LYON – 19 Février 2013
Analyse du fonctionnement des équipements
Le Chauffage et l’ECS
Olivier SIDLER
1 – Le chauffage
1 – Bannir le
1 – Chauffage – Production de chaleur surdimensionnement des
puissances installées
Inconvénients du surdimensionnement des générateurs :
1 - c’est plus cher (machine et installation plus importantes)
2 - diminue le rendement d’exploitation (à cause de la très forte réduction du taux de
charge).
Rendement ηch
Taux de charge annuel 100%
En logement : on peut même prendre pour puissance la plus élevée des puissances de
chauffage ou d’ECS. Priorité à l’ECS.
Ceci grâce à la constante de temps énorme du bâtiment.
1 – Bannir le
1 – Chauffage – Production de chaleur surdimensionnement des
puissances installées
Exemple avec générateur non sur dimensionné (INEED)
ENERTECH ADEME
CHAUDIERE
Courbe de fréquences cumulées du taux de charge (par rapport
au comptage de chaleur) de la chaudière
100%
90%
Taux de charge
Malgré l’absence de surpuissance,
80% maxi : 67% le taux de charge est faible, ce qui
dégrade le rendement.
Taux de charge de la chaudière
70%
Taux de charge > 50% pendant
60% 3% de l’année (132 h)
50%
40%
Taux de charge moyen sur l’hiver : 21 %
30%
20%
10%
0%
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Occurence INEED
1 – Bannir le
1 – Chauffage – Production de chaleur surdimensionnement des
puissances installées
Exemple avec générateur non sur dimensionné (INEED)
ENERTECH ADEME
Courbe de fréquences cumulées du rendement de génération journalier
100%
95% Rendement annuel : 91,2 %
90%
Rendement de génération
85%
80%
75%
70%
Bien que ce générateur à puissance variable ne soit pas
65%
surdimensionné, son rendement chute très vite lorsque le
60% taux de charge diminue : s’il avait été surdimensionné, le
55%
rendement annuel aurait été catastrophique
50%
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Occurence
Occurrences
1 – Bannir le
1 – Chauffage – Production de chaleur surdimensionnement des
puissances installées
Exemple avec générateurs surdimensionnés
ENERTECH ADEME
C O N S O M M AT IO N S S P E C IF IQ U E S E N E R G IE S U T IL E E T P R IM AIR E (g a z )
p o u r c h a u ffa g e
140 η = 96%
Plus la charge est faible, plus le rendement se dégrade…
120
Consommation (kWh/an/m²)
100 η = 90%
M o ye n n e é n e r g ie p r im a ire : 8 4 k W h /a n /m ²
80
M o ye n n e é n e r g ie u tile : 7 1 ,5 k W h /a n /m ²
60
O b je c tif : 5 0 k W h /a n /m ²
40
η = 54%
20
η = 79%
0
5 3 R u n tz 31 Vosges 33 M açons 13 Vosges
E n e rg ie p rim a ire E n e rg ie U tile R é h a b ilita tio n F ra n k lin
Règle d’or : ne jamais surdimensionner les installations pour
ne pas dégrader le rendement
1 – Chauffage – Production de chaleur 2 – Puissance installée
et relance matinale…
Et la relance matinale ?????
1 – En logements on supprime le ralenti de nuit car il ne sert plus à rien : la
température ne baisse même plus durant la nuit (à peine 0,4°C). Donc pas de problème de
surpuissance.
2 – En tertiaire, si on souhaite un ralenti de WE, il suffit de le pratiquer tant que la
température extérieure n’est pas inférieure à une valeur seuil. Au-delà de cette température, on
ne fait plus de ralenti. Aucune surpuissance nécessaire.
1 – Chauffage – Production de chaleur 3 – Améliorer le rendement
d’exploitation
1 – Limiter les pertes d’intermittence en
réduisant la longueur des tronçons hydrauliques
entre la production de chaleur et le départ des
réseaux.
2 – Placer la production de chaleur de façon centrale. Faire des réseaux en étoile et courts.
3 – Attention aux chaufferies d’îlot : les pertes en ligne peuvent représenter plusieurs
dizaines de % de la consommation de chauffage et d’ECS dans les bâtiments à faibles besoins.
1 – Chauffage – Production de chaleur 4 – Attention aux choix
techniques coûteux
Observation : la facture énergétique ne diminue pas aussi vite que la consommation
d’énergie dans les bâtiments BBC. Raisons :
1 – En ajoutant les sources d’énergie différentes on ajoute des abonnements souvent
coûteux. Le prix du service rendu dépasse celui de l’énergie vendue,
2 – En complexifiant les installations, on génère de plus en plus des coûts de
maintenance élevés (et pas toujours justifiés).
