Cours de Mécanique Quantique II - PHY 427
Cours de Mécanique Quantique II - PHY 427
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PHY 427 : Mécanique Quantique II
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Celsus BOURI
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11 octobre 2021
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Université de Douala Faculté des Sciences
Département de Physique
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Mécanique Quantique II
PHY 427
Cours
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Titre : Mécanique Quantique II Sigle : PHY 427
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32h CM/ 24h TD/ 6h TPE
Crédits : 5 Session : S1 Master PHYS
Cours : 4 heures/semaine Travail personnel : 8 heures/semaines
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Enseignant
Objectifs généraux
3
plus en déterminant les vecteurs de la base et les valeurs propres associées. Enfin, celui-
ci est amené à étudier quelques techniques d’études des problèmes modèles de physique
fondamentale et les systèmes de particules identiques.
Méthode pédagogique
I
3. Devoirs corrigés et revus en classe
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4. Suivi personnalisé des apprenants
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Evaluation
6. Méthodes d’approximation
7. Système de particules identiques
Ce
I
6 CM Composition des moments angulaires 2h
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TD1 (Suite) 2h
7 CM Composition des moments angulaires 2h
TD1 (Fin) 2h
M
8 CM Méthodes d’approximation 2h
TD2 2h
9 CM Méthodes d’approximation
RI 2h
TD2 (Suite) 2h
10 CM Méthodes d’approximation 2h
TD2 (Fin) 2h
OU
TD3 (Suite) 2h
13 CM Systèmes de Particules Identiques 2h
TD3 (Fin) 2h
14 TD4 4h
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Bibliographie
I
Tout en restant à l’intérieur du cadre fixé par le programme de la Master I, le volume
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et le contenu de ces notes de cours dépassent – et de loin – ce qu’il est raisonnable et
possible de traiter en quatre heures hebdomadaires semestriels. Cette disproportion est le
résultat d’un choix délibéré : faire le tour d’horizon à propos d’une question donnée –
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sans toutefois prétendre l’épuiser – en posant les idées principales mais sans omettre des
compléments conceptuels et sans négliger les détails de calcul.
Bien évidemment, ces notes n’ont aucun caractère exhaustif, compte tenu notamment
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de la richesse de la matière, et ne doivent surtout pas être considérées comme constituant
un document de référence exclusif. Les avoir sous la main ne doit pas écarter l’envie de
lire les ouvrages disponibles dans les bibliothèques, bien au contraire : il est souhaitable
OU
(et souhaité !) que les développements qui figurent dans ce polycopié et qui ne seront pas
mentionnés oralement suscitent la curiosité d’en savoir davantage en allant consulter les
nombreux livres traitant des questions abordées.
N. B. Le présent cours s’inscrit dans la continuité du cours de Mécanique Quantique
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dispensé en Licence de Physique. Pour cette raison, les rappels de connaissances acquises
antérieurement seront strictement limités et forcément sommaires : pour plus de détails,
se reporter au cours de Licence.
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1 Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique 13
1.1 L’équation de Schrödinger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2 Formalisme de Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
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1.3 Opérateurs hermitiques, opérateurs unitaires . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.4 Postulats de la Mécanique Quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.4.1 Notion d’état . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
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1.4.2 Notion d’observable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4.3 Résultats possibles de la mesure d’une grandeur physique . . . . . . 23
1.4.4 Réduction du paquet d’onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
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1.4.5 Evolution des systèmes dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5 Evolution temporelle d’un système quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
[Link] Rotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
[Link] Parité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.2.2 Renversement du temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
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9
TABLE DES MATIÈRES
I
3.4 Spectre de l’atome d’hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
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3.4.1 Symétrie dynamique du potentiel de Coulombien : symétrie de Pauli 62
3.5 Vecteurs, tenseurs et théorème de Wigner Eckart . . . . . . . . . . . . . . 64
3.5.1 Vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
M
3.5.2 Tenseurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.5.3 Tenseurs (sphériques) irréductibles de rang k . . . . . . . . . . . . . 65
4 Particules de spin
4.1
1
2
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Insuffisances de la description par une seule fonction d’onde . . . . . . . . 67
67
I
Rosen) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
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5.5.1 Etats intriqués ou enchevêtrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
5.5.2 Description quantique orthodoxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
5.5.3 Objection de EPR sur la non localité (1935) . . . . . . . . . . . . . 103
M
5.5.4 Théories locales à variables cachées et inégalité de Bell . . . . . . . 103
I
7.3.1 L’oscillateur harmonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
QI
7.3.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
[Link] Oscillateurs linéaires couplés ou chaîne linéaire . . . . . . 137
[Link] Autres applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
M
7.4 Les fermions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
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Le but de ce chapitre est de rappeler l’essentiel des fondements et du formalisme de la
Mécanique Quantique. Les résultats mathématiques nécessaires pour la suite seront
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énoncés et justifiés d’une façon plus intuitive que rigoureuse, avant que soit donné le
rappel des postulats.
OU
Introduction
La mécanique quantique est sans doute la plus grande révolution intellectuelle de
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cations depuis de nombreuses années, comme par exemple les raies d’excitation de
l’atome d’hydrogène, par à opposition à la relativité, qui a été avant tout prédictive.
3. Elle n’a à ce jour pas été mise en défaut. Ses prédictions, aussi précises soient-elles,
ont toujours été vérifiées.
4. Elle repose sur des bases mathématiques et conceptuelles très fragiles. Dans
beaucoup de contextes, il apparaît par exemple des divergences qu’on est obligé
d’ignorer. Par ailleurs la formulation des développements les plus récents en
physique des hautes énergies repose sur un objet mathématiquement mal défini,
l’intégrale de chemin. Enfin, la définition précise des postulats repose sur la notion
de mesure, qui fait encore l’objet de débats houleux.
13
Rappels des fondements et du formalisme de la Mécanique Quantique
I
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1.1 L’équation de Schrödinger
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L’équation de Schrödinger a été proposée de façon inductive par Schrödinger en 1926,
un peu après la Mécanique des Matrices de Heisenberg (1925) et s’est développée d’abord
dans le but de décrire les petits objets (atomes) constitués d’une seule particule située
RI
dans un certain champ de force (l’électron au sein de l’atome d’hydrogène, par exemple).
L’objet central de la théorie de Schrödinger, nommée aussi Mécanique Ondulatoire, est
une fonction ψ (~r, t) à valeurs complexes, appelée fonction d’onde. Cette fonction satisfait :
OU
~2 2
∂
i~ ψ (~r, t) = − ∇ + V (~r) ψ (~r, t) (1.1.1)
∂t 2m
où ~r est le rayon vecteur repérant la particule dans l’espace ; V (~r) est l’énergie potentielle
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1. Pour une particule chargée dans un champ électromagnétique, le potentiel ne dépend pas que des
coordonnées mais est également fonction de la vitesse.
2. Si Heisenberg doit être considéré comme le Père-Fondateur de la Mécanique des Matrices, Born et
Jordan ont participé très vite à ses premiers développements. L’usage des matrices en Physique avait été
jusqu’alors exceptionnel, Born s’étant précisément “fait la main” avec ce nouvel outil pour la description
des vibrations d’un solide.
I
L est le Lagrangien ; qj désigne l’une des coordonnées (position, angle, ...) permettant
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de définir sans ambigüité la position du système dans l’espace 3 . Pour des coordonnées
cartésiennes, l’équation fondamentale de Heisenberg est 4 :
M
[qj , pk ] = i~δjk . (1.1.3)
Dans l’équation (1.1.3), qj et pk sont des opérateurs représentant les variables dyna-
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miques fondamentales, coordonnées et moments conjugués.
La relation (1.1.3), obtenue préciément par Born et Jordan, introduit fondamentale-
ment des objets dont l’algèbre est non-commutative. Ces objets sont les opérateurs associés
OU
aux grandeurs physiques, traditionnellement appelés observables. Il n’est pas exagéré de
dire que toute la structure formelle de la Mécanique Quantique est construite sur – et
contenue dans – la relation (1.1.3), étant entendu qu’il reste à en bâtir le contenu phy-
sique. Tout comme l’équation de Schrödinger, (1.1.3) ne se démontre pas à proprement
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parler.
L’équivalence des descriptions de Heisenberg et de Schrödinger repose sur une re-
marque fondamentale de ce dernier, définissant d’ailleurs un mode de construction auto-
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matique de (1.1.1). On commence par former le Hamiltonien classique, Hcl (~r, p~), suivant
les prescriptions de la Mécanique Analytique. Puis on remplace dans la fonction Hcl (~r, p~)
le vecteur ~rpar l’opérateur multiplication par ~r et le vecteur p~ par −i~∇.
~ La substitution
pour p~ ne vaut que pour les coordonnées cartésiennes. Ceci étant fait, on obtient un opé-
Ce
∂
i~ ψ (~r, t) = Hψ (~r, t) . (1.1.4)
∂t
Par nature, cette méthode de construction fonctionne bien pour tous les degrés de liberté
3. Pour un système à N particules dans R3 , il est nécessaire pour cela de définir 3N coordonnées ; on
dit que le système possède 3N degrés de liberté.
4. δjk est le symbole de Kronecker, qui vaut 1 si j = k, 0 dans le cas contraire.
qui ont un équivalent classique. On verra cependant qu’il existe des degrés de liberté
spécifiquement quantiques, comme le spin. En pareil cas (en théorie non-relativiste quand
il s’agit du spin 5 ), il convient d’ajouter “à la main” les termes d’interaction correspondants,
sur la base d’arguments par analogie. Par exemple, à un spin S ~ (qui structurellement,
comme on le verra, est un moment cinétique au sens usuel de la Mécanique Quantique)
est associé un moment magnétique µ ~ par une simple relation de proportionnalité, tout
comme un moment cinétique ordinaire (orbital) produit un moment magnétique par le
biais du facteur gyromagnétique classique γ ; ainsi, dans le cas de l’électron, on doit
poser 6 :
I
e ~
µ
~ = gs S (1.1.5)
QI
2m
où‘ e est la charge de l’électron (e = −1, 6.10−19 C) et où gs est un facteur purement
numérique trèes voisin de 2 (gs = 2, 0023...). Dès lors, en présence d’un champ magnétique
M
~ le Hamiltonien construit selon la prescription de Schrödinger doit être complété par
B,
le terme représentant le couplage entre le moment magétique lié au spin et le champ
extérieur 7 , 8 , soit −~µ.B~ = −gs (e/2m) S.~ B.
~
RI
L’association ~r → ×~r, p~ → −i~∇ ~ n’est qu’une façon parmi d’autres décrire la Mé-
canique Quantique (on dit qu’il s’agit de la représentation position). Le rôle privilégié
joué par la coordonnée ~r semble même abusif, quand on se souvient que, en Mécanique
OU
Analytique, coordonnée et impulsion ordinaires sont traitées sur un strict pied d’égalité.
De fait, il existe bien d’autres possibilités qui respectent la relation (1.1.3) fondamentale ;
l’une d’entre elles, très utile pour certaines applications, constitue ce que l’on appelle la
représentation impulsion, où la fonction d’onde est une fonction (toujours à valeurs com-
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plexes) d’un argument scalaire représentant précisément l’impulsion, soit ϕ (~p, t). Cette
représentation se définit par l’association suivante : ~r → i~∇ ~ p , p~ → ×~p où ∇
~ p est le
gradient dans l’espace des impulsions. ψ (~r, t) et ϕ (~p, t), toutes deux appelées fonctions
d’onde, constituent deux représentations équivalentes du mémeétat quantique et d’ailleurs
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néaires de solutions particulières ; les plus remarquables et les plus utiles – pour une
équation aux dérivées partielles linéaire – sont celles dans lesquelles espace et temps sont
séparés. Compte tenu de la forme de (1.1.1), et pour un Hamiltonien indépendant du temps
(système isolé), on voit tout de suite qu’il existe une classe de solutions particulières de
la forme :
Et
Ψ (~r, t) = e−i ~ ψ (~r) . (1.1.6)
On vérifie immédiatement que ψ est une solution de (1.1.1) pourvu que la fonction spatiale
ψ satisfasse l’équation :
I
Hψ = Eψ (1.1.7)
QI
Dans ces écritures, E est une quantité homogène à une énergie, dont on sait qu’il
convient de l’interpréter précisément comme l’énergie de la particule décrite par l’état
ψ (ou Ψ). L’équation ci-dessus est appeléeéquation aux valeurs (et fonctions propres) ;
M
en effet, en bon français, elle dit que l’action de l’op’rateur Hamiltonien sur ψ produit
la même fonction ψ, simplement multipliée par le scalaire E. Le couple (E, ψ) forme un
couple propre, ou mode propre. Il importe de rappeler que le sens physique de la fonction
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d’onde est celui d’une amplitude de probabilité dont le module carré représente la densité
de probabilité de présence de la particule dans une régions de l’espace. La théorieétant
fondamentalement probabiliste, toutes les prévisions qui pourront en être tirées portent
OU
est notée d’un symbole différent puisque, en tant que fonction au sens mathématique du
terme, ϕ ne coïncide pas avec ψ. Il n’empêche que la fonction ψ et la fonction ϕ ne sont
que deux écritures différentes d’une seule et même abstraction mathématique ; chacune
d’entre elles constitue la donnée d’une infinité (non-dénombrable) de nombres (les valeurs
successives de la fonction considérée aux différents points de l’espace des coordonnées
ou des impulsions) ; l’ensemble de ces nombres constitue le champ quantique : c’est bien
pourquoi on dit d’un champ qu’il a une infinité de degrés de liberté. Pour identifier la
nature de cet objet, on peut aussi raisonner par analogie avec une autre situation plus
usuelle et l’idée qui s’impose, au moins par sa simplicité, est celle de vecteur : le vecteur
vitesse d’un point matériel est bien défini en soi ; selon que l’on prend un repère ou un
autre, ce même vecteur sera représenté par l’une ou l’autre d’une suite de trois nombres
(les composantes sur la base choisie), mais chacune de ces suites représente exactement
la même réalité – le même vecteur.
Enfin, la notion de vecteur s’impose également au vu de la linéarité de l’équation de
Schrödinger : toute combinaison linéaire quelconque de plusieurs solutions est encore une
solution ; la combinaison linéaire est l’opération fondamentale permettant d’introduire la
notion d’espace vectoriel – il est d’ailleurs bien connu que l’ensemble des solutions d’uneé-
quation différentielle du second ordre peut être muni d’une structure d’espace vectoriel,
de dimensionégale à 2.
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Pour signaler explicitement la nature vectorielle sous-jacente, il est recommandé d’uti-
liser une nota- tion particulière, afin de distinguer l’objet mathématique vecteur d’une
part, ψ, ses composantes d’autre part (l’ensemble des nombres {ψ (~r, t)}. L’usage, à la
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suite de Dirac, a consacré, non la flèche ordinaire de l’analyse vectorielle standard, mais
le symbole |i,appelé ket ; on notera donc comme suit l’état d’un système à l’instant t :
|ψ (t)i. Le corps sur lequel est défini l’espace vectoriel est celui des nombres complexes, C ;
RI
ceci est bien évident puisque le nombre complexe fondamental i apparaît dans l’équation
de Schrödinger et, comme on le verra par la suite, constitue une nécessité primordiale de
la Mécanique Quantique.
OU
Un vecteur étant donné, le choix d’une base permet de définir les composantes de
ce vecteur et en constitue la représentation. Comme on le sait, il est parfois possible
formellement d’effectuer toutes les opérations structurelles sur un espace vectoriel sans
référence à une base donnée : ainsi, on peut souvent intégrer vecto- riellement l’équation
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fondamentale de la Dynamique, sans projeter sur trois axes de coordonnées. D’un autre
côté, certains calculs se font parfois plus commodément quand une base a été choisie, à
condition qu’elle l’ait été judicieusement.
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où les cj sont des nombres complexes représentant les composantes de |ψi dans la base
{ej }1≤j≤n . Cette décomposition est unique. Par nature, les composantes d’un vecteur
donné dépendent de la base choisie. Comme il existe un nombre infini de bases (pour
un espace vectoriel de dimension supérieure à 1), il convient de savoir exprimer les com-
posantes d’un même vecteur relativement à une base en fonction de ses composantes
relativement à une autre. Passer d’une base à une autre est ce que l’on appelle effectuer
un changement de base.
La notion de produit scalaire joue un rôle fondamental dans la théorie des espaces
vectoriels. Ici comme ailleurs, il est fort utile d’en définir un, effectuant au passage une
petite généralisation puisque le corps est ici celui des complexes C et non pas R, celui des
réels. Le produit scalaire de deux vecteurs |ψi et |ϕi est un nombre, ici c’est un nombre
complexe, que l’on va noter h ψ| ϕi (|ψ〉, |φ〉).
Cette opération est linéaire par rapport au second membre du couple et sesquilinéaire
par rapport au premier membre du couple. Au contraire de ce que l’on sait du produit
scalaire dans un espace vectoriel sur les réels, le produit scalaire est ici non-commutatif,
I
parce que le corps est ici C ; on pose de surcroît la relation suivante :
QI
h ϕ| ψi = hψ| ϕi∗ , (1.2.2)
M
où∗ note la conjugaison complexe.
Les résultats ci-dessus peuvent être généralisés à des espaces vectoriels de dimension
infinie dénombrable (n → ∞) ou non. On remplace dans la décomposition du vecteur
RI
d’état la somme discrète par l’intégrale de Riemann décrivant la somme continue.
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1.3 Opérateurs hermitiques, opérateurs unitaires
Soit A un opérateur linéaire, mais quelconque par ailleurs ; l’adjoint de A, noté A† , est
l’opérateur tel que :
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h ϕ| Aψi = A† ϕ ψ . (1.3.1)
tiques, et on verra qu’ils jouent un rôle central en Mécanique Quantique. Pour un opérateur
hermitique A, on a donc :
Il faut se souvenir que la notion d’opérateur adjoint est totalement indépendante de toute
†
référence à une base, quelle qu’elle soit. Par ailleurs, l’adjoint A† de A† est l’opérateur
A lui-même.
Les valeurs propres d’un opérateur hermitique sont réelles et ses vecteurs propres sont
orthogonaux.
Les opérateurs unitaires laissent invariant tout produit scalaire. Un opérateur unitaire
possède nécessairement un inverse, puisqu’il conserve la norme d’un vecteur : il ne sau-
rait transformer un vecteur de norme finie en un vecteur de norme nulle. L’adjoint d’un
opérateur unitaire est égal à son inverse.
I
des théories de nature statistique 10 . Dans un cas comme dans l’autre, c’est la Nature elle-
QI
même qui impose sa loi, et ceci ne doit pas être ressenti comme une frustration : la raison
d’être de la Physique est précisément de proposer une description du monde tel qu’il se
révèle par l’expérience, autorisant la prévision des phénomènes à défaut d’en donner une
M
explication dans l’absolu.
La fonction d’onde de Schröinger, ou ses généralisations, constitue notre actuelle
connaissance ultime d’un système relevant de la Mécanique Quantique. Cette fonction
RI
d’onde a, fondamentalement, une interprétation statistique et ne prétend donc pas dé-
crire l’état d’un système en particulier au sens classique. La description de l’état d’un
système quantique consiste en l’énoncé des lois de probabilités permettant d’en décrire
OU
les propriétés et de fournir une explication – au sens usuel – du monde à l’échelle ato-
mique ou sub- atomique. Cet objectif, qui n’est pas réducteur, doit être bien compris,
pour écarter le risque de malentendus ou de paradoxes. L’impossibilité d’observer avec les
sens usuels la “réalité” physique à petite échelle ne doit pas être assimilée à la négation de
sB
La première des raisons est que, de toute fa̧con, toute théorie physique constitue seule-
ment, à un instant donné, une vérité relative toujours susceptible d’être bousculée par la
suite. Affirmer que la Mécanique Quantique sera un jour remise en cause, même si à
l’heure actuelle elle est à l’abri de toute contestation au vu des faits expérimentaux, est
Ce
donc une remarque sans grand intérêt. La deuxième raison est que l’on ne saurait déclarer
10. Les déboires de Boltzmann – qui ’ont conduit au suicide – rappellent que cette révolution statistique,
durant le dernier quart du XIXème siècle, ne s’est pas faite en douceur.
11. On pourrait objecter que certains esprits, parmi les plus grands – dont Einstein – n’ont jamais
accepté vraiment la Mécanique Quantique et surtout son interprétation. L’objection doit être relativisée
par le contexte historique. Ainsi par exemple, lors de la formulation du célèbre paradoxe EPR, la
Mécanique Quantique, quoique pratiquement achevée, avait eu finalement peu de temps pour faire ses
preuves. Compte tenu de la révolution “culturelle” qu’elle imposait, il est normal qu’elle ait provoqué
plus d’une réticence, y compris (surtout ?) dans les cerveaux les plus brillants. Rappelons d’ailleurs que
des expériences récentes ont démontré que la Mécanique Quantique est vérifiée jusque dans ses prévisions
les plus surprenantes – sur lesquelles se sont appuyés Einstein, Podolski et Rosen pour formuler leur
“paradoxe” ; les expériences, à l’époque impossibles technologiquement parlant, ne risquaient pas de leur
donner tort.
incomplète une théorie qui, à un instant donné, rend précisément compte de l’ensemble
des expériences : il n’existe pas aujourd’hui d’expérience mettant en cause la Mécanique
Quantique. L’incomplétude d’une théorie ne se mesure pas par référence aux présuppo-
sés mentaux applicables dans un autre cadre de pensée, même si l’habitude les avaient
presque érigés en principes. Après tout, personne n’envisage de jeter aux orties la Relati-
vité d’Einstein, sous prétexte qu’elle est en contradiction avec le Principe de Relativité de
Galilée et bien qu’elle conduise à des “paradoxes” demeurés célèbres. Personne non plus
ne songe à décrire un gaz, même parfait, autrement que par une approche statistique qui,
pourtant, tire un trait sur la description détaillée du destin individuel d’une particule du
I
gaz. La théorie statistique qui en découle permet d’expliquer et de comprendre tout ce
QI
que l’on sait, et que l’on peut vérifier expérimentalement, des systèmes composés d’un
très grand nombre de particules (quel que soit leur “état”, solide, liquide ou gazeux) et
de ce fait constitue notre connaissance complète de ce que sont ces systèmes. Il en va de
M
même, aujourd’hui, pour la Mécanique Quantique qui, en dépit d’un statut épistémolo-
gique unique, peut prétendre au même caractère complet que toute autre théorie rendant
compte de l’ensemble des expériences connues. RI
Le tout premier postulat de la Mécanique Quantique est donc l’affirmation qu’il existe,
pour tout système, un objet mathématique appelé fonction d’onde et représentant toute
la connaissance possible de l’état de ce système. Comme on l’a rappelé, cette connaissance
OU
Dans les représentations position et impulsion, l’argument des fonctions d’onde est
une variable continue, car rien ne conduit à admettre que la position et l’impulsion d’une
particule, confinée ou non, prennent des valeurs discrètes. En revanche, tout ce que l’on
Ce
sait déjà de l’énergie d’un atome et de l’oscillateur harmonique – pour ne citer que deux
exemples simples – montre au contraire qu’il existe des grandeurs dont la mesure conduit
à un ensemble de valeurs discrètes bien définies, spécifiques du système considéré. En la
circonstance, il s’agit de l’énergie d’un état lié – mais l’expérience de Stern et Gerlach
montre qu’il en va de même pour le moment cinétique d’un atome, qu’il soit orbital
ou de spin. Il faut ainsi admettre l’idée générale suivant laquelle il existe des grandeurs
quantifiées : les valeurs observées ne peuvent qu’appartenir à un ensemble discret, fini ou
infini, mais dénombrable. La description de l’état d’un système en terme d’une grandeur
A quantifiée, prenant N (N fini ou infini) valeurs distinctes an , n = 1, 2, ..., N , repose
maintenant sur la connaissance de N nombres, avec lesquels on doit pouvoir – comme
avec une fonction d’onde au sens premier – calculer à l’avance la probabilité Pn d’obtenir
la valeur an à la suite d’une opération de mesure. L’ensemble des an , {an }n , constitue
le spectre de la grandeur A. Si l’on désigne par cn ces N nombres, on voit que ceux-ci
constituent finalement une “fonction d’onde discrète”, une fonction définie sur l’ensemble
des N premiers entiers. Il conviendra, en temps utile, d’établir explicitement le lien entre
le vecteur d’état |ψi et l’ensemble de ses représentations en fonction d’onde (discrète ou
continue).
