0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
25 vues34 pages

Conversion RIB en IBAN au Maroc

Le document traite de la criminalité financière à l'ère numérique, en se concentrant sur des délits tels que le blanchiment d'argent, la fraude à la carte bancaire et la corruption. Il souligne les menaces posées par la cybercriminalité et les nouvelles technologies de paiement, tout en présentant les mesures de prévention et de répression mises en place par des organismes comme le GAFI. Enfin, il aborde les défis auxquels fait face le Maroc pour se conformer aux normes internationales en matière de lutte contre ces crimes financiers.

Transféré par

berradah89
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
25 vues34 pages

Conversion RIB en IBAN au Maroc

Le document traite de la criminalité financière à l'ère numérique, en se concentrant sur des délits tels que le blanchiment d'argent, la fraude à la carte bancaire et la corruption. Il souligne les menaces posées par la cybercriminalité et les nouvelles technologies de paiement, tout en présentant les mesures de prévention et de répression mises en place par des organismes comme le GAFI. Enfin, il aborde les défis auxquels fait face le Maroc pour se conformer aux normes internationales en matière de lutte contre ces crimes financiers.

Transféré par

berradah89
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MASTER DROIT PRIVE ET SCIENCES CRIMINELLES

LACRIMINALITE
FINANCIERE A L’ERE
DU DIGITAL

Présenté par :

❖ Eljaouhari Oussama

❖ Reda Ouazzani

Hassani

❖ Azelarab Filali

❖ Karim Oukaddou
Encadrée par :
❖ Saad Hadj- Ali
Mme. GUENNOUN
❖ Chaimae kaddach

❖ Sara barnak
1

Remerciement

À notre professeure Mme GUENNOUN


Nous vous sommes très reconnaissants pour votre extrême
gentillesse et votre dévouement à nous offrir des conditions
favorables pour la réalisation de ce travail. Nous avons une
grande admiration et un grand respect pour vous.
Nous vous présentons nos sincères remerciements et espérons que
Dieu Tout-Puissant vous accorde prospérité et bonheur
2

PLAN :
PARTIE 1 : LES DELITS APPLIQUES A LA CRIMINALITE FINANCIERE A L'ERE
NUMERIQUE

SECTION 1 : LE DELIT DE BLANCHIMENT

SECTION 2 : FRAUDE A LA CARTE BANCAIRE

SECTION 3 : LA CORRUPTION

PARTIE 2 : LES MOYENS DE PREVENTION ET DE REPRESSION FACE A LA


CRIMINALITE FINANCIERE

SECTION 1 : LE GROUPE D'ACTION FINANCIERE (GAFI)

SECTION 2 : AUTORITE NATIONALE DES RENSEIGNEMENTS FINANACIERS


3

INTRODUCTION
4

La criminalité financière représente de réelles menaces qui constituent un véritable obstacle à


la sécurité économique des États, menacent leur stabilité et nuisent à l’intégrité de leur système
financier.

En effet, la criminalité financière entraîne de graves risques et dommages économiques et


sociaux impactant la stabilité du système financier et privant ainsi l’Etat de ressources
financières importantes qui peuvent être allouées à l’emploi, au développement économique et
social et aux services publics.

Aussi, il en résulte d’autres risques qui entravent la maîtrise de l’inflation, contribuent au déclin
de la monnaie nationale en échange d’une demande accrue de devises étrangères et à la
violation des règles de concurrence loyale et équitable, impactent négativement le mode de
consommation et favorisent la croissance de la corruption.

Dans ce cadre et afin de faire face à ces crimes ainsi qu’aux risques y afférents, la communauté
internationale a mis l’accent sur de multiples mécanismes juridiques et institutionnels, tant au
niveau de la prévention que du contrôle.

Les recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI) demeurent le cadre normatif de


référence pour l’implémentation efficace des mesures de prévention, de détection et
d’atténuation des menaces de Blanchiment des Capitaux.

Pour s’aligner aux normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment des
capitaux et le financement du terrorisme, le Royaume du Maroc a engagé une série de mesures
afin de lui permettre d’honorer ses engagements internationaux. 1

A ce niveau se pose la problématique suivante : En quoi consistent ces crimes financiers ?

1
Lutte contre le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme, Ministère de l’Economie et des Finances,
Royaume du Maroc, 2022
5

PARTIE 1 :
LES DELITS APPLIQUES A LA
CRIMINALITE FINANCIERE A
L'ERE NUMERIQUE
6

SECTION 1- LE DELIT DE BLANCHIMENT :


Le blanchiment d’argent est l’un des crimes financiers les plus silencieux et les plus virulents. En
effet, le blanchisseur est animé par le besoin d’un refuge discret, secret et silencieux pour
dissimuler ses gains illicites2. Il ne tolère pas le moindre risque d’indiscrétion. Ce souci l’amène
d’une part à chercher des techniques protégeant son anonymat, et d’autre part l’existence et la
consistance de sa fortune.

I - Définition, Principe et techniques du blanchiment

I – 1 Définition

Selon le GAFI3 « le blanchiment des capitaux consiste à retraiter des produits d’origine
criminelle pour en masquer l’origine illégale. Ce processus revêt une importance essentielle
puisqu’il permet au criminel de profiter de ces bénéfices tout en protégeant leur source. »4

I – 2 Principe du blanchiment

Le blanchiment des capitaux est l’ensemble des processus utilisés par les criminels pour
dissimuler l’origine et la propriété illégales des fonds provenant d’activités illicites (dites
infractions sous-jacentes prévues par l’article 574-2 du code pénal)5 .

2 Pr Leila El GNAOUI Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales, Université Hassan II. Casablanca, Maroc.

3 : Organisme international spécialisé dans la lutte contre le blanchiment.


