Chapitre 6 : Moteurs asynchrones
triphasés et variateurs de vitesse
Table des matières
Chapitre 6 : Moteurs asynchrones triphasés et variateurs de vitesse ............................................................................................... 1
Généralités sur les machines électriques .......................................................................................................................................... 2
Mise en situation ............................................................................................................................................................................. 2
Classification des machines électriques ....................................................................................................................................... 2
Principales parties d’une machine électrique .............................................................................................................................. 3
Quelques grandeurs caractéristiques des machines électriques............................................................................................... 4
Intérêt des machines électriques ................................................................................................................................................... 4
Structure et fonctionnement des MAS triphasés ........................................................................................................................... 5
Description ....................................................................................................................................................................................... 5
Différents types ............................................................................................................................................................................... 5
Création d’une force magnétique : le champ magnétique tournant ....................................................................................... 6
Couplage des enroulements du stator sur un réseau triphasé ................................................................................................. 7
Le MAS en fonctionnement .............................................................................................................................................................. 8
MAS au démarrage ......................................................................................................................................................................... 8
Fonctionnement à vide du MAS .................................................................................................................................................. 9
Fonctionnement en charge du MAS ............................................................................................................................................ 9
Bilan de puissance dans un MAS .................................................................................................................................................... 12
Cheminement de la puissance réelle dans le MAS .................................................................................................................. 12
Calcul des différentes pertes joules ............................................................................................................................................ 12
Calcul du rendement..................................................................................................................................................................... 14
Variation de la vitesse d’un MAS .................................................................................................................................................... 15
Nécessité ......................................................................................................................................................................................... 15
Principe de variation de la vitesse .............................................................................................................................................. 16
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Généralités sur les machines électriques
Mise en situation
Une machine est tout mécanisme prêt à communiquer un mouvement et effectuer un travail. Les machines électriques
sont des dispositifs fondés sur l’électromagnétisme et permettant la conversion d’énergie électrique en énergie
mécanique et vice versa. L’électromagnétisme étant la partie de la physique qui étudie les interactions entre courants
électriques et champs magnétiques. Ainsi, une machine électrique comporte les éléments suivants:
• Des aimants (ou électroaimants) pour le champ magnétique.
• Des fils électriques pour canaliser le courant électrique.
• Des pièces mécaniques pour le mouvement et/ou la fixation.
Classification des machines électriques
Les machines électriques comportent :
• Les générateurs : qui transforment l’énergie mécanique en énergie électrique.
• Les moteurs qui transforment l’énergie électrique en énergie mécanique.
• Les convertisseurs statiques : qui transforment l’énergie électrique en énergie électrique.
Énergie mécanique
Générateur Moteur
Énergie Convertisseurs Énergie
électrique statiques électrique
Figure 6. 1. Classification des machines électriques
Les moteurs et les génératrices sont des machines électriques tournantes aussi appelées convertisseurs électromécaniques
(ie capables de transformer l’énergie électrique en énergie mécanique et vice versa).
• Les moteurs assurent la conversion électromécanique : on les alimente et ils tournent.
• Les génératrices assurent la conversion mécanoélectrique : on les fait tourner et ils produisent de l’énergie
électrique.
Les convertisseurs électromécaniques sont aussi classés en fonction de la nature du courant; on distinguera les
machines à courant continu (CC) des machines à Courant Alternatif (CA). La source CA étant la plus répandue, les
machines les plus utilisées sont les machines CA. Pour la production de l’énergie, on distinguera :
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• Les génératrices à courant continu aussi appelées dynamo.
• Les génératrices à courant alternatif appelées alternateur : elles sont utilisées dans les centrales de
production d’énergie électrique comme chez Hydro-Québec.
De la même manière, on définira :
• Les moteurs à courant continu
• Les moteurs à courant alternatif : moteur synchrone et asynchrone : ils sont utilisés dans la plupart des
installations industrielles pour le travail.
Finalement, en fonction de la nature de la source alternative (monophasée ou triphasée), on aura :
• Les moteurs monophasés
• Les moteurs triphasés plus puissants que les moteurs monophasés.
Machines électriques tournantes
Machines CC Machines CA
Génératrice CA
Moteur CA
Moteur CC (alternateur)
Génératrice ou
dynamo
Machine Machine
monophasée triphasée
Asynchrone et synchrone
Figure 6. 2. Classification des machines électriques tournantes.
