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Hygroma : Arrêt de travail et impact

Le document traite des troubles musculo-squelettiques (TMS) d'origine professionnelle, en définissant leurs causes, les secteurs d'activité concernés, et les facteurs de risque. Il présente également les différents types de lésions associées aux TMS, notamment ceux affectant les membres supérieurs et inférieurs, ainsi que les principes de prévention. Les TMS représentent une préoccupation majeure en santé publique en raison de leurs conséquences socio-économiques et de leur prévalence croissante dans divers métiers.

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Hygroma : Arrêt de travail et impact

Le document traite des troubles musculo-squelettiques (TMS) d'origine professionnelle, en définissant leurs causes, les secteurs d'activité concernés, et les facteurs de risque. Il présente également les différents types de lésions associées aux TMS, notamment ceux affectant les membres supérieurs et inférieurs, ainsi que les principes de prévention. Les TMS représentent une préoccupation majeure en santé publique en raison de leurs conséquences socio-économiques et de leur prévalence croissante dans divers métiers.

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Université de Sousse

Faculté de Médecine Ibn El Jazzar de Sousse

Bloc 5-2- Santé Communautaire II


Santé Publique et Santé au Travail

Pathologie Professionnelle due à des agents


physiques
Pr. Souheil CHATTI
Pr. Houda KALBOUSSI
Pr Imène KACEM
Pr Asma GADDOUR
Dr Farah CHELLY
Dr Narjes BELHAJ

Bloc 5-2- Santé Mise à jour


Communautaire 2 Septembre 2024
Santé Publique &
Santé au Travail

1
LES TROUBLES MUSCULO-
SQUELETTIQUES

Objectifs éducationnels

A la fin de l’étude des affections périarticulaires des membres inférieurs par


hypersollicitation d’origine professionnelle, l’étudiant doit être capable de :

1- Définir les troubles musculo-squelettiques (TMS) d’origine


professionnelle,
2- Enumérer les principaux secteurs d’activité concernés par ces TMS,
3- Enumérer les facteurs individuels et non professionnels des TMS,
4- Préciser les facteurs professionnels des TMS,
5- Enumérer les différents types de lésions relevés dans les TMS,
6- Enumérer les différents TMS du membre supérieur,
7- Enumérer les TMS du membre inférieur,
8- Citer les principes de prévention des TMS.

2
LES TROUBLES MUSCULO-
SQUELETTIQUES

I – INTRODUCTION
❑ Concept d’hypersollicitation

Les troubles musculo-squelttiques (TMS) ou encore affections ériaticulaires


d’hypersollicitation sont des pathologies multifactorielles à composante
professionnelle. Ils affectent les tissus mous (muscles, tendons, nerfs,
vaisseaux, cartilages).
Ils ont des conséquences socio-économiques importantes pour la société
en terme de dépenses de soins et d’absenteisme en milieu de travail.
Ils posent également un problème de décision d’aptitude et de
reclassement professionnel pour le médecin de travail.

❑ Epidémiologie
Les TMS constituent les principales causes des maladies
professionnelles (MP) dans le monde et en Tunisie. En effet, ils
représentent la première cause MP déclarées à la CNAM en Tunisie :
• En 2019 : la CNAM a colligé 2025 déclarations de MP dominées par les
TMS : 81,3 %
• En 2020 : la CNAM a colligé 1820 déclarations de MP dominées par les
TMS : 80,4 %
• En 2021 : la CNAM a colligé 2243 MP déclarations dominées par les TMS
: 79,9 %

II- POPULATION CONCERNEE


Ces prévalences de TMS sont souvent élevées dans les populations et les
activités professionnelles proches suivantes :
- Montage des composants électriques,
- Montage d’appareils électroménagers,
- Travailleurs des abattoirs (décarcassant les abats), découpage de la viande
manuellement,
- Industrie agro-alimentaire,
- Montage de télévision,
- Industrie des chaussures,
- Industrie des freins de voiture,
- Empaquetage des glaces,
- Ligne d’assemblage de voiture pour enfant,
- Interprète du langage des signes,
- Travailleurs de ski,
- Moulineurs,
- Opérateurs sur clavier,
- La poste : rangement des lettres, lecture optique des lettres,
- Travail du prêt à porter.

3
III- FACTEURS ETIOPATHOGENIQUES

1. Facteurs biomécaniques :
Ils sont en rapport l’activité professionnelle à savoir :
Manutentions répétées de charges et de personnes,
« Répétitivité" des gestes,
Intensité des efforts (excessifs),
Travail statique de faible niveau maintenu dans le temps
Postures de travail contraignantes
Positions articulaires extrêmes.

Contrainte = Posture x force x fréquence

4
2. Facteurs psycho-sociaux:
Ces facteurs jouent un rôle dans la survenue des TMS par l’intermédiaire
du stress qu’ils génèrent sur l’individu (perception subjective négative du
travail) :
Insatisfaction au travail
Crainte de perte l’emploi
Manque de reconnaissance
Manque d’autonomie
Manque de communication
Manque de soutien social et d’entraide (le collectif de travail)

3. Facteurs Organisationnels :

IIs sont liés aux marges de manœuvre disponibles pour le salarié, comme
:
Sa charge ou son rythme de travail
Non-compréhension du travail demandé
Manque d’autonomie
Sentiment de ne pas bien faire son ouvrage
Monotonie
Impossibilité de réguler la tâche
Interruptions fréquentes, absence de pauses

