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Cours de Mécanique Quantique II - PHY 427

Le document présente le syllabus du cours de Mécanique Quantique II (PHY 427) dispensé par Celsus Bouri à l'Université de Douala. Il détaille les objectifs pédagogiques, la méthode d'enseignement, l'évaluation et le plan de cours, incluant des sujets tels que les symétries, le spin et les systèmes de particules identiques. Le cours est obligatoire pour les étudiants de Master PHYS et nécessite des pré-requis en analyse, algèbre linéaire et Mécanique Quantique I.

Transféré par

Lise Laure
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© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Cours de Mécanique Quantique II - PHY 427

Le document présente le syllabus du cours de Mécanique Quantique II (PHY 427) dispensé par Celsus Bouri à l'Université de Douala. Il détaille les objectifs pédagogiques, la méthode d'enseignement, l'évaluation et le plan de cours, incluant des sujets tels que les symétries, le spin et les systèmes de particules identiques. Le cours est obligatoire pour les étudiants de Master PHYS et nécessite des pré-requis en analyse, algèbre linéaire et Mécanique Quantique I.

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I

QI
M
PHY 427 : Mécanique Quantique II
RI
Celsus BOURI
OU

11 octobre 2021
sB
lsu
Ce
bouricelsus@[Link]

I
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M
RI
OU
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Ce

Cours de Mécanique Quantique Master II: 2 Celsus Bouri©2021/2022


Syllabus

I
QI
Université de Douala Faculté des Sciences
Département de Physique

M
Mécanique Quantique II

PHY 427

Cours
RI
Titre : Mécanique Quantique II Sigle : PHY 427
OU
32h CM/ 24h TD/ 6h TPE
Crédits : 5 Session : S1 Master PHYS
Cours : 4 heures/semaine Travail personnel : 8 heures/semaines
sB

Enseignant

Nom : Celsus BOURI Tél : 670 52 62 62 / 697 97 47 27


lsu

E-mail : bouricelsus@[Link] bouricelsus@[Link]

Place du cours dans le programme


Ce

Type de cours : Obligatoire


Pré-requis : Analyse, Algèbre linéaire, Mécanique Quantique I

Objectifs généraux

Au-delà des postulats de la Mécanique Quantique, ce cours consiste à familiariser


l’étudiant avec les notions de théories de groupes, les symétries qui entraînent des lois de
conservation dont un exemple est le moment angulaire. L’étudiant devra aussi comprendre
la concept de spin. L’étudiant devra être capable de coupler 2 moments angulaires ou

3
plus en déterminant les vecteurs de la base et les valeurs propres associées. Enfin, celui-
ci est amené à étudier quelques techniques d’études des problèmes modèles de physique
fondamentale et les systèmes de particules identiques.

Méthode pédagogique

1. Cours magistral (2 heures/semaine) en présentiel et e-learning


2. Séance de travaux dirigés (2 heures/semaine)

I
3. Devoirs corrigés et revus en classe

QI
4. Suivi personnalisé des apprenants

M
Evaluation

1. Moyens d’évaluation : 1 examen, 1 à 2 contrôles continus, des devoirs maison


RI
2. Types de question : Problèmes à résoudre et questions de développement
OU
Plan du cours

1. Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique


2. Symétrie et Règles de conservation
sB

3. Groupe non commutatif : le groupe des rotations


4. Particules de spin 1/2
5. Composition des moments angulaires
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6. Méthodes d’approximation
7. Système de particules identiques
Ce

Cours de Mécanique Quantique Master II: 4 Celsus Bouri©2021/2022


Progression

Séance Cours Sujets CM TD


1 CM Rappels sur les Fondements de la Mécanique Quantique II 4h
2 CM Symétries et Règles de conservation 4h
3 CM Groupe non commutatif des rotations 4h
4 CM Groupe non commutatif des rotations 4h
5 CM Spin 1/2 de l’électron 2h
TD1 2h

I
6 CM Composition des moments angulaires 2h

QI
TD1 (Suite) 2h
7 CM Composition des moments angulaires 2h
TD1 (Fin) 2h

M
8 CM Méthodes d’approximation 2h
TD2 2h
9 CM Méthodes d’approximation
RI 2h
TD2 (Suite) 2h
10 CM Méthodes d’approximation 2h
TD2 (Fin) 2h
OU

11 CM Systèmes de Particules Identiques 2h


TD3 2h
12 CM Systèmes de Particules Identiques 2h
sB

TD3 (Suite) 2h
13 CM Systèmes de Particules Identiques 2h
TD3 (Fin) 2h
14 TD4 4h
lsu

Total 32h 24h


Ce

Bibliographie

1. M. Kwato Njock, Notes de cours de Mécanique Quantique, Université de Douala,


2007
2. F. Faure, Notes de cours de Mécanique Quantique, Université Joseph Fourier Gre-
noble, 2004
3. J. M. Ziman, Elements of Advanced Quantum Theory, Cambridge University Press,
1969
4. C. Cohen-Tannoudji etal., Mécanique Quantique Tomes I et II, Dunod, 1981

Cours de Mécanique Quantique Master II: 5 Celsus Bouri©2021/2022


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Cours de Mécanique Quantique Master II: 6 Celsus Bouri©2021/2022


Avertissement

I
Tout en restant à l’intérieur du cadre fixé par le programme de la Master I, le volume

QI
et le contenu de ces notes de cours dépassent – et de loin – ce qu’il est raisonnable et
possible de traiter en quatre heures hebdomadaires semestriels. Cette disproportion est le
résultat d’un choix délibéré : faire le tour d’horizon à propos d’une question donnée –

M
sans toutefois prétendre l’épuiser – en posant les idées principales mais sans omettre des
compléments conceptuels et sans négliger les détails de calcul.
Bien évidemment, ces notes n’ont aucun caractère exhaustif, compte tenu notamment
RI
de la richesse de la matière, et ne doivent surtout pas être considérées comme constituant
un document de référence exclusif. Les avoir sous la main ne doit pas écarter l’envie de
lire les ouvrages disponibles dans les bibliothèques, bien au contraire : il est souhaitable
OU

(et souhaité !) que les développements qui figurent dans ce polycopié et qui ne seront pas
mentionnés oralement suscitent la curiosité d’en savoir davantage en allant consulter les
nombreux livres traitant des questions abordées.
N. B. Le présent cours s’inscrit dans la continuité du cours de Mécanique Quantique
sB

dispensé en Licence de Physique. Pour cette raison, les rappels de connaissances acquises
antérieurement seront strictement limités et forcément sommaires : pour plus de détails,
se reporter au cours de Licence.
lsu
Ce

7
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Cours de Mécanique Quantique Master II: 8 Celsus Bouri©2021/2022


Table des matières

I
QI
1 Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique 13
1.1 L’équation de Schrödinger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2 Formalisme de Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

M
1.3 Opérateurs hermitiques, opérateurs unitaires . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.4 Postulats de la Mécanique Quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.4.1 Notion d’état . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
RI
1.4.2 Notion d’observable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4.3 Résultats possibles de la mesure d’une grandeur physique . . . . . . 23
1.4.4 Réduction du paquet d’onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
OU
1.4.5 Evolution des systèmes dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5 Evolution temporelle d’un système quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

2 Symétries et règles de conservation 29


sB

2.1 Le principe euclidien de Relativité et le rôle de la symétrie en Physique . . 29


2.2 Les symétries fondamentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.2.1 Transformations d’espace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
[Link] Translations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
lsu

[Link] Rotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
[Link] Parité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.2.2 Renversement du temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Ce

2.2.3 Evolution temporelle - Théorème d’Ehrenfest . . . . . . . . . . . . 38


2.3 Invariance de jauge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.4 Invariance et lois de conservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.4.1 Symétries discrètes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
[Link] Renversement du temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
[Link] Parité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.4.2 Symétries continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.5 Eléments de théorie des groupes. Représentations . . . . . . . . . . . . . . 42
2.5.1 Représentation d’un groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
[Link] Représentation irréductible . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

9
TABLE DES MATIÈRES

[Link] Invariance et représentation . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

3 Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire 45


3.1 Structure du groupe des rotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.2 Représentation du groupe des rotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.2.1 Règles de commutation des moments angulaires : Algèbre de Lie . . 48
3.2.2 Espace des représentations irréductibles du groupe des rotations . . 50
3.2.3 Etats propres du moment cinétique orbital . . . . . . . . . . . . . . 53
3.3 Mouvement dans un potentiel central . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

I
3.4 Spectre de l’atome d’hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

QI
3.4.1 Symétrie dynamique du potentiel de Coulombien : symétrie de Pauli 62
3.5 Vecteurs, tenseurs et théorème de Wigner Eckart . . . . . . . . . . . . . . 64
3.5.1 Vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64

M
3.5.2 Tenseurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.5.3 Tenseurs (sphériques) irréductibles de rang k . . . . . . . . . . . . . 65

4 Particules de spin
4.1
1
2
RI
Insuffisances de la description par une seule fonction d’onde . . . . . . . . 67
67

4.2 Moment angulaire et moment magnétique en physique classique . . . . . . 69


OU
4.3 Expérience de Stern et Gerlach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.4 Calcul quantique de la précession de Lamor . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.5 L’espace des états de spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.6 Dynamique et évolution temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
sB

4.7 Applications du spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75


4.7.1 La cryptographie quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
[Link] Cryptographie classique symétrique à clef secrète . . . . . 76
[Link] Cryptographie quantique : le protocole B.B.84 pour par-
lsu

tager une clef secrète. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76


4.7.2 La résonance magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
[Link] Approche classique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
Ce

[Link] Approche quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78


4.7.3 La MASER ( Microwave Amplification by Stimulated Emission of
Radiation ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.8 Complément: Origine relativiste du spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
4.8.1 Construction de l’équation de Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

5 Composition des moments angulaires 91


5.1 Produit de deux représentations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.2 Réduction du produit Dj1 ⊗ Dj2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
5.3 Coefficient de Clebsch-Gordan (CCG) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94

Cours de Mécanique Quantique Master II: 10 Celsus Bouri©2021/2022


TABLE DES MATIÈRES

5.3.1 Couplage deux spins 1


2
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
5.3.2 Couplage d’un moment angulaire ` et d’un spin 12 (cas de l’électron
par exemple) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
[Link] Cas J = ` + 1/2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
[Link] Cas J = ` − 1/2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.4 Applications et interprétations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.4.1 La structure fine de l’atome d’hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.4.2 L’effet Zeeman . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.5 Non localité de la Mécanique Quantique ; le paradoxe EPR (Einstein-Podolski-

I
Rosen) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101

QI
5.5.1 Etats intriqués ou enchevêtrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
5.5.2 Description quantique orthodoxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
5.5.3 Objection de EPR sur la non localité (1935) . . . . . . . . . . . . . 103

M
5.5.4 Théories locales à variables cachées et inégalité de Bell . . . . . . . 103

6 Méthodes d’approximation, Résolution approchée RI 105


6.1 Théorie des pertubations stationnaires de Rayleigh-Schrodinger . . . . . . 105
6.1.1 Cas des niveaux non dégénérés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
6.1.2 Cas des niveaux dégénérés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
OU
6.1.3 Exemples d’application : effet Stark et effet Zeeman . . . . . . . . . 110
[Link] Effet Stark . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
[Link] Effet Zeeman . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
6.2 Théorie des pertubations dépendant du temps . . . . . . . . . . . . . . . . 113
sB

6.2.1 Perturbation constante à partir de t = 0 . . . . . . . . . . . . . . . 115


6.2.2 Perturbation harmonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
6.3 Méthode variationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
lsu

6.3.1 Approche intuitive du principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117


6.3.2 Méthode des variations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
6.4 Méthode LCAO (Linear combination of Atomic Orbitals) . . . . . . . . . . 119
6.4.1 Exemple1 : Vibration anharmonique d’un atome . . . . . . . . . . . 121
Ce

6.4.2 Exemple2 : Effet Stark de l’atome d’hydrogène . . . . . . . . . . . . 122


[Link] Cas de l’oscillateur harmonique à une dimension . . . . . . 122
[Link] Cas de l’atome de l’hydorgène . . . . . . . . . . . . . . . . 124

7 Plusieurs particules identiques 125


7.1 Système de particules discernables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
7.1.1 Système de deux particules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
7.1.2 Système de N particules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
7.2 Système des particules identiques en Mécanique Quantique . . . . . . . . . 126
7.2.1 Indiscernabilité et dégénérescence d’échange . . . . . . . . . . . . . 126

Cours de Mécanique Quantique Master II: 11 Celsus Bouri©2021/2022


TABLE DES MATIÈRES

7.2.2 Opérateurs d’échange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127


[Link] Cas de deux particules identiques . . . . . . . . . . . . . . 127
[Link] Cas de trois particules identiques . . . . . . . . . . . . . . 129
[Link] Généralisation à n particules identiques . . . . . . . . . . 130
7.2.3 Postulat de symétrisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
7.2.4 Discussion physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
[Link] Effet de l’identité des particules sur les prévisions physiques133
[Link] Etude simplifiée de l’atome d’hélium . . . . . . . . . . . . 134
7.3 Les bosons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135

I
7.3.1 L’oscillateur harmonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135

QI
7.3.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
[Link] Oscillateurs linéaires couplés ou chaîne linéaire . . . . . . 137
[Link] Autres applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138

M
7.4 Les fermions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138

RI
OU
sB
lsu
Ce

Cours de Mécanique Quantique Master II: 12 Celsus Bouri©2021/2022


Chapitre Premier

Rappels des fondements et du


formalisme de la Mécanique
Quantique

I
QI
M
Le but de ce chapitre est de rappeler l’essentiel des fondements et du formalisme de la
Mécanique Quantique. Les résultats mathématiques nécessaires pour la suite seront
RI
énoncés et justifiés d’une façon plus intuitive que rigoureuse, avant que soit donné le
rappel des postulats.
OU

Introduction
La mécanique quantique est sans doute la plus grande révolution intellectuelle de
sB

l’histoire de la physique. Elle est remarquable à plus d’un titre :


1. Elle est fondamentale dans pratiquement tous les domaines de la physique (physique
atomique, physique moléculaire, physique des solides, optique, physique des partic-
lsu

ules, thermodynamique et physique statistique) dès qu’on s’intéresse à de petites


dimensions (de l’ordre du diamètre d’un atome : 1 [Angström]= 10−10 [m]).
2. Elle a permis de comprendre de très nombreux phénomènes qui étaient sans expli-
Ce

cations depuis de nombreuses années, comme par exemple les raies d’excitation de
l’atome d’hydrogène, par à opposition à la relativité, qui a été avant tout prédictive.
3. Elle n’a à ce jour pas été mise en défaut. Ses prédictions, aussi précises soient-elles,
ont toujours été vérifiées.
4. Elle repose sur des bases mathématiques et conceptuelles très fragiles. Dans
beaucoup de contextes, il apparaît par exemple des divergences qu’on est obligé
d’ignorer. Par ailleurs la formulation des développements les plus récents en
physique des hautes énergies repose sur un objet mathématiquement mal défini,
l’intégrale de chemin. Enfin, la définition précise des postulats repose sur la notion
de mesure, qui fait encore l’objet de débats houleux.

13
Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique

Il y a donc de nombreuses façons d’enseigner la mécanique quantique, qu’il s’agisse du


choix des problèmes mis en avant pour expliquer la nécessité d’une nouvelle théorie, ou
qu’il s’agisse de la façon de présenter la théorie elle-même. Les choix faits dans ce cours
ont été guidés d’une part par sa position dans le cursus des étudiants et d’autre part par
mes goûts et orientations personnels. Je crois qu’on s’habitue à la mécanique quantique
d’abord et avant tout en l’utilisant sur des problèmes concrets, et je mettrai l’accent
sur l’extraordinaire puissance de la mécanique quantique à expliquer des phénomènes,
en renvoyant à des cours plus spécialisés pour les développements mathématiques plus
rigoureux sur tel ou tel aspect du formalisme.

I
QI
1.1 L’équation de Schrödinger

M
L’équation de Schrödinger a été proposée de façon inductive par Schrödinger en 1926,
un peu après la Mécanique des Matrices de Heisenberg (1925) et s’est développée d’abord
dans le but de décrire les petits objets (atomes) constitués d’une seule particule située
RI
dans un certain champ de force (l’électron au sein de l’atome d’hydrogène, par exemple).
L’objet central de la théorie de Schrödinger, nommée aussi Mécanique Ondulatoire, est
une fonction ψ (~r, t) à valeurs complexes, appelée fonction d’onde. Cette fonction satisfait :
OU

~2 2
 

i~ ψ (~r, t) = − ∇ + V (~r) ψ (~r, t) (1.1.1)
∂t 2m

où ~r est le rayon vecteur repérant la particule dans l’espace ; V (~r) est l’énergie potentielle
sB

de la particule étudiée, ∇ ~ est le vecteur gradient, m la masse de la particule. Cette


équation, admise, montre que la Mécanique Quantique n’est formulable que pour des
forces décrivant un potentiel ; dès lors, admettre que cette théorie s’applique à toute la
Physique à l’échelle atomique ou subatomique, c’est admettre que toutes les interactions
lsu

“fondamentales” dérivent d’un potentiel, au sens usuel ou en un sens généralisé 1 .


L’équation (1.1.1) ne se démontre pas à proprement parler : construite sur la base d’ar-
guments heuristiques, largement inspirée par l’analogie remarquée dès 1828 par Hamilton
Ce

entre Optique et Mécanique, la validité de cette équation se mesure par la confrontation


entre les résultats théoriques qu’elle engendre et les observations expérimentales. Ses suc-
cès sont immenses : à ce jour, aucune expérience ne permet de mettre en doute la théorie
dont l’équation (1.1.1) est la pierre angulaire.
L’approche de Heisenberg 2 , appelée Mécanique des Matrices, procède d’une tout autre

1. Pour une particule chargée dans un champ électromagnétique, le potentiel ne dépend pas que des
coordonnées mais est également fonction de la vitesse.
2. Si Heisenberg doit être considéré comme le Père-Fondateur de la Mécanique des Matrices, Born et
Jordan ont participé très vite à ses premiers développements. L’usage des matrices en Physique avait été
jusqu’alors exceptionnel, Born s’étant précisément “fait la main” avec ce nouvel outil pour la description
des vibrations d’un solide.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 14 Celsus Bouri©2021/2022


1.1. L’ÉQUATION DE SCHRÖDINGER

démarche, fondée sur l’analyse harmonique du mouvement classique revisité à la lumière


des conditions de quantification de Bohr- Sommerfeld - Wilson posées par l’Ancienne
Théorie des Quanta. L’équation fondamentale porte sur des matrices (représentant des
opérateurs dans un espace vectoriel rapporté à une base préalablement choisie), très pré-
cisément sur les matrices représentant les deux grandeurs fondamentales de la Mécanique
Analytique de Lagrange et Hamilton : la coordonnée, notée qj , et le moment conjugué pj ,
reliés l’un à l’autre par :
∂L
pj = . (1.1.2)
∂ q̇j

I
L est le Lagrangien ; qj désigne l’une des coordonnées (position, angle, ...) permettant

QI
de définir sans ambigüité la position du système dans l’espace 3 . Pour des coordonnées
cartésiennes, l’équation fondamentale de Heisenberg est 4 :

M
[qj , pk ] = i~δjk . (1.1.3)

Dans l’équation (1.1.3), qj et pk sont des opérateurs représentant les variables dyna-
RI
miques fondamentales, coordonnées et moments conjugués.
La relation (1.1.3), obtenue préciément par Born et Jordan, introduit fondamentale-
ment des objets dont l’algèbre est non-commutative. Ces objets sont les opérateurs associés
OU
aux grandeurs physiques, traditionnellement appelés observables. Il n’est pas exagéré de
dire que toute la structure formelle de la Mécanique Quantique est construite sur – et
contenue dans – la relation (1.1.3), étant entendu qu’il reste à en bâtir le contenu phy-
sique. Tout comme l’équation de Schrödinger, (1.1.3) ne se démontre pas à proprement
sB

parler.
L’équivalence des descriptions de Heisenberg et de Schrödinger repose sur une re-
marque fondamentale de ce dernier, définissant d’ailleurs un mode de construction auto-
lsu

matique de (1.1.1). On commence par former le Hamiltonien classique, Hcl (~r, p~), suivant
les prescriptions de la Mécanique Analytique. Puis on remplace dans la fonction Hcl (~r, p~)
le vecteur ~rpar l’opérateur multiplication par ~r et le vecteur p~ par −i~∇.
~ La substitution
pour p~ ne vaut que pour les coordonnées cartésiennes. Ceci étant fait, on obtient un opé-
Ce

rateur différentiel H, – c’est le Hamiltonien de la Mécanique Quantique – qui, agissant sur


la fonction d’onde, constitue le second membre de l’équation de Schrödinger, à laquelle
on peut dès lors donner la forme plus compacte :


i~ ψ (~r, t) = Hψ (~r, t) . (1.1.4)
∂t

Par nature, cette méthode de construction fonctionne bien pour tous les degrés de liberté

3. Pour un système à N particules dans R3 , il est nécessaire pour cela de définir 3N coordonnées ; on
dit que le système possède 3N degrés de liberté.
4. δjk est le symbole de Kronecker, qui vaut 1 si j = k, 0 dans le cas contraire.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 15 Celsus Bouri©2021/2022


Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique

qui ont un équivalent classique. On verra cependant qu’il existe des degrés de liberté
spécifiquement quantiques, comme le spin. En pareil cas (en théorie non-relativiste quand
il s’agit du spin 5 ), il convient d’ajouter “à la main” les termes d’interaction correspondants,
sur la base d’arguments par analogie. Par exemple, à un spin S ~ (qui structurellement,
comme on le verra, est un moment cinétique au sens usuel de la Mécanique Quantique)
est associé un moment magnétique µ ~ par une simple relation de proportionnalité, tout
comme un moment cinétique ordinaire (orbital) produit un moment magnétique par le
biais du facteur gyromagnétique classique γ ; ainsi, dans le cas de l’électron, on doit
poser 6 :

I
e ~
µ
~ = gs S (1.1.5)

QI
2m
où‘ e est la charge de l’électron (e = −1, 6.10−19 C) et où gs est un facteur purement
numérique trèes voisin de 2 (gs = 2, 0023...). Dès lors, en présence d’un champ magnétique

M
~ le Hamiltonien construit selon la prescription de Schrödinger doit être complété par
B,
le terme représentant le couplage entre le moment magétique lié au spin et le champ
extérieur 7 , 8 , soit −~µ.B~ = −gs (e/2m) S.~ B.
~
RI
L’association ~r → ×~r, p~ → −i~∇ ~ n’est qu’une façon parmi d’autres décrire la Mé-
canique Quantique (on dit qu’il s’agit de la représentation position). Le rôle privilégié
joué par la coordonnée ~r semble même abusif, quand on se souvient que, en Mécanique
OU
Analytique, coordonnée et impulsion ordinaires sont traitées sur un strict pied d’égalité.
De fait, il existe bien d’autres possibilités qui respectent la relation (1.1.3) fondamentale ;
l’une d’entre elles, très utile pour certaines applications, constitue ce que l’on appelle la
représentation impulsion, où la fonction d’onde est une fonction (toujours à valeurs com-
sB

plexes) d’un argument scalaire représentant précisément l’impulsion, soit ϕ (~p, t). Cette
représentation se définit par l’association suivante : ~r → i~∇ ~ p , p~ → ×~p où ∇
~ p est le
gradient dans l’espace des impulsions. ψ (~r, t) et ϕ (~p, t), toutes deux appelées fonctions
d’onde, constituent deux représentations équivalentes du mémeétat quantique et d’ailleurs
lsu

se déduisent l’une de l’autre par une transformation de Fourier.


Connaître une fonction et connaître sa transformée de Fourier constituent deux infor-
mations strictement équivalentes 9 .
Ce

Fondamentalement, l’équation de Schrödinger est une équation aux dérivées partielles


linéaire. Ceci permet de construire la solution générale en formant des combinaisons li-
5. La théorie de l’électron de Dirac introduit le spin naturellement.
6. Noter que, la charge de l’électron étant négative, les deux vecteurs µ ~ et S~ sont dirigés dans deux
sens opposés.
7. C’est ce terme qui, dans le cas d’un spin demi-entier, donne lieu à l’effet Zeeman anormal, où les
raies observées en champ nuléclatent en plusieurs raies voisines en présence du champ, le nombre de raies
étant un nombre pair.
8. Un tel procédé peut paraîıtre assez artificiel. Il est totalement justifié lors de la construction de la
version relativiste (théorie de l’électron de Dirac), dans laquelle le spin apparaît spontanément.
9. Quand on n’y prend pas garde, une transformation de Fourier (ou de Laplace) peut “effacer” des
sauts finis; on verra que la fonction d’onde doit être continue : cette perte d’information n’est donc pas
à redouter dans le cadre de la Mécanique Quantique.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 16 Celsus Bouri©2021/2022


1.2. FORMALISME DE DIRAC

néaires de solutions particulières ; les plus remarquables et les plus utiles – pour une
équation aux dérivées partielles linéaire – sont celles dans lesquelles espace et temps sont
séparés. Compte tenu de la forme de (1.1.1), et pour un Hamiltonien indépendant du temps
(système isolé), on voit tout de suite qu’il existe une classe de solutions particulières de
la forme :
Et
Ψ (~r, t) = e−i ~ ψ (~r) . (1.1.6)

On vérifie immédiatement que ψ est une solution de (1.1.1) pourvu que la fonction spatiale
ψ satisfasse l’équation :

I
Hψ = Eψ (1.1.7)

QI
Dans ces écritures, E est une quantité homogène à une énergie, dont on sait qu’il
convient de l’interpréter précisément comme l’énergie de la particule décrite par l’état
ψ (ou Ψ). L’équation ci-dessus est appeléeéquation aux valeurs (et fonctions propres) ;

M
en effet, en bon français, elle dit que l’action de l’op’rateur Hamiltonien sur ψ produit
la même fonction ψ, simplement multipliée par le scalaire E. Le couple (E, ψ) forme un
couple propre, ou mode propre. Il importe de rappeler que le sens physique de la fonction
RI
d’onde est celui d’une amplitude de probabilité dont le module carré représente la densité
de probabilité de présence de la particule dans une régions de l’espace. La théorieétant
fondamentalement probabiliste, toutes les prévisions qui pourront en être tirées portent
OU

sur des valeurs moyennes, au sens usuel de l’espérance mathématique.

1.2 Formalisme de Dirac


sB

L’objet central de la théorie de Schrödinger, la fonction d’onde, est réputé contenir


toute l’information possible sur un système. Cette connaissance est polymorphe et peut
être représentée de plusieurs façons équivalentes ; par exemple, étant donnée la fonction
lsu

d’onde au sens de Schrödinger, ψ (~r, t), il est possible d’introduire sa transformée de


Fourier ϕ (~p, t). Manifestement, cette nouvelle fonction contient exactement la même in-
formation que ψ : quand on connaît l’une de ces fonctions, on peut en déduire l’autre. Elle
Ce

est notée d’un symbole différent puisque, en tant que fonction au sens mathématique du
terme, ϕ ne coïncide pas avec ψ. Il n’empêche que la fonction ψ et la fonction ϕ ne sont
que deux écritures différentes d’une seule et même abstraction mathématique ; chacune
d’entre elles constitue la donnée d’une infinité (non-dénombrable) de nombres (les valeurs
successives de la fonction considérée aux différents points de l’espace des coordonnées
ou des impulsions) ; l’ensemble de ces nombres constitue le champ quantique : c’est bien
pourquoi on dit d’un champ qu’il a une infinité de degrés de liberté. Pour identifier la
nature de cet objet, on peut aussi raisonner par analogie avec une autre situation plus
usuelle et l’idée qui s’impose, au moins par sa simplicité, est celle de vecteur : le vecteur
vitesse d’un point matériel est bien défini en soi ; selon que l’on prend un repère ou un

Cours de Mécanique Quantique Master II: 17 Celsus Bouri©2021/2022


Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique

autre, ce même vecteur sera représenté par l’une ou l’autre d’une suite de trois nombres
(les composantes sur la base choisie), mais chacune de ces suites représente exactement
la même réalité – le même vecteur.
Enfin, la notion de vecteur s’impose également au vu de la linéarité de l’équation de
Schrödinger : toute combinaison linéaire quelconque de plusieurs solutions est encore une
solution ; la combinaison linéaire est l’opération fondamentale permettant d’introduire la
notion d’espace vectoriel – il est d’ailleurs bien connu que l’ensemble des solutions d’uneé-
quation différentielle du second ordre peut être muni d’une structure d’espace vectoriel,
de dimensionégale à 2.

I
QI
Pour signaler explicitement la nature vectorielle sous-jacente, il est recommandé d’uti-
liser une nota- tion particulière, afin de distinguer l’objet mathématique vecteur d’une
part, ψ, ses composantes d’autre part (l’ensemble des nombres {ψ (~r, t)}. L’usage, à la

M
suite de Dirac, a consacré, non la flèche ordinaire de l’analyse vectorielle standard, mais
le symbole |i,appelé ket ; on notera donc comme suit l’état d’un système à l’instant t :
|ψ (t)i. Le corps sur lequel est défini l’espace vectoriel est celui des nombres complexes, C ;
RI
ceci est bien évident puisque le nombre complexe fondamental i apparaît dans l’équation
de Schrödinger et, comme on le verra par la suite, constitue une nécessité primordiale de
la Mécanique Quantique.
OU
Un vecteur étant donné, le choix d’une base permet de définir les composantes de
ce vecteur et en constitue la représentation. Comme on le sait, il est parfois possible
formellement d’effectuer toutes les opérations structurelles sur un espace vectoriel sans
référence à une base donnée : ainsi, on peut souvent intégrer vecto- riellement l’équation
sB

fondamentale de la Dynamique, sans projeter sur trois axes de coordonnées. D’un autre
côté, certains calculs se font parfois plus commodément quand une base a été choisie, à
condition qu’elle l’ait été judicieusement.
lsu

Une base est un ensemble de vecteurs linéairement indépendants en nombre égal à


la dimension de l’espace vectoriel. Soit la famille {ej }1≤j≤n de n vecteurs linéairement
indépendants de l’espace vectoriel E, il est en effet facile de montrer que tout vecteur |ψi
Ce

appartenant à E peut se décomposer dans cette base comme


n
X
|ψi = cj |ej i (1.2.1)
j=1

où les cj sont des nombres complexes représentant les composantes de |ψi dans la base
{ej }1≤j≤n . Cette décomposition est unique. Par nature, les composantes d’un vecteur
donné dépendent de la base choisie. Comme il existe un nombre infini de bases (pour
un espace vectoriel de dimension supérieure à 1), il convient de savoir exprimer les com-
posantes d’un même vecteur relativement à une base en fonction de ses composantes
relativement à une autre. Passer d’une base à une autre est ce que l’on appelle effectuer

Cours de Mécanique Quantique Master II: 18 Celsus Bouri©2021/2022


1.3. OPÉRATEURS HERMITIQUES, OPÉRATEURS UNITAIRES

un changement de base.
La notion de produit scalaire joue un rôle fondamental dans la théorie des espaces
vectoriels. Ici comme ailleurs, il est fort utile d’en définir un, effectuant au passage une
petite généralisation puisque le corps est ici celui des complexes C et non pas R, celui des
réels. Le produit scalaire de deux vecteurs |ψi et |ϕi est un nombre, ici c’est un nombre
complexe, que l’on va noter h ψ| ϕi (|ψ〉, |φ〉).
Cette opération est linéaire par rapport au second membre du couple et sesquilinéaire
par rapport au premier membre du couple. Au contraire de ce que l’on sait du produit
scalaire dans un espace vectoriel sur les réels, le produit scalaire est ici non-commutatif,

I
parce que le corps est ici C ; on pose de surcroît la relation suivante :

QI
h ϕ| ψi = hψ| ϕi∗ , (1.2.2)

M
où∗ note la conjugaison complexe.
Les résultats ci-dessus peuvent être généralisés à des espaces vectoriels de dimension
infinie dénombrable (n → ∞) ou non. On remplace dans la décomposition du vecteur
RI
d’état la somme discrète par l’intégrale de Riemann décrivant la somme continue.
OU
1.3 Opérateurs hermitiques, opérateurs unitaires
Soit A un opérateur linéaire, mais quelconque par ailleurs ; l’adjoint de A, noté A† , est
l’opérateur tel que :
sB

h ϕ| Aψi = A† ϕ ψ . (1.3.1)

En général, A† 6= A. Il existe cependant des opérateurségaux à leur adjoint ; pour des


raisons évidentes, ces opérateurs remarquables sont dits auto-adjoints, ou encore hermi-
lsu

tiques, et on verra qu’ils jouent un rôle central en Mécanique Quantique. Pour un opérateur
hermitique A, on a donc :

A† = A ⇐⇒ h ϕ| Aψi = h Aϕ| ψi (1.3.2)


Ce

Il faut se souvenir que la notion d’opérateur adjoint est totalement indépendante de toute
†
référence à une base, quelle qu’elle soit. Par ailleurs, l’adjoint A† de A† est l’opérateur
A lui-même.
Les valeurs propres d’un opérateur hermitique sont réelles et ses vecteurs propres sont
orthogonaux.
Les opérateurs unitaires laissent invariant tout produit scalaire. Un opérateur unitaire
possède nécessairement un inverse, puisqu’il conserve la norme d’un vecteur : il ne sau-
rait transformer un vecteur de norme finie en un vecteur de norme nulle. L’adjoint d’un
opérateur unitaire est égal à son inverse.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 19 Celsus Bouri©2021/2022


Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique

1.4 Postulats de la Mécanique Quantique

1.4.1 Notion d’état


Les arguments développés par Heisenberg, Schröinger et de Broglie démontrent que la
description du monde des particules doit être abordée de fa̧con radicalement nouvelle et
constitue une véritable révolution par rapport aux conceptions classiques. Il y a quelque
analogie entre la nécessité de renoncer à une vision purement mécaniste des particules et
celle, maintenant idiosyncrasique, d’expliquer les propriétés d’un gaz parfait classique par

I
des théories de nature statistique 10 . Dans un cas comme dans l’autre, c’est la Nature elle-

QI
même qui impose sa loi, et ceci ne doit pas être ressenti comme une frustration : la raison
d’être de la Physique est précisément de proposer une description du monde tel qu’il se
révèle par l’expérience, autorisant la prévision des phénomènes à défaut d’en donner une

M
explication dans l’absolu.
La fonction d’onde de Schröinger, ou ses généralisations, constitue notre actuelle
connaissance ultime d’un système relevant de la Mécanique Quantique. Cette fonction
RI
d’onde a, fondamentalement, une interprétation statistique et ne prétend donc pas dé-
crire l’état d’un système en particulier au sens classique. La description de l’état d’un
système quantique consiste en l’énoncé des lois de probabilités permettant d’en décrire
OU
les propriétés et de fournir une explication – au sens usuel – du monde à l’échelle ato-
mique ou sub- atomique. Cet objectif, qui n’est pas réducteur, doit être bien compris,
pour écarter le risque de malentendus ou de paradoxes. L’impossibilité d’observer avec les
sens usuels la “réalité” physique à petite échelle ne doit pas être assimilée à la négation de
sB

la réalité : tout débat en la matière est du domaine de la Métaphysique, par définition.