4 : Éric VERNIER « Techniques de blanchiment et moyens de lutte »DUNOD, 2eme Edition, page 43.
5 Article 574-2 énonce que : « La définition prévue à l’article 574-1 ci-dessus est applicable aux infractions suivantes, même lorsqu’elles

sont
commises à l’extérieur du Maroc: - le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes; le trafic d’êtres humains ; le trafic
d’immigrants; le
trafic illicite d’armes et de munitions; la corruption, la concussion, le trafic d’influence et le détournement de biens publics et privés; les
infractions de
terrorisme; la contrefaçon ou la falsification des monnaies ou effets de crédit public ou d’autres moyens de paiement; l’appartenance à une
bande
organisée, formée ou établie dans le but de préparer ou de commettre un ou plusieurs actes de terrorisme; l’exploitation sexuelle; le recel
de choses
provenant d’un crime ou d’un délit; - l’abus de confiance; - l’escroquerie; - les infractions portant atteinte à la propriété industrielle; - les
infractions
portant atteinte aux droits d’auteur et aux droits voisins; - les infractions contre l’environnement; - l’homicide volontaire, les violences et
voies de fait
volontaires; - l’enlèvement, la séquestration et la prise d’otages; - le vol et l’extorsion; - la contrebande; - la fraude sur les marchandises et
sur les
denrées alimentaires; - le faux, l’usage de faux et l’usurpation ou l’usage irrégulier de fonctions, de titres ou de noms; - le détournement, la
dégradation
d’aéronefs ou des navires ou de tout autre moyen de transport, la dégradation des installations de navigation aérienne, maritime et
terrestre ou
la destruction, la dégradation ou la détérioration des moyens de communication; - le fait de disposer, dans l’exercice d’une profession ou
d’une
fonction, d’informations privilégiées en les utilisant pour réaliser ou permettre sciemment de réaliser sur le marché une ou plusieurs
7

Selon l’article 574-1 du code pénal : « Constituent un blanchiment des capitaux, les actes ci-
après, lorsqu’ils sont commis intentionnellement et en connaissance de cause :
• le fait d’acquérir, de détenir ou d’utiliser des biens ou leurs produits dans l’intérêt de l’auteur
ou d’autrui, sachant qu’ils sont le produit de l’une des infractions prévues à l’article 574-2 ci-
dessous
• le fait de convertir, de transférer ou de transporter des biens ou leurs produits dans l’intérêt
de l’auteur ou d’autrui, sachant qu’ils sont le produit de l’une des infractions prévues à

l’article574-2ci-dessous;
• le fait de dissimuler ou de déguiser la nature véritable, l’origine, l’emplacement, la disposition,
le mouvement ou la propriété des biens ou des droits y relatifs dans l’intérêt de l’auteur ou
d’autrui, sachant qu’ils sont le produit de l’une des infractions prévues à l’article 574-2 ci-
dessous
• le fait d’aider toute personne impliquée dans la commission de l’une des infractions prévues à
l’article 574-2 ci-dessous à échapper aux conséquences juridiques de ses actes ;
• le fait de faciliter, par tout moyen, la justification mensongère de l’origine des biens ou des
produits de l’auteur de l’une des infractions visées à l’article 574-2 ci-dessous, ayant procuré à
celui-ci un profit direct ou indirect ;

le fait d’apporter un concours ou de donner des conseils à une opération de garde, de


placement, de dissimulation, de conversion, de transfert ou de transport du produit direct ou
indirect, de l’une des infractions prévues à l’article 574-2 ci-dessous ;
• le fait de tenter de commettre les actes prévus au présent article».

1-3 Le processus de blanchiment d’argent

Le processus de blanchiment d’argent comporte trois (3) étapes :

le placement, l’empilement et l’intégration6.


I. Placement: Il s’agit du placement des produits de crimes dans le système financier sans
éveiller les soupçons. Cela peut se faire en fractionnant de grosses quantités d’espèces pour
obtenir des sommes plus petites et moins suspectes qui sont alors déposées directement sur un
compte bancaire ou en faisant l’acquisition de divers instruments financier.

opérations; - l’atteinte
aux systèmes de traitement automatisé des données ; la diffusion d’informations fausses ou trompeuses sur les instruments financiers et
les perspectives
de leur évolution ;- le recours à des manœuvres sur le marché des instruments financiers ayant pour objet d’agir sur les cours ; - la vente
ou la fourniture
de services de façon pyramidale ou par toute autre méthode similaire
6
[Link]
8

II. Empilement : se réfère au mouvement de l’argent, souvent dans une série d’opérations
financières qui peuvent parfois transiter via plusieurs comptes dans le but de dissimuler la
source illégale et de donner une apparence de légitimité. Ces transactions comprennent l’achat
d’instruments d’investissement, de contrats d’assurance, de virements électroniques etc.
III. Intégration : Les biens et les fonds illicites rentrent dans l’économie légitime par le biais
d’investissements jusqu’à ce que les fonds blanchis soient finalement reversés au criminel.

2- MENACE DE BLANCHIMENT D’ARGENT


parmi les menaces qui pourraient offrir aux criminels la possibilité de générer et de blanchir des
capitaux illicites:
2-1 - Cybercriminalité
Parallèlement aux mesures de distanciation sociale mises en place par les gouvernements, on
assiste à une forte augmentation des activités en ligne. Cette situation a favorisé
l’accroissement des attaques d’ingénierie sociale, en particulier le phishing par e-mail et par
messages mobiles (SMS) par le biais de campagnes de spam.
Ces attaques utilisent des liens vers des sites web frauduleux ou des pièces jointes malveillantes
pour obtenir des informations personnelles de paiement. Les principaux actes illicites dans ce
cadre peuvent être synthétisés comme suit :
- Attaques de phishing par e-mail et SMS à travers :
 l’insertion des logiciels malveillants sur des ordinateurs personnels ou des appareils mobiles ;
 l’usurpation d'identité par SMS pour attirer des personnes vers des sites web frauduleux afin
d'obtenir des informations sur des comptes personnels et/ou des noms d'utilisateur et des mots
de
passe.
- Escroqueries par courrier électronique d'entreprise à travers :
 l’exploitation des faiblesses de la sécurité des réseaux des entreprises pour avoir accès aux
coordonnées des clients et aux informations sur les transactions, puis leur utilisation pour des
fins
illicites ;
 l’utilisation d’e-mails usurpés, similaires à ceux transmis par son partenaire commercial, pour
rediriger les paiements vers des comptes bancaires contrôlés par des acteurs illicites.

- Attaques avec rançon, à travers l’utilisation de sites web et des applications


mobiles malveillants qui semblent partager des informations pour obtenir et verrouiller l'accès
aux appareils des victimes jusqu'à ce qu’un paiement soit reçu.
9

2-2 Les techniques financières

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication


(NTIC), ainsi que la modernisation et la globalisation des marchés
financiers. De plus en plus souvent, des sociétés off-shores sont créées avec l’aide
de spécialistes.

2-2-1 La mondialisation économique et financière


Plusieurs phénomènes dans l’évolution du secteur financier international, modernisant les
structures existantes, ont facilité par la même occasion les travaux des blanchisseurs.

