COMMENTAIRE D'ARRÊT
NOTE OBSERVATION
Noms et prénoms
Bada Andi
Dah Kacou Ivan
Diaho Davy
Kouame Martine
Kouame Emmanuella
Kra Marie
Krapa Novela
N'wozan Danielle
Yao Eunice
Master 1 option carrière judiciaire
La saisie-attribution des créances est la voie d'exécution par laquelle un créancier, muni d'un
titre exécutoire, bloque entre les mains d'un tiers les sommes d'argents qui sont dues par celui-
ci à son débiteur en vue de se les faire attribuer. De cette saisie naissent plusieurs incidents .
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C'est notamment le cas de notre arrêt nº 009/2005 rendu le 27 janvier 2005 par la Cour du
commune de Justice et d'Arbitrage ( CCJA) opposant la société Afrocom-ci et la Citibank
Il ressort des faits que, la société Afrocom-ci a pratiqué le 5 juillet 2025 une saisie attribution
des créances à l'encontre de Monsieur DN entre les mains de Citibank. Cette dernière a par
exploit intitulée <<aux fins de rectification de déclaration>> signifié le 19 juillet 1999 à la
société requérante Afrocom-ci que le compte bancaire sur lequel portait sa déclaration
mentionnée dans le procès verbal des créances avait comme titulaire Monsieur DA et non
Monsieur DN le débiteur saisi, lequel ne détenait aucun compte ouvert dans ses livres . Irritée
de cette nouvelle déclaration, la société Afrocom-ci assigne la Citibank en justice pour
déclaration inexacte sur la base de l'article 156 de l'acte uniforme portant organisation des
procédures recouvrement et des voies d'exécution (AUPRVE). Le 16 mai 2001 le tribunal de
première instance d'Abidjan fait droit à la dite société et condamne Citibank a payer les causes
de la saisie sur le fondement de l'article sus mentionné. Estimant ne pas avoir obtenu justice, la
Citibank interjecte appel. La cour d'appel a quant à elle, le 03 mai 20202 fait droit à la société
Citibank au motif qu'au regard de l'article 156 de l'AUPRVE, la Citibank n'est point un tiers saisi
et ne peut être débiteur des causes de la saisie. Car le tiers saisi désigne une personne qui
détient des sommes d'argent dues au débiteur saisi en vertu d'un pouvoir propre et
indépendant, même si elle les détient pour le nom et pour le compte d'autrui. Or la Citibank ne
détient aucunement des sommes d'argent appartenant à Monsieur DN donc ne peut être
qualifié de tiers saisi. Exténuée, la société Afrocom-ci pourvoit l'affaire en cassation notamment
à la CCJA. De cette procédure rocambolesque surgit le problème suivant : Peut-on sanctioner un
tiers d'avoir produit une déclaration inexacte dans le cadre d'une saisie attribution des créances
? À cette question les juges de la CCJA ont répondu que le tiers saisis est une personne qui
détient des sommes d'argent dues au débiteur saisi en vertu d'un pourvoir propre et
indépendant, même si elle détient pour le compte d'autrui. Cependant qu'ayant retenu par un
motif non critiqué par le pourvoi que Citibank n'est pas tiers saisi, ce dont il résulte que les
dispositions de l'article 156 précité ayant prévu que la déclaration inexacte, faite par le tiers
saisi, expose celui-ci à être déclaré débiteur des causes de la saisie, ne sont pas applicables à
Citibank, et ce même si l'inexactitude de sa déclaration avait été établie, la cour d'appel
d'Abidjan a, par ce seul motif, légalement justifié sa décision; d'où il suit que le moyen ne peut
être accueilli.... Décision que nous tâcherons de commenter en démontrant la qualité du tiers
saisi et ses obligations (I) puis les condamnations frappants le tiers saisi en cas de manquement
à ses obligations (II)
I- LA QUALITÉ DU TIERS SAISI ET LES OBLIGATIONS LUI INCOMBANT
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La CCJA a dans sa décision démontrée la qualité du tiers saisi ( A) et l'article 156 de l'AUPRVE
