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Droit International Économique et GATT

Le cours de droit international économique aborde les définitions, sources et caractéristiques de ce domaine, ainsi que les acteurs économiques internationaux, incluant les États et les organisations internationales. Il examine également l'aide publique au développement et le régime du commerce international, en mettant l'accent sur l'évolution des relations économiques après la Seconde Guerre mondiale. Enfin, il souligne l'importance de l'interdépendance économique et des inégalités entre pays développés et en développement dans le cadre des relations internationales.

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Droit International Économique et GATT

Le cours de droit international économique aborde les définitions, sources et caractéristiques de ce domaine, ainsi que les acteurs économiques internationaux, incluant les États et les organisations internationales. Il examine également l'aide publique au développement et le régime du commerce international, en mettant l'accent sur l'évolution des relations économiques après la Seconde Guerre mondiale. Enfin, il souligne l'importance de l'interdépendance économique et des inégalités entre pays développés et en développement dans le cadre des relations internationales.

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UNIVERSITE CATHOLIQUE DE L'AFRIQUE DE L'OUEST

COURS DE DROIT INTERNATIONAL ECONOMIQUE

Dr. JONATHAN GBEDE DOCTEUR EN DROIT PUBLIC


ENSEIGNANT CHERCHEUR
Plan du cours

Introduction
• Définition
• Sources
• Caractères
Première partie. Société et ordre économiques internationaux
Chapitre premier : la société économique internationale
Section 1 : les sujets de droit international : les Etats et les oi
Paragraphe 1 : les Etats
A Les pays développés
B les pays en développement
Paragraphe 2 : Les organisations internationales
A la notion
B le pouvoir normatif des OI en matière économique

Section 2 : les acteurs privés


Paragraphe 1 : les sociétés multinationales
A La notion
B le statut juridique
Paragraphe 2 : les organisations non gouvernementales
A la notion
B le statut juridique

Chapitre 2 : l'ordre économique international


Section 1 : l'évolution
Section 2 : les caractéristiques
Deuxième partie : l’aide publique au développement
Chapitre 1 : le cadre général
Section 1 : La notion de l’aide publique au développement
Paragraphe 1 : la définition
A le contenu matériel
B Le contenu organique
Paragraphe 2 : la finalité de l’aide
A une finalité générale : le développement
B une finalité spécifique : les OMD et ODD
Section 2 : la portée de l’aide
Paragraphe 1 : au niveau de la définition de l’aide
A un contenu fuyant et biaisé
B une appropriation insuffisante des pays bénéficiaires
Paragraphe 2 : l’efficacité
A les objectifs quantitatifs
B les objectifs qualitatifs
Chapitre 2 : le cadre spécifique : le mécanisme de financement de l’APD
Section 1 : Le financement dans le cadre universel : le système de Bretton
Woods
Paragraphe 1 : les institutions de financement
A le FMI
B La Banque Mondiale
Paragraphe 2 : les mécanismes de financement

2
A les facilités
B l’annulation et la réduction de la dette
Section 2 : le financement régional et bilatéral
Paragraphe 1 : le financement régional : le cas de l’union européenne
Paragraphe 2 : le financement bilatéral : le cas de la France

TROISIEME PARTIE : LE REGIME DU COMMERCE INTERNATIONAL


Chapitre 1 : le régime général : Du gatt à l'OMC
Section 1 : l'évolution de la régulation du commerce mondial
Paragraphe 1 : de l'OIC au GATT
Paragraphe 2 : l'OMC : considérations générales
Section 2 : les règles générales de l'OMC
Parag 1: Les principes fondamentaux
Parag 2: Les négociations et accords additionnels
Chapitre 2 : les régimes sectoriels
Section 1 : l'approche produit : le commerce des produits de base
Section 2 : l'approche sectorielle : les relations UE-ACP

3
Introduction

Le DIE trouve sa justification au lendemain de la seconde guerre mondiale, lorsque


les Etats vainqueurs, dans une logique de dépassement de la conflictualité, des
identités meurtrières, des protectionnismes imperméables, ont décidé de mettre en
place un système global de coopération institutionnelle. Ce système est destiné à
policer les relations internationales et les fonder sur une logique de collaboration plutôt
que sur une logique d'affrontement.

• Définition

Le droit international économique peut s'appréhender aussi bien largement que


strictement.

Selon une conception extensive, le droit international économique serait l'ensemble


des règles qui régissent les opérations économiques de toute nature, dès lors que ces
opérations dépassent le cadre juridique d'un seul État1. En application de cette
définition, le droit international économique comprendrait les règles relatives à
l'organisation des relations internationales économiques (droit des relations macro-
économiques) et les règles tendant à la résolution des difficultés qui naissent des
différentes relations des opérateurs économiques, quels qu'ils soient, pour peu qu'ils
soient situés dans des Etats différents. Ainsi, une vente commerciale internationale
s'appuierait sur les règles du droit international économique.

Cette conception souffre de son caractère extensif, voire illimité. En s'y tenant, le DIE
embrasserait ainsi toutes les relations économiques internationales, tant
macroéconomiques que microéconomiques.

Stricto sensu le droit international économique est l'ensemble des règles régissant
l'organisation des relations internationales économiques. Il s'applique essentiellement
aux relations macro-économiques par opposition aux relations microéconomiques.
Cette définition primera la conception extensive dans le cadre de ce cours. Dans ce
sens, une vente internationale ne serait pas régie par le DIE alors que les règles du
système commercial international en résulteraient. Dans une certaine mesure, le droit
international économique serait le droit des relations économiques internationales

La mondialisation des économies et la libéralisation des échanges invitent à porter une


attention particulière sur les principaux acteurs de ce droit : spécialement les États et
les Organisations internationales économiques (notamment l'Organisation Mondiale
du Commerce et ses relations avec les organisations d'intégration économiques
régionales : zones de libre-échange, unions douanières, marchés communs, unions
économiques et monétaires…), mais également les entreprises ou groupes

1 D. CARREAU, P. JUILLARD, droit international économique, Dalloz, 1ere édition, 2003, p.2

4
transnationaux de sociétés, qui interviennent en concluant des contrats à cheval sur
plusieurs ordres juridiques étatiques.

• Sources.

Le droit international économique prend ses sources aussi bien dans le droit interne
que le droit international.

Les sources internes :

Elles sont essentiellement constituées des actes unilatéraux des Etats. Ces actes sont
à la fois des lois et des règlements. A un degré moindre s'y ajoutent les décisions des
juges. Ainsi, l'élaboration d'un code des investissements est un acte unilatéral de l'Etat
qui a inéluctablement des incidences en droit international économique. Il en est de
même des nationalisations.

Les sources internationales :

A l'image du droit international public, la principale source internationale du droit


international économique demeure le traité international auquel s'ajoutent des sources
non conventionnelles telles que la coutume.

Les principaux traités fondateurs sont: Accords de Bretton Woods (1944), Conférence
de San Francisco (1945), Accords du GATT (1947), Charte de la Havane (1948), l'on
pourrait également noter la charte des devoirs et droits économiques du 09 avril 1974
de l'assemblée générale de l'ONU, etc.

• Caractères du DIE

L'ordre économique international contemporain est d'inspiration néolibérale, plus


particulièrement d'inspiration anglo-américaine. Il est fondé sur le «laisser-faire,
laissez-passer». L'ordre international économique néolibéral actuel occulte le
protectionnisme et consacre le libre-échange organisé. Ses principaux caractères
sont :

I. L'interdépendance complexe des Etats

A la différence du droit international général, qui est un droit de protection, le droit


international économique est un droit d'expansion, car «il repose tout entier sur l'idée
que l'enrichissement des Etats est une fin légitime, et que cet enrichissement rend
nécessaire l'établissement de relations d'interdépendance économique entre les
nations»2. Dès lors, en droit international économique, la frontière devient perméable.
Elle n'a d'ailleurs plus de vocation d'être car elle constituerait un obstacle à la libre-

2 D. CARREAU, P. JUILLARD, droit international économique, Op. Cit. p.5

5
circulation de la richesse. Alors qu'en droit international général, la frontière est un
élément de protection et demeure imperméable.

L'interdépendance économique des Etats est indéniable. 25% de la richesse mondiale


dépendent du commerce international.

Cette caractéristique est accentuée par la mondialisation qui privilégie les aspects
économiques des Etats au détriment de leur nature politique. D'ailleurs, dans la
terminologie du GATT hier, et de l'OMC aujourd'hui, les sujets de droit international
peuvent être des territoires douaniers, comme les principautés. Dès lors, le statut
économique de l'Etat prime son statut politique3.

Sur le plan du règlement des litiges commerciaux internationaux, les Etats sont obligés
de diluer leur autonomie et souscrire à des règles internationales contraignantes, afin
de contribuer à l'instauration de l'Etat de droit dans les relations internationales
économiques.

II. un droit évolutif avec des obligations multilatérales croissantes

Le système commercial multilatéral est global et intégré incluant une quantité


d'accords qui couvrent pratiquement tous les secteurs du commerce international :
marchandises, services, propriété intellectuelle, etc.

Sur un autre plan, que ce soit dans le cadre du FMI ou de celui de la Banque Mondiale
ou de l'Organisation internationale de la propriété intellectuelle, les normes sont plus
exigeantes, les règles et les procédures contraignantes. L'heure est à la normalisation,
la standardisation et la certification rétrécissant du coup, la marge de l'Etat.

III. La prise en compte de la situation réelle des Etats

Le droit international économique envisage les Etats non en tant qu'entités formelles,
mais en tant qu'entités réelles. Le pouvoir politique est ici supplanté par le pouvoir
économique. Ainsi, du système de pondération des voix dans le cadre du FMI, il ressort
que les Etats ont autant de quotes-parts que leurs poids économiques respectifs le
permettent. La règle est la proportionnalité.

Au sein de l'OMC, certes, un Etat est égal à une voix. Mais une sous-catégorisation
de pays y est effectuée afin de graduer les régimes juridiques en fonction du statut des
pays membres. Les pays les moins avancés offrent le décor de pays à la marge du
système commercial multilatéral compte tenu de la faiblesse notoire de leurs capacités
commerciales4. Les règles de droit international économique ont prévu le traitement
spécial et différencié au profit des pays en développement, en vue d'atténuer l'égalité
formelle proclamée. Ce qui confère au droit international économique, une plasticité et

3 Avec la mondialisation, certaines revendications classiques deviennent presque naturellement caduques:


indépendance, autarcie ou nationalisme fondé sur l'existence d'un peuple. L'on est davantage dans une logique du
dépassement du spécifique pour atteindre l'universel.

4 Les économies insulaires, les Etats enclavés, les plus gravement touchés par la crise, et aujourd'hui les
économies disloquées, restent à la périphérie du commerce international auquel leur apport est quasiment nul.

6
une souplesse qui en font un droit pragmatique. Par cette souplesse, le DIE est qualifié
de « soft law », qui peut se traduire comme étant un droit mou, malléable, souple.

Les Etats sont alors considérés selon leur poids économique réel, leur capacité à
s'ouvrir aux échanges, leur pouvoir d'offrir des concessions commerciales.

Il est bon de noter que les pays en développement ont revendiqué un nouvel ordre
économique mondial qui prenne en compte les inégalités des pays

IV. Une logique de l'intégration économique

Le droit international économique admet les intégrations économiques régionales


regardées comme support à la libéralisation commerciale multilatérale des échanges.
Dans l'optique de l'OMC, régionalisme et multilatéralisme sont plus complémentaires
qu'antinomiques. La régionalisation est ainsi portée par la mondialisation5.

5 Pour cela, les zones de libre-échange et les unions douanières sont juridiquement encadrées par l'OMC, en
vertu des articles XXIV et V du GATT de 1994 et du GATS (Accord général sur le commerce des services),
respectivement.

7
PREMIERE PARTIE : SOCIETE ET ORDRE ÉCONOMIQUE INTERNATIONAUX

CHAPITRE PREMIER : SOCIETE ECONOMIQUE INTERNATIONALE

section 1 LES ACTEURS CLASSIQUES

Un sujet de droit international est assujetti à ce droit et doit pouvoir s'en prévaloir. À
l'origine, l'État était le seul sujet du droit international6. Mais cette conception est
largement dépassée. De fait, bien que sûrement sujet originel, depuis 1815, les états
ont ressenti la nécessité de se grouper en Organisations internationales qui, peu à
peu, vont atteindre le statut de sujets. Le statut de sujet de droit international a d'abord
été reconnu à l'ONU. Puis ce statut s'est étendu aux autres organisations
internationales (sujets de droit dérivé).

Pg 1 : les Etats
En tant que sujets originels de droit international, les Etats constituent le pilier le plus
important du droit international économique. L'égalité formelle, juridique des Etats, telle
qu'elle existe en politique, cède en droit international économique où prime le poids
réel des Etats.
Les relations économiques internationales sont marquées par la distinction entre pays
développés et pays sous développés ou en voie de développement.

A : pays en développement

Les pays en voie de développement sont des pays dont les structures économiques,
politiques et sociales ne permettent pas de satisfaire les besoins fondamentaux des
populations. Ils se caractérisent principalement par une pauvreté massive ainsi qu'une
faible insertion dans l'économie mondiale. L'ensemble de ces pays constitue le tiers
monde7.

