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Contrôle politique et parlementaire au Maroc

Le contrôle politique au Maroc est un processus essentiel qui permet aux acteurs politiques et aux citoyens de superviser les actions du gouvernement, garantissant ainsi la transparence et la responsabilité. Le Parlement marocain, composé de la Chambre des Représentants et de la Chambre des Conseillers, joue un rôle crucial dans ce contrôle en élaborant des lois et en surveillant l'exécutif. Les mécanismes de contrôle parlementaire incluent des sessions régulières, des débats et des outils d'évaluation, contribuant à renforcer la démocratie et l'État de droit dans le pays.

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Contrôle politique et parlementaire au Maroc

Le contrôle politique au Maroc est un processus essentiel qui permet aux acteurs politiques et aux citoyens de superviser les actions du gouvernement, garantissant ainsi la transparence et la responsabilité. Le Parlement marocain, composé de la Chambre des Représentants et de la Chambre des Conseillers, joue un rôle crucial dans ce contrôle en élaborant des lois et en surveillant l'exécutif. Les mécanismes de contrôle parlementaire incluent des sessions régulières, des débats et des outils d'évaluation, contribuant à renforcer la démocratie et l'État de droit dans le pays.

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Le contrôle politique au Maroc

Réalisé par : Encadré par :


AYA CHLIAH Pr. L. LANKAOUI
GHARIB IMANE
WALID OUBAKKALA
YASSIR GHAMIZI
PLAN
I. Le contrôle politique au Maroc......................................................................................................2
1. La définition du contrôle politique.............................................................................................2
2. Le rôle du contrôle politique au Maroc......................................................................................2
3. Les organes du contrôle politique au Maroc..............................................................................3
II. L’organisation du contrôle parlementaire......................................................................................3
1. La définition du Contrôle Parlementaire....................................................................................3
2. Les composants du parlement marocain....................................................................................4
2.1 La chambre des représentants :.........................................................................................4
2.2 La chambre des conseillers :...............................................................................................5
3. Comment les citoyens élisent leurs représentants ?..................................................................6
4. Les Sessions du Parlement marocain :........................................................................................7
5. Les réunions communes du Parlement :.....................................................................................8
6. Le rôle du parlement marocain :................................................................................................9
7. Les outils du contrôle parlementaire........................................................................................10
7.1 Les moyens d’information :..............................................................................................10
7.2 Les moyens d’investigation...............................................................................................13
7.3 Outils de contrôle à caractère de sanction.......................................................................17
III. Loi de règlement.......................................................................................................................18
1. Autour de la loi de règlement...................................................................................................18
1.1 Définition de la loi de règlement......................................................................................18
1.2 L’intervention de la loi de règlement................................................................................19
1.3 Le rôle de la loi de règlement...........................................................................................20
2. LE CONTROLE DE L’EXECUTION DU BUDGET DE L’ETAT............................................................20
2.1 Le contrôle du Parlement en cours d’exécution :.............................................................20
2.2 Le contrôle parlementaire en fin d’exécution : la loi de règlement..................................21
IV. Les limites du contrôle politique..............................................................................................23
Référence 26

1
I. Le contrôle politique au Maroc

1. La définition du contrôle politique

Le contrôle politique peut être défini comme le processus par lequel les acteurs
politiques, les institutions et les citoyens évaluent, influent et supervisent les
actions, les politiques et les décisions du gouvernement ou d'autres organes
politiques.
Le contrôle politique vise à maintenir l'intégrité du processus politique en
garantissant que les acteurs politiques agissent de manière responsable,
transparente et dans l'intérêt général. Il constitue un élément essentiel de la
démocratie en favorisant la responsabilité des gouvernants envers les gouvernés.

