SOMMAIRE
INTRODUCTION
I-LES CAUSES ET LES PREMIERS MOUVEMENTS D’UNIFICATION
1.L'influence de la Révolution française et des guerres napoléoniennes
2. Le Congrès de Vienne et la réorganisation de l'Italie en 1815
3. Les sociétés secrètes et les révoltes de 1820-1821 et 1830-1831
II- LES PHASES DE L'UNIFICATION ET LES PROTAGONISTES
[Link] première guerre d’indépendance (1848-1849)
2. La deuxième guerre d'indépendance et l'expédition des Mille (1859-1860)
3. Les protagonistes de l’unification italienne
III. LA FINALISATION DE L'UNIFICATION ITALIENNE
1. L'annexion de la Vénétie en 1866
2. La prise de Rome et la fin du processus d’unification
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
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INTRODUCTION
Au début du XIXᵉ siècle, l’Italie est morcelée en plusieurs États indépendants, sous domination
étrangère pour certains, notamment par l’Empire autrichien. Pourtant, une conscience nationale
émerge, nourrie par une histoire, une langue et une culture communes. Inspirés par les idéaux de
la Révolution française et du nationalisme européen, plusieurs mouvements se développent pour
revendiquer l’unification de la péninsule. Ce processus, connu sous le nom de Risorgimento, est
porté par des figures emblématiques comme Mazzini, Cavour, Garibaldi et Victor-Emmanuel II.
À travers des révoltes, des guerres d’indépendance et des alliances politiques, l’unité italienne
s’impose progressivement jusqu’à son achèvement en 1870 avec la prise de Rome.
Comment l’Italie, fragmentée et sous influence étrangère, a-t-elle réussi à s’unifier au XIXᵉ
siècle ?
Pour répondre à cette question, nous étudierons d’abord les causes et les premiers mouvements
d’unification, puis les étapes et les acteurs majeurs du Risorgimento et terminer par la
finalisation de l’unité italienne
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I. LES CAUSES ET LES PREMIERS MOUVEMENTS D'UNIFICATION
L'unification de l'Italie, processus complexe et progressif, a été influencée par divers facteurs
internes et externes. Parmi ceux-ci, l'héritage de la Révolution française et des guerres
napoléoniennes, les décisions du Congrès de Vienne de 1815, ainsi que l'action des sociétés
secrètes et les révoltes des décennies suivantes ont joué des rôles déterminants.
1. L'influence de la Révolution française et des guerres napoléoniennes
La Révolution française de 1789 a diffusé des idéaux de liberté, d'égalité et de souveraineté
populaire à travers l'Europe, touchant particulièrement la péninsule italienne. Ces principes ont
inspiré les Italiens à envisager une nation unifiée, émancipée des dominations étrangères. Les
guerres napoléoniennes ont renforcé cette dynamique. L'invasion française de la péninsule à
partir de 1796 a conduit à la création de républiques sœurs, telles que la République cisalpine et
la République ligurienne. Bien que sous influence française, ces entités ont introduit des
réformes administratives et juridiques, jetant les bases d'une conscience nationale italienne.
Cependant, après la défaite de Napoléon en 1815, le Congrès de Vienne a rétabli l'ordre
précédent, divisant la péninsule en plusieurs États sous domination étrangère, notamment
autrichienne. Cette réorganisation a renforcé le désir d'unité et d'indépendance parmi les patriotes
italiens.
2. Le Congrès de Vienne et la réorganisation de l'Italie en 1815
Le Congrès de Vienne (1814-1815) visait à rétablir l'ordre en Europe après les guerres
napoléoniennes. Concernant l'Italie, le congrès a abouti à une réorganisation territoriale qui a
restauré les anciennes dynasties et renforcé l'influence autrichienne. Cette réorganisation a
maintenu la division de la péninsule en multiples États, entravant les aspirations à l'unification
nationale. Par exemple, le Royaume de Sardaigne a vu ses frontières élargies, mais l'Autriche a
conservé un contrôle significatif sur le nord de l'Italie, notamment la Lombardie et la Vénétie.
Cette configuration politique a exacerbé les tensions et alimenté les mouvements nationalistes
cherchant à unifier l'Italie.