Une dernière remarque : le Postulat 1 affirme que la fonction d’onde sous une forme
ou sous une autre constitue la connaissance complète de l’état du système. Ce postulat
I
nie donc l’existence de variables cachées.
QI
M
1.4.2 Notion d’observable
mitique dont l’ensemble des vecteurs propres constitue une base complète de l’espace des
états (un opérateur linéaire quelconque n’a pas le statut d’observable).
Propriété : si deux opérateurs commutent, tout vecteur propre de l’un est aussi
lsu
fondamentale de Schrödinger : H permet de construire d |ψi /dt à partir de |ψi, c’est donc
le générateur – infinitésimal – du mouvement. En Mécanique Quantique, une observable
sera une constante du mouvement si et seulement si son commutateur avec H est nul.
A l’instar d’un vecteur, représenté par ses composantes, le choix d’une base de l’espace
vectoriel permet d’associer à tout opérateur A sa matrice sur la base choisie. Plus parti-
culièrement, un opérateur A étant donné, ses vecteurs propres {am } peuvent être utilisés
pour engendrer effectivement l’espace vectoriel E, en constituant une base. De la sorte,
tout vecteur d’état |ψi peut s’écrire en combinaison linéaire :
X
|ψi = cm |am i (1.4.1)
m
I
En particulier, les valeurs propres de A sont réelles et tous ses vecteurs propres sont
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orthogonaux.
Comme pour tout opérateur, le spectre d’un opérateur hermitique peut être discret,
continu ou les deux à la fois. Les parties discrète et continue, si elles existent simulta-
M
nément, peuvent être disjointes ou se recouvrir : une valeur propre discrète peut ainsi
être “noyée” dans un continuum d’autres valeurs propres. Les valeurs propres discrètes
sont celles qui expriment la quantification de la grandeur physique en question. Notons
RI
qu’une valeur propre discrète peut servir de standard métrologique puisqu’elle a, intrinsè-
quement, une valeur fixée par la Nature à une précision infiniment grande (exemple : une
certaine transition de l’atome de 86 Kr a longtemps servi de référence pour la définition du
OU
mètre-étalon).
La nature probabiliste (statistique) essentielle de la Mécanique Quantique doit être
maintenant bien admise. On vient de voir que les valeurs possibles des résultats d’une
mesure appartiennent à un ensemble de nombres, discrets et/ou continus. La Mécanique
sB
Quantique doit donc, pour sa propre cohérence, énoncer une règle permettant la prédiction
des résultats d’une mesure ; cette règle est une affirmation sur les probabilités d’observer
une valeur ou une autre lors de la mesure d’une observable. Elle constitue le 4ème Postulat.
Soit une grandeur physique représentée par l’opérateur (observable) A, dont les valeurs
lsu
Les cm sont les composantes de l’état |ψi sur la base choisie. On peut maintenant
énoncer le 4ème Postulat, aussi appelé “Principe de décomposition spectrale” :
I
phénomène, assez déconcertant au premier abord, a été (et est encore) l’objet de débats
QI
passionnés sur la notion de réalité physique et de la connaissance scientifique en général
que l’on peut souhaiter en avoir. Pour Schrödinger, la réduction du paquet d’ondes était
de la magie et, pour marquer son opposition, énonça le fameux paradoxe connu sous le
M
nom du “Paradoxe du Chat de Schrödinger”. La nécessité d’accepter ce phénomène se
comprend aisément. En effet, ayant procédé à une mesure à l’instant t et ayant trouvé la
valeur an0 , on ne peut que retrouver la même valeur an0 , et ce avec certitude, si, à l’ins-
RI
tant immédiatement postérieur t + dt, on fait une nouvelle mesure de A. Autrement dit :
toute mesure de A donne une certaine valeur appartenant au spectre de A. Si une pre-
OU
mière mesure ayant donné an0 est immédiatement suivie d’une autre, le résultat doit être
certain (sans dispersion des résultats) et la valeur trouvée la deuxième fois ne peut être
qu’identique à celle qui vient d’être trouvée lors de la première mesure. Il ne serait pas ac-
ceptable, physiquement parlant, que deux mesures infiniment proches dans le temps l’une
sB
am est non-dégénérée, alors, immédiatement après la mesure, le système est dans l’état
propre |am i
Ce postulat est clairement lié à l’aspect probabiliste des prédictions de la Mécanique
Ce
Quantique : celle-ci permet de calculer des probabilités pour que tel ou tel événement se
produise. Bien évidemment, juste après que l’événement s’est produit, il n’est plus ques-
tion de raisonner, à cet instant précis, en terme de probabilités ; quand on joue à pile ou
face avec une pièce symétrique, la probabilité d’obtenir pile ou face vaut exactement 1/2,
mais une fois obtenu pile ou face à la suite d’un jet de la pièce, la notion de probabilité
disparaît en tant que telle, sauf si on décide de recommencer une expérience ... ou si la
table sur laquelle est tombée la pièce se met en mouvement de façon erratique susceptible
de provoquer un nouveau jet de la pièce. Dans ce dernier cas, c’est par l’évolution propre
du système que la notion de probabilité reprend le devant de la scène. Dit autrement, lors-
qu’une suite d’événements est seulement prévisible en terme de probabilités, l’occurrence
I
distincts, ce qui est manifestement impossible.
QI
Un exemple, dû à Bohm montre que le changement abrupt des objets mathématiques
représentant l’évolution d’un système se présente aussi, par nature, en théorie usuelle
M
des Probabilités. Soit une personne dont on sait qu’elle est âgée de 20 ans ; compte tenu
de ceci, on peut lui estimer une durée de vie de l’ordre de 50 ans environ. Si, à un
moment donné, on apprend que cette personne atteinte d’une grave maladie, on peut
alors affirmer, presque instantanément, que le nombre d’années qui lui restent à vivre est
RI
beaucoup plus faible. Il y a bien, au moment où l’information plus précise sur l’état de la
personne est donnée, une variation très rapide de la prévision sur l’avenir, que l’on peut
OU
être tenté de comparer à la réduction du paquet d’ondes, et qui se produit strictement
au niveau de la connaissance de l’observateur : apprendre que la personne est malade
ne modifie pas l’âge de cette personne. La brusque modification porte donc uniquement
sur la connaissance que l’on a de la situation, non sur l’état de l’objet analysé. Il existe
sB
de la théorie classique des probabilités, et c’est en effet la fonction d’onde qui permet de
prévoir et de calculer les probabilités quantiques. De ce point de vue, le cadre probabiliste
inévitable est donc, en ce sens, “classique”. On ne peut toutefois prétendre que |ψi décrit
Ce
seulement la connaissance que l’on a d’un système et non pas l’état du système lui-même :
quand un électron se matérialise sur un écran, il s’agit bien d’un processus physique qui
se produit intrinsèquement, qu’il y ait ou non un observateur pour regarder le spot lumi-
neux. Autrement dit, la réduction du paquet d’ondes n’est pas un processus impliquant
la seule perception mentale de l’observateur, un grand champ de possibilités venant se
réduire à l’un d’entre eux sous l’effet d’une mesure apportant une précieuse information.
La matérialisation d’une particule est le résultat d’une interaction physique entre cette
particule et un autre système : que l’état juste après la matérialisation soit très différent
de l’état qui serait survenu en l’absence de cette matérialisation ne doit donc ni étonner
ni surprendre. On retiendra l’idée que la réduction du paquet d’ondes est la contrepartie
I
QI
1.4.5 Evolution des systèmes dans le temps
M
Le postulat énonçant le mode d’évolution temporelle a déjà été formulé, puisque l’équa-
tion de Schrödinger, ne se démontrant pas, a le statut d’un postulat ; on a vu comment
elle peut s’induire par des arguments par analogie et de nature heuristique. Il faut bien
RI
ériger la conviction correspondante sous forme de postulat - c’est le dernier pour l’instant,
exprimé à propos du vecteur d’état |ψ (t)i :
Postulat 6 : l’évolution d’un système dans le temps est gouvernée par l’équation :
OU
d
|ψ (t)i = H (t) |ψ (t)i
i~ (1.4.4)
dt
où H(t) est l’opérateur associé à l’énergie du système.
sB
Ainsi formulé, ce postulat englobe le cas où le système décrit par |ψ (t)i ne constitue
pas un système isolé. On pourra donc partir de cette équation pour décrire, par exemple,
l’évolution d’un atome couplé à un champ électromagnétique variable dans le temps et
lsu
supposé classique.
Comme déjà mentionné à plusieurs reprises, cette équation suppose la donnée supplé-
mentaire d’un état initial, |ψ (t0 )i ; à défaut, aucune prévision n’est possible. à l’inverse,
Ce
un état initial étant donné, la solution qui en est issue à un instant ultérieur est unique.
C’est heureux : les probabilités des événements ultérieurs sont calculables de façon unique
et ceci constitue l’expression essentielle du déterminisme quantique. L’indéterminisme ne
réapparaît que dans la mesure où l’opération de mesure elle-même n’est pas, en pratique,
descriptible à l’aide de cette équation. On lit parfois que cette équation est valable “en
dehors de toute opération de mesure”. Il n’y a pas lieu de donner cette restriction : si
le système interagit avec un autre, il faut élargir la description et considérer le “super-
système”, auquel on peut appliquer l’équation ci-dessus – dans le cas d’une mesure à
proprement parler – qui implique forcément un système macroscopique –, cette tâche est
hors de portée.
I
moyennes de toutes les observables, c’est |ψ (t)i qu’il convient de trouver, en préalable.
QI
Cette situation, sans être rare, n’est pas la plus fréquente en pratique : en effet, on est
intéressé très souvent à obtenir les valeurs moyennes à l’instant t de certaines observables
et non pas de toutes. En pareil cas, il est bien plus direct de se poser la question de
M
trouver les équations du mouvement pour les observables elles-mêmes ; conceptuellement,
ces équations présentent un intérêt majeur : elles sont les pendants quantiques des équa-
tions de la Mécanique Classique. En définitive, si la description de Schrödinger porte sur
RI
le vecteur d’état lui-même, celle de Heisenberg décrit directement l’évolution des valeurs
moyennes et propose des équations (équations du mouvement de Heisenberg) pour obtenir
commodément ces dernières.
OU
La description de Schrödinger est fondée formellement sur l’emploi de l’opérateur
d’évolution U , gouvernée par l’équation
∂
i~ U (t, t0 ) = H (t) U (t, t0 ) (1.5.1)
sB
∂t
Bien évidemment, cette équation est aussi du premier ordre ; par la définition de U ,
on doit évidemment avoir :
U (t0 , t0 ) = 1 (1.5.2)
lsu
Par ailleurs, comme la norme de |ψ (t)i est conservée au cours du temps (puisque H est
hermitique), U est un opérateur unitaire. L’inverse de U s’obtient en permutant les deux
Ce
arguments – ce qui est bien naturel. Les diverses propriétés qui viennent d’être établies
montrent que l’ensemble des opérateurs d’évolution d’un même système, pris à des instants
différents, a une structure de groupe.
I
QI
M
RI
OU
sB
lsu
Ce
I
La solution des problèmes en physique classique est considérablement simplifiée par la
QI
présence des symétries ; c’est-à-dire les transformations qui laissent invariants certains
problèmes physiques. Il en existe plusieurs exemples telle que l’invariance par translation
du temps d’un champ à force centrale F (→ −
M
r ) = F (r) r̂. Celle-ci a pour conséquence la
conservation de l’energie mécanique du système ; et celle par rotation assure la conserva-
→
−
tion du moment angulaire total j du système.
RI
2.1 Le principe euclidien de Relativité et le rôle de la
OU
symétrie en Physique
L’étude des phénomènes physiques requiert l’usage d’un système de référence (repère).
D’un repère à l’autre, les lois déterminant le mouvement n’ont pas en général la même
sB
l’autre ou si on le fait tourner sur lui-même ; si les propriétés ne changent pas, aucun résul-
tat d’expérience ne peut être affecté par une telle opération. Une théorie physique visant à
décrire les propriétés des systèmes doit donc posséder des propriétés d’invariance : les lois
Ce
qu’elle énonce doivent être les mêmes dans tout repère galiléen. Le principe de Relativité
nie l’existence d’une position ou d’une orientation privilégiée de l’espace dans lequel sont
plongés les objets que la Physique prétend étudier et décrire, et affirme l’universalité du
temps. Un corollaire de ce principe est qu’il n’existe pas de repère “absolu” à privilégier,
et que toutes les lois de la Nature sont les mêmes dans tous les référentiels galiléens.
Bien évidemment, ce principe s’étend au cas d’un système non isolé : par exemple, pour
un système soumis à un champ de forces variable ou non dans le temps, les propriétés ne
changent pas si le champ de forces est déplacé ou tourné en même temps que le système
prédéfini. En réalité, ce dernier et le seul champ de forces supposé exister constituent un
système isolé et fermé auquel le principe de relativité s’applique.
29
Symétries et règles de conservation
I
lativité a un sens, même vis-à-vis des expériences faites sur Terre ; en effet, il y existe
QI
évidemment une direction privilégiée (le sens du champ de force de gravitation), mais ses
effets, comparés à ceux qui sont pertinents pour la dynamique des petits objets (particules,
atomes, molécules, etc.), sont totalement négligeables, sauf cas très exceptionnel.
M
L’affirmation contenue dans le principe de relativité de Galilée ne requiert par nature
aucune démonstration : ériger en principe une affirmation, c’est s’en remettre pour la
preuve de sa véracité à la confrontation entre les résultats théoriques qui en découlent et
RI
les observations expérimentales. Aucune violation n’ayant été observée jusqu’à présent,
ce principe peut (et doit) être invoqué dans la construction de toute théorie physique
non-relativiste au sens d’Einstein.
OU
équivalentes. De la même façon, L ne peut dépendre du temps puisque tous les instants
se valent. Il en résulte que L est au plus une fonction de la vitesse. Utilisons maintenant
l’isotropie de l’espace : comme toutes les directions sont équivalentes, L ne peut dépendre
de l’orientation du vecteur vitesse : seul importe le module de ce vecteur. Celui-ci pouvant
lsu
L = f v2 , (2.1.1)
R t2
S= t1
Ldt avec δS = 0 (2.1.2)
nées dans deux repères galiléens R et R0 sont ~r et ~r0 , R0 étant animé d’une vitesse V~ par
rapport à R ;on a :
~r0 = ~r − V~ t, ~v 0 = ~v − V~ . (2.1.3)
Dans chacun de ces repères, le mouvement est décrit par les équations de Lagrange dé-
duites du principe de moindre action. Soit L et L0 les deux Lagrangiens manipulés par
deux observateurs appartenant l’un à R, l’autre à R0 . Comme pour ces deux observateurs
les lois du mouvement doivent être les mêmes, les deux actions S et S 0 ne doivent dif-
I
férer que d’une constante ; ce sera le cas si L − L0 est une dérivée totale en temps, dont
QI
l’intégration conduisant à l’action donnera un terme constant. Plus précisément, les deux
observateurs vont respectivement écrire :
M
R t2 R t2
δ t1
Ldt = 0, δ t1
L0 dt = 0 (2.1.4)
où g est une fonction du temps paramétrée par les conditions initiales. Le deuxième
OU
observateur trouvera la même loi, exprimée par la même fonction g mais paramétrée par
les conditions initiales mesurées dans R0 :
Le temps est le même dans les deux référentiels. Compte tenu du fait que les équations
du mouvement s’obtiennent par variation de L, qui est une intégrale sur le temps, les lois
du mouvement (traduites par la fonction g) seront les mêmes dans R et R0 pourvu que L
lsu
L = f (v 2 ) , L0 = f (v 02 ) (2.1.7)
Ce
∂f ∂f
L0 = f v 2 − 2~v .V~ 2 = L − 2~v .V~ 2 . (2.1.9)
∂v ∂v
Le terme additionnel doit être de la forme (d/dt) • pour que les lois trouvées dans R et
f (v) = av 2 ⇐⇒ L = av 2 . (2.1.10)
I
invariant pour une transformation finie :
QI
2
L0 = av 2 = a ~v − V~ = a v 2 − 2~v .V~ + V 2 . (2.1.11)
M
Ceci peut s’écrire :
d d
L0 = av 2 + a −2~r.V~ + V 2 t = L + φ. (2.1.12)
dt RI dt
L=T −V (2.1.13)
L’énergie potentielle V est a priori une fonction des trois coordonnées d’espace, ou
de tout autre jeu de coordonnées fixant sans ambiguïté la position de la particule dans
l’espace. V est la représentation désincarnée physiquement de l’action de l’extérieur sur
Ce
la particule (celle-ci étant le système d’étude) : on a remplacé tous les autres systèmes en
interaction avec la particule par un champ de forces “éthérées” ; ces forces agissent sur la
particule, qui n’a en retour aucune influence sur elles. C’est ainsi que s’introduit la notion
de champ en Physique.
La symétrie proclamée par le principe de Galilée sur l’espace où plongent les systèmes
physiques est une symétrie universelle. De surcroît, un système donné, dans un environne-
ment donné, peut posséder des symétries internes propres. Il convient de bien distinguer
l’invariance universelle résultant des hypothèses d’isotropie et d’homogénéité de l’espace,
de l’invariance, pour un système donné, résultant de sa symétrie propre. L’invariance eu-
clidienne affirme que les propriétés de tout système sont indifférentes à la position ou à
I
ne donne lieu à aucun travail de la force de pesanteur). Il en résulte que les propriétés
QI
d’équilibre ne dépendent que de z : l’équilibre dans un plan perpendiculaire à Oz est
indifférent aux valeurs de x et de y. Ces deux coordonnées absentes de l’énergie potentielle
sont appelées variables cycliques et entraînent la conservation de l’impulsion dans un plan
M
horizontal (px et py sont des constantes du mouvement). La symétrie correspondante est
une symétrie de translation parallèlement au plan xOy : l’image de tout point d’équilibre
dans une telle translation est aussi un point d’équilibre. Ceci constitue un exemple de
RI
propriété invariante dans une opération géométrique : c’est l’une des symétries du système.
La situation est identique pour une particule de charge q plongée dans un champélectrique
OU
extérieur E~ Le Lagrangien s’écrit alors :
1
~r .
L = mv 2 − −q E.~ (2.1.14)
2
Le champ définit une direction remarquable : il est tout indiqué, pour la commodité, de
sB
choisir l’un des axes du repère (cartésien) parallèle à ce champ, soit Oz pour fixer les
idées. Il vient alors :
lsu
1
L = mv 2 + qEz (2.1.15)
2
et on se retrouve exactement dans la même situation que pour la pesanteur, étudiée
localement à la surface terrestre – ou plus généralement au voisinage de tout point dont
Ce
le noyau est une opération blanche, qui ne change en rien l’état du système. L’électron
se moque de savoir ce que le physicien définit comme étant les trois axes d’un repère
cartésien. Ici d’ailleurs, les coordonnées sphériques s’imposent, toujours pour des raisons
de commodité ; il en faut trois : r et les deux angles θ (latitude) et φ (azimut) définis
comme d’habitude. Maintenant, les deux variables cycliques sont ces deux angles : ils
n’apparaissent pas dans le Lagrangien. Il s’agit encore d’une symétrie qui, comme toujours,
produira une loi de conservation : ici, celle du moment cinétique orbital de l’électron.
I
toujours l’axe Oz. Le Lagrangien contient maintenant un terme de plus :
QI
1 e02
L = mv 2 + + eEz (2.1.17)
2 r
M
et, visiblement, la symétrie est abaissée par l’adjonction du champ externe : il n’y a
maintenant invariance que par rapport aux rotations autour de l’axe Oz – et également
par rapport aux réflexions par rapport à tout plan contenant ce même axe. On dit que
RI
le champ a brisé la symétrie sphérique, tout en préservant la symétrie cylindrique et la
symétrie miroir ; au passage, on notera que le phénomène de brisure de symétrie fonctionne
par tout ou rien : un champ infinitésimal fait changer qualitativement la symétrie. Il y
OU
a maintenant moins de variables cycliques que précédemment. Notons que, grâce à la
symétrie de réflexion, les deux mouvements qui se correspondent dans cette opération
sont physiquement équivalents ; pour deux tels mouvements, l’électron tourne dans un
sens ou dans le sens contraire autour de Oz. Les propriétés physiques ne dépendront donc
sB
ment par l’absence dans le Lagrangien de certaines coordonnées, pourtant nécessaires par
ailleurs pour fixer la position du système dans l’espace : ce sont ces variables absentes qui
sont appelées variables cycliques et c’est cette absence qui produit automatiquement les
lois de conservation des moments conjugués correspondants. En effet, dans les notations
traditionnelles, les équations de Lagrange sont :
d ∂L
dt ∂ q̇i
− ∂L
∂qi
= 0 ⇐⇒ d
p
dt i
= ∂L
∂qi
(2.1.18)
Imaginons que l’une des coordonnées, qi0 , n’apparaît pas dans L ; la dérivée correspondante
∂L/∂qi0 est donc identiquement nulle ; par l’équation ci-dessus, il en résulte immédiate-
ment que pi0 = Cste .
Dans cette section, nous allons passer en revue les transformations d’espace et de
temps fondamentales en mécanique quantique non relativiste, et nous allons établir la
forme de l’opérateur qui leur est associé.
I
En mécanique classique, une transformation d’espace correspond à une fonction des
QI
coordonnées :
~r → f (~r) (2.2.1)
M
D’après le principe de correspondance, la même transformation en mécanique quantique
doit être décrite par des actions sur l’opérateur ~r. Mais cette transformation doit pouvoir
se décrire par une transformation unitaire : RI
f (~r) = Uf†~rUf (2.2.2)
OU
et les kets sont transformés selon :
En effet, on a
f (~r) = Uf†~rUf
lsu
~rUf = Uf f (~r)
~rUf |~r0 i = Uf f (~r) |~r0 i
= Uf f (~r0 ) |~r0 i
Ce
= f (~r0 ) Uf |~r0 i
Ce qui traduit que Uf (~r0 ) est donc vecteur propre de ~r de valeur propre f (~r0 ). Mais par
définition des vecteurs propres de ~r, on a
|ψi → Uf |ψi
†
ψ (~r) = h~r |ψi → h~r| Uf |ψi = Uf† |~ri |ψi
Mais
f −1 (~r) = Uf ~rUf†
et, par définition f −1 (f (~r)) = ~r donc Uf f (~r) Uf† = Uf Uf†~rUf Uf† = ~r. Or, d’après le
résultat précédent,
I
Uf† |~ri = |f −1 (~r)i
QI
h~r| Uf |ψi = hf −1 (~r)| ψi = ψ (f −1 (~r))
[Link] Translations
M
Considérons une translation par a d’un système à un degré de liberté :
x→x+a (2.2.7)
RI
On cherche un opérateur T (a) tel que
OU
T † (a) xT (a) = x + a (2.2.8)
Notons au passage que les opérateurs T (a) forment un groupe. En particulier, T (a) T (b) =
T (b) T (a) = T (a + b).
