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Immunité souveraine en droit international

La leçon aborde les immunités en droit international public, en expliquant leur fondement, les immunités des États et des organisations internationales, ainsi que celles de leurs agents. Elle souligne la complexité et la contestation de ce droit, notamment en raison des développements en droit international pénal qui remettent en question certaines immunités. Les immunités se divisent principalement en immunités de juridiction et d'exécution, avec des distinctions importantes selon que l'État agit en tant que souverain ou comme un acteur commercial.

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Immunité souveraine en droit international

La leçon aborde les immunités en droit international public, en expliquant leur fondement, les immunités des États et des organisations internationales, ainsi que celles de leurs agents. Elle souligne la complexité et la contestation de ce droit, notamment en raison des développements en droit international pénal qui remettent en question certaines immunités. Les immunités se divisent principalement en immunités de juridiction et d'exécution, avec des distinctions importantes selon que l'État agit en tant que souverain ou comme un acteur commercial.

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Cours : Droit international public : les relations entre États

Auteur : Rémy Prouvèze


Leçon n° 2 : Les immunités en droit international public

Table des matières


Section 1. Le fondement des immunités............................................................................................... p. 3
Section 2. Les immunités des États et des organisations internationales.........................................p. 4
§1. L’immunité de juridiction.........................................................................................................................................p. 4
§2. L’immunité d’exécution........................................................................................................................................... p. 5
§3. Immunité et droits de l’homme...............................................................................................................................p. 6
Section 3. Les immunités des agents ...................................................................................................p. 8
§1. Les privilèges et immunités des agents étatiques................................................................................................. p. 8
A. Les immunités des agents diplomatiques et consulaires.............................................................................................................. p. 8
B. Les immunités des chefs d’État et membres de gouvernement....................................................................................................p. 9
C. La question des exceptions à ces immunités : le cas des crimes internationaux....................................................................... p. 11
§2. Les privilèges et immunités des agents d’organisations internationales..............................................................p. 13
A. Les bénéficiaires de ces immunités.............................................................................................................................................p. 13
B. Les immunités judiciaire et fiscale............................................................................................................................................... p. 14

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Les immunités en droit international représentent un sujet difficile. Le droit international des
immunités est en effet un droit complexe car il est composé de nombreuses règles qui s’appliquent
à des situations diverses.

En droit international, l’immunité peut être définie comme une exemption dont bénéficient des
personnes ou entités (Etats, Chefs d’Etats, agents diplomatiques, fonctionnaires consulaires,
organisations internationales et leurs agents, forces militaires étrangères…) et qui les fait échapper
à des procédures ou à des obligations relevant du droit commun.

A ce titre, et en tenant compte de la multitude et de la diversité des régimes en la matière, l’immunité


apparaît comme une exception à la souveraineté territoriale d’un État, même si on a pu y voir un
principe du fait de l’importance de cette institution reconnue et bien ancrée dans l’ordre juridique
international.

Jurisprudence
TPIY, Ch. d’appel, Tihomir Blaskic, IT-95-14-AR 108 bis, Arrêt relatif à la requête de la République
de Croatie aux fins d’examen de la décision de la Chambre de première instance II rendue le 18
juillet 1997, 29 octobre 1997, § 38
Les immunités ont évolué et se sont multipliées au fil du temps pour répondre aux besoins des
relations internationales. Traditionnellement, le droit international distingue les différentes immunités
en fonction du bénéficiaire (par exemple un État, une organisation internationale, leurs agents…), de
ce qui est protégé (par exemple, les archives, les biens et les locaux d’une mission diplomatique, les
navires d’État…) et de l’objet de l’immunité (par exemple, l’immunité de juridiction civile ou pénale,
l’immunité d’exécution, l’immunité fiscale…). Certaines de ses immunités sont régies par des traités,
d’autres demeurent coutumières, ajoutant à la complexité.

Remarque
Mais, en plus d’être un droit complexe, le droit international des immunités est également un droit
contesté.

Malgré leur longue histoire (qui remonte pour certaine à l’Antiquité), les immunités font l’objet
de critiques qui ont été ravivées par les récents développements en droit international pénal : la
multiplication des procédures pénale à l’encontre d’agents étatiques, y compris les plus hauts placés,
pour crimes internationaux devant des juridictions internationales et nationales ont contribué à poser
la question des exceptions à l’immunité et par là même, à remettre en question le contenu et parfois
l’existence même des immunités.

Incertain, complexe et contesté, le droit international des immunités l’est en ce qui concerne
le fondement des immunités (Section 1), les immunités des États et des organisations
internationales (Section 2), et les immunités des agents de ces deux sujets du droit international
(Section 3).