nous a permis de déduire les obligations qui lui incombent (B)
A- La qualité du tiers saisi au regard de l'arrêt
Selon l'arrêt rendu par les juges de la CCJA le terme tiers saisi désigne la personne qui détient
des sommes d'argent dues au débiteur saisi en vertu d'un pouvoir propre et indépendant,
même si elle les détient pour le compte d'autrui. En l'espèce la Citibank a certes fait une
déclaration inexacte mais ne demeure pas le tiers saisi de débiteur saisi, Monsieur DN. Cette
déclaration est due à une erreur faite sur l'identité de Monsieur DN . Car la Citibank ne détient
aucunement des sommes d'argent dues à Monsieur DN . La CCJA n'a pas qualifié la Citibank de
tiers saisi au regard de sa définition donnée. Elle a dit le droit en confirmant l'arrêt rendu par la
cour d'appel sur ce moyen
B - Les obligations du tiers saisi
Au regard de l'article 156 de l'AUPRVE<< Le tiers saisi est tenu de déclarer au créancier
l'étendue de ses obligations à l'égard du débiteur ainsi que les modalités qui pourraient les
affecter et, s'il y a lieu, les cessions de créances, délégations et saisies antérieures. Il doit
communiquer copie des pièces [Link] déclarations et communications doivent être
faites sur le champ à l'huissier ou l'agent d'exécution et mentionnées dans l'acte de saisie ou,
au plus tard, dans les cinq jours si l'acte n'est pas signifié à personne. Toute déclaration
inexacte, incomplète ou tardive expose le tiers saisi à être condamné au paiement des causes
de la saisie, sans préjudice d'une condamnation au paiement de dommages-intérêts.
En application à notre cas d'espèce le tiers saisi doit s'abstenir de faire une déclaration inexacte
incomplète ou tardive. Or la Citibank considérée comme le tiers saisi par le tribunal a produit
une déclaration inexacte et de ce fait à manquer à ses obligations. Cependant la CCJA n'a pas
manqué de le rectifier en prouvant que cette déclaration ne peut être qualifiée d'inexacte
puisqu'elle provient d'une erreur sur l'identité. Par conséquent aucune obligation ne lui
incombe.
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II- LES CONDAMNATIONS FRAPPANT LE TIERS SAISI EN CAS DE MANQUEMENT À SES OBLIGATIONS
Le tiers saisi n'ayant pas respecté les obligations qui lui incombent selon l'article 156 de
l'AUPRVE en son alinéa 2 se trouve condamné au paiement des causes de la saisie (A) et au
possible paiement des dommages et intérêts (B)
A- Au paiement des causes de la saisie
L'article 156 en son alinéa 2 dispose que << Ces déclarations et communications doivent être
faites sur le champ à l'huissier ou l'agent d'exécution et mentionnées dans l'acte de saisie ou,
au plus tard, dans les cinq jours si l'acte n'est pas signifié à personne. Toute déclaration
inexacte, incomplète ou tardive expose le tiers saisi à être condamné au paiement des causes
de la saisie, sans préjudice d'une condamnation au paiement de dommages-intérêts.>> Si dans
notre cas d'espèce, la Citibank était le tiers saisi de Monsieur DN, elle serai tenu au paiement
des causes de la saisie . La CCJA l'a également souligné en ces termes<< la déclaration inexacte
expose le tiers saisi au paiement de dommages et intérêts>> Mais comme la Citibank n'en est
pas un, elle ne fera aucun paiement .
B - Au possible paiement de dommages et intérêts
Aux termes de l'article 156 de l'AUPRVE, le paiement de dommages et intérêts est une sanction
en plus dont est frappée du tiers saisi ayant produit une déclaration inexacte. Ce qui sous-
entend que cette sanction est laissée au bon vouloir du créancier quitte à celui-ci de le réclamer
au juge compétent.
Du commentaire fait de cet arrêt nous pouvons en somme dire que la CCJA a effectivement dit
le droit dans la forme ainsi que dans le fond