Essayons maintenant de trouver une forme explicite de l’opérateur T (a). Pour cela,
considérons une translation infinitésimale T (δ), et faisons un développement limité de
T (δ) :
T (δ) = 1 − iδK + O δ 2 (2.2.12)
Le facteur −1 est conventionnel, mais le choix d’un facteur i est intéressant car il conduit
à un opérateur K hermitique. En effet, T (δ) étant unitaire, on a :
T † (δ) T (δ) = 1
soit
1 − iδK + iδK † + O (δ 2 ) = 1
(2.2.13)
I
K† = K
QI
Reportons ce développement limité dans la relation [x, T (a)] = aT (a). Il vient :
[x, 1 − iδK] = δ1 + O (δ 2 )
M
→ [x, K] = i1
[Link] Rotations
[Link] Parité
~r → −~r (2.2.15)
I
L (q̇, q) = L (−q̇, q) (2.2.17)
QI
ou que le Hamiltonien soit invariant par changement du signe de p~
M
Dans ce cas, si le couple (~r (t) , p~ (t)) est solution, le couple (~r (−t) , −~p (−t)) est également
solution. RI
On est donc naturellement amené à considérer la transformation définie par :
(
θ−1~rθ = ~r
(2.2.19)
OU
θ−1 p~θ = −~p
θ |ψi = |ψ ∗ i (2.2.20)
sB
et donc, antiunitaire.
lsu
i
U (t, t0 ) = e− ~ H(t−t0 ) (2.2.21)
Du point de vue de Heisenberg (ou point de vue passif), ce sont les observables qui sont
transformées :
AH (t) = U † (t, t0 ) AU (t, t0 ) (2.2.22)
Du point de vue de Schrödinger, ce sont les vecteurs d’états qui sont transformés :
dAH 1
= [AH , H] (2.2.24)
dt i~
I
De fait, la notion d’invariance par rapport à certaines transformations peut aussi résulter
QI
de la formalisation d’un problème donné en termes d’objets qui n’ont pas en eux-mêmes
une signification physique directe, si toutefois les éléments de la réalité physique peuvent
en être déduits.
M
C’est le cas de l’invariance de jauge pour
le champ électromagnétique. Pour une par-
ticule de charge q soumise à un champ E, ~ B~ , on sait poser d’emblée les équations du
mouvement à l’aide des champs, enécrivant l’équation RI
fondamentale
de la Dynamique où
figure l’expression de la force de Lorentz F~L = q E ~ D’un autre côté, il se ré-
~ + ~v × B
vèle commode pour les calculs d’exprimer les champs eux-mêmes à l’aide des potentiels.
Pour un même champ, on peut définir une infinité de potentiels se déduisant les uns des
OU
autres par ce que l’on appelle une transformation de jauge, et qui tous donnent les mêmes
équations du mouvement en Mécanique Classique : les potentiels dépendent de la jauge
choisie mais les champs eux-mêmes – et donc les forces – n’en dépendent pas. En d’autres
termes, les équations de Maxwell sont invariantes quand on passe d’un certain potentiel
sB
U, A à un autre, U , A .
~ 0 ~0
lsu
importante, est celle où l’hamiltonien est invariant par une opération de symétrie. Par
exemple dans un potentiel central, l’hamiltonien est manifestement invariant par rotation.
De façon générale, cette invariance se traduit par le fait qu’il existe un opérateur K (et
même une famille d’opérateurs dans le cas des symétries continues) tel que
K −1 HK = H ⇐⇒ [H, K] = 0 (2.4.1)
De façon tout à fait générale, cette relation implique que si |ψi est état propre de H,
K |ψi l’est aussi. En effet, si H |ψi = E |ψi,
Ainsi, si K |ψi n’est pas proportionnel à |ψi, la valeur propre E est dégénérée. Si
l’opérateur K est diagonalisable cela implique qu’on peut diagonaliser H et K dans une
base commune. Enfin, si K est hermitique, cela implique qu’il correspond à une quantité
conservée. De ce point de vue, les différentes symétries présentées dans la section précé-
dente (parité, renversement du temps, translations, rotation) se séparent naturellement en
deux classes : les symétries discrètes et les symétries continues. Étudions les conséquences
de l’invariance de l’hamiltonien dans ces différents cas.
I
2.4.1 Symétries discrètes
QI
Ce sont les symétries qui n’engendrent qu’un nombre fini de transformations. Parmi
les symétries précédentes, il s’agit de la parité et du renversement du temps. Mais en
physique du solide, ce cas comprend aussi toutes les symétries du groupe ponctuel (plans
M
miroirs, axes d’ordre n, etc...). Regardons de plus près les deux cas pour lesquels nous
avons établi la forme des opérateurs.
dans certains cas à une dégénérescence. Ce sera le cas pour les états propres de H tels
que θ |ψi ne soit pas proportionnel à |ψi.
Pour préciser dans quels cas on peut s’attendre à trouver une dégénérescence, remar-
sB
quons tout d’abord que θ2 ne change pas le système. Il doit donc être proportionnel à
l’identité à un facteur de phase près :
θ2 = eiα (2.4.3)
lsu
[Link] Parité
I
2.4.2 Symétries continues
QI
Dans le cas des translations ou des rotations, nous avons vu que les opérateurs se
i
transforment à l’aide d’opérateurs unitaires de la forme e ~ ~r.~p pour les translations. En
M
fait, on peut démontrer que pour tout groupe d’opérateurs unitaires dépendant d’une
variable continue α et satisfaisant la relation
RI
U (α1 + α2 ) = U (α1 ) U (α2 ) (2.4.6)
U = e−iαT (2.4.7)
U † (α) HU (α) = H
d’où
[H, U (α)] = 0 (2.4.8)
Ce
Pour que les transformations U (α) forment un groupe, elles doivent contenir U (α = 0) = .
Faisons un développement limité de U (α) autour de α = 0. Il vient :
Pour les symétries continues, il existe ainsi un opérateur hermitique, donc une ob- servable,
qui commute avec l’hamiltonien. Autrement dit, le générateur de la trans- formation est
une quantité conservée.
I
2. Le produit est associatif : a (bc) = (ab) c.
QI
3. Il existe un élément neutre e ∈ G tel que ea = ae = a ∀a ∈ G.
M
Le groupe est dit commutatif si ab = ba ∀a, b. Il est dit fini s’il possède un nombre fini
d’éléments. Il est dit discret si le nombre d’éléments est fini ou dénombrable. Il est dit
continu sinon. RI
Exemple : Le groupe des translations
OU
2.5.1 Représentation d’un groupe
On appelle représentation de dimension n d’un groupe tout ensemble de matrices
(n × n) isomorphe au groupe et tel que si R (a) désigne la matrice associée à l’élément a
sB
du groupe, on ait :
R (ab) = R (a) R (b) (2.5.1)
Si l’espace de dimension n dans lequel les matrices d’une représentation agissent peut
être séparé en sous-espaces tels que toutes les matrices soient diagonales par bloc, la re-
présentation est dite réductible. Si c’est impossible, la représentation est dite irréductible.
Supposons que H soit invariant par certaines opérations de symétrie, autrement dit
qu’il commute avec les opérateurs U (a) associés aux éléments a d’un groupe G.
On suppose par ailleurs que U (ab) = U (a) U (b). Soit E une valeur propre n fois dégénérée
de H
H |ψk i = Ek |ψk i k = 1, ..., n (2.5.3)
I
propres peuvent être classés en fonction des représentations irréductibles auxquelles ils
QI
appartiennent. La théorie des groupes permet de déterminer uniquement sur la base des
relations entre éléments du groupe les représentations irréductibles et la façon dont les
vecteurs associés à une représentation irréductible se transforment par les éléments du
M
groupe.
RI
OU
sB
lsu
Ce
I
QI
M
RI
OU
sB
lsu
Ce
I
QI
Comme nous l’avons énoncé à la fin du chapitre précédent, nous allons étudier le
M
groupe de rotations spatiales. Celui-ci est généré par le moment angulaire du système. Il
est noté SO (3). SO parce qu’il s’agit du groupe d’isométries de l’espace euclidien à 3
dimensions R3 et (3) car la représentation de ce groupe est de rang 3 . Le groupe SO (3)
RI
est aussi le groupe des matrices U (3 × 3) réelles, unitaires ( c’est-à-dire qui préserve la
norme U U + = U + U = Id ) et unimodulaires (det U = 1).
L’importance du groupe SO (3) réside dans le fait qu’il correspond à l’isotropie de
OU
l’espace R3 .
Dans le souci de rendre plus pertinent les groupes de rotation, nous allons rester dans
un formalisme plus général de théorie de groupe. L’application à des problèmes physiques
concrets sera faite dans les paragraphes ultérieurs.
sB
Un opérateur de rotation sera décrit par la donnée du vecteur unitaire ~u (θ, ϕ) porté
par l’axe de rotation et de l’angle de rotation ω c’est-à-dire
Ce
~ ∈ R3 =⇒ X
X ~ 0 = R (~u, ω) X
~ (3.1.1)
On a l’égalité
R (−~u, −ω) = R (~u, ω) (3.1.2)
~ 0 = R (~u, ω) X
X ~ Y~ 0 = R (~v , ω) Y~
et (d’après 3.1.1),
Y~ = S X
~ Y~ 0 = S X
~0 .
45
Groupe non commutatif : les rotations et le moment angulaire
En les combinant, on a
Y~ 0 = R (~v , ω) Y~ = R (~v , ω) S X
~ = SX
~ 0 = SR (~u, ω) X
~
soit
R (~v , ω) S = SR (~u, ω) ,
autrement dit,
R (~v , ω) = SR (~u, ω) S −1 (3.1.3)
I
En conclusion, deux rotations autour de deux axes différents ayant la même angle appar-
QI
tiennent à la même classe étant donné qu’onpeur toujours trouver un élément du groupe
permettant de transformer l’une en l’autre.
Par conséquent, deux rotations de même axe et d’angle opposé appartiennent à la
M
même classe. Par définition donc, la classe est caractérisée par l’angle modulo 2π .
Rotations infinitésimales
Du fait de la composition des rotations,
RI
h ω iN
R (~u, ω) = lim R ~u, (3.1.4)
N →∞ N
OU
R (~u, ω) peut être engendré par des rotations d’angle infinitésimale δω 1, R (~u, δω).
Soit X
~ ∈ R3 ;alors
~ 0 = R (~u, δω) X
X ~ =X
~ + δω~uΛX
~ (3.1.5)
sB
Comme l’opérateur de rotation est un opérateur unitaire, elle transforme une base
donnée en un autre base et nous savons construire la matrice de passage de la base initiale
vers la base finale. Considérons par exemple la base canonique Bi = ~i, ~j, ~k comme base
lsu
initiale et désignons par Bf = (~e1 , ~e2 , ~e3 ) la base finale obtenue par rotation autour de
l’axe ~k d’un angle θ de la base initiale. Il va de soi que l’axe ~k est invariant sous cette
rotation c’est-à-dire
Ce
~e3 = ~k (3.1.6)
puisqu’on a (
~e1 = ~i cos θ + ~j sin θ
(3.1.8)
~e2 = −~i sin θ + ~j cos θ
Le passage de Bf à Bi est donné par l’inverse de la matrice P ; la matrice associée à la
!
cos θ sin θ
R ~k, θ = P = (3.1.9)
− sin θ cos θ
Si on suppose que l’angle θ est réalisé par une suite infinie d’angles élémentaires δω
1, la rotation élémentaire d’axe ~k et d’angle δω serait, sachant que
I
δω 1 =⇒ cos δω ≈ 1 et sin δω ≈ δω, (3.1.10)
QI
!
1 δω
R ~k, δω = (3.1.11)
−δω 1
M
L’image d’un vecteur X
~ (x, y, z) par cette rotation est donc X
~ 0 (x0 , y 0 , z 0 = z) avec
! ! ! ! ! !
x0 1 δω x x + yδω x y
= = = + δω (3.1.12)
y0 −δω 1 y −xδω + y y −x
RI
qui peut encore s’écrire
OU
~ + δω~kΛX
~0 = X
X ~ (3.1.13)
~0 =
X ~ + δω~uΛX
X ~
(3.1.14)
~ + (δω.ux )~iΛX
= X ~ + (δω.uy ) ~jΛX~ + (δω.uz ) ~kΛX
~
lsu
La rotation R (~u, δω) devient donc une composition de trois rotations au deuxième
ordre près c’est-à-dire
R (~u, δω) = R ~i, ux δω R ~j, uy δω R ~k, uz δω (3.1.15)
Ce
Nous savons que les moments angulaires sont les générateurs des groupes de rotations.
Donc une représentation unitaire d’un tel groupe, associée à la rotation infinitésimale
~
Γ (~u, δω) = e−iJ.~uδω
P∞ (−iJ.~~ uδω )n
= n=0
(3.2.1)
n!
= 1 − iJ.~uδω + 0 (δω)2
~
I
soit
QI
J~ = J~†
M
Soit (Jx , , Jy , , Jz ) les composantes de J.
~ Suivant l’équation (3.1.15), on a
Γ (~u, δω) = ~ ~ ~
Γ i, ux δω Γ j, uy δω Γ k, uz δω
RI
= (1 − iJx ux δω) (1 − iJy uy δω) (1 − iJz uz δω)
= = 1 − iδω (Jx ux + Jy uy + Jz uz ) + O (δω²)
(3.2.2)
et par conséquent
sB
N
Γ (~u, ω) = limN →∞ Γ ~u, Nω
h iN
= ~ ω
1 − iJ.~u N
~ ~
Γ (~u, ω) = e−iJ.~uω = e−iJ.~ω (3.2.3)
avec ω
~ = ω~u.
Ce
Les moments angulaires obéissent à des règles de commutation particulières ; ils consti-
tuent un algèbre de Lie.
−1
R (~v , δω) = SR (~u, δω) S −1 ⇐⇒ Γ (~v , δω) = Γ (S)Γ (~u, δω) Γ (S)
~ v δω = Γ (S) 1 − iJ.~
⇐⇒ 1 − iJ.~ ~ uδω Γ (S)−1
~ uΓ (S)−1
~ v = Γ (S) J.~
J.~ (3.2.4)
~v = R (w, ~ u + O (δω²) ,
~ δω) ~u = ~u + δω wΛ~
par suite,
I
QI
~ ~ ~
~ u) = 1 − iJ.wδω
J.~v = J. (~u + δω wΛ~ ~ ~ ~
J.~u 1 + iJ.wδω
~
soit
M
h i
~ ~ ~ ~
~ u) = J.~u − iδω J.w,
J.~u + δω J. (wΛ~ ~
~ J.~u + O (δω²)
Remarque : Nous avons travaillé en unité ~ = 1. Dans le système d’unité SI, il faut
Ce
remplacer les règles de commutation [Jx , Jy ] = iJz par [Jx , Jy ] = i~Jz ; ce qui se généralise
en JΛ ~ Dans la suite, nous allons restituer l’unité ~.
~ J~ = i~J.
Par ailleurs, on vérifie aisement que
avec α = x, y, z
J² est appelé opérateur Casimir du groupe des rotations, l’équation (3.2.9) s’écrit aussi
généralement h i
~
J, J² = 0 (3.2.10)
I
3.2.2 Espace des représentations irréductibles du groupe des ro-
QI
tations
Théorème : Toute matrice M qui commute avec toutes les représentations irréduc-
M
tibles unitaires est une matrice sphérique collinéaire à la matrice identité.
D’après la relation (3.2.10) et le théorème ci-dessus, J² est proportionnel à la matirce
identité, c’est-à-dire RI
J² = k~2 1, k ∈ C (3.2.12)
c’est-à-dire J+ |mi est un vecteur propre de Jz associé à (m + 1) ~ ; ce qui veut dire J+ |mi
sB
donc la trace de Jz est nulle d’une part, et d’autre part Jz est multiple de l’identité ; il en
suit donc que ses valeurs propres sont opposées l’une de l’autre ±j.
I
⇒ k = j (j + 1)
QI
c’est-à-dire que j (j + 1) ~2 est la valeur propre de J² à une constante près. De même, on
peut vérifier que la plus grande valeur négative j 0 = −j .
M
Bien, maintenant déterminons J+ |mi et J− |mi.
De même
(3.2.17)
p
J− |mi = βm ~ |m − 1i =⇒ βm = j (j + 1) − m (m + 1)
sB
(3.2.18)
p
hjm ± 1|J± |jmi = ~ j (j + 1) − m (m ± 1)
Ce
hjm|J²|jmi = j (j + 1) ~2
Jz ω
Exemple : Dj (oz, ω) = e−i ~
soit
sin j + 12 ω
Xj (ω) = (3.2.20)
I
sin ω2
QI
On vérifie aisément que Xj (ω) = Xj (−ω). Cependant Xj (ω + 2π) = ±Xj (ω) selon j est
entier ou demi-entier. Si j est demi-entier, m est obligé de distinguer les rotations ωet
ω + 2π . Si on considère la représentation D 1 , alors J~ = 12 ~σ où σx , σy et σz sont les
M
2
!
cos ω2 − iuz sin ω2 −i (ux − iuy ) sin ω2
RI
D 1 (~u, ω) =
2
−i (ux + iuy ) sin ω2 cos ω2 + iuz sin ω2
Sa trace est donnée par X 1 = 2 cos ω2 ; ce qui est en accord avec la formule générale selon
2
laquelle la trace ne dépend pas que de ω . On a, en plus, les propriétés suivantes :
sB
Important :
! !
1 0 −1 0
D 1 (~u, ω = 0) = D 1 (~u, ω = 2π) =
2
0 1 2
0 −1
D 1 (~u, ω = 2π) = −D 1 (→
−
u , ω = 0) (3.2.22)
2 2
I
2
et D− 1 correspond la même rotation R et la seule matrice Dj (R) si j est entier et deux
QI
2
matrices ±Dj (R) si j est demi-entier. Dans ce dernier cas, on parle de groupe SU (2),
j = n2 , n = 1, ....
M
3.2.3 Etats propres du moment cinétique orbital
L’opérateur moment cinétique orbital d’une particule répérée par sa position ~r et
RI
d’impulsion p~ est défini comme
~ = ~r ∧ p~
L (3.2.23)
OU
On sait l’importance du moment cinétique L
~ en Mécanique Classique, exprimée par
le théorème dit du moment cinétique :
~
dL
= ~r ∧ F~ .
sB
dt
vecteur ~r entre deux instants t0 et t est proportionnelle au temps Σ = L (t − t0 ) /m .
~
Bien évidemment, le moment cinétique joueégalement un rôle fondamental en Méca-
nique Quantique, et ce d’autant plus que des expériences cruciales ont montré qu’il est
quantifié (par exemple : expériences de Stern et Gerlach), tout comme l’énergie des états
liés d’un système. En outre, c’est le moment cinétique (orbital ou de spin) qui permet
de comprendre la nature des sources du magnétisme, ce que la Physique classique est à
nouveau dans l’incapacité de décrire.
Par ailleurs, le moment cinétique joue un rôle central en tant que générateur des
rotations spatiales, comme on l’a vu dans le paragraphe précédent. L’importance de la
symétrie en Mécanique Quantique n’est plus à démontrer.
Enfin, force est d’admettre (au vu notamment de certaines complexités des spectres
atomiques) que les “particules” possèdent un degré de liberté intrinsèque, en tout point
analogue à un moment cinétique, mais sans équivalent classique ; ce degré de liberté a été
appelé spin 1 et est noté traditionnellement S ~ ; il fait l’objet du prochain chapitre. C’est
d’ailleurs ce degré de liberté qui conduit à définir deux grandes classes de particules, les
fermions et les bosons, dont les comportements, radicalement différents, produisent des
effets spectaculaires 2 . Pour rappeler sa nature “conventionnelle”, L~ sera souvent plus pré-
cisément appelé moment cinétique orbital, évoquant le fait qu’il est l’analogue quantique
d’un moment cińetique d’une particule qui, classiquement, serait en orbite autour d’un
I
centre fixe.
QI
En utilisant les notations ci-dessus, rappelons que
Lz |`mi = m~ |`mi
M
2 2
(3.2.24)
L |`mi = ~ ` (` + 1) |`mi
on en déduit
h i
1 ∂ ∂ 1 ∂²
2
L² = −~ sin θ ∂θ
sin θ ∂θ + sin ²θ ∂ϕ²
(3.2.26)
lsu
L± = Lx ± iLy = ~e±iϕ ± ∂θ
∂ ∂
+ i cot θ ∂ϕ
1. A l’époque où cette terminologie a été choisie, on a imaginé que ce moment cinétique représentait
une rotation de la particule sur elle-même, ce que les astronomes désignent par spin. En réalité, le spin
d’une particule n’est susceptible d’aucune représentation de cette sorte : c’est un effet spécifiquement
quantique, sans contrepartie classique.
2. C’est parce que les électrons sont des fermions que les métaux sont conducteurs de l’électricité. C’est
aussi parce qu’ils peuvent se condenser par paires que certains métaux deviennent supraconducteurs à
(très) basse température.
Ces fonctions sont appelées harmoniques sphériques. Elles forment une base orthonormée ;
en des termes de théorie de groupe, on dit que deux représentations différentes sont
orrthogonales ; elles se transforment suivant
X
Y`0 m0 = h`m|D` |`0 m0 i Y`m (3.2.28)
I
`m
QI
Dérivation de l’expression générale de Y`m
Nous savons que, (3.2.24),
Lz Y`m = m~Y`m
M
Lz ne dépendant que de ϕ , Y`m (θ, ϕ) peut s’écrire comme une fonction produit dont
une dépend de θ et l’autre de ϕ c’est-à-dire
RI
Y`m (θ, ϕ) = Kg (θ) f (ϕ) . (3.2.29)
Alors,
OU
∂
Lz Y`m = −i~ Y`m (θ, ϕ) = m~Kg (θ) f (ϕ) ,
∂ϕ
ce qui conduit à la forme de f (ϕ)
sB
et de m à la fois.
lsu
L+ Y`` = 0
soit
iϕ ∂ ∂
~e ∂θ
+ i cot θ ∂ϕ Y`` = 0
∂
∂θ
− ` cot θ g`` = 0
Mais l’équation différentielle
dg``
= ` cot θg`` (3.2.31)
dθ
a pour solution g`` (θ) = sin` θ. Ce qui conduit à
Rπ
soit |K`` |2 × 2π × I` = 1 avec I` = 0
sin θ sin2` θdθ. Pour calculer I` , on fait le changement
de variables
u = cos θ, du = − sin θdθ
R1 `
afin d’obtenir I` = −1
(1 − u2 ) du que l’on peut calculer par récurrence.
I
QI
I0 = 2
R1 2 `−1
I` = (1 − u ) (1 − u2 ) du
−1
R1 `−1
= I"`−1 − −1 u2 (1 − u2 ) du
M
1 #
2 ` 2 `
(1−u ) R 1 ( 1−u )
= I`−1 − − u 2` − −1 −2` du
−1
= I`−1 − 2`1 I`
RI
ce qui conduit à
2`
I` = I
2`+1 `−1
(2`)(2`−2)...2 (3.2.34)
× I0
OU
= (2`+1)(2`−1)...3
soit
[(2`)(2`−2)...2]2
I` = (2`+1)!
22`+1 (`!)2
(3.2.35)
= (2`+1)!
sB
r
(−1)` (2` + 1)!
K`` = ` (3.2.37)
2 `! 4π
Ce
Les autres fonctions s’en déduisent par application successive de L− , sachant que
1
Y`m−1 (θ, ϕ) = p L− Y`m (θ, ϕ) (3.2.38)
~ ` (` + 1) − m (m − 1)
avec
∂ ∂
L− = ~e −iϕ
− + i cot θ . (3.2.39)
∂θ ∂ϕ
Exemples :
1. ` = 0 r
1
Y00 (θ, ϕ) = (3.2.40)
4π
2. ` = 1 q
3
= − 8π
Y11 (θ, ϕ) sin θeiϕ
q
Y10 (θ, ϕ) = 3
4π
cos θ (3.2.41)
q
Y1−1 (θ, ϕ) = 3
8π
sin θe−iϕ
3. ` = 2 q
Y2±2 (θ, ϕ) = 15
sin2 θe±2iϕ
q 32π
15
Y2±1 (θ, ϕ) = ∓ 8π sin θ cos θe±iϕ (3.2.42)
q
5
Y20 (θ, ϕ) = (3 cos2 θ − 1)
I
16π
QI
A partir de l’action de L− , on peut établir la relation de récurrence entre les
fonctions g`m et g`m−1 . Elle correspond à
1 dg`m
g`m+1 (θ) = − p (3.2.43)
M
` (` + 1) − m (m + 1) d (cos θ)
La relation (3.2.43) permet d’obtenir les g`m (θ) à partir de g`−` (θ) en la répétant (` + m)
fois, et donc sachant que RI
` (` + 1) − m (m + 1) = (` − m) (` + m + 1) (3.2.44)
OU
`+m
(−1)`
d
g`m (θ) = p g`−` (θ) (3.2.45)
(2`) (2` − 1) .... (` − m + 1) ...1.2.... (` + m) d (cos θ)
Soit simplement
sB
s `−m
(` + m)! d
g`m (θ) = (−1) `+m
g`−` (θ) (3.2.46)
(2`)! (` − m)! d (cos θ)
s `−m
`
(−1) 2` + 1 (` + m)! −m d
Ylm (θ, ϕ) = ` sin θ sin2l (θ) eimϕ (3.2.47)
2 `! 4π (` − m)! d (cos θ)
Ce
qu’on écrit aussi en utilisant les polynômes de Legendre associés P`m (x)
r
2` + 1 m
Y`m (θ, ϕ) = eimϕ P` (cos θ) (3.2.48)
4π
Note : Le facteur (−1)` est un facteur de phase. En devéloppant ses expressions, l’on
prêtera attention à na pas mélanger les conventions de phase, lequel mixage peut être
source de nombreuses sources d’erreurs.
