’on ne peut pas vous tuer. Cesse de penser à la mort, si tu meurs on va
te mettre sous terre, la vie va continuer, Angelo va continuer de vivre il va rencontrer une
autre fille et sera heureux, tes parents vont se morfondre, chacun va chercher à imputer la
responsabilité de ta mort sur le dos de l’autre ce qui pourra dans le pire des cas occasionner
leur séparation. Alors qu’un bébé, c’est vrai ce n’est pas souvent le bon moment mais
lorsqu’il est là il rend tout le monde heureux, on oublie qu’on a souffert, on regrette d’avoir
voulu se tuer, c’est une merveille. Alors calme toi et laisse les choses aller d’elle-même.
Affronte ce que tu as causé avec la tête haute. Soit prête à recevoir la foudre de tes parents
et soit prête à demander pardon. Tes parents t’aiment, ils ont juste une autre façon de le
démontrer. Tu as compris ?
_Oui j’ai compris et je te remercie beaucoup. Ça me touche tellement que tu prennes de ton
temps pour venir me remonter le moral. Il était à zéro et là il remonte un peu. J’ai toujours dit
à Angelo que je l’envie pour la belle relation qu’il entretient avec toi, ce que je n’ai pas avec
la mienne.
_ Ah oui je te comprends et c’est normal que tu sois frustrée. Même si j’ai une belle relation
avec mon fils ça n’a pas empêché qu’il fasse une boulette. Parfois ce n’est pas la faute des
parents, c’est l’enfant qui est têtu quoi qu’on fasse. Je ne vais pas te perdre assez de temps,
tu dois rentrer. Je viendrais chez vous samedi.
_ Ce n’est pas grave ta mère va lui dire. Je ne veux pas qu’on traîne avec ça, tu dois voir un
médecin. Ta grossesse est à risque en plus d’être jeune tu es très tendu ce qui n’est pas
bien pour ta santé et celle du bébé. Allez vas-y, à samedi.
_ Merci maman !
Doriane est partie. Cette petite discussion avec la mère de Angelo lui a redonné un peu de
courage. Elle appréhende la journée de samedi. Elle ne sait pas comment ses parents vont
réagir mais ce dont elle est sûr, c’est qu’elle ne veut pas mourir, elle doit assumer ses actes.
De retour à la maison, elle va se doucher et s’allonger. Depuis qu’elle est enceinte, Doriane
mange peu, on peut dire qu’elle mange normalement lorsqu’elle partage le dîner avec ses
parents. Les yeux rivés au plafond, Doriane cherche les mots qu’elle pourrait utiliser pour
demander pardon à ses parents. Elle se retrouve en train de faire le tour des mots adéquats
avec ses synonymes qui au final ne la satisfait pas. Sa porte s’ouvre sur sa mère.
_ Bonsoir maman.
_ J’aurais préféré que tu me dises très bien, je dois me contenter d’un « assez bien ».
_ J’aime mieux ça. Vous finissez vendredi tu seras libre. Je te laisse te reposer.
Doriane garde un sourire du coin de ses lèvres après que sa mère lui a dit qu’elle sera libre
vendredi. Elle avait bien envie de lui demander : « libre pour faire quoi » ? parce que
l’attitude qu’elle adopte pendant les jours de classe et la même qu’elle adopte pendant les
vacances où ils ne sont pas autorisés à aller passer des vacances à l’extérieur. Pour
Doriane ce ne sont pas des vacances mais un camp de formation. Elle se retourne sur le
ventre et ferme les yeux, le sommeil ne tardera pas à l’emporter. Un repos lui sera
bénéfique.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 8
Doriane vient d’achever ses devoirs et traîne à l’extérieur devant le portail de l’établissement
avec ses camarades de classes pour échanger au sujet de la fin de cette année et des
programmes à suivre pour la suite de leur soirée. Ses camarades envisagent de se
retrouver au centre de loisir pour prendre un verre et s’amuser un peu afin de boucler avec
beauté cette année scolaire. Doriane sait déjà que ce n’est pas un plan qu’elle va suivre car
ses parents ne la laisseront jamais sortir. Levant le regard vers la route, elle croise Angelo,
adossé sur un poteau. Il est en civil et porte une casquette. Doriane lui sourit et lui fait signe
de se retrouver à leur endroit habituel ce qu’il comprend et s’y rend. Doriane dit au revoir à
ses amis et va le rejoindre. Elle saute dans ses bras, il l'a soulève du sol et lui donne un
baiser sur la bouche.
_ Alors ma chérie j’espère que ce sourire sur ton visage veut dire que tu es heureuse de me
voir.
_ Euh oui et non. J’ai fini les devoirs, fini les études enfin je suis libre.
_ Je suis content pour toi. Tout à l’heure avec tes amis vous parlez de quoi, ça avait l’air
d’une petite réunion secrète.
_ Bah non, ils ont organisé une petite fête au centre de loisir histoire de prendre un dernier
verre de fin d’année et comme tu sais je ne peux pas y aller alors que j’aurais bien aimé.
_ Tout au contraire, ça m'a fait tellement plaisir d’en parler. Elle a su trouver les mots pour
me réconforter et je peux te dire que notre conversation m’a remonté le moral et j’ai pu bien
finir les devoirs. A un moment j’avais oublié mes soucis et là je recommence à stresser.
C’est demain Angelo, la bombe va exploser demain et il n’y a rien que je puisse faire pour
empêcher ça. Demain j’aurais ma sentence.
_ Je vais prier pour toi bébé. Je vais prier pour nous parce que moi-même je ne suis pas
épargné. Et si je t’accompagnais à la maison, on prend les raccourcis par mesure de
prudence.
_ Merci ma chérie.
Les deux amoureux sortent de leur cachette main dans la main et déambulent dans les rues
de la ville en passant dans des petites pistes pour éviter que personne ne les voie. Angelo
laisse sa copine à quelques pâtés de la maison et retourne chez lui.
Doriane se rend immédiatement chez son amie Vera. Elle salue sa grand-mère et se rend
dans la chambre de Vera. Cette dernière fouille sa valise à la recherche d’une tenue.
_ Très bien et je suis sûr de partir en classe supérieure. La classe de première va nous
chicoter.
_ Ah ça ! Bon je vais y aller, je venais juste savoir si tu as bien fini les compos. Amuse-toi
bien et surtout pas d’alcool.
_ C’est promis. Euh je voulais ton avis sur un sujet s’il te plait.
_ Oui dis-moi.
_ Il y a un gar de la Terminal dans mon lycée qui me drague depuis peu. Je ne sais pas si je
dois accepter, ma grand-mère dit que je suis encore jeune pour avoir un petit ami qu’est-ce
que tu en penses ?
_ Je pense que tu devrais écouter ta grand-mère. En plus je suis sûr que cet élève de
Terminal est plus âgé que toi il pourrait te détourner.
_ Oui il est âgé, il a 19 ans. Bon d’accord je vais écouter ma grand-mère je ne veux pas me
créer des ennuis. En passant ma grand-mère organise une messe d’action de grâce à la
mémoire de son mari la semaine prochaine tu es invité.
_ D’accord merci.
Doriane a un peu honte d’avoir ce genre de conversation avec sa copine. Lui donner un tel
conseil alors qu’elle-même ne l'avait pas respecté. Elle se dit que c’est la meilleure façon de
l’éviter de commettre les mêmes erreurs qu’elle.
De retour à la maison, elle reste dans sa chambre ranger ses cahiers et livres qui ne
serviront plus à rien. Ensuite, avec son frère ils vont faire quelques pas dehors, soudain,
Doriane est prise par une forte douleur au bas ventre et court s’allonger tout en respirant
fortement.
_ Patience.
Doriane avait souhaité que cette douleur ressentie soit un signe annonciateur d’une fausse
couche. Dommage que ça n'ait pas été le cas. La grossesse se poursuit malgré tout. De
toute cette nuit, elle n’a pas dormi. Elle ressentait comme une boule à la poitrine qui
l’empêchait de respirer.
Doriane tremble de plus en plus, elle ne sait pas à quelle heure Angelo viendra avec sa
mère, à chaque fois qu’elle suit la porte centrale s’ouvrir elle sursaute. Et sa mère qui n’a
pas l’intention de bouger de la maison, Doriane aurait voulu qu’elle aille rendre visite à une
copine où aller à sa réunion pour que cette assemblée n’ait pas lieu. Il est 15 heures
lorsque, depuis sa chambre Doriane écoute les frappes sur la porte, elle se relève
rapidement et patiente. Au salon, madame EBONGUE va ouvrir la porte. Elle ne reconnaît
pas ses invités.
_ Bonsoir.
_Bonsoir madame, salut maman Ebeny. Vous êtes bien madame EBONGUE ?
_ Oui c’est moi et vous, qui êtes-vous ?
_ Je m’appelle Ebeny NGO et voici mon fils Angelo. Nous aimerions vous parler urgemment
de préférence à l’intérieur.
_ Euh je suis un peu perdue, quel est l’objet de votre visite ? On se connaît ? ou vous
connaissez mon mari ?
_ Ni l’un ni l’autre mais si vous nous permettez d’entrer, on vous expliquera pourquoi nous
sommes ici.
Madame EBONGUE est perturbée, elle regarde cette femme qu’elle ne connait pas de haut,
elle se demande si c’est une bonne idée de les laisser entrer et vu qu’elle est curieuse, elle
les invite à entrer. Maman Ebeny et son fils s’installent sur les fauteuils tant dis que Marlyse
reste debout.
_ Non ça va. Allons-y vite s’il vous plait je n’ai pas que ça à faire.
_ D’accord. Euh nous sommes là pour parler au sujet de votre fille Doriane.
_ Mon fils que voici est son ami, je veux dire son petit ami.
_ Hahahaha son petit quoi ? Attendez, je ne vous ai pas ouvert ma porte pour que vous me
racontez n’importe quoi. Ma fille n’a pas de petit ami encore moins ce genre d'amis. Vous
vous êtes trompé de maison ou de fille.
_ Malheureusement non, celui que vous appelez ce « genre de personne » est bel et bien le
petit ami de votre fille Doriane. Je crois qu’elle est là, au lieu de discuter à croire ou ne pas
croire pourquoi ne pas l’appeler pour confirmation.
_ Ecoutez madame…
_ Je suis désolée madame mais c’est vous qui allez m’écouter. Je ne suis pas venue ici me
faire voir ou bien vous écouter me mépriser, j’ai aussi une sale bouche donc si vous voulez
qu’on navigue sur ce terrain glissant croyez-moi que vous n’allez pas vous en sortir. Il y a un
problème entre nos deux enfants c’est ça qui m’amène ici, donc appelez Doriane pour qu’on
gagne en temps, j’ai aussi à faire.
Madame EBONGUE regarde maman Ebeny avec mépris et curiosité. Elle lui donne
l’impression d’être sérieuse même si c’est difficile de croire que sa fille qu’elle a bien élevé
puisse pas avoir de petit ami. Elle appelle Doriane qui arrive en marchant à pas de tortue.
Elle prend place sur un fauteuil éloigné de sa mère. Cette dernière l’interroge.
_ Tu connais ces personnes ?
_ Oui maman !
Doriane ne répond pas, elle baisse la tête et se fait très petite dans le fauteuil. Sa mère lui
repose la question en hurlant.
_ Quand je te pose une question tu réponds Doriane, cette femme me dit que ce garçon est
ton petit ami est-ce vrai ?
_ Oui maman.
Son visage devient tendu, elle essaie de sourire doucement comme si elle voulait se
rassurer que sa fille vient d’approuver une blague. Elle reprend d’une voix tremblante :
_ Je vous écoute je suis déjà assez énervée comme ça donc dites-moi ce qu’il reste à
savoir.
_ Nos enfants se sont amusés à jouer aux adultes et à l’heure où je vous parle Doriane est
enceinte.
Madame EBONGUE reçoit cette annonce comme une bombe qui a explosé dans sa
poitrine. Elle s’effondre doucement sur un canapé comme si ses jambes ne pouvaient plus
supporter son poids. Son regard se perd dans le vide comme si elle était ailleurs, très loin de
la réalité. Elle est sous le choc, le monde vient de s’écrouler sur sa tête. Elle bégaie
quelques mots « enceinte ? non c’est pas vrai… » son regard se tourne vers sa fille, elle
attend qu’elle lui dise que ce n’était pas vrai mais Doriane brille par son silence. Un silence
qui prouve à sa mère que ce qui a été dit est totalement vrai. Madame EBONGUE s’exclame
en langue, elle met sur la tête pour exprimer son étonnement. C’est un coup dur à encaisser.
_ Doriane tu es enceinte ? je suis dans un cauchemar, mais alors une vraie sorcellerie.
Dis-moi que ce n’est pas vrai, allez dis le moi Doriane ne reste pas muette.
_ Oui maman c’est vrai, répondit la jeune fille déjà prête à pleurer.
Maman Marlyse garde le silence pendant quelques minutes comme si elle voulait reprendre
ses esprits. Elle se tourne vers Angelo et lui demande :
_ Et toi, tu as quel âge ?
_ Madame je ne vous permets pas, intervient maman Ebeny, mon fils ne lui a rien fait de
mal.
_ Et comment a-t-elle fait pour tomber enceinte ? Vous n’allez pas me dire que ma fille
couchait avec lui comme deux adultes, non je ne crois pas.
_ Ecoutez-moi madame ce que vous croyez ou pensez m’importe peu. Je suis venue ici
vous annoncer un problème qui est le nôtre à présent parce que nos enfants sont mineurs.
Doriane a besoin de se faire consulter.
_ Ce n’est pas vous qui allez me dire ce dont elle a besoin. C’est plutôt à vous et je
demanderais à votre fils de laisser ma fille tranquille. Hein Doriane, tu as osé franchir la ligne
rouge, de quel droit tu t’es permis d’avoir un petit ami et regarde même ce que tu vas
chercher un voyou de bas étage non mais je rêve ou quoi.
_ Si vous traitez mon fils de voyou je traite également votre fille de voyou, mal éduqué à qui
la faute ? A vous bien sûr, vous ne lui avez pas appris à fermer ses cuisses. Angelo on s’en
va.
_ C’est ça sortez de chez moi. Je vous assure que vous aurez de mes nouvelles.
Angelo est triste pour sa copine, il n’a pas envie de partir, il sait qu’elle va passer un sale
quart d’heure après leur départ. Mais voyant que sa mère est en colère, il ne veut pas
ajouter à sa nervosité et la suit dehors.
Madame EBONGUE respire profondément, elle regarde sa fille avec beaucoup d’irritation,
on dirait qu’elle va exploser. Doriane tremble, elle cherche les mots pour lui demander
pardon. Soudain, elle voit sa mère se lever et se rendre dans sa chambre. Elle ne sait quoi
penser, elle se dit qu’elle est allée appeler son père mais lorsqu’elle la voit revenir avec le
tuyau à gaz, Doriane comprend que c’est fini pour elle, elle va recevoir la sentence qu’elle
redoutait le plus. C’est à genoux qu’elle demande pardon à sa mère de ne pas la frapper.
_ Donc comme ça tu connais les garçons, tellement tu connais les garçons que tu couches
avec. Doriane si cet enfant ne sort pas de ton ventre aujourd’hui c’est que ce n’est pas moi.
_ Je vais te tuer aujourd’hui, tu as osé bafoué mes instructions tu as osé piétiner mon
autorité, moi ta mère qui fait tout pour te protéger. C’était un accident hein ok cet embryon
va sortir par accident aussi.
Doriane reçoit le premier fouet sur son épaule et hurle de douleur. Les yeux de sa mère sont
vides d’émotions, les cris et supplications de sa fille ne l’émeut pas, elle continue de la
frapper avec plus de force et de ténacité. Doriane pleure, ses larmes ont inondé ses
vêtements, elle ne tient plus et sa mère ne semble pas vouloir s’arrêter. Doriane tente de
s’éloigner mais sa mère la retient par le bras et la jette au sol en lui infligent encore des
coups. Camile qui vit la scène ressent l’obligation de secourir sa sœur, il se jette sur sa mère
en criant « maman arrête ». Cette dernière cherche à le repousser et pendant ce laps de
temps, Doriane en a profité pour s’enfuir.
Elle a disparu dans les rues. Madame EBONGUE rentre dans sa chambre et s’effondre au
pied du lit. Elle pleure et hurle de toutes ses forces. Elle est encore sous le choc, son monde
parfait avec des enfants parfaits qu’elle a construits vient de s’écrouler sur ses pieds. Elle va
devoir faire face à la réalité, aussi difficile qu’elle soit, c’est la réalité.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 9
Depuis que Angelo et sa mère ont quitté le domicile des EBONGUE, Angelo est resté calme
jusqu’à la maison. Sa mère commence à faire la cuisine, il la retrouve à la cuisine.
_ Comme ça on va habiter là-bas c’est ça ? Ange je comprends que tu sois inquiet pour ta
copine et c’est normal mais nous ne pouvons rien faire pour elle, ce sont ses parents qui ont
le dernier mot. Et même si elle la frappe, elle ne va pas la tuer, c’est sa fille après tout.
_ En colère et impolie, mal élevée, je me suis beaucoup retenu pour ne pas lui dire ce que je
pense vraiment d’elle. Je déteste ce genre de personne qui se croit au-dessus des autres.
Heureusement que sa fille ne lui ressemble pas.
_ Eh Angelo reste chez toi. Laisse les résoudre ce problème en famille et attendons la suite.
Va même étudier tu composes dans deux semaines.
Angelo n’a pas envie d’obéir à sa mère, il est très inquiet pour sa copine et n’a qu’une seule
envie c’est de retourner chez elle. Il sait aussi qu’il n’est pas en position de négocier quoi
que ce soit avec sa mère en plus de la désobéir compte tenu des frasques qu’il a commis. Il
regagne sa chambre et s’allonge.
Entre temps, Doriane qui a quitté la maison de ses parents effectuant la marche à pieds
pour arriver chez sa tante, est arrivée. Elle a le corps qui lui fait atrocement mal et les pieds
nus au sol lui font déjà souffrir à cause de la longue marche. Doriane n’avait que faire du
regard des gens qui l’ont pris pour une folle. Elle arrive chez sa tante et cogne. Une femme
âgée lui ouvre la porte.
_ Doriane ? Mais qu’est-ce que tu fais ici, tu as pleuré ? Pourquoi tu n’as pas de
chaussures.
Doriane craque dans les bras de sa tante qui l’a fait entrer et la fait asseoir dans un fauteuil.
_ Qu’est-ce qu’il y a ma chérie, pourquoi tu pleures ? olala mais regarde-toi, c’est quoi sur ta
peau, fait moi voir. Oh mon Dieu, qui t’a fait ça ? Pourquoi tu as autant de traces de fouet sur
la peau qu’est ce qui s’est passé Doriane, parle-moi.
Doriane n’arrive pas à aligner deux mots. Sa tante n’insiste pas et va à la cuisine mettre de
l’eau dans la bouilloire qu’elle branche, ensuite elle va prendre un petit seau dans lequel elle
ajoute de l’eau froide et de l’eau quelle venait de chauffer. Elle prend un gant qu’elle trempe
à l’intérieur et l’apporte au salon.
_ Tu vas enlever ta robe je vais te masser avec de l’eau tiède ça va t’aider pour la douleur.
Attends je t’apporte un pagne après tu iras te doucher avec le reste d’eau.
Tante Hélène s’occupe de sa nièce. Elle masse les parties de son corps qui ont été
touchées par le fouet. Ensuite Doriane va prendre une douche, sa tante lui donne un
vêtement de rechange et des chaussettes que Doriane porte et s’allonge dans le fauteuil. Sa
tante vient s’assoir à ses côtés et la regarde longuement comme si elle essayait de deviner
à travers son regard ce qui s’est passé.
_ Rien, tu ne veux pas me parler donc je te regarde, peut-être que ton corps va répondre à
mes questions.
_ Quoi ? ta mère ? Elle voulait te tuer ou quoi ? Pourquoi t'a-t-elle frappé autant ?
Doriane a honte, elle baisse la tête.
Doriane je ne suis pas ta mère tu peux me parler. Je n’ai même pas la force pour frapper un
enfant, alors dis-moi.
_ Ah ok je comprends pourquoi ta sorcière de mère a pris tout son aise pour te frapper.
Attends je l’appelle je ne suis pas contente on ne tape pas un enfant comme ça. Va prendre
un pot de yaourt au frigo tu bois ça te fera du bien et au bébé aussi. Tu vas dormir dans la
chambre de ton cousin cette nuit, il n’est pas là.
_ Merci tata.
Tante Hélène se rend dans chambre, elle prend son téléphone et appelle son petit frère qui
décroche.
_ Oui Hélène !
_ Tu es à quel niveau ?
_ Parce que ta femme a copieusement battu Doriane au point où elle s’est enfuis pour venir
chez moi. Quel que soit ce qu’un enfant a fait ce n’est pas la chicotte qui va résoudre le
problème, Doriane a des bleus sur le corps donc préviens ta femme que je ne suis pas
contente.
_ Elle t’en parlera à ton retour en attendant, Doriane reste chez moi cette nuit elle a besoin
de calme. A tout à l’heure.
Richard est perturbé, il se gare sur le côté et appelle sa femme qui ne décroche pas. Il
insiste pendant plusieurs minutes et il reçoit enfin une réponse, pas de sa femme mais celle
de son fils.
_ Allô papa !
_ D’accord j’arrive reste avec maman j’arrive et ferme bien la porte à clé.
Monsieur EBONGUE reprend la route et roule à tombeau ouvert comme s’il était possédé
par une énergie débordante. Son visage est tendu, les yeux rivés sur la route et la bouche
ouverte laissant échapper des jurons. Après être entré dans la ville, monsieur EBONGUE
prend des virages serrés, inclinant son véhicule à des angles dangereux qu’il n’aurait jamais
pris s’il n’avait pas cette urgence. Il arrive à la maison, se gare sans même prendre son sac,
il court cogner à sa porte. Camile arrive lui ouvrir.
_ Ta mère est où ?
Monsieur Richard fonce dans la chambre où il retrouve sa femme allongée sur la moquette,
les yeux écarquillés qui ont gardé quelques gouttes de ses larmes. Son mari s'accroupit à
ses côtés et la fait relever. Il lui tient la tête entre ses deux mains et lui demande :
_ Ta fille nous a mis au carrefour Richard, elle nous a humiliés, j’ai seulement envie de
disparaître.
_ Qu’a-t-elle fait ?
_ Quoi ? Doriane est enceinte ? Non je n’y crois pas, pas ma fille c’est pas possible elle n’a
que 16 ans, elle ne peut pas être enceinte.
_ La mère de son petit ami était ici avec lui, c’est elle qui me l'a dit et ta fille a confirmé.
Notre fille est enceinte Richard c’est comme si j’ai manqué des épisodes de notre vie.
_ Incroyable !
_ Je l’ai frappé, encore et encore, je voulais que cet enfant sorte, je ne voulais plus
m’arrêter. Elle a fui et est partie je ne sais où.
_ Parce que j’ai décidé ainsi. Tu veux finir ce que tu as commencé ? pourquoi tu ne l’as tue
pas une fois.
_ Ne m’insulte pas, je suis venue chercher ma fille et c’est pas toi qui va me dire comment je
vais l’éduquer.
_ On voit bien comment tu l’as éduqué, c’est le résultat qu’elle a dans son ventre.
_ C’est bon arrêtez, intervient Richard. Est-ce que je peux voir ma fille Hélène ?
_ Je dis non, je vous la ramène demain. Doriane est vraiment troublée, c’est même une
chance qu’elle n’ait pas fait une fausse couche, c’est probablement ce que ta femme
cherchait en la frappant comme elle a fait.
_ Ok on va rentrer Marlyse.
_ Faut pas m’énerver Marlyse quand Doriane est partie tu ne t’es pas gêné pour aller la
chercher donc tu patientes demain elle va rentrer. Allons-y.
Marlyse toise sa belle-sœur avant de sortir. Tante Hélène retiens son frère pour lui parler.
_ Je vais venir te voir demain avant que Doriane ne rentre il faut qu’on parle sérieusement.
_ D’accord. Comment elle va ?
_ Mal, très mal. Demain on en discutera, tu vas me retrouver à l’église je serais à la grotte à
10 heures.
_ Ok !
Monsieur Richard est parti avec sa famille. L’atmosphère est tendue entre le couple qui
préfère garder le silence chacun dans son coin. Monsieur EBONGUE est resté au salon
pendant plusieurs heures, toujours sous le choc il n’arrive pas à digérer le fait que sa fille
soit enceinte à cet âge alors qu’il avait mis tout en œuvre avec l’accord de sa femme pour
qu’elle ne tombe pas dans le vice. Son unique fille sur qui il avait misé grand, celle qu’il a
toujours pris pour modèle lorsqu’il fallait évoquer le comportement de ses nièces. C’est une
grande déception qui le submerge, il n’en revient toujours pas qu’elle leur a berné à ce point,
jouer à la fille naïve, à la fille obéissante alors qu’elle savait qu’elle ne l’était pas. Il est
choqué et ne pense pas pouvoir fermer l’œil de la nuit.
Le matin, il n’a pas attendu que le petit déjeuner soit servi. Il a pris sa douche et s’est rendu
à la paroisse sans donner de compte à sa femme. Il est assis dans cette grotte depuis près
de quarante minutes, il regarde le sol. Sa sœur arrive et s’assoit à ses côtés.
_ Tu es là depuis ?
_ Oui je voulais sortir de la maison et marcher un peu, c’est comme si je vais étouffer. Je
sais que tu vas me parler de Marlyse, elle peut avoir des excès de colère mais ce n’est pas
une mauvaise mère.
_ Quand ta fille va rentrer tu vas regarder son corps et tu me diras si c’est normal qu’une
mère frappe son enfant comme ça. Elle voulait la tuer Richard. Doriane est arrivée chez moi
pied nu, elle a marché à pied. Dis-moi pourquoi cet enfant doit souffrir comme ça ; elle a tué
qui ? Elle est enceinte c’est déjà un fait, c’est pas la peine de la persécuter de la sorte. Je ne
cautionne pas ce qu’elle a fait, j’ai été très étonné lorsqu’elle me l'a dit je ne pouvais pas
imaginer que Doriane pouvait aller au lit avec un garçon.
_ Et tu penses que c’est de la faute de qui ? Ta femme ne sait pas dialoguer avec l’enfant,
elle utilise la force pour se faire entendre ; tout pour elle c’est la dictature c’est pas comme
ça qu’on élève une ado et si tu lui donne des conseils elle va te dire qu’elle sait ce qu’elle
fait. Vous pensez que c’est en gardant l’enfant enfermé à la maison qu’elle ne va pas faire
de bêtise, elle ne sort pas, elle n’a pas d’ami, même pour venir chez moi c’est tout un
protocole, pour parler à son frère il faut attendre le bon moment, l’enfant vit comme une
prisonnière les seules fois où elle sort c’est pour aller à l’école, malheureusement vous ne
savez pas ce qui se passe à l’établissement. Vous étiez loin de vous imaginer qu’elle pouvait
avoir un petit ami, alors que si sa mère était une femme ouverte Doriane lui aurait dit et
demander des conseils. C’est comme ça qu’on élève une ado, en devenant son amie et non
son ennemi. Tout ça c’est de votre faute et s’il arrive quelque chose à ma nièce je vous
tiendrais pour responsable. A Seize ans elle a pris la grossesse, ça va faire du tapage dans
la famille. On verra qui aura honte. Je me rappelle lorsque ma fille a accouché à 20 ans ta
femme avait raconté partout que je l’avais mal élevé et qu’elle était une dévergondé. J’avais
honte. Heureusement, le père de son enfant l’a épousé après, ça a lavé mon honneur mais
pour Doriane c’est pire. Peut-être qu’il faudra que je rappelle ça à ta femme pour qu’elle
sache que la roue tourne et qu’à l‘avenir elle devrait arrêter de se prendre pour la meilleure
mère de cette terre. Il n’y a pas de livre magique qui explique comment élever un enfant, il
n’y a pas de formule magique et personne n’a le monopole du savoir. On fait tout ce qu’on
peut et l’enfant décide de faire ce qu’il veut.
_ Hélène pardon laissons les polémiques et essayons de gérer la situation de Doriane entre
nous s’il te plait. N’en parle à personne je te le demande grande sœur s’il te plait.
_ Je n’avais pas cette intention là et si je ne le fais pas c’est pour protéger Doriane et non
vous ses parents.
_ Aucune idée, elle-même ne sait pas, il faut lui faire passer des examens. Si ta femme ne
veut pas l’accompagner à l’hôpital je le ferais.
_ Non, on n’a pas ouvert ce sujet mais je sais que c’est un lycéen.
_Je veux son nom, sa classe, savoir où il vit et avec qui, je veux tout savoir, qui sont ses
parents et même ses grands-parents.
_ Richard…
_ Bref fait comme tu veux, tant que vous ne touchez plus à Doriane ça me va. Mais j’espère
que dans ta vengeance il n’y aura pas mort d’homme sinon je ne te le pardonnerais pas. J’y
vais, à ce soir.
_ Merci !
A SUIVRE…#AMOUR_INTERDIT
AUTEUR NATHALIE FLORE
CHAPITRE 10
Monsieur EBONGUE est resté assis sur le banc de la grotte après le départ de sa sœur. Le
visage entre ses mains et le regard perdu dans le vide, son expression est celle d’un
profond désarroi et d’une grande déception. Il est encore sous le choc, les actions de sa fille
l’ont frappé en pleine poitrine. Même faire une courte prière, il n'a pas pu ; les mots peine à
sortir de sa bouche, le mal est profond. Ses yeux qui étaient probablement pleins d’espoir et
d’admiration pour sa fille sont maintenant tristes et déçus. Il secoue la tête comme s’il ne
pouvait pas croire ce qui arrive à leur famille. Sa bouche reste ouverte, mais aucun mot ne
sort comme s’il était incapable d’exprimer son chagrin devant cette figurine de la sainte
vierge Marie. Richard se lève et quitte la grotte. C’est à pied qu’il retourne chez lui. Faire les
cent pas lui ont permis de réfléchir un instant, de se vider la tête et d’essayer de comprendre
ce qui a pu se passer, comprendre ce qui n’a pas marché pour que sa fille tant admirée pose
ces actes. C’est ainsi qu’il arrive chez lui. Il entre et va prendre une place dans son fauteuil.
Sa femme arrive.
_ Je n’étais pas chez elle, nous étions à la paroisse. Elle a demandé à me voir.
_ Ah d’accord je vois, une réunion sans moi. Je suppose que c’était pour te rappeler que tu
as épousé une mauvaise femme et que ce qui s’est passé avec Doriane est de ma faute.
_ Ah elle a réussi à te convaincre que c’est de ma faute, j’arrive pas à y croire Richard. Tu
sais très bien que je mettais beaucoup l’accent sur l’éducation de notre fille, j’étais très
rigoureuse.
_ Je suis vraiment choquée que tu jettes cette responsabilité sur mon dos. Et toi, dis-moi où
étais-tu pour ne pas t’en occuper ? Toujours sur la route en train de monter descendre et
moi je me tape tout le boulot. Ah tu vas me dire que c’est mon rôle d’éduquer les enfants et
là je te t’arrête directement, c’est de notre responsabilité à tous les deux et je ne permettrai
plus jamais à quelqu’un de dire que je n’ai pas bien élevé Doriane même pas toi.
C’est en colère que Marlyse rentre dans sa chambre. Son mari peut l’écouter frapper la
porte. Il s’en veut de lui avoir parlé de la sorte, il a rejeté toute sa colère sur elle alors qu’il
sait qu’elle a toujours bien éduqué ses enfants. Richard s’en veut, il veut se faire pardonner
et va dans la chambre. Sa femme est assise sur son lit, une grande colère se lit sur son
visage laissant pousser une grosse veine sur son front. Richard s’assoit à ses côtés et lui dit
:
_Je suis désolé je n’aurais pas dû t’accuser. Je sais que tu n’y es pour rien, tu as toujours
bien éduqué nos enfants, j’ai toujours été d’accord avec toutes les décisions que tu as
prises. D’ailleurs je suis moi-même l’investigateur de certaines règles et restrictions. Il ne
faut pas que cette épreuve nous éloigne, ce n’est pas nous le sujet mais Doriane. Est-ce
que tu me pardonnes ?
_ Oui ça va. Je sais que je suis difficile, mais c’était pour son bien. J’ai très mal tu ne peux
pas savoir.
_Pas plus que moi. Je n’arrive même pas à y croire. Seize ans, elle nous a foutu la honte du
siècle ah ça je me sens plus bas que terre.
_ Je veux tout savoir sur ce garçon, comment il s’appelle où il vit et qui sont ses parents.
_ J’ai oublié le nom que sa mère m’a donné. Doriane viendra on lui posera toutes ces
questions et j’espère pour elle qu’elle va nous donner les bonnes réponses. Tu es épuisé
chéri, tu n'as pas dormi, repose toi.
_ Oui j’en ai besoin. Être parent n’est pas facile, vraiment pas du tout.
Pendant ce temps, tante Hélène est arrivée chez elle, Doriane est au salon, elle regarde la
télévision.
_ Oui !
_ Doriane ton père est très déçu de toi comme tout le monde d’ailleurs. Personne ne
s’attendait à un tel résultat.
_ Comment je vais me comporter une fois à la maison tata, ils vont encore me frapper, peut
être que je dois rester ici.
_ Hum je réponds à cette question et je t’en poserais une aussi. Ta mère a grandi dans une
grande famille bourgeoise, elle avait tout à sa disposition. C’est une femme qui n’a
pratiquement jamais souffert dans la vie. Une bonne famille, elle décroche un bon poste, elle
épouse l’homme qu’elle aime jusque là ça passe, mais elle a un côté méchant de nature qui
m’exaspère. Irrespectueuse, méprisante, elle est tout sauf une femme de valeur. Tu ne te
demande jamais pourquoi personne ne vient chez vous c’est à cause d’elle. Elle chasse tout
le monde avec son comportement malheureusement mon frère l’aime, c’est son goût tant
mieux. Chacun reste chez lui, on fait des concessions lorsque nous sommes en famille.
Mais je sais qu’elle aime ses enfants même si elle est très dure, c’est pour vous éviter de
tomber dans le piège de la vie. Certes elle s’y prend mal, très mal parce qu’une ado il faut
privilégier le dialogue au lieu des restrictions comme si tu étais dans un camp de militaire. Et
voilà donc que tu es tombé dans ce piège pied et main liés. Alors jeune fille pourquoi tu as
fait ça ? Raconte-moi ta rencontre avec ce garçon. Dis-moi ce que tu ne peux pas dire à tes
parents.
_ C’était lors des journées portes ouvertes au collège. Ils avaient été invités pour participer
aux jeux olympiques qu’on avait organisés. Ça avait duré trois jours. Le deuxième jour on
s’est croisé au portail il me regardait beaucoup et j’étais gênée. Je crois qu’il avait passé
cette journée là à me suivre jusqu’à me rattraper en route quand je rentrais. Il s’est proposé
de m’accompagner je n’ai pas refusé. Tu sais tata, je n’ai souvent personne avec qui parler,
à qui me confier, parfois lorsque mes camarades parlent d’autres sujets que l’école je me
retire, je n’étais jamais à l’aise. Avec Angelo c’était tout le contraire. Ce jour-là je ne voulais
même pas arriver à la maison tellement la conversation était fluide. Il me faisait rire, je me
retrouvais à lui dire ce que je ne pouvais pas dire aux gens, c’est-à-dire que j’étais très à
l’aise pour la première fois et de fil en aiguille nous sommes devenus proches. Il venait très
souvent me chercher chaque soir et me raccompagnait à la maison. J’avais quelqu’un avec
qui parler de mes angoisses, mes craintes, mes joies partager mes frustrations, me plaindre
de mes parents bref je lui disais tout. Nous n’avions jamais parlé de sexe avant notre
première fois. Je ne sais même pas comment nous nous sommes retrouvés à le faire, on
n’avait rien programmé et c’était aussi sa première fois. Je n’avais pas réfléchi. Je crois
qu’après on l’avait regretté et on s’était promis de ne plus recommencer mais ça ne nous
avait pas empêché de remettre ça et voilà. Donc à la question de savoir ce qui s’est passé
dans ma tête je dirais que c’était un trop plein d’émotions que je n’avais jamais ressenti.
_ Ton récit me plonge dans une nostalgie de mon époque. Ah la jeunesse ! Tu sais, si on
refuse qu’une Ado ait un petit ami c’est justement pour éviter que le diable ne les conduise
dans un lit et après up, on ne sait pas ce qui s’est passé. Sinon ce n’est pas mauvais d’avoir
un copain ce qui est mauvais c’est de coucher avec. Ce garçon vient d’une grande famille ?
_ Non, sa mère vend les vivres frais au marché et son père est décédé.
_ S’il y a une chose qu’on ne peut pas enlever chez ton père c’est son égo démesuré. Un
jeune garçon a mis sa fille enceinte à ton avis tu penses qu’il va lui faire quoi ?
_ Tata pardon parle à papa, Angelo n’a rien fait, tata fait quelque chose.
_ Je vais lui parler. Pour le moment repose toi, je vais préparer. Après tout ce qui t’es arrivé
cet enfant s’est accroché à ton utérus il n’a pas l’intention de bouger c’est déjà un dur à cuir.
Doriane sourit à la blague de sa tante. Ça lui a fait du bien de lui avoir raconté sa rencontre
avec son petit ami, une première pour elle d’en parler. Elle a une pensée pour Angelo, elle
se demande ce que son père peut bien lui faire, est ce qu’il faut l’en empêcher ou le laisser
le torturer ? Doriane est un peu perturbée. Même s’il fallait le défendre elle ne se fera pas
entendre de ses parents, seul sa tante peut le dissuader.
Dans l’après-midi elle a pris sa douche et a porté une ballerine que sa tante lui a prêté. C’est
le moment de regagner le domicile de ses parents, elle recommence à stresser. Sa tante la
conduit à la maison, elles entrent. Camile va embrasser sa tante.
_ Ça va Camile ?
Doriane se réfugie dans sa chambre tant dis que monsieur et madame EBONGUE arrivent
au salon.
_ Elle est dans sa chambre. S’il vous plait allez-y doucement avec elle et je ne veux plus
entendre que vous l’avez battu ce n’est pas le serpent. Si quelqu’un veut se battre, il va à la
salle de sport se défouler.
_ Je crois que ce message est pour moi et je ne l’apprécie pas, dit madame Marlyse.
Tante Hélène est partie. Marlyse envisage de se rendre dans la chambre de sa fille, son
mari l’en empêche.
_ Laisse-moi y aller.
_ Pourquoi toi ?
Parce que je ne pense pas qu’elle va te dire un mot après ce que tu lui as fait. J’y vais.
Monsieur EBONGUE se rend dans la chambre de sa fille. Depuis le retour de son voyage,
c'est ce jour qu’il pose les yeux sur elle. Doriane qui rangeait ses vêtements s’est arrêtée
pour s’asseoir. Son père fait de même, il prend la chaise qui se trouve dans la chambre et
s’assoit. Il regarde sa fille, mais son regard n’est plus le même qu’avant. Il y a une distance,
un fossé qui s’est creusé entre eux. Il soupire profondément comme s’il essayait de trouver
la force de lui parler. Doriane qui voit sa détresse lance : « papa je te demande pardon »
_ Pourquoi Doriane, pourquoi tu nous as fait ça ? on ne t’a pas donné quoi ? la liberté
peut-être, mais c’était pour te protéger, visiblement ça t’était égal. Depuis hier je réfléchis je
me pose des questions. Tu m’as terriblement déçu, au point où je n’arrive même pas à te
regarder en face.
_ Je regrette papa, je ne sais pas ce qui m’a pris. Peut-être le goût de l’interdit je ne sais
pas. Papa pardonne moi je ferais tout ce que tu voudras.
_ Tu vas commencer par ne plus jamais voir ce garçon, je dis bien jamais et je ne rigole pas.
_ Et tu vas me donner toutes les informations que tu as à son sujet, je dis bien tout. Je
préfère te le demander directement sinon je peux mener les enquêtes et je découvrirais tout
donc n’essaie pas de le couvrir. Tu me mets toutes ces informations sur papier. Demain tu
iras à l’hôpital avec ta mère et pas un mot sur ton état. Tu l’as dit à qui ?
_ Non
_ Et ça va rester ainsi jusqu’à ce que je décide du contraire. Je ne veux pas te voir dehors,
vous avez fini de composer donc tu n’as plus de raison de sortir.
_ Pas grand-chose, elle demande pardon comme si ça allait faire disparaître ce fœtus dans
le ventre. Demain tu l’amène à l’hôpital, une clinique de préférence privée.
_ D’accord mais laquelle ? Nous ne pouvons pas aller où nous sommes connus, je ne veux
pas qu’on sache qu’elle est enceinte.
_ Oui ça existe dans vos têtes, tu sais très bien qu’ici les médecins s’en foutent ils parlent
plus que des perroquets. Je vais trouver où aller. J’ai pensé aussi à ce que s’il y a possibilité
on évacue, qu’est-ce que tu en penses ?
_ S’il y a possibilité oui mais ne prenons pas de risque. Tu vas en parler au médecin, il va te
donner son avis. Et fait lui des examens de sang, j’espère que cet imbécile ne lui a pas filé
une maladie.
_ Ok !
_ En passant c’est la dernière fois que tu la frappe comme ça. Ses blessures sont visibles tu
pouvais la tuer. Si c’était quelqu’un d’autre qui le faisait tu serais allé porter plainte.
_ J’étais tellement en colère que je ne me suis pas contrôlée. Tu crois que je suis une
mauvaise mère ?
_ Je n’arrive pas à faire comme les autres mamans, discuter avec sa fille, je suis toujours
très carré sur le respect des principes peut-être que si j’avais été plus ouverte elle allait se
confier à moi. On ne parle pas, elle est autant fermée que moi.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 11
Doriane se réveille doucement, étirant ses membres fatigués. Elle ouvre les yeux encore
ensommeillés. Même si elle ne va pas à l’école ce matin, son sommeil a pris fin à la même
heure où elle se réveillait afin de s'apprêter pour l’école ce qui lui laissera du temps pour se
préparer pour l’hôpital. Doriane retire la couverture qui la recouvre et découvre des tâches
de sang sur le drap. Son cœur s’emballe instantanément. Elle se redresse d’un coup, pose
les mains sur son petit ventre comme pour vérifier si elle venait de faire une fausse couche.
Son regard est anxieux, son front plissé par l’inquiétude. Elle se lève précipitamment du lit,
les jambes tremblantes. Doriane se dirige aux toilettes, son cœur battant à tout rompre. Elle
s’asseoir sur le pot et vérifie son sous vêtement comme si elle cherchait son bébé accroché
à ce bout de tissus. Elle n’y voit rien à part du sang. Doriane respire profondément, ce
qu’elle avait espéré semble être en train de se produire et curieusement elle se sent mal,
elle ne veut pas perdre son bébé. Elle prend quelques profondes respirations essayant de
se calmer et de raisonner. Ensuite, elle quitte les toilettes pour la chambre de ses parents où
elle cogne. Sa mère qui était déjà debout l’invite à entrer.
_ Maman je saigne.
_ Oh ! tu as mal ?
_ Non !
Doriane sort de la chambre et va se préparer. Sa mère réveille son mari pour lui informer de
la situation ce qui l’effraie.
_ Pas forcément. Peut-être que Dieu lui-même a vu qu’elle était très jeune pour être mère,
nous a facilité la tâche.
_ Ne parle pas de Dieu comme ça qu’est-ce que tu racontes. Si c’est une fausse couche tant
mieux, j’espère juste qu’elle n’aura pas de problèmes à l’avenir. N’oublie pas de prendre sa
carte d’assurance.
_ Oui je l’ai avec moi. Tu vas nous attendre, Camile ne doit pas rester seule.
Entre temps, Angelo est assis au salon avec son cahier devant lui. Depuis 4 heures, il est
debout pour réviser ses leçons. Son esprit est ailleurs, absorbé dans ses pensées, ses
soucis ou ses rêves, Angelo n’est pas dans ce monde. Sa mère l’appelle mais il ne réagit
pas, comme s’il n’avait pas entendu. Elle répète son appel mais il reste insensible perdu
dans son monde intérieur. Sa mère s’approche de lui, le touchant doucement sur l’épaule,
essayant de le ramener à la réalité, Angelo sursaute comme s’il revenait d’un long voyage
dans les astres.
_ Mais c’est ce que je faisais il y a une minute tu ne m’écoutais pas. Tu dormais ou quoi ?
_ J’espère que tu n’es pas en train de penser à Doriane au lieu d’étudier. C’est elle que tu
iras écrire la semaine prochaine.
_ C’est comme si je l’avais abandonné maman, elle doit avoir besoin de moi, ses parents
sont sûrement en train de la torturer.
_ Elle a besoin de tout sauf de toi crois-moi. Tu ferais mieux de te concentrer sur tes cahiers.
_ Hahaha parce qu’ils vont demander ton avis n’est-ce pas. Je pense que tu ne sais pas
encore à qui tu as à faire. Je n’ai pas fait trente minute avec sa mère pour connaître quel
genre de famille ils sont. Ils vont cacher cette grossesse, quitte à ce qu’elle avorte ça les
arrangerait, tant que ça ne salie pas leur très bonne réputation.
_ Tout ça me perturbe. Est-ce que tu peux aller la voir, savoir si elle va bien s’il te plait.
_ Je n’irai pas et n’insiste pas. Quand on vous demande de fermer vos caleçons vous ne
comprenez pas. Je vais au marché je serais de retour avant de préparer tu vas te débrouiller
avec les réchauffer au frigo et je ne veux pas te voir dehors. Si papa Charles arrive avant
moi tu l’entretiens.
_ Ouais je vais entretenir ton chaud pendant que je souffre du silence de la mienne.
_ Tu as dit quoi ?
Maman Ebeny prend son sac et quitte la maison. Angelo va fermer la porte, il s'allonge dans
le fauteuil et ferme les yeux. S’il écoutait son cœur il serait allé chez Doriane, mais il écoute
plutôt sa mère qui a surement raison de lui demander de ne pas aggraver la situation et
causer plus de problèmes à Doriane.
A l’hôpital, Doriane se trouve avec le gynécologue qui est en train de l’examiner depuis
quelques minutes. Sa mère patiente à côté. Lorsqu’il finit, la jeune fille porte ses vêtements
et rejoint sa mère dans le bureau du médecin. Ce dernier arrive, il remplit son carnet.
Maman Marlyse est pressée de connaître le verdict de cet examen.
_ Euh non par chance non. Il s’en est fallu de peu mais le bébé s’accroche.
_ Mince !
_ Euh oui. Doriane va m’attendre dans la voiture je vais discuter avec le docteur.
Doriane prend les clés de voiture de sa mère et sort les laissant discuter. Madame
EBONGUE se redresse dans son siège ; elle prend une voix très basse comme si elle avait
peur de se faire écouter de la salle d’à côté.
_ Oh ! un curetage vous dites. Je dirais que oui c’est possible mais c’est risqué. La petite est
à neuf semaines et elle n’a pas une bonne tension et c’est justement ça qui est à l’origine
des écoulements sanguins. J’ai remarqué des traces de fouet sur son corps, c'est dû à quoi
?
_ Euh ce n’est rien docteur. Ce n’est pas pour ça que nous sommes ici. Est-ce que vous
pouvez pratiquer le curetage ?
_ Je suis désolé madame mais je ne pourrais pas. Elle n’a pas une bonne tension, elle est
troublée ça peut mal se passer et vraiment je n’ai pas envie de me faire une mauvaise
réputation. Si je ne me trompe pas votre mari est Avocat.
_ Et qu’est-ce que ça à voir avec votre travail stuip. Dites que vous avez peur c’est tout. Je
vais y aller.
_ Je vous donne l’ordonnance s’il vous plaît veillez à ce qu’elle prenne ces remèdes c’est
important.
_ C’est bien comme vous savez que mon mari est avocat, je suis rassurée que tout ceci
restera secret.
Madame EBONGUE arrache presque l’ordonnance entre les mains du médecin sans lui dire
au revoir elle quitte son bureau et regagne sa voiture ; elle remet l’ordonnance à sa fille et
son carnet. Chemin faisant, elle gare devant une pharmacie et envoie Doriane acheter ses
produits, ce que sa fille s’attelle à faire, ensuite elles rentrent en silence à la maison.
Madame EBONGUE s’éclipse avec son mari dans la chambre, elle lui fait part de la décision
du médecin qu’elle n’a pas appréciée.
_ Mais il avait peur et il te connait je ne sais pas par quel miracle il a fait le lien avec toi.
_ Je préfère avoir un petit fils que de voir ma fille dans un cercueil qu’est- ce que tu préfères
?
_ D’accord tu as raison. J’ai peur pour elle, elle est si jeune, naïve et faible mon Dieu elle va
pousser comment eh ah.
_ Pourquoi ?
_ Euh non juste des traces qui sont en train de disparaître. Je ne t’ai même pas remercié de
m’avoir sauvé.
On cogne à la porte Camile va ouvrir. Vera entre toute heureuse de retrouver son amie.
_ Ah ça va j’étais au marché avec ma grand-mère pour faire les courses je t’ai parlé de sa
messe d’action de grâce, c’est jeudi.
_ Une partie des vacances je ne peux pas rester longtemps chez lui avec sa nouvelle
femme qui m’énerve. Après j’irais chez ma mère.
