Conversion RIB en IBAN au Maroc
Conversion RIB en IBAN au Maroc
LACRIMINALITE
FINANCIERE A L’ERE
DU DIGITAL
Présenté par :
❖ Eljaouhari Oussama
❖ Reda Ouazzani
Hassani
❖ Azelarab Filali
❖ Karim Oukaddou
Encadrée par :
❖ Saad Hadj- Ali
Mme. GUENNOUN
❖ Chaimae kaddach
❖ Sara barnak
1
Remerciement
PLAN :
PARTIE 1 : LES DELITS APPLIQUES A LA CRIMINALITE FINANCIERE A L'ERE
NUMERIQUE
SECTION 3 : LA CORRUPTION
INTRODUCTION
4
Aussi, il en résulte d’autres risques qui entravent la maîtrise de l’inflation, contribuent au déclin
de la monnaie nationale en échange d’une demande accrue de devises étrangères et à la
violation des règles de concurrence loyale et équitable, impactent négativement le mode de
consommation et favorisent la croissance de la corruption.
Dans ce cadre et afin de faire face à ces crimes ainsi qu’aux risques y afférents, la communauté
internationale a mis l’accent sur de multiples mécanismes juridiques et institutionnels, tant au
niveau de la prévention que du contrôle.
Pour s’aligner aux normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment des
capitaux et le financement du terrorisme, le Royaume du Maroc a engagé une série de mesures
afin de lui permettre d’honorer ses engagements internationaux. 1
1
Lutte contre le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme, Ministère de l’Economie et des Finances,
Royaume du Maroc, 2022
5
PARTIE 1 :
LES DELITS APPLIQUES A LA
CRIMINALITE FINANCIERE A
L'ERE NUMERIQUE
6
I – 1 Définition
Selon le GAFI3 « le blanchiment des capitaux consiste à retraiter des produits d’origine
criminelle pour en masquer l’origine illégale. Ce processus revêt une importance essentielle
puisqu’il permet au criminel de profiter de ces bénéfices tout en protégeant leur source. »4
I – 2 Principe du blanchiment
Le blanchiment des capitaux est l’ensemble des processus utilisés par les criminels pour
dissimuler l’origine et la propriété illégales des fonds provenant d’activités illicites (dites
infractions sous-jacentes prévues par l’article 574-2 du code pénal)5 .
2 Pr Leila El GNAOUI Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales, Université Hassan II. Casablanca, Maroc.
sont
commises à l’extérieur du Maroc: - le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes; le trafic d’êtres humains ; le trafic
d’immigrants; le
trafic illicite d’armes et de munitions; la corruption, la concussion, le trafic d’influence et le détournement de biens publics et privés; les
infractions de
terrorisme; la contrefaçon ou la falsification des monnaies ou effets de crédit public ou d’autres moyens de paiement; l’appartenance à une
bande
organisée, formée ou établie dans le but de préparer ou de commettre un ou plusieurs actes de terrorisme; l’exploitation sexuelle; le recel
de choses
provenant d’un crime ou d’un délit; - l’abus de confiance; - l’escroquerie; - les infractions portant atteinte à la propriété industrielle; - les
infractions
portant atteinte aux droits d’auteur et aux droits voisins; - les infractions contre l’environnement; - l’homicide volontaire, les violences et
voies de fait
volontaires; - l’enlèvement, la séquestration et la prise d’otages; - le vol et l’extorsion; - la contrebande; - la fraude sur les marchandises et
sur les
denrées alimentaires; - le faux, l’usage de faux et l’usurpation ou l’usage irrégulier de fonctions, de titres ou de noms; - le détournement, la
dégradation
d’aéronefs ou des navires ou de tout autre moyen de transport, la dégradation des installations de navigation aérienne, maritime et
terrestre ou
la destruction, la dégradation ou la détérioration des moyens de communication; - le fait de disposer, dans l’exercice d’une profession ou
d’une
fonction, d’informations privilégiées en les utilisant pour réaliser ou permettre sciemment de réaliser sur le marché une ou plusieurs
7