3. Les sociétés secrètes et les révoltes de 1820-1821 et 1830-1831
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Face à la domination étrangère et à la fragmentation politique, des sociétés secrètes telles que les
Carbonari ont émergé. Ces organisations clandestines ont joué un rôle clé dans la promotion des
idéaux libéraux et nationalistes. En 1820, inspirés par la révolution espagnole, les Carbonari ont
orchestré une insurrection à Naples, forçant le roi Ferdinand Ier à accorder une constitution
libérale. Cependant, cette avancée a été de courte durée, car les puissances conservatrices,
notamment l'Autriche, ont réprimé le mouvement, rétablissant l'ordre absolu. De même, en 1831,
des révoltes ont éclaté dans les États pontificaux et le duché de Modène. Les patriotes ont
proclamé les "Provinces unies italiennes" dans une tentative d'unification. Malheureusement, ces
mouvements ont également été écrasés par les forces autrichiennes et les autorités locales,
entraînant une répression accrue. Néanmoins, ces échecs ont renforcé la détermination des
nationalistes et ont jeté les bases des mouvements ultérieurs menant à l'unification de l'Italie.
II- LES PHASES DE L'UNIFICATION ET LES PROTAGONISTES
L’unification de l’Italie, entreprise au XIXᵉ siècle, ne s’est pas réalisée en un jour. Elle a été le
fruit de plusieurs conflits et de stratégies politiques habiles orchestrées par des figures majeures
du Risorgimento.
1- La première guerre d'indépendance (1848-1849)
Le contexte révolutionnaire de 1848, qui embrase l’Europe, touche profondément l’Italie.
Inspirés par les révolutions en France et en Allemagne, de nombreux Italiens se soulèvent contre
la domination autrichienne, en particulier dans le Royaume de Lombardie-Vénétie, sous contrôle
autrichien. Le roi Charles-Albert de Savoie, monarque du Royaume de Piémont-Sardaigne, voit
dans cette effervescence l’opportunité de se positionner en leader du mouvement national.
Soutenu par des volontaires issus de plusieurs régions italiennes, il déclare la guerre à l’Autriche
en mars 1848. Cette confrontation, connue sous le nom de première guerre d’indépendance, voit
initialement quelques succès italiens, notamment la victoire à Goito. Cependant, les Autrichiens,
dirigés par le maréchal Radetzky, reprennent rapidement l’avantage. La défaite décisive de
Novare en mars 1849 force Charles-Albert à abdiquer en faveur de son fils, Victor-Emmanuel II,
qui hérite d’un royaume affaibli.
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Malgré cet échec, la première guerre d’indépendance a marqué une prise de conscience
collective. L'idée d'une Italie unifiée sous l’impulsion du Piémont-Sardaigne commence à
s’imposer, et le nationalisme italien ne cesse de croître.
2. La deuxième guerre d'indépendance et l'expédition des Mille (1859-1860)
Une décennie après l’échec de la première guerre d’indépendance, le contexte géopolitique
évolue. Le nouveau roi du Piémont-Sardaigne, Victor-Emmanuel II, et son habile Premier
ministre, Camillo Benso di Cavour, adoptent une stratégie diplomatique pour affaiblir la
domination autrichienne. Conscient que l’unité italienne ne peut se faire sans appuis étrangers,
Cavour obtient en 1858 l’alliance de Napoléon III, empereur des Français, lors de la rencontre
secrète de Plombières. En échange de l’aide militaire de la France contre l’Autriche, Cavour
promet de céder Nice et la Savoie à la France.
Ainsi, en avril 1859, la deuxième guerre d’indépendance éclate. La coalition franco-
piémontaise remporte des victoires majeures, notamment à Magenta et Solferino, forçant
l’Autriche à céder la Lombardie au Piémont-Sardaigne. Toutefois, Napoléon III signe un
armistice précipité avec l’Autriche à Villafranca, frustrant les espoirs d’une unification rapide.