_ Je ne sais pas pourquoi tu détestes la femme de ton père alors que tu n’as même pas pris
la peine de la connaître. Je suis sûr que c’est ta mère qui te met ses idées conflictuelles
dans ta tête.
_ Ah tu ne sais pas ce que tu dis je ne l’aime pas c’est tout. Dis-moi plutôt pourquoi tu
n’étais pas à l’église dimanche.
_ Oui mais je ne veux pas laisser les traces de cet appel ne pose pas de question
donne-moi 100 francs.
Vera se contente de les lui donner et s’en va. Avec cette pièce elle ira dans une cabine
appeler Angelo, du moins sa mère en espérant qu’elle soit à la maison. Cette journée est
très calme pour la jeune fille qui la passé devant le petit écran. Elle se sent détendue et le
stress la quitté. Toute cette angoisse qu’elle trainait sur son dos s’est brisée, même si ce
n’est pas encore réglé avec ses parents la grande partie l’est et ça la soulage. C’est la
raison pour laquelle elle ne veut plus perdre cet enfant, elle le désire et espère le mettre au
monde dans de bonnes conditions.
Il est 17 heures lorsqu’elle se rend dans une cabine près de la maison, elle a avec elle le
numéro de la mère de Angelo. Elle lance l'appel, cette dernière décroche.
Maman Ebeny qui se trouvait dehors avec son compagnon se rend dans la chambre de son
fils. Elle tend le téléphone à son fils qui la toise.
_ C’est Doriane.
_ Allô Doriane !
_ Je ne peux pas parler pour longtemps , j'en avais pour deux minutes.
_ Raccroche je te rappelle..
Doriane raccroche. Elle n’avait qu’une seule pièce pour quelques minutes qui se sont
écoulées, Angelo rappelle, elle décroche. Il insiste pour qu’elle lui raconte ce qui s’est passé
après leur départ ce samedi. Doriane se voit obliger de lui raconter.
_ J’en étais sûr, j'ai bien dit à ma mère qu’on ne parte pas. Or mon bébé je suis désolé.
_ C’est rien, c’est passé. J’étais à l’hôpital ce matin, le médecin a dit que ça allait que je
devais me reposer être moins stressée parce que ma tension n’était pas bonne. Tu sais le
matin je me suis réveillée avec du sang sur les draps j’ai eu peur.
_ Ne t’inquiète pas je vais mieux à présent. Mon père a posé des questions sur toi s’il te plait
fait attention à toi.
_ Ne sois pas têtu Angelo tu as un examen la semaine prochaine j’en profite pour te
souhaiter bonne chance je suis de tout cœur avec toi. Oublie moi un peu et concentre toi
d’accord.
_ Ne t’inquiète pas, je suis un dur à cuire. Tu fais un bisou à mon bébé. Merci pour l’appelle
ça me redonne un peu de force Bye.
Angelo raccroche et s’assoit sur le lit, un grand sourire aux lèvres, le téléphone encore entre
les mains. Il a l’air euphorique, son visage rayonne de bonheur, depuis le temps qu’il
attendait cet appel. Un soupir de satisfaction s’échappe de sa bouche. Il est visiblement ravi
de sa conversation avec sa copine même si la nouvelle de sa bastonnade ne l’a pas plu au
moins elle est sortie d’affaire. Il se lève doucement, le téléphone toujours à la main, il se met
à marcher dans sa chambre, un pas après l’autre. Sa mère arrive.
_ Tu as fini ?
_ Oui et ce matin elle était à l’hôpital. Apparemment elle a saigné, heureusement que ce
n’était rien de grave.
_ Tant mieux alors. Maintenant tu peux étudier sans grincher, ta copine n’est pas morte et
elle va garder le bébé.
_ Hahahaha j’aimerais bien voir ça. En attendant met toi au travail. Je suis dehors si tu as
besoin de moi.
Angelo refuse d’écouter sa mère, il ne veut pas se laisser abattre par le pouvoir ou le rang
social de cette famille. C’est lui le père de cet enfant et il compte bien réclamer la paternité.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 12
Depuis le début de la semaine Angelo enchaîne les devoirs au lycée. C’est le dernier
tournant pour obtenir son examen et rendre fière sa mère. Angelo se donne à fond, il lit ses
cours jusqu’à tard dans la nuit et se réveille au petit matin pour effectuer une dernière
révision.
Alors qu’il est sur le chemin du retour de son quatrième jour d’examen, il discute avec son
ami Carlos au sujet des épreuves qu’ils ont traité ce jour et c’est dans cette ambiance que,
Angelo ne remarque pas cette voiture qui s’est garée à leur niveau. Deux hommes en
tenues y sortent et s’avancent nerveusement vers eux ce qui effraient les deux garçons les
obligeant à ralentir. L’un d’eux accoste Angelo.
_ Suis nous.
_ Non
C’est à ce moment que Angelo comprend qu’il s’agit du père de Doriane. Il affiche une mine
nerveuse on dirait qu’il attend le signal pour sauter à la gorge du petit.
_ Bon je crois que tu sais maintenant qui il est. Nous n’allons pas perdre le temps tu vas
signer le document qu’il va te remettre et je verrais comment je vais réduire ta peine.
Angelo ne comprend rien. Alors qu’il se pose des questions, monsieur EBONGUE dépose
un document devant lui et lui donne un stylo. Angelo prend le stylo mais n’exécute pas. Il
parcourt le document du regard et constate qu’il s’agit d’une reconnaissance de viol dont il
est accusé. Furieux, il s’exclame :
_ Parce que tu crois que tu as le choix, lui dit Monsieur EBONGUE, tu signes ou je t’enferme
à vie.
_ Mon petit garçon, tu joues avec le feu, tu ne sais pas de quoi je suis capable. Tu vas très
vite signer ce papier avant que je n’ordonne qu’on te déporte pour la prison.
Monsieur EBONGUE est pris d’une violente colère, il tente de frapper Angelo mais le
commissaire l’en empêche.
_ Foutaise ! Ma fille ne peut jamais sortir avec un vaurien comme toi. Tu l’as manipulé et la
mise dans ton sale lit tu vas me le payer.
Sur ces mots, Monsieur EBONGUE perd son sang-froid et cravate Angelo en le levant de
son siège. Le commissaire fait appel à un officier qui arrive le sortir des griffes de son
bourreau, à ce moment-là, maman Ebeny fait son entrée.
_ Qui êtes-vous ?
_ Je suis sa mère Commissaire et j’ai été informé de ce que vos hommes ont amené mon
fils de force alors qu’il était en train de rentrer des classes. Vous savez que c’est une
violation des droits des hommes ?
_ Ah bon ? Vous m’apprenez des choses. Maître EBONGUE que voici a déposé une plainte
contre votre fils pour viol et il doit signer ses aveux.
_ Pardon ? une plainte pour viol ? Vous ne manquez pas d'air. Déjà de un, vous avez arrêté
mon fils en tenu de classe non loin du lycée, de deux vous parler d’une plainte que vous ne
lui avez pas notifié à l’avance pour qu’il réponde, de trois vous osez interroger un enfant
sans la présence de ses parents alors qu’il est mineur et de quatre vous l’agressez
physiquement l’obligeant à signer des aveux qu’il ne connaît pas. Dites-moi un peu Maître
EBONGUE quel genre d’avocat êtes-vous ? C’est comme ça que vous traitez vos dossiers,
c’est sous la torture que vous obtenez ce que vous voulez ? et ça va s’appeler Avocat
n’importe quoi.
_ Et moi je ne vous permets pas de traiter mon fils de violeur. Votre fille et lui sont en couple
que ça vous plaise ou non. Elle est enceinte de lui, il ne l’a jamais violé. Je sais que vous
avez du mal à le digérer mais il va falloir le faire. Je m’en vais avec mon fils et c’est la
dernière fois que vous l’arrêtez. Prochainement je vais saisir le Procureur et ça ne sera pas
bon pour vous ni pour vous monsieur le commissaire comme vous pensez que c’est
seulement vous qui êtes du côté de la loi. Nous sommes encore dans un pays de droit et je
compte bien faire valoir les miens et ceux de mon fils. Angelo on y va.
Maman Ebeny tient la main de son fils et ils quittent le bureau. Monsieur EBONGUE qui
n’est pas satisfait interpelle le commissaire.
_ Mais vous n’allez pas le laisser partir comme ça sans avoir recueilli ses aveux.
_ Maître EBONGUE vous êtes un Avocat que je respecte beaucoup de par votre brillant
travail. Je devais bien m’en douter qu’un dossier aussi personnel comme le vôtre cache des
non-dits et vous le traitez avec les émotions. Vous ne m’avez pas dit que ce garçon était
mineur. Vous ne m’avez pas dit que votre fille est enceinte de lui, je vous ai cru sur parole
croyant que vous disiez la vérité alors que vous voulez vous venger de ce garçon. Écoutez,
je ne veux pas d’ennuis avec le procureur et je pense que vous aussi ne voudrez pas
entacher votre réputation. Laissez tomber l’affaire et occupez-vous de votre fille.
_ J’ai vraiment perdu mon temps en venant vous voir, je vais régler ça à ma façon.
_ Monsieur EBONGUE prend son sac, ramasse la plainte qui est restée sur la table et s’en
va. Il n’a pas dit son dernier mot.
Maman Ebeny et son fils arrivent à la maison. Elle est toujours autant nerveuse que
lorsqu’elle est arrivée au commissariat. Elle fait des cent pas au salon tout en réfléchissant
ce qui rend nerveux son fils.
_ Je savais qu’ils allaient attaquer mais je ne savais pas qu’ils allaient en arriver là.
T’accuser de viol c’est très grave. Ils sont allés très loin.
_ Et c’est la tenue à adopter parce que quand tu as peur ils en profitent pour te faire
n’importe quoi.
_Et ce n’est pas fini. Reste là je vais aller leur dire deux mots je crois qu’ils ne me
connaissent pas bien.
_ La meilleure défense c’est l’attaque. Si je n’attaque pas ils n’auront pas peur de revenir.
J’arrive.
Angelo ne peut pas retenir sa mère. Lorsqu’elle est en colère rien ne peut la faire changer
d’avis. Il croise juste les doigts que sa stratégie marche et que la famille de sa copine lui
foute la paix. Chez les EBONGUE, Richard arrive. Il entre nerveusement sans dire bonsoir
et se rend dans sa chambre. Sa femme le suit.
_ Notre plan n’a pas marché. Ce voyou a refusé de signer ses aveux et sa mère est
intervenue. Je ne savais pas que cette femme avait une si grande gueule.
_ Comme toutes les commerçantes du marché, elles ont toutes une mauvaise éducation.
Comment on va procéder maintenant ?
_ Surtout que le commissaire n’est plus de mon côté, c’est un peureux. Si c’était sa fille il
allait réagir de la même manière. J’attends quand il va me demander un service.
Au salon, les enfants sont devant la télé. On cogne à la porte Doriane va ouvrir, elle est
surprise de voir la mère de son petit ami.
Doriane qui est un peu troublée va appeler ses parents qui arrivent tous les deux.
_ Ce n’est pas une visite de courtoisie ne vous méprenez pas. Je suis venue mettre les
choses au clair. Nous ne sommes pas de la même classe sociale, ni du même rang et
encore moins de la même tribu, vous êtes Avocat moi je suis commerçante, vous avez le
bras long moi je n’en ai pas, vous pouvez corrompre qui vous voulez mais vous n’allez pas
fuir votre conscience. Je n’ai personne sur qui compter mais j’ai ma force, la force d’une
mère qui est prête à faire l’impossible pour son enfant et je pense que c’est ce que vous
faites pour la vôtre mais vous le faites dans le mauvais sens. Donc je vais vous demander
pour la dernière fois d’arrêter de persécuter mon fils en l’accusant de viol.
_ Ah ton père ne t’a pas dit qu’il a déposé une plainte contre Angelo, il a été arrêté ce jour
alors qu’il rentrait des classes.
_ Papa tu n’as pas fait ça. Angelo ne m’a jamais violée mais pourquoi ?
_ Il va payer tout le mal qu’il t’a fait, lui répond son père.
_ Vous cherchez tellement un responsable que vous êtes prêts à bafouer votre serment
d’hypocrate pour conduire un innocent en prison c’est déplorable.
_ La responsable c’est votre fils, cri madame EBONGUE, et maintenant sortez de chez moi.
_ Voilà celle qui se croit mère et dire que je vous respecte. Une mère qui pendant deux mois
ne s’est pas rendue compte que sa précieuse fille n’a pas eu ses règles. Pendant deux mois
votre fille ne vous a pas demandé les serviettes hygiéniques et ça ne vous a pas inquiété ou
alors vous étiez très occupé à surveiller ses fréquentations et à se rassurer qu’elle dort dans
ses cahiers ; voilà l’enfant des cahiers dans le ventre mère indigne. Une mère ça vérifie tous
les mois que sa fille a eu ses règles donc ne venez pas me parler de responsabilité. Je vous
préviens si mon fils se fait encore arrêter je vous traîne dans les médias et je vous assure
que je vais ternir le peu de réputation qui vous reste, vous avez ma parole. Couple de cinglé.
Maman Ebeny est partie. Doriane lance un regard de dégoût vers ses parents et s’en va
dans sa chambre où elle ferme la porte de l’intérieur. Madame EBONGUE regagne sa
chambre tant dis que son mari va cogner à la porte de sa fille.
Ouvre la porte Doriane.
_ Si tu casse je me suicide.
_ Va-t-en.
Son père n’insiste pas, sa fille est en colère et elle peut faire n’importe quoi. Il rentre dans sa
chambre, sa femme est assise sur la moquette le regard dans le vide. Elle a les yeux
ouverts près à verser de son eau.
_ Elle a raison, deux mois sont passés sans que je ne me rende compte que Doriane ne m’a
pas demandé de serviette. J’ai tellement honte.
_ Ne te mets pas dans cet état à cause de ça. Ça t’a échappé ça arrive.
_ Eh bien ça ne devrait pas arriver Richard. J’aurai dû faire plus attention à elle.
_ Que je laisse tomber, tu blagues j’espère. Je te rappelle que la dignité de notre fille a été
bafouée.
_ Oui mais elle menace d’aller voir les médias. Tu n’as pas envie que cette histoire d'ébriété
à la place publique, tout le monde sache que notre fille de 16 ans est enceinte, nous n’avons
pas besoin de cette mauvaise publicité. J’ai une réputation à préserver et toi aussi. Sans
compter que Doriane ne témoignera jamais contre lui.
_ Non elle s’est enfermée dans sa chambre et elle dit que si je casse la porte elle va se
suicider, tu écoutes ce qui sort de sa bouche ?
_ Il est clair que ce garçon a une mauvaise influence sur elle. Je ferais tout mon possible
pour qu’ils ne se voient plus et il peut dire adieu à cet enfant, il ne le verra jamais.
_ Je vais essayer de convaincre Doriane d’ouvrir sa porte. Nous devons éviter qu’elle se
rebelle.
_ Je préfère que tu la laisses se fâcher, elle va sortir d’elle-même , ne lui mettons pas la
pression. Ah mon Dieu pourquoi ce mauvais vent souffle dans ma famille. Qu’est-ce qu’on
n’a pas fait pour garder cette famille soudée, pourquoi c’est ma fille, celle même qui a un
brillant avenir qui doit tomber dans la dérive.
_ Il faut qu’on prenne une solution pour elle et rapidement avant que son ventre ne
commence à sortir.
Monsieur EBONGUE va s'asseoir sur les marches devant sa porte, le courant d’air qui
passe effleure sa peau et apaise son cœur. Cette journée a été un trop plein d'émotions et là
il faut qu’il réfléchisse pour la suite de cette histoire, plus que jamais il doit prendre une
décision pour préserver l’avenir de sa fille.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 13
Doriane n’a pas daigné sortir de sa chambre durant toute la soirée. Elle est en colère contre
ses parents, en colère contre toutes ces personnes qui en veulent à sa relation, en colère
contre le monde entier et sa propre vie qui la pousse à s’interroger sur le but de son
existence. Elle se demande ce qui se serait passé si Angelo allait en prison, elle croit bien
qu’elle s’en voudrait toute sa vie.
Le sommeil a été lourd, elle se réveille avec des remontées de nausées ; c’est bien la
première fois qu’elle en souffre. Ne voulant pas sortir parce que ses parents sont encore à la
maison, Doriane prend un plastique dans lequel elle rejette toute la salive qui lui donne la
nausée. Elle regarde la montre de son réveil qui marque 8 heures passé. Ses parents
doivent être sur le point de partir. Alors qu’elle n’a pas fini d’y penser, elle suit des
tambourins sur sa porte. Elle ne réagit pas. Son père insiste et dit :
_ Encore heureux ! s’exclame son père. Ta mère et moi sommes en train de partir. Reste
t’occuper de ton petit frère et s’il te plaît ne sortez pas de la maison. Ta mère a dit que vous
allez manger le reste de nourriture, est ce que tu m’écoutes ?
_ Oui !
Monsieur EBONGUE ne veut pas bousculer sa fille il lui donne l’espace dont elle a besoin
même si sa femme n’est pas du tout d’accord avec lui. Elle le lui rappelle ce matin dans la
cour chacun devant sa voiture.
_Qu’est-ce que tu veux que je fasse de plus, tu as suivi hier ce qu’elle a dit, elle pense à se
suicider.
_ Ce sont des paroles en l’air. Je vois qu’elle t’a bien eu. Doriane n’a pas le courage de
mettre fin à ses jours. La façon dont tu deviens indulgent avec elle ne me plait pas. C’est elle
qui fait des bêtises, c'est encore elle qui boude. Et si elle ne sort pas, Camile ne peut pas
rester là seule.
_ Elle va sortir Marlyse et cesse de minimiser ses avertissements. A ce soir je dois y aller j’ai
une audience au Parquet à 9 heures.
Chacun monte dans sa voiture et quitte la maison. Ce n’est que lorsque Doriane s’est
rassurée qu’ils sont partis qu’elle est sortie. Elle va d’abord prendre une douche vite fait et
va préparer le petit déjeuner qu’elle prend avec son frère. Ils sont encore assis à table.
_ Contre papa et maman ? ou contre la femme qui est venue ici. C’est qui cette femme ? La
dernière fois, elle était là avec son fils.
_ Ce n’est rien.
_ Comment ça ce n’est rien Doriane, vous ne me dites jamais rien je suis ici comme un
étranger. Il se passe des choses dans cette maison que je ne connais pas et tu m’avais
promis de m’en parler.
_ Si je ne te dis rien c’est par mesure de prudence, tu pourrais le dire à tes amis alors que
c’est un secret.
_ Je sais garder les secrets Doriane dis le moi, je veux aussi savoir. Je te promets que je ne
dirais rien à personne.
_ Bon d’accord. Le problème c’est que je suis enceinte.
_ Oh ! enceinte ? waouh !
_ Tu vas aussi me juger ? Me rappeler que je suis très jeune pour être enceinte, que j’ai
gâché ma vie, allez vas-y lâche toi.
_ Pourquoi tu cries sur moi, je n’ai rien dit, quoi que tu pouvais attendre mais ce n’est pas
grave je retiens juste que je serais tonton.
_ C’est ça !
_ Ne me frustre pas Camile ce n’est pas le moment, je ne suis pas fière de ce que j’ai fait s’il
fallait remonter le temps je l’aurais évité maintenant qu’il est trop tard je dois faire avec et
accepter de vivre avec les reproches de part et d’autres et mêmes celles de mon petit frère
de 13 ans alors que je compte sur lui pour me remonter le moral.
_ Excuse-moi je ne voulais pas te mettre plus mal. Passons dessus, tu permets que j’aille
jouer avec mon ami ? On ne va pas s’éloigner de la maison.
_ Si vous restez dans la cour oui, je dois avoir l’œil sur toi. A mon tour je vais aller voir si
Vera a besoin d’aide.
C’est ainsi que grande sœur et petit frère clôturent le petit déjeuner et chacun s’en va chez
son ami. Doriane aide sa copine à nettoyer du poulet et le poisson qu’elles gardent au
congélateur. Ensuite, elles commencent à nettoyer l’ail tout en discutant. C’est un moment
agréable que les jeunes filles passent ensemble. Doriane pense à rentrer chauffer le repas
mais sachant qu’ils ont déjeuner un peu tard, ni son frère ni elle-même n’a faim. Elle prend
du plaisir à bavarder avec son amie. La grand-mère de Vera se trouve à la véranda, elle voit
la mère de Doriane arriver nerveusement vers elle. Sa mine lui informe déjà qu’elle vient
chercher sa fille.
_ Bonjour madame, je vais bien merci. Est-ce que Doriane est ici ?
_ Oui elle est venue aider sa copine. Vous savez que je prépare une messe d’action de
grâce pour jeudi et vous êtes invité ainsi que votre mari.
_ Euh merci mais je ne pense pas qu’on serait là. Est-ce que vous pouvez m’appeler ma
fille.
_ S’il vous plaît madame ne la grondez pas, elle est juste venue aider ma petite fille à ranger
les choses au frigo.
Madame EBONGUE appelle elle-même sa fille qui sursaute de sa chaise. Elle regarde Vera
pour se rassurer qu’elle n’a pas rêvé, que c’est bien la voix de sa mère qu’elle a suivie
dehors. Un deuxième appel et Doriane se lève en disant : « je suis morte aujourd’hui ».
Doriane sort, elle voit sa mère qui affiche une grande colère. Sans dire un mot, elle prend la
route de la maison, sa mère dit au revoir à la grand-mère et suit sa fille jusqu’à l’intérieur.
_ Parce que tu es sa boniche, ce n’est pas toi qui ne voulais pas sortir ce matin, dès qu’on
tourne le dos tu es déjà chez les gens alors que je t’ai interdit mainte fois de ne plus
fréquenter cette fille. Mais pourquoi tu es si têtue, on ne peut pas te parler tu exécute.
_ Mais maman qu’est-ce que ça fait si je la côtoie, c’est mon amie et nous nous entendons
bien.
_ Je te dis non et ne discute pas avec moi. Si ça continue comme ça je vais t’enfermer et
bien te frapper.
Sur ces mots, Doriane court se réfugier dans sa chambre et ferme la porte derrière elle,
laissant sa mère la bouche ouverte. Elle n’en revient pas que sa fille ait osé lui répondre, et
pire lui crier dessus. C’est bien la première fois que sa jeune fille réagit aux instructions de
sa mère, c’est bien la première fois qu’elle riposte de cette façon et la laisse planter là
comme un poteau. Marlyse qui n’a pas encore repris ses esprits va cogner à sa porte, elle
cogne encore et encore en menaçant sa fille de la frapper si elle n’ouvre pas. Doriane ne
réagit pas. Sa mère se fatigue et sort de la maison, elle va prendre son téléphone dans sa
voiture pour appeler son mari.
_ Oui chérie !
_ Elle est où ?
_ Je suis venue me rassurer qu’elle est sortie et que tout se passe bien.
_ Maman pardon rentre au bureau, tu n’étais pas obligé de te déplacer pour ça tu pouvais
uniquement appeler il y a un fixe à la maison.
_ Ne t’éloigne pas du sujet Richard, Doriane m’a engueulé et ce n’est pas normal.
_ Laisse-la un peu Marlyse, lâche là une minute et c’est vrai tu l'étouffe. On n’a fait tout ce
qu’on pouvait pour qu’elle ne fasse pas de bêtise mais elle l’a quand même fait, que veux-tu
qu’on fasse de plus ? Elle est déjà enceinte et elle menace et de se suicider et de quitter la
maison elle te crie dessus c’est tout simplement parce qu’elle étouffe. Prends un peu de
distance et laisse là respirer. Rentre au bureau ne m’appelle plus pour ça, rentre au bureau.
Son mari raccroche, elle s’énerve entre dans sa voiture et s’en va. C’est Camille qui informe
sa sœur de ce que leur mère est partie et retourne chez sa copine.
_ Ekieee tu es revenue ?
_ Eh on ne dit pas ça, s’insurge la grand-mère, respecte cette dame, elle est juste sévère.
_ Même mon père ton fils est rude mamie mais il a des limites, celle-ci empêche sa fille de
s’amuser c’est comme si elle ne l’aimait pas.
_ Ça peut être qu’elle a grandi avec des parents stricts et c’est ce qu’ils l’ont transmis
comme éducation.
_ Ou alors elle avait les parents drogués, ou elle a été maltraité, enfance difficile, fille
adoptée, tentative de suicide, problèmes psychologiques.
Doriane est morte de rire alors que Mamie a ramassé sa babouche pour frapper sa petite
fille.
_ Ferme ta bouche enfant mal élevé tu vas rentrer chez ton père parler comme ça.
Et c’est parti pour une dispute entre mamie et sa petite fille que Doriane adore, leur
complicité lui fait toujours marrer, elle s’amuse malgré tout. Dans l’après-midi elle va
chercher son frère chez son ami et ils rentrent. C’est à ce moment qu’elle chauffe le repas.
Après avoir mangé, ils se sont assis devant l’écran.
Doriane redoute l’arrivée de sa mère, elle sait déjà qu’elle va la ramasser à la petite cuillère
et rien qu’en y pensant elle commence à tresser. Son père est le premier à rentrer du travail.
Il appelle sa fille dans sa chambre.
_ Oui papa !
_ Assois-toi
Doriane va s'asseoir dans le fauteuil, son père rapproche la chaise d’elle et s’assit dessus.
_ Euh j’étais chez la voisine, j’ai aidé Vera à préparer. Sa grand-mère fait une messe
d’action de grâce jeudi. Je sais que vous m’avez demandé de ne plus y aller mais papa c’est
pas juste, Vera est une bonne fille, elle a aussi de bonnes notes à l’école et elle ne
m’intimide pas.
_ Papa je suis désolée mais maman m’étouffe, elle ne fait que crier, toi tu cries souvent mais
tu sais aussi parler doucement comme tu le fais. Maman m’a menacé de me taper encore et
de m’enfermer, je me sens persécutée, je sais que je vous ai déshonoré et je m’en veux
pour ça, ce n'était pas mon intention, je suis en colère contre moi-même est ce qu’on ne
pourrait pas passer à autre chose sans me rappeler que je suis la honte de cette famille,
qu’est-ce que je dois faire pour réparer mes actes ? Maman m’a poussé à bout et ces
derniers temps je ne pense qu’à faire n’importe quoi pour être un peu en paix.
_ N’importe quoi comme te tuer n’est-ce pas, ou fuir la maison. Tu crois vraiment que c’est
un jeu que tu racontes ? Se tuer n’est pas un jeu fillette et même dans les blagues on ne le
dit pas.
_ J’ai failli boire de l’eau de javel quand j’ai su que j’étais enceinte.
_ Non papa ! je suis fatiguée, j’ai honte de vous avoir déçu, j’ai honte d’être la risée de cette
famille honte que ce soit à cause de moi que vous perdiez votre autorité, votre belle
réputation, c’est une chose de me le rappeler tout le temps s’en est une autre de devoir vivre
avec ce sentiment de fille ratée.
_ Ça me fait mal ce que tu dis, vraiment mal. Nous avons été stricts avec toi, surtout toi
parce qu’on voulait te protéger. Maintenant ta mère en fait trop je sais mais c’est toujours
pour te protéger, elle t’aime, elle t’adore elle ne veut pas que tu rate ta vie et tu ne la rateras
pas, on fera tout ce qu’il y a à faire pour que tu poursuives tes études. Écoutes, je veux que
tu demandes des excuses à ta mère quand elle va rentrer, ne lui en veux pas elle a toujours
été comme ça et ne changera jamais mais elle t’aime elle veut ton bien tu me comprends ?
_ Oui je le ferais.
_ Très bien. J’ai finalement compris que le dialogue est beaucoup plus important que les
restrictions et désormais nous allons dialoguer. Je ne veux plus que tu parles de suicide ni
même en pensée est ce que c’est clair ?
_ Oui papa.
_ Très bien, vu qu’on veut tous la paix je vais te demander une seule chose. Je ne veux plus
que tu vois ce garçon.
_ Je n’en fous, pour moi il ne représente rien. Si tu continues à le voir je vais lui créer les
problèmes et je ne suis pas sûr qu’il va s’en sortir. Tu n’as pas d’avenir avec ce garçon à
partir d’aujourd’hui tu l’oubli c’est compris ?
_ Oui papa !
Doriane sait pertinemment qu’elle a menti à son père juste pour que ce dernier fiche la paix
à son petit ami. Elle n’a aucune intention de le laisser non seulement parce qu’elle l’aime
mais aussi parce qu’elle porte son enfant. Monsieur Richard prend sa douche et rejoint ses
enfants au salon. Son fils lui montre ses dessins faits avec son ami. Maman Marlyse arrive.
_ Bonsoir !
Monsieur Richard fait signe à sa fille de respecter leur contrat. C’est en baissant la tête
qu’elle va se placer devant sa mère et lui dis :
_ Maman je te demande pardon pour tout à l’heure je ne voulais pas te dire tout ça.
_ Ekieeee chérie ! L'enfant te demande pardon, pardonne et quitte sur ça tu veux déjà
raconter quoi ?
_ Ok ça va tu es pardonné et que ce soit la dernière fois je ne suis pas ton égal. Mets mes
choses dedans et apporte-moi mes babouches.
Doriane souffle un peu, elle prend le sac de sa mère, lui prend ses chaussures qu’elle va
garder dans sa chambre et ressort avec ses babouches. La soirée s’annonce plus sereine
que la veille.
A suivre#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 14
Angelo a fini les compos, il est complètement libre mais pas libre de rendre visite à sa
copine et Dieu seul sait combien elle lui manque. Il est assis à la véranda avec son chat qui
se frotte sur son pantalon, il le pousse avec violence, l’animal va atterrir à quelques mètres
de lui ce qui indigne son ami qui vient d’arriver.
_ Ah il dérange, il a mis ses poils partout sur mon pantalon. Qu’il aille chercher une femme.
_ Hahahaha tu es très jaloux de lui. Alors mon frère depuis vendredi on ne s’est pas vu tu te
caches ou quoi ? Je croyais même que tu allais être au centre de loisir avec nous pour
célébrer la fin de l’année.
_ Mais non, j’ai aidé ma mère tout le week-end c’est-à-dire qu’elle m’avait prise en otage. Je
ne pouvais pas sortir, j'étais fatigué mais sinon on va se rattraper.
_ Sans problème. Alors dis-moi, qu’est ce qui s’est passé la dernière fois au commissariat,
nous n’en avons pas parlé.
_ Ah mon cher ami tu n’imagines pas ce que les riches sont prêts à faire pour nuire à une
personne. Tu te rends compte que le père de Doriane a porté plainte contre moi pour viol.
_ Je te dis la vérité. Je remercie seulement Dieu d’avoir eu une mère comme la mienne, elle
les a ramassés hein. Après elle est allée chez les parents de Doriane les insulter bien
même.
_ Hahahahaha ta mère est une lionne. Mince c’est grave comme accusation et je suis sûr
que Doriane n’était pas au courant.
_ Je suis du même avis. Les parents de Doriane ne te donneront jamais la paternité, oubli
seulement.
_ Je ne peux pas et je ne veux pas, je vais me battre pour reconnaître mon enfant.
_ Du courage papa. En passant si tu me vois un jour aimer une fille de riche pardon rappelle
moi ce qui tu as vécu pour que je m’en débarrasse rapidement.
_ C’est mieux que je rentre chez moi avant que tu ne me demande de t’accompagner là-bas.
Angelo regarde son ami s’éloigner et sourit. Il n’avait pas l’intention de lui demander de
l’accompagner chez Doriane lui-même évite de se rapprocher de cette maison de peur que
son père le voit ou que sa mère l’apprenne et le lui reproche.
La famille EBONGUE passe des jours moins bruyants. Doriane passe ses journées chez sa
copine. Elle ressent aussi l’envie de voir son petit ami mais elle ne sait pas comment faire
pour y parvenir. Elle pense à la cérémonie de remise de bulletins ce vendredi et se dit que
c’est une occasion de le rencontrer, mais avant il faut qu’elle le mette au courant. N’ayant
pas de pièce sur elle, elle va demander de l’aide à sa copine.
_ Vera est ce que je peux appeler sur le téléphone de ta grand-mère, si elle a le crédit s’il te
plait.
_ Euh oui mamie a toujours du crédit. Mais pourquoi tu n’appelles pas sur votre fixe ?
_ Hum je suis sûr que ma mère a mis l’enregistreur sur ce téléphone de telle sorte qu’elle
peut écouter toutes les conversations entrantes ou sortantes.
_ Hahahaha et ce n’est pas faux. Attends je vais voler le téléphone de mamie. En passant tu
veux appeler qui ?
_ Euh c’est une amie qui a eu des problèmes avec ses parents. Bref c’est compliqué.
_ Merci de comprendre. Pendant que tu vas prendre son téléphone je vais chercher le
numéro.
Doriane court à la maison fouiller ses cahiers à la recherche du bout de papier où est inscrit
le numéro de la mère de Angelo qu’elle garde jalousement. Elle le retrouve et va prendre le
téléphone que sa copine lui a donné. Elle se déplace pour passer son appel. La mère de
Angelo décroche.
_ Allô !
_ Je parle de ta mère.
_ Ok euh j’aimerais que tu passes un message à Angelo pour moi s’il te plait.
_ De quoi s’agit-il ?
_ Je voulais que tu lui dises que vendredi je serais au collège pour la remise des bulletins et
je vais l’attendre ou il sait.
_ Hum les messages avec code « ou il sait » c’est où ? En plus je ne suis plus à l’aise de
savoir Angelo en ta compagnie donc je ne pense pas que je lui dirais. Peut-être que c’est
mieux pour vous surtout pour lui que vous arrêtiez de vous voir tu ne penses pas ?
_ Non maman pourquoi arrêter ? Maman s’il te plait dis-lui ça, il va comprendre.
_ Non c’est un call box et je dois y aller. Maman dis le lui pardon, passe une bonne fin de
soirée.
_ Merci.
Doriane raccroche, elle va remettre le téléphone à sa copine et croise les doigts pour que
Angelo reçoive son message. Doriane voit sa tante arriver, elle va l’embrasser.
_ Bonsoir tata.
_ Ça va tata. Le bébé se ressent déjà, du moins par des petites nausées le matin.
_ Tata tu sais que papa a porté plainte contre Angelo pour viol.
_ Ah bon ? pourquoi ça ne m’étonne pas. J’étais sûr qu’il allait sortir ce genre de carte avec
l’appui de sa femme. J’espère qu’il n’est pas arrivé à ses fins.
_ Ah ma fille, quand on est mineur et qu’on a les parents comme les tiens on obéit
seulement. A ce sujet je n’ai pas envie de te donner mon avis ou alors de t’encourager à
continuer à le voir. Mais il faut savoir que ta relation avec ce garçon va prendre un coup, il va
falloir s’y attendre. Tu n’es pas dans un feuilleton à l’eau de rose ma belle tu es dans la
réalité et en Afrique avec des parents carrés. Tout ce que je peux te dire c’est de te
concentrer sur ton bébé et sur ta santé mentale.
_ Hum !
_ Va me donner de l’eau s’il te plait. Camile c’est comment ? Tu es concentré sur tes
dessins animés.
_ Ça va bien tata.
Tante Hélène reste avec ses neveux jusqu’à l’arrivée de leur père.
_ Ah Hélène tu es là !
_ Non, je n’avais plus rien à faire et vu que Marlyse rentre tard ces derniers jours je dois
rentrer tôt.
_ Tu es un mari responsable c’est bien. Je m’apprêtais déjà à partir. Je suis venue regarder
si Doriane se porte bien.
Accompagne-moi dehors.
Tante Hélène dit au-revoir à ses neveux et sort avec son frère.
_ J’ai appris que tu as accusé ce garçon de viol, tu n’as pas pu t’empêcher de te salir les
mains, de salir ton métier noble. Je suis sûr que ça vient de ta femme.
_ Hélène ne rejette pas tout sur le dos de Marlyse comme si je ne pouvais pas prendre mes
propres décisions. Je voulais vraiment enfermer ce fils de pute.
_ Eh arrête ! Ta femme et toi cherchiez un bouc émissaire pour vous dédouaner de cette
grossesse. C’est de votre faute à tous les quatre et non à ce garçon seule. Lâchez le un
peu. Je suis sûr que si on fouille bien tu as enceinté une fille quand tu étais plus jeune et tu
l’as fait avorter ça te ressemble.
_ Hahahahah heureusement que j’ai grandi avec toi, si ça avait été le cas tu serais au
courant. Bref j’ai laissé tomber, sa mère a menacé de saisir la presse.
_Je suis en train de réfléchir je dois prendre une décision avant la fin de ce mois, c’est
impératif.
_ Ah ça jamais. Bref je prendrais des dispositions. Je peux te déposer chez toi si tu veux.
Richard laisse sa sœur en route et revient à la maison. Il est plus qu’important qu’il prenne
une décision imminente pour le cas de sa fille car le temps passe. Lorsque sa femme est
rentrée, ils se sont installés à table pour diner. Doriane a préparé toute seule. Sa mère prend
une bouchée et avale avec appétit.
_ Merci maman ! Euh demain il y a messe chez les voisins est ce qu’on peut y aller, c’est en
journée.
_ Je ne sais pas si c’est une bonne idée, lui dit sa mère. Il y aura trop de gens ?
_ Merci papa.
Madame Marlyse le fusil du regard, elle n’est pas contente qu’il approuve sans même
chercher à savoir si leur présence est nécessaire.
_ Vous prenez les bulletins quand ? interroge monsieur Richard.
_ Parce que je serais à Douala pour une audience, je t’ai donné mon programme.
_ Et moi j’ai une grosse réunion vendredi avec mes supérieurs. Je ne peux pas m’absenter
pour leur collège.
_ Maman ce n’est pas la première fois qu’on prend les bulletins seuls. Ça ne met pas long.
Doriane sait que ce jour elle a prévu de voir Angelo et si sa mère l’accompagne tout sera
foutu. Elle négocie auprès de cette dernière qui au final à cause de sa réunion importante ne
pourra pas s’y rendre. C’est une victoire pour la jeune fille. Encore qu’il faut espérer que
Angelo ait reçu l’information de leur rendez-vous.
C’est avec joie que Doriane et son frère se sont rendus chez Vera pour assister à cette
commémoration. Un moment de festivité pour Doriane qui a fait de belles rencontres.
Comme son père leur a recommandé, ils sont rentrés à l’heure à la maison. Doriane a hâte
que le jour se lève pour se rendre au collège et rencontrer son petit ami.
Le matin, elle revêt sa tenue de classe. Ils iront seuls car ses parents sont pressés chacun
court sur le temps pour rejoindre son service. Doriane prend un taxi avec son frère pour
l’école. Elle salue ses camarades, c’est toujours agréable de les voir. Étant donné qu’elle est
respectée et fait partie des élèves exemplaires, elle se demande comment ils vont la
regarder lorsqu’elle se pointera à la rentrée avec un gros ventre. Tout ceci la rend triste et la
couvre de honte. Après que son frère soit venu lui informer de ce qu’il a déjà reçu son
bulletin, elle le fait rentrer en protestant n’avoir pas encore fini. Doriane va attendre son petit
ami dans cette vieille maison. A chaque bruit, elle guette pour voir si ce n’est pas lui qui
arrive. Ayant déjà passé plus de 15 minutes à patienter, elle se dit que maman Ebeny ne lui
avait pas passé le message et ça la rend triste. Elle s’assoit sur une brique, la tête baissée,
elle tripote ses doigts dans une profonde tristesse. Une main la chatouille les hanches, elle
sursaute en se retournant. Doriane bondit sur son petit ami et l’enlace.
_ Si je savais que tu allais être si heureuse en me voyant je serais venu plus tôt.
_ Je pensais que tu n’allais pas venir parce que ta mère m’avait dit qu’elle n’allait pas te
passer l’information.
_ Oui c’est vrai elle a bien failli ne pas me dire, c’est ce matin qu’elle me l'a dit. Comment tu
vas ?
_ Non ça va mon père a baissé les armes sauf ma mère qui me terrorise encore. En parlant
de baisser les armes il m’a fait savoir que si je n’arrête pas de te voir il va te poursuivre.
_ Eh bien qu’il vienne je suis prêt je l’attends. Dis à ton père qu’il ne me fait pas peur.
_ Mais non, on peut faire semblant de ne plus nous voir. Tu es quand même le père de mon
enfant.
_ Oui elle m’a dit que notre relation est ce qu’on appelle une relation interdite. Est-ce un
péché de nous aimer ? Pourquoi nos parents veulent nous empêcher de nous aimer
vraiment ça me fait mal.
_ J’en souffre aussi. Je vais essayer de convaincre mon père, il est corruptible contrairement
à ma mère. Avec le temps je vais lui parler et s’il s’entête à ne pas te vouloir auprès de cet
enfant je vais aller me jeter dans la falaise.
_ Je suis sérieuse Angelo, je vais aller au sommet de la falaise et sauter en bas comme ça
tout le monde perd.
_ Tu es vraiment bête. C’est toi qui va perdre ta vie, nous on va continuer à vivre stuip. Tu
réagis vraiment comme un enfant pourri gâté.
_ Ah bébé ne te fâche pas, je rigolais mais ne me dis plus les trucs comme ça. Changeons
de sujet tu as eu quelle moyenne ?
_ Waouh 13 de moyenne en seconde un 13 fort en plus c’est bien ça ma chérie. Je sais déjà
que mon fils ou ma fille va hériter de ton intelligence.
_ Mais bien sûr.
_ Ahahhaha ta mère abuse olala elle abuse, jamais satisfaite. On va, je t’accompagne.
Les deux amis sortent de leur cachette pour rejoindre la grande route. Ils empruntent des
raccourcis par mesure de sécurité. Doriane est confiante qu’elle pourra convaincre son père
de donner à son petit ami la paternité de son enfant. Elle fera semblant de ne plus sortir
avec lui, elle fera le nécessaire pour que ses parents l’acceptent pas en tant que petit ami
mais en tant que père de son enfant. Et peut-être lorsqu’ils auront su qu’il est une bonne
personne, un bon père ils vont l’accepter comme beau-fils ainsi l’amour interdit deviendra
possible.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 15
Angelo ne voulait pas le montrer devant sa copine mais il est inquiet de la tournure que vont
prendre les choses dans les prochains jours. Il craint que Doriane ne puisse pas arriver à
convaincre ses parents de lui attribuer la paternité de cet enfant, il craint encore plus de
devoir les confronter quitte à mettre leur relation en péril, quitte à créer des problèmes à sa
mère. Il est inconcevable qu’il reste là à ne rien faire alors que des personnes égoïstes sont
en train de lui voler sa vie.
Après avoir laissé Doriane chez elle, il est rentré à la maison. N’ayant pas effectué les
tâches qu’il devrait faire ce matin avant de sortir, il se met au travail.
Maman Ebeny revient du marché à temps pour savourer le rizotto que son fils a concocté. Il
le sert à table.
_ Hum c’est bon Angelo, je vais commencer à ne plus préparer à mon retour, tu sais déjà le
faire.
_ Ça s’est bien passé et je te remercie encore de m’avoir passé l’information. Elle va bien,
elle pense pouvoir convaincre son père de me laisser m’occuper de mon enfant..
_ Hahahaha j’aimerais bien voir ça. Angelo cette famille ne peut au grand jamais t’accepter
chez eux, il faut te mettre ça dans la tête et arrêter de rêver.
_ Mais maman ce n’est pas juste, je suis quand même le responsable de sa grossesse et j’ai
mon mot à dire.
_ Oui si tu étais majeur ou si elle l’était. Mais tu vois mon fils quand on est un enfant on se
comporte en tant que telle au lieu d’aller faire les choses des grandes personnes.
_ Ça ne veut rien dire, d’ailleurs j’ai 18 ans dans trois mois on va voir ça.
_ C’est toi qui va à l’école on vous a dit qu’on acquiert la majorité civile à quel âge ? c’est 21
ans si tu ne sais pas. J’ai parlé à ton oncle à Yaoundé il est d’accord pour que tu viennes
passer les vacances chez lui.
_ Toi aussi tu veux m’éloigner de Doriane ? Maman tu ne peux pas me faire ça nous devons
nous battre pour avoir une place dans la vie de cet enfant, c’est ton petit-fils après tout.
_ Je ne t’ai jamais demandé un petit-fils, en plus qu’est-ce que tu veux je fasse d’autres, si
cet homme va au bout de sa plainte et te traîne devant un tribunal papa je vais prendre
l’argent ou pour payer les honoraires d’un Avocat ? Je vais faire comment dis-moi ? Je n’ai
personne Angelo, même papa Charles ne fait pas le poids. Laissons les gérer leur fille
comme ils veulent, restons dans notre coin. Je t’ai dit que tu devrais déjà oublier cette fille,
c’est une relation interdite. Tu iras chez ton oncle c’est mieux je ne veux pas d’ennuis.
Quelques heures plus tard, chez la famille EBONGUE, les parents sont à la maison.
Madame Marlyse inspecte le bulletin de sa fille.
_ 13,70 ce n’est pas suffisant Doriane. Je vois ici que tu as eu 15 en langue française, si tu
faisais un peu d’effort tu allais avoir 16. Et en SVT tu as eu 14 seulement 14 mais pourquoi
c’est si peu ? En math tu as eu 13 alors que si tu travaillais bien tu allais avoir 16 et au final
tu serais sortie première avec plus de 14 de moyenne. Bon ce n’est pas grave, tu as un bon
niveau pour entrer en classe de Première. Camile toi c’est la même chose. Au premier
trimestre tu étais le premier de la classe et en fin d’année tu te retrouves en troisième
position qu’est ce qui n’a pas marché ? L’année prochaine tu vas en 4è c’est une classe
difficile parce qu’il faut avoir un bon niveau pour entrer en classe de troisième. Tu dois
t’appliquer dans les matières scientifiques tu as compris.
_ Oui maman, répondit le jeune garçon avec un soupçon de désolation car il avait souhaité
que sa mère soit plutôt heureuse pour lui au lieu de chercher à redire.
_ Très bien moi j’en ai terminé à moins que votre père à quelque chose à ajouter.
_ Ta façon d’agir on dirait mon père à l’époque, il n’était jamais satisfait même si on lui
apportait 17 de moyenne. C’est exactement ce que tu fais ça me fait rire, pas que je me
moque de toi, loin de là, je suis nostalgique.
_ Bah tu me connais j’aime la perfection. Je vais garder vos bulletins dans ma chambre.
Doriane tu peux mettre la table pour qu’on mange.
Madame Marlyse se rend dans sa chambre, son mari la suit. Il ferme la porte derrière lui.
_ Chérie il faut qu’on parle. J’ai pris une décision pour Doriane.
_ D’accord, laquelle ?
_ Euh j’ai discuté avec ta petite sœur aujourd’hui pendant longtemps et nous avons convenu
ensemble qu’elle serait mieux là-bas.
_ Oh ! c’est vrai que j’avais pensé à cette solution mais après je me suis dit qu’elle est
encore très jeune pour aller en Europe.
_ Oui mais tu sais que c’est la meilleure solution. De toutes les façons elle devrait y aller
après avoir eu son Baccalauréat, on va juste précipiter les choses. Elle sera bien là-bas ,
elle va suivre sa grossesse loin des regards des autres, elle suivra des cours à la maison
pour ne pas perdre une année scolaire. L’année qui suit son accouchement elle ira
directement en Terminal.
Madame Marlyse est un peu troublée, elle s’assoit sur le lit et plonge dans une grande
tristesse qui se lit sur son visage.
_ Si, c’est une bonne idée sans doute la meilleure mais je suis inquiète, c’est un bébé elle va
apprendre à se débrouiller seule.
_ Mais non ta sœur est là et son frère, ils vont bien s’occuper d’elle. Ton véritable problème
ce qu’elle sera loin de toi tu ne pourras plus veiller sur elle comme tu le fais ici mais je dois
te dire qu’avec ce qui s’est passé ta fille a compris la leçon et elle va rester sage. On ne peut
pas prendre ce risque de la laisser ici et la voir encore prendre une deuxième grossesse de
ce garçon.
_ Dès lundi j’irai avec elle à Douala, nous allons établir son passeport. Après il faut
constituer ses papiers et pour ça j’aurais besoin que ton frère intervienne. Il faut que Doriane
reçoive le visa avant la rentrée. J’ai besoin que ton frère s’en occupe, il a des contacts à
l’ambassade.
_ D’accord tu vas l’appeler pour ça moi je ne pourrais pas, je l’évite depuis.
_ Comme tu veux. Pas un mot à Doriane, on va lui dire à deux jours de son voyage.
_ Tu dis ça parce que tu n’as pas connu d’amour de jeunesse. Ma première relation de
jeunesse a failli me faire taper mon père.
Le couple s’est accordé, leur fille ira rejoindre son frère aîné en Europe. C’est difficile pour
madame Marlyse qui pense que sa fille est très petite et a encore besoin de sa mère mais
s’il faut mettre tous les paramètres en jeu, elle est d’accord que ce voyage est l’unique
solution. La famille a passé un week-end agréable, sans incident majeur. Dimanche soir,
monsieur EBONGUE va voir sa fille dans sa chambre, il cogne avant d’entrer.
_ Hein ? moi ?
_ Non le mur tu crois que je m’adresse à qui. Demain à 6 heures on doit être en train de
partir.
Doriane ne reçoit pas plus d’informations de son père. Elle craint que c’est un complot pour
l’éloigner de la ville, ou alors la faire passer un avortement hors de la ville. C’est avec les
idées confuses que Doriane se couche.