Principales parties d’une machine électrique
Physiquement une machine électrique tournante comporte les parties suivantes
• Le stator qui correspond à la partie fixe
• Le rotor qui est la partie tournante
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• L’entrefer correspond à l’espace d’air séparant le rotor et le stator et traversée par un champ d’induction
magnétique lors d’une conversion électromécanique.
Figure 6. 3. Principales parties d’un convertisseur électromécanique (Source)
Quelques grandeurs caractéristiques des machines électriques
Une machine électrique permet de transformer une forme d’énergie en une autre; il est alors important de caractériser :
• Son rendement : sortie/entrée
• Sa puissance
• Sa fréquence
• Sa vitesse
• Sa tension d’alimentation, etc.
Toutes ces informations sont disponibles sur la plaque signalétique de la machine. La Figure ci-dessous représente la
plaque signalétique d’un moteur de Tatung Motors. Sur cette plaque on peut voir que la puissance du moteur est de
1 𝐻𝑃 soit 746 𝑊, sa vitesse de rotation est de 𝟏𝟕𝟐𝟎 𝐫𝐩𝐦 (𝐫𝐨𝐮𝐧𝐝 𝐩𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧) ou encore 𝟏𝟕𝟐𝟎 𝐭𝐫⁄𝐦𝐢𝐧.
Figure 6. 4. Exemple de plaque signalétique d’une machine électrique.
Intérêt des machines électriques
Comparé aux machines thermiques, les machines électriques ont les avantages suivants :
• moins polluantes
• démarrent seul et facilement
• fort couple moteur à faible vitesse et à l’arrêt
Les moteurs CA étant les plus répandus, dans ce cours, il ne sera traité que les moteurs Asynchrones triphasé et
monophasés. Tout au long du cours, nous utiliserons l’abréviation MAS pour Moteur ASynchrone.
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Structure et fonctionnement des MAS triphasés
Description
Le MAS aussi appelé moteur à induction comporte deux principales parties : une fixe appelée stator et l’autre mobile
appelée rotor. Le stator est formé par un empilement de tôles d’acier au silicium isolées les unes des autres, appelé « fer
laminé ». Il est solidement attaché au bâti fixe de la machine et percé d’un trou cylindrique pour contenir le rotor. Ce
dernier est aussi formé de fer laminé. Le rotor est solidaire de l’arbre central, qui est lui-même monté sur des roulements,
et libre de tourner. La figure ci-dessous montre une vue éclatée d’un moteur asynchrone triphasé.
Figure 6. 5. Classification des machines électriques tournantes. (Source ici).
Différents types
On différencie les MAS par le type de rotor utilisé et on distinguera : les rotors à cage d’écureuil et les rotors bobinés.
Rotor à cage d’écureuil
Les enroulements des moteurs à cage d’écureuil sont constitués de barres de cuivre nues introduites dans les encoches.
Il s’agit des moteurs de petite puissance, mais de grandes vitesses.
Figure 6. 6. Rotor à cage d’écureuil (extrait du livre de WILDI)
La plaque à bornes d’un moteur à cage d’écureuil montre 6 bornes qui sont les bornes des enroulements du stator.
Remarque : le rotor d’une machine asynchrone à cage d’écureuil est toujours court-circuité.
Quelques caractéristiques des moteurs à cage d’écureuil sont les suivantes :
• Coût d’achat et coût d’entretien faible vu la simplicité et la robustesse.
• Couple de démarrage faible et appel de courant au démarrage très élevé.
Rotor bobiné
Pour les rotors bobinés aussi appelés moteurs à bagues, on a un bobinage triphasé semblable à celui du stator, les
enroulements triphasés sont raccordés en étoile avec les extrémités libres reliées à une bague offrant ainsi la possibilité
d’ajouter en série une résistance.
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Figure 6. 7. Image d’un rotor bobiné (Source)
La plaque à bornes des moteurs bobinés comporte 9 bornes (6 pour le stator et 3 pour le rotor). Quelques
caractéristiques de ce moteur sont les suivantes :
• La résistance des enroulements est augmentée par une insertion des résistances au démarrage; cela permet de
réduire fortement la pointe du courant de démarrage.
• L’augmentation des résistances augmente le couple de démarrage; ce qui est précieux lorsque le moteur entraîne
une charge avec un couple résistant de décollage élevé.
• L’insertion de plus ou moins des résistances rotoriques permet de faire varier la vitesse du moteur dans une
certaine mesure.
Création d’une force magnétique : le champ magnétique tournant
Le rotor du MAS n’est pas connecté au réseau : lorsqu’on alimente les trois bobines du stator par un système de tensions
triphasées, chacune des bobines produit son champ magnétique. Au centre des trois bobines, le champ résultant est
tournant. C’est ce champ magnétique généré par le stator qui induit des courants responsables du déploiement des
forces magnétiques. Le schéma du principe de fonctionnement d’un moteur asynchrone est le suivant.