■ La dollarisation de l’économie mondiale


Plus le dollar se banalise, plus il est facile d’alimenter en monnaie américaine les marchés
monétaires parallèles

■ L’introduction de l’euro en 2002

Le blanchiment dans cette zone est donc facilité. L’Assemblée nationale française avait autorisé
les banques à accepter les dépôts en espèces à concurrence de 10 000 €

■ La capacité d’adaptation de la criminalité

Plusieurs milliards de dollars seraient placés dans les Bourses de valeurs par les organisations
criminelles de Colombie. Quant aux États nouvellement créés, encore trop faibles politiquement
et juridiquement, ils laissent toutes libertés aux mafias.

I-3-2 Les nouvelles technologies de paiement

Les nouvelles technologies ont modifié la structure des paiements, dont près de 99 % sont
aujourd’hui électroniques Aucun contrôle des opérations n’existe réellement pour le moment
et les enregistrements de ces mouvements ne sont pas conservés.

■ Les cartes pré chargées


Les cartes pré chargées (ou porte-monnaie électronique) ont été mises au point à titre de
substitut de la monnaie sous forme de billets ou de pièces.
Contre-attaque aux facilités délictueuses et criminelles de l’argent liquide, ces cartes
représentent finalement une opportunité pour les délinquants.

■ Les services bancaires en ligne


10

voire aucune preuve d’identité pour l’ouverture d’un compte, le blanchisseur peut
transférer des fonds à partir de son ordinateur, n’importe où dans le monde

■ La monnaie électronique
Dans la mesure où seules les phases d’achat initial et de règlement final se déroulent
par l’intermédiaire de banques, il existe un risque qu’il n’y ait aucun moyen de suivre ce type de
monnaie dans des transactions intermédiaires.

2-2-2 Les nouveaux moyens de paiement, véritables centres offshores

Les principales caractéristiques des marchés de capitaux qui offrent de nombreuses


opportunités aux opérations de blanchiment sont les suivantes :
– les transactions électroniques traversent les frontières plusieurs fois par jour, interdisant tout
suivi ;
– la liquidité des marchés autorise des transactions extrêmement rapides et substantielles ;
– les marges très importantes font que les opérateurs sur ces marchés sont très tolérants ;

■ Le Bitcoin
Le Bitcoin est une monnaie électronique créée en 2009 par le pseudonyme Satoshi Nakamoto.
Son cours n’est régulé par aucune organisation, la valeur s’autorégulant automatiquement en
fonction de l’offre et la demande

■ Le crowdfunding
Le crowdfunding, ou financement participatif, permet de placer de l’argent dans des projets
d’entreprise, artistiques ou solidaires via des plateformes en ligne. La plupart du temps, un
nombre important de personnes investit un petit montant.

■ Le compte Nickel

Il permet, sans condition, d’ouvrir un compte en quelques minutes et de bénéficier d’un relevé
d’identité bancaire et d’une carte de paiement limitée à hauteur des sommes déposées. Une
pièce d’identité et un numéro de mobile suffisant pour obtenir le relevé d’identité bancaire
(RIB) et le code IBAN. Le client pourra alors payer sur Internet, à l’étranger, retirer de l’argent et
faire des dépôts chez son buraliste

Les mesures de prévention


Le GAFI a proposé un certain nombre de mesures susceptibles de limiter la vulnérabilité au
blanchiment de capitaux des nouvelles technologies de paiement :
11

– limiter la capacité des cartes préchargées (plafonnement de la valeur chargée et du nombre


de transactions) ;
– limiter le nombre de cartes préchargées par client ;
– obliger les systèmes de transactions électroniques à conserver les enregistrements des
opérations ;
– définir des normes internationales pour ces mesure Cependant, à contre-courant de ces
réflexions,
Cadre réglementaire au Maroc

La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au niveau du


marché des capitaux marocain est régie par les textes législatifs et les textes d’application
suivants :
1. Loi n° 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux telle que modifie et
complétée par la loi n°12-18 qui prévoit les mesures qui doivent être mises en œuvre par les
personnes assujetties dans le cadre de le blanchiment des capitaux ANRF ;
2. Code pénal notamment les articles 218-4, 218-4-1 et 218-4-2 portant définition et répression
des actes constituant l’infraction du financement du terrorisme et les articles 574-1 à 574-7 qui
prévoient la définition de l’infraction du blanchiment des capitaux et les sanctions pénales
prévues en cas de condamnation ;
3. Code de la procédure pénale notamment les articles 595-1 à 595-5 relatifs aux dispositions
spécifiques au financement du terrorisme ;
4. Décret n°2.21.484 du 03 Août 2021 relatif à la composition et au mode de fonctionnement de
la Commission Nationale chargée de l’application des sanctions prévues par les résolutions du
Conseil de Sécurité des Nations Unies relatives au terrorisme, à la prolifération des armes et à
leur financement « CNASNU » tel que modifié et complété par le décret n° 2.22.27 du 04 Mars
2022 ;
5. Décret n°2.21.708 du 08 Septembre 2021 relatif au registre public des bénéficiaires effectifs
des sociétés établies au Maroc et des constructions juridiques ;
6. Circulaire AMMC N°02/2022 relative aux obligations de vigilance et de veille interne
définissant les modalités d’application des dispositions de la loi n°43-05 et des 40
recommandations du GAFI ;
7. Décision n° D1-ANRF-2021 du 25 Novembre 2021 relative aux obligations des personnes
assujetties et aux modalités de contrôle ;
8. Décision n° D2-ANRF-2022 du 14 Mars 2022 relative à la déclaration de soupçon et à la
communication d’informations à l’ANRF ;
9. Décision de la CNASNU N°01/2022 du 13 janvier 2022 fiant la procédure et les modalités de
mise en œuvre de sanctions financières ciblées prévues par les résolutions du CSNU relatives à
12

la lutte contre le terrorisme, la prolifération des armes et leur financement ;


10. Décision de la CNASNU N°02/2022 du 13 janvier 2022 fiant la procédure de désignation et de
radiation de la liste locale.

Limites du dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux au Maroc

La loi sur la traçabilité et l’obligation de vigilance peut être considérée comme la première ligne
de défense contre le blanchiment d’argent. Toutefois, on remarque que cet arsenal comporte
quelques faiblesses :

- La technique de fractionner de grosses sommes d’argent en plusieurs montants


plus modestes permet de contourner la réglementation bancaire d’identification liée à
certains seuils de montants espèces.