2. Le rôle du contrôle politique au Maroc

Le contrôle politique a pour rôle de :


Veiller à la bonne gouvernance et à la transparence des institutions politiques :
Le Parlement marocain, en tant qu'organe législatif, joue un rôle crucial dans la
promotion de la bonne gouvernance et de la transparence au sein des institutions
politiques du pays. Les membres du Parlement participent à l'élaboration de lois
visant à renforcer les mécanismes de responsabilité, à garantir la transparence des
processus décisionnels et à prévenir la corruption. Ils veillent à ce que les principes
de gouvernance démocratique soient respectés, contribuant ainsi à instaurer un
climat de confiance entre le gouvernement et les citoyens.
Superviser l'action des responsables politiques : Une des responsabilités clés du
Parlement marocain est de superviser l'action des responsables politiques,
notamment les membres du gouvernement. À travers des sessions de questions,
des débats et des commissions parlementaires, les représentants élus évaluent les
politiques et les actions du gouvernement. Cette surveillance active vise à garantir
que les responsables politiques agissent dans l'intérêt public, conformément aux
principes démocratiques et aux besoins de la population.
Contribuer à renforcer la démocratie et l'État de droit : Le Parlement marocain
contribue de manière significative au renforcement de la démocratie et de l'État
de droit. En élaborant des lois conformes aux normes démocratiques, en assurant
la responsabilité des responsables politiques, et en favorisant la participation
citoyenne, le Parlement joue un rôle essentiel dans la préservation et la
2
promotion des valeurs démocratiques. Son action contribue également à
renforcer l'État de droit en veillant à ce que toutes les institutions respectent les
lois établies et en assurant un équilibre des pouvoirs entre les différentes
branches du gouvernement.

3. Les organes du contrôle politique au Maroc

Les organes du contrôle politique au Maroc. Au cœur du système politique


marocain, ces organes jouent un rôle essentiel dans la préservation de la
démocratie, la transparence gouvernementale et l'équilibre des pouvoirs,
notamment :
Le parlement marocain : désigne l'organe législatif de l'Etat, Il a été créé en 1962.
Il est chargé de voter les lois et de contrôler l'action du gouvernement.
Le conseil constitutionnel : a été créé en 1992. C’est une institution chargée de
veiller au respect de la Constitution. Il peut, à la demande du Parlement, contrôler
la conformité des lois et des règlements à la Constitution. Il peut également
annuler les lois et les règlements qui sont contraires à la Constitution.
La cour des comptes : La Cour des comptes a été créée en 1979 est un organe
indépendant chargé de contrôler la gestion des finances publiques. Elle peut, à la
demande du Parlement, examiner les comptes de l'État, des collectivités
territoriales et des établissements publics. Elle peut également enquêter sur des
cas de fraude ou de corruption.

II. L’organisation du contrôle parlementaire

1. La définition du Contrôle Parlementaire

Le contrôle parlementaire est un mécanisme essentiel dans un système


démocratique, où le pouvoir est réparti entre différentes branches du
gouvernement. Il englobe plusieurs dimensions cruciales qui contribuent à la
supervision, à l'évaluation et à la sanction des actions du gouvernement.

Cette définition est complète car elle met en évidence les trois dimensions
essentielles du contrôle parlementaire :

 Exercice de la Surveillance

3
Le contrôle parlementaire implique une surveillance active et continue des
activités du gouvernement par le parlement. Les représentants élus jouent un rôle
de vigie en examinant attentivement les politiques, les décisions et les actions de
l'exécutif. Cette surveillance vise à assurer la transparence, à identifier d'éventuels
abus de pouvoir et à maintenir l'intégrité du processus décisionnel.

 Évaluation et Sanction

Une composante clé du contrôle parlementaire réside dans l'évaluation critique


des politiques gouvernementales. Les parlementaires ont la responsabilité
d'analyser en profondeur les implications sociales, économiques et politiques des
actions gouvernementales. En cas de lacunes ou d'inefficacités identifiées, le
parlement est habilité à prendre des mesures correctives, y compris l'application
de sanctions.
Le Parlement marocain est l'institution législative du Royaume du Maroc.
Selon l'article 60 de la Constitution Marocaine 2011 : Le Parlement est composé
de deux Chambres, la Chambre des Représentants et la Chambre des Conseillers.
Leurs membres tiennent leur mandat de la Nation. Leur droit de vote est
personnel et ne peut être délégué.
L'opposition est une composante essentielle des deux Chambres. Elle participe aux
fonctions de législation et de contrôle telles que prévues, notamment dans le
présent titre