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Section 1. Le fondement des immunités
La détermination du fondement des immunités représente une des illustrations de la complexité de
la question. En effet, plusieurs théories ont tenté d’apporter une base juridique aux immunités, mais,
vu la diversité des situations, il est difficile de trouver un fondement commun à l’ensemble des
immunités reconnues en droit international.
Si la souveraineté des États est présentée classiquement comme le fondement des immunités de
ces sujets de droit international – ce qu’exprime la formule latine « par in parem non habet imperium »
–, les immunités des organisations internationales se fondent quant à elle sur la nécessaire garantie
de leur indépendance.

Exemple
Pour les agents de ces sujets du droit international, plusieurs fondements ont pu être avancés,
comme, par exemple, la dignité du souverain, le caractère représentatif des agents diplomatiques,
l’extraterritorialité ou la courtoisie internationale pour les agents étatiques.

Si la souveraineté demeure une partie importante du fondement des immunités de ces derniers,
la tendance actuelle consiste néanmoins à voir dans l’intérêt de la fonction qui justifie l’immunité
reconnue tant aux agents des États qu’à ceux des organisations internationales le fondement
principal des immunités.

Voir Institut de Droit International, Résolution sur les immunités de juridiction et d’exécution des
chefs d’État et de gouvernement en droit international, Vancouver, 26 août 2001, Préambule, § 3;
Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, 18 avril 1961, Préambule, § 4 ; Convention
de Vienne sur les relations consulaires, 24 avril 1963, Préambule, § 5 ; Convention sur les privilèges
et immunités des Nations Unies, 13 février 1946, Préambule, § 2.
En savoir plus : La théorie de l'extraterritorialité
Cette théorie a été élaborée à l’origine pour justifier les privilèges et immunités des ambassadeurs
et autres agents diplomatiques. Elle postule que ces envoyés d’un État étranger échappent à la
juridiction territoriale de l’État d’accueil dans la mesure où ces agents sont censés se trouver hors du
territoire où ils se trouvent physiquement : ils sont considérés comme n’ayant pas quitté le territoire
de leur pays.

Cette théorie, « (…) vestige de l’ère monarchique » (P. Daillier, A. Pellet et M. Forteau, Droit
international public, p. 833), représente pour certains « la théorie la plus importante dans l’histoire
des doctrines du fondement des privilèges et immunités diplomatiques, puisqu’elle a justifié l’octroi
de ce statut privilégié tout au long d’une période qui va du XVIIème au XXème siècle » (P. Cahier,
Le droit diplomatique contemporain, Droz, Genève, 1964, p. 186).

Invoquée comme fondement de l’immunité des chefs d’État et autres souverains, la question d’une
telle transposition et, a fortiori, de son extension aux autres autorités étatiques pouvant bénéficier
d’une immunité a pu être posée, la fiction de l’exterritorialité ayant trouvé grâce aux yeux de certains.
L’exterritorialité a cependant montré ses limites, conduisant à son rejet quasi-unanime de nos jours.

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Section 2. Les immunités des États et des organisations
internationales
Les États et les organisations internationales bénéficient de deux types d’immunités :
• Les immunités de juridiction qui leur permettent d’échapper aux juridictions nationales (§ 1) ;
• Les immunités d’exécution qui empêchent les procédures d’exécution forcée à l’égard de
leurs biens (§ 2).
On relèvera ici que les immunités des organisations internationales sont très largement régies
par des traités, que ce soient les chartes constitutives de ces organisations, les accords de siège
entre ces organisations et l’État hôte ou des textes spécifiques comme la Convention générale sur
les privilèges et immunités des Nations Unies du 13 février 1946 ou la Convention sur les privilèges
et immunités des institutions spécialisées du 21 novembre 1947.

Les immunités des États sont en revanche essentiellement régies par la coutume internationale,
précisée par la jurisprudence des tribunaux internes, et ce malgré l’adoption récente de la
Convention des Nations Unies sur l’immunité juridictionnelle des États et de leurs biens du 2
décembre 2004 . Cette convention n’est en effet pas encore entrée en vigueur, ne comptant pour le
moment que 28 États signataires et seulement 13 ratifications (la France a ratifié cette convention
le 12 août 2011).
Par ailleurs, ces immunités des États et des organisations internationales, bien que largement
reconnues de longue date, font régulièrement l’objet de contestations, notamment lorsqu’elles sont
confrontées à certaines normes en matière de protection des droits de l’homme (§ 3).

§1. L’immunité de juridiction


L’immunité de juridiction est une exception de procédure qu’un État (l’État lui-même mais aussi ses
organes de gouvernement, ses représentants et ses démembrements ou subdivisions politiques
comme le prévoit la Convention des Nations Unies sur l’immunité juridictionnelle des États et de
leurs biens du 2 décembre 2004) ou une organisation internationale peut opposer à la juridiction
de tribunaux étrangers.
En savoir plus : La différence entre juridiction et compétence d’un tribunal
Comme le note avec précision le Professeur Michel Cosnard, « [l]a juridiction concerne l’habilitation
abstraite donnée à un organe pour trancher des différends portant sur une ou plusieurs catégories
de matières et mettant en cause un certain type de personnes. La compétence vise pour sa part
le pouvoir concret du tribunal de juger un litige précis, entre deux personnes déterminées, c’est-à-
dire la mise en œuvre concrète de l’habilitation générale en une telle occasion » (M. Cosnard, La
soumission des États aux tribunaux internes. Face à la théorie des immunités des États, Pedone,
Paris, 1996, p. 33).