Figure 6. 8. Principe de fonctionnement du MAS
La vitesse du champ tournant est notée 𝑛𝑠 et appelée vitesse de synchronisme ou vitesse synchrone. Elle est liée à la
fréquence 𝑓 comme suit :
𝑓 en 𝐻𝑧
120𝑓
𝑛𝑠 = ; { 𝑛 𝑠 en tr ⁄min ou rpm (6.1)
𝑝
𝑝: nombre de pôles du stator
Il est impossible pour le rotor de tourner à la vitesse de synchronisme. Si le rotor tourne à la même vitesse que le champ
magnétique alors le flux magnétique ne couperait pas les conducteurs; la tension et le courant induits dans les
conducteurs seraient nuls. Soumis à de telles conditions, le moteur ne pourrait pas tourner. Pour produire un couple
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moteur, il est indispensable que la vitesse du rotor soit légèrement inférieure à la vitesse du champ tournant. Le
glissement traduit la différence entre la vitesse de synchronisme et la vitesse du rotor relativement à la vitesse de
synchronisme; on le note 𝒔 et on a :
𝑛𝑆 − 𝑛 𝑛g
𝑠= × 100 ⇒ 𝑠= × 100 (6.2)
𝑛𝑠 𝑛𝑠
Dans cette expression, 𝑛g est la vitesse de glissement et est la différence entre la vitesse de synchronisme et la vitesse du
rotor.
𝑛g = 𝑛𝑆 − 𝑛 (6.3)
À partir de la définition du glissement, on extrait la vitesse du rotor comme suit :
𝑛 = (1 − 𝑠)𝑛𝑆 (6.4)
Exemple d’application 1 : Calcul du glissement à partir de la plaque signalétique d’un MAS
La figure ci-dessous représente la plaque signalétique d’un moteur LEESON disponible au laboratoire A-236. Calculer le
glissement à pleine charge pour ce moteur.
Figure 6. 9. Plaque signalétique du moteur Leeson au laboratoire
Solution de l’exemple 1 : Calcul du glissement à partir de la plaque signalétique d’un MAS
On identifie sur la plaque signalétique du moteur une vitesse nominale de 𝑛 = 1725 𝑟𝑝𝑚 ainsi la nombre de pôles du
MAS sera :
120 𝑓 120 × 60
𝑝< = = 4,17 ⇒ 𝑝 = 4 ⇒ 𝑛𝑠 = 1800 rpm
𝑛 1725
Ce qui donne alors :
𝒏𝑺 − 𝒏 𝟏𝟖𝟎𝟎 − 𝟏𝟕𝟐𝟓
𝑠= × 𝟏𝟎𝟎 = × 𝟏𝟎𝟎 = 𝟒, 𝟏𝟔 %
𝒏𝒔 𝟏𝟖𝟎𝟎
Couplage des enroulements du stator sur un réseau triphasé
Pour chaque moteur, le fabricant définit la tension d’alimentation des enroulements statoriques pour un fonctionnement
adéquat. Rappelons que deux systèmes de tension sont mis en jeu dans une source triphasée : les tensions de ligne et les
tensions de phase. Un réseau triphasé peut également être caractérisé comme suit : 𝑉ph ⁄𝑉𝐿 . Comme montré ci-dessous,
dans le couplage étoile, les enroulements sont alimentés par les tensions de phase. Dans le couplage triangle, les
enroulements sont alimentés par les tensions de ligne.
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Figure 6. 10. Couplage étoile-triangle des enroulements statoriques (Source)
Exemple d’application 2 : La tension nominale aux bornes d’un enroulement d’un MAS est de 400 V.
1. Quel doit être le couplage de ce moteur sur un réseau triphasé 230 𝑉 ⁄400 𝑉.
2. Quel doit être le couplage de ce moteur sur un réseau triphasé 400 𝑉 ⁄690 𝑉.
Solution de l’exemple 2 : La tension nominale aux bornes d’un enroulement d’un MAS est de 400 V.
1. Couplage de ce moteur sur un réseau triphasé 𝟐𝟑𝟎 𝑽⁄𝟒𝟎𝟎 𝑽.
Chaque enroulement du moteur pour être correctement alimenté doit être raccordé entre deux lignes dont le couplage
approprié est un triangle.