On note également les pays les moins avancés. Les pays les moins avancés (PMA)
désignent une catégorie de pays créée en 1971 par l'Organisation des Nations unies
(ONU), regroupant les pays les moins développés socio-économiquement de la
planète. Ils présentent les indices de développement humain (IDH) les plus faibles. Ce
qui leur permet d'obtenir une attention particulière de la part de la communauté
internationale.

6 Selon Kelsen : « le seul sujet du droit international est l'État ».

7 L'expression tiers monde est de l'économiste Alfred Sauvy qui l'utilisa la première fois en 1954

8
Dans sa définition de 2003, le Conseil économique et social des Nations unies a retenu
trois critères pour déterminer la liste des PMA81 :

En appliquant ces critères, on compte au début du XXIe siècle 50 PMA : 35 en Afrique,


10 en Asie, 5 dans le Pacifique et 1 dans les Antilles. Ils étaient 25 en 19719.

Parmi les pays en développement, on compte les pays émergents.

Un pays émergent est un pays dont le produit intérieur brut est inférieur à celui d'un
pays développé. Le pays émergent a pour caractéristique d'enregistrer une croissance
rapide, avec un niveau de vie qui tend vers celui d'un pays développé. C'est au sein
des pays en développement que sont apparus les pays émergents. La Chine, l'Inde et
l'Indonésie, ainsi que les pays d'Amérique latine comme le Brésil et l'Argentine sont
régulièrement associées à cette catégorie.

La notion de pays émergent ne correspond à aucune définition économique précise,


elle correspond plutôt à une notion assez floue qui peut varier d'un auteur à un autre
et surtout dans le temps. Le concept est né dans les années 1980 avec le
développement des marchés boursiers dans les pays en développement.

B pays développés

Les pays développés sont des pays dont la majorité de la population accède à tous
ses besoins vitaux ainsi qu'à un certain confort et à l'éducation.

Classiquement, l'on se réfère principalement au développement économique pour


identifier les pays développés. Ainsi les pays ayant un fort produit intérieur brut . On
raisonne maintenant en termes de développement humain.

8 Ces critères sont :

• le revenu par habitant basé sur une estimation moyenne du produit intérieur brut par habitant pendant
trois années ; s'il est inférieur à 900 $ US, le pays est retenu pour la qualification de PMA,

• retard dans le développement humain basé sur un indice composite incluant des indicateurs de santé,
nutrition et scolarisation.

• vulnérabilité économique basé sur un indice composite incluant des indicateurs sur l'instabilité, la
production et les exportations agricoles, le manque de diversification de la production, et le handicap d'être
un petit pays.

9 Trente PMA sont membres de l'Organisation mondiale du commerce, (OMC) ayant adhéré à l'Accord général
sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) avant que celui-ci ne soit absorbé par l'OMC. Dix autres pays
(Cambodge, Bhoutan, Cap-Vert, et Yémen) négocient également leur entrée dans l'OMC.

Deux pays ont quitté le groupe des PMA suite à leur croissance économique : le Botswana en 1984 et le Cap-Vert
en 20072.

9
La distinction entre pays du tiers-monde et pays développés, riches et anciennement
industrialisés, s'est opérée avec le mouvement de décolonisation amorcé au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Depuis, les premiers se sont engagés de
manière inégale dans la voie du développement, enjeu majeur des rapports Nord-Sud.

Pg 2 : les organisations internationales

A : Notion

1 Définition

Une Organisation internationale est l'association d'États souverains établie par un


accord (c'est généralement un traité international qui devient son statut) entre ses
membres et dotée d'un appareil permanent d'organes communs, chargés de la
réalisation des intérêts communs par une coopération entre eux. Les OI possèdent
une personnalité juridique distincte de celle des États membres.

Le terme organisation internationale est utilisé pour désigner plus particulièrement les
seules organisations intergouvernementales. Il ne s'applique pas aux organisations
non gouvernementales10.

Les organisations internationales couvrent tous les champs de l'activité humaine dont
l'activité économique.

Dans le cadre de ce cours, nous nous intéresserons particulièrement aux OI à


caractère économique.

2 Le pouvoir normatif des OI économiques

A la différence des OI à caractère politique, les OI à vocation économique disposent


d'un pouvoir normatif plus prononcé allant jusqu'à atteindre même la souveraineté des
Etats. Ainsi, dans le cadre des plans d'ajustement structurel, les Etats sont soumis à
la décision du FMI et de la Banque Mondiale. Certaines OI à vocation économique
sont des OI d'intégration telles que l'OMC.

B: Exemples d'organisations intergouvernementales

1 Exemples d'organisations intergouvernementales à vocation planétaire

On en dénombre dans les domaines économique, commercial et financier.

Sur le plan du commerce il y a l'Organisation mondiale du commerce (OMC)

10 L'on dénombrait en 1996 320 organisations internationales. il n'y en avait que 100 en 1950.

10
• Sur le plan de l'économie, il y a l'Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE)
• Sur le plan financier, on note le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque
Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) ou Banque
Mondiale.

2 Exemples à champ géographique restreint

Il existe des organisations intergouvernementales de champ géographique restreint,


telles que :

• l'Union européenne (encore qu'il s'agisse d'une organisation combinant le


supranational et l'intergouvernemental)
• la CEDEAO,
• la Banque Africaine pour le Développement ;
• l'UEMOA
• des intérêts communs, comme l'Organisation des pays exportateurs de pétrole
(OPEP)

Section II : LES ACTEURS NOUVEAUX : LES SOCIETES MULTINATIONALES

Pg 1 : Les sociétés multinationales

A La notion

Selon la définition formelle qu'en donne l'Organisation des Nations unies, est
multinationale la société qui détient une participation significative en capital dans des
filiales ou des sociétés apparentées situées à l'étranger. Dans le cas d'une filiale stricto
sensu, la société mère possède une participation majoritaire dans le capital11.

1 présentation

• structure

Les investissements directs effectués à l'étranger par une firme multinationale peuvent
prendre la forme d'acquisitions d'entreprises déjà existantes, ou passer par une
implantation créée ex nihilo.

Pourtant, il n'est pas nécessaire de détenir cette majorité du capital pour devenir
l'actionnaire de référence d'une entreprise. Bien souvent, notamment lorsque le
montant du capital est dilué auprès du public, ce qui est le cas de nombreuses sociétés

11 Les multinationales ne constituent pas un phénomène nouveau. Beaucoup sont en effet apparues au début
du XXe siècle. Pour certaines d'entre elles, leur origine est bien plus ancienne : les grandes compagnies maritimes,
comme la Compagnie des Indes constituée au XVIIe siècle, préfigurent l'essor de ce mouvement
d'internationalisation des entreprises.

11
cotées à une bourse de valeurs, la fraction du capital qui permet de s'assurer le
contrôle effectif de l'entreprise (et donc de la « filialiser ») est bien inférieure à ce seuil
symbolique de 50 p. 100 plus une voix.

Il existe des formes originales de participation entre sociétés. C'est le cas notamment
des joint-ventures qui associent à parité résidents et étrangers au sein d'une
entreprise.

Bien souvent, ce type d'association permet à la société multinationale de bénéficier «


d'avantages politiques » qui le plus souvent consistent en exemptions fiscales afin
d'attirer capitaux et entreprises étrangères. La joint-venture peut également constituer
l'occasion d'associer capitaux privés et capitaux publics dans des projets de
coopération.

• Stratégie de délocalisation

Cette internationalisation est un moyen de s'assurer un approvisionnement continu,


principalement en matières premières12. Cette première motivation explique en partie
les logiques d'intégration verticale menées par ces multinationales qui ont pour objet
de contrôler l'ensemble des étapes qui vont de la production à la commercialisation
des produits.

La seconde motivation à cette stratégie de délocalisation obéit à des impératifs de


coûts, et résulte d'une comparaison des coûts de production existant entre son marché
d'origine et le marché de destination. Outre l'accès à une matière première bon
marché, la délocalisation permet à ces firmes d'employer une main-d'œuvre à un coût
salarial moindre. Nombreuses sont les délocalisations qui obéissent désormais à ce
seul objectif.

Enfin, l'argument tiré de la nécessité pour certaines industries de fabriquer leur


production à proximité du lieu de commercialisation, ce qui est le cas de l'industrie
automobile, obéit à des nécessités identiques liées à une maîtrise des coûts de
transport.

2 Place des multinationales dans l'économie

• Le poids économique

L'évolution de la multinationalisation des firmes qui s'est fortement accélérée depuis


1945 leur confère une place de premier ordre dans le commerce mondial. Elles
réalisent aujourd'hui près des deux tiers des échanges, une part sous forme
d'exportations, une autre part sous forme d'échanges interentreprises entre société
mère et filiales. La très forte croissance des flux d'investissements directs est
révélatrice du poids qu'elles représentent. La masse de ces investissements
représente aujourd'hui plus de 2 800 milliards de dollars contre un peu moins de 70
milliards il y a trente ans.

12 Ce qui était vrai il y a trois siècles l'est resté aujourd'hui, comme en témoigne par exemple la présence de
Michelin en Malaisie qui contrôle une partie de la production d'hévéas nécessaire à la production de ses
pneumatiques.

12
• la typologie

L'ONU recense actuellement plus de 40 000 entreprises qui répondent à ce critère de


multinationalité qui fédèrent un réseau de plus de 300 000 filiales.

Sur les 100 plus grandes puissances du Monde, 55 sont des multinationales.

Parmi celles-ci, près de 45 p. 100 des 600 plus grandes multinationales du monde sont
américaines, 16 p. 100 sont japonaises et près de 10 p. 100 sont françaises.

B L'encadrement juridique des sociétés transnationales

Le problème principal que pose l'encadrement juridique des sociétés multinationales


demeure leur rattachement à un ordre juridique. Doivent-elles être soumises au droit
interne des filiales, ou devraient-elles relever du droit international ?

Cette question montre toute la difficulté à définir un encadrement juridique efficace des
sociétés multinationales.

• Caractéristiques juridiques

La société transnationale est une personne morale de droit privé ayant des activités
dans différents Etats, mais un centre unique ou principal de décision.
Son caractère transnational n'autorise pas à la considérer comme une personne
morale internationale, même si elle peut être un sujet de droit international comme les
personnes physiques, comme l'admettent actuellement pour ces dernières la doctrine
et la pratique internationales. En l'état actuel du droit international les seules
personnes morales internationales sont les personnes de droit public : les Etats et les
organisations interétatiques.

• Les normes applicables

Les sociétés transnationales, comme toutes les personnes, sont civilement et


pénalement responsables des violations ou du non-respect des normes en vigueur,
qu'il s'agisse des normes internationales ou des normes nationales. Cette
responsabilité civile et pénale doit avoir pour conséquence non seulement la sanction
liée à la violation ou au non-respect de la règle, mais aussi la réparation pour le
dommage causé. Dans une certaine mesure, elle devra engendrer le rétablissement
du statu quo ante.

La responsabilité des violations commises est partagée entre la maison mère et la


filiale qui a transgressé les normes.

Les sociétés transnationales sont également responsables des transgressions


commises par les entreprises sous-traitantes, en tant que coauteurs ou participants
(complices, etc.) sur le plan pénal et, de façon générale, en tant que bénéficiaires de
la conduite illicite.

Toutefois, l'arsenal juridique actuel mérite d'être complété tant au plan interne qu'au
plan international. Ainsi, il importe de renforcer les mécanismes d'application des

13
instruments spécifiques se référant aux sociétés transnationales. 13
Il également suggéré d'établir des codes de conduite obligatoires pour les sociétés
transnationales14.

• Les juridictions compétentes

Les normes applicables aux sociétés transnationales présentent de grandes lacunes


et omissions. Au plan international, les mécanismes permettant d'appliquer
directement ces normes aux personnes morales privées, entre autres aux sociétés
transnationales, sont totalement inexistantes.
La Cour pénale internationale n'est pas compétente pour juger les personnes morales
ni les crimes contre les droits économiques, sociaux et culturels. Bien que les
particuliers puissent informer le Procureur, des violations des droits humains
commises par les sociétés transnationales, mais sans pouvoir porter plainte ni avoir la
qualité de partie.

Sur les plans régional et international, il existe des juridictions judiciaires et


administratives qui coexistent avec des tribunaux arbitraux15.
Les tribunaux nationaux, par contre, peuvent recevoir des dénonciations et des
demandes contre les sociétés transnationales et leurs dirigeants (les dénonciations
pénales contre les sociétés transnationales en tant que telles peuvent être formulées
seulement dans les Etats qui admettent la responsabilité pénale des personnes
morales). Les plaignants ont la possibilité de choisir la juridiction du territoire où s'est
produit le dommage, celle du domicile des victimes, celle du domicile ou l'un des
domiciles de la société ou des sociétés responsables et aussi d'utiliser l'application
toujours plus généralisée du principe de juridiction universelle.