On ne doit pas davantage être tenté de croire que la Mécanique Quantique est une théorie
incomplète 11 ou provisoire, pour deux raisons au moins.
lsu

La première des raisons est que, de toute fa̧con, toute théorie physique constitue seule-
ment, à un instant donné, une vérité relative toujours susceptible d’être bousculée par la
suite. Affirmer que la Mécanique Quantique sera un jour remise en cause, même si à
l’heure actuelle elle est à l’abri de toute contestation au vu des faits expérimentaux, est
Ce

donc une remarque sans grand intérêt. La deuxième raison est que l’on ne saurait déclarer

10. Les déboires de Boltzmann – qui ’ont conduit au suicide – rappellent que cette révolution statistique,
durant le dernier quart du XIXème siècle, ne s’est pas faite en douceur.
11. On pourrait objecter que certains esprits, parmi les plus grands – dont Einstein – n’ont jamais
accepté vraiment la Mécanique Quantique et surtout son interprétation. L’objection doit être relativisée
par le contexte historique. Ainsi par exemple, lors de la formulation du célèbre paradoxe EPR, la
Mécanique Quantique, quoique pratiquement achevée, avait eu finalement peu de temps pour faire ses
preuves. Compte tenu de la révolution “culturelle” qu’elle imposait, il est normal qu’elle ait provoqué
plus d’une réticence, y compris (surtout ?) dans les cerveaux les plus brillants. Rappelons d’ailleurs que
des expériences récentes ont démontré que la Mécanique Quantique est vérifiée jusque dans ses prévisions
les plus surprenantes – sur lesquelles se sont appuyés Einstein, Podolski et Rosen pour formuler leur
“paradoxe” ; les expériences, à l’époque impossibles technologiquement parlant, ne risquaient pas de leur
donner tort.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 20 Celsus Bouri©2021/2022


1.4. POSTULATS DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE

incomplète une théorie qui, à un instant donné, rend précisément compte de l’ensemble
des expériences : il n’existe pas aujourd’hui d’expérience mettant en cause la Mécanique
Quantique. L’incomplétude d’une théorie ne se mesure pas par référence aux présuppo-
sés mentaux applicables dans un autre cadre de pensée, même si l’habitude les avaient
presque érigés en principes. Après tout, personne n’envisage de jeter aux orties la Relati-
vité d’Einstein, sous prétexte qu’elle est en contradiction avec le Principe de Relativité de
Galilée et bien qu’elle conduise à des “paradoxes” demeurés célèbres. Personne non plus
ne songe à décrire un gaz, même parfait, autrement que par une approche statistique qui,
pourtant, tire un trait sur la description détaillée du destin individuel d’une particule du

I
gaz. La théorie statistique qui en découle permet d’expliquer et de comprendre tout ce

QI
que l’on sait, et que l’on peut vérifier expérimentalement, des systèmes composés d’un
très grand nombre de particules (quel que soit leur “état”, solide, liquide ou gazeux) et
de ce fait constitue notre connaissance complète de ce que sont ces systèmes. Il en va de

M
même, aujourd’hui, pour la Mécanique Quantique qui, en dépit d’un statut épistémolo-
gique unique, peut prétendre au même caractère complet que toute autre théorie rendant
compte de l’ensemble des expériences connues. RI
Le tout premier postulat de la Mécanique Quantique est donc l’affirmation qu’il existe,
pour tout système, un objet mathématique appelé fonction d’onde et représentant toute
la connaissance possible de l’état de ce système. Comme on l’a rappelé, cette connaissance
OU

est multiforme et peut être représentée de plusieurs façons équivalentes (représentation


position, représentation impulsion, etc.) conduisant finalement à l’idée de vecteur. On en
vient ainsi à devoir énoncer le premier postulat :
sB

Postulat 1 : la connaissance de l’état d’un système à un instant t donné est com-


plètement contenue dans un vecteur appelé vecteur d’état, noté génériquement |ψ (y)i
conformément à la notation de Dirac. L’espace vectoriel auquel appartient ce vecteur est
appelé espace d’états, E, défini sur le corps des complexes C.
lsu

Dans les représentations position et impulsion, l’argument des fonctions d’onde est
une variable continue, car rien ne conduit à admettre que la position et l’impulsion d’une
particule, confinée ou non, prennent des valeurs discrètes. En revanche, tout ce que l’on
Ce

sait déjà de l’énergie d’un atome et de l’oscillateur harmonique – pour ne citer que deux
exemples simples – montre au contraire qu’il existe des grandeurs dont la mesure conduit
à un ensemble de valeurs discrètes bien définies, spécifiques du système considéré. En la
circonstance, il s’agit de l’énergie d’un état lié – mais l’expérience de Stern et Gerlach
montre qu’il en va de même pour le moment cinétique d’un atome, qu’il soit orbital
ou de spin. Il faut ainsi admettre l’idée générale suivant laquelle il existe des grandeurs
quantifiées : les valeurs observées ne peuvent qu’appartenir à un ensemble discret, fini ou
infini, mais dénombrable. La description de l’état d’un système en terme d’une grandeur
A quantifiée, prenant N (N fini ou infini) valeurs distinctes an , n = 1, 2, ..., N , repose
maintenant sur la connaissance de N nombres, avec lesquels on doit pouvoir – comme

Cours de Mécanique Quantique Master II: 21 Celsus Bouri©2021/2022


Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique

avec une fonction d’onde au sens premier – calculer à l’avance la probabilité Pn d’obtenir
la valeur an à la suite d’une opération de mesure. L’ensemble des an , {an }n , constitue
le spectre de la grandeur A. Si l’on désigne par cn ces N nombres, on voit que ceux-ci
constituent finalement une “fonction d’onde discrète”, une fonction définie sur l’ensemble
des N premiers entiers. Il conviendra, en temps utile, d’établir explicitement le lien entre
le vecteur d’état |ψi et l’ensemble de ses représentations en fonction d’onde (discrète ou
continue).
Une dernière remarque : le Postulat 1 affirme que la fonction d’onde sous une forme
ou sous une autre constitue la connaissance complète de l’état du système. Ce postulat

I
nie donc l’existence de variables cachées.

QI
M
1.4.2 Notion d’observable

En Mécanique Ondulatoire de Schrödinger, les grandeurs dynamiques q et p sont


représentées par des opérateurs, en utilisant le principe de correspondance. C’est la géné-
RI
ralisation de cette affirmation qui est érigée en postulat :
Postulat 2 : toute grandeur physique est représentée par un opérateur hermitique
OU
agissant dans l’espace des états E.
L’usage a consacré l’adjectif substantivé “observable” pour cet opérateur. Il est certain
que toute observable, en tant que représentant quantique d’une grandeur physique, doit
posséder des propriétés spécifiques. Par définition, une observable est un opérateur her-
sB

mitique dont l’ensemble des vecteurs propres constitue une base complète de l’espace des
états (un opérateur linéaire quelconque n’a pas le statut d’observable).
Propriété : si deux opérateurs commutent, tout vecteur propre de l’un est aussi
lsu

vecteur propre de l’autre.


On pourrait multiplier les exemples d’observables. La plus importante d’entre elles
est sans doute l’énergie, associée au Hamiltonien H qui apparaît au cœur de l’équation
Ce

fondamentale de Schrödinger : H permet de construire d |ψi /dt à partir de |ψi, c’est donc
le générateur – infinitésimal – du mouvement. En Mécanique Quantique, une observable
sera une constante du mouvement si et seulement si son commutateur avec H est nul.
A l’instar d’un vecteur, représenté par ses composantes, le choix d’une base de l’espace
vectoriel permet d’associer à tout opérateur A sa matrice sur la base choisie. Plus parti-
culièrement, un opérateur A étant donné, ses vecteurs propres {am } peuvent être utilisés
pour engendrer effectivement l’espace vectoriel E, en constituant une base. De la sorte,
tout vecteur d’état |ψi peut s’écrire en combinaison linéaire :
X
|ψi = cm |am i (1.4.1)
m

Cours de Mécanique Quantique Master II: 22 Celsus Bouri©2021/2022


1.4. POSTULATS DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE

1.4.3 Résultats possibles de la mesure d’une grandeur physique


Les valeurs propres d’une observable jouent un rôle central ; elles sont au centre du
3ème postulat qui s’énonce comme suit :
Postulat 3 : la mesure d’une grandeur physique représentée par l’observable A ne peut
fournir que l’une des valeurs propres de A.
Le sens physique du 3ème postulat impose aux opérateurs associés aux grandeurs
physiques d’avoir toutes leurs valeurs propres réelles – ce qui est bien le cas puisque A
est une observable, dont la définition vient d’être donnée dans le paragraphe précédent.

I
En particulier, les valeurs propres de A sont réelles et tous ses vecteurs propres sont

QI
orthogonaux.
Comme pour tout opérateur, le spectre d’un opérateur hermitique peut être discret,
continu ou les deux à la fois. Les parties discrète et continue, si elles existent simulta-

M
nément, peuvent être disjointes ou se recouvrir : une valeur propre discrète peut ainsi
être “noyée” dans un continuum d’autres valeurs propres. Les valeurs propres discrètes
sont celles qui expriment la quantification de la grandeur physique en question. Notons
RI
qu’une valeur propre discrète peut servir de standard métrologique puisqu’elle a, intrinsè-
quement, une valeur fixée par la Nature à une précision infiniment grande (exemple : une
certaine transition de l’atome de 86 Kr a longtemps servi de référence pour la définition du
OU
mètre-étalon).
La nature probabiliste (statistique) essentielle de la Mécanique Quantique doit être
maintenant bien admise. On vient de voir que les valeurs possibles des résultats d’une
mesure appartiennent à un ensemble de nombres, discrets et/ou continus. La Mécanique
sB

Quantique doit donc, pour sa propre cohérence, énoncer une règle permettant la prédiction
des résultats d’une mesure ; cette règle est une affirmation sur les probabilités d’observer
une valeur ou une autre lors de la mesure d’une observable. Elle constitue le 4ème Postulat.
Soit une grandeur physique représentée par l’opérateur (observable) A, dont les valeurs
lsu

et vecteurs propres sont discrets et non dégénérés :

A |am i = am |am i . (1.4.2)


Ce

L’absence de dégénérescence signifie qu’à une valeur propre il ne correspond qu’un


seul vecteur propre ; ceci se traduit, dans les notations, par le fait que le ket contient
uniquement le symbole correspondant à la valeur propre am . Les états propres constituent
une base sur laquelle on peut décomposer l’état |ψi :
X
|ψi = cm |am i (1.4.3)
m

Les cm sont les composantes de l’état |ψi sur la base choisie. On peut maintenant
énoncer le 4ème Postulat, aussi appelé “Principe de décomposition spectrale” :

Cours de Mécanique Quantique Master II: 23 Celsus Bouri©2021/2022


Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique

Postulat 4 : la mesure de la grandeur physique représentée par l’observable A, effectuée


sur un état quelconque (normalisé) |ψi, donne le résultat am avec la probabilité Pm égale
à |cm |2 .

1.4.4 Réduction du paquet d’onde


On désigne ainsi un phénomène spécifique de la Mécanique Quantique qui apparaît, à
ce stade de l’énoncé des principes, presque comme une nécessité compte tenu des postu-
lats déjà énoncés, mais qu’il faut toutefois inclure dans la construction axiomatique. Ce

I
phénomène, assez déconcertant au premier abord, a été (et est encore) l’objet de débats

QI
passionnés sur la notion de réalité physique et de la connaissance scientifique en général
que l’on peut souhaiter en avoir. Pour Schrödinger, la réduction du paquet d’ondes était
de la magie et, pour marquer son opposition, énonça le fameux paradoxe connu sous le

M
nom du “Paradoxe du Chat de Schrödinger”. La nécessité d’accepter ce phénomène se
comprend aisément. En effet, ayant procédé à une mesure à l’instant t et ayant trouvé la
valeur an0 , on ne peut que retrouver la même valeur an0 , et ce avec certitude, si, à l’ins-
RI
tant immédiatement postérieur t + dt, on fait une nouvelle mesure de A. Autrement dit :
toute mesure de A donne une certaine valeur appartenant au spectre de A. Si une pre-
OU
mière mesure ayant donné an0 est immédiatement suivie d’une autre, le résultat doit être
certain (sans dispersion des résultats) et la valeur trouvée la deuxième fois ne peut être
qu’identique à celle qui vient d’être trouvée lors de la première mesure. Il ne serait pas ac-
ceptable, physiquement parlant, que deux mesures infiniment proches dans le temps l’une
sB

de l’autre, produisent deux résultats arbitrairement différents. Cela signifierait qu’entre


deux instants arbitrairement voisins le système a changé d’état “autant” que l’on veut, ce
qui n’aurait pas de sens. Force est donc d’admettre le 5ème Postulat :
Postulat 5 : si la mesure de l’observable A donne le résultat am , et si la valeur propre
lsu

am est non-dégénérée, alors, immédiatement après la mesure, le système est dans l’état
propre |am i
Ce postulat est clairement lié à l’aspect probabiliste des prédictions de la Mécanique
Ce

Quantique : celle-ci permet de calculer des probabilités pour que tel ou tel événement se
produise. Bien évidemment, juste après que l’événement s’est produit, il n’est plus ques-
tion de raisonner, à cet instant précis, en terme de probabilités ; quand on joue à pile ou
face avec une pièce symétrique, la probabilité d’obtenir pile ou face vaut exactement 1/2,
mais une fois obtenu pile ou face à la suite d’un jet de la pièce, la notion de probabilité
disparaît en tant que telle, sauf si on décide de recommencer une expérience ... ou si la
table sur laquelle est tombée la pièce se met en mouvement de façon erratique susceptible
de provoquer un nouveau jet de la pièce. Dans ce dernier cas, c’est par l’évolution propre
du système que la notion de probabilité reprend le devant de la scène. Dit autrement, lors-
qu’une suite d’événements est seulement prévisible en terme de probabilités, l’occurrence

Cours de Mécanique Quantique Master II: 24 Celsus Bouri©2021/2022


1.4. POSTULATS DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE

(la réalisation) de l’un d’entre eux modifie radicalement la perception du phénomène. La


conséquence de ce postulat, allié au Postulat 4, est bien d’assurer qu’une deuxième mesure
de A redonnera la même valeur que la mesure immédiatement antérieure et déjà effectuée.
Ce postulat permet de mieux saisir l’impossibilité de mesurer simultanément deux
observables incompatibles A et B ([A, B] 6= 0) ; en effet, à l’issue d’une telle mesure hy-
pothétique, le vecteur d’état devrait être l’un des vecteurs propres communs à la fois à
A et à B, et on sait que deux opérateurs qui ne commutent pas n’ont pas un système de
vecteurs propres en communs. Autrement dit, vouloir mesurer simultanément deux gran-
deurs incompatibles, ce serait essayer de mettre simultanément le système dans deuxétats

I
distincts, ce qui est manifestement impossible.

QI
Un exemple, dû à Bohm montre que le changement abrupt des objets mathématiques
représentant l’évolution d’un système se présente aussi, par nature, en théorie usuelle

M
des Probabilités. Soit une personne dont on sait qu’elle est âgée de 20 ans ; compte tenu
de ceci, on peut lui estimer une durée de vie de l’ordre de 50 ans environ. Si, à un
moment donné, on apprend que cette personne atteinte d’une grave maladie, on peut
alors affirmer, presque instantanément, que le nombre d’années qui lui restent à vivre est
RI
beaucoup plus faible. Il y a bien, au moment où l’information plus précise sur l’état de la
personne est donnée, une variation très rapide de la prévision sur l’avenir, que l’on peut
OU
être tenté de comparer à la réduction du paquet d’ondes, et qui se produit strictement
au niveau de la connaissance de l’observateur : apprendre que la personne est malade
ne modifie pas l’âge de cette personne. La brusque modification porte donc uniquement
sur la connaissance que l’on a de la situation, non sur l’état de l’objet analysé. Il existe
sB

toutefois une différence essentielle entre l’exemple de Bohm et la situation quantique ; en


effet, l’état de la personne (qu’il soit connu ou inconnu de l’interrogateur) est une donnée
en soi, existant préalablement à toute opération de “mesure”.
La notion de probabilité en Mécanique Quantique est bien à prendre au sens usuel
lsu

de la théorie classique des probabilités, et c’est en effet la fonction d’onde qui permet de
prévoir et de calculer les probabilités quantiques. De ce point de vue, le cadre probabiliste
inévitable est donc, en ce sens, “classique”. On ne peut toutefois prétendre que |ψi décrit
Ce

seulement la connaissance que l’on a d’un système et non pas l’état du système lui-même :
quand un électron se matérialise sur un écran, il s’agit bien d’un processus physique qui
se produit intrinsèquement, qu’il y ait ou non un observateur pour regarder le spot lumi-
neux. Autrement dit, la réduction du paquet d’ondes n’est pas un processus impliquant
la seule perception mentale de l’observateur, un grand champ de possibilités venant se
réduire à l’un d’entre eux sous l’effet d’une mesure apportant une précieuse information.
La matérialisation d’une particule est le résultat d’une interaction physique entre cette
particule et un autre système : que l’état juste après la matérialisation soit très différent
de l’état qui serait survenu en l’absence de cette matérialisation ne doit donc ni étonner
ni surprendre. On retiendra l’idée que la réduction du paquet d’ondes est la contrepartie

Cours de Mécanique Quantique Master II: 25 Celsus Bouri©2021/2022


Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique

physique naturelle d’un processus se produisant réellement. La description détaillée de


ce processus implique, en bonne logique, de décrire quantiquement l’appareil de mesure
et son interaction avec l’objet de la mesure : personne ne sait faire ceci actuellement.
D’ailleurs, tôt ou tard on retomberait sur des problèmes de nature conceptuelle ; si l’ap-
pareil est décrit quantiquement, le statut de l’aiguille est le même que celui des électrons
dans l’expérience d’Young : l’aiguille n’est nulle part, mais potentiellement partout, le
chat de Schrödinger est dans une superposition d’états mort et vivant, etc.

I
QI
1.4.5 Evolution des systèmes dans le temps

M
Le postulat énonçant le mode d’évolution temporelle a déjà été formulé, puisque l’équa-
tion de Schrödinger, ne se démontrant pas, a le statut d’un postulat ; on a vu comment
elle peut s’induire par des arguments par analogie et de nature heuristique. Il faut bien
RI
ériger la conviction correspondante sous forme de postulat - c’est le dernier pour l’instant,
exprimé à propos du vecteur d’état |ψ (t)i :

Postulat 6 : l’évolution d’un système dans le temps est gouvernée par l’équation :
OU

d
|ψ (t)i = H (t) |ψ (t)i
i~ (1.4.4)
dt
où H(t) est l’opérateur associé à l’énergie du système.
sB

Ainsi formulé, ce postulat englobe le cas où le système décrit par |ψ (t)i ne constitue
pas un système isolé. On pourra donc partir de cette équation pour décrire, par exemple,
l’évolution d’un atome couplé à un champ électromagnétique variable dans le temps et
lsu

supposé classique.

Comme déjà mentionné à plusieurs reprises, cette équation suppose la donnée supplé-
mentaire d’un état initial, |ψ (t0 )i ; à défaut, aucune prévision n’est possible. à l’inverse,
Ce

un état initial étant donné, la solution qui en est issue à un instant ultérieur est unique.
C’est heureux : les probabilités des événements ultérieurs sont calculables de façon unique
et ceci constitue l’expression essentielle du déterminisme quantique. L’indéterminisme ne
réapparaît que dans la mesure où l’opération de mesure elle-même n’est pas, en pratique,
descriptible à l’aide de cette équation. On lit parfois que cette équation est valable “en
dehors de toute opération de mesure”. Il n’y a pas lieu de donner cette restriction : si
le système interagit avec un autre, il faut élargir la description et considérer le “super-
système”, auquel on peut appliquer l’équation ci-dessus – dans le cas d’une mesure à
proprement parler – qui implique forcément un système macroscopique –, cette tâche est
hors de portée.

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1.5. EVOLUTION TEMPORELLE D’UN SYSTÈME QUANTIQUE

1.5 Evolution temporelle d’un système quantique


La description de la dynamique quantique procède usuellement de deux méthodes :
soit en introduisant explicitement le propagateur permettant de calculer le vecteur d’état
|ψ (t)i à tout instant (c’est le “point de vue” de Schrödinger), soit par l’emploi des équa-
tions de Heisenberg (“point de vue” de Heisenberg).
La description de Heisenberg propose une méthode directe : |ψ (t)i contient souvent
trop d’information et l’intégration explicite de l’évolution de |ψ (t)i est un effort parfois
inutilement excessif. Bien sûr, si on veut se réserver la possibilité de calculer les valeurs

I
moyennes de toutes les observables, c’est |ψ (t)i qu’il convient de trouver, en préalable.

QI
Cette situation, sans être rare, n’est pas la plus fréquente en pratique : en effet, on est
intéressé très souvent à obtenir les valeurs moyennes à l’instant t de certaines observables
et non pas de toutes. En pareil cas, il est bien plus direct de se poser la question de

M
trouver les équations du mouvement pour les observables elles-mêmes ; conceptuellement,
ces équations présentent un intérêt majeur : elles sont les pendants quantiques des équa-
tions de la Mécanique Classique. En définitive, si la description de Schrödinger porte sur
RI
le vecteur d’état lui-même, celle de Heisenberg décrit directement l’évolution des valeurs
moyennes et propose des équations (équations du mouvement de Heisenberg) pour obtenir
commodément ces dernières.
OU
La description de Schrödinger est fondée formellement sur l’emploi de l’opérateur
d’évolution U , gouvernée par l’équation


i~ U (t, t0 ) = H (t) U (t, t0 ) (1.5.1)
sB

∂t

Bien évidemment, cette équation est aussi du premier ordre ; par la définition de U ,
on doit évidemment avoir :
U (t0 , t0 ) = 1 (1.5.2)
lsu

Par ailleurs, comme la norme de |ψ (t)i est conservée au cours du temps (puisque H est
hermitique), U est un opérateur unitaire. L’inverse de U s’obtient en permutant les deux
Ce

arguments – ce qui est bien naturel. Les diverses propriétés qui viennent d’être établies
montrent que l’ensemble des opérateurs d’évolution d’un même système, pris à des instants
différents, a une structure de groupe.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 27 Celsus Bouri©2021/2022


Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique

I
QI
M
RI
OU
sB
lsu
Ce

Cours de Mécanique Quantique Master II: 28 Celsus Bouri©2021/2022


Chapitre Deuxième

Symétries et règles de conservation

I
La solution des problèmes en physique classique est considérablement simplifiée par la

QI
présence des symétries ; c’est-à-dire les transformations qui laissent invariants certains
problèmes physiques. Il en existe plusieurs exemples telle que l’invariance par translation
du temps d’un champ à force centrale F (→ −

M
r ) = F (r) r̂. Celle-ci a pour conséquence la
conservation de l’energie mécanique du système ; et celle par rotation assure la conserva-


tion du moment angulaire total j du système.
RI
2.1 Le principe euclidien de Relativité et le rôle de la
OU
symétrie en Physique
L’étude des phénomènes physiques requiert l’usage d’un système de référence (repère).
D’un repère à l’autre, les lois déterminant le mouvement n’ont pas en général la même
sB

forme (penser à un repère accéléré, rectilignement ou en rotation).


L’hypothèse fondamentale de Galilée est l’existence de repères vis-à-vis desquels l’es-
pace ordinaire (physique) est isotrope et homogène et où le temps est le même : un système
isolé et fermé étant défini, ses propriétés ne changent pas si on le déplace d’un point à
lsu

l’autre ou si on le fait tourner sur lui-même ; si les propriétés ne changent pas, aucun résul-
tat d’expérience ne peut être affecté par une telle opération. Une théorie physique visant à
décrire les propriétés des systèmes doit donc posséder des propriétés d’invariance : les lois
Ce

qu’elle énonce doivent être les mêmes dans tout repère galiléen. Le principe de Relativité
nie l’existence d’une position ou d’une orientation privilégiée de l’espace dans lequel sont
plongés les objets que la Physique prétend étudier et décrire, et affirme l’universalité du
temps. Un corollaire de ce principe est qu’il n’existe pas de repère “absolu” à privilégier,
et que toutes les lois de la Nature sont les mêmes dans tous les référentiels galiléens.
Bien évidemment, ce principe s’étend au cas d’un système non isolé : par exemple, pour
un système soumis à un champ de forces variable ou non dans le temps, les propriétés ne
changent pas si le champ de forces est déplacé ou tourné en même temps que le système
prédéfini. En réalité, ce dernier et le seul champ de forces supposé exister constituent un
système isolé et fermé auquel le principe de relativité s’applique.

29
Symétries et règles de conservation

En Physique, on nomme habituellement “le système” un ensemble d’objets sur lesquels


le “reste du monde” (environnement) peut agir ; à l’inverse, cet ensemble n’a pas de rétro-
action sur l’environnement. Exemple : quand une particule est dite soumise à un champ
(électrique, magnétique,électromagnétique), ceci veut dire que les sources de ce champ
(condensateur, aimant, courants variables dans le temps) sont supposées avoir leur dyna-
mique propre définie en soi, quoi que fasse la particule – qui constitue alors le système
physique d’étude. Il est clair que ceci, dans l’absolu, est toujours une approximation que
l’on doit justifier.
Par exemple, construire la Mécanique Quantique dans le cadre du principe de Re-

I
lativité a un sens, même vis-à-vis des expériences faites sur Terre ; en effet, il y existe

QI
évidemment une direction privilégiée (le sens du champ de force de gravitation), mais ses
effets, comparés à ceux qui sont pertinents pour la dynamique des petits objets (particules,
atomes, molécules, etc.), sont totalement négligeables, sauf cas très exceptionnel.

M
L’affirmation contenue dans le principe de relativité de Galilée ne requiert par nature
aucune démonstration : ériger en principe une affirmation, c’est s’en remettre pour la
preuve de sa véracité à la confrontation entre les résultats théoriques qui en découlent et
RI
les observations expérimentales. Aucune violation n’ayant été observée jusqu’à présent,
ce principe peut (et doit) être invoqué dans la construction de toute théorie physique
non-relativiste au sens d’Einstein.
OU

A titre d’exemple, montrons comment le principe de Relativité permet de former le


Lagrangien L d’une particule libre. L’uniformité (homogénéité de l’espace) permet d’af-
firmer que L ne dépend d’aucune coordonnée spatiale, puisque toutes les positions sont
sB

équivalentes. De la même façon, L ne peut dépendre du temps puisque tous les instants
se valent. Il en résulte que L est au plus une fonction de la vitesse. Utilisons maintenant
l’isotropie de l’espace : comme toutes les directions sont équivalentes, L ne peut dépendre
de l’orientation du vecteur vitesse : seul importe le module de ce vecteur. Celui-ci pouvant
lsu

toujours s’exprimer en fonction du carré v 2 , on en arrive à la conclusion que le Lagran-


gien d’une particule libre, tel qu’il résulte du principe de Galilée, est nécessairement une
certaine fonction du carré de la vitesse :
Ce

L = f v2 , (2.1.1)


où la fonction f est pour l’instant inconnue et doit être trouvée.


Le Lagrangien permet d’écrire l’intégrale donnant l’action, S, qui est extrémale (mi-
nimale, c’est le Principe de Moindre Action) pour la trajectoire réellement suivie :

R t2
S= t1
Ldt avec δS = 0 (2.1.2)

pour la trajectoire réellement suivie . Le principe de Galilée permet de trouver la fonction


L, au moins pour une particule libre. Soit un point matériel (particule) dont les coordon-

Cours de Mécanique Quantique Master II: 30 Celsus Bouri©2021/2022


2.1. LE PRINCIPE EUCLIDIEN DE RELATIVITÉ ET LE RÔLE DE LA
SYMÉTRIE EN PHYSIQUE

nées dans deux repères galiléens R et R0 sont ~r et ~r0 , R0 étant animé d’une vitesse V~ par
rapport à R ;on a :

~r0 = ~r − V~ t, ~v 0 = ~v − V~ . (2.1.3)

Dans chacun de ces repères, le mouvement est décrit par les équations de Lagrange dé-
duites du principe de moindre action. Soit L et L0 les deux Lagrangiens manipulés par
deux observateurs appartenant l’un à R, l’autre à R0 . Comme pour ces deux observateurs
les lois du mouvement doivent être les mêmes, les deux actions S et S 0 ne doivent dif-

I
férer que d’une constante ; ce sera le cas si L − L0 est une dérivée totale en temps, dont

QI
l’intégration conduisant à l’action donnera un terme constant. Plus précisément, les deux
observateurs vont respectivement écrire :

M
R t2 R t2
δ t1
Ldt = 0, δ t1
L0 dt = 0 (2.1.4)

Le premier observateur en déduira une loi exprimée par :


RI
~r = g (t; ~r0 , ~v0 ) , (2.1.5)

où g est une fonction du temps paramétrée par les conditions initiales. Le deuxième
OU
observateur trouvera la même loi, exprimée par la même fonction g mais paramétrée par
les conditions initiales mesurées dans R0 :

~r0 = g (t; ~r00 , ~v00 ) . (2.1.6)


sB

Le temps est le même dans les deux référentiels. Compte tenu du fait que les équations
du mouvement s’obtiennent par variation de L, qui est une intégrale sur le temps, les lois
du mouvement (traduites par la fonction g) seront les mêmes dans R et R0 pourvu que L
lsu

et L0 diffèrent seulement par une dérivée totale en temps. Partant de :

L = f (v 2 ) , L0 = f (v 02 ) (2.1.7)
Ce

et prenant en compte (2.1.3), L0 s’écrit :


 
L0 = f v 2 − 2~v .V~ + V 2 (2.1.8)

Supposons que la vitesse V~ est un infiniment petit. En développant le second membre, on


obtient L0 à des infiniment petits d’ordre 2 près :

∂f ∂f
L0 = f v 2 − 2~v .V~ 2 = L − 2~v .V~ 2 . (2.1.9)

∂v ∂v

Le terme additionnel doit être de la forme (d/dt) • pour que les lois trouvées dans R et

Cours de Mécanique Quantique Master II: 31 Celsus Bouri©2021/2022


Symétries et règles de conservation

R0 , déduites de L et de L0 , coïncident. Comme ~v =(d/dt) ~r est déjà une dérivée totale,


ceci est assuré si ∂v
∂f
2 est une constante ; il en résulte que f est un monôme du genre av
2

où a désigne une constante :

f (v) = av 2 ⇐⇒ L = av 2 . (2.1.10)

Comme on le sait, la constante a n’est autre que la moitié de la masse m de la particule –


ceci afin de retrouver l’équation de Newton. Une fois obtenue cette dépendance pour une
transformation infinitésimale, il est facile de voir que le Lagrangien L = av 2 est également

I
invariant pour une transformation finie :

QI
 2  
L0 = av 2 = a ~v − V~ = a v 2 − 2~v .V~ + V 2 . (2.1.11)

M
Ceci peut s’écrire :

d   d
L0 = av 2 + a −2~r.V~ + V 2 t = L + φ. (2.1.12)
dt RI dt

L et de L0 donnent les mêmes équations du mouvement dans les deux repères.


Pour une particule soumise à un champ (de gravitation,électrostatique, etc.) dérivant
OU
d’un potentiel U , le Lagrangien s’écrit :

L=T −V (2.1.13)

où V est l’énergie potentielle, différant simplement du potentiel U par un scalaire multi-


sB

plicatif (masse pour le champ de gravitation, charge pour le champélectrostatique, etc.).


C’est ce choix qui assure que les équations de Lagrange déduites du principe variationnel
δS = 0 reproduisent les équations de la Mécanique dans sa formulation élémentaire.
lsu

L’énergie potentielle V est a priori une fonction des trois coordonnées d’espace, ou
de tout autre jeu de coordonnées fixant sans ambiguïté la position de la particule dans
l’espace. V est la représentation désincarnée physiquement de l’action de l’extérieur sur
Ce

la particule (celle-ci étant le système d’étude) : on a remplacé tous les autres systèmes en
interaction avec la particule par un champ de forces “éthérées” ; ces forces agissent sur la
particule, qui n’a en retour aucune influence sur elles. C’est ainsi que s’introduit la notion
de champ en Physique.
La symétrie proclamée par le principe de Galilée sur l’espace où plongent les systèmes
physiques est une symétrie universelle. De surcroît, un système donné, dans un environne-
ment donné, peut posséder des symétries internes propres. Il convient de bien distinguer
l’invariance universelle résultant des hypothèses d’isotropie et d’homogénéité de l’espace,
de l’invariance, pour un système donné, résultant de sa symétrie propre. L’invariance eu-
clidienne affirme que les propriétés de tout système sont indifférentes à la position ou à

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2.1. LE PRINCIPE EUCLIDIEN DE RELATIVITÉ ET LE RÔLE DE LA
SYMÉTRIE EN PHYSIQUE

l’orientation du système, en conséquence de l’homogénéité et de l’isotropie de l’espace où


il est plongé. Maintenant, pour un système donné, certains de ses éléments peuvent être
indifférents à telle ou telle opération et c’est cette indifférence qui constitue la symétrie
interne propre. Affirmer que les propriétés ne changent pas, c’est prendre en compte à la
fois le principe euclidien et la symétrie interne propre : la seconde repose sur le premier.
Par exemple, au voisinage de la surface terrestre, comptant positivement vers le haut
l’altitude z, le champ de gravitation est U = gz, l’énergie potentielle est V = mgz. La
fonction V (z) a une propriété remarquable : elle ne dépend que de la variable verticale z et
non des deux coordonnées horizontales x et y (physiquement : tout déplacement horizontal

I
ne donne lieu à aucun travail de la force de pesanteur). Il en résulte que les propriétés

QI
d’équilibre ne dépendent que de z : l’équilibre dans un plan perpendiculaire à Oz est
indifférent aux valeurs de x et de y. Ces deux coordonnées absentes de l’énergie potentielle
sont appelées variables cycliques et entraînent la conservation de l’impulsion dans un plan

M
horizontal (px et py sont des constantes du mouvement). La symétrie correspondante est
une symétrie de translation parallèlement au plan xOy : l’image de tout point d’équilibre
dans une telle translation est aussi un point d’équilibre. Ceci constitue un exemple de
RI
propriété invariante dans une opération géométrique : c’est l’une des symétries du système.
La situation est identique pour une particule de charge q plongée dans un champélectrique
OU
extérieur E~ Le Lagrangien s’écrit alors :

1  
~r .
L = mv 2 − −q E.~ (2.1.14)
2

Le champ définit une direction remarquable : il est tout indiqué, pour la commodité, de
sB

choisir l’un des axes du repère (cartésien) parallèle à ce champ, soit Oz pour fixer les
idées. Il vient alors :
lsu

1
L = mv 2 + qEz (2.1.15)
2
et on se retrouve exactement dans la même situation que pour la pesanteur, étudiée
localement à la surface terrestre – ou plus généralement au voisinage de tout point dont
Ce

la distance au centre de la Terre est donnée une fois pour toutes.


Autre exemple : l’atome d’hydrogène dans l’approximation du noyau infiniment
massif. Le système physique d’étude se réduit à une seule particule (l’électron, de masse
m et de charge e < 0) soumise à la force de Coulomb. Le Lagrangien est alors :
 02   
e2
L = 21 mv 2 − − er , e02 = 4π0
(2.1.16)

Ici, V (r) = −e02 /r a la propriété remarquable de ne dépendre que de la distance électron


– noyau, en aucune fac¸on de la direction du rayon vecteur joignant les deux particules.
Il en résulte une symétrie interne sphérique : toute rotation autour d’un axe passant par

Cours de Mécanique Quantique Master II: 33 Celsus Bouri©2021/2022


Symétries et règles de conservation

le noyau est une opération blanche, qui ne change en rien l’état du système. L’électron
se moque de savoir ce que le physicien définit comme étant les trois axes d’un repère
cartésien. Ici d’ailleurs, les coordonnées sphériques s’imposent, toujours pour des raisons
de commodité ; il en faut trois : r et les deux angles θ (latitude) et φ (azimut) définis
comme d’habitude. Maintenant, les deux variables cycliques sont ces deux angles : ils
n’apparaissent pas dans le Lagrangien. Il s’agit encore d’une symétrie qui, comme toujours,
produira une loi de conservation : ici, celle du moment cinétique orbital de l’électron.

Supposons maintenant que l’on impose de l’extérieur un champ électrique, définissant

I
toujours l’axe Oz. Le Lagrangien contient maintenant un terme de plus :

QI
1 e02
L = mv 2 + + eEz (2.1.17)
2 r

M
et, visiblement, la symétrie est abaissée par l’adjonction du champ externe : il n’y a
maintenant invariance que par rapport aux rotations autour de l’axe Oz – et également
par rapport aux réflexions par rapport à tout plan contenant ce même axe. On dit que
RI
le champ a brisé la symétrie sphérique, tout en préservant la symétrie cylindrique et la
symétrie miroir ; au passage, on notera que le phénomène de brisure de symétrie fonctionne
par tout ou rien : un champ infinitésimal fait changer qualitativement la symétrie. Il y
OU
a maintenant moins de variables cycliques que précédemment. Notons que, grâce à la
symétrie de réflexion, les deux mouvements qui se correspondent dans cette opération
sont physiquement équivalents ; pour deux tels mouvements, l’électron tourne dans un
sens ou dans le sens contraire autour de Oz. Les propriétés physiques ne dépendront donc
sB

que du module de cette composante, pas de son signe.

Dernier exemple, important : un système isolé, possédant par nature la symétrie


de translation dans le temps, ni L ni H ne contiennent explicitement le temps. Alors, c’est
lsu

l’énergie qui est une constante du mouvement.

En résumé, toute propriété de symétrie interne d’un système se traduit technique-


Ce

ment par l’absence dans le Lagrangien de certaines coordonnées, pourtant nécessaires par
ailleurs pour fixer la position du système dans l’espace : ce sont ces variables absentes qui
sont appelées variables cycliques et c’est cette absence qui produit automatiquement les
lois de conservation des moments conjugués correspondants. En effet, dans les notations
traditionnelles, les équations de Lagrange sont :

d ∂L
dt ∂ q̇i
− ∂L
∂qi
= 0 ⇐⇒ d
p
dt i
= ∂L
∂qi
(2.1.18)

Imaginons que l’une des coordonnées, qi0 , n’apparaît pas dans L ; la dérivée correspondante
∂L/∂qi0 est donc identiquement nulle ; par l’équation ci-dessus, il en résulte immédiate-
ment que pi0 = Cste .

Cours de Mécanique Quantique Master II: 34 Celsus Bouri©2021/2022


2.2. LES SYMÉTRIES FONDAMENTALES

2.2 Les symétries fondamentales

Dans cette section, nous allons passer en revue les transformations d’espace et de
temps fondamentales en mécanique quantique non relativiste, et nous allons établir la
forme de l’opérateur qui leur est associé.

2.2.1 Transformations d’espace

I
En mécanique classique, une transformation d’espace correspond à une fonction des

QI
coordonnées :
~r → f (~r) (2.2.1)

M
D’après le principe de correspondance, la même transformation en mécanique quantique
doit être décrite par des actions sur l’opérateur ~r. Mais cette transformation doit pouvoir
se décrire par une transformation unitaire : RI
f (~r) = Uf†~rUf (2.2.2)
OU
et les kets sont transformés selon :

|ψi → Uf |ψi (2.2.3)

Pour le ket |~r0 i, on a


sB

Uf |~r0 i = |f (~r0 )i (2.2.4)

En effet, on a
f (~r) = Uf†~rUf
lsu

~rUf = Uf f (~r)
~rUf |~r0 i = Uf f (~r) |~r0 i
= Uf f (~r0 ) |~r0 i
Ce

= f (~r0 ) Uf |~r0 i
Ce qui traduit que Uf (~r0 ) est donc vecteur propre de ~r de valeur propre f (~r0 ). Mais par
définition des vecteurs propres de ~r, on a

~r |f (~r0 )i = f (~r0 ) |f (~r0 )i (2.2.5)

On peut donc prendre Uf |~r0 i = |f (~r0 )i (avec un choix de phase à la clé).