Lorsqu’il est question d’immunité juridictionnelle, c’est la juridiction et non la compétence des
tribunaux internes qui est en jeu. En effet, le juge interne se retrouve privé de son pouvoir de juger
en raison de la qualité particulière du défendeur, et non parce qu’il n’a pas compétence pour juger
du litige. Une jurisprudence importante confirme cela, que soit en cause un État – la Cour visant
explicitement le « (...) pouvoir de juger » du juge français (Cour de cassation, 1ère Ch. civ., General
National Maritime Transport Company c. Marseille-Frêt, 4 février 1986, RCDIP, 1986, p. 719) – ou un
ancien chef d’État (France, Cour de cassation, 1ère Ch. civ., Cons. Duvalier et autres c. État haïtien
et autres, 29 mai 1990, RCDIP, 1991, p. 386).

Reconnue largement au profit des organisations internationales, l’immunité de juridiction des États
a connu une évolution importante au cours du XXème siècle : absolue à l’origine, cette immunité
s’est restreinte pour devenir relative au fur et à mesure que se développaient les activités des États,
notamment dans le domaine économique.

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Jurisprudence
Selon une jurisprudence des tribunaux internes désormais bien établie (Cour de cassation, 1ère Ch.
civ., République islamique d’Iran c. Sté Eurodif, 14 mars 1984, JDI, 1984, p. 598) – et parfois reprise
par certaines législations étatiques (tel est le cas au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada ou
en Australie), on distingue :
• Les activités que l’État exerce « de jure imperii », c’est-à-dire celles qui relèvent des
compétences souveraines de l’État et qui bénéficient de l’immunité de juridiction ;
• Les activités que l’État exerce « de jure gestionis », c’est-à-dire celles pour lesquels l’État
agit comme une personne privée (industrielle ou commerçante) et qui ne bénéficient pas de
l’immunité de juridiction.
Cette distinction rencontre quelques difficultés en pratique, notamment la détermination et la
qualification des activités de l’État qui relèvent du juge interne saisi. La Convention des Nations
Unies sur l’immunité juridictionnelle des États et de leurs biens du 2 décembre 2004 n’a pas réussi à
dissiper les doutes sur ce point et fait, à ce propos, l’objet de vives critiques. Bien que jugée en retrait
des acquis jurisprudentiels et législatifs en la matière – ce qui explique sans doute les réticences
des États à la ratifier, ce qui l’empêche pour le moment d’entrée en vigueur –, cette convention est
considérée par la CEDH comme exprimant le droit coutumier.

Jurisprudence
CEDH, Cudak c. Lituanie, arrêt du 23 mars 2010, §§ 66-67
Enfin, même s’ils bénéficient de cette immunité de juridiction, les États et les organisations
internationales peuvent y renoncer.

Jurisprudence
Cette renonciation ne se présume pas mais peut être tacite, lorsque, par exemple, est conclue une
convention d’arbitrage (Cour de cassation, 1ère Ch. civ., Banque camerounaise de développement
c. Robber, 18 novembre 1986, JCP G, 1987, II, p. 20909).

§2. L’immunité d’exécution


L’immunité d’exécution permet aux États et aux organisations internationales d’éviter l’application
de mesures d’exécution forcée décidées par une juridiction étrangère. Leur droit de disposer
librement de leurs biens l’emporte sur ces mesures. Aucune forme de contrainte – telle une saisie
par exemple – ne peut se voir exercée sur leurs biens.

Jurisprudence
Comme précédemment, l’immunité d’exécution des organisations internationales, lorsqu’elle
est reconnue, est généralement très large, voire absolue (Tribunal fédéral suisse, Z. Malek c. LEA,
25 janvier 1999, RSDIE, 2000, pp. 642-645).
Concernant l’immunité d’exécution des États, la distinction entre activités jure imperii et jure
gestionis vu précédemment n’est pas pratiquée par les juridictions internes dans la plupart des États.
Cela ne signifie pas que cette immunité soit absolue : les tribunaux ou les lois de certains États
considèrent en effet que les biens des États affectés à des activités commerciales ne sont pas
couverts par l’immunité d’exécution (voir par exemple : Cour de cassation, 1ère Ch. civ., 19 novembre
2008, n° 07-10570). La Convention des Nations Unies de 2004 a repris cette distinction, de manière
restrictive cependant (art. 18 et 19).