Pg 2 : les associations internationales

Il n'existe pas de définition unanimement admise de l'ONG. Ainsi, selon certains


auteurs, cette notion désigne généralement des organisations exclusivement
composées d'individus qui se regroupent volontairement en associations pour
poursuivre des objectifs communs et non lucratifs. Aux termes de la résolution 288 (X)
de l'ECOSOC du 27 février 1950, « Sera considérée comme organisation non
gouvernementale (ONG) toute organisation dont la constitution ne résulte pas d'un

13 comme la Déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale approuvée
par le Conseil d'Administration de l'OIT en 1977 ( qui dans son amendement de novembre 2000 se réfère à 30
Conventions et 35 Recommandations de l'OIT) et aux Directives de l'OCDE (texte révisé en juin 2000), même si
cette dernière formule seulement des recommandations aux entreprises;
14 C'est une exigence de plus de 1000 ONG de 100 pays lors de la Déclaration et du Programme d'action du
Forum du Millénaire (Nation Unies, New-York, 26 mai 2000, point 2 de la section A de la Déclaration).

15 Parmi les mécanismes existants, on peut citer la Cour interaméricaine et la Cour européenne des droits de
l'Homme, la Cour internationale de justice (à laquelle seuls les Etats ont accès) et qui a depuis 1993 une Chambre
spécialisée en matière d'environnement; les procédures existantes dans quatre des Comités des pactes et
Conventions internationales (droits humains, droits de la femme, discrimination raciale et torture), les procédures
existantes à l'Organisation internationale du travail, les règles pour la présentation de communications à l'UNESCO,
le Protocole additionnel de la Charte sociale européenne, le Tribunal International du Droit de la Mer, le Protocole
à la Convention de Bâle sur les déchets dangereux de décembre 1999, etc.

14
accord intergouvernemental y compris les organisations qui acceptent des membres
désignés par les autorités gouvernementales, pourvu que de tels membres ne nuisent
pas à la libre expression des organisations ». En d'autres termes, l'ONG internationale
(OING) est toute organisation internationale qui n'est pas fondée par un traité
international.

Les ONG sont des associations à but non lucratif. Ce sont des organisations privées
qui opèrent hors du cadre de l'administration publique, mais qui peuvent coordonner
leurs programmes avec ceux des services publics.

A Statut juridique des ONG

Un statut national malgré une reconnaissance internationale

• Un statut national : les ONG ne sont pas des sujets de droit international même
si elles peuvent déployer leurs activités au-delà des frontières nationales. Ce
caractère transnational n'a aucune influence sur le statut des ONG qui
demeurent des sujets de droit interne.

• Une reconnaissance internationale

De plus en plus organisées et professionnalisées, capables de mobiliser la « société


civile », les O.N.G. peuvent jouer un rôle d'acteur de la décision publique sur la scène
nationale et internationale. Certaines d'entre elles font d'ailleurs du lobbying l'essence
de leur action. Elles illustrent, d'une certaine façon, le processus de mondialisation par
lequel des activités internationales de plus en plus nombreuses échappent au contrôle
strict des États.

Aux termes de l'article 71 de la Charte de l'ONU « Le Conseil économique et social


peut prendre toutes dispositions utiles pour consulter les organisations non
gouvernementales qui s'occupent de questions relevant de sa compétence. »
Par cette disposition, le CES reconnaît que les ONG peuvent siéger au Conseil
économique et social (ECOSOC) avec un statut consultatif. Une série de textes
réglementent les modalités de cette consultation16. Aujourd'hui, près de 2000 ONG
sont concernés par ce statut.

Actuellement, 2 727 ONG ont le statut consultatif dit ECOSOC et 400 sont accréditées
auprès de la Commission du développement durable.

Les institutions telles que l'UNESCO, la FAO ; l'OMS, la Banque mondiale


reconnaissent également l'existence et l'importance des ONG avec qui elles
collaborent chacune dans son domaine.

16
Résolution 288(X)B: février 1950 ; résolution 1296(XLIV) : mai 1968 ; résolutions 1996/31 et

1996/297 : juillet 1996.

15
Le statut juridique des ONG est évoqué dans la convention de Strasbourg du 24 avril
1986 élaborée par le Conseil de l'Europe sur la reconnaissance de la personnalité
juridique des ONG. Il pose des principes de base à savoir la reconnaissance de ces
organisations et leur capacité juridique par les Etats parties à la convention ou elles
s'installent, tout en autorisant les dérogations étatiques individuelles.

Ces organisations sont envisagées comme des partenaires de mise en oeuvre des
politiques (la Commission leur délègue de nombreux projets) mais également comme
des partenaires dans le dialogue avec les institutions européennes (dans le processus
de prise de décision politique).

Les « Acteurs Non Etatiques » apparaissent dans le texte de l'Accord de Cotonou où


ils sont reconnus comme des acteurs à part entière du Partenariat ACP/UE. Cette
notion est encore plus englobante que le terme d'OSC. A en juger par l'article 6 de
l'Accord de Cotonou : « les acteurs non étatiques [comprennent] le secteur privé,
les partenaires économiques et sociaux, y compris les organisations syndicales
et la société civile sous toutes ses formes selon les caractéristiques nationales.
La reconnaissance par les parties des acteurs non gouvernementaux dépend de
la manière dont ils répondent aux besoins de la population, de leurs
compétences spécifiques et du caractère démocratique et transparent de leur
mode d'organisation et de gestion.».

B Relations avec les sujets de droit international


1 les relations avec les Etats

Les ONG font ainsi partie du dispositif de politique étrangère. Elles sont en effet utiles
pour les Etats, qui les tiennent pour un des moyens d'action et d'influence dans le
monde, et capables de relayer efficacement leur point de vue dans les rencontres
Désormais, les Etats et les organisations internationales ne seraient plus les seuls à
mettre en œuvre des politiques; à la logique étatique viendrait se superposer une
logique multicentrée qui renvoie à la construction d'un espace transnational. Les ONG
appartiennent à cette nouvelle catégorie d'acteurs transnationaux dont
l'investissement de l'espace public international échappe au déterminisme des Etats.
L'intérêt des pouvoirs publics à l'égard des ONG s'explique par les atouts de ces
dernières : leur perception des besoins essentiels de la population, leur approche
directe et communautaire, leur faible coût. En plus, dans les pays industrialisés, les
grandes ONG représentent des groupes sociaux : professionnels, religieux ou
politiques dont le nombre et l'opinion constituent un facteur électoral pour le
gouvernement au pouvoir. La plupart des ONG ont été fondées dans les pays
industrialisés pour jouer un rôle de compensation par rapport aux carences ou aux
insuffisances des services publics. Les Etats occidentaux sont en effet désireux d'avoir
des ONG fortes, appuyant la diplomatie là où elle est faible
plus,

des relations conflictuelles

Les ONG ont diverses influences en fonction de leur localisation et du régime politique
local, en effet, les influences sont différentes selon le type d'Etat (beaucoup d'influence
dans les pays du sud), mais moins d'influence dans les pays comme la Chine. Les
Etats peuvent aller à l'encontre des ONG s'ils ne sont pas d'accord avec leurs actions,
16
ce qui montre bien leur domination dans les relations internationales.

On peut noter les relations conflictuelles de Greenpeace avec les Etats (Etats unis
notamment) à propos des essais nucléaires.

.
2 : les relations avec les OI

La Banque mondiale constate non seulement que « les ONG prennent de plus en plus
part aux processus de développement économique et social, et que les lois et
règlements des États concernant les ONG sont très divers et parfois susceptibles
d'étouffer leurs activités et leur croissance ». Afin d'encourager le développement des
ONG et de leurs « activités de coopération, facteurs d'amélioration et d'élargissement
de l'aide au développement », La Banque mondiale propose une série de
recommandations générales aux États en matière juridique, destinées à garantir aux
ONG une existence et un fonctionnement sans entrave, indépendamment de l'État et
de manière transparente et responsable.

L'OMC a souvent maille à partir avec des ONG qui se regroupent en deux catégories :
les altermondialistes et les antimondialistes. Certaines sessions de l'OMC ont été
perturbées par les manifestations anti mondialisation.

En Afrique, l'on peut noter que les ONG ont été exclues des assises marquant le
cinquantenaire de l'Union Africaine du fait du refus des Etats de les y associer.

Les ONG humanitaires peuvent se subdiviser en deux grands domaines


d'intervention :

A Les ONG caritatives (Médecins sans frontières, la FISCR, le CICR, Solidarités


International), souvent spécialisées dans l'aide d'urgence ;

B Les ONG de développement (Plan France, CCFD-Terre Solidaire, GERES,


GRET, ONG HOPE International, arcenciel, Horizons Partagés, ACF…) engagées sur
des programmes à long terme. En général ces dernières sont plus discrètes, les ONG
d'urgence étant souvent plus médiatisées.

Certaines ONG internationales ont une approche dite « globale », intervenant à la fois
sur des urgences humanitaires, des programmes de développement et des activités
de plaidoyer (Oxfam international, CARE…) ; la lutte contre la faim (Action contre la
faim), la lutte contre les maladies (AMREF Flying Doctors), la protection des enfants
(Plan France, Fondation Terre des hommes, Vision Mondiale), la scolarité (Aide et
Action, Passe Moi Le Relais),

Paragraphe 2 Les droits de l'homme

A Droits civils et politiques Droits civils et politiques

17
Ces associations concernent les Droits de l'Homme (Amnesty International, ACAT,
ATD Quart Monde ou Human Rights Watch), l'économie mondiale (Mouvements
altermondialistes comme ATTAC), Ces organisations sont en si grand nombre qu'elles
couvrent tout le spectre politique, social et philosophique et anthropologique, y compris
parfois pour la défense d'intérêts très restreints, voire parfois très peu altruistes.

B l'environnement

L'écologie (Les Amis de la Terre) ou alors la protection de la nature (Greenpeace, Sea


Shepherd Conservation Society ou WWF) sont des domaines dans lesquelles on
retrouve des ONG très actives.

Section 2 : Les moyens d'actions des OING


Paragraphe 1 : l'assistance technique et financière
A Assistance technique
Les OING se caractérisent de plus en plus par la professionnalisation. Par cette
professionnalisation, elle recrute des experts et technocrates capables d'améliorer et
d'élargir leurs prestations. Grâce à cette professionnalisation, les ONG peuvent donner
un avis technique sur toutes les questions qui leur sont soumises.
B Assistance financière
Certaines OING soutiennent financièrement d'autres principalement du sud dans la
mise en œuvre de leurs actions (OSIWA qui soutient plusieurs ONG ivoiriennes)

18
Chapitre 2 : l'ordre économique international
Par « ordre international économique » il faut entendre dans son acceptation la plus
large l'ensemble cohérent des règles juridiques orientées en fonction des finalités du
système.

Section 1 : l'évolution

Pg 1 : formation de l'ordre économique

• L'ordre économique mondial existant s'est construit à la suite de la deuxième


guerre mondiale. A cette époque, les Etat industrialisés à économie de marché,
menés par les Etats-Unis, ont voulu rétablir rapidement le libre jeu du marché
dans leurs relations mutuelles. Des organisations internationales et des normes
conventionnelles internationales ont été créées dans ce but.

• Les règles dont le respect est assuré par le Fonds monétaire international (FMI)
ou le General agreement on tariffs and trade (GATT), devenu l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) vont toutes dans ce sens.

A l'ordre monétaire et financier (nguyen 1174)


• Création du FMI et de la Banque Mondiale à Bretton Woods en 1944
B l'ordre commercial (nguyen 1174)
• Tentative de créer l'organisation internationale du commerce puis par la suite,
création du GATT en mars 1948

Pg 2 la revendication d'un NOEI
A La revendication de 1974

Face à cette construction d'essence libérale, les pays du Tiers monde ont
revendiqué un nouvel ordre économique international. L'Assemblée générale
de l'ONU a ainsi adopté lors de sa 6e session extraordinaire la déclaration et le
programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique
international, par le biais des résolutions de l'Assemblée générale des Nations
Unies 3201 et 3202 du 1er mai 1974, et 3281 du 12 décembre 1974 (Charte des
droits et devoirs économiques des Etats).

19
• Cet ordre économique doit être « fondé sur l'équité, l'égalité souveraine,
l'interdépendance, l'intérêt commun et la coopération entre tous les Etats,
indépendamment de leur système économique et social, qui corrigera les
inégalités et rectifiera les injustices actuelles, permettra d'éliminer le fossé
croissant entre les pays développés et les pays en voie de développement »
(résolution 3201 de l'Assemblée générale des Nations Unies).

• Il a pour caractéristiques essentielles la méfiance envers la concurrence pure


et parfaite pour assurer le développement des pays en voie de développement,
la prise en compte de critères sociaux et non plus seulement économiques dans
la notion de développement, la distinction entre les pays développés et les
autres, permettant à ceux-ci de bénéficier de régimes préférentiels, et au niveau
institutionnel la reconnaissance du principe « un Etat, une voix » et le rejet des
organes restreints.

• Cette prise de position est l'aboutissement d'une évolution historique rapide. A


partir des années 60, l'arrivée sur la scène internationale des pays
anciennement colonisés a posé la question de l'application des règles
économiques internationales à des pays inégalement développés. Ainsi, le
slogan « Trade not Aid » revendique-t-il un accès à une situation d'égalité entre
les pays développés et les pays en voie de développement.