2. Les composants du parlement marocain

2.1 La chambre des représentants :

La Chambre des Représentants du Parlement marocain occupe une position


centrale dans la démocratie du pays en tant que l'une des deux chambres
parlementaires, aux côtés de la Chambre des Conseillers. Élue au suffrage
universel direct pour un mandat de cinq ans, la Chambre des Représentants
exerce des fonctions législatives, de contrôle de l'exécutif, et de représentation
des intérêts des citoyens, consolidant ainsi son rôle pivot dans le système
démocratique marocain.
Sur le plan législatif, la Chambre des Représentants, en tant que chambre basse du
Parlement, occupe une position prépondérante dans l'élaboration des lois. Elle
assume la responsabilité d'examiner, d'amender et de voter sur tous les projets de

4
lois présentés par le gouvernement. En outre, elle détient des pouvoirs significatifs
pour influencer le processus législatif, pouvant rejeter, modifier ou renvoyer les
projets de loi au gouvernement, et même initier des projets de loi elle-même.
Au-delà de son rôle législatif, la Chambre des Représentants exerce un contrôle
essentiel sur l'exécutif. Les membres du gouvernement sont tenus responsables
devant le Parlement, où la Chambre des Représentants peut poser des questions,
engager des débats, et voter sur des motions de censure si nécessaire. Elle dispose
ainsi de pouvoirs substantiels pour influencer la conduite de l'exécutif, y compris
la possibilité de renverser le gouvernement par le biais d'une motion de censure.
Un principe fondamental de la Chambre des Représentants est de garantir une
représentation pluraliste, reflétant les diverses opinions et intérêts de la
population marocaine. Les partis politiques jouent un rôle central dans ce
processus en présentant des candidats lors des élections, et la composition de la
Chambre comprend des membres de divers partis politiques, chacun représentant
une gamme variée de perspectives. Cela contribue à assurer que les lois résultent
d'un processus démocratique inclusif, prenant en compte les intérêts de
l'ensemble de la société.
En constante évolution, la Chambre des Représentants a subi des réformes
constitutionnelles récentes au Maroc. Ces réformes visent à renforcer le rôle du
Parlement, à accroître la participation citoyenne, et à promouvoir les valeurs
démocratiques. Ainsi, la Chambre des Représentants, en tant qu'institution
dynamique, joue désormais un rôle central accru dans la vie politique marocaine,
consolidant son statut d'acteur incontournable de la démocratie dans le pays.

2.2 La chambre des conseillers :

La Chambre des Conseillers du Parlement marocain, conjointement avec la


Chambre des Représentants, forme le système bicaméral du pays, jouant un rôle
crucial dans le panorama démocratique marocain. Également élue au suffrage
universel direct pour un mandat de cinq ans, la Chambre des Conseillers assume
des responsabilités distinctes mais complémentaires au sein du processus
parlementaire.
En tant qu'institution législative, la Chambre des Conseillers contribue activement
à l'élaboration des lois au Maroc. En tant que chambre haute du Parlement, elle
complète le processus législatif en examinant attentivement les projets de loi, en
les amendements au besoin, et en votant pour les adopter. Son rôle est crucial
dans l'assurance d'une législation équilibrée et bien conçue.