Aussi, un mouvement révolutionnaire prend de l’ampleur dans le sud de l’Italie. En mai 1860,
Giuseppe Garibaldi, patriote et chef militaire charismatique, lance l’expédition des Mille. À la
tête d’un millier de volontaires vêtus de chemises rouges, il débarque en Sicile et, en quelques
mois, conquiert le Royaume des Deux-Siciles, défaisant l’armée du roi François II à Calatafimi
et à Volturno. L’avancée fulgurante de Garibaldi inquiète Cavour, qui craint une dérive
républicaine du mouvement. Pour éviter cela, il envoie l’armée piémontaise occuper les États
pontificaux, ne laissant au pape que la ville de Rome. Finalement, Garibaldi, fidèle à l’unité
italienne, remet ses conquêtes à Victor-Emmanuel II, qui est proclamé roi d’Italie en 1861.
3. Les protagonistes de l’unification italienne
L’unification italienne a été rendue possible grâce à l’action de plusieurs figures clés, chacune
jouant un rôle spécifique et complémentaire dans le processus.
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D'abord, nous avons Victor-Emmanuel II (1820-1878) . Il est le Roi du Piémont-Sardaigne, il
devient en 1861 le premier roi d’Italie. Son pragmatisme et son soutien aux efforts de Cavour et
de Garibaldi en font un acteur central de l’unité italienne.
Ensuite, nous avons Camillo Benso di Cavour (1810-1861) . Il fut le Premier ministre du
Piémont-Sardaigne, il est le principal artisan de l’unification par la diplomatie et la
modernisation de son royaume. Son habileté politique, notamment son alliance avec Napoléon
III, a permis de vaincre l’Autriche.
De plus, vient Giuseppe Garibaldi (1807-1882) . Chef militaire et héros du Risorgimento, il
incarne l’unité italienne par la force des armes. Son expédition des Mille reste un moment
emblématique de l’unification.
Aussi , Giuseppe Mazzi ,(1805-1872) est Idéologue du nationalisme italien, il fonde la Jeune
Italie, une organisation républicaine militant pour l’unification. Bien qu’il n’ait pas directement
contribué aux succès militaires ou diplomatiques, ses idées ont profondément influencé les
patriotes italiens.
Et enfin, Napoléon III (1808-1873) . Bien que non italien, l’empereur français joue un rôle
déterminant en soutenant militairement le Piémont-Sardaigne contre l’Autriche en 1859.
Toutefois, ses intérêts diplomatiques le conduisent à freiner l’unification complète.
III. LA FINALISATION DE L'UNIFICATION ITALIENNE
1. L'annexion de la Vénétie en 1866
Après la proclamation du Royaume d'Italie en 1861, certaines régions italiennes, notamment la
Vénétie, restaient sous domination étrangère, en l'occurrence celle de l'Empire d'Autriche. La
Vénétie, avec sa capitale historique Venise, était non seulement une région stratégique, mais
aussi un symbole culturel et économique majeur pour les Italiens.
En 1866, le contexte européen était marqué par des tensions croissantes entre la Prusse et
l'Autriche, deux puissances cherchant à dominer la scène germanique. Otto von Bismarck,
chancelier prussien, préparait une confrontation avec l'Autriche pour affirmer la suprématie
prussienne en Allemagne. Voyant une opportunité, le Royaume d'Italie conclut une alliance avec
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la Prusse le 8 avril 1866, s'engageant à attaquer l'Autriche au sud si la Prusse l'attaquait au nord.
En cas de victoire, l'Italie se verrait attribuer la Vénétie. La guerre austro-prussienne éclata le 16
juin 1866, suivie de la déclaration de guerre italienne à l'Autriche le 20 juin. Cependant, malgré
leur alliance, les forces italiennes subirent des défaites notables, notamment lors de la bataille de
Custoza le 24 juin 1866, où l'armée italienne, commandée par le roi Victor-Emmanuel II et le
général Alfonso La Marmora, fut vaincue malgré sa supériorité numérique. De même, la bataille
navale de Lissa le 20 juillet 1866 se solda par une défaite de la flotte italienne face à la marine
autrichienne, révélant les lacunes militaires de l'Italie.