On a en particulier
Y`−m (θ, ϕ) = (−1)m Y`m
∗
(θ, ϕ) (3.2.49)
p²
H= + V (r) (3.3.1)
2m
En mécanique classique, la solution de ce problème repose sur le fait que le moment ciné-
I
tique est conserve. En mécanique quantique, il en va de même mais le moment cinétique
QI
est un opérateur, c’est-à-dire que nous avons les propriétés suivantes : [H, Lz ] = 0 et
[H, L²] = 0.
On a alors,
M
H |α`mi = En` |α`mi
2
L² |α`mi = ~ ` (` + 1) |α`mi (3.3.2)
Lz |α`mi = m~ |α`mi RI
où {|α`mi} est la base de l’ECOC (H, L², Lz )
En représentation position
OU
h~r|n`mi = ψn`m (~r) = Rn` (r) Y`m (θ, ϕ) (3.3.3)
En coordonnées sphériques,
sB
1 ∂f ∂ 1 1 ∂ ∂ 1 ∂²
p² = −i~²∆ = −~² r² + sin θ +
r² ∂r ∂r r² sin θ ∂θ ∂θ sin θ ∂ϕ²
1 ∂ ∂ L²
=⇒ p² = −~² r² − (3.3.4)
r² ∂r ∂r r²
Ce
Il s’agit d’une équation différentielle d’ordre 2 que l’on peut résoudre une fois connue la
forme du potentiel V (r). Il existe plusieurs cas d’applications comme celui de l’oscillateur
harmonique (à faire sous forme de TPE : discuter la solution en coordonnées
cartésiennes et sphériques) ou de l’atome d’hydrogène.
I
QI
3.4 Spectre de l’atome d’hydrogène
Le spectre de l’atome d’hydrogène est obtenu à partir de la résolution de l’équation
M
de Schrodinger. Le hamiltonien s’écrit dans le reférentiel du centre de masse, où V (r) =
e² 1
− 4πε 0 r
,
p² e² 1
H= − (3.4.1)
2m 4πε0 r RI
Exercice : Montrer (3.4.1) à partir du hamiltonien dans le reférentiel du laboratoire où m
est la masse réduite du système défini par le proton et l’électron de l’atome d’hydrogène.
Le spectre de l’hydrogène va être dégénéré. Ces propriétés de symétrie trouvent leur
OU
L² |n`mi = ~2 ` (` + 1) |n`mi
Lz |n`mi = m~ |n`mi
L’équation (3.3.5) est l’équation radiale de l’atome d’hydrogène. Elle est équivalente à
lsu
un problème à une dimension où une particule est plongée dans un potentiel effectif
Vef f (r) = ~²`(`+1)
2mr²
e² 1
− 4πε0 r
. Le terme ~²`(`+1)
2mr²
> 0 est un terme repulsif dont l’importance est
directement reliée au moment angulaire c’est-à-dire si l est grand il l’est aussi. Il constitue
une barrière centrifuge contrairement au potentiel coulombien attractif . Nous allons donc
Ce
résoudre (3.3.5) pour En ≤ 0 c’est-à-dire pour le spectre discret dont les fonctions sont
de carré sommable. Pour simplifier, utilisons le système d’unités atomiques.
E≡ E
E0
r≡ r
r0
E0 ≡ e²
a0
a0 ≡ ~²
ne²
α≡ e²
~²
(3.4.3)
Résolvons l’équation (3.4.4). Commençons par chercher la solution pour de faibles valeurs
de r. Si tel est le cas, on peut négliger les termes 2 E + 1r devant − `(`+1) . Alors, (3.4.4)
r²
devient
00 ` (` + 1)
χn` − χn` = 0 (3.4.5)
r²
En cherchant la solution χn` (r) sous la forme rs , on obtient l’équation
s (s − 1) = ` (` + 1)
I
s = ` + 1 ou s = −` (3.4.6)
QI
L’intégrale de normalisation impose que la fonction d’onde soit convergente (physiquement
acceptable), il vient que la solution à choisir est s = ` + 1. Pour r petit, χn` (r) ∝ r`+1 .
M
Maintenant, intéressons-nous au cas des grandes valeurs de r. Effectuons le changement
de variable
√
λ = −2E
RI
pour des niveaux d’énergie négative. Dans ce cas, on néglige les termes en 1/r et en 1/r2
OU
devant E = −λ2 . L’équation devient
00
χn` − λ2 χn` = 0 (3.4.7)
sB
ses solutions possibles sont e±λr . En raison, une fois de plus de la convergence de la condi-
tion de normalisation, seule la solution e−λr est retenue. Pour les valeurs intermédiaires
x
de r, on pose x = λr et χn0 ` ∼ x`+1 e− 2 f (x) , et on cherche la fonction f (x) = ∞ j
P
j=0 aj x
sous la forme de développement en série. L’équation (3.4.4) devient
lsu
∞
X
{[j (j + 1) + 2 (` + 1) (j + 1)] aj+1 + (λ − ` − 1 − j) aj } xj = 0 (3.4.8)
j=0
Ce
(` + j + 1 − λ)
aj+1 = aj (3.4.9)
j (j + 1) + 2 (` + 1) (j + 1)
aj+1 1
lim = (3.4.10)
j→∞ aj j
et vaut
λ = n0 + ` + 1 (3.4.11)
e²
En0 ` = − , n0 = 0, 1, 2, ..... (3.4.12)
2a0 (n0 + ` + 1)2
I
` fixés sont dégénérés en énergie, laquelle ne dépend que de la somme n0 + ` + 1 . Les
QI
états sont libéllés par les nombres quantiques ` (angulaire) et m (orbital) et aussi par
n = n0 + ` + 1 appelé nombre quantique principal. Or n0 désignant le nombre de noeuds,
il doit être ≥ 0 c’est-à-dire
M
n − ` − 1 ≥ 0 =⇒ ` ≤ n − 1 (3.4.13)
Pour récapituler, on a
En = −
1
2n²
RI
, n = 1, 2, ..... (3.4.14)
Il vient de tout ce qui précède que la classification des états atomiques est clai-
rement définie pour H. Juste à titre de rappel (cf cours atomistique), on dit que la
couche n contient n sous-couches (` = 0, .....n − 1) ayant chacune à leur tour 2` + 1 états
Ce
n−1
X n
X
g= (2` + 1) = 2 ` + n = n² (3.4.16)
`=0 `=0
`: 0 1 2 3 4 . . .
s p d f g . . .
I
nombre quantique `. Cette dégénérescence “additionnelle” se présente à chaque fois que
QI
l’équation aux valeurs et fonctions propres peut être résolue dans différents systèmes de
coordonnées et doit pouvoir se relier ô une symétrie qui n’est pas forcément de nature
géométrique. Ces symétries sont appelées symétries dynamiques car elles résultent d’une
M
forme très particulière de l’énergie potentielle, disparaissant au moindreécart par rapport
ô cette loi. Ici, il s’agit du potentiel Coulombien pur, en 1/r ; tout terme additif (effet
d’écran à longue portée, répulsion ô courte distance, etc.) supprime cette dégénérescence
RI
“accidentelle” (elle ne fut pas tout de suite reconnue commeémanant d’une symétrie rela-
tivement subtile).
Classiquement, on sait que le potentiel Coulombien donne lieu à une constante du
OU
mouvement remarquable, le vecteur dit de Lenz-Runge A
~ dont la définition est :
A ~ − e02 ~r .
~ = 1 p~ ∧ L (3.4.17)
m r
sB
Il n’est pas difficile, en effet, de montrer que les crochets de Poisson de n’importe laquelle
des composantes de ce vecteur avec H sont nuls. L’opérateur quantique correspondant se
forme en symétrisant comme d’habitude :
lsu
~ = 1 p~ ∧ L ~ ∧ p~ − e02 ~r .
A ~ −L (3.4.18)
m r
~ et L
A ~ commutent pas entre eux. Les commutateurs correspondants s’expriment (à dé-
Ce
et on trouve :
i~
[Lu , Av ] = i~uvw Aw [Au , Av ] = −2 m uvw Lw H
(3.4.20)
2
[Lu , Av ] i~uvw (Lu Aw + Aw Lu ) ~ A
L. ~ = ~L
A. ~ =0
Cecié tant, on peut voir immédiatement que l’existence de cette constante du mouvement
propre au champ Coulombien conduit à une dégénérescence de l’énergie vis-à-vis de ` En
effet, par (3.4.21), on a :
hn`m |[H, Az ]| n`0 mi = 0. (3.4.22)
Comme Az et L2 ne commutent pas, on peut affirmer que sur la base propre de L2 où cet
I
opérateur est représenté par une matrice diagonale, la matrice de Az n’est pas diagonale ;
QI
ses éléments non-diagonaux sont donc, en général, non nuls. Il résulte alors nécessairement
de (3.4.23) que :
(3.4.24)
M
En` = En`0 ,
Les trois composantes de L ~ sont les générateurs infinitésimaux des rotations dans
R3 et forment une algèbre fermée ; on peut donc se poser la question de l’identification
sB
A − A
2E
~r = (r1 , r2 , r3 ) p~ = (p1 , p2 , p3 )
(3.4.26)
~ = (Lx , Ly , Lz ) ≡ (L23 , L31 , L12 )
L
[Lij , Lk` ] = i~ (L`i δjk + Lkj δi` + Lik δj` + L`` δik ) (3.4.29)
montrant que les Lij forment une algèbre fermée. Cette équation constitue aussi une
écriture compacte, pour ces 6 générateurs, des relations de commutation des composantes
du moment cinétique et du vecteur de Lenz- Runge. On peut alors concevoir que, tout
comme Lx , Ly et Lz sont des générateurs des rotations dans R3 , groupe désigné par O (3),
les 6 générateurs ainsi définis constituent ceux d’un groupe d’opérations dans un espace
I
plus vaste ; il s’agit en fait du groupe des rotations dans R4 , noté O (4). Bien sûr, la
QI
symétrie correspondante n’est pas de nature géométrique puisque r4 et p4 n’ont pas le
sens physique d’une coordonnée et d’un moment conjugué. Il s’agit cependant bel et bien
d’une symétrie au sens général, symétrie induisant la dégénérescence sur le nombre `.
M
3.5
RI
Vecteurs, tenseurs et théorème de Wigner Eckart
De même qu’il est utile de classer les opérateurs vectoriels en vecteurs axiaux ou
OU
polaires suivant comment ils se transforment vis-à-vis de la parité, il est très utile de
classer les familles d’opérateurs en vecteurs à 3 composantes et plus généralement en
tenseurs à 2` + 1 composantes suivant la façon dont ils se transforment vis-à-vis des
rotations.
sB
3.5.1 Vecteurs
lsu
on a :
R† (~ ~ (~
α) AR α) = Rα~ A~ (3.5.1)
3.5.2 Tenseurs
où les matrices D`k (Rα~ ) constituent une représentation du groupe des rotations.
Remarque 1 : C’est bien une généralisation de la notion de vecteurs. En effet, pour
I
un vecteur, on a :
QI
R−1 (~ ~ (~
α) AR ~
α) = Rα~ A (3.5.4)
M
tésiennes.
Remarque 2 : Cette convention pour définir les tenseurs vient d’un autre point
de vue, celui des transformations canoniques. Par analogie avec la mécanique classique,
RI
une transformation canonique est une transformation qui ne change aucune propriété du
système. Une telle transformation consiste à changer simultanément les vecteurs et les
opérateurs. Mais si on change les vecteurs et les opérateurs à l’aide d’un opérateur U :
OU
A → U AU † (3.5.6)
pour que les valeurs moyennes ne soient pas modifiées. Autrement dit, la transformation
canonique associée à une opération de symétrie est décrite par :
lsu
|ψi → U |ψi
(3.5.7)
A → U AU †
Ce
Comme en mécanique classique, une transformation canonique bien choisie peut considé-
rablement simplifier le problème.
k
X 0 (k)
α) Tkq R−1
R (~ (~
α) = Tkq Dqq0 (Rα~ ) (3.5.9)
q=−k
I
QI
Proposition : Si A
~ est un vecteur, les opérateurs :
Ax −iAy
T1−1 = √ , T10 = Az T11 = Ax +iAy
√ (3.5.11)
M
2 2
(
m0 = m+q
(3.5.13)
|j − j 0 | ≤ k ≤ j + j 0
Ce
rang 0 → ~B
A. ~
rang 1 → ~∧B
A ~
rang 2 → A1 B2 + A2 B1 , A1 B3 + A3 B1 , A2 B3 + A3 B2 , A1 B1 − A2 B2 , 3A3 B3 − A.
~B ~
(3.5.14)
Particules de spin 21
I
QI
Dans ce chapitre, il est question de décrire les degrés de liberté internes d’une particule
formés par son spin encore appelé moment angulaire intrinsèque. En étudiant l’hydrogène,
l’état quantique est décrit par sa fonction d’onde |ψi vue comme un état de l’espace de
M
Hilbert H = L2 (R3 ) de dimension infinie.
Pour certaines particules comme l’électron, l’expérience montre qu’elles possèdent un
moment cinétique intrinsèque S ~ ou spin et qu’il ya seulement deux états distincts de spin.
RI
Cette quantité n’a pas d’analogue classique ; elle est purement quantique et fondamentale.
OU
Jusqu’à présent, toute particule a été considérée comme ponctuelle et sans aucune
structure ou degré de liberté interne. Dans cette optique, en représentation position pour
fixer les idées, tous les degrés de liberté quantiques sont exprimables à l’aide des trois
lsu
Une telle description est insuffisante, comme on va le voir. Cette insuffisance provient
des preuves expérimentales démontrant qu’une particule telle que l’électron possède un
moment magnétique propre, indépendamment de tout mouvement de rotation dans l’espace
autour d’un centre. L’existence de ce moment magnétique entraîne à son tour l’existence
d’un moment cinétique propre, ou intrinsèque, qui a été baptisé spin car on croyait au
début que ce degré de liberté était lié à une rotation de la particule sur elle-même 1 . Ce
degré de liberté est “interne” – bien que l’électron continue à être considéré comme une
particule ponctuelle ; c’est, au même titre que la charge ou la masse, un attribut intrin-
sèque, donné une fois pour toutes. Il s’avère impossible de donner du spin une image
67
1
Particules de spin 2
classique ; se représenter l’électron comme une petite bille de rayon non-nul qui tourne
sur elle-même conduit à des absurdités 2 . Il reste cependant que le spin d’une particule
est son moment cinétique dans le référentiel où elle est au repos. L’hypothèse du spin
de l’électron a été formulée par Uhlenbeck et Goudsmit en 1925 pour rendre compte des
spectres des atomes complexes ; alliée au Principe de Pauli, elle est le fondement de la clas-
sification périodique des éléments de Mendeleiev. Bien au-delà de ces vertus explicatives,
cette hypothèse a des implications et des conséquences considérables : le spin permet de
distinguer deux classes de particules – les bosons et les fermions ; c’est cette distinction
qui permet, par le jeu de statistiques bien différenciées, de comprendre ni plus ni moins
I
que la stabilité de la matière.
QI
Les preuves de l’existence d’un moment magnétique propre de l’électron sont multiples.
L’expérience la plus importante – sur ce point comme pour d’autres – est certainement
M
l’expérience de Stern et Gerlach. Dans sa version historique, elle impliquait des atomes
d’argent dans l’état fondamental dont la symétrie sphérique exclut l’existence d’un mo-
ment cinétique de type orbital non-nul en moyenne et, par voie de conséquence, celle d’un
moment magnétique permanent. Un moment cinétique orbital fini à lui seul aurait pu
RI
expliquer l’existence d’un moment magnétique engendré par une boucle de courant, mais,
de toute façon, le nombre de taches observées sur l’écran est incompatible avec un moment
OU
cinétique orbital : on observe deux taches (nombre pair) alors qu’un moment cinétique
orbital conduit à un nombre impair de valeurs possibles pour la projection le long d’un axe
donné. L’observation d’un nombre pair de taches exclut un moment magnétique d’origine
orbital, lié classiquement au moment cinétique par le facteur gyromagnétique ordinaire.
sB
Une autre preuve est fournie par l’effet Zeeman anormal. L’effet Zeeman désigne
généralement l’éclatement des raies spectrales d’un atome quand on le soumet à un (petit)
champ magnétique ; en présence du champ, chaque raie devient en général multiple et
lsu
est composée de plusieurs raies très voisines (splitting), dont l’écart en fréquence par
rapport à la raie unique observée en l’absence de champ est, en champ faible, simplement
proportionnelle au module du champ appliqué. Les premières observations faisaient état
d’une raie en champ nul se décomposant en trois raies très proches, plus généralement en
Ce
un nombre impair de raies, dont une explication a même pu être fournie dans le cadre
de l’Ancienne Théorie des Quanta. En revanche, des observations ultérieures ont révélé
la possibilité d’un éclatement en un nombre pair de raies, phénomène incompréhensible
tant que seuls des moments cinétiques orbitaux sont en jeu.
Enfin, l’existence de la structure fine, que nous verrons plus tard, apporte une autre
preuve de l’existence du moment magnétique propre de l’électron.
2. Par exemple, on trouve qu’un point situé à la périphérie de l’électron a une vitesse linéaire très
supérieure à c !!!
Considérons une particule de masse m et de charge q décrivant une orbite fermée dans
un champ à force centrale. Sa position et son moment sont ~r (t) et p~ (t). Soit dA
~ l’élément
de surface balayé par le rayon vecteur. Elle satisfait
~
dA 1 1 ~
= ~rΛ~p = L (4.2.1)
I
dt 2m 2m
QI
où L
~ est le moment angulaire de la particule. Etant donné que la champ est central alors
~r ⊥ p~ à tout instant t et L~ est un vecteur fixe perpendiculaire au plan de l’orbite. En
intégrant l’équation (4.2.1) sur une période T , on a
M
~= T L
A ~ (4.2.2)
2mRI
Le courant induit par le mouvement est I = q/T et le moment magnétique induit µ ~ par ce
courant est
µ
~ = IA ~= q L ~ = γL
~ (4.2.3)
OU
2m
γ = 2mq
est le rapport gyromagnétique ; ce qui veut dire que le mouvement de l’électron sur
son orbite donne lieu au magnétisme atomique. Comme l’unité fondamentale de moment
cinétique est ~, il est d’usage, pour l’électron par exemple, d’écrire le moment magnétique
sB
~
q~ L
µ
~= , (4.2.4)
2m ~
lsu
q~
µB = = −0, 9274.10−23 Joule/Tesla = −5, 789.10−5 eV/Tesla. (4.2.5)
2m
Ce
|q| ~
µB = = 5, 051.10−27 Joule/Tesla = 3, 153.10−8 eV/Tesla.
2m
~
dL
=µ ~ = q LΛ
~ ΛB ~ B~ = − q BΛ
~ L~ (4.2.7)
dt 2m 2m
I
4.3 Expérience de Stern et Gerlach
QI
Stern et Gerlach ont réalisé leur expérience en 1921. Un faisceau d’atomes d’argent
quitte un four et est collimaté sur l’écran (E) après être passé entre deux poles d’un
M
aimant ayant un champ magnétique non uniforme B ~ = Bz~k 3 .
Du fait de son électron de valence, l’atome d’argent possède un moment magnétique
comme nous l’avons vu au paragraphe précédent. Cependant, la dynamique est simplifiée
RI
étant donné l’absence de la force de Lorentz, vu que l’atome d’argent est électriquement
neutre. L’énergie potentielle due au champ magnétique B ~ est donc
OU
~
u = −~µ · B
~ =⇒ Fz = uz ∂Bz
sB
F~ = −∇u (4.3.1)
∂z
1. Quand le champ magnétique est nul, les atomes arrivent au voisinage d’un point
de l’écran et forment un spot de taille finie à cause de la dispersion de leur vitesse.
Ce
3. A proprement parler, B~ n’est pas strictement parallèle à Oz ; car si c’était le cas, ∂Bz
= 0 serait
∂z
~ B
incompatible avec l’équation de Maxwell ∇. ~ = 0.
~ = γ J~ =⇒ µ
µ ~ J~ = iγ²J~ = iγ~µ
~ Λ~µ = γ² JΛ
I
hamiltonien est H = −~µ.B,~
QI
d Dh
~
iE
h~µi = i h[~µ, H]i = −i µ ~, µ
~ .B
dt
M
or µ ~ = µj Bj et [A, BC] = B [A, C] + [A, B] C
P
~ .B j
ce qui conduit à
OU
" #
X X X
µk , µj Bj = iεjk` γµ` Bj = iγ ~ µ
εjk` µ` Bj = iγ BΛ~
k
j j j
sB
h i
µ~, µ ~ ~ µ
~ .B = iγ BΛ~
lsu
d ~ = −γ BΛ
h~µi = γ h~µi ΛB ~ h~µi (4.4.1)
dt
Ce
L’équation (4.4.1) est identique à (4.2.7) ; seulement dans ce cas l’expérience montre que,
dans le cas du spin,
q
γS = (4.4.2)
m
au lieu de γ = 2m
q
dans le cas classique.
Et on écrit alors
µ ~
~ S = γS S (4.4.3)
où S~ est le moment angulaire intrinsèque de l’électron. Ses projections sur l’axe z dans
l’expérience Stern-Gerlach ne peuvent prendre que les valeurs ± ~2 .
Le spin, étant un moment cinétique, obéit aux règles de commutation de l’algèbre de
Lie
~ S
SΛ ~ = i~S~
[Sα , S²] = 0
[Sz , S± ] = ±~J± (4.4.4)
S− S+ = S² − Sz2 − ~Sz
S+ S− = S² − Sz2 + ~Sz
I
4.5 L’espace des états de spin
QI
Le fait que les seules valeurs possibles de la projection Sz de S
~ sur l’axe z soient ± ~
M
2
, définit un espace de Hilbert dit de spin de dimension deux, engendré par les deux états
propres correspondants que nous allons noter respectivement |+i et |−i 4 . Ainsi tout état
de H est une superposition linéaire de |+i et |−i c’est-à-dire
RI
∀ |ψi ∈ H, ∃a, b ∈ C, |ψi = a |+i + b |−i (4.5.1)
OU
~
Sz |+i = ~
2
|+i , Sz |−i = − |−i (4.5.2)
2
3
S 2 |±i = ~2 |±i (4.5.3)
4
sB
Il ressort de l’analyse que l’on vient de faire le rôle important joué par l’axe Oz ; il
n’en n’est pourtant rien car il n’ya pas de direction privillégiée.
Une analogie peut être établie avec l’espace R2 , où on définit les vecteurs de base
lsu
comme suit : ! !
1 0
|+i = |−i = (4.5.4)
0 1
à partir desquels on peut déduire la représentation matricielle de Sz , en utilisant la relation
Ce
~
Sz = (|+i h+| − |−i h−|) (4.5.5)
2
!
~ 1 0
= (4.5.6)
2 0 −1
4. Par analogie avec l’espace R2 , ces états sont aussi désignés respectivement par les vecteurs ~i et ~j.
On les note souvent |1i et |0i par analogie avec les variables binaires.
S+ |+i = 0, S− |−i = 0
S+ |−i = ~ |+i , S− |+i = ~ |−i
S+ = ~ |−i h+|!, S− = |−i h+|! (4.5.7)
0 1 0 0
S+ = ~ , S− = ~ ,
0 0 1 0
I
QI
Sy = 2i1 (S+ − S− ) ! !