Elle a respecté le timing que lui a donné son père et avant 7 heures ils étaient déjà sur l’axe
lourd. Un silence s’installe durant le trajet ce qui ne plaît pas à monsieur Richard qui voit sa
fille crispée..
_ Tu es bien calme, depuis que nous sommes quittés tu n’as rien dit.
_ Hahahaha te vendre tu dis, ça me donne même une idée tu sais. Combien penses-tu que
tu peux couter ?
_ Ah non papa une question pareille ne demande pas de réflexion, tu donnes un prix à
hauteur de ce que je représente pour toi et de ma plus-value.
_ Ok écoute ça, c’est un slam sur l’école : nous sommes des citoyens qui veulent le respect
et la paix, nous avons des écoles ouvertes sur la différence de nos aspects, nous aimons
nous aider, voilà notre emblème, libres de nos opinions et pour nos religions idem, nous
voulons franchir les étapes de la Laïcité, nous pourrons ensemble protéger la planète en
danger, nous serons les enfants de demain et les citoyens du respect afin qu’à l’avenir
chacun se sente à l’aise sans délai.
_ Depuis toujours, j’ai écrit ce texte pour mes camarades qui l’ont fait pendant la fête de la
jeunesse.
_ Parce que mes parents ont refusé que j’assiste à la fête de la jeunesse alors que c’était en
journée.
_ Je suis désolé, il fallait m’en parler.
Doriane a deviné la raison pour laquelle son père la conduit dans cette ville lorsqu’ils sont
arrivés à destination.
Après plus d’une heure passée dans cet immeuble réservé uniquement pour la confession
des passeports, Doriane et son père ont été servi et remontent dans la voiture.
_ Non pourquoi ?
_ C’est également une pièce d’identité. Je le fais au cas ou, on ne sait jamais.
_ Quand j’aurais fini avec toi, du moins quand tu auras accouché je crois et je l’espère.
Monsieur EBONGUE fait le tour de la ville avec sa fille, il fait ses courses et lorsqu’il finit ils
vont s'asseoir dans un glacier. Doriane prend deux grosses glaces avec des croissants et un
jus tant dis que son père prend un pot de yaourt et des croissants.
_ Moi aussi ça me plait et je veux que ça reste ainsi. Laisse maman être autoritaire parce
que même si on empreinte une dizaine elle ne va jamais changer.
_ Hahaha tu n’as pas tort. Mais elle t’adore tu le sais n’est-ce pas.
_ Oui je sais. J’ai une question à te poser et réponds moi en toute sincérité.
_ Pardon ? Mon premier petit fils, je ne vais pas l’aimer pourquoi ? Je veux que tu
comprennes bien et que tu puisses faire la part des choses. Tu as fait une bêtise ça c’est
clair et on ne va pas arrêter de te le reprocher mais à côté de ça il y a la naissance d’un
enfant, mon sang, ton sang, ta mère et moi allons l’adorer mais on va toujours continuer à te
gronder ça ne change rien en fait. Je ne sais pas si tu m’écoutes.
_ Oui depuis je suis même allé prendre les plans de la maison chez l’architecte.
_ Ah d’accord ça veut dire que vous êtes sur le chemin de retour alors.
_ Hahahaha en amoureux tu dis, oh je suis très jalouse, dis-lui qu’elle va dormir dehors
aujourd’hui.
_ S’il te plait ne voyage pas la nuit avec l’enfant. A cause de vous j’ai passé la journée à la
maison avec Camile.
Monsieur EBONGUE raccroche et poursuit sa discussion avec sa fille et apprend d’elle plus
que ce qui n’avait imaginé. C’est dans cette folle ambiance qu’ils sont rentrés. Cette sortie
reste la meilleure pour Doriane qu’elle n’a jamais eu avec son père. Dans sa chambre avec
sa femme, il lui raconte cette belle sortie.
_ Chérie, il fallait la voir me parler comme si j’étais son ami. Elle était très ouverte et la
discussion était fluide. Je crois que je vais plus souvent enlever mon vêtement de papa
autoritaire pour porter celui de papa free hein qu’est-ce que tu en dis ?
_ Bah c’est tout en ton honneur mais attention qu’on ne te berne pas.
_ T’inquiète pas je gère. On peut être autoritaire et cool, ça effraie moins les enfants. Je ne
savais pas que Doriane faisait du slam, elle m’impressionne. Elle m’a dit aussi qu’elle veut
apprendre la danse classique comme quoi elle veut être quoi là…j’ai oublié.
_ D’accord chérie tu t’es bien amusé avec ta fille j’ai compris est ce qu’on peut maintenant
dormir.
_ Oui dormons, dès demain on va commencer à préparer son voyage, j’aurais aimé qu’elle
ne soit pas enceinte pour profiter d’elle ici. Ah la vie !
A suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 16
Des jours et des semaines s’enchaînent laissant parfois des souvenirs et des regrets. Le
temps s’écoule sous les yeux du couple EBONGUE, leur donnant la pression sur le voyage
de leur fille.
Doriane a effectué sa première échographie il y a une semaine et tout s’était bien passé. Ça
fait près d’un mois qu’elle n’a pas vu son petit ami. Elle pense à lui tous les jours mais craint
de se rendre chez lui et se faire surprendre par ses parents au cas où ils auraient engagé
des personnes pour la surveiller et sa copine Vera n’étant pas dans la ville pour encore lui
prêter le téléphone de sa grand-mère elle reste sans nouvelle.
_ Pourquoi je ne suis pas étonnée, ça vous ressemble bien de fuir vos responsabilités
devant les gens. On va voir la fille de l’avocat EBONGUE avec le gros ventre, alors qu’il se
vante partout avec sa femme qu’ils éduquent bien leurs enfants.
_ Tu as fini ?
_ Je dis la vérité. Et comme toujours tu l’envoies chez ta belle-sœur parce que tu n’as pas
de sœur ? Ah j’oubliais, tes propres sœurs ne sont pas en Europe comme celles de ta
femme.
_ La dispute que tu cherches tu ne l’auras pas. Je vais te faire un transfert d’argent pour
l’oncle, tu as encore besoin d’autres choses ?
_ Non, il n’en a pas besoin. Il va refaire sa vie comme si Doriane n’avait jamais existé. Et s’il
te plait ne parle pas du voyage à quelqu’un ni à Doriane elle n’est pas encore au courant.
_ C’est comme tu veux de toutes les façons mon avis ne compte pas. En envoyant les sous
de ton oncle tu ajoutes mon argent de transport.
Monsieur EBONGUE ne veut pas prendre le risque que tout le monde soit au courant de la
grossesse de sa fille encore moins pour son voyage. Il sait pertinemment que cette
grossesse, qu'elle soit ici ou à l’extérieur, finira par se savoir mais pour le moment il compte
garder le secret assez longtemps. Chaque jour qui passe madame EBONGUE revient du
travail avec des vêtements et chaussures de sa fille qu’elle achète et garde dans sa
chambre. Ayant bénéficier de l’appui de son frère, l’ambassade ne tardera pas à lui accorder
le visa.
Doriane est à la cuisine, elle fait le repas en chantant. Camile arrive de l’extérieur.
_ Hein, un garçon ?
Doriane sait qu’il s’agit de Angelo. Elle se lave les mains et sort rapidement. Angelo s’est
camouflé dans les feuillages d’un manguier près de la maison des voisins. Doriane le
retrouve.
_ Eh bébé !
_ Bonjour ma chérie, j’espère que tu n’es pas fâché du fait que je sois venu jusqu’ici, tu me
manquais trop.
_ Mais non ça ne me dérange pas. Moi aussi je voulais te voir. Alors c’est comment ?
_Comment ça beurk ?
_ Bah je n’ai pas aimé sinon le bébé va bien, le médecin m’a prescrit les remèdes que ma
mère a acheté, je suis à 4 mois déjà.
_ D’accord je suis content que tout aille bien, tu as déjà un peu de rondeur et ton ventre
pousse légèrement. Bientôt j’aurais un téléphone ma mère me l’a promis, là tu pourras
m’appeler sans plus passer par ma mère.
_ J’ai hâte parce que rester sans de tes nouvelles m’attriste souvent.
_ Elle veut que j’aille à Yaoundé passer les vacances chez mon oncle, depuis je boude je
n’ai pas envie d’y aller.
_ Ça ne serait pas mal de changer d’air. Bref si tu veux y aller vas-y ça serait plus facile pour
moi de t’appeler sur le téléphone d’un cousin.
Angelo regarde de gauche à droite pour se rassurer qu’aucune voiture n’arrive et disparaît.
Doriane retourne à ses casseroles avec un large sourire. On aurait dit que Angelo avait lu
dans ses pensées, qu’il a su qu’elle désirait le voir.
Le temps s’écroule comme une rivière qui coule sans fin. Doriane a obtenu son visa, une
information qu’elle ne sait pas encore. Ses parents accélèrent les achats dont elle aura
besoin. Lors de ses achats, madame EBONGUE a succombé aux vêtements de bébé
qu’elle a pris pour mettre dans la valise de sa fille. Son billet déjà acheté, il est temps pour
eux d’en parler à leur fille. C’est ce soir après le dîner que ses parents décident de l'
informer dans leur chambre où elle a été appelée.
_ Ta mère et moi avions pris une décision pour la suite de tes études et la naissance du
bébé.
_ D’accord il s’agit de quoi ?
_ Non Doriane ce n’est pas une blague. Cette valise que tu vois là est la tienne ta mère a
déjà mis tous les vêtements dont tu auras besoin dedans, elle a même fait un peu de
layette.
_ Papa je ne peux pas partir maintenant, non je ne peux pas et je ne veux pas. Mais
pourquoi vous ne m’avez pas demandé mon avis, pourquoi il faut toujours que vous décidez
tout pour moi.
_ Mais parce que tu es notre fille, lui répond sa mère, et nous voulons ton bien. Tu seras en
France avec ton frère, ça devrait te plaire.
_ Non maman ça ne me plait pas. Que faites-vous de Angelo, je vais accoucher loin de lui ?
Il ne va pas reconnaitre son enfant papa.
_ Arrête de faire la gamine et écoute nous, cri monsieur Richard. Nous n’avons rien à
donner à ce garçon et tu ferais mieux de l’oublier. Doriane nous sommes en train de sauver
ta vie, sauver tes études et ton avenir ce n’est pas un jeu, ce n’est non plus la peur
d’affronter ce garçon parce que tu sais que si ça ne dépendait que de moi je l’ai déjà mis
derrière les verrous. Il s’agit de ton avenir, tu seras mieux là-bas et c’est non négociable.
_ Papa s’il te plait je ne veux pas partir, accorde moi une autre chance je veux accoucher ici
je ne vais pas aller à l’école personne ne saura que j’ai accouché.
Doriane fronce les sourcils, elle se lève et quitte la chambre de ses parents. Ces derniers
peuvent l’écouter frapper à sa porte avec violence.
_ Bah on n’a fait ce qu’on avait à faire, nous n’avons rien à nous reprocher, c’est pour son
bien.
_ Et merde !
_ Je ne sais pas, allons la chercher, prend la torche. Camile reste ici tu fermes la porte
derrière toi tu n’ouvres pas si ce n’est pas nous ou Doriane tu as compris.
_ Oui papa !
Le couple EBONGUE s’empresse de sortir. Ils préfèrent laisser la voiture et chercher leur
fille à pied aux alentours de la maison. Madame EBONGUE se rend chez la voisine et
constate qu’il n’y a personne, la maison est vide. Elle ne sait plus aller.
_ C’est ce qu’on cherche à découvrir. S’il te plait reste aux aguets si elle arrive chez toi
préviens moi.
_ Comment tu veux que je ne m’inquiète pas, regarde l’heure qu’il fait ma fille est partie où ?
eh Seigneur !
Maman Ebeny va demander qui cogne et le policier se présente lui ordonnant d’ouvrir. Toute
surprise, elle ouvre la porte et est surprise de trouver le couple EBONGUE devant sa porte.
_ Il se passe que Maître EBONGUE recherche sa fille, si elle est ici je vous ordonne de la
faire sortir rapidement.
_ Doriane a disparu ?
_ Je ne sais pas où elle est, je ne savais même pas qu’elle avait disparu.
_ Lâchez mon fils, dit maman Ebeny en venant sortir son fils dans les mains de Monsieur
Richard.
L’inspecteur ne se fait pas prier et commence à fouiller. Angelo est très inquiet, il a bien
envie de demander ce qui s’est passé pour que Doriane s’échappe de la maison.
L’inspecteur ne trouve aucune trace de la jeune fille.
_ Elle doit forcément y être. Eh jeune homme si tu ne me dis pas tout de suite où se trouve
ma fille je te jure que je vais t’enfermer.
_ Angelo pardon, lui dit sa mère, si tu sais quelque chose dis leur, il s’agit de la vie d’un
enfant regarde sa mère qui est déboussolée pardon mon fils dis leur.
_ Maman je te jure que je ne sais pas et moi-même je suis inquiet. Je ne suis même pas
sorti de la maison aujourd’hui. Monsieur EBONGUE je vous promets que je ne sais rien.
_ On va la retrouver chérie calme toi. Angelo tu sais où elle peut être ? Chez une amie ?
_ Non monsieur je ne sais pas. Elle n’a pas d’amie à part sa voisine que je ne connais
même pas.
_ Ok euh chef on doit poursuivre les recherches. Chérie calme toi on ne va pas la retrouver
si tu commences à pleurer très tôt.
_ Tu as écouté ce qu’elle a dit à Camile, qu’elle va se tuer Richard, je vais mourir s’il lui
arrive quelque chose.
_ Oui c’est ce qu’elle a dit à son frère, rétorque monsieur Richard, et tout ça c’est de ta
faute.
_ A la falaise.
Le couple s’engouffre dans la voiture de l'inspecteur, ils s’en vont. Angelo veut les suivre, sa
mère l’en empêche.
_ Non maman je dois être là, elle peut être en danger. Maman s’il te plait.
_ D’accord allons-y alors. Attends je me change pendant ce temps cherche une moto.
Le couple EBONGUE arrive dans ce lieu dangereux qu’on appelle « la falaise ». Ils montent
jusqu’au sommet et découvrent l’impensable. Leur fille s’y trouve assise au bord de cette
falaise à cette hauteur qui pourrait faire peur à n'importe qui. Elle a les pieds dans le vide et
pleure à chaudes larmes. Son père s’approche d’elle.
_ Ma chérie !
_ Je préfère mourir que de partir, vous ne m’aimez pas vous ne m’avez jamais aimé.
_ Ma chérie pitié ne me fait pas ça, implore sa mère qui s’est mise à genoux pour supplier
sa fille.
_ Regarde ta mère ma puce tu ne vas pas la rendre malheureuse toute sa vie. S’il t’arrive
quelque chose elle ne s’en remettra pas et moi non plus. Ne fait pas de bêtise et vient.
Laisse-moi venir te chercher.
Doriane se met à crier ce qui éloigne son père et amplifie les pleurs de sa mère. Angelo
arrive avec sa mère, la scène qui se présente devant eux est alarmante. Il se dépêche de se
rapprocher d’elle alors que monsieur Richard l’en a empêché. Angelo n’a pas peur, il sait
qu’elle ne fera rien si c’est lui et effectivement Doriane accepte son rapprochement. Il
s'accroupit devant elle et lui dit :
_ Ils veulent me faire voyager pour la France, comme ça d’un coup sans demander mon
avis. Je ne veux pas y aller.
_ Bébé on savait que ça allait finir comme ça, on n’y peut rien. Voilà ma mère qui m’envoie à
Yaoundé. C’est fini pour nous.
_ Ce n’est pas grave parce que je suis sûr qu’on va se retrouver un jour. Écoute, va en
France, tu seras bien là-bas, tu seras avec ton frère, tu vas t’amuser et surtout tu ne vas
plus supporter les cris de tes parents. Regarde ta mère, elle va mourir si tu tombes en bas,
d’ailleurs pourquoi sauter alors que dans 5 mois tu vas accueillir notre bébé, tu ne veux pas
le voir ?
_ Si !
_ Alors pourquoi tu veux tout gâcher ? Je crois que c’est la dernière fois qu’on se voit. J’irais
à Yaoundé demain et toi tu vas prendre l’avion. Sache que je ne vais jamais t’oublier et je
vais te chercher. Tu gardes le numéro de ma mère et une fois là-bas tu l’appelle elle va te
donner mon numéro d’accord.
_ D’accord.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 17
Le couple EBONGUE est assis au salon avec leur fille. La tension dans la pièce est palpable
comme si tout le monde attendait que quelque chose se passe. Les parents peinent à dire
un mot, on a l’impression qu’ils ont subitement perdu la parole. Ils sont sous le choc,
essayant de comprendre ce qui a bien pu se passer dans la tête de leur fille pour qu’elle en
arrive là. Ils sont apeurés pour son avenir, pour sa santé mentale et pour sa sécurité. Ils se
sentent impuissants comme s’ils étaient face à un ennemi commun, un ennemi qui est leur
propre fille. Le père et la mère échangent des regards inquiets, le regard de madame
Marlyse est encore anxieux et troublant au point où son mari se dit qu’elle va encore pleurer.
Il regarde sa fille, elle a baissé la tête et semble être perdue dans ses pensées et ses
émotions. Il est déjà minuit en cette soirée, monsieur Richard décide de briser le silence.
_ Doriane va te coucher.
La jeune fille qui s’attendait à ce que ce dernier lui envoie une avalanche de reproches est
étonnée qu’il lui dise tout simplement d’aller se coucher. Elle ne se fait pas prier et s’en va
rapidement. Par contre madame Marlyse n’est pas d’accord avec son mari et le manifeste.
_ Mais chéri on devrait lui parler, ce qui s’est passé est grave.
_ Oui je sais. On le fera demain, il se fait tard et elle a besoin de se reposer et toi également.
Ecoute chérie cette journée a été très mouvementée, nous sommes passés par toutes les
émotions possibles autant bien pour Doriane que pour nous, nous avons besoin de repos et
remercier le ciel qu’elle ne soit pas allée au bout de ses envies. Allez viens, tu vas prendre
une douche et te coucher.
_ D’accord.
Le couple va dans leur chambre, chacun encore émoustillé par ce qui s’est passé. Penser
que ce jour ils auraient pu perdre leur fille les effraie. C’est dans cette angoisse qu’ils ont
passé la nuit. Madame Marlyse s’est levée très tôt ce matin. Elle n’a vraiment pas dormi
comme elle aurait voulu, la scène de sa fille assise au bord de cette falaise les pieds dans le
vide lui a donné des sueurs froides. Elle a envie de parler à sa fille, un tête à tête, ce qu'elle
aurait dû faire depuis. Cette phrase qu’elle a dite la nuit dernière « vous ne m’aime pas » la
fait beaucoup de mal.
Doriane est éveillée, elle est restée allongée dans son lit, les yeux ouverts, elle contemple le
plafond. Ses pensées sont tournées vers Angelo, elle pense que c’était bien la dernière fois
qu’ils se sont vus. Cela lui fait du mal. Sa porte s’ouvre sur sa mère. Doriane se redresse et
garde le drap sur elle.
_ Bonjour !
_ Bonjour maman.
_ Tu as bien dormi ?
_ Un peu.
Sans attendre de réponse, sa mère prend place à ses côtés. Elle affiche une mine timide ce
qui montre à Doriane qu’elle n’est pas là pour lui crier dessus mais pour dialoguer, ce qu’elle
aurait dû faire depuis.
_ Mais à quoi as-tu pensé ? dis-moi parce que ton père pense que tu devrais voir un
psychologue.
_ Non pas de médecin maman je vais bien. J’ai eu peur hier, j’étais décontenancée, je ne
voulais pas partir comme ça sur le coup.
_ C’est ce garçon qui te retient ici ? Doriane tu sais que tu n’as pas d’avenir avec ce garçon,
d’ici l’année prochaine il aura trouvé une autre fille à aimer et embrouiller comme il a fait
avec toi. Tu as seize ans Doriane et ce garçon dix-sept je crois tu crois vraiment que vous
allez grandir ensemble et vous marier par la suite, ça n’existe que dans les films. Tu es plus
intelligente que ça ma fille, oublie ce garçon et pense à ta vie, ne la gâche pas pour un
homme qui dépend encore de sa mère, un homme qui ne sait même pas comment on
s’occupe d’un bébé, il ne saurait même pas prendre soin de toi. J’ai misé gros sur toi ma
fille, je ne peux pas te voir gâcher ta vie et je reste sans mot dire. Tu mérites mieux, Dieu te
réserve le meilleur et tu l’auras. Tu m’écoutes ?
_ Oui maman !
_ Pardon ma fille oublie le et concentre toi sur tes études. Tu vas voyager demain,
commencer une nouvelle vie là-bas chez ta tante avec ton frère à tes côtés, s’il te plait prend
ton avenir au sérieux et devient la grande femme que je vois sommeiller en toi.
_/Très bien. Euh on va trier ensemble les vêtements que tu vas prendre, juste un peu parce
que je t’en ai déjà acheté, aussi les chaussures. Là-bas ta tante va compléter.
_ Oui mais tu vas suivre les cours en ligne pour ne pas perdre une année. Et l’année
suivante tu iras en classe de terminale. Mais pour cela il faut beaucoup travailler.
_ Mais bien sûr. Je serais la première à porter ton enfant, ton père et moi serons là ne
t’inquiète pas.
Doriane semble satisfaite par les réponses de sa mère. Par ce départ brusque elle avait cru
que ses parents se débarrassaient d’elle or ce n’est pas le cas. Ils veulent qu’elle réussisse
loin de cette ville qui l’a détruite. Ça la rassure de savoir que ses parents seront présents
lors de la naissance de son bébé.
_ Pendant que je vais au marché chercher les aliments que ta tante à demander tu vas faire
le tri que j’ai demandé et prendre ton sac à dos dans lequel tu mettras des effets personnels.
Livres, cahiers, bijoux, bref tout ce que tu voudras d’accord.
_ D’accord maman.
Madame Marlyse qui est elle aussi satisfaite de la conversation qu’elle vient d’entretenir
avec sa fille, peut aller faire ses courses sans crainte. Elle a ressenti ce que son mari avait
ressenti lorsqu’il lui a raconté sa discussion avec leur fille. Elle s’est sentie un peu plus
proche d’elle ce qui lui a fait du bien.
Doriane commence à ranger ses affaires tel que sa mère lui a demandé. Pendant qu’elle se
plie à la tâche, sa tante arrive et se jette dans ses bras.
_ Mon bébé comment tu vas, tu n’as rien ?
_ Mais tu nous as fait peur. Ne refais plus jamais ça, est ce que tu as compris ? Mais qu’est
ce qui s’est passé dans ta tête ?
_ Oh que si jeune fille, tu sais très bien ce que tu faisais. Si tu voulais attirer l’attention sur
toi, je crois que tu as réussi. J’espère pour toi que ce n’est pas à cause de ce garçon parce
que vous les petites filles dès que vous êtes amoureuses vous ne réfléchissez plus. Pense à
ton avenir c’est ça l’important, ce garçon va chercher une autre copine d’ici la rentrée tu
verras.
_ Et pour une fois je suis d’accord avec elle. C’est comme ça que les jeunes font, ils veulent
explorer toutes les filles donc fait attention.
_ J’ai compris tata, quoi que je fasse il ne sera jamais accepté ici mais il doit au moins être
au courant de son bébé.
_ D’accord ma puce. Tu vas me manquer. Laisse-moi aller discuter avec ton père, je te
reviens.
C’est une bonne ambiance qui règne chez les EBONGUE. Le couple met tout en œuvre
pour rendre leur fille joyeuse avant son départ. Madame Marlyse a braisé du poisson qu’ils
ont mangé tous ensemble devant le petit écran tout en se racontant des anecdotes de leur
enfance. Les enfants sont détendus et très surpris de constater que leurs parents qui ont
toujours été effacés et silencieux se lâchent ce soir sans retenu, ils adorent et profitent de ce
moment. Avant de se coucher madame Marlyse vérifie les affaires que sa fille a apprêté
qu’elle classe dans sa valise ensuite elle va prendre son sac à dos et vérifie tout ce qu’elle a
mis à l’intérieur. Dans une petite poche à l’intérieur du sac, elle sort un bout de papier qu’elle
déplie. Elle va le montrer à son mari.
_ Hum c’est écrit : numéro de maman Ebeny, c’est la mère de ce garçon donne-le moi je
vais le jeter, elle n’en a pas besoin, ou bien ?
_ Bien sûr qu’elle n’en a pas besoin. On fait ça pour son bien, nous n’avons rien à nous
reprocher.
_ Rien du tout. Quand elle sera plus grande elle comprendra et elle va même nous
remercier. Vérifie encore bien dans les cahiers qu’elle a pris s’il n’y a pas ce numéro écrit
quelque part.
C’est ainsi que Doriane qui, croyant voyager avec le numéro de la mère de son petit ami
pour le joindre une fois arrivé, se retrouvera sans aucune nouvelle de lui et de son côté il
attendra son appel en vain.
Les parents sont debout dans le hall de l’aéroport, entourant leur fille de leurs bras comme
s’ils voulaient la retenir prisonnière. Monsieur Richard serre les mains de sa fille comme s’il
ne voulait pas qu’elle parte. Sa voix est étranglée par l’émotion quand il lui donne des
conseils de dernière minute, notamment ce qu’elle fera lorsqu’elle arrivera, son attitude
devant les étranger, le lieu où elle va rester pour attendre que son frère ou sa tante vienne la
chercher et plein d’autres conseils dont elle aura besoin. Madame Marlyse quant à elle
caresse les cheveux de sa fille comme si elle voulait graver chaque détail de son visage
dans sa mémoire. C’est très difficile pour elle de voir son bébé partir. Le moment des au
revoir est arrivé, les parents doivent se résigner à laisser partir leur fille.
_ Chérie peut-être qu’il faut lui donner un téléphone elle peut se perdre une fois là-bas.
_ Comment ça elle va se perdre, est ce que c’est un enfant ? Ta sœur va suivre son vol en
ligne et saura lorsqu’elle va atterrir elle viendra la chercher.
_ Marlyse arrête de faire peur à l’enfant, son frère était allé seul, il ne s’était pas perdu.
_ Ça va aller maman, tata va me retrouver au lieu où vous m’avez indiqué. Je crois que je
dois déjà y aller, on embarque.
Un dernier câlin et Doriane s’en va. Ils la regardent s’éloigner les yeux pleins de larmes
comme s’ils perdaient un morceau d’eux-mêmes. Ils restent là debout immobiles jusqu’à ce
que Doriane disparaisse de leur vue. Puis ils se retournent l’un vers l’autre et se prennent
dans les bras comme s’ils cherchaient du réconfort. Ils savent que leur fille va commencer
une nouvelle aventure, une meilleure vie et un meilleur avenir, mais ils ne peuvent
s’empêcher de se sentir un peu perdu sans elle, sans leur unique fille. La vie à la maison ne
sera plus pareil. Camile resté seule aura une nounou qui va prendre soin de lui après son
retour des classes. C’est toute l’organisation de la maison qui va être chamboulée. Il va
falloir du temps pour que la famille s’habitue à l’absence de leur fille et sœur et s’adapte à la
vie sans elle.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
AUTEUR NATHALIE FLORE
Chapitre 18
Doriane a donné naissance à une belle petite princesse qu’elle a nommée Alida. Depuis
l’arrivée de cette fleur dans la famille EBONGUE, ils ont oublié tous ce par quoi ils sont
passés, les ragots dans la famille, les jugements des uns, les moqueries des autres. Une
chance que leur fille était loin de tout ça, sa tranquillité n’a jamais été affectée. Doriane a
bravé non seulement par la naissance de sa fille mais également par son travail
remarquable à l’école. Elle a brillamment réussi son examen et poursuit ses études dans
l'architecture.
Cinq longues années se sont écroulées depuis qu’elle a quitté son pays natal et Eseka sa
ville de résidence et pour la première fois depuis cinq ans, elle va revenir chez ses parents
leur présenter Patrick, un bel étalon de vingt-huit ans qui désire faire d’elle sa femme.
Doriane sent qu’elle est prête pour le mariage, elle est prête à fonder une famille et devenir
la grande femme que ses parents ont toujours souhaité pour elle.
Le couple EBONGUE qui vit dans leur propre maison depuis deux ans, se prépare à
recevoir leur fille et fils aîné, leur beauf fils et leur petite fille. Camile qui a dix-sept ans a
longtemps attendu ce jour où il verra sa sœur et son frère car cela faisait bien longtemps
qu’ils s’étaient séparés.
La grande maison du couple nouvellement construite comporte plusieurs chambres et un
jardin derrière idéal pour des soirées en famille et également un espace paradisiaque pour
prendre de l’air. Une grande barrière entoure la grande maison ne permettant pas aux
voisins et aux curieux de les épier.
Madame EBONGUE est encore à la cuisine alors que son mari est allé chercher sa famille
dans la ville de Douala où leur avion a atterri. Elle appelle son fils qui arrive.
_ Oui maman !
_ Ok dès que je finis ça. Commence à mettre le vin au frigo et sort les verres à pied. Euh j’ai
encore oublié quoi, nettoie le sol.
C’est un grand jour pour madame EBONGUE qui veut que tout soit parfait. Après qu’elle ait
achevé la cuisine, elle est allée faire les lits de ses convives avant d’aller elle aussi
s’apprêter.
Doriane arrive dans la nouvelle maison familiale de ses parents pour la première fois. La
petite fille qui autrefois était une enfant malicieuse et insouciante est devenue une jeune
femme élégante et confiante. Ses yeux brillent d’une lumière nouvelle et son sourire rayonne
son visage. Ses cheveux qui étaient autrefois bouclés et désordonnés, sont maintenant
lisses et soyeux encadrant son visage d’une manière qui met en valeur ses traits délicats.
Sa peau est douce et radieuse comme si elle avait été caressée par les rayons du soleil.
Doriane avance tout lentement vers la maison en savourant l’air qu’elle respire, une aire
qu’elle a reconnue et qui lui a manqué. Sa silhouette qui autrefois était mince est maintenant
féminine et gracieuse avec des courbes douces et des lignes élégantes. Elle se tient droite
et fière, fière de revenir dans cette ville qui l'a vue naître, fière de revenir la tête haute sans
aucun regret ni complexe. Doriane porte ses vêtements avec assurance et grâce. Son style
raffiné et chic met en valeur sa personnalité et son élégance. En la voyant, on ne peut pas
s’empêcher de remarquer la transformation qu’elle a subie, elle est devenue une véritable
beauté au sens le plus large du terme. Elle rayonne de l’intérieur ce qui traduit un sentiment
de paix qui l’envahit. Tendant les bras ouverts vers sa fille, Doriane va se blottir dans les
bras de sa mère qui est très émue de la recevoir à la maison.
_ Hahahaha.
_ Oh mon prince que tu as grandi mais regarde-moi cette barbe tu devrais la couper.
Doriane sourit parce qu’elle reconnaît bien sa mère ; elle ne changera jamais quoi qu’on
fasse. Un jeune homme approche, il porte la petite Alida qui s’est endormie durant le trajet.
_ Soit la bienvenue mon fils, je t’aurais embrassé si tu n’avais pas la fille dans les bras.
_ Je t’en prie. Tu es ici chez toi donc mets toi à l’aise. Euh Camile montre à tonton où il va
coucher l’enfant.
Pendant que Marion et Patrick se changent, Doriane est sous les jupes de sa mère qui
l'entraîne dans sa chambre.
_ C’est mon objectif maman, te rendre fière. Alors tu me fais visiter la maison, elle est
grande, j'aime beaucoup la décoration. Madame EBONGUE aime les bonnes choses.
_ Bah la petite discussion que nous avons eue lors du trajet m’a convaincu. Tu as fait le bon
choix ma chérie, ton père est fier de toi.
Doriane est tellement heureuse de faire la fierté de ses parents, ce tout ce qu’elle avait
espéré. Doriane retrouve son fiancé dans leur chambre, il défait les valises.
_ Je peux savoir pourquoi tu es si heureuse à part le fait que tu sois chez tes parents.
_ Mes parents te kiffent alors que j’avais peur qu’ils me chantent le langage de « tu es trop
jeune, grandit encore, tu n’as que vingt-et-un an » blablabla, mais non ils sont contents.
_ Ah ah ah je LOL.
_ Et pour la grossesse ?
_ Ils ne savent pas et je ne leur dirais rien, tu feras de même. Je ne veux plus vivre ce que
j’ai vécu lorsque j’étais enceinte d' Alida.
_ Chéri faisons comme j’ai dit s’il te plait. Ils sauront ça après ma dot c’est mieux. En parlant
de ça, les tiens arrivent quand ?
Doriane porte une grossesse d’un mois. Elle l’a su quelques jours avant son départ pour le
pays. Elle ne veut rien dire à ses parents de peur qu’ils soient déçus d’elle et n’accepte pas
son mariage. La grande famille est installée à table pour manger. C’est un repas copieux
digne des saveurs du pays. Madame EBONGUE a préparé les plats préférés de ses
enfants, ils se régalent.
C’est un moment agréable qu’ils passent ensemble. Après le repas, Marion a conduit son
petit frère dans la chambre pour lui donner les cadeaux qu’il lui a ramenés. Monsieur
EBONGUE échange au salon avec son beau-fils et Doriane s’occupe de sa fille dans sa
chambre.
Ma puce tu vas rester avec papa je vais faire une course.
_ Oui je ne mets pas long. Allez va voir Mamie si tu as besoin de quelque chose tu lui
demandes ou tu vas voir papa ou tonton, tu en as deux ici ma fille tu es gâtée. C’est qui la
princesse qui a beaucoup de tontons de Mamie et papi ?
_ Qui est ce ?
_ Eh ma fille c’est toi ? Excuse-moi ma vision n’est plus nette, c’est bien toi ?
_ Ah oui tes parents ont construit ailleurs. Ah que ça fait du bien de te voir tu as pensé à moi
merci ma chérie.
_ Oui Vera vit maintenant chez son père à Douala. Tu sais, lorsqu’elle était revenue des
vacances, ton frère lui avait dit que tu as voyagé pour la France, elle avait pleuré.
_ Oh ! Mon voyage était éminent, mes parents m’avaient pris au dépourvu moi-même je
n’étais pas prête. Est-ce que je peux avoir son contact ?
_ Oui bien sûr. Tu vas prendre mon téléphone sur la table et chercher son nom. J’ai les yeux
faibles ma fille.
_ Je suis là avec ma première petite fille et son fils. Ils sont sortis.
Doriane récupère le numéro de sa copine dans le téléphone. Elle passe encore quelques
minutes avec la grand-mère avant de partir. C’est dans la voiture qu’elle lance l’appel en
ligne. Vera décroche.
_ Allô !
_ Eh Vera bonsoir.
_ Attend tu es où ?
_ Je viens de quitter la maison de ta grand-mère, c’est elle qui m’a donné ton numéro.
_ Hahahaha tu ne changes pas toi toujours aussi folle. Je suis là et je t’attends. Tu sais où
mes parents ont construit non.
_ Oui je connais. Demain je fuis l’école ne déballe pas encore ton sac attend moi ma copine
mais je suis fâchée tu es partie sans me dire.
_ Viens on va en parler.
_ D’accord. C’est ton numéro ici non, le long numéro eh ma copine Mbenguiste est venue,
maman mes autres copines vont m’excuser je n’aurais plus leur temps.
Doriane est heureuse d’avoir retrouvé sa copine, elles se sont donné rendez-vous pour
demain. Ça lui ferait plaisir de la savoir à son mariage traditionnel. Doriane démarre pour
rentrer, une voix intérieure lui demande de se rendre chez celui qui était son petit ami à
l’époque, elle n’a plus jamais eu de ses nouvelles et voudrait bien en savoir plus surtout qu’il
est le père de son enfant. Elle se rend chez lui. Elle est surprise de trouver la maison croupir
sur des cendres. Les traces d’un grave incendie y sont encore. Elle se rapproche pour
guetter à l’intérieur, la maison n’est plus habitable depuis des lustres. Doriane est peut
curieuse elle veut savoir ce qui s’est passé dans cette maison elle interpelle un monsieur qui
est assis en face et vend des cigarettes.
_ Ah ma fille je ne sais pas grand-chose. Je sais juste que la femme qui vivait ici s’est marié
et ne vis plus là.
_ Et son fils ?
_ Aucune idée. C’est lui qui vivait là quand la maison a pris feu, je n’en sais pas plus vu que
je n’étais pas en ville lorsque ça s’est produit.
Tout ceci ne plaît pas à la jeune fille. Même si elle ne ressent plus rien pour Angelo, il reste
le père de son enfant et le premier homme de sa vie donc tout ce qui pourrait lui arriver la
toucherait particulièrement. Ne sachant plus à qui se renseigner, la jeune fille rentre dans la
voiture et poursuis sa route jusqu’à la maison où elle tombe sur sa tante. Elle va
l’embrasser.
_ Dans mon ancien quartier à la recherche de ma copine. Comment tu vas tata tu as bonne
mine.
_ Tu dis ça pour me flatter j’ai déjà un pied dans la tombe. La vie est difficile ma chérie. Je
suis si contente de te voir mais fâchée parce que tu vas te marier en Europe et non ici.
_ Ce n’est pas de ma faute tata, la grande partie de la famille de Patrick se trouve en France
jusqu’aux deux parents. On va faire la dot ici avec les représentants de sa famille et dans
quatre mois on passe à l’église.
_ C’est même elle qui m’a entretenu mais c’est un perroquet et elle n’a peur de personne.
Elle me parle comme si elle me connaissait depuis.
_ Oui c’est une boule d’énergie. Allons dedans j’ai des paquets pour toi.
Doriane croit bien que son séjour de deux semaines ne sera pas de tout repos, elle ira de
visite en visite, préparation du mariage traditionnel sans repos jusqu’à son départ.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
CHAPITRE 19
Chaque coin de cette ville, chaque maison, chaque herbe rappellent à Doriane son enfance.
Elle prend du bon temps chez ses parents, elle respire une aire conviviale, une aire qui lui
rappelle qu’elle est chez elle, qu’elle est en sécurité.
Assise au jardin, elle prend de l’air en manipulant son téléphone. Camile arrive avec une
bonne nouvelle.
_ Mais non ça te va très bien, tu es parfaite. Et ton teint olala mbeng t’a lavé oh.
_ Hahahaha arrête, tu me mets mal à l’aise. Toi non plus tu as changé, tu es autant plus
belle que moi.
_ Ce matin même et je suis venue directement ici ma grand-mère va me voir après, je vais
passer la journée avec toi si tu es disponible bien sûr.
_ Bien sûr, je me sens même seul ici. Allez viens avec moi je vais te présenter mon mari.
_ Ne fait pas cette tête on dirait que j’ai dit une bêtise, bon mon fiancé. Vient avec moi.
Doriane tient la main de sa copine et l'entraîne au salon où Patrick se trouve.
Chéri vient je te présente une amie.
_ Je suis ravie de te rencontrer et malheureusement elle ne m’a pas parlé de toi, elle avait
disparu.
_ Très bien merci et toi ? J’espère qu’on peut se tutoyer parce que vous les mbenguiste là…
_ Hahaha oui ça ne me dérange pas. Euh chérie, pendant que tu vas discuter avec ta
copine moi je vais aller faire des courses avec ton père.
_ Oui je serais là. Doriane c’est mon pied aujourd’hui, je me suis déplacée uniquement pour
elle.
_ Oui elle est belle et spacieuse. Attends je vais nous chercher quelques choses à grignoter
et à boire.
Doriane s’en va à la cuisine et prend un plateau dans lequel elle met tout ce dont elles
auront besoin pour accompagner leur tête à tête. Sa mère qui l’a voit sortir l’interpelle..
_ C’est Vera.
_ Quoi ? Vera cette fille qui habitait dans notre ancien quartier là ?
_ Oui elle-même.
_ Je ne savais pas que tu avais gardé le contact avec elle. Et pourquoi elle est ici ?
_ Comment ça pourquoi maman c’est mon amie ou bien je devais te demander ta
permission avant de l’inviter.
_ Oui pourquoi pas, j’ai le droit de savoir qui entre chez moi.
Doriane n’est pas étonnée que sa mère n’ait pas changé d’opinion concernant sa relation
avec Vera. Elle n’est pas du genre à changer lorsqu’elle se fait une opinion sur une
personne et elle garde toujours cette mauvaise manière de vouloir imposer ses opinions aux
autres malheureusement pour elle, Doriane n’a plus cet âge là où elle se laissait guider par
sa mère, aujourd’hui elle prend ses propres décisions et les assumes. Doriane apporte le
plateau à sa copine.
_ Oui !
_ Bah comme d’habitude, elle ne changera jamais quoi qu’on fasse. Heureusement que je
suis déjà une grande fille.
_ Ah ça ! j’ai cru que je n’allais jamais te revoir. Quand ton frère m'a dit que tu es partie en
France j’ai pleuré je te dis. Mais pourquoi tu ne m’as pas dit ?
_ Moi-même je ne le savais pas. Mes parents me l’avaient annoncé à moins d'un jour de
mon départ, tu imagines un peu.
_ Ah je comprends.
_ Oh c’est gentil.
_ Demande à tonton Camile qu’il le prenne dans ma petite valise il te donne. Et tu restes
tranquille ne sort pas c’est compris.
_ Oui maman.
_ Oui c’est une boule d’énergie, elle parle plus qu’une radio.
_ Cinq ans, tu es partie d’ici il y a cinq ans, ça veut dire que…non je n’y crois pas.
_ Attend Doriane tu veux me faire croire que tu étais enceinte quand nous étions en classe
de Seconde ? Mince c’est pas possible. Pourquoi tu ne me l’avais pas dit ?
_ Parce que j’avais honte. J’étais la fille dont tous les parents prenaient pour exemple,
intelligente, assidue, posée, bref tous les qualificatifs que vous m’avez donnés, j’avais honte
de te dire que derrière ce visage de fille innocente se cachait une fille qui connaissait déjà
l’homme, je ne voulais pas que tu me juge, que tu me regardes comme mes parents l’ont
fait. C’était une période vraiment difficile Vera.
_ Je suis désolée ma sœur je ne peux même pas imaginer ce que tu as pu vivre avec tes
parents. Et son père, il était dans le même collège que toi ?
_ Oh au lycée avec moi. Connaissant bien tes parents, ils n’ont pas accepté le gar ou alors il
avait disparu.
_ Angelo n’a pas disparu, il était là et me soutenais, seulement que mes parents se sont
arrangés à ce qu’on se perde de vue et jusqu’à présent je ne sais pas où il se trouve.
_ Oui c’est louable. Tes parents n’ont pas rejeté Patrick ? Ah quelle question, il ressemble à
un homme riche comment ils vont le rejeter.
_ Vera mes parents ne sont pas intéressés, c’est vrai qu’ils veulent le meilleur pour leur
enfant mais pas au point de m’empêcher d’épouser un homme tout simplement parce qu’il
n’est pas riche. S’ils refusaient Patrick je crois que c’est en ce moment qu’ils allaient
comprendre que non seulement j’ai grandi mais je suis la seule à faire mon choix concernant
ma vie sentimentale. Je suis arrivée en France avec des objectifs bien précis. J’ai mis mon
épanouissement de côté pour leur prouver que le fait d’avoir eu un enfant ne va aucunement
me freiner dans mes études. Vera je travaillais comme une folle, le niveau là-bas est très
élevé donc il fallait que je me mette au travail. Quand j’ai connu Patrick nous avons fait plus
d’un an avant de passer à l’acte, je ne voulais pas de relations intimes, j’avais cette frayeur
de retomber enceinte. Ça m’avait traumatisé. Donc si mes parents refusaient Patrick j’allais
les envoyer balader parce que j’ai mis mon épanouissement en pause pour eux.
_ Merci ma puce. Et toi parle-moi de toi, qu’est-ce que tu fais, es-tu en couple et ça se passe
comment chez ton père et sa femme ?
_ Ah ma puce ma vie est aussi vide qu’un verre. Ça va bien chez mon père j’ai fini par
m’entendre avec ma belle-mère comme tu avais dit c’est ma mère qui me menait en bateau.
Notre relation est au beau fixe. Concernant mes études j’ai eu un BTS en journalisme et je
continue au niveau 3. J’ai un petit ami et je ne suis pas sûr qu’il soit le bon, je ne suis pas
vraiment amoureuse.
_ D’accord ma belle. Le bon viendra. Viens dans ma chambre je vais te montrer tout ce que
j’ai ramené tu pourras choisir ce que tu voudras.
Doriane amène sa copine dans sa chambre, sa fille est couchée et joue sur sa tablette.
_ Mais j’étais déjà ici avant toi maman c’est plutôt toi qui doit me laisser seule.
_ Quoi ? déjà ?
_ Non en fait c’est le mariage traditionnel, la dot. On va se marier en France dans quatre
mois.
_ Ce n’est pas grave de toutes les façons ça sera un mariage simple avec uniquement la
famille. J’espère que tu seras à la dot avec ta grand-mère. D’ailleurs tu vas m’aider à faire
les courses à Douala.
Doriane profite de sa copine, elles passent une très bonne soirée à se raconter toutes les
choses qu’elles ont manqué. Avec son fiancé, elle a accompagné Vera chez sa grand-mère.
Lors de leur retour, Doriane qui est au volant sillonne les rues en présentant à son fiancé
chaque coin qu’elle a fréquenté. Elle fait un détour dans son collège passant vers la maison
abandonnée où elle attendait son petit ami, la vieille maison y est encore recouverte
d’herbes, ça lui rappelle des souvenirs. Doriane se gare devant le portail du collège, ils
sortent.
_ Voilà chéri je te présente mon collège où j’ai fait mes premiers pas.
_ Ouais beaucoup.
_ Tu as cherché à le rencontrer ?
_ Euh un peu.
Doriane reprend le volant, ils s’en vont. De tout le trajet jusqu’à la maison, son fiancé la
boudé. Il arrive, sort de la voiture sans mot dire et entre. Doriane gare bien la voiture de sa
mère au parking et entre aussi. Seule sa mère se trouve au salon.
_ Maman tu es seul ?
_ Marion a amené les autres au centre de loisir et ton père est allé chez sa sœur, il a une
réunion là-bas avec ses oncles pour préparer ton mariage. Patrick est entré ici en furie tout
va bien ?
_ Pas vraiment, Patrick est fâché parce que je suis allée chez Angelo sans lui dire.
_ Ah ma fille mais à quoi tu pensais avant d’aller là-bas et qu’est-ce que tu es allé faire ?
franchement on dirait que tu ne réfléchis pas quand tu poses tes actes.
_ Son père c’est Patrick. Il l'a bien reconnu à l’état civil non.
_ Oui mais ça fait quoi? Est-ce que tu sais que Alida m’a demandé qui est son vrai père et
j’ai été incapable de lui répondre.
_ Patrick est entré dans ma vie quand elle avait trois ans et elle se posait déjà des
questions. Elle est très intelligente, elle sait qu’il n’est pas son père biologique mais adoptif.
_ Maman !
_ Je suis très sérieuse. En passant, ton père et moi avons pensé que ça serait bien si après
ton mariage tu nous laisses Alida, elle va grandir ici avec nous et tu vas fonder ta famille
avec ton mari qu’est-ce que tu en penses ?
_ J’y ai pensé parce que je veux qu’elle connaisse ses racines, et aussi la famille de Patrick
est très bizarre. Ils n’étaient pas contents lorsqu’il l’a adopté. Je vais en parler avec lui et te
revenir.
_ D’accord ça sera bien pour elle tu ne peux pas la tenir elle va te dépasser. Maintenant va
demander pardon à ton mari avant de faire n’importe quoi.
Doriane veut que sa fille ait une meilleure éducation loin de sa belle-famille qui pourrait la
frustrer pour la simple raison qu’elle ne soit pas du sang de leur fils. Elle veut que sa fille
réussisse dans la vie et seule sa grand-mère peut la tenir pour qu’elle ne se perde pas.
Doriane s’est fait pardonner par son fiancé et ils ont poursuivi les préparatifs de la dot. C’est
en compagnie de sa copine qu’elle sillonne les rues et marchés de la capitale économique
pour faire des achats. Vera est son unique amie qui sera présente lors de la cérémonie. Les
deux amis se sont retrouvés et ne pensent plus jamais à se perdre de vue. Même si la
distance va les séparer, elles resteront en contact.
Doriane a célébré son mariage traditionnel dans la grande cour de son père. Rien que la
famille et les amis proches ont assisté. Ce fut un moment inoubliable pour la famille
EBONGUE et surtout pour le couple qui a une fois de plus fait parler d’eux en bien. Leur
unique fille a épousé un grand homme qui puisse être un Européen. Quatre mois plus tard,
c'était au tour du mariage religieux d’être célébré du côté de Paris et comme Doriane a
convenu avec son mari, ses parents sont rentrés avec leur petite fille. La petite Alida va
désormais grandir avec ses grands-parents. Elle va étudier dans une grande école ou elle
obtiendra ses diplômes. Contrairement à sa mère, Alida fera un parcours sans faute, comme
sa grand-mère pour le plus grand plaisir de sa famille.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 20
Alida est assise dans sa voiture, les mains posées sur le volant. Elle a l’air détendue, les
yeux fixés sur la route devant elle. Elle vient de passer une longue journée loin de sa ville de
résidence et est impatiente de rentrer chez elle prendre une bonne douche.