5
4. Facteurs individuels :
Processus dégénératifs et de vieillissement
Particularités morphologiques favorisantes : cyphoscoliose
Antécédents de l’individu : diabète
Pathologies associées susceptibles d’être par elles même
desfacteurs étiologiques ex : dysthyroïdie et syndrome de
canal carpien (SCC).
Sexe : il y a une nette prédominance de certaines
atteintes chez la femme ex : SCC.
5. Facteurs environnementaux :
Ils agissent comme des contraintes aggravantes et générant des
risques supplémentaires :
Froid
Vibrations
Caractéristiques des outils
Eclairage
Espace

IV – DIFFERENTS TYPES DE LESIONS

Les tissus mous sont le plus fréquemment atteints spécialement au voisinage


des articulations :

- Les bourses séreuses, irritées de façon aiguë ou chronique par des


contacts ou appuis répétés ou des phénomènes d’hyperpression locale
réagissent par des bursites et hygromas ;
- Les troncs nerveux, subissent, dans les défilés inextensibles qu’ils
traversent, des lésions myéliniques ou axonales mécaniques et/ou
ischémiques (syndromes canalaires) ;
- Les tendons et leurs gaines, hypersollicités, souffrent de tendinites et téno-
synovites, voire de rupture ;
- Les lésions musculaires à type de déchirures ou de microruptures sont
exceptionnelles sauf chez les sportifs professionnels soumis à des
contraintes très intenses et chez certains travailleurs de force à l’occasion
d’efforts particulièrement violents ou inhabituels ; une fatigue musculaire
locale persistante (lourdeur, tension musculaire ou courbatures) est au
contraire de constatation courante dans les professions à risque et
constitue un signe d’alarme d’une charge excessive : les crampes
musculaires d’origine professionnelle s’observent essentiellement au
niveau des mains et des doigts ;
- Les structures articulaires peuvent être le siège de lésions arthrosiques
plus précoces.

6
V- TMS du membre supérieur

Ce sont les plus fréquentes et les mieux caractérisées : (60% des syndromes
d’hypersollicitation) essentiellement la main et le poignet.

A- Syndrome du défilé cervico-thoracique

❑ Travaux exigeants :

• Port de charge lourde sur l’épaule,


• Abaissement prolongée du moignon de l’épaule,

❑ Tableau clinique : en général unilatéral :

• Troubles neurologiques sensitifs : abolition des réflexes ostéo-


tendineux du membre supérieur,
• Troubles moteurs,
• Myopathie discrète de l’éminence thénar et des interosseux,
• Plus rarement de l’éminence hypothénar,
• Troubles vasculaires de type syndrome de Raynand.

A l’examen, on relève :
- Abolition du pouls radial,
- Asymétrie tensionnelle,
- Souffle du creux sus-claviculaire.
- Preuve : examens complémentaires : EMG, PE et Doppler….
 retard de conduction et/ou de vascularisation.
- Traitement : suppression chirurgicale de la compression.

7
B- Pathologie de l’épaule

Stades évolutifs : classification de Neer


 Stade 1 : Épaule douloureuse simple: bursite
 Stade 2 : Début de fibrose de la bourse et tendinite simple de la coiffe
des rotateurs
 Stade 3 : Insuffisance fonctionnelle des tendons de la coiffe des
rotateurs puis dégénérescence et rupture
 Epaule pseudo-paralytique

C- Autres affections du membre supérieur d’origine


professionnelle
Elles ont fait l’objet d’une revue de détail, sous forme d’un catalogue descriptif
où ont été successivement abordées :
 Les atteintes du coude
• Epicondylite (tennis Elbow):
▪ Tendinite des muscles extenseurs des doigts
▪ Facteurs de risque professionnels :
• Préhension prolongée d’outils en prise de force
• Mouvements d’extension du poignet
▪ Professions : BTP, mécaniciens, serruriers, plombier…
• Epithrochleïte
▪ Moins fréquente que l’épicondylite
▪ Tendinite des muscles fléchisseurs du poignet et des doigts
▪ Mouvements à risque :
 Pronation forcée
 Flexion du poignet
 Inclinaison cubitale de la main

8
• Hygroma du coude
▪ Inflammation de la bourse séreuse
▪ Exposition : Appuis répétés et/ou prolongés sur le coudes
 Carreleur, surfaceurs, mécaniciens
▪ Clinique :
 Simple tuméfaction
 Limitation de la mobilité articulaire


• Syndrome de la gouttière épitrochléo-olécranienne
▪ Compression du nerf cubital dans la gouttière épitrochléo-olécranienne
▪ Exposition :
 Appuis répétés et prolongés du coude
 Arthrose du coude suite à la manipulation d’engins vibrants
▪ Clinique : paresthésies dans le territoire du nerf ulnaire

9
 La pathologie périarticulaire du poignet
Pour les tendinopathies, ont été rappelées : leur évolution, du stade aigu
(tenosynovite) au stade chronique, puis au syndrome canalaire ; leur étiopathogénie
(mouvements répétitifs à faible charge, mouvements plus lents avec charge
importante, utilisation d’outils vibrants, prise du geste inadaptée).

Pour les syndromes canalaires plusieurs aspects ont été évoqués.


- Leurs 4 mécanismes générateurs (ténosynovite des fléchisseurs, flexion
dorsale prolongée du poignet, compression du ligament annulaire
antérieur, appuis carpiens prolongés ou répétés) ;
- Le rôle des outils vibrants ;
- L’importance d’une mutation ou d’un reclassement précoce dans d’arrêt du
processus. Ils sont d’autant plus difficiles à mettre en pratique qu’il s’agit
souvent de postes non mécanisables, dans des industries peu diversifiées
ou que la seule mécanisation possible ne peut être réalisée qu’avec des
machines elles-mêmes génératrices de vibrations…
NB : Le syndrome de la loge de Guyon est la compression du nerf cubital au
niveau du poignet dans le canal carpien.
C’est une lésion motrice isolée (souvent) qui touche les muscles intrinsèques
de la main (sportifs ++) : atteinte des interosseux et des muscles de la loge
hypothénar, et le court abducteur du pouce.