- Une traçabilité de plus en plus problématique avec les échanges électroniques de


fonds, et plus généralement avec les nouvelles technologies et nouveaux supports de
paiement (cartes prépayées, monnaie virtuelle …etc.)

- La difficulté pour le banquier d’avoir une visibilité suffisante sur certaines


opérations

- L’absence d’une limitation de paiement en espèces dans les rapports entre


particuliers.

Pour parvenir à échapper à l’attention des autorités et même à la vigilance des banques, les
blanchisseurs investissent dans les secteurs qui utilisent beaucoup d’argent liquide en raison de
leur nature d’activité (immobilier, agriculture, café, restaurant...), opérations qui rendent
l’identification et l’origine des fonds quasiment impossible
13

SECTION 2 : FRAUDE A LA CARTE BANCAIRE


La fraude à la carte bancaire sur Internet caractérise une situation dans laquelle le détenteur du
compte bancaire est toujours en possession de sa carte de crédit mais ses données bancaires
comme le numéro de carte ont été récupérées et utilisées pour effectuer des achats en ligne.

Les principales techniques de fraude se présentent comme suit :


• Skimming : technique qui consiste en la copie, dans un commerce de proximité ou dans des
distributeurs automatiques, des pistes magnétiques d’une carte de paiement à l’aide d’un
lecteur à mémoire appelé « skimmer ».
Éventuellement, le code confidentiel est également capturé de visu, à l’aide d’une caméra ou
encore par détournement du clavier numérique.
Ces données seront inscrites ultérieurement sur les pistes magnétiques d’une carte contrefaite

•Détournement des données de la carte : Soit par téléphone, Client contacté par un opérateur
qui lui donne toutes ces informations personnelles pour le mettre en confiance, avant de lui
demander des informations relatives à sa carte, notamment le CVV2. Soit par "FISHING", le
client se connecte sur un site qu'il utilise habituellement mais en réalité il est routé vers une
interface web piraté qui est similaire, en conséquence toute l'information saisie sur le web est
récupérée par le pirate pour usage frauduleux.

Le Maroc n’échappe pas au phénomène de fraude à la carte bancaire. En effet, le nombre de


cartes bancaires contrefaites au Maroc est passé de 1.694 cartes en 2000 à plus de 6.000 en
2008. Soit le triple.
En parallèle, le montant des sommes détournées connaît lui aussi une hausse vertigineuse. De
4,4 millions de dirhams en 2000, ce montant est passé à 20 millions en 2008.
Une telle croissance s’explique notamment par l’engouement que suscite l’utilisation de la carte
bancaire.
14

Selon le Centre Monétique Interbancaire (CMI), les opérations par cartes bancaires, marocaines
et étrangères, au Maroc ont atteint au terme de l'année 2009 : 138 millions d'opérations pour
un montant global de 119 milliards de DH. Ce montant est en progression de 16,3% par rapport
à l’année précédente.
Cet engouement n’est pas sans risque comme le rappelle les exemples suivants :

- 2005 : La gendarmerie royale a arrêté 7 personnes soupçonnées d’avoir détourné 4,6 millions
de DH en copiant des cartes bancaires à l’aide de matériel informatiqueii .

- 2009 : Un réseau international spécialisé dans la falsification de cartes bancaires a été


démantelé par la police de Casablanca. L’arrestation a eu lieu suite une alerte lancée auprès de
la police par le responsable d’un hôtel où avait l’habitude de séjourner l’un des membres du
groupe, et ce après avoir découvert, caché dans les gaines, un matériel électronique composé
notamment d’un encodeur qui sert à falsifier les cartes bancaires et de plusieurs caméras. Ainsi,
1.400 cartes falsifiées ont été saisies. Le procédé est le même. Insérer une 11 minuscule caméra
et un appareil type skimmer dans des guichets automatiques des quartiers aisés de la
métropole économique.

La fraude à la carte bancaire peut caractériser toute une série d'infractions tantôt régies par le
code pénal, tantôt par d'autres textes.

En ce qui concerne le vol, celui- ci est puni par l'article 505 du Code pénal d'un emprisonnement
d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams. En cas de vol avec la présence de deux
circonstances aggravantes (avec violence ou menace de violence, de nuit, en réunion, à l'aide
d'un véhicule motorisé, etc.), cette peine peut aller jusqu'à vingt ans de réclusion.

Il peut également s'agir d'une situation qui relève de l'escroquerie. Celle-ci est punie par l'article
540 du même texte, d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 500 à 5.000
15

dirhams. A titre d'exemple, le phishing pourrait caractériser une escroquerie passible de ces
peines.

Quant à l'abus de confiance, l'article 547 du code pénal prévoit une sanction d'emprisonnement
de 6 mois à 3 ans et d'une amende de 200 à 2.000 dirhams. Dans le cas où une personne de
confiance procéderait à des paiements avec votre carte bancaire sans votre consentement, ceci
pourrait caractériser un abus de confiance.

L'intrusion frauduleuse dans un système d'information (autrement dit le piratage) est


également réprimée par le code pénal (article 607-3) d'un à trois mois de prison et de 2.000 à
10.000 dirhams d'amende, ou l'une de ces deux peines.

La falsification ou la contrefaçon de moyens de paiement est quant à elle punie par l'article 331
du code de commerce qui prévoit une peine de prison d'un an à cinq ans et d'une amende de
2.000 à 10.000 dirhams. La contrefaçon ou falsification de moyens de paiement, leur usage ou
même le fait d'accepter de recevoir un moyen de paiement contrefait ou falsifié. Le skimming,
décrit plus haut, peut passer sous le coup de cet article, dans la mesure où il consiste à
récupérer les données de votre carte bancaire pour en faire un doublon et l'utiliser par la suite.

SECTION 3 : LA CORRUPTION

Actuellement, la corruption financière est un phénomène répandu dans de nombreux pays et


domaines. D’où la nécessité d’instaurer des mécanismes pour la combattre et cela doit toucher
aux domaines vitaux de la société et à tous les aspects politiques, économiques, sociaux et
16

culturels. Afin d’atteindre les objectifs escomptés et lutter contre le phénomène de la


corruption, tous les mécanismes de lutte doivent s’inscrire dans une vision globale. 7

Définition :

La définition de la corruption et des actes portant atteinte à la probité, varie en fonction des
législations, étrangères et nationales, ainsi que des différentes conventions et normes en la
matière.