0 1 0 −i
Sx = ~2 et Sy = ~2 (4.5.8)
1 0 i 0
M
Ces matrices Sx , Sy et Sz sont collinéaires aux matrices de Pauli,
~ = ~ ~σ
S (4.5.9)
2
Supposons que l’on s’intéresse maintenant au spin S ~ mais dans une direction quel-
conque ~u donnée définie par ses angles sphériques (θ, ϕ). La projection du spin dans cette
sB
direction est
~ u = Sx sin θ cos ϕ + Sy sin θ sin ϕ + Sz cos θ
Su = S.~
!
1 cos θ e−iϕ sin θ
Su = (4.5.11)
2 eiϕ sin θ − cos θ
Ce
En utilisant les connaissances de l’algèbre, les valeurs propres et les vecteurs propres
associés peuvent être obtenus aisément. Les valeurs propres donneront quant-à elles celles
de Sz c’est-à-dire ± ~2 ; ce qui est satisfaisant étant donné que toutes les directions de
l’espace sont équivalentes. Autrement dit, la rotation en bloc de l’appareil expérimental de
Stern et Gerlach ne modifierait aucunement les résultats. Utilisons la D 1 pour déterminer
2
les valeurs propres de Sx , Sy que nous notons respectivement |±ix et |±iy .
La représentation d’un groupe de rotation d’axe ~u et d’angle ω est donnée par (3.2.21)
!
cos ω2 − iuz sin ω2 −i (ux − iuy ) sin ω2
D 1 (~u, ω) = à démontrer
2
i (ux + iuy ) sin ω2 cos ω2 + iuz sin ω2
ω ω
D 1 (~u, ω) = cos 1 − i~u.~σ sin (4.5.12)
2 2 2
Effectuons, suivant la D 1 (~u, ω), une rotation du vecteur propre |+i de Sz associé à
2
~
2
. Le vecteur obtenu aura la même valeur propre de Su = S.~ ~ u étant donné que ~u est une
observable.
|+iu = D 1 (~u, ω) |+i
2 !
cos ω2 − iuz sin ω2 (4.5.13)
=
I
(ux + iuy ) sin ω2
QI
Choisissons ~u ⊥ ~k ⇒ uz = 0, ux + iuy = eiϕ . Alors, |+iu devient
!
cos ω2
M
|+iu =
eiϕ sin ω2
Cet hamiltonien est diagonal ; ses valeurs propres sont ±ω0 ~ avec ω0 = ω2 et ses
vecteurs propres sont ceux de Sz c’est-à-dire |±i. Ces deux niveaux sont appelés niveaux
de Zeeman de spin 12 dans un champ magnétique. Supposons maintenant qu’à t = 0, le
spin est dans un état quelconque |+iu . Quel sera son état à un instant ultérieur t ?
−i Ht
où U (t) = e ~
est l’opérateur d’évolution. On a donc
c
(4.6.3)
ϕ ϕ
I
|ψ (t)i = e−i 2 cos 2θ e−iω0 t |+i + ei 2 sin 2θ eiω0 t |−i
ϕ ϕ
= e−i( 2 +ω0 t) cos 2θ |+i + ei( 2 +ω0 t) sin 2θ |−i
QI
|ψ (t)i est formellement identique à (4.5.14), où maintenant l’axe ~u tourne autour de Oz
avec la vitesse angulaire 2ω0 = ω = γB proportionnelle au champ magnétique : c’est
M
la précession de Lamor. On peut calculer les valeurs moyennes du vecteur S ~ dans l’état
|ψ (t)i
hSx i|ψi = 21 sin θ cos (ϕ + ωt) RI
1
hSy i|ψi = 2
sin θ sin (ϕ + ωt)
hSz i|ψi = cos θ
hSx i2|ψi + hSy i2|ψi = 1
sin2 θ
OU
4
On constate que hSz i|ψi ne dépend pas du temps contrairement à hSx i2|ψi et hSy i2|ψi . Cela
tient du fait que Sz est une constante du mouvement c’est-à-dire [Sz , H] = 0 alors que
les autres ne la sont pas. Cependant, hSx i2|ψi + hSy i2|ψi ne dépend pas du temps car on a
sB
Du point de vue classique, on considère deux personnages Alice et Bob. Alice envoie
un message (une suite de bits 0 et 1 ) crypté c’est-à-dire
message crypté=message⊕clef
où ⊕ est l’addition binaire modulo2 sans retenue à Bob. Ce dernier reçoit le message
crypté à partir duquel il extrait le message en soi via
I
message=message crypté⊕clef
QI
Exemple : Message crypté= 10010001, clef= 00110111, alors message= 10100110
Cette méthode est la seule prouvée à être sans faille.
M
Seulement, elle présente l’inconvénient que A et B doivent être les seuls à connaitre
la clef. La différence réside donc dans le secret de la clef. La méthode la plus utilisée (sur
internet par exemple) est cependant un cryptage asymétrique à clef publique basé sur
RI
la factorisation de grands nombres premiers. Mais dans ce cas, il n’est pas prouvé qu’il
n’existe pas d’algorithme rapide permettant de décrypter le message.
OU
[Link] Cryptographie quantique : le protocole B.B.84 pour partager une clef
secrète.
La mécanique quantique intervient dans l’échange de cette clé. Pour cela, la méthode
sB
utilise la polarisation de la lumière qui n’a que deux états comme le spin 12 .
Pour échanger, A et B utilisent les directions Oz comme direction de propagation
n ;o il
leur reste donc les directions x et y ayant chacune les bases bx = {|±ix }et by = |±iy
pour choisir la polarisation souhaitée avec des conventions appropriées comme |+ix,y = 1
lsu
et |−ix,y = 0. Ces états sont appelés quantum bit ou qbit. Le principe consiste à :
1. Alice envoie une série de qbits (des particules dans des états déterminés correspon-
dant à une suite de base bx , by ), par exemple la suite ci-dessous
Ce
0 1 1 0 1 0 0
(a)
bx bx by bx by by bx
2. Pour chaque particule reçue, Bob mesure la particule reçue dans une quelconque
base bx et by qu’il choisit.
0 1 0 0 1 1 0
(a)
bx by bx bx by bx bx
(b) Si son choix est bon, il fait la bonne mesure sinon il commet une erreur de 50%.
Ce qui fait au total en moyenne 25% d’erreurs.
(a) bx bx by bx
5. Alice et Bob ne gardent que cette sous-suite de qbit qui est en moyenne 50% des
évènements. Cette suite de qbits est leur finalement clef secrète. Exemple,
ici c’est (0, 0, 1, 0)
I
QI
Si une tierce personne intercepte le message, Alice et Bob s’apercevraient en échangeant
une fraction de cette clé car le taux d’erreur est de 25% maintenant.
On peut imaginer comme parade que Eve intercepte et mesure l’état de spin, et renvoie
M
à Bob le même état pour faire croire qu’il n’y a pas eu interception. Si elle le fait, elle
ne fait pas le même choix de base qu’Alice dans 50% des cas ; par conséquent Alice et
Bob ont 25% d’erreur sur la clef finale. En échangeant entre eux (et publiquement) une
RI
fraction seulement de cette clef, ils peuvent se rendre compte de la présence de Eve, et
décider de ne pas conserver la clef.
OU
~ =B
B ~ 1 = B0~k + B1~e, ~e ⊥ ~k
~0 + B (4.7.1)
Soient deux référentiels R = ~i, ~j, ~k fixe et R0 = ~er , ~eθ , ~k mobile. Alors
Ce
d~µ d~µ
~ µ=
= −γ BΛ~ (4.7.2)
dt dt R
soit !
d~µ
~
~ µ − ω~kΛ~µ = −γ
= −γ BΛ~ ~ + ωk
B Λ~µ
dt R0 γ
ω~k
avec B
~ eff = B
~+
γ
.
Dans (R0 ) le moment magnétique est soumis à un champ magnétique B
~ eff .
~ = µ0~k ;
Supposons qu’à t = 0, µ
!
~ ω~k
I
~ + ω k = B1~e + 1h 1~
i
~ eff
B =B B0 + = γB1~e + (ω − ω0 ) ~k = − Ω
QI
γ γ γ γ
avec
~ = −ω1~e − (ω − ω0 ) ~k, ω1 = γB1
Ω (4.7.4)
M
la vitesse de rotation du spin autour de B ~ eff dans R0 . La résolution (Exercice) de (4.7.3)
conduit à :
µz (t) = µ0 [cos ²α + sin ²α cos Ωt] RI (4.7.5)
avec
B1 ω1
tan α = ω = , Ω² = ω1 ² + (ω0 − ω)2 (4.7.6)
B0 + ω0 − ω
OU
γ
— si α = π2 =⇒ ω0 = ω et µz = µ0 cos ω1 t, µ
~ tourne avec la pulsation ω1
— si α = 0 =⇒ ω0 − ω ω1 =⇒ µ ∼ µ0 , µ ~ reste pratiquement constant et égal à µ0
D’après (4.7.6), on observe un phénomène de résonance pour ω0 = ω ; le moment magné-
sB
Pour un état |ψi = a+ |+i + a− |−i, son évolution est gouvernée par
d
i~ |ψi = H |ψi (4.7.8)
dt
˙ ! ! !
a+ ~ ω0 ω1 e−iωt a+
i~ =
a− 2 ω1 eiωt −ω0 a−
I
QI
ωt
!
ei 2 0
U (t) = ωt
0 e−i 2
ωt
! (4.7.10)
e−i 2 0
M
+ −1
U (t) = U (t) = U (−t) = ωt
0 ei 2
B = U A =⇒ A = U −1 B =⇒ Ȧ = U ˙−1 B + U −1 Ḃ
sB
˙ B + i~U −1 Ḃ = HU −1 B
i~Ȧ = HA =⇒ i~U −1
lsu
=⇒ i~U −1
Ḃ = HU −1
− i~U ˙
−1 B
!
ω0 ω1
U HU −1 = ~
2
ω1 −ω0 !
ωt
−i ω2 e−i 2 0
U ˙−1 = ω i ωt
0! i2e 2 !
−i ω2 0 1 0
U U ˙−1 = = −i ω2
0 i ω2 0 −1
!
~ ω0 − ω ω1
U HU −1 − i~U U ˙−1 = = Hef f (4.7.12)
2 ω1 ω − ω0
ωt
±̃ = U (t) |±i = e±i 2 |±i (4.7.13)
I
et par conséquent
QI
Ω 2
b¨± = = 0 avec Ω2 = (ω − ω0 )2 + ω12 (4.7.15)
2
b±
M
Si |ψ (0)i = |+i =⇒ a+ = 1 et a− = 0, autrement dit b+ = 1et b− = 0, alors
Ω Ω
b+ (t) = cos 2
t + c+ sin 2
t
c− sin Ω2 t
RI
b− (t) =
En utilisant (4.7.14), on montre que
OU
c+ = i ω−ω
Ω
0
c− = −i ωΩ1
2 2 !
2 Ωt ω − ω0 Ωt ω − ω0 Ωt
|b+ | = cos2 + sin2 =1− 1− sin2
2 Ω 2 Ω 2
lsu
ω12 Ωt
=1− 2
sin2 . = 1 − |b− |2
Ω 2
Ce
|b+ |2 + |b− |2 = 1
ω12 Ωt
p− (t) = |h−|ψi|2 = |a− |2 = |b− |2 = 2
sin2 (4.7.17)
Ω 2
C’est la formule de Rabi. Le moment magnétique oscille entre les états |+i et les états
|−i.
— Si |ω − ω0 | ω1 ⇒ p− (t) = 0
— Si ω ∼ ω0 de sorte que |ω − ω0 | ω1 ,=⇒ p− (t) = sin2 ω1 t
2
Si on étudie p− (t) en fonction de ω, on s’aperçoit qu’elle a un comportement résonant
p|+i→|−i = sin2 ω1 t
2
, p|−i→|+i = cos2 ω1 t
2
(4.7.18)
d’où la variation de l’orientation du moment magnétique entre +Oz et −Oz avec une
pulsation ω1 .
Ce phénomène de résonance magnétique permet de mesurer avec une excellente pré-
cision la fréquence de Lamor. Cette interaction du spin avec un champ magnétique est
largement utilisé pour faire de l’imagerie dans beaucoup de domaines (biologie, médecine,
I
physique des matériaux,......).
QI
En résonance magnétique nucléaire (RMN) par exemple,
1. Un échantillon de tissu biologique est placé dans un champ constant B~ 0 (B0 ' 2 − 10) Tesla
parallèle à Oz. Les états de spin (supposés pour simplifier) sont E± = ±~ω. A tem-
M
pérature ambiante, kT ~ω
' 105 , d’après lal loi de Boltzmann, il ya une très faible
∆E
différence de populations entre les deux états N+ N− = e− kT ' 1 − ∆E kT
' 1 − 105 .
C’est cette différence qui fera un signal à observer. RI
2. On y applique un champ magnétique ~iB1 cos ωt, avec B1 B0 , qui conduit à la
résonance comme on vient de le voir. Celui-ci va permettre l’inversion de popu-
lation suivant (4.7.17), puis suivra un temps de relaxation au cours duquel tous
OU
les spins rentrés en résonance vont émettre un champ magnétique induit détecté
collectivement. Ce signal est appelé Free Induction Decay (FID)
3. Il y a signal s’il y a résonance c’est-à-dire ω1 ' ω. Or ω dépend de g (facteur de
sB
sion of Radiation )
Le principe du MASER est équivalent à celui de la résonance nucléaire où ici on a
toujours deux niveaux |ψa i et |ψs i d’une molécule d’ammoniac. Le signal émis dans ce cas
Ce
est un rayonnement électromagnétique (24000M Hz). Dans ces cas, on parle d’émission
stimulée. Un tel système peut être utilisé
— soit pour simplifier de façon sélective et sans bruit de fond un signal faible.
— soit pour entretenir la fréquence propre du système à l’aide d’une cavité optique ;
on obtient alors un oscillateur très stable qui sert de base aux horloges atomiques.
Ajoutons pour finir que le principe du laser est semblable à celui du Maser.
I
QI
4.8.1 Construction de l’équation de Dirac
Il est raisonnable de croire que la construction de l’équation d’onde relativiste peut être
M
entreprise comme celle de son homologue non-relativiste. Finalement, pour une particule
libre non-relativiste, l’équation de Schrödinger :
∂ 1 2
~ (4.8.1)
i~ • =
∂t 2m
RI
−i~∇ •
en y faisant la substitution :
sB
∂
H → i~ ∂t , ~ .
p~ → −i~∇ (4.8.3)
De la même façon, pour le cas relativiste, on part du Hamiltonien classique (i.e. non
quantique) pour une particule libre de masse m :
lsu
H 2 = p2 c2 + m2 c4 . (4.8.4)
Ce
~
mc
,qui apparaît dans cette équation est la seule longueur disponible avec la constante
de Planck, la masse de l’électron et la vitesse de la lumière ; c’est la longeur d’onde
°
Compton de l’électron et vaut environ 0, 024A. L’équation (4.8.5) s’appelle équation de
Klein-Gordon. Elle conduit à des difficultés de deux ordres :
1. C’est une équation du 2ème ordre par rapport au temps, alors que jusqu’à présent
on a admis que la connaissance de l’état à t = 0 suffit à déterminer l’état à tout
I
d’ordre 1. Prenons l’exemple trivial d’un oscillateur (classique) à une dimension.
QI
L’équation dynamique est :
mẍ = −kx. (4.8.6)
M
Elle est du second ordre, mais résulte des deux équations de Hamilton :
ẋ = p
m
, ṗ = −kx (4.8.7)
RI
qui sont toutes deux du 1er ordre. On peut d’ailleurs les écrire sous forme ma-
tricielle : " # " #" #
d x 0 m1 x
OU
= (4.8.8)
dt p −k 0 p
qui constitue bien une équation du 1er ordre, portant sur une description dynamique
“complexifiée” (bien sûr, le nombre de conditions initiales n’a pas changé, il en faut
sB
~2
i~ ∂ i~ ∂
1+ 1 − ψ = ψ (4.8.9)
mc2 ∂t mc2 ∂t mc2
ψa = ψ + i~ ∂ψ
mc2 ∂t
, ψb = ψ − i~ ∂ψ
mc2 ∂t
, (4.8.10)
d’où résulte :
ψ = 21 (ψa + ψb ) , ∂ψ
∂t
= mc2
2i~
(ψa − ψb ) , (4.8.11)
i~ ∂ ~2 i~ ∂ ~2
1− mc2 ∂t
ψa = 2mc2
∆ (ψa + ψb ) , 1+ mc2 ∂t
ψb = 2mc2
∆ (ψa + ψb ) ,
(4.8.12)
On retrouve ainsi formellement une équation du 1er ordre par rapport au temps –
il reste toutefois que deux conditions initiales sont toujours à prescrire. En ce sens,
la difficulté n’est résolue que formellement.
2. Il existe en réalité une autre difficulté, beaucoup plus grave. L’équation (4.8.5)
I
étant donnée, et si l’on maintient l’interprétation usuelle de ψ en tant qu’amplitude
QI
de probabilité (pour avoir une probabilité fabriquée avec |ψ|2 ), il convient de véri-
fier la cohérence du tout en établissant une équation de conservation, qui doit
découler de (4.8.5). En gardant comme courant l’expression symétrisée que l’on
M
peut construire avec ψ, ψ ∗ et la vitesse m1 p~ = − m ∇ , on pose:
i~ ~
~j = ~ ψ ∗ ∇ψ
~ − ψ ∇ψ
~ ∗ . (4.8.14)
2im
RI
En ce qui concerne la densité ρ, que l’on attend quadratique en ψ et ψ ∗ , on constate
qu’en fait ψψ ∗ ne peut pas convenir puisque l’équation de conservation introduit
OU
une dérivée première en temps, et que l’équation de Klein-Gordon contient une
dérivée seconde. La densité doit donc être fabriquée à partir de ψ et de ∂ψ ∂t
; une
démarche par essai et erreur montre que si l’on pose :
sB
∂ψ ∗
i~ ∗ ∂ψ
ρ= ψ −ψ (4.8.15)
2mc2 ∂t ∂t
∂ρ
+ div~j = 0. (4.8.16)
∂t
Le seul ennui est que la densité ρ définie en (4.8.15) . . . n’a aucune raison d’être
Ce
positive ! Les équations ne peuvent être retenues qu’au prix d’une réinterprétation,
qui a été faite par Pauli et Weisskopf . Fondamentalement, en multipliant ~j et ρ
par une charge, ceux-ci représentent alors un courant et une densité de charge.
Comme, de toute façon, le nombre de particules ne saurait être fixé au sein d’une
théorie relativiste (possibilité de création de paires), ~j et ρ peuvent être associés à
la différence entre le nombre de charges positives et le nombre de charges négatives.
La théorie devient alors une théorie à une charge (la charge totale), et perd son
statut de théorie à une particule.
faire penser aux deux composantes d’un spineur de rang 2). En effet, si l’on examine la
limite non-relativiste, on trouve que l’une des composantes est d’ordre 0 en v/c, alors que
l’autre est d’ordre 1 : ces deux composantes sont donc loin de jouer un rôle symétrique,
alors que, même dans une théorie pseudo-relativiste à la Pauli, les deux composantes
du spineur doivent être du même ordre de grandeur. Au total, la limite non-relativiste
produit finalement une fonction d’onde à une composante, et ne convient donc pas pour
l’électron. Au mieux, l’équation de Klein-Gordon convient pour une particule de spin nul.
S’agissant de construire une équation relativiste, il faut en fait s’ancrer sur l’obligation
I
de faire jouer des rôles symétriques aux coordonnées d’espace et au temps. En particulier,
QI
si l’on maintient l’idée d’une équation d’ordre 1 en temps, les coordonnées doivent égale-
ment figurer par des dérivées du 1er er ordre. Quand on revient à la forme “linéarisée” de
Klein-Gordon (4.8.9), on devine ce qu’il faut tenter de faire. Dans la matrice au second
M
membre, apparaît le Laplacien (dérivées spatiales du 2ème ordre) ; pour se ramener à des
dérivées du 1er ordre, on peut utiliser la même astuce que pour le temps dans le cas de
l’oscillateur harmonique, et à nouveau “complexifier” la représentation. Ainsi apparaît la
RI
suggestion forte de doubler la dimension de la matrice 2 × 2, ce qui revient à dire que
chaque combinaison ψa et ψb est en fait elle-même un doublet, composantes de l’élément
d’un espace vectoriel à deux dimensions, produisant finalement une fonction d’onde à qua-
OU
tre composantes ; en retenant cette hypothèse de travail, celles-ci sont désormais notées
ψµ , µ = 1, 2, 3, 4
ψ1
ψ2
(4.8.17)
sB
ψ=
ψ3
ψ4
Dès lors, on posera que la densité de probabilité est :
lsu
4
X
ρ (~r, t) = |ψµ (~r, t)|2 . (4.8.18)
µ=1
Ce
Ceci étant retenu, l’équation (du premier ordre en temps et espace) la plus simple que
l’on puisse former est une forme linéaire de i~ ∂t
∂
et de p~ = −i~∇;
~ par ailleurs, pour une
vitesse nulle, l’énergie doit se réduire à un terme contenant l’énergie dite de repos mc2 .
Au total, on peut a priori poser la forme suivante :
∂
α.~p + βmc2 ψ (~r, t) = HD ψ (~r, t) (4.8.19)
i~ ψ (~r, t) = c~
∂t
∂
α.~p + V (~r) 1 + βmc2 ψ (~r, t) . (4.8.20)
i~ ψ (~r, t) = c~
∂t
I
c ∂t ~
QI
soit, sous forme plus explicite :
" ! #
1∂ ∂ imc
M
X
+ αu + β ψ (~r, t) = 0. (4.8.22)
c ∂t u=x,y,z
∂u ~
grandeurs classiques. Une façon de maintenir le contact est de faire des manipulations sur
l’opérateur entre crochets dans (4.8.22) pour lui donner l’allure de l’opérateur apparaissant
dans (4.8.5). Au total, il s’agit de trouver une marche à suivre permettant d’écrire des
relations entre les matrices α
~ et β cherchées et, finalement, de les déterminer.
sB
la relation classique, qui est quadratique en H et p~), sans pour autant faire apparaître
de dérivées croisées temps - espace ; compte tenu de la forme A + B de l’opérateur au
premier membre de (4.8.22), un peu de réflexion montre qu’il faut introduire l’opérateur
Ce
de la forme A − B, soit :
!
1∂ X ∂ imc
− αv − β (4.8.23)
c ∂t v=x,y,z
∂v ~
I
et :
QI
β 2 = 1, αu β + βαu = 0, (u = x, y, z) (4.8.27)
Les αu et β sont bien des matrices : les relations ci-dessus ne sauraient être satisfaites
M
par des nombres ordinaires. Les relations (4.8.26) et (4.8.27) étant admises, il n’est pas
difficile de montrer que les matrices 4 × 4 cherchées peuvent s’écrire par blocs 2 × 2 comme
suit : " # " RI #
0 ~σ 1 0
α
~= , β= (4.8.28)
~σ 0 0 −1
où les ~σ sont les matrices de Pauli et où 1 est ici la matrice identité 2 × 2. L’ensemble
OU
des quatre matrices données par (4.8.28) est appelé “représentation-standard”, étant en-
tendu qu’il existe une infinité de couples (~α, β) vérifiant (4.8.26) et (4.8.27), déductibles
de (4.8.28) par une transformation unitaire quelconque. En tout cas, dans cette représen-
tation, HD s’écrit :
sB
" #
mc2 1 c~σ .~p
HD = . (4.8.29)
c~σ .~p −mc2 1
Notons que le carré de HD n’est autre que la matrice (m2 c4 + p2 c2 ) 1, en résultat du fait
lsu
fournit le degré de liberté de spin (très précisément, le spin est égal à ~2 Σ).
~ La base de
l’argument consiste à montrer que le vecteur :
~ + ~Σ
J~ = L ~ (4.8.31)
2
qui se veut être un moment cinétique puisqu’il incorpore déjà le moment cinétique orbital,
est effectivement une constante du mouvement lorsque le Hamiltonen est celui qui figure
Le terme potentiel est proportionnel à la matrice identité : il commute donc avec les
matrices α
~ et β. Etant à symétrie sphérique, il commute avec L.
