Hubert et moi.
Le taxi me déposa au coin de la [Link] fis quelques pas pour essayer mes [Link] allait [Link]
était à peine [Link] résolu d’aller boire un quart Vichy aux Deux [Link] m’installai à l’intérieur,
sur la banquette, et regardai distraitement le boulevard.
Je ressentis un coup au cœur : à la terrasse, séparée de moi par l’épaisseur de la vitre, ses épaules
étroites, cette tonsure, cette nuque déjà grise, ces oreilles plates et décollées...Hubert était là, lisant
de ses yeux myopes un journal dont son nez touchait presque la [Link] affreuse joie m’envahit:je
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l’épiais et il ne savait pas que j’étais là.
Le taxi me déposa au coin de la rue. Je fis quelques pas pour essayer mes
forces. Tout allait bien. Il était à peine midi : je résolus d’aller boire un quart
Vichy aux Deux Magots. Je m’installai à l’intérieur, sur la banquette, et regardai
distraitement le boulevard.
Je ressentis un coup au cœur : à la terrasse, séparées de moi par l’épaisseur de
la vitre, ces épaules étroites, cette tonsure, cette nuque déjà grise, ces oreilles
plates et décollées... Hubert était là, lisant de ses yeux myopes un journal dont
son nez touchait presque la page. Une affreuse joie m’envahit : je l’épiais et il
ne savait pas que j’étais là.
François MAURIAC,Le nœud de vipères
Site : [Link]
Mystérieuse créature.
Je n’ai jamais très su bien d’où elle [Link] avait caché ses traces dès le dé[Link] en elle était
mystérieux .La première fois que je l’ai vue, c’était sur la petite place, là où les garçons se
réunissaient en sortant de classe, pour jouer au ballon, ou pour [Link] est passée sans regarder
personne, elle a disparu dans les rues sombres .Je ne me rappelle plus très bien comment elle était
habillée, parce que le souvenir que je garde d’elle, c’est cette photo qu’elle m’a donnée un jour
quand on a commencé à ce [Link] photo d’école, ou elle est assise au premier [Link] cette
photo je l’a trouve très belle, très étrange.
Je n’ai jamais très bien su d’où elle venait. Elle avait caché ses traces dès le
début. Tout en elle était mystérieux. La première fois que je l’ai vue, c’était sur
la petite place, là où les garçons se réunissaient en sortant de classe, pour
jouer au ballon, ou pour boxer. Elle est passée sans regarder personne, elle a
disparu dans les rues sombres. Je ne me rappelle plus très bien comment elle
était habillée, parce que le souvenir que je garde d’elle, c’est cette photo
qu’elle m’a donnée un jour, quand on a commencé à se voir. Une photo
d’école, où elle est assise au premier rang. Sur cette photo, je la trouve très
belle, très étrange.
Jean-Marie Gustave Le Clézio
Catastrophe écologique.
Je marche de long en [Link] demi-bottes ne font aucun [Link] suis frappé par l’exubérance
tropicale du [Link] il est peu diversifié.J’ai l’impression que les fougères, par leur écrasante
vitalité sont en train de tout conqué[Link] silence, l’absence de vie sont [Link] moindre toile
d’araignée, le moindre fil d’une branche à l’autre me ferait plaisir. Mais, j’en ai peur, à moins qu’ils
n’immigrent chez nous de région moins touchées nous ne reverront plus d’insectes, plus de bêtes à
bon Dieu,plus de cerfs-volants,c’est curieux insectes qui courraient dans les châtaigniers .Et les
oiseaux?Comment pourraient-ils vivre ici sans insectes ?La forêt en moins d’un quart de siècle se
reconstituera mais la nature restera mutilée.
Je marche de long en large. Mes demi-bottes ne font aucun bruit. Je suis frappé
par l’exubérance tropicale du sous-bois. Mais il est peu diversifié. J’ai
l’impression que les fougères, par leur écrasante vitalité, sont en train de tout
conquérir. Le silence, l’absence de vie sont oppressants. La moindre toile
d’araignée, le moindre fil d’une branche à l’autre me ferait plaisir. Mais, j’en ai
peur, à moins qu’ils n’immigrent chez nous de régions moins touchées, nous ne
reverrons plus d’insectes, plus de bêtes à bon Dieu, plus de cerfs-volants, ces
curieux insectes qui couraient dans les châtaigniers. Et les oiseaux ? Comment
pourraient-ils vivre ici sans insectes ? La forêt en moins d’un quart de siècle se
reconstituera, mais la nature restera mutilée.
Robert MERLE , Malevil
Naissance d’une grande amitié
Un soir, après une longue course, j’aperçus, comme je revenais à grands pas afin de ne pas me
mettre en retard, un chien qui galopait vers moi.C’était une sorte d’épagneul rouge, fort maigre,
avec de longues oreilles frisées.