Aussi, la Prusse remportait des victoires décisives contre l'Autriche, notamment à la bataille de
Sadowa le 3 juillet 1866. Affaiblie, l'Autriche fut contrainte de négocier la paix et accepta de
céder la Vénétie à la France de Napoléon III, qui la transféra ensuite à l'Italie pour éviter une
humiliation directe. Le traité de Vienne, signé le 3 octobre 1866, officialisa l'annexion de la
Vénétie au Royaume d'Italie après un plébiscite organisé dans la région, où la population se
prononça massivement en faveur de l'unification.
2. La prise de Rome et la fin du processus d'unification
Malgré l'annexion de la Vénétie, Rome restait en dehors du Royaume d'Italie, sous l'autorité
temporelle du pape Pie IX et protégée par des troupes françaises depuis 1849. Pour les patriotes
italiens, l'absence de Rome, considérée comme le cœur historique et culturel de l'Italie,
constituait une anomalie inacceptable. Bien que Florence ait été désignée capitale en 1865,
l'opinion publique italienne voyait Rome comme la seule capitale légitime. Le déclenchement de
la guerre franco-prussienne en juillet 1870 offrit une opportunité inespérée aux Italiens. La
France, engagée dans le conflit contre la Prusse, dut rappeler ses troupes stationnées à Rome
pour renforcer son front. Le 2 août 1870, les derniers soldats français quittèrent Rome, laissant le
pape sans protection militaire. La défaite française à la bataille de Sedan le 2 septembre 1870,
suivie de la capture de Napoléon III et de la proclamation de la Troisième République le 4
septembre, élimina toute menace d'intervention française en faveur du pape. Profitant de cette
conjoncture, le roi Victor-Emmanuel II tenta d'abord des négociations avec le pape Pie IX, mais
face à son refus, il ordonna une intervention militaire. Le 11 septembre 1870, une armée italienne
d'environ 50 000 hommes, commandée par le général Raffaele Cadorna, pénétra dans le Latium
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et marcha sur Rome. L'armée pontificale, bien inférieure en nombre avec environ 13 000 soldats,
ne pouvait espérer tenir longtemps. Le 19 septembre, les troupes italiennes encerclèrent la ville.
Pie IX, refusant une reddition sans combat, ordonna aux soldats pontificaux de défendre Rome
pour symboliser son opposition à l'unification.
L'attaque principale se concentra sur la Porta Pia, une des portes des murailles d'Aurélien. Après
plusieurs heures de bombardement, une brèche fut ouverte le 20 septembre 1870, permettant aux
troupes italiennes d'entrer dans la ville. Les combats furent brefs, causant environ 49 morts et
143 blessés du côté italien, et 19 morts et 68 blessés du côté pontifical. Face à la supériorité des
forces italiennes, le pape ordonna finalement la reddition. Le même jour, Pie IX se retira au
Vatican et refusa de reconnaître l'autorité italienne, se considérant désormais comme un
"prisonnier du Vatican", position qu'adopteront ses successeurs jusqu'aux accords du Latran en
1929. Le 2 octobre 1870, un plébiscite fut organisé dans Rome et le Latium, aboutissant à une
écrasante majorité en faveur de l'annexion au Royaume d'Italie. Le 9 octobre 1870, Rome fut
officiellement intégrée au Royaume d'Italie. Le 3 février 1871, Florence céda sa place et Rome
devint la capitale du Royaume d'Italie, marquant ainsi l'achèvement du processus d'unification
Italienne.
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CONCLUSION
En conclusion, nous retenons que l’unification de l’Italie, réalisée au prix de nombreux conflits
et stratégies habiles, a permis de créer un État unifié, consolidant ainsi la souveraineté italienne
et mettant fin à des siècles de domination étrangère. Toutefois, ce processus a également révélé
des disparités internes qui ont perduré longtemps après l’achèvement de l’unification. Les
tensions sociales et économiques entre le nord et le sud du pays, ainsi que les relations
complexes avec l'Église catholique, ont continué à marquer l’histoire de l’Italie. Néanmoins,
l’unification italienne reste un moment clé dans l’histoire de l’Europe, illustrant les luttes pour
l’indépendance et l’identité nationale.
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BIBLIOGRAPHIE
Outils de travail
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Anceau Éric , Napoléon III, un Saint-Simon à cheval, Paris, Tallandier, 2008 .
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Articles
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Kartable “La France et la construction de nouveaux États : les unités italienne et allemande
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