❑ Au niveau de la main

• Tendinites
- Tous les tendons extenseurs et fléchisseurs du poignet et des doigts
- Tendinite simple ou ténosynovite

• Ténosynovite de DE QUERVAIN

- Tenosynovite du long abducteur et du court extenseur du pouce.


- Epaississement du canal fibreux sous lequel passent ces tendons sur
l’epiphyse radiale.

10
• Doigts à ressaut :
- Constitution d’un nodule sur le tendon fléchisseur à proximité de la tête
du métacarpien
- Responsable d’un accrochage du tendon au niveau de la poulie de
réflexion
- Retard de l’extension des doigts
- Etiologie professionnelle : microtraumatismes répétés

• Syndrome du Canal Carpien


- Compression du nerf médian au poignet.
- Troubles sensitifs au niveau du pouce, de l’index, du majeur et de la
moitié externe de l’annulaire
- Examen clinique : signe de Phalen, signe de Tinel
- EMG+++
• syndrome du canal Guyon
- Compression du cubital à la partie
interne du poignet dans le canal de Guyon.
- Paresthésies dans les deux derniers doigts
 hypo esthésies.
Amyotrophie des muscles : éminence hypothenar, inter osseux, adducteur
du pouce
• Maladie de Dupuytren:
- Rétraction de l’aponévrose palmaire moyenne
- Responsable d’une flexion permanente des doigts
- Etiologie : activité manuelle intense
 maçon, cisailleur, fondeur, forgeron

11
VI- TMS du membre inférieur

Il est extrêmement difficile de faire la part de ce qui revient à la profession


dans les différentes pathologies d’hypersollicitation des membres inférieurs tant
l’usage de ces derniers est constant tout au long de l’existence pour les activités de
la vie domestique et intensif, lorsque de nombreuses activités sportives.
La reconnaissance d’une origine professionnelle est cependant possible en
Tunisie pour certain nombre d’affections.
❑ Hygromas du genou
Travaux nécessitant appui prolongé sur les genoux : carreleurs, maçon.
❑ Syndrome de compression du sciatique poplité externe

 Compression au niveau du col du péroné (Fibula)


 Travaux nécessitant une position accroupie prolongée (jardiniers,
carreleurs)
 Parésie des releveurs du pied précédée par des paresthésies de la
face externe de la jambe
 Confirmation du diagnostic : EMG

❑ Atteintes diverses
 Tendinite sous-quadricipitale (appareil extenseur de la jambe)
 Tendinite de la patte d’oie (mouvements de flexion)
 Tendinites du genou
 Tendinite du tendon d’Achille (station prolongée sur la pointe des pieds :
danseuses professionnelles)
 Lésions chroniques du ménisque

VII- Pathologie d’hypersollicitation du rachis


➢ Facteurs de risque :
 facteurs de prédisposition
 stations de debout et assise prolongées
 travail physique soutenu,
 manutentions et transports de charge et des
 postures de travail inadaptées,
VIII – PREVENTION
 Dépistage précoce des affections
 Action sur les facteurs de risque directs (biomécaniques) : Actions
ergonomiques
 les efforts (des aides à la manutention),
 les positions angulaires extrêmes,
 La répétitivité des gestes.
 l’introduction de pauses,
 l’alternance des tâches,
 La rotation des postes
 Action sur les facteurs individuels (Obésité…)
 Action sur les facteurs psychosociaux :
 organisation du travail, reconnaissance et valorisation du salarié

12
IX – REPARATION ET PROBLEMES MEDICO-LEGAUX

En Tunisie, la réparation des troubles d’hypersollicitation se fait au titre du


tableau n°82.

13
14
Pour En Savoir Plus :
- Troubles musculosquelettiques. Dossier INRS 2019.
Disponible sur : [Link] troubles
musculosquelettiques/ce-qu-il-faut- [Link]
- Mrizak N. et Coll. Principes de pathologie professionnelle. Génération 21
édit., 2eme Edition, Sousse Tunisie, 2017, 212 pages. ISBN : 978-9938-14-980-7.

15
LE BRUIT

Objectifs éducationnels

A la fin de l’étude des pathologies dues au bruit, l’étudiant doit être capable
de :
1. Citer les facteurs de nocivités du bruit,
2. Enumérer les caractéristiques de la surdité professionnelle,
3. Enumérer les examens complémentaires à demander pour le diagnostic d’une
surdité professionnelle,
4. Décrire les effets extra-auditifs du bruit,
5. Préciser les moyens de prévention antibruit.

16
I. Introduction - Définition

Des niveaux excessifs de bruit déterminent des lésions de l'oreille interne et


entraînent une diminution de l'audition. D'autres effets non spécifiques ont été
décrits.

Définition du bruit
- Définition physique : le bruit est un mélange d'ondes sonores à des fréquences
différentes.
- Définition littéraire : c'est un mélange confus de sons.

II. Facteurs de nocivité du bruit

1. Les caractéristiques physiques du bruit

1. L'intensité : exprimée en décibels (dB), facteur quantitatif représentant le niveau


de pression acoustique, de variation logarithonique.
On considère habituellement que le seuil d'alerte est aux environs de 85 décibels
pour une exposition prolongée.

Figure n°1 : Les différents seuils du bruit

2. La fréquence : mesurée en Hertz (Hz), facteur qualitatif, représentant le nombre


de vibrations par seconde.
La fréquence est d'autant plus élevée que le son est aigu. La zone conversationnelle
s'étend environ de 500 à 2 000 Hz (Figure N°-2).
L'oreille humaine est particulièrement vulnérable aux bruits de fréquence supérieure
à 2000 Hz. Les sons aigus sont plus dangereux que les sons graves.