Selon l’article 574-1 du code pénal : « Constituent un blanchiment des capitaux, les actes ci-
après, lorsqu’ils sont commis intentionnellement et en connaissance de cause :
• le fait d’acquérir, de détenir ou d’utiliser des biens ou leurs produits dans l’intérêt de l’auteur
ou d’autrui, sachant qu’ils sont le produit de l’une des infractions prévues à l’article 574-2 ci-
dessous
• le fait de convertir, de transférer ou de transporter des biens ou leurs produits dans l’intérêt
de l’auteur ou d’autrui, sachant qu’ils sont le produit de l’une des infractions prévues à
l’article574-2ci-dessous;
• le fait de dissimuler ou de déguiser la nature véritable, l’origine, l’emplacement, la disposition,
le mouvement ou la propriété des biens ou des droits y relatifs dans l’intérêt de l’auteur ou
d’autrui, sachant qu’ils sont le produit de l’une des infractions prévues à l’article 574-2 ci-
dessous
• le fait d’aider toute personne impliquée dans la commission de l’une des infractions prévues à
l’article 574-2 ci-dessous à échapper aux conséquences juridiques de ses actes ;
• le fait de faciliter, par tout moyen, la justification mensongère de l’origine des biens ou des
produits de l’auteur de l’une des infractions visées à l’article 574-2 ci-dessous, ayant procuré à
celui-ci un profit direct ou indirect ;
opérations; - l’atteinte
aux systèmes de traitement automatisé des données ; la diffusion d’informations fausses ou trompeuses sur les instruments financiers et
les perspectives
de leur évolution ;- le recours à des manœuvres sur le marché des instruments financiers ayant pour objet d’agir sur les cours ; - la vente
ou la fourniture
de services de façon pyramidale ou par toute autre méthode similaire
6
[Link]
8
II. Empilement : se réfère au mouvement de l’argent, souvent dans une série d’opérations
financières qui peuvent parfois transiter via plusieurs comptes dans le but de dissimuler la
source illégale et de donner une apparence de légitimité. Ces transactions comprennent l’achat
d’instruments d’investissement, de contrats d’assurance, de virements électroniques etc.
III. Intégration : Les biens et les fonds illicites rentrent dans l’économie légitime par le biais
d’investissements jusqu’à ce que les fonds blanchis soient finalement reversés au criminel.
Le blanchiment dans cette zone est donc facilité. L’Assemblée nationale française avait autorisé
les banques à accepter les dépôts en espèces à concurrence de 10 000 €
Plusieurs milliards de dollars seraient placés dans les Bourses de valeurs par les organisations
criminelles de Colombie. Quant aux États nouvellement créés, encore trop faibles politiquement
et juridiquement, ils laissent toutes libertés aux mafias.
Les nouvelles technologies ont modifié la structure des paiements, dont près de 99 % sont
aujourd’hui électroniques Aucun contrôle des opérations n’existe réellement pour le moment
et les enregistrements de ces mouvements ne sont pas conservés.
voire aucune preuve d’identité pour l’ouverture d’un compte, le blanchisseur peut
transférer des fonds à partir de son ordinateur, n’importe où dans le monde
■ La monnaie électronique
Dans la mesure où seules les phases d’achat initial et de règlement final se déroulent
par l’intermédiaire de banques, il existe un risque qu’il n’y ait aucun moyen de suivre ce type de
monnaie dans des transactions intermédiaires.
■ Le Bitcoin
Le Bitcoin est une monnaie électronique créée en 2009 par le pseudonyme Satoshi Nakamoto.
Son cours n’est régulé par aucune organisation, la valeur s’autorégulant automatiquement en
fonction de l’offre et la demande
■ Le crowdfunding
Le crowdfunding, ou financement participatif, permet de placer de l’argent dans des projets
d’entreprise, artistiques ou solidaires via des plateformes en ligne. La plupart du temps, un
nombre important de personnes investit un petit montant.