• En 1964, la première Conférence des Nations Unies pour le commerce et


le développement (CNUCED) préfigure la recherche d'un nouvel ordre
économique international, avec l'adoption de 15 « principes généraux » qui en
constitueront la base.

• Mais la mise en œuvre de ce nouvel ordre économique international n'est


pas satisfaisante pour les pays qui le réclament.

• Le Tokyo round et l'Uruguay round ont montré que les négociations


commerciales mondiales étaient toujours dominées par les grandes puissances
économiques et les maigres réalisations telles que la convention de Lomé I
entre la CEE et les Etats ACP mettent en valeur l'échec d'un changement global
de politique.

B La nouvelle revendication

• Le concept de nouvel ordre économique international a débouché sur la notion


de développement durable, idée force de la déclaration de Rio du 13 juin 1992
qui vise notamment à intégrer la protection de l'environnement dans le
processus de développement.

20
• L'émergence, lors des négociations de l'OMC à Cancun en septembre 2003,
d'un groupe de pays en voie de développement, dit G21, qui a provoqué l'échec
de la conférence, peut être le signe d'une importance renouvelée des pays en
voie de développement dans les relations économiques internationales, mais
l'existence et les réalisations de ce groupe restent encore précaires

• « Il est estimé dans un nouveau rapport15 que le poids des BRIC dans la croissance
mondiale passera de 20 % en 2003 à 40 % en 2025. Par ailleurs, leur poids total
dans l’économie passera de 10 % en 2004 à plus de 20 % en 2025.
Le PIB par habitant est en augmentation rapide, mais, même à l’horizon 2050, il
devrait rester très inférieur à celui des pays développés13. »
• Alors qu'en 2013, les pays composant les BRICS représentaient déjà pour la
plupart les plus grandes puissances économiques du monde, ils devraient être
amenés, selon les prévisions, à gagner encore plus de poids sur la scène
internationale dans les décennies à venir. Ensemble, les BRICS pèsent 45 % de la
population de la planète, près du quart de sa richesse et les deux tiers de sa
croissance.
• Selon les estimations, les BRICS seraient à l’origine de plus de 50 % de la
croissance économique mondiale au cours des dix dernières années16. Quatre des
cinq BRICS font partie des dix premières puissances économiques mondiales
(Brésil 7e, Russie 8e, Inde 10e et Chine2e). L'Afrique du Sud, première puissance
du continent africain, est elle aussi classée parmi les 30 plus importantes
économies de la planète (29e rang.)

L’ordre international a bien changé depuis la formation, en 2009, des BRICS, le club
des puissances émergentes destiné à faire contrepoids à l’Occident, qui rassemblait
le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, auquel s’est adjoint l’Afrique du Sud en 2011. Le
groupe des BRIC a été officiellement établi en 2006. En 2010, l'Afrique du Sud a
rejoint ce groupe, et l'acronyme a été changé en BRICS. e bloc a également pris
l'initiative dans la mise en oeuvre des Objectifs de développement du millénaire
et des Objectifs de développement durable et a mené un dialogue et une
coopération étroite avec d'autres pays en développement pour parvenir à un
développement via l'unité, a-t-il noté.La Chine, devenue première puissance
économique mondiale, a repris le flambeau du libre-échange. L’alliance transatlantique
est plus que jamais fragilisée par les Etats-Unis de Donald Trump, en plein repli
économique isolationniste. L’Union européenne s’est perdue dans les limbes du Brexit
et la montée des populismes. Et pendant ce temps, les cinq, qui représente 40 % de
la population mondiale, poursuivent leur rattrapage économique, passant de 11 % du
PIB mondial en 2001, à 23 % en 2017, non sans quelques turbulences.

Section 2 : les caractéristiques


L'ordre international économique contemporain repose sur trois idées forces qui
constituent l'essence même du multilatéralisme : liberté des échanges et des
paiements, égalité de traitement et réciprocité des avantages. Par voie
conventionnelles, les Etats s'engagèrent alors à libérer progressivement les
transactions commerciales et leur financement pour arriver à une situation de complète
liberté.

21
Parag 1 : un ordre libéral répudiant le protectionnisme
A un ordre libéral
Depuis la chute du mur de Berlin, le libéralisme est la seule doctrine en vigueur
Les Etats non alignés, ont tous adopté le libéralisme et les principes libéraux édictés
par le FMI et la Banque mondiale

B un ordre répudiant le protectionnisme


L'ordre économique actuel est marqué par le rejet du protectionnisme, c'est-à-dire de
toute doctrine qui prône la fermeture des marchés aux autres Etats

Parag 2 Un ordre marqué par la mondialisation et traversé par les tensions


'universalisme, le régionalisme et le bilatéralisme

A un ordre marqué par la mondialisation

• Mondialisation: un movement inévitable

• Mondialisation: un mouvement potentiellement irréversible

B un ordre marqué par des tensions

• Tensions entre altermondialistes et mondialistes

• Tensions entre Etats sous-développés et Etats développés

22
Deuxième partie : l’aide publique au développement

Il n'existe pas de définition juridique précise de la notion d'aide même si celle-ci est
loin d'être absente en droit, notamment en droit international économique. On pourrait
tout au moins retenir que l'aide publique au développement (APD) comprend, selon la
définition du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE17, les dons et les prêts
préférentiels. Les dons sont des concours financiers octroyés à titre gratuit par un Etat
ou une organisation internationale à un Etat. Les prêts sont des concours financiers
octroyés avec une obligation de remboursement selon un échéancier défini avec le
créancier. Le prêt est considéré comme de l'aide si les conditions de son octroi sont
préférentielles ou concessionnelles. C'est-à dire que les conditions de son
remboursement (délai, taux d'intérêt, etc.) sont souples pour l'Etat bénéficiaire.

L'aide publique au développement a atteint un montant de 79,5 milliards de dollars en


2004 d'après l'OCDE18 et 106,5 milliards en 200519.

Les Nations unies estiment que le montant de l'APD devrait doubler afin de remplir les
huit Objectifs du millénaire pour le développement20 Elles recommandent que les pays

17 L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, en anglais OECD :


Organisation for Economic Co-operation and Development) est une organisation internationale d'études
économiques, dont les pays membres, principalement des pays développés, ont en commun un système de
gouvernement démocratique et une économie de marché.

18 Chiffres de l'aide publique au développement en 2004 (OCDE)

19 L'aide au développement a culminé à 100 milliards USD en 2005 (OCDE). Le premier pays donateur est les
États-Unis avec 27,5 milliards de dollars, devant le Japon, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne.

20 Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sont huit objectifs que les États membres de
l'ONU ont convenus d'atteindre d'ici à 2015. La déclaration fut signée en septembre [Link] objectifs sont:

▪ 1. Réduire l'extrême pauvreté et la faim.

▪ 2. Assurer l'éducation primaire pour tous.

▪ 3. Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes.

▪ 4. Réduire la mortalité infantile.

▪ 5. Améliorer la santé maternelle.

▪ 6. Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies.

▪ 7. Assurer un environnement durable.

23
développés consacrent 0,7 % de leur produit national brut à l'aide publique au
développement. Seuls quelques pays de l'Europe du nord (le Danemark, le
Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède) suivent actuellement cette
recommandation.

L'APD peut être diversement classifiée. On retiendra deux classifications dans le cadre
de ce cours :

• Selon l'origine : on distinguera l'aide multilatérale (octroyée par une OI à


vocation universelle. Exemple : le FMI), l'aide régionale (octroyée par une OI à
vocation régionale : exemple de la BAD) et l'aide bilatérale qui émane d'un Etat
en direction d'un autre (la Chine)
• Selon la finalité : l'aide monétaire qui a pour but de résoudre les déficits de la
balance des paiements des Etats (aide du FMI) et l'aide financière qui est
destinée à financer les investissements (BIRD)

Chapitre 1 : le cadre général


Section 1 : La notion de l’aide publique au développement

Paragraphe 1 : la définition

L'aide publique au développement est constituée de fonds d'origine publique apportés


sous forme de dons, de prêts ou d'allègements de dettes aux pays en développement.

A le contenu de l’aide

Le transfert de ressources : de dons, de prêts. Elle comporte un élément de libéralité


égal à 25% de son montant, ce qui exclut les opérations commercialement viables.

ou d'allègements de dettes

B L’origine et la destination de l’aide

Personne publique : Etat, OI ; voir état donateur et Etat bénéficiaire ; idée de transfert
de ressources d’un Etat vers un autre.
L’aide peut donc être d’origine multilatérale (OI) ou bilatérale (Etat)
L’aide est destinée essentiellement aux pays en développement.

Paragraphe 2 : la finalité de l’aide


A une finalité monétaire

▪ 8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

24
l'aide monétaire qui a pour but de résoudre les déficits de la balance des paiements
des Etats (aide du FMI)

B une finalité financière spécifique : les OMD et ODD


L'aide doit avoir pour but essentiel le développement économique et l'amélioration du
niveau de vie.
Ainsi l’aide financière est celle qui est destinée à financer les investissements socio-
économiques, notamment les investissements publics.
• Plus spécifiquement, aujourd’hui, l’aide vise à atteindre les objectifs du développement
durable. Les Objectifs de Développement Durable (ODD) définissent 17 priorités pour
un développement socialement équitable, sûr d'un point de vue environnemental,
économiquement prospère, inclusif et prévisible à horizon 2030. Ils ont été adoptés en
septembre 2015 par l'ONU dans le cadre de l'Agenda 2030. Les principaux ODD sont :
Éradication de la pauvreté ;
• Lutte contre la faim ;
• Accès à la santé ;
• Accès à une éducation de qualité ;
• Égalité entre les sexes ;
• Accès à l'eau salubre et à l'assainissement ;
• Recours aux énergies renouvelables ;
• Accès à des emplois décents ;

Section 2 : la portée de l’aide


Paragraphe 1 : au niveau de la définition de l’aide
A un contenu fuyant et biaisé
• La question de l’allègement de l’aide
• La prise en compte des appuis au secteur privé (souvent les bénéficiaires sont
les sociétés multinationales )
• L’accueil des réfugiés
B une appropriation insuffisante des pays bénéficiaires
• l’aide définie sans les pays bénéficiaires
• l’aide n’est pas nécessairement leur priorité
Paragraphe 2 : l’efficacité
A les objectifs quantitatifs
a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría. « Les pays donateurs
ne tiennent pas leur engagement en faveur d’une augmentation du financement du
développement pris en 2015, ce qui augure mal de notre capacité à concrétiser les
Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. »

Le chiffre de l’APD calculé sur la base de l’équivalent-don pour 2018 est égal à 0.31 %
du revenu national brut (RNB) combiné des donneurs du CAD, ce qui est bien inférieur
à l’objectif d’un ratio APD/RNB de 0.7 %. Cinq pays membres du CAD – le Danemark,
le Luxembourg, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède – ont atteint ou dépassé cet
objectif de 0.7 %. La Turquie et les Emirats arabes unis, qui sont des donneurs non
membres du CAD et dont l’APD n’entre pas dans le calcul de l’aide totale du CAD, ont
consenti 1.10 % et 0.95% de leur RNB respectivement à l’APD.

25
B les objectifs qualitatifs
une efficacité souvent limitée : Les priorités de l'aide ne sont pas nécessairement les
priorités du terrain
une insuffisance du contrôle
les ODD pas atteints.
Des conditionnalités trop contraignantes
Chapitre 2 : le cadre spécifique : le mécanisme de financement de l’APD
Section 1 : Le financement dans le cadre universel : le système de Bretton
Woods
Paragraphe 1 : les institutions de financement
A le FMI
Le Fonds Monétaire International - «FMI» ou «fonds» - a été créé en juillet 1944, au
cours d'une conférence des nations unies tenue à Bretton Woods (new Hampshire,
Etats-Unis) en présence de représentants de 45 gouvernements. Il s'agissait d'établir
un cadre de coopération économique en vue de prévenir le retour aux politiques
économiques désastreuses dont a résulté la grande dépression des années 30.
A ce jour, le FMI compte 188 pays pour environ 2.635 employés originaires de 147
pays.
Le total des quotes-parts des pays est de 362 milliards de dollars (au 13 mars 2015)
Aux termes de l'article 1 des Statuts du FMI, les principaux buts de l'institution sont:
• promouvoir la coopération monétaire internationale;
• faciliter l'expansion et la croissance équilibrées du commerce mondial;
• promouvoir la stabilité des changes;
• aider à établir un système multilatéral de paiements;
• mettre ses ressources (moyennant des garanties adéquates) à la disposition
des pays confrontés à des difficultés de balance des paiements.
Plus généralement, le FMI est chargé d'assurer la stabilité du système monétaire et
financier international et de prévenir les crises. Aujourd'hui, son action se porte
essentiellement sur la promotion de la croissance et la réduction de la pauvreté.