~ Il en résulte :
h i h i
~ HD = J,
J, ~ c~
α.~p + βmc2 (4.8.33)
I
Calculons d’abord le commutateur de L ~ avec la partie “cinétique” de HD . Dans l’espace
QI
à 4 dimensions, le moment cinétique orbital est simplement :
" #
1 0
~ =
L (~r ∧ p~) , (4.8.34)
M
0 1
puisque p~ agit de la même façon sur chaque composante p~ψµ = −i~∇ψ ~ µ . Il en résulte
: h i
~ HD = (~r ∧ p~) 1, c~
L, α.~p + βmc2 = [(~r ∧ p~) 1, c~
RI
α.~p] (4.8.35)
Par exemple, on a :
OU
" #
X
[Lz , HD ] = c xpy − ypx , αu pu = i~ (αx py − αy px ) ≡ i~ (~
α ∧ p~)|z (4.8.36)
u
d’où :
sB
h i
~ HD = i~ (~
L, α ∧ p~) . (4.8.37)
Par ailleurs :
lsu
On a, par exemple :
Ce
" #
X
[σx , ~σ .~p] = σx , σu pu = 2i (py σz − pz σy ) ≡ 2i (~p ∧ ~σ )|x (4.8.39)
u
d’où : " #
h i 0 (~p ∧ ~σ )
~ HD = 2ic
Σ, = 2ic (~p ∧ α
~) . (4.8.40)
(~p ∧ ~σ ) 0
Prenant en compte les relations que l’on vient d’établir, le commutateur de J~ avec le
I
" #
~σ 0
~ = ~Σ
S ~ = ~
, J~ = L
~ +S
~ (4.8.42)
QI
2 2
0 ~σ
M
RI
OU
sB
lsu
Ce
I
QI
M
RI
OU
sB
lsu
Ce
I
QI
On est très souvent confronté à des situations où un système possède plusieurs moments
M
cinétiques. Il peut s’agir du moment cinétique orbital et du spin de l’électron, il peut
s’agir des spins du proton et du neutron dans un deutéron, il peut s’agir des spins de
plusieurs électrons situés sur des sites différents d’un cristal, etc. En principe, on pourrait
RI
simplement travailler dans l’espace de Hilbert produit tensoriel des espaces de Hilbert des
différents moments cinétiques. Cependant, la somme de plusieurs moments cinétiques
satisfait les règles de com- mutation des moments cinétiques.
OU
2 (5.1.1)
H2 |ϕi i = Ei |ϕi i , i = 1, 2, ......m2
Les vecteurs propres |ψi i et |ϕj i engendrent dans leurs espaces des représentations
Ce
irréductibles Γ1 et Γ2 respectivement. Les produits |ψi ϕj i engendre à son tour une repré-
sentation de G de dimension m1 .m2 que l’on note Γ1 ⊗ Γ2 : c’est le produit tensoriel ou
produit direct des deux représentations Γ1 et Γ2 dont un élément de matrice est défini par
Par conséquent,
χ (Γ1 ⊗ Γ2 ) = χ (Γ1 ) χ (Γ2 ) (5.1.3)
Exemple : Considérons deux systèmes de dimension 2 tels que les bases de chacun d’entre
eux sont {|ψ1 i , |ψ2 i} et {|ϕ1 i , |ϕ2 i} ; alors la base du système total est {|ψ1 ϕ1 i , |ψ1 ϕ2 i , |ψ2 ϕ1 i , |ψ2 ϕ2 i} ;
91
Composition des moments angulaires
alors
X
R (|ψi ϕj i) = Γ1,ik Γ2,jl |ψk ϕl i (5.1.5)
kl
I
R (|ψ1 ϕ1 i) = a1 b1 |ψ1 ϕ1 i + a2 b1 |ψ2 ϕ1 i + a1 b2 |ψ1 ϕ2 i + a2 b2 |ψ2 ϕ2 i (5.1.6)
QI
Enfaisant le même calcul pour R (|ψ1 ϕ2 i), R (|ψ2 ϕ1 i) et R (|ψ2 ϕ2 i), on obtient la matrice
de représentation Γ = Γ1 ⊗ Γ2
M
a1 b 1 a1 b 2 a2 b 1 a2 b 2 !
a1 b 3 a1 b 4 a2 b 3 a2 b 4 a1 Γ2 a2 Γ2
(5.1.7)
Γ= RI =
a3 b 1 a3 b 2 a4 b 1 a4 b 2
a3 Γ2 a4 Γ2
a3 b3 a3 b 4 a4 b 3 a4 b 4
OU
On vérifie que
!
b1 Γ1 b2 Γ1
Γ2 ⊗ Γ1 = 6= Γ1 ⊗ Γ2 (5.1.8)
b3 Γ1 b4 Γ1
c’est-àdire le produit tensoriel ne commute pas.
lsu
Remarques :
— Si Γ1 et Γ2 sont des matrices diagonales alors Γ est diagonale
— Le produit tensoriel est distributif par rapport à l’addition c’est-à-dire (Γ1 + Γ2 ) ⊗
Ce
Γ3 = Γ1 ⊗ Γ3 + Γ2 ⊗ Γ3
— Si Γ1 et Γ2 sont unitaires alors Γ l’est aussi.
En clair, si chacune de ces représentations Γi est associée à une Dj , alors on peut en
construire le produit.
eim1 ω ,
P
χj1 (ω) = m1 −j1 ≤ m1 ≤ j1
−j1 − j2 ≤ m1 ≤ j1 + j2
Posons M = m1 + m2 ;
I
X X X
χJ (ω) = eiM ω
+ e iM ω
+ ...... + eiM ω (5.2.2)
QI
M =−j1 −j2 M =−j1 −j2 +1 M =−|j1 −j2 |
suivant toutes les valeurs possibles que peuvent prendre m1 et m2 ; ce qui se résume dans
le tableau de Slater ci-dessous.
M
m2 \m1 j1 j1 − 1
RI ··· −j1
j2 j1 + j2 j1 + j2 − 1 ··· −j1 + j2
j2 − 1 j1 + j2 − 1 j1 + j2 − 2 ··· −j1 + j2 − 1
.. .. .. ..
. . . .
OU
···
−j2 j1 − j2 ··· ··· −j1 − j2
Il représente toutes les valeurs possibles de M . On peut alors réécrire (5.2.2) comme
sB
j1 +j2 J
X X
χj1 (ω) χj2 (ω) = eiM ω
J=|j1 −j2 | M =−J
lsu
j1 +j2
X
χj1 (ω) χj2 (ω) = χJ (ω) (5.2.3)
J=|j1 −j2 |
Ce
Donc J prend les valeurs allant de |j1 − j2 | à j1 + j2 par pas de 1 ; d’où le résultat
fondamental
j1 +j2
X
Dj1 ⊗ Dj2 = ⊕DJ (5.2.4)
J=|j1 −j2 |
Ce résultat montre que le produit de deux représentations est la somme sur toutes les
représentations possibles obéissant à la règle triangulaire
|j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2 (5.2.5)
Considérons le cas de deux moments angulaires J~1 et J~2 associés aux états |j1 m1 i et
|j2 m2 i. On a
I
QI
J~ = J~1 + J~2 . (5.3.2)
Nous savons déjà que les états |j1 m1 i et |j2 m2 i engendrent respectivement les espaces
M
E (j1 ) et E (j2 ) de dimension (2j1 + 1) et (2j2 + 1). Par conséquent, les états |j1 m1 j2 m2 i
vont engendrer l’espace E (j1 ) ⊗ E (j2 ) de dimension (2j1 + 1) (2j2 + 1) . Or d’après (5.2.4),
cet espace est une somme des sous-espaces E J de dimension 2J + 1. Les états de ce
RI
sous-espace peuvent être labellés par |j1 j2 JM i et sont tels que
J 2 |j1 j2 JM i = ~2 J (J + 1) |j1 j2 JM i
OU
Jz |j1 j2 JM i = M ~ |j1 j2 JM i
(5.3.3)
J12 |j1 j2 JM i 2
= ~ j1 (j1 + 1) |j1 j2 JM i
J22 |j1 j2 JM i = ~2 j2 (j2 + 1) |j1 j2 JM i
sB
D’un autre coté, les états de E (j1 ) ⊗ E (j2 ) sont tels que
Il apparait que les états {|j1 m1 j2 m2 i} et {|j1 j2 JM i} constituent deux bases orthonor-
mées du même espace, elles peuvent donc se transformer l’une en l’autre. Leurs matrices
de passage sont les mêmes ; les coefficients de cette matrice sont appelés les coefficients
de Clebsch-Gordan (CCG). On peut écrire
X
|j1 j2 JM i = hj1 m1 j2 m2 | j1 j2 JM i |j1 m1 j2 m2 i (5.3.5)
m1 m2
et réciproquement
X
|j1 m1 j2 m2 i = hj1 j2 JM | j1 m1 j2 m2 i |j1 j2 JM i (5.3.6)
JM
I
QI
d’une part, et
Jz |j1 j2 JM i = M |j1 j2 JM i
P
M
= m1 m2 M hj1 m1 j2 m2 | JM i |j1 m1 j2 m2 i
RI
d’autre part ; ces deux quantités ne peuvent être égales que si
M = m1 + m2 (5.3.7)
OU
|j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2
(5.3.8)
sB
−J ≤ M ≤ J, M = m1 + m2
0 0
P
m1 m2 hj1 m1 j2 m2 | JM i hj1 m1 j2 m2 | J M i = δJJ 0 M M 0
P 0 0
(5.3.9)
JM hj1 m1 j2 m2 | JM i hj1 m1 j2 m2 | JM i = δm1 m01 δm2 m02
Ce
J j1 j2
Ces coefficients sont souvent notés C
M m1 m2
Une représentation en série des CCG est donnée par
J j1 j2
C = δM,m1 +m2 4 (j1 j2 J) ×
M m1 m2
1
= [(j1 + m1 )!n(j1 − m1 )! (j2 + m2 )! (j2 − m2 )! (J + M )! (J − M )! (2J + o 1)] ×
2
z
P (−1)
= z [z!(j1 +j2 −J−z)!(j1 −m1 −z)!(jé −m2 −z)!(J−j2 +m1 +z)!(J−j1 −m2 +z)!]
(5.3.10)
avec
s
(a + b − c)! (a − b + c)! (−a + b + c)!
4 (abc) =
(a + b + c + 1)!
Un autre type de représentation des CCG existe : on l’appelle symbole 3j. Il a pour
avantage d’avoir des propriétés de symétrie qui se révèlent importantes lors de la mani-
pulation des CCG. Il est donné par
!
j1 j2 J (−1)j1 −j2 −M
= √ hj1 m1 j2 m2 | J − M i (5.3.11)
m1 m2 M 2J + 1
I
QI
1
5.3.1 Couplage deux spins 2
M
* Les états de la base découplées |j1 m1 j2 m2 i sont : |++i, |+−i, |−+i , |−−i , m1 , m2 =
± 21
* Pour construire les états de la base couplée, déterminons les valeurs de J et de M
RI
possibles :
|j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2 =⇒ 0 ≤ J ≤ 1 =⇒ J = 0, 1
OU
triplets.
Il faut maintenir écrire ces états de la base couplée en fonction de ceux de la base découplée.
1. Pour cela, commençons par nous servir des valeurs maximale et minimale de la
lsu
relation :
2. Pour obtenir l’état |10i, on peut appliquer J− au ket |11i ou J+ au ket |1 − 1i. On
a d’une part
√
J− |11i = 2~ |10i ,
et d’autre part
J− |11i = (J1− + J2− ) |++i
= ~ (|−+i + |+−i)
il vient que
1
|10i = √ (|−+i + |+−i) . (5.3.12)
2
On en déduit alors les CCG
1 −1 1 1
2 2 22
| 10 = √1 ,
2
1 1 1 −1
222 2
| 10 = √1
2
(5.3.13)
3. L’état |00i, quant à lui, peut être construit en se servant de l’orthoganalité des
états de la base couplée ; il vient que
I
QI
1
|00i = √ (|+−i − |−+i) , (5.3.14)
2
par conséquent
M
1 −1 1 1
2 2 22
| 10 = √1 ,
2
1 1 1 −1
222 2
| 10 = − √12 (5.3.15)
1
5.3.2 Couplage d’un moment angulaire ` et d’un spin 2 (cas de
l’électron par exemple)
lsu
Dans ce cas, nous voulons coupler un moment angulaire ` et un spin 1/2 ; c’est-à-dire
que l’on a
Ce
1
j1 = l j2 = 2
m1 = −l, ..., l m2 = ± 12
1 1
|j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2 =⇒ l − ≤J ≤l+
2 2
J = ` − 1/2, ` + 1/2, ` 6= 0
(5.3.16)
J = 1/2, `=0
I
où on a utilisé
QI
D E q q
1 1 `−M +1/2 J−M
− 12
` M+ 2 2
| J M = 2l+1
= 2J
D E q q
`+M +1/2
M
1 1 J+M
− 12 | J M
` M− 2 2
= 2l+1
= 2J
Soit en représentation {(θ, ϕ)} et dans la base {|+i , |−i} de spin basée
RI q
J+M
2J
Y 1 (θ, ϕ)
D
1
E ` M− 2
θ ϕ | ` 2
J M =Ω 1 (θ, ϕ) = q
J =`+ 2
` m J−M
Y (θ, ϕ)
2J 1
` M+
OU
2
(5.3.18)
ΩJ`m est appelée harmonique spinorielle.
Cas J = ` − 1/2
sB
[Link]
2(J+1) 1
` M−
(5.3.19)
2
Ω 1 (θ, ϕ) = q
J =`− 2
` m J+M +1
Y (θ, ϕ)
2(J+1) 1
` M+ 2
Ce
1 1 dV (r)
~ = ~ S~ (5.4.2)
I
HSO = −~µ.B L.
m2 c2 r dr
QI
Cet argument peut être critiqué car le reférentiel de l’électron est en accéralation par
rapport à celui du noyau car l’électron est en rotation autour du noyau. Ce mouvement
M
de rotation conduit au phénomène de précession de spin appelé précession de Thomas qui
réduit (5.4.2) d’un facteur 2 (Voir calculs relativistes). Pour le corriger, on écrit
1 1 dV (r) →− →
−
HSO = 2 2
RI
2m c r dr
L.S (5.4.3)
q 1 dV (r) 1 q2
V (r) = − =⇒ = 3
4πε0 r r dr r 4πε0
sB
La présence de ce terme ne rend pas la résolution deSchrödinger aisée mais évaluons l’ordre
de cette correction :
~2 e2 ~2 e2 1 α2 R∞
1
hHSO i ' ∼ ' (5.4.4)
lsu
~ S~ = 1 J 2 − L2 − S 2 (5.4.5)
L.
2
avec J~ = L
~ + S.
~
~2
~ ~
L.S = [j (j + 1) − ` (` + 1) − s (s + 1)] (5.4.6)
2
1. Pour j = ` + 1/2, on a
~ S~ = ~2
L. [(` + 1/2) (` + 3/2) − ` (` + 1) − 3/4]
2
~2
. (5.4.7)
= 2
`
2. Pour j = ` − 1/2, on a
~ S~ = ~2
L. [(` − 1/2) (` + 1/2) − ` (` + 1) − 3/4]
2
2 . (5.4.8)
= − ~2 (` + 1)
I
QI
Il ya une levée partielle de dégénérescence. Si ` = 1, n = 2 ; l’état 2p, alors on a 2P 1 et
2
2P 3 . Cette levée de dégénérescence nous renseigne sur la structure fine de l’hydrogène.
2
Nous avons utilisé la rotation spectroscopique n`J qui peut être généralisée aux niveaux
M
plus élévés.
RI
5.4.2 L’effet Zeeman
OU
La dégénérescence d’ordre 2j + 1 du niveau n`J est levée si l’électron est placé dans un
champ magnétique constant B.
~ C’est l’effet Zeeman. Il provient de l’intéraction du champ
magnétique avec les moments magnétiques orbital et de spin. L’énergie d’intéraction est
sB
donc
q ~
W =− L + 2S~ .B ~ (5.4.9)
2m
E
Déterminons la correction en énergie du hamiltonien d’interaction dans la base n ` m .
lsu
e j
Pour cela, si le champ est faible, les vecteurs S
~ et L
~ sont en mouvement de précession au-
tour de J~ = L ~ qui à son tour est en précession autour de B.
~ + S, ~ Evaluons les projections
de S
~ et L~ dans la direction de J.
~ La norme de J~ étant ~ j (j + 1), on a
p
Ce
~J =
S ~ √ J~
S. √ J~
~ j(j+1) ~ j(j+1)
. (5.4.10)
~J
L = ~ √ J~
L. √ J~
~ j(j+1) ~ j(j+1)
Alors,
~S ~ = 1 J 2 + S 2 − L2 (5.4.13)
J.
2
et donc
J 2 + S 2 − L2 ~ ~
q
W =− 1+ J.B (5.4.14)
I
2m 2~2 j (j + 1)
QI
E
La correction induite d’énergie pour un niveau n ` m
e j est
qB
M
δE = −g m~
e (5.4.15)
2m
avec
1 3
(5.4.16)
g =1+
2j (j + 1)
RI
j (j + 1) + − ` (` + 1)
4
g est appelé facteur de Landé. Pour un électron de moment angulaire s, ` = 0, g = 2.
OU
Dès qu’un système quantique possède plus d’un degré de liberté, l’espace de Hilbert
lsu
mouvement orbital de la particule selon les trois axes des coordonnées cartésiennes, et de
l’espace Espin de dimension 2. Cette structure d’espace produit tensoriel est à la base de
propriétés spécifiques de la mécanique quantique, car elle permet de réaliser des situations
où les différents degrés de liberté sont corrélés ou intriqués. Einstein, Podolsky et Rosen
(EPR) furent les premiers à souligner le caractère subtil et paradoxal de l’intrication
quantique dans un article célèbre. Ils utilisèrent cette notion pour montrer l’opposition
entre la mécanique quantique et une théorie réaliste et locale du monde physique. Depuis
quelques années, cette structure est mise à profit dans des dispositifs très originaux,
visant à coder et à traiter des informations ; c’est le domaine de la cryptographie et de
l’ordinateur quantique.
où |ψi i est la fonction d’onde de la particule i , i = 1, 2 . Cet état est dit factorisable ou
séparable. En revanche, le principe de superposition permet des états de type
I
|φi = |ψ1 i ⊗ |ψ2 i + |ϕ1 i ⊗ |ϕ2 i (5.5.2)
QI
qui ne peut être factorisé ; on dit qu’on a un état intriqué eu enchevêtré.
M
5.5.2 Description quantique orthodoxe RI
Considérons deux particules de spin 12 à un instant que nous allons désigner E1 ; leur
état quantique est
OU
1
|φi = √ (|+i ⊗ |−i − |−i ⊗ |+i) (5.5.3)
2
où alors dans le produit tensoriel se refère à celui de la particule. Il s’agit ici d’un état
enchevêtré de spin total s = 0 encore appelé état singulet.
sB
2
(5.5.4)
lsu
Â1 = S1z
~
2
Â2 = S2z (5.5.6)
~
Cette certitude totale (P = 1) traduit une correlation parfaite entre les états de spin
des duex particules.
Il ressort que cette analyse que l’état |ψi est enchevêtré jusqu’à la première mesure,
et subitement dès la première détetion. cet état est réduit instatanément en un produit
I
factorisable. Ce résultat contre-intuitif est en parfait accord avec l’expérience. Il set contre-
QI
intuitif car cette reduction est une sorte “d’action à distanse instantanée” plus rapide
que la vitesse de la lumière (contraire à la théorie de la relativité générale ) car elle
se passe même si les événements sont séparés par un quadrivecteur d’espace c’est-à-dire
M
sans relation de causalité. Fort heureusement, cette action à distance ne permet pas de
transmettre de l’information et donc ne contredit pas la théorie de la relativité. On conclut
que le principe de superposition entraîne des intéravtions non locales.
RI
5.5.3 Objection de EPR sur la non localité (1935)
OU
Einstein, Podolsky et Rosen ont, en 1935, objecté ce resultat m^me si celui-ci ne
contredit pas la relativité car ils étaient partisans d’une physique locale.
Ils suggèrent que ce resultat peut s’interpréter par une théorie locale : dès le départ,
l’état de spin des deux particules serait décidé c’est-à-dire que l’un des états réduit
sB
est engagé. Le choix de l’un ou l’autre est le fruit du hasard ou résulte d’un mécanisme
microscopique inconnu ; il y aurait donc des variables dynamiques cachées. Cette interpré-
tation a donné lieu à un débat sur l’interprétation de la Mécanique Quantique : serait-elle
une théorie à variables cachées ou une théorie avec un postulat de mesure non local ?
lsu
Il a fallu attendre 30 ans pour répondre définitivement à ce débat par [Link] en 1964.
Au lieu que P1 et P2 mesurent les spins suivant z supposons qu’ils effectuent la mesure
suivant les axes ~a et ~b c’est-à-dire
peut prévoir le comportement. Soit P (λ) dλ la probabilité pour que lors d’une expérience,
une valeur de l’intervalle [λ, λ + dλ] soit réalisée. Alors on a
Â1 (λ, ~a) = ±1et Â2 λ, ~b = ∓Â1 (λ, ~a)
à cause de la corrélation.
Suivant l’hypothèse de la localité, Â1 (λ, ~a) ne dépend pas de ~b. Ainsi, on a
Z
Êloc ~a, ~b = dλp (λ) Â1 (λ, ~a) Â2 λ, ~b
I
QI
Alors
Êloc ~a, ~b − Êloc (~a, ~c) dλp (λ) Â1 (λ, ~a) Â2 λ, ~b − Â1 (λ, ~a) Â2 (λ, ~c)
R
=
M
~ ~
R
= − dλp (λ) Â1 (λ, ~a) Â2 λ, b 1 + Â1 λ, b Â2 (λ, ~c)
Êloc ~a, ~b − Êloc (~a, ~c) dλp (λ) 1 + Â1 λ, ~b Â2 (λ, ~c)
R
≤
= RI 1 + Êloc ~b, ~c
Êloc ~a, ~b − Êloc (~a, ~c) ≤ 1 + Êloc ~b, ~c
(5.5.7)
C’est l’inégalité de Bell.
OU
avec θ = ~a, ~b .
Choisissons les axes ~a,~b, ~c coplanaires faisant entre eux des angles π
3
, on a
lsu
− cos π3 + cos 2π
3
= − 12 − 1
2
= 1 et 1 + Ê (~a, ~c) = 1 − cos π3 = 1
2
Méthodes d’approximation,
Résolution approchée
I
QI
La plupart des problèmes physiques ne peuvent pas être résolus exactement. Dans ces
M
conditions, l’on éssaie autant que possible de trouver une solution proche du résultat exact.
avec l’hypothèse que l’on peut séparer H en deux contributions H0 et λH1 telles que la
solution du problème H0 est connue et λ un réel tendant vers zéro ; c’est-à-dire λH1 H0
lsu
105
Méthodes d’approximation, Résolution approchée
Les termes en λi sont appelés correction d’ordre i pour la fonction d’onde et pour l’énergie.
