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Alice et le cadeau de non-anniversaire

Alice continue sa promenade après le départ de la Reine Rouge et rencontre un moucheron et un faon, avant de croiser deux hommes qui l'invitent à danser. Elle aide la Reine Blanche à se présenter avant de se retrouver dans une boutique où une brebis vend des œufs, puis elle rencontre le Gros Coco, qui lui explique le concept de cadeaux de non-anniversaire. Finalement, Alice réalise qu'elle doit partir alors qu'un bruit assourdissant retentit dans la forêt.

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Alice et le cadeau de non-anniversaire

Alice continue sa promenade après le départ de la Reine Rouge et rencontre un moucheron et un faon, avant de croiser deux hommes qui l'invitent à danser. Elle aide la Reine Blanche à se présenter avant de se retrouver dans une boutique où une brebis vend des œufs, puis elle rencontre le Gros Coco, qui lui explique le concept de cadeaux de non-anniversaire. Finalement, Alice réalise qu'elle doit partir alors qu'un bruit assourdissant retentit dans la forêt.

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La reine rouge s'en va et Alice poursuit seule sa promenade.

Elle rencontre un moucheron qui a, à


peu près, la taille d'un poulet. Elle s'étonne de sa grosseur.

- Aimes-tu les insectes ? demande-il à Alice ?*


- Je les aime quand ils savent parler.
Dans le pays d’où je viens, aucun insecte ne parle.
- Et quels sont les insectes que tu connais dans ton pays ?
- Les insectes ne me procurent aucun bonheur parce qu’ils me font plutôt peur, surtout les
gros. Mais je peux citer le nom de quelques-uns d’entre eux.
- Je suppose qu’ils répondent quand on les appelle par leur nom ? demande le Moucheron.

Je ne les ai jamais vu faire cela.

Leurs noms ne leur servent à rien.

Mais, je suppose que c’est utile aux gens qui leur donnent des noms.

Là-dessus, Alice garde un moment de silence, plongée dans ses réflexions.

Lorsqu’elle lève les yeux, elle voit arriver un faon tout près d’elle.

- Viens, mon petit, lui dit Alice en tendant la main pour le caresser.

Mais il recule et la regarde avec ses grands yeux doux

- Qui et-tu ? lui demande la fille.


- Je suis un faon. Et toi ? Qui es-tu ?? Mon dieu ! tu es un petit d’homme ! Puis il s’enfuit à
toute allure.
- Alice reste immobile, prête à pleurer pour avoir perdu si vite un bon compagnon.

Un moment après, elle se remet à marcher droit sur la route. Elle arrive à une bifurcation et voit deux
potaux indiquant une même direction. Sur l’un d’eux, elle lit : « vers la maison de Bonnet Blanc », et
sur l’autre, elle lit : « vers la maison de Blanc Bonnet. »

« Je suis sure, finit par conclure Alice, que ces deux personnes habitent dans la même maison. Je vais
leur faire une petite visite pour leur demander par ou je peux sortir de ce bois. »

Tout à coup, elle aperçoit deux gros petits hommes.

- Excusez- moi, messieurs, leur dit-elle. Je cherche à savoir par ou je peux sortir du bois.
Voudriez- vous me l’indiquer, s’il vous plait ? »
- Les deux gros petits hommes se regardent en ricanant.
- Tu t’y prends très mal, s’écrie Bonnet Blanc. Quand on rend visite à quelqu’un, on commence
par demander « comment ça va ? » et on lui tend la main.

Amusée par cette remarque, Alice saisit leurs deux mains, en même temps, et, un instant plus tard,
tous les trois se mettent à danser en rond au son d’une musique qui leur arrive d’un arbre, on ne sait
comment.

Sitôt qu’ils s’arrêtent de danser, la musique s’arrête immédiatement.

L’obscurité commence à tomber si vite qu’Alice croit qu’un orage se prépare.

- Quel gros nuage noir ! s’exclame-t-elle, et comme il se déplace vite ! Ma parole, j’ai
l’impression qu’il a des ailes !
- C’est le corbeau ! s’écrit Bonnet Blanc, d’une voix terrifiée.

C’est alors que les deux frères s’enfuient à toutes jambes. Quant à Alice, elle se cache, à son tour,
dans le bois.

« Il ne pourra jamais me trouver ici, pense-t-elle. Il est beaucoup trop gros pour passer entre les
arbres. Je voudrais bien qu’il ne batte pas si violemment des ailes, car cela ressemble à un véritable
ouragan dans le bois.

Tiens ! Voici un châle qui a été emporté par le vent.

Alice l’attrape au vol et cherche du regard sa propriétaire. En effet, la Reine Blanche ne tarde pas à
arriver en courant comme une folle. La fillette va à sa rencontre pour lui remettre très poliment son
châle. Elle remarque que la Reine est mal habillée et mal coiffée. Elle fait alors de son mieux pour la
rendre plus présentable.

- Vous êtes beaucoup mieux ainsi ! Vous deviez prendre une femme de chambre, ajoute la
petite fille.
- Veux-tu être ma femme de chambre ? lui demande la Reine. Je te donne cinq sous par
semaine et de la confiture.
- Je ne veux pas entrer à votre service et je n’aime pas la confiture.
Voilà le jour qui se lève de nouveau.
- Je suppose que le corbeau a du s’envoler, dit Alice. Je suis si contente qu’il soit parti.
- Comme je voudrais pouvoir être contente, s’exclame la Reine. Seulement, j’ai oublié la règle
qu’il faut appliquer. Petite fille, tu dois être très heureuse de vivre dans ce bois et d’être
contente chaque fois que ça te plait !
- Malheureusement, je me sens si seule, ici ! déclare Alice d’un ton mélancolique, tandis que
deux larmes coulent sur ses joues.
- Oh ! je t’en prie ! Arrête de te lamenter ! pense que tu es une grand fille. Pense à n’importe
quoi, mais pour l’amour du ciel, ne pleure pas !