2. Couplage de ce moteur sur un réseau triphasé 𝟒𝟎𝟎 𝑽⁄𝟔𝟗𝟎 𝑽.
Dans ce cas, chaque enroulement du moteur pour être correctement alimenté doit être soumis aux tensions de phase,
dont le couplage approprié est étoile.
Le MAS en fonctionnement
MAS au démarrage
La phase de démarrage d’un MAS nécessite un traitement particulier, car le rotor est immobile et le champ magnétique
extrêmement rapide induit des courants importants dans les enroulements du rotor. L’appel de courant au niveau du
stator sera alors très important pouvant atteindre plus de 5 fois sa valeur nominale. Cette pointe de courant peu faire
déclencher les dispositifs de protection ou alors détériorer l’installation existante. Pour éviter cela, on utilise les variateurs
de vitesse pour contrôler les courants de ligne.
Figure 6. 11. Appel de courant au démarrage d’un MAS (Source)
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Fonctionnement à vide du MAS
Glissement
Le rotor n’entraine aucune charge et donc sa vitesse est proche de celle du champ tournant :
𝑛0 ≈ 𝑛𝑠 ⇒ 𝑠 ≈ 0 (6.5)
Facteur de puissance
Le courant absorbé par le moteur sert uniquement à produire le champ magnétique tournant dans le MAS. Le MAS a
ainsi un comportement globalement réactif; il aura un facteur de puissance 𝑭𝑷𝟎 très faible. Il est de l’ordre de 20 %
pour les faibles puissances et 5 % pour les grandes puissances.
Fonctionnement en charge du MAS
Glissement
Lorsqu’on charge le MAS, celui-ci doit fournir un effort mécanique et le rotor va ralentir ce qui signifie que le
glissement augmente. La puissance active augmente également tandis que la puissance réactive ne varie pas beaucoup,
ce qui entraine une augmentation du FP.
Caractéristique mécanique d’un MAS
La puissance fournie par le MAS se caractérise par un couple (noté 𝑇 ou 𝐶) et une vitesse (𝑛).
Figure 6. 12. Caractéristiques mécaniques d’un MAS
On appelle de zone de fonctionnement (zone où le moteur travaille après avoir démarré) est celle qui se situe dans la
zone des valeurs hautes de 𝑛 c’est-à-dire pour de faibles valeurs de glissement. En fonctionnement, on rapproche la
caractéristique couple-vitesse à une droite soit :
𝑇(𝑛) = 𝑎𝑛 + 𝑏 (6.6)
Point de fonctionnement d’un MAS
Les mécanismes entraînés par les moteurs ont des caractéristiques de couple résistant pouvant également varier en
fonction de leur vitesse de rotation. La figure ci-dessous représente le point de fonctionnement d’un MAS qui se situe à
l’intersection de la caractéristique mécanique du MAS avec celle de la charge.
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Figure 6. 13. Point de fonctionnement d’un MAS (Source)
Pour un point de fonctionnement donné, la puissance utile du moteur est liée au couple et à la vitesse par la relation
suivante :
𝑃 =𝑇×Ω (6.7)
Avec 𝑃 en watt, Ω est la vitesse de rotation en rad⁄s et finalement 𝑇 le couple en 𝑁. 𝑚.
Généralement, la vitesse du MAS s’exprime en rpm et dans ce cas, on utilise plutôt la relation suivante :
𝑇×𝑛
𝑃= (6.8)
9,55
Dans cette dernière formule, la vitesse est exprimée en rpm et les autres unités sont conservées.
Couple en fonction du glissement dans la zone de fonctionnement
Un modèle équivalent simplifié d’un MAS sur une phase est le suivant (cours 9):
𝑅1
𝑋1 + 𝑋2
𝑉𝐿 𝑅2
𝑋𝑚 𝑅𝑓
√3 𝑠
Figure 6. 14. Modèle équivalent simplifié d’un MAS
Avec :
𝑅1 est la résistance des enroulements satiriques
𝑅2 est la résistance des enroulements rotoriques
𝑋1 est la réactance du stator
𝑋2 réactance du rotor.
𝑋𝑚 et 𝑅𝑓 sont liés à l’entrefer du MAS.
À partir de ce modèle, on exprime le couple électromagnétique du MAS comme suit :
𝐾𝜙𝑠𝑉2 𝑅2
𝑇= (6.9)
𝑅22 + 𝑠 2 𝑋22
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Avec : 𝜙 qui représente le flux résultant, et 𝐾 une constante de construction. 𝑉2 est la tension induite dans les
enroulements rotoriques lorsqu’il est bloqué.