5
Parallèlement à son rôle législatif, la Chambre des Conseillers exerce une fonction
de représentation territoriale. Ses membres sont élus à travers les régions du
Maroc, garantissant une représentation territoriale équitable. Cette dimension
renforce la démocratie en permettant une prise en compte des spécificités
régionales dans le processus législatif.
La Chambre des Conseillers participe également au contrôle de l'exécutif. Les
membres du gouvernement sont tenus de rendre des comptes devant cette
chambre, où des questions peuvent être posées, des débats menés, et des
motions de censure votées si nécessaire. Par conséquent, la Chambre des
Conseillers détient une autorité significative dans le contrôle des actions du
gouvernement.
Un principe fondamental de la Chambre des Conseillers est de favoriser la
représentativité et la participation de la société civile. Les conseils régionaux
élisent une partie des membres de cette chambre, favorisant une diversité
d'opinions et d'expériences. Cela contribue à la formulation de politiques qui
prennent en compte les besoins spécifiques de différentes régions du Maroc.
Comme la Chambre des Représentants, la Chambre des Conseillers est également
le sujet de réformes constitutionnelles récentes visant à renforcer la démocratie
et à accroître l'efficacité du Parlement. Ces réformes témoignent de l'évolution
constante des institutions parlementaires au Maroc, affirmant leur rôle central
dans la démocratie en expansion dans le pays. Ainsi, la Chambre des Conseillers
demeure un pilier essentiel du paysage politique marocain, contribuant de
manière significative à la vitalité et à l'efficacité du système démocratique.

3. Comment les citoyens élisent leurs représentants ?

Les citoyens marocains peuvent élisent leurs représentants par :


Le suffrage universel direct : Est considéré comme le système électoral le plus
démocratique, car il permet à tous les citoyens de participer au processus
électoral. Il garantit également une représentation plus fidèle de la volonté du
peuple.
Le scrutin indirect : Est un mode de suffrage dans lequel les électeurs ne
choisissent pas directement les personnes qu'ils souhaitent voir élues, mais élisent
des personnes qui font ce choix.
Le scrutin de liste à la proportionnelle : Est un système électoral dans lequel les
électeurs votent pour une liste de candidats, sans pouvoir hiérarchiser leurs choix.

6
4. Les Sessions du Parlement marocain :

Selon l’article 73 de la Constitution Marocaine 2011 : Le Parlement marocain siège


pendant deux sessions par an, une session ordinaire et une session extraordinaire.
Les sessions du Parlement marocain sont des moments essentiels de la
démocratie au royaume, où les représentants élus se réunissent pour débattre et
prendre des décisions sur des questions nationales. Ces périodes définissent le
calendrier parlementaire, offrant des occasions cruciales pour discuter des enjeux,
examiner les politiques et influencer l'avenir du Maroc.
Chaque session est une opportunité unique pour les membres du Parlement de
collaborer et de contribuer à l'évolution de la démocratie marocaine. C'est lors de
ces rencontres que des débats passionnés et des décisions clés façonnent le
paysage politique du Maroc.
 La session ordinaire :
La session ordinaire commence le deuxième vendredi d'octobre et se termine le
deuxième vendredi d'avril. Elle a donc une durée de six mois.
La session ordinaire est ouverte par le Roi, qui prononce un discours sur l'état de
la nation. Le Roi peut également prononcer un discours à la clôture de la session.
Au cours de la session ordinaire, le Parlement vote les lois, contrôle l'action du
gouvernement et approuve le budget.
 La session extraordinaire :
La session extraordinaire peut être convoquée par le Roi, soit à sa propre
initiative, soit à la demande du tiers des membres de la Chambre des
Représentants ou de la majorité de ceux de la Chambre des Conseillers.
La session extraordinaire se tient sur la base d'un ordre du jour déterminé.
Lorsque cet ordre du jour est épuisé, la session est close par décret.
 Les dates et durées des sessions du parlement :
 La session ordinaire
Sa date : Deuxième vendredi d'octobre au deuxième vendredi d'avril
Sa durée : Six mois
 La session extraordinaire

7
Sa date : Convoquée par le Roi, sur proposition du gouvernement ou de la
majorité des membres de l'une des deux chambres.
Sa durée : Au maximum quinze jours

5. Les réunions communes du Parlement :

Selon l’article 68 de la constitution marocaine 2011 : Le Parlement tient des


réunions communes de ses deux Chambres, en particulier dans les cas suivants :

 L’ouverture par le Roi de la session parlementaire :

L’ouverture de la session parlementaire est un moment important dans la vie


politique marocaine. C’est l’occasion pour le Roi de s’adresser au Parlement et de
présenter ses priorités pour l’année à venir. Le Roi est le chef de l’État et le
symbole de l’unité nationale. Son discours est donc suivi avec attention par
l’ensemble de la population.