La définition suivante, qui s’inspire du code pénal marocain, trouve son soubassement,
principalement, dans la loi n° 46-19 relative à l’Instance Nationale de la Probité, de la
Prévention et de la Lutte contre la Corruption :

La corruption : « Le fait de solliciter ou d’agréer des offres ou promesses, de solliciter ou recevoir


des dons, présents ou autres avantages pour accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte de sa
fonction, ou un acte qui, bien qu’en dehors de ses attributions personnelles, est, ou a pu être
facilité par sa fonction, rendre une décision ou donner une opinion favorable ou défavorable ».

Font également partie de la notion de corruption, les infractions administratives et financières


visées à l’article 36 de la Constitution, à savoir celles relatives aux conflits d’intérêts, aux délits
d’initié et à toutes les infractions d’ordre financier, le trafic d’influence et de privilèges, l’abus
de position dominante et de monopole, et toutes autres pratiques contraires aux principes de la
concurrence libre et loyale dans les relations économiques.

Transparency International fournit une définition plus large de la corruption comme étant «
l’abus d’un pouvoir reçu en délégation à des fins privées ». Cette définition est utile,
notamment, pour les entreprises opérant à l’international.

Typologies de corruption :

7
La corruption financière entre la théorie et les mécanismes juridiques internationaux de sa lutte. Journal of Contemporary
Business and Economic Studies Vol. (05) No. (2) (2022)
17

La corruption peut être :

• Active (donner/promettre un avantage indu) ou Passive (solliciter/ accepter un avantage indu)

• Publique (incluant un agent public) ou Privée (entre des acteurs privés) ;

• Directe (subie ou organisée par les dirigeants/collaborateurs) ou Indirecte (subie/organisée


par toute tierce-partie de l’écosystème de l’organisation).

Quelques formes de corruption et d’atteinte à la probité les plus courantes

• Le pot de vin : consiste à promettre, offrir, accepter ou solliciter un avantage quelconque


(somme d’argent, un service, un cadeau, un prêt, une invitation…) en agissant de manière
illégale ou contraire à l’éthique.

• Le favoritisme : consiste à procurer ou tenter de procurer à autrui un avantage indu.

• Le népotisme : une des formes de favoritisme fondée sur des liens familiaux ou des relations à
des amis proches ou à des membres d’un groupe (par exemple d’origine géographique,
ethnique, politique ou religieuse).

• Le détournement : correspond à l’appropriation illicite, pour soi-même ou pour le compte de


tiers, moyennant rétribution, de biens ou de fonds confiés à une personne en sa qualité
d’employé au sein d’un organisme.

• L’extorsion : consiste à obtenir, pour soi-même ou pour le compte de tiers, moyennant


rétribution, une faveur telle une signature, un renseignement, un bien ou une somme d’argent,
par l’usage de la force, les menaces, l’intimidation ou le chantage. 8

Les éléments constitutifs de la corruption :

8
Guide Anti-corruption 2022: INPPLC, AMMC, ACAPS, Bank Al-Maghrib
18

1) L’élément materiel :

Le corrompu ou le corrupteur peut prendre l’initiative en sollicitant ou en proposant la


conclusion d’un pacte illicite. Le délit est consommé dès que la sollicitation ou la proposition est
émise, même si elle n’est pas acceptée. Dans ce cas, le corrupteur ou le corrompu peut-être
sanctionner seul.

2) L’élément moral :

La corruption est une infraction intentionnelle. Elle requiert un dol général et un dol spécial
consistant soit à provoquer l’accomplissement ou l’abstention d’un d’acte, soit à accepter
d’accomplir ou de s’abstenir un acte de sa fonction Le corrupteur doit agir dans un but
déterminé, celui d’obtenir l'accomplissement ou le non-accomplissement d'un acte de sa
fonction par le corrompu.

Lutte contre la corruption :

L’éradication de la corruption est essentielle pour atteindre, entre autres buts, les Objectifs du
Millénaire pour le développement, et la lutte contre ce fléau est l’une des premières priorités
des organismes d’aide au développement et d’un nombre de pays chaque jour plus important.

Premier instrument international juridiquement contraignant de lutte contre la corruption, la


Convention des Nations Unies contre la corruption constitue un outil unique pour combattre ce
problème mondial. En vigueur depuis décembre 2005, cette Convention dont l’ONUDC est le
dépositaire couvre quatre domaines principaux : prévention, incrimination et mesures de
détection et de répression, coopération internationale et recouvrement d’avoir. Elle contient
également des dispositions relatives à l’assistance technique et à l’échange d’informations, et la
Conférence des États parties à la Convention a institué en 2009 un mécanisme d’examen par les
19

pairs. Aujourd’hui, la Convention compte 164 États parties, ce qui signifie e que la grande
majorité des États Membres de l’ONU y ont adhéré.

Il est à noter que la Convention, en tant que seul instrument juridique universel de lutte contre
la corruption, contient des normes anticorruptions novatrices et mondialement acceptées qui
s’appliquent au secteur public comme au secteur privé.

Depuis 1998, le Maroc a entamé une réforme visant la modernisation de l’administration


publique par l’adoption d’un « pacte de bonne gestion » qui prenait la forme d’un appel
solennel lancé à l’intention de tous les fonctionnaires et agents publics en vue de contribuer par
leurs adhésions aux principes communs de bonne gestion et créer les conditions favorables à
une mutation profonde de l’appareil administratif afin de faire résorber les causes de la
corruption.

En outre, la réforme de la justice qui vise à responsabiliser et de développer l’éthique


professionnelle autour d’un programme de modernisation et de moralisation du système
judiciaire. A titre d’exemple, une réforme importante dans ce domaine est la création d’une
instance de médiation, « Diwan al madalim» en 2001 ainsi que le renforcement de l’arsenal
juridique qui se développe en même temps que le fléau de la corruption qui gangrène le
développement socioéconomique des pays en l’occurrence le Maroc.