3 – La justification des réseaux de chaleur est de plus en plus délicate dans ce contexte, car
l’investissement est très lourd, et la vente d’énergie minime, d’où des coûts d’abonnement hors
normes. Le service rendu devient très cher.
Piste de réflexion actuelle : construire des bâtiments sans chauffage….
2 – Chauffage – Distribution et 1 – Réduire les pertes de
régulation distribution
1 – Faire des réseaux les
plus courts possible, et hyper
calorifugés. Isoler tous les organes
sans exception.
2 – Ne plus placer les radiateurs sous les fenêtres
car il n’y a plus de parois froides : c’est moins cher et évite
les surchauffes.
Chambre Chambre
Circulations
2 – Chauffage – Distribution et 2 – Surchauffes dues aux
régulation pieuvres hydrocâblées
Photographie IR d’un plancher :
Profil de température le long de la ligne Li1 Séjour, sol
28,5
28
Température en °C
27,5
27
26,5
26
25,5
0 20 40 60 80 100
Phénomène observé : un usager « monte » son chauffage à 24°C. Ce faisant il surchauffe
la dalle en permanence, et celle-ci surchauffe le logements inférieur dont tous les
radiateurs sont pourtant à l’arrêt
2 – Chauffage – Distribution et 2 – Surchauffes dues aux
régulation pieuvres hydrocâblées
Photographie IR du plafond du logement situé au-dessous :
surchauffe subie par le locataire
Profil de température le long de la ligne Li1
29,5
29
Séjour, plafond
Fenêtres ouvertes en hiver
28,5
Température en °C
28
27,5
27
26,5
26
25,5
25
24,5
0 20 40 60 80 100
Les pieuvres hydrocâblées non isolées se transforment en plancher chauffant en dalle
pleine et affecte le confort des occupants par diffusion massive de chaleur. Résultat : les
usagers en surchauffe vivent fenêtres ouvertes
2 – Chauffage – Distribution et 3 – Faire des régulations
régulation terminales efficaces
Récupérer les apports gratuits par une régulation efficace donc précise,
réactive et locale (éviter les robinets thermostatiques pour cela). Exemple d’une absence
totale de régulation
Evolution de la température dans les salles de classe interdisant la récupération
50 des apports gratuits
pourtant très abondants
45 T° départ chauffage
40
35 T° retour chauffage
Température (°C)
30
25
20 19°C
15
T° de la salle de classe
10
5
T° extérieure
0
00:00 02:00 04:00 06:00 08:00 10:00 12:00 14:00 16:00 18:00 20:00 22:00
Heure
2 – Chauffage – Distribution et 4 – Faire des régulations
terminales à débit variable
régulation pour économiser l’électricité
Dans ce schéma hydraulique,
le débit de la pompe ne varie
jamais. Une pompe à débit
variable ne sert à rien!
2 – Chauffage – Distribution et 4 – Faire des régulations
terminales à débit variable
régulation pour économiser l’électricité
Dans ce schéma hydraulique en
revanche, le débit de la pompe peut
varier car la régulation terminale se
fait en tout ou rien. Une pompe à
débit variable est utile!
Conclusion : Pour réduire la consommation électrique des pompes
il faut les faire fonctionner à débit variable. Mais pour cela, il faut
que le débit puisse varier !
2 – L’eau chaude sanitaire
Eau chaude sanitaire Réduire les pertes de
l’installation
Les campagnes de mesure ont montré que :
Les besoins « aux robinets » pour l’ECS sont de 7 à 10 kWh/m²/an
Or la consommation moyenne française est de 38 kWh/m²/an. Toute la différence, ce sont des
pertes. Il faut agir sur tous les maillons de la chaîne et de très gros progrès sont possibles.
Eau chaude sanitaire Réduire les pertes de
l’installation
Dans tous les bâtiments sans exception, la distribution
d’ecs a un rendement catastrophique
Cas du Patio Lumière (Grenoble)
Pertes bouclage aller
Apports solaires
Total énergie utile payante : 21 370 kWh 17 ,1 %
12,2 kWh/m²/an
45 720 kWh Rendement global 44,8 %
(hors génération)
44,8 %
Fourniture
de chaleur Besoins
22,3 %
15,8 %
Pertes sous-station Total au robinet :
Pertes bouclage retour 8,0 kWh/m²/an
Dans cette installation, la distribution est plutôt bien calorifugée (30 à 40 mm d’isolant) et mesure en
moyenne 8m/logement. Pourtant les pertes sont écrasantes.
Conclusion : il faudra hyper isoler les réseaux d’ECS et les organes en chaufferie à l’avenir. La réduction
des consommations d’ECS passe par là.