■ Le compte Nickel
Il permet, sans condition, d’ouvrir un compte en quelques minutes et de bénéficier d’un relevé
d’identité bancaire et d’une carte de paiement limitée à hauteur des sommes déposées. Une
pièce d’identité et un numéro de mobile suffisant pour obtenir le relevé d’identité bancaire
(RIB) et le code IBAN. Le client pourra alors payer sur Internet, à l’étranger, retirer de l’argent et
faire des dépôts chez son buraliste
La loi sur la traçabilité et l’obligation de vigilance peut être considérée comme la première ligne
de défense contre le blanchiment d’argent. Toutefois, on remarque que cet arsenal comporte
quelques faiblesses :
Pour parvenir à échapper à l’attention des autorités et même à la vigilance des banques, les
blanchisseurs investissent dans les secteurs qui utilisent beaucoup d’argent liquide en raison de
leur nature d’activité (immobilier, agriculture, café, restaurant...), opérations qui rendent
l’identification et l’origine des fonds quasiment impossible
13
•Détournement des données de la carte : Soit par téléphone, Client contacté par un opérateur
qui lui donne toutes ces informations personnelles pour le mettre en confiance, avant de lui
demander des informations relatives à sa carte, notamment le CVV2. Soit par "FISHING", le
client se connecte sur un site qu'il utilise habituellement mais en réalité il est routé vers une
interface web piraté qui est similaire, en conséquence toute l'information saisie sur le web est
récupérée par le pirate pour usage frauduleux.
Selon le Centre Monétique Interbancaire (CMI), les opérations par cartes bancaires, marocaines
et étrangères, au Maroc ont atteint au terme de l'année 2009 : 138 millions d'opérations pour
un montant global de 119 milliards de DH. Ce montant est en progression de 16,3% par rapport
à l’année précédente.
Cet engouement n’est pas sans risque comme le rappelle les exemples suivants :
- 2005 : La gendarmerie royale a arrêté 7 personnes soupçonnées d’avoir détourné 4,6 millions
de DH en copiant des cartes bancaires à l’aide de matériel informatiqueii .
La fraude à la carte bancaire peut caractériser toute une série d'infractions tantôt régies par le
code pénal, tantôt par d'autres textes.
En ce qui concerne le vol, celui- ci est puni par l'article 505 du Code pénal d'un emprisonnement
d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams. En cas de vol avec la présence de deux
circonstances aggravantes (avec violence ou menace de violence, de nuit, en réunion, à l'aide
d'un véhicule motorisé, etc.), cette peine peut aller jusqu'à vingt ans de réclusion.
Il peut également s'agir d'une situation qui relève de l'escroquerie. Celle-ci est punie par l'article
540 du même texte, d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 500 à 5.000
15
dirhams. A titre d'exemple, le phishing pourrait caractériser une escroquerie passible de ces
peines.
Quant à l'abus de confiance, l'article 547 du code pénal prévoit une sanction d'emprisonnement
de 6 mois à 3 ans et d'une amende de 200 à 2.000 dirhams. Dans le cas où une personne de
confiance procéderait à des paiements avec votre carte bancaire sans votre consentement, ceci
pourrait caractériser un abus de confiance.
La falsification ou la contrefaçon de moyens de paiement est quant à elle punie par l'article 331
du code de commerce qui prévoit une peine de prison d'un an à cinq ans et d'une amende de
2.000 à 10.000 dirhams. La contrefaçon ou falsification de moyens de paiement, leur usage ou
même le fait d'accepter de recevoir un moyen de paiement contrefait ou falsifié. Le skimming,
décrit plus haut, peut passer sous le coup de cet article, dans la mesure où il consiste à
récupérer les données de votre carte bancaire pour en faire un doublon et l'utiliser par la suite.
SECTION 3 : LA CORRUPTION
Définition :
La définition de la corruption et des actes portant atteinte à la probité, varie en fonction des
législations, étrangères et nationales, ainsi que des différentes conventions et normes en la
matière.