Comme pour l’immunité de juridiction, les États et les organisations internationales peuvent renoncer
à leur immunité d’exécution. Cette renonciation ne se présume pas ici aussi. L’immunité de
juridiction et l’immunité d’exécution étant distinctes, la renonciation à la première n’implique pas
automatiquement renonciation à la seconde (art. 20 de la Convention des Nations Unies sur
l’immunité juridictionnelle des États et de leurs biens).

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Jurisprudence
La jurisprudence n’est cependant pas unanime et a pu reconnaître parfois un lien de ce type en
fonction des clauses conventionnelles ou contractuelles concernées (Cour de cassation, 1ère Ch.
civ., Sté Creighton Ltd c. Ministre des finances du Qatar, 6 juillet 2000, JDI, 2000, p. 1054]).

§3. Immunité et droits de l’homme


La question des rapports entre immunité et droits de l’homme a été posée à la CEDH à l’occasion
de plusieurs affaires dans lesquelles étaient confrontés l’immunité de juridiction d’un État ou d’une
organisation internationale et le droit à un tribunal garanti par l’article 6 § 1 de la Convention
européenne des droits de l’homme.
Concernant les États, la CEDH a considéré que les immunités étatiques n’étaient pas incompatibles
avec le droit à un tribunal garanti par l’article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de
l’homme si elles répondent à un objectif légitime et sont proportionnées, et dans la mesure où ces
entraves au droit à un tribunal « (…) reflètent des principes de droit international généralement
reconnues en matière d’immunités ».

Jurisprudence
CEDH, Fogarty c. Royaume-Uni, 21 novembre 2001, §§ 36 ; Manoilescu et Dodrescu c. Roumanie
et Russie, 3 mars 2005, § 81
Certaines jurisprudences nationales n’ont, quant à elles, pas hésité à franchir le pas en faisant primer
le respect des droits de l’homme sur les immunités des États : tel a été le cas de la Cour suprême
grecque (Préfecture de Voiotia, 4 mai 2000, AJIL, 2001, p. 198) et de la Cour de cassation italienne
(Ferrini, 11 mars 2004, ILR, vol. 128, p. 659), toutes deux saisies de cas de violations graves des
droits de l’homme par les troupes allemandes pendant la seconde guerre mondiale. La décision
italienne dans l’affaire Ferrini a d’ailleurs généré un différend entre l’Italie et l’Allemagne : cette
dernière a saisi la CIJ qui, par un arrêt du 3 février 2012, a contredit la haute juridiction italienne en
estimant que « la République italienne a manqué à son obligation de respecter l’immunité reconnue
à la République fédérale d’Allemagne par le droit international » (§ 139).
Concernant les organisations internationales, la Cour de Strasbourg a fait primer le droit à un
tribunal sur l’immunité lorsque le requérant ne dispose pas d’autres voies de recours que le juge
national : s’il existe de telles voies, l’immunité de l’organisation internationale devant le juge interne
est compatible avec l’article 6 § 1 puisqu’elle ne prive pas le requérant d’un accès à un juge.

Jurisprudence
CEDH, Beer et Regan c. Allemagne et Waite et Kennedy c. Allemagne , 18 février 1999, RTDH,
2000, respectivement §§ 58-62 et 68-74
La jurisprudence française a repris cette solution et l’a étendu à l’immunité d’exécution (Cour de
cassation, 1ère Ch. civ., Banque camerounaise de développement c. Robber, 18 novembre 1986,
précité ; 1ère Ch. civ., 14 octobre 2009, n° 08-14978]).

Remarque
Des immunités sont donc reconnues par le droit international (conventionnel et coutumier) aux États
et aux organisations internationales dans des proportions importantes mais variables. Il en est de
même pour les agents de ces sujets du droit international.

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Section 3. Les immunités des agents
Comme pour les sujets du droit international pour le compte desquels ils agissent, on distingue ici
les agents étatiques (§ 1) des agents d’organisations internationales (§ 2).

§1. Les privilèges et immunités des agents étatiques


Deux catégories d’agents sont ici concernées. Il s’agit :
• D’une part, des agents diplomatiques et consulaires (A) qui se voient reconnaître un certain
nombre d’immunités par les Conventions de Vienne de 1961 et de 1963 précitées ;
• D'autre part, des chefs d’État et des membres de gouvernement (B) dont les immunités sont
très largement de nature coutumière.

A. Les immunités des agents diplomatiques et consulaires

Remarque
D’origine coutumière et fort anciennes, les immunités reconnues aux agents diplomatiques
et consulaires se sont développées notamment avec l’établissement croissant de missions
permanentes sur le territoire d’États étrangers. Elles ont été codifiées par les Conventions de Vienne
sur les relations diplomatiques de 1961 et sur les relations consulaires de 1963.