17
Figure n°2 : Les différents types de fréquences

c. Le rythme : un bruit continu et régulier est mieux supporté qu'un bruit discontinu.
Un bruit inattendu est plus traumatisant qu'un bruit prévu (processus de défense
mettant en tension la chaîne des osselets par contraction de leurs muscles).

d. La pureté : un son pur est plus nocif qu'un bruit d'intensité égale réparti sur une
large bande de fréquence.
2. La durée d'exposition : Les effets sont cumulatifs, l'organisme se
"souvient" des doses reçues.
3. Les phénomènes associés : transmission des vibrations par le sol,
réverbérations par les parois.
4. Les facteurs individuels : âge, état antérieur de l'oreille
constitutionnel ou acquis (par exemple : thérapeutique ototoxique).

III. Effets du bruit


1. Effets auditifs
La surdité professionnelle évolue en 4 stades :
➢ Stade 1 : Fatigue auditive : élévation temporaire du seuil auditif
- Malaise général, lassitude, asthénie, acouphènes et hypoacousie
- Scotome: 4 000 Hz réversible
➢ Stade 2 : Surdité professionnelle irréversible :
- Déficit permanent 4000 Hz
- Début de la gêne

18
➢ Stade 3
- Scotome est étendu (2 000 à 8 000 Hz ) permanent
➢ Stade 4
- Déficit toutes les fréquences
- Phase de surdité manifeste

Figure n°3 : Audiométrie tonale : Les différents stades de la


surdité professionnelle

2. Caractéristiques de la surdité professionnelle

19
3. Effets Extra-auditifs du bruit

20
IV. PREVENTION
Elle repose sur la mesure du bruit et vise à la réduction du traumatisme
sonore.
1. Prévention Technique
a- Prévention Technique Collective :

Figure n°5 : Les moyens de prévention technique anti-bruit


b- Prévention Technique Individuelle :
- Port de casques anti-bruit,
- Bouchons d'oreilles,
- Tampons d'ouate.
2. Prévention Médicale :
a- A l'embauche, on éliminera les sujets opérés d'une
otospongiose ou porteurs d'une surdité de perception (anciens
bacillaires traités à la streptomycine, par exemple).
b- Surveillance annuelle des sujets exposés aux postes bruyants
tous les 6 mois + audiométrie tonale.

21
V. REPARATION
La surdité professionnelle est une maladie professionnelle indemnisable :
Tableau n° 80.
1. Délai de prise en charge :
➢ un an après la cessation de l'exposition au bruit, sous réserve d'une
durée d'exposition au risque d'une année.
➢ réduit à trente jours en cas de mise au point de propulseurs, de
réacteurs et de moteurs à pistons.
2. Désignation de la maldie :
➢ Déficit audiométrique bilatéral par lésion cochléaire irréversible. Ce
déficit est évalué par une audiométrie tonale effectuée de trois jours
au minimum après arrêt de l’exposition aux bruits lésionnels,
complétés par une impédancemétrie et la recherche du réflexe
stapédien.
➢ Ces examens peuvent être complétés par une audiométrie vocale, et
par la recherche du potentiel évoqué auditif par l’étude du suivi
audiométrique professionnel.
➢ Seuls sont indemnisables les déficits égaux ou supérieurs à 36 décibels
en conduction osseuse sur la meilleure oreille.
➢ L’audiométrie tonale doit faire apparaitre au minimum sur la meilleure
oreille un déficit moyen de 36 décibels calculé en divisant par 10 la
somme des déficits mesurés sur les fréquences 500, 1000, 2000 et
4000 hertz, pondérés respectivement par les coefficients 2, 4, 3 et 1.
3. Liste des travaux :
l’hyperglycémie
➢ Indicative des principaux travaux susceptibles de provoquer ces
maladies.
➢ Tous travaux exposant à un niveau sonore équivalent supérieur
ou égal à 85dB(A) ou à un niveau de pression de crête supérieur
ou égale à 135dB(c).

22
Tableau n°80
Les Bruits lésionnels

Délai de Liste indicative des principaux


Désignation des maladies prise en travaux susceptibles de
charge provoquer ces maladies

Déficit audiométrique bilatéral par 1 an après Travaux exposant aux bruits


lésion cochléaire irréversible. Ce arrêt de lésionnels provoqués par :
déficit est évalué par une l’exposition - Les travaux sur métaux par
audiométrie effectuée de trois jours au risque percussion, abrasion ou projection
au minimum après arrêt de acoustique tels que :
l’exposition aux bruits lésionnels, (sous + Le décolletage, l’emboutissage,
en cabine insonorisée avec un réserve l’estampage, le broyage, le fraisage,
audiomètre calibré. d’une durée le martelage, le burinage, le
d’exposition rivetage, le laminage, l’étirage, le
Cette audiométrie doit être tonale minimale tréfilage, le découpage, le sciage, le
complétés par une d’un an, cisaillage, le tronçonnage.
impédancemétrie et la recherche réduite à + L’ébarbage, le grenaillage
du réflexe stapédien. trente jours manuel, le sablage, le meulage, le
en ce qui polissage, le gougeage et l e
Ces examens peuvent être concerne la découpage par procédé arc-air, la
complétés par une audiométrie mise au métallisation.
vocale, et par la recherche du point des - Le câblage, le toronnage et le
potentiel évoqué auditif par l’étude propulseurs, bobinage, de fils d’acier.
du suivi audiométrique réacteurs et - L’utilisation de marteaux et
professionnel. moteurs perforateurs pneumatiques.
L’audiométrie tonale doit faire thermiques) - La manutention mécanisée de
apparaitre au minimum sur la récipients métalliques.
meilleure oreille un déficit moyen - Les travaux de verreries à
de 36 décibels calculé en divisant proximité des fours, machines de
par 10 la somme des déficits fabrication, broyeurs et
mesurés sur les fréquences 500, concasseurs, l’embouteillage.
1000, 2000 et 4000 hertz, - Le tissage sur métiers ou machine
pondérés respectivement par les à tisser, les travaux sur peigneuses,
coefficients 2, 4, 3 et 1. machines à filer incluant le passage
sur banc à broches, retordeuses,
Aucune évolution de ce déficit ne moulineuses, bobineuses de fibres
peut être prise en compte après textiles.
l’expiration du délai de prise en Et tous travaux exposant à un
charge, sauf en cas de nouvelle niveau sonore équivalent
exposition au risque. supérieur ou égal à 85dB(A) ou à
un niveau de pression de crête
supérieur ou égale à 135dB(c)