La définition suivante, qui s’inspire du code pénal marocain, trouve son soubassement,
principalement, dans la loi n° 46-19 relative à l’Instance Nationale de la Probité, de la
Prévention et de la Lutte contre la Corruption :
Transparency International fournit une définition plus large de la corruption comme étant «
l’abus d’un pouvoir reçu en délégation à des fins privées ». Cette définition est utile,
notamment, pour les entreprises opérant à l’international.
Typologies de corruption :
7
La corruption financière entre la théorie et les mécanismes juridiques internationaux de sa lutte. Journal of Contemporary
Business and Economic Studies Vol. (05) No. (2) (2022)
17
• Le népotisme : une des formes de favoritisme fondée sur des liens familiaux ou des relations à
des amis proches ou à des membres d’un groupe (par exemple d’origine géographique,
ethnique, politique ou religieuse).
8
Guide Anti-corruption 2022: INPPLC, AMMC, ACAPS, Bank Al-Maghrib
18
1) L’élément materiel :
2) L’élément moral :
La corruption est une infraction intentionnelle. Elle requiert un dol général et un dol spécial
consistant soit à provoquer l’accomplissement ou l’abstention d’un d’acte, soit à accepter
d’accomplir ou de s’abstenir un acte de sa fonction Le corrupteur doit agir dans un but
déterminé, celui d’obtenir l'accomplissement ou le non-accomplissement d'un acte de sa
fonction par le corrompu.
L’éradication de la corruption est essentielle pour atteindre, entre autres buts, les Objectifs du
Millénaire pour le développement, et la lutte contre ce fléau est l’une des premières priorités
des organismes d’aide au développement et d’un nombre de pays chaque jour plus important.
pairs. Aujourd’hui, la Convention compte 164 États parties, ce qui signifie e que la grande
majorité des États Membres de l’ONU y ont adhéré.
Il est à noter que la Convention, en tant que seul instrument juridique universel de lutte contre
la corruption, contient des normes anticorruptions novatrices et mondialement acceptées qui
s’appliquent au secteur public comme au secteur privé.
Lesdites mesures s’inscrivent dans un contexte marqué par la redéfinition des missions de
l’administration telles que la déconcentration administrative, la concrétisation de la
régionalisation avancée et la digitalisation de l’administration publique.9
9
BENNIS Laila & BOUNAR Amine La criminalité financière organisée « CORRUPTION » : un obstacle à la réussite du
nouveau modèle de développement au Maroc Dossiers de Recherches en Economie et Gestion : Dossier 10, N° 1 :
Mars 2022
20
Le Royaume a pris conscience des défis liés à l’établissement d’une bonne gouvernance, à la
prévention et à la lutte contre la corruption, reconnaissant la nécessité d’adopter des approches
avancées et multidimensionnelles pour faire face à la complexité de ce phénomène.
Conformément à ses responsabilités constitutionnelles définies par la loi 46.19, l’INPPLC est
mandatée pour proposer des orientations stratégiques en matière de politique d’État dans le
domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption.
Depuis 2019, l’INPPLC a lancé plusieurs projets et traité plus d’une vingtaine de problématiques
structurelles et prioritaires, renforçant ainsi l’effort national et ouvrant la voie à une nouvelle
ère de prévention et de lutte contre la corruption au Maroc, alignée sur les aspirations des
citoyens.
« Impossible d’élaborer une stratégie efficace de prévention et de lutte contre la corruption sans
placer la transformation numérique au cœur de cette démarche. La transition numérique, en
tant que levier de développement, poursuit des objectifs sociaux et économiques étendus, allant
au-delà de la bonne gouvernance pour englober les aspects sociaux et économiques. La
transformation numérique est également un secteur économique à fort potentiel, crucial pour
renforcer la compétitivité du pays sur les marchés mondiaux », relève-t-on du document.
21
Il s’agit d’un changement stratégique majeur, adoptant une approche globale qui reconsidère
l’organisation, la gestion des relations, la mise en œuvre du travail et la prestation des services.
Cette transformation commence par comprendre les besoins et la vie privée du citoyen,
simplifie et renouvelle les procédures, pour ensuite adopter des technologies numériques
appropriées, y compris des technologies avancées telles que l’intelligence artificielle et l’analyse
des mégadonnées.