Pour pouvoir remplir efficacement leurs missions, la Convention de Vienne de 1961 reconnaît aux
agents diplomatiques des immunités particulièrement étendues. Ils bénéficient à ce titre :
• D’une inviolabilité qui s’étend aux membres de sa famille et à la mission diplomatique (art. 29
de la Convention de 1961). Les diplomates ne peuvent en conséquence être arrêtés, retenus
en détention ou emprisonnés par les autorités du pays hôte qui doivent, par ailleurs assurer
également la sécurité physique de ces agents étrangers ;
• D’une immunité juridictionnelle large qui empêche que les agents diplomatiques (et leur
famille) puissent être poursuivis devant une juridiction civile ou pénale de l’État où ils exercent
leurs fonctions. Cette immunité couvre tous les actes (privés et pris dans le cadre de sa fonction)
accomplis par l’agent (art. 31 § 1 de la Convention de 1961) aussi longtemps que celui-ci
exerce ses fonctions diplomatiques. Si l’immunité de juridiction pénale est absolue, sauf crimes
internationaux (crimes de guerre par exemple), il est toutefois fait exceptions à l’immunité de
juridiction civile et administrative en cas de litige concernant un immeuble appartenant à l’agent
et situé sur le territoire de l’État d’accueil, une succession dans laquelle l’agent est impliqué ou
une activité libérale ou commerciale qu’exerce l’agent en dehors de ses fonctions diplomatiques
(art. 31 § 1 a,b, et c) ;
• D’une immunité d’exécution qui protège les biens des agents diplomatiques contre toute
mesure d’exécution forcée (art. 31 § 3 de la Convention de 1961) ;
• D’une immunité fiscale qui lui permet d’être exempt du paiement des impôts (directs et
indirects) dans l’État d’accueil (art. 34 de la Convention de 1961), ainsi que d’une immunité
en matière de droits de douanes qui s’étend à tous les objets à usage personnel de l’agent
diplomatique ou des membres de sa famille (art. 36).
Les agents consulaires bénéficient d’immunités moins étendues qui ont été codifiées par la
Convention de Vienne de 1963. A ce titre, ils bénéficient :
• D’une inviolabilité personnelle amoindrie puisqu’ils peuvent être arrêtés ou mis en détention
préventive en cas de « crime grave » (art. 41 de la Convention de 1963) ;
• D'une immunité juridictionnelle qui ne couvre pas les actes privés et est limitée aux actes
accomplis dans l’exercice des fonctions (immunité ratione materiae) (art. 43 de la Convention
de 1963), sauf exception (une action civile en réparation d’un dommage causé par un accident
de la route par exemple) ;
• D’une immunité fiscale (art. 49) et douanière (art. 50) comparable à celle des agents
diplomatiques.
Que ce soit pour les agents diplomatiques ou les agents consulaires, c’est à l’État d’envoi qu’il
appartient de lever l’immunité de son agent. Cette renonciation doit être expresse et, lorsqu’elle
concerne l’immunité de juridiction, elle n’implique pas renonciation à l’immunité d’exécution.
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La violation de ces immunités par l’État d’accueil peut générer un différend international avec l’État
d’envoi et entraîner la reconnaissance de sa responsabilité internationale (voir Leçon n° 3 de ce
cours) comme se fut le cas dans l’affaire des otages américains à Téhéran.

Jurisprudence
CIJ, Personnel diplomatique et consulaire des États-Unis à Téhéran, arrêt du 24 mai 1980, Rec.
1980, p. 3
En savoir plus : L’affaire des otages américains à Téhéran
L’affaire des otages américains à Téhéran est en fait une longue crise qui a opposé les États-Unis
à l’Iran et qui, malgré l’intervention des Nations Unies et de la CIJ, n’a pu être réglée que par le
recours à l’arbitrage.

Dans le contexte révolutionnaire iranien (l’Iran connaît en 1979 une révolution islamique qui a chassé
le Chah du pouvoir) et au cours d’une manifestation regroupant près de 3000 personnes à Téhéran
le 4 novembre 1979, un groupe armé de plusieurs centaines de personnes envahit l’ambassade des
Etats-Unis et prend en otages ses occupants, parmi lesquels le personnel diplomatique et consulaire
américain.

Après l’échec des tentatives de négociation et l’impasse dans laquelle se trouve le Conseil de sécurité
des Nations Unies (l’URSS oppose son veto à toute résolution visant à sanctionner l’Iran), les États-
Unis saisissent la CIJ pour obtenir des mesures conservatoires qui seront sans effet. Ils adoptent
également des mesures unilatérales contre l’Iran (interdiction des importations et exportations avec
l’Iran, gel des avoirs iraniens, recensement des iraniens présents aux États-Unis…) – suivis par
la suite par certains de leurs alliés qui adopteront des mesures analogues – avant de rompre les
relations diplomatiques le 7 avril 1980. Ils tentent même, dans la nuit du 14 au 25 avril 1980, une
opération de libération des otages qui est un fiasco.