En arrivant chez elle, elle se gare dans l’allée et coupe le moteur, elle soupire de
soulagement en sortant de la voiture et s’étire les bras en l’air. Après plus de deux heures de
route elle a bien besoin d’un repos. Alida prend son sac à main et sort de la voiture
refermant la portière derrière elle. Elle se dirige vers ce grand immeuble devant elle et
monte au deuxième niveau. La porte n’est pas fermée, elle entre et referme derrière elle.
Une jeune fille de sa tranche d'âge sort d’une chambre.
_ Ah Alida tu es de retour.
_ Je venais aussi d’entrer j’avais envie de faire pipi je courais seulement. Alors c’était
comment chez tes grands parents ?
_ Laisse-moi me débarbouiller une minute, il fait chaud putain, dit-elle en se rendant dans sa
chambre.
A 23 ans, Alida partage son appartement avec sa meilleure amie Aurelle. Leur rencontre
remonte à l’époque où elles étaient à l’école dans la ville d’Eseka. Les deux amies ont
poursuivi leurs études ensemble jusqu’à l’obtention de leur diplôme du secondaire et c’est
dans la ville de Douala qu’elles sont entrées en formation. Aujourd’hui elles sont toutes les
deux employées dans une entreprise, Alida dans une usine pétrolière comme stagiaire tout
en préparant son master et Aurelle qui a choisi médecine exerce comme infirmière. Cela n’a
pas été facile pour les grands-parents de Alida de la laisser partir, de voler de ses propres
ailes, se débrouiller toute seule. Malgré la distance qui les sépare, ils veillent sur elle et Alida
ne manque pas de leur rendre visite au moins une fois par mois. Après avoir pris sa douche,
elle enfile son pyjama et va retrouver sa meilleure amie au salon.
_ Tu as préparé quoi ?
_ Ta grand-mère va mieux ?
_ Ah pas vraiment mais elle tient le coup. Elle est toujours en train de s’énerver alors qu’elle
est cardiaque.
_ Bah il est tranquille, il regarde sa télé et profite du bon temps. Il n’a plus la force de
bavarder, de se plaindre comme sa femme.
_ C’est normal, il est déjà très vieux. Tu veux que je nous commande des beignets bouillis ?
_ Oui ma puce vas-y pendant ce temps j’appelle pour dire que je suis bien arrivée.
_ Ah d’accord je commençais déjà à m’inquiéter. Ta visite m’a fait plaisir mon bébé,
maintenant repose toi demain tu vas travailler.
_ D’accord mamie, tu souhaites bonne nuit à papi. Prends tes remèdes constamment et
essaie de te calmer.
_ C’est ce que tu avais dit la dernière fois et c’est l’ambulance qui est venue te porter
d’urgence. Fais attention à toi bisous.
_ Bisou ma puce.
Alida est très attachée à ses grands-parents, ils représentent tout pour elle. Même si avec
sa mère ce n’est toujours pas l’amour fou, elle sait qu’elle peut compter sur le grand amour
de ses grands-parents. Alida rejoint son amie en attendant leur commande, elles discutent.
_ Ma grand-mère te salue.
_ C’est une blague ou quoi ? Cette vieille femme qui me déteste comme si j’avais volé son
mari ne peut jamais me saluer.
_ Elle ne te déteste pas, elle pense que c’est à cause de toi que je me suis installée ici.
_ Mais pourquoi voudrait-elle que tu restes à Eseka alors qu’il n’y a pas d’opportunité de
travail là-bas. En plus ce n’est pas comme si c’est toi qui me logeait on se loge tous les deux
et on paie nos factures toutes les deux il faut lui dire ça, je ne dépends pas de toi, j’ai aussi
mes jetons.
_ Oui la go tu aimes ça. Petite conversation tu veux déjà monter sur tes grands chevaux.
_ Je le dis parce que c’est ce qu’elle pense et ça va s’étonner qu’elle soit cardiaque avec
toute cette amertume qu’elle traîne dans son cœur, des gens qui ne lui ont rien fait. Si j’étais
un peu plus âgée j’allais lui prendre son mari rien que pour son mal.
_ C’est bon Aurelle laisse comme ça. Tu as passé la journée chez ton mec, n'est-ce pas ?
_ Oui il m’a invité à boire avec ses collègues nous avons passé un bon après-midi.
_ Tu as eu beaucoup de chance avec Blaise, un bon gar, il te garde bien. Moi je suis forte
pour collectionner les vauriens.
_ Ne me fais pas rire Aurelle. Je suis partie hier jusqu’à rentrer il ne m’a pas fait signe tu
trouves ça normal ? Ah non je réfléchis déjà comment je vais le chasser. J’en peux plus des
misérables.
_ Ne l’insulte pas. Tu as cherché à savoir pourquoi il n’a pas fait signe, peut-être qu’il a des
soucis.
_ Je te dis non. Appelle le voir on ne sait jamais, ça ne lui ressemble pas de rester
longtemps sans te faire signe.
_ Allô chérie !!
_ Mais non bébé j’allais le faire à mon retour, vois-tu je suis encore à la réunion avec les
amis.
_ Euh nous sommes au bar pour prendre une séparente. Dès que je rentre je t’appelle
d’accord.
_ Tu ne dis plus rien ? Tu étais convaincu qu’il a un souci alors qu’il boit ses bières avec ses
copines. Tu vois à quel point ma vie sentimentale est un échec. Mais comment je fais pour
toujours faire des mauvais choix. Avant lui c’était le gigolo Wilfried que j’entretenais avec
mon argent et c’est toujours avec mon argent qu’il entretenait sa vraie go, maintenant c’est
un irresponsable franchement ça me décourage on dirait que j’ai la poisse.
_ Alida tu es encore jeune pour parler de découragement et tu n’as connu que deux
hommes. Il en manque une trentaine.
_ Non mais sérieux Alida, Hervé t’aime même s’il ne veut pas grandir.
_ Tu as trouvé le bon mot, grandir. Et pour ta gouverne je ne suis pas si jeune que ça. Ma
mère s’est mariée à 22 ans je te rappelle.
Et ça fait quoi ? Tu crois que tu es obligé de suivre ses pas ? Elle t’a bien accouché à 17 ans
pourquoi toi-même tu n’as pas accouché à cet âge ?
_ Ah tu veux me convaincre de garder Hervé mais je ne le veux plus Aurelle, je mérite mieux
comme ton mec, voilà un bon gar depuis 8 mois que vous êtes ensemble il est présent, il te
soutient c’est un responsable.
_ Donne une chance à Hervé de s’expliquer après tu pourras prendre une décision.
_ Ok !
Les deux amies poursuivent leur discussion devant leur repas qui a été livré. Alida se dit
que, au vu du fait qu’elle soit indépendante, roule dans une voiture offerte par son père, les
hommes l’approchent uniquement pour la dépouiller et ceci réussi à la frustrer. Elle n’a
jusqu’ici jamais connu une relation solide, un amour fort, un sentiment jamais ressenti. Elle
espère à chaque relation que ce serait la bonne mais hélas, d’autant plus que sa copine
après une déception qui lui a fait pleurer comme une madeleine a trouvé l’amour et est
épanouie.
Pendant sa pause, elle s’est rendue dans son restaurant habituel déjeuner avec son petit
ami. Hervé porte un ensemble veste bleue qui lui va bien. Sa taille moyenne et sa
corpulence un peu forte lui donnent l’impression d’être plus âgé alors qu’il n’a que 28 ans. Il
embrasse Alida et lui tire la chaise pour qu’elle s’assoit.
_ Bah je l’ai toujours été hein. Sinon comment tu vas, tu as bien commencé la semaine ?
_ Je dirais oui, sauf la pluie de ce matin qui m’a donné les nerfs.
_ Ce que tu veux.
_ Ça tombe bien tu vas manger des légumes, je te mets sur régime. Comme boisson c’est
de l’eau ne discute pas.
_ Je suis sérieuse Hervé regarde comment tu prends du poids. Tu n’as même pas trente
ans. Laisse la bière.
_ J’ai compris.
Alida passe leur commande avec de l’eau. Le fait que son petit ami ne prenne pas soin de
lui ne lui convient pas. Elle sait qu’il fait semblant lorsqu’ils sont ensemble car une fois seule
ou avec ses amis il revient aux mauvaises habitudes.
_ Il faut qu’on parle de nous Hervé, ça fait quatre mois qu’on se fréquente et je trouve la
relation timide, elle n’évolue pas.
_ Tu voulais qu’elle évolue comment ? Que je te demande en mariage ou que je vienne vivre
chez toi ?
_ Et je mets Aurelle où ?
_ Elle va se chercher ailleurs. Mais ce n’est pas encore le moment j’espère que tu ne
penses pas à ce qu’on emménage ensemble.
_ Je vois comment tu respectes les étapes. J’ai effectué un voyage pour Eseka jusqu’à mon
retour tu ne t’es même pas gêné pour savoir si je suis rentrée, comment vont mes
grands-parents bah rien du tout c’est ça que tu appelles respecter les étapes ? Si tu ne fais
pas de simples petites attentions naturelles lorsqu’on aime sa copine ça veut dire que nous
ne sommes pas sur la même longueur d’onde et ce n’est pas la première fois que j’attire ton
attention. Ça craint !
_ Alida tu te plains trop, je ne sais pas ce que tu veux que je fasse pour que tu saches que
je tiens à toi.
_ Eh bien montre le moi en posant des actes concrets, tu parles trop mais tu n’agis pas,
bouge toi.
_ En même temps ce n’est pas une obligation nous sommes en train de dialoguer.
_ Désolé mais je suis attendu, j’avais un rendez-vous que je ne pouvais pas reporter. Allez à
plus bisou.
Il l’embrasse et s’en va. Alida est étonnée car c’est lui qui a initié ce dîner et c’est encore lui
qui file sans même régler l’addition. Elle sourit pour masquer sa gêne, elle sourit pour ne pas
pleurer de colère. Une fois de plus, il vient de lui démontrer qu’ils ne sont pas sur la même
longueur d’onde. Elle finit son plat, paie la facture et s’en va. Dans sa voiture, elle constate
les appels manqués de sa mère, elle la rappelle.
_ Oui maman !
_ Tu étais occupée ?
_ Euh je ne sais pas encore peut-être. Mais vous pouvez venir aussi.
_ Nous étions déjà là c’est à ton tour. Tes frères te réclament et tu manques à ta mère.
_ Ok je vais voir avec mon emploi de temps si je peux dégoter une permission pour une
semaine.
_ Super ! j’ai cru que ton petit ami allait t’embrouiller le cerveau.
_ Maman ma vie sentimentale m’inquiète. Hervé voit ailleurs j’en suis sûr il a beaucoup
changé. Mais qu’est ce qui ne va pas chez moi, je ne peux pas garder un homme.
_ Eh ma puce ne dit pas ça. Tu es extraordinaire. S’il voit ailleurs tu t’en débarrasse très vite.
Je suis sûr que le bon t’attends quelque part ne perd pas espoir tu es encore jeune pour
désespérer comme ça. Ce mec ne te vaut pas tu m’écoutes ?
_ Oui maman.
_ Tu vaux mieux que lui donc reste dans ton coin, ne l'écris plus, ne l’appelle plus. Prie
comme mamie t’a appris et soit patiente. Tu as parlé de lui à mamie ?
_ Ah maman je vais me placer ou pour dire à mamie que j’ai un petit ami ou même que je ne
suis plus vierge.
_ Ok tu les embrasses et dit à papa que j’ai vu son message je vais lui répondre.
Malgré la distance qui les sépare, Doriane a gardé une belle relation avec sa fille.
Lorsqu’elle désire la voir, elle lui paie son billet d’avion et Alida les retrouve. A 40 ans,
Doriane est femme d’affaire et élève ses 3 enfants avec son mari. La vie de couple n’a pas
été un fleuve tranquille pour eux car jeunes mariés, ils ont fait face à pleins d’embûches
surtout Doriane qui s’est mis à dos sa belle-famille. Une chance que son mari était de son
côté et l’a toujours soutenue. Aujourd’hui le mauvais vent est passé et ils vivent
paisiblement. Son désir profond a toujours été de vieillir avec son mari comme elle voit ses
parents vieillir ensemble.
A suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 21
Aurelle a fini sa journée à l’hôpital. Elle se rend au bureau de Blaise son petit ami.
_ Cc chéri !
_ Je ne l’ai pas fait j’ai fini ma journée et tu sais que mon chef est très gentil.
_ Depuis qu’il t’a fait la cour oui, il est très gentil et stupide.
_ Parce que tu l’as envoyé balader mais il persiste et espère toujours à moins que tu lui
donne des raisons d’espérer.
_ Non du tout. Apparemment tu es encore occupé alors que je voulais qu’on rentre
ensemble.
_ Bien sûr mon amour. Eh dis-moi, Alida sort toujours avec Hervé ?
_ Oh ! je l’ai vu hier avec une fille et il s’avère que cette fille est une ancienne collaboratrice,
elle a effectué son stage ici il y a deux ans. Elle m’a fait savoir que c’est son petit ami.
_ Il ne m’a pas vu. Je l’ai abordé lorsqu’il s’est déplacé. C’est vraiment un con ce type. Ils
sont ensemble depuis plus d’un an.
_ Merci ma puce. Viens d’abord m’embrasser, tu crois que tu vas partir comme ça.
Aurelle va faire un long câlin à son petit ami avant de partir. Elle se demande s’il faille qu’elle
rapporte à sa copine ce que Blaise vient de lui dire. Elle n’a pas envie de la faire souffrir en
même temps elle se dit que c’est mieux qu’elle soit informée pour qu’elle sache enfin sur
quel pied danser. Ça lui fait de la peine de savoir sa copine plonger dans une déception
amoureuse alors que, depuis qu’elle a connu son prince charmant, c'est l’amour fou. Elle
souhaite de tout cœur que son amie vive aussi une telle relation vraie et sincère.
Arrivée chez elle, elle va se changer et entrer à la cuisine. Aurelle choisit de sauter les
pattes, un repas aimé par sa copine et elle. Pendant qu’elle se tue à la tâche, Alida revient
du travail.
_ Ça se voit non je prépare, je nous sauve la vie sinon on va mourir de faim parce que
madame rentre tard.
_ Oh ma petite cocotte, tu sais que je t’adore. Ça mérite qu’on ouvre un vin, tu es partante ?
Alida va prendre sa douche ensuite elle revient sortir le vin du frigo et sert dans les verres.
Aurelle a fini de cuisiner elles s’installent à table pour manger.
_ Non non tout s’est bien passé. Dis-moi Alida si tu vois mon mec en train de me tromper tu
vas me le dire ?
_ Ça dépend si c’est une brute du genre il ne te respecte pas, qu’il touche sur tout ce qui
bouge, qu’il est irresponsable, oui je vais te dire pour que tu t’en débarrasse parce que tu
mérites mieux mais si c’est une belle personne qui t’adore et le montre aux yeux de tous, qui
ne t’a jamais fait du mal qui te protège, te valorise, bref la totale, je ne vais pas te dire mais à
lui oui, je vais lui en parler et lui demander d’arrêter.
_ Hum je comprends c’est logique. Ça veut donc dire que moi je peux te dire si je vois le tien
te tromper.
_ En fait, Blaise m’a dit qu’il a vu Hervé avec une ancienne collègue et elle lui a assuré qu’ils
sont ensemble depuis plus d’un an.
_ Oui je sais et ce mieux je l’aurais. Je vais encore me servir le vin, on doit boire à ce nouvel
échec.
Aurelle a de la peine pour sa copine qui ne mérite pas tout ce que ces hommes lui font. Elle
n’a vraiment pas de chance en amour alors qu’elle est une belle personne.
Quelques jours plus tard, Alida a pris rendez-vous dans un restaurant avec son petit ami.
Elle arrive la première et passe sa commande. Deux plats qu’elle va manger sur place, un
désert, deux plats à emporter et de la salade à emporter également sans manquer de
prendre une bouteille de vin blanc comme elle l’aime. Hervé arrive et prend place en face
d’elle.
_ Je vois ça.
Hervé passe sa commande avec une bière à l‘appui. Tout joyeux, il dit :
_ Euh bébé j’ai pensé qu’on pouvait monter un business tous les deux.
_ Un business tu dis ?
_ Oui on peut acheter une voiture on la met en route comme moyen de transport ça rapporte
bien.
_ Hum c’est une bonne idée. Je vais en parler à ma mère, c'est un petit problème.
_ Bon j’ai fini mon plat c’était excellent. Hervé je t’ai invité ici pour qu’on parle. Je crois que
tu t’es déjà assez payé ma tête comme ça et comme ça ne suffisait pas tu veux ajouter
l’escroquerie non mais tu es culotté hein.
_ Ekieee bébé mais pourquoi tu me parles sur ce ton, qu’est-ce que j’ai fait ?
_ Ce que tu as fait ? Tu te moques de moi depuis quatre mois. Tu crois que je n’allais pas
savoir que tu as une copine, tu es vraiment pathétique.
_ Ecoute chérie si quelqu’un t’a parlé de moi négativement c’est du mensonge, ma copine
c’est toi, je ne te cache rien. Bébé ne gâche pas tout, nous sommes sur le point de monter
une grosse affaire ne gâche pas tout.
_ Monte cette affaire avec ta copine, moi je me casse et ne t’avise plus jamais à me
chercher. Tu es misérable Hervé le peu de respect que j’avais pour toi a disparu. Toi et moi
c’est fini. Et la facture c’est toi qui la gère je passe mon tour.
Hervé essaie de la retenir, elle le repousse, va prendre ses paquets et s’en aller. Hervé ne
fait pas la tête de quelqu’un qui a perdu la femme de sa vie, il fait la tête d’un homme qui
vient de perdre un gros contrat d’affaire. L’appétit pour continuer à manger vient de le quitter,
il n’avait pas vu cette rupture venir. Il fait signe au serveur de lui apporter la facture. Lorsqu’il
la reçoit il s’exclame : « vous avez fait une confusion nous n’avons pas consommer 32 mille.
»
_ Des plats à emporter, non mais cette fille m’a bien eu. Je vais payer par carte bancaire..
C’est avec le cœur lourd que Hervé règle la facture et quitte le restaurant. Pendant qu’il
maugrée des jurons dont il est le seul à comprendre, son ex petite amie se régale chez elle
avec sa copine qui la félicite de l’avoir joué ce sale tour.
Des jours se sont écoulés, Alida n’a pas mal vécu la séparation, tout au contraire ça l’a
beaucoup soulagé. Elle vit bien sa vie de célibataire et n’est pas prête à faire de nouvelles
rencontres. Allongée dans son fauteuil ce soir, on sonne à la porte elle va ouvrir. Alida saute
dans les bras de son grand-père.
_ Oui mais je suis en train de rentrer. Je suis venue suivre un dossier important.
_ Ah papi toi et les dossiers ça ne s’arrêtera jamais. Tu pouvais envoyer quelqu’un le faire,
regarde l’heure qu’il est tu vas rentrer comment ?
_ Non ça va merci tu sais que je suis un régime alimentaire. Ton amie n’est pas là ?
_ Et côté cœur ne me dis surtout pas que tu n’as pas de petit ami c’est entre toi et moi, ta
grand-mère n’est pas là. Allez viens me dire.
Alida va se blottir dans les bras de son grand-père le seul endroit où elle se sent en sécurité
et aimée. Avec lui, elle sait qu’elle peut aborder des sujets sensibles qu’elle ne peut pas
aborder avec sa grand-mère toujours en mode protection.
_ J’ai rompu avec mon petit ami. Il me trompait et en voulait qu’à mon argent. Papi est ce
que je suis riche pour que les hommes me voient comme un porte-monnaie magique.
_ Je vais te surprendre en te disant oui, tu es riche. Combien de filles de ton âge conduisent
une voiture comme la tienne ? Combien travaillent dans une entreprise pétrolière à ton âge
? Combien ont des parents et des grands-parents aisés ? Combien peuvent se permettre de
louer un appartement comme le tien. Regarde où tu vis, un bel immeuble, un parking avec
gardien. Oui tu es riche ma fille.
_ Hum ok ça va alors.
_ Mais je vais te demander de ne jamais entretenir un homme quel que soit l’amour que tu
lui porte. Tu me le promets ?
_ Oui papi je te le promets merci pour tes conseils.
_ Je t’en prie. Tu as un Master à passer, ne l'oublie pas. Je vois en toi un avenir prodigieux
ne le gâche pas en voulant absolument trouver l’amour. Reste tranquille Dieu mettra sur ta
route l’homme qu’il t‘a destiné.
Alida tient le bras de son grand-père et c’est ainsi qu’elle l’accompagne jusqu’à sa voiture.
Elle lui souhaite un bon voyage et retourne chez elle. Cette visite lui a fait un grand bien, elle
avait vraiment besoin d’en parler à un aîné et qui d’autre que son papi pour lui donner des
précieux conseils qu’elle compte bien appliquer.
Le matin c’est pendant qu’elle s’habillait pour le travail que sa copine est revenue, Aurelle se
jette sur le lit de Alida.
_ Ah Alida je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, c’était chaud à l’hôpital, accouchement difficile.
_ Mon grand-père était ici hier, il était de passage. Tu sais qu’il a toujours des dossiers à
gérer.
_ Tu appelles quoi apprécier, il n’y a que ton grand père qui m’aime bien. Quand tu viens
chez mes parents ils te déroulent le tapis rouge voilà comment on apprécie une personne.
_ Ok on ne va pas se disputer pour ça. J’ai parlé de ma relation avec mon grand-père, il m'a
donné de très bons conseils. Je vais rester dans mon coin et s’il faille que j’accepte encore
l’invitation d’un homme que ce soit une personne un peu plus âgée que moi je ne veux plus
d' enfants.
_ Mais non beurk loin de là. Par exemple quelqu’un de la trentaine qui sait ce qu’il veut. Le
tien a plus de trente ans et c’est un homme responsable qui sait ce qu’il veut je pense que
les hommes de cette tranche d’âge n’ont plus rien à prouver, ils ont roulé leur boss et
cherchent à se casser, voilà c’est ma décision plus de gamins autour de moi.
_ D’accord ma belle. C’est toi qui vois. Je vais me coucher, tu passes une bonne journée.
_ Merci !
Aurelle baille, elle quitte la chambre de son amie pour la sienne. Avant de se coucher elle
consulte ses messages et constate que Hervé lui a écrit, elle n’a aucune envie de l’ouvrir et
préfère se coucher. Elle n’a rien à lui dire et ne veut non plus écouter ses pleurs.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 22
Aurelle continue de recevoir des appels et messages de la part de Hervé dans lesquels il
l’invite pour une discussion qu'elle décline poliment. Ce jour après le retour du travail, elle
descend du taxi qui l’a déposé devant son immeuble. Elle est surprise d’y voir Hervé. Ce
dernier qui s’apprêtait à prendre une moto, abandonne et va vers Aurelle.
_ Pour te voir c’est tout un combat. Je viens de chez toi, ta copine est là je le sais mais elle
refuse de m’ouvrir.
_ S’il te plait Aurelle, demande à Alida de m’accorder une seconde chance. Je sais que si
c’est toi elle va t’écouter.
_ Pourquoi je ferais ça ? Est-ce que tu sais que ta vraie go est une ancienne collègue à mon
mec, tu ne savais pas qu’on allait t’attraper maintenant tu viens jouer à celui qui est très
amoureux.
_ Aurelle je ne suis plus avec cette fille, c’est de l’histoire ancienne tu peux me croire. Je
sais que j’ai merdé, Alida est une bonne fille je n’ai pas su le voir quand il le fallait.
_ Ah c’est toi.
_ Oui il est venu sonner je n’ai pas bronché. Vraiment qu’il ne me dérange pas.
_ Fuir pour venir regarder la télé c’est très bien. En passant l’entreprise de Blaise organise
une soirée dansante à l’occasion de l’ouverture d’une agence à Bonaberi et également
primer les meilleurs employés. C’est la semaine prochaine, nous sommes invités.
_ Oh cool ! j’aime ce genre de soirée où il n’y a que de grandes personnes et non des petits
pisseurs au lit qui vont te piétiner.
_ Hahahaha tu as la rage toi. Détends-toi ce n’est pas parce que tu n’as connu que des
vauriens que tu penses que tous les hommes de la vingtaine sont pareils.
_ Alida tu as des valises de vêtements, ta penderie est pleine de robe de soirée tu veux
encore quoi.
_ Je ne peux pas porter une robe deux fois tu le sais. Allons faire les courses c’est tout.
_ Ok on ira samedi matin parce que je vais travailler le soir. Il faut déjà que je parle bien à
mon chef pour qu’il me remplace samedi prochain.
Le jour dit, les deux amies se sont rendues au centre commercial, elles marchent côte à
côte dans les allées en bavardant et en riant. Elles s’arrêtent devant une vitrine qui présente
des vêtements de soirées sur des mannequins et entrent dans le magasin. Alida commence
à essayer les vêtements en se donnant des conseils et suggestions. Après s’être choisi une
tenue, elles continuent leur visite vers le rayon cosmétique où elles passent du temps à
tester des parfums et du maquillage. Elles demandent des conseils à la vendeuse et
partagent leurs préférences. Ensuite, elles se rendent dans une boutique de chaussures où
elles essaient des louboutins et des sandales. Finalement elles sortent du centre
commercial les bras chargés de sacs et le sourire aux lèvres, elles ont passé une journée
agréable à faire des courses et à profiter de la compagnie l’une de l’autre. Elles décident de
s’arrêter dans un glacier pour se reposer et prendre un verre. C’est tout en bavardant, en
riant et en se prenant des selfies que les deux filles ont peaufiné leur petite détente. C’est un
rituel chez elles, les sorties ensemble les week-end, les virées nocturnes, s’amuser
ensemble et lorsqu’il faut rendre visite à la famille, Alida sait qu’elle est la bienvenue chez
les parents de son amie. Ainsi la journée s’achève sur cette note de satisfaction, chacune a
pu trouver son compte.
Le jour de la soirée, les deux jeunes filles sont vêtues de robes de soirée voluptueuses qui
mettent en valeur leur beauté et leur élégance. Aurelle porte une longue robe noire, ajustée
à la taille avec des paillettes qui brillent sous les lumières. Alida quant à elle, arbore une
robe rouge écarlate, évasée avec un décolleté plongeant qui met en valeur son teint
lumineux. Leurs visages sont parfaitement maquillés, avec les yeux qui brillent de mille feux.
Elles se tiennent droites avec assurance. Elles rayonnent de confiance et de féminité
comme si elles étaient prêtes à conquérir le monde. C’est à bord de la voiture de Alida
qu’elles quittent la maison pour le lieu de la soirée. Alida a trouvé une place où elle a garé
sa voiture et les filles se sont mêlées aux autres invités pour entrer dans cette grande salle
qui abrite l'événement. Blaise qui les as vu se dirige vers eux. Il porte un costume trois
pièces.
_ Merci, lui réponds Alida. Toi-même tu n’es pas en reste on a l’impression que tu vas te
marier.
_ Tu es très jalouse mon bébé. Nous sommes a sorti comme si nous nous sommes passés
le mot.
_ Parce que tu as vu Alida porter les talons tu as aussi porté alors que tu ne les supporte
pas. Si tu retires tes chaussures ici je vais faire comme si je ne te connaissais pas.
Alida est morte de rire. Blaise les conduit sur leur table. Elles s’asseyent et commencent
déjà à chuchoter, chacun donne son avis sur la décoration, les personnes présentes dans la
salle, tout ce qui passe sous leur regard, elles commentent. La soirée se passe bien.
Comme elles s’y attendaient, Blaise a reçu un prix, elles l’ont acclamé. Aurelle est très
heureuse pour son petit ami qui a bossé durement ces derniers mois. Les récipiendaires
reçoivent leurs prix sous les acclamations des invités. La piste de danse est lancée après le
repas, les filles se lèvent pour bouger un tout petit peu. Épuisée, Alida retourne s'asseoir et
comment à filmer sa copine qui danse dans les bras de son petit ami. Elle est si heureuse
pour elle, cette belle relation qu’elle entretient avec cet homme est tout ce qu’elle souhaite.
Après avoir pris les vidéos, elle commence à en faire des montages. Pendant qu’elle
s’adonne à la tâche, un monsieur arrive devant elle, il porte un costume bleu, des verres
suspendus sur ses yeux et tient un verre de vin en main. Il interpelle Alida.
_ Bonsoir.
_ Bonsoir monsieur.
_ Je peux m'asseoir ?
Le monsieur prend place sur la chaise qui a été occupée par Aurelle il y a quelques minutes.
_ Ah je vois moi de même. Sinon c’est une belle soirée elle a réussie. Vous êtes une
employée de la société ?
_ Ah d’accord ça allait me surprendre parce que je ne vous ai jamais vu dans les locaux.
_ Ah c’est super mes félicitations. Vous faites du bon boulot et votre Président Directeur sait
récompenser ses employés.
_ Hahahaha.
_ Non je suis avec ma copine Aurelle, son homme est le directeur artistique.
_ Ah Blaise, waouh d’accord c’est super. Blaise c’est un collègue et un très bon ami. Sauf
que je ne connais pas sa copine.
_ Hahahaha tout ce que je sais c’est que mon ami n’est pas frivole. Sinon je vous ai trouvé
très jolie dans votre petite robe de poupée.
_ Euh D’accord.
Alida accepte l’invitation de cet homme qu’elle trouve charmant. Ils se retrouvent sur la piste
de danse avec les autres. Aurelle qui n’a pas quitté sa copine du regard interroge son petit
ami.
_ D’accord. J’espère qu’il n’est pas marié hein je le vois déshabiller ma copine du regard.
_ Je représente sa mère, je dois avoir l’œil sur elle. Ton collègue l’amène où pourquoi elle
sort sans me dire.
Blaise reconnaît bien sa copine avec cette belle qualité qu’elle a toujours eu de veiller sur
les personnes qu’elle porte dans son cœur. Dehors, Alida et son nouvel ami se rapprochent
du parking où quelques voitures sont encore garées.
_ Bah qu’est-ce que j’en sais. C’est juste bizarre que tu choisisses cet endroit calme, pas
l’ombre d’une personne.
_ Justement parce que c’est calme sinon dans la salle il y a beaucoup de bruits. Bon si tu as
peur on retourne en salle il n’y a pas de problème.
_ Ça va je rigole. Tu veux qu’on parle de quoi ? Il se fait super tard, il fait très froid.
_ Oh désolé, dit-il en retirant sa veste qu’il couvre sur les épaules de Alida.
_ Je te laisse ma carte alors tu vas m’écrire pour que j’enregistre ton numéro.
_ Et pourquoi c’est pas toi qui prend mon numéro pour m’écrire. Je suis de la vieille école
hein c’est l’homme qui fait le premier pas.
Alida donne son numéro à Martial, les deux retournent à l’intérieur. Après près d’une heure,
les deux filles ont pris la route du retour. Aurelle a les pieds en compote, heureusement que
Alida garde une babouche dans sa voiture qu’elle a porté. Elles arrivent à la maison,
prennent leur douche à tour de rôle. Alida se couche, elle reçoit un message de Martial, et
répond. Aurelle arrive se coucher dans son lit.
_ Je n’ai pas changé de drap et tu sais combien je déteste dormir sur un drap sale. Je vais
changer demain. Ouf je suis fatiguée. Alors miss EBONGUE tu n’as rien à me dire ?
_ Tu fais allusion à Martial, c’est un bel homme, avec beaucoup de charme et de charisme. Il
m’a fait bonne impression. Blaise t’a dit quoi à son sujet ?
_ Il n’est pas marié c’est déjà un bon début. D’après lui, c'est une belle personne. Il te plait ?
_ Alors que tu as chanté dans mes oreilles ici que tu vas prendre du temps avant de te
remettre en couple.
_ J’ai dit qu’on va se voir en semaine demoiselle et non que j’accepte de sortir avec lui.
Maintenant dormons, demain on va faire le marché du mois, le frigo est vide.
Alida sourit avant d’éteindre sa lampe de chevet. Elle a passé une excellente soirée. Tout le
reste du week-end elle a échangé au téléphone avec Martial. La jeune fille trouve que la
discussion avec lui est fluide, elle le trouve très sympa. C’est dans cette même lancée qu’il
n’a pas hésité à l’inviter après le travail. Martial est déjà sur place, il n’attend plus que Alida
qui arrive finalement. Il se lève pour lui faire la bise, il lui tire sa chaise pour qu’elle s’assoit.
_ Oui c’est vrai ce qui n’était pas de ma faute, j’étais très pris par l’aménagement des
bureaux et du personnel. Maintenant que tu es là en face de moi mon cœur est en joie.
Martial appelle un serveur, ils passent leur commande en attendant, ils discutent de leur
semaine.
_ Bah il n’y a pas grand-chose à savoir sur moi. Je suis Alida ONANA EBONGUE. Comme
tu le sais, je vis avec ma copine, j’ai grandi à Eseka avec mes grands-parents et mes
parents sont en France où je suis née, voilà un peu ce qu’il y a à savoir sur moi.
_ Or non je n’aime pas qu’on me dise ça. Je ne travaille même pas encore, je suis en stage.
_ Mais si, tu es une pétrolière même si c’est le stage c’est un stage professionnel payant et
après tu seras confirmé. A ton âge tu prépares un Master c’est à encourager. Tu as dû
sauter les classes sinon j’aime voir une jeune fille être indépendante.
_ Oui j’ai sauté deux classes. J’étais trop avancé. Et toi, parle-moi de toi.
_ Olala qu’est-ce que je peux dire. Moi je suis orphelin de père et de mère. Ma mère est
décédé ça fait 3 ans seulement.
_ Oui ma mère et moi étions très proches. Bref c’est le chemin de tout le monde. J'ai aussi
fait une partie de mon enfance à Eseka, une belle petite ville. Euh j’ai une fille, elle a 10 ans,
elle s’appelle Sky.
_ Non, avec sa mère mais on se voit constamment. J’ai été marié et s’il te plait ce sujet de
mariage on pourra en discuter prochainement, je n’ai pas envie d’en parler alors que nous
sommes en train de vouloir faire connaissance.
_ D’accord si tu veux.
_ Voilà je mène mon petit bout de chemin seule en espérant trouver ma vraie côte. J’en
profite pour te dire que tu me plais et je veux te connaitre plus si tu m’en donne les moyens.
_ Tu es direct toi. Je ne sais pas encore quoi te répondre pour le moment, je préfère que les
choses se fassent d’elles-mêmes. Je suis sortie d’une relation qui m’a tellement énervée et
je me disais que je vais prendre un peu de temps avant de me relancer tu vois. Sinon je te
regarde.
_ Non pourquoi ?
_ Demain je t’amène à ma salle de sport en soirée tu vas faire quelques exercices si tu veux
bien.
_ Merci !
Alida ne peut pas nier qu’elle est attirée par ce monsieur qui fait tout son possible pour
l’attirer dans ses filets. Pour le moment, elle ne pense qu’à profiter du temps qu’elle passe
en sa compagnie et laisse la suite se faire sans commande.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 23
Alida et son nouvel ami se rencontrent quelques fois pour prendre un verre soit après le
boulot ou à midi. Ça fait déjà quelques semaines qu’ils se fréquentent, Alida le suit à la salle
de sport, elle commence à aimer cette activité. Ce samedi matin, Martial qui est était au
sport avec Alida revient la déposer. Il se gare devant l’immeuble et coupe son moteur.
_ Je suis en miette. Sinon ça m’a beaucoup plu demain on y va encore s’il te plait.
_ Euh demain j’ai une séance de travail avec un collaborateur, je ne sais pas si on se verra
mais tu peux y aller seule.
_ Largement, merci.
_ Je vais me déplacer pour Yaoundé pendant deux jours, à mon retour j’espère t’inviter
chez-moi si tu veux bien.
_ Ça me ferait plaisir.
Martial prend sa main il y dépose un baiser ce qui fait rougir Alida. Elle lui sort son plus beau
sourire. Alida ressent des papillons dans le ventre, elle ressent une forte attirance pour lui et
semble ne plus vouloir le cacher. Lorsqu’elle regagne la maison, elle trouve Aurelle qui fait
son sac.
_ Tu vas où ?
_ Je t’appelle depuis tu ne décroche pas pourquoi ? Martial te tourne déjà la tête hein. Je
vais chez Blaise pour le Week-end je vais l’accompagner au mariage de sa cousine ce soir.
_ Ok mama mieux de toi. Donc je vais passer mon week-end toute seule ici comme une
malheureuse.
_ J’avoue qu’il ne me laisse pas indifférente. Il m’a dit qu’il va m’inviter chez lui en semaine,
tu crois que je dois y aller ?
_ Tu attends vraiment que je te donne une réponse ? Tu fréquentes un homme depuis trois
semaines. Vous vous voyez uniquement dehors, à n’importe quel endroit où tu lui demande
de te rejoindre, il court comme un enfant. Même ici il n’est jamais monté parce qu’il attend
ton invitation, il est vraiment patient. Maintenant si tu ne comptes pas lui donner une chance
ne lui donnes pas de l’espoir et éloigne toi mais si tu sens que tu veux entrer dans une
nouvelle relation vas-y sans calculer les équations à plusieurs inconnues.
_ Tu as raison, il me plait bien et nous nous entendons très bien. L’attention que je cherchais
tant je l’ai avec lui, j’espère juste que ce n’est pas pour me leurrer comme les autres
phacochères.
_ Hahahaha tu as déjà vu quoi. Bon je vais y aller. S’il te plaît si ma mère t’appelle dis-lui
que je suis à l’hôpital. Elle devrait m’appeler depuis mais elle ne le fait pas, c’est quand je
serais dans les bras de mon homme qu’elle va m’appeler je ne décroche pas.
Alida est habituée à passer ses nuits seule dans ce grand appartement lorsque Aurelle est
de garde ou lorsqu’elle passe des jours chez son petit ami. La jeune fille prépare une salade
de fruit qu’elle déguste en répondant aux messages de Martial. La communication par texto
est leur passe-temps, ils ne s’en passent plus. Alida a encore des zones d’ombres qu’elle
souhaite élucider chez cet homme et ne compte pas le faire via un téléphone mais plutôt lors
d’un tête à tête. Sa conversation s'interrompt par l’appel de sa grand-mère. Alida s’empresse
de décrocher.
_ Allô mamie.
_ Ça va. Tu es à la maison ?
_ Oui pourquoi ?
_ Juste pour savoir. J’espère que tu prépares bien ton Master, ne t’amuse pas à te balader
avec ton amie alors que tu as un examen qui t’attends.
_ Mamie c’est l’année prochaine j’ai encore du temps et non je ne m’amuse pas. Comment
vas papi ?
_ Oui il avait un enterrement ici. Il se plaint du fait que tu ne le cherche pas alors que vous
êtes dans la même ville.
_ Elle est toujours comme ça, elle se dit que quand tu viens chez elle c’est pour demander
quelque chose. Elle ne sait pas que tu peux la nourrir toute sa vie.
_ D’accord. Ta mère m’a dit que tu iras passer les fêtes avec elle.
_ Euh oui et non. Je ne me suis pas encore décidée. Je ne suis pas certain que j’aurais la
permission d’une semaine.
_ Bref tu verras mais ça me ferait plaisir que tu viennes ici. Ta mère n’a qu’à venir si elle veut
te voir. Je vais te laisser ma chérie. Prends soin de toi et fais attention à toi.
C’est toujours un plaisir pour Alida de discuter avec cette femme qui l’aime de tout son cœur
et veille sur elle comme la prunelle de ses yeux. Pendant son enfance, Alida a été
surprotégée comme l’avait été sa mère. Ceci ne lui avait pas déplu, ni offensé car étant
jeune elle ne pensait qu’avoir les bonnes notes à l’école, être la meilleure était son challenge
chaque année.
Alida a passé un excellent week-end. En plus du sport, elle a continué à faire ses
recherches pour son mémoire. Comme Martial lui avait signifié, il l’a invité chez lui après le
travail. Alida a hâte d’y être. Elle boucle sa journée et s’en va à bord de sa voiture. Elle suit
le GPS jusqu’au quartier de son prétendant et arrive devant son l’immeuble. Alida respire
profondément avant d’entrer, elle ne sait pas ce qui va se passer pendant leur tête à tête.
Elle sonne à la porte, Martial lui ouvre. Il porte un tablier sous son t-shirt ce qui amuse Alida.
Martial l’invite à entrer. C’est un appartement spacieux et peu encombrant. Un salon avec
des fauteuils en cuir, une salle à manger et un balcon. La pièce est aérée. La jeune fille
s’installe en déposant son sac dans l’un des fauteuils. Martial lui apporte un verre de jus
d’orange.
_ Non ça va j’ai fini. Met toi à l’aise fait comme chez toi, je vais dresser la table.
_ D’accord
Alida regarde les photos sur un meuble, elle se rapproche pour mieux les contempler. C’est
la photo de la fille de Martial, et à côté, elle pense que c’est celle de sa mère. Martial arrive
derrière elle.
_ Je te présente ma mère une femme de point, très forte partie très tôt pour moi.
_ Je suis désolée, je ne m’imagine pas vivre sans ma mère, sans ma grand-mère ni mon
grand-père bref tous mes parents.
_ Hahahaha mais si. En fait j’aime beaucoup mon père mais en vérité c’est mon père adoptif
je n’ai jamais connu mon vrai père. Apparemment il est mort.
_ Je ne sais pas, je répète ce qu’on m’a dit sans preuve. Il y a des zones d’ombres que
j’aimerais bien élucider. Bref, le mari de ma mère a très bien joué son rôle et continue de le
faire.
Le couple se dirige vers la salle à manger. Martial se charge de faire le service. Un vin
accompagne le dîner. Alida se régale.
_ C’est très bon tu es un chef cuistot.
_ Merci. Ma mère m’a beaucoup appris, je n’avais pas le choix, j’étais le fils unique il fallait
se débrouiller pendant qu’elle faisait son commerce. Alors que toi tu rentrais des classes
trouver que mamie a déjà déposé ton plat dans ta chambre avec un verre de jus.
_ D’accord. Euh tu sais, j’ai grandi pratiquement sans l’amour d’un père. Pas que mon père
ne m’aimait pas mais il est parti quand j’étais très petit. Ma mère a épousé un autre homme
mais je ne vivais pas avec eux. Ça m’a interpellé sur la notion de famille surtout lorsqu’il y a
un enfant. En plus des soucis que j’ai eu quand j’étais plus jeune, je me suis dit que je
n’aimerais pas que mon enfant grandisse loin de moi. Une fille tombe enceinte de moi je
l’épouse. J’avais trente ans lorsque je me suis marié, ma copine était enceinte de moi et j’ai
suivi mes principes sans vraiment réfléchir. C’était la pire erreur de ma vie. Mon mariage a
duré quatre ans officiellement mais un an officieusement.
_ Les filles de riches, je ne sais pas pourquoi je tombe toujours sur les filles de riche. Ses
parents n’étaient pas le problème mais elle-même. Elle a sorti son vrai visage. A peine avoir
accouché elle a mis un stérilet sans m’en parler et quand je le découvre elle dit que c’est
son corps elle en fait ce qu’elle veut. L’intimité était inexistante, bref c’était la catastrophe
elle voulait continuer à sortir avec ses copines, mener la vie de célibataire et quand je lui
faisais des reproches elle hurlait sur moi et allait se plaindre chez papa. Bref voilà juste un
aperçu de ce que j’ai vécu.
_ C’est quand même terrible. On se demande bien pourquoi certaines filles se marient.
_ Pour elle le mariage était son assurance, une sorte de couverture. Même pour m’accorder
le divorce c’était la guerre, elle voulait rester mariée, elle m’a proposé de l’argent pour que je
ne divorce pas stuip. Heureusement que ses parents m’avaient soutenu dans ma démarche.
_ Oui bien sûr et je pense que je l’ai trouvé. J’ai l’impression qu’on se connait depuis, quand
je te regarde je me perds dans ton regard, j’ai l’impression de t’avoir déjà rencontré à une
époque.
_ Oui c’est ça et dans ce monde je te bouffe tout ton sang tu deviens sèche comme le
bounga.
Alida est morte de rire, elle adore passer du temps avec lui, la conversation est si fluide, si
saine avec beaucoup de respect l’un de l’autre. Après ce délicieux repas, ils se sont installés
au salon, l’un un peu éloigné de l’autre.
_ Alors ma belle quelle note tu me donnes pour le dîner ?
_ Seulement ?
_ C’est ça, je n’aime pas les petites notes. Et si on regardait un film sur netflix, qu’est-ce que
tu veux voir ?
_ Disons Acrimony !
Alida se rapproche de Martial, il passe sa main autour de ses épaules et elle pose sa tête
sur sa poitrine. Ils se sentent à l’aise, Alida ne voit pas le temps passer, elle profite bien de
la compagnie de Martial. Une question qui lui a échappé lui revient en tête. Elle lève la tête
vers lui pour la lui poser.
_ Je ne sais pas quel âge tu as, je sais que tu as plus de trente ans.
_ Ah tu veux connaitre mon âge. J’en ai 41 l’âge réel et 38 âge réduit que j’ai fait pour des
raisons professionnelles.
_ Hum je vois, tu ne fais pas ton âge je comprends pourquoi tu es très sportif. Je ne suis
jamais sortie avec un homme plus âgé que moi, genre le double de mon âge.
_ Et moi, il y a longtemps que je n’ai plus côtoyé une fille de la vingtaine. Même si l’âge n’a
pas d’importance je pense que à un certain âge une femme sait déjà ce qu’elle veut et c’est
ce qui m’encourage à te garder avec moi. Tu es mature, tu es très intelligente, tu es
sérieuse, on s’entend super bien je sais que tu ne vas pas me donner des maux de tête. La
différence d’âge te dérange ?
_ Si tu m’avais posé cette question avant j’allais te dire oui mais aujourd’hui je dis non. Ce
n’est qu’un chiffre ce qui compte c’est ce qu’on a sur le cœur.
Le couple se tient face à face, leurs yeux verrouillés l’un sur l’autre. L’atmosphère est
tendue. Martial tend la main et effleure la joue de Alida, son doigt descend le long de sa
mâchoire. Alida ferme les yeux et incline la tête s’abandonnant à son toucher. Il se penche
vers elle, ses lèvres s’approchant des siennes à une vitesse infinie. Leur premier baiser est
doux. Leurs lèvres se touchent et le temps s’arrête. Le monde autour d’eux disparaît ne
laissant que les battements de leurs cœurs. Ils s‘embrassent avec une intensité croissante,
leurs corps se rapprochent de plus en plus. Ce premier baiser est un moment magique, un
instant suspendu dans le temps. Ils se découvrent l’un l’autre ; leurs cœurs battant à
l’unisson. Leur amour commence à cet instant précis, avec ce premier baiser.
A suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 24
Alida et Martial ne se quittent plus. Ils filent le parfait amour comme s’ils s’étaient retrouvés.
Des after-work presque tous les soirs, des sorties et balades romantiques, des week-end
ensemble enfermé pour s’amuser, des parties de sport qu’ils continuent pratiquement tous
jours sans compter de nombreux textos qu’ils s’envoient en longueur de journée. Alida est
heureuse, elle a le sourire aux lèvres chaque fois qu’elle se réveille car elle sait qu’elle va
découvrir un message de son homme. Après plus d’un mois de relation, elle pense avoir
trouvé l’homme qu’il lui fallait. C’est le cas chez Martial qui pense avoir trouvé la pièce de
puzzle qui manquait à son épanouissement, il est amoureux et ne le cache pas. Il ne
regrette pas de l’avoir côtoyé, de s’être donné cette chance alors qu’il a toujours évité les
jeunes filles et de surcroît riches. Alida le rend très heureux, tel un gamin qui vient de
connaître l’amour. Ils sont la preuve vivante que l’amour existe et que la différence d’âge
n’est en aucun cas un frein pour deux personnes adultes qui désirent s’unir.
Ce soir, Alida range ses affaires dans son sac, il est l’heure de rentrer. Elle reçoit l’appel de
son père et hésite avant de décrocher.
_ Allô papa !
_ Il ne se passe rien papa, je ne voyais pas ses appels et parfois je ne suis pas connectée.
_ Tu es toujours connecté Alida dis-moi pourquoi tu ne veux pas parler avec ta mère.
_ Bon c’est que je ne vais pas venir là-bas pour les fêtes. Tu sais comment elle est, elle ne
comprend pas lorsque je lui dis que ce n’est pas possible. Vous savez bien que je travaille et
je ne peux pas avoir la permission d’une semaine. On travaille le 24 et le 26 c’est comme ça.
_ Donc c’est seulement pour ça que tu la fuis ? Hum je ne crois pas, ça cache quelque
chose. Sinon c’est logique que tu ne puisses pas avoir la permission d’une semaine mais à
côté de ça il y a une autre raison allez parle moi.
_ Papa s’il te plait je te rappelle une fois à la maison, je suis en train d’entrer dans
l’ascenseur ça va se couper.
_ C’est ça fuit. Je vais informer ta mère de ce que tu vas bien. A tout à l’heure bisou.
_ Bisou papa !