Ainsi, dans une transformation définie par ~r → f (~r), la fonction d’onde se transforme
selon
ψ (~r) → ψ f −1 (~r) (2.2.6)


Cours de Mécanique Quantique Master II: 35 Celsus Bouri©2021/2022


Symétries et règles de conservation

En fait, souvenons-nous que les relations de transformation sont

|ψi → Uf |ψi
 †
ψ (~r) = h~r |ψi → h~r| Uf |ψi = Uf† |~ri |ψi

Mais
f −1 (~r) = Uf ~rUf†

et, par définition f −1 (f (~r)) = ~r donc Uf f (~r) Uf† = Uf Uf†~rUf Uf† = ~r. Or, d’après le
résultat précédent,

I
Uf† |~ri = |f −1 (~r)i

QI
h~r| Uf |ψi = hf −1 (~r)| ψi = ψ (f −1 (~r))

[Link] Translations

M
Considérons une translation par a d’un système à un degré de liberté :

x→x+a (2.2.7)
RI
On cherche un opérateur T (a) tel que
OU
T † (a) xT (a) = x + a (2.2.8)

En multipliant à gauche par T (a), il vient :


sB

[x, T (a)] = aT (a) (2.2.9)

Calculons T (a) |xi. D’après ce qui précède, on a


lsu

(xT (a) − T (a) x) |xi = aT (a) |xi


x (T (a)) |xi = (x + a) T (a) |xi (2.2.10)
T (a) |xi = |x + ai
Ce

modulo le choix d’un facteur de phase. On retrouve le résultat général précédent. On en


déduit notamment que
 †
ψ (x) → hx| T (a) |ψi = T (a)† |~ri |ψi
(2.2.11)
= hx − a |ψi = ψ (x − a)

Notons au passage que les opérateurs T (a) forment un groupe. En particulier, T (a) T (b) =
T (b) T (a) = T (a + b).
Essayons maintenant de trouver une forme explicite de l’opérateur T (a). Pour cela,
considérons une translation infinitésimale T (δ), et faisons un développement limité de

Cours de Mécanique Quantique Master II: 36 Celsus Bouri©2021/2022


2.2. LES SYMÉTRIES FONDAMENTALES

T (δ) :
T (δ) = 1 − iδK + O δ 2 (2.2.12)


Le facteur −1 est conventionnel, mais le choix d’un facteur i est intéressant car il conduit
à un opérateur K hermitique. En effet, T (δ) étant unitaire, on a :

T † (δ) T (δ) = 1

soit
1 − iδK + iδK † + O (δ 2 ) = 1
(2.2.13)

I
K† = K

QI
Reportons ce développement limité dans la relation [x, T (a)] = aT (a). Il vient :

[x, 1 − iδK] = δ1 + O (δ 2 )

M
→ [x, K] = i1

On en déduit le résultat très important suivant : RI p


K= . (2.2.14)
~
OU
Enfin, comme les translations commutent entre elles, on peut décomposer une trans-
lation finie en produit de translations :
  N
a
N 1
T (a) = T (a/N ) = 1 − i K + O = exp (−iap/~)
N2
sB

On dit que l’opérateur p est le générateur des translations. La généralisation à 3


dimensions est immédiate.
lsu

[Link] Rotations

Les rotations font l’objet du prochain chapitre.


Ce

[Link] Parité

C’est l’opération qui consiste à inverser le signe des coordonnées :

~r → −~r (2.2.15)

L’opérateur associé, en général noté Π, est défini par

Π |~ri = |−~ri (2.2.16)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 37 Celsus Bouri©2021/2022


Symétries et règles de conservation

On en déduit que Π2 = . De plus, la parité conserve le produit scalaire de sorte qu’on a


Π† = Π−1 .
Les vecteurs qui changent de signe dans une opération de parité sont appelés vecteurs
polaires. Ceux qui ne changent pas de signe sont appelés vecteurs axiaux.

2.2.2 Renversement du temps


Il arrive souvent que le lagrangien soit indépendant du signe de q̇

I
L (q̇, q) = L (−q̇, q) (2.2.17)

QI
ou que le Hamiltonien soit invariant par changement du signe de p~

H (~r, p~) = H (~r, −~p) (2.2.18)

M
Dans ce cas, si le couple (~r (t) , p~ (t)) est solution, le couple (~r (−t) , −~p (−t)) est également
solution. RI
On est donc naturellement amené à considérer la transformation définie par :
(
θ−1~rθ = ~r
(2.2.19)
OU
θ−1 p~θ = −~p

La transformation θ est antilinéaire, c’est-à-dire que pour un vecteur d’état |ψi,

θ |ψi = |ψ ∗ i (2.2.20)
sB

et donc, antiunitaire.
lsu

2.2.3 Evolution temporelle - Théorème d’Ehrenfest


Nous avons déjà vu que si l’hamiltonien était indépendant du temps, l’évolution tem-
porelle (que l’on peut considérer comme une translation dans le temps) pouvait être
Ce

représentée par un opérateur d’évolution

i
U (t, t0 ) = e− ~ H(t−t0 ) (2.2.21)

Du point de vue de Heisenberg (ou point de vue passif), ce sont les observables qui sont
transformées :
AH (t) = U † (t, t0 ) AU (t, t0 ) (2.2.22)

Du point de vue de Schrödinger, ce sont les vecteurs d’états qui sont transformés :

|ψ (t)i = U (t, t0 ) |ψ (t0 )i (2.2.23)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 38 Celsus Bouri©2021/2022


2.3. INVARIANCE DE JAUGE

D’après la forme de l’opérateur d’évolution, on voit directement que l’hamiltonien est le


générateur des translations dans le temps, ce qui découle aussi de :

dAH 1
= [AH , H] (2.2.24)
dt i~

2.3 Invariance de jauge


Les éléments de symétrie d’un système ne sont pas toujours de nature géométrique.

I
De fait, la notion d’invariance par rapport à certaines transformations peut aussi résulter

QI
de la formalisation d’un problème donné en termes d’objets qui n’ont pas en eux-mêmes
une signification physique directe, si toutefois les éléments de la réalité physique peuvent
en être déduits.

M
C’est le cas de l’invariance de jauge pour
 le champ électromagnétique. Pour une par-
ticule de charge q soumise à un champ E, ~ B~ , on sait poser d’emblée les équations du
mouvement à l’aide des champs, enécrivant l’équation RI
 fondamentale
 de la Dynamique où
figure l’expression de la force de Lorentz F~L = q E ~ D’un autre côté, il se ré-
~ + ~v × B
vèle commode pour les calculs d’exprimer les champs eux-mêmes à l’aide des potentiels.
Pour un même champ, on peut définir une infinité de potentiels se déduisant les uns des
OU

autres par ce que l’on appelle une transformation de jauge, et qui tous donnent les mêmes
équations du mouvement en Mécanique Classique : les potentiels dépendent de la jauge
choisie mais les champs eux-mêmes – et donc les forces – n’en dépendent pas. En d’autres
termes, les équations de Maxwell sont invariantes quand on passe d’un certain potentiel
sB

 
U, A à un autre, U , A .
~ 0 ~0
lsu

2.4 Invariance et lois de conservation


La première application de ces considérations de symétrie, et probablement la plus
Ce

importante, est celle où l’hamiltonien est invariant par une opération de symétrie. Par
exemple dans un potentiel central, l’hamiltonien est manifestement invariant par rotation.
De façon générale, cette invariance se traduit par le fait qu’il existe un opérateur K (et
même une famille d’opérateurs dans le cas des symétries continues) tel que

K −1 HK = H ⇐⇒ [H, K] = 0 (2.4.1)

De façon tout à fait générale, cette relation implique que si |ψi est état propre de H,
K |ψi l’est aussi. En effet, si H |ψi = E |ψi,

HK |ψi = KH |ψi = KE |ψi = EK |ψi (2.4.2)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 39 Celsus Bouri©2021/2022


Symétries et règles de conservation

Ainsi, si K |ψi n’est pas proportionnel à |ψi, la valeur propre E est dégénérée. Si
l’opérateur K est diagonalisable cela implique qu’on peut diagonaliser H et K dans une
base commune. Enfin, si K est hermitique, cela implique qu’il correspond à une quantité
conservée. De ce point de vue, les différentes symétries présentées dans la section précé-
dente (parité, renversement du temps, translations, rotation) se séparent naturellement en
deux classes : les symétries discrètes et les symétries continues. Étudions les conséquences
de l’invariance de l’hamiltonien dans ces différents cas.

I
2.4.1 Symétries discrètes

QI
Ce sont les symétries qui n’engendrent qu’un nombre fini de transformations. Parmi
les symétries précédentes, il s’agit de la parité et du renversement du temps. Mais en
physique du solide, ce cas comprend aussi toutes les symétries du groupe ponctuel (plans

M
miroirs, axes d’ordre n, etc...). Regardons de plus près les deux cas pour lesquels nous
avons établi la forme des opérateurs.

[Link] Renversement du temps


RI
Dans ce cas, l’opérateur θ n’est ni hermitique, ni unitaire. Par contre, il peut conduire
OU

dans certains cas à une dégénérescence. Ce sera le cas pour les états propres de H tels
que θ |ψi ne soit pas proportionnel à |ψi.
Pour préciser dans quels cas on peut s’attendre à trouver une dégénérescence, remar-
sB

quons tout d’abord que θ2 ne change pas le système. Il doit donc être proportionnel à
l’identité à un facteur de phase près :

θ2 = eiα (2.4.3)
lsu

avec eiα = ±1.


Si l’action de la symétrie renversement du temps est telle que θ = −1, les états propres
Ce

de l’hamiltonien sont dégénérés. Cette propriété est appelée dégénérescence de Kramers.

[Link] Parité

L’opérateur parité Π est un opérateur linéaire qu’on peut facilement diagonaliser.


Comme Π2 = , ses valeurs propres sont ±1, et à partir de n’importe quel ket de l’espace
de Hilbert qui n’est pas vecteur propre de Π, on peut construire deux vecteurs propres de
Π:

|ψ+ i = |ψi + Π |ψi


(2.4.4)
|ψ− i = |ψi − Π |ψi

Cours de Mécanique Quantique Master II: 40 Celsus Bouri©2021/2022


2.4. INVARIANCE ET LOIS DE CONSERVATION

Ils vérifient en effet


Π |ψ+ i = |ψ+ i état pair
(2.4.5)
Π |ψ− i = |ψ− i état impair
Si l’hamiltonien est invariant dans une opération de parité, on peut donc chercher les
états propres séparément dans les sous-espaces des états pairs et des états impairs.

I
2.4.2 Symétries continues

QI
Dans le cas des translations ou des rotations, nous avons vu que les opérateurs se
i
transforment à l’aide d’opérateurs unitaires de la forme e ~ ~r.~p pour les translations. En

M
fait, on peut démontrer que pour tout groupe d’opérateurs unitaires dépendant d’une
variable continue α et satisfaisant la relation
RI
U (α1 + α2 ) = U (α1 ) U (α2 ) (2.4.6)

il existe un opérateur hermitique T tel que


OU

U = e−iαT (2.4.7)

L’opérateur T s’appelle le générateur (infinitésimal) du groupe. Nous reviendrons plus


sB

tard sur l’utilisation systématique de la structure de groupe.

Si l’hamiltonien est invariant par les transformations U (α), on a :


lsu

U † (α) HU (α) = H

d’où
[H, U (α)] = 0 (2.4.8)
Ce

Pour que les transformations U (α) forment un groupe, elles doivent contenir U (α = 0) = .
Faisons un développement limité de U (α) autour de α = 0. Il vient :

U (α) = 1 − iαT + O (α2 )


[H, U (α)] = −iα [H, T ] + O (α2 ) (2.4.9)
[H, T ] = 0

Pour les symétries continues, il existe ainsi un opérateur hermitique, donc une ob- servable,
qui commute avec l’hamiltonien. Autrement dit, le générateur de la trans- formation est
une quantité conservée.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 41 Celsus Bouri©2021/2022


Symétries et règles de conservation

2.5 Eléments de théorie des groupes. Représentations


La succession de deux ou plusieurs opérations de symétrie est encore une opération
de symétrie. L’ensemble des opérations de symétrie que l’on engendre par application
successive de ce principe constitue en général un groupe.
Rappel : un groupe est défini par les règles suivantes :

1. Le produit de deux éléments du groupe est un élément du groupe : a, b ∈ G ⇒


ab ∈ G.

I
2. Le produit est associatif : a (bc) = (ab) c.

QI
3. Il existe un élément neutre e ∈ G tel que ea = ae = a ∀a ∈ G.

4. Chaque élément a un inverse noté a−1 tel que aa−1 = a−1 a = e

M
Le groupe est dit commutatif si ab = ba ∀a, b. Il est dit fini s’il possède un nombre fini
d’éléments. Il est dit discret si le nombre d’éléments est fini ou dénombrable. Il est dit
continu sinon. RI
Exemple : Le groupe des translations
OU
2.5.1 Représentation d’un groupe
On appelle représentation de dimension n d’un groupe tout ensemble de matrices
(n × n) isomorphe au groupe et tel que si R (a) désigne la matrice associée à l’élément a
sB

du groupe, on ait :
R (ab) = R (a) R (b) (2.5.1)

Exemples : les matrices de SO(3) forment une représentation de dimension 3 du groupe


lsu

des rotations dans R3 .

[Link] Représentation irréductible


Ce

Si l’espace de dimension n dans lequel les matrices d’une représentation agissent peut
être séparé en sous-espaces tels que toutes les matrices soient diagonales par bloc, la re-
présentation est dite réductible. Si c’est impossible, la représentation est dite irréductible.

[Link] Invariance et représentation

Supposons que H soit invariant par certaines opérations de symétrie, autrement dit
qu’il commute avec les opérateurs U (a) associés aux éléments a d’un groupe G.

[H, U (a)] = 0 (2.5.2)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 42 Celsus Bouri©2021/2022


2.5. ELÉMENTS DE THÉORIE DES GROUPES. REPRÉSENTATIONS

On suppose par ailleurs que U (ab) = U (a) U (b). Soit E une valeur propre n fois dégénérée
de H
H |ψk i = Ek |ψk i k = 1, ..., n (2.5.3)

Les matrices D (a) définies par

Dij (a) = hψi | U (a) |ψi i (2.5.4)

forment une représentation de dimension n du groupe G.


Application : Si un hamiltonien commute avec les éléments d’un groupe, ses états

I
propres peuvent être classés en fonction des représentations irréductibles auxquelles ils

QI
appartiennent. La théorie des groupes permet de déterminer uniquement sur la base des
relations entre éléments du groupe les représentations irréductibles et la façon dont les
vecteurs associés à une représentation irréductible se transforment par les éléments du

M
groupe.

RI
OU
sB
lsu
Ce

Cours de Mécanique Quantique Master II: 43 Celsus Bouri©2021/2022


Symétries et règles de conservation

I
QI
M
RI
OU
sB
lsu
Ce

Cours de Mécanique Quantique Master II: 44 Celsus Bouri©2021/2022


Chapitre Troisième

Groupe non commutatif : les


rotations et le moment angulaire

I
QI
Comme nous l’avons énoncé à la fin du chapitre précédent, nous allons étudier le

M
groupe de rotations spatiales. Celui-ci est généré par le moment angulaire du système. Il
est noté SO (3). SO parce qu’il s’agit du groupe d’isométries de l’espace euclidien à 3
dimensions R3 et (3) car la représentation de ce groupe est de rang 3 . Le groupe SO (3)
RI
est aussi le groupe des matrices U (3 × 3) réelles, unitaires ( c’est-à-dire qui préserve la
norme U U + = U + U = Id ) et unimodulaires (det U = 1).
L’importance du groupe SO (3) réside dans le fait qu’il correspond à l’isotropie de
OU
l’espace R3 .
Dans le souci de rendre plus pertinent les groupes de rotation, nous allons rester dans
un formalisme plus général de théorie de groupe. L’application à des problèmes physiques
concrets sera faite dans les paragraphes ultérieurs.
sB

3.1 Structure du groupe des rotations


lsu

Un opérateur de rotation sera décrit par la donnée du vecteur unitaire ~u (θ, ϕ) porté
par l’axe de rotation et de l’angle de rotation ω c’est-à-dire
Ce

~ ∈ R3 =⇒ X
X ~ 0 = R (~u, ω) X
~ (3.1.1)

On a l’égalité
R (−~u, −ω) = R (~u, ω) (3.1.2)

Rotation conjuguées : Soit S une rotation qui a ~u associe ~v c’est-à-dire S~u = ~v . On a :

~ 0 = R (~u, ω) X
X ~ Y~ 0 = R (~v , ω) Y~

et (d’après 3.1.1),
Y~ = S X
~ Y~ 0 = S X
~0 .

45
Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

En les combinant, on a

Y~ 0 = R (~v , ω) Y~ = R (~v , ω) S X
~ = SX
~ 0 = SR (~u, ω) X
~

soit
R (~v , ω) S = SR (~u, ω) ,

autrement dit,
R (~v , ω) = SR (~u, ω) S −1 (3.1.3)

I
En conclusion, deux rotations autour de deux axes différents ayant la même angle appar-

QI
tiennent à la même classe étant donné qu’onpeur toujours trouver un élément du groupe
permettant de transformer l’une en l’autre.
Par conséquent, deux rotations de même axe et d’angle opposé appartiennent à la

M
même classe. Par définition donc, la classe est caractérisée par l’angle modulo 2π .
Rotations infinitésimales
Du fait de la composition des rotations,
RI
h  ω iN
R (~u, ω) = lim R ~u, (3.1.4)
N →∞ N
OU

R (~u, ω) peut être engendré par des rotations d’angle infinitésimale δω  1, R (~u, δω).
Soit X
~ ∈ R3 ;alors
~ 0 = R (~u, δω) X
X ~ =X
~ + δω~uΛX
~ (3.1.5)
sB

Comme l’opérateur de rotation est un opérateur unitaire, elle transforme une base
donnée en un autre base et nous savons construire la matrice de passage  de la base initiale
vers la base finale. Considérons par exemple la base canonique Bi = ~i, ~j, ~k comme base
lsu

initiale et désignons par Bf = (~e1 , ~e2 , ~e3 ) la base finale obtenue par rotation autour de
l’axe ~k d’un angle θ de la base initiale. Il va de soi que l’axe ~k est invariant sous cette
rotation c’est-à-dire
Ce

~e3 = ~k (3.1.6)

La matrice de passage de Bi à Bf est donnée par


! !
cos θ sin θ ~e1
P = (3.1.7)
− sin θ cos θ ~e2

puisqu’on a (
~e1 = ~i cos θ + ~j sin θ
(3.1.8)
~e2 = −~i sin θ + ~j cos θ
Le passage de Bf à Bi est donné par l’inverse de la matrice P ; la matrice associée à la

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3.2. REPRÉSENTATION DU GROUPE DES ROTATIONS
 
rotation R ~k, θ est donc

!
  cos θ sin θ
R ~k, θ = P = (3.1.9)
− sin θ cos θ

Si on suppose que l’angle θ est réalisé par une suite infinie d’angles élémentaires δω 
1, la rotation élémentaire d’axe ~k et d’angle δω serait, sachant que

I
δω  1 =⇒ cos δω ≈ 1 et sin δω ≈ δω, (3.1.10)

QI
!
  1 δω
R ~k, δω = (3.1.11)
−δω 1

M
L’image d’un vecteur X
~ (x, y, z) par cette rotation est donc X
~ 0 (x0 , y 0 , z 0 = z) avec
! ! ! ! ! !
x0 1 δω x x + yδω x y
= = = + δω (3.1.12)
y0 −δω 1 y −xδω + y y −x
RI
qui peut encore s’écrire
OU

~ + δω~kΛX
~0 = X
X ~ (3.1.13)

Laquelle relation peut se généraliser à un vecteur quelconque ~u de composantes (ux , uy , uz )par


sB

~0 =
X ~ + δω~uΛX
X ~
(3.1.14)
~ + (δω.ux )~iΛX
= X ~ + (δω.uy ) ~jΛX~ + (δω.uz ) ~kΛX
~
lsu

La rotation R (~u, δω) devient donc une composition de trois rotations au deuxième
ordre près c’est-à-dire
     
R (~u, δω) = R ~i, ux δω R ~j, uy δω R ~k, uz δω (3.1.15)
Ce

Exercice : Démontrons (3.1.15) en utilisant (3.1.13) et (3.1.14)

3.2 Représentation du groupe des rotations

Nous savons que les moments angulaires sont les générateurs des groupes de rotations.
Donc une représentation unitaire d’un tel groupe, associée à la rotation infinitésimale

Cours de Mécanique Quantique Master II: 47 Celsus Bouri©2021/2022


Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

R (~u, δω) est donnée par

~
Γ (~u, δω) = e−iJ.~uδω
P∞ (−iJ.~~ uδω )n
= n=0
(3.2.1)
n!
= 1 − iJ.~uδω + 0 (δω)2
~

Γ (~u, δω) est bien unitaire car nous avons


  
~ uδω 1 + iJ~† .~uδω = 1
Γ (~u, δω) Γ† (~u, δω) = 1 − iJ.~

I
soit

QI
J~ = J~†

donc J~ est hermitique

M
Soit (Jx , , Jy , , Jz ) les composantes de J.
~ Suivant l’équation (3.1.15), on a
     
Γ (~u, δω) = ~ ~ ~
Γ i, ux δω Γ j, uy δω Γ k, uz δω
RI
= (1 − iJx ux δω) (1 − iJy uy δω) (1 − iJz uz δω)
= = 1 − iδω (Jx ux + Jy uy + Jz uz ) + O (δω²)
(3.2.2)

Γ (~u, δω) = ~ uδω


1 − iJ.~
OU

et par conséquent
sB

N
Γ (~u, ω) = limN →∞ Γ ~u, Nω

h iN
= ~ ω
1 − iJ.~u N

que l’on peut écrire comme


lsu

~ ~
Γ (~u, ω) = e−iJ.~uω = e−iJ.~ω (3.2.3)

avec ω
~ = ω~u.
Ce

Les moments angulaires obéissent à des règles de commutation particulières ; ils consti-
tuent un algèbre de Lie.

3.2.1 Règles de commutation des moments angulaires : Algèbre


de Lie
Reconsidérons les rotations conjuguées de l’équation (3.1.3) ;

−1
R (~v , δω) = SR (~u, δω) S −1 ⇐⇒ Γ (~v , δω) = Γ (S)Γ (~u, δω) Γ (S)

~ v δω = Γ (S) 1 − iJ.~
⇐⇒ 1 − iJ.~ ~ uδω Γ (S)−1

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3.2. REPRÉSENTATION DU GROUPE DES ROTATIONS

ce qui conduit à l’égalité

~ uΓ (S)−1
~ v = Γ (S) J.~
J.~ (3.2.4)

Si S est une rotation infinitésimale R (~ω , δω), on a

~v = R (w, ~ u + O (δω²) ,
~ δω) ~u = ~u + δω wΛ~

par suite,

I
   

QI
~ ~ ~
~ u) = 1 − iJ.wδω
J.~v = J. (~u + δω wΛ~ ~ ~ ~
J.~u 1 + iJ.wδω
~

soit

M
h i
~ ~ ~ ~
~ u) = J.~u − iδω J.w,
J.~u + δω J. (wΛ~ ~
~ J.~u + O (δω²)

Finalement, on a les règles de commutation suivantes RI


h i
~ w,
J. ~ u = iJ.
~ J.~ ~ (wΛ~
~ u) (3.2.5)
OU
Par exemple, si w ~ u = ~k, on a
~ = ~i, ~u = ~j, alors wΛ~

[Jx , Jy ] = iJz (3.2.6)


sB

et par permutation circulaire

[Jy , Jz ] = iJx et [Jz , Jx ] = iJy (3.2.7)


lsu

Soit de manière plus condensée


~ J~ = iJ~
JΛ (3.2.8)

Remarque : Nous avons travaillé en unité ~ = 1. Dans le système d’unité SI, il faut
Ce

remplacer les règles de commutation [Jx , Jy ] = iJz par [Jx , Jy ] = i~Jz ; ce qui se généralise
en JΛ ~ Dans la suite, nous allons restituer l’unité ~.
~ J~ = i~J.
Par ailleurs, on vérifie aisement que

[Jα , J²] = 0 (3.2.9)

avec α = x, y, z
J² est appelé opérateur Casimir du groupe des rotations, l’équation (3.2.9) s’écrit aussi
généralement h i
~
J, J² = 0 (3.2.10)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 49 Celsus Bouri©2021/2022


Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

Introduisons les opérateurs incrémentation et decrémentation définis par J± = Jx ± iJy ,


on a alors
[Jz , J± ] = ±~J±
J− J+ = J² − Jz2 − ~Jz (3.2.11)
J+ J− = J² − Jz2 + ~Jz
N.B. Les relations établies ci-dessus sont autant valables pour les moments cinétiques
tant qu’on a pas affaire à une perturbation de plus basse symétrie.

I
3.2.2 Espace des représentations irréductibles du groupe des ro-

QI
tations
Théorème : Toute matrice M qui commute avec toutes les représentations irréduc-

M
tibles unitaires est une matrice sphérique collinéaire à la matrice identité.
D’après la relation (3.2.10) et le théorème ci-dessus, J² est proportionnel à la matirce
identité, c’est-à-dire RI
J² = k~2 1, k ∈ C (3.2.12)

Soient m la valeur propre de Jz associée au vecteur propre |mi c’est-à-dire Jz |mi =


m~ |mi alors en se servant de (3.2.11),
OU

Jz (J+ |mi) = (J+ Jz + ~J+ ) |mi = (m + 1) ~J+ |mi

c’est-à-dire J+ |mi est un vecteur propre de Jz associé à (m + 1) ~ ; ce qui veut dire J+ |mi
sB

est colinéaire à |m + 1i.


De même J− |mi est un vecteur propre de Jz associé à (m − 1) ~ c’est-à-dire Jz (J− |mi) =
(m − 1) ~ (J− |mi).
lsu

Considérons j pour être la borne supérieure des valeurs m. Alors


a) Si j est une valeur propre simple (dégénérescense=1), J− |ji = 6 0 et on devrait
trouver m = j − 1, J− |ji =
2
6 0 et, de même, il existerait m = j − 2 et ainsi de suite jusqu’à
6 0 et l’on a alors
ce que soit on épuise les dimensions de l’espace c’est-à-dire J−n+1 |ji =
Ce

tous les vecteurs propres de Jz , soit on trouve p tel que J− |ji = 0 et p ≤ n.


p−1

b) Si j est une valeur propre multiple (dégénérescence> 1) on obtiendrait le même


résultat.
On conclut que les valeurs propres de Jz sont simples et équidistants,

J+ |mi = αm ~ |m + 1i J− |mi = βm ~ |m − 1i (3.2.13)

En plus, la trace de Jz est donnée par

i~Jz = [Jx , Jy ] = (Jx Jy ) − (Jy Jx ) = 0 (3.2.14)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 50 Celsus Bouri©2021/2022


3.2. REPRÉSENTATION DU GROUPE DES ROTATIONS

donc la trace de Jz est nulle d’une part, et d’autre part Jz est multiple de l’identité ; il en
suit donc que ses valeurs propres sont opposées l’une de l’autre ±j.

Si n esr la dimension de l’espace et si on choisit j ≥ 0, on a donc n = 2j + 1 =⇒ j est


soit entier ou demi-entier ( bosons ou fermions cf chapitre sur les particules identiques).

Les représentations irréductibles associée à jd’ordre 2j +1 sont appelées Dj (j pouvant


être entier ou demi-entier) j étant le maximum des valeurs m alors,

J− J+ |ji = 0 ⇒ (J² − Jz2 − ~Jz ) |ji = (k~2 − ~2 j² − ~2 j) |ji = 0


(3.2.15)

I
⇒ k = j (j + 1)

QI
c’est-à-dire que j (j + 1) ~2 est la valeur propre de J² à une constante près. De même, on
peut vérifier que la plus grande valeur négative j 0 = −j .

M
Bien, maintenant déterminons J+ |mi et J− |mi.

D’après (3.2.13) J+ |mi = A~ |m + 1i =⇒ |A|2 ~2 = hm|J− J+ |mi


RI
|A|2 ~2 = hm|J² − Jz2 − Jz |mi = (j (j + 1) − m² − m) ~2
p (3.2.16)
A = j (j + 1) − m (m + 1)
OU

De même

(3.2.17)
p
J− |mi = βm ~ |m − 1i =⇒ βm = j (j + 1) − m (m + 1)
sB

On appelle Dj la représentation irréductible d’ordre 2j + 1 définie par Dj (~u, ω) =


~
−i J.~
u
ω
e ~
lsu

Les seuls éléments non nuls de Jz , J± et J² sont hm|Jz |mi = m~

(3.2.18)
p
hjm ± 1|J± |jmi = ~ j (j + 1) − m (m ± 1)
Ce

hjm|J²|jmi = j (j + 1) ~2

hjm|j 0 m0 i = δjj 0 δmm0

Jz ω
Exemple : Dj (oz, ω) = e−i ~

hm|Dj (oz, ω) |mi = e−imω (3.2.19)

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Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

La classe ne dépendant que de ω , le caractère de la Dj est

Xj (ω) = TrDj (~u, ω) = TrDj (oz, ω)


Pj −imω
= eijω 2j −ihω
P
= m=−j e h=0 e , m = −j + h
−i(2j+1)ω eijω −e−i(j+1)ω ( 1 ω
i j+ 2 ) −e (
−i j+ 1 )
2 ω
= eijω 1−e1−e−iω = 1−e−iω
= e
iω −iω
e 2 −e 2

soit

sin j + 12 ω

Xj (ω) = (3.2.20)

I
sin ω2

QI
On vérifie aisément que Xj (ω) = Xj (−ω). Cependant Xj (ω + 2π) = ±Xj (ω) selon j est
entier ou demi-entier. Si j est demi-entier, m est obligé de distinguer les rotations ωet
ω + 2π . Si on considère la représentation D 1 , alors J~ = 12 ~σ où σx , σy et σz sont les

M
2

matrices de Pauli, D 1 (~u, ω) = e−i( ~ ) 2 . La représentation matricielle de D 1 (~u, →



u
~ .~
σ ω
ω ) est
2 2

!
cos ω2 − iuz sin ω2 −i (ux − iuy ) sin ω2
RI
D 1 (~u, ω) =
2
−i (ux + iuy ) sin ω2 cos ω2 + iuz sin ω2

c’est-à-dire sous la forme


OU
!
a b
D 1 (~u, ω) = (3.2.21)
2
−b a∗

Sa trace est donnée par X 1 = 2 cos ω2 ; ce qui est en accord avec la formule générale selon
2
laquelle la trace ne dépend pas que de ω . On a, en plus, les propriétés suivantes :
sB

— det D 1 (~u, ω) = |a| ² + |b| ² = 1


2 ! ! !
† a b a∗ −b 1 0
— D 1 (~u, ω) D 1 (~u, ω) = = =1
2 2 −b a∗

b∗ a 0 1
— D 1 (~u, ω) est unitaire.
lsu

Les matrices unitaires d’ordre 2 forment le groupe n


U (2).o SO (2) est le groupe des matrices
unitaires et unimodulaires d’ordre 2 de sorte que D 1 = SU (2).
2
Ce

— S : spécial c’est-à-dire det u = +1


— U : unitaire c’est-à-dire u† = u−1
— 2 : matrice d’ordre 2
On appelle spineur tout objet à deux composants qui engendre la représentation Su (2)
du groupe des rotations c’est-à-dire qui se transforme selon la D 1 .
2

Important :
! !
1 0 −1 0
D 1 (~u, ω = 0) = D 1 (~u, ω = 2π) =
2
0 1 2
0 −1

D 1 (~u, ω = 2π) = −D 1 (→

u , ω = 0) (3.2.22)
2 2

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3.2. REPRÉSENTATION DU GROUPE DES ROTATIONS

En d’autres termes, les représentations associées aux angles 0 et 2π sont différentes ;


ces représentations sont dites spinorielles contrairement aux rotations ordinaires pour
lesquelles D (~u, ω = 2π) = D (~u, ω = 0). Ce problème est récurrent tant que j est un
demi-entier.
La D 1 n’est pas à proprement parlé une représentation du groupe des rotations spa-
2
tiales : c’est une représentation double dans toutes les Dj pour lesquels j est demi-entier.
Il est donc plus correct de dire que les représentations Dj sont les représentations de
groupes des matrices D 1 : à chaque matrice D 1 correspond une seule rotation spatiale
2 2
R et une seule matrice Dj (R) pour chaque valeur de j. Aux deux matrices opposées D 1

I
2
et D− 1 correspond la même rotation R et la seule matrice Dj (R) si j est entier et deux

QI
2
matrices ±Dj (R) si j est demi-entier. Dans ce dernier cas, on parle de groupe SU (2),
j = n2 , n = 1, ....

M
3.2.3 Etats propres du moment cinétique orbital
L’opérateur moment cinétique orbital d’une particule répérée par sa position ~r et
RI
d’impulsion p~ est défini comme
~ = ~r ∧ p~
L (3.2.23)
OU
On sait l’importance du moment cinétique L
~ en Mécanique Classique, exprimée par
le théorème dit du moment cinétique :

~
dL
= ~r ∧ F~ .
sB

dt

Ce théorème est une conséquence immédiate de l’équation fondamentale de la dynamique.


En particulier, pour une force centrale, associée à uneénergie potentielle V ne dépendant
que de la distance au centre, V (r), le produit vectoriel est nul et L ~ est une constante
lsu

du mouvement. C’est pourquoi la trajectoire est plane, dans un plan perpendiculaire à la


valeur constante de L,
~ fixée une fois pour toutes par les conditions initiales ; c’est aussi la
raison pour laquelle la trajectoire obéit à la loi des aires : la surfaceΣ balayée par le rayon-
Ce


vecteur ~r entre deux instants t0 et t est proportionnelle au temps Σ = L (t − t0 ) /m .
~
Bien évidemment, le moment cinétique joueégalement un rôle fondamental en Méca-
nique Quantique, et ce d’autant plus que des expériences cruciales ont montré qu’il est
quantifié (par exemple : expériences de Stern et Gerlach), tout comme l’énergie des états
liés d’un système. En outre, c’est le moment cinétique (orbital ou de spin) qui permet
de comprendre la nature des sources du magnétisme, ce que la Physique classique est à
nouveau dans l’incapacité de décrire.
Par ailleurs, le moment cinétique joue un rôle central en tant que générateur des
rotations spatiales, comme on l’a vu dans le paragraphe précédent. L’importance de la
symétrie en Mécanique Quantique n’est plus à démontrer.

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Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

Enfin, force est d’admettre (au vu notamment de certaines complexités des spectres
atomiques) que les “particules” possèdent un degré de liberté intrinsèque, en tout point
analogue à un moment cinétique, mais sans équivalent classique ; ce degré de liberté a été
appelé spin 1 et est noté traditionnellement S ~ ; il fait l’objet du prochain chapitre. C’est
d’ailleurs ce degré de liberté qui conduit à définir deux grandes classes de particules, les
fermions et les bosons, dont les comportements, radicalement différents, produisent des
effets spectaculaires 2 . Pour rappeler sa nature “conventionnelle”, L~ sera souvent plus pré-
cisément appelé moment cinétique orbital, évoquant le fait qu’il est l’analogue quantique
d’un moment cińetique d’une particule qui, classiquement, serait en orbite autour d’un

I
centre fixe.

QI
En utilisant les notations ci-dessus, rappelons que

Lz |`mi = m~ |`mi

M
2 2
(3.2.24)
L |`mi = ~ ` (` + 1) |`mi

Exercice : Ecrire les coordonnées cartésiennes du moment cinétique orbital en utili-


RI
sant les variables du système des coordonnées sphériques
Les composantes du moment angulaire sont
OU
 
∂ ∂
Lx = i~ sin ϕ ∂θ + cot θ cos ϕ ∂ϕ
 

Ly = −i~ cos ϕ ∂θ ∂
− cot θ sin ϕ ∂ϕ (3.2.25)

Lz = −i~ ∂ϕ
sB

on en déduit
h i
1 ∂ ∂ 1 ∂²
2

L² = −~ sin θ ∂θ
sin θ ∂θ + sin ²θ ∂ϕ²
(3.2.26)
lsu

 
L± = Lx ± iLy = ~e±iϕ ± ∂θ
∂ ∂
+ i cot θ ∂ϕ

Les fonctions sphériques f (θ, ϕ) uniformes et 2π−périodiques en ϕ constituent un


Ce

espace fonctionnel globalement sous les rotations. On le compose en sous-espaces globa-


lement invariants irréductibles. A cause de la périodicité suivant 2π, seuls les j entiers
apparaissent, on les désigne par l. L’espace E (`) est associé à la D` de dimension 2` + 1. Il
est poosible de trouver une base orthonormée de 2l + 1 fonctions engendrant Dl . Notons

1. A l’époque où cette terminologie a été choisie, on a imaginé que ce moment cinétique représentait
une rotation de la particule sur elle-même, ce que les astronomes désignent par spin. En réalité, le spin
d’une particule n’est susceptible d’aucune représentation de cette sorte : c’est un effet spécifiquement
quantique, sans contrepartie classique.
2. C’est parce que les électrons sont des fermions que les métaux sont conducteurs de l’électricité. C’est
aussi parce qu’ils peuvent se condenser par paires que certains métaux deviennent supraconducteurs à
(très) basse température.