Après ces paroles, Alice ne peut pas s’empêcher de rire à travers ses larmes.

- Etes-vous capable de vous empêcher de pleurer en pensant à certaines choses ? demande


Alice.
- Mais bien sûr que oui ! affirme la Reine. C’est ainsi qu’il faut s’y prendre. Maintenant, écoute
ce que tu dois croire. J’ai exactement cent un ans, cinq mois et un jour.
- Je ne peux pas croire cela, s’exclame la fillette, On ne peut pas croire des choses impossibles.
- Ma chère petite, je crois que tu manques d’expérience. Quand j’avais ton âge, il m’est arrivé
de croire jusqu’à six choses impossibles avant le petit déjeuner
Le gros Coco

Alice sursaute en entendant un long bêlement. Elle se frotte les yeux et regarde autour d'elle, sans
arriver à comprendre ce qui se passe. Est-elle vraiment dans une boutique ? Est-ce vraiment une
brebis qu'elle voit assise derrière le comptoir ? Elle se frotte encore une fois les yeux, mais elle ne
voit rien d'autre. Elle est bel et bien dans une boutique sombre, les coudes sur le comptoir, et, en
face d'elle, il y a bel et bien une vieille brebis, assise dans un fauteuil et en train de tricoter.

De temps en temps, elle s'arrête de tricoter pour regarder Alice derrière une grosse paire de
lunettes.

- Que désires-tu acheter? Lui demande la Brebis.


- Je ne sais pas encore, répond
- Alice. J'aimerais bien regarder d'abord autour de moi.
- Tu peux regarder devant toi, tu peux aussi regarder à ta droite et à ta gauche, mais tu ne
peux pas regarder autour de toi, sauf si tu as des yeux derrière la tête.
- C'est stupide ce que vous dites là. Je peux très bien regarder autour de moi en tournant la
tête à droite et à gauche.

La boutique semble pleine de toutes sortes d'objets bizarres, mais, ce qui est plus bizarre que tout,
c'est que, chaque fois qu'Alice regarde fixement un rayon, ce même rayon devient complètement
vide, alors que les autres rayons sont pleins à craquer.

Pendant ce temps, la brebis continue à tricoter comme si de rien n'était.

- S'il vous plaît, lui demande Alice, je voudrais acheter un œuf. Comment les vendez-vous ?

Dix sous la pièce, répond la brebis, et quatre sous les deux. - Dans ce cas, deux œufs coûtent moins
cher qu'un seul ?

- Oui, mais, si tu en achètes deux, tu seras obligée de les manger tous les deux.

- Alors, je n'en prendrai qu'un, s'il vous plaît, dit Alice en posant l'argent sur le comptoir.

La brebis range l'argent dans une boîte, puis elle déclare :

- Je ne donne jamais les choses dans les mains des clients. Il va falloir que tu prennes l'œuf toi-même.

Sur ces mots, Alice va au fond de la boutique, mais, à mesure qu'elle avance vers l'œuf, celui-ci
s'éloigne. Elle continue alors à avancer, et, chemin faisant, elle rencontre des arbres et des ruisseaux.

<< Vraiment, cette boutique est la plus extraordinaire que j'aie jamais vue de ma vie !» pense-t-elle,
abasourdie.

Au même moment, l'œuf se met à grossir et prend une forme humaine. Arrivée tout près de l'œuf,
Alice remarque qu'il a, maintenant, des yeux, un nez et une bouche. <<< C'est le Gros Coco en
personne, se dit la fillette.

- Ne reste pas là à me regarder, lui dit le Gros Coco, apprends-moi ton nom et ce que tu viens faire
ici.

- Mon nom est Alice.


- Voilà un nom stupide ! que veut-il dire?

- Je ne sais pas. C'est obligé qu'il signifie quelque chose?

- Bien sûr que oui !

Ne sachant pas répondre, Alice détourne la conversation.

- Quelle belle ceinture vous avez! dit-elle tout à coup. Non ! C'est une belle cravate, j'aurais dû dire.

- En effet, c'est une cravate, mon enfant, et une belle cravate. C'est un cadeau du Roi Blanc et de la
Reine Blanche. Ils me l'ont offerte comme cadeau de non-anniversaire.

- Je vous demande pardon? s'étonne Alice; qu'est-ce que c'est qu'un cadeau de non-anniversaire ?

- C'est un cadeau qu'on te donne quand ce n'est pas ton anniversaire. - Je préfère les cadeaux
d'anniversaire, déclare la petite fille .

- Tu ne sais pas ce que tu dis,

s'écrie Le Gros Coco. Combien de jours y a-t-il dans l'année ?

- Trois cent soixante cinq jours. - Et combien d'anniversaires as-tu ?

- Un seul, bien sûr.

Et si tu enlèves un de trois cent soixante cinq, que te restera-t-il ?

Il restera trois cent soixante quatre, évidemment.

- Il y a donc trois cent soixante quatre jours où tu pourrais recevoir des cadeaux de non-anniversaire.
Maintenant, continue le Gros Coco, je suppose que tu ne tiens pas à rester ici jusqu'à la fin de tes
jours. >>

Alice comprend qu'elle doit partir. Elle lui tend la main, lui dit "Adieu", puis s'en va tranquillement.

Juste à ce moment, un bruit assourdissant ébranle la forêt d'un bout à l'autre.

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