23
RAYONNEMENTS IONISANTS

Objectifs éducationnels

A la fin de l’étude des rayonnements ionisants, l’étudiant doit être capable de :


1- Définir les rayonnements ionisants (RI),
2- Préciser la nature des principaux rayonnements ionisants,
3- Détailler les facteurs de nocivité des RI,
4- Expliquer les modes d’action des RI,
5- Citer les différents modes de contamination des RI,
6- Citer les voies de pénétration des RI,
7- Préciser les effets des RI sur la santé de l’Homme:
8- Citer les principales sources d’exposition au RI,
9- Citer les moyens de prévention technique des RI,
10- Citer les moyens de prévention médicale des effets des RI.

24
RAYONNEMENTS IONISANTS
L’homme a toujours été soumis à une irradiation par le rayonnement ionisant
(RI) naturel, d’origine cosmique ou terrestre.
L’utilisation des RI a certes des avantages pour l’humanité, mais la
généralisation et la multiplication de leurs sources constituent un risque potentiel
d’exposition qui concerne non seulement les travailleurs exposés mais également la
population générale.
L’application rigoureuse des principes de la radioprotection constitue le seul
moyen de contrôler l’exposition aux RI et leurs différents types des radiations
ionisantes.

I-NOTIONS GENERALES

Définition : Emission de divers types qui ont la propriété commune de


provoquer la formation d’ions dans la matière qu’elles atteignent et en particulier de
la matière vivante.

a- Nature des rayonnements ionisants

Il existe deux types de radiations :

• électromagnétique
• corpusculaire

1- Rayonnement électromagnétique

De longueur d’onde () plus courte (donc de fréquence plus élevée) que celle
de la lumière visible : par ordre décroissant : UV, RX, R Gamma, rayonnement
cosmique.
Plus la  est courte, plus la quantité d’énergie du rayonnement est élevée, plus
le pouvoir de pénétration est grand (les R sont arrêtés par 2mm de Plomb, les
R Gamma : 20mm).

2- Rayonnements corpusculaires

 Les rayonnements alpha++ (Rx) : ce sont des noyaux d’hélium, peu


pénétrants.
 Les rayonnements bêta : ce sont des électrons peu pénétrants
 Les neutrons : très pénétrants : soit ils cèdent leur énergie, soit ils
pénètrent en libérant des rayonnements bêta ou gamma.

Le tableau n°I donne les différents types des RI

25
Tableau I : Différents types des Radiations Ionisantes

Type de Nature Spécificité Pouvoir pénétrant


rayonnement
Alpha  Particules constituées de 2 Directement Faible (quelques cm dans
protons et de 2 neutrons ionisant l’air, arrêté par la peau ou
une feuille de papier
Bêta  Electrons porteurs d’une Directement Limité (quelques mètres
charge électrique positive ionisant dans l’air, ne pénètre pas
(positons +) ou négative en profondeur dans
(-) l’organisme)
Gamma  Photons énergétiques Indirectement Importante (quelques 100m
ionisant dans l’air, traverse les
vêtements et le corps)
X Photons énergétiques Indirectement Importante
ionisant
Neutronique Neutrons Indirectement Importante
ionisant

b- Facteurs d’action de ces radiations

Les effets des rayons ionisants (RI) dépendent des 3 facteurs :

1- Facteurs qualitatifs : la pénétration dépend de la nature du rayonnement :


• pénétration des neutrons supérieur aux R supérieure aux R
• pénétration des R Gamma supérieure aux RX.

2- Facteurs quantitatifs : Rad (quantité d’énergie absorbée)


REM (radiation équivalent mammifère)
La dose et la quantité d’énergie transmise par tout rayonnement ionisant à
l’unité de masse de substance exposée au point considéré.
Dans le système international, l’unité est le Gray (Gy).
1 Gy = 1 joule/Kg = 100rds,
1 rad = 10-² gray.

3- Facteur temps : les doses reçues peuvent être brèves, uniques,


importantes ou non ou répétées… : les effets sont différents.

II- MODE D’ACTION


Deux théories tentent d’expliquer schématiquement les effets des radiations
ionisantes.

1- Action directe : quand la lésion résulte de l’ionisation ou de l’excitation


directe des molécules structurales par le rayonnement.
2- Action indirecte : elle a une importance sur le plan quantitatif. L’ionisation
de l’eau en milieu biologique aboutit à la création de nombreux radicaux
libres avec présence d’électrons célibataires.

26
III- FACTEURS DE NOCIVITE DES RAYONNEMENTS

Mode de contamination

Les RI peuvent exercer leur action de l’extérieur de l’organisme (irradiation


externe) ou être émis dans l’intérieur même de l’organisme (irradiation interne ou
contamination radio-active).