Alida ne voulait pas informer ses parents de la véritable raison pour laquelle elle ne veut pas
s’envoler pour la France passer les fêtes avec sa famille. Elle a déjà des projets avec son
homme, elle veut passer les fêtes en sa compagnie en amoureux. Ils ont prévu de faire un
petit voyage dans la ville balnéaire du pays pour se détendre et s’amuser. Alida sait que sa
mère va essayer d’en savoir plus, elle sait qu’elle va fouiner dans sa vie et aller jusqu’à
appeler Aurelle pour lui soutirer des informations, elle n’est pas prête à lui dévoiler sa
relation pour le moment. Alida arrive au parking où est garée sa voiture. Elle essaie de la
démarrer mais cette dernière fait des siennes. Elle tente encore une énième fois toujours
pas de réaction de cet engin ce qui l’énerve. Alida qui ne maîtrise pas les automobiles
appelle son mécanicien qui lui informe qu’il n’est pas dans la ville. Ne sachant plus quoi
faire, elle va prévenir un collègue qui vient lui donner un coup de main. Toujours pas de
résultat. Elle pense à prévenir Martial, elle ne lui a jamais demandé un service, ça sera la
toute première fois. A la première sonnerie, il décroche.
_ Ils ne connaissent rien en mécanique et mon mécanicien n’est pas dans la ville.
Alida savait bien qu’elle pouvait compter sur lui. Après quelques minutes de patience, son
mécanicien est arrivé examiner le véhicule. Pendant qu’il travaillait, Martial est arrivé à son
tour, elle va l’embrasser.
_ Hahahahaha.
Martial va s’enquérir de la situation auprès de son mécanicien qui lui informe qu’il y a une
pièce à changer. Martial propose de déposer sa copine chez elle. C’est ensemble qu’ils ont
quitté l’entreprise. C’est une belle ambiance qui règne dans la voiture durant tout le trajet.
Martial se gare devant l’immeuble et coupe son contact.
_ Euh non chérie je vais passer chez une cousine récupérer un paquet pour Sky, je t’ai dit
qu’elle viendra chez moi pour les fêtes.
Alida l’embrasse tendrement et sort de la voiture. Elle arrive chez elle, se change et entre à
la cuisine tout en chantonnant pour exprimer sa joie. Quelques heures après, Aurelle est
rentrée. Elle s'effondre dans un fauteuil en poussant un ouf de soulagement.
Aurelle saute du fauteuil et se rend à la cuisine se servir. Elle revient avec son plat plein et
commence à manger comme un militaire.
_ Merci ! je n’ai pas eu de pause aujourd’hui. J‘ai cru que tu n’étais pas encore rentré, je n'ai
pas vu ta voiture.
_ Oh ! et comment tu as fait ?
_ Mon chéri a volé à mon secours, il a envoyé son mécanicien. Il y a une pièce qu’il doit
acheter demain donc il va venir remplacer. Martial m’a raccompagné.
_ Que c’est beau d’avoir un homme sur qui compter. Je me rappelle la fois où tu étais en
panne tu avais appelé Hervé pour qu’il t’aide il t’avait dit : « werrr bébé tu vas alors faire
comment ».
_ Je t’assure. Tu ne pouvais pas l’appeler pour une situation il la débloque. Vraiment Dieu a
agi tu t’en es débarrassé. Il t’appelle encore ?
_ Non, il a arrêté même les messages. Je l’avais même bloqué. Ma nouvelle vie me plait
trop, je suis si heureuse.
_ Et ça me fait très plaisir, tu es rayonnante. Ta mère m’a appelé, je n’ai pas vu j’étais en
consultation, elle voulait quoi ?
_ Elle veut que je vienne passer les fêtes là-bas, est ce que ta copine va alors laisser son
gars.
_ Hahahahaha le ndolo est bon ma copine. Ta mère va t’excuser cette année, tu veux jouir
en profondeur.
_ Hahahaha folle.
Les filles passent une belle fin de soirée devant l’écran. Alida a pu récupérer sa voiture et a
remercié son petit ami de s’en être occupé. Elle achève sa semaine sans un moindre autre
incident. Ce week-end, elle s’est chargée de faire le ménage dans toute la maison. Aurelle
qui a été de garde cette nuit va revenir un peu plus tard en matinée. Pendant qu’elle fait son
ménage, sa mère l’appel. Là elle ne rejette pas l’appel et lui répond.
_ Oui maman !
_ Ah enfin tu décroche. Ton père m’a dit que tu ne vas plus venir ici ok j’ai compris mais ce
n’est pas la peine de me fuir. Quand tu me parles je te comprends je n’allais pas te forcer. Tu
manques à tes frères et à moi c’est pour ça que je voulais que tu viennes mais si tu as
d'autres projets ça va.
_ Désolée maman.
_ Ok ! j’ai envoyé un paquet par ta tante, tu vas aller chercher et le donner à tata Vera elle
attend ça.
Alida discute avec ses sœurs, c’est toujours un moment très agréable de leur parler. Elles
leur racontent tout ce qu’elles font à l’école et des petits secrets qu’elles partagent. Après
cette longue discussion, Alida achève son ménage et va se doucher. Pendant qu’elle
s'habille, Aurelle arrive.
_ Ouf enfin chez moi. La maison brille c’est bien ça miss EBONGUE, tu as nettoyé ma
chambre ?
_ Stuip !
_ Et moi je vais prendre un paquet chez la petite sœur de mon père pour aller le donner à
tata Vera.
Les deux filles se préparent à sortir ensemble. Alida déteste se rendre chez sa tante, cette
femme ne l’a jamais accepté en tant que fille adoptive de son frère. La jeune fille n’a que
faire, elle ira juste prendre le colis et s’en aller. Aurelle patiente dans la voiture pendant
qu’elle va récupérer le colis. Alida ne met pas une minute de plus et revient dans sa voiture.
_ Je devais faire quoi de plus. Elle m’a donné le paquet et je suis partie tu sais que elle et
moi c’est tendu, elle ne me calcul pas je ne l’a calcul pas et chacun vit tranquillement.
_ Ah les femmes !
Elles se rendent ensuite chez tata Vera qui vit dans un quartier un peu éloigné d’elles. Les
enfants viennent les embrasser. Vera mène sa petite vie avec la famille qu’elle s’est
construite. Elle reçoit les filles avec un grand sourire.
_ Oh mes bébés vous m’avez fui hein, Aurelle regarde-moi tes joues tu manges trop ou
alors tu es enceinte.
_ Eh tata enceinte que j’ai pris ça ou, une petite fille comme moi.
_ Pardon laisse-moi les histoires c’est vous les petites filles qui détournez les hommes
dehors. Hein Alida, vous êtes des filles de l’heure.
_ Hum tata nous sommes peut-être des filles de l’heure mais on se respecte. Nous ne
faisons pas dans le vagabondage.
_ Tata je suis seulement venue accompagner Alida et te saluer j’ai une course à faire.
_ D’accord ma puce merci de t’être arrêté. Je t’ai demandé comment on fait une fille tu ne
m’as pas dit. Moi je veux une fille pour la retraite.
_ Hahahaha contente toi de tes garçons parce que si tu tombes enceinte aujourd’hui ça sera
encore un garçon. En plus tu as déjà passé l’âge d’accoucher.
_ Tu es mieux placé que moi pour savoir qu’à 40 ans une femme peut encore accoucher
même si les probabilités sont minimes.
_ Oui c’est vrai mais n’essaie pas, tu auras un autre garçon ne dis pas que je ne t’avais pas
prévenu oh.
Les femmes rient, Aurelle s’en va et Alida s’installe au salon avec Vera. Cette dernière lui
offre à boire.
_ Rien du tout, tu es trop curieuse. Comment va le travail on n’a pas discuté depuis tu as
des choses à me dire.
_ Tout va bien je ne suis pas encore confirmée mais j’ai foi que ça se fera.
_ C’est une nouvelle relation tata, on se fréquente depuis deux mois et je peux te dire que
tout va pour le mieux. Mon petit doigt me dit que j’ai trouvé le bon.
_ Mais maman s’est mariée jeune pourquoi pas moi. Je ne veux pas aller d’homme à
homme tata, moi je veux me caser assez rapidement.
_ D’accord c’est ton choix je ne veux juste pas que tu rates ta jeunesse. J’espère que cet
homme sera le bon et j’espère aussi le rencontrer.
_ Oui tata je vais te le présenter quand ça sera vraiment sérieux. Tata j’ai une question qui
me taraude l’esprit depuis peu, est ce que tu as connu mon père ?
_ Bah non !
_ Rien du tout ma chérie. Je sais qu’il était au lycée à Eseka. Je ne l’avais jamais vu. C’est
quand ta mère est revenue 5 ans après qu’elle m’a parlé de lui, peut-être qu’elle m’avait dit
son nom mais ça fait super longtemps j’ai oublié. Pourquoi tu reviens sur ce sujet ?
_ Je ne sais pas j’ai comme l’impression qu’il y a des non-dits. Tu sais comment il est mort ?
_ Ah voilà si tu ne sais pas qu’il est mort ça veut dire qu’il ne l’est pas.
_ Alida je ne sais pas ce que tu essaies de me faire dire. Ta mère ne m’a jamais dit qu’il était
mort et nous ne parlons jamais de lui.
_ Ma grand-mère me l’avait dit et j’avais demandé à ma mère elle avait confirmé qu’il est
mort mais si toi sa meilleure amie tu n’as pas cette information ça veut dire qu’elles m’ont
menti.
_ Ou alors elle n’a juste pas voulu m’en parler parce que ce n’était pas important. Alida
arrête de vouloir fouiller dans le passé si ton père était quelque part dans ce monde ta mère
ne l'aurait pas caché à moins que sa sorcière de mère l’en a obligé. Je pense que tu devrais
en parler avec elle, elle t’en dira plus.
_ Je vais mener mes enquêtes et je découvrirais la vérité. Je sais que tu vas me dire que
Patrick c’est mon père il m’aime et oui c’est le cas je l’aime aussi et je le considère comme
mon père mais j’ai ce sentiment de vide qui me consume comme si une histoire n’était pas
achevée. Après je ressens un besoin de savoir quelles sont mes origines paternelles c’est
important tata. Je me dis que ce vide se comblera lorsque je l’aurais retrouvé et quelque
chose me dit qu’il n’est pas loin de moi.
_ Peut-être mais tu vois que j’avais raison de penser que ma mère m’avait menti qu’il est
mort, ça va m’encourager à poursuivre les recherches.
_ Hum !
Vera ne sait quoi dire à la fille de sa copine, elle sait que s’il s’avère que cette histoire est
vraie, que son père est toujours de ce monde sa fille ne lui pardonnera jamais.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
AUTEUR NATHALIE
CHAPITRE 26
Aurelle passe également un bon week-end chez son petit ami. Après avoir reçu les amis de
ce dernier pour la réunion qu’ils ont siégé, elle fait le ménage. C’est à la cuisine qu’elle
range toutes les assiettes sales et commence à les laver. Blaise la rejoint.
_ Alors l’amour de ma vie qu’est-ce que je fais sans toi merci beaucoup.
_ Hahahaha t’a même pas honte. S’il te plait, tu peux ranger le salon pendant que je finis ici.
_ Nous allons tous bien merci. Je n’arrive pas à joindre ton amie elle est avec toi ?
_ Ou est-elle allée un samedi alors qu’elle ne travaille pas et son téléphone est éteint ?
_ Euh maman elle est allée au sport le matin et ensuite elle m’a dit qu’elle ira chez une
collègue. Tu as appelé sur la ligne directe ? C'est étrange que sa ligne ne passe pas.
_ Oui ça ne passe pas. J’ai besoin de lui parler sa grand-mère a eu un malaise elle est à
l’hôpital.
_ Oh d’accord. Attend je l’appelle et je lui demande de t’appeler.
_ Merci ma puce.
Aurelle raccroche et s’interroge sur la raison pour laquelle sa copine a éteint son téléphone.
Elle essaie aussi de l’appeler mais ne reçoit aucune sonnerie. N’ayant pas le numéro de
Martial, elle va le demander à son petit ami.
_ Qu’est-ce qu’il y a ?
_ Je veux parler à Alida, sa mère la cherche la bonne dame a éteint son téléphone.
Aurelle réussit à l’obtenir et lance l’appel. Martial est assis au salon avec sa copine dans les
bras, sa fille dans sa chaise, ils regardent tous un film qui les passionne tous. Son téléphone
sonne sur la table, il décroche.
_ Oui allô !
_ Je vais bien merci. S’il te plait est ce que je peux parler à Alida.
_ Non chéri tu dois t’occuper de Sky si tout se passe bien je rentrerais ce soir. Excuse-moi
d’avoir gâché notre petit week-end.
_ Ce n’est pas grave on en aura d’autres. C’est la santé de ta mamie qui est importante. Ah
Eseka cette ville me rappelle des souvenirs de mon enfance ça fait des années que je n’y
suis pas allé. Ça me plairait bien d’y aller encore.
Alida explique à la petite Sky les raisons de son départ brusque, ce que la jeune fille
comprend. Elle s’en va pour la ville de son enfance. Avec l’état de santé fragile de sa
grand-mère, elle a peur qu’elle ne se relève pas d’une énième crise. Elle arrive dans la ville
et se dirige immédiatement à l’hôpital où elle retrouve son grand-père à la salle d’attente.
Elle va l’embrasser.
_ Ça va papi ?
_ Je vais dormir ici et je rentre demain. Qu’est ce qui s’est passé avec mamie ?
_ Elle a eu une crise, elle avait du mal à respirer. Les médecins sont avec elle, tu attends
qu'ils sortent pour la voir.
_ D’accord. Papi tu devrais la convaincre d’aller rester chez maman on prendra bien soin
d’elle là-bas.
_ Tu connais ta grand-mère, elle est extrêmement têtue, elle ne bougera pas d’ici. Et toi mon
bébé comment tu vas ?
_ Ça va bien papi. En fait j’ai une question, mon père biologique est mort comment ?
_ Je ne sais pas.
_ Il était malade ?
_ Et comment vous dîtes qu’il est mort alors que vous n’en savez rien ? Tu sais où il a été
enterré ? Tu connais comment il s’appelait ?
_ Alida allons voir ta grand-mère les médecins sont sortis et s’il te plait évite de poser ces
questions à ta grand-mère, elle n’en a pas besoin pour le moment.
Alida ne compte pas lâcher l’affaire, elle va cuisiner son grand-père jusqu’à ce qu’il lâche
une information. Ils rentrent dans la chambre de grand-mère EBONGUE, cette dernière déjà
fatiguée physiquement par l’âge et par ses nombreuses crises affiche un large sourire
lorsqu’elle voit sa petite fille qu’elle adore tant. Alida va l’embrasser.
_ Mamie ça va ?
_ Oui que tu me racontes ta petite vie à Douala, je dois te manquer n’est-ce pas.
_ Reviens vivre avec moi dans ce cas, ta chambre est encore là elle t’attend.
_ Marlyse le médecin a demandé que tu ne dois pas faire des efforts, lui dit son mari, même
parler nécessite des efforts donc repose toi.
_ Tu es toujours jaloux quand je vois ma petite fille chérie. Regarde comment elle est belle.
Alida ressent toujours cette petite joie intérieure qui l’anime lorsqu’elle se retrouve avec ses
grands-parents. Tout leur geste lui rappelle son enfance, tout l’amour qu’ils lui portent. Elle
n’a jamais manqué de rien avec eux, que ce soit du matériel, des finances, de l’amour
qu’elle a reçu en quantité extrême. De tous les petits enfants du couple EBONGUE, Alida
est la plus choyée et ils le montrent aux yeux de tous ce qui peut parfois créer des conflits
sentimentaux entre les cousins et les cousines. Alida passe la nuit aux côtés de sa
grand-mère. Avant que sa dame de ménage lui apporte le petit déjeuner, elle s’occupe de
nettoyer sa grand-mère, elle la maquille avec les produits qu’elle a apportés et la parfume de
son parfum.
_ Mamie tu es belle.
_ Merci mon bébé il n’y a que toi pour me rendre belle. J’ai l’impression que le seigneur
m’appelle déjà à le rejoindre ma fille.
_ Ah non mamie ne dit pas ça tu es encore jeune c’est la maladie qui t’épuise mais sinon
avec un bon suivi tu vas atteindre 90 ans et pour y arriver mamie il faut aller chez ta fille ou
chez tonton Marion.
_ Hum ne t’inquiète pas pour moi, je ne veux pas mourir à l’extérieur mais chez moi.
Alida enlace sa mamie, elle ne sait pas ce qu’elle serait si elle arrivait à la perdre. Camile fait
son entrée.
_ Bonjour Camile je vais déjà bien il faut que je rentre. Tu es arrivé depuis ?
_ Non je viens d’arriver. Ta belle fille est à la maison elle va te tenir compagnie le temps que
tu récupères.
_ Je n’ai pas besoin que ta femme s’occupe de moi, j’ai déjà une aide-ménagère tu as
oublié.
_ Ce n’est pas la même chose maman. Pour une fois accepte l’aide qu’on t’apporte tu crois
toujours que tu n’as pas besoin des gens alors que tu es bien faible.
Alida qui sait que si elle ne rattrape pas la conversation de la veille elle n’aura rien comme
information de la part de son grand-père. Elle va le voir à la pharmacie, il achète des
produits pour sa femme.
_ Oui en soirée. Je pense que tu dois renter il ne faut pas voyager la nuit, ne t’inquiète pas
pour mamie ta tante va s’occuper d’elle.
_ Contente toi de ce que ta mère t’a dit et vit ta vie sans rentrer dans le passé, on parle là
d’une histoire qui date de plus de vingt trois ans tu crois que j’ai encore des idées claires, je
suis vieux moi.
_ C’est quand une conversation te dépasse que tu vois que tu es vieux, merci papi mais je
vais vous dire que si je découvre la vérité je vais vous détester voilà. Je vais dire au revoir à
mamie.
Alida se disait qu’en faisant du chantage à son grand-père il allait réagir malheureusement il
a gardé la même position. La jeune fille est rentrée bredouille, au moins elle a pu embrasser
ses grands-parents. Lorsqu’elle est arrivée dans la ville elle s’est rendue chez Martial
achever la soirée avant de retourner chez elle avec la satisfaction que la prochaine fois où
ils se retrouveront ensemble pour un long week-end sera à Kribi. Les deux copines se
retrouvent à la maison dimanche soir. Elles se racontent leur week-end.
_ Hahahahaha soit moins sauvage. C’est important dans un couple de faire des examens, il
peut arriver qu’on ne se protège pas. Il y a des maladies dehors ma copine je ne t’apprends
rien.
_ Oui les maladies et les grossesses tu sembles l’oublier ou c’est dans tes projets de tomber
enceinte.
_ Blaise veut que je lui donne un enfant, et j’ai l’impression que c’est la condition pour qu’il
m’épouse.
_ Que je ne suis pas prête et je ne veux pas me marier sous condition stuip.
_ Je peux le comprendre à son âge il n’a pas d’enfant, il est un peu frustré et il veut
absolument être sûr que la femme qu’il va épouser va lui en donner.
_ Elle en a déjà.
_ Oui mais pas de toi sa fille unique. Bref tu vas réfléchir à tout ça moi je vais me coucher,
une longue semaine s’annonce pff.
Alida va dans sa chambre se coucher. Elle fait sa prière avant de s’allonger. Son téléphone
sonne, elle regarde l’appelant qui est son père. Elle se redresse avant de prendre son
appel..
_ Oui papa !
_ Tu dormais déjà ?
_ Oui elle est à la maison. Ta belle-mère est très têtue, elle ne fait jamais ce qu’on lui
demande.
_ Elle ressemble à sa petite fille. Alors dis-moi j’ai appris que tu es à la recherche de ton
père, ma tête t’énerve déjà ?
_ Mais non papa ça n’a rien à voir avec toi. Je veux juste connaître la vérité tu me
comprends n’est-ce pas.
_ J’avoue que non je ne comprends pas. J’ai fait tout ce qui a été à mon pouvoir pour que tu
ne manques pas d’amour paternel ce qui a été le cas je croyais avoir réussi mais subitement
tu reviens à la charge ce qui me fait réfléchir.
_ Papa, je suis désolée si tu te sens offensé ou que je t’ai en quelque sorte fait perdre ton
autorité ou ta paternité ce n’était pas mon objectif. Si tu étais à ma place tu allais vouloir
découvrir qui est ton géniteur.
_ Si j’étais à ta place j’allais remercier le seigneur de m’avoir donné un père qui m’aime de
tout son cœur et s’occupe de moi sans vouloir chercher ce géniteur qui n’est pas au courant
de mon existence.
_ Il ne l’est pas parce qu’on l’en a empêché ça peut être la raison, ou alors tu sais quelque
chose que tu ne me dis pas papa. Écoute je suis désolée je ne veux pas qu’on se prenne la
tête pour ça. Si ça peut te soulager je vais arrêter mes investigations.
_ Je t’aime aussi.
Alida raccroche et garde le téléphone entre les mains, elle est un peu perturbée. Aurelle qui
allait dans sa chambre passe devant la sienne, la voit éveillée et s’arrête.
_ Eh tu ne dors pas ?
_ J’étais au téléphone avec mon père il n’est pas très content du fait que je cherche à
découvrir mon géniteur. C’est de l’égoïsme ou de la jalousie ?
_ Les deux ma puce, il fallait s’y attendre je te l’avais dit. Ton père est jaloux, il te veut pour
lui seul, que tu restes sa fille.
_ Mais je suis déjà sa fille, ça ne veut pas dire que je vais le renier. Mais pourquoi personne
n’arrive à me comprendre stuip c’est chiant.
_ La nuit porte conseil. Je vais faire un tour chez la voisine elle m’a appelé apparemment
elle ne sent pas bien.
_ Je te rappelle qu’elle est très enceinte et même un docteur a besoin d’être pris en charge.
Je ne mets pas long tu peux dormir belle dame et je veux voir un grand sourire en mode
Martial demain matin.
Alida éteint sa lampe de chevet et se couche. Elle se dit que cette obsession pour son père
va créer des problèmes dans sa famille en plus les seules personnes susceptibles de lui dire
la vérité sont muettes comme des tombes, ça ne sert donc à rien de poursuivre les
recherches puisqu’elle ne recevra rien comme information mais dans son for intérieur, elle
sait que cet homme est dans un coin de ce pays ou de ce monde, peut-être plus proche
d’elle.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT.
Chapitre 27
Alida poursuit sa relation avec Martial dans le calme et le respect. Ils font des sorties en
amoureux, ils vont en balade, au restaurant et parfois ils organisent des soirées dansantes
avec Aurelle et Blaise.
Pendant les fêtes de fin d’années, Alida a fait acte de présence chez ses grands-parents et
s’est enfuie en douce pour aller passer les fêtes avec son petit ami sur la plage de la ville
balnéaire.
Quelques jours après, c’est en compagnie de ses amis qu’elle a célébré ses 24 ans de
naissance, elle a reçu des cadeaux de part et d’autre. Elle n’a pas arrêté de croire que son
père est mort, elle a arrêté de faire des recherches pour que la paix règne dans le couple de
sa mère. Alida reste persuadée qu’un jour elle découvrira la vérité. Après que les fêtes
soient passées, elle s’est plongée dans la rédaction de son mémoire car sa soutenance est
prévue dans quelques semaines. Alida reçoit l'aide de son petit ami malgré le fait qu’il est
plus souvent en déplacement. Ça va faire sept mois qu’ils sont en couple, sept mois de
bonheur pour les deux tourtereaux.
La veille de sa soutenance, Alida est perturbée par un événement, elle est anxieuse et
essaie de se calmer. Elle se trouve dans sa chambre, ses grands-parents arriveront ce soir,
ils vont assister à sa soutenance. Aurelle arrive dans sa chambre, il se jette sur le lit.
_ C’est normal tu as bossé dur pour ça. Je suis fière de toi ma copine.
_ Merci !
_ Oh c’est gentil j’espère que tu lui as dit qu’il n’y a pas la fête.
_ Dis plutôt qu’il n’y a pas une grande fête digne de la famille EBONGUE parce qu’on vous
connaît avec les grandes réceptions.
_ Ouais !
_ Tu n’as pas l’air très heureuse qu’est ce qui ne va pas ? Martial va se libérer ou bien ?
_ Je ne sais pas, il ne pense pas pouvoir se libérer. Il a fallu que son patron l’envoie à
Yaoundé la période de ma soutenance stuip.
_ Pardon ? hum ce n’est pas le moment, j’ai quelque chose à te dire, du moins je n’en suis
pas si sûr.
Alida s’apprêtait à se confier à sa copine lorsqu’elles ont suivi les bruits au salon, les
grands-parents viennent d’arriver. Alida sort les embrasser.
_ J’ai l’impression que vous n’avez pas fait le ménage ce matin, s’exclame madame
EBONGUE.
_ Mais ce n’est pas normal que notre petite fille vive dans la saleté.
_ Mamie c’est bon, ma maison n’est pas sale. Asseyez-vous, je vais vous servir à boire.
Vous allez chez tonton Camile ou à l’hôtel ?
_ On va chez ton oncle c’est mieux. C’est juste pour une journée. Marlyse assoit toi.
Alida se rend à la cuisine avec sa copine, elle cherche des verres et un petit plat dans lequel
elle dépose des friandises.
_ Quoi ? Tu es sérieuse ?
_ Je te dis que ce n’est pas venu tu crois que je blague avec ça.
Monsieur EBONGUE fait son entrée à la cuisine, les deux filles se tuent.
_ Ma petite fille chérie je suis si fière de toi, après cette soutenance, je suis sûr que ton
entreprise va te confirmer. Tu vas briller ma princesse, n’est- ce pas Aurelle que ta copine va
briller.
_ Oui papi elle va briller comme la Warriors qu’elle est. Elle vous rendra encore plus fière
lorsqu’elle fera agrandir la famille.
_ Pardon ?
_ Euh papi ne l’écoute pas c’est une idiote, vient avec moi on va manger un peu.
Alida fusille sa copine du regard alors que celle-ci rit aux éclats. Pour Alida c’est une
mauvaise blague, il n’est pas question que ses grands-parents apprennent pour sa
grossesse dans ces circonstances et rien n’a encore prouvé que c’est le cas.
La soutenance s’étant bien passée, ils se sont tous retrouvés au domicile de Camile pour la
petite réception qu’il a offerte en cette occasion. Aurelle s’éclipse avec sa copine à qui elle
remet un paquet en douce.
_ Non, je te connais finissons-en. La douche est libre, vas-y on va entrer dans la chambre
des enfants pour attendre.
Allez, vas-y !
Alida sait que si elle n’utilise pas maintenant, elle ne le fera pas dans les prochains jours
raison pour laquelle Aurelle lui met la pression. Elle va passer le test et les deux se réfugient
dans la chambre des enfants pour attendre que les traits s’affichent.
_ Et toi alors ?
Aurelle prend le test et lit. Elle sourit et le donne à Alida qui elle n’affiche aucune émotion.
_ Je suis enceinte.
Soudain, la porte s’ouvre sur Vera ce qui pousse Alida à cacher son test derrière son dos.
_ Eh jeune fille montre moi très vite ce que tu caches avant que je ne fasse un scandale.
N’ayant pas le choix, Alida lui remet le test de grossesse qu’elle lit et ouvre les yeux.
_ Je ne vais pas crier tu es une grande fille. Ce que je vais faire c’est de rencontrer ce
garçon avant d’en parler à ta mère. Tu la connais, si je lui dis ça maintenant elle va
m’assommer de questions auxquelles je n’aurais pas de réponses.
_ Oui c’est mon devoir je dois tout lui dire. J’espère que tu ne comptes pas faire un
curetage.
_ Très bien. Aurelle toi qui est médecin tu ne peux pas conseiller à ta copine une méthode
de contraception stuip. Maintenant sortez.
Les filles sortent presqu’en courant. Elles camouflent cette histoire pendant tout le temps
qu’a duré la soirée. Alida est inquiète pour la suite de sa relation avec cet homme qu’elle
aime tant. Elle pense que leur différence d’âge peut être un motif pour qu’il soit disqualifié.
Quelques jours après cette petite fête, elle s’est rendue chez Martial, il est de retour de son
voyage. Elle se blottie dans ses bars.
_ Je t’ai manqué ?
_ Trop et je vais dire un mot à ton patron qu’il arrête de t’envoyer en mission. C’est déjà de
trop.
_ Désolé chérie, quand les affaires sont aux beaux fixe comme ça l’entreprise se porte bien
et l’argent entre donc ma puce des déplacements sont pour une bonne cause. Je m‘en veux
quand même d’avoir manqué ta soutenance.
_ Ce n’est pas grave. Il faut que je te dise quelque chose.
_ De quoi s’agit-il ?
_ Je suis enceinte.
La joie de Martial est immense, il saute de joie et porte Alida, la fait tourner en répétant « on
va avoir un bébé ». Sa joie est contagieuse, Alida entre dans le bain et c’est parti pour une
minute de célébrations.
_ C’est super mon cœur. Toi et moi c’est pour la vie dès que tu accouches on passe devant
le Maire.
_ Je suis de la vieille époque ma chérie. Ah que je suis heureux. Tes parents sont au
courants ?
_ Non pas encore, mais la copine de ma mère oui et elle désire te rencontrer dans les
prochains jours.
_Oh je suis convoqué alors, d’accord. Je vais la rencontrer ma chérie c’est quand vous
voulez. Je suis un homme qui sait prendre ses responsabilités en main.
_ Ok j’organise ça.
Martial amène sa copine dans un restaurant pour célébrer cette bonne nouvelle. Il pense
vraiment à faire d’elle sa femme. Alida informe tante Vera et ensemble, suivant leur
programme, ils se retrouvent tous les trois dans un restaurant.
_ Pas du tout, Alida m’a parlé de la belle relation que vous entretenez et de la place que
vous occupez dans sa vie donc je vous considère comme sa tante.
_ Très bien.
_ Ah bon ?
_ Moi-même j’y étais avec ma grand-mère ça fait un bail, elle nous a quitté. Alors Martial
qu’est ce que vous attendez de cette relation, là il n’y aura plus que vous deux mais trois.
_ Madame, je crois que vous avez remarqué nos différences d’âge qui ne nous a pas
empêché de nous aimer. Alida c’est mon rayon de soleil, ce que je ressens pour elle est plus
fort que ce que je l’aurais imaginé. J’ai cette impression là que nous sommes connectés par
un lien fort. Je l’aime, je prendrais soin d’elle et du bébé et si Dieu le veut comme je veux on
va faire le grand pas vers l’autel hein bébé.
_ Vous êtes mignons. A vous écoutez Martial vous savez ce que vous voulez c’est bien et
Alida semble être aux anges. Je ne l’avais jamais vue si heureuse.
_ Et moi non plus il y a longtemps que je n’avais pas trouvé autant de bonheur, cette fille est
une perle rare et je compte bien la garder jalousement.
_ C’est bien, je suis heureuse pour toi Alida. Je vais prier pour que vos souhaits se
concrétisent.
_ Amen tata !
Le diner s’étant bien passé, Vera est partie la première. C’est chez elle qu’elle appelle sa
copine.
_ Oui Vera !
_ Qu’est-ce qu’il dit ? comment il est je veux tout savoir et depuis combien de temps ils sont
ensemble ?
_ D’après ce que j’ai vu c’est un homme responsable. Je crois qu’ils sont ensemble depuis,
Il est prêt à l’épouser.
_ Mince ! je ne m’attendais pas à ça. Tu sais qu’avec l’histoire de son père biologique elle
évite de me parler et moi aussi du coup elle ne m’a pas parlé de cette relation mais je savais
bien qu’elle en avait un. Son voyage de Kribi a confirmé mes soupçons. Dis-moi comment tu
trouves ce garçon.
_ Ah mon amie pour te dire la vérité il est plus âgé qu’elle je dirais même trop. Mais il prend
soin de lui, physiquement il est là. Il m’a quand même convaincu.
_ J’espère que ce n’est pas le mari de quelqu’un oh. Elle s’est trop plainte des jeunes, je
comprends pourquoi elle a cherché un vieux.
_ Il n’est pas aussi vieux que ça, il est très charismatique. Leur couple donne bien.
_ Tu acceptes cet homme plus âgé parce que toi-même tu as épousé un vieux.
_ Doriane ne m’énerve pas. Mon mari est vieux ça fait quoi, il m’a donné trois garçons et ils
s’occupent bien de nous stuip.
_ C’est bon ne te fâche pas désolée. Je suis juste perdue, je ne sais même pas comment
aborder ce sujet avec elle. Donc je serais grand-mère à mon jeune âge ?
_ Hahahahaha oui mamie se sont les conséquences ou les avantages d’accoucher tôt. J’en
connais une arrière mamie qui va avoir une crise.
_ Hahahaha ma mère oui, mais elle va accepter Alida est déjà une adulte et elle gagne bien
sa vie. Merci ma chérie de veiller sur elle. Je prépare un voyage pour le pays avec Patrick, il
a des cérémonies traditionnelles qu’on l’oblige à faire depuis le décès de son père donc
nous sommes obligés de nous y rendre. Je te communiquerais la date.
_ D’accord ma puce.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Alida vit bien sa grossesse. Elle ne ressent presque aucune mauvaise envie, pas de
nausées matinales, pas de vomissements et elle espère que cette grossesse se passera
toujours ainsi jusqu’à son terme. Jusqu’ici elle n’a pas encore reçu l’appel de sa mère et elle
sait qu’elle est au courant pour sa grossesse. Sa réaction ne l’effraie pas comme celle de
ses grands-parents notamment sa grand-mère qui ne conçoit pas encore le fait qu’elle soit
une grande fille majeure et en âge d’être maman. Depuis que son petit ami sait que son fils
ou sa fille grandit en elle, il n’arrête pas de la couvrir de cadeaux de petites attentions qui
font plaisir à la jeune fille. C’est dans ce même ordre d’idée qu’il l’a invité ce soir dans un
restaurant après le travail. Alida quitte le bureau, elle a hâte de voir son petit ami qui était en
déplacement depuis quelques jours. Pendant qu’elle roule, elle reçoit l’appel de sa mère.
Alida n’a pas envie de décrocher mais sa mère insiste. Elle se gare et prend son appel.
_ Oui maman !
_ Non tu as déjà décroché donc on peut parler. Comme ça tu as décidé que ta mère doit
être grand-mère à son jeune âge.
_ Tu ne sais pas ce qu’on appelle contraceptif ? Tu crois que c’était le bon moment ?
_ Il n'y a pas de bon moment, c’est arrivé et il faut faire après. Je ne suis pas contre, je suis
plutôt très heureuse.
_ Tu as pensé à ta carrière ?
_ Maman est-ce que le fait que j’ai un enfant va gâcher ma carrière ? Je suis une femme
non ? tu es tombée enceinte à 16 ans c’est pas pour autant que tu as raté ta vie.
_ Hum nous ne sommes pas en train de parler de moi. Je croyais que tu allais être plus
organisé sur ta vie sentimentale que moi, tu vois un peu.
_ Non maman je ne vois pas d’où tu veux en venir, je ne suis pas désordonnée et tu sais
très bien que je déteste passer d’homme en homme, je veux me caser maman pourquoi
c’est si difficile à comprendre.
_ Ça va ne me crie pas dessus. Tu es une grande fille d’accord tu vas assumer et j’espère
que cet homme va faire de toi sa femme. La vie qu’on se fait dans notre tête n’est pas
toujours ce qu’on vie dans la réalité. J’espère que tu as pris la bonne décision.
_ Tu te rappelles quand ton grand père est décédé, il avait été dit que ton père devait suivre
les rites traditionnels mais comme il a épousé la culture Européenne il n’en a pas fait.
Apparemment ça le suit, il faut qu’il le fasse, il n’a plus le choix donc on viendra tous deux le
mois prochain pour ça.
_ D’accord je vais organiser un dîner entre vous et votre beau fils. Tu vas l’adorer maman il
est vraiment sympa Tata Vera a pu te le dire.
_ Oui un peu mais je ne voudrais pas le rencontrer à Douala, tu vas l’amener chez tes
grands-parents. On va le rencontrer tous ensemble, je ne veux pas qu’ils pensent que je leur
ai caché cette relation et ton état alors que je n’étais pas au courant, je ne t’apprends rien tu
connais bien tes grands-parents.
_ Ouf c’est chaud alors que je pensais que c’est toi qui allait leur annoncer. Maman fait le
pour moi, surtout mamie elle va mal le prendre.
_ Tu es déjà une grande fille Alida je ne serais pas là tout le temps pour parler à ta place. Tu
as dit que tu assumes non, c’est le moment d’assumer devant tes grands-parents. Je te
donnerais plus tard la date de notre arrivée. Bisou
Sur ce, Doriane raccroche. Alida commence à stresser. Cette histoire devient déjà sérieuse.
C’est la réaction de ses grands-parents qu’elle appréhende le plus et sa mère sur qui elle
comptait pour leur informer vient de lui laisser toute cette responsabilité. Elle soupire,
démarre sa voiture jusqu’au restaurant. Elle repère déjà son fiancé assis qui lit le menu. Elle
arrive derrière lui, sa carrure imposante la fait frissonner, elle pose un baiser dans son cou
ce qui le chatouille, il se retourne et se lève pour l’embrasser. Martial lui tire une chaise, elle
s’installe toute souriante.
Ça fait plaisir de te voir princesse.
_ Dit à ton patron que ta femme est enceinte qu’il devrait limiter les missions. Regarde
comment tu es beau.
_ Merci trésor. J’ai commandé pour toi et tu vas manger ce que je t’ai pris.
_ C’est toi qui m’a appris cette habitude. Comment tu vas ? En passant Sky te passe ses
salutations.
_ C’est tout ce que j’adore chez toi, tu es si responsable, prévoyant, sur de toi. Tu ne
trembles même pas.
_ Pourquoi trembler ou fuir quand on sait ce qu’on veut et qu’on assumer sa femme et sa
grossesse. J’ai de bonnes intentions envers toi et je le dirais à tes parents sans avoir froid
aux yeux.
_ Ouais tu n’as pas mal suivi. Euh c’est une partie de mon enfance dont je n’aime pas en
parler. Bon je t’explique. Je m’appelais Angelo, c’est le prénom que mes parents m’avaient
donné quand je suis né. A l’époque à Eseka comme je t’ai dit, je vivais uniquement avec ma
mère. Elle s’est mariée et s’est installée chez son mari. J’avoue qu' à cette période je venais
de perdre mon amour d’enfance, mon premier amour et j’étais incontrôlable. Je ne voulais
pas suivre ma mère chez son mari donc je suis resté seul dans notre maison. J’avais
composé le Bac que j’ai échoué avec fracas ce qui n’a étonné personne, j’étais vraiment tête
en l’air très nerveux je ne voulais plus rien faire. Je traversais une période de dépression.
Ma mère m’a demandé d’aller chez mon oncle à Yaoundé continuer mes études notamment
reprendre la classe de terminale étant donné que chez lui je ne serais pas seul, il allait
veiller sur moi ce qu’elle ne pouvait plus faire. Avec des supplications et des pleurs qui m’ont
attendri j’y suis allé. C’est cette année-là que j’ai pu me remettre en question et bosser dur
pour avoir mon examen. Ma petite dépression est passée et je voulais devenir une nouvelle
personne, le fils de sa mère, le fils que ma mère a toujours eu, je voulais réparer mes torts,
qu’elle soit fière de moi. J’ai eu mon examen et je te rappelle que durant toute l’année que
j’ai passé à Yaoundé je n’ai pas vu ma mère, du moins elle était très déçue de ce que je
devenais et n’avais pas envie de me voir. Quand je reviens à Eseka avec la bonne nouvelle
de ma réussite, je lui demande pardon et je regagne son amour et notre complicité. Je t’ai
dis que ma mère et moi étions très proches. C’était ma pote, elle aurait adoré. Alors quand
je reviens à Eseka, je vais vivre dans notre ancienne maison que je n’avais pas vidée et ma
mère continuait à payer le loyer. A la rentrée j’étais allé à Yaoundé commencer les cours à
l’université mais ça ne me disait rien. J’ai fait une année et l’année d’après j’ai abandonné.
Je voulais faire les concours d’Etat. J'enchaîne des petits boulots pour économiser les sous.
Pendant que je suis à Yaoundé, la maison où je vivais prend feu. Un court-circuit suite aux
coupures intempestives de lumière. J’avais tout perdu jusqu’à mes pièces personnelles.
Voilà comment je fais un nouvel acte de naissance comme on appelle chez nous acte
kumba, je garde le nom de mon père mais je remplace Angelo par Martial, je diminue mon
âge de trois ans. Je voulais avoir toutes les chances de mon côté pour entrer à la fonction
publique. J’ai fait tous les examens possibles jusqu’à la police je n’ai réussi aucun. Mon
beau père m’a envoyé faire une formation en marketing et voilà comment je suis resté dans
ce domaine. Ma mère travaillait beaucoup, se lever tous les jours à 5 heures pour aller au
marché, vendre sous le soleil sous la pluie, à la longue ça l'a rendue très malade elle ne
voulait pas arrêter. Ça fait trois ans qu’elle est partie se reposer éternellement, une perte qui
a failli me couper le cœur, c’était ma pote.
_ Oui nous avons gardé une belle relation, il s’est installé dans son village. Je lui ai parlé de
toi dernièrement et il a demandé à te rencontrer avant qu’il ne quitte ce monde. Il est très
malade, la mort de ma mère l’a beaucoup affecté.
_ Euh oui il a eu une fille de son premier mariage qui vit à l’extérieur aujourd’hui. Elle et moi
discutons souvent, elle était aussi très proche de ma mère. Qui n’aimait pas cette femme,
maman Ebeny.
_ Pour moi oui même si ma mère n’a pas apprécié. Je t’ai dit que je voulais une nouvelle vie
et oublier un passé qui m’a rendu dépressif, je voulais renaître, devenir quelqu’un d’autre et
pour moi le fait que mon acte brûle était une occasion pour changer tout.
_ Elle vit en Europe aujourd’hui, nous ne nous sommes plus jamais revu. Je l’avais cherché
sur les réseaux sociaux en vain. Bref… Tu en as eu d’amour de jeunesse ?
_ Non, ma grand-mère m’avait à l’œil et je ne me sentais pas prête pour avoir un petit ami à
l’école. C’est vrai qu’en terminal j’ai eu un flirte qui n’a pas duré.
_ D’accord chéri.
Sachant que son petit ami est une personne très réservée, Alida ne le bouscule pas, chaque
fois quand elle a l’occasion elle lui pose des petites questions sur son passé et Martial se
dévoile peu à peu sans pression. Elle sait que cette conversation ne se poursuivra pas
aujourd’hui mais prochainement elle ouvrira encore ce sujet. Après le dîner Alida est rentrée,
elle trouve son amie à la maison qui apparemment vient aussi d’entrer.
_ Ma sœur c’est chaud à l’hôpital figure toi qu’on a changé mon supérieur, on l’a affecté
ailleurs je suis cuite. On nous a envoyé une femme, elle est nerveuse et se fait déjà
remarqué négativement. Finis les promenades, les heures de jonglages qu’on s’échangeait
entre collègue, finis les demandes de permission sans justificatif, plus de départ précipité,
plus de retard elle a même sorti la fiche de présence et de pointe, tout ça s’est passé
aujourd’hui hein mince elle est sévère.
_ C’est bien, toi qui aimait fuir pour aller voir ton gar, inventer des excuses pour ne pas
travailler, tu vas maintenant bosser et fais attention, tu es dans un grand hôpital, ne perd pas
ton travail à cause des règles que tu ne veux pas respecter.
_ Oui pourquoi ?
_ Elle m’a écrit ce midi pour me demander de lui envoyer une photo de Martial.
_ Quoi ? Non mais elle est folle hein, pourquoi c’est à toi qu’elle demande, j’espère que tu
ne lui as pas donné.
_ J’allais le faire seulement que la nouvelle chef ne veut voir personne manipuler son
téléphone pendant les heures de travail, je lui ai dit que je vais arriver à la maison avant de
fouiller et lui envoyer.
_ Stuipp tu n’envoies rien, elle va prendre et envoyer à sa copine, elles vont s'asseoir pour
décortiquer mon gar.
_ Hahahahaha
_ Oui je les connais. Si c’était pour une bonne raison elle allait me demander.
_ Oui oui on doit vivre caché, je n’affiche personne. Elle-même est discrète sur sa vie privée,
pourquoi je dois afficher un homme. Même Facebook elle n’a pas, plus cachée qu’elle
n’existe pas. Moi au moins je publie mes sœurs et ma besty.
_ Hahahahaha heureusement que tu sais que je n’aime pas afficher mon entourage les
réseaux sociaux ne sont pas bien ma puce tu devrais en faire autant. Mes parents seront là
le mois prochain.
_ Oh d’accord cool. Ça va aller vite avec Martial, c’est super bientôt ma copine sera mariée
oh, pardon je veux être ton témoin parce que demoiselle d’honneur c’est petit pour mon
statut.
_ Merci je vais me coucher, personne ne me dérange demain je dois être en forme pour
affronter cette femme, elle va changer nos programmes pff.
_ Voilà pourquoi tu dois retourner à l’école et fréquenter pour devenir chef aussi stuip.
Alida va elle aussi dans sa chambre. Elle prend une douche se change et va s’installer au
salon. C’est le moment idéal pour discuter avec son petit ami. Quelques minutes après, la
sonnerie retentit elle va ouvrir, Blaise entre avec un paquet.
_ Elle est déjà endormie et a dit ne pas vouloir être dérangé, tu sais qu’elle a un nouveau
chef qui la torture déjà même pas 24 heures de travail.
_ Elle n’a encore rien vu, tu vas donc lui donner ça pour moi, moi-même je cours sur le
temps je suis fatigué.
_ Euh Blaise un instant, je demandais à Aurelle de poursuivre ses études mais j’ai
l’impression qu’elle n’a pas très envie, elle tourne en rond je me disais que si ça vient de toi
elle le fera.
_ D’accord je vais lui en parler. Tu es une bonne fille, tu penses à l’avenir de ta copine c’est
adorable.
Alida va déposer le paquet qu’il lui a remis dans la chambre de Aurelle et sort sans faire de
bruit. Les jours qui viennent s'annoncent plus stressants à cause de l’arrivée de ses parents
et de la présentation de son fiancé à sa famille.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 29
Véra s’est chargée d’aller récupérer sa copine et son mari à l’aéroport. En cours de route,
Patrick est descendu chez sa sœur et Vera a conduit sa copine jusqu’à chez elle. Les
valises sont posées au salon, les deux femmes s’installent dans des fauteuils.
_ Tu prends du poids hein, la belle vie va te tuer, toujours entre deux vols.
_ Si je voyage beaucoup c’est pour le travail ce n’est pas pour me balader. J’ai arrêté de
faire du sport.
_ Aucune idée. Lorsqu’on venait il m’a dit qu’on ira là-bas passer la nuit, je lui ai dit que ça
sera sans moi. Je ne peux pas manquer d'endroit où dormir à Douala, ma copine est là, ma
fille est là et même mon petit frère, donc non merci.
_ Hahahaha je suis sûr qu’il va revenir par ici, il ne peut pas te laisser seule. Cet homme
déteste te savoir au pays toute seule comme si quelqu’un allait te détourner.
_ Ah c’est son problème. Je ne mets pas mes pieds chez sa sœur jusqu’à mon départ.
_ Tu es très calme, c’est Dieu seul qui sait comment il attribue les belles sœurs aux femmes
parce que si j’avais ce genre de belle-sœur j’allais la taper tous les jours. Même celle-ci j’ai
envie de la sauter au cou mais je me rappelle souvent que je suis journaliste, il y a des
limites que je ne peux pas franchir pour préserver l’image de ma chaîne de télé stuip.
_ C’est une bonne chose que tu aies fait ce métier, ça t’a beaucoup calmé. Euh la petite
valise là est pour tes garçons.
_ Stuip il n’y a rien pour toi. Ton fils va finalement se faire opérer comme tu me disais ?
_ T’inquiète pas, ça va bien se passer.. Alors faisons le kongossa avant que Alida n’arrive.
Tu n’as toujours pas réussi à avoir une photo de son fiancé ?
_ Rien de chez rien. Ta fille est très discrète, j'ai même épié ses réseaux sociaux, elle ne
poste rien et ce n'est pas nouveau elle est comme toi. Tu vas juste patienter qu’elle te le
présente.
_ Oui elle le fera une fois à Eseka devant ses grands-parents pour qu’ils ne disent pas que
j’étais au courant et j’ai caché ou que je l’ai encouragé. Elle va répondre à leurs questions
comme une grande.
Vera range les valises dans les chambres et va servir des friandises à son ami. Les enfants
reviennent des classes, ils embrassent leur tata Doriane avant d’aller se reposer. Après
quelques minutes, Alida est arrivée. Elle rugit de joie et va se jeter dans les bras de sa mère.
_ Maman chérie regarde comment tu es belle, hein tata tu ne vois pas que plus elle prend
de l’âge plus elle devient belle.
_ Or tata cesse de me taquiner. Alors madame ONANA vous avez bien voyagé ?
_ Papa est où ?
_ Demain matin on va s’y rendre, juste dire bonjour ensuite on va au village suivre les
traditions et enfin on revient à Eseka finir la semaine et recevoir ton gars ou c’est fiancé.
_ D’accord, je vais donc lui dire pour qu’il note ce rendez-vous dans son agenda.
_ Ma chérie est ce que tu crois que tu es prête à te marier ? Ce n’est pas parce que tu vas
avoir un bébé que forcément tu dois te marier.
_ Maman je sais ce que je veux. Je ne sais pas pourquoi vous n’êtes pas contentes pour
moi. Ce n’est pas comme si je devais me marier demain.
_ Je suis contente pour toi je te jure mais je me dis que tu es très jeune, tu as encore
beaucoup à apprendre. Le mariage n’est pas pour les enfants.