Dans la zone de fonctionnement du moteur, on a de faibles valeurs de glissement (voir courbe caractéristique) et donc :
𝐾 ′ 𝜙𝑠𝑉2 𝑅2 𝐾 ′ 𝜙𝑠𝑉2 𝑅2
𝑠 2 𝑋22 ≪ 𝑅22 ⇒ 𝑇≈ = ⇒ 𝑻 ≈ 𝑲𝒔 (6.10)
𝑅22 𝑅2
Le coefficient de proportionnalité 𝐾 peut être déterminé à partir des valeurs de couple et de glissement en régime
nominal (données de la plaque signalétique) si on approxime le couple électromagnétique au couple utile.
𝑇𝑛
𝐾= (6.11)
𝑠𝑛
On peut alors exprimer la puissance développée par le MAS en fonction du glissement en considérant les équations (6.4)
(6.8) et (6.10) :
𝑇 × 𝑛 (1 − 𝑠)𝑛𝑆 . 𝐾𝑠
𝑃= = (6.12)
9,55 9,55
Avec 𝑠 ≪ 1, cette dernière relation devient :
𝑛𝑆 . 𝐾. 𝑠 9,55. 𝑃
𝑃= ⇒ 𝑠= (6.13)
9,55 𝑛𝑆 . 𝐾
Exemple d’application 3 :
Quelques caractéristiques extraites de la plaque signalétique d’un MAS sont les suivantes : 40 HP, 230 V, 60 Hz, 1710
rpm.
1. Calculez le couple et le glissement à pleine charge de ce moteur.
2. Calculez la vitesse du moteur lorsqu’il produit la moitié du couple nominal
3. Calculez la vitesse lorsque le moteur développe 10 HP.
Solution de l’exemple 3
1. Glissement et couple nominaux
𝑛𝑆 − 𝑛 1800 − 1710
𝑛 = 1710 𝑟𝑝𝑚 ⇒ 𝑝 = 4 ⇒ 𝑛𝑆 = 1800 𝑟𝑝𝑚 ⇒ 𝑠 = = = 𝟓%
𝑛𝑠 1800
9,55 𝑃𝑢 9,55 × 40 × 746
{ 𝑇𝑢 = = = 𝟏𝟔𝟔, 𝟔 𝑵. 𝒎
𝑛 1710
2. Vitesse pour la moitié du couple
Le couple est proportionnel au glissement (équation 8.14):
𝑇𝑛 166,6
𝐾= = = 33,32 𝑁. 𝑚⁄%
𝑠𝑛 5
Le glissement à la moitié du couple deviendra alors :
166,6
𝑠 = 2 = 𝟐, 𝟓
′
33,32
Ce qui donne une vitesse de :
𝑛 = (1 − 𝑠)𝑛𝑆 = (1 − 2,5 %) × 1800 = 𝟏𝟕𝟓𝟓 𝒓𝒑𝒎
3. Vitesse et le couple lorsque le moteur développe 10 HP=7460 W
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Il faut pour cela déterminer le glissement correspondant comme suit (équation 8.17):
9,55. 𝑃 9,55 × 7460
𝑠= = = 1,187 %
𝑛𝑆 . 𝐾 1800 × 33,32
On obtient alors la vitesse et le couple correspondants comme suit :
𝑛 = (1 − 𝑠)𝑛𝑠 = (1 − 0,0118) × 1800 = 𝟏𝟕𝟕𝟖, 𝟕 𝐫𝐩𝐦
{
𝑇 = 𝐾. 𝑠 = 33,32 × 1,187 = 𝟑𝟗, 𝟓𝟓 𝑵. 𝒎
Bilan de puissance dans un MAS
Cheminement de la puissance réelle dans le MAS
Le diagramme ci-dessous représente le cheminement de la puissance dans le MAS.
Pu
Ptr
Pa
pmec
pjr
pjs pfer
Figure 6. 15. Cheminement de la puissance dans un MAS
Pour le diagramme ci-dessus, les principales puissances et leurs synonymes sont
• 𝑃𝑎 : puissance électrique ou puissance absorbée par le moteur
• 𝑃𝑡𝑟 : puissance transmise au rotor ou puissance électromagnétique.
• 𝑃𝑢 : puissance utile ou puissance mécanique transmise à la charge.