Lesdites mesures s’inscrivent dans un contexte marqué par la redéfinition des missions de
l’administration telles que la déconcentration administrative, la concrétisation de la
régionalisation avancée et la digitalisation de l’administration publique.9

- La transformation digitale, levier de transparence et de lutte contre la corruption

9
BENNIS Laila & BOUNAR Amine La criminalité financière organisée « CORRUPTION » : un obstacle à la réussite du
nouveau modèle de développement au Maroc Dossiers de Recherches en Economie et Gestion : Dossier 10, N° 1 :
Mars 2022
20

Dans le cadre de la présentation du rapport annuel 2022 de l’Instance Nationale de la Probité,


de la Prévention et de la Lutte contre la Corruption (INPPLC) lors d’une conférence de presse à
Rabat le mercredi 6 décembre, la persistance alarmante de la corruption au Royaume souligne
la nécessité de la transition numérique comme une solution fondamentale pour contrer ce
phénomène nuisible.

Intitulé « La Transition Numérique : Un Pilier Fondamental pour Combattre la Corruption », ce


rapport met en lumière les avancées technologiques du Maroc, tout en soulignant les obstacles
qui entravent son développement, ainsi que les lacunes permettant certaines pratiques
corrompues de perdurer.

Le Royaume a pris conscience des défis liés à l’établissement d’une bonne gouvernance, à la
prévention et à la lutte contre la corruption, reconnaissant la nécessité d’adopter des approches
avancées et multidimensionnelles pour faire face à la complexité de ce phénomène.
Conformément à ses responsabilités constitutionnelles définies par la loi 46.19, l’INPPLC est
mandatée pour proposer des orientations stratégiques en matière de politique d’État dans le
domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption.

Depuis 2019, l’INPPLC a lancé plusieurs projets et traité plus d’une vingtaine de problématiques
structurelles et prioritaires, renforçant ainsi l’effort national et ouvrant la voie à une nouvelle
ère de prévention et de lutte contre la corruption au Maroc, alignée sur les aspirations des
citoyens.

« Impossible d’élaborer une stratégie efficace de prévention et de lutte contre la corruption sans
placer la transformation numérique au cœur de cette démarche. La transition numérique, en
tant que levier de développement, poursuit des objectifs sociaux et économiques étendus, allant
au-delà de la bonne gouvernance pour englober les aspects sociaux et économiques. La
transformation numérique est également un secteur économique à fort potentiel, crucial pour
renforcer la compétitivité du pays sur les marchés mondiaux », relève-t-on du document.
21

Il s’agit d’un changement stratégique majeur, adoptant une approche globale qui reconsidère
l’organisation, la gestion des relations, la mise en œuvre du travail et la prestation des services.
Cette transformation commence par comprendre les besoins et la vie privée du citoyen,
simplifie et renouvelle les procédures, pour ensuite adopter des technologies numériques
appropriées, y compris des technologies avancées telles que l’intelligence artificielle et l’analyse
des mégadonnées.

Selon la même source, l’analyse de nombreuses expériences et de rapports internationaux


confirme que l’e-gouvernement est un levier essentiel pour structurer les stratégies de
transformation numérique, soulignant que son succès repose sur son impact positif sur la
transparence et l’intégrité.10

10
Zineb Jazouli Hespress Français – Actualités du Maroc-Economie samedi 9 décembre 2023
22

PARTIE 2 :
LES MOYENS DE
PREVENTION ET DE
REPRESSION FACE A LA
CRIMINALITE FINANCIERE
23

SECTION 1 : ROLE DU GAFI

Le Groupe d'action financière (GAFI), crée en 1989 et basé sur Paris, est une organisation
mondiale de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Cette
organisation intergouvernementale fixe des normes internationales visant à prévenir ces
activités illégales et les dommages qu'elles causent à la société.

Au total, plus de 200 pays et juridictions se sont engagés à mettre en œuvre les normes du GAFI
dans le cadre d'une réponse mondiale coordonnée visant à prévenir le crime organisé, la
corruption et le terrorisme.

Le GAFI étudie la manière dont l’argent est blanchi et le terrorisme est financé, promeut des
normes mondiales pour atténuer les risques et évalue si les pays prennent des mesures
efficaces.

Les pays et juridictions sont évalués avec l’aide de neuf organisations membres associés du GAFI
et d’autres partenaires mondiaux, le FMI et la Banque mondiale.

L'organe décisionnel du GAFI, la Plénière du GAFI, se réunit trois fois par an et demande des
comptes aux pays s'ils ne respectent pas les normes.

Si un pays ne parvient pas à mettre en œuvre les normes du GAFI à plusieurs reprises, il peut
alors être désigné comme juridiction soumise à une surveillance accrue ou comme juridiction à
haut risque. Celles-ci sont souvent appelées en externe « les listes grises et noires ».

Le GAFI effectue des recherches sur les méthodes et tendances en évolution afin d'aider les pays
à identifier, évaluer et comprendre leurs risques de blanchiment de capitaux et de financement
du terrorisme.

Une fois ces risques bien compris, les pays seront en mesure de mettre en œuvre des mesures
plus efficaces pour les atténuer.
24

Les recommandations du GAFI définissent un cadre complet et cohérent de mesures devant être
mises en œuvre par les pays afin de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement
du terrorisme, ainsi que le financement de la prolifération des armes de destruction massive.

Les pays disposant de cadres juridiques, administratifs et opérationnels et de systèmes


financiers différents, ils ne peuvent pas tous adopter des mesures identiques pour parer à ces
menaces. Ainsi, les recommandations du GAFI constituent des normes internationales que les
pays devraient mettre en œuvre au moyen de mesures adaptées à leur situation particulière.

Les recommandations du GAFI définissent les mesures essentielles que les pays devraient
mettre en place pour :

identifier les risques et développer des politiques et une coordination au niveau national ;

agir contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la


prolifération ;

mettre en œuvre des mesures préventives pour le secteur financier et les autres secteurs
désignés ;

doter les autorités compétentes (par exemple, les autorités chargées des enquêtes, les
autorités de poursuite pénale et les autorités de contrôle) des pouvoirs et des responsabilités
nécessaires et mettre en place d’autres mesures institutionnelles ;

renforcer la transparence et la disponibilité des informations sur les bénéficiaires effectifs des
personnes morales et des constructions juridiques ;

faciliter la coopération internationale.11

Les pays devraient s’assurer que les institutions financières sont soumises à une

11
NORMES INTERNATIONALES SUR LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU
TERRORISME ET DE LA PROLIFÉRATION, Les Recommandations du GAFI, 2022
25

Réglementation et font l’objet d’un contrôle adaptés et qu’elles mettent efficacement en œuvre

les recommandations du GAFI. Les autorités compétentes et les autorités de contrôle du secteur

financier devraient prendre les mesures législatives ou réglementaires nécessaires pour

empêcher les criminels ou leurs complices de détenir ou de devenir les bénéficiaires effectifs

d’une participation significative ou de contrôle d’une institution financière, ou d’y occuper un

poste de direction. Les pays ne devraient pas autoriser l’établissement de banques fictives ni la

poursuite de leurs activités.