_ Dixit celle qui s’est mariée à 22 ans.
_ Et pourquoi crois-tu que je ne le suis pas ? Je suis sûr de ce que je veux et je suis sûr
qu’avec Martial j’aurais un mariage aussi long que le tien.
_ C’est bien beau de le souhaiter, ça semble tellement facile ; on se dit que parce qu’on est
amoureux on va durer dans un foyer, que tout va couler comme à l'époque des fiançailles.
Oui Alida j’ai fait et je continue de faire un long mariage mais ce que tu ne sais pas c’est le
nombre de fois que j’ai voulu demander le divorce. Le nombre de fois que j’ai quitté la
maison pour aller me réfugier chez ma tante. Le nombre de fois que ton père a baissé les
bras au point où nous avons eu recours à un conseiller matrimonial. En 19 ans de mariage
j’ai voulu abandonner plusieurs fois. Ce n’est pas une blague, ce n’est pas une partie de
manège Alida et je peux même t’avouer que je n’étais pas prête mais j’ai tenu bon. C’est la
raison pour laquelle je dis que le mariage n’est pas pour les enfants.
_ J’ai compris maman. S’il te plaît essaie d’abord de le rencontrer avant de juger s’il est bien
pour moi ou pas. Je tiens à faire une précision, il n’est pas de ma tranche d’âge, il est plus
âgé que moi, je crois que tata Vera te la dit donc si vous voulez vous accrocher à ça pour le
rejeter maman je serais très malheureuse.
_ Hum !
La conversation entre mère et fille amuse Vera. Aurelle arrive à son tour et embrasse
Doriane.
_ Oui très bien. Alida m’a dit que tu allais finir tôt aujourd’hui, tu as viré ou après le travail ?
_ Nulle part maman, j’ai une nouvelle chef, elle est agaçante, elle contrôle tout je ne peux
plus partir si ma remplaçante n’est pas encore là, je n’ai même pas le droit d’utiliser mon
téléphone. J’ai seulement envie de verser du somnifère dans son thé pour qu’elle nous
laisse un peu respirer.
Elles rient toutes. Alida se déplace avec sa copine pour parler discrètement.
_ Aurelle, je vais profiter du fait que mes parents sont là pour ouvrir le sujet de mon vrai
père. Je le ferai lorsqu’on sera chez mes grands-parents, je vais leur dire que c’est leur
dernière chance de me dire la vérité. Qu’est-ce que tu en penses ?
_ C’est une bonne idée ce qui est sûr la vérité va exploser. Prends leur au piège.
_ Oui je ferais ça. Parce que je suis calme depuis ils vont croire que j’ai oublié.
_ Regarde comment ta mère discute avec sa copine, c’est la même relation qu’on aura à
nos quarante ans on parlera de nos enfants, nos maris nos boulots bref de tout mais sauf
que ton mari Martial sera déjà trop vieux il n’aura même plus de dents.
Les deux filles éclatent de rire. Alida n’apprécie pas la blague de sa copine mais elle ne peut
s’empêcher d’en rire. A ce moment elle se dit que ça serait l’unique inconvénient qu’elle
aura dans ce mariage, son mari à un certain âge ne pourra plus remplir convenablement ses
devoirs conjugaux. Elle s’apprêtait à répondre à sa copine lorsqu’elle a vu son père entrer.
Elle court l’embrasser.
_ Bonsoir papa.
_ Bonsoir. Donc parce que tu as vu 2 cheveux blanc sur ma tête tu as cru que j’étais prêt à
devenir grand-père hein.
_ Non papa ça ne s’est pas passé comme ça. Bref, quand tu vas le rencontrer tu ne seras
pas déçu.
_ J’aimerais te croire sur parole mais je me rappelle que la dernière fois que je t’ai fait
confiance tu m’as annoncé être enceinte.
Vera qui avait préparé un grand buffet a attendu que son mari revienne du travail pour qu’ils
mangent tous ensemble dans la bonne ambiance. Alida a déjà prévenu son petit ami qu’ils
iront ensemble chez ses grands-parents.
Martial qui ne sait que ce qui l’attend est persuadé que cette journée sera la plus heureuse
car il aurait rencontré officiellement sa belle-famille. D’une façon ou d’une autre, cette
journée lui restera gravée en mémoire.
_ Papa, maman, je crois que Alida vous a dit qu’elle sera ici demain.
_ Maman, Alida est déjà grande fille, je ne vais pas être derrière elle comme la police. Avant
d’accepter de l’épouser elle m’a demandé ? Je vous informe comme elle m’a aussi informé.
_ Ah non je ne peux pas accepter ça, c’est encore un enfant cet homme abuse d’elle. Hein
Richard tu ne dis rien.
Elle quitte le jardin et se rend à l’intérieur. Restés seuls, Monsieur EBONGUE sait que sa
fille ne leur a pas tout vu l’expression de son visage.
_ Maintenant que nous sommes seuls, dis-moi ce que tu caches, ou ce que Alida cache. Je
ne dirais rien à ta mère.
_ Ah bon ? Les bienfaits d’accoucher vite tu dis ? Tu veux qu’on ouvre ce sujet papa ?
_ C’est bon calme toi, pas la peine de hurler. J’espère que ce gars va nous convaincre.
_ Sinon ?
_ Mieux de toi..
Doriane ne saurait expliquer pourquoi elle est si tendue depuis ce matin, tout fait et geste
l’énerve, elle s’emporte pour un oui ou un nom.
Entre temps, Martial qui vient d’achever une réunion à la Direction Générale sort des
bureaux. Il presse le pas pour quitter l’immeuble et regagner sa voiture. Blaise l’interpelle.
_ Non, je dois faire quelques achats. En passant quel vin je pourrais acheter pour offrir à
mon beau père ?
_ Ah c’est demain la visite chez la famille de Alida, je comprends pourquoi tu es si pressé
alors que ce n’est pas la première fois que tu rencontres la famille d’une copine, tu devrais
être habitué.
_ Bah je ne sais pas. Étant donné que ses parents et grands-parents sont aisés, mon cher
ami prend du champagne.
_ Hum, j’y ai pensé aussi. Bon je cours sur le temps, on va voyager demain à midi, je vais
travailler mi-journée.
_ Bonne chance mon frère quand tu auras franchi ce pas, je vais franchir le mien.
Martial entre dans sa voiture et s’en va. Il est stressé à l’idée de rencontrer sa belle famille le
lendemain. Alida lui a fait savoir qu’ils étaient très modernes et qu’ils avaient des attentes
très élevées pour leur petite fille. Il pense à toutes les choses qui pourraient aller mal et à
toutes les questions qu’ils pourraient lui poser. Il se sent prêt à répondre à toutes les
interrogations car cette rencontre est très importante pour lui. Il espère au fond de lui que
tout se passera bien et qu’il fera une bonne impression.
Il est 15 heures lorsque Alida et Martial prennent la route pour la ville de leur enfance, la ville
où chacun y a laissé un placard rempli de squelettes. Martial au volant de sa voiture, Alida à
ses côtés qui écoute de la musique en surfant sur son téléphone. Elle est tressée elle aussi
mais ne veut pas le montrer à Martial pour ne pas lui faire peur. La musique les aide à
décompresser. Alida sourit en lisant un message.
_ C’est Aurelle qui m’envoie des émoticônes coquins, elle est trop sauvage.
_ Non elle est en train de sortir pour le travail, elle est de garde ce soir.
_ Ah bon ? waouh je suis trop contente, il était temps. Il voulait la conditionner avec un
enfant. Olala ma copine va se marier, on va se marier yes.
_ C’est bien de se caser. Chérie tu vas m’indiquer la maison, nous sommes déjà dans la
ville.
Après plus de deux heures de route, ils arrivent enfin. Alida lui indique la maison, il se
retrouve et se gare devant le portail. Il récupère le champagne avec lequel il est venu et ils
entrent.
_ Merci !
Martial prend place dans un fauteuil. Les photos au mur attirent son attention, il se lève pour
se rapprocher d’elles et mieux les contempler. Alida revient.
Alida ne permet pas à Martial de poursuivre sa contemplation, elle l'entraîne dans un fauteuil
où ils s’assoient ensemble. Martial est subitement nerveux, il n’arrête pas de jeter le regard
sur ces photos qui ne lui sont pas étrangères. Dans un coin de son esprit il se dit que c’est
une confusion et il se calme. Doriane arrive au salon avec son verre de vin qu’elle boit en
disant « je suis là » ! L’expression de son visage qui était reluisant s'assombrit lorsqu’elle
remarque Martial. Martial lui aussi la reconnait, il ne pourrait jamais oublier cette femme quel
que soit les années qui les as séparés.
Maman je te présente Martial mon chéri, bébé voici ma mère madame Doriane ONANA.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 30
Alida est très excitée de présenter son fiancé à sa famille, mais elle a pu sentir la tension
dans l’air lorsque sa mère a vu son fiancé. Doriane devient pâle et effrayée. On aurait cru
qu’elle venait de voir un fantôme. Martial lui aussi qui n’en revient pas, se lève pour mieux
regarder cette femme qui remarquerais parmi des milliers. Pour se rassurer il dit : « Doriane
? ce n’est pas possible ». Doriane a les pieds qui ne tiennent plus débout, elle a les mots au
bout de ses lèvres mais n’arrive pas à les sortir. Alida au milieu de toute cette tension ne
comprend rien.
Elle transpire à grosses gouttes. Patrick ayant suivi le verre se briser arrive au salon.
_ Appelle mes parents, lui dit-elle avec un ton aussi faible qu’un souffle.
Martial qui n’en revient toujours pas sort un instant souffler et remettre ses idées en place,
notamment faire des calculs pour savoir si sa fiancée ne serait pas sa fille, laissant Alida lui
poser des milliers questions auxquelles elle ne reçoit que du silence comme réponse.
_ Mais qu’est ce qui se passe ? Vous allez me parler à la fin ? Maman c’est quoi, tu connais
Martial ? Mais dis-moi quelque chose.
Doriane réussit à attraper une chaise sur laquelle elle s’assoit et se prend la tête entre les
mains. Maintenant elle comprend le sens de l’expression qui dit « le ciel me tombe sur la
tête ». Le couple EBONGUE arrive à leur tout s’enquérir de la situation.
_ Papi je ne sais pas. J’ai présenté mon petit ami à maman, ils sont devenus glacés et
personne ne parle.
_ Ou est-il ?
_ Il est sorti.
_ Papa, c’est Angelo, ne me demandez pas qui il est vous le savez très bien.
_ C’est une blague ou quoi, s’exclame madame EBONGUE, vous voulez couper mon cœur
?
Martial qui vient de comprendre ce qui se passe revient encore plus nerveux que lorsqu’il est
sorti.
_ La famille EBONGUE au complet, dit-il, ça faisait longtemps. Comme on dit, il n'y a que les
arbres qui ne se rencontrent pas. J’espère au moins que vous vous souvenez de moi,
comment m’oublier. Hein Doriane tu ne dis rien.
_ Je vais vous demandez de baisser d’un ton quand vous parlez à ma femme, s’insurge
Patrick.
_ Vous déjà je ne vous connais pas, je ne traite rien avec vous, je m’adresse à la puissante
famille EBONGUE.
_ Mais qu’est ce qui se passe ? interroge nerveusement Alida qui est totalement perdue.
_ Doriane tu peux répondre à ta fille ? Est-ce que tu peux même avoir le courage de la
regarder dans les yeux ? Hein, vas-y réponds lui, je te laisse cette charge.
_ On ne va pas en arriver là, dit Monsieur EBONGUE, on va régler ça entre nous sans mêler
l’enfant.
_ Avec tout le respect que je vous dois monsieur EBONGUE fermez là une bonne fois pour
toute parce que vous voir parler me répugne. Faite comme votre femme fermez la et
regarder tout ce que vous avez causé. Vous êtes contents ? Je peux ouvrir cette bouteille de
champagne on trinque à cette belle rencontre. Doriane parle à ta fille ou je le fais.
_ S’il te plait Angelo, pardon ne fait pas ça, je t’en prie ce n’est pas le moment. Mon Dieu
qu’est-ce qu’on a fait, maman aide-moi.
Doriane s’effondre aux pieds de sa mère qui ne sait quoi dire car la surprise est immense
au-dessus de leur attente, personne n’avait vu une pareille situation venir. Doriane pleure,
elle implore Angelo de ne rien dire à sa fille.
_ Non Angelo tu ne peux pas faire ça. Papa j’ai besoin de toi, fais quelque chose.
_ Ma chérie il faut percer l’abcès c’est déjà de trop ce mensonge et de toute façon elle le
saura tôt ou tard.
Même la force pour aligner deux mots Madame EBONGUE ne l’a pas. Les parents sont
abattus, ils ont la tête baissée, personne ne veut affronter le regard de Alida ni de Angelo.
Après quelques secondes de silence, Angelo prend la décision de révéler la vérité à sa fille.
_ Alida, tu dois être forte je te connais forte et mature, je vais te demander de garder cette
force-là. Comme tu l’as constaté ta mère et moi nous connaissons et j’ai été son premier
amour et vice versa, je préfère faire court.
_ Non ce n’est pas vrai, le premier amour de ma mère est mon père biologique ça ne peut
pas être toi, hein maman.
Alida attend la réponse de sa mère alors que celle-ci brille par son silence, ce qui confirme
les allégations de Angelo.
_ Non vous me faites marcher ou quoi ? Maman dit quelque chose, papi tu ne dis rien ?
Martial ne peut pas être mon père c’est impossible.
Alida respire profondément, elle ne tient plus debout, ses pieds tremblent, elle s’effondre au
sol. Ses yeux se remplissent de ses larmes et son visage se décompose en un masque de
douleur. Elle avait l’air si heureuse et si insouciante juste quelques instants auparavant mais
maintenant elle semble avoir été frappée par la foudre. Son corps tremble et ses pleurs
résonnent dans la pièce. Elle pousse soudainement un cri de colère, ce cri transperçant qui
a sûrement dû faire voler les oiseaux de leur feuillage, un cri qui explique son profond
désarroi, sa profonde tristesse, un cri qui exprime le supplice qu’elle vit à présent. Doriane
voyant sa fille se lamenter se rapproche d’elle. Dans un élan de colère, elle crie vers sa
mère entre deux sanglots : « Ne t’approche pas de moi ». La douleur est si profonde qu’elle
se roule en boule sur le sol, les mains sur son visage et pleure à chaudes larmes. Sa vie
vient de basculer et elle ne sait pas comment faire face à cette nouvelle réalité. Angelo
s’approche d’elle, Alida le repousse en criant : « Ne me touche pas, vous êtes tous des
menteurs. Pourquoi tu ne me l’avais pas dit ? Pourquoi ? maman pourquoi alors que j’ai
cherché à connaître la vérité hein papi, mamie pourquoi m’avoir fait ça ? ».
_ C’est le Karma, dit Angelo, votre Karma à vous tous et non le mien. C’est vrai que ça me
fait mal mais ce n’est pas mon Karma. Moi au moins je ne connaissais pas ton existence
Alida ta mère t’a caché comme un trophée, elle ne m’avait jamais appelé comme nous
avions convenu lorsqu’elle est partie, je ne savais même pas que tu étais revenue vivre ici
avec tes grands-parents, je ne savais même pas qu’elle avait accouché, je ne savais rien du
tout. Ce n’est pas mon Karma, je refuse de porter cette responsabilité.
_ Je t’ai cherché, dit Doriane qui se lève et essuie son visage. Je suis revenue ici 5 ans
après je suis allée chez toi mais la maison avait brûlé. J’avais perdu le contact de ta mère.
_ Et tu as trouvé mieux de dire à ta fille que je suis mort. Ah j’ai oublié c’est ta mère qui l’a
dit en premier et tu as confirmé que je suis mort Doriane. Tu sais à quel point j’ai souffert
après ton départ, j’ai attendu que les mois passent, je suis revenu voir tes parents pour avoir
le numéro de ta tante, ils m’ont chassé. Je suis revenu encore et encore, je savais que tu
avais déjà accouché, je voulais juste des nouvelles. Et quand je reviens pour la dernière fois
je supplie ta mère de me dire au moins le sexe que tu as fait, rien que ça, elle m’a menacé
de porter plainte pour harcèlement quelques jours après ma mère a reçu un avertissement
de la part du commissaire. Je te le dis parce que je sais que tes parents ne t’ont pas donné
cette information. J’avais 18 ans Doriane quand j’ai fait ma première dépression, à mon
jeune âge j’étais déprimé et je faisais n’importe quoi. J’ai failli perdre même l’amour de ma
mère, de peur que je me crée des problèmes je suis rentré à Yaoundé chez mon oncle. J’ai
échoué partout, je ne voulais rien faire, parce qu’une famille m’a privé de mes droits, parce
que j’étais pauvre, j’ai même regretté pourquoi je suis né dans une famille pauvre. J’avais
tellement mal d’avoir perdu mon enfant. Monsieur et madame EBONGUE je ne venais pas
chez vous épouser votre fille, je venais prendre des nouvelles de mon enfant parce que
j’avais ce droit là mais vous me l’avez arraché. Je vous ai toujours détesté au point où je
refusais de côtoyer les personnes qui portent le nom EBONGUE que ce soit à l’école ou
dans la vie professionnelle, j’ai toujours détesté ce nom. Maintenant vous avez perdu votre
langue. Maintenant qu’il faut vous défendre vous ne parlez plus. Madame EBONGUE vous,
surtout vous, je me suis mis à genou devant vous dans votre cour pour savoir le sexe de
l’enfant, vous m’avez dit que Doriane avait perdu l’enfant, puisque je n’y croyais pas vous
avez verser de l’eau sur moi et me demander de ne plus traverser votre maison, parce que
pour vous je suis un chien, un chien qui vous a fait une petite fille que vous adorez tant.
Vous aviez honte de moi, aujourd’hui qui a honte ? La nature sachant faire ses choses elle a
voulu que je rencontre ma fille de cette façon abjecte, je pouvais tomber sur n’importe quelle
femme mais c’est sur elle que je suis tombé par pur hasard. Je veux que vous la regardez,
regardez là, elle ne va pas s’en remettre, elle a touché le fond par votre faute. Alida ne
mérite pas ça. Tellement vous vouliez me faire du mal que vous n’avez pas pensé au futur,
sans savoir que les hommes se rencontrent. Doriane je peux comprendre tes parents, ils
sont de villageois bourgeois sans aucun scrupule, ce sont des personnes égocentriques,
prétentieux qui placent le matériel avant l’amour, riche en ressources financières mais
pauvres mentalement, mais toi qui ne leur ressemble pas, c’est quoi ton excuse ? Ne me
réponds pas, je n’en ai pas besoin mais ta fille oui. Alida je dois y aller j’ai besoin de
décompresser, si je reste une minute de plus ici je vais tu£r une personne.
Angelo s’en va sur le champ laissant la famille dans l’émoi et lamentations. Alida n’arrive
plus à articuler, elle s’étouffe avec ses larmes. Son père lui apporte un verre d’eau.
Alida pousse le verre qui se brise. Cette nouvelle est plus que la mort pour elle, ça l’a
électrocuté en plein cœur. Doriane regarde sa fille, elle ne sait pas quoi lui dire, elle a juste
envie de la prendre dans ses bras et la consoler, la serrer très fort et lui dire qu’elle est
désolée. En même temps, elle est en colère contre ses parents qui ne lui ont jamais rien dit
des visites de Angelo à cette époque-là.
_ Ça allait changer quelque chose maman, tu n’avais pas le droit de me cacher ça, tu
n’avais pas le droit de lui dire que j’avais perdu l’enfant et je suis sûr que c’est toi qui avais
pris le numéro de sa mère dans mon sac avec la complicité de ton mari. Vous vous êtes
toujours mêlé de ma vie putain jusqu’à prendre des décisions pour moi.
_ Ne rejette pas la faute sur nous Doriane, lui dit son père, tu es aussi responsable de cette
situation.
_ Non papa je refuse d’être responsable de ça. C’est maman qui a commencé avec cette
histoire de m0rt. Je l’avais cherché, Dieu est témoin que je l’avais cherché. Oh mon Dieu
qu’est ce qui nous arrive, qu’est-ce qu’on a fait.
Soudain, Madame EBONGUE est prise par une forte douleur à la poitrine qui lui bloque la
respiration. Doriane court secourir sa mère qui a manqué de s’évanouir.
_ Aide-moi, on va la coucher dans la chambre, lui dit son père, je vais appeler son médecin.
Doriane et son père conduisent Madame EBONGUE dans sa chambre pendant que Patrick
aide Alida à se relever.
Alida hoche la tête en signe d’affirmation. Son père se rend à la cuisine et revient avec de
l’eau dans un verre, malheureusement il ne retrouve plus Alida ni son sac. Doriane revient
au salon.
_ Non je t’ai laissé avec elle, ou est-elle ? Ne me dit pas que tu l’as perdu Patrick.
_ Je l’ai laissé trois secondes pour aller lui chercher de l'eau, je reviens je ne la trouve plus.
Doriane court dehors à la recherche de sa fille, Alida n’est nulle part. Elle rentre prendre son
téléphone pour l’appeler, elle tombe sur sa boite de messagerie, Doriane s’effondre au sol
désespérée.
_ Ma fille est où ? Je commence où ? Voilà ma mère qui est couchée je fais comment ? Eh
Seigneur, pourquoi tu me punis autant qu’ai-je fait.
Son mari l’enlace, il la console comme il peut. L’état de santé de sa mère est fragile, elle a
peur pour sa vie. En même temps, il faut qu’elle retrouve sa fille. Elle appelle Aurelle qui ne
décroche pas. Avec son mari, ils font la patrouille dans la ville, surtout dans les agences de
voyage qui font la ligne de Douala, probablement les derniers départs de la soirée espérant
qu’elle est dans un bus mais ils ne l’ont pas trouvé. Doriane était loin de s’imaginer que le
petit voyage qu’ils ont fait allait se transformer en scandale familial, pire une abomination.
Elle a si peur pour sa fille qu’elle n’arrête pas de prier, elle se renseigne chez tout le monde
qu’elle croise sur son chemin. Personne n’a vu sa fille. Il se fait tard, le couple se résigne à
rentrer. Madame EBONGUE va mieux, mais elle reste couchée. Cette journée qui
s’annonçait riche en émotions dans la famille EBONGUE s’est transformée en un film
horrible qu’on a l’habitude de voir uniquement à la télé. La famille EBONGUE n’avait jamais
été affectée par un phénomène inhabituel, cette situation a dépassé leur entendement, c’est
plus fort qu’eux, ils espèrent retrouver Alida et lui implorer leur pardon.
A SUIVRE#AMOUR_INTERDIT
AUTEUR NATHALIE FLORE
Chapitre 31
Blaise monte les marches de l’immeuble de son ami comme un guerrier. Il arrive à son
étage, la porte est ouverte, il entre directement. Les vêtements de Martial sont éparpillés au
sol, ses chaussures et chaussettes trainent dans le salon. Blaise retrouve son ami dans sa
chambre, assis au pied du lit la tête baissée, Martial tient à la main une bouteille de whisky
qu’il boit.
_ Eh vieux, qu’est ce qui se passe ? J'ai reçu ton message, ça avait l’air très urgent.
Martial lève la tête, Blaise découvre ses yeux rouges qui prouvent qu’il a pleuré. Il
s'accroupit en face de lui, lui retire la bouteille entre les mains.
_ Tu es dans un piteux état, je ne t’ai jamais vu comme ça frère. Allez dis-moi ce qui s’est
passé chez la famille de Alida.
_ Il y a de cela 24 ans j’ai eu une relation avec une jeune écolière de 16 ans et moi j’en
avais 17. Elle est tombée enceinte et comme elle venait d’une grande famille, ses parents
l’avaient envoyée continuer ses études et sa grossesse à l’extérieur. Je n’ai pas besoin de te
dire qu’ils ne m’ont jamais accepté, pour eux je n’étais qu’un petit voyou, ils m’ont fermé les
portes, j’ai grandi sans jamais savoir si elle avait accouché ou pas, quel sexe elle a fait, rien
du tout. Aujourd’hui j’apprends que la fille que je veux épouser est ma fille.
_ Blaise ce n’est pas une plaisanterie. J’étais chez eux, sa mère est ma copine du lycée.
_ Doux Jésus ! Tu me racontes les films de Hollywood ou quoi ? Alida ta fille ? Non je n’y
crois pas. Mince c’est pas possible.
_ Dieu seul sait comment je me suis battu avec mon esprit pour oublier cette famille. Tourner
la page de cette histoire a été très difficile. J’ai souffert entre leur main et je me demande
pourquoi Dieu me fait vivre ça alors qu’il est témoin de toute la souffrance que j’ai enduré de
la part de cette famille. Pourquoi m’affliger à ce point alors que je n’ai pas rejeté mon enfant.
Je vais finir par douter de cet homme dans les cieux, oui je crois qu’il n’existe pas sinon il
n’allait pas permettre que je sorte avec ma propre fille, mon sang, ma chair. Elle attend un
enfant de moi on va dire quoi à cet enfant, voilà ton père et ton grand père en même temps.
C’est dégueulasse.
Pris d’une forte envie de vomir, Martial se lève et se rend aux toilettes rejeter toute cette
amertume. Blaise n’a pas changé de position, il n’en revient pas, il ne sait pas quoi dire. Il
essaie de se faire le film de cette histoire dans sa tête mais n’y arrive pas. Martial revient
prendre sa place au pied du lit ; il porte sa bouteille et bois une gorgée de son nectar. Blaise
revient de ses esprits et lui arrache la bouteille qu’il dépose loin de lui.
_ Euh Martial il faut prendre une douche. Je ne peux même pas imaginer ce que tu ressens
excuse-moi si je ne dis rien ça me dépasse. Vas sur la douche s’il te plait.
_ D’accord.
_ Ça ne passe pas.
_ Je veux savoir si elle est toujours chez ses parents, elle ne doit pas rester seule.
_ Ok je vais appeler Aurelle, pendant ce temps va sous la douche, même si tu ne veux pas
te laver, laisse l’eau couler sur toi.
_ Ok
Martial entre sous la douche. Blaise va au salon il appelle Aurelle une centaine de fois sans
réponse. Aurelle qui est très pris par le travail, profite d’une petite pause pour jeter un coup
d’œil sur son téléphone qu’elle avait mis en mode silencieux. Elle est surprise d’y trouver
des tonnes d’appels en absence de son petit ami et ceux de Doriane. Elle sait qu’il y a un
problème, elle fait mine de vouloir se mettre à l’aise, elle va se cacher aux toilettes et choisit
d’appeler d’abord Blaise.
_ Enfin tu réponds depuis que je t'appelle c’est quel genre de travail où on ne peut pas
décrocher le téléphone.
_ Désolée chéri, j'ai un cas compliqué devant moi qui nécessite beaucoup de surveillance.
Qu’est ce qui se passe pour que tu m’appelles autant, même la mère de Alida m’a appelé.
_ Quoi donc, parle vite bébé je me suis cachée aux toilettes pour t’appeler et ma patiente
peut accoucher à tout moment. Sa grand-mère est morte ?
_ C’est plus grave que ça. Tu m’avais dit que Alida cherchait son père biologique n’est-ce
pas, eh bien elle l’a retrouvé.
_ Martial.
_ Hahahahahah bébé tu aimes trop les bêtes conversations, laisse-moi aller veiller sur ma
malade si tu n’as rien à me dire.
_ Aurelle je suis sérieux, Martial a reconnu la mère de Doriane comme étant sa copine au
lycée et voilà. A l’heure où je te parle je suis avec Martial chez lui, il est abattu, Alida a fermé
son téléphone c’est la catastrophe.
_ Non et son numéro ne passe pas. Ce que j’ai suivi est vraie maman ?
_ Malheureusement oui c’est vrai. S’il te plait cherche là, je ne sais pas si elle est encore ici
ou si elle est rentrée à Douala.
Aurelle n’arrive pas à bien assimiler cette nouvelle qu’on vient de lui annoncer. Elle n’arrive
pas à y croire. Elle a peur pour son amie qui se retrouve toute seule dans cette nature alors
qu’elle aimerait être à ses côtés. Aurelle continue d’appeler son numéro encore et encore
pendant pratiquement deux heures de temps sans compter les nombreux messages qu’elle
lui a laissé. Aurelle a tellement peur qu’elle n’est plus concentrée dans son activité, elle
passe le relais à une collègue et va un peu souffler en effectuant des cent pas dans la cour
de l’hôpital. Son téléphone sonne, c'est sa copine, elle bondit pour répondre.
_ Eh ma puce tu es où ?
Aurelle ne reçoit que des pleurs de son amie ce qui lui fend le cœur.
_ Alida je t’en prie ne pleure plus dis-moi où tu te trouves, est ce que tu es à la maison ?
regarde comment tu me contamine.
Aurelle rentre dans la cadence et accompagne son amie avec les pleurs, elle a si mal pour
elle, c’est comme si elle pouvait ressentir la profonde douleur de sa copine. Aurelle sait
qu’elle a besoin de se lâcher, de pleurer autant de fois qu’elle aura besoin elle sait aussi
qu’elle a besoin d’elle mais elle est bloquée par son travail, il a fallu que tout ceci lui arrive le
jour où elle est de garde.
_ Non Alida je te connais tu ne peux pas rester seule tu dois être avec moi. Je me sens
tellement mal de ne pas pouvoir être là. Je peux demander la permission d’une heure je
viens te voir tu es à la maison ?
_ Non je ne suis pas à la maison et ne te déplace pas pour moi. J’ai trop honte Aurelle
comment je vais faire ? je suis perdue.
_ Je n’ai pas envie de lui parler. On va se voir demain, retourne travailler ne te fait pas
blâmer à cause de moi.
Sans attendre que Aurelle lui réponde, elle raccroche. Aurelle appelle sa mère pour l'
informer mais elle ne peut pas lui dire si elle est à la maison ou si elle est restée à Eseka.
Doriane n’a pas d'autre choix que d’appeler sa copine pour lui demander de l’aide. Après lui
avoir raconté toute la scène de cette rencontre, Vera est sous le choc.
_ Pas du tout. Mon amie s’il te plait je sais que tu es à l’hôpital avec l’enfant, Aurelle est
encore à l’hôpital va chez elle regarder si Alida est rentrée. Je suis bloquée ici avec ma
mère qui a encore fait une crise maintenant c’est mon père qui ne se sent pas bien en plus
je ne sais pas si Alida est encore dans la ville. Je suis perdue Vera je veux juste me rassurer
qu’elle est à la maison si tu ne la vois pas ça voudrait dire qu’elle est encore ici, il faudra que
je recommence les recherches. Je suis épuisée physiquement et moralement.
_ Je suis glacée Doriane, je ne sais même pas quoi dire. Je vais passer là-bas avant
d’arriver à l’hôpital. La nuit est déjà tombée si elle n’est pas là on va faire comment ?
_ Je suis dépassée. Si Dieu veut punir quelqu’un qu’il me punisse mais qu’il protège mon
bébé elle n’y est pour rien. J’ai si peur.
_ Merci !
Vera est restée pendant quelques minutes sur place sans bouger, sans même respirer
tellement elle est choquée. A un moment elle s’est perdue dans ses gestes, elle marchait
sans savoir où aller avant de se retrouver. Vera arrive chez Alida, elle monte rapidement à
l’étage et sonne. La porte n’étant pas fermée, elle entre et se dirige vers la chambre de la
jeune fille. Alida s’y trouve, allongée au pied du lit, les larmes qui ont inondé ses vêtements
jusqu’à la moquette. Vera se précipite vers elle, elle la redresse et la prend dans ses bras.
_ Ça va aller ma chérie je suis là, tout va bien se passer on va surmonter ça. C’est
incroyable ce qui se passe.
_ Tata pourquoi moi, pourquoi ça m’arrive à moi, je n’ai rien fait pour mériter ça.
_ Oui mon bébé tu n’as rien fait et c’est pour ça que je dis qu’on va surmonter ça ensemble
tu n’es pas seule.
_ Mon propre père tata, je suis enceinte de mon père, tout ça parce que mes parents n’ont
pas voulu me donner son identité, c’est méchant tata je me sens froissée, je me sens sale
tata, je suis débutante, j’ai seulement envie de disparaître.
_ Ça va Alida, chut, ça va aller. Écoute, tu vas te calmer et reprendre des forces. Je te sais
forte ma chérie ne laisse pas cette situation te prouver le contraire. Je sais que tu souffres
mais ça va aller.
_ Non tata tu ne sais rien, tu ne sais pas un centième de ce que j’ai vécu avec lui en tant
que couple. Tata c’est affreux, c’est dégueulasse.
_ Peut-être que je ne sais pas mais ce que je sais c’est que tu es forte Alida, cesse de
pleurer ma puce. Viens, tu vas t’allonger.
Vera fait lever Alida et la fait coucher. Elle va ensuite lui chercher de l’eau et en profite pour
appeler Doriane.
_ Très mal Doriane, elle est démolie je ne sais même pas quoi faire.
_ Les agences sont fermées à cette heure du soir et tu ne peux pas prendre la route dans
cet état.
_ D’accord.
Vera retourne dans la chambre en gardant le téléphone ouvert, elle aide Alida à se redresser
et lui donne un peu d’eau qu’elle accepte de boire.
_ Mon bébé je suis tellement désolée pour ce qui nous arrive, je ne sais même pas quoi dire
mon bébé tellement je m’en veux. Je te promets qu’on va s’en sortir, je serais là-bas demain
matin mon bébé on va surmonter ça ensemble.
_ Je n’ai pas besoin de toi ici maman, je ne veux pas te voir tu n’es qu’une menteuse ; je ne
te demandais pas la lune maman mais seulement un nom, celui de mon père tu as refusé de
me donner, tu es méchante ce que vous m’avais fait est dégoûtant. Je ne veux pas te voir
chez moi, ni aujourd’hui ni demain, rentre chez toi et ne m’appelle plus, je vais te bloquer de
partout, je vous déteste tous.
Alida recommence à pleurer ainsi que sa mère qui n’a pas pu s’empêcher de verser des
larmes suites aux reproches de sa fille. Elle se sent si mal, et la distance n’arrange pas les
choses. Sa fille ne veut pas la voir, elle a été claire, mais ça ne l’empêchera pas de se
rendre chez elle le lendemain en espérant qu’elle sera plus calme et aura changé d’avis.
Vera continue de bercer Alida, elle lui caresse les cheveux en lui parlant. Alida est plus
calme.
_ Ça va ma chérie ?
_ Oui !
_ Tu sais, tu peux venir avec moi à l'hôpital, on va passer la nuit en gardant ton frère.
_ Ça va aller tata tu peux partir t’occuper de ton fils, Aurelle va rentrer bientôt.
_ Non tata je veux être seule, va voir ton fils il a besoin de toi. Ne t’inquiète pas pour moi, je
vais certainement dormir.
_ D’accord ça me rassure de savoir que Aurelle va rentrer il ne faut pas rester seule.
Vera qui a elle aussi une urgence prend congé de Alida et va à l’hôpital. Restée seule, Alida
qui sait pertinemment que sa copine ne rentrera que le matin ne voulait pas que Vera
squatte chez elle ou que sa mère lui envoie un gardien, elle veut rester seule. Alida quitte
son lit et va fermer sa porte à clé. Elle rentre ensuite dans sa chambre, tout l’énerve, elle
commence à tout foutre en l’air, vêtement, chaussures, bijoux, parfums, tout ce qui passe
sous ses yeux elle détruit. Dans un dernier élan de colère, elle renverse sa coiffeuse et se
glisse au sol pour pleurer à nouveau. Les jambes pliées à sa poitrine, elle pleure de toutes
ses forces. Les sanglots secouent son corps et les larmes coulent à flots. Elle se trouve
dans une détresse extrême, comme elle n’en a jamais connu de son existence. C’est
comme si son cœur avait pris feu. Les souvenirs de son intimité avec son père passent en
boucle dans sa mémoire et la font souffrir encore plus. Elle a juste envie de vomir. Et cette
enfant qu’elle porte est son petit frère. Elle ne se sent pas capable de tenir, de surmonter
cette épreuve, c’est au-dessus de ses forces. Avec le peu de force qu’il lui reste, Alida se
rend aux toilettes et se place devant le miroir. Elle n’arrive pas à affronter son regard, elle a
honte, si honte de la jeune fille qu’elle regarde à travers ce miroir. Elle se sent sale,
dégoulinante et puante. Elle est persuadée qu’elle ne pourra plus jamais se regarder en
face, ni son père, ni sa mère, ni ses grands-parents, ni même sa meilleure amie, elle ne
saura pas remplacer l'appellation de bébé par papa, elle est fatiguée épuisée et ne veut
qu’une seule chose, disparaître. Alida saisit un objet avec lequel elle brise le miroir de toutes
ses forces, les verres se brisent à ses pieds. Elle prend un morceau toujours entre deux
sanglots et s’ouvre le poignet. Le sang jaillit de son bras. Alida va se coucher, elle garde les
yeux ouverts attendant la fin de son existence. Les gouttes de son sang suintent sur le lit.
Son téléphone retentit à ses côtés, elle y jette un coup d’œil, c’est son amie. Alida sourit,
sûrement son dernier sourire avant de dire d'une voix faible : « ma sœur Aurelle, tu es la
seule personne qui a été vraie avec moi dans cette vie, j’espère que tu me pardonneras, je
ne peux pas supporter ça, je ne peux pas ». Elle dépose le téléphone et ferme les yeux à
tout jamais.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 32
Aurelle est très inquiète pour sa copine et ne sait pas comment s’y prendre pour la joindre
d’autant plus qu’elle ne décroche pas à son téléphone. Elle finit par joindre son petit ami qui
venait à peine d’arriver chez lui.
_ Tu as vu l’heure Aurelle, il est minuit, je viens d’entrer ce n’était pas facile chez Martial.
_ Et tu penses que c’est facile chez Alida ? Elle doit être au plus bas. Mon bébé pardon va
là-bas, je sais qu’il se fait tard tu as la voiture c’est moins dangereux. Elle a dit à tata Vera
que je vais rentrer m’occuper d’elle alors qu’elle sait que je vais rentrer le matin pourquoi elle
a menti ?
_ Peut-être parce qu’elle voulait rester seule. Martial m’a chassé pour la même raison, il
voulait rester seul.
_ Papa, je t’en prie fait ça pour moi sinon je vais quitter le travail pour rentrer et on va me
virer parce que j’aurais abandonné une femme sur la table d’accouchement.
Blaise se remet en route et conduit jusqu’au domicile de Alida. Le portier le connaissant bien
le laisse passer. Il monte à l’étage et va sonner à la porte sans aucune réponse. Blaise
sonne et cogne en même temps, il ne reçoit rien comme réponse. N’ayant pas les clés pour
entrer, il appelle Alida sans réponse de sa part. Il appelle Aurelle pour lui informer de la
situation.
_ Aurelle je ne peux pas casser une porte en fer. J’appelle depuis 10 minutes, je sonne et je
frappe. Si ça se trouve elle dort, les lumières sont éteintes.
_ Hum !
_ Non mais il faut avouer que dans une telle situation personne ne peut savoir comment la
victime peut réagir. Tu as demandé au gardien si elle était sortie ? Elle peut être sortie pour
aller voir Martial.
Blaise appelle son ami qui ne décroche pas. Il insiste pendant des minutes, Martial ne prend
pas le téléphone. Il rappelle sa copine pour l’ informer.
_ Demain on verra tout ça ensemble. Je suis sûr que Alida dort, si elle a beaucoup pleuré ça
se comprend, elle doit être plongée dans un profond sommeil pareil pour Martial. Ne
t’inquiète pas elle va bien.
_ D’accord merci de t’être déplacé à cette heure. Tu es un amour, fait moi signe quand tu
arrives à la maison.
_ D’accord.
Aurelle n’est pas tranquille mais elle ne peut pas sortir. Elle passe toute cette nuit à veiller
sur ses malades et les nouveaux nés qui ont besoin d’assistance. Malgré le boulot de
dingue qu’elle a effectué cette nuit, elle n’a pas arrêté d’appeler son amie dans l’espoir
qu’elle sursaute de son sommeil et lui réponde. Elle n’a presque pas fermé l’œil de la nuit et
dès le lever du jour, elle a disparu de l’hôpital sans attendre celle qui devait la remplacer,
c’est un grand risque que la jeune fille prend mais elle s’en fou, elle répondra à la demande
d’explication, tout ce dont elle a en tête c’est de serrer sa copine dans ses bras et lui dire
qu’elle n’est pas seule.
Aurelle arrive à la maison, elle se dépêche d’ouvrir la porte et entre, elle jette son sac au sol
en appelant sa copine et en se rendant dans sa chambre. La scène qu’elle voit la paralyse
au sol. Ses pieds la lâchent et elle atterrit au sol. Ses mains tremblent, tout son corps
tremble. Alida baigne dans son sang, le poignet ouvert. C’est en rampant que Aurelle arrive
au niveau de Alida, elle pousse un cri si strident sorti de ses entrailles que même les
oiseaux ont pu écouter. Aurelle saute sur son lit et commence à lui faire un massage
cardiaque tout en lui parlant « je suis là mon amie, je suis venue, pitié Alida réveille toi, mon
Dieu pitié. Allez ma chérie ne m’abandonne pas je suis là regarde-moi, je suis là Alida pitié
reviens. Je t’ai appelé toute la nuit j’ai fuis pour venir te voir, je sais que tu n’aimes pas que
je désobéi à mon patron mais c’était pour te voir. Alida pardon lève-toi. Seigneur pitié
aide-moi ». La voisine qui a suivi les cris de Aurelle s’est inquiétée, elle est arrivée trouver la
scène.
La voisine qui est médecin va toucher le pouls de Alida et dit « Aurelle c’est fini arrête ».
_ Non, cri Aurelle, rien n’est fini appelle une ambulance, elle va se lever c’est mon amie, je
la connais elle va se lever. Appelle de l’aide on va la transporter pour l’hôpital. Dépêche-toi.
La dame se rapproche de Aurelle et lui dit d’une voix plus calme « Aurelle tu es aussi
médecin, tu sais que c’est fini, viens on va appeler la famille ». C’est à ce moment que
Aurelle s’effondre et pleure en criant comme si elle voulait faire sortir toute cette douleur par
la bouche. Aurelle pleure tellement que la dame a peur qu’elle va s’étouffer avec son souffle.
Elle ne sait pas quoi faire, il faut prévenir la famille et la dame ne connaît personne, Aurellle
ne répond pas à ses questions. Elle va chercher le téléphone de Aurelle pour le fouiller, elle
tombe sur le numéro de Blaise enregistré comme étant son amour, elle lance l’appelle.
_ Monsieur je ne savais pas qui appeler, il s’est passé une tragédie ici il faudra que
quelqu’un vienne pour constater et contacter la famille.
La dame raccroche et retourne dans la chambre. Elle trouve Aurelle couchée sur sa copine
et lui parle tout en lui caressant le visage. La dame ne peut pas laisser Aurelle seule, elle
s'assoit pour attendre tout en regardant Aurelle raconter sa journée de travail à son amie
inerte et sans vie. Elle a de la peine pour elle, elle veut l’aider mais ne sait pas comment s’y
prendre. Ces deux filles étaient ces meilleures voisines, elle les savait proches et peut
ressentir la douleur de Aurelle.
Quelques minutes après, Blaise fait son entrée et reste stupéfait face à ce qu’il voit. Il met la
main sur la bouche pour ne pas crier. Il se rapproche du lit et touche Alida, elle est glacée.
Aurelle qui l’a vu se redresse pour le regarder, elle n’arrive plus à aligner deux mots. Blaise
lui prend la main et la fait descendre. Elle s’effondre dans ses bras, il la serre très fort.
_ J’ai échoué, je n’étais pas là pour elle, j’ai échoué c’est de ma faute j’aurais dû être là.
_ Chut bébé ce n’est pas de ta faute. Regarde-moi chérie ce n’est en aucun cas ta faute. On
ne savait pas qu’elle pouvait en arriver là. Ah Seigneur pourquoi il a permis ça.
La dame va à la cuisine chercher un verre d’eau qu’elle apporte à Aurelle cette dernière
refuse de boire.
_ Chérie prend de l’eau, boit un peu s’il te plait fait le pour moi. On va s’occuper de Alida.
Vient on va au salon.
Blaise entraîne Aurelle au salon et l’oblige à boire une gorgée. Il la fait coucher dans un
fauteuil et rentre dans la chambre pour mieux regarder Alida dans son lit. Il est troublé, et
tout ce sang qui a coulé toute la nuit alors qu’il était devant sa porte pendant qu’elle se vidait
de son sang, il s’en veut de n’avoir pas défoncé cette porte. La dame revient.
_ Oui je vais demander à Aurelle. Vous êtes arrivé au même moment que Aurelle ?
_ Oui, je l’ai suivi crier. Je suis vraiment désolée. C’était une fille pleine de vie, toujours
joyeuse, qu’est ce qui a bien pu se passer pour qu’elle en arrive là ?
_ Sa mère arrive, maman Doriane va mourir, qu’est-ce que je vais lui dire ?
_ En attendant qu’elle arrive on peut appeler un parent proche, elle a bien un oncle ici.
_ Allô !
_ Bonjour monsieur EBONGUE, je suis un ami à Aurelle la copine de Alida. Je vous appelle
parce qu’il y a une situation ici qui requiert votre présence.
_ Ici où ?
_ Chez Alida.
_ Elle a un souci ?
_ Pourquoi ce n’est pas Aurelle qui m’appelle ? Est-ce que je peux lui parler ?
Blaise a compris qu’il veut se rassurer que ce n’est pas une arnaque, il passe le téléphone à
Aurelle.
Camile n’a pas insisté, les pleurs de Aurelle l’ont intrigué. Il a raccroché et s’est mis en
route. Blaise va réconforter sa copine, elle pleure dans ses bras en implorant le seigneur de
lui pardonner parce qu’elle n’était pas là pour veiller sur sa copine. Aurelle commence à
s’affaiblir, Blaise lui apporte une tasse d’eau sucrée et l’oblige à boire un peu pour lui
redonner un peu de force.
_ Aurelle j’ai besoin de toi forte s’il te plait. Tu sors d’une garde où tu n’as pas dormi, ne
tombe pas ici, je n’ai pas la forcé chérie. Reste là je vais prévenir le bureau que je ne serais
pas là.
Blaise va dehors passer son appel, Aurelle rentre dans la chambre de son amie, elle monte
sur le lit et recommence à lui faire le massage cardiaque. Blaise la trouve dans cette posture
et l’interpelle.
_ Chérie arrête.
_ Non je n’accepte pas de la perdre. Vient m’aider, prend ses pieds, tu les replies et moi je
vais chercher de l’eau froide.
Aurelle descend du lit voulant se rendre aux toilettes, Blaise la retient. Il la garde dans ses
bras alors qu’elle essaie de se débattre pour en sortir.
Blaise qui est plus fort qu’elle la garde dans ses bras, elle s’effondre une énième fois. Elle
crie pour évacuer sa douleur.
Camile fait son entrée, ayant suivi les cris de Aurelle venant de la chambre, il s’y rend et
sursaute face au corps de sa nièce allongée sur son lit. Il va la bouger en l’appelant « Alida,
Alida, lève-toi, si c’est une mauvaise blague je vais très mal me fâcher, lève toi ». Il est
choqué et se tourne vers Aurelle.
_ Tonton je l’ai trouvé comme ça le matin, Alida m’a trahi, elle m’a menti.
_ Ce n’est pas possible ça. Vous me faites une blague d’halloween c’est ça ? Doux JÉSUS
j'ai besoin de prendre l'air.
Camile sort pour le balcon prendre un peu d’air et reprendre ses esprits. Blaise le retrouve.
_ C’est moi qui vous ai appelé tout à l’heure. Il faut prévenir ses parents.
_ Mais qu’est ce qui s’est passé je ne comprends pas, elle a été agressé ?
_ Hier elle était à Eseka présenter son fiancé à ses parents et à ses grands-parents, il s’est
avéré que son fiancé est en réalité son père biologique.
_ C’est la vérité, sa mère l’a reconnu, ils se sont reconnus et voilà tout ce scandale qui a
poussé Alida a….bref.
_ Merde ! merde ! merde !
Blaise retourne à l’intérieur s’occuper de sa copine. Il peut écouter Camile grogner dehors, il
pousse des jurons et frappe le mur comme s’il voulait se défouler sur quelque chose. Il finit
par se calmer, prend une forte inspiration, puis expiration. Il s’est suffisamment calmé pour
pouvoir appeler sa sœur. Doriane qui est en route avec son mari et son père depuis près
d’une heure décroche.
_ Oui Camile.
_ Tu es où ?
_ Tu es avec qui ?
Il raccroche sans attendre qu’elle ne riposte, il ne voulait pas qu’elle devine dans sa voix ce
qui se passe. Doriane commence à paniquer, elle tente encore d’appeler Alida sans réponse
même Aurelle ne lui répond pas, même son frère qui vient de la joindre ne décroche plus le
téléphone.
Il se passe quelque chose, Camile est chez Alida. Papa, est ce que tu as raconté à Camile
ce qui s’est passé ?
_ Ou alors elle l’a appelé pour lui expliquer, lui dit son mari. Arrête de penser au pire, Alida
va bien.
_ J’appelle Vera.
_ Bonjour ma chérie, je suis en train d’y aller, je suis rentrée très tôt pour me changer.