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3.2. REPRÉSENTATION DU GROUPE DES ROTATIONS

ces fonctions uniques Y`m (θ, ϕ). Elles obéissent à


Z
hY`m |Y`0 m0 i = ∗
Y`m (θ, ϕ) Y`0 m0 (θ, ϕ) dΩ = δ``0 δmm0 (3.2.27)

Ces fonctions sont appelées harmoniques sphériques. Elles forment une base orthonormée ;
en des termes de théorie de groupe, on dit que deux représentations différentes sont
orrthogonales ; elles se transforment suivant
X
Y`0 m0 = h`m|D` |`0 m0 i Y`m (3.2.28)

I
`m

QI
Dérivation de l’expression générale de Y`m
Nous savons que, (3.2.24),
Lz Y`m = m~Y`m

M
Lz ne dépendant que de ϕ , Y`m (θ, ϕ) peut s’écrire comme une fonction produit dont
une dépend de θ et l’autre de ϕ c’est-à-dire
RI
Y`m (θ, ϕ) = Kg (θ) f (ϕ) . (3.2.29)

Alors,
OU

Lz Y`m = −i~ Y`m (θ, ϕ) = m~Kg (θ) f (ϕ) ,
∂ϕ
ce qui conduit à la forme de f (ϕ)
sB

f (ϕ) ∼ eimϕ (3.2.30)

De même, comme L± Y`m = ` (` + 1) − m (m + 1)Y`m±1 , il vient que g (θ) dépend de`


p

et de m à la fois.
lsu

Cherchons maintenant la fonction g (θ) correspondant à l’harmonique sphérique Y`` (θ, ϕ) =


K`` g`` (θ) ei`ϕ . Nous savons que cette harmonique doit satisfaire
Ce

L+ Y`` = 0

soit  
iϕ ∂ ∂
~e ∂θ
+ i cot θ ∂ϕ Y`` = 0


∂θ
− ` cot θ g`` = 0
Mais l’équation différentielle
dg``
= ` cot θg`` (3.2.31)

a pour solution g`` (θ) = sin` θ. Ce qui conduit à

Y`` (θ, ϕ) = K`` sin` θei`ϕ (3.2.32)

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Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

Normalisation : La condition de normalisation s’écrit


Z 2π Z π
|K`` | 2
dϕ sin θ sin2` θdθ = 1 (3.2.33)
0 0


soit |K`` |2 × 2π × I` = 1 avec I` = 0
sin θ sin2` θdθ. Pour calculer I` , on fait le changement
de variables
u = cos θ, du = − sin θdθ
R1 `
afin d’obtenir I` = −1
(1 − u2 ) du que l’on peut calculer par récurrence.

I
QI
I0 = 2
R1 2 `−1
I` = (1 − u ) (1 − u2 ) du
−1
R1 `−1
= I"`−1 − −1 u2 (1 − u2 ) du

M
1 #
2 ` 2 `

(1−u ) R 1 ( 1−u )
= I`−1 − − u 2` − −1 −2` du
−1
= I`−1 − 2`1 I`
RI
ce qui conduit à
2`
I` = I
2`+1 `−1
(2`)(2`−2)...2 (3.2.34)
× I0
OU
= (2`+1)(2`−1)...3

soit
[(2`)(2`−2)...2]2
I` = (2`+1)!
22`+1 (`!)2
(3.2.35)
= (2`+1)!
sB

Finalement, on doit avoir


(2` + 1)! 1
|K`` |2 = (3.2.36)
4π 22` (`!)2
Le choix conventionnel consiste à prendre
lsu

r
(−1)` (2` + 1)!
K`` = ` (3.2.37)
2 `! 4π
Ce

Les autres fonctions s’en déduisent par application successive de L− , sachant que

1
Y`m−1 (θ, ϕ) = p L− Y`m (θ, ϕ) (3.2.38)
~ ` (` + 1) − m (m − 1)

avec  
∂ ∂
L− = ~e −iϕ
− + i cot θ . (3.2.39)
∂θ ∂ϕ
Exemples :

1. ` = 0 r
1
Y00 (θ, ϕ) = (3.2.40)

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3.2. REPRÉSENTATION DU GROUPE DES ROTATIONS

2. ` = 1 q
3
= − 8π
Y11 (θ, ϕ) sin θeiϕ
q
Y10 (θ, ϕ) = 3

cos θ (3.2.41)
q
Y1−1 (θ, ϕ) = 3

sin θe−iϕ

3. ` = 2 q
Y2±2 (θ, ϕ) = 15
sin2 θe±2iϕ
q 32π
15
Y2±1 (θ, ϕ) = ∓ 8π sin θ cos θe±iϕ (3.2.42)
q
5
Y20 (θ, ϕ) = (3 cos2 θ − 1)

I
16π

QI
A partir de l’action de L− , on peut établir la relation de récurrence entre les
fonctions g`m et g`m−1 . Elle correspond à
1 dg`m
g`m+1 (θ) = − p (3.2.43)

M
` (` + 1) − m (m + 1) d (cos θ)
La relation (3.2.43) permet d’obtenir les g`m (θ) à partir de g`−` (θ) en la répétant (` + m)
fois, et donc sachant que RI
` (` + 1) − m (m + 1) = (` − m) (` + m + 1) (3.2.44)
OU
`+m
(−1)`

d
g`m (θ) = p g`−` (θ) (3.2.45)
(2`) (2` − 1) .... (` − m + 1) ...1.2.... (` + m) d (cos θ)
Soit simplement
sB

s  `−m
(` + m)! d
g`m (θ) = (−1) `+m
g`−` (θ) (3.2.46)
(2`)! (` − m)! d (cos θ)

Finalement, l’harmonique sphérique prend la forme


lsu

s `−m
` 
(−1) 2` + 1 (` + m)! −m d
Ylm (θ, ϕ) = ` sin θ sin2l (θ) eimϕ (3.2.47)
2 `! 4π (` − m)! d (cos θ)
Ce

qu’on écrit aussi en utilisant les polynômes de Legendre associés P`m (x)
r
2` + 1 m
Y`m (θ, ϕ) = eimϕ P` (cos θ) (3.2.48)

Note : Le facteur (−1)` est un facteur de phase. En devéloppant ses expressions, l’on
prêtera attention à na pas mélanger les conventions de phase, lequel mixage peut être
source de nombreuses sources d’erreurs.
On a en particulier
Y`−m (θ, ϕ) = (−1)m Y`m

(θ, ϕ) (3.2.49)

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Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

3.3 Mouvement dans un potentiel central


On s’intéresse au problème de la quantification du mouvement d’une particule dans
un potentiel central, c’est-à-dire dans un potentiel qui ne dépend que de la distance à un
point donné V (r). L’hamiltonien décrivant un tel système s’écrit :


H= + V (r) (3.3.1)
2m

En mécanique classique, la solution de ce problème repose sur le fait que le moment ciné-

I
tique est conserve. En mécanique quantique, il en va de même mais le moment cinétique

QI
est un opérateur, c’est-à-dire que nous avons les propriétés suivantes : [H, Lz ] = 0 et
[H, L²] = 0.
On a alors,

M
H |α`mi = En` |α`mi
2
L² |α`mi = ~ ` (` + 1) |α`mi (3.3.2)
Lz |α`mi = m~ |α`mi RI
où {|α`mi} est la base de l’ECOC (H, L², Lz )
En représentation position
OU
h~r|n`mi = ψn`m (~r) = Rn` (r) Y`m (θ, ϕ) (3.3.3)

En coordonnées sphériques,
sB

      
1 ∂f ∂ 1 1 ∂ ∂ 1 ∂²
p² = −i~²∆ = −~² r² + sin θ +
r² ∂r ∂r r² sin θ ∂θ ∂θ sin θ ∂ϕ²

où on reconnait L² (cf (3.2.26) )


lsu

   
1 ∂ ∂ L²
=⇒ p² = −~² r² − (3.3.4)
r² ∂r ∂r r²
Ce

Dans ces conditions (3.4.1) devient


   
~² 1 ∂ ∂ L² e² 1
− r² − ψn`m (r, θ, ϕ) − ψn`m = En ψn`m
2m r² ∂r ∂r ~²r² 4πε0 r

L²ψn`m = L²Rn` (r) Y`m (θ, ϕ) = ~2 ` (` + 1) ²Rn` (r) Y`m (θ, ϕ)

En posant Rn` (r) = χn` (r)


r
, alors
 
1 ∂ ∂ 1 ∂²χn`
r² Rn` (r) =
r² ∂r ∂r r ∂r²

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3.4. SPECTRE DE L’ATOME D’HYDROGÈNE

L’équation de Schrödinger devient


 
~² d² ~²` (` + 1)
− χn` (r) + + V (r) χn` (r) = En χn` (3.3.5)
2m dr² 2mr²

Il s’agit d’une équation différentielle d’ordre 2 que l’on peut résoudre une fois connue la
forme du potentiel V (r). Il existe plusieurs cas d’applications comme celui de l’oscillateur
harmonique (à faire sous forme de TPE : discuter la solution en coordonnées
cartésiennes et sphériques) ou de l’atome d’hydrogène.

I
QI
3.4 Spectre de l’atome d’hydrogène
Le spectre de l’atome d’hydrogène est obtenu à partir de la résolution de l’équation

M
de Schrodinger. Le hamiltonien s’écrit dans le reférentiel du centre de masse, où V (r) =
e² 1
− 4πε 0 r
,
p² e² 1
H= − (3.4.1)
2m 4πε0 r RI
Exercice : Montrer (3.4.1) à partir du hamiltonien dans le reférentiel du laboratoire où m
est la masse réduite du système défini par le proton et l’électron de l’atome d’hydrogène.
Le spectre de l’hydrogène va être dégénéré. Ces propriétés de symétrie trouvent leur
OU

origine dans le fait que le potentiel coulombien − 4πε


e² 1
0 r
est isotropique. On a alors

H |n`mi = En` |n`mi


(3.4.2)
sB

L² |n`mi = ~2 ` (` + 1) |n`mi
Lz |n`mi = m~ |n`mi

L’équation (3.3.5) est l’équation radiale de l’atome d’hydrogène. Elle est équivalente à
lsu

un problème à une dimension où une particule est plongée dans un potentiel effectif
Vef f (r) = ~²`(`+1)
2mr²
e² 1
− 4πε0 r
. Le terme ~²`(`+1)
2mr²
> 0 est un terme repulsif dont l’importance est
directement reliée au moment angulaire c’est-à-dire si l est grand il l’est aussi. Il constitue
une barrière centrifuge contrairement au potentiel coulombien attractif . Nous allons donc
Ce

résoudre (3.3.5) pour En ≤ 0 c’est-à-dire pour le spectre discret dont les fonctions sont
de carré sommable. Pour simplifier, utilisons le système d’unités atomiques.

E≡ E
E0
r≡ r
r0
E0 ≡ e²
a0
a0 ≡ ~²
ne²
α≡ e²

(3.4.3)

a0 est le rayon de Bohr et α la constante de la structure fine.L’équation (3.3.5)


   
00 1 ` (` + 1)
χn` + 2 E + − χn` = 0 (3.4.4)
r r²

Résolvons l’équation (3.4.4). Commençons par chercher la solution pour de faibles valeurs

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Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

de r. Si tel est le cas, on peut négliger les termes 2 E + 1r devant − `(`+1) . Alors, (3.4.4)


devient
00 ` (` + 1)
χn` − χn` = 0 (3.4.5)

En cherchant la solution χn` (r) sous la forme rs , on obtient l’équation

s (s − 1) = ` (` + 1)

à résoudre dont la solution est

I
s = ` + 1 ou s = −` (3.4.6)

QI
L’intégrale de normalisation impose que la fonction d’onde soit convergente (physiquement
acceptable), il vient que la solution à choisir est s = ` + 1. Pour r petit, χn` (r) ∝ r`+1 .

M
Maintenant, intéressons-nous au cas des grandes valeurs de r. Effectuons le changement
de variable

λ = −2E
RI
pour des niveaux d’énergie négative. Dans ce cas, on néglige les termes en 1/r et en 1/r2
OU
devant E = −λ2 . L’équation devient

00
χn` − λ2 χn` = 0 (3.4.7)
sB

ses solutions possibles sont e±λr . En raison, une fois de plus de la convergence de la condi-
tion de normalisation, seule la solution e−λr est retenue. Pour les valeurs intermédiaires
x
de r, on pose x = λr et χn0 ` ∼ x`+1 e− 2 f (x) , et on cherche la fonction f (x) = ∞ j
P
j=0 aj x
sous la forme de développement en série. L’équation (3.4.4) devient
lsu


X
{[j (j + 1) + 2 (` + 1) (j + 1)] aj+1 + (λ − ` − 1 − j) aj } xj = 0 (3.4.8)
j=0
Ce

Cette équation est nulle ∀x que si on a

(` + j + 1 − λ)
aj+1 = aj (3.4.9)
j (j + 1) + 2 (` + 1) (j + 1)

On peut étudier la convergence de la série en utilisant le critère de d’Alembert,

aj+1 1
lim = (3.4.10)
j→∞ aj j

qui est la limite de la fonction exponentielle. Pour garantir la convergence, le numérateur


de (3.4.9) doit s’annuler pour à un certain ordre j = n0 , ce qui implique que λ est entier

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3.4. SPECTRE DE L’ATOME D’HYDROGÈNE

et vaut
λ = n0 + ` + 1 (3.4.11)

Ce qui conduit à la quantification de l’énergie


En0 ` = − , n0 = 0, 1, 2, ..... (3.4.12)
2a0 (n0 + ` + 1)2

n0 correspond au nombre de noeuds de la fonction d’onde radiale ; n0 est appelé “nombre


quantique radiale” . Comme nous le présentions, les (2` + 1) états correspondants à n0 et

I
` fixés sont dégénérés en énergie, laquelle ne dépend que de la somme n0 + ` + 1 . Les

QI
états sont libéllés par les nombres quantiques ` (angulaire) et m (orbital) et aussi par
n = n0 + ` + 1 appelé nombre quantique principal. Or n0 désignant le nombre de noeuds,
il doit être ≥ 0 c’est-à-dire

M
n − ` − 1 ≥ 0 =⇒ ` ≤ n − 1 (3.4.13)

Pour récapituler, on a
En = −
1
2n²
RI
, n = 1, 2, ..... (3.4.14)

où on a utilisé ~ = 1, a0 = 1 =⇒ ~² = e² = 1 et α = 1c ; c étant la vitesse de la lumière


OU
dans le vide. s
(n − ` − 1)! `+1 − x 2`+1
χnl (r) = x e 2 Ln−`−1 (x) (3.4.15)
n² (n + `)!
avec x = 2r/n et Lαn (r) le polynome de Laguerre.
sB

Encore ici, il faut toujours faire attention aux conventions de phase.


lsu

Il vient de tout ce qui précède que la classification des états atomiques est clai-
rement définie pour H. Juste à titre de rappel (cf cours atomistique), on dit que la
couche n contient n sous-couches (` = 0, .....n − 1) ayant chacune à leur tour 2` + 1 états
Ce

(m = −`, ....., `). La dégénérescence totale est donc

n−1
X n
X
g= (2` + 1) = 2 ` + n = n² (3.4.16)
`=0 `=0

Cette dégénérescence est éssentielle.

Pour les spectroscopiques, un autre type de notation prévaut

`: 0 1 2 3 4 . . .
s p d f g . . .

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Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

3.4.1 Symétrie dynamique du potentiel de Coulombien : symétrie


de Pauli
On a vu dans le chapitre précédent comment symétrie spatiale et dégénérescence
étaient étroitement liées. Dans le cas de l’atome d’hydrogène, on pouvait notamment
s’attendre, en l’absence de toute direction privilégiée, à ce que l’énergie ne dépende pas
du nombre quantique magnétique m, puisque l’axe de quantification Oz est totalement
arbitraire. En revanche, les mêmes arguments ne permettaient pas de prévoir que la va-
leur de l’énergie serait indépendante du module du moment cinétique représentée par le

I
nombre quantique `. Cette dégénérescence “additionnelle” se présente à chaque fois que

QI
l’équation aux valeurs et fonctions propres peut être résolue dans différents systèmes de
coordonnées et doit pouvoir se relier ô une symétrie qui n’est pas forcément de nature
géométrique. Ces symétries sont appelées symétries dynamiques car elles résultent d’une

M
forme très particulière de l’énergie potentielle, disparaissant au moindreécart par rapport
ô cette loi. Ici, il s’agit du potentiel Coulombien pur, en 1/r ; tout terme additif (effet
d’écran à longue portée, répulsion ô courte distance, etc.) supprime cette dégénérescence
RI
“accidentelle” (elle ne fut pas tout de suite reconnue commeémanant d’une symétrie rela-
tivement subtile).
Classiquement, on sait que le potentiel Coulombien donne lieu à une constante du
OU
mouvement remarquable, le vecteur dit de Lenz-Runge A
~ dont la définition est :

A ~ − e02 ~r .
~ = 1 p~ ∧ L (3.4.17)
m r
sB

Il n’est pas difficile, en effet, de montrer que les crochets de Poisson de n’importe laquelle
des composantes de ce vecteur avec H sont nuls. L’opérateur quantique correspondant se
forme en symétrisant comme d’habitude :
lsu

~ = 1 p~ ∧ L ~ ∧ p~ − e02 ~r .
 
A ~ −L (3.4.18)
m r

~ et L
A ~ commutent pas entre eux. Les commutateurs correspondants s’expriment (à dé-
Ce

montrer) commodément à l’aide du symbole uvw tel que :

[Lu , Lv ] = i~uvw Lw (3.4.19)

et on trouve :
i~
[Lu , Av ] = i~uvw Aw [Au , Av ] = −2 m uvw Lw H
(3.4.20)
2
[Lu , Av ] i~uvw (Lu Aw + Aw Lu ) ~ A
L. ~ = ~L
A. ~ =0

En outre, bien sûr :


[H, Av ] = 0 (3.4.21)

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3.4. SPECTRE DE L’ATOME D’HYDROGÈNE

Cecié tant, on peut voir immédiatement que l’existence de cette constante du mouvement
propre au champ Coulombien conduit à une dégénérescence de l’énergie vis-à-vis de ` En
effet, par (3.4.21), on a :
hn`m |[H, Az ]| n`0 mi = 0. (3.4.22)

Appelons provisoirement En` l’énergie d’un état propre de H ; (3.4.22) donne :

(En` − En`0 ) hn`m |Az | n`0 mi = 0 (3.4.23)

Comme Az et L2 ne commutent pas, on peut affirmer que sur la base propre de L2 où cet

I
opérateur est représenté par une matrice diagonale, la matrice de Az n’est pas diagonale ;

QI
ses éléments non-diagonaux sont donc, en général, non nuls. Il résulte alors nécessairement
de (3.4.23) que :
(3.4.24)

M
En` = En`0 ,

ce qui établit l’indépendance de l’énergie vis-à-vis de `. En définitive, la dégénérescence


particulière vient du fait qu’il existe une constante du mouvement, A
RI ~ qui ne commute pas
avec L2 , Lz . Deux ECOC sont ainsi disponibles : (H, L2 , Lz ) ou (H, A2 , Az ), correspondant
aux deux jeux de coordonnées (sphériques ou paraboliques) pour lesquelles les coordonnées
(variables) se séparent, i. e. permettent de factoriser lesétats propres.
OU

Les trois composantes de L ~ sont les générateurs infinitésimaux des rotations dans
R3 et forment une algèbre fermée ; on peut donc se poser la question de l’identification
sB

d’une algèbre “plus grande”, incluant les composantes de A, ~ associée à un groupe de


transformations connues. Dans ce but, commençoons par redéfinir un autre vecteur
r
m ~
~0 = (3.4.25)
lsu

A − A
2E

puis renumérotons les différentes grandeurs dynamiques comme suit :


Ce

~r = (r1 , r2 , r3 ) p~ = (p1 , p2 , p3 )
(3.4.26)
~ = (Lx , Ly , Lz ) ≡ (L23 , L31 , L12 )
L

Dans ces notations, on a les relations compactes :

Lij = ri pj − rj pi , [ri , pj ] = i~δij , (3.4.27)

avec i, j = 1, 2, 3. Prolongeons maintenant ces deux dernièreséquations en “inventant” une


quatrième dimension (coordonnée) r4 et le moment correspondant p4, et posons :

A0x = L14 , A0y = L24 , A0z = L34 . (3.4.28)

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Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

Il est alors facile de vérifier que les 6 quantités Lij satisfont :

[Lij , Lk` ] = i~ (L`i δjk + Lkj δi` + Lik δj` + L`` δik ) (3.4.29)

montrant que les Lij forment une algèbre fermée. Cette équation constitue aussi une
écriture compacte, pour ces 6 générateurs, des relations de commutation des composantes
du moment cinétique et du vecteur de Lenz- Runge. On peut alors concevoir que, tout
comme Lx , Ly et Lz sont des générateurs des rotations dans R3 , groupe désigné par O (3),
les 6 générateurs ainsi définis constituent ceux d’un groupe d’opérations dans un espace

I
plus vaste ; il s’agit en fait du groupe des rotations dans R4 , noté O (4). Bien sûr, la

QI
symétrie correspondante n’est pas de nature géométrique puisque r4 et p4 n’ont pas le
sens physique d’une coordonnée et d’un moment conjugué. Il s’agit cependant bel et bien
d’une symétrie au sens général, symétrie induisant la dégénérescence sur le nombre `.

M
3.5
RI
Vecteurs, tenseurs et théorème de Wigner Eckart

De même qu’il est utile de classer les opérateurs vectoriels en vecteurs axiaux ou
OU
polaires suivant comment ils se transforment vis-à-vis de la parité, il est très utile de
classer les familles d’opérateurs en vecteurs à 3 composantes et plus généralement en
tenseurs à 2` + 1 composantes suivant la façon dont ils se transforment vis-à-vis des
rotations.
sB

3.5.1 Vecteurs
lsu

On dit que 3 opérateurs Ax , Ay , Az constituent les composantes d’un opérateur vec-


toriel (ou plus simplement d’un vecteur) A~ si, sous l’action d’une rotation définie par α~,
Ce

on a :
R† (~ ~ (~
α) AR α) = Rα~ A~ (3.5.1)

Exemple : d’après la définition même de R (~


α), on a : R† (~ α) = Rα~ ~r. (x, y, z)
α) ~rR (~
constituent donc un vecteur.
~ est un vecteur si et seulement si il vérifie les règles de commutation
A

[Ai , Lj ] = i~ijk Ak (3.5.2)

Exemple : p~ est un vecteur. En effet, nous avons vu à l’occasion de la résolution de


l’équation de Schrödinger dans un potentiel central que [pi , Lj ] = i~ijk pk .

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3.5. VECTEURS, TENSEURS ET THÉORÈME DE WIGNER ECKART

3.5.2 Tenseurs

Un opérateur tensoriel (ou tenseur) de rang n est un ensemble de n opérateurs


T1 , ...., Tn qui se transforment suivant :
X
R† (~
α) Tk R (~
α) = T` D`k (Rα~ ) (3.5.3)
`

où les matrices D`k (Rα~ ) constituent une représentation du groupe des rotations.
Remarque 1 : C’est bien une généralisation de la notion de vecteurs. En effet, pour

I
un vecteur, on a :

QI
R−1 (~ ~ (~
α) AR ~
α) = Rα~ A (3.5.4)

où Rα~ désigne la matrice SO (3) décrivant la rotation définie par α


~ en coordonnées car-

M
tésiennes.
Remarque 2 : Cette convention pour définir les tenseurs vient d’un autre point
de vue, celui des transformations canoniques. Par analogie avec la mécanique classique,
RI
une transformation canonique est une transformation qui ne change aucune propriété du
système. Une telle transformation consiste à changer simultanément les vecteurs et les
opérateurs. Mais si on change les vecteurs et les opérateurs à l’aide d’un opérateur U :
OU

|ψi → U |ψi (3.5.5)

on doit changer les opérateurs


sB

A → U AU † (3.5.6)

pour que les valeurs moyennes ne soient pas modifiées. Autrement dit, la transformation
canonique associée à une opération de symétrie est décrite par :
lsu

|ψi → U |ψi
(3.5.7)
A → U AU †
Ce

Comme en mécanique classique, une transformation canonique bien choisie peut considé-
rablement simplifier le problème.

3.5.3 Tenseurs (sphériques) irréductibles de rang k

On appelle tenseur (sphérique) irréductible de rang k, le cas particulier de 2k + 1


opérateurs Tkq qui se transforment à l’aide de la représentation irréductible de dimension
2k + 1 : D E
(k) ~
Dmm0 (Rα~ ) = km e0 −i~α.L/~
km (3.5.8)

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Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire

autrement dit qui se transforment d’après :

k
X 0 (k)
α) Tkq R−1
R (~ (~
α) = Tkq Dqq0 (Rα~ ) (3.5.9)
q=−k

On a alors les relations de commutation


 q
 [Jz , Tk ] = p
 qTkq
[J+ , Tkq ] = k (k + 1) − q (q + 1)Tkq+1 (3.5.10)

[J− , Tkq ] = k (k + 1) − q (q − 1)Tkq−1
 p

I
QI
Proposition : Si A
~ est un vecteur, les opérateurs :

Ax −iAy
T1−1 = √ , T10 = Az T11 = Ax +iAy
√ (3.5.11)

M
2 2

constituent un tenseur irréductible de rang 1.


L’intérêt de définir des tenseurs réside dans le fait que les éléments de matrice d’un
RI
tenseur se factorisent en un produit d’un coefficient appelé coefficient de Clebsch-Gordan
(voir chapitre 4), et d’un facteur qui ne dépend pas des nombres quantiques relatifs à Lz :
OU
hj 0 m0 |Tkq | jmi = h jkmq| jkj 0 m0 i hj 0 kTk k ji (3.5.12)

où le premier facteur du membre de droite est un coefficient de Clebsch-Gordan, et le


deuxième, appelé élément de matrice réduit, ne dépend ni de m, ni de m0 , ni de q. Ce
sB

résultat est appelé théorème de Wigner-Eckart. Il permet de simplifier considérablement


l’analyse des propriétés de nombreux opérateurs vu que les coefficients de Clebsch-Gordan
sont tabulés. En particulier, on déduit aisément des propriétés de Clebsch-Gordan que
hj 0 m0 |Tkq | jmi = 0 sauf si :
lsu

(
m0 = m+q
(3.5.13)
|j − j 0 | ≤ k ≤ j + j 0
Ce

De manière générale, à partir de deux vecteurs A


~ et B,
~ on peut former 3 tenseurs
sphériques irréductibles de rang 0, 1 et 2 :

rang 0 → ~B
A. ~
rang 1 → ~∧B
A ~
rang 2 → A1 B2 + A2 B1 , A1 B3 + A3 B1 , A2 B3 + A3 B2 , A1 B1 − A2 B2 , 3A3 B3 − A.
~B ~
(3.5.14)

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Chapitre quatrième

Particules de spin 21

I
QI
Dans ce chapitre, il est question de décrire les degrés de liberté internes d’une particule
formés par son spin encore appelé moment angulaire intrinsèque. En étudiant l’hydrogène,
l’état quantique est décrit par sa fonction d’onde |ψi vue comme un état de l’espace de

M
Hilbert H = L2 (R3 ) de dimension infinie.
Pour certaines particules comme l’électron, l’expérience montre qu’elles possèdent un
moment cinétique intrinsèque S ~ ou spin et qu’il ya seulement deux états distincts de spin.
RI
Cette quantité n’a pas d’analogue classique ; elle est purement quantique et fondamentale.
OU

4.1 Insuffisances de la description par une seule fonc-


tion d’onde
sB

Jusqu’à présent, toute particule a été considérée comme ponctuelle et sans aucune
structure ou degré de liberté interne. Dans cette optique, en représentation position pour
fixer les idées, tous les degrés de liberté quantiques sont exprimables à l’aide des trois
lsu

coordonnées d’espace, x, y et z par exemple. Toute l’information sur l’état du système


à l’instant t est alors réputée entièrement contenue dans la connaissance de la fonction
d’onde ψ (x, y, z; t).
Ce

Une telle description est insuffisante, comme on va le voir. Cette insuffisance provient
des preuves expérimentales démontrant qu’une particule telle que l’électron possède un
moment magnétique propre, indépendamment de tout mouvement de rotation dans l’espace
autour d’un centre. L’existence de ce moment magnétique entraîne à son tour l’existence
d’un moment cinétique propre, ou intrinsèque, qui a été baptisé spin car on croyait au
début que ce degré de liberté était lié à une rotation de la particule sur elle-même 1 . Ce
degré de liberté est “interne” – bien que l’électron continue à être considéré comme une
particule ponctuelle ; c’est, au même titre que la charge ou la masse, un attribut intrin-
sèque, donné une fois pour toutes. Il s’avère impossible de donner du spin une image

1. On parle du spin de la Terre pour évoquer sa révolution diurne.

67
1
Particules de spin 2

classique ; se représenter l’électron comme une petite bille de rayon non-nul qui tourne
sur elle-même conduit à des absurdités 2 . Il reste cependant que le spin d’une particule
est son moment cinétique dans le référentiel où elle est au repos. L’hypothèse du spin
de l’électron a été formulée par Uhlenbeck et Goudsmit en 1925 pour rendre compte des
spectres des atomes complexes ; alliée au Principe de Pauli, elle est le fondement de la clas-
sification périodique des éléments de Mendeleiev. Bien au-delà de ces vertus explicatives,
cette hypothèse a des implications et des conséquences considérables : le spin permet de
distinguer deux classes de particules – les bosons et les fermions ; c’est cette distinction
qui permet, par le jeu de statistiques bien différenciées, de comprendre ni plus ni moins

I
que la stabilité de la matière.

QI
Les preuves de l’existence d’un moment magnétique propre de l’électron sont multiples.
L’expérience la plus importante – sur ce point comme pour d’autres – est certainement

M
l’expérience de Stern et Gerlach. Dans sa version historique, elle impliquait des atomes
d’argent dans l’état fondamental dont la symétrie sphérique exclut l’existence d’un mo-
ment cinétique de type orbital non-nul en moyenne et, par voie de conséquence, celle d’un
moment magnétique permanent. Un moment cinétique orbital fini à lui seul aurait pu
RI
expliquer l’existence d’un moment magnétique engendré par une boucle de courant, mais,
de toute façon, le nombre de taches observées sur l’écran est incompatible avec un moment
OU
cinétique orbital : on observe deux taches (nombre pair) alors qu’un moment cinétique
orbital conduit à un nombre impair de valeurs possibles pour la projection le long d’un axe
donné. L’observation d’un nombre pair de taches exclut un moment magnétique d’origine
orbital, lié classiquement au moment cinétique par le facteur gyromagnétique ordinaire.
sB

Une autre preuve est fournie par l’effet Zeeman anormal. L’effet Zeeman désigne
généralement l’éclatement des raies spectrales d’un atome quand on le soumet à un (petit)
champ magnétique ; en présence du champ, chaque raie devient en général multiple et
lsu

est composée de plusieurs raies très voisines (splitting), dont l’écart en fréquence par
rapport à la raie unique observée en l’absence de champ est, en champ faible, simplement
proportionnelle au module du champ appliqué. Les premières observations faisaient état
d’une raie en champ nul se décomposant en trois raies très proches, plus généralement en
Ce

un nombre impair de raies, dont une explication a même pu être fournie dans le cadre
de l’Ancienne Théorie des Quanta. En revanche, des observations ultérieures ont révélé
la possibilité d’un éclatement en un nombre pair de raies, phénomène incompréhensible
tant que seuls des moments cinétiques orbitaux sont en jeu.

Enfin, l’existence de la structure fine, que nous verrons plus tard, apporte une autre
preuve de l’existence du moment magnétique propre de l’électron.

2. Par exemple, on trouve qu’un point situé à la périphérie de l’électron a une vitesse linéaire très
supérieure à c !!!

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4.2. MOMENT ANGULAIRE ET MOMENT MAGNÉTIQUE EN PHYSIQUE
CLASSIQUE

4.2 Moment angulaire et moment magnétique en phy-


sique classique

Considérons une particule de masse m et de charge q décrivant une orbite fermée dans
un champ à force centrale. Sa position et son moment sont ~r (t) et p~ (t). Soit dA
~ l’élément
de surface balayé par le rayon vecteur. Elle satisfait

~
dA 1 1 ~
= ~rΛ~p = L (4.2.1)

I
dt 2m 2m

QI
où L
~ est le moment angulaire de la particule. Etant donné que la champ est central alors
~r ⊥ p~ à tout instant t et L~ est un vecteur fixe perpendiculaire au plan de l’orbite. En
intégrant l’équation (4.2.1) sur une période T , on a

M
~= T L
A ~ (4.2.2)
2mRI
Le courant induit par le mouvement est I = q/T et le moment magnétique induit µ ~ par ce
courant est
µ
~ = IA ~= q L ~ = γL
~ (4.2.3)
OU
2m
γ = 2mq
est le rapport gyromagnétique ; ce qui veut dire que le mouvement de l’électron sur
son orbite donne lieu au magnétisme atomique. Comme l’unité fondamentale de moment
cinétique est ~, il est d’usage, pour l’électron par exemple, d’écrire le moment magnétique
sB

résultant de son mouvement orbital sous la forme

~
q~ L
µ
~= , (4.2.4)
2m ~
lsu

écriture où apparaît le magnéton de Bohr µB

q~
µB = = −0, 9274.10−23 Joule/Tesla = −5, 789.10−5 eV/Tesla. (4.2.5)
2m
Ce

De même, on introduit aussi le magnéton nucléaire, µN , relatif au proton

|q| ~
µB = = 5, 051.10−27 Joule/Tesla = 3, 153.10−8 eV/Tesla.
2m

Le rapport de proportionalité (4.2.3) fait en sorte que les propriétés de µ


~ découlent de
celles de L.
~

Dans un champ magnétique B


~ constant, le moment magnétique est soumis à un couple
de forces
~Γ = µ ~
~ ΛB (4.2.6)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 69 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

et l’équation de mouvement de la particule est

~
dL
=µ ~ = q LΛ
~ ΛB ~ B~ = − q BΛ
~ L~ (4.2.7)
dt 2m 2m

Cette équation montre que L ~ et µ


~ tournent autour de B
~ avec une vitesse angulaire
constante ω = −qB
2m
appelé fréquence de Lamor. Le mouvement de rotation est appelé
précession de Lamor.

I
4.3 Expérience de Stern et Gerlach

QI
Stern et Gerlach ont réalisé leur expérience en 1921. Un faisceau d’atomes d’argent
quitte un four et est collimaté sur l’écran (E) après être passé entre deux poles d’un

M
aimant ayant un champ magnétique non uniforme B ~ = Bz~k 3 .
Du fait de son électron de valence, l’atome d’argent possède un moment magnétique
comme nous l’avons vu au paragraphe précédent. Cependant, la dynamique est simplifiée
RI
étant donné l’absence de la force de Lorentz, vu que l’atome d’argent est électriquement
neutre. L’énergie potentielle due au champ magnétique B ~ est donc
OU
~
u = −~µ · B

et la force correspondante est

~ =⇒ Fz = uz ∂Bz
sB

F~ = −∇u (4.3.1)
∂z

En réalité, la fréquence d’oscillation due à la rotation de µ


~ est plus grande suivant
l’axe z que les fréquences suivant les axes x et y.
lsu

1. Quand le champ magnétique est nul, les atomes arrivent au voisinage d’un point
de l’écran et forment un spot de taille finie à cause de la dispersion de leur vitesse.
Ce

2. L’orientation des moments magnétique à la sortie du four est à priori aléatoire, on


s’attend donc, en présence d’un champ magnétique, à obtenir un spot plus large.
Les atomes ayant un moment magnétique µ ~ antiparallèle à Oz auront une déflexion
maximale vers le bas pour ∂B
∂z
z
< 0 et ceux dont le moment magnétique est parallèle
à Oz sont déviés vers le haut, avec toutes les déviations intermédiaires possibles.

Cependant, expérimentalement, deux spots symétriques par rapport au spot observé en


l’absence de champ sont observés. C’est comme si le moment magnétique uz ne pouvait
prendre que deux valeurs possibles que l’on va déterminer.