B La Banque Mondiale
Elle fut créée le 27 décembre 1945 sous le nom de Banque internationale pour la
reconstruction et le développement (BIRD) après signature des accords de Bretton
Woods le 22 juillet [Link] Banque mondiale (parfois abrégée BM) est
une institution financière internationale qui accorde des prêts à effet de levier à
des pays en développement pour des projets d'investissement.
La Banque mondiale comprend deux institutions - la Banque internationale pour la
reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de
développement (IDA en anglais) - créées pour lutter contre la pauvreté en apportant
des aides, des financements et des conseils aux États en difficulté1.
La Banque mondiale est un sous-ensemble du Groupe de la Banque mondiale qui est
constitué de 5 organisations financières internationales au total :

• la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)


• l’Association internationale de développement (IDA).
• la Société financière internationale (IFC),

26
• l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA),
• le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux
investissements (CIRDI).
Les objectifs de la Banque mondiale ont évolué au cours des années. Elle a délaissé
l'objectif unique de croissance économique et a récemment mis l'accent sur un objectif
ambitieux : mettre fin à l'extrême pauvreté d'ici à 2030, en abaissant le pourcentage
de la population mondiale qui dispose de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre. Elle
favorise aussi la création des très petites entreprises. Elle se focalise également sur
des problématiques comme l'environnement, les pandémies ou la dette.

Paragraphe 2 : les mécanismes de financement


A les facilités
1 les facilités d'ajustement structurel
Depuis le milieu des années 70, l'aide du FMI s'est traduite par des concours à des
conditions concessionnelles octroyés aux pays membres à faible revenu.
Dans ce cadre, il y a eu la facilité d'ajustement structurel (FAS) et la facilité
d'ajustement structurel renforcée (FASR). La finalité de la FAS et, par la suite, de la
FASR21 est de résoudre les graves difficultés de balance des paiements (ensemble
des paiements intervenus entre un Etat et l'étranger) auxquelles sont confrontés
nombre des pays les plus démunis. La FAS et la FASR consistent alors à accorder à
ces pays, des financements concessionnels.
Les pays admissibles22 pouvaient emprunter à hauteur de 140 % de leur quote-part
au FMI dans le cadre d'un accord de trois ans23; Les prêts au titre de la FASR étaient
assortis d'un taux d'intérêt annuel de 0,5 % et étaient remboursables sur dix ans.24

les conditionnalités : les plans d'ajustement structurel

Les plans d'ajustement structurels sont établis conjointement entre l'Etat et le FMI
ou la BIRD. En réalité, le rôle des experts du FMI et de la BIRD, en tant qu'assistance
technique est plus prépondérant, si bien qu'une partie de l'opinion pense qu'ils sont
plutôt imposés aux Etats. Les PAS définissent les grands axes macro-économiques,
notamment les orientations en matière de budget, de monnaie, de commerce, de
paiements, etc. en somme ils (ré) définissent la politique économique de l'Etat.

Les PAS sont immergés de la philosophie libérale. Dès lors, ils se fondent
particulièrement sur le libéralisme économique qui implique la libre concurrence, le
retrait de l'Etat en tant qu'agent économique, etc.

Les PAS visent à créer les conditions de la relance économique et de la croissance.


Ainsi, les mesures prises auront pour but, entres autres :
De réduire les charges de l'Etat ;
D'accroître les ressources de l'Etat (en élargissement l'assiette de
l'impôt et le niveau du recouvrement) ;

21 Les financements concessionnels ont été octroyés par le biais de la facilité d'ajustement structurel (FAS) en
1986 puis, à partir de 1987, par la facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR)
22 Les principaux critères d'admissibilité étaient le revenu par habitant et l'admissibilité aux concours de
l'Association internationale de développement (IDA), le guichet concessionnel de la Banque mondiale. Un total de
80 pays à faible revenu était admissible à bénéficier d'une aide au titre de la FASR.
23 Ce plafond pouvait toutefois être relevé à un maximum de 185 % dans des circonstances exceptionnelles
24 Ces paiements sont semestriels. Le premier a lieu cinq ans et demi après le décaissement du prêt.

27
D'assainir la gestion des finances publiques25

Il faut observer que les conditionnalités sont contestées par les pays en voie de
développement qui les jugent soit trop draconiennes, soit constitutives d'ingérence
dans les affaires intérieures en ce qu'elles leur imposent un modèle de
développement (de type capitaliste) et qu'elles ne tiennent pas toujours compte du
volet social.

Par ailleurs, certaines conditionnalités nouvelles telles que la bonne gouvernance, le


respect des droits de l'homme, la démocratie hérissent ces pays qui y trouvent une
atteinte à leur souveraineté nationale

2 La FRPC

La facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) est le guichet


par lequel le FMI accorde des prêts assortis de faibles taux d'intérêt aux pays à faible
revenu afin de lutter contre la pauvreté et promouvoir la croissance. Les programmes
appuyés par la FRPC reposent sur des stratégies globales d'allégement de la
pauvreté qui sont pilotées par les pays. C'est en septembre 1999 que le FMI a créé
la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).
les programmes appuyés par la FRPC sont établis sur la base de documents de
stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) exhaustifs dont les pays ont l'entière
responsabilité : c'est le principe fondamental d'une large participation publique et
d'une internalisation accrue par le pays. L'objectif étant de refléter fidèlement les
priorités nationales en matière de réduction de la pauvreté et de croissance.
Cette nouvelle donne est une réponse aux critiques des pays pauvres qui reprochent
aux FMI de leur imposer des plans sans tenir compte de leurs priorités.
Les DSRP détaillent les mesures que l'Etat entend prendre pour parvenir à réduire la
pauvreté et favoriser la croissance. Ils déterminent également les délais de
réalisation, les objectifs, les résultats attendus et les besoins financiers pour y
parvenir.
Les DSRP sont accompagnés par une lettre d'intention qui en résume les grandes
lignes.

B l’annulation et la réduction de la dette


25 Entre autres mesures prises pour réduire ses charges, l'on note :

La réduction de la masse salariale (fonction publique):

La réduction du train de vie de l'Etat :

Une réglementation plus stricte de l'attribution et de la circulation des véhicules administratifs, la journée
de samedi déclarée jour chômé, la suppression des cars d'étudiants, la suppression de certaines subventions,
la réduction du nombre de ministères, etc.

Pour ce qui concerne l'accroissement des ressources, on note soit la création de taxes et impôts, soit le
relèvement desdits taxes et impôts (le droit unique par exemple), une amélioration de recouvrement des impôts
et un élargissement de l'assiette fiscale.

28
L'initiative PPTE a été créée en 1996 conjointement par le FMI et la Banque mondiale.
Elle a pour but de réduire, à un niveau supportable, la charge de l'endettement
extérieur de la plupart des pays pauvres très endettés.
L'initiative PPTE est complétée par L'initiative d'allégement de la dette multilatérale
(IADM), instaurée en juin 2005 par le G-8 et qui vise l'annulation intégrale des
créances admissibles de trois institutions multilatérales26 (FMI, Banque Mondiale et
BAD). Ceci pour les soutenir sur la voie des objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD).

Fonctionnement de l'initiative PPTE


L'accès à l'initiative PPTE est soumis à plusieurs conditions dont : (1) être
exclusivement IDA et admissible à la FRPC; (2) faire face à une charge de la dette
insupportable, hors du champ des mécanismes d'allégement de la dette
traditionnellement disponibles, (3) donner la preuve qu'il a engagé des réformes et
mené une politique économique avisée dans le cadre des programmes appuyés par
le FMI et la Banque mondiale et (4) avoir formulé un document de stratégie pour la
réduction de la pauvreté (DSRP) basé sur un vaste processus participatif. Lorsqu'un
pays a accompli des progrès suffisants vers la satisfaction des critères retenus ou y a
satisfait, les Conseils d'administration respectifs du FMI et de l'IDA décident
officiellement de son admissibilité à l'allégement et la communauté internationale
s'engage à ramener la dette au seuil de viabilité convenu. C'est ce que l'on appelle le
point de décision. Lorsqu'un pays atteint le point de décision, il peut immédiatement
recevoir un allégement intérimaire sur le service de la dette qui est exigible.
Cependant, afin de recevoir la réduction intégrale et irrévocable de la dette au titre de
l'initiative PPTE, le pays doit : (i) continuer de donner la preuve qu'il exécute comme
il convient les programmes soutenus par le FMI et l'IDA. i) exécuter de manière
satisfaisante les réformes fondamentales convenues au point de décision, et iii)
adopter et exécuter pendant un an au moins le DSRP. Lorsqu'un pays a satisfait à ces
critères, il peut atteindre son point d'achèvement. Les créanciers doivent alors lui
accorder l'allégement intégral de la dette promis au point de décision.

Section 2 : le financement régional et bilatéral

Paragraphe 1 : le financement régional : le cas de l’union européenne

Paragraphe 2 : le financement bilatéral : le cas de la France

26 Pour pouvoir bénéficier de cet allégement, ces pays sont tenus, conformément à une décision du Conseil
d'administration du FMI, d'être à jour au titre de leurs obligations envers le FMI et de présenter un bilan satisfaisant
dans les trois domaines suivants : 1) politiques macroéconomiques; 2) mise en œuvre d'une stratégie de réduction
de la pauvreté; 3) gestion des dépenses publiques.
Le Conseil d'administration a décidé que 19 pays pouvaient effectivement bénéficier d'un allégement de dette
immédiat au titre de l'IADM. Ces pays comprennent 17 PPTE qui ont atteint le point de décision et deux pays (non
PPTE) dont le revenu par habitant est inférieur au seuil fixé. Un allégement de dette au titre de l'IADM leur a été
accordé en janvier 2006. Ayant pris des mesures correctrices, la Mauritanie a été admise à bénéficier d'un
allègement au titre de l'IADM en juin 2006.
Les pays qui n'ont pas encore atteint le point d'achèvement au titre de l'initiative en faveur des PPTE seront admis
à bénéficier de l'IADM lorsqu'ils y seront parvenus. Ce fut le cas du Cameroun (avril 2006), du Malawi (septembre
2006), de la Sierra Leone (décembre 2006), de São Tomé-et-Principe (mars 2007), et Gambie (décembre 2007).

29
.

A Description de l'aide française au développement

La priorité géographique de l'aide française est dirigée en premier lieu vers l'Afrique
subsaharienne, et en second lieu vers l'Afrique du Nord et l'Océanie (les territoires
d'outre-mer).

L'autre priorité géographique de l'aide française est l'orientation vers les pays
francophones. En 1992 sept des dix principaux receveurs de l'aide française étaient
des pays francophones.

B La finalité de l'aide

L'aide bilatérale française se traduit principalement par quatre types de concours :

Les réductions de dettes : le contrat de désendettement et de développement


(C2D)

En complément de l'initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE), qui a
pour objectif de rendre la dette soutenable, la France, à l'instar des autres membres
du G7, s'est engagée en juin 1999 à Cologne à fournir un effort supplémentaire pour
annuler la totalité de ses créances d'aide publique au développement (APD) sur ces
pays.
Plutôt qu'une annulation « sèche », la France a fait le choix, original, de mettre en
œuvre un mécanisme de refinancement par dons des échéances dues, géré dans le
cadre d'un contrat pluriannuel dit « de désendettement et développement » (C2D) : le
pays débiteur continue d'honorer le service de la dette mais, sitôt le remboursement
constaté, la France lui reverse une subvention d'un montant équivalent pour financer
des programmes de lutte contre la pauvreté, sélectionnés d'un commun accord avec
le pays bénéficiaire.
L'objectif de ce mécanisme est de s'assurer que les marges financières dégagées par
les annulations de dette sont fléchées vers les secteurs prioritaires de la stratégie de
lutte contre la pauvreté du pays. Au 1er janvier 2014, quatorze pays pauvres très
endettés ont déjà signé un ou plusieurs contrats C2D avec la France. Pour les pays
dont la dette d'APD française est la plus importante, ce mécanisme constitue une
opportunité pour contribuer à réduire durablement la pauvreté.
La Côte d'Ivoire a atteint le point d'achèvement de l'initiative PPTE le 26 juin 2012, ce
qui a ouvert la voie, le 29 juin 2012, à la négociation définitive de l'annulation de sa
dette extérieure au Club de Paris. 99,5% du stock de dette extérieure détenu par les
créanciers du Club de Paris ont été annulés.
En annulation sèche, la France a consenti à un effort de 913 millions d'euros, portant
sur des créances commerciales. À ce montant s'ajoutent 2,89 milliards d'euros de

30
créances d'aide publique au développement.
Au total, l'effort de la France porte donc sur 3,76 milliards d'euros. La signature de
l'accord bilatéral d'annulation de dette a eu lieu le 24 juillet 2012, en présence de
l'ancien ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici (en bandeau photo),
et a entrainé la signature du premier C2D à Abidjan le 1er décembre 2012.
La Côte d'Ivoire continue de rembourser sa dette à chaque échéance. Une fois le
remboursement constaté, la France reverse la somme correspondante sur un compte
spécifique logé à la BCEAO (banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest).
L'utilisation de ces flux par le compte du Trésor public ivoirien se fait au fur et à mesure
de l'avancement des programmes et projets inscrits dans le C2D. Le compte spécial
C2D logé à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) ne peut faire
l'objet d'aucune autre utilisation que le financement des projets C2D.
Les décisions concernant les C2D sont prises par consensus dans un comité mixte
comprenant le ministre des finances, l'ambassadeur de France et la société civile.
En général, l'agence française de développement est chargée de la mise en œuvre
des décisions d'affectation des subventions.
Les appels d'offres se feront selon les critères européens et internationaux et non à la
discrétion des gouvernements récipiendaires de l'aide.