_ Comment il va ?
_ Non je suis en route. Maman pardon je sais que je te demande trop mais mon cœur n’est
pas tranquille est ce que tu peux passer chez Alida voir ce qui se passe et tu m’informes s’il
te plait.
_ Merci.
Doriane patiente pendant plus de vingt minutes, sa copine ne la rappelle pas. Trente
minutes sont passées toujours pas d’appels. Elle décide de la rappeler mais ne reçoit pas de
réponse, elle appelle son frère toujours rien, elle commence à paniquer ce qui oblige son
mari à se garer. Ils sortent de la voiture.
_ Comment veux-tu que je me calme, Vera ne me réponds plus, Camile pareil, Aurelle
pareil, Patrick il se passe quelque chose. Je te jure que s’il arrive quelque chose à ma fille je
vais mourir.
Patrick fait entrer sa femme à sa place et se déplace pour appeler Vera, cette dernière
décroche.
_ Allô !
_ Elle n’est pas avec moi tu peux parler, à t’attendre parler elle a raison de s’inquiéter qu’est
ce qui se passe ?
_ Patrick, Alida s’est donné la mort, Alida est partie, tu vas chercher comment le camoufler à
Doriane et l’apprêter au pire. Je ne peux pas lui dire ça.
Patrick manque de s'écrouler, il s'accroupit tout doucement en gardant les yeux rivés sur la
route. Cette nouvelle vient de lui transpercer le cœur ; il est sous le choc et perdu. Son
regard est vide, il a juste envie de hurler de toutes ses forces mais il ne peut pas exprimer
son chagrin devant sa femme. Maintenant sa peur s’accroit, sa femme aura besoin de lui,
elle sera anéantie, complétement paumé. C’est la voix de Doriane le rappelant à son siège
qui le sort de son profond désarroi. Patrick se relève, reprend un air joyeux forcé et rentre à
son siège au volant.
_ Alors tu l’as eu ?
_ Oui euh c’est ma sœur, je voulais qu’elle aille chez Alida s’enquérir de la situation puisque
personne ne nous répond.
Patrick démarre, il règle le rétroviseur, son regard croise celui de son beau-père assis à
l’arrière. A travers ce regard Monsieur EBONGUE a compris ce que sa fille n’a pas pu
déceler dans le regard de son mari.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 33
L’atmosphère est tendue au domicile de Alida. Les pleurs ont cessé pour donner la place à
des visages serrés, mouillés et un calme de cimetière. Les voisins ont accouru, le gardien
même a quitté son poste pour se rendre chez les jeunes filles. Ils sont tous choqués et ne
comprennent pas ce qui s’est passé. Leur voisine, aussi joviale et chaleureuse, pleine de vie
qui ne manquait pas de donner un coup de main lorsque l’occasion se posait, qui ne
manquait pas d’apporter de l’aide financière à son gardien, tous sont sous le choc. La
chambre dans laquelle elle se trouve est fermée pour des raisons de sécurité, éviter que les
curieux prennent des photos et les propage. Aurelle a réussi à s’endormir, elle est épuisée
physiquement et moralement. Vera a prévenu son mari de se rendre à l’hôpital auprès de
leur fils, elle lui a expliqué la situation. Blaise est assis au balcon, la tête baissée il est perdu
dans ses pensées. Vera se rapproche de lui.
_ C’est terrible ce qui s’est passé, et dire que j’étais ici hier je lui ai proposé de venir avec
moi elle m’a assuré qu’elle allait bien et que Aurelle allait rentrer.
_ Elle ne voulait pas que quelqu’un soit présent, elle a le programme de Aurelle, elle savait
bien qu’elle était de garde, elle ne pouvait pas rentrer. J’étais ici hier à 2 heures, Aurelle m’a
supplié de venir la surveiller mais la porte était fermée je n’avais pas les clés. Nous avons
pensé qu’elle devait être endormie. J’aurais dû casser cette porte, elle était là en train de se
vider de son sang, ça m’énerve tellement. J’aurais dû savoir.
_ Vous ne pouviez pas le savoir. On dit souvent que quand quelque chose va arriver, quoi
qu’on fasse ça arrivera. Ah Alida pourquoi elle a fait ça, on pouvait et on allait trouver une
solution. Ah seigneur quelle tragédie mon amie ne va pas supporter ça.
Blaise rentre à l’intérieur. Sa copine est en train de se réveiller, il lui apporte un cachet et
s’assoit à ses côtés.
Dehors, Patrick vient de se garer devant l’immeuble. Doriane n’attend pas qu’il coupe le
contact et sort de la voiture. Son mari la rattrape dans la cour de l’immeuble. Il doit la mettre
en condition d’encaisser une mauvaise nouvelle.
_ Quoi ?
_ Si tu ne veux pas parler tu me lâches je vais voir ma fille Patrick. Pourquoi tu me perds le
temps.
_ Je suis désolé mon cœur, il s’est passé une tragédie, chérie soit forte.
_ Mais qu’est-ce que tu me racontes, quelle tragédie ? Patrick je ne veux pas écouter tes
charabias laisse-moi monter.
_ Doriane écoute ton mari, lui dit son père, tu devrais te calmer tu es très agitée.
_ Il s’agit de ma fille papa, tu ne peux pas me demander de me calmer. Si vous voulez vous
restez là moi je monte.
Doriane prend les marches avec son mari derrière elle qui ne veut pas la lâcher d’une
semelle. Lorsqu’elle arrive à la porte, seuls le visage tendu de toutes les personnes
présentes la fait frissonner. Vera s’approche d’elle en voulant la prendre dans ses bras,
Doriane la repousse en hurlant « ou est ma fille » ? Elle venait de comprendre ce qui se
passait. Doriane a dû mal à entrer, elle regarde Aurelle qui recommence à pleurer et lui
demande « où est mon bébé Aurelle ».
_ Maman je suis désolée, je n’étais pas là, Alida a fait une bêtise. Maman pardonne moi, je
n’étais pas là pour l’aider.
Doriane s’écroule aux pieds de son petit frère qui la prend dans ses bras. Elle hurle de
toutes ses forces, de toutes ses entrailles comme si elle lui redonnait la vie. Elle pleure et
crie pendant quelques secondes avant de demander à voir sa fille. Camile l’a conduit dans
sa chambre, Patrick les suit en prenant le soin de refermer derrière lui. Doriane pousse
encore des cris de douleur lorsqu’elle voit sa fille allongée dans son lit sans vie avec du
sang au sol et sur les draps. Elle pleure tellement que son mari qui a peur qu’elle suffoque
va l’arrêter, la calmer du moins qu’il puisse. Doriane le repousse et va monter sur le lit. Elle
tient sa fille dans ses bras, l’enlace et la serre très fort en lui parlant : « mon bébé je suis là,
maman est là, lève-toi ma puce maman est là, je vais tout te donner je t’en prie mon bébé
lève toi. Oh mon Dieu pourquoi tu as permis ça, elle n’avait rien avoir avec ça. Pas ma fille,
seigneur prend moi à sa place, je préfère mourir que d’enterrer mon enfant. Tu pouvais me
punir autrement, pas comme ça mon Dieu non pas comme ça c’est très fort pour moi. Alida
ma chérie pourquoi tu n’as pas attendu que je vienne, pourquoi tu ne voulais pas qu’on
t’aide, on allait s’en sortir ma puce. Papa vient voir ta petite fille, vient m’aider papa vient
trouver une solution, tu en as toujours. Pitié, pitié, pitié sauvez mon bébé. Eh seigneur tu
m’as touché ou je ne pouvais jamais imaginer, tu m’as touché à plein fouet, je suis brisée je
suis brisée ». Doriane sanglote tellement qu’elle tremble de partout. Son mari s’approche
d’elle et lui tend la main.
_ Chérie viens avec moi, tu vas te faire du mal, s’il te plait chérie.
_ C’est mon bébé, c’est toute ma vie. Je l’ai porté 9 mois dans mon ventre, j’ai souffert, j’ai
pleuré, j'ai combattu mes parents pour elle. J’ai passé des nuits blanches alors qu’elle
grandissait dans mon ventre. J’ai eu un accouchement difficile, j’ai pleuré toutes les larmes
de mon corps sur la table d’accouchement mais quand je l’ai tenu dans mes bras, son petit
visage, sa chaleur, ses cris de bébé ont effacé toutes mes souffrances, j’étais devenue une
mère. J’ai dit à ma fille je vivrais pour toi, je serais toujours là pour toi, tu ne manqueras
jamais de rien, tu seras la prunelle de mes yeux, tu seras le centre de mon monde parce
que je t’ai conçu avec amour. Ne me demande pas de la laisser, ne me demande pas ça, je
ne peux pas. Je ne suis pas prête Patrick, si tu l’aimes fait quelque chose pour l’aider,
appelle les médecins, les marabouts les sorciers tout ce que tu veux mais aide là, aide moi.
Je ne suis pas prête seigneur. J’ai demandé pardon, elle a refusé elle ne m’a pas pardonné,
elle ne m’a pas écouté comment je vais à présent dis-moi comment je fais ?
Patrick lui-même affligé se met dans un coin pour couler ses larmes qu’il cache à sa femme.
Il est détruit, assommé, mais il doit rester fort pour soutenir sa femme. Vera entre dans la
chambre et va rejoindre son amie sur le lit. Elle l’oblige à laisser Alida et l’embrasse.
_ Qu’est qu’on a fait Vera, qu’est-ce que j’ai fait, j’ai tué ma fille, mon bébé je l’ai tué.
Tuez-moi aussi pardon je ne veux pas vivre et enterrer mon bébé. Je ne peux pas.
_ Non ne dit pas ça, tu n’as tué personne ce n’est pas de ta faute. Écoute, viens avec moi tu
dois prendre un peu d’air.
_ Non, laisse-moi avec mon bébé. Elle va sentir ma chaleur et se lever, laisse- moi.
Doriane quitte les bras de sa copine et reprend sa place aux côtés de sa fille. Elle lui
demande pardon, elle implore son pardon et lui promet de lui raconter tout ce qu’elle voudra
à condition qu’elle se réveille.
Camille se rapproche de son père assis dans un fauteuil au salon. Monsieur EBONGUE qui
est resté muet depuis son arrivé a gardé la tête baissée.
_ Papa j’ai pensé qu’on devrait l’amener plutôt à Eseka vu que c’est sa maison familiale,
qu’est-ce que tu en penses ?
Son père ne lui répond pas, il ne réagit pas non plus, ce qui oblige Camile à se répéter.
Monsieur EBONGUE lève la tête pour regarder son fils. Camile découvre un autre visage de
son père qu’il n’avait jusqu’ici jamais vu. Il n’avait jamais vu les larmes de cet homme fort et
rigoureux qui ne montre jamais ses faiblesses. Juste dans son regard il peut lire un profond
chagrin. Il a les lèvres tremblantes lorsqu’il essaie de répondre à son fils, aucun son ne sort.
_ Tu n’es pas obligé de me répondre maintenant papa, tu sais tu as le droit de pleurer vas-y
lâche toi. Je vais m’occuper du transport.
Camile n’a pas d'autre choix que de gérer cette situation tout seule. Ni son père ni sa sœur
ni même son beau-frère n’est disposé à prendre une décision, il pense qu'il serait mieux que
la dépouille de sa nièce rentre chez ses grands-parents. Il appelle un service de location
d’ambulance qui viendra transporter la dépouille jusqu’à Eseka. Le rendez-vous pris, il
pense à prévenir son frère aîné. Malgré le décalage horaire, Marion répond à son frère.
_ Oui Camile.
_ Elle a mis fin à ses jours Marion, c’est une énorme tragédie.
_ Non mais c’est une blague là. Tu me fais une farce ou quoi, vous jouez à quoi au juste.
_ Marion Alida n’est plus. Hier, elle a présenté son fiancé aux parents et à Doriane. Il s’est
avéré que ce fiancé soit son véritable père.
_ Putain ! c’est incroyable ça. Camile pardon il est temps de me dire que tu blagues parce
que là je suis dans tous mes états.
Camile raccroche et se met à l’écart pour exprimer lui aussi sa douleur. La perte de sa nièce
est un coup dur à encaisser non seulement pour ses parents mais aussi pour ses oncles car
elle est et reste la première petite fille de la famille EBONGUE, une petite qui a réussi a
conquis le cœur de toute la famille.
_ J’étais dans un profond coma et j’avais laissé le téléphone au salon. Mais je trouve là une
vingtaine d’appels en absence, qu’est-ce qu’il y a ?
_ Il s’est passé quelque chose chez Alida, si tu pouvais venir se serait l’idéal.
_ Mais tu me raconte quoi là. Dis-moi clairement ce qui lui est arrivé.
Blaise ne peut pas lui informer d’une telle tragédie au téléphone, il préfère qu’il vienne
lui-même constater les faits et dire au revoir à sa fille. Une trentaine de minutes plus tard,
l’ambulance est arrivée. Camile les accueille et les dirige vers la chambre où se trouve Alida
toujours dans les bras de sa mère.
_ Doriane je t’en prie, lui dit Vera, laisse les médecins travailler on va juste la garder.
_ Elle est bien dans mes bras ne me la prenez pas je vous en prie. Camile s’il te plait
laisse-moi avec elle. Elle ne m’a pas dit si elle me pardonne ou pas.
Camile fait signe à Patrick de l’aider à sortir sa femme de la chambre pour permettre aux
ambulanciers de faire leur travail. Patrick procède d’abord par une négociation ce qui ne
marche pas, Doriane ne veut rien entendre. Ensuite il procède par la manière forte, avec
l’aide de Vera ils réussissent à l’extirper du lit. Doriane se débat, elle s’agite, elle les implore
de la laisser avec sa fille, elle interdit aux hommes en blouses blanches de toucher sa fille.
Consumé par une extrême douleur, un trop plein d'émotions, Doriane s’écroule aux pieds de
son mari. Elle est transportée dans la chambre de Aurelle et la jeune infirmière court à son
chevet lui apporter secours. Elle rassure sa famille qui a pris peur par ce malaise. Les
ambulanciers ont fini de préparer Alida, son corps a été déposé dans une housse et l’ont
transporté dans une civière prête à la déplacer jusqu’à la voiture. Doriane ouvre les yeux,
son mari se précipite à son chevet.
_ Chérie ça va ?
_ J’ai fait un mauvais rêve, que nous avons perdu Alida. J’ai eu si peur. Elle est où ?
_ Doriane s’il te plait, pour l’amour de Dieu nous avons des petits enfants qui nous attendent
de l’autre côté, je ne sais pas ce que je leur dirais s’il t’arrivait quelque chose.
Doriane recommence à pleurer et son mari la console. Il ne peut plus la quitter même pas
pour une seconde car elle pourra encore s’évanouir. Il n’est pas prêt à perdre sa femme.
Martial arrive au même moment où les ambulanciers installent la dépouille dans la voiture. Il
observe la scène en se demandant qui est cette personne dans cette housse noire. C’est en
tremblant qu’il se rapproche de l’ambulance, sans même demander l’autorisation, il ouvre le
sac. Sa surprise est grande, il s’est effrayé au point de sursauter sans manquer de tomber.
_ Mais qu’est-ce qui vous arrive monsieur, s’insurge l’un des ambulanciers furieux.
_ C’est… c’est…Alida, c’est ma fille, bégaie Martial qui est encore sous le choc.
_ Qu’est-ce qu’elle a eu ?
_ Mais je suis son père bon sang, qu’est ce qui lui est arrivé j’exige des explications, est ce
qu’il y a quelqu’un qui peut me répondre merde.
_ Elle s’est ôté la vie c’est tout ce qu’on sait, soyez fort monsieur une fois de plus mes
condoléances.
Martial est en colère, des grosses veines se dessinent sur son front. C’est dans cette colère
qu’il arrive à l’appartement en appelant Doriane de toutes ses forces. Quand il entre, il
tombe sur Monsieur EBONGUE.
_ Vous êtes content ? Vous pouvez applaudir pour vous les meilleurs grands-parents de
cette terre. Vous avez réussi à tuer ma fille, votre petite fille, vous êtes ignobles, pathétiques,
je devrais vous arracher les yeux.
Martial crache sa haine sur monsieur Richard tout en s’approchant de lui, voulant en
découdre avec lui. Blaise s’interpose.
_ Lâche moi, je vais le tuer, cet homme m’a pourri la vie, il a gâché toute ma vie et celle de
sa petite fille. Vous êtes un monstre monsieur EBONGUE. Je vous déteste de toutes mes
forces. Doriane je sais que tu m’entends, si tu as les couilles sort m’affronter, si tu as un peu
de respect pour moi Doriane amène toi. T’es contente hein, voilà notre fille qu’on amène à la
morgue, une morgue putain ça ne devrait pas finir comme ça. Qu’est-ce que tu as fait pour
empêcher ça Doriane, dis-moi ce que tu as fait ? Femme indigne oui tu es une femme
indigne et je regrette de t’avoir connu. Tu es une honte pour la gente féminine. Tu n’as
pensé qu’à ton foutu mariage. Faire adopter ma fille par ton mari parce qu'il est mieux que
moi. Alida n’avait pas à payer pour vos conneries. Vous allez me le payer, je te jure Doriane
tu vas me le payer, jamais je ne vais vous pardonner, famille de cinglés. T’aura sa mort sur
ta conscience Doriane, tu vivras avec ça toute ta misérable vie.
Martial s’en va gardant sa colère et une profonde tristesse. Ses paroles ont réussi à
amplifier les pleurs de Doriane qui l’écoutait sans avoir le courage de l’affronter
physiquement. Il avait raison sur une chose, leurs mensonges ont tué leur fille, c’est de leur
faute et cette culpabilité elle vivra éternellement avec ça sur la conscience.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 34
L’appartement de Alida s’est vidé. Camile et son père ont été les premiers à quitter les lieux
avec l’ambulance. Doriane et son mari ont suivi et Aurelle s’est réfugiée chez son petit ami.
Le voisinage chuchote, chacun y va de son commentaire. La famille s’est bien tenue le droit
de garder secret les causes de son décès. Ils espèrent que cette histoire ne fera pas le tour
des réseaux sociaux.
Aurelle vient de se réveiller. Depuis son arrivée chez Blaise elle s’est couchée, son corps en
avait besoin. Restée au lit, elle plonge ses idées dans cette matinée et revis encore le film
de son retour à la maison heureuse de retrouver son amie et de pouvoir la consoler, elle
revoit encore son corps inerte dans son lit recouvert de son sang. Une larme s’échappe de
ses yeux et coule le long de son visage. Elle l’essuie rapidement lorsqu’elle suit Blaise
arriver.
_ Mal, très mal, j’arrive à revoir ses images dès que je ferme les yeux, elles vont sans doute
me hanter pendant longtemps.
_ J’imagine, désolé. Pendant que tu dormais, ton téléphone a sonné. Ta mère a appelé, elle
s’apprêtait à venir, je lui ai dit que tu es chez moi qu’elle ne s’inquiète pas je m’occupe bien
de toi et la famille de Alida est rentrée à Eseka avec son corps donc tout se passera là-bas
directement. Elle a dit qu’elle ira donc chez ses grands-parents les saluer. Il y a également
ton chef qui a appelé. Je l’ai informé de la situation en lui disant que c’est ta sœur. J’ai
négocié pour qu’elle te laisse te remettre de tes émotions cette journée et demain tu
viendras travailler le matin. Tu sais que tu ne peux pas abandonner ton poste. Dès que le
programme du deuil va sortir, tu vas pouvoir demander quelques jours de permission.
Pendant tes deux jours de repos, tu pourras aller à Eseka.
_ Qu’est-ce que je fais sans toi chéri, merci beaucoup. Toi-même tu as perdu une journée
pour rester avec moi, merci chéri.
_ Alida était comme une petite sœur et toi tu es ma femme. Qu’est-ce que je ne ferais pas
pour toi. Je donnerais tout pour revoir ton sourire. Ah la vie, c’est une incertitude. Bon bébé il
faut prendre une douche d’accord.
_ Je vais sortir nous chercher de quoi manger, personne n’a pu se mettre quelque chose
sous la dent. Cette journée a été chargée d’émotions, tu crois que la mère de Alida va s’en
sortir ?
_ Son mari ne la lâche pas, le pauvre, lui-même est dévasté. Le seigneur seul pourra nous
réconforter. Tu veux que je te prenne quelque chose de particulier ?
_ D’accord, je vais passer voir si Martial va bien, il ne prend pas mes appels.
_ Ok fait ça.
Blaise embrasse sa copine avant de s’en aller. Aurelle quitte le lit, elle se déshabille et s’en
va sous la douche où elle laisse l’eau couler sur sa peau. Le contact de l’eau sur sa peau lui
fait agréablement du bien. Elle y passe plus de temps que d’habitude et lorsqu’elle sort, elle
attache sa serviette sur sa poitrine, son regard se porte sur le sac dans lequel elle a mis
quelques affaires pour venir chez Blaise, elle va l’ouvrir et sort un cadre photo d’elle et sa
copine qu’elles avaient prise lors du mariage de l’une de leur amie. Aurelle s’assoit et
contemple la photo de sa meilleure amie, la douleur qu’elle avait réussi à combattre revient,
elle craque. Aurelle pleure en parlant à la photo à l’image de son amie comme si elle
l’entendait : « Je n’arrive pas à croire que je ne te verrai plus jamais mon amie. Nous avons
traversé tellement de choses ensemble depuis la classe de Première où nous avons fait
connaissance, je venais d’arriver à Eseka et c’est toi qui t’était rapproché de moi à l’école
voyant que j’étais seule. Tu as toujours eu ce sentiment là de devoir voler au secours des
personnes qui sont seules. Depuis ce jour-là, nous ne nous sommes jamais quittés. Loin
d’être ma meilleure amie, tu es ma sœur, la sœur que mes parents ne m’ont pas donné. Je
croyais qu’on allait vieillir ensemble. Toi-même tu l’as dit, quand on aura 40 ans on va
ressembler à ta mère et à tata Vera mais dis-moi comment je vais vivre cette expérience
sans toi ma sœur, dis-moi comment je vais atteindre la quarantaine sans ma meilleure amie
; comment je serais ta demoiselle d’honneur ou ton témoin à ton mariage, comment tu
pourras être mon témoin Alida je vais me marier sans toi, c’est injuste. Tu m’as poignardé
dans le dos mon amie, tu m’as brisé le cœur, pourquoi tu ne m’as pas attendu j’allais te faire
rigoler, cette histoire n’allait pas autant te détruire il fallait m’attendre juste quelques heures
Alida juste quelques petites heures. Je me sens déjà perdue sans toi, je me sens seule, je
suis si triste, si vulnérable que j’ai moi-même pitié de moi. Le duo de Warriors n’existe plus,
tu m‘as abandonné seule qu’est-ce que je fais seule sans toi. Mon Dieu viens moi en aide.
Je vais prier de toutes mes forces pour que Dieu te pardonne et t'accueille dans sa maison,
c’est tout ce que je peux faire mon amie, prier pour toi et me consoler avec tes photos. Je
souffre mon Dieu je souffre ».
Aurelle s’effondre sur le lit pour pleurer tout en serrant très fort sur sa poitrine la photo>>.
Pendant ce temps, Blaise qui a déjà fait les courses, arrive chez son ami. Il le retrouve
bourré affalé dans son fauteuil avec une bouteille de whisky vide sur la table. Blaise essaie
de la réveiller mais il ne réagit pas, il est ivre mort. Il le transporte jusqu’aux toilettes et laisse
couler de l’eau froide sur lui, ce qui le ressuscite. Martial se met à tousser, il ressent de
violents maux de tête. Blaise lui donne une serviette, il s’ensuit et sort de l’eau.
_ C’est ta façon de me remercier, d’accord. Martial tu dois arrêter de boire comme ça, ce
n’est pas bon pour ta santé.
_ Je ne vais nulle part. ressaisie toi mon frère je sais que tu as mal, mais tu dois te ressaisir.
_ Tu ne sais rien Blaise, je t’assure que tu ne sais rien de ce que je peux ressentir. Depuis
des années que cette famille me pourrie la vie. Je suis même arrivé à maudire le jour où j’ai
rencontré leur fille. Si j’avais évité de la côtoyer je ne serais pas là en train de vouloir mourir.
Si j’avais été un peu plus curieux j’allais savoir que Alida venait de cette même famille. Mais
comment j’ai fait pour ne pas m’en rendre compte moi qui faisait attention à toutes les
personnes portant ce nom.
_ Mais si ça l’est, c’est de ma faute j’ai été tellement négligent mais quel con j’ai été.
_ Ça ne l’est pas Martial sinon c’est aussi de la faute de Aurelle qui était bloqué au travail,
de sa mère qui était à Eseka avec ses grands-parents, c’est aussi de ma faute qui suis venu
chez elle à 2 heures mais je n’ai pas pu entrer j’ai pensé qu’elle était endormie alors qu’elle
se vidait de son sang dans sa chambre, c’est de ma faute aussi. Tu as perdu une fille Martial
et moi j’ai perdu une petite sœur je n’ai pas le temps de pleurer parce que je dois rester fort
pour Aurelle et pour toi et même pour ma santé. Ressaisie toi mon ami, nous sommes tous
concernés tu n’es pas seul.
Quelques secondes silence s’impose dans la pièce, soudain, Blaise voit son ami s’effondre
au sol et pleur comme un gamin.
_ Voilà ce que tu devais faire depuis mon ami, pleurer, vas-y pleur lâche toi, cri, hurle, saute,
insulte qui tu veux, et après relève toi et arrête de boire. Ça ne t’aidera pas. Je vais partir
maintenant, Aurelle m’attends à la maison. Pleur mon ami, ne t’arrête pas, tu en as besoin.
Sur ce, Blaise est parti. Il a de la peine pour son ami mais il sait qu’il va s’en sortir, il est plus
fort que s’il s’imagine. Il arrive chez lui ne voyant pas sa copine au salon, il va dans la
chambre, elle s’est endormie avec la photo dans ses bras, la serviette encore sur elle et
l’oreiller trempé par ses larmes. Blaise la couvre d’un drap et sort de la chambre. Lui-même
a besoin de repos, il n’a pas faim bien qu’il n’ait rien avalé de la journée, il veut juste
s’allonger fermer les yeux en espérant ne plus revoir l’image de Alida sans vie dans son lit.
Au domicile de la famille EBONGUE c’est presque le même scénario. Doriane s’est réfugiée
dans la chambre de sa fille, celle qu’elle occupait lorsqu’elle vivait chez ses grands-parents,
son mari est resté à ses côtés. Camile est encore dehors avec son père, ils discutent.
_ Mais papa elle doit être au courant, ce n’est pas quand la famille va commencer à venir ici
qu’elle sera informée, on doit lui dire.
_ Ça va la tuer Camile.
_ Laisse-moi faire. Je crois qu’elle sait déjà qu’il se passe quelque chose. Je vais la voir et
toi tu vas t’allonger un peu, tu prends tes remèdes.
Camile se rend dans la chambre de sa mère. Madame EBONGUE n’a pas quitté sa
chambre depuis la journée, même ayant suivi sa fille revenir elle n’est pas sortie. Assise sur
son lit, elle tient un album photos, celui de sa petite fille lorsqu’elle était plus jeune. Camile
entre, il prend une chaise et la place devant sa mère qui ne quitte pas du regard l’album.
_ Regarde cette photo, elle avait 6 ans, elle venait de s’installer ici et me donnait du fil à
retordre.
_ Oui elle était très capricieuse, dit-Camile tout souriant en regardant la photo.
_ Comment elle va ?
_ Qui ?
_ Mais Alida, on parle bien d’elle. J’ai suivi ses parents rentrer mais pas elle. Ça veut dire
qu’elle n’est pas venue avec eux, elle est encore fâchée.
_ Maman ce qui s’est passé ne nécessite pas seulement un caprice c’est très sérieux, c’est
énorme comme gaffe et Alida n’avait pas le cœur de le supporter. Depuis son enfance elle
n’a jamais manqué de rien, elle n’a jamais échoué que ce soit dans ses études que dans sa
vie professionnelle elle n’a jamais vécu un si grand chagrin, un si grand coup dur maman
c’était difficile, énorme même.
Maman ce que j’essaie de te dire c’est que Alida n’a pas supporté, elle…
_ Ne dit rien Camile, s’il te plait ne dit plus rien. Prends mon téléphone tu l’appelles.
Camile sait que sa mère a déjà compris, elle essaie de le camoufler et si elle continue elle
va exploser. Il se lève et la prend dans ses bras. Madame EBONGUE se couche et ne dit
plus rien, elle sert l’album dans ses bras. Camile quitte sa chambre pour se rendre dans
celle où sa sœur se trouve. Il fait appel à son beau-frère qui se détache de sa femme pour
répondre à son appel.
_ Je dois y aller, je retourne à Douala et je reviens demain avec Marion. Je dois boucler
deux trois trucs urgemment au bureau pour me libérer. Comment elle va ?
_ Très mal, elle n’a pas cessé de pleurer, elle ne veut rien manger ni boire, elle ne fait que
pleurer franchement je ne sais plus quoi faire, il faut qu’elle dorme sinon elle ne va pas tenir.
_ Elle doit dormir Patrick, donne lui juste un pour qu’elle dorme. Arrange-toi pour qu’elle
avale je dois y aller.
_ D’accord à demain.
Patrick demande à son beau-père de lui trouver un cachet de somnifère ce qu’il fait. Patrick
apporte le cachet à sa femme avec de l’eau lui suppliant de boire.
Patrick est désespéré, sa femme lui a tourné le dos elle ne veut plus l’écouter. Son
comportement rend ce dernier rageur, il se lève et s’exclame avec colère.
_ Ne soit pas égoïste Doriane, tu n’es pas la seule à souffrir elle était aussi ma fille ; j’ai
aussi perdu ma fille et je refuse de perdre ma femme. Tu vas te lever et avaler ce comprimé
avant que je ne pète les plombs.
La colère de Patrick a interpellé Doriane, elle s’est retournée et a accepté d’avaler le cachet,
ensuite elle s’est couchée. Patrick pousse un ouf de soulagement, il peut lui aussi se
détendre, se retrouver seule et pleurer sa fille. C’est dans sa chambre qu’il se réfugie.
Monsieur Richard après avoir accompagné son fils revient dans sa chambre où sa femme
est couchée les yeux ouverts mais le regard dans le vide, son expression est vide
d’émotions on aurait dit qu’elle est présente en corps mais pas en esprit. Il s’assoit sur la
chaise que Camile a libérée il y a une trentaine de minute, d’un ton calme et d’une voix
tremblante, il dit : « Nous avons échoué Marlyse, nous sommes tombés plus bas que terre,
nous avons perdu la personne qui était précieuse à nos yeux. Notre combat a toujours été
de protéger nos enfants, de veiller sur eux, qu’ils réussissent dans la vie. Nous voulions que
nos enfants nous ressemblent, c’est pour ça qu’ils ont reçu la même éducation. Certes nous
étions rigoureux, sévères, radicals, j’avoue que nous avons manqué très souvent de petits
moment de détente mais nous nous sommes rattrapés quand Alida est venue vivre avec
nous. Tes yeux brillaient à chaque fois que tu la voyais revenir des classes, tu étais très
excité à chaque fois que tu l’amenais au centre commercial, Alida a redonné à notre couple
un peu de vie, de détente et d’affection, elle nous obligeait à jouer et ça nous a beaucoup
rapproché. Elle est devenue notre centre du monde, notre perle rare, la prunelle de nos
yeux, on ne vivait que pour notre petite fille. Si on n’a merdé, si on a mal agi en lui cachant
son père je dirais oui nous avons mal agi et Dieu lui-même nous a mis à nu. Ce qu’on a
longtemps évité de vivre dans cette famille nous a rattrapé et nous ne pouvons rien faire.
Les gens vont parler de nous, ils vont certainement nous acculer d’insultes de reproches, on
se sentira coupables, mais oui nous sommes coupables, on ne vivra plus comme avant ma
chérie. Je crois que c’est le pire moment de notre vie qui est en train de nous arriver et
j’aurais préféré ne plus être de ce monde pour ne pas la vivre. Que Dieu nous pardonne et
nous vienne en aide. Qu’il accueille notre bébé auprès de lui et qu’elle puisse nous
pardonner également ».
Madame EBONGUE ne réagit pas, juste des larmes qui descendent de ses yeux pour
s’écraser sur l’oreiller.
A Suivre#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 35
La maison des EBONGUE est déjà saturée par les membres de la famille. D’aucuns
viennent et repartent, d'autres restent pour attendre les funérailles déjà programmées.
Patrick a pu faire venir ses enfants avec l’aide de ses frères qui s’y trouvent de l’autre côté.
Les parents de Aurelle passent tous les soirs pour la veillée. Aurelle quant à elle s’occupe
de faire les petits gadgets en la mémoire de sa copine notamment, des t-shirts et des
macarons, elle se fait aider par son petit ami. Lorsqu’elle prend ses jours de repos, elle se
rend à Eseka pour les passer auprès de la famille de son amie et retourne chez son petit
ami poursuivre le travail. Doriane par contre n’a pas bougé de la chambre de sa fille malgré
les supplications de son mari et de sa copine qui s’est installée à la maison. Vera s’occupe
de toute de ce qui concerne Doriane, elle prend des décisions à sa place et veille à ce que
ses désirs pour les funérailles de sa fille soient respectés.
Assise dans un fauteuil de cette chambre qui a vu grandir Alida, Doriane a le visage ravagé
par la douleur. Ses yeux sont rouges et gonflés, signe de son manque de sommeil. Elle tient
une photo de sa fille entre les mains et la regarde avec les yeux désespérés. Elle semble
être dans un état de choc. Elle appelle le nom de sa fille comme si elle espérait qu’elle allait
lui répondre. Elle répète son nom encore et encore comme si elle essayait de la ramener à
la vie. Sa douleur est palpable, toute personne qui la voit ne peut s’empêcher de verser
quelques gouttes de larmes. Doriane est au-delà de la consolation, rien de ce qu’on pourra
lui dire peut la consoler, rien du tout. Les personnes qui arrivent à lui parler ne reçoivent en
retour que son silence, Doriane se sent seule dans ce monde. Elle a l’impression que ces
personnes à la maison n’existent pas, que le monde s’était vidé de ses habitants pour ne
laisser qu’elle seule, sa douleur, son chagrin et son amour pour sa fille. Elle pense que
personne ne peut la comprendre, peut-être à part sa mère qui vit actuellement la même
situation que sa fille. Madame EBONGUE passe ses journées allongées, elle n’est pas
sortie une fois pour accueillir ses frères et sœurs, ses collègues et amis. Elle n’a plus jamais
rien dit depuis sa conversation avec son fils, on aurait dit qu’elle a perdu l’usage de la
parole.
Vera entre dans la chambre de Doriane et lui montre le vêtement qu’elle a choisi pour Alida.
_ Ça te plaît Doriane ?
_ C’est joli.
_ J’ai aussi pris une chaussure, une ballerine blanche et une petite couronne.
_ Merci.
_ Les enfants te réclament, tu sais que ta mère joue à la morte, elle ne parle pas et ne sort
pas de sa chambre et ta belle-sœur hum elle ne gère pas les autres. Tu as besoin de
quelque chose ?
_ D’accord.
Doriane ne tient pas bien debout, sa copine la soutient et la conduit dans la chambre de sa
mère. Elle se rapproche de son lit et s’y assoit gardant la photo dans ses bras. Elle regarde
sa mère, elle a les yeux ouverts mais le regard dans le vide..
_ Maman, j’ai besoin de toi. Tu m’as abandonné, je suis perdue maman lève- toi et viens
m’aider. Les enfants sont arrivés hier, tu ne les as pas accueillis. Tu penses que je vais
pouvoir m’en sortir toute seule ? Maman je t’en prie lève-toi, je sais que c’est difficile mais il
faut se bouger les funérailles approchent.
Ne voyant pas sa mère réagir, Doriane se couche à ses côtés. Le contact de sa peau contre
celle de sa fille lui fait du bien et elle parvient à lâcher un « je suis désolée ».
Les deux femmes se taisent, seuls leur chagrin peut parler pour elles. Seuls leur corps
chaud coller l’une contre l’autre peut ressentir leur douleur. Doriane s’en dort dans le lit de
sa mère pour le plus grand plaisir de Patrick qui a empêché à n’importe qui d’entrer dans
cette chambre la réveiller ou de faire des bruits.
Quelques jours sont passés, c’est le week-end des funérailles. La famille est habillée tout en
noire pour se rendre à la morgue. C’est le dernier voyage pour la jeune Alida et le moment le
plus douloureux pour sa famille et ses proches. Ses collègues sont présents, ses anciens
camarades de classe sont également là ainsi que ses voisins. Seuls Martial et Madame
EBONGUE n’étaient pas présents. Cette dernière n’a pas eu la force d’y aller. Ses enfants
ont préféré qu’elle attende la dépouille à la maison, ils ont peur pour son corps fragile. Le
cortège quitte la morgue pour la maison. Des pleurs et des grincements de dents des
personnes qui suivent le cortège ne laissent pas indifférents les curieux. Aurelle se fait
soutenir par Blaise, elle tient entre ses mains une photo de son amie. Dans son cœur elle se
dit : « sayez, c’est vraiment la fin, c’est la réalité je ne vais plus jamais voir ma copine, on va
la mettre dans la terre. Eh Dieu, j’avais encore espoir qu’elle revienne et qu’elle nous dise
que c’était une blague ». C’est un moment de tristesse pour tout le monde même ceux qui
ne l’ont pas connu.
Arrivé à la maison, le salon qui a été au préalable décoré pour accueillir la dépouille, se voit
saturé par de nombreuses personnes qui viennent faire le tour du cercueil. Doriane est
couchée sur le cercueil de sa fille et pleure à chaudes larmes. Si elle avait la certitude que
ses larmes pouvaient la ressusciter, elle serait heureuse de découvrir sa récompense car
elle est certaine d’avoir déjà versé des tonnes de larmes. Après quelques minutes de
silence, Martial fait son entrée. Il porte un pantalon tailleur noire, une chemise noire et des
porches. Il avance vers le cercueil, retire ses porches et fait un signe de croix devant la
dépouille de sa fille. Il la regarde couchée dans cette boîte comme si elle dormait
profondément. Il se fait violence pour ne pas couler des larmes mais c’est plus fort que lui. Il
écrase une larme avant de dire : « Tu ne sais pas combien j’ai de la peine à te voir coucher
là, c’est difficile ma fille de devoir te dire au revoir. Sache que j’ai été très heureux de te
rencontrer, tu as marqué ma vie à jamais. Je me suis demandé un jour pourquoi je t’aimais
tant, ça ne m'était jamais arrivé de ressentir autant d’amour pour une personne. C’est
maintenant que je comprends que ce n’était pas de l’amour charnel mais paternel. Je t’aime
ma fille, je t’aime plus que tout et tu sais que je donnerais ma vie pour que tu te lèves parce
que tu mérites de vivre plus que quiconque. Je ne retiendrais que le meilleur de toi, d’ailleurs
il y’en a eu que de meilleurs parce que tu étais une fille extraordinaire, un ange, mon ange
qu’on m’a enlevé parce que je ne méritais pas être ton père. Tu vas me pardonner mon
enfant, je ne serais pas là demain lorsqu’on te mettra sous terre, je n’ai pas envie de voir ça
même pas pour ton bien, je ne peux pas. Je laisse ce moment douloureux à ta famille,
qu’elle souffre plus que tu n’as souffert. Que Dieu t'accueille dans sa maison et que de là
haut tu puisses veiller sur nous, sur ta petite sœur Sky qui a envoyé des anges pour toi.
Repose en paix ma fille, que les anges du ciel t’accueillent, et sache que je t’ai pardonné ton
geste ».
_ Cause avec ta fille c’est à elle que tu dois des explications pas à moi. Je t’ai attendu
pendant plus de 10 ans pour avoir ne serait- ce qu’une petite attention de ta part, tu vivais la
belle vie en France mieux de toi, maintenant tu réclames une audience je ne peux pas et je
ne veux pas. Tout comme ta fille je ne te pardonnerais jamais ce que tu m’as fait. Garde ton
souffle pour demander pardon à ta fille pour ne pas vivre toute ta vie dans la culpabilité,
bonne soirée.
Martial s’en va laissant Doriane dans la consternation. Martial a quitté la ville le même soir,
comme il a dit à sa fille, il ne sera pas présent lors de son dernier voyage.
_ Patrick !
_ Je suis dévasté Vera, je n’ai plus de force. Je joue au vaillant, au courageux mais ça ne va
pas. Ton amie s’est écroulée là, je n’ai même pas eu la force de me rendre à son chevet. Je
suis fatigué Vera, tu sais combien j’aimais cette petite. Depuis la première fois que je l’ai vu
je m’étais dit intérieurement qu’elle sera ma fille. Me voici aujourd’hui qui la met sous terre,
la vie est injuste.
_ Je sais mon ami, je sais très bien la relation que vous aviez et je peux t’assurer qu’elle
t’aimait aussi. Tu as été un très bon père pour elle.
_ Ah bon ?
_ Oui !
Patrick essuie son visage et va voir sa femme. Doriane se blottit dans ses bras et lui dit :
_ Elle est partie, elle ne reviendra plus. Elle ne m’a pas pardonné.
Patrick avait très peur de cette partie des funérailles, il avait peur pour sa femme et ses
beaux-parents. C’est un apaisement pour lui que tout se soit bien passé et qu’ils ont pu
rentrer. La famille commence à libérer le domicile des EBONGUE. Bientôt tout le monde
sera parti et il ne restera plus qu’eux avec leur douleur. Doriane et sa famille ne compte pas
rentrer tout de suite, ils doivent régler avec Aurelle l’appartement de Alida, ses affaires et
faire ce qu’on appelle la neuvaine. Aurelle qui vit toujours chez son petit ami, est chargée de
récupérer toutes les affaires de sa copine et les ramener chez ses grands-parents pour
qu’ils soient distribués lors de la neuvaine. C’est avec Blaise qu’elle se rend à l’appartement.
_ Tu es déjà chez moi, prends juste le reste de tes affaires et tout ce qui te sera utile, le
reste tu pourras vendre pour libérer l’appartement à moins que les parents de Alida veulent
les récupérer.
_ Non, sa mère demande uniquement ses vêtements et chaussures, elle a dit que le reste
me regardait. Elle a aussi dit que je pourrais prendre sa voiture, elle a même insisté. Je ne
sais pas si c’est une bonne idée.
_ Ma chérie, s’il y a une personne que Alida aimerait voir dans sa voiture c’est toi alors
prend la. C’est un bon souvenir.
_ Il veut certainement se retrouver loin, seule et sans dérangement pour faire le point et
reprendre des forces. Moi-même j’en ai besoin quand je vais prendre les congés je vais aller
chez ma tante pour quelques temps. A mon retour je vais m’inscrire à l’école pour la rentrée
prochaine, j’espère que je pourrai compter sur toi.
_ Tu as tout mon soutien. Allez viens, nous avons du ramassage à faire. Ta sœur avait des
tonnes de vêtements.
_ Ah ça !
Aurelle ramasse tout ce qui appartient à Alida comme vêtements et chaussures, sac à main
et quelques accessoires. Elle les range dans des valises. Lors de ses jours de repos, elle
s’est rendue à Eseka pour les remettre à sa famille. C’est avec plaisir que Doriane reçoit ces
affaires. Elle est heureuse de voir ses robes de soirées, ses chaussures et ses sacs à mains
de marque.
_ Merci ma chérie, merci beaucoup du fond du cœur. Merci pour tout ce que tu as fait lors
des funérailles, Alida peut-être heureuse d’avoir partagé sa vie avec toi.
_ Tu n’as pas à me remercier maman, c’était ma sœur et je suis sûr qu’elle aurait fait la
même chose pour moi. Je ne vais plus habiter dans l’appartement.
_ Je m’en doutais bien. Vend tout ce qui s’y trouve avec l’argent que ça va te rapporter tu
vas prendre un studio, à toi de voir. J’espère que tu vas conduire sa voiture, je n’en veux
pas, et je ne veux pas la vendre. Il n’y a que toi pour la conduire, Alida sera contente.
_ J’ai programmé ça pour samedi prochain, tata Vera sera là pour m’aider je ne peux pas
compter sur ma mère elle est là comme un zombie. J’espère que tu seras présente.
_ Oui, tu sais qu’on venait ici pour un problème traditionnel d’une semaine et voilà nous déjà
à trois semaines et les enfants doivent reprendre l’école.
_ Évidemment c’est normal, tu dois reprendre tes activités, tu as tellement perdu de poids en
si peu de temps.
_ Je le ressens. Si je ne suis pas morte c’est que je vais encore vivre longtemps.
_ Tu vivras pour tes autres enfants par la grâce de Dieu. Comment va grand-mère ?
_ Toujours muette, je crois que je vais partir avec elle. Elle est comme une statuette je ne
sais plus quoi faire. Elle ne parle pas, tout le monde est dépassé.
Aurelle passe toute la journée chez la famille EBONGUE et le soir elle rentre dormir chez
ses parents.
Le week-end de la neuvaine, ceux qui ont pu faire le déplacement sont présents, Vera qui
n’a pas voulu manquer cet événement, Aurelle est présente avec Blaise, Marion qui n’est
pas encore parti est également présent. On peut aussi noter la présence des amis proches
de la famille. C’est un événement à cercle restreint. Monsieur Richard y participe mais pas
sa femme car toujours dans sa chambre. Des chants religieux sont entonnés, des lectures
des passages bibliques, danses traditionnelles tout ce qui peut mettre de l’ambiance dans
cette maison encore attristée. C’est le moment de partager les vêtements, Aurelle ramène
les valises au salon pour que la famille fasse le choix. Doriane pense que sa mère aimerait
avoir un souvenir palpable de Alida, elle se rend dans sa chambre..
_ Maman on partage les vêtements de Alida, tu viens ? ou alors je te garde un sac, maman
?
Doriane ne reçoit pas de réaction de sa mère comme d’habitude alors qu’elle a les yeux
ouverts, elle se rapproche d’elle et la touche. Son corps est dur comme une pierre. Elle
prend peur.
_ Maman, maman réponds moi. Non non ce n’est pas possible maman tu ne m’as pas fait
ça. Pas maintenant maman, ce n’est pas le moment de me lâcher, maman !
Doriane hurle tellement fort que ses frères arrivent en courant dans la chambre, le constat
est fait, madame EBONGUE a rendu l’âme dans son lit, sans mot dire. Un second coup dur
pour la famille au moment où elle parvenait un peu à se relever. Ils feront face à de
nouvelles obsèques mais cette fois-ci, ça passera vite, sans bruit, sans invitations, sans
cortège rien que la famille proche.
Madame EBONGUE repose à présent aux côtés de sa petite fille qu’elle a tant pleurer en
silence. L’annonce de sa mort n’a pas fait jaser comme celle de Alida, au contraire tout le
monde s’y attendait vu son comportement durant les obsèques de sa petite fille. Doriane est
partie le cœur lourd. Elle était venue dans son pays uniquement pour effectuer des rites
traditionnels avec son mari, plus d’un mois est passé, ils retournent chez eux ayant perdu
deux personnes chères à leurs yeux. Doriane ne voulait et ne pouvait pas laisser son père
tout seul, ce vieil qui, en l’espace d’un mois a enterré deux êtres précieux. Il est moralement
perturbé et n’est plus à même de s’occuper de lui-même. Monsieur EBONGUE a perdu le
goût de vivre, il attend plus que son jour pour s’en aller lui aussi.
A Suivre.#AMOUR_INTERDIT
#FIN
Des mois se sont écoulés, une année est passée, la vie de famille a littéralement changée,
un grand vide s’est installé dans leur quotidien. Les parents et les frères et sœurs vivent en
permanence avec une douleur constante, un chagrin qui les suit partout. Les souvenirs des
êtres disparus sont omniprésents et chaque instant de leur vie leur rappelle ceux qu’ils ont
perdu. Les jours sont difficiles à traverser, les nuits sont blanches et les larmes coulent
souvent. Chacun peut, pendant sa solitude laisser échapper une larme en signe de
commémoration. Les parents se sentent coupables, ils se disent qu’ils auraient pu éviter
cette tragédie s’ils avaient bien fait les choses. Chacun se morfond dans son coin et la vie
de couple devient difficile, les dialogues ont disparu pour laisser place au silence. Un silence
perçu comme une longue période de Mea culpa. Ils cherchent le pardon de leur enfant, ils
dorment sans dormir, ils vivent sans vraiment vivre. Une année après, la douleur persiste et
les regrets vont grandissants.
Aurelle a donné naissance à un garçon et vit toujours chez son fiancé. Elle mène sa petite
vie de famille comme elle peut. Son mariage approche à grands pas. Elle a tellement eu du
mal à se trouver une robe qui lui correspond. Chaque étape qu’elle passe, elle se dit que si
sa copine était présente, elle allait lui faire autre suggestion. Ça lui arrive très souvent de lui
parler, de lui poser des questions lorsqu’elle est bloquée, de lui demander de venir en
songe. Son amie lui manque atrocement à cette période.
Aurelle se trouve à bord de sa voiture, elle arrive chez Vera et se gare. Elle monte et sonne,
Vera lui ouvre la porte, elles s’embrassent chaleureusement et s’installent au salon.
_ Alors ma petite maman comment tu vas ? Où est le bébé j’ai cru tu allais me l’emmener.
_ Tata il n’a que 4 mois je ne peux pas sortir avec lui comme ça. Ma belle –mère m’a à l’œil.