 L’adoption de la révision de la Constitution :

La Constitution est la loi fondamentale du Maroc. Elle définit les pouvoirs des
institutions, les droits et libertés des citoyens, et les principes de la vie politique.
La révision de la Constitution est un processus important qui nécessite l’accord
des deux Chambres du Parlement.

 Les déclarations du Chef du Gouvernement :

Le Chef du Gouvernement est le responsable de l’exécutif. Il est chargé de mettre


en œuvre la politique définie par le Roi. Il est tenu de rendre compte de son action
devant le Parlement. Les déclarations du Chef du Gouvernement sont l’occasion
pour lui de présenter ses priorités et de répondre aux questions des
parlementaires.

 La présentation du projet de loi de finances de l’année :

La loi de finances est le texte qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour
l’année à venir. Elle est présentée par le gouvernement au Parlement et doit être
approuvée par les deux Chambres. La présentation du projet de loi de finances est
l’occasion pour le gouvernement de présenter sa stratégie économique et sociale
pour l’année à venir.

8
 Les discours des Chefs d’Etat et de gouvernement étranger :

Les discours des Chefs d’État et de gouvernement étranger sont l’occasion pour
eux de s’adresser au Parlement et de présenter leurs positions sur des questions
d’intérêt national ou international. Ces discours sont souvent suivis d’un débat
entre les parlementaires.

6. Le rôle du parlement marocain :

Selon la Constitution marocaine de 2011 : Le Parlement marocain, en tant


qu'organe législatif du pays, joue un rôle fondamental dans :

 Adoption des Lois : Le Parlement marocain est l'organe législatif principal


du pays, ce qui lui confère un rôle central dans l'adoption des lois. Les
membres du Parlement, composés de la Chambre des Représentants et de
la Chambre des Conseillers, participent activement à l'élaboration, à
l'examen et au vote sur les projets de loi. Ces lois peuvent couvrir un large
éventail de domaines, de la réglementation économique à la protection des
droits fondamentaux, contribuant ainsi à définir le cadre juridique du
Maroc.
 Contrôle de l'Action du Gouvernement : Outre son rôle législatif, le
Parlement marocain exerce un pouvoir important de contrôle sur l'action
du gouvernement. Les membres du gouvernement sont tenus de rendre
des comptes devant le Parlement, en particulier lors de sessions dédiées
aux questions et aux débats. Ce mécanisme de contrôle garantit que
l'exécutif agit en conformité avec les intérêts et les valeurs du peuple
marocain.
 Approbation du Budget : Une des fonctions majeures du Parlement est
l'approbation du budget national. Les membres du Parlement participent à
l'examen approfondi des propositions budgétaires, s'assurant que les
dépenses gouvernementales sont alignées sur les priorités nationales et les
besoins de la population. L'approbation du budget par le Parlement est un
élément clé du contrôle financier exercé par les représentants élus.
 Représentation du Peuple : Le Parlement marocain est le reflet de la
volonté populaire, agissant en tant qu'organe de représentation du peuple.
Les membres sont élus par le suffrage universel direct, ce qui signifie qu'ils
sont choisis par la population pour les représenter. Cela confère au
Parlement la légitimité nécessaire pour agir au nom du peuple marocain,

9
assurant ainsi que les décisions prises sont ancrées dans la diversité des
opinions et des besoins de la société.

7. Les outils du contrôle parlementaire

Le Parlement exerce le contrôle par des moyens variés. Ce contrôle est


principalement exercé individuellement, par les questions des parlementaires, et
institutionnellement, par les commissions.
Le Parlement contrôle le gouvernement principalement par des moyens
d’information et d’investigation ainsi que par la mise en jeu de sa responsabilité.