L'assistance technique

La France met à disposition des Etats ou d'institutions publiques des collaborateurs


qualifiés pour apporter un appui technique et assurer un transfert de compétence. Le
coût pour la France de la coopération technique dans la zone Franc s'est élevé en
moyenne sur la période 1993-98 à 2,2 MdF par an.

TROISIEME PARTIE : LES ECHANGES INTERNATIONAUX


Les échanges internationaux mettent en relief la coopération, voire l'interdépendance
entre Etats, qu'il s'agisse des Etats développés entre eux ou des Etats développés vis-
à-vis des pays en développement. De cette interdépendance naît la nécessité de
réguler ces échanges.
En matière commerciale, cette régulation est perceptible tant au plan universel qu'aux
plans régional et bilatéral.
Au plan universel, l'OMC constitue le pilier de la réglementation du commerce
international.
Au plan régional, il s'agira d'étudier la coopération entre l'Union européenne et les pays
ACP.
Toutefois, il est important de souligner que les échanges internationaux peuvent être
sous-tendus par une politique d'attrait des investissements étrangers.

CHAPITRE 1 : LE REGIME GENERAL : DU GATT A L’OMC

31
Section 1 : l'évolution de la régulation du commerce mondial

L'évolution de la régulation du commerce mondial connaît deux moments forts : la


charte de la Havane et la signature du GATT.
Paragraphe 1 : de la charte de la Havane au GATT
A La charte de la Havane
Dès 1946, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que la coopération
économique internationale est considérée comme le meilleur garant du maintien de la
paix, deux négociations sont lancées, l'une pour créer une institution des Nations unies
consacrée au commerce, l'autre pour amorcer la réduction des barrières douanières.
La Charte de la Havane, signée en mars 1948, qui prévoyait la création d'une
Organisation internationale du commerce (OIC), n'entrera jamais en vigueur, faute de
ratification par plusieurs pays, notamment par les Etats-Unis, inquiets d'une perte de
souveraineté au détriment de l'OIC.

B le GATT

Les négociations pour la réduction des tarifs douaniers déboucheront, elles, sur un
simple accord, l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce ou GATT
(General Agreement on Tariffs and Trade), signé en octobre 1947 par vingt-trois pays,
qui n'aura jamais le statut d'organisation internationale. Ce qui a constitué sa principale
faiblesse structurelle.
Toutefois, à la veille de son remplacement par l'Organisation mondiale du commerce
(OMC) le 01er janvier 1995, l'Accord regroupe cependant 123 pays.
L’autre grande faiblesse résulte de ce que le règlement des différends ne prévoit pas
de mesures de sanctions. Le GATT n’émettant que de simples recommandations.
Les négociations commerciales se sont poursuivies depuis la signature du GATT à
travers les cycles de négociation.

Paragraphe 2 : les négociations commerciales


A Les cycles (ou Round) de négociations commerciales au GATT
De 1947 à 1994, la principale activité du GATT sera l'organisation de négociations
commerciales multilatérales (NCM), chargées de libéraliser le commerce mondial.
Huit cycles se sont succédé. Les cinq premiers cycles, menés d'avril 1947 à 1967,
visaient essentiellement la suppression des restrictions quantitatives et l'abaissement
des droits de douane, qui fut très important.
B L'Uruguay Round et les accords sectoriels
Le plus long des cycles de négociations, l'Uruguay Round a été aussi le plus
conflictuel et le plus novateur. Il a élargi le champ de la négociation à des secteurs
non couverts jusque là par le GATT : l'agriculture, le textile et les services, et, à ce titre,
mis en évidence le conflit commercial latent entre les Etats-Unis et l'Europe,
notamment à travers la négociation agricole.
Il a également, pour la première fois, intégré la protection de la propriété intellectuelle
au sein du commerce international.

32
L'Acte final de l'Uruguay Round du 15 avril 1994 recouvre de très nombreux accords
sectoriels27.
Enfin, les pays membres du GATT ont signé, en avril 1994, lors de la conférence de
Marrakech, l'Acte fondateur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) .

SECTION 2 : l'OMC

Paragraphe 1: Organisation et fonctionnement


Héritière du GATT ( Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce ou General
Agreement on Tariffs and Trade) et des nombreux cycles de négociations sur la
libéralisation du commerce mondial depuis la seconde guerre mondiale, elle s'est
imposée comme une organisation clé dans l'architecture économique internationale,
avec quatre missions principales :
• gérer et contrôler les Accords de libre-échange mis en place par l'Acte final de
l'Uruguay Round du 15 avril 1994,
• arbitrer les conflits commerciaux entre Etats,
• élargir les champs du libre-échange à de nouveaux domaines par l'ouverture de
cycles de négociations,
• évaluer périodiquement les politiques commerciales des États membres, selon le
mécanisme d'examen des politiques commerciales.
C'est une organisation mixte, à la fois enceinte de négociations et juridiction
internationale. Si elle n'a pas de pouvoirs propres en tant qu'enceinte de négociations,
en revanche à travers l'Organe de règlement des différends (ORD), elle dispose de
compétences sans équivalent : lieu d'arbitrage des conflits, l'ORD est aussi producteur
de droit à travers sa jurisprudence. Certains voudraient lui voir jouer un rôle de
régulation de la mondialisation. La principale nouveauté de l'OMC réside donc
dans son organe quasi-judiciaire, créateur d'une nouvelle source de droit et
autorisé à sanctionner financièrement les États, pouvoir de sanction unique dans
le droit international28.

27 (soit environ 20 000 pages de textes), notamment :


> l'Accord sur l'agriculture
> l'Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS)
> l'Accord sur les textiles et vêtements (qui supprime à terme l'Accord multifibres de 1974)
> l'Accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC)
> l'Accord sur les mesures concernant les investissements et liées au commerce (TRIMs, Agreement on trade
related investment measures)
> l'Accord général sur le commerce des services (AGCS ou GATS, General Agreement on Trade in Services)
> l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC ou TRIPS, Trade
Related Aspects of Intellectual Property Rights), complété par le protocole du 5 décembre 2005 sur l'exception des
médicaments
Complétés par les accords signés en 1997 :
> l'Accord sur les services financiers
> l'Accord sur les produits des technologies de l'information
> l'Accord sur les télécommunications
> Enfin, les pays membres du GATT ont signé, en avril 1994, lors de la conférence de Marrakech, l'Acte fondateur
de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) .
28 Entre 1995 et 2005, plus de 320 plaintes ont été enregistrées, marquant la place de premier plan acquise par
l' OMC.

33
A organisation de l'OMC29

La structure de l'OMC est pyramidale et comporte quatre niveaux :

1. La Conférence ministérielle est l'autorité suprême de l'OMC. Composée de


représentants de tous les membres, elle doit se réunir au moins une fois tous les deux
ans. Elle exerce les fonctions de l'OMC, et est habilitée à prendre des décisions sur
toutes les questions relevant de tout accord commercial multilatéral.

2. Entre les réunions de la Conférence ministérielle, les fonctions de celle-ci sont


exercées par un Conseil général composé de représentants de tous les membres.
Le Conseil général se réunit autant que nécessaire (généralement tous les deux mois)
Le Conseil général se réunit également sous deux formes spécifiques : en tant
qu'organe de règlement des différends, afin de superviser la mise en œuvre des
procédures de règlement des différends et en tant qu'Organe d'examen des politiques
commerciales des membres de l'OMC.

3. Trois autres organes principaux agissent sous la conduite du Conseil général : le


Conseil du commerce des marchandises, le Conseil du commerce des services
et le Conseil des aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce (ADPIC).

Le Conseil du commerce des marchandises est chargé de superviser l'application de


tous les accords relatifs au commerce des marchandises (les accords de l'annexe 1A
de l'Accord sur l'OMC), bien que nombre de ces accords prévoient leurs propres
organes de surveillance. Les deux autres Conseils sont chargés de superviser le
fonctionnement de leurs accords respectifs (annexes 1B et 1C).Ces Conseils peuvent
établir des organes subsidiaires selon leurs besoins.

Des Comités, auxquels les représentants de tous les membres peuvent participer, ont
été créés à différents niveaux."

4. Le Directeur général
Le secrétariat de l'OMC, à Genève, est placé sous l'autorité du directeur général,
désigné par la Conférence ministérielle.
Le secrétariat n'a aucune capacité d'initiative reconnue, et si le Directeur général peut
jouer un certain rôle au cours des négociations, c'est seulement en termes
diplomatiques.
L'OMC est une petite organisation, dotée de 550 fonctionnaires, à la différence de la
Banque mondiale (6 800 personnes), du FMI (2 600) ou de la FAO (5 100 ) [Source :
CEPII, octobre 1998] et d'un budget de 154 millions de francs suisses pour l'année
2003.
Le premier Directeur général de l'OMC, l'Italien Renato Ruggiero, a été nommé le 21
mars 1995, pour un mandat de quatre ans. En 1999, après un blocage de plusieurs
mois, les États membres ont décidé de nommer deux candidats pour des mandats

29 Marre Béatrice, Rapport d'information sur la préparation de la Conférence ministérielle de l'OMC : de la


mondialisation subie au développement contrôlé, les enjeux de la conférence de Seattle, Paris; Assemblée
nationale : 1999 / 506 p.

34
successifs de trois ans, l'ancien premier ministre néo-zélandais Mike Moore, à partir
du 1er septembre 1999, et l'ancien ministre du commerce thaïlandais Supachai
Panitchpakdi, en septembre 2002. Lui a succédé, le 1er septembre 2005, le Français
Pascal Lamy, ancien commissaire européen au commerce.
L'actuel DG est Roberto Azevêdo.

B fonctionnement

1 Les principes fondamentaux


Les Accords de l'OMC sont longs et complexes car ce sont des textes juridiques portant
sur un large éventail de domaines d'activité: agriculture, textiles et vêtements, activités
bancaires, télécommunications, marchés publics, normes industrielles et sécurité des
produits, réglementation relative à l'hygiène alimentaire, propriété intellectuelle, et bien
plus encore. Cependant, un certain nombre de principes simples et fondamentaux
constituent le fil conducteur de tous ces instruments. Ils sont le fondement du système
commercial multilatéral.

a) Un commerce sans discrimination

Il se fonde sur deux clauses :

• Clause de la nation la plus favorisée (NPF): Aux termes des Accords de l'OMC,
les pays ne peuvent pas, en principe, établir de discrimination entre leurs
partenaires commerciaux. Si vous accordez à quelqu'un une faveur spéciale (en
abaissant, par exemple, le droit de douane perçu sur un de ses produits), vous
devez le faire pour tous les autres membres de l'OMC.

Ce principe est dénommé traitement de la nation la plus favorisée (NPF) Son importance
est telle qu'il constitue le premier article de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce (GATT), qui régit le commerce des marchandises. Il est aussi une clause
prioritaire de l'Accord général sur le commerce des services (AGCS)

35
(article 2), et de l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent
au commerce (ADPIC) (article 4), même s'il est énoncé en des termes légèrement
différents d'un accord à l'autre. Ensemble, ces trois accords visent les trois principaux
domaines d'échanges dont s'occupe l'OMC.

Quelques exceptions sont autorisées. Par exemple, des pays peuvent conclure un accord
de libre-échange qui s'applique uniquement aux marchandises échangées à l'intérieur du
groupe - ce qui établit une discrimination contre les marchandises provenant de
l'extérieur. Ou bien ils peuvent accorder un accès spécial à leurs marchés aux pays en
développement. De même, un pays peut élever des obstacles à l'encontre de produits
provenant de tel ou tel pays, qui font l'objet, à son avis, d'un commerce inéquitable. Dans
le domaine des services, les pays peuvent, dans des circonstances limitées, recourir à la
discrimination. Cependant, les exemptions ne sont autorisées dans les accords que sous
réserve de conditions rigoureuses. D'une manière générale, la clause NPF signifie que,
toutes les fois qu'un pays réduit un obstacle tarifaire ou ouvre un marché, il doit le faire
pour les mêmes biens ou services provenant de tous ses partenaires commerciaux, que
ceux-ci soient riches ou pauvres, faibles ou puissants.

• Traitement national: égalité de traitement pour les étrangers et les nationaux.


Les produits importés et les produits de fabrication locale doivent être traités de
manière égale, du moins une fois que le produit importé a été

36
admis sur le marché. Il doit en aller de même pour les services, les marques de
commerce, les droits d'auteur et les brevets étrangers et nationaux. Ce principe
du "traitement national" (accorder à d'autres le même traitement que celui qui est
appliqué à ses propres nationaux) figure aussi dans tous les trois principaux
Accords de l'OMC (article 3 du GATT, article 17 de l'AGCS et article 3 de l'Accord
sur les ADPIC), même si, là encore, il est énoncé en des termes légèrement
différents d'un accord à l'autre.