1- L’irradiation externe : l’irradiation externe est réalisée par le


bombardement de l’organisme par un flux de particules alpha ou gamma,
issus d’un appareil ou d’un corps radio-actif.
4 caractères :

 Elle est limitée dans le temps (possibilité d’arrêter l’appareil)


 Elle est conditionnée par l’espace : l’irradiation diminue en fonction du carré
de la distance.
 La protection matérielle est possible (écran, tabliers en plomb).
 Elle se mesure relativement (exp : dosimètres à lecture directe).
Cette irradiation peut être globale ou partielle.

Organisme Mains des


Entier radiologues

2- La « contamination radio-active » : ou irradiation interne.

Exp : Les radiations par ingestion : peintures de cadrans d’horloges.


Elle traduit la présence indésirable de substances radioactives dans un milieu.
La contamination radioactive est consécutive à :

 Une inhalation de poussières ou de gaz radioactifs


 Une absorption de poussières
 Un contact cutané
 La pénétration trans-cutanée.
Une fois pénétré dans l’organisme, ce corps continuera à y émettre ses
particules ou rayons radioactifs.

B-Facteurs de gravité

1- Facteurs biologiques : sont au nombre de deux :

 Volume de tissu atteint : à doses égales, une irradiation localisée (exp :


mains) est beaucoup moins grave qu’une irradiation globale.
 Nature du tissu irradié : les divers organes ont des radio-sensibilités très
différentes.
Les effets des RI diffèrent selon le type cellulaire :
 L’effet est d’autant plus important que l’activité mitotique est grande (exp :
tissus séminaux, moelle osseuse…)
 L’effet est d’autant plus important que le développement caryocinétique est

27
plus long : exp : peau, ongles, poils,
 L ‘effet est d’autant plus important que la morphologie et la fonction ne sont
pas ou moins définitivement fixées : exp : dystrophies embryonnaires

Par conséquent, sont d’autant plus sensibles, par ordre décroissant :

• Organes hématopoïétiques,
• Thymus,
• Ovaire,
• Testicule,
• Papilles et poils
• Muqueuses,
• Glandes sudoripares et sébacées,
• Epidermes,
• Les os et les nerfs….

2- Voies de pénétration

 Irradiation accidentelle ou professionnelle

centrales atomiques manipulation radiologique

 Contamination par les poussières radio-actives


 Inhalation : des gaz ou de poussières radio-actives
 Ingestion : relativement rare (pigment des cadrans de montres avec une
peinture phosphorescente et les ouvriers qui effilaient leur pinceau au bout
des lèvres ostéo-sarcomes).
 Ingestion de radio-isotopes
• à vie courte : exp : Iode 131
• à vie longue (autrefois) : (thorotrast et cancers primitifs du foie).

IV- PATHOLOGIE
On distingue :
❑ Les effets déterministes
▪ Immédiats (précoces)
▪ Survenant toujours au dessus d’un seuil de dose
▪ Gravité proportionnelle à la dose
❑ Les effets stochastiques
▪ Tardifs
▪ Aléatoires : notion de risque (probabilité accrue (par rapport
à la population générale) mais faible de survenue )
▪ Dépourvus de seuil ??
▪ Gravité indépendante de la dose notion d’instabilité
génétique et de susceptibilité individuelle

28
1- Effets déterministes :

1-1-Exposition externe globale

Tableau II : Effets d’une radioexposition aigue chez un adulte sain.

1-2-Exposition externe partielle

➢ Exposition de la peau

Tableau III : Dose seuil et délai d’apparition des effets déterministes


pour la peau.

29
➢ Effets sur les gonades et moelles osseuses

Tableau III : Dose seuil des effets déterministes sur les gonades et la
moelle osseuse chez l’adulte.

➢ Effets sur le fœtus

Tableau IV : Effets d’une exposition durant la grossesse.

30
2- Effets stochastiques ou aléatoires
2-1- Effets cancérogènes
 Ostéosarcomes
 Cancers cutanés
 Cancers hématologiques (leucémies, lymphomes…)
 Cancers pulmonaires
 Cancers de la thyroïde
2-2- Effets génétiques
 Effets résultant de lésions chromosomiques ou géniques
 Portant sur la lignée germinale
  Spermatozoïdes ou ovules
 susceptibles d’entraîner des anomalies dans la descendance de
l’individu irradié.
 Difficiles à mettre en évidence car l'incidence naturelle des
anomalies génétiques est importante

V- SOURCES D’EXPOSITION

a- Rayonnement naturel
Le rayonnement tellurique : il existe des roches primaires
Le rayonnement cosmique est négligeable.
b- Rayonnement induit par les expériences nucléaires
Le danger est surtout dû à la présence de strontium 90, qui a la
particularité de suivre le métabolisme du calcium. Les herbivores mangent
l’herbe contaminée et l’homme, consommant les herbivores ou leurs
produits (lait), ingère le strontium qui se fixe sur les os (sarcomes et
leucoses).
c- Utilisation en milieu médical
• RX
• Radio-isotope (traceurs)
Le risque est diminué par l’utilisation d’amplificateurs de brillance, de
caméras à scintillation, il persiste dans la radiothérapie.
d- Dans l’industrie
1- Métallograhie : elle a pour but de « détecter » les failles dans l’acier,
après fabrication ou après usage (contrôles périodiques des ailettes de
réacteurs de l’aviation civile par exemple.
➔ Sources intenses : Rayons gamma.
2- Jauges de niveau
(Cuves d’hydrocarbures par exemple).
3- Traceurs
Utilisation de radio-isotopes pour détecter une fuite ou la réparation des
fluides dans une raffinerie ou par le gaz.
4- Dans la chimie
Les radio-isotopes sont utilisés comme durcisseur des résines époxy et
de certains plastiques.
5- Dans le textile : Pour éliminer l’électricité statique
6- Peintures radioactives : des cadrans lumineux

31
7- Stérilisation aux rayons gamma : du matériel médical et des aliments
destinés aux animaux. Ceci n’induit pas de radioactivité secondaire sur
le matériel traité.
8- Industrie nucléaire : Mines et usines de traitement des minerais
radioactifs, Traitement des déchets radioactifs.