7.1 Les moyens d’information :

 Les questions posées au gouvernement


La possibilité pour les parlementaires de poser des questions au gouvernement ou
au Chef du gouvernement est prévue par la Constitution marocaine, qui prévoit
dans son article 100 « qu’une séance par semaine est réservée dans chaque
Chambre par priorité aux questions des membres de celle-ci et aux réponses du
gouvernement ». Le gouvernement doit donner sa réponse dans les 20 jours
suivant la date à laquelle il a été saisi de la question. Les conditions dans lesquelles
sont publiées les questions ainsi que les réponses du gouvernement sont fixées
par l’article 259 du règlement intérieur de la Chambre des représentants (RI, CHR).
Les réponses aux questions de politique générale sont données par le chef du
gouvernement. Une séance par mois est réservée, en accord avec le
gouvernement, à ces questions et les réponses y afférentes sont présentées
devant la Chambre concernée dans les 30 jours suivant la date de leur
transmission au chef du Gouvernement ». Tout représentant peut adresser des
questions écrites ou orales au Chef du gouvernement sur la politique générale et
aux ministres sur les politiques sectorielles du gouvernement (art.258 du RI, CHR).
Tous les ministres peuvent être interrogés, par les représentants de la majorité
comme par ceux de l’opposition.
Dans le règlement intérieur de la Chambre des représentants, on distingue 5
catégories de questions que l’on peut regrouper en deux catégories : les questions
écrites dont la réponse est toujours donnée par écrit et les questions orales,
formulées par écrit, parmi lesquelles on distingue les questions orales que l’on
peut qualifier sans débat, les questions orales avec débat, les questions d’actualité

10
et les questions orales mensuelles adressées au Chef du gouvernement sur la
politique générale.
 Les questions écrites, consacrées à des questions d’ordre régional ou local ;
 Les questions orales, qui consistent à interroger un ministre sur un sujet
d’ordre national ;
 Les questions orales avec débat, occasions de longues discussions sur un
thème précis ;
 Les questions d’actualité, sur des sujets ponctuels urgents qui préoccupent
l’opinion publique nationale et nécessitent des éclaircissements de la part
du gouvernement ;
 Les questions orales mensuelles adressées au Chef du gouvernement sur la
politique générale.
Les conditions de recevabilité des questions
L’article 258 du règlement intérieur de la Chambre des représentants précise les
conditions de recevabilité des questions.
Concernant la forme : elles doivent porter sur un seul sujet, être adressées par
écrit au Président de la Chambre et porter la signature de son auteur (art. 259 RI,
CHR) ;
Concernant le fond : elles ne peuvent être destinées à servir un intérêt personnel
ou comporter des accusations personnelles à l’égard des ministres auxquels elles
sont adressées. Ainsi, sont irrecevables :
o Les questions qui portent sur plusieurs sujets ;
o Les questions relatives à des cas personnels ;
o Les questions qui comportent des accusations personnelles (à l’égard des
ministres auxquels elles sont adressées).
 Les questions écrites
Prévue par la Constitution et le règlement intérieur de la Chambre des
représentants (art. 276)
Les questions écrites sont posées par un parlementaire à un ministre ; seules
celles qui portent sur la politique générale du gouvernement sont posées au Chef
du gouvernement. Les questions écrites sont rédigées, notifiées et publiées dans
les mêmes conditions que les questions orales. Elles peuvent être déposées
pendant ou en dehors des sessions.