Les différentes pertes sont :
• 𝑝𝐽𝑠 : pertes joules au stator
• 𝑝fer : perte dans le fer (pertes magnétiques)
• 𝑝𝐽𝑟 : pertes joules au rotor
• 𝑝mec : pertes mécaniques
Calcul des différentes pertes joules
Pertes Joule statoriques : 𝒑𝑱𝒔
Le stator peut être couplé en étoile ou en triangle. Soit 𝑅𝐿𝐿 la résistance entre deux bornes du stator alors comme montré
ci-dessous. 𝑅1 représente la résistance d’un enroulement du stator.
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Étoile Triangle
R1
XMM1
R1
XMM2
R1
RLL
R1
RLL
R1
R1
Figure 6. 16. Couplage étoile et triangle des enroulements statoriques
Pour le couplage étoile :
𝑅𝐿𝐿 3
𝑅𝐿𝐿 = 2𝑅1 ⇒ 𝑅1 = ⇒ 𝑝𝐽𝑠 = 3𝑅1 𝐼𝐿2 = 𝑅𝐿𝐿 𝐼𝐿2 (6.14)
2 2
Pour un couplage triangle :
(𝑅1 )(2𝑅1 ) 2 3 2
3 𝐼𝐿2 3
𝑅𝐿𝐿 = = 𝑅1 ⇒ 𝑅1 = 𝑅𝐿𝐿 ⇒ 𝑝𝐽𝑠 = 3𝑅1 𝐼𝑝ℎ = 3 ( 𝑅𝐿𝐿 ) = 𝑅𝐿𝐿 𝐼𝐿2 (6.15)
3𝑅1 3 2 2 3 2
Conclusion : quel que soit le couplage des enroulements statoriques, en mesurant la résistance 𝑅𝐿𝐿 entre deux bornes du
stator, on évalue les pertes joules statoriques comme suit :
3
𝑝𝐽𝑠 = 𝑅𝐿𝐿 𝐼𝐿2 (6.16)
2
Pertes fer et pertes rotationnelles 𝒑𝒇 et 𝒑𝒎𝒆𝒄
Les pertes fer et les pertes rotationnelles contrairement aux autres pertes ne sont pas mesurables à chaque instant. Les
pertes fer sont fonction du champ magnétique tandis que les pertes rotationnelles sont dues à la résistance de l’air
(frottements). Ces deux catégories de pertes sont alors regroupées dans un ensemble de pertes appelées pertes
collectives. Expérimentalement ces pertes sont approximées par la puissance absorbée à vide. Si 𝑃𝐴𝑉 est la puissance
absorbée à vide (pas de charge et donc couple nul) alors :
𝑃𝐴𝑉 = 𝑝fer + 𝑝mec (6.17)
Pertes joule rotoriques
Elles sont fonction du glissement et de la puissance transmise au rotor comme suit :
𝑝𝐽𝑟 = 𝑠𝑃𝑡𝑟 (6.18)
Remarques
• Les pertes dans l’enroulement du rotor augmentent avec le glissement.
• Au démarrage (𝑠 = 1), toute l’énergie transmise au rotor est dissipée sous forme de chaleur dans les
enroulements rotoriques.
En suivant le diagramme de puissance montrée sur la Figure 6. 15, la puissance transmise au rotor est définie comme
suit :
𝑃𝑡𝑟 = 𝑃𝑎 − (𝑝𝐽𝑠 + 𝑝fer ) (6.19)
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Calcul du rendement
• Puissance électromagnétique : elle est définie comme suit :
𝑃𝑒𝑚 = 𝑃𝑡𝑟 − 𝑝𝐽𝑟 = (1 − 𝑠)𝑃𝑡𝑟 (6.20)
• Rendement du moteur
L’une ou l’autre des formules ci-dessous peut être utilisée pour déterminer le rendement du moteur.
𝑃𝑢 𝑃𝑎 − 𝑝𝐽𝑠 − 𝑝𝑓 − 𝑝𝑗𝑟 − 𝑝mec 𝑃𝑡𝑟 − 𝑝𝐽𝑟 − 𝑝mec
𝜂= = = (6.21)
𝑃𝑎 𝑃𝑎 𝑃𝑎
Dans ces formules, 𝑃𝑢 et 𝑃𝑎 représentent respectivement les puissances utile et absorbée par le MAS. La puissance
absorbée est liée aux tensions et courants d’alimentation comme suit :
𝑃𝑎 = √3𝑉𝐿 . 𝐼𝐿 . cos 𝜑 = √3𝑉𝐿 . 𝐼𝐿 . 𝐹𝑃 = 𝑆𝑎 × 𝐹𝑃 (6.22)
Exemple d’application 4
Un MAS triphasé à 4 pôles est alimenté sous une tension 380 V-50 Hz. La résistance mesurée entre deux bornes du
stator est de 0,9 Ω. En fonctionnement à vide, le moteur absorbe un courant de 3 A et une puissance de 420 W.