Substituons (6.1.4) dans (6.1.2),
P∞ i E P E
(i) ∞ i+1 (i)
(H0 + λH1 ) |ψn (λ)i = i=0 λ H0 ψn + i=0 λ H1 ψn
(0)
E P
∞
(i)
E
(i−1)
E (6.1.5)
i
= H0 ψn + i=1 λ H0 ψn + H1 ψn
D’autre part,
∞
X
En (λ) |ψn (λ)i = λi+j En(i) ψn(j) (6.1.6)
i,j=0
I
En égalant (6.1.5) et (6.1.6) et en identifiant les termes de même ordre en λ, on a
QI
λ0 : H0 ψn(0) = En(0) ψn(0)
M
Il s’agit ici du problème d’ordre 0 dont la solution est, par hypothèse, connue. Pour les
ordres supérieurs, on a pour λ1
E E ERI E
(1) (0) (0) (1) (1) (0)
H0 ψn + H1 ψn = En ψn + En ψn
E E
(0) (1) (1) (0)
H0 − En ψn = En − H1 ψn
Pour λ2
OU
E E E E E
(2) (1) (0) (2) (1) (1) (2) (0)
H0 ψn + H1 ψn = En ψn + En ψn + En ψn
(0)
(2)
E
(1)
(1)
E
(2) (0)
E (6.1.7)
H0 − En ψn = En − H1 ψn + En ψn
sB
Pour λ3
E E E E E E
(3) (2) (0) (3) (1) (2) (2) (1) (3) (0)
H0 ψn + H1 ψn = En ψn + En ψn + En ψn + En ψn
lsu
E E E E
(0) (3) (1) (2) (2) (1) (3) (0)
H0 − En ψn = En − H1 ψn + En ψn + En ψn
H0 − En(0) ψn(s) = En(1) − H1 ψn(s−1) + En(2) ψn(s−2) + ....... + En(s) ψn(0) (6.1.8)
ce qui conduit à
En(1) = ψn(0) | H1 | ψn(0) (6.1.9)
(1) (0)
En est la correction d’ordre 1 à En due à H1 .
I
D E
(0) (1)
La connaissance des coefficients | se revèle donc nécessaire. Pour cela, pour
QI
ψm ψn
E
(0)
m 6= n, projetons l’équation en λ1 sur ψm ; on a d’une part :
M
(0) (0)
| H0 − En(0) | ψn(1) = Em − En(0) (0)
| ψn(1)
ψm ψm
et d’autre part,
(0)
| En(1) − H1 | ψn(0) = − ψm
(0)
| H1 | ψn(0)
ψm
RI
soit D E
(0) (0)
ψm | H1 | ψn
OU
(0)
ψm | ψn(1) = (0) (0)
(6.1.11)
En − Em
n Eo
(0)
On voit ici l’importance que les niveaux ne soient pas dégénérés. Le cas des
ψn
niveaux dégénérés sera traité dans le paragraphe suivant. Finalement, (6.1.10) devient
sB
D E
(0) (0)
X ψm | H1 | ψn
ψn(1) = (0) (0)
ψn(0) (6.1.12)
m6=n En − Em
lsu
E
(0)
λ2 : Projetons sur ψn
Ce
soit D E
(0) (0)
X ψm | H1 | ψn
En(2) = (0) (0)
(0)
ψn(0) | H1 | ψm
m6=n En − Em
et donc D E 2
(0) (0)
X ψm | H1 | ψn
En(2) = (0) (0)
(6.1.13)
m6=n En − Em
(0)
− En(0) (0)
| ψn(2) = En(1) ψm
(0)
| ψn(1) − ψm
(0) (1)
Em ψm | H1 | ψm
ce qui conduit à
I
QI
D ED E D ED E
(0) (0) (0) (0) (0) (0) (0) (0)
ψn | H1 | ψn ψm | H1 | ψn X ψm0 | H1 | ψn ψm | H1 | ψm0
(0)
ψm | ψn(2) = −
(0) (0) (0) (0) (0) (0) (0) (0)
En − Em Em − En Em − En En − Em0
M
m0 6=n
soit,
D ED E D RI ED E
(0) (0) (0) (0) (0) (0) (0) (0)
X ψm0 | H1 | ψn ψm | H1 | ψm0 ψn | H1 | ψn ψm | H1 | ψn
(0)
ψm | ψn(2) = − 2
(0) (0) (0) (0) (0) (0)
m0 6=n En − Em0 Em − En En − Em
OU
Posons D E
(0) (0) (0) (0) (0)
ψm | H1 | ψn = H1mn En − Em = Enm (6.1.14)
1 3 21 σ 8
E0 = ~ω + λσ 4 − λ2 (6.1.18)
2 4 8 ~ω
I
QI
6.1.2 Cas des niveaux dégénérés
(0)
Supposons maintenant que la valeur propre En de H0 soit dégénérée avec une multi-
plicité g. On s’attend à ce que la pertubation lève cette dégérescence. Ce qui est possible
M
si la dégérescence est due à une symétrie et si la pertubation H1 la brise. E
(0)
Pour λ = 0 , il ya donc g vecteurs propres de H0 ,orthogonaux qu’on note ψnj ,j =
(0)
1, 2, ..., g que l’on connait, lesquels sont associés à En . Ces g vecteurs forment une base
orthonormée du sous-espace HEn(0) de dimension g.
RI
Nous utilsons les mêmes développement en série (6.1.4)
E pour connaitre les corrections
OU
(0)
pour λ 6= 0. Dans ce cas, la fonction d’ordre zéro ψn n’est pas connue. Pour le déduire,
E
(0)
nous le déveleppons dans la base ψnj
g D E E
X (0) (0)
ψn(0) ψnj | ψn(0) (6.1.19)
sB
= ψnj
j=1
E
(0)
et en projetant l’équation en λ1 sur ψnj , alors on a
lsu
D E D E
(0) (0)
0 = En(1) ψnj | ψn(0) − ψnj | H1 | ψn(0)
Ce
D E D E
(0) (0)
=⇒ ψnj | H1 | ψn(0) = En(1) ψnj | ψn(0)
Un cas pathologique arrive souvent ; il consiste à avoir une correction nulle au premier
ordre. Dans ce cas, il faut passer à l’ordre supérieur.
I
QI
[Link] Effet Stark
Pour l’effet Stark, il suffit ici d’examiner la situation la plus simple où seules les
M
interactions électrostatiques sont considérées (on laisse de côté les couplages magnétiques
du genre spin-orbite et donc toutes les complications liées à la structure fine). Dans ces
conditions, le Hamiltonien H0 de l’atome d’hydrogène en l’absence de champ appliqué
RI
est :
p2 e02
−H0 = (6.1.21)
OU
2m r
Les états non-perturbés (sans spin) sont notés |n`mi, avec la signification habituelle pour
les nombres n, `, m. L’énergie à l’ordre zéro est :
α2 13, 6
sB
En(0) = − 2
mc2 = − 2 eV. (6.1.22)
2n 2n
V = −eEz (6.1.23)
L’ordre de grandeur du premier membre est |eEa0 | ; le second est de l’ordre de e02 /a0 . La
condition ci-dessus se réécrit comme suit :
|e|
E ≡ Eatomique . (6.1.25)
4π0 a20
Le sens de cette dernière condition est évident : pour que l’on puisse parler de perturbation,
il est nécessaire que le champ électrique appliqué de l’extérieur soit très petit devant
le champ intra-atomique ; ce dernier est gigantesque (environ 109 V/cm). La condition
nécessaire d’application de la méthode de perturbation est donc satisfaite pour les champs
ordinaires facilement réalisables.
Avant de mettre en œuvre la théorie des perturbations, quelques considérations de
symétrie sont utiles. H0 est à symétrie sphérique et invariant par renversement du temps.
Si V possède cette dernière symétrie, en revanche le couplage avec le champ électrique
brise la symétrie sphérique : seule subsiste une symétrie de révolution autour de l’axe du
champ, Oz. En outre, V est invariant dans toute réflexion contenant l’axe Oz ; dans cette
I
opération, Lz change de signe. Les états propres communs à (H, L2 , Lz ), |τ `mi, qui ne
QI
diffèrent que par le signe de la valeur propre associée à Lz auront donc la même énergie.
L’énergie en présence du champ est donc fonction de τ et de |m| et on peut donc prévoir
que la levée de dégénérescence ne sera que partielle.
M
Une dernière remarque concernant la symétrie : V est changé en son opposé par parité :
V 0 = ΠV Π† = −V.
RI (6.1.26)
Par ailleurs :
π |n`mi = (−1)` |n`mi (6.1.27)
OU
0
L’élément de matrice hn`m |z| n0 `0 m0 i est multiplié par (−1)`+` +1 par parité ; il est donc
nul si ` et `0 sont de même parité,
sB
+∞ X
(2)
X |h100 |−eEz| n`mi|
E1 = − (0) (0)
(6.1.29)
n=2 `m En − E1
(0)
où les En sont données par (6.1.22). Grâce à une astuce très ingénieuse, il est possible
de sommer cette série ; on trouve :
(2)
E1 = − 21 αE 2 , α = 18π0 a30 (6.1.30)
L’écriture − 21 αE 2 est choisie pour rappeler qu’il s’agit d’un effet de polarisabilité, la cor-
RE
rection d’énergie quadratique en champ devant pouvoir s’écrire − 0 αE 0 dE 0 .
Considérons maintenant le premier groupe d’états excités n = 2, définissant un sous-
I
QI
le signe venant de la charge de l’électron e. Il en résulte que les valeurs propres de l’opé-
rateur projeté sont E21 = 0, ±v ; les vecteurs propres s’en déduisent :
M
|+vi = √1
2
(|200i + |210i) , |−vi = √1
2
(|200i − |210i) (6.1.32)
|±vi a pour énergie ±v (l’état |+vi est au-dessus de l’état |−vi). Ces deux états corres-
pondent à la levée de dégénérescence, et sont les bons états propres dès que le champ
RI
est présent, aussi petit soit-il (c’est à nouveau un exemple de brisure de symétrie). Deux
(0)
autres états restent dégénérés en gardant, à cet ordre, l’énergie E2 , ce sont les |21 ± 1i.
OU
Ainsi, le champ électrique mélange deux états de symétrie différente vis-à-vis du mo-
ment cinétique orbital, en conséquence de la dégénérescence “accidentelle” du champ cou-
lombien et de la brisure de la symétrie sphérique (L
~ 2 n’est plus une constante du mou-
vement). Ceci a des conséquences importantes, en particulier pour la durée de vie de
sB
certainsétats excités.
L’état |200i a une durée de vie extraordinairement longue, de l’ordre de la seconde, au
contraire de l’état |210i dont la durée de vie est de l’ordre de 10−9 s. La raie la plus “rouge”
lsu
est préparé dans l’état |200i et qu’un champ électrique est ajouté, volontairement ou non,
la métastabilité est anéantie et l’atome peut rayonner presque normalement grâce à sa
composante |210i. Ce phénomène porte le nom de quenching de métastabilité.
p2 e02
H0 = − ~ S.
+ a (r) L. ~ (6.1.33)
2m r
e
V =− (Lz + 2Sz ) B. (6.1.34)
2m
I
Comme le terme de structure fine est explicitement introduit, on n’est plus tenu41 de
QI
considérer seulement la situation de champ fort.
Il ne fait aucun doute que si le champ est très faible, le couplage V est très petit
devant le terme spin-orbite, même si ce dernier est lui-même très inférieur aux deux
M
premiers termes de H0 ; c’est cette situation que l’on va traiter et qui, dans la terminologie
orthodoxe, porte le nom d’effet Zeeman. Ce choix étant fait, les états propres à l’ordre
zéro sont ceux de H0 et se notent |nj`smj i ;ils sont communs à (H0 , J 2 , L2 , S 2 , Jz ). Hors
RI
dégénérescence accidentelle, chaque niveau est donc dégénéré 2j + 1 fois (−j ≤ mj ≤ j)
et c’est à nouveau la théorie pour un niveau dégénéré qu’il faut appliquer : considérer
exclusivement la matrice de V dans le sous-espace auquel on s’intéresse, oublier le reste
OU
et diagonaliser.
Les corrections au premier ordre pour l’énergie se lisent sur la diagonale et sont donc :
eB
sB
∆E = −g mj ~ = −gmj µB B (6.1.35)
2m
Cette levée complète résulte du fait que le champ magnétique, au contraire du champ
électrique, brise l’invariance par renversement du temps : deux états se distinguant par le
signe de mj ont des énergies opposées par rapport à l’énergie en champ nul.
Dans les paragraphes précédents, nous nous sommes intéressés aux pertubations sta-
tionnaires. Nous considérons ici une pertubation dépendant du temps. La solution de
iEn t
où le terme n |ψn i e− ~ est l’évolution sous H0 , et Cn (t) un coefficient inconnu dû à
P
I
n
QI
et la pertubation de transition vers un état |ψb i est
M
Dans ce cas, on écrit
∞
X
Cn (t) = λi Cn(i) (6.2.4)
RI
i=0
et
d d i
|ψ (t)i = H (t) |ψ (t)i =⇒
i~ |ψ (t)i = − H (t) |ψ (t)i (6.2.5)
OU
dt dt ~
Ce qui correspond à
iEn dCn iEn iλ
sB
− iE~n t − iE~n t
X X
|ψn i e Cn + = Cn e |ψn i − H1 (t) |ψn i
n
~ dt n
~ ~
(Eb −En )
Posons H1bn = hψb | H1 (t) | ψn i et la fréquence de Bohr ωn,b = ~
En faisant un développement en puissance en λ, on a
(0)
dCb
λ0 : dt
=0
(1)
dCb (0)
λ1 : = − ~i Cn (t) eiωbn t (t)
P
dt n
En utilisant la condition initiale Cn (0) = δna , alors on a
(0)
Cb (t) = δb,a
Z t
(1) i 0
Cb (t) = − eiωbn t Hba (t0 ) dt0
~ 0
t 2
λ2
Z
(1) 0
Pa→b = 2 eiωbn t Hba (t0 ) dt0 , b 6= a
~ 0
I
(1) 1 eiωba t − 1
Pa→b = 2 Wba (6.2.6)
QI
~ ωba
Si la transition a lieu au voisinage de la résonance, ie ω = ωba , le deuxième terme est
dominant et la probabilité devient, la probabilité devient
M
(1) |Wba |2 sin2 ωba t
Pa→b = 2
. (6.2.7)
~2 ωba
RI
Etudions la dépendance temporelle de cette fonction. Il est alors commode d’introduire
la fonction
sin2 ωba t
f (ω) = 2
(6.2.8)
ωba
OU
f (ω) = 0 si ωt = kπ ⇒ ω = kπ
t
limω→0 f (ω) = t2 (6.2.9)
sB
f (ω) = 1
ω2
si ωt = kπ + π
2
Pour une valeur de t donnée, les transitions les plus favorisées sont telles que ωt ≤ 2π.
lsu
Ce
Si l’on essaie de déterminer la différence d’énergie entre un état initial et un état final
en appliquant une perturbation pendant un tenps ∆t, on pourra faire des transitions vers
des états d’énergie Eb − Ea ≤ 2π~∆t
. Autrement dit, la précision de la mesure de ∆E ne
pourra être meilleure que ∆t .
2π~
∆E ≥ 2π~ ∆t
(6.2.10)
∆E∆t ≥ 2π~
~
∆x∆p ≥ .
2
Ce n’est pas une relation d’incertitude au sens strict car l’énergie et le temps ne sont
pas des observables mais c’est une règle très utile.
Quand t → +∞, la fonction f (ω) tend vers 2πtδ (ω). Cette expression est linéaire en
t. Ainsi, la probabilité de transition par unité de temps est donnée par
I
(1) 2π
wa→b = |Wba |2 δ (Eb − Ea ) . (6.2.11)
QI
~
M
de Fermi devient
(1) 2π
wa→f = |Wba |2 ρ (Ef ) . (6.2.12)
~ RI
6.2.2 Perturbation harmonique
OU
Supposons que la pertubation λH1 (t) soit celle due à une onde électromagnétique,
λH1 = W eiωt + W + e−iωt ,
i(ωba −ω)t 2
1 ei(ωba +ω)t − 1 +e −1
sB
(1)
Pa→b = Wba + Wba (6.2.13)
~2 ωba + ω ωba − ω
Aux temps longs, les transitions vers les états d’énergie Eb = Ea ± ~ω sont favorisées.
Sans refaire les calculs, on obtient
lsu
(1) 2π 2π †
2
wa→b = |Wba |2 δ (Eb − Ea + ~ω) + Wba δ (Eb − Ea − ~ω) . (6.2.14)
~ ~
Ce
Une perturbation harmonique de fréquence ω induit des transitions entre des états d’éner-
gies telles que ∆E = ±~ω.
L’équation de Schrodinder 6.1.1 H |ψi = E |ψi doit être résolue. Il se trouve cependant
que la résolution n’est pas du tout aisée mais nous avons par intuition et par expérience une
idée des propriétés du système, laquelle idée nous permet de deviner une forme analytique
de |ϕi que nous allons désigner par |ψi. L’énergie du système est donnée par
hψ | H | ψi
E= (6.3.1)
hψ | ψi
I
L’énergie obtenue via |ϕi sera
QI
hϕ | H | ϕi
E0 = (6.3.2)
hϕ | ϕi
M
A moins d’un heureux hasard ou d’uen efficacité absolue, on aura en général E 0 (ϕ) 6=
E. Supposons alors que |ϕi diffère légérement de |ψi tel que
RI
|ϕi = |ψi + α |χi , αR, |χi H (6.3.3)
Alors,
OU
hχ | H − E | χi
sB
= |α|2
hϕ | ϕi
hϕ | H | ϕi
E0 ≤ (6.3.4)
hϕ | ϕi
Preuve :
Soit le spectre de H , {|ψn i} c’est-à-dire H |ψn i = En |ψn i , E0 ≤ E1 ≤ ....... Alors
P
|ϕi = n hψn | ϕi |ψn i
X
=⇒ hϕ | H | ϕi = hψn | ϕi hϕ | ψn0 i hψn0 | H | ψn i
nn0
X
= En |hψn | ϕi|2 ≥ E0 |hψn | ϕi|2
n
E0 |hψn | ϕi|2 = E0 hϕ | ϕi
En pratique,
I
1. On choisit une fonction normée |ϕ (λ)i d’au-moins un paramètre λ ayant une
QI
allure convenable et se prêtant à des calculs analytiques.
M
∂Eλ ∂ 2 Eλ
|
∂λ λ=λ0
= 0 et |
∂λ2 λ=λ0
≥0
1 X2
ϕσ (X) = 1 e− 2σ2
(πσ 2 ) 4
sB
p ω 1 3 1
=⇒ Eσ = hϕσ | H | ϕσ i = ~ k/m + + g 2
4 4ω 4 ω
√
avec ω = ~/σ2 km > 0, g = ~2 λ/km > 0
lsu
Minimisons de Eσ =⇒ dE
dψ
= 0 =⇒ ω 3 − ω − 6g = 0
En posant G = 35 g 2 et si G > 1, alors la solution est
Ce
1 √ √
ω = √ (α + 1/α) , α = G + G − 1
3
et si 0 ≤ G ≤ 1
ϕ
√
√2
ω= 3
cos 3
cos ϕ = G
Application Numérique : ~ = 1 m = 1 k = 1
I
élevé ) ; on a de bonnes raisons de penser qu’une fonction propre |ψi du hamiltonien
QI
H s’écrit comme une combinaison linéaire (C.L) de fonctions |ϕn i bien connues, pas
forcément orthonormés. La fonction d’éssai |ϕi de |ψi dépend linéairement des paramètres
variationnels, coefficients de |ϕidans la C.L des |ϕn i c’est-à-dire
M
X
|ϕi = Cn |ϕn i (6.4.1)
n
De plus une variation élémentaire |δϕi de |ϕi doit être orthogonale à |ϕi, car hϕ + δϕ | ϕ + δϕi =
1 =⇒ hϕ | ϕi + 2Re (hδϕ | ϕi) + 0 (δϕ)2 = 1
sB
On a donc
X
δCn∗0 Cn hϕn0 | ϕn i (6.4.4)
lsu
Re (hδϕ | ϕi) = Re
nn0
X
Re (hδϕ | H | ϕi) = 0 = Re δCn∗0 Cn hϕn0 | H | ϕn i (6.4.5)
Ce
nn0
Posons
Hnn0 = hϕn0 | H | ϕn i Sn0 n = hϕn0 | ϕn i (6.4.6)
H |ϕi = E 0 |ϕi
qui est l’équation matricielle linéaire dont l’ordre est la dimension de l’espace généré
par les |ϕn i. (6.4.7) est appelée equation aux valeurs propres généralisées du fait de la
présence de la matrice de recouvrement S dans le membre de droite. Les inconnus sont
les paramètres Cn . Le système (6.4.7) admet une solution non triviale si et seulement si
det (H − E 0 S) = 0 soit
I
. . . . . .
QI
. . . . . .
. . . . . .
M
Cette équation séculaire est une équation polynomiale en E 0 dont les racines sont E10 ≤
E20 ≤ ........ Chacunes de ses valeurs propres est telle que Ek0 ≥ Ek , vraie valeur propre du
système correspondant à une fonction propre exacte (H − Ek S) |ψk i = 0.
RI
Relation entre théorème des pertubations stationnaires et méthodes LCAO
En théorie des pertubations, nous avions les ingrédients suivants :
OU
H = H0 + λH1 , λH1 ≺≺ H0
E D E
P (0) P 2 (0) (0)
|ϕi = n Cn ψn , hϕ | ϕi = n |C n | , S n 0n = ψn 0 | ψn = δn0 n
sB
D E
(0) (0)
Hn0 n = H0n0 n + λH1n0 n = En0 δn0 n + λH1n0 n = ψn0 | H | ψn(0)
(0)
det En0 δn0 n 0
+ λH1n0 n − E δn0 n = 0 (6.4.9)
soit
Ce
(0)
E1 + (λH1 )11 − E 0 (λH1 )12 (λH1 )13
(0)
(λH1 )21 E2 + (λH1 )12 − E 0 . . . .
. . . . . .
=0
. . . . . .
. . . . . .
. . . . . .
Si on néglige tous les termes d’ordre supérieur à λ ( c’est-à-dire on néglige les termes
diagonaux) dans le polyôme caractéristique, (6.4.9) devient
X |(λH1 ) 0 |2
En0 = En(0) + (λH1 )nn + nn
(0) (0)
(6.4.12)
n0 6=n En − En0
I
de |ϕi en série de λ c’est-à-dire
QI
X
Cn = λi Cn(i) (6.4.13)
i
M
X (λH1 ) 0 (0)
E
|ϕn i = ψn(0) + nn
(0) (0)
ψn0 (6.4.14)
n0 6=n
RI En − En0
OU
6.4.1 Exemple1 : Vibration anharmonique d’un atome
p2 1
+ kx2 + λx4 = H0 + λH1 (6.4.15)
sB
H=
2m 2
Appliquons la LCAO en utilisant les deux premiers états pairs de H0 |ϕ0 i et |ϕ2 i :
1 X2
lsu
(0) 3 1 3λ
H00 = hϕ0 | H | ϕ0 i = E0 + λ 2
= ~ω0 + 2
4α 2 4α
mω0
α=
~
3λ
H02 = H20 = λ ϕ0 | X 4 | ϕ2 = √ 2
2α
~ω0 ~ω0 3λ
I
E10 = + (H1 )02 = + 2
2 2 4α
QI
6.4.2 Exemple2 : Effet Stark de l’atome d’hydrogène
M
La combinaison des propriétés de symétrie de rotation et de renversement du temps
fait beaucoup d’atomes n’ont pas de moment dipolaire électrique permanent. Toutefois, en
présence d’un champ électrique qui implique une brisure de symétrie, un moment dipolaire
RI
induit s’aligne au champ. On définit la polarisabilité α de l’atome comme étant le rapport
du moment induit par le champ électrique
OU
D E
d~ = αE~ (6.4.19)
tives. Il ya donc pas de moment dipolaire pour ces particules. Sous l’action d’un champ
électrique extérieur, la nuage électronique se déforme et voit son barycentre déplacé par
rapport à celui des charges positives resté fixe ; un moment dipolaire induit apparaît.
lsu
Commençons pour avoir une intuition de ce qu’est l’effet Stark sur un oscillateur
Ce
p2
H= 2m
+ 21 kx2 − qEx , k = mω02 (6.4.20)
q2 E 2 1
(6.4.21)
en = En −
E , En = n + ~ω0
2mω02 2
I
présence d’un oscillateur harmonique.
QI
Dans plusieurs situations physiques, les electrons se comportent comme des oscillateurs
harmoniques c’est-à-dire qu’ils sont élastiquement liés. La contribution d’un électron au
moment dipolaire est d~ = q~x, q < 0 ; et en abscence d’un champ électrique, hψn | H | ψn i =
M
hdi = 0 ( car l’intégrand est impair ) donc l’oscillateur n’a pas de moment dipolaire vu
qu’il est toujours en moyenne dans sa position d’équilibre stable (ici,l’origine ).