11
Au début de la séance consacrée aux questions orales, le Président annonce le
nombre de questions écrites reçues, le nombre de questions ayant obtenu une
réponse et celles restées sans réponse après expiration des délais prévus à l’article
100 de la Constitution.
A la fin de chaque session, le bureau de la Chambre discute la situation des
questions qui n’ont pas reçu de réponses et établit un rapport. Les questions
écrites et les réponses des membres du gouvernement font l’objet d’une
publication au bulletin officiel du Parlement (art. 277 du règlement intérieur de la
Chambre des représentants).
 Questions orales hebdomadaires
La procédure spontanée de contrôle consiste à interroger le gouvernement.
Prévues par l’article 261 du règlement intérieur de la Chambre des représentants,
les questions orales sont posées par un représentant (ou l’un des représentants
qui en sont signataires) à un ministre, ce qui interdit toute question collective.
Elles consistent à interroger un ministre sur un sujet d’ordre national.
C’est le bureau de la Chambre qui précise les conditions de dépôt, de notification
et de publication des questions orales. De même, il établit un ordre du jour des
questions hebdomadaires, comprenant les questions orales, les questions
d’actualité et les questions suivies d’un débat.
 Questions orales avec débat
Conformément aux dispositions de l’article 268 du règlement intérieur de la
Chambre des représentants, les députés peuvent poser à un membre du
gouvernement des questions orales portant sur un sujet précis et suivies d’un
débat.
 Questions d’actualité
Selon le règlement de la Chambre des représentants, les questions d’actualité
doivent être en liaison avec l’actualité. Ces questions mettent en évidence des
sujets présentant un caractère d’urgence et susceptibles d’intéresser l’opinion
publique. Cette procédure est une prérogative reconnue à chaque député. En
effet, tout représentant peut, pendant les sessions ordinaires, poser des questions
d’actualité sur des sujets ponctuels urgents qui préoccupent l’opinion publique
nationale et nécessitent des éclaircissements de la part du gouvernement (art. 269
du règlement intérieur de la Chambre des représentants).

12
Les questions d’actualité adressées aux ministres sont formulées par écrit et
déposées au bureau de la Chambre des représentants qui en juge la recevabilité ;
elles ne peuvent dépasser 3 questions, deux minutes étant allouées à chaque
question et la même durée au gouvernement. Il convient d’observer que les
questions d’actualité sont appelées en priorité. Un inventaire des questions est
mis à la disposition des représentants sur le site web de la Chambre.
 Questions orales mensuelles adressées au Chef du gouvernement sur la
politique générale
Une séance par mois est réservée, selon l’article 100C et 278 à 283 du règlement
intérieur de la Chambre des représentants aux questions relatives à la politique
générale, adressées au Chef du gouvernement, qui doit apporter ses réponses
dans les 30 jours suivant la date de leur transmission.
Ces questions se tiennent en séance plénière le même jour que ceux consacrés à
la séance hebdomadaire de questions orales sauf accord avec le gouvernement de
fixer un autre jour. Elles se rapportent aux politiques publiques telle la santé, la
régionalisation, la déconcentration administrative, la situation des marocains
résidant à l’étranger, ainsi qu’au bilan d’étape du gouvernement dans les
domaines économiques, social et culturel.

7.2 Les moyens d’investigation

Le Parlement possède certains pouvoirs d’investigation lui permettant de


contrôler l’efficacité de la gestion publique. Ces pouvoirs sont principalement
exercés par :
 La commission des finances et du développement économique ;
 Les missions d’information exploratoires ;
 Les auditions ;
 Les commissions d’enquête ;
 La discussion et l’évaluation des politiques publiques ;
 La commission des finances
Structure de la commission des finances
Les parlementaires présents au sein de la commission des finances sont, en
général, des spécialistes des questions budgétaires et financières. A la Chambre
des représentants, la commission des finances comprend 44 députés. Elle élit en
son sein, en début de législature, puis au cours de sa troisième année lors de la
session d’avril et pour la période restant à courir de ladite législature, les membres

13
de son bureau qui comprend : un président qui est un membre de la majorité, 4
vice-présidents, un rapporteur, un rapporteur-adjoint et des secrétaires.
Le président, élu en plénière, dispose des mêmes compétences que les autres
présidents de commissions permanentes, avec cependant des attributions
spécifiques en relation avec les particularités de la procédure budgétaire. Il
dispose de prérogatives et de droits étendus dans les faits :
Il a autorité pour convoquer toute personne jugée utile pour des auditions :
ministres, responsables des administrations et des établissements et entreprises
publics, en présence et sous la responsabilité des ministres dont ils relèvent ;
Il peut accéder à tout document d’ordre financier et administratif ;
Il peut saisir la Cour des comptes pour des demandes d’informations ou