Quand il fut à dix pas, il s’arrê[Link] j’en fis [Link] il se mit à agiter sa queue et il s’approcha à
petits pas avec des mouvements craintifs de tout le corps,en fléchissant sur ses pattes comme pour
m’implorer et en remuant doucement la tête.
J’allai vers lui, il se sauva, puis revint et je mis un genou par terre en lui débitant des douceurs afin
de l’[Link] se trouva enfin à portée de ma main et, tout doucement je le caressai avec des
précautions infinies.
Un soir, après une longue course, j’aperçus, comme je revenais à grands pas afin de
ne pas me mettre en retard, un chien qui galopait vers moi. C’était une sorte
d’épagneul rouge, fort maigre, avec de longues oreilles frisées.
Quand il fut à dix pas, il s’arrêta. Et j’en fis autant. Alors il se mit à agiter sa queue et il
s’approcha à petits pas avec des mouvements craintifs de tout le corps, en fléchissant
sur ses pattes comme pour m’implorer et en remuant doucement la tête.J’allai vers lui,
il se sauva, puis revint et je mis un genou par terre en lui débitant des douceurs afin
de l’attirer. Il se trouva enfin à portée de ma main et, tout doucement, je le caressai
avec des précautions infinies.
Guy de Maupassant, Le père Milon
Le porte monnaie
Le porte-monnaie rabattable est une révolution [Link]çu pour accueillir la monnaie, il possède
cependant une minuscule poche pour les [Link] s’impose grâce à ça commodité.Conçu pour séduire
l’homme et la femme, il sera souvent offert aux [Link] qui compte, c’est le geste pour l’ouvrir, et surtout
les quelques secondes qui [Link] pièces quittent leur habitacle d’origine pour venir se glisser dans la
demi-lune infé[Link] se chevauchent vaguement quant il y en a [Link] main s’écarte du corps
pour contempler avec le recueillement nécessaire une fortune allègre.
Parfois on a surestimé le pouvoir des piè[Link] il faut introduire l’index et le majeur dans la petite poche
plate réservée aux billets.
Le porte-monnaie rabattable est une révolution uni-sexe. Conçu pour accueillir la monnaie, il
possède cependant une minuscule poche pour les billets. Il s’impose grâce à sa commodité.
Conçu pour séduire l’homme et la femme, il sera souvent offert aux enfants. Ce qui compte,
c’est le geste pour l’ouvrir, et surtout les quelques secondes qui suivent. Les pièces quittent
leur habitacle d’origine pour venir se glisser dans la demi-lune inférieure. Elles se chevauchent
vaguement, quand il y en a beaucoup. La main s’écarte du corps pour contempler avec le
recueillement nécessaire une fortune allègre.
Parfois on a surestimé le pouvoir des pièces. Alors il faut introduire l’index et le majeur dans la
petite poche plate réservée aux billets.
Philippe Delerm, petite brocante intime
Hymne dédié au printemps
Sitôt l’équinoxe vernal passé, le printemps fait officiellement son apparition, souvent escorté par le
flamboiement des forsythias [Link] des signes avant-coureurs,telle l’apparition des perce-
neiges et autres fleurettes ou les aubades matutinales des oiseaux, nous invitent à la patience. Et à
Genève,l’éclosion du premier bourgeon du marronnier de la Treille dûment constatée pas le sautier ,
que la tribune de Genève ne manque pas de signaler, marque officieusement l’avènement de la
saison nouvelle.
Si le calendrier romain, ancêtre du nôtre,faisait débuter l’année au printemps,c’est probablement dû
au renouveau de la nature qui sort de sa léthargie hiémale.
Depuis des temps immémoriaux , partout dans le monde, on célèbre le printemps par diverses
libations.
En Suisse, tandis que les Zurichois s’adonnent à deux jours de liesse avec un cortège dont
l’apothéose et la mise à feux de l’effigie du Bonhomme Hiver,dans certains villages Genevois , les
enfants couronnés de fleurs défilent en chantant à travers les villes décorées pour fêter le
Feuillu,jadis un mannequin fait de branchages.
Le printemps a marqué les différents arts de son sceau.L’Antiquité ou la déesse Flore était
l’allégorie du printemps,a influencé La Renaissance,et particulièrement BOTTICELLI qui a peint
« le printemps ».En musique,STRAVINSKY a honoré cette saison avec son ballet « le sacre du
printemps » et,du concerto pour violon de VIVALDI « les quatre saisons »,c’est
« Le printemps »qui jouit de la plus grande faveur populaire.Côté chanson,on compte plus d’un
festival dont « Le printemps de Bourges » et plusieurs interprètes ayant célébrés cette saison,dont
Pierre PERRET avec son « C’est l’printemps »délicieusement [Link] VERLAINE et HUGO
ont traité ce thème dans plusieurs poèmes, comme Jacques CHESSEX qui, dans sa jeunesse, a signé
les vers de « L’hymne au printemps » .