Pour les institutions financières soumises aux Principes fondamentaux, les mesures

réglementaires et de contrôle applicables à des fins prudentielles et qui sont également

pertinentes en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme devraient

s’appliquer d’une manière similaire à des fins de LBC/FT. Ceci devrait comprendre la mise en

œuvre d’une surveillance consolidée au niveau du groupe à des fins de LBC/FT.

Les autres institutions financières devraient être agréées ou enregistrées, faire l’objet d’une

réglementation adaptée et être soumises à un contrôle ou à une surveillance à des fins de

LBC/FT compte tenu du risque de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme

du secteur dans lequel elles opèrent. Au minimum, lorsque les institutions financières

fournissent des services de transfert de fonds ou de valeurs ou des services de change, elles

devraient être agréées ou enregistrées et soumises à des systèmes efficaces de surveillance

assurant le respect de leurs obligations nationales en matière de LBC/FT.


26

Le Groupe d'action financière a adopté aujourd'hui des amendements à la Recommandation 24


et à sa note interprétative qui exigent que les pays empêchent l'utilisation abusive de
personnes morales à des fins de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme et
veillent à ce que des informations adéquates, exactes et à jour soient mises en place. -dater les
informations sur les bénéficiaires effectifs et le contrôle des personnes morales.

Ces modifications représentent le résultat de deux années de travail de révision des normes. Ils
renforcent les normes internationales sur la propriété effective des personnes morales, afin
d'assurer une plus grande transparence sur la propriété et le contrôle ultimes des personnes
morales et d'atténuer les risques d'utilisation abusive. Cela renforcera considérablement les
exigences en matière de transparence de la propriété réelle à l’échelle mondiale, tout en
conservant un certain degré de flexibilité pour permettre à chaque pays d’aller plus loin dans
l’affinement de ses régimes individuels.

Ces changements répondent à l’utilisation abusive importante de personnes morales à des fins
de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et également de financement de la
prolifération dans un certain nombre de pays. Les évaluations mutuelles du GAFI montrent un
niveau d’efficacité généralement insuffisant dans la lutte contre l’utilisation abusive des
personnes morales à des fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme à
l’échelle mondiale, et que les pays doivent faire davantage pour mettre en œuvre rapidement,
pleinement et efficacement les normes actuelles du GAFI. Tant l’évolution des risques de
blanchiment de capitaux que les échecs largement médiatisés en matière de prévention des
abus envers les personnes morales montrent que les normes actuelles doivent être actualisées.
27

Ces normes plus strictes constituent une première étape importante, mais la lutte contre les
abus contre les personnes morales nécessitera des efforts constructifs et soutenus de la part de
tous les pays pour mettre en œuvre efficacement les nouvelles normes et répondre aux risques.

Les modifications apportées au R24 exigent explicitement une approche à plusieurs volets,
c'est-à-dire l'utilisation d'une combinaison de différents mécanismes pour la collecte
d'informations sur les bénéficiaires effectifs afin de garantir qu'elles soient mises à la
disposition des autorités compétentes en temps opportun. Les pays devraient exiger des
sociétés qu’elles obtiennent et détiennent des informations adéquates, exactes et à jour sur
leurs propres bénéficiaires effectifs et qu’elles mettent ces informations à la disposition des
autorités compétentes en temps utile. Les pays devraient également exiger que les informations
sur les bénéficiaires effectifs soient détenues par une autorité publique ou un organisme faisant
office de registre des bénéficiaires effectifs ou peuvent utiliser un mécanisme alternatif si un tel
mécanisme permet également un accès efficace à des informations adéquates, précises et à jour
sur les bénéficiaires effectifs par les autorités compétentes. les autorités. En outre, les pays
devraient appliquer toutes les mesures supplémentaires nécessaires pour garantir la
détermination de la propriété effective d’une entreprise. Ces mesures supplémentaires incluent
la détention d'informations sur la propriété effective obtenues par des institutions financières
et des professionnels réglementés, ou détenues par les régulateurs ou en bourse.

Les révisions de la recommandation 24 obligeront les pays à suivre une approche basée sur les
risques et à prendre en compte les risques que présentent les personnes morales dans leur
pays. Ils doivent évaluer et traiter le risque posé par les personnes morales, non seulement
celles créées dans leur pays, mais également celles créées à l'étranger et ayant des liens
suffisants avec leur pays. Les modifications précisent également que l'accès aux informations
par les autorités compétentes doit être rapide et que les informations doivent être adéquates
pour identifier le bénéficiaire effectif, exactes (sur la base d'une vérification) et à jour. En outre,
28

les révisions exigent que les pays veillent à ce que les autorités publiques aient accès aux
informations sur les bénéficiaires effectifs des personnes morales dans le cadre des marchés
publics. Enfin, les changements comprennent des contrôles plus stricts pour prévenir
l'utilisation abusive des actions au porteur et des accords de prête-nom, notamment en
interdisant l'émission de nouvelles actions au porteur et de bons de souscription d'actions au
porteur ainsi que la conversion ou l'immobilisation des actions existantes, ainsi que des
exigences de transparence plus strictes pour les accords de prête-nom.

Dans le cadre de la modification de la Recommandation 24 et de sa note interprétative, le GAFI


a organisé deux séries de consultations publiques pour recueillir les points de vue des parties
prenantes sur les domaines et propositions politiques clés. Le GAFI est reconnaissant pour leurs
contributions significatives. Ces contributions témoignent d'un fort soutien aux travaux du GAFI
visant à renforcer les normes en matière de propriété effective et de transparence. Ils ont
également souligné la nécessité de directives supplémentaires pour aider les pays et le secteur
privé à remplir ces obligations. Ces réponses éclaireront les prochains travaux du GAFI visant à
commencer immédiatement l'élaboration de lignes directrices complètes pour aider les pays à
mettre en œuvre les normes.

Pour faciliter la mise en œuvre par les pays de registres de propriété réelle, le GAFI analysera
également l'expérience pratique croissante de la mise en œuvre de registres de propriété réelle,
en vue d'identifier les meilleures pratiques et de soutenir la mise en œuvre par les pays.