Quelques semaines plus tard, alors que l’Iran a refusé de comparaître devant elle, la CIJ rend son
arrêt au fond le 24 mai 1980 : elle reconnaît la responsabilité de l’Iran pour les violations inexcusables
du droit international commises et estime que les otages doivent être immédiatement libérés et les
préjudices réparés (CIJ, Personnel diplomatique et consulaire des États-Unis à Téhéran, arrêt du
24 mai 1980, Rec. 1980, p. 3). Elle laisse le soin aux parties de se mettre d’accord sur la forme et
le montant des réparations.

Vu l’antagonisme entre les parties dans cette affaire, ce dernier point aurait pu s’avérer
problématique. Mais le dénouement de la crise va intervenir en dehors de la procédure devant la
CIJ avec les accords d’Alger du 19 janvier 1981.

Ces accords, obtenus à la suite d’une habile médiation du gouvernement algérien, prévoient que :
• Les otages sont libérés en échange notamment de l’abandon par les États-Unis de la procédure
devant la CIJ ;
• Un tribunal arbitral est mis en place pour régler l’ensemble du contentieux irano-américain quant
à la réparation des préjudices subis par les deux parties et leurs ressortissants ;
• Les États-Unis s’engagent à ne pas intervenir dans les affaires intérieures iraniennes et lèvent
les sanctions économiques contre l’Iran.
Ces accords ont été bien appliqués dans l’ensemble et, malgré quelques difficultés de
fonctionnement au départ, le tribunal arbitral a réglé la plupart des très nombreux différends dont
il a eu à connaître.

B. Les immunités des chefs d’État et membres de gouvernement

Remarque
L’immunité des plus hautes autorités de l’État est peut-être le problème le plus compliqué que
connaît le droit international dans cette matière. En l’absence de traité général sur la question, ces
immunités relèvent essentiellement du droit coutumier et ont été « ravivées » par l’actualité judiciaire
et notamment l’affaire Pinochet au cours de l’année 1999 (voir infra, C).
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On relèvera que la question des immunités, notamment juridictionnelles, de ces agents étatiques est
compliquée par l’existence d’une double immunité pour certains d’entre eux. Les chefs d’État et de
gouvernement, ainsi que les ministres des affaires étrangères se voient reconnaître :
• En tant qu’agents de l’État, une immunité pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs
fonctions (immunité ratione materiae) ;
• A titre plus personnel, une immunité de fonction (immunité ratione personae) couvrant tous
les actes (privés ou officiels) de ces agents aussi longtemps que ceux-ci exercent les fonctions
qui nécessitent cette « protection ».
Les chefs d’État se voient reconnaître une inviolabilité et une immunité de juridiction pénale totales
tant qu’ils sont en fonction (immunité ratione personae) et limitées aux actes pris dans l’exercice
de leurs fonctions une fois qu’ils ont quitté celles-ci (immunité ratione materiae). L’immunité ratione
personae couvre tant les actes officiels que privés, qu’ils aient été commis avant ou pendant la
période d’exercice des fonctions.

Jurisprudence
Leur immunité de juridiction civile est plus limitée : selon une jurisprudence interne établie, les
actes privés commis par les chefs d’État pendant qu’ils étaient en fonction peuvent faire l’objet
d’une procédure contentieuse (Cour d’appel de Paris, Mellerio c. Isabelle de Bourbon, ex-Reine
d’Espagne, 3 juin 1872, JDI, 1874, p. 33).
Les chefs d’État bénéficient également d’une large immunité d’exécution.
Ces immunités sont propres aux chefs d’État et ne s’étendent à leur entourage que par courtoisie
internationale.

Par analogie, les chefs de gouvernement se voient généralement appliquer le même régime que
les chefs d’État, notamment car ils exercent souvent des fonctions similaires à celles d’un chef d’État.
Si cette assimilation fait peu de doutes concernant l’inviolabilité et les immunités juridictionnelles,
elle est plus incertaine concernant l’immunité d’exécution.

Institut de Droit International, Résolution sur les immunités de juridiction et d’exécution des chefs
d’État et de gouvernement en droit international, Vancouver, 26 août 2001, art. 15 § 1 et 16
Le peu de pratique n’aide pas à clarifier les incertitudes.

En ce qui concerne les ministres des affaires étrangères et les autres membres de gouvernement,
les hésitations sont plus importantes.

Jurisprudence
Par un arrêt de 2002, la CIJ a tenté de préciser la situation du ministre des Affaires étrangères
: celui-ci bénéficie d’un statut (et notamment une immunité ratione personae) comparable à celui
des chefs d’État et de gouvernement en raison des fonctions qu’il exerce et de sa position en droit
international. Malgré une quasi-absence de pratique en la matière, la Cour lui reconnaît notamment
une inviolabilité et une immunité de juridiction pénale totales durant ses fonctions et ratione materiae
une fois celles-ci quittées.