10
Zineb Jazouli Hespress Français – Actualités du Maroc-Economie samedi 9 décembre 2023
22
PARTIE 2 :
LES MOYENS DE
PREVENTION ET DE
REPRESSION FACE A LA
CRIMINALITE FINANCIERE
23
Le Groupe d'action financière (GAFI), crée en 1989 et basé sur Paris, est une organisation
mondiale de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Cette
organisation intergouvernementale fixe des normes internationales visant à prévenir ces
activités illégales et les dommages qu'elles causent à la société.
Au total, plus de 200 pays et juridictions se sont engagés à mettre en œuvre les normes du GAFI
dans le cadre d'une réponse mondiale coordonnée visant à prévenir le crime organisé, la
corruption et le terrorisme.
Le GAFI étudie la manière dont l’argent est blanchi et le terrorisme est financé, promeut des
normes mondiales pour atténuer les risques et évalue si les pays prennent des mesures
efficaces.
Les pays et juridictions sont évalués avec l’aide de neuf organisations membres associés du GAFI
et d’autres partenaires mondiaux, le FMI et la Banque mondiale.
L'organe décisionnel du GAFI, la Plénière du GAFI, se réunit trois fois par an et demande des
comptes aux pays s'ils ne respectent pas les normes.
Si un pays ne parvient pas à mettre en œuvre les normes du GAFI à plusieurs reprises, il peut
alors être désigné comme juridiction soumise à une surveillance accrue ou comme juridiction à
haut risque. Celles-ci sont souvent appelées en externe « les listes grises et noires ».
Le GAFI effectue des recherches sur les méthodes et tendances en évolution afin d'aider les pays
à identifier, évaluer et comprendre leurs risques de blanchiment de capitaux et de financement
du terrorisme.
Une fois ces risques bien compris, les pays seront en mesure de mettre en œuvre des mesures
plus efficaces pour les atténuer.
24
Les recommandations du GAFI définissent un cadre complet et cohérent de mesures devant être
mises en œuvre par les pays afin de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement
du terrorisme, ainsi que le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Les recommandations du GAFI définissent les mesures essentielles que les pays devraient
mettre en place pour :
identifier les risques et développer des politiques et une coordination au niveau national ;
mettre en œuvre des mesures préventives pour le secteur financier et les autres secteurs
désignés ;
doter les autorités compétentes (par exemple, les autorités chargées des enquêtes, les
autorités de poursuite pénale et les autorités de contrôle) des pouvoirs et des responsabilités
nécessaires et mettre en place d’autres mesures institutionnelles ;
renforcer la transparence et la disponibilité des informations sur les bénéficiaires effectifs des
personnes morales et des constructions juridiques ;
Les pays devraient s’assurer que les institutions financières sont soumises à une
11
NORMES INTERNATIONALES SUR LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU
TERRORISME ET DE LA PROLIFÉRATION, Les Recommandations du GAFI, 2022
25
Réglementation et font l’objet d’un contrôle adaptés et qu’elles mettent efficacement en œuvre
les recommandations du GAFI. Les autorités compétentes et les autorités de contrôle du secteur
empêcher les criminels ou leurs complices de détenir ou de devenir les bénéficiaires effectifs
poste de direction. Les pays ne devraient pas autoriser l’établissement de banques fictives ni la
Pour les institutions financières soumises aux Principes fondamentaux, les mesures
s’appliquer d’une manière similaire à des fins de LBC/FT. Ceci devrait comprendre la mise en
Les autres institutions financières devraient être agréées ou enregistrées, faire l’objet d’une
du secteur dans lequel elles opèrent. Au minimum, lorsque les institutions financières
fournissent des services de transfert de fonds ou de valeurs ou des services de change, elles
Ces modifications représentent le résultat de deux années de travail de révision des normes. Ils
renforcent les normes internationales sur la propriété effective des personnes morales, afin
d'assurer une plus grande transparence sur la propriété et le contrôle ultimes des personnes
morales et d'atténuer les risques d'utilisation abusive. Cela renforcera considérablement les
exigences en matière de transparence de la propriété réelle à l’échelle mondiale, tout en
conservant un certain degré de flexibilité pour permettre à chaque pays d’aller plus loin dans
l’affinement de ses régimes individuels.