3. A proprement parler, B~ n’est pas strictement parallèle à Oz ; car si c’était le cas, ∂Bz
= 0 serait
∂z
~ B
incompatible avec l’équation de Maxwell ∇. ~ = 0.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 70 Celsus Bouri©2021/2022


4.4. CALCUL QUANTIQUE DE LA PRÉCESSION DE LAMOR

4.4 Calcul quantique de la précession de Lamor


En étudiant les groupes de rotations, nous avons montré que la valeur du moment
cinétique pouvait être entier (SO (3)) ou demi-entier (SO (2)). En mécanique quantique,
on utilise les valeurs moyennes ;

~ = γ J~ =⇒ µ
µ ~ J~ = iγ²J~ = iγ~µ
~ Λ~µ = γ² JΛ

ce qui conduit à l’équation du mouvement, en présence d’un champ magnétique B


~ où le

I
hamiltonien est H = −~µ.B,~

QI
d Dh
~
iE
h~µi = i h[~µ, H]i = −i µ ~, µ
~ .B
dt

M
or µ ~ = µj Bj et [A, BC] = B [A, C] + [A, B] C
P
~ .B j

La composante k du commutateur conduit à


" # RI
X X
µk , µj Bj = µj [µk , Bj ] + [µj , µk ] Bj
j j

ce qui conduit à
OU
" #
X X X  
µk , µj Bj = iεjk` γµ` Bj = iγ ~ µ
εjk` µ` Bj = iγ BΛ~
k
j j j
sB

résultat que l’on peut généraliser

h i
µ~, µ ~ ~ µ
~ .B = iγ BΛ~
lsu

Il vient donc que l’équation du mouvement est donnée par

d ~ = −γ BΛ
h~µi = γ h~µi ΛB ~ h~µi (4.4.1)
dt
Ce

L’équation (4.4.1) est identique à (4.2.7) ; seulement dans ce cas l’expérience montre que,
dans le cas du spin,
q
γS = (4.4.2)
m
au lieu de γ = 2m
q
dans le cas classique.
Et on écrit alors
µ ~
~ S = γS S (4.4.3)

où S~ est le moment angulaire intrinsèque de l’électron. Ses projections sur l’axe z dans
l’expérience Stern-Gerlach ne peuvent prendre que les valeurs ± ~2 .
Le spin, étant un moment cinétique, obéit aux règles de commutation de l’algèbre de

Cours de Mécanique Quantique Master II: 71 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

Lie
~ S
SΛ ~ = i~S~
[Sα , S²] = 0
[Sz , S± ] = ±~J± (4.4.4)
S− S+ = S² − Sz2 − ~Sz
S+ S− = S² − Sz2 + ~Sz

I
4.5 L’espace des états de spin

QI
Le fait que les seules valeurs possibles de la projection Sz de S
~ sur l’axe z soient ± ~

M
2
, définit un espace de Hilbert dit de spin de dimension deux, engendré par les deux états
propres correspondants que nous allons noter respectivement |+i et |−i 4 . Ainsi tout état
de H est une superposition linéaire de |+i et |−i c’est-à-dire
RI
∀ |ψi ∈ H, ∃a, b ∈ C, |ψi = a |+i + b |−i (4.5.1)
OU
~
Sz |+i = ~
2
|+i , Sz |−i = − |−i (4.5.2)
2
3
S 2 |±i = ~2 |±i (4.5.3)
4
sB

Il ressort de l’analyse que l’on vient de faire le rôle important joué par l’axe Oz ; il
n’en n’est pourtant rien car il n’ya pas de direction privillégiée.

Une analogie peut être établie avec l’espace R2 , où on définit les vecteurs de base
lsu

comme suit : ! !
1 0
|+i = |−i = (4.5.4)
0 1
à partir desquels on peut déduire la représentation matricielle de Sz , en utilisant la relation
Ce

de fermeture |+i h+| + |−i h−| = 1

~
Sz = (|+i h+| − |−i h−|) (4.5.5)
2
!
~ 1 0
= (4.5.6)
2 0 −1

4. Par analogie avec l’espace R2 , ces états sont aussi désignés respectivement par les vecteurs ~i et ~j.
On les note souvent |1i et |0i par analogie avec les variables binaires.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 72 Celsus Bouri©2021/2022


4.5. L’ESPACE DES ÉTATS DE SPIN

~ étant une rotation intrinsèque, appliquons les résultats de (3.2.15)-(3.2.17) c’est-à-dire


S

S+ |+i = 0, S− |−i = 0
S+ |−i = ~ |+i , S− |+i = ~ |−i
S+ = ~ |−i h+|!, S− = |−i h+|! (4.5.7)
0 1 0 0
S+ = ~ , S− = ~ ,
0 0 1 0

On peut donc déduire les expressions matricielles des composantes de spin Sx et Sy en


utilisant la relation S± = 21 (Sx ± iSy ). Ce qui permet d’obtenir Sx = 21 (S+ + S− ) et

I
QI
Sy = 2i1 (S+ − S− ) ! !
0 1 0 −i
Sx = ~2 et Sy = ~2 (4.5.8)
1 0 i 0

M
Ces matrices Sx , Sy et Sz sont collinéaires aux matrices de Pauli,

~ = ~ ~σ
S (4.5.9)
2

On déduit les régles de commutation


RI
OU
2
~⇒~ →− i −
~ S
SΛ ~ = i~S σ Λ→

σ = ~2 →
σ ⇒→

σ Λ→

σ = 2i→

σ (4.5.10)
4 2

Supposons que l’on s’intéresse maintenant au spin S ~ mais dans une direction quel-
conque ~u donnée définie par ses angles sphériques (θ, ϕ). La projection du spin dans cette
sB

direction est
~ u = Sx sin θ cos ϕ + Sy sin θ sin ϕ + Sz cos θ
Su = S.~

soit sous forme matricielle


lsu

!
1 cos θ e−iϕ sin θ
Su = (4.5.11)
2 eiϕ sin θ − cos θ
Ce

En utilisant les connaissances de l’algèbre, les valeurs propres et les vecteurs propres
associés peuvent être obtenus aisément. Les valeurs propres donneront quant-à elles celles
de Sz c’est-à-dire ± ~2 ; ce qui est satisfaisant étant donné que toutes les directions de
l’espace sont équivalentes. Autrement dit, la rotation en bloc de l’appareil expérimental de
Stern et Gerlach ne modifierait aucunement les résultats. Utilisons la D 1 pour déterminer
2
les valeurs propres de Sx , Sy que nous notons respectivement |±ix et |±iy .
La représentation d’un groupe de rotation d’axe ~u et d’angle ω est donnée par (3.2.21)
!
cos ω2 − iuz sin ω2 −i (ux − iuy ) sin ω2
D 1 (~u, ω) = à démontrer
2
i (ux + iuy ) sin ω2 cos ω2 + iuz sin ω2

Cours de Mécanique Quantique Master II: 73 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

qui peut être écrit à l’aide des matrices de Pauli et de l’identité

ω ω
D 1 (~u, ω) = cos 1 − i~u.~σ sin (4.5.12)
2 2 2

Effectuons, suivant la D 1 (~u, ω), une rotation du vecteur propre |+i de Sz associé à
2
~
2
. Le vecteur obtenu aura la même valeur propre de Su = S.~ ~ u étant donné que ~u est une
observable.
|+iu = D 1 (~u, ω) |+i
2 !
cos ω2 − iuz sin ω2 (4.5.13)
=

I
(ux + iuy ) sin ω2

QI
Choisissons ~u ⊥ ~k ⇒ uz = 0, ux + iuy = eiϕ . Alors, |+iu devient
!
cos ω2

M
|+iu =
eiϕ sin ω2

soit dans la base {|+i , |−i}, RI


ω ω
|+iu = cos |+i eiϕ sin |−i (4.5.14)
2 2
OU
De même,
ω ω
|−iu = sin |+i − ieiϕ cos |−i (4.5.15)
2 2
Pour obtenir |±ix , choisir ω = π2 autour de Oy et ϕ = 0 ; et |±iy , choisir ω = π2 autour
de Ox et ϕ = π2 . On obtient alors
sB

|±ix = √1 (|+i ± |−i)


2
(4.5.16)
|±iy = √1 (| |+i ± i |−i)
2
lsu

4.6 Dynamique et évolution temporelle


Ce

Revenons au problème d’un électron placé dans un champ magnétique uniforme. Le


hamiltonien d’un tel système est donné par
!
ω 1 0
H = −~µ.~µ = ωSz = ~ , ω = γB (4.6.1)
2 0 −1

Cet hamiltonien est diagonal ; ses valeurs propres sont ±ω0 ~ avec ω0 = ω2 et ses
vecteurs propres sont ceux de Sz c’est-à-dire |±i. Ces deux niveaux sont appelés niveaux
de Zeeman de spin 12 dans un champ magnétique. Supposons maintenant qu’à t = 0, le
spin est dans un état quelconque |+iu . Quel sera son état à un instant ultérieur t ?

Cours de Mécanique Quantique Master II: 74 Celsus Bouri©2021/2022


4.7. APPLICATIONS DU SPIN

A un instant t , l’état sera donné par

|ψ (t)i = U (t) |+iu (4.6.2)

−i Ht
où U (t) = e ~
est l’opérateur d’évolution. On a donc

c
(4.6.3)

ϕ ϕ

I
|ψ (t)i = e−i 2 cos 2θ e−iω0 t |+i + ei 2 sin 2θ eiω0 t |−i
ϕ ϕ
= e−i( 2 +ω0 t) cos 2θ |+i + ei( 2 +ω0 t) sin 2θ |−i

QI
|ψ (t)i est formellement identique à (4.5.14), où maintenant l’axe ~u tourne autour de Oz
avec la vitesse angulaire 2ω0 = ω = γB proportionnelle au champ magnétique : c’est

M
la précession de Lamor. On peut calculer les valeurs moyennes du vecteur S ~ dans l’état
|ψ (t)i
hSx i|ψi = 21 sin θ cos (ϕ + ωt) RI
1
hSy i|ψi = 2
sin θ sin (ϕ + ωt)
hSz i|ψi = cos θ
hSx i2|ψi + hSy i2|ψi = 1
sin2 θ
OU
4

On constate que hSz i|ψi ne dépend pas du temps contrairement à hSx i2|ψi et hSy i2|ψi . Cela
tient du fait que Sz est une constante du mouvement c’est-à-dire [Sz , H] = 0 alors que
les autres ne la sont pas. Cependant, hSx i2|ψi + hSy i2|ψi ne dépend pas du temps car on a
sB

Sx2 + Sy2 = S 2 − Sz2 qui commute avec H.


lsu

4.7 Applications du spin


Ce

4.7.1 La cryptographie quantique

L’idée de la cryptographie quantique est d’utiliser un défaut bien connu de la méca-


nique quantique
toute mesure pertube le système
comme un avantage dans l’échange des messages que l’on veut garder secrets, et éviter
ainsi l’espoinnage. En effet, la cryptographie quantique sert de l’énoncé
“pas de pertubation=⇒ il ya pas eu d’espion”
pour être sur que le message a été intercepté.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 75 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

[Link] Cryptographie classique symétrique à clef secrète

Du point de vue classique, on considère deux personnages Alice et Bob. Alice envoie
un message (une suite de bits 0 et 1 ) crypté c’est-à-dire

message crypté=message⊕clef

où ⊕ est l’addition binaire modulo2 sans retenue à Bob. Ce dernier reçoit le message
crypté à partir duquel il extrait le message en soi via

I
message=message crypté⊕clef

QI
Exemple : Message crypté= 10010001, clef= 00110111, alors message= 10100110
Cette méthode est la seule prouvée à être sans faille.

M
Seulement, elle présente l’inconvénient que A et B doivent être les seuls à connaitre
la clef. La différence réside donc dans le secret de la clef. La méthode la plus utilisée (sur
internet par exemple) est cependant un cryptage asymétrique à clef publique basé sur
RI
la factorisation de grands nombres premiers. Mais dans ce cas, il n’est pas prouvé qu’il
n’existe pas d’algorithme rapide permettant de décrypter le message.
OU
[Link] Cryptographie quantique : le protocole B.B.84 pour partager une clef
secrète.

La mécanique quantique intervient dans l’échange de cette clé. Pour cela, la méthode
sB

utilise la polarisation de la lumière qui n’a que deux états comme le spin 12 .
Pour échanger, A et B utilisent les directions Oz comme direction de propagation
n ;o il
leur reste donc les directions x et y ayant chacune les bases bx = {|±ix }et by = |±iy
pour choisir la polarisation souhaitée avec des conventions appropriées comme |+ix,y = 1
lsu

et |−ix,y = 0. Ces états sont appelés quantum bit ou qbit. Le principe consiste à :
1. Alice envoie une série de qbits (des particules dans des états déterminés correspon-
dant à une suite de base bx , by ), par exemple la suite ci-dessous
Ce

0 1 1 0 1 0 0
(a)
bx bx by bx by by bx

2. Pour chaque particule reçue, Bob mesure la particule reçue dans une quelconque
base bx et by qu’il choisit.

0 1 0 0 1 1 0
(a)
bx by bx bx by bx bx
(b) Si son choix est bon, il fait la bonne mesure sinon il commet une erreur de 50%.
Ce qui fait au total en moyenne 25% d’erreurs.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 76 Celsus Bouri©2021/2022


4.7. APPLICATIONS DU SPIN

3. Bob annonce (publiquement) la suite de base utilisée à Alice

4. Alice annonce (publiquement) la sous-suite de base correspondant au même choix,


par exemple ici

(a) bx bx by bx

5. Alice et Bob ne gardent que cette sous-suite de qbit qui est en moyenne 50% des
évènements. Cette suite de qbits est leur finalement clef secrète. Exemple,
ici c’est (0, 0, 1, 0)

I
QI
Si une tierce personne intercepte le message, Alice et Bob s’apercevraient en échangeant
une fraction de cette clé car le taux d’erreur est de 25% maintenant.
On peut imaginer comme parade que Eve intercepte et mesure l’état de spin, et renvoie

M
à Bob le même état pour faire croire qu’il n’y a pas eu interception. Si elle le fait, elle
ne fait pas le même choix de base qu’Alice dans 50% des cas ; par conséquent Alice et
Bob ont 25% d’erreur sur la clef finale. En échangeant entre eux (et publiquement) une
RI
fraction seulement de cette clef, ils peuvent se rendre compte de la présence de Eve, et
décider de ne pas conserver la clef.
OU

4.7.2 La résonance magnétique

[Link] Approche classique


sB

Considérons un moment magnétique µ ~ en mouvement dans un champ résultant de la


superposition d’un champ fort et fixe B~ 0 parallèle à Oz et d’un champ faible B,
~ tournant
à la vitesse angulaire ω, dans le plan xOy. Le champ résultant B ~ est
lsu

~ =B
B ~ 1 = B0~k + B1~e, ~e ⊥ ~k
~0 + B (4.7.1)
   
Soient deux référentiels R = ~i, ~j, ~k fixe et R0 = ~er , ~eθ , ~k mobile. Alors
Ce

 
d~µ d~µ
~ µ=
= −γ BΛ~ (4.7.2)
dt dt R

En utilisant la composition de vitesse (cf cours de Mécanique du point)


   
d~µ d~µ
= + ω~kΛ~µ
dt R dt R0

soit !

d~µ
 ~
~ µ − ω~kΛ~µ = −γ
= −γ BΛ~ ~ + ωk
B Λ~µ
dt R0 γ

Cours de Mécanique Quantique Master II: 77 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

que l’on écrit de manière condensée


 
d~µ ~ eff Λ~µ
= −γ B (4.7.3)
dt R0

ω~k
avec B
~ eff = B
~+
γ
.
Dans (R0 ) le moment magnétique est soumis à un champ magnétique B
~ eff .
~ = µ0~k ;
Supposons qu’à t = 0, µ
!
~ ω~k

I
~ + ω k = B1~e + 1h 1~
i
~ eff
B =B B0 + = γB1~e + (ω − ω0 ) ~k = − Ω

QI
γ γ γ γ
avec
~ = −ω1~e − (ω − ω0 ) ~k, ω1 = γB1
Ω (4.7.4)

M
la vitesse de rotation du spin autour de B ~ eff dans R0 . La résolution (Exercice) de (4.7.3)
conduit à :
µz (t) = µ0 [cos ²α + sin ²α cos Ωt] RI (4.7.5)

avec
B1 ω1
tan α = ω = , Ω² = ω1 ² + (ω0 − ω)2 (4.7.6)
B0 + ω0 − ω
OU
γ

— si α = π2 =⇒ ω0 = ω et µz = µ0 cos ω1 t, µ
~ tourne avec la pulsation ω1
— si α = 0 =⇒ ω0 − ω  ω1 =⇒ µ ∼ µ0 , µ ~ reste pratiquement constant et égal à µ0
D’après (4.7.6), on observe un phénomène de résonance pour ω0 = ω ; le moment magné-
sB

tique est périodique et il s’en suit un échange d’énergie avec B


~ 0.

[Link] Approche quantique


lsu

Dans ce cas, H = −~µ.B


~ avec µ ~=
~ = γS γ~
2
~σ = µ0~σ avec µ0 = γ~
2
. On a

~ =B ~ 1 = ~iB1 cos ωt + ~jB1 sin ωt + B0~k


~0 + B
Ce

=⇒ H = −µ0 (B1 σx cos ωt + B1 σy sin ωt + B0 σz ) (4.7.7)

Pour un état |ψi = a+ |+i + a− |−i, son évolution est gouvernée par

d
i~ |ψi = H |ψi (4.7.8)
dt

Dans la base {|±i}, on a


! ! ! !
B0 B1 e−iωt a+ ~ ω0 ω1 e−iωt a+
H |ψi = −µ0 =
B1 eiωt −B0 a− 2 ω1 eiωt −ω0 a−

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4.7. APPLICATIONS DU SPIN

l’équation (4.7.8) implique

˙ ! ! !
a+ ~ ω0 ω1 e−iωt a+
i~ =
a− 2 ω1 eiωt −ω0 a−

iȧ+ = 21 (ω0 a+ + ω1 e−iωt a− )


(4.7.9)
iȧ− = (ω1 eiωt a+ − ω0 a− )
(4.7.9) peut être résolue soit directement soit en utilisant une méthode plus élégante
consistant à se ramener en représentant d’Heisenberg. Soit la matrice

I
QI
ωt
!
ei 2 0
U (t) = ωt
0 e−i 2
ωt
! (4.7.10)
e−i 2 0

M
+ −1
U (t) = U (t) = U (−t) = ωt
0 ei 2

Le problème (4.7.9) peut s’écrire sous la forme matricielle RI


i~Ȧ = HA (4.7.11)
OU
!
b+
Transformons A suivant B = U A avec B =
b−

B = U A =⇒ A = U −1 B =⇒ Ȧ = U ˙−1 B + U −1 Ḃ
sB

˙ B + i~U −1 Ḃ = HU −1 B
i~Ȧ = HA =⇒ i~U −1
lsu

 
=⇒ i~U −1
Ḃ = HU −1
− i~U ˙
−1 B

=⇒ i~Ḃ = U HU −1 B − i~U U ˙−1 B


Ce

!
ω0 ω1
U HU −1 = ~
2
ω1 −ω0 !
ωt
−i ω2 e−i 2 0
U ˙−1 = ω i ωt
0! i2e 2 !
−i ω2 0 1 0
U U ˙−1 = = −i ω2
0 i ω2 0 −1
!
~ ω0 − ω ω1
U HU −1 − i~U U ˙−1 = = Hef f (4.7.12)
2 ω1 ω − ω0

Cours de Mécanique Quantique Master II: 79 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

La transformation due à (4.7.10) est analogue à un changement de référentiel où le


hamiltonien effectif est donné dans 4.7.12, elle équivaut à

ωt
±̃ = U (t) |±i = e±i 2 |±i (4.7.13)

C’est un changement de base instantané


Donc (4.7.11) devient :
ib˙+ == ω02−ω b+ + ω21 b−
(4.7.14)
ib˙− = ω1 b+ − ω0 −ω b−
2 2

I
et par conséquent

QI
Ω 2
b¨± = = 0 avec Ω2 = (ω − ω0 )2 + ω12 (4.7.15)

2

M
Si |ψ (0)i = |+i =⇒ a+ = 1 et a− = 0, autrement dit b+ = 1et b− = 0, alors

Ω Ω
 
b+ (t) = cos 2
t + c+ sin 2
t
c− sin Ω2 t
RI 
b− (t) =
En utilisant (4.7.14), on montre que
OU
c+ = i ω−ω

0

c− = −i ωΩ1

b+ (t) = cos Ω2 t + i ω−ω Ω


 
0
sin t
ω1


 2
(4.7.16)
b− (t) = −i Ω sin 2 t
sB

 2  2 !
2 Ωt ω − ω0 Ωt ω − ω0 Ωt
|b+ | = cos2 + sin2 =1− 1− sin2
2 Ω 2 Ω 2
lsu

ω12 Ωt
=1− 2
sin2 . = 1 − |b− |2
Ω 2
Ce

|b+ |2 + |b− |2 = 1

La probabilité de trouver le système dans l’état |−i est

ω12 Ωt
p− (t) = |h−|ψi|2 = |a− |2 = |b− |2 = 2
sin2 (4.7.17)
Ω 2

C’est la formule de Rabi. Le moment magnétique oscille entre les états |+i et les états
|−i.
— Si |ω − ω0 |  ω1 ⇒ p− (t) = 0
— Si ω ∼ ω0 de sorte que |ω − ω0 |  ω1 ,=⇒ p− (t) = sin2 ω1 t
2
Si on étudie p− (t) en fonction de ω, on s’aperçoit qu’elle a un comportement résonant

Cours de Mécanique Quantique Master II: 80 Celsus Bouri©2021/2022


4.7. APPLICATIONS DU SPIN

caractéristique pour ω ' ω0 . Sa largeur à mi-hauteur est 2ω1 . A la résonance,

p|+i→|−i = sin2 ω1 t
2
, p|−i→|+i = cos2 ω1 t
2
(4.7.18)

d’où la variation de l’orientation du moment magnétique entre +Oz et −Oz avec une
pulsation ω1 .
Ce phénomène de résonance magnétique permet de mesurer avec une excellente pré-
cision la fréquence de Lamor. Cette interaction du spin avec un champ magnétique est
largement utilisé pour faire de l’imagerie dans beaucoup de domaines (biologie, médecine,

I
physique des matériaux,......).

QI
En résonance magnétique nucléaire (RMN) par exemple,
1. Un échantillon de tissu biologique est placé dans un champ constant B~ 0 (B0 ' 2 − 10) Tesla
parallèle à Oz. Les états de spin (supposés pour simplifier) sont E± = ±~ω. A tem-

M
pérature ambiante, kT ~ω
' 105 , d’après lal loi de Boltzmann, il ya une très faible
∆E
différence de populations entre les deux états N+ N− = e− kT ' 1 − ∆E kT
' 1 − 105 .
C’est cette différence qui fera un signal à observer. RI
2. On y applique un champ magnétique ~iB1 cos ωt, avec B1  B0 , qui conduit à la
résonance comme on vient de le voir. Celui-ci va permettre l’inversion de popu-
lation suivant (4.7.17), puis suivra un temps de relaxation au cours duquel tous
OU

les spins rentrés en résonance vont émettre un champ magnétique induit détecté
collectivement. Ce signal est appelé Free Induction Decay (FID)
3. Il y a signal s’il y a résonance c’est-à-dire ω1 ' ω. Or ω dépend de g (facteur de
sB

Laudé) et de B qui sont propre au noyau ; d’où l’information recherchée.

4.7.3 La MASER ( Microwave Amplification by Stimulated Emis-


lsu

sion of Radiation )
Le principe du MASER est équivalent à celui de la résonance nucléaire où ici on a
toujours deux niveaux |ψa i et |ψs i d’une molécule d’ammoniac. Le signal émis dans ce cas
Ce

est un rayonnement électromagnétique (24000M Hz). Dans ces cas, on parle d’émission
stimulée. Un tel système peut être utilisé
— soit pour simplifier de façon sélective et sans bruit de fond un signal faible.
— soit pour entretenir la fréquence propre du système à l’aide d’une cavité optique ;
on obtient alors un oscillateur très stable qui sert de base aux horloges atomiques.
Ajoutons pour finir que le principe du laser est semblable à celui du Maser.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 81 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

4.8 Complément: Origine relativiste du spin


Il s’agit de présenter – sous forme élémentaire – les arguments mettant en évidence la
nature relativiste du degré de liberté interne que constitue le spin. Afin de rester au niveau
le plus simple et pour aller droit au but, seul le cas d’une particule libre sera considéré,
un électron pour fixer les idées. Cette version première de la théorie est due à Dirac et
s’appelle historiquement “Théorie de l’électron de Dirac”. Par la suite, on examinera le cas
de l’électron lié au sein de l’atome d’hydrogène ; ceci permettra, dans la limite faiblement
relativiste, d’introduire le Hamiltonien de Pauli.

I
QI
4.8.1 Construction de l’équation de Dirac
Il est raisonnable de croire que la construction de l’équation d’onde relativiste peut être

M
entreprise comme celle de son homologue non-relativiste. Finalement, pour une particule
libre non-relativiste, l’équation de Schrödinger :

∂ 1  2
~ (4.8.1)
i~ • =
∂t 2m
RI
−i~∇ •

s’obtient à partir de l’expression classique :


OU
p2
H= , (4.8.2)
2m

en y faisant la substitution :
sB


H → i~ ∂t , ~ .
p~ → −i~∇ (4.8.3)

De la même façon, pour le cas relativiste, on part du Hamiltonien classique (i.e. non
quantique) pour une particule libre de masse m :
lsu

H 2 = p2 c2 + m2 c4 . (4.8.4)
Ce

En y faisant la substitution (4.8.3), on obtient :


 
∂2 1 ∂2 m2 c2
−~2 ∂t 2
2 2
= −~ c ∆ + m c 2 4
⇔ c2 ∂t2
−∆+ ~2
ψ=0 (4.8.5)

~
mc
,qui apparaît dans cette équation est la seule longueur disponible avec la constante
de Planck, la masse de l’électron et la vitesse de la lumière ; c’est la longeur d’onde
°
Compton de l’électron et vaut environ 0, 024A. L’équation (4.8.5) s’appelle équation de
Klein-Gordon. Elle conduit à des difficultés de deux ordres :
1. C’est une équation du 2ème ordre par rapport au temps, alors que jusqu’à présent
on a admis que la connaissance de l’état à t = 0 suffit à déterminer l’état à tout

Cours de Mécanique Quantique Master II: 82 Celsus Bouri©2021/2022


4.8. COMPLÉMENT: ORIGINE RELATIVISTE DU SPIN

instant ultérieur. La généralisation relativiste ne devrait pas exiger un changement


de l’ordre de l’équation fondamentale, changement qui procède par tout ou rien
(comme une symétrie, présente ou absente). On peut envisager des développements
en 1/c pour retrouver la limite non-relativiste. Par continuité avec la limite non
relativiste, on ne voit pas bien comment on pourrait passer de l’ordre 2 à l’ordre
1. Toutefois, cette difficulté peut être contournée, au moins formellement. La
résolution proposée ici est d’ailleurs éclairante et se révèlera féconde pour régler
d’autres difficultés ultérieures. En effet, une équation du second ordre peut en
fait résulter de la contraction de deux équations plus “fondamentales”, toutes deux

I
d’ordre 1. Prenons l’exemple trivial d’un oscillateur (classique) à une dimension.

QI
L’équation dynamique est :
mẍ = −kx. (4.8.6)

M
Elle est du second ordre, mais résulte des deux équations de Hamilton :

ẋ = p
m
, ṗ = −kx (4.8.7)
RI
qui sont toutes deux du 1er ordre. On peut d’ailleurs les écrire sous forme ma-
tricielle : " # " #" #
d x 0 m1 x
OU
= (4.8.8)
dt p −k 0 p
qui constitue bien une équation du 1er ordre, portant sur une description dynamique
“complexifiée” (bien sûr, le nombre de conditions initiales n’a pas changé, il en faut
sB

toujours deux). De la même façon, on peut réécrire l’équation de Klein-Gordon en


affirmant que l’état du système est complètement décrit par une fonction d’onde à
deux composantes ψa et ψb . En effet, (4.8.5) s’écrit aussi :
lsu

~2
  
i~ ∂ i~ ∂
1+ 1 − ψ = ψ (4.8.9)
mc2 ∂t mc2 ∂t mc2

ce qui suggère d’introduire les deux combinaisons :


Ce

ψa = ψ + i~ ∂ψ
mc2 ∂t
, ψb = ψ − i~ ∂ψ
mc2 ∂t
, (4.8.10)

d’où résulte :
ψ = 21 (ψa + ψb ) , ∂ψ
∂t
= mc2
2i~
(ψa − ψb ) , (4.8.11)

Dès lors, (4.8.9) peut s’écrire de deux façons :

i~ ∂ ~2 i~ ∂ ~2
 
1− mc2 ∂t
ψa = 2mc2
∆ (ψa + ψb ) , 1+ mc2 ∂t
ψb = 2mc2
∆ (ψa + ψb ) ,
(4.8.12)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 83 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

soit, sous la forme matricielle :


" # " 2 2
#" #
∂ ψa mc2 − 2m
~
∆ − 2m
~
∆ ψa
i~ = 2
2 ~2
. (4.8.13)
∂t ψb ~
+ 2m ∆ −mc + 2m ∆ ψb

On retrouve ainsi formellement une équation du 1er ordre par rapport au temps –
il reste toutefois que deux conditions initiales sont toujours à prescrire. En ce sens,
la difficulté n’est résolue que formellement.

2. Il existe en réalité une autre difficulté, beaucoup plus grave. L’équation (4.8.5)

I
étant donnée, et si l’on maintient l’interprétation usuelle de ψ en tant qu’amplitude

QI
de probabilité (pour avoir une probabilité fabriquée avec |ψ|2 ), il convient de véri-
fier la cohérence du tout en établissant une équation de conservation, qui doit
découler de (4.8.5). En gardant comme courant l’expression symétrisée que l’on

M
peut construire avec ψ, ψ ∗ et la vitesse m1 p~ = − m ∇ , on pose:
i~ ~

 
~j = ~ ψ ∗ ∇ψ
~ − ψ ∇ψ
~ ∗ . (4.8.14)
2im
RI
En ce qui concerne la densité ρ, que l’on attend quadratique en ψ et ψ ∗ , on constate
qu’en fait ψψ ∗ ne peut pas convenir puisque l’équation de conservation introduit
OU
une dérivée première en temps, et que l’équation de Klein-Gordon contient une
dérivée seconde. La densité doit donc être fabriquée à partir de ψ et de ∂ψ ∂t
; une
démarche par essai et erreur montre que si l’on pose :
sB

∂ψ ∗
 
i~ ∗ ∂ψ
ρ= ψ −ψ (4.8.15)
2mc2 ∂t ∂t

lors l’équation de Klein-Gordon (4.8.5) prend la forme souhaitée d’une équation de


conservation :
lsu

∂ρ
+ div~j = 0. (4.8.16)
∂t
Le seul ennui est que la densité ρ définie en (4.8.15) . . . n’a aucune raison d’être
Ce

positive ! Les équations ne peuvent être retenues qu’au prix d’une réinterprétation,
qui a été faite par Pauli et Weisskopf . Fondamentalement, en multipliant ~j et ρ
par une charge, ceux-ci représentent alors un courant et une densité de charge.
Comme, de toute façon, le nombre de particules ne saurait être fixé au sein d’une
théorie relativiste (possibilité de création de paires), ~j et ρ peuvent être associés à
la différence entre le nombre de charges positives et le nombre de charges négatives.
La théorie devient alors une théorie à une charge (la charge totale), et perd son
statut de théorie à une particule.

De toute façon, l’équation de Klein-Gordon n’est pas satisfaisante pour l’électron, en


dépit de la présence, dans sa version (4.8.9), des deux combinaisons ψa et ψb (qui peuvent

Cours de Mécanique Quantique Master II: 84 Celsus Bouri©2021/2022


4.8. COMPLÉMENT: ORIGINE RELATIVISTE DU SPIN

faire penser aux deux composantes d’un spineur de rang 2). En effet, si l’on examine la
limite non-relativiste, on trouve que l’une des composantes est d’ordre 0 en v/c, alors que
l’autre est d’ordre 1 : ces deux composantes sont donc loin de jouer un rôle symétrique,
alors que, même dans une théorie pseudo-relativiste à la Pauli, les deux composantes
du spineur doivent être du même ordre de grandeur. Au total, la limite non-relativiste
produit finalement une fonction d’onde à une composante, et ne convient donc pas pour
l’électron. Au mieux, l’équation de Klein-Gordon convient pour une particule de spin nul.

S’agissant de construire une équation relativiste, il faut en fait s’ancrer sur l’obligation

I
de faire jouer des rôles symétriques aux coordonnées d’espace et au temps. En particulier,

QI
si l’on maintient l’idée d’une équation d’ordre 1 en temps, les coordonnées doivent égale-
ment figurer par des dérivées du 1er er ordre. Quand on revient à la forme “linéarisée” de
Klein-Gordon (4.8.9), on devine ce qu’il faut tenter de faire. Dans la matrice au second

M
membre, apparaît le Laplacien (dérivées spatiales du 2ème ordre) ; pour se ramener à des
dérivées du 1er ordre, on peut utiliser la même astuce que pour le temps dans le cas de
l’oscillateur harmonique, et à nouveau “complexifier” la représentation. Ainsi apparaît la
RI
suggestion forte de doubler la dimension de la matrice 2 × 2, ce qui revient à dire que
chaque combinaison ψa et ψb est en fait elle-même un doublet, composantes de l’élément
d’un espace vectoriel à deux dimensions, produisant finalement une fonction d’onde à qua-
OU
tre composantes ; en retenant cette hypothèse de travail, celles-ci sont désormais notées
ψµ , µ = 1, 2, 3, 4  
ψ1
 
 ψ2 
(4.8.17)
sB

ψ=  
 ψ3 

ψ4
Dès lors, on posera que la densité de probabilité est :
lsu

4
X
ρ (~r, t) = |ψµ (~r, t)|2 . (4.8.18)
µ=1
Ce

Ceci étant retenu, l’équation (du premier ordre en temps et espace) la plus simple que
l’on puisse former est une forme linéaire de i~ ∂t

et de p~ = −i~∇;
~ par ailleurs, pour une
vitesse nulle, l’énergie doit se réduire à un terme contenant l’énergie dite de repos mc2 .
Au total, on peut a priori poser la forme suivante :


α.~p + βmc2 ψ (~r, t) = HD ψ (~r, t) (4.8.19)
 
i~ ψ (~r, t) = c~
∂t

HD est le Hamiltonien de Dirac ; α


~ = (αx , αy , αz ) est un ensemble de trois objets agissant
sur des vecteurs à quatre composantes : ce sont des matrices 4 × 4, tout comme β. α ~ et β
sont sans dimension physique ; ces matrices mélangent entre elles les quatre composantes

Cours de Mécanique Quantique Master II: 85 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

ψµ . En présence d’un champ de forces statique associé à l’énergie potentielle V (~r), la


généralisation de (4.8.19) est :


α.~p + V (~r) 1 + βmc2 ψ (~r, t) . (4.8.20)
 
i~ ψ (~r, t) = c~
∂t

L’équation (4.8.19) s’écrit aussi :


 
1∂ imc
~ +
~ .∇
+α β ψ (~r, t) = 0, (4.8.21)

I
c ∂t ~

QI
soit, sous forme plus explicite :
" ! #
1∂ ∂ imc

M
X
+ αu + β ψ (~r, t) = 0. (4.8.22)
c ∂t u=x,y,z
∂u ~

Toute la question est maintenant de trouver les matrices α


RI
~ et β. Il convient bien sûr
de maintenir le lien avec l’expression classique, qui est vraie pour toute particule et qui
produit l’équation de Klein-Gordon (4.8.5) par simple substitution des opérateurs aux
OU

grandeurs classiques. Une façon de maintenir le contact est de faire des manipulations sur
l’opérateur entre crochets dans (4.8.22) pour lui donner l’allure de l’opérateur apparaissant
dans (4.8.5). Au total, il s’agit de trouver une marche à suivre permettant d’écrire des
relations entre les matrices α
~ et β cherchées et, finalement, de les déterminer.
sB

Pour exhiber à partir de (4.8.22) un premier membre qui “ressemble” à Klein-Gordon,


il faut fabriquer des dérivées secondes en temps et en espace (images opératorielles de
lsu

la relation classique, qui est quadratique en H et p~), sans pour autant faire apparaître
de dérivées croisées temps - espace ; compte tenu de la forme A + B de l’opérateur au
premier membre de (4.8.22), un peu de réflexion montre qu’il faut introduire l’opérateur
Ce

de la forme A − B, soit :
!
1∂ X ∂ imc
− αv − β (4.8.23)
c ∂t v=x,y,z
∂v ~

et le faire agir sur le premier membre de (4.8.22). On obtient ainsi :


" ! #" ! #
1∂ X ∂ imc 1∂ X ∂ imc
− αv − β + αu + β ψ (~r, t) = 0.
c ∂t v=x,y,z
∂v ~ c ∂t u=x,y,z
∂u ~
(4.8.24)
Il suffit maintenant d’expliciter les termes au premier membre, et de jouer avec les indices

Cours de Mécanique Quantique Master II: 86 Celsus Bouri©2021/2022


4.8. COMPLÉMENT: ORIGINE RELATIVISTE DU SPIN

muets de sommation pour obtenir :


" ! #
1 ∂2 1 X ∂2 imc X ∂  mc 2
2 2
− (αu αv + αv αu ) − (αu β + βαu ) + β 2 ψ (~r, t) = 0.
c ∂t 2 u,v=x,y,z
∂u∂v ~ u=x,y,z ∂u ~
(4.8.25)
Alors, cette équation se réduit à celle de Klein-Gordon à condition que les relations suiv-
antes soient vérifiées :

αu αv + αv αu = 2δuv ⇔ αu2 = 1, αu αv + αv αu , (u 6= v) (4.8.26)

I
et :

QI
β 2 = 1, αu β + βαu = 0, (u = x, y, z) (4.8.27)

Les αu et β sont bien des matrices : les relations ci-dessus ne sauraient être satisfaites

M
par des nombres ordinaires. Les relations (4.8.26) et (4.8.27) étant admises, il n’est pas
difficile de montrer que les matrices 4 × 4 cherchées peuvent s’écrire par blocs 2 × 2 comme
suit : " # " RI #
0 ~σ 1 0
α
~= , β= (4.8.28)
~σ 0 0 −1
où les ~σ sont les matrices de Pauli et où 1 est ici la matrice identité 2 × 2. L’ensemble
OU
des quatre matrices données par (4.8.28) est appelé “représentation-standard”, étant en-
tendu qu’il existe une infinité de couples (~α, β) vérifiant (4.8.26) et (4.8.27), déductibles
de (4.8.28) par une transformation unitaire quelconque. En tout cas, dans cette représen-
tation, HD s’écrit :
sB

" #
mc2 1 c~σ .~p
HD = . (4.8.29)
c~σ .~p −mc2 1
Notons que le carré de HD n’est autre que la matrice (m2 c4 + p2 c2 ) 1, en résultat du fait
lsu

que l’on a imposé aux quatre ψµ de satisfaire (4.8.5).