Le traitement national s'applique uniquement une fois qu'un produit, service ou élément
de propriété intellectuelle a été admis sur le marché. Par conséquent, le prélèvement de
droits de douane à l'importation n'est pas contraire à ce principe même lorsqu'aucune
taxe équivalente n'est perçue sur les produits de fabrication locale.

b) Libéralisation du commerce: progressive et par voie de négociation

L'un des moyens les plus évidents d'encourager les échanges est de réduire les obstacles
au commerce, par exemple les droits de douane (ou tarifs) et les mesures telles que les
interdictions à l'importation ou les contingents qui consistent à appliquer sélectivement
des restrictions quantitatives. Périodiquement, d'autres problèmes comme les lourdeurs
administratives et les politiques de change ont aussi été examinés.

Il y a eu depuis la création du GATT, en 1947-1948, huit séries de négociations


commerciales. Dans un premier temps, ces négociations étaient axées sur l'abaissement
des taux de droits applicables aux marchandises importées. Elles ont permis de réduire
progressivement les taux des droits perçus par les pays

37
commerciales est un autre moyen d'encourager la transparence aussi bien au niveau
national que sur le plan multilatéral.

c) Promouvoir une concurrence loyale

On dit parfois que l'OMC est l'institution du "libre-échange", mais cela n'est pas tout à fait
exact. Le système autorise bien l'application de droits de douane et, dans des
circonstances limitées, d'autres formes de protection. Il serait plus juste de dire qu'il s'agit
d'un système de règles visant à garantir une concurrence ouverte, loyale et exempte de
distorsions.

Les règles relatives à la non-discrimination - traitement NPF et traitement national - ont


pour objet de garantir des conditions commerciales loyales, de même que celles qui
concernent le dumping (exportation à des prix inférieurs au coût pour obtenir une part de
marché) et les subventions. Il s'agit de questions complexes, et les règles visent à définir
ce qui est loyal et ce qui ne l'est pas, ainsi que la manière dont les pouvoirs publics
peuvent réagir, notamment en prélevant des droits d'entrée additionnels calculés de façon
à compenser le dommage occasionné par des pratiques commerciales déloyales.

De nombreux autres Accords de l'OMC visent à favoriser une concurrence loyale, par
exemple dans l'agriculture, en matière de propriété intellectuelle et dans le domaine des
services. L'Accord sur les marchés publics (un accord "plurilatéral" car il est signé
uniquement par un petit nombre de membres de l'OMC) étend les règles de concurrence
aux marchés passés par des milliers d'entités "gouvernementales" dans de nombreux
pays. On peut encore citer d'autres exemples à cet égard.

d) Encourager le développement et les réformes économiques

Le système de l'OMC contribue au développement. Toutefois, les pays en développement


ont besoin d'un délai flexible pour mettre en œuvre les accords du système. Les Accords
eux-mêmes reprennent des dispositions antérieures du GATT qui prévoient une
assistance spéciale et des avantages commerciaux pour les pays en développement.

À la fin du Cycle d'Uruguay, les pays en développement étaient disposés à assumer la


plupart des obligations incombant aux pays développés. Toutefois, un certain délai leur a
été ménagé dans les Accords pour leur permettre, pendant une période transitoire, de
s'adapter aux dispositions moins connues, et peut-être plus difficiles de l'Accord sur
l'OMC, en particulier pour les plus pauvres - les moins avancés - d'entre

38
eux. Une Décision ministérielle adoptée à la fin des négociations dispose que les pays
riches devraient accélérer la mise en œuvre des engagements concernant l'accès aux
marchés pour les marchandises exportées par les pays les moins avancés, lesquels
devraient bénéficier d'une assistance technique accrue.

2. Le règlement des différends30

La principale nouveauté de l'OMC réside dans son organe quasi- judiciaire, créateur
d'une nouvelle source de droit et autorisé à sanctionner financièrement les Etats,
pouvoir de sanction unique dans le droit international. Le mécanisme de règlements
des différends qui fonctionne depuis le Traité de Marrakech dans le cadre de l'OMC
est un système destiné à trancher les contentieux commerciaux entre les parties. C'est
un système à plusieurs étages qui comporte une procédure préalable de consultation
débouchant éventuellement si aucun accord n'est trouvé entre les parties sur un panel
dont les conclusions sont contraignantes.
1 ère étape : consultation entre les parties
Les parties entament des consultations au sein de l'OMC qui doivent donner lieu à un
accord dans les soixante jours.
2ème étape : le panel
Si la consultation a échoué, les parties se mettent d'accord sur les trois membres du
panel choisis par les membres de l'OMC. Les parties présentent leurs soumissions au
panel ; elles peuvent faire des observations sur le rapport intérimaire. Le panel
présente ses conclusions qui sont adoptées par tous les membres de l'OMC au sein
de l'Organe de règlement des différends. Pour refuser les conclusions d'un panel il faut
obtenir l'accord de tous les membres de l'OMC, ce qui rend l'adoption des conclusions
quasi automatique.
3ème étape : mise en œuvre des conclusions
Les parties appliquent les décisions du panel ou peuvent faire appel, elles saisissent
alors l'Organe d'appel composé de sept membres permanents qui sont des
personnalités indépendantes. Les conclusions de l'Organe d'appel sont
automatiquement adoptées. La mise en œuvre des conclusions doit se faire dans un
délai raisonnable, qui est défini par arbitrage, s'il y a désaccord entre les parties ;
celles-ci informent l'ORD des étapes de la mise en conformité. Le plaignant peut
exercer des mesures de rétorsions commerciales à l'égard de la partie adverse en
attendant la mise en conformité des règles ou des mesures commerciales :

la portée de ces rétorsions fait l'objet d'un arbitrage.


Le caractère contraignant des conclusions a changé la nature du mécanisme de
règlement des différends. L'ORD est sollicité par un nombre croissant de pays, y
30 Jacquet Pierre, Messerlin Patrick, Tubiana Laurence Le Cycle du millénaire La Documentation française :
2000 / 145 p. (Les Rapports du Conseil d'analyse économique, n° 20)

39
compris des pays émergents, qui recourent à ses procédures comme les deux grands
du commerce mondial l'Union européenne et les États-Unis. Ce mécanisme est
aujourd'hui perçu comme un facteur d'équité dans le système commercial, cependant,
il reste difficile d'accès pour les pays les moins avancés."
Ainsi, l'ORD comprend tous les Etats membres. Plus rapide et surtout plus
contraignant que le GATT, il met théoriquement tous les pays membres sur un pied
d'égalité.

Paragraphe 2 : Les accords additionnels

A l’AGCS

L'Accord général sur le commerce des services (AGCS, ou GATS en anglais pour
General Agreement on Trade in Services) constitue l'annexe 1B de l'Accord de
Marrakech instituant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1994. Il s'agit
d'un accord multilatéral de libéralisation des échanges de services, qui selon ses
promoteurs vise à apporter une utilisation plus efficace des moyens de production en
favorisant l'avantage comparatif des pays concernés, tandis que ses détracteurs y
voient menace pour l'universalité des services publics. il s'agit de favoriser la
croissance économique en développant le commerce de services au niveau
international, tout en intégrant les pays en voie de développement au processus, mais
en leur reconnaissant une certaine marge de protection « afin de répondre à des
objectifs de politique nationale ».

L'Accord lui-même comprend 28 articles, plus un 29e contenant des annexes d'égale
longueur au reste du texte. Les articles sont regroupés en 6 parties.

Portée et définition de l'Accord (article 1)[modifier | modifier le code]

L'article premier entend définir quels types de fourniture de services sont visés par
l'Accord. Il décrit 4 vastes catégories (également appelées modes), qui indiquent les
différents types de négociation et de législations nationales qui seront affectées (art.
1.2):

1. les services transfrontaliers, où seul le service franchit la frontière (par ex. un


service de traduction en ligne) ;

2. la consommation à l'étranger (ex. : le tourisme, ou la réparation d'un véhicule à


l'étranger) ;

3. La présence commerciale à l'étranger (ex. : l'établissement d'une succursale) ;

4. La présence commerciale de représentants du pays d'origine (cela concerne


surtout les expatriés - les travailleurs migrants ne sont pas couverts par
l'Accord, puisqu'ils ne sont pas rattachés à une entreprise dans leur pays
d'origine).

Les services faisant l'objet de ces négociations peuvent recouvrir un ou plusieurs de


ces modes.

40
Enfin, l'article spécifie que ne sont pas inclus les services « fournis dans l'exercice du
pouvoir gouvernemental », c'est-à-dire les services à but non commercial et qui ne
sont pas en concurrence avec d'autres fournisseurs de services. Au sens strict du
terme, cela concerne les domaines régaliens de l'État (armée, police, justice, etc.). Voir
plus bas : les services concernés.

• Le champ de l'accord sur les services


Il s'agit de "tous les services, de tous les secteurs, à l'exception des services fournis
dans l'exercice du pouvoir gouvernemental", définis comme "des services qui ne sont
ni fournis sur une base commerciale ni en concurrence avec un ou plusieurs
fournisseurs de services".
Dans le cadre de l'application de l'Accord général sur le commerce des services
(AGCS)- de 1994, tous les pays membres doivent présenter une liste des services
susceptibles d'être pris en compte lors de privatisations et d'ouverture des marchés à
la concurrence étrangère.
L'ouverture des marchés de services est en effet fondée, sous l'égide de l'AGCS, sur
un principe dit "d'offres positives", chaque partie disposant de la possibilité de ne pas
offrir un secteur qu'elle souhaite protéger des échanges internationaux. Cette
possibilité a été utilisée durant le cycle d'Uruguay, notamment par la Communauté
européenne dans le secteur audiovisuel et par les Etats-Unis dans le secteur des
transports maritimes.
"La négociation sur les services suscite également des inquiétudes en raison des
pressions exercées pour élargir le champ de l'ouverture à des domaines comme la
santé, l'éducation, l'audiovisuel, les services sociaux. Là encore, l'Union européenne
a posé un certain nombre de limites qu'elle n'est pas décidée à laisser franchir. En
particulier, l'Union a réaffirmé le principe de la diversité culturelle qui n'a d'ailleurs pas
été remis en cause lors de la conférence de Seattle, et celui du maintien des services
publics en dehors du champ de la libéralisation."

B ADPIC
L'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce (ADPIC, en anglais, Agreement on Trade-Related Aspects of Intellectual
Property Rights : TRIPS) est un texte annexé à l'Accord instituant l'Organisation
mondiale du commerce. Il a pour but d'intégrer les droits de propriété intellectuelle
(droits d'auteur, marques de fabrique ou de commerce, brevets, etc.) dans le système
OMC. Cet accord applique les principes du système commercial aux droits de propriété
intellectuelle.L'Accord sur les ADPIC est reproduit à l'Annexe 1 C de l'Accord de
Marrakech instituant l'Organisation mondiale du commerce, signé à Marrakech, au
Maroc, le 15 avril 1994.

L'accord porte sur cinq grandes questions :

1. Comment les principes fondamentaux du système commercial et des autres


accords internationaux sur la propriété intellectuelle devraient être appliqués ?

2. Comment assurer la protection adéquate des droits de propriété intellectuelle ?

41
3. Comment les pays devraient faire respecter ces droits de manière appropriée
sur leur territoire ?

4. Comment régler les différends sur la propriété intellectuelle entre les membres
de l'OMC ?

5. Quels arrangements transitoires spéciaux devraient être appliqués pendant la


période de mise en place du nouveau système ?

Controverses

Cet accord a déjà fait l'objet de plusieurs controverses, au rang desquelles on peut
citer l'interdiction qui est faite aux pays en développement de fabriquer des
médicaments génériques contre le sida à un coût accessible à leurs populations, les
brevets logiciels et le brevetage du vivant. Il est actuellement confronté à une véritable
crise de légitimité, car il apparaît de plus en plus comme un instrument de
protectionnisme servant à favoriser les monopoles industriels sur les technologies, les
semences, les gènes et les médicaments. Cela a poussé les pays du Sud à s'unir pour
revendiquer une renégociation en profondeur de cet accord, et en l'absence de
réponse positive de la part des pays industrialisés, ils ont refusé toute poursuite des
négociations à Cancun en septembre 2003, provoquant l'échec du sommet de l'OMC.
Neanmoins, l'accord multilateral ADPIC signé en 1994 autorise les licences
obligatoires en cas d'urgence sanitaire. On peut cependant s'interoger sur la necessité
d'accorder une telle license en 2002 pour le Viagra en Égypte.

Les brevets accordés aux inventeurs

Un brevet est un DPI accordé aux inventeurs. L'inventeur, en tant que détenteur du
brevet, a le droit d'empêcher toute autre personne de fabriquer, utiliser, vendre ou
importer l'invention objet du brevet pour une certaine période de temps dans un
territoire donné.

Avant l'adoption de l'Accord, les pays pouvaient déterminer librement les conditions de
brevetabilité, les droits conférés aux détenteurs de brevets et la durée de la protection
accordée. Les pays étaient aussi libres d'établir les domaines de non-brevetabilité. Il
n'est pas étonnant que les lois sur les brevets conçues dans ces conditions étaient
faites pour correspondre aux intérêts économiques d'un pays donné. D'où l'application
de normes parfois contradictoires par les différents Membres relativement à cette
question, ce qui ne manquait pas de créer d'inévitables tensions dans les échanges
commerciaux internationaux.