Ces changements répondent à l’utilisation abusive importante de personnes morales à des fins
de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et également de financement de la
prolifération dans un certain nombre de pays. Les évaluations mutuelles du GAFI montrent un
niveau d’efficacité généralement insuffisant dans la lutte contre l’utilisation abusive des
personnes morales à des fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme à
l’échelle mondiale, et que les pays doivent faire davantage pour mettre en œuvre rapidement,
pleinement et efficacement les normes actuelles du GAFI. Tant l’évolution des risques de
blanchiment de capitaux que les échecs largement médiatisés en matière de prévention des
abus envers les personnes morales montrent que les normes actuelles doivent être actualisées.
27
Ces normes plus strictes constituent une première étape importante, mais la lutte contre les
abus contre les personnes morales nécessitera des efforts constructifs et soutenus de la part de
tous les pays pour mettre en œuvre efficacement les nouvelles normes et répondre aux risques.
Les modifications apportées au R24 exigent explicitement une approche à plusieurs volets,
c'est-à-dire l'utilisation d'une combinaison de différents mécanismes pour la collecte
d'informations sur les bénéficiaires effectifs afin de garantir qu'elles soient mises à la
disposition des autorités compétentes en temps opportun. Les pays devraient exiger des
sociétés qu’elles obtiennent et détiennent des informations adéquates, exactes et à jour sur
leurs propres bénéficiaires effectifs et qu’elles mettent ces informations à la disposition des
autorités compétentes en temps utile. Les pays devraient également exiger que les informations
sur les bénéficiaires effectifs soient détenues par une autorité publique ou un organisme faisant
office de registre des bénéficiaires effectifs ou peuvent utiliser un mécanisme alternatif si un tel
mécanisme permet également un accès efficace à des informations adéquates, précises et à jour
sur les bénéficiaires effectifs par les autorités compétentes. les autorités. En outre, les pays
devraient appliquer toutes les mesures supplémentaires nécessaires pour garantir la
détermination de la propriété effective d’une entreprise. Ces mesures supplémentaires incluent
la détention d'informations sur la propriété effective obtenues par des institutions financières
et des professionnels réglementés, ou détenues par les régulateurs ou en bourse.
Les révisions de la recommandation 24 obligeront les pays à suivre une approche basée sur les
risques et à prendre en compte les risques que présentent les personnes morales dans leur
pays. Ils doivent évaluer et traiter le risque posé par les personnes morales, non seulement
celles créées dans leur pays, mais également celles créées à l'étranger et ayant des liens
suffisants avec leur pays. Les modifications précisent également que l'accès aux informations
par les autorités compétentes doit être rapide et que les informations doivent être adéquates
pour identifier le bénéficiaire effectif, exactes (sur la base d'une vérification) et à jour. En outre,
28
les révisions exigent que les pays veillent à ce que les autorités publiques aient accès aux
informations sur les bénéficiaires effectifs des personnes morales dans le cadre des marchés
publics. Enfin, les changements comprennent des contrôles plus stricts pour prévenir
l'utilisation abusive des actions au porteur et des accords de prête-nom, notamment en
interdisant l'émission de nouvelles actions au porteur et de bons de souscription d'actions au
porteur ainsi que la conversion ou l'immobilisation des actions existantes, ainsi que des
exigences de transparence plus strictes pour les accords de prête-nom.