On va maintenant établir le premier résultat spectaculaire de la théorie de Dirac, à
savoir l’apparition naturelle du spin sans apport supplémentaire. Il s’agit maintenant de
Ce

montrer que l’opérateur " #


~ = ~σ 0
Σ (4.8.30)
0 ~σ

fournit le degré de liberté de spin (très précisément, le spin est égal à ~2 Σ).
~ La base de
l’argument consiste à montrer que le vecteur :

~ + ~Σ
J~ = L ~ (4.8.31)
2

qui se veut être un moment cinétique puisqu’il incorpore déjà le moment cinétique orbital,
est effectivement une constante du mouvement lorsque le Hamiltonen est celui qui figure

Cours de Mécanique Quantique Master II: 87 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

au second membre de (4.8.20), soit :

α.~p + V (~r) 1 + βmc2 .


HD = c~ (4.8.32)

Le terme potentiel est proportionnel à la matrice identité : il commute donc avec les
matrices α
~ et β. Etant à symétrie sphérique, il commute avec L.
~ Il en résulte :
h i h i
~ HD = J,
J, ~ c~
α.~p + βmc2 (4.8.33)

I
Calculons d’abord le commutateur de L ~ avec la partie “cinétique” de HD . Dans l’espace

QI
à 4 dimensions, le moment cinétique orbital est simplement :
" #
1 0
~ =
L (~r ∧ p~) , (4.8.34)

M
0 1
 
puisque p~ agit de la même façon sur chaque composante p~ψµ = −i~∇ψ ~ µ . Il en résulte
: h i 
~ HD = (~r ∧ p~) 1, c~
L, α.~p + βmc2 = [(~r ∧ p~) 1, c~

RI
α.~p] (4.8.35)

Par exemple, on a :
OU
" #
X
[Lz , HD ] = c xpy − ypx , αu pu = i~ (αx py − αy px ) ≡ i~ (~
α ∧ p~)|z (4.8.36)
u

d’où :
sB

h i
~ HD = i~ (~
L, α ∧ p~) . (4.8.37)

Par ailleurs :
lsu

"" # " ## " #


h i ~σ 0 mc2 1 c~σ .~p 0 c [~σ , ~σ .~p]
~ HD =
Σ, , = (4.8.38)
0 ~σ c~σ .~p −mc2 1 c [~σ , ~σ .~p] 0

On a, par exemple :
Ce

" #
X
[σx , ~σ .~p] = σx , σu pu = 2i (py σz − pz σy ) ≡ 2i (~p ∧ ~σ )|x (4.8.39)
u

d’où : " #
h i 0 (~p ∧ ~σ )
~ HD = 2ic
Σ, = 2ic (~p ∧ α
~) . (4.8.40)
(~p ∧ ~σ ) 0

Prenant en compte les relations que l’on vient d’établir, le commutateur de J~ avec le

Cours de Mécanique Quantique Master II: 88 Celsus Bouri©2021/2022


4.8. COMPLÉMENT: ORIGINE RELATIVISTE DU SPIN

Hamiltonien de Dirac est :


h i
~ HD = i~c (~
J, α ∧ p~ + p~ ∧ α
~) = 0 (4.8.41)

~ comme l’expression du moment cinétique in-


Ce résultat permet bien d’interpréter ~2 Σ
trinsèque de spin de l’électron : ajouté vectoriellement au moment cinétique orbital, le
moment cinétique résultant J~ est une constante du mouvement. La théorie de Dirac
engendre le spin sous la forme :

I
" #
~σ 0
~ = ~Σ
S ~ = ~
, J~ = L
~ +S
~ (4.8.42)

QI
2 2
0 ~σ

Ainsi, la théorie relativiste de Dirac contient en soi le spinélectronique.

M
RI
OU
sB
lsu
Ce

Cours de Mécanique Quantique Master II: 89 Celsus Bouri©2021/2022


1
Particules de spin 2

I
QI
M
RI
OU
sB
lsu
Ce

Cours de Mécanique Quantique Master II: 90 Celsus Bouri©2021/2022


Chapitre cinquième

Composition des moments


angulaires

I
QI
On est très souvent confronté à des situations où un système possède plusieurs moments

M
cinétiques. Il peut s’agir du moment cinétique orbital et du spin de l’électron, il peut
s’agir des spins du proton et du neutron dans un deutéron, il peut s’agir des spins de
plusieurs électrons situés sur des sites différents d’un cristal, etc. En principe, on pourrait
RI
simplement travailler dans l’espace de Hilbert produit tensoriel des espaces de Hilbert des
différents moments cinétiques. Cependant, la somme de plusieurs moments cinétiques
satisfait les règles de com- mutation des moments cinétiques.
OU

5.1 Produit de deux représentations


sB

Considérons deux systèmes S1 et S2 sans intéraction ; leurs hamiltoniens commutent


et sont invariants dans le même groupe G. Supposons que leurs états sont tels que

H1 |ψi i = Ei1 |ψi i , i = 1, 2, ....m1


lsu

2 (5.1.1)
H2 |ϕi i = Ei |ϕi i , i = 1, 2, ......m2

Les vecteurs propres |ψi i et |ϕj i engendrent dans leurs espaces des représentations
Ce

irréductibles Γ1 et Γ2 respectivement. Les produits |ψi ϕj i engendre à son tour une repré-
sentation de G de dimension m1 .m2 que l’on note Γ1 ⊗ Γ2 : c’est le produit tensoriel ou
produit direct des deux représentations Γ1 et Γ2 dont un élément de matrice est défini par

(Γ1 ⊗ Γ2 )ij,kl = Γ1,ik Γ2,jl (5.1.2)

Par conséquent,
χ (Γ1 ⊗ Γ2 ) = χ (Γ1 ) χ (Γ2 ) (5.1.3)

Exemple : Considérons deux systèmes de dimension 2 tels que les bases de chacun d’entre
eux sont {|ψ1 i , |ψ2 i} et {|ϕ1 i , |ϕ2 i} ; alors la base du système total est {|ψ1 ϕ1 i , |ψ1 ϕ2 i , |ψ2 ϕ1 i , |ψ2 ϕ2 i} ;

91
Composition des moments angulaires

celle-ci engendre Γ1 ⊗ Γ2 qui est de rang 4. Autrement dit, si


! !
a1 a2 b1 b2
Γ1 = et Γ2 = (5.1.4)
a3 a4 b3 b4

alors
X
R (|ψi ϕj i) = Γ1,ik Γ2,jl |ψk ϕl i (5.1.5)
kl

C’est-à-dire par exemple

I
R (|ψ1 ϕ1 i) = a1 b1 |ψ1 ϕ1 i + a2 b1 |ψ2 ϕ1 i + a1 b2 |ψ1 ϕ2 i + a2 b2 |ψ2 ϕ2 i (5.1.6)

QI
Enfaisant le même calcul pour R (|ψ1 ϕ2 i), R (|ψ2 ϕ1 i) et R (|ψ2 ϕ2 i), on obtient la matrice
de représentation Γ = Γ1 ⊗ Γ2

M
 
a1 b 1 a1 b 2 a2 b 1 a2 b 2 !
 
a1 b 3 a1 b 4 a2 b 3 a2 b 4 a1 Γ2 a2 Γ2
(5.1.7)
 
Γ= RI =

 a3 b 1 a3 b 2 a4 b 1 a4 b 2 
 a3 Γ2 a4 Γ2
a3 b3 a3 b 4 a4 b 3 a4 b 4
OU
On vérifie que

χ (Γ) = a1 b1 + a1 b4 + a4 b1 + a4 b4 = (a1 + a4 ) (b1 + b4 ) = χ (Γ1 ) χ (Γ2 ) .

D’un autre coté,


sB

!
b1 Γ1 b2 Γ1
Γ2 ⊗ Γ1 = 6= Γ1 ⊗ Γ2 (5.1.8)
b3 Γ1 b4 Γ1
c’est-àdire le produit tensoriel ne commute pas.
lsu

Remarques :
— Si Γ1 et Γ2 sont des matrices diagonales alors Γ est diagonale
— Le produit tensoriel est distributif par rapport à l’addition c’est-à-dire (Γ1 + Γ2 ) ⊗
Ce

Γ3 = Γ1 ⊗ Γ3 + Γ2 ⊗ Γ3
— Si Γ1 et Γ2 sont unitaires alors Γ l’est aussi.
En clair, si chacune de ces représentations Γi est associée à une Dj , alors on peut en
construire le produit.

5.2 Réduction du produit Dj1 ⊗ Dj2


Etant donnée une représentation Dj1 (oz, ω) , son caractère est donné par

eim1 ω ,
P
χj1 (ω) = m1 −j1 ≤ m1 ≤ j1

Cours de Mécanique Quantique Master II: 92 Celsus Bouri©2021/2022


5.2. RÉDUCTION DU PRODUIT DJ1 ⊗ DJ2

et d’après (5.1.3), la trace d’un produit de représentation est alors


X
χj1 (ω) χj2 (ω) = ei(m1 +m2 )ω (5.2.1)
m1 ,m2

−j1 − j2 ≤ m1 ≤ j1 + j2

Posons M = m1 + m2 ;

j1 +j2 j1 +j2 −1 |j1 +j2 |

I
X X X
χJ (ω) = eiM ω
+ e iM ω
+ ...... + eiM ω (5.2.2)

QI
M =−j1 −j2 M =−j1 −j2 +1 M =−|j1 −j2 |

suivant toutes les valeurs possibles que peuvent prendre m1 et m2 ; ce qui se résume dans
le tableau de Slater ci-dessous.

M
m2 \m1 j1 j1 − 1
RI ··· −j1
j2 j1 + j2 j1 + j2 − 1 ··· −j1 + j2
j2 − 1 j1 + j2 − 1 j1 + j2 − 2 ··· −j1 + j2 − 1
.. .. .. ..
. . . .
OU
···
−j2 j1 − j2 ··· ··· −j1 − j2

Il représente toutes les valeurs possibles de M . On peut alors réécrire (5.2.2) comme
sB

j1 +j2 J
X X
χj1 (ω) χj2 (ω) = eiM ω
J=|j1 −j2 | M =−J
lsu

j1 +j2
X
χj1 (ω) χj2 (ω) = χJ (ω) (5.2.3)
J=|j1 −j2 |
Ce

Donc J prend les valeurs allant de |j1 − j2 | à j1 + j2 par pas de 1 ; d’où le résultat
fondamental
j1 +j2
X
Dj1 ⊗ Dj2 = ⊕DJ (5.2.4)
J=|j1 −j2 |

Ce résultat montre que le produit de deux représentations est la somme sur toutes les
représentations possibles obéissant à la règle triangulaire

|j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2 (5.2.5)

La dimension totale du produit direct des représentations est (2j1 + 1) (2j2 + 1)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 93 Celsus Bouri©2021/2022


Composition des moments angulaires

5.3 Coefficient de Clebsch-Gordan (CCG)

Considérons le cas de deux moments angulaires J~1 et J~2 associés aux états |j1 m1 i et
|j2 m2 i. On a

J12 |j1 m1 i = ~2 j1 (j1 + 1) |j1 m1 i , J1z |j1 m1 i = m1 ~ |j1 m1 i


(5.3.1)
J22 |j2 m2 i = ~2 j2 (j2 + 1) |j2 m2 i , J2z |j2 m2 i = m2 ~ |j2 m2 i
Le moment angulaire résultant est

I
QI
J~ = J~1 + J~2 . (5.3.2)

Nous savons déjà que les états |j1 m1 i et |j2 m2 i engendrent respectivement les espaces

M
E (j1 ) et E (j2 ) de dimension (2j1 + 1) et (2j2 + 1). Par conséquent, les états |j1 m1 j2 m2 i
vont engendrer l’espace E (j1 ) ⊗ E (j2 ) de dimension (2j1 + 1) (2j2 + 1) . Or d’après (5.2.4),
cet espace est une somme des sous-espaces E J de dimension 2J + 1. Les états de ce
RI
sous-espace peuvent être labellés par |j1 j2 JM i et sont tels que

J 2 |j1 j2 JM i = ~2 J (J + 1) |j1 j2 JM i
OU
Jz |j1 j2 JM i = M ~ |j1 j2 JM i
(5.3.3)
J12 |j1 j2 JM i 2
= ~ j1 (j1 + 1) |j1 j2 JM i
J22 |j1 j2 JM i = ~2 j2 (j2 + 1) |j1 j2 JM i
sB

D’un autre coté, les états de E (j1 ) ⊗ E (j2 ) sont tels que

J12 |j1 m1 j2 m2 i = ~2 j1 (j1 + 1) |j1 m1 j2 m2 i


J22 |j1 m1 j2 m2 i = ~2 j2 (j2 + 1) |j1 m1 j2 m2 i
(5.3.4)
lsu

J1z |j1 m1 j2 m2 i = m1 ~ |j1 m1 j2 m2 i


J2z |j1 m1 j2 m2 i = m2 ~ |j1 m1 j2 m2 i
Ce

Il apparait que les états {|j1 m1 j2 m2 i} et {|j1 j2 JM i} constituent deux bases orthonor-
mées du même espace, elles peuvent donc se transformer l’une en l’autre. Leurs matrices
de passage sont les mêmes ; les coefficients de cette matrice sont appelés les coefficients
de Clebsch-Gordan (CCG). On peut écrire
X
|j1 j2 JM i = hj1 m1 j2 m2 | j1 j2 JM i |j1 m1 j2 m2 i (5.3.5)
m1 m2

et réciproquement
X
|j1 m1 j2 m2 i = hj1 j2 JM | j1 m1 j2 m2 i |j1 j2 JM i (5.3.6)
JM

Cours de Mécanique Quantique Master II: 94 Celsus Bouri©2021/2022


5.3. COEFFICIENT DE CLEBSCH-GORDAN (CCG)

Les coefficients hj1 m1 j2 m2 | j1 j2 JM i = hj1 j2 JM | j1 m1 j2 m2 i que l’on va noter simple-


ment hj1 m1 j2 m2 | JM i sont réels.
Déterminons la valeur propre de Jz
P
Jz |j1 j2 JM i = m1 m2 hj1 m1 j2 m2 | JM i Jz |j1 m1 j2 m2 i
P
= hj1 m1 j2 m2 | JM i (J1z + J2z ) |j1 m1 j2 m2 i
Pm1 m2
= m1 m2 (m1 + m2 ) hj1 m1 j2 m2 | JM i |j1 m1 j2 m2 i

I
QI
d’une part, et

Jz |j1 j2 JM i = M |j1 j2 JM i
P

M
= m1 m2 M hj1 m1 j2 m2 | JM i |j1 m1 j2 m2 i

RI
d’autre part ; ces deux quantités ne peuvent être égales que si

M = m1 + m2 (5.3.7)
OU

Finalement, l’existance des CCG est conditionnée par

|j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2
(5.3.8)
sB

−J ≤ M ≤ J, M = m1 + m2

La relation d’orthogonalité des états {|j1 m1 j2 m2 i} et {|j1 j2 JM i} implique


lsu

0 0
P
m1 m2 hj1 m1 j2 m2 | JM i hj1 m1 j2 m2 | J M i = δJJ 0 M M 0
P 0 0
(5.3.9)
JM hj1 m1 j2 m2 | JM i hj1 m1 j2 m2 | JM i = δm1 m01 δm2 m02
Ce

J j1 j2
Ces coefficients sont souvent notés C
M m1 m2
Une représentation en série des CCG est donnée par

J j1 j2
C = δM,m1 +m2 4 (j1 j2 J) ×
M m1 m2
1
= [(j1 + m1 )!n(j1 − m1 )! (j2 + m2 )! (j2 − m2 )! (J + M )! (J − M )! (2J + o 1)] ×
2

z
P (−1)
= z [z!(j1 +j2 −J−z)!(j1 −m1 −z)!(jé −m2 −z)!(J−j2 +m1 +z)!(J−j1 −m2 +z)!]
(5.3.10)
avec

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Composition des moments angulaires

s
(a + b − c)! (a − b + c)! (−a + b + c)!
4 (abc) =
(a + b + c + 1)!
Un autre type de représentation des CCG existe : on l’appelle symbole 3j. Il a pour
avantage d’avoir des propriétés de symétrie qui se révèlent importantes lors de la mani-
pulation des CCG. Il est donné par
!
j1 j2 J (−1)j1 −j2 −M
= √ hj1 m1 j2 m2 | J − M i (5.3.11)
m1 m2 M 2J + 1

I
QI
1
5.3.1 Couplage deux spins 2

Nous avons à coupler j1 = 1


2
et j2 = 1
2

M
* Les états de la base découplées |j1 m1 j2 m2 i sont : |++i, |+−i, |−+i , |−−i , m1 , m2 =
± 21
* Pour construire les états de la base couplée, déterminons les valeurs de J et de M
RI
possibles :

|j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2 =⇒ 0 ≤ J ≤ 1 =⇒ J = 0, 1
OU

J ne peut donc prendre que les valeurs 0 et 1.

1. Pour J = 0, on a M = 0, on a un seul état |00i appelé singulet.


2. Pour J = 1, on a M = 0, ±1, on a trois états |1 − 1i, |10i et |11i formant les états
sB

triplets.

Il faut maintenir écrire ces états de la base couplée en fonction de ceux de la base découplée.

1. Pour cela, commençons par nous servir des valeurs maximale et minimale de la
lsu

relation :

(a) Dans le cas du maximum, on a M = 1, ce qui correspond à m1 = m2 = 12 , on


Ce

a alors |11i = |++i


(b) Dans le cas du maximum, on a M = −1, ce qui correspond à m1 = m2 = − 12 ,
on a alors |1 − 1i = |−−i

2. Pour obtenir l’état |10i, on peut appliquer J− au ket |11i ou J+ au ket |1 − 1i. On
a d’une part

J− |11i = 2~ |10i ,

et d’autre part
J− |11i = (J1− + J2− ) |++i
= ~ (|−+i + |+−i)

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5.3. COEFFICIENT DE CLEBSCH-GORDAN (CCG)

il vient que
1
|10i = √ (|−+i + |+−i) . (5.3.12)
2
On en déduit alors les CCG

1 −1 1 1
2 2 22
| 10 = √1 ,
2
1 1 1 −1
222 2
| 10 = √1
2
(5.3.13)

3. L’état |00i, quant à lui, peut être construit en se servant de l’orthoganalité des
états de la base couplée ; il vient que

I
QI
1
|00i = √ (|+−i − |−+i) , (5.3.14)
2

par conséquent

M
1 −1 1 1
2 2 22
| 10 = √1 ,
2
1 1 1 −1
222 2
| 10 = − √12 (5.3.15)

Une table des CCG est donnée en Appendice.


RI
OU
sB

1
5.3.2 Couplage d’un moment angulaire ` et d’un spin 2 (cas de
l’électron par exemple)
lsu

Dans ce cas, nous voulons coupler un moment angulaire ` et un spin 1/2 ; c’est-à-dire
que l’on a
Ce

1
j1 = l j2 = 2
m1 = −l, ..., l m2 = ± 12

1 1
|j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2 =⇒ l − ≤J ≤l+
2 2

Le moment résultant J~ est tel que

J = ` − 1/2, ` + 1/2, ` 6= 0
(5.3.16)
J = 1/2, `=0

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Composition des moments angulaires

[Link] Cas J = ` + 1/2

Les vecteurs de la base couplée s’écrivent


E D E E
1 1 1
P
` 2
J M = m1 m2 m2 |
` m1
J M 2
` m1 2
m2
P D 1 1
E
1 1
E
= m ` m 2 −2 | J M ` m 2
−2 +
D E E
` m 12 21 | J M ` m 1
2
1
2
q E q E
J−M
` M + 12 12 − 12 + J+M 1 1 1
 
= 2J 2J ` M− 2 2 2
(5.3.17)

I
où on a utilisé

QI
D E q q
1 1 `−M +1/2 J−M
− 12

` M+ 2 2
| J M = 2l+1
= 2J
D E q q
`+M +1/2

M
1 1 J+M
− 12 | J M

` M− 2 2
= 2l+1
= 2J

Soit en représentation {(θ, ϕ)} et dans la base {|+i , |−i} de spin basée
RI  q 
J+M
2J
Y 1 (θ, ϕ)
D
1
E  ` M− 2

θ ϕ | ` 2
J M =Ω 1 (θ, ϕ) =  q 
J =`+ 2
` m  J−M
Y (θ, ϕ)

2J 1
` M+
OU
2
(5.3.18)
ΩJ`m est appelée harmonique spinorielle.

Cas J = ` − 1/2
sB

[Link]

De même, on montre que


q  
− J−M +1
Y (θ, ϕ)
lsu

2(J+1) 1
` M−
(5.3.19)
 2

Ω 1 (θ, ϕ) =  q 
J =`− 2
` m  J+M +1
Y (θ, ϕ)

2(J+1) 1
` M+ 2
Ce

5.4 Applications et interprétations

5.4.1 La structure fine de l’atome d’hydrogène


La structure fine est un effet relativiste dont l’étude correcte est basée sur l’équation
de Dirac qui est l’équation d’onde relativiste pour des particules de spin 12 . Nous allons
l’étudier à partir des considérations classiques intuitives. L’équation qui se meut avec une
vitesse ~v dans un reférentiel de laboratoire, voit dans son propre reférentiel le noyau se
déplacer avec une vitesse −~v et un champ électromagnétique, transformé du champ dans
un reférentiel du noyau. Ce champ n’est pas seulement électrique mais aussi magnétique

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5.4. APPLICATIONS ET INTERPRÉTATIONS

fonction du champ électrostatique E


~;
 
1 ~ 1 1 dV (r) p~Λ~r 1 1 dV (r) ~
~
B = − ~v ΛE ' 2 =− 2 L (5.4.1)
2 qc r dr m qc m r dr

Ce champ interagit avec le moment magnétique de spin µ ~ de l’électron et conduit


~ = γS
à une énergie d’intéraction

 
1 1 dV (r)
~ = ~ S~ (5.4.2)

I
HSO = −~µ.B L.
m2 c2 r dr

QI
Cet argument peut être critiqué car le reférentiel de l’électron est en accéralation par
rapport à celui du noyau car l’électron est en rotation autour du noyau. Ce mouvement

M
de rotation conduit au phénomène de précession de spin appelé précession de Thomas qui
réduit (5.4.2) d’un facteur 2 (Voir calculs relativistes). Pour le corriger, on écrit
 
1 1 dV (r) →− →

HSO = 2 2
RI
2m c r dr
L.S (5.4.3)

Il faut ajouter ce terme à l’équation de Schrödinger.


OU

q 1 dV (r) 1 q2
V (r) = − =⇒ = 3
4πε0 r r dr r 4πε0
sB

La présence de ce terme ne rend pas la résolution deSchrödinger aisée mais évaluons l’ordre
de cette correction :

~2 e2 ~2 e2 1 α2 R∞
 
1
hHSO i ' ∼ ' (5.4.4)
lsu

2m2 c2 r3 2m2 c2 n3 a30 n3

R∞ étant la constante de Rydberg, et α la constante de structure fine. Il s’agit d’une


correction d’ordre α2 qui est relativiste. Le produit scalaire L.
~ S~ donne
Ce

~ S~ = 1 J 2 − L2 − S 2 (5.4.5)

L.
2

avec J~ = L
~ + S.
~

Pour un électron de moment ` et de spin s , on a la valeur propre de

~2
~ ~
L.S = [j (j + 1) − ` (` + 1) − s (s + 1)] (5.4.6)
2

Comme on vient de le voir, pour un spin s = 1/2, on a j = ` ± 1/2 pour ` 6= 0 et j = 1/2


pour ` = 0.

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Composition des moments angulaires

1. Pour j = ` + 1/2, on a

~ S~ = ~2
L. [(` + 1/2) (` + 3/2) − ` (` + 1) − 3/4]
2
~2
. (5.4.7)
= 2
`

2. Pour j = ` − 1/2, on a

~ S~ = ~2
L. [(` − 1/2) (` + 1/2) − ` (` + 1) − 3/4]
2
2 . (5.4.8)
= − ~2 (` + 1)

I
QI
Il ya une levée partielle de dégénérescence. Si ` = 1, n = 2 ; l’état 2p, alors on a 2P 1 et
2
2P 3 . Cette levée de dégénérescence nous renseigne sur la structure fine de l’hydrogène.
2
Nous avons utilisé la rotation spectroscopique n`J qui peut être généralisée aux niveaux

M
plus élévés.

RI
5.4.2 L’effet Zeeman
OU

La dégénérescence d’ordre 2j + 1 du niveau n`J est levée si l’électron est placé dans un
champ magnétique constant B.
~ C’est l’effet Zeeman. Il provient de l’intéraction du champ
magnétique avec les moments magnétiques orbital et de spin. L’énergie d’intéraction est
sB

donc
q ~ 
W =− L + 2S~ .B ~ (5.4.9)
2m
E
Déterminons la correction en énergie du hamiltonien d’interaction dans la base n ` m .
lsu

e j
Pour cela, si le champ est faible, les vecteurs S
~ et L
~ sont en mouvement de précession au-
tour de J~ = L ~ qui à son tour est en précession autour de B.
~ + S, ~ Evaluons les projections
de S
~ et L~ dans la direction de J.
~ La norme de J~ étant ~ j (j + 1), on a
p
Ce

 
~J =
S ~ √ J~
S. √ J~
~ j(j+1) ~ j(j+1)
  . (5.4.10)
~J
L = ~ √ J~
L. √ J~
~ j(j+1) ~ j(j+1)

Le hamiltonien d’interaction devient


 
W = q
− 2m J~ + S
~J .B ~
 
~ J~
q
= − 2m J~ + ~2 j(j+1)
S.
J~ .B~ . (5.4.11)
 
q ~ J~
S. ~B~
= − 2m 1 + ~2 j(j+1) J.

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5.5. NON LOCALITÉ DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE ; LE PARADOXE EPR
(EINSTEIN-PODOLSKI-ROSEN)

Pour calculer le produit scalaire S. ~ utilisons le fait L


~ J, ~ de sorte que
~ = J~ − S,
   
~ L
L. ~ = J~ − S~ . J~ − S ~
. (5.4.12)
= ~S
J 2 + S 2 − 2J. ~

Alors,
~S ~ = 1 J 2 + S 2 − L2 (5.4.13)

J.
2
et donc
J 2 + S 2 − L2 ~ ~
 
q
W =− 1+ J.B (5.4.14)

I
2m 2~2 j (j + 1)

QI
E
La correction induite d’énergie pour un niveau n ` m
e j est

qB

M
δE = −g m~
e (5.4.15)
2m

avec  
1 3
(5.4.16)
g =1+
2j (j + 1)
RI
j (j + 1) + − ` (` + 1)
4
g est appelé facteur de Landé. Pour un électron de moment angulaire s, ` = 0, g = 2.
OU

5.5 Non localité de la Mécanique Quantique ; le para-


sB

doxe EPR (Einstein-Podolski-Rosen)

Dès qu’un système quantique possède plus d’un degré de liberté, l’espace de Hilbert
lsu

associé E a une structure de produit tensoriel, E = Ea ⊗ Eb ⊗ . . ., chacun des Ei étant


associé à un degré de liberté. Par exemple, pour une particule matérielle de spin 1/2,
l’espace de Hilbert est le produit de l’espace Eexterne = L2 (R3 ) dans lequel on décrit le
Ce

mouvement orbital de la particule selon les trois axes des coordonnées cartésiennes, et de
l’espace Espin de dimension 2. Cette structure d’espace produit tensoriel est à la base de
propriétés spécifiques de la mécanique quantique, car elle permet de réaliser des situations
où les différents degrés de liberté sont corrélés ou intriqués. Einstein, Podolsky et Rosen
(EPR) furent les premiers à souligner le caractère subtil et paradoxal de l’intrication
quantique dans un article célèbre. Ils utilisèrent cette notion pour montrer l’opposition
entre la mécanique quantique et une théorie réaliste et locale du monde physique. Depuis
quelques années, cette structure est mise à profit dans des dispositifs très originaux,
visant à coder et à traiter des informations ; c’est le domaine de la cryptographie et de
l’ordinateur quantique.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 101 Celsus Bouri©2021/2022


Composition des moments angulaires

5.5.1 Etats intriqués ou enchevêtrés

Pour deux particules, un état de l’espace total peut s’écrire

|ψi = |ψ1 i ⊗ |ψ2 i (5.5.1)

où |ψi i est la fonction d’onde de la particule i , i = 1, 2 . Cet état est dit factorisable ou
séparable. En revanche, le principe de superposition permet des états de type

I
|φi = |ψ1 i ⊗ |ψ2 i + |ϕ1 i ⊗ |ϕ2 i (5.5.2)

QI
qui ne peut être factorisé ; on dit qu’on a un état intriqué eu enchevêtré.

M
5.5.2 Description quantique orthodoxe RI
Considérons deux particules de spin 12 à un instant que nous allons désigner E1 ; leur
état quantique est
OU
1
|φi = √ (|+i ⊗ |−i − |−i ⊗ |+i) (5.5.3)
2
où alors dans le produit tensoriel se refère à celui de la particule. Il s’agit ici d’un état
enchevêtré de spin total s = 0 encore appelé état singulet.
sB

Maintenant, l’événement E2 , qui consiste à mesurer à léaide d’un appareil de type


Ster-Gerlach par un physicien P1 , l’observable

2
(5.5.4)
lsu

Â1 = S1z
~

On a alors les résultats suivants que Â1 = +1 ou Â1 = −1


Ce

PÂ1 =+1 = |h+1 | φi|2 = 1


2
(5.5.5)
PÂ1 =−1 = |h−1 | φi|2 = 1
2

Si P1 mesure Â1 = +1 (respectivement Â1 = −1 ), alors juste après la mesure, l’état


quantique du système est |+i ⊗ |−i ( respectivement |−i ⊗ |+i). On note que la mesure
effectuée par P1 modifie l’état quantique du système total, et par conséquent celui de la
particule 2.
Si juste après cette mesure, le physicien P2 effectue la mesure de l’observable

2
Â2 = S2z (5.5.6)
~

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5.5. NON LOCALITÉ DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE ; LE PARADOXE EPR
(EINSTEIN-PODOLSKI-ROSEN)

c’est l’événement E3 , et on a alors les resultats suivants selon celui de Â1 :

si Â1 = +1, alors Â2 = −1 avec PA2 =−1 = 1


si Â1 = −1, alors Â2 = +1 avec PA2 =1 = 1

Cette certitude totale (P = 1) traduit une correlation parfaite entre les états de spin
des duex particules.
Il ressort que cette analyse que l’état |ψi est enchevêtré jusqu’à la première mesure,
et subitement dès la première détetion. cet état est réduit instatanément en un produit

I
factorisable. Ce résultat contre-intuitif est en parfait accord avec l’expérience. Il set contre-

QI
intuitif car cette reduction est une sorte “d’action à distanse instantanée” plus rapide
que la vitesse de la lumière (contraire à la théorie de la relativité générale ) car elle
se passe même si les événements sont séparés par un quadrivecteur d’espace c’est-à-dire

M
sans relation de causalité. Fort heureusement, cette action à distance ne permet pas de
transmettre de l’information et donc ne contredit pas la théorie de la relativité. On conclut
que le principe de superposition entraîne des intéravtions non locales.
RI
5.5.3 Objection de EPR sur la non localité (1935)
OU
Einstein, Podolsky et Rosen ont, en 1935, objecté ce resultat m^me si celui-ci ne
contredit pas la relativité car ils étaient partisans d’une physique locale.
Ils suggèrent que ce resultat peut s’interpréter par une théorie locale : dès le départ,
l’état de spin des deux particules serait décidé c’est-à-dire que l’un des états réduit
sB

est engagé. Le choix de l’un ou l’autre est le fruit du hasard ou résulte d’un mécanisme
microscopique inconnu ; il y aurait donc des variables dynamiques cachées. Cette interpré-
tation a donné lieu à un débat sur l’interprétation de la Mécanique Quantique : serait-elle
une théorie à variables cachées ou une théorie avec un postulat de mesure non local ?
lsu

5.5.4 Théories locales à variables cachées et inégalité de Bell


Ce

Il a fallu attendre 30 ans pour répondre définitivement à ce débat par [Link] en 1964.
Au lieu que P1 et P2 mesurent les spins suivant z supposons qu’ils effectuent la mesure
suivant les axes ~a et ~b c’est-à-dire

Â1 = ~2 S1a Â2 = ~2 S1b


 
Les résultats des mesures sont Â1 (~a) = ±1, Â2 ~b = ±1. Considérons l’observable
   
Ê ~a, ~b = Â1 (~a) Â2 ~b dont la valeur moyenne s’obtient en faisant un grand nombre
d’expériences successives.
Théorie des variables cachées : Supposons que λ est la variable cachée dont on ne

Cours de Mécanique Quantique Master II: 103 Celsus Bouri©2021/2022


Composition des moments angulaires

peut prévoir le comportement. Soit P (λ) dλ la probabilité pour que lors d’une expérience,
une valeur de l’intervalle [λ, λ + dλ] soit réalisée. Alors on a
 
Â1 (λ, ~a) = ±1et Â2 λ, ~b = ∓Â1 (λ, ~a)

à cause de la corrélation.
Suivant l’hypothèse de la localité, Â1 (λ, ~a) ne dépend pas de ~b. Ainsi, on a
  Z  
Êloc ~a, ~b = dλp (λ) Â1 (λ, ~a) Â2 λ, ~b

I
QI
Alors
     
Êloc ~a, ~b − Êloc (~a, ~c) dλp (λ) Â1 (λ, ~a) Â2 λ, ~b − Â1 (λ, ~a) Â2 (λ, ~c)
R
=
    

M
~ ~
R
= − dλp (λ) Â1 (λ, ~a) Â2 λ, b 1 + Â1 λ, b Â2 (λ, ~c)
   
Êloc ~a, ~b − Êloc (~a, ~c) dλp (λ) 1 + Â1 λ, ~b Â2 (λ, ~c)
R

 
= RI 1 + Êloc ~b, ~c
   
Êloc ~a, ~b − Êloc (~a, ~c) ≤ 1 + Êloc ~b, ~c
(5.5.7)
C’est l’inégalité de Bell.
OU

D’après les calculs sur le spin, en Mécanique quantique,


 
Ê ~a, ~b = − cos θ
sB

 
avec θ = ~a, ~b .
Choisissons les axes ~a,~b, ~c coplanaires faisant entre eux des angles π
3
, on a
lsu

− cos π3 + cos 2π
3
= − 12 − 1
2
= 1 et 1 + Ê (~a, ~c) = 1 − cos π3 = 1
2

Il y a violation de l’inégalité de Bell


Les résultats obtenus par Alain Aspect sur la violation de l’égalité de Bell confirment
Ce

le caractère non local de la Mécanique Quantique et par conséquent, la théorie locale à


des variables cachées n’est pas possible.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 104 Celsus Bouri©2021/2022


Chapitre Sept

Méthodes d’approximation,
Résolution approchée

I
QI
La plupart des problèmes physiques ne peuvent pas être résolus exactement. Dans ces

M
conditions, l’on éssaie autant que possible de trouver une solution proche du résultat exact.