1. Calculez les pertes collectives (perte fer plus pertes mécaniques) du MAS.
2. En charge nominale, la puissance utile sur l’arbre du rotor est de 4 kW, le facteur de puissance est de 0,85 et le
rendement de 0,87.
a. Calculez l’intensité du courant absorbé.
b. Calculez les pertes Joule au stator.
c. Calculez le glissement et la vitesse du moteur. Supposez que les pertes fer sont égales aux pertes
mécaniques.
d. Calcul le couple utile du MAS.
Solution de l’exemple 4
Un MAS triphasé à 4 pôles est alimenté sous une tension 380 V-60 Hz. La résistance mesurée entre deux bornes du
stator est de 0,9 Ω. En fonctionnement à vide, le moteur absorbe un courant de 3 A et une puissance de 420 W.
1. Calcul des pertes collectives (perte fer plus les pertes mécaniques) du MAS.
La puissance mesurée à vide représente l’ensemble des pertes collectives (équation 8.20).
𝑃𝐴𝑉 = 𝑝fer + 𝑝mec = 𝟒𝟐𝟎 𝑾
2. En charge nominale, la puissance utile sur l’arbre du rotor est de 4 kW, le facteur de puissance est de 0,85
et le rendement de 0,87.
a. Calcul de l’intensité du courant absorbé.
On obtient la puissance absorbée comme suit :
𝑃𝑢 4000
𝑃𝑎 = = = 𝟒𝟓𝟗𝟕, 𝟕 𝑾
𝜂 0,87
Ce qui donne un courant de ligne de :
𝑃𝑎 4597,7
𝐼𝐿 = = = 8,218 ≈ 𝟖, 𝟐𝟐 𝑨
√3. 𝑉𝐿 . 𝐹𝑃 √3 × 380 × 0,85
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b. Calcul des pertes Joule au stator.
3 3
𝑝𝐽𝑠 = 𝑅𝐿𝐿 𝐼𝐿2 = × 0,9 × 8,222 = 𝟗𝟏, 𝟐 𝑾
2 2
c. Calcul du glissement et la vitesse du moteur.
L’ensemble des pertes donne :
𝐩𝐞𝐫𝐭𝐞𝐬 = 𝑷𝒂 − 𝑷𝒖 = 𝟒𝟓𝟗𝟕, 𝟕 − 𝟒𝟎𝟎𝟎 = 𝟓𝟗𝟕, 𝟕 𝑾
Ce qui donne alors :
𝑝𝐽𝑠 + 𝑝fer + 𝑝𝐽𝑟 + 𝑝mec = 𝟓𝟗𝟕, 𝟕 ⇒ 𝑝𝐽𝑟 = 𝟓𝟗𝟕, 𝟕 − ⏟
𝑝mec − 𝑝fer − 𝑝𝐽𝑠 = 𝟖𝟔, 𝟓 𝑾
⇓
𝟒𝟐𝟎
On en déduit le glissement comme suit :
𝑷𝒋𝒓 = 𝒔𝑷𝒕𝒓
Avec :
420
𝑃𝑡𝑟 = 𝑃𝑎 − 𝑝𝐽𝑠 − 𝑝fer = 4597,7 − 91,2 − = 𝟒𝟐𝟗𝟔, 𝟓 𝑾
2
Ce qui donne alors :
𝑃𝑗𝑟 86,5
𝑠= = = 𝟎, 𝟎𝟐
𝑃𝑡𝑟 4296,5
Vitesse de rotation
120 𝑓 120 × 60
𝑛 = (1 − 𝑠)𝑛𝑠 = (1 − 0,02) × = (1 − 0,02) × = 𝟏𝟕𝟔𝟒 𝐫𝐩𝐦
𝑝 4
d. Calcul le couple utile du MAS.
9,55 𝑃𝑢 9,55 × 4000
𝑇𝑢 = = = 𝟐𝟏, 𝟔𝟓𝟓 𝑵. 𝒎
𝑛 1764
Variation de la vitesse d’un MAS
Nécessité
Le démarrage direct des moteurs sur un réseau électrique est la solution la plus répandue et la plus convenable pour
une grande variété de moteurs
Figure 6. 17. Démarrage direct deux sens de marche des MAS (Source)
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Le démarrage direct s’accompagne cependant de quelques contraintes gênantes ou inconvénients parmi ceux-ci on
distingue:
• Appel de courant important au démarrage : cela peut perturber la marche d’autres appareils connectés sur le
même réseau
• Démarrage à coups: inacceptables pour la machine ou pour le confort et la sécurité des usagers.