_ Hahahaha mais si. Je suppose que tu viens récupérer la valise que Doriane a envoyé.
_ J’allais le faire depuis mais j’étais très occupée. Entre la maison, l’école, le boulot je suis
serrée tata.
_ Bienvenue dans la vie de famille jeune fille. Attends je vais chercher la valise.
Vera a passé quelques semaines en Europe où elle a eu à rendre visite à son amie. Doriane
qui ne pourra pas être présente au mariage de Aurelle, lui envoyé une valise. Elle va la
chercher et la lui apporter.
_ Ah ma chérie je ne peux pas te dire qu’elle va bien ou non. Tu sais, ce n’est pas évident
de perdre deux personnes en l’espace de quelques semaines. Dire qu’elle ne souffre pas
serait un mensonge, Doriane a encore maigri, ça la ronge à l’intérieur même si elle donne
l’impression d’aller bien, c’est mon amie je la connais mieux que quiconque. Une année est
passée oui mais on a l’impression que c’était hier, la douleur est encore fraîche.
_ Oui moi-même je ne me suis pas encore totalement remis et je peux même t’avouer que
j’arrive à lui parler, du moins je parle seule. Le temps passe si vite, tellement vite. Maman
Doriane est une femme forte, vraiment très forte et je sais qu’elle va remonter la pente. Ça
prendra du temps, elle y arrivera, nous y parviendrons. Et grand-père EBONGUE, il s’en sort
?
_ J’ai passé deux jours chez elle et je peux te dire que pendant mon séjour je l’ai vu sourire
une fois et c’était avec sa petite fille. Il ne parle qu’avec ses petits-enfants, lorsqu’ils sont là,
il sort de sa chambre. C’est comme si le meilleur moment de sa journée c’est lorsque ses
petits-enfants rentrent des classes. Il ne parle pas vraiment alors que c’était un bavard.
Parfois il se retire seul dans un coin de la maison il reste là comme un perdu tu vois. Doriane
fait ce qu’elle peut pour qu’il retrouve ne serait-ce qu’un peu de sa sociabilité. Il sort
uniquement pour l’hôpital, il est là comme un zombie. Dans son regard tu peux voir
beaucoup de culpabilité, c’est en train de le tuer à petit feu.
_ Le pauvre, je n’imagine même pas ce qu’il doit vivre dans sa tête. C’était une bonne idée
que maman Doriane a prise, celle de l’amener avec elle, voir ses petits-fils lui fait un peu de
bien. Tata je dois y aller, ma belle-mère est seule avec le bébé. Tu seras à mon mariage
j’espère.
_ Même si ce jour on me dit que je dois interviewer le Président, je vais dire non merci j’ai le
mariage de ma fille, donc ne t’inquiète pas je serais là.
_ Super.
Vera raccompagne Aurelle jusqu’à la voiture. Depuis le jour où sa copine Alida les avait
présentés, elles sont devenues proches et malgré le départ de Alida, leur complicité est
restée la même. Aurelle est heureuse de savoir que la mère de son amie ne l’a pas
abandonné, elle l’appelle constamment et ne manque pas de lui renouveler ses vœux de
bonheur pour son mariage. Elle ne manque pas elle aussi de prendre les nouvelles de l’état
de santé de grand-père EBONGUE qui, au fil du temps, se dégrade. Doriane sait qu’elle ne
peut plus rien faire pour sauver son père. Chaque mois qui passe, il se retrouve à l’hôpital,
chaque année qui passe ce sont des craintes. Doriane craint de se lever un beau matin
retrouver son père sans vie.
Après trois années d’instance souffrance, Monsieur EBONGUE a finalement rendu l’âme.
Doriane va à nouveau revenir dans sa ville natale enterrer son père après trois longues
années où ce dernier s’est battu avec sa conscience pour rester en vie. Camile qui est le
seul enfant dans la ville à faire le nécessaire pour recevoir la dépouille de son père. Le
domicile familial qui est resté longtemps vide se voit à nouveau bourré de personnes venues
rendre un dernier hommage à cet homme qui a en quelque sorte marqué son passage dans
cette ville. Quelques jours après les obsèques, Doriane s’est rendue au cimetière de la
famille pour dire au revoir au sien surtout à sa fille. Elle lui a apporté des fleurs qu’elle
dépose sur sa tombe, ensuite elle dit : « ma chérie je suis là, je t’ai apporté tes fleurs
préférées. J’avoue que j’ai eu du mal à les trouver. A présent tu es avec papi et mamie, je
sais que tu es bien entourée même si j’ai toujours du mal à m’y faire. La bonne nouvelle
c’est que j’ai arrêté de pleurer, tes sœurs aussi ont arrêté c’est bon signe. Ah mon bébé tu
me manques tellement, si tu étais là on serait allée voir Aurelle à l’hôpital, eh oui ta copine a
encore accouché, cette fois ci c’est une fille. Dieu bénit le jour où elle est entrée dans ta vie,
ce genre d‘amie est très rare. Est-ce que tu sais que c’est elle qui nettoie ta tombe. Dès
qu’elle a du temps, elle vient ici et nettoie tout en disant que tu n’aimes pas la saleté. Je prie
Dieu qu’elle ait une belle vie, elle le mérite. Ton père et moi allons rentrer demain, je ne sais
pas quand je reviendrai ici. Même si je te porte dans mon cœur, il y a une grande différence
lorsque je suis ici, j’ai l’impression d’être plus proche de toi. Un jour je reviendrais m’installer
définitivement ici, c’est en projet je le dois le faire pour toi, pour tes frères et sœur et pour tes
grands-parents. Je dois inculquer à tes sœurs notre culture, nos origines, toi-même tu sais
comment elles sont déjà depaysées, je dois leur apprendre ce que je ne t’ai pas appris. Ils
doivent connaître leurs cousins et cousines que ce soit de mon côté ou chez leur père, je
reviendrais ici ma chérie. J’ai toujours cette interrogation-là qui me hante depuis ton départ,
est-ce que tu m’as pardonné ma chérie, j’en ai besoin pour continuer à vivre. Fais moi signe
s’il te plait. Je dois te laisser, je reviendrais bientôt mon bébé, je t’aime très fort, sache que
maman t’aime et t’aimera toute sa vie. Elle a hâte de te retrouver ». Doriane fait un signe de
croix, récite une courte prière, puis se retournant pour partir, elle tombe nez-à-nez sur
Martial. Elle avait cru ne jamais le revoir, elle est très surprise.
_ Angelo !
_ Bonjour Doriane, j’espère que je suis le bienvenu dans cet espace réservé à la famille
EBONGUE.
_ Merci
Doriane peut déceler chez cet homme un changement, il a maigri lui aussi et s’est laissé
pousser la barbe. Une barbe qui commence à être blanche. Elle avait espéré le revoir un
jour, maintenant que l’occasion se pose elle compte bien en profiter.
Martial ne lui répond pas et se tourne vers la tombe de sa fille. Doriane prend congé, le
laissant en intimité avec sa fille tout en espérant qu’il accepte son invitation.
Martial s'accroupit pour parler à sa fille. Il lui dit : « Alida ma fille je suis là, je suis venue te
dire au revoir. J’ai pensé qu’il était préférable que je me déplace pour le faire, c’est plus
expressif. Quand je t’ai perdu j’ai juré que jamais je n’allais plus me remettre en couple, à
vrai dire j’avais la frousse et j’étais désagréable avec mon entourage. Le temps est passé,
j’ai fait une belle rencontre. Je pense que tu le sais déjà, elle m’a donné un garçon, je l’ai
appelé Angelo. Ne me demande pas pourquoi je lui ai donné ce nom, moi-même je ne sais
pas alors que j’avais renoncé à ce nom. Je me dis que c’est parce que j’ai envie que mon fils
fasse mon parcours de vie sans commettre d’erreur, les mêmes que j’ai commis. Je sais que
c'est bête mais ça m’apporte un peu de bien de savoir que je pourrais réparer mes erreurs à
travers lui. J’ai une bonne nouvelle, la dernière fois que j’étais ici, je t’ai dit que j’avais
demandé la garde exclusive de ta petite sœur Sky et ben je l’ai obtenu, elle viendra avec
moi, avec nous. Je ne compte pas me marier, je veux juste vivre avec ma petite famille. Ma
compagne a été affectée loin de cette ville, loin de ce pays et j’ai pris la décision de partir
avec elle, c’est pour ça que je viens te dire au revoir. Au revoir physiquement si je peux le
dire ainsi, mais pas au revoir dans mon cœur parce que tu y vis et on continuera à se parler
intérieurement. Continue de reposer en paix, tu es entouré des personnes qui t’aiment, tes
grands-parents, ma mère qui ne t’a pas connu dans la vie réelle mais dans la vie de
l’au-delà. Je sais que tu es heureuse et moi je tâcherais de l’être. Je t’aime ma princesse. A
bientôt ».
Martial se relève et quitte le cimetière. Il ne sait pas s’il va accepter l’invitation de Doriane. Ils
s’étaient mal séparés depuis les obsèques de leur fille et plus jamais il n’avait eu une
occasion de se voir. Martial se dit que le temps est passé, l’eau a coulé sous les ponts, il ne
va pas passer sa vie à la condamner déjà que depuis ses trois années, elle n’a pas fait
qu’enterrer ses proches. Il décide de se rendre chez elle. Doriane est assise dehors comme
si elle l’attendait. Lorsqu’elle le voit passer le portail, elle se lève brusquement avec
soulagement.
Martial accepte d’entrer. Les enfants viennent le saluer, Doriane les envoie dans leur
chambre. Patrick aussi vient le saluer, les tensions ont baissé, il laisse sa femme discuter
avec Martial et va lui aussi dans la chambre se reposer.
_ Non ça va.
_ Ok ! je voulais qu’on parle de tout ce qui s’est passé. Excuse-moi de revenir sur le sujet
mais ça me hante. Je ne sais pas si j’ai reçu le pardon de Alida, peut-être que je n’en
saurais jamais. Mais toi, tu es là, tu es devant moi, j’ai besoin de ton pardon Angelo, ça ne
ramènera pas notre enfant je sais mais j’en ai besoin pour vraiment achever mon deuil.
Angelo je ne voulais pas ce qui s’est passé, j’ai fait une erreur et j’en ai payé le prix fort. Ce
n’était pas contre toi, bref pardonne-moi de t’avoir enlevé ta fille, pardonne-moi d’avoir
occasionné sa mort. Je peux me mettre à genoux si tu veux, dit-elle en s’y mettant,
pardonne-moi.
_ Si j’en ai besoin Angelo, je ne vis plus depuis, je ne dors pas, je fais semblant devant les
gens, moi-même je suis morte depuis et la perte de mes parents ne m’ont pas aidé.
Martial se lève et va la relever pour la faire asseoir, ensuite il regagne son siège.
_ Je t’ai pardonné depuis Doriane, même tes grands-parents. Je ne savais pas que j’allais
pouvoir un jour entrer dans cette maison, te voir te parler comme je le fais, mais me voici.
J’ai rencontré une femme qui m’a aidé à surmonté tout ça. Elle m’a aidé à prier, elle m’a
tellement soutenu que je me suis retrouvé un jour en train de ne plus vous en vouloir et de
ne plus culpabiliser. Elle m’a guéri de cette douleur, elle m’a fait accepter cette perte, elle
m’a fait éviter une dépression, j’étais devenu colérique, alcoolique même, j’avais vraiment
besoin d’aide elle était là. Je ne sais pas si je vais l’épouser mais je suis sûr que je ferais
tout pour elle. C’est ma compagne, elle partage ma vie et m’a donné un fils, je ne lui
remercierai jamais assez de m’avoir sauvé la vie. Je ne suis pas avec elle parce que je suis
très amoureux non, je suis avec elle parce qu’elle me procure la paix, la joie de vivre,
l’harmonie, l'espérance, une vie de famille épanouie. Aussi difficile que cela puisse être, j’ai
tourné la page Doriane.
_ Tu ne peux pas savoir à quel point tes paroles me réchauffent le cœur. Merci infiniment
Angelo, merci du fond du cœur et j’espère que tu finiras par épouser cette fille.
_ Je ne sais pas, pour le moment nous sommes heureux comme ça. On va recommencer
une nouvelle vie ailleurs.
_ Non.
Martial sourit, il se lève pour sortir. Doriane l’accompagne dehors. Ils n’ont pas besoin de se
dire au revoir, juste avec un regard, ils se sont souhaité le meilleur pour chacun et un « à
bientôt ». Doriane est si soulagée qu’elle respire profondément. C’est un poids énorme qui
se dégage de ses épaules. Elle remercie le ciel de l’avoir permis de rencontrer cet homme.
Maintenant elle peut retourner chez elle avec la satisfaction d’avoir soulager sa conscience.
Doriane se trouve dans la ville de Douala avec sa famille, c’est ce jour qu’ils regagnent leur
territoire mais avant de se rendre à l’aéroport, elle passe à l’hôpital saluer Aurelle qui a
accouché il y a quelques jours. Aurelle est éveillée et sourit lorsqu’elle voit entrer Doriane.
_ Eh maman Doriane j’ai même cru que tu étais déjà partie.
_ Partir sans te voir ? Même si je suis pressée je ne peux pas partir sans venir porter le
bébé.
_ Et papa ?
_ Il est dans la voiture avec les enfants, il te salue. Nous sommes en train de courir sur le
temps. Comment tu vas ?
_ Ça va mieux aujourd’hui, cette petite crevette m’a fait voir de toutes les couleurs. Je
n'accouche plus.
_ hahahahahaha tu n'as encore rien vu. Et ton mari, je croyais le trouver ici.
_ Oui, il a commencé l'école. Tu peux la prendre maman, elle est dans son lit.
Doriane va prendre la fille de Aurelle dans son berceau, elle est endormie.
_ Elle est si mignonne, regarde moi sa petite bouche. Elle s’appelle comment ?
_ Donc je tiens la petite Alida entre mes mains, merci beaucoup Aurelle, tu ne sais pas ce
que tu viens de me faire. J’avais juré de ne plus pleurer mais là c’est plus fort que moi.
Doriane coule des larmes en faisant des bisous à la petite Alida ; elle lui dit : « Tu as une
maman en or ma petite, je vais lui envoyer ta valise et tout ce que tu voudras ma petite
Alida. Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse ton mariage Aurelle, soit heureuse ma fille
et n’hésite jamais à me demander quoi que ce soit. » Doriane essuie ses larmes et remet
l’enfant dans son lit.
_ Je dois y aller, je t’appelle à mon arrivée et je vais voir comment envoyer la valise de
l’enfant.
_ D’accord maman.
Doriane l’embrasse et retourne dans la voiture, son mari constate qu’elle a pleuré.
Doriane quitte le pays avec sa famille. Le temps va passer mais la douleur restera, le vide
se ressentira, la famille apprendra à vivre avec ce vide. Les anniversaires, les fêtes et les
événements importants seront particulièrement difficiles à traverser. La famille s’accrochera
aux souvenirs, aux photos et aux objets pour garder Alida présente dans leur vie. Ils
apprendront à apprécier chaque instant, chaque moment de bonheur de leur vie car ils
sauront que Alida sera toujours présente dans leurs cœurs.
FIN#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 36
#FIN
Des mois se sont écoulés, une année est passée, la vie de famille a littéralement changée,
un grand vide s’est installé dans leur quotidien. Les parents et les frères et sœurs vivent en
permanence avec une douleur constante, un chagrin qui les suit partout. Les souvenirs des
êtres disparus sont omniprésents et chaque instant de leur vie leur rappelle ceux qu’ils ont
perdu. Les jours sont difficiles à traverser, les nuits sont blanches et les larmes coulent
souvent. Chacun peut, pendant sa solitude laisser échapper une larme en signe de
commémoration. Les parents se sentent coupables, ils se disent qu’ils auraient pu éviter
cette tragédie s’ils avaient bien fait les choses. Chacun se morfond dans son coin et la vie
de couple devient difficile, les dialogues ont disparu pour laisser place au silence. Un silence
perçu comme une longue période de Mea culpa. Ils cherchent le pardon de leur enfant, ils
dorment sans dormir, ils vivent sans vraiment vivre. Une année après, la douleur persiste et
les regrets vont grandissants.
Aurelle a donné naissance à un garçon et vit toujours chez son fiancé. Elle mène sa petite
vie de famille comme elle peut. Son mariage approche à grands pas. Elle a tellement eu du
mal à se trouver une robe qui lui correspond. Chaque étape qu’elle passe, elle se dit que si
sa copine était présente, elle allait lui faire autre suggestion. Ça lui arrive très souvent de lui
parler, de lui poser des questions lorsqu’elle est bloquée, de lui demander de venir en
songe. Son amie lui manque atrocement à cette période.
Aurelle se trouve à bord de sa voiture, elle arrive chez Vera et se gare. Elle monte et sonne,
Vera lui ouvre la porte, elles s’embrassent chaleureusement et s’installent au salon.
_ Alors ma petite maman comment tu vas ? Où est le bébé j’ai cru tu allais me l’emmener.
_ Tata il n’a que 4 mois je ne peux pas sortir avec lui comme ça. Ma belle –mère m’a à l’œil.
_ Hahahaha mais si. Je suppose que tu viens récupérer la valise que Doriane a envoyé.
_ J’allais le faire depuis mais j’étais très occupée. Entre la maison, l’école, le boulot je suis
serrée tata.
_ Bienvenue dans la vie de famille jeune fille. Attends je vais chercher la valise.
Vera a passé quelques semaines en Europe où elle a eu à rendre visite à son amie. Doriane
qui ne pourra pas être présente au mariage de Aurelle, lui envoyé une valise. Elle va la
chercher et la lui apporter.
_ Tu vas trouver des habits du bébé et quelques accessoires qui pourront te servir pour le
mariage ainsi que ton cadeau de mariage.
_ Ah ma chérie je ne peux pas te dire qu’elle va bien ou non. Tu sais, ce n’est pas évident
de perdre deux personnes en l’espace de quelques semaines. Dire qu’elle ne souffre pas
serait un mensonge, Doriane a encore maigri, ça la ronge à l’intérieur même si elle donne
l’impression d’aller bien, c’est mon amie je la connais mieux que quiconque. Une année est
passée oui mais on a l’impression que c’était hier, la douleur est encore fraîche.
_ Oui moi-même je ne me suis pas encore totalement remis et je peux même t’avouer que
j’arrive à lui parler, du moins je parle seule. Le temps passe si vite, tellement vite. Maman
Doriane est une femme forte, vraiment très forte et je sais qu’elle va remonter la pente. Ça
prendra du temps, elle y arrivera, nous y parviendrons. Et grand-père EBONGUE, il s’en sort
?
_ J’ai passé deux jours chez elle et je peux te dire que pendant mon séjour je l’ai vu sourire
une fois et c’était avec sa petite fille. Il ne parle qu’avec ses petits-enfants, lorsqu’ils sont là,
il sort de sa chambre. C’est comme si le meilleur moment de sa journée c’est lorsque ses
petits-enfants rentrent des classes. Il ne parle pas vraiment alors que c’était un bavard.
Parfois il se retire seul dans un coin de la maison il reste là comme un perdu tu vois. Doriane
fait ce qu’elle peut pour qu’il retrouve ne serait-ce qu’un peu de sa sociabilité. Il sort
uniquement pour l’hôpital, il est là comme un zombie. Dans son regard tu peux voir
beaucoup de culpabilité, c’est en train de le tuer à petit feu.
_ Le pauvre, je n’imagine même pas ce qu’il doit vivre dans sa tête. C’était une bonne idée
que maman Doriane a prise, celle de l’amener avec elle, voir ses petits-fils lui fait un peu de
bien. Tata je dois y aller, ma belle-mère est seule avec le bébé. Tu seras à mon mariage
j’espère.
_ Même si ce jour on me dit que je dois interviewer le Président, je vais dire non merci j’ai le
mariage de ma fille, donc ne t’inquiète pas je serais là.
_ Super.
Vera raccompagne Aurelle jusqu’à la voiture. Depuis le jour où sa copine Alida les avait
présentés, elles sont devenues proches et malgré le départ de Alida, leur complicité est
restée la même. Aurelle est heureuse de savoir que la mère de son amie ne l’a pas
abandonné, elle l’appelle constamment et ne manque pas de lui renouveler ses vœux de
bonheur pour son mariage. Elle ne manque pas elle aussi de prendre les nouvelles de l’état
de santé de grand-père EBONGUE qui, au fil du temps, se dégrade. Doriane sait qu’elle ne
peut plus rien faire pour sauver son père. Chaque mois qui passe, il se retrouve à l’hôpital,
chaque année qui passe ce sont des craintes. Doriane craint de se lever un beau matin
retrouver son père sans vie.
Après trois années d’instance souffrance, Monsieur EBONGUE a finalement rendu l’âme.
Doriane va à nouveau revenir dans sa ville natale enterrer son père après trois longues
années où ce dernier s’est battu avec sa conscience pour rester en vie. Camile qui est le
seul enfant dans la ville à faire le nécessaire pour recevoir la dépouille de son père. Le
domicile familial qui est resté longtemps vide se voit à nouveau bourré de personnes venues
rendre un dernier hommage à cet homme qui a en quelque sorte marqué son passage dans
cette ville. Quelques jours après les obsèques, Doriane s’est rendue au cimetière de la
famille pour dire au revoir au sien surtout à sa fille. Elle lui a apporté des fleurs qu’elle
dépose sur sa tombe, ensuite elle dit : « ma chérie je suis là, je t’ai apporté tes fleurs
préférées. J’avoue que j’ai eu du mal à les trouver. A présent tu es avec papi et mamie, je
sais que tu es bien entourée même si j’ai toujours du mal à m’y faire. La bonne nouvelle
c’est que j’ai arrêté de pleurer, tes sœurs aussi ont arrêté c’est bon signe. Ah mon bébé tu
me manques tellement, si tu étais là on serait allée voir Aurelle à l’hôpital, eh oui ta copine a
encore accouché, cette fois ci c’est une fille. Dieu bénit le jour où elle est entrée dans ta vie,
ce genre d‘amie est très rare. Est-ce que tu sais que c’est elle qui nettoie ta tombe. Dès
qu’elle a du temps, elle vient ici et nettoie tout en disant que tu n’aimes pas la saleté. Je prie
Dieu qu’elle ait une belle vie, elle le mérite. Ton père et moi allons rentrer demain, je ne sais
pas quand je reviendrai ici. Même si je te porte dans mon cœur, il y a une grande différence
lorsque je suis ici, j’ai l’impression d’être plus proche de toi. Un jour je reviendrais m’installer
définitivement ici, c’est en projet je le dois le faire pour toi, pour tes frères et sœur et pour tes
grands-parents. Je dois inculquer à tes sœurs notre culture, nos origines, toi-même tu sais
comment elles sont déjà depaysées, je dois leur apprendre ce que je ne t’ai pas appris. Ils
doivent connaître leurs cousins et cousines que ce soit de mon côté ou chez leur père, je
reviendrais ici ma chérie. J’ai toujours cette interrogation-là qui me hante depuis ton départ,
est-ce que tu m’as pardonné ma chérie, j’en ai besoin pour continuer à vivre. Fais moi signe
s’il te plait. Je dois te laisser, je reviendrais bientôt mon bébé, je t’aime très fort, sache que
maman t’aime et t’aimera toute sa vie. Elle a hâte de te retrouver ». Doriane fait un signe de
croix, récite une courte prière, puis se retournant pour partir, elle tombe nez-à-nez sur
Martial. Elle avait cru ne jamais le revoir, elle est très surprise.
_ Angelo !
_ Bonjour Doriane, j’espère que je suis le bienvenu dans cet espace réservé à la famille
EBONGUE.
_ Merci
Doriane peut déceler chez cet homme un changement, il a maigri lui aussi et s’est laissé
pousser la barbe. Une barbe qui commence à être blanche. Elle avait espéré le revoir un
jour, maintenant que l’occasion se pose elle compte bien en profiter.
_ Nous devons discuter, il le faut s’il te plait, même si c’est pour m’insulter.
Écoute, je serais à la maison, je t’attendrais. S’il te plait, faisons-le pour Alida.
Martial ne lui répond pas et se tourne vers la tombe de sa fille. Doriane prend congé, le
laissant en intimité avec sa fille tout en espérant qu’il accepte son invitation.
Martial s'accroupit pour parler à sa fille. Il lui dit : « Alida ma fille je suis là, je suis venue te
dire au revoir. J’ai pensé qu’il était préférable que je me déplace pour le faire, c’est plus
expressif. Quand je t’ai perdu j’ai juré que jamais je n’allais plus me remettre en couple, à
vrai dire j’avais la frousse et j’étais désagréable avec mon entourage. Le temps est passé,
j’ai fait une belle rencontre. Je pense que tu le sais déjà, elle m’a donné un garçon, je l’ai
appelé Angelo. Ne me demande pas pourquoi je lui ai donné ce nom, moi-même je ne sais
pas alors que j’avais renoncé à ce nom. Je me dis que c’est parce que j’ai envie que mon fils
fasse mon parcours de vie sans commettre d’erreur, les mêmes que j’ai commis. Je sais que
c'est bête mais ça m’apporte un peu de bien de savoir que je pourrais réparer mes erreurs à
travers lui. J’ai une bonne nouvelle, la dernière fois que j’étais ici, je t’ai dit que j’avais
demandé la garde exclusive de ta petite sœur Sky et ben je l’ai obtenu, elle viendra avec
moi, avec nous. Je ne compte pas me marier, je veux juste vivre avec ma petite famille. Ma
compagne a été affectée loin de cette ville, loin de ce pays et j’ai pris la décision de partir
avec elle, c’est pour ça que je viens te dire au revoir. Au revoir physiquement si je peux le
dire ainsi, mais pas au revoir dans mon cœur parce que tu y vis et on continuera à se parler
intérieurement. Continue de reposer en paix, tu es entouré des personnes qui t’aiment, tes
grands-parents, ma mère qui ne t’a pas connu dans la vie réelle mais dans la vie de
l’au-delà. Je sais que tu es heureuse et moi je tâcherais de l’être. Je t’aime ma princesse. A
bientôt ».
Martial se relève et quitte le cimetière. Il ne sait pas s’il va accepter l’invitation de Doriane. Ils
s’étaient mal séparés depuis les obsèques de leur fille et plus jamais il n’avait eu une
occasion de se voir. Martial se dit que le temps est passé, l’eau a coulé sous les ponts, il ne
va pas passer sa vie à la condamner déjà que depuis ses trois années, elle n’a pas fait
qu’enterrer ses proches. Il décide de se rendre chez elle. Doriane est assise dehors comme
si elle l’attendait. Lorsqu’elle le voit passer le portail, elle se lève brusquement avec
soulagement.
Martial accepte d’entrer. Les enfants viennent le saluer, Doriane les envoie dans leur
chambre. Patrick aussi vient le saluer, les tensions ont baissé, il laisse sa femme discuter
avec Martial et va lui aussi dans la chambre se reposer.
_ Non ça va.
_ Ok ! je voulais qu’on parle de tout ce qui s’est passé. Excuse-moi de revenir sur le sujet
mais ça me hante. Je ne sais pas si j’ai reçu le pardon de Alida, peut-être que je n’en
saurais jamais. Mais toi, tu es là, tu es devant moi, j’ai besoin de ton pardon Angelo, ça ne
ramènera pas notre enfant je sais mais j’en ai besoin pour vraiment achever mon deuil.
Angelo je ne voulais pas ce qui s’est passé, j’ai fait une erreur et j’en ai payé le prix fort. Ce
n’était pas contre toi, bref pardonne-moi de t’avoir enlevé ta fille, pardonne-moi d’avoir
occasionné sa mort. Je peux me mettre à genoux si tu veux, dit-elle en s’y mettant,
pardonne-moi.
_ Si j’en ai besoin Angelo, je ne vis plus depuis, je ne dors pas, je fais semblant devant les
gens, moi-même je suis morte depuis et la perte de mes parents ne m’ont pas aidé.
Martial se lève et va la relever pour la faire asseoir, ensuite il regagne son siège.
_ Je t’ai pardonné depuis Doriane, même tes grands-parents. Je ne savais pas que j’allais
pouvoir un jour entrer dans cette maison, te voir te parler comme je le fais, mais me voici.
J’ai rencontré une femme qui m’a aidé à surmonté tout ça. Elle m’a aidé à prier, elle m’a
tellement soutenu que je me suis retrouvé un jour en train de ne plus vous en vouloir et de
ne plus culpabiliser. Elle m’a guéri de cette douleur, elle m’a fait accepter cette perte, elle
m’a fait éviter une dépression, j’étais devenu colérique, alcoolique même, j’avais vraiment
besoin d’aide elle était là. Je ne sais pas si je vais l’épouser mais je suis sûr que je ferais
tout pour elle. C’est ma compagne, elle partage ma vie et m’a donné un fils, je ne lui
remercierai jamais assez de m’avoir sauvé la vie. Je ne suis pas avec elle parce que je suis
très amoureux non, je suis avec elle parce qu’elle me procure la paix, la joie de vivre,
l’harmonie, l'espérance, une vie de famille épanouie. Aussi difficile que cela puisse être, j’ai
tourné la page Doriane.
_ Tu ne peux pas savoir à quel point tes paroles me réchauffent le cœur. Merci infiniment
Angelo, merci du fond du cœur et j’espère que tu finiras par épouser cette fille.
_ Je ne sais pas, pour le moment nous sommes heureux comme ça. On va recommencer
une nouvelle vie ailleurs.
_ Je te souhaite tout le bonheur du monde Angelo, tu es belle personne, tu le mérites.
_ Non.
Martial sourit, il se lève pour sortir. Doriane l’accompagne dehors. Ils n’ont pas besoin de se
dire au revoir, juste avec un regard, ils se sont souhaité le meilleur pour chacun et un « à
bientôt ». Doriane est si soulagée qu’elle respire profondément. C’est un poids énorme qui
se dégage de ses épaules. Elle remercie le ciel de l’avoir permis de rencontrer cet homme.
Maintenant elle peut retourner chez elle avec la satisfaction d’avoir soulager sa conscience.
Doriane se trouve dans la ville de Douala avec sa famille, c’est ce jour qu’ils regagnent leur
territoire mais avant de se rendre à l’aéroport, elle passe à l’hôpital saluer Aurelle qui a
accouché il y a quelques jours. Aurelle est éveillée et sourit lorsqu’elle voit entrer Doriane.
_ Partir sans te voir ? Même si je suis pressée je ne peux pas partir sans venir porter le
bébé.
_ Et papa ?
_ Il est dans la voiture avec les enfants, il te salue. Nous sommes en train de courir sur le
temps. Comment tu vas ?
_ Ça va mieux aujourd’hui, cette petite crevette m’a fait voir de toutes les couleurs. Je
n'accouche plus.
_ hahahahahaha tu n'as encore rien vu. Et ton mari, je croyais le trouver ici.
_ Oui, il a commencé l'école. Tu peux la prendre maman, elle est dans son lit.
Doriane va prendre la fille de Aurelle dans son berceau, elle est endormie.
_ Elle est si mignonne, regarde moi sa petite bouche. Elle s’appelle comment ?
Doriane coule des larmes en faisant des bisous à la petite Alida ; elle lui dit : « Tu as une
maman en or ma petite, je vais lui envoyer ta valise et tout ce que tu voudras ma petite
Alida. Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse ton mariage Aurelle, soit heureuse ma fille
et n’hésite jamais à me demander quoi que ce soit. » Doriane essuie ses larmes et remet
l’enfant dans son lit.
_ Je dois y aller, je t’appelle à mon arrivée et je vais voir comment envoyer la valise de
l’enfant.
_ D’accord maman.
Doriane l’embrasse et retourne dans la voiture, son mari constate qu’elle a pleuré.
Doriane quitte le pays avec sa famille. Le temps va passer mais la douleur restera, le vide
se ressentira, la famille apprendra à vivre avec ce vide. Les anniversaires, les fêtes et les
événements importants seront particulièrement difficiles à traverser. La famille s’accrochera
aux souvenirs, aux photos et aux objets pour garder Alida présente dans leur vie. Ils
apprendront à apprécier chaque instant, chaque moment de bonheur de leur vie car ils
sauront que Alida sera toujours présente dans leurs cœurs.
FIN#AMOUR_INTERDIT
Chapitre 36
#FIN
Des mois se sont écoulés, une année est passée, la vie de famille a littéralement changée,
un grand vide s’est installé dans leur quotidien. Les parents et les frères et sœurs vivent en
permanence avec une douleur constante, un chagrin qui les suit partout. Les souvenirs des
êtres disparus sont omniprésents et chaque instant de leur vie leur rappelle ceux qu’ils ont
perdu. Les jours sont difficiles à traverser, les nuits sont blanches et les larmes coulent
souvent. Chacun peut, pendant sa solitude laisser échapper une larme en signe de
commémoration. Les parents se sentent coupables, ils se disent qu’ils auraient pu éviter
cette tragédie s’ils avaient bien fait les choses. Chacun se morfond dans son coin et la vie
de couple devient difficile, les dialogues ont disparu pour laisser place au silence. Un silence
perçu comme une longue période de Mea culpa. Ils cherchent le pardon de leur enfant, ils
dorment sans dormir, ils vivent sans vraiment vivre. Une année après, la douleur persiste et
les regrets vont grandissants.
Aurelle a donné naissance à un garçon et vit toujours chez son fiancé. Elle mène sa petite
vie de famille comme elle peut. Son mariage approche à grands pas. Elle a tellement eu du
mal à se trouver une robe qui lui correspond. Chaque étape qu’elle passe, elle se dit que si
sa copine était présente, elle allait lui faire autre suggestion. Ça lui arrive très souvent de lui
parler, de lui poser des questions lorsqu’elle est bloquée, de lui demander de venir en
songe. Son amie lui manque atrocement à cette période.
Aurelle se trouve à bord de sa voiture, elle arrive chez Vera et se gare. Elle monte et sonne,
Vera lui ouvre la porte, elles s’embrassent chaleureusement et s’installent au salon.
_ Alors ma petite maman comment tu vas ? Où est le bébé j’ai cru tu allais me l’emmener.
_ Tata il n’a que 4 mois je ne peux pas sortir avec lui comme ça. Ma belle –mère m’a à l’œil.
_ Hahahaha mais si. Je suppose que tu viens récupérer la valise que Doriane a envoyé.
_ J’allais le faire depuis mais j’étais très occupée. Entre la maison, l’école, le boulot je suis
serrée tata.
_ Bienvenue dans la vie de famille jeune fille. Attends je vais chercher la valise.
Vera a passé quelques semaines en Europe où elle a eu à rendre visite à son amie. Doriane
qui ne pourra pas être présente au mariage de Aurelle, lui envoyé une valise. Elle va la
chercher et la lui apporter.
_ Tu vas trouver des habits du bébé et quelques accessoires qui pourront te servir pour le
mariage ainsi que ton cadeau de mariage.
_ Ah ma chérie je ne peux pas te dire qu’elle va bien ou non. Tu sais, ce n’est pas évident
de perdre deux personnes en l’espace de quelques semaines. Dire qu’elle ne souffre pas
serait un mensonge, Doriane a encore maigri, ça la ronge à l’intérieur même si elle donne
l’impression d’aller bien, c’est mon amie je la connais mieux que quiconque. Une année est
passée oui mais on a l’impression que c’était hier, la douleur est encore fraîche.
_ Oui moi-même je ne me suis pas encore totalement remis et je peux même t’avouer que
j’arrive à lui parler, du moins je parle seule. Le temps passe si vite, tellement vite. Maman
Doriane est une femme forte, vraiment très forte et je sais qu’elle va remonter la pente. Ça
prendra du temps, elle y arrivera, nous y parviendrons. Et grand-père EBONGUE, il s’en sort
?
_ J’ai passé deux jours chez elle et je peux te dire que pendant mon séjour je l’ai vu sourire
une fois et c’était avec sa petite fille. Il ne parle qu’avec ses petits-enfants, lorsqu’ils sont là,
il sort de sa chambre. C’est comme si le meilleur moment de sa journée c’est lorsque ses
petits-enfants rentrent des classes. Il ne parle pas vraiment alors que c’était un bavard.
Parfois il se retire seul dans un coin de la maison il reste là comme un perdu tu vois. Doriane
fait ce qu’elle peut pour qu’il retrouve ne serait-ce qu’un peu de sa sociabilité. Il sort
uniquement pour l’hôpital, il est là comme un zombie. Dans son regard tu peux voir
beaucoup de culpabilité, c’est en train de le tuer à petit feu.
_ Le pauvre, je n’imagine même pas ce qu’il doit vivre dans sa tête. C’était une bonne idée
que maman Doriane a prise, celle de l’amener avec elle, voir ses petits-fils lui fait un peu de
bien. Tata je dois y aller, ma belle-mère est seule avec le bébé. Tu seras à mon mariage
j’espère.
_ Même si ce jour on me dit que je dois interviewer le Président, je vais dire non merci j’ai le
mariage de ma fille, donc ne t’inquiète pas je serais là.
_ Super.
Vera raccompagne Aurelle jusqu’à la voiture. Depuis le jour où sa copine Alida les avait
présentés, elles sont devenues proches et malgré le départ de Alida, leur complicité est
restée la même. Aurelle est heureuse de savoir que la mère de son amie ne l’a pas
abandonné, elle l’appelle constamment et ne manque pas de lui renouveler ses vœux de
bonheur pour son mariage. Elle ne manque pas elle aussi de prendre les nouvelles de l’état
de santé de grand-père EBONGUE qui, au fil du temps, se dégrade. Doriane sait qu’elle ne
peut plus rien faire pour sauver son père. Chaque mois qui passe, il se retrouve à l’hôpital,
chaque année qui passe ce sont des craintes. Doriane craint de se lever un beau matin
retrouver son père sans vie.
Après trois années d’instance souffrance, Monsieur EBONGUE a finalement rendu l’âme.
Doriane va à nouveau revenir dans sa ville natale enterrer son père après trois longues
années où ce dernier s’est battu avec sa conscience pour rester en vie. Camile qui est le
seul enfant dans la ville à faire le nécessaire pour recevoir la dépouille de son père. Le
domicile familial qui est resté longtemps vide se voit à nouveau bourré de personnes venues
rendre un dernier hommage à cet homme qui a en quelque sorte marqué son passage dans
cette ville. Quelques jours après les obsèques, Doriane s’est rendue au cimetière de la
famille pour dire au revoir au sien surtout à sa fille. Elle lui a apporté des fleurs qu’elle
dépose sur sa tombe, ensuite elle dit : « ma chérie je suis là, je t’ai apporté tes fleurs
préférées. J’avoue que j’ai eu du mal à les trouver. A présent tu es avec papi et mamie, je
sais que tu es bien entourée même si j’ai toujours du mal à m’y faire. La bonne nouvelle
c’est que j’ai arrêté de pleurer, tes sœurs aussi ont arrêté c’est bon signe. Ah mon bébé tu
me manques tellement, si tu étais là on serait allée voir Aurelle à l’hôpital, eh oui ta copine a
encore accouché, cette fois ci c’est une fille. Dieu bénit le jour où elle est entrée dans ta vie,
ce genre d‘amie est très rare. Est-ce que tu sais que c’est elle qui nettoie ta tombe. Dès
qu’elle a du temps, elle vient ici et nettoie tout en disant que tu n’aimes pas la saleté. Je prie
Dieu qu’elle ait une belle vie, elle le mérite. Ton père et moi allons rentrer demain, je ne sais
pas quand je reviendrai ici. Même si je te porte dans mon cœur, il y a une grande différence
lorsque je suis ici, j’ai l’impression d’être plus proche de toi. Un jour je reviendrais m’installer
définitivement ici, c’est en projet je le dois le faire pour toi, pour tes frères et sœur et pour tes
grands-parents. Je dois inculquer à tes sœurs notre culture, nos origines, toi-même tu sais
comment elles sont déjà depaysées, je dois leur apprendre ce que je ne t’ai pas appris. Ils
doivent connaître leurs cousins et cousines que ce soit de mon côté ou chez leur père, je
reviendrais ici ma chérie. J’ai toujours cette interrogation-là qui me hante depuis ton départ,
est-ce que tu m’as pardonné ma chérie, j’en ai besoin pour continuer à vivre. Fais moi signe
s’il te plait. Je dois te laisser, je reviendrais bientôt mon bébé, je t’aime très fort, sache que
maman t’aime et t’aimera toute sa vie. Elle a hâte de te retrouver ». Doriane fait un signe de
croix, récite une courte prière, puis se retournant pour partir, elle tombe nez-à-nez sur
Martial. Elle avait cru ne jamais le revoir, elle est très surprise.
_ Angelo !
_ Bonjour Doriane, j’espère que je suis le bienvenu dans cet espace réservé à la famille
EBONGUE.
_ Merci
Doriane peut déceler chez cet homme un changement, il a maigri lui aussi et s’est laissé
pousser la barbe. Une barbe qui commence à être blanche. Elle avait espéré le revoir un
jour, maintenant que l’occasion se pose elle compte bien en profiter.
_ Nous devons discuter, il le faut s’il te plait, même si c’est pour m’insulter.
Écoute, je serais à la maison, je t’attendrais. S’il te plait, faisons-le pour Alida.
Martial ne lui répond pas et se tourne vers la tombe de sa fille. Doriane prend congé, le
laissant en intimité avec sa fille tout en espérant qu’il accepte son invitation.
Martial s'accroupit pour parler à sa fille. Il lui dit : « Alida ma fille je suis là, je suis venue te
dire au revoir. J’ai pensé qu’il était préférable que je me déplace pour le faire, c’est plus
expressif. Quand je t’ai perdu j’ai juré que jamais je n’allais plus me remettre en couple, à
vrai dire j’avais la frousse et j’étais désagréable avec mon entourage. Le temps est passé,
j’ai fait une belle rencontre. Je pense que tu le sais déjà, elle m’a donné un garçon, je l’ai
appelé Angelo. Ne me demande pas pourquoi je lui ai donné ce nom, moi-même je ne sais
pas alors que j’avais renoncé à ce nom. Je me dis que c’est parce que j’ai envie que mon fils
fasse mon parcours de vie sans commettre d’erreur, les mêmes que j’ai commis. Je sais que
c'est bête mais ça m’apporte un peu de bien de savoir que je pourrais réparer mes erreurs à
travers lui. J’ai une bonne nouvelle, la dernière fois que j’étais ici, je t’ai dit que j’avais
demandé la garde exclusive de ta petite sœur Sky et ben je l’ai obtenu, elle viendra avec
moi, avec nous. Je ne compte pas me marier, je veux juste vivre avec ma petite famille. Ma
compagne a été affectée loin de cette ville, loin de ce pays et j’ai pris la décision de partir
avec elle, c’est pour ça que je viens te dire au revoir. Au revoir physiquement si je peux le
dire ainsi, mais pas au revoir dans mon cœur parce que tu y vis et on continuera à se parler
intérieurement. Continue de reposer en paix, tu es entouré des personnes qui t’aiment, tes
grands-parents, ma mère qui ne t’a pas connu dans la vie réelle mais dans la vie de
l’au-delà. Je sais que tu es heureuse et moi je tâcherais de l’être. Je t’aime ma princesse. A
bientôt ».
Martial se relève et quitte le cimetière. Il ne sait pas s’il va accepter l’invitation de Doriane. Ils
s’étaient mal séparés depuis les obsèques de leur fille et plus jamais il n’avait eu une
occasion de se voir. Martial se dit que le temps est passé, l’eau a coulé sous les ponts, il ne
va pas passer sa vie à la condamner déjà que depuis ses trois années, elle n’a pas fait
qu’enterrer ses proches. Il décide de se rendre chez elle. Doriane est assise dehors comme
si elle l’attendait. Lorsqu’elle le voit passer le portail, elle se lève brusquement avec
soulagement.
Martial accepte d’entrer. Les enfants viennent le saluer, Doriane les envoie dans leur
chambre. Patrick aussi vient le saluer, les tensions ont baissé, il laisse sa femme discuter
avec Martial et va lui aussi dans la chambre se reposer.
_ Non ça va.
_ Ok ! je voulais qu’on parle de tout ce qui s’est passé. Excuse-moi de revenir sur le sujet
mais ça me hante. Je ne sais pas si j’ai reçu le pardon de Alida, peut-être que je n’en
saurais jamais. Mais toi, tu es là, tu es devant moi, j’ai besoin de ton pardon Angelo, ça ne
ramènera pas notre enfant je sais mais j’en ai besoin pour vraiment achever mon deuil.
Angelo je ne voulais pas ce qui s’est passé, j’ai fait une erreur et j’en ai payé le prix fort. Ce
n’était pas contre toi, bref pardonne-moi de t’avoir enlevé ta fille, pardonne-moi d’avoir
occasionné sa mort. Je peux me mettre à genoux si tu veux, dit-elle en s’y mettant,
pardonne-moi.
_ Si j’en ai besoin Angelo, je ne vis plus depuis, je ne dors pas, je fais semblant devant les
gens, moi-même je suis morte depuis et la perte de mes parents ne m’ont pas aidé.
Martial se lève et va la relever pour la faire asseoir, ensuite il regagne son siège.
_ Je t’ai pardonné depuis Doriane, même tes grands-parents. Je ne savais pas que j’allais
pouvoir un jour entrer dans cette maison, te voir te parler comme je le fais, mais me voici.
J’ai rencontré une femme qui m’a aidé à surmonté tout ça. Elle m’a aidé à prier, elle m’a
tellement soutenu que je me suis retrouvé un jour en train de ne plus vous en vouloir et de
ne plus culpabiliser. Elle m’a guéri de cette douleur, elle m’a fait accepter cette perte, elle
m’a fait éviter une dépression, j’étais devenu colérique, alcoolique même, j’avais vraiment
besoin d’aide elle était là. Je ne sais pas si je vais l’épouser mais je suis sûr que je ferais
tout pour elle. C’est ma compagne, elle partage ma vie et m’a donné un fils, je ne lui
remercierai jamais assez de m’avoir sauvé la vie. Je ne suis pas avec elle parce que je suis
très amoureux non, je suis avec elle parce qu’elle me procure la paix, la joie de vivre,
l’harmonie, l'espérance, une vie de famille épanouie. Aussi difficile que cela puisse être, j’ai
tourné la page Doriane.
_ Tu ne peux pas savoir à quel point tes paroles me réchauffent le cœur. Merci infiniment
Angelo, merci du fond du cœur et j’espère que tu finiras par épouser cette fille.
_ Je ne sais pas, pour le moment nous sommes heureux comme ça. On va recommencer
une nouvelle vie ailleurs.
_ Non.
Martial sourit, il se lève pour sortir. Doriane l’accompagne dehors. Ils n’ont pas besoin de se
dire au revoir, juste avec un regard, ils se sont souhaité le meilleur pour chacun et un « à
bientôt ». Doriane est si soulagée qu’elle respire profondément. C’est un poids énorme qui
se dégage de ses épaules. Elle remercie le ciel de l’avoir permis de rencontrer cet homme.
Maintenant elle peut retourner chez elle avec la satisfaction d’avoir soulager sa conscience.
Doriane se trouve dans la ville de Douala avec sa famille, c’est ce jour qu’ils regagnent leur
territoire mais avant de se rendre à l’aéroport, elle passe à l’hôpital saluer Aurelle qui a
accouché il y a quelques jours. Aurelle est éveillée et sourit lorsqu’elle voit entrer Doriane.
_ Partir sans te voir ? Même si je suis pressée je ne peux pas partir sans venir porter le
bébé.
_ Et papa ?
_ Il est dans la voiture avec les enfants, il te salue. Nous sommes en train de courir sur le
temps. Comment tu vas ?
_ Ça va mieux aujourd’hui, cette petite crevette m’a fait voir de toutes les couleurs. Je
n'accouche plus.
_ hahahahahaha tu n'as encore rien vu. Et ton mari, je croyais le trouver ici.
_ Oui, il a commencé l'école. Tu peux la prendre maman, elle est dans son lit.
Doriane va prendre la fille de Aurelle dans son berceau, elle est endormie.
_ Elle est si mignonne, regarde moi sa petite bouche. Elle s’appelle comment ?
_ Donc je tiens la petite Alida entre mes mains, merci beaucoup Aurelle, tu ne sais pas ce
que tu viens de me faire. J’avais juré de ne plus pleurer mais là c’est plus fort que moi.
Doriane coule des larmes en faisant des bisous à la petite Alida ; elle lui dit : « Tu as une
maman en or ma petite, je vais lui envoyer ta valise et tout ce que tu voudras ma petite
Alida. Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse ton mariage Aurelle, soit heureuse ma fille
et n’hésite jamais à me demander quoi que ce soit. » Doriane essuie ses larmes et remet
l’enfant dans son lit.
_ Je dois y aller, je t’appelle à mon arrivée et je vais voir comment envoyer la valise de
l’enfant.
_ D’accord maman.
Doriane l’embrasse et retourne dans la voiture, son mari constate qu’elle a pleuré.
Doriane quitte le pays avec sa famille. Le temps va passer mais la douleur restera, le vide
se ressentira, la famille apprendra à vivre avec ce vide. Les anniversaires, les fêtes et les
événements importants seront particulièrement difficiles à traverser. La famille s’accrochera
aux souvenirs, aux photos et aux objets pour garder Alida présente dans leur vie. Ils
apprendront à apprécier chaque instant, chaque moment de bonheur de leur vie car ils
sauront que Alida sera toujours présente dans leurs cœurs.
FIN