CIJ, Affaire relative au mandat d’arrêt du 11 avril 2000, Arrêt du 14 février 2002, §§ 54 et 61
Pour les autres membres de gouvernement, les immunités sont plus restreintes. Par exemple, ils
ne se voient généralement pas reconnaître d’immunité ratione personae (hormis les cas de visite
officielle à l’étranger) et seuls leurs actes de fonction échappent à la juridiction pénale des tribunaux
étrangers.

Comme pour les agents diplomatiques et consulaires, c’est l’État qui peut renoncer aux immunités
de ses organes. Cette renonciation peut être explicite ou implicite du moment qu’elle est certaine.

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C. La question des exceptions à ces immunités : le cas des crimes
internationaux
Les développements du droit international pénal et les progrès de la lutte contre l’impunité ont posé
la question de la possible ou éventuelle existence d’exceptions à l’immunité des agents étatiques.

La question se pose essentiellement à l’égard des juridictions internes. Devant les juridictions
internationales pénales (voir Leçon n° 8 de ce cours), l’immunité est apparemment écartée par
les statuts de celles-ci (par exemple : Art. 7 de la Charte du tribunal de Nuremberg ; Art. IV de la
Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ; Art. 7 § 2 du statut du TPIY ;
Art. 6 § 2 du Statut du TPIR ; Art. 6 § 2 du Statut du Tribunal spécial pour la Sierra Leone ; et Art. 27 du
Statut de la CPI), même si, pour certains auteurs, il faut plus y voir un effet de la nature internationale
– et parfois supra-étatique – de ces juridictions.

L’inopposabilité de l’immunité devant les juridictions internationales pénales est par ailleurs
confirmée par la CIJ (Affaire relative au mandat d’arrêt du 11 avril 2000, Arrêt du 14 février 2002,
§ 61) et la pratique : on constate ainsi que Slobodan Milosevic, alors Président en exercice de la
République fédérale de Yougoslavie, a été inculpé par le TPIY en 1999 ; que Charles Taylor, ancien
président du Libéria, a été jugé et condamné par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone en 2012
(voir « Charles Taylor, coupable de crimes contre l'humanité ») ; et que le président soudanais Al-
Bachir est actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la CPI.

Jurisprudence
Devant les juridictions internes, la question d’une exception à l’immunité en cas de crime
internationaux a été soulevée en 1999 par l’affaire Pinochet. La Chambre des Lords à cette
occasion a affirmé qu’un ancien chef d’État ne bénéficiait pas d’une immunité de juridiction pénale
pour les actes commis dans l’exercice de ses fonctions lorsque ces actes sont constitutifs de crimes
internationaux et notamment de torture (House of Lords, Regina v. Bartle and the Commissioner
of Police for the Metropolis and Others Ex Parte Pinochet, 24 mars 1999, ILM, 1999, vol. 38, pp.
581-663).

En savoir plus : L’affaire Pinochet


Augusto Pinochet est un ancien chef d’État chilien qui a pris le pouvoir au Chili en 1973 à la suite
d’un coup d’État. S’en est suivi une dictature militaire et une répression sanglante et organisée des
opposants politiques.

Il laisse le pouvoir en 1990 et profite du poste de sénateur à vie qu’il s’est octroyé. Alors qu’il se
trouve au Royaume-Uni pour se faire soigner, il fait l’objet d’une demande d’extradition adressée
par le juge espagnol Balthazar Garzon aux autorités britanniques. La demande du juge espagnol
se fonde sur la compétence universelle et la compétence personnelle des tribunaux espagnols pour
juger des tortures et meurtres de ressortissants chiliens et espagnols ordonnés par Augusto Pinochet
quand il était au pouvoir.

La Chambre des Lords se prononcera deux fois pour finir par écarter, par une décision du 24 mars
1999 (House of Lords, Regina v. Bartle and the Commissioner of Police for the Metropolis and Others
Ex Parte Pinochet, 24 mars 1999, ILM, 1999, vol. 38., pp. 581-663), l’immunité de l’ancien chef d’État
chilien pour les actes de tortures condamnés par la Convention des Nations Unies contre la torture
de 1984.

Pour la petite histoire, Pinochet repartira libre du Royaume-Uni, le ministre des affaires étrangères
britannique ayant finalement refusé l’extradition pour des raisons tenant à la santé défaillante de
l’ancien dictateur le 2 mars 2000. Malgré de nombreuses procédures engagées contre lui une fois
rentré au Chili, Pinochet est mort le 10 décembre 2006 sans avoir été définitivement condamné pour
ses crimes.

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Jurisprudence
La jurisprudence qui a fait suite à cette décision s’est cependant montrée aléatoire et parfois est
revenue à une position plus classique et favorable aux agents étatiques. Tel est le cas de la décision
rendue par la CIJ dans l’affaire relative au mandat d’arrêt du 11 avril 2000 qui ne reconnait
aucune exception coutumière à l’immunité (totale) du ministre des affaires étrangères.