Les modifications adoptées à la Recommandation 24 renforceront considérablement la réponse


mondiale visant à lutter contre la dissimulation de la propriété effective des personnes morales.
Le GAFI entamera également le processus de révision de sa méthodologie d’évaluation de ces
nouvelles obligations. En parallèle, le GAFI examine la Recommandation 25 sur la propriété
29

effective des constructions juridiques, en vue de garantir des normes de propriété effective
cohérentes, là où cela est pertinent et correctement adaptées, ainsi qu'une mise en œuvre
fluide. Dans le cadre d'une approche progressive, le GAFI commencera à évaluer les juridictions
pour la mise en œuvre des exigences révisées au début du prochain (cinquième) cycle
d'évaluations mutuelles, afin de laisser le temps de mettre en place les mesures nationales
nécessaires. Entre-temps, le GAFI continuera de travailler avec le réseau mondial pour fournir
l'assistance technique et la formation nécessaires pour aider les pays à se conformer aux
normes en vigueur, à les sensibiliser aux nouvelles obligations, à améliorer la compréhension
des registres et des mécanismes alternatifs et à améliorer l'efficacité de leurs mise en œuvre.

Le GAFI attend de tous les pays qu’ils prennent des mesures concrètes pour mettre en œuvre
rapidement ces nouvelles normes et qu’ils déterminent la séquence et le calendrier appropriés
pour leur mise en œuvre au niveau national.

SECTION 2 : AUTORITE NATIONALE DES RENSEIGNEMENTS FINANACIERS

Il est créé, auprès du Chef du Gouvernement, une Autorité Nationale du Renseignement


Financier.

Les organes de l'Autorité sont composés d'un Président, d'un Conseil et de services
administratifs.12

12
Article 14 de la loi 43-05 realtive à la lutte contre le blanchiment des capitaux
30

L’Unité est chargée notamment des missions suivantes :

- recevoir les déclarations de soupçons les analyser et diffuser les résultats de cette analyse ;

- transmettre les informations et les résultats de l'analyse effectuée, spontanément ou sur


demande, aux autorités judiciaires ou administratives compétentes ;

- constituer une base de données sur les opérations de blanchiment de capitaux et de


financement du terrorisme ;

- coopérer et participer avec les services et les autres organismes concernés à l'étude des
mesures à mettre en œuvre pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme ;

- assurer la coordination nationale entre les départements gouvernementaux, les


administrations et les établissements publics et les autres personnes morales de droit public ou
privé en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Elle peut, lorsqu’il s'agit d’une infraction de terrorisme, faire appel à des personnes de droit
public concernées par le sujet ;

- assurer la coordination nationale entre les parties concernées en vue d’établir le rapport
d’évaluation nationale des risques et sa mise à jour ;

- assurer la représentation commune des services et des organismes nationaux auprès des
organisations internationales concernées par la lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme ;

- proposer au gouvernement toute réforme législative, réglementaire ou administrative


nécessaire en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme ;

- donner son avis au Gouvernement sur le contenu des mesures relatives à l’application du
présent chapitre.
31

L'Autorité élabore et publie un rapport annuel sur ses activités et le présente au Chef du
Gouvernement13

L’année 2021 a été marquée par une amélioration sensible des indicateurs opérationnels grâce
aux actions menées par l’ANRF et aux efforts déployés conjointement avec les différents
partenaires concernés par la LBC/FT.

En effet, le nombre de dossiers traités a connu une progression significative, ce qui illustre
clairement le renforcement de la collaboration avec les autorités d’application de la loi et les
autorités de supervision et de contrôle.

Parallèlement, plusieurs actions de formation et de sensibilisation ont été organisées au profit


des personnes assujetties et les autres partenaires de l’ANRF de façon régulière tant à l’échelle
nationale qu’internationale.

1- Renseignement financier, cœur du métier de l’ANRF Le renseignement financier constitue le


cœur du métier de l’ANRF. Il joue un rôle-clé dans la LBC/FT car il permet de fournir des
informations traitées et enrichies concernant les cas présumés de BC/FT et de mettre en
évidence les tendances et techniques en matière de criminalité financière. L’année 2021 a
connu une évolution significative des indicateurs opérationnels, comme suit :

2- Augmentation de 60% des déclarations de soupçons ;

3- Augmentation de 116% des demandes émanant des autorités nationales d’application de la


loi dans le cadre des enquêtes financières parallèles ;

4- Augmentation de 33% des demandes de renseignement émises par l’ANRF aux CRF
homologues. Ces progrès constatés sont l’aboutissement des efforts déployés par l’ANRF
pour renforcer ses activités opérationnelles, en coordination avec les partenaires nationaux
et les personnes assujetties.

13
Article 15 de la loi 43-05
32

L’activité opérationnelle de l’ANRF au niveau national consiste principalement en la réception et


le traitement des déclarations de soupçons, des communications spontanées, la réalisation des
enquêtes financières parallèles et la transmission des dossiers présentant des présomptions de
BC/FT au Ministère Public.

Durant l’année 2021, l’ANRF a reçu un total de 3409 déclarations de soupçons liées à des cas de
BC/FT.
33

BIBLIOGRAPHIE :

• Pr Leila El GNAOUI Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales, Université Hassan II.
Casablanca, Maroc.

• : Organisme international spécialisé dans la lutte contre le blanchiment.
• : Éric VERNIER « Techniques de blanchiment et moyens de lutte »DUNOD, 2eme Edition, page 43.
• La corruption financière entre la théorie et les mécanismes juridiques internationaux de sa lutte.
Journal of Contemporary Business and Economic Studies Vol. (05) No. (2) (2022)
• Guide Anti-corruption 2022: INPPLC, AMMC, ACAPS, Bank Al-Maghrib
• BENNIS Laila & BOUNAR Amine La criminalité financière organisée « CORRUPTION » : un obstacle à
la réussite du nouveau modèle de développement au Maroc Dossiers de Recherches en Economie et
Gestion : Dossier 10, N° 1 : Mars 2022
• Zineb Jazouli Hespress Français – Actualités du Maroc-Economie samedi 9 décembre 2023
• NORMES INTERNATIONALES SUR LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE
FINANCEMENT DU TERRORISME ET DE LA PROLIFÉRATION, Les Recommandations du GAFI, 2022
• Article 14 de la loi 43-05 realtive à la lutte contre le blanchiment des capitaux
• Article 15 de la loi 43-05

Vous aimerez peut-être aussi