• Impossibilité de contrôler l’accélération et la décélération.
• Impossibilité de faire varier la vitesse.
Un variateur de vitesse ou drive est un convertisseur d’énergie dont le rôle est de moduler l’énergie électrique fournie au
moteur. Le variateur de vitesse est toujours intercalé entre la source et le moteur à contrôler.
Figure 6. 18. Variateur de vitesse (Source)
Principe de variation de la vitesse
On rappelle que :
120𝑓
𝑛 = (1 − 𝑠) (6.23)
𝑃
Ainsi la variation de la vitesse peut être obtenue :
• En variant le nombre de pôles 𝑝 : technique utilisée lors de la construction des moteurs à cage avec un stator
comportant plusieurs enroulements à nombre de pôles différents
• En variant la fréquence 𝑓 : c’est le meilleur moyen de faire varier la vitesse de rotation des MAS. La figure ci-
dessous montre la déformation de la caractéristique mécanique sous l’effet de la variation de fréquence.
• En variant le glissement 𝑠 : pour cela, on agit sur la résistance des enroulements rotoriques (rotor bobiné).
L’inconvénient est la diminution du rendement.
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Figure 6. 19. Principe de variation à V/f constant (ou scalaire)
La stratégie de la commande V/f constant ou scalaire permet de conserver le couple constant pour des fréquences
inférieures à la fréquence nominale. Cela ayant pour effet de maintenir constante la vitesse de glissement du moteur.
La vitesse de glissement est maintenue constante
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𝒏𝐠 = 𝒏𝑺 − 𝒏𝒏 = 𝒏𝑺𝒏𝒐𝒎 − 𝒏𝒏𝒐𝒎 = 𝒏𝒔𝟏 − 𝒏𝟏 = 𝒏𝒔𝟐 − 𝒏𝟐 (6.24)
Note : durant cette variation, le rendement et le facteur de puissance du moteur varient très peu (voir expérience 4 du
LAB 4).
Exemple d’application 5 : Calculez la vitesse de rotation et le courant tiré par un MAS triphasé alimenté à une
fréquence de 30 Hz, lorsque le moteur produit son couple nominal. Le rendement du moteur est de 84 %, son facteur
de puissance est égal à 0,78. Les caractéristiques du moteur sont: 40 HP, 230 V, 60 Hz, 1710 rpm.
Solution de l’exemple 5
Voici les différentes étapes pour la résolution du problème.
✓ Vitesse synchrone et nombre de pôles
𝑛 = 1800 rpm
𝑛𝑛 = 1710 rpm, 𝑓 = 60 𝐻𝑧 ⇒ { 𝑠
𝑝=4
9,55×𝑃𝑢 9,55×40×746
✓ Couple nominal: 𝑇𝑛 = = = 𝟏𝟔𝟔, 𝟔𝟓 𝑵. 𝒎
𝑛𝑛 1710
✓ Vitesse de glissement: 𝑛g = 𝑛𝑠 − 𝑛𝑛 = 1800 − 1710 = 90 rpm
120 ×30
✓ Vitesse synchrone à 30 Hz: 𝑛𝑆30 = = 𝟗𝟎𝟎 𝐫𝐩𝐦
4
✓ Vitesse à 30 Hz: la vitesse de glissement est maintenue constante et donc:
𝑛30 = 𝑛𝑆30 − 𝑛g = 900 − 90 = 𝟖𝟏𝟎 𝐫𝐩𝐦
✓ Puissance utile à 30 Hz: (le couple est maintenu constant) et donc:
𝑇𝑛 × 𝑛30 166,65 × 810
𝑃𝑢30 = = = 𝟏𝟒𝟏𝟑𝟒, 𝟕𝟏𝟐 𝑾
9,55 9,55
𝑃𝑢30 14134,712
✓ Puissance électrique absorbée: 𝑃𝑎30 = = = 𝟏𝟔𝟖𝟐𝟕, 𝟎𝟑𝟖 𝑾
𝜂 0,84
230×30
✓ Courant absorbé: la tension de ligne devient: = 𝟏𝟏𝟓 𝑽 ce qui donne:
60
𝑃𝑎30 16827,038
𝐼𝐿30 = = = 𝟏𝟎𝟖, 𝟑 𝑨
√3 × 115 × 𝐹𝑃 √3 × 115 × 0,78
Fin du cours ici, la suite dans les exercices
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