Arrêt du 14 février 2002, § 58


Celle-ci cesse cependant avec la fin des fonctions (ne subsiste alors que l’immunité ratione materiae)
et s’avère relative car elle peut être écartée, mais seulement lorsque cela résulte de résolutions
obligatoires du Conseil de sécurité (cas des TPI) ou de dispositions conventionnelles en ce sens
(cas de la CPI).

Jurisprudence
La Cour de cassation française avait exprimé la même position dans une procédure concernant
le Colonel Kadhafi, chef d’État libyen alors en exercice (Cour de cassation, Ch. crim., Procureur
général près la Cour d’appel de Paris c. Association SOS Attentats, Mlle Béatrice de Boery ep.
Castelnau d’Essenault (Affaire Kadhafi), 13 mars 2001, RGDIP, 2001, n°2, p. 474).

Plus récemment, et dans un sens encore plus rétrograde, les juridictions américaines ont considéré
que l’immunité d’un ancien chef d’État (en l’occurrence l’ancien Président chinois Jiang Zemin) était
aussi étendue que celle d’un chef d’État en exercice (Cour d’appel, 7ème circuit, 8 septembre 2004,
AJIL, 2003, pp. 974-977).

Il est donc difficile d’en tirer la conclusion qu’il existe une norme générale coutumière
consacrant une exception à l’immunité des agents étatiques en cas de crimes internationaux.
Tout au plus reconnaît on des exceptions conventionnelles.
On constatera plutôt une tendance jurisprudentielle qui essaie de traduire en droit positif une
interprétation logique – mais qui demeure pour le moment théorique – selon laquelle la nature
impérative des normes interdisant les crimes internationaux devrait emporter la reconnaissance
d’exceptions à l’immunité des agents de l’État.

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§2. Les privilèges et immunités des agents d’organisations
internationales
Le statut juridique des agents d’une organisation internationale dépend du statut de celle-ci. Il est
également très largement inspiré de celui des agents diplomatiques (B). Encore faut-il savoir qui
bénéficie de ces immunités (A).

A. Les bénéficiaires de ces immunités


Un certain nombre d’agents internationaux bénéficie de ces immunités. Un agent international est,
selon la CIJ, « (…) toute personne par qui l’organisation agit » que ce soit en tant que fonctionnaire
rémunéré ou non, employé à titre permanent ou non (CIJ, Réparation des dommages subis au
service des Nations Unies, avis consultatif du 11 avril 1949, Rec., p. 177). Parmi ceux-ci, on trouve les
fonctionnaires internationaux qui sont les principaux bénéficiaires de ces immunités. Il s’agit « des
agents exerçant, de façon exclusive et continue, une fonction publique au service d’une organisation
internationale et soumis à un régime juridique d’origine internationale » (P.M. Dupuy et Y. Kerbrat,
Droit international public, p. 223).

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Exemple
En font partie, par exemple, le Secrétaire général des Nations Unies et tous ses assistants et, de
façon générale, l’ensemble des officiels et experts de l’ONU.

Jurisprudence
CIJ, Applicabilité de la section 22 de l'article VI de la convention sur les privilèges et immunités
des Nations Unies, avis consultatif du 15 décembre 1989, Rec. 1989, p. 177 ; Différend relatif
à l'immunité de juridiction d'un rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme, avis
consultatif du 29 avril 1999, Rec. 1999, p. 62
Une catégorie peut apparaître problématique ici : les casques bleus des Nations Unies ne sont
en effet considérés ni comme des officiels, ni comme des experts et leur statut dépend d’accords
conclus entre les Nations Unies et les États d’accueil. Ils peuvent néanmoins se voir reconnaître un
statut d’experts en mission, notamment à l’égard des États tiers et bénéficier à ce titre des immunités
de ce type d’agents de cette organisation.

B. Les immunités judiciaire et fiscale


Les agents (fonctionnaires et experts en mission) d’organisation internationale bénéficient
principalement d’une immunité judiciaire ratione materiae. Ils ne peuvent être poursuivis par des
tribunaux nationaux pour les actes commis dans l’exercice de leur fonction et bénéficient d’une
inviolabilité personnelle.

Sections 18 et 22 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies


On relèvera cependant que le Secrétaire général des Nations Unies (et les Secrétaires généraux
adjoints) jouit d’une immunité ratione personae comparable à celle des agents diplomatiques et qui
couvre ses actes officiels et privés aussi longtemps qu’il exerce ses fonctions.

Section 19 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies


Cette immunité peut être levée par l’organisation internationale à laquelle appartient l’agent. Pour
l’ONU, c’est le Secrétaire général qui décide de cette renonciation.

Sections 20 et 22 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies


Les agents d’organisation internationale se voient également reconnaître une immunité fiscale qui
les dispense de payer des impôts sur leur salaire.

Section 17 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies

Jurisprudence
CJCE, affaire Humblet, 16 décembre 1960, Rec. VI/2, 1960

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