Fondée en partie sur la version la plus récente de la Convention de Paris, la Section 5


établit des normes minimales pour la loi sur les brevets au niveau international dans
l'intention de résoudre le problème qui oppose de longue date les Membres du GATT.

Conformément aux dispositions de l'Accord, les Membres sont convenus qu'un brevet
pourra être obtenu pour toute invention, de produit ou de procédé, dans tous les
domaines technologiques, sans discrimination quant au lieu d'origine de l'invention ou
au fait que les produits sont importés ou sont d'origine nationale, à condition qu'elle
soit nouvelle, inventive et susceptible d'application industrielle. Les conditions

42
d'application obligatoires établissent que l'invention doit être divulguée de manière
suffisamment claire et complète quant à la méthode d'utilisation et à la production.

Les exceptions à la règle de brevetabilité

Des exceptions à la règle de brevetabilité sont admises lorsque les inventions portent
atteinte à l'ordre public ou à la moralité ou lorsqu'elles mettent en danger la santé et la
vie des personnes, animaux ou végétaux ou l'intégrité de l'environnement. Il n'est plus
possible d'exclure la brevetabilité au motif qu'elle nuirait au développement
économique. En revanche, les Membres pourront déroger à ce principe concernant
des méthodes de diagnostic, thérapeutiques et chirurgicales servant au traitement des
personnes ou des animaux.

Ces mêmes exceptions s'appliquent aux végétaux et aux animaux autres que les
micro-organismes, et aux procédés essentiellement biologiques d'obtention de
végétaux ou d'animaux, autres que les procédés non biologiques et microbiologiques.
Toutefois les Membres prévoiront la protection des variétés végétales par des brevets,
par un système sui generis efficace ou par une combinaison de ces deux moyens (Art.
27.3(b)). La complexité de la matière a interdit de définir clairement les conditions
d'application et a laissé irrésolues les divergences entre les parties contractantes.
C'est pourquoi, bien qu'il ne s'agisse pas d'un engagement négligeable, l'Article
27.3(b) est considéré comme une solution transitoire à réexaminer quatre ans après
l'entrée en vigueur de l'Accord.

Un brevet doit, en vertu des normes de l'Accord, conférer à son titulaire les droits
exclusifs de fabriquer, utiliser, offrir pour la vente, vendre et importer le produit. Dans
les cas où l'objet du brevet est un procédé, ces droits seront étendus à tous les produits
obtenus directement par le procédé en question. Les titulaires de brevet auront aussi
le droit de céder ou de transmettre par voie successorale, le brevet et de conclure des
contrats de licence.

Une période de protection minimale de 20 ans

Les Membres s'engagent à fournir cette protection pour une période d'au moins 20 ans
à compter de la date du dépôt. Toutefois, ils pourront prévoir des exceptions aux droits
exclusifs conférés par un brevet, à condition que celles-ci ne causent pas un préjudice
injustifié à l'exploitation normale du brevet.

La Section 5 contient un «renversement de la charge de la preuve». Si l'objet du brevet


est un procédé d'obtention d'un produit, les

CHAPITRE 2 : les régimes sectoriels

Section 1 : le commerce des produits de base (non examiné dans le cours)

43
Section 2 : les relations UE ACP

Paragraphe 1 : Des accords de Lomé à l'accord de Cotonou

A: les accords de LOME


En 1975, 9 pays européens et 46 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP)
signaient la première Convention de Lomé. Cet accord qui établit les relations d'aide
et de commerce entre ces deux régions a été négocié et ratifié entre pays « donateurs
» et pays « bénéficiaires ». En matière commerciale, la particularité de Lomé est de
reconnaître que la différence de développement entre pays européens et pays ACP
doit se traduire par une différence d'obligations. Cela a donné lieu à la mise en place
de préférences commerciales non réciproques.

Les accords de Lomé mettent en place essentiellement le système de préférence.


On parle de préférence commerciale (ou marge préférentielle) pour désigner la
différence de traitement par l'Europe des importations arrivant sur son marché : les
produits originaires des pays ACP bénéficient de droits de douane moins élevés que
les produits originaires des autres pays en développement. Plus la différence est
importante, plus la préférence (ou marge préférentielle) est significative et plus les
produits ACP bénéficient sur le marché européen d'un avantage compétitif par rapport
aux produits non-ACP.
Ces préférences sont dites non réciproques car les pays ACP n'ont pas à accorder aux
produits européens des préférences commerciales par rapport aux produits d'autres
origines31.
Concernant les produits agricoles, deux régimes commerciaux existent :
− Les produits tropicaux (café, cacao, huile de palme et de coprah, etc.) qui
bénéficient d'une entrée en franchise (sans droits de douane) ;
− Les produits concurrençant des produits européens qui sont soumis à certaines
restrictions. Mais c'est aussi sur ces créneaux, où l'accès n'est pas libre, que
les préférences dont bénéficient les produits ACP par rapport aux produits
d'autres origines sont les plus importantes.
La Convention de Lomé n'a pas enrayé la marginalisation des ACP dans les échanges
internationaux : la part des exportations ACP sur le marché européen n'a cessé de
décroître, passant de 6,7 % de l'ensemble des importations européennes en 1976 à
3 % en 1998. La tendance est la même au niveau des produits agricoles.32
Enfin, les exportations ACP demeurent très dépendantes du marché européen : ainsi,
41% des exportations totales des ACP sont destinées à ce marché.

B l'accord de Cotonou

Le 23 juin 2000, après 18 mois de négociation, l'Union européenne et 77 États


d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont signé un nouvel accord de
partenariat régissant leurs relations d'aide et de commerce. Le nouvel accord, l'Accord
de Cotonou, est conclu pour 20 ans (avec clause de révision tous les 5 ans). Il est «
31 Exemple : alors que les produits ACP de la catégorie « fleurs coupées, plantes vivantes et arbres » entrent
librement sur le marché européen, les produits équivalents provenant d'Amérique latine par exemple sont soumis
à un droit de douane de 7,4 % en moyenne. La marge préférentielle est donc de 7,4 %.
32 Entre 1962-64 et 1991-93, la part de marché des produits alimentaires exportés par l'Afrique subsaharienne
sur les marchés de l'OCDE est passée de 8 à 2,3 %, celle des matières premières agricoles de 5,6 à 2,9 %. Les
pertes concernent surtout les produits agricoles traditionnels, comme les produits oléagineux, le cacao et le café.

44
doté » d'un budget de 13,5 milliards d'euros pour les 5 premières années. Il succède
à la Convention de Lomé dont la cinquième version s'est achevée en février 2000.
Du point de vue commercial, l'Accord de Cotonou engage une réforme radicale : des
accords de libre-échange entre l'Union européenne et des groupes régionaux ACP
devraient succéder au système des préférences non réciproques, au plus tard en
2008. Cette réforme aura inéluctablement un impact considérable sur les pays ACP.
De fait, ce nouvel accord, d'essence libérale, en rupture totale avec la vision initiale de
Lomé, risque d'aller à l'encontre d'un véritable développement économique et social
durable des pays ACP.

Les trois raisons évoquées pour expliquer la réforme de l'Accord de Lomé sont :
• La non-conformité de son volet commercial avec les règles de l'OMC,
• L'inefficacité de ce volet en termes d'insertion des pays ACP dans le commerce
mondial et
• La redéfinition, par l'Europe, de l'organisation de ses échanges avec les pays
tiers.

Paragraphe 2 : Contenu de l'accord de Cotonou

A : Objectifs et principes

1 Objectifs
Les accords de Cotonou posent comme objectif principal, la réduction de la pauvreté.
L'idée n'est pas neuve, elle correspond aussi au discours choisi par la Banque
mondiale ces dernières années.
Les accords de Cotonou précisent que cette lutte se fera « en cohérence avec (…)
une intégration progressive des Etats ACP dans l'économie mondiale ». C'est un
changement radical d'orientation par rapport à Lomé qui visait à réformer l'ordre
économique international33. Les autres objectifs34 poursuivis à travers les APE
devraient permettre de soutenir l'insertion dans l'économie mondiale des pays ACP.

2 Principes
Un principe novateur et essentiel fait son apparition, celui de la « participation » et de
l'ouverture du partenariat à différents types d'acteurs, notamment issus de la société
civile. Par ailleurs, le rôle central du dialogue est mis en exergue.
En reconnaissant le rôle de la société civile, les accords de Cotonou apportent une
innovation importante et très positive. Le texte adopté retient deux principes essentiels.
Les acteurs non étatiques « sont informés et impliqués dans la consultation sur les
33 Alors que la coopération sous Lomé avait pour but « un développement global autonome et auto-entretenu
(des Etats ACP) fondé sur leurs valeurs sociales et culturelles, leur capacité humaine, leurs ressources naturelles,
leurs potentialités économiques, etc. », les accords de Cotonou souscrivent au concept de développement dans la
logique du marché et du libéralisme.
34 Ces objectifs sont :
• promouvoir l'intégration régionale, en mettant l'accent sur la construction de blocs commerciaux régionaux,
• crédibiliser les politiques économiques et commerciales ACP, en rendant conformes les accords régionaux
avec les règles de l'OMC et en établissant une forte contrainte extérieure sur les politiques commerciales
ACP,
• réduire ainsi le pouvoir des lobbies nationaux,
• favoriser l'investissement intérieur et extérieur, en donnant davantage confiance aux investisseurs,
• améliorer de ce fait la compétitivité des économies intérieures grâce à l'ouverture des frontières.

45
politiques et stratégies de coopération ainsi que sur le dialogue politique », ce qui
signifie qu'ils participent à la définition des priorités du pays dans le cadre de la
programmation en amont. D'autre part, « ils reçoivent des ressources financières », ce
qui leur donne la possibilité d'avoir un accès direct aux possibilités de financement
communautaire.

Néanmoins, le concept de « société civile » couvre des acteurs très variés : des
associations aux syndicats et organisations professionnelles. On reproche ainsi
souvent leur manque de représentativité. De plus, rien ne prévoit, dans Cotonou, les
modalités de consultation avec la société civile. L'imprécision du concept laisse
craindre des abus, en particulier l'instrumentalisation de la société civile, par l'Union
européenne d'une part, qui pourrait y voir un moyen d'affaiblir un peu plus les Etats,
par les gouvernements des pays ACP d'autre part, qui craignent une concurrence avec
la société civile, pour l'accès aux fonds notamment, et une perte de crédibilité.

B : la nouvelle coopération commerciale

1 Les modalités de la coopération commerciale

Les APE comprennent d'autres dimensions. En particulier, il est prévu de soutenir les
pays ACP pendant la phase préparatoire. Cela pourrait notamment prendre la forme
d'une compensation partielle des coûts d'ajustements fiscaux et de balance des
paiements liés au processus de libéralisation.
Des appuis sont également prévus sur les autres dimensions du commerce : services,
concurrence, propriété intellectuelle, mesures sanitaires et phytosanitaires, commerce
et environnement, etc. Il s'agit essentiellement de soutenir les efforts de mise en
conformité des législations nationales avec les règles multilatérales.
Enfin, un comité paritaire ministériel sur le commerce sera créé pour favoriser une
collaboration UE/ACP dans les enceintes internationales. Selon une proposition de la
commission européenne datant du 25-10-2000, ce comité pourrait être composé, d'un
côté, d'un ministre de chaque Etat membre de la Communauté européenne et d'un
membre de la Commission européenne et, de l'autre, d'un nombre égal de ministres
ACP. Il se réunirait au moins une fois par an. Il ferait des recommandations sur toute
question commerciale, incluant les questions relatives à la préparation, la négociation
et le suivi des accords de partenariat économique, la coopération dans les enceintes
internationales et les questions de matières premières.

2 La portée de la coopération commerciale

Les préférences commerciales non-réciproques de la Convention de Lomé ont fait


l'objet de vives critiques pour n'avoir pas amélioré la situation économique des pays
ACP. Partant de ce constat, les accords de Cotonou ont programmé la fin de ce
système pour 2008 et son remplacement par le libre-échange commercial, qui permet
de respecter les règles de non-discrimination et de réciprocité de l'OMC (Organisation
Mondiale du Commerce).

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L'OMC prévoit que l'ouverture du marché doit s'effectuer selon des règles de
réciprocité. Les ACP seront donc obligés d'ouvrir leur marché aux produits de l'UE, en
échange de quoi l'UE leur accorde une aide financière pour compenser le coût de
l'ouverture. Même les systèmes de quota avec des prix garantis dans le cadre des
Protocoles de Lomé sur les produits de base, tels la banane, le sucre, la viande bovine
et le rhum, sont promis à terme au démantèlement.

Au total, les APE sont en vigueur depuis le 1er janvier 2008, mais ils ne sont pas
obligatoires. Les PMA qui ne signeront pas d'APE bénéficieront de toute façon d'un
libre accès au marché européen pour tous leurs produits dans le cadre de l'initiative «
tous sauf les armes ».
Par contre, les pays ACP non-PMA qui ne signeraient pas d'APE perdront une partie
de leurs avantages et seront soumis à un dispositif alternatif (SPG probablement).
L'Accord de Cotonou créé donc une distorsion entre pays ACP PMA et non-PMA.

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