VI- PREVENTION
1- Prévention technique
Maîtrise des sources de rayonnement par :

 Délimitation d’une zone contrôlée autour des sources c’est à dire


une zone dans laquelle le risque d’irradiation totale est
supérieure à 1,5 Rem/an.
 Information des travailleurs et règlement applicable en zone
contrôlée.
 Mesures de prévention pour l'intervenant direct:
- Tablier plombé
- Cache thyroïde
- Lunettes, ou visière plombée.
2- Prévention médicale
• Surveillance individuelle de l’irradiation du personnel
– irradiation externe : dosimètre photographique
– irradiation interne : examens toxicologiques
• Examens médicaux
➢ Embauche : clinique et hématologique, étude des antécédents
➢ Périodiques : tous les 6 mois avec examen hémotologique, NFS,
Hémoglobine, Volume globulaire.
➢ Motifs d’inaptitude
- d’ordre hématologique (plusieurs examens)
+ Globules Rouges (GR) < 3,5 ou > 6 Millions
+ Globules Blancs (G < 3,500 ou > 13 000
+ Poly-nucléaire Neutrophiles (PNN) < 35% ou > 80%
- tous signes susceptibles de traduire une anomalie
hématologique congénitale ou acquise, en ayant recours, si
nécessaire, à un myélogramme.
- Divers :
+ la cataracte et les opacités cristalliniennes,
+ l’hypertension oculaire, le glaucome opéré ou non,
+ le diabète grave, mal équilibré
+ la grossesse +++
+ les antécédents d’irradiation.
- Mise en observation : examens hématologiques et cliniques tous
les 2 mois si.
+ GR < 3 800 000 ou > 5,5 Millions
+ GB < 4M ou > 12 Milles
- Tenue d’un registre spécial
Dossier sanitaire comportant les absences, les résultats de
laboratoires et les doses reçues.

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Tableau V : Doses seuils d’exposition aux radiations ionisantes.

VII- REPARATION
En Tunisie, les affections provoquées par les rayonnements ionisants sont
réparées au titre du tableau n°76 de la liste des maladies professionnelles
indemnisables :
 Le délai de prise en charge est de :
 30 jours pour l’anémie, la leucopénie
 50 ans purs les sarcomes osseux.
 La liste des principaux travaux susceptibles de provoquer ces affections est
indicative.

33
34
AMBIANCES THERMIQUES

Objectifs éducationnels

A la fin de l’étude de la pathologie du travail en ambiance


thermiques, l’étudiant doit être capable de :

1- Décrire l’équilibre des échanges thermiques,


2- Enumérer les métiers exposant au froid,
3- Enumérer les métiers exposant à la chaleur,
4- Citer les effets sur la santé du travail au froid,
5- Citer les effets sur la santé du travail à la chaleur,
6- Enumérer les moyens de prévention du travail dans les ambiances
froides,
7- Enumérer les moyens de prévention du travail dans les ambiances
chaudes,
8- Citer les contre-indications médicales au travail dans les ambiances
froides,
9- Citer les contre-indications médicales au travail dans les ambiances
chaudes.

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AMBIANCES THERMIQUES

I. EQUILIBRE DES ECHANGES THERMIQUES

Figure n°1 : Equilibre des échanges thermiques

II. TRAVAIL AU FROID


 Absence de définition réglementaire.
 Travail < 10° peut être considéré comme du travail au froid.
 Métiers : industries alimentaires, travail à l’extérieur durant les
saisons froides
 Principaux effets sur la santé
- Perte de la dextérité (port de gants) avec risque accru
d’accident de travail
- Hypothermie avec atteinte du SNC et perturbation de la
respiration
- Engelure des extrémités,
- Risque accru de troubles musculosquelettiques (TMS)

36
- TA (vasoconstriction) et des risques d’accidents
cardiaques.
 Prévention : vêtements adaptés+Chaussures antidérapantes
imperméables avec isolation thermique
 Contre-indications aux postes de froid : Les maladies
rhumatismales, les affections cardio-pulmonaires chroniques,
maladies de raynaud…

III. TRAVAIL A LA CHALEUR
 Sources d’exposition :
- Travail durant les saisons chaudes à l’extérieur
- Fonderies, restauration, vulcanisation…
 Principaux effets sur la santé
-  FC avec risque de syncope
- Fatigue, vertiges, nausées (déficit en eau et sels par la
sudation)
- Affections cutanées : rougeur, brûlure
- Coup de chaleur avec perte de connaissance pouvant
entrainer la mort (appel syncope de chaleur).
 Prévention :
- Une bonne hydratation (un verre d’eau toutes les 15 à 20
min) et alimentation fractionnée riche en sels minéraux
- Adapter le rythme de travail selon la tolérance à la chaleur,
- Organisé le travail afin de réduire la cadence
- Se protéger du soleil par des vêtements légers, amples,
absorbantes (en coton) et de couleur clair pour le travail à
l’extérieur.
 Contre- indications : Affections cardio-pulmonaires chroniques et
rénales, diabétiques.
IV. REPARATION
-Seul le tableau clinique suivant est réparé au titre du tableau n°83 de la liste
des maladies professionnelles indemnisable intitulé « Travail à la chaleur » :
• Crampes musculaires avec sueurs profuses, oligurie et chlorure urinaire
égal ou inférieur à 5g/litre.
• Délai de prise en charge : trois jours
• Liste des travaux limitative : Tous travaux exposant à une température
résultante égale ou supérieure à 28°C.