Pour faciliter la mise en œuvre par les pays de registres de propriété réelle, le GAFI analysera
également l'expérience pratique croissante de la mise en œuvre de registres de propriété réelle,
en vue d'identifier les meilleures pratiques et de soutenir la mise en œuvre par les pays.
effective des constructions juridiques, en vue de garantir des normes de propriété effective
cohérentes, là où cela est pertinent et correctement adaptées, ainsi qu'une mise en œuvre
fluide. Dans le cadre d'une approche progressive, le GAFI commencera à évaluer les juridictions
pour la mise en œuvre des exigences révisées au début du prochain (cinquième) cycle
d'évaluations mutuelles, afin de laisser le temps de mettre en place les mesures nationales
nécessaires. Entre-temps, le GAFI continuera de travailler avec le réseau mondial pour fournir
l'assistance technique et la formation nécessaires pour aider les pays à se conformer aux
normes en vigueur, à les sensibiliser aux nouvelles obligations, à améliorer la compréhension
des registres et des mécanismes alternatifs et à améliorer l'efficacité de leurs mise en œuvre.
Le GAFI attend de tous les pays qu’ils prennent des mesures concrètes pour mettre en œuvre
rapidement ces nouvelles normes et qu’ils déterminent la séquence et le calendrier appropriés
pour leur mise en œuvre au niveau national.
Les organes de l'Autorité sont composés d'un Président, d'un Conseil et de services
administratifs.12
12
Article 14 de la loi 43-05 realtive à la lutte contre le blanchiment des capitaux
30
- recevoir les déclarations de soupçons les analyser et diffuser les résultats de cette analyse ;
- coopérer et participer avec les services et les autres organismes concernés à l'étude des
mesures à mettre en œuvre pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme ;
Elle peut, lorsqu’il s'agit d’une infraction de terrorisme, faire appel à des personnes de droit
public concernées par le sujet ;
- assurer la coordination nationale entre les parties concernées en vue d’établir le rapport
d’évaluation nationale des risques et sa mise à jour ;
- assurer la représentation commune des services et des organismes nationaux auprès des
organisations internationales concernées par la lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme ;
- donner son avis au Gouvernement sur le contenu des mesures relatives à l’application du
présent chapitre.
31
L'Autorité élabore et publie un rapport annuel sur ses activités et le présente au Chef du
Gouvernement13
L’année 2021 a été marquée par une amélioration sensible des indicateurs opérationnels grâce
aux actions menées par l’ANRF et aux efforts déployés conjointement avec les différents
partenaires concernés par la LBC/FT.
En effet, le nombre de dossiers traités a connu une progression significative, ce qui illustre
clairement le renforcement de la collaboration avec les autorités d’application de la loi et les
autorités de supervision et de contrôle.
4- Augmentation de 33% des demandes de renseignement émises par l’ANRF aux CRF
homologues. Ces progrès constatés sont l’aboutissement des efforts déployés par l’ANRF
pour renforcer ses activités opérationnelles, en coordination avec les partenaires nationaux
et les personnes assujetties.
13
Article 15 de la loi 43-05
32
Durant l’année 2021, l’ANRF a reçu un total de 3409 déclarations de soupçons liées à des cas de
BC/FT.
33
BIBLIOGRAPHIE :
• Pr Leila El GNAOUI Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales, Université Hassan II.
Casablanca, Maroc.
•
• : Organisme international spécialisé dans la lutte contre le blanchiment.
• : Éric VERNIER « Techniques de blanchiment et moyens de lutte »DUNOD, 2eme Edition, page 43.
• La corruption financière entre la théorie et les mécanismes juridiques internationaux de sa lutte.
Journal of Contemporary Business and Economic Studies Vol. (05) No. (2) (2022)
• Guide Anti-corruption 2022: INPPLC, AMMC, ACAPS, Bank Al-Maghrib
• BENNIS Laila & BOUNAR Amine La criminalité financière organisée « CORRUPTION » : un obstacle à
la réussite du nouveau modèle de développement au Maroc Dossiers de Recherches en Economie et
Gestion : Dossier 10, N° 1 : Mars 2022
• Zineb Jazouli Hespress Français – Actualités du Maroc-Economie samedi 9 décembre 2023
• NORMES INTERNATIONALES SUR LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE
FINANCEMENT DU TERRORISME ET DE LA PROLIFÉRATION, Les Recommandations du GAFI, 2022
• Article 14 de la loi 43-05 realtive à la lutte contre le blanchiment des capitaux
• Article 15 de la loi 43-05