Supposons que ε soit appliqué de façon adiabatique c’est-à-dire lentement de sorte
RI
l’électron puisse passer de ψn (x) à ψen (x) ( sinon il pourrait se retourner dans un autre
état ψen0 (x0 ) avec n0 6= n . Le moment dipolaire moyen vaut
+∞
OU
Z
D E qE qE
hdi = ψen | H | ψen = q dxψn x − xψn x −
−∞ mω02 mω02
q2E
hdi = 2
= αE 2 (6.4.22)
mω0
sB
avec α = qE
mω02
la probabilité de l’oscillateur ( ou susceptibilité électrique ).
Ce résultat se prête à une interprétation simple : le champ électrique a pour effet
de déplacer la valeur moyenne de la position de l’oscillateur ( ou position d’équilibre
lsu
classique ). Ce qui se traduit par l’apparition d’un moment dipolaire induit. Dans le cas
des atomes, ce déplacement se traduit par le déplacement du cortège électronique et donc
une séparation des barycentres des charges négatives et positives. Le fait que α décroit
Ce
p2 e p2
4EC = ψen | | ψn − ψn | | ψn = 0
2m 2m
ce qui est normal étant donné que la présence du champ n’affecte pas l’énergie cinétique
de l’oscillateur.
= ∆Ep1 + ∆Ep2
1 2 e 1 2
∆Ep1 = ψn | kx | ψn − ψn | kx | ψn
e
2 2
I
D E
QI
∆Ep2 = ψen | W (x) | ψen − hψn | W (x) | ψn i
= −αE 2
M
Il vient que
1
∆E = ∆EC + ∆Ep = − αE 2 (6.4.23)
RI 2
L’énergie potentielle de l’oscillateur polarisé est abaissée de la quantité |∆Ep | par rapport
à l’oscillateur libre. Les effets de polarité et de déplacement de niveaux sont appelés effet
Stark. Pour obtenir la polarisabilité en pratique, soit il faut calculer la valeur moyenne
OU
du moment dipolaire soit la correction au second ordre à l’énergie et utiliser (6.4.23).
p2 1
H= − − qEz (6.4.24)
2m r
lsu
Le fondamental n’étant pas dégénéré, on peut appliquer les résultats de la théorie des
pertubations :
Ce
(1)
∆E1 = 0
I
QI
Nous avons décrit jusqu’à maintenant la dynamique d’une particule avec ou sans spin
dans le cadre de la mécanique quantique. En revanche, la complexité de la nature vient
de ce qu’elle est constituée d’un très grand nombre de particules en putuelle intéraction.
M
Ces particules microscopiques sont identiques, c’est-à-dire qu’elles possèdent les mêmes
propriétés intrinsèques de sorte que leurs rôles peuvent être échangés dans une dynamique
sans en modifier la physique qui en résulte. Alors est-il possible que de telle particules
RI
soient dans le même état ? C’est à cette question que nous allons répondre dans ce chapitre
par le biais d’un postulat simple aux conséquences fondamentales de la physique. Pour fixer
les idées, commençons par considérer le cas des particules discernables.
OU
par Hp et He leur espace de Hilbert respectif décrivant leur état spatial et de spin. Or, ces
deux particules forment une seule entité dans l’atome d’hydrogène, et dans ce cas, il faut
les décrire comme un tout. Dans ce cas, l’espace correspondant est le produit tensoriel de
Ce
dont la base est formée des produits tensoriels des vecteurs des deux bases c’est-à-dire
si {|pi i} et {|ej i}sont les bases de Hp et He , celle de Htot est {|pi ej i}. Compte tenu du
principe de superposition, toute combinaison linéaire des vecteurs d’état |pi ej i est un
élément de Htot .
En terme de fonction d’onde spatiale par exemple, si ψp (xp , yp , zp ) et ψe (xe , ye , ze ) dé-
crivent les fonctions de proton et d’électron, celle de l’ensemble a la forme ϕ (xp , yp , zp , xe , ye , ze )
, c’est une fonction à 6 variables.
En ce qui concerne les opérateurs, ils n’opèrent que sur les parties correspondant à
125
Plusieurs particules identiques
H = H1 ⊗ H2 ⊗ ...... ⊗ HN (7.1.3)
I
QI
qui obtenu en prenant le produit tensoriel de tous les espaces individuels. La dimension
de ce nouvel espace est le produit des dimensions.
M
7.2 Système des particules identiques en Mécanique Quan-
tique RI
La situation est radicalement différente de celle décrite au paragraphe (7.1). Si en
physique classique, la numérotation des particules est sans équivaque, cette dernière de-
OU
vient ambigue dans le cadre de la Mécanique Quantique. Si on considère par exemple
deux particules décrites chacune par un paquet d’onde, lesquels sont bien séparés dans
l’espace ;elles s’enchevêtrent quand elles rentrent en collision ; il est alors difficile voire
impossible d’assurer un paquet d’onde à une particule. Cette difficulté dans un nouveau
sB
Pour préciser les idées, considérons deux particules identiques placées dans un potentiel
harmonique à une dimension. On les numérote 1 et 2 ; leur hamiltonien s’écrit :
Ce
p21 p2 1 1
H= + 2 + mω 2 x21 + mω 2 x22 (7.2.1)
2m 2m 2 2
Dans ce contexte, si on mesure l’énergie des deux particules, on trouve E10 = 2~ω
mais on ne peut pas décider si c’est la particule 1 qui est dans le niveau 1 et la particule
2 qui est dans le niveau 0 ou réciproquement. L’état du système peut donc être soit |ψ12 i
ou |ψ21 imais on sait que toute combinaison linéaire de ces deux kets conduit à la même
énergie E = 2~ω , et par conséquent conduit au même état.
I
QI
|ψi = α |ψ12 i + β |ψ21 i |α|2 + |β|2 = 1 (7.2.6)
M
p (x1 , x2 ) = |ψ (x1 , x2 )|2 est la densité de probabilité du système des deux particules.
La valeur moyenne du produit des positions est donnée par
hx1 x2 i =
Z RI
dx1 dx2 |ψ (x1 , x2 )|2 x1 x2 =
~
2mω
2Re (α∗ β) (7.2.7)
Cette valeur moyenne ne nous renseigne pas sur chacune des particules mais elle dépend
OU
de α et de β. Sa signification est en ce sens beaucoup plus profonde et on fait donc à une
série d’ambiguités dans les prévisions des postulats. Il est alors indispensable de lever cette
dégénérescence sous peine de rendre incohérente la Mécanique Quantique de plusieurs
particules identiques. Précisons pour le lecteur qu’il n’est nullement question de rejetter
sB
joue un important rôle car il est directement relié à la nature des particules.
Revenons quelques minutes sur le cas de deux spins ± 12 . Nous avons quatre réalisations
possibles suivant z :
Ce
|11i = |++i
|1 − 1i = |−−i
(7.2.8)
|10i = √12 (|+−i + |−+i)
|00i = √1 (|+−i − |−+i)
2
Soit |1i; 2ji une base de système de deux particules identiques, la particule 1 dans
l’état |Ii et la particule 2 dans l’état |ji. Le groupe approprié pour décrire un tel système
I
QI
S2 = S A2 = A
AS = SA S + A = Id (7.2.10)
S+ = S A+ = A
M
Soit un ket |ψi ∈ E , alors
Il vient que S |ψi Es et A |ψi Ea . S est appelé symétriseur et A anti-symétriseur.
OU
Tranformation des observables
Soit l’observable B (1) de valeurs propres bi associées au ket |ii de particule 1, alors
+
P21 B (1) P21 |1i; 2ji = P21 B (1) |1j; 2ii = P21 bj |1j; 2ii = bj |1i; 2ji
sB
+
=⇒ P21 B (1) P21 +
= B (2) =⇒ B (1) = P21 +
B (2) P21 = P21 B (2) P21 (7.2.12)
lsu
De même, on a
+
P21 B (1) C (2) P21 = B (2) C (1)
(7.2.13)
Ce
+
P21 O (1, 2) P21 = O (2, 1)
Si [P21 , O (1, 2)] = 0 =⇒ O (1, 2) = O (2, 1) ; O est symétrique. Il vient donc que les obser-
vables symétriques commutent avec l’opérateur de permutation ; de même le hamiltonien
d’un système deux particules identiques est invariant sous le groupe de permutation S2 ,
[P21 , H] = 0 ; par conséquent, ces deux opérateurs ont en commun un système complet de
kets propres. Si en plus H ne dépend pas explicitement du temps, un ket symétrique ou
anti-symétrique conserve cette propriété au cours du temps.
Ainsi, toutes les particules de la nature sont classées en deux catégories :
- les bosons qui ont des états symétriques sous l’opérateur P21 .
- les fermions dont les états sont anti-symétriques sous P21 .
Il en résulte que l’espace des états n’est plus le produit tensoriel des espaces individuels-
mais des sous-espaces formés des combinaisons linéaires symétriques ou ( exclusif ) anti-
symétriques. Le vecteur d’état ne changeant donc pas cette propriété aucours du temps,
demeure dans son sous-espace de l’espace de Hilbert de deux particules [Link]
exemple, des états décrits en (7.2.8), les trois premiers |11i , |1 − 1i et |10isont symétriques
contrairement au dernier |00i qui est anti-symétrique.
I
Dans ce cas, le groupe de symétrie est le groupe de permutation S3 . Le symétriseur et
QI
l’anti-symétriseur sont définis par
1 1
(7.2.14)
P P
S= P A= Ep P
M
3! S3 3! S3
1
OU
∗S |ψi = (P123 + P231 + P312 + P132 + P321 + P213 ) |1ϕ, 2χ, 3ηi
3!
1
(|ϕχηi + |ϕηχi + |ηϕχi + |ϕηχi + |ηχϕi + |χϕηi)
= (7.2.15)
3!
sB
Pour simplifier, on a écrit le ket suivant l’ordre des particules. L’état S |ψi devant être
normalisé, sa constante de normalisation dépend de la nature orthogonaux des kets |ϕi
,|χiet |ηi
lsu
1
∗A |ψi = (P123 + P231 + P312 − P132 − P321 − P213 ) |ϕχηi
3!
1
Ce
AS = SA = 0
1
(7.2.17)
S + A = (P123 + P231 + P312 ) 6= Π
3
Le groupe de symétrie ici est le groupe Sn ; à partir des éléments duquel on construit
I
le symétriseur et l’antisymétriseur.
QI
S = n!1 Sn P
P
(7.2.18)
A = n!1 Sn εp P
P
M
Sous l’action d’une permutation P , un ket |ψi sera dit symétrique ( ou antisymétrique
) si
P |ψs i = |ψs i ( ou A |ψi = εp |ψi ) (7.2.19)
On a,
RI
|ψs i Es , S |ψs i = n!1 Sn P |ψs i = 1
P P
|ψs i = |ψs i
n!
PSn 2 (7.2.20)
OU
|ψa i Ea , A |ψa i = n!1 Sn εp P |ψa i = 1
P
n! Sn εp |ψa i = |ψa i
Propriétés :
S + = S, A+ = A
sB
= εγ A = APγ =⇒ [Pγ , A] = 0
S 2 = n!1 P S = n!1 S = S =⇒ SS + = S + S = S
P P
Ce
AS = n!1 εp P S = n!1 S
P P P
εp S = n! εp = 0
Il y a autant de permutations paires qu’impaires. S et A sont des projecteurs dans les
sous-espaces Es et Ea respectivement.
Autrement dit, les kets de l’espace produit tensoriel des espaces individuels, seuls
certains peuvent décriere les états physiques. Les particules décrites par des vecteurs
symétriques sont appelés bosons ; c’est le cas des particules de spin entier ; et les particules
de spin démi-entier sont décrites par des vecteurs antisymétriques : ce sont les fermions.
Exemples
- Le proton et le neutron, particules de spin 12 sont des fermions
- La particule α , 2 protons plus 2 neutrons, et de spin 0 est un boson
- L’atome d’hydrogène, proton plus électron, est un boson. Son état de spin est soit0
soit 1 ; ils sont séparés de 21cm.
I
Construction des kets physiques
QI
1. Numéroter les particules arbitrairement et construire le ket |ψi correspondant.
2. Appliquer S ou A suivant que les particules sont des bosons ou des fermions.
M
3. Normer le ket obtenu.
Cas particulier de deux particules de spin 12
Si leur hamiltonien ne contient pas des termes d’intéraction avec le spin, le ket cherché
RI
est
|ψi = |ψexp i ⊗ |ψspin i (7.2.22)
c’est-à-dire un produit d’une fonction d’espace et d’une fonction de spin . |ψi devant être
OU
Cas a)
1
|ψi = |1χ; 2χi ⊗ √ (|1+; 2−i − |1−; 2+i) (7.2.23)
2
lsu
1 1
|ψi = √ (|1χ; 2ηi + |1η; 2χi) ⊗ √ (|1+; 2−i − |1−; 2+i)
2 2
Ce
Cas b)
|1+; 2−i
1
|ψi = √ (|1χ; 2ηi − |1η; 2χi) ⊗ |1−; 2+i (7.2.24)
2 1
√ (|1+; 2−i + |1−; 2+i)
2
individuel ; un tel état est donc exclu par le postulat de symétrisation. Ce résultat est
connu sous le nom de principe d’exclusion de Pauli.
Constrction d’une base dans l’espace des états |1i; 2j; ......nki
Nous savons que l’espace des états maintenant est soit Es ou Ea selon que les particules
sont des bosons ou des fermions. Pour construire un vecteur Es , il faut considérer toutes
les combinaisons possibles dues aux opérateurs symétriseur S et antisymétriseur A sur
|1i; 2j; ......nki
Il est toute fois important de souligner que les kets S |1i; 2j; ......nki ( respectivement
I
A |1i; 2j; ......nki) ne sont pas indépendants puisque l’application de S (respectivement de
QI
A ) sur ces kets de base conduit à un vecteur de la même base (éventuellement au signe
près) . On est conduit à introduire la notion de nombre d’occupation. Par définition le
nombre d’occupation np de l’état uniparticulaire |pi est la nombre de fois que |pi apparait
M
dans la suite |ii , |ji , ...... |ki c’est-à-dire au nombre de particule dans l’état |pi. Deux kets
différents |1i; 2j; ......nki pour lesquels tous les nombres d’occupation sont égaux, peuvent
s’obtenir l’un à partir de l’autre par l’action d’une permutation. Ils donnent après l’action
de S la même état physique que nous noterons
RI
|n1 , n2 , ......., ni ....i = |1i; 2i; 3i; .....; n1 ; n1 i + 1j; n1 + 2j; ......; n1 + n2 j, .....i (7.2.25)
OU
Quelques propriétés
* hn01 , n02 , ......., n0i .... | n1 , n2 , ......., ni ....i = δn01 n1 δn02 n2 .....δn0i ni ......
sB
* Si les particules sont les bosons, alors i ni = n où n est le nombre total de particules.
P
* L’ensemble des kets |n1 , n2 , ......., ni ....i forment une base de Es et sont mutuellements
orthogonaux.
lsu
1 X
=√ Pα |1i; 2i; ...; n1 ; n1 i + 1j; n1 + 2j; .......i (7.2.26)
N !Πk nk ! α
avec nk = n . On s’aperçoit que l’ordre dans l’équation 7.2.26 est sans importance.
P
k
Pour les fermions, on convient un ordre pour les états |iic’est-à-dire E1 ≺ E2 ≺ ........
Dans ce cas
1 X
|ui = |n1 , n2 , ......., ni ....i = √ εα Pα |1i; 2i; ...; n1 ; n1 i + 1j; n1 + 2j; .......i (7.2.27)
N! α
n
X
H (1, 2, ...., n) = hi (7.2.28)
i
I
- Dans le cas des bosons, les vecteurs propres de H sont
QI
X
φSi1,.....in = c Pα |1ϕi1 , 2ϕi2 , .......nϕin i (7.2.29)
α
M
où c est une constante ; les valeurs propres associées sont
Si e1 est laE plus petite énergie, alors le fondamental de H est E = ne1 pour les n bosons
(S)
et φ11,.....1 = |1ϕ; 2ϕ; .....; nϕi. Tous les bosons se retrouvent dans le même état , c’est la
OU
condensation à basse température.
- Dans le cas des fermions, les énergies individuelles sont ordonnées e1 ≺ e2 ≺ ....... ≺
en , le fondamental est donc
sB
L’énergie individuelle la plus élévée est appelée énergie de Fermi du système ( exemple
EF = 3eV pour le Na qui correspond à une température T = 36000° K dans le cadre de
lsu
Pour simplifier, nous nous limitons au cas de deux particules identiques dans les états
individuels |χi et |ηi
1
|ψi = √ (1 + εP21 ) |1χ; 2ηi (7.2.33)
2
avec ε = ±1 selon qu’il s’agisse des bosons ou des fermions respectivement. On mesure
sur chacune de ces particules une grandeur B ( de spectre discret et non dégénéré). On
obtient bi et bj associées aux vecteurs |ui i et |uj i ; le ket résultat est alors
1
|ϕi = √ (1 + εP21 ) |1ui ; 2uj i (7.2.34)
2
1D
†
E
hϕ | ψi = 1ui ; 2uj 1 + εP21 (1 + εP21 ) 1χ; 2η = hui | χi huj | ηi + ε hui | ηi huj | χi
I
2
(7.2.35)
QI
Cette amplitude est la somme ou la différence de deux termes. Le premier terme est appelé
terme direct et le deuxième est le terme d’échange. En calculant la probabilité (module
carré de l’amplitude), on a une interférence des deux termes.
M
[Link] Etude simplifiée de l’atome d’hélium
RI
Le hamiltonien de l’atome d’hélium s’écrit
OU
H = H0 + V
avec
1 Ze2 Ze2 e2
H0 = (p21 + p22 ) − − V =
sB
2m r1 r2 r12
Nous allons traiter V comme une perturbation (ce qui n’est pas justifié vu que V est
du même ordre que H0 ). Le fondamental de l’hélium est |1s; 1si ie sa partie spatiale est
symétrique alors, sa partie de spin est forcément antisymétrique. Le premier niveau excité
lsu
1
|Ai = √ (|1s; 2si + |2s; 1si) ⊗ |0; 0i (7.2.36)
Ce
pour le singulet et
1 |1; 1i
|Bi = √ (|1s; 2si − |2s; 1si) ⊗ |1; 0i (7.2.37)
2
|1; −1i
1
hA |V | Ai = {h1s; 2s |V | 1s; 2si + h2s; 1s |V | 2s; 1si + h1s; 2s |V | 2s; 1si + h2s; 1s |V | 1s; 2si} = K+J
2
(7.2.38)
avec
(7.2.39)
Quant aux triplets, on obtient
hA |V | Ai = K − J (7.2.40)
Ces deux termes K et J sont positifs : les niveaux A sont au-dessus de B et leur écart est
de 2J.
I
QI
7.3 Les bosons
M
7.3.1 L’oscillateur harmonique
Considérons un oscillateur harmonique linéaire de hamiltonien
H=
p2
RI1
+ kx2 (7.3.1)
2m 2
On sait qu’en Mécanique Classique, l’équation de son mouvement est donnée par :
Nous allons résoudre l’équation de Schrödinger d’une manière élégante que celle des équa-
tions différentielles. Pour cela, nous savons que
Ce
[x, p] = xp − px = i~ (7.3.4)
Posons
α = mω/~ (7.3.5)
√
X= αx et P = p
√
~ α
(7.3.6)
Alors
~2 α 2 1 mω 2 2 1
X = ~ω X 2 + P 2 (7.3.7)
H= P +
2m 2 α 2
On vérifie que
√
p
[X, P ] = αx, √ = i. (7.3.8)
~ α
Posons maintenant
a= √1
2
(X + iP ) et a† = √1
2
(X − iP ) (7.3.9)
† 1
(7.3.10)
I
a, a = [X + iP, X − iP ] = 1
2
QI
et
1
a2 + a†2 + aa† + a† a
X2 = 2
(7.3.11)
1
a2 + a†2 − aa† − a† a
P2 =
M
2
1
H = ~ω aa† + a† a (7.3.12)
RI
2
L’action de a permet de passer du ket |ni au ket |n − 1i, d’où le nom d’opérateur d’an-
sB
nihilation ou destruction alors que a† permet de passer du ket |ni au ket |n + 1i, ce qui
justifie son nom d’opérateur de création. Comme a, a† = 1, alors le commutateur a, a†
√ √ √ √
a† a |ni = a† n |n − 1i = na† |n − 1i = n n |ni = n |ni
Ce
donc le ket |ni est ket propre de a† a associé à la valeur propre n, H peut donc se réécrire
1 1
H = ~ω 1 + a† a + a† a = ~ω 2a† a + 1 (7.3.14)
2 2
soit alors
1 1
H |ni = ~ω 2a† a + 1 |ni = ~ω (2n + 1) |ni (7.3.15)
2 2
|ni est aussi vecteur propre de H associé à la valeur propre 21 ~ω (2n + 1). L’opérateur a† a
que nous allons noter désormais n̂ est l’opérateur nombre d’occupation.
A partir du ket |0i, on peut de proche en proche construire tous les kets |ni. En effet,
on sait que
√ 2
a† |ni = n + 1 |n + 1i =⇒ |ni = √1 a†
n
|n − 1i = √1 √ 1
n n−1
a† |n − 2i
1 n
|ni = √ a† |0i (7.3.16)
n!
L’état |0i n’est autre que le fondamental de H ; du fait de son nombre d’occupation soit
I
0, il est appelé état du vide (vaccuum state).
QI
Exercice Calculer les fluctuations 4x et 4p dans un état |ni donné. Quel résultat
surprenant obtenez-vous pour l’état |0i ?
M
7.3.2 Applications
1 X 2 1 X
H= p + g (xj − xj+a )2 (7.3.17)
2m j j 2 j
lsu
Pour simplifier, on suppose que la chaîne est périodique de période N (ie on retombe sur le
même atome après en avoir compté N ). Introduisons le système de coordonnées normales
Ce
Cette TF se justifie par l’invariance par rotation de la chaîne, d’où le nombre d’onde k
dans la somme 7.3.18. On peut monter (Exercice le faire) que k est quantifié
2π
kn = n, n = 0, 1, ... (7.3.20)
Na
I
QI
par conséquent, H devient
1 X ∗ 1X
H= Pk Pk + G (k) Uk∗ Uk (7.3.24)
M
2m k 2 k
avec G (k) = 2g (1 − cos ka) qui devient une chaîne d’oscillateurs non couplés dans le
système des coordonnées normales Uk . La fréquence de chaque mode k est
RI
r r
G (k) g 1
ωk = 2 =2 sin |ka| (7.3.25)
m m 2
OU
1X
H= ~ωk (2nk + 1) (7.3.26)
2 k
sB
Cette étude peut s’étendre au cas tridimensionnel où les coordonnées deviennent des
vecteurs. Dans ce cas, au lieu du nombre d’onde, on a un vecteur d’onde ~k dont les
distinctes valeurs permises définissent des zones de Brillouin dans l’espace des ~k. Les
lsu
D’autres applications sortent du cadre de ce cours. Cependant, elles sont obtenues par
la limite continue de la chaîne discrète que l’on vient d’étudier. Ajoutons pour terminer
que ce formalisme se révèle fort important en théorie des champs.
|n1 n2 . . .i (7.4.1)
I
QI
b†k |n1 n2 . . . nk . . .i = |n1 n2 . . . nk + 1 . . .i
(7.4.2)
bk |n1 n2 . . . nk . . .i = |n1 n2 . . . nk − 1 . . .i
M
Si nk vaut 0 pour la première
2 opération ou 1 pour la deuxième, alors ces états exsitent.
Notons que (bk ) = 0 et b†k = 0. On a les relations d’anticommutation
2
RIh
b†k b†k0 + b†k0 b†k = 0 = b†k , b†k0
i
+
(7.4.3)
De même,
OU
h[bk , bk ]i+ = 0
0
(7.4.4)
bk , b†k0 = δkk0
+
On a donc √
bk |nk i = nk |nk − 1i
sB
† √ (7.4.5)
bk |nk i = 1 − nk |nk + 1i
lsu
Ce