37
Tableau n°83

Le Travail à haute température

Délai de Liste indicative des principaux


Désignation des maladies prise en travaux susceptibles de provoquer
charge ces maladies

Crampes musculaires avec sueurs Tous travaux exposant à une


profuses, oligurie et chlorure urinaire 3 jours température résultante égale ou
égal ou inférieur à 5g/litre. supérieure à 28°C.

38
PATHOLOGIE DUE AUX VIBRATIONS

Objectifs éducationnels

A la fin de l’étude de la pathologie due aux vibrations, l’étudiant doit être


capable de :
1- Définir les vibrations de point de vue fréquence,
2- Citer les principales sources des vibrations,
3- Préciser les manifestations cliniques des vibrations de très basses
fréquences,
4- Citer les manifestations cliniques des vibrations de basses fréquences,
5- Citer les manifestations cliniques des vibrations de hautes fréquences,
6- Préciser les conditions de réparation des effets des vibrations.

39
PATHOLOGIE DUE AUX VIBRATIONS

I – DEFINITION, RAPPEL PHYSIQUE

A – Définition

Une vibration est un mouvement oscillatoire des particules autour d’une


position d’équilibre ou de référence.

Elle est caractérisée par une ou plusieurs fréquences ainsi que par son
amplitude.

Les vibrations se caractérisent donc par leur fréquence et leur amplitude. A


partir de ces paramètres, il est possible de définir les notions de vitesse et
d’accélération. Le processus vibratoire n’est pas nécessairement indéfini. Il peut
avoir une durée limitée et cette durée d’application reste une notion importante en
pathologie professionnelle.

B – Fréquence

Comme pour toutes les vibrations, la fréquence des vibrations mécaniques


s’exprime en Hertz (1 Hz = une période par seconde).

Il est apparu nécessaire de distinguer différentes catégories dans l’échelle des


fréquences vibratoires. En effet, la sensibilité des mécanorécepteurs physiques, la
perception des vibrations et donc les troubles pathologiques sont étroitement liés à la
fréquence.

On distingue ainsi :

- Les vibrations à très basse fréquence (inférieures à 2 Hz)


- Les vibrations de basse fréquence (comprises entre 2 et 20 Hz)
- Les vibrations de moyenne fréquence (situées de 20 à 50 Hz)
- Les vibrations de grande fréquence (à partir de 50 Hz et jusqu’à 1000 Hz)

Les deux dernières catégories sont souvent dénommées vibrations « haute


fréquence » (supérieures à 20 Hz).

40
II – LES SOURCES DE VIBRATION ET PATHOLOGIES
ENGENDREES

Fréquences Sources Pathologies

Très - Bateaux -Mal de transport


basses - Véhicules légers - Illusions visuelles
fréquences
(<2 Hz)
Basses - Engins, - Troubles vertébraux
fréquences - Tracteur agricole, (60%)
(2-20 Hz) - hélicoptère - Troubles digestifs (30%)
- Autres (dysurie, TA,
troubles du rythme…)
Moyennes - Marteaux-piqueurs de Pathologies ostéo-
fréquences chantier articulaires (Coude et
( 20-50 Hz) - outils pneumatiques poignet : maladie de Kienbock
portatifs et maladie de Kohler)
Grandes - marteaux – piqueurs en - 40- 300 Hz :Troubles
fréquences sidérurgie vaso-moteurs
(50-1000Hz) - Forestiers avec les (Syndrome de Raynaud)
tronçonneuses - > 300 Hz : Troubles
neuro-musculaires
(paresthésies, crampes,
amyotrophie de la loge
thénar et hypothénar ) :
 préférentiellment
territoire du nerf cubital

VII – REPARATION – LEGISLATION


Les affections ostéo-articulaires et angio-neurotiques sont reprises dans le
tableau n° 81 de la liste des maladies professionnelles indemnisables.

• Affections indemnisées :
- Affections ostéoarticulaires confirmées par des examens radiologiques
(vibrations), exp : arthrose du coude : DPEC = 5 ans.
- Affections ostéoarticulaires confirmées par des escamens radiologiques
(outils percutants), exp : ostéonécrose du semi-lunaire (maladie de
Kienbock) : DPEC = 1 an.
- Atteinte vascualire cubito-palmaire (syndrome du marteau hypothénar) :
DPEC : 1 an ; DE : 5 ans.

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Tableau n°81
Les Vibrations

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IIX- PREVENTION
A- Prévention médicale
Elle a pour but :
- Eviter de placer à ces postes de travail des sujets présentant une
pathologie osseuse, musculaire ou neurologique susceptible d’être
aggravée par des vibrations.
- Proposer des modifications du temps du travail (travail par équipe
tournante-pauses).
- Dépister le plus précocement possible les anomalies débutantes.
- Informer et éduquer les salariés.

B- Prévention technique

L’amélioration lors de la conception et la fabrication représente le type de


prévention efficace.

1- Vibrations de fréquence < 2Hz

La prévention repose sur :


- La sélection des sujets selon leurs antécédents médicaux,
- L’entraînement,
- La conception et l’utilisation des véhicules : amortisseurs, adaptation de
sièges…
- Les médicaments : inconvénient : diminuent la vigilance.
2- Vibrations de fréquence de 2 à 20 Hz
- Etude du véhicule : suspension
- Action sur la posture et les sièges.
3- Hautes fréquences : > 20 Hz
- Automatisation des tâches,
- Amortisseurs,
- Barrettes anti-vibratiles.

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