6.1 Théorie des pertubations stationnaires de Rayleigh-


RI
Schrodinger
OU

6.1.1 Cas des niveaux non dégénérés


Il s’agit ici de résoudre l’équation de Schrodinger
sB

H |ψi = E |ψi (6.1.1)

avec l’hypothèse que l’on peut séparer H en deux contributions H0 et λH1 telles que la
solution du problème H0 est connue et λ un réel tendant vers zéro ; c’est-à-dire λH1  H0
lsu

. λH1 , est appelée pertubation du système. Pour simplifier, on va inclure le dépendance


en λ dans (6.1.1) ; on a
Ce

H (λ) |ψ (λ)i = (H0 + λH1 ) |ψ (λ)i = E (λ) |ψ (λ)i (6.1.2)

et le spectre de H0 est connu c’est-à-dire

H0 ψn(0) = En(0) ψn(0) (6.1.3)

(0) (0) (0)


tels que les En sont ordonnées c’est-à-dire E0 ≤ E1 ≤ ...... ≤
Nous allons chercher la solution (6.1.2) sous la forme d’un développement en série en
λ c’est-à-dire :
P∞ E P∞
(i) (i)
|ψ (λ)i = i=0
i
λ ψn ; En (λ) = i=0 λi En (6.1.4)

105
Méthodes d’approximation, Résolution approchée

Les termes en λi sont appelés correction d’ordre i pour la fonction d’onde et pour l’énergie.
Substituons (6.1.4) dans (6.1.2),
P∞ i E P E
(i) ∞ i+1 (i)
(H0 + λH1 ) |ψn (λ)i = i=0 λ H0 ψn + i=0 λ H1 ψn
(0)
E P


(i)
E
(i−1)
E (6.1.5)
i
= H0 ψn + i=1 λ H0 ψn + H1 ψn

D’autre part,

X
En (λ) |ψn (λ)i = λi+j En(i) ψn(j) (6.1.6)
i,j=0

I
En égalant (6.1.5) et (6.1.6) et en identifiant les termes de même ordre en λ, on a

QI
λ0 : H0 ψn(0) = En(0) ψn(0)

M
Il s’agit ici du problème d’ordre 0 dont la solution est, par hypothèse, connue. Pour les
ordres supérieurs, on a pour λ1
E E ERI E
(1) (0) (0) (1) (1) (0)
H0 ψn + H1 ψn = En ψn + En ψn
  E   E
(0) (1) (1) (0)
H0 − En ψn = En − H1 ψn

Pour λ2
OU

E E E E E
(2) (1) (0) (2) (1) (1) (2) (0)
H0 ψn + H1 ψn = En ψn + En ψn + En ψn

(0)

(2)
E 
(1)

(1)
E
(2) (0)
E (6.1.7)
H0 − En ψn = En − H1 ψn + En ψn
sB

Pour λ3

E E E E E E
(3) (2) (0) (3) (1) (2) (2) (1) (3) (0)
H0 ψn + H1 ψn = En ψn + En ψn + En ψn + En ψn
lsu

  E   E E E
(0) (3) (1) (2) (2) (1) (3) (0)
H0 − En ψn = En − H1 ψn + En ψn + En ψn

Soit de manière plus générale, pour un ordre s quelconque


Ce

H0 − En(0) ψn(s) = En(1) − H1 ψn(s−1) + En(2) ψn(s−2) + ....... + En(s) ψn(0) (6.1.8)
 

Résolvons le système ci-dessus pour les divers ordres en λ.


λ0 : Cette équation est équivalente à (6.1.3) c’est-à-dire que nous n’avons rien à faire
à cette étape vu que le spectre de H0 (hermitique)
n Eoest connu. Pour la suite, pour un ordre
(i)
i donné, nous supposons que les fonctions ψn forment une base orthogonale.
E
(0)
En λ : Projetons l’équation correspondante sur l’état ψn ; on a :
1

ψn(0) | H0 − En(0) | ψn(1) = 0 = ψn(0) | En(1) − H1 | ψn(0)

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6.1. THÉORIE DES PERTUBATIONS STATIONNAIRES DE
RAYLEIGH-SCHRODINGER

ce qui conduit à
En(1) = ψn(0) | H1 | ψn(0) (6.1.9)
(1) (0)
En est la correction d’ordre 1 à En due à H1 .

Déterminons maintenant la correction d’ordre 1 de la fonction d’onde. Pour cela, on


la décompose dans la base des fonctions d’ordre 0 c’est-à-dire
X
ψn(1) = (0)
ψm | ψn(1) (0)
ψm (6.1.10)
m

I
D E
(0) (1)
La connaissance des coefficients | se revèle donc nécessaire. Pour cela, pour

QI
ψm ψn
E
(0)
m 6= n, projetons l’équation en λ1 sur ψm ; on a d’une part :

M
(0) (0)
| H0 − En(0) | ψn(1) = Em − En(0) (0)
| ψn(1)

ψm ψm

et d’autre part,
(0)
| En(1) − H1 | ψn(0) = − ψm
(0)
| H1 | ψn(0)
ψm
RI
soit D E
(0) (0)
ψm | H1 | ψn
OU
(0)
ψm | ψn(1) = (0) (0)
(6.1.11)
En − Em
n Eo
(0)
On voit ici l’importance que les niveaux ne soient pas dégénérés. Le cas des
ψn
niveaux dégénérés sera traité dans le paragraphe suivant. Finalement, (6.1.10) devient
sB

D E
(0) (0)
X ψm | H1 | ψn
ψn(1) = (0) (0)
ψn(0) (6.1.12)
m6=n En − Em
lsu

E
(0)
λ2 : Projetons sur ψn
Ce

0 = − ψn(0) | H1 | ψn(1) + En(2) =⇒ En(2) = ψn(0) | H1 | ψn(1)

soit D E
(0) (0)
X ψm | H1 | ψn
En(2) = (0) (0)
(0)
ψn(0) | H1 | ψm
m6=n En − Em
et donc D E 2
(0) (0)
X ψm | H1 | ψn
En(2) = (0) (0)
(6.1.13)
m6=n En − Em

La correction d’ordre 2 en énergie dépend de la correction d’ordre 1 de la fonction

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Méthodes d’approximation, Résolution approchée

d’onde. De même, on écrit


X
ψn(2) = (0)
ψm | ψn(2) (0)
ψm
m

En projetant comme dans les cas précédents, on obtient

(0)
− En(0) (0)
| ψn(2) = En(1) ψm
(0)
| ψn(1) − ψm
(0) (1)

Em ψm | H1 | ψm

ce qui conduit à

I
QI
D ED E D ED E
(0) (0) (0) (0) (0) (0) (0) (0)
ψn | H1 | ψn ψm | H1 | ψn X ψm0 | H1 | ψn ψm | H1 | ψm0
(0)
ψm | ψn(2) =    −   
(0) (0) (0) (0) (0) (0) (0) (0)
En − Em Em − En Em − En En − Em0

M
m0 6=n

soit,
D ED E D RI ED E
(0) (0) (0) (0) (0) (0) (0) (0)
X ψm0 | H1 | ψn ψm | H1 | ψm0 ψn | H1 | ψn ψm | H1 | ψn
(0)
ψm | ψn(2) =    −  2
(0) (0) (0) (0) (0) (0)
m0 6=n En − Em0 Em − En En − Em
OU

Posons D E
(0) (0) (0) (0) (0)
ψm | H1 | ψn = H1mn En − Em = Enm (6.1.14)

Alors, la correction à l’ordre 2 devient


sB

X H1m0 n H1mm0 X H1nn H1mn


ψn(2) = (0) (0)
(0)
ψm − 2
(0)
ψm (6.1.15)
m,m0 6=n Enm0 − Emn m6=n
E nm
lsu

Ce résultat peut se généraliser aux ordres supérieurs en appliquant la même procédure.


(1)
Pour que la théorie des
E pertubations
E developpée ci-dessus, il faut la correction λEn 
(0) (0) (0)
En c’est-à-dire λ ψn  ψn . Ceci implique que λHij1  Eij0 qui est l’ordre de
Ce

séparation des niveaux. Ce critère permet d’assurer la convergence des développements


en série (6.1.5).
Exemple : Vibration anharmonique d’un atome
Considérons un oscillateur harmonique linéaire soumis à une pertubation λx4 , λ  1.
Son hamiltonien d’ordre 0 est
p2 1
H0 = + kx2 (6.1.16)
2m 2
dont les valeurs propres sont
2
 
exp − X 2
(0) 1 √ √ hn (6.1.17)
 2σ
En = n+ 2
~ω et ψn (x) = (x)
2n n! πσ 2

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6.1. THÉORIE DES PERTUBATIONS STATIONNAIRES DE
RAYLEIGH-SCHRODINGER

où hn (x) est le polynôme d’Hermite d’ordre n.


La correction d’ordre 1 au fondamental n = 0 est (cf 6.1.9)
Z +∞
(1) λ X2 3
E0 4
= ψ0 | λx | ψ0 = √ λ4 e− σ2 dx = λσ 4
πσ 2 −∞ 4
(2) 8
De même, E0 = − 21
8
σ
λ2 ~ω

1 3 21 σ 8
E0 = ~ω + λσ 4 − λ2 (6.1.18)
2 4 8 ~ω

I
QI
6.1.2 Cas des niveaux dégénérés
(0)
Supposons maintenant que la valeur propre En de H0 soit dégénérée avec une multi-
plicité g. On s’attend à ce que la pertubation lève cette dégérescence. Ce qui est possible

M
si la dégérescence est due à une symétrie et si la pertubation H1 la brise. E
(0)
Pour λ = 0 , il ya donc g vecteurs propres de H0 ,orthogonaux qu’on note ψnj ,j =
(0)
1, 2, ..., g que l’on connait, lesquels sont associés à En . Ces g vecteurs forment une base
orthonormée du sous-espace HEn(0) de dimension g.
RI
Nous utilsons les mêmes développement en série (6.1.4)
E pour connaitre les corrections
OU
(0)
pour λ 6= 0. Dans ce cas, la fonction d’ordre zéro ψn n’est pas connue. Pour le déduire,
E
(0)
nous le déveleppons dans la base ψnj

g D E E
X (0) (0)
ψn(0) ψnj | ψn(0) (6.1.19)
sB

= ψnj
j=1

E
(0)
et en projetant l’équation en λ1 sur ψnj , alors on a
lsu

D E D E
(0) (0)
0 = En(1) ψnj | ψn(0) − ψnj | H1 | ψn(0)
Ce

D E D E
(0) (0)
=⇒ ψnj | H1 | ψn(0) = En(1) ψnj | ψn(0)

Cette égalité étant vraie quelque soit j, alors on a

H1 ψn(0) = En(1) ψn(0) (6.1.20)


E
(0) (1)
Il apparait que ψn est vecteur propre de H1 associé à En , dans le sous-espace HEn(0)
E
(0) (1)
de dimension g. Donc la détermination de ψn et de En consiste à résoudre l’équation
aux valeurs propres (6.1.20). La base des fonctions est appelée base propre adaptée à la
pertubation. Bien entendu, les corrections d’ordre supérieur sont obtenues en utilisant la
technique décrite au paragraphe précédent.

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Méthodes d’approximation, Résolution approchée

Un cas pathologique arrive souvent ; il consiste à avoir une correction nulle au premier
ordre. Dans ce cas, il faut passer à l’ordre supérieur.

6.1.3 Exemples d’application : effet Stark et effet Zeeman


Il s’agit ici de traiter deux applications classiques de la théorie des perturbations, don-
nant une description élémentaire de deux effets importants : l’effet Stark (éclatement des
sous-niveaux atomiques par application d’un champ électrique) et l’effet Zeeman (phéno-
mène analogue provoqué par un champ magnétique).

I
QI
[Link] Effet Stark

Pour l’effet Stark, il suffit ici d’examiner la situation la plus simple où seules les

M
interactions électrostatiques sont considérées (on laisse de côté les couplages magnétiques
du genre spin-orbite et donc toutes les complications liées à la structure fine). Dans ces
conditions, le Hamiltonien H0 de l’atome d’hydrogène en l’absence de champ appliqué
RI
est :

p2 e02
−H0 = (6.1.21)
OU
2m r
Les états non-perturbés (sans spin) sont notés |n`mi, avec la signification habituelle pour
les nombres n, `, m. L’énergie à l’ordre zéro est :

α2 13, 6
sB

En(0) = − 2
mc2 = − 2 eV. (6.1.22)
2n 2n

En choisissant l’axe Oz le long du champ de module E, la perturbation est :


lsu

V = −eEz (6.1.23)

puisque la force électrique agissant sur l’électron est F~ = −∇V


~ = eE.
~
Ce

Avant de commencer les calculs, examinons brièvement les conditions (intuitives) de


validité de la méthode de perturbation. On doit avoir :

|hn`m|V |n0 `0 m0 i| (0) (0)


(0) (0)  1 ⇔ |hn`m |V | n0 `0 m0 i|  En − En0 (6.1.24)
En −En0

L’ordre de grandeur du premier membre est |eEa0 | ; le second est de l’ordre de e02 /a0 . La
condition ci-dessus se réécrit comme suit :

|e|
E ≡ Eatomique . (6.1.25)
4π0 a20

Le sens de cette dernière condition est évident : pour que l’on puisse parler de perturbation,

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6.1. THÉORIE DES PERTUBATIONS STATIONNAIRES DE
RAYLEIGH-SCHRODINGER

il est nécessaire que le champ électrique appliqué de l’extérieur soit très petit devant
le champ intra-atomique ; ce dernier est gigantesque (environ 109 V/cm). La condition
nécessaire d’application de la méthode de perturbation est donc satisfaite pour les champs
ordinaires facilement réalisables.
Avant de mettre en œuvre la théorie des perturbations, quelques considérations de
symétrie sont utiles. H0 est à symétrie sphérique et invariant par renversement du temps.
Si V possède cette dernière symétrie, en revanche le couplage avec le champ électrique
brise la symétrie sphérique : seule subsiste une symétrie de révolution autour de l’axe du
champ, Oz. En outre, V est invariant dans toute réflexion contenant l’axe Oz ; dans cette

I
opération, Lz change de signe. Les états propres communs à (H, L2 , Lz ), |τ `mi, qui ne

QI
diffèrent que par le signe de la valeur propre associée à Lz auront donc la même énergie.
L’énergie en présence du champ est donc fonction de τ et de |m| et on peut donc prévoir
que la levée de dégénérescence ne sera que partielle.

M
Une dernière remarque concernant la symétrie : V est changé en son opposé par parité :

V 0 = ΠV Π† = −V.
RI (6.1.26)

Par ailleurs :
π |n`mi = (−1)` |n`mi (6.1.27)
OU
0
L’élément de matrice hn`m |z| n0 `0 m0 i est multiplié par (−1)`+` +1 par parité ; il est donc
nul si ` et `0 sont de même parité,
sB

hn`m |z| n0 `0 m0 i = 0 (6.1.28)

si ` et `0 sont de même parité.


Examinons maintenant quantitativement l’effet du champ sur les premiers niveaux.
lsu

En ce qui concerne le fondamental (non-dégénéré), |100i, il n’y a pas de correction au


premier ordre puisque h100 |V | 100i = 0. La correction du second ordre est,
Ce

+∞ X
(2)
X |h100 |−eEz| n`mi|
E1 = − (0) (0)
(6.1.29)
n=2 `m En − E1

(0)
où les En sont données par (6.1.22). Grâce à une astuce très ingénieuse, il est possible
de sommer cette série ; on trouve :

(2)
E1 = − 21 αE 2 , α = 18π0 a30 (6.1.30)

L’écriture − 21 αE 2 est choisie pour rappeler qu’il s’agit d’un effet de polarisabilité, la cor-
RE
rection d’énergie quadratique en champ devant pouvoir s’écrire − 0 αE 0 dE 0 .
Considérons maintenant le premier groupe d’états excités n = 2, définissant un sous-

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Méthodes d’approximation, Résolution approchée

espace dégénéré de dimension égale à 4. Il convient donc de mettre en œuvre la technique


exposée dans la théorie pour les niveaux dégénérés. Notons que ce sous-espace est couplé
au fondamental, puisque l’élément de matrice h100 |z| 210i est différent de zéro ; comme
on le sait, la méthode de perturbation néglige ce type de couplage et projette V dans le
sous-espace n = 2. Il faut donc calculer les éléments d’une matrice 4 × 4 ; en fait, compte
tenu des considérations de symétrie ci-dessus, un seul élément de matrice est non-nul,
c’est h200 |z| 210i. Un calcul simple d’intégrale donne :

h200 |z| 210i = 3eEa0 = −v < 0 (6.1.31)

I
QI
le signe venant de la charge de l’électron e. Il en résulte que les valeurs propres de l’opé-
rateur projeté sont E21 = 0, ±v ; les vecteurs propres s’en déduisent :

M
|+vi = √1
2
(|200i + |210i) , |−vi = √1
2
(|200i − |210i) (6.1.32)

|±vi a pour énergie ±v (l’état |+vi est au-dessus de l’état |−vi). Ces deux états corres-
pondent à la levée de dégénérescence, et sont les bons états propres dès que le champ
RI
est présent, aussi petit soit-il (c’est à nouveau un exemple de brisure de symétrie). Deux
(0)
autres états restent dégénérés en gardant, à cet ordre, l’énergie E2 , ce sont les |21 ± 1i.
OU
Ainsi, le champ électrique mélange deux états de symétrie différente vis-à-vis du mo-
ment cinétique orbital, en conséquence de la dégénérescence “accidentelle” du champ cou-
lombien et de la brisure de la symétrie sphérique (L
~ 2 n’est plus une constante du mou-
vement). Ceci a des conséquences importantes, en particulier pour la durée de vie de
sB

certainsétats excités.
L’état |200i a une durée de vie extraordinairement longue, de l’ordre de la seconde, au
contraire de l’état |210i dont la durée de vie est de l’ordre de 10−9 s. La raie la plus “rouge”
lsu

de la série de Lyman, appelée Lα , correspond précisément à la transition |210i → |200i.


Le calcul ci-dessus montre que le champ électrique, parce qu’il contamine l’état |200i par
l’état |210i, a un effet spectaculaire sur la durée de vie de l’état métastable : tout champ
électrique, même petit, est donc capable de détruire le caractère métastable. Si l’atome
Ce

est préparé dans l’état |200i et qu’un champ électrique est ajouté, volontairement ou non,
la métastabilité est anéantie et l’atome peut rayonner presque normalement grâce à sa
composante |210i. Ce phénomène porte le nom de quenching de métastabilité.

[Link] Effet Zeeman

A nouveau, on choisit l’axe Oz le long du champ, ici magnétique et noté B.


~ On conçoit
qu’une description cohérente exige de prendre en compte tous les effets magnétiques si-
multanément et c’est pourquoi le Hamiltonien H0 doit ici contenir le couplage spin-orbite,

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6.2. THÉORIE DES PERTUBATIONS DÉPENDANT DU TEMPS

responsable de la structure fine. Ceci étant, H0 s’écrit :

p2 e02
H0 = − ~ S.
+ a (r) L. ~ (6.1.33)
2m r

Il n’est pas ici nécessaire de préciser la fonction a (r). En présence du champ B,


~ et en
négligeant le terme diamagnétique, ce Hamiltonien doit être complété par V :

e
V =− (Lz + 2Sz ) B. (6.1.34)
2m

I
Comme le terme de structure fine est explicitement introduit, on n’est plus tenu41 de

QI
considérer seulement la situation de champ fort.
Il ne fait aucun doute que si le champ est très faible, le couplage V est très petit
devant le terme spin-orbite, même si ce dernier est lui-même très inférieur aux deux

M
premiers termes de H0 ; c’est cette situation que l’on va traiter et qui, dans la terminologie
orthodoxe, porte le nom d’effet Zeeman. Ce choix étant fait, les états propres à l’ordre
zéro sont ceux de H0 et se notent |nj`smj i ;ils sont communs à (H0 , J 2 , L2 , S 2 , Jz ). Hors
RI
dégénérescence accidentelle, chaque niveau est donc dégénéré 2j + 1 fois (−j ≤ mj ≤ j)
et c’est à nouveau la théorie pour un niveau dégénéré qu’il faut appliquer : considérer
exclusivement la matrice de V dans le sous-espace auquel on s’intéresse, oublier le reste
OU

et diagonaliser.
Les corrections au premier ordre pour l’énergie se lisent sur la diagonale et sont donc :

eB
sB

∆E = −g mj ~ = −gmj µB B (6.1.35)
2m

Le champ magnétique lève complètement la dégénérescence et fait éclater chaque niveau


atomique en 2j + 1 niveaux équidistants, l’écart entre deux niveaux consécutifs étant
lsu

proportionnel à l’intensité B du champ appliqué. Pour l’atome d’hydrogène avec son


unique életron de spin 1/2, j est forcément demi-entier et chaque niveau engendre un
nombre pair de sous-niveaux Zeeman.
Ce

Cette levée complète résulte du fait que le champ magnétique, au contraire du champ
électrique, brise l’invariance par renversement du temps : deux états se distinguant par le
signe de mj ont des énergies opposées par rapport à l’énergie en champ nul.

6.2 Théorie des pertubations dépendant du temps

Dans les paragraphes précédents, nous nous sommes intéressés aux pertubations sta-
tionnaires. Nous considérons ici une pertubation dépendant du temps. La solution de

Cours de Mécanique Quantique Master II: 113 Celsus Bouri©2021/2022


Méthodes d’approximation, Résolution approchée

l’équation de Schrodinger dépendant du temps est données par


X iEn t
|ψ (t)i = |ψn i e− ~ Cn (t) (6.2.1)
n

iEn t
où le terme n |ψn i e− ~ est l’évolution sous H0 , et Cn (t) un coefficient inconnu dû à
P

la pertubation λH1 (t). Bien entendu, à t = 0 , Cn (0) = δna où a désigne un niveau Ea de


H0 . Les états |ψ (t)i sont normalisés à l’unité c”est-à-dire
X
hψ (t) | ψ (t)i = 1 = |Cn (t)|2 (6.2.2)

I
n

QI
et la pertubation de transition vers un état |ψb i est

Pa→b (t) = |hψb | ψ (t)i|2 (6.2.3)

M
Dans ce cas, on écrit

X
Cn (t) = λi Cn(i) (6.2.4)
RI
i=0

et
d d i
|ψ (t)i = H (t) |ψ (t)i =⇒
i~ |ψ (t)i = − H (t) |ψ (t)i (6.2.5)
OU
dt dt ~
Ce qui correspond à

   
iEn dCn iEn iλ
sB

− iE~n t − iE~n t
X X
|ψn i e Cn + = Cn e |ψn i − H1 (t) |ψn i
n
~ dt n
~ ~

En projetant sur hψb |, alors on a


lsu

dCb iλ X i(En −Eb )t


=− Cn e− ~ hψb | H1 (t) | ψn i
dt ~ n
Ce

(Eb −En )
Posons H1bn = hψb | H1 (t) | ψn i et la fréquence de Bohr ωn,b = ~
En faisant un développement en puissance en λ, on a
(0)
dCb
λ0 : dt
=0
(1)
dCb (0)
λ1 : = − ~i Cn (t) eiωbn t (t)
P
dt n
En utilisant la condition initiale Cn (0) = δna , alors on a

(0)
Cb (t) = δb,a

Z t
(1) i 0
Cb (t) = − eiωbn t Hba (t0 ) dt0
~ 0

Cours de Mécanique Quantique Master II: 114 Celsus Bouri©2021/2022


6.2. THÉORIE DES PERTUBATIONS DÉPENDANT DU TEMPS

Soit donc au premier ordre

t 2
λ2
Z
(1) 0
Pa→b = 2 eiωbn t Hba (t0 ) dt0 , b 6= a
~ 0

6.2.1 Perturbation constante à partir de t = 0


Rt 0
Supposons que la pertubation λH1 (t) soit constante, λH1 = W et sachant que 0
eiωbn t dt0 =
eiωt −1

2

I
(1) 1 eiωba t − 1
Pa→b = 2 Wba (6.2.6)

QI
~ ωba
Si la transition a lieu au voisinage de la résonance, ie ω = ωba , le deuxième terme est
dominant et la probabilité devient, la probabilité devient

M
(1) |Wba |2 sin2 ωba t
Pa→b = 2
. (6.2.7)
~2 ωba
RI
Etudions la dépendance temporelle de cette fonction. Il est alors commode d’introduire
la fonction
sin2 ωba t
f (ω) = 2
(6.2.8)
ωba
OU

dont les propriétés sont

f (ω) = 0 si ωt = kπ ⇒ ω = kπ
t
limω→0 f (ω) = t2 (6.2.9)
sB

f (ω) = 1
ω2
si ωt = kπ + π
2

Pour une valeur de t donnée, les transitions les plus favorisées sont telles que ωt ≤ 2π.
lsu
Ce

Si l’on essaie de déterminer la différence d’énergie entre un état initial et un état final
en appliquant une perturbation pendant un tenps ∆t, on pourra faire des transitions vers
des états d’énergie Eb − Ea ≤ 2π~∆t
. Autrement dit, la précision de la mesure de ∆E ne
pourra être meilleure que ∆t .
2π~

∆E ≥ 2π~ ∆t
(6.2.10)
∆E∆t ≥ 2π~

Cours de Mécanique Quantique Master II: 115 Celsus Bouri©2021/2022


Méthodes d’approximation, Résolution approchée

Cette relation rappelle la relation d’incertitude

~
∆x∆p ≥ .
2

Ce n’est pas une relation d’incertitude au sens strict car l’énergie et le temps ne sont
pas des observables mais c’est une règle très utile.
Quand t → +∞, la fonction f (ω) tend vers 2πtδ (ω). Cette expression est linéaire en
t. Ainsi, la probabilité de transition par unité de temps est donnée par

I
(1) 2π
wa→b = |Wba |2 δ (Eb − Ea ) . (6.2.11)

QI
~

C’est la règle d’or de Fermi.


Si la transition s’effectue vers des états de continuum de densité ρ (Ef ), la règle d’or

M
de Fermi devient
(1) 2π
wa→f = |Wba |2 ρ (Ef ) . (6.2.12)
~ RI
6.2.2 Perturbation harmonique
OU

Supposons que la pertubation λH1 (t) soit celle due à une onde électromagnétique,
λH1 = W eiωt + W + e−iωt ,

i(ωba −ω)t 2
1 ei(ωba +ω)t − 1 +e −1
sB

(1)
Pa→b = Wba + Wba (6.2.13)
~2 ωba + ω ωba − ω

Aux temps longs, les transitions vers les états d’énergie Eb = Ea ± ~ω sont favorisées.
Sans refaire les calculs, on obtient
lsu

(1) 2π 2π †
2
wa→b = |Wba |2 δ (Eb − Ea + ~ω) + Wba δ (Eb − Ea − ~ω) . (6.2.14)
~ ~
Ce

Une perturbation harmonique de fréquence ω induit des transitions entre des états d’éner-
gies telles que ∆E = ±~ω.

6.3 Méthode variationnelle

Contrairement à la théorie des perturbations qui nécessite que le hamiltonen soit la


somme de deux contributuions, la méthode variationnelle s’applique à tout hamiltonien.
En revanche, elle à le défaut de ne fournir que le fondamental et les premiers niveaux
excités.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 116 Celsus Bouri©2021/2022


6.3. MÉTHODE VARIATIONNELLE

6.3.1 Approche intuitive du principe

L’équation de Schrodinder 6.1.1 H |ψi = E |ψi doit être résolue. Il se trouve cependant
que la résolution n’est pas du tout aisée mais nous avons par intuition et par expérience une
idée des propriétés du système, laquelle idée nous permet de deviner une forme analytique
de |ϕi que nous allons désigner par |ψi. L’énergie du système est donnée par

hψ | H | ψi
E= (6.3.1)
hψ | ψi

I
L’énergie obtenue via |ϕi sera

QI
hϕ | H | ϕi
E0 = (6.3.2)
hϕ | ϕi

M
A moins d’un heureux hasard ou d’uen efficacité absolue, on aura en général E 0 (ϕ) 6=
E. Supposons alors que |ϕi diffère légérement de |ψi tel que
RI
|ϕi = |ψi + α |χi , αR, |χi H (6.3.3)

Alors,
OU

hϕ | H − E | ϕi (hψ | +α∗ |χi)H − E(| ψi + α |χi)


E 0 (|ϕi) − E = =
hϕ | ϕi hϕ | ϕi

hχ | H − E | χi
sB

= |α|2
hϕ | ϕi

=⇒ E 0 (|ϕi) diffère de E par une valeur de second ordre en |α|2 . Si on choisit α


très petit, alors E 0 (|ϕi) ∼ E ; on dit que l’énergie est stationnaire par rapport à de
lsu

petites variations de la fonction d’onde au voisinage de sa vraie valeur. C’est la principe


variationnel.
Ce

6.3.2 Méthode des variations

Cette méthode utilise le théorème suivant : si E0 est l’énergie fondamentale de


l’opérateur H, alors pour tout |ϕi ,on a

hϕ | H | ϕi
E0 ≤ (6.3.4)
hϕ | ϕi

Preuve :
Soit le spectre de H , {|ψn i} c’est-à-dire H |ψn i = En |ψn i , E0 ≤ E1 ≤ ....... Alors
P
|ϕi = n hψn | ϕi |ψn i

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Méthodes d’approximation, Résolution approchée

X
=⇒ hϕ | H | ϕi = hψn | ϕi hϕ | ψn0 i hψn0 | H | ψn i
nn0

X
= En |hψn | ϕi|2 ≥ E0 |hψn | ϕi|2
n

E0 |hψn | ϕi|2 = E0 hϕ | ϕi

En pratique,

I
1. On choisit une fonction normée |ϕ (λ)i d’au-moins un paramètre λ ayant une

QI
allure convenable et se prêtant à des calculs analytiques.

2. Chercher λ0 qui minimise hϕ (λ) | H | ϕ (λ)i c’est-à-dire

M
∂Eλ ∂ 2 Eλ
|
∂λ λ=λ0
= 0 et |
∂λ2 λ=λ0
≥0

On a E (λ0 ) ≥ E0 ; E (λ0 ) sera proche de E0 que si |ϕ (λ)i est bien choisie


Exemple : Revenons sur le cas de la vibration anharmonique.
RI
p2 1
+ kX 2 + λX 4
H=
2m 2
OU
Sachant qu’on a affaire à un oscillateur, choisissons une gaussienne

1 X2
ϕσ (X) = 1 e− 2σ2
(πσ 2 ) 4
sB

 
p ω 1 3 1
=⇒ Eσ = hϕσ | H | ϕσ i = ~ k/m + + g 2
4 4ω 4 ω

avec ω = ~/σ2 km > 0, g = ~2 λ/km > 0
lsu

Minimisons de Eσ =⇒ dE

= 0 =⇒ ω 3 − ω − 6g = 0
En posant G = 35 g 2 et si G > 1, alors la solution est
Ce

1 √ √
ω = √ (α + 1/α) , α = G + G − 1
3
et si 0 ≤ G ≤ 1

ϕ

√2

ω= 3
cos 3
cos ϕ = G

Application Numérique : ~ = 1 m = 1 k = 1

λ = 0 Eex = 0.5 Eσ = 0.5 δE = 0


0.1 0.55915 0.5603 0.0012
1 0.8038 0.8125 0.0087

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6.4. MÉTHODE LCAO (LINEAR COMBINATION OF ATOMIC ORBITALS)

On a une précision de 10−3 pour λ = 0, 1 ; ce qui suggére que le choix de la gaussienne


est bon.

6.4 Méthode LCAO (Linear combination of Atomic Or-


bitals)
Encore appelé méthode variationnelle de Rayleigh-Ritz, cette méthode s’applique à
certaines situations physiques ( physique moléculaire àù le nombre de constituants est

I
élevé ) ; on a de bonnes raisons de penser qu’une fonction propre |ψi du hamiltonien

QI
H s’écrit comme une combinaison linéaire (C.L) de fonctions |ϕn i bien connues, pas
forcément orthonormés. La fonction d’éssai |ϕi de |ψi dépend linéairement des paramètres
variationnels, coefficients de |ϕidans la C.L des |ϕn i c’est-à-dire

M
X
|ϕi = Cn |ϕn i (6.4.1)
n

|ϕi devant être normé à 1=⇒


RI
X
hϕ | ϕi = 1 =⇒ Cn∗0 Cn hϕn0 | ϕn i = 1 (6.4.2)
OU
nn0

De plus une variation élémentaire |δϕi de |ϕi doit être orthogonale à |ϕi, car hϕ + δϕ | ϕ + δϕi =
1 =⇒ hϕ | ϕi + 2Re (hδϕ | ϕi) + 0 (δϕ)2 = 1
sB

Re (hδϕ | ϕi) = 0 (6.4.3)

On a donc
X
δCn∗0 Cn hϕn0 | ϕn i (6.4.4)
lsu

Re (hδϕ | ϕi) = Re
nn0

X
Re (hδϕ | H | ϕi) = 0 = Re δCn∗0 Cn hϕn0 | H | ϕn i (6.4.5)
Ce

nn0

Posons
Hnn0 = hϕn0 | H | ϕn i Sn0 n = hϕn0 | ϕn i (6.4.6)

La matrice S est appelée matrice de recouvrement. Résolvons

H |ϕi = E 0 |ϕi

On utilise (6.4.1). et on projette l’équation sur un ket |ϕn0 i, on obtient alors


X X
Hn0 n Cn = E 0 Sn0 n Cn (6.4.7)
n0 n0 n

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Méthodes d’approximation, Résolution approchée

qui est l’équation matricielle linéaire dont l’ordre est la dimension de l’espace généré
par les |ϕn i. (6.4.7) est appelée equation aux valeurs propres généralisées du fait de la
présence de la matrice de recouvrement S dans le membre de droite. Les inconnus sont
les paramètres Cn . Le système (6.4.7) admet une solution non triviale si et seulement si
det (H − E 0 S) = 0 soit

H11 − E 0 S11 H12 − E 0 S12 . . . .


H21 − E 0 S21 H22 − E 0 S22 . . . .
. . . . . .
=0 (6.4.8)

I
. . . . . .

QI
. . . . . .
. . . . . .

M
Cette équation séculaire est une équation polynomiale en E 0 dont les racines sont E10 ≤
E20 ≤ ........ Chacunes de ses valeurs propres est telle que Ek0 ≥ Ek , vraie valeur propre du
système correspondant à une fonction propre exacte (H − Ek S) |ψk i = 0.
RI
Relation entre théorème des pertubations stationnaires et méthodes LCAO
En théorie des pertubations, nous avions les ingrédients suivants :
OU
H = H0 + λH1 , λH1 ≺≺ H0

E D E
P (0) P 2 (0) (0)
|ϕi = n Cn ψn , hϕ | ϕi = n |C n | , S n 0n = ψn 0 | ψn = δn0 n
sB

D E
(0) (0)
Hn0 n = H0n0 n + λH1n0 n = En0 δn0 n + λH1n0 n = ψn0 | H | ψn(0)

L’équation séculaire s’écrit :


lsu

 
(0)
det En0 δn0 n 0
+ λH1n0 n − E δn0 n = 0 (6.4.9)

soit
Ce

(0)
E1 + (λH1 )11 − E 0 (λH1 )12 (λH1 )13
(0)
(λH1 )21 E2 + (λH1 )12 − E 0 . . . .
. . . . . .
=0
. . . . . .
. . . . . .
. . . . . .
Si on néglige tous les termes d’ordre supérieur à λ ( c’est-à-dire on néglige les termes
diagonaux) dans le polyôme caractéristique, (6.4.9) devient

Πn=1 En(0) + (λH1nn ) − E 0 = 0 (6.4.10)




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6.4. MÉTHODE LCAO (LINEAR COMBINATION OF ATOMIC ORBITALS)

=⇒ En0 = En(0) + (λH1 )nn (6.4.11)

qui est en accord avec (6.4.9).


Si les termes supérieurs à λ2 étaient plutôt négligé , on aurait obtunu

X |(λH1 ) 0 |2
En0 = En(0) + (λH1 )nn + nn
(0) (0)
(6.4.12)
n0 6=n En − En0

L’obtention de la fonction d’onde quant-à elle, nécéssite le développement des coefficients

I
de |ϕi en série de λ c’est-à-dire

QI
X
Cn = λi Cn(i) (6.4.13)
i

et par conséquent au premier ordre, on aurait

M
X (λH1 ) 0 (0)
E
|ϕn i = ψn(0) + nn
(0) (0)
ψn0 (6.4.14)
n0 6=n
RI En − En0
OU
6.4.1 Exemple1 : Vibration anharmonique d’un atome

Reconsidérons notre oscillateur

p2 1
+ kx2 + λx4 = H0 + λH1 (6.4.15)
sB

H=
2m 2

Appliquons la LCAO en utilisant les deux premiers états pairs de H0 |ϕ0 i et |ϕ2 i :

1 X2
lsu

ϕn (x) = p √ e− 2σ2 hn (x) (6.4.16)


2n n! πσ 2

Cherchons |ϕi = C0 |ϕ1 i + C2 |ϕ2 i


Ce

(0) 3 1 3λ
H00 = hϕ0 | H | ϕ0 i = E0 + λ 2
= ~ω0 + 2
4α 2 4α

mω0
α=
~


H02 = H20 = λ ϕ0 | X 4 | ϕ2 = √ 2

(0) 3qλ 5 3qλ


H22 = E2 + 2
= ~ω0 + 2
4α 2 4α

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Méthodes d’approximation, Résolution approchée

L’équation séculaire conduit aux racines


r
3 21λ qλ~ω0 99λ2
0
E1,2 = ~ω0 + 2 ± ~2 ω02 + + (6.4.17)
2 4α α2 4α2

Pour λ très petit,


E10 = ~ω0
2
+ 3λ
4α2
E20 = 5~ω0
2
+ 3qλ
4α2
(6.4.18)

La théorie des pertubations aurait conduit à, pour le niveau 0,

~ω0 ~ω0 3λ

I
E10 = + (H1 )02 = + 2
2 2 4α

QI
6.4.2 Exemple2 : Effet Stark de l’atome d’hydrogène

M
La combinaison des propriétés de symétrie de rotation et de renversement du temps
fait beaucoup d’atomes n’ont pas de moment dipolaire électrique permanent. Toutefois, en
présence d’un champ électrique qui implique une brisure de symétrie, un moment dipolaire
RI
induit s’aligne au champ. On définit la polarisabilité α de l’atome comme étant le rapport
du moment induit par le champ électrique
OU
D E
d~ = αE~ (6.4.19)

En d’autres termes, en l’absence du champ électrique, le barycentre des charges néga-


tives formant le nuage électronique d’une particule coincide avec celui des charges posi-
sB

tives. Il ya donc pas de moment dipolaire pour ces particules. Sous l’action d’un champ
électrique extérieur, la nuage électronique se déforme et voit son barycentre déplacé par
rapport à celui des charges positives resté fixe ; un moment dipolaire induit apparaît.
lsu

[Link] Cas de l’oscillateur harmonique à une dimension

Commençons pour avoir une intuition de ce qu’est l’effet Stark sur un oscillateur
Ce

harmonique. En présence d’un champ E~ = E~i , on a

p2
H= 2m
+ 21 kx2 − qEx , k = mω02 (6.4.20)

Le terme −qEx = w (x) correspond à l’énergie potentielle de l’oscillateur dans le champ


électrique : c’est le terme d’intéraction dipolaire.
Une translation du système de coordonnées c’est-à-dire y = x − mω
qE
2 conduit au même
0
hamiltonien dont le spectre est :
 
qE
ψn (y) = ψn x −
e
mω02

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6.4. MÉTHODE LCAO (LINEAR COMBINATION OF ATOMIC ORBITALS)

q2 E 2 1
(6.4.21)

en = En −
E , En = n + ~ω0
2mω02 2

Il apparait que le champ électrique induit un déplacement en bloc du spectre de


q2 E 2
l’oscillateur vers le bas d’une quantité 2mω 2 . Les fonctions d’ondes sont obtenues par
0
translation d’une même quantité mω qE
2 . Cette translation est la conséquence de la force
0
exercée par le champ électrique sur l’oscillateur déplaçant sa position d’équilibre. Si qE > 0
, la translation se fait suivant les x > 0 qui est la force exercée par ε.
Graphiquement, W (x) s’ajoute linéairement à 12 kx2 et par conséquent, 12 kx2 + W (x)
est une parabole, tout comme 21 kx2 ; elles sont superposables. On est donc toujours en

I
présence d’un oscillateur harmonique.