Eau chaude sanitaire Réduire les pertes de
l’installation
Pour réduire les pertes on doit changer les habitudes et agir en :
1 – Surisolant tous les organes en chaufferie et en réseau,
2 – Réduisant la longueur de la
distribution : fin de la distribution
en gaine palière (gaspille l’eau et
SdB WC l’énergie). Distribution courte à
Séjour l’intérieur des logements (une
gaine par logement).
Cuisine
Chambre Chambre Véranda
L’eau chaude sanitaire Surdimensionnement des
Conception installations d’ECS
Débits de pointe à 10 minutes : imposés/réels
E N E R TE C H Z AC D E B O N N E
ZDB_ECS
C o m p a ra iso n d es d éb its d e p o in te à 5 5°C à 10 m in u te s m esu rés et c alc u lé s p a r les
m éth o d es d e c o n ce p tio n d e l'A IC V F
1 8 ,0
1 6 ,0
1 4 ,0
Débit (litres/logement à 55°C)
1 2 ,0
1 0 ,0
8 ,0
6 ,0
4 ,0
2 ,0
0 ,0
B1 A2 G 2 s o u s -s tatio n A B G 2 s o us -s ta tio n C G3
S E M S AG E S
M e s ure s C a lc u l d e co n c ep tio n V IL L E D E G R E N O B L E
Des débits de pointe à 10 minutes 2 à 3 fois inférieurs à ceux obtenus par les règles
de calcul usuelles : d’où des équipements trop importants et trop coûteux
Eau chaude sanitaire Attention à la distribution en
gaine palière
La distribution en gaine palière :
1 – gaspille l’eau (longs soutirages pour que l’EC « arrive ») et l’énergie (longs réseaux),
2 – A l’origine de surchauffes (de la dalle) insupportables en été,
3 – Ne surtout jamais faire un bouclage par logement avec une distribution en gaine palière :
énormes surchauffes l’été avec logements « impropres à leur destination ».
Eau chaude sanitaire Sobriété avant tout !
Limiteur de débit autorégulé et calibré
Les douchettes à économie d’eau ou les
limiteurs de débit autorégulés et calibrés
sont des organes très bon marché et qui se
posent facilement. L’entreprise de
maintenance peut les proposer à son client
afin de lui faire réduire sa consommation Douchette à turbulence
d’eau (chaude et froide)
Eau chaude sanitaire Attention aux spécificités des
installations solaires
Tronçon
manquant
Clapets anti-
retour manquants
De nombreuses installations de distribution ne fonctionnent pas correctement à cause de
l’absence de ces deux clapets et du tronçon de bipasse
Eau chaude sanitaire Attention aux spécificités des
installations solaires
Dans de nombreuses installations solaires, la partie basse du ballon est réchauffée par des
retours de boucle chauds qui interdisent la récupération des apports solaires. De
nombreuses configurations hydrauliques peuvent y conduire.
Eau chaude sanitaire Attention aux spécificités des
installations solaires
Insuffisance de la pression de prégonflage des vases
d’expansion capteurs
Observation : pression de prégonflage d’un vase de boucle capteurs de 2,5 bars,
avec les capteurs 30 m au-dessus de la sous station et du vase.
1-Au moment de la mise en eau, il va falloir augmenter la
pression dans le vase, donc réduire le volume d’expansion
2-Dès qu’il y aura une surchauffe un peu forte, le volume d’expansion
étant insuffisant, la soupape crachera et le liquide s’échappera.
3-Quand tout sera refroidi, il y aura un manque d’eau dans l’installation
(poche d’air), et le circulateur ne pourra plus mettre la boucle en
mouvement. Donc il y aura à nouveau surchauffe. Le mainteneur
« avisé » rajoutera du fluide, mais cela recommencera éternellement….
Consigne : Le calcul d’un vase d’expansion pour capteurs solaires doit prendre en compte
la hauteur entre capteurs et vase en point bas, la pression de vaporisation à 120°C
(température limite pour le fonctionnement des capteurs) et même la rétractation du fluide
pour les températures négatives.
Eau chaude sanitaire Des pompes non asservies
aux besoins
Toutes les pompes tournent sans discontinuer
E N E R TE C H ZAC D E B O N N E
G 2_S ervices g é né ra u x
E volution m oyenne journalière des consom m ations des usages des sous-stations
2500
Cette pompe fonctionne 8760 h/an au lieu de 3 000 h…
2000
Consommation (kWhel/h)
1500
1000
500
0
-
00
00
00
00
00
00
00
00
00
0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
,0
1,
2,
3,
4,
5,
6,
7,
8,
9,
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
H eure
R ég ulatio n Po m p e seco nd aire Po m p e b o uclag e Pompe CT A
Po m p e chauffag e Po m p e ap p o int EC S Po m p es so laires LE C O N C E R TO
Faire des économies d’énergie, c’est asservir toutes les pompes aux besoins réels
Plus d’informations :
[Link]
(rapports de mesure gratuitement mis en ligne)