QI
Dans plusieurs situations physiques, les electrons se comportent comme des oscillateurs
harmoniques c’est-à-dire qu’ils sont élastiquement liés. La contribution d’un électron au
moment dipolaire est d~ = q~x, q < 0 ; et en abscence d’un champ électrique, hψn | H | ψn i =

M
hdi = 0 ( car l’intégrand est impair ) donc l’oscillateur n’a pas de moment dipolaire vu
qu’il est toujours en moyenne dans sa position d’équilibre stable (ici,l’origine ).
Supposons que ε soit appliqué de façon adiabatique c’est-à-dire lentement de sorte
RI
l’électron puisse passer de ψn (x) à ψen (x) ( sinon il pourrait se retourner dans un autre
état ψen0 (x0 ) avec n0 6= n . Le moment dipolaire moyen vaut
+∞
OU
Z    
D E qE qE
hdi = ψen | H | ψen = q dxψn x − xψn x −
−∞ mω02 mω02

q2E
hdi = 2
= αE 2 (6.4.22)
mω0
sB

avec α = qE
mω02
la probabilité de l’oscillateur ( ou susceptibilité électrique ).
Ce résultat se prête à une interprétation simple : le champ électrique a pour effet
de déplacer la valeur moyenne de la position de l’oscillateur ( ou position d’équilibre
lsu

classique ). Ce qui se traduit par l’apparition d’un moment dipolaire induit. Dans le cas
des atomes, ce déplacement se traduit par le déplacement du cortège électronique et donc
une séparation des barycentres des charges négatives et positives. Le fait que α décroit
Ce

quand ω0 augmente traduit la difficulté à déformer l’oscillateur quand la force de rappel


( proportionnelle à ω0 ) est grande.
La polarisation peut aussi être obtenue autrement. En présence du champ électrique
extérieur, l’énergie totale n’est plus conservée ; sa variation est liée à la présence du champ
électrique :
- Variation de l’énergie cinétique :

p2 e p2
   
4EC = ψen | | ψn − ψn | | ψn = 0
2m 2m
ce qui est normal étant donné que la présence du champ n’affecte pas l’énergie cinétique
de l’oscillateur.

Cours de Mécanique Quantique Master II: 123 Celsus Bouri©2021/2022


Méthodes d’approximation, Résolution approchée

- Variation de l’énergie potentielle


D E
∆Ep = ψen | V (x) + W (x) | ψen − hψn | V (x) + W (x) | ψn i

= ∆Ep1 + ∆Ep2

   
1 2 e 1 2
∆Ep1 = ψn | kx | ψn − ψn | kx | ψn
e
2 2

I
D E

QI
∆Ep2 = ψen | W (x) | ψen − hψn | W (x) | ψn i

= −αE 2

M
Il vient que
1
∆E = ∆EC + ∆Ep = − αE 2 (6.4.23)
RI 2
L’énergie potentielle de l’oscillateur polarisé est abaissée de la quantité |∆Ep | par rapport
à l’oscillateur libre. Les effets de polarité et de déplacement de niveaux sont appelés effet
Stark. Pour obtenir la polarisabilité en pratique, soit il faut calculer la valeur moyenne
OU
du moment dipolaire soit la correction au second ordre à l’énergie et utiliser (6.4.23).

[Link] Cas de l’atome de l’hydorgène


sB

Revenons maintenant à l’atome d’hydrogène :

p2 1
H= − − qEz (6.4.24)
2m r
lsu

Le fondamental n’étant pas dégénéré, on peut appliquer les résultats de la théorie des
pertubations :
Ce

(1)
∆E1 = 0

Par contre, le niveau n = 2 est dégénéré.


Exercice : Calculer la correction à l’ordre 2 à l’énergie du fondamental et la correction
à l’ordre 1 du niveau n = 2 . En déduire la polarisabilité du système de l’hydrogène dans
son fondamental.

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Chapitre Huit

Plusieurs particules identiques

I
QI
Nous avons décrit jusqu’à maintenant la dynamique d’une particule avec ou sans spin
dans le cadre de la mécanique quantique. En revanche, la complexité de la nature vient
de ce qu’elle est constituée d’un très grand nombre de particules en putuelle intéraction.

M
Ces particules microscopiques sont identiques, c’est-à-dire qu’elles possèdent les mêmes
propriétés intrinsèques de sorte que leurs rôles peuvent être échangés dans une dynamique
sans en modifier la physique qui en résulte. Alors est-il possible que de telle particules
RI
soient dans le même état ? C’est à cette question que nous allons répondre dans ce chapitre
par le biais d’un postulat simple aux conséquences fondamentales de la physique. Pour fixer
les idées, commençons par considérer le cas des particules discernables.
OU

7.1 Système de particules discernables


sB

7.1.1 Système de deux particules


Considérons l’atome d’hydrogène constitué d’un proton et d’un électron. Ce sont tous
deux de particules de spin 1/2 mais ils diffèrent par leur masse et leur charge. Désignons
lsu

par Hp et He leur espace de Hilbert respectif décrivant leur état spatial et de spin. Or, ces
deux particules forment une seule entité dans l’atome d’hydrogène, et dans ce cas, il faut
les décrire comme un tout. Dans ce cas, l’espace correspondant est le produit tensoriel de
Ce

leurs espaces individuels


Htot = Hp ⊗ He (7.1.1)

dont la base est formée des produits tensoriels des vecteurs des deux bases c’est-à-dire
si {|pi i} et {|ej i}sont les bases de Hp et He , celle de Htot est {|pi ej i}. Compte tenu du
principe de superposition, toute combinaison linéaire des vecteurs d’état |pi ej i est un
élément de Htot .
En terme de fonction d’onde spatiale par exemple, si ψp (xp , yp , zp ) et ψe (xe , ye , ze ) dé-
crivent les fonctions de proton et d’électron, celle de l’ensemble a la forme ϕ (xp , yp , zp , xe , ye , ze )
, c’est une fonction à 6 variables.
En ce qui concerne les opérateurs, ils n’opèrent que sur les parties correspondant à

125
Plusieurs particules identiques

leur espace. Si Ap est un opérateur agissant sur le proton, alors on a

Ap |pi ej i = (Ap |pi i) ⊗ |ej i (7.1.2)

7.1.2 Système de N particules


Les résultats obtenus ci-dessus se généralisent au cas de plusieurs particules c’est-à-dire

H = H1 ⊗ H2 ⊗ ...... ⊗ HN (7.1.3)

I
QI
qui obtenu en prenant le produit tensoriel de tous les espaces individuels. La dimension
de ce nouvel espace est le produit des dimensions.

M
7.2 Système des particules identiques en Mécanique Quan-
tique RI
La situation est radicalement différente de celle décrite au paragraphe (7.1). Si en
physique classique, la numérotation des particules est sans équivaque, cette dernière de-
OU
vient ambigue dans le cadre de la Mécanique Quantique. Si on considère par exemple
deux particules décrites chacune par un paquet d’onde, lesquels sont bien séparés dans
l’espace ;elles s’enchevêtrent quand elles rentrent en collision ; il est alors difficile voire
impossible d’assurer un paquet d’onde à une particule. Cette difficulté dans un nouveau
sB

type de symétrie dont la conséquence est la “dégénérescence d’échange”.

7.2.1 Indiscernabilité et dégénérescence d’échange


lsu

Pour préciser les idées, considérons deux particules identiques placées dans un potentiel
harmonique à une dimension. On les numérote 1 et 2 ; leur hamiltonien s’écrit :
Ce

p21 p2 1 1
H= + 2 + mω 2 x21 + mω 2 x22 (7.2.1)
2m 2m 2 2

Son spectre est donné par :

E = (N + 1) ~ω, N = n1 + n2 ; n1 , n2 = 0, 1, 2, .....∞ (7.2.2)

|ψn1 n2 i = |ϕn1 i ⊗ |ϕn2 i (7.2.3)

Il n’y a qu’une seule possibilité de réaliser le fondamental

n1 = n2 = 0 =⇒ E00 = ~ω , |ψ00 i = |ϕ0 i ⊗ |ϕ0 i (7.2.4)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 126 Celsus Bouri©2021/2022


7.2. SYSTÈME DES PARTICULES IDENTIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE

Ce qui n’est pas le cas des autres niveaux excités.

N =1 (n1 , n2 ) = (1, 0) ou (0, 1)


(7.2.5)
=⇒ E = 2~ω |ψ10 i = |ψ01 i

Dans ce contexte, si on mesure l’énergie des deux particules, on trouve E10 = 2~ω
mais on ne peut pas décider si c’est la particule 1 qui est dans le niveau 1 et la particule
2 qui est dans le niveau 0 ou réciproquement. L’état du système peut donc être soit |ψ12 i
ou |ψ21 imais on sait que toute combinaison linéaire de ces deux kets conduit à la même
énergie E = 2~ω , et par conséquent conduit au même état.

I
QI
|ψi = α |ψ12 i + β |ψ21 i |α|2 + |β|2 = 1 (7.2.6)

Cette dégénérescence dite d’échange a des conséquences catastrophiques. En effet

M
p (x1 , x2 ) = |ψ (x1 , x2 )|2 est la densité de probabilité du système des deux particules.
La valeur moyenne du produit des positions est donnée par

hx1 x2 i =
Z RI
dx1 dx2 |ψ (x1 , x2 )|2 x1 x2 =
~
2mω
2Re (α∗ β) (7.2.7)

Cette valeur moyenne ne nous renseigne pas sur chacune des particules mais elle dépend
OU
de α et de β. Sa signification est en ce sens beaucoup plus profonde et on fait donc à une
série d’ambiguités dans les prévisions des postulats. Il est alors indispensable de lever cette
dégénérescence sous peine de rendre incohérente la Mécanique Quantique de plusieurs
particules identiques. Précisons pour le lecteur qu’il n’est nullement question de rejetter
sB

le principe de superposition dû à la structure d’espace vectoriel des états quantiques.


Il faut donc trouver les valeurs de α et β qui lêve cette gênante dégénérescence ; il est
surprenant que la nature nous fournisse uniquement les valeurs α = ±β = √12 où le signe
lsu

joue un important rôle car il est directement relié à la nature des particules.
Revenons quelques minutes sur le cas de deux spins ± 12 . Nous avons quatre réalisations
possibles suivant z :
Ce

|11i = |++i
|1 − 1i = |−−i
(7.2.8)
|10i = √12 (|+−i + |−+i)
|00i = √1 (|+−i − |−+i)
2

7.2.2 Opérateurs d’échange


[Link] Cas de deux particules identiques

Soit |1i; 2ji une base de système de deux particules identiques, la particule 1 dans
l’état |Ii et la particule 2 dans l’état |ji. Le groupe approprié pour décrire un tel système

Cours de Mécanique Quantique Master II: 127 Celsus Bouri©2021/2022


Plusieurs particules identiques

est le groupe de permutation de 2 entités appelé S2 . Il est constitué de deux opérateurs


de permutation P12 et P21 hermétiques et unitaires donc de valeurs propres réelles ±1.
Les états propres associés à +1 sont dits symétriques et ceux correspondants à −1 sont
dits anti-symétriques. Les sous-espaces Es et Ea engendrés par ces deux types de kets sont
orthogonaux et forment une somme directe de l’espace total. Construisons les opérateurs

S = 21 (P12 + P21 ) A = 12 (P12 − P21 ) P12 = Π (7.2.9)

Ce sont les projections dans les espaces Es et Ea respectivement. On a aussi

I
QI
S2 = S A2 = A
AS = SA S + A = Id (7.2.10)
S+ = S A+ = A

M
Soit un ket |ψi ∈ E , alors

P21 S |ψi = 21 P21 (1 + P21 ) |ψi = 21 (1 + P21 ) |ψi = S |ψi


(7.2.11)
RI
P21 A |ψi = 12 P21 (1 − P21 ) |ψi = − 21 (1 − P21 ) |ψi = −A |ψi

Il vient que S |ψi Es et A |ψi Ea . S est appelé symétriseur et A anti-symétriseur.
OU
Tranformation des observables
Soit l’observable B (1) de valeurs propres bi associées au ket |ii de particule 1, alors

+
P21 B (1) P21 |1i; 2ji = P21 B (1) |1j; 2ii = P21 bj |1j; 2ii = bj |1i; 2ji
sB

+
=⇒ P21 B (1) P21 +
= B (2) =⇒ B (1) = P21 +
B (2) P21 = P21 B (2) P21 (7.2.12)
lsu

De même, on a
+
P21 B (1) C (2) P21 = B (2) C (1)
(7.2.13)
Ce

+
P21 O (1, 2) P21 = O (2, 1)
Si [P21 , O (1, 2)] = 0 =⇒ O (1, 2) = O (2, 1) ; O est symétrique. Il vient donc que les obser-
vables symétriques commutent avec l’opérateur de permutation ; de même le hamiltonien
d’un système deux particules identiques est invariant sous le groupe de permutation S2 ,
[P21 , H] = 0 ; par conséquent, ces deux opérateurs ont en commun un système complet de
kets propres. Si en plus H ne dépend pas explicitement du temps, un ket symétrique ou
anti-symétrique conserve cette propriété au cours du temps.
Ainsi, toutes les particules de la nature sont classées en deux catégories :
- les bosons qui ont des états symétriques sous l’opérateur P21 .
- les fermions dont les états sont anti-symétriques sous P21 .

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7.2. SYSTÈME DES PARTICULES IDENTIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE

Il en résulte que l’espace des états n’est plus le produit tensoriel des espaces individuels-
mais des sous-espaces formés des combinaisons linéaires symétriques ou ( exclusif ) anti-
symétriques. Le vecteur d’état ne changeant donc pas cette propriété aucours du temps,
demeure dans son sous-espace de l’espace de Hilbert de deux particules [Link]
exemple, des états décrits en (7.2.8), les trois premiers |11i , |1 − 1i et |10isont symétriques
contrairement au dernier |00i qui est anti-symétrique.

[Link] Cas de trois particules identiques

I
Dans ce cas, le groupe de symétrie est le groupe de permutation S3 . Le symétriseur et

QI
l’anti-symétriseur sont définis par

1 1
(7.2.14)
P P
S= P A= Ep P

M
3! S3 3! S3

où P est une permutation quelconque du groupe S3 et Ep la signature de la permutation


P . RI
Considérons le ket |1ϕ, 2χ, 3ηi et appliquons lui S et A.

1
OU
∗S |ψi = (P123 + P231 + P312 + P132 + P321 + P213 ) |1ϕ, 2χ, 3ηi
3!

1
(|ϕχηi + |ϕηχi + |ηϕχi + |ϕηχi + |ηχϕi + |χϕηi)
= (7.2.15)
3!
sB

Pour simplifier, on a écrit le ket suivant l’ordre des particules. L’état S |ψi devant être
normalisé, sa constante de normalisation dépend de la nature orthogonaux des kets |ϕi
,|χiet |ηi
lsu

1
∗A |ψi = (P123 + P231 + P312 − P132 − P321 − P213 ) |ϕχηi
3!

1
Ce

= (|ϕχηi + |ϕηχi + |ηϕχi − |ϕηχi − |ηχϕi − |χϕηi)


3!

|1ϕi |1χi |1ηi


= |2ϕi |2χi |2ηi (7.2.16)
|3ϕi |3χi |3ηi

La représentation de la fonction d’onde sous forme de déterminant 7.2.16 est appelée


“déterminant de Slater”. Bien entendu, l’état A |ψi doit être normalisé à 1. Suivant les
propriétés du déterminant, on s’aperçoit que si les deux kets coincident, alors A |ψi = 0 ;
c’est le principe d’exclusion de Pauli car dans ces conditions, on a deux fermions qui
occupent le même état.

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Plusieurs particules identiques

Nous avons les propriétés suivantes :

AS = SA = 0
1
(7.2.17)
S + A = (P123 + P231 + P312 ) 6= Π
3

c’est-àdire on n’a pas Es ⊕ Ea 6= E comme dans le cas de deux particules identiques.

[Link] Généralisation à n particules identiques

Le groupe de symétrie ici est le groupe Sn ; à partir des éléments duquel on construit

I
le symétriseur et l’antisymétriseur.

QI
S = n!1 Sn P
P
(7.2.18)
A = n!1 Sn εp P
P

M
Sous l’action d’une permutation P , un ket |ψi sera dit symétrique ( ou antisymétrique
) si
P |ψs i = |ψs i ( ou A |ψi = εp |ψi ) (7.2.19)

On a,
RI
|ψs i Es , S |ψs i = n!1 Sn P |ψs i = 1
P P
|ψs i = |ψs i
n!
PSn 2 (7.2.20)
OU
|ψa i Ea , A |ψa i = n!1 Sn εp P |ψa i = 1
P
n! Sn εp |ψa i = |ψa i

Propriétés :

S + = S, A+ = A
sB

Pγ Sn , Pγ S = n!1 Pγ P = n!1


P P
P = S = SPγ =⇒ [S, Pγ ] = 0

Pγ Sn , Pγ A = n!1 εp Pγ P = n!1 εp εγ εp εr Pr = εγ n!1


P P P
εr P r
lsu

= εγ A = APγ =⇒ [Pγ , A] = 0

S 2 = n!1 P S = n!1 S = S =⇒ SS + = S + S = S
P P
Ce

A2 = n!1 εp P A = n!1 (7.2.21)


P 2
εp A = A =⇒ AA+ = A+ A = A
P

AS = n!1 εp P S = n!1 S
P P P
εp S = n! εp = 0
Il y a autant de permutations paires qu’impaires. S et A sont des projecteurs dans les
sous-espaces Es et Ea respectivement.

7.2.3 Postulat de symétrisation


Enoncé : Les états dynamiques d’un système de particules identiques sont soit com-
plètement symétriques (bosons) soit complètement antisymétriques (fermions) sous la per-
mutation des particules.

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7.2. SYSTÈME DES PARTICULES IDENTIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE

Autrement dit, les kets de l’espace produit tensoriel des espaces individuels, seuls
certains peuvent décriere les états physiques. Les particules décrites par des vecteurs
symétriques sont appelés bosons ; c’est le cas des particules de spin entier ; et les particules
de spin démi-entier sont décrites par des vecteurs antisymétriques : ce sont les fermions.
Exemples
- Le proton et le neutron, particules de spin 12 sont des fermions
- La particule α , 2 protons plus 2 neutrons, et de spin 0 est un boson
- L’atome d’hydrogène, proton plus électron, est un boson. Son état de spin est soit0
soit 1 ; ils sont séparés de 21cm.

I
Construction des kets physiques

QI
1. Numéroter les particules arbitrairement et construire le ket |ψi correspondant.
2. Appliquer S ou A suivant que les particules sont des bosons ou des fermions.

M
3. Normer le ket obtenu.
Cas particulier de deux particules de spin 12
Si leur hamiltonien ne contient pas des termes d’intéraction avec le spin, le ket cherché
RI
est
|ψi = |ψexp i ⊗ |ψspin i (7.2.22)

c’est-à-dire un produit d’une fonction d’espace et d’une fonction de spin . |ψi devant être
OU

complètement antisymétrique, alors


a) |ψexp i symétrique et |ψspin i antisymétrique
b) |ψexp i antisymétrique et |ψspin i symétrique
sB

Cas a)

1
|ψi = |1χ; 2χi ⊗ √ (|1+; 2−i − |1−; 2+i) (7.2.23)
2
lsu

=⇒ S = 0 , il s’agit d’un état singlet

1 1
|ψi = √ (|1χ; 2ηi + |1η; 2χi) ⊗ √ (|1+; 2−i − |1−; 2+i)
2 2
Ce

Cas b)

 |1+; 2−i
1 
|ψi = √ (|1χ; 2ηi − |1η; 2χi) ⊗ |1−; 2+i (7.2.24)
2  1
√ (|1+; 2−i + |1−; 2+i)

2

Cet état est dit triplet de spin S = 1.


Quel que soit le cas énuméré ci-dessus, supposons que les deux électrons se trouvent
dans le même état spatial et de spin dans ce cas, l’état |ψi est identiquement nul. Cela
veut dire qu’il n’existe pas de ket |ψi de l’espace des états antisymétriques qui puisse
décrire l’état physique de deux électrons où de deux fermions seraient dans le même état

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Plusieurs particules identiques

individuel ; un tel état est donc exclu par le postulat de symétrisation. Ce résultat est
connu sous le nom de principe d’exclusion de Pauli.

Constrction d’une base dans l’espace des états |1i; 2j; ......nki

Nous savons que l’espace des états maintenant est soit Es ou Ea selon que les particules
sont des bosons ou des fermions. Pour construire un vecteur Es , il faut considérer toutes
les combinaisons possibles dues aux opérateurs symétriseur S et antisymétriseur A sur
|1i; 2j; ......nki

Il est toute fois important de souligner que les kets S |1i; 2j; ......nki ( respectivement

I
A |1i; 2j; ......nki) ne sont pas indépendants puisque l’application de S (respectivement de

QI
A ) sur ces kets de base conduit à un vecteur de la même base (éventuellement au signe
près) . On est conduit à introduire la notion de nombre d’occupation. Par définition le
nombre d’occupation np de l’état uniparticulaire |pi est la nombre de fois que |pi apparait

M
dans la suite |ii , |ji , ...... |ki c’est-à-dire au nombre de particule dans l’état |pi. Deux kets
différents |1i; 2j; ......nki pour lesquels tous les nombres d’occupation sont égaux, peuvent
s’obtenir l’un à partir de l’autre par l’action d’une permutation. Ils donnent après l’action
de S la même état physique que nous noterons
RI
|n1 , n2 , ......., ni ....i = |1i; 2i; 3i; .....; n1 ; n1 i + 1j; n1 + 2j; ......; n1 + n2 j, .....i (7.2.25)
OU

Quelques propriétés

* hn01 , n02 , ......., n0i .... | n1 , n2 , ......., ni ....i = δn01 n1 δn02 n2 .....δn0i ni ......
sB

* Si les particules sont les bosons, alors i ni = n où n est le nombre total de particules.
P

* L’ensemble des kets |n1 , n2 , ......., ni ....i forment une base de Es et sont mutuellements
orthogonaux.
lsu

* Si les particules sont les fermions, on a i ni = n avec ni = 0ou1.


P

La normalisation à un de ces kets conduit à, pour les bosons


Ce

|ui = |n1 , n2 , ......., ni ....i

1 X
=√ Pα |1i; 2i; ...; n1 ; n1 i + 1j; n1 + 2j; .......i (7.2.26)
N !Πk nk ! α

avec nk = n . On s’aperçoit que l’ordre dans l’équation 7.2.26 est sans importance.
P
k

Pour les fermions, on convient un ordre pour les états |iic’est-à-dire E1 ≺ E2 ≺ ........
Dans ce cas

1 X
|ui = |n1 , n2 , ......., ni ....i = √ εα Pα |1i; 2i; ...; n1 ; n1 i + 1j; n1 + 2j; .......i (7.2.27)
N! α

Cours de Mécanique Quantique Master II: 132 Celsus Bouri©2021/2022


7.2. SYSTÈME DES PARTICULES IDENTIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE

7.2.4 Discussion physique


La classification des particules due au postulat de symétrisation a des conséquences
tr-s importantes dont l’une est le principe d’exclusion de Pauli pour les fermions.
Niveau fondamental d’un système de particules identiques

n
X
H (1, 2, ...., n) = hi (7.2.28)
i

Supposons que hi est discret et non dégénéré de représentation |ϕi i associé à ei

I
- Dans le cas des bosons, les vecteurs propres de H sont

QI
X
φSi1,.....in = c Pα |1ϕi1 , 2ϕi2 , .......nϕin i (7.2.29)
α

M
où c est une constante ; les valeurs propres associées sont

Ei1,.....,in = ei1 + ei2 + ....... + ein


RI (7.2.30)

Si e1 est laE plus petite énergie, alors le fondamental de H est E = ne1 pour les n bosons
(S)
et φ11,.....1 = |1ϕ; 2ϕ; .....; nϕi. Tous les bosons se retrouvent dans le même état , c’est la
OU
condensation à basse température.
- Dans le cas des fermions, les énergies individuelles sont ordonnées e1 ≺ e2 ≺ ....... ≺
en , le fondamental est donc
sB

E1,2,...,n = e1 + e2 + ..... + en (7.2.31)

L’énergie individuelle la plus élévée est appelée énergie de Fermi du système ( exemple
EF = 3eV pour le Na qui correspond à une température T = 36000° K dans le cadre de
lsu

la statistique de Maxwell-Boltzmann). La fonction propre normée est

|1ϕ1 i |1ϕ2 i . . . |1ϕn i


Ce

1 |2ϕ1 i |2ϕ2 i |2ϕn i


φA
12...n = √ .. .. (7.2.32)
n! . .
|nϕ1 i |nϕ2 i . . . |nϕn i

c’est le déterminant de Slater.

[Link] Effet de l’identité des particules sur les prévisions physiques

Pour simplifier, nous nous limitons au cas de deux particules identiques dans les états
individuels |χi et |ηi
1
|ψi = √ (1 + εP21 ) |1χ; 2ηi (7.2.33)
2

Cours de Mécanique Quantique Master II: 133 Celsus Bouri©2021/2022


Plusieurs particules identiques

avec ε = ±1 selon qu’il s’agisse des bosons ou des fermions respectivement. On mesure
sur chacune de ces particules une grandeur B ( de spectre discret et non dégénéré). On
obtient bi et bj associées aux vecteurs |ui i et |uj i ; le ket résultat est alors

1
|ϕi = √ (1 + εP21 ) |1ui ; 2uj i (7.2.34)
2

L’amplitude de probabilité est donc

1D 

 E
hϕ | ψi = 1ui ; 2uj 1 + εP21 (1 + εP21 ) 1χ; 2η = hui | χi huj | ηi + ε hui | ηi huj | χi

I
2
(7.2.35)

QI
Cette amplitude est la somme ou la différence de deux termes. Le premier terme est appelé
terme direct et le deuxième est le terme d’échange. En calculant la probabilité (module
carré de l’amplitude), on a une interférence des deux termes.

M
[Link] Etude simplifiée de l’atome d’hélium
RI
Le hamiltonien de l’atome d’hélium s’écrit
OU

H = H0 + V

avec
1 Ze2 Ze2 e2
H0 = (p21 + p22 ) − − V =
sB

2m r1 r2 r12

Nous allons traiter V comme une perturbation (ce qui n’est pas justifié vu que V est
du même ordre que H0 ). Le fondamental de l’hélium est |1s; 1si ie sa partie spatiale est
symétrique alors, sa partie de spin est forcément antisymétrique. Le premier niveau excité
lsu

est |1s; 2si et on a comme base de fonctions

1
|Ai = √ (|1s; 2si + |2s; 1si) ⊗ |0; 0i (7.2.36)
Ce

pour le singulet et 
1  |1; 1i

|Bi = √ (|1s; 2si − |2s; 1si) ⊗ |1; 0i (7.2.37)
2 
|1; −1i

pour les triplets.


Cherchons l’effet de V au premier ordre. V ne dépendant pas du spin, alors on a

1
hA |V | Ai = {h1s; 2s |V | 1s; 2si + h2s; 1s |V | 2s; 1si + h1s; 2s |V | 2s; 1si + h2s; 1s |V | 1s; 2si} = K+J
2
(7.2.38)

Cours de Mécanique Quantique Master II: 134 Celsus Bouri©2021/2022


7.3. LES BOSONS

avec

h1s; 2s |V | 1s; 2si = |ϕ1s |2 V |ϕ2s |2 d3~r1 d3~r2


R
K =
J = h1s; 2s |V | 2s; 1si = ϕ∗1s (1) ϕ∗2s (2) V ϕ1s (2) ϕ2s (1) |ϕ1s |2 |ϕ2s |2 d3~r1 d3~r2
R

(7.2.39)
Quant aux triplets, on obtient
hA |V | Ai = K − J (7.2.40)

Ces deux termes K et J sont positifs : les niveaux A sont au-dessus de B et leur écart est
de 2J.

I
QI
7.3 Les bosons

M
7.3.1 L’oscillateur harmonique
Considérons un oscillateur harmonique linéaire de hamiltonien

H=
p2
RI1
+ kx2 (7.3.1)
2m 2

On pose ω 2 = k/m la fréquence de l’oscillateur.


OU

On sait qu’en Mécanique Classique, l’équation de son mouvement est donnée par :

x = x01 eiωt + x02 e−iωt (7.3.2)


sB

En Mécanique Quantique, les niveaux d’énergie sont quantifiés

En = (n + 1/2) ~ω, n ∈ N (7.3.3)


lsu

Nous allons résoudre l’équation de Schrödinger d’une manière élégante que celle des équa-
tions différentielles. Pour cela, nous savons que
Ce

[x, p] = xp − px = i~ (7.3.4)

Posons
α = mω/~ (7.3.5)

à partir duquel on définit de nouveaux opérateurs position et impulsion sans dimension


X= αx et P = p

~ α
(7.3.6)

Alors
~2 α 2 1 mω 2 2 1
X = ~ω X 2 + P 2 (7.3.7)

H= P +
2m 2 α 2

Cours de Mécanique Quantique Master II: 135 Celsus Bouri©2021/2022


Plusieurs particules identiques

On vérifie que

 
p
[X, P ] = αx, √ = i. (7.3.8)
~ α
Posons maintenant

a= √1
2
(X + iP ) et a† = √1
2
(X − iP ) (7.3.9)

On vérifie aisément que

 † 1
(7.3.10)

I
a, a = [X + iP, X − iP ] = 1
2

QI
et
1
a2 + a†2 + aa† + a† a

X2 = 2
(7.3.11)
1
a2 + a†2 − aa† − a† a

P2 =

M
2

et, le hamiltonien devient par conséquent

1
H = ~ω aa† + a† a (7.3.12)
RI 
2

On définit les états |ni tels que


OU

a |ni = n |n − 1i

√ (7.3.13)
a |ni = n + 1 |n + 1i

L’action de a permet de passer du ket |ni au ket |n − 1i, d’où le nom d’opérateur d’an-
sB

nihilation ou destruction alors que a† permet de passer du ket |ni au ket |n + 1i, ce qui
justifie son nom d’opérateur de création. Comme a, a† = 1, alors le commutateur a, a†
   

laisse la base des kets |ni invariante.


lsu

Sachant que a, a† = aa† − a† a = 1, alors aa† = 1 + a† a et


 

√ √ √ √
a† a |ni = a† n |n − 1i = na† |n − 1i = n n |ni = n |ni
Ce

donc le ket |ni est ket propre de a† a associé à la valeur propre n, H peut donc se réécrire

1  1
H = ~ω 1 + a† a + a† a = ~ω 2a† a + 1 (7.3.14)

2 2

soit alors
1 1
H |ni = ~ω 2a† a + 1 |ni = ~ω (2n + 1) |ni (7.3.15)

2 2
|ni est aussi vecteur propre de H associé à la valeur propre 21 ~ω (2n + 1). L’opérateur a† a
que nous allons noter désormais n̂ est l’opérateur nombre d’occupation.

A partir du ket |0i, on peut de proche en proche construire tous les kets |ni. En effet,

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7.3. LES BOSONS

on sait que
√ 2
a† |ni = n + 1 |n + 1i =⇒ |ni = √1 a†
n
|n − 1i = √1 √ 1
n n−1
a† |n − 2i

Cette opération peut se poursuivre jusqu’à l’état |0i de sorte que

1 n
|ni = √ a† |0i (7.3.16)
n!

L’état |0i n’est autre que le fondamental de H ; du fait de son nombre d’occupation soit

I
0, il est appelé état du vide (vaccuum state).

QI
Exercice Calculer les fluctuations 4x et 4p dans un état |ni donné. Quel résultat
surprenant obtenez-vous pour l’état |0i ?

M
7.3.2 Applications

[Link] Oscillateurs linéaires couplés ou chaîne linéaire RI


L’une des premières applications du formalisme des opérateurs création et annihilation
est la chaîne linéaire formée d’un assemblage linéaire de masses vibrantes et interagissant
OU
entre elles. La Mécanique Classique nous assure que si les vibrations sont de faibles am-
plitudes, la chaîne linéaire peut analysée en modes normaux.
Exercice Prouver cette proposition
Considérons une chaîne d’atomes distant de a et interagissant entre euxx par une
sB

constante de rappel g. Le hamiltonien a pour expression

1 X 2 1 X
H= p + g (xj − xj+a )2 (7.3.17)
2m j j 2 j
lsu

Pour simplifier, on suppose que la chaîne est périodique de période N (ie on retombe sur le
même atome après en avoir compté N ). Introduisons le système de coordonnées normales
Ce

√1 x` eik` √1 p` e−ik` (7.3.18)


P P
Uk = N ` Pk = N `

qui sont les transformées de Fourier (TF) de x` et p` qui vérifient

[x` , p`0 ] = i~δ``0 (7.3.19)

Cette TF se justifie par l’invariance par rotation de la chaîne, d’où le nombre d’onde k
dans la somme 7.3.18. On peut monter (Exercice le faire) que k est quantifié


kn = n, n = 0, 1, ... (7.3.20)
Na

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Plusieurs particules identiques

De 7.3.18, on tire les TF inverses

√1 Uk e−ik` √1 Pk eik` (7.3.21)


P P
x` = N k p` = N k

On vérifie aisément que


[Uk , Pk0 ] = i~δkk0 (7.3.22)

Comme x` et p` sont des opérateurs hermitiques, alors dans 7.3.18, on a

Uk∗ = U−k Pk∗ = P−k (7.3.23)

I
QI
par conséquent, H devient

1 X ∗ 1X
H= Pk Pk + G (k) Uk∗ Uk (7.3.24)

M
2m k 2 k

avec G (k) = 2g (1 − cos ka) qui devient une chaîne d’oscillateurs non couplés dans le
système des coordonnées normales Uk . La fréquence de chaque mode k est
RI
r r
G (k) g 1
ωk = 2 =2 sin |ka| (7.3.25)
m m 2
OU

En introduisant des opérateurs ak et a†k pour chaque mode, H se réécrit

1X
H= ~ωk (2nk + 1) (7.3.26)
2 k
sB

Cette étude peut s’étendre au cas tridimensionnel où les coordonnées deviennent des
vecteurs. Dans ce cas, au lieu du nombre d’onde, on a un vecteur d’onde ~k dont les
distinctes valeurs permises définissent des zones de Brillouin dans l’espace des ~k. Les
lsu

modes décrivent des phonons.


Ce

[Link] Autres applications

D’autres applications sortent du cadre de ce cours. Cependant, elles sont obtenues par
la limite continue de la chaîne discrète que l’on vient d’étudier. Ajoutons pour terminer
que ce formalisme se révèle fort important en théorie des champs.

7.4 Les fermions


Le principe d’exclusion de Pauli joue un rôle important ici et rend inappropriée la
discussion faite sur les bosons pour les fermions. Nous avons déjà introduit une notation

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7.4. LES FERMIONS

simplifiée pour caractériser N fermions :

|n1 n2 . . .i (7.4.1)

avec ni = N et ni = 0 ou 1. ni est appelé nombre d’occupation dans l’état i.


P
i

Opérateurs création et annihilation : anticommutation


On peut introduire des opérateurs création et annihilation que nous allons noter bk et
b†k pour éviter toute confusion. Alors on a

I
QI
b†k |n1 n2 . . . nk . . .i = |n1 n2 . . . nk + 1 . . .i
(7.4.2)
bk |n1 n2 . . . nk . . .i = |n1 n2 . . . nk − 1 . . .i

M
Si nk vaut 0 pour la première
 2 opération ou 1 pour la deuxième, alors ces états exsitent.
Notons que (bk ) = 0 et b†k = 0. On a les relations d’anticommutation
2

RIh
b†k b†k0 + b†k0 b†k = 0 = b†k , b†k0
i
+
(7.4.3)

De même,
OU

h[bk , bk ]i+ = 0
0
(7.4.4)
bk , b†k0 = δkk0
+

On a donc √
bk |nk i = nk |nk − 1i
sB

† √ (7.4.5)
bk |nk i = 1 − nk |nk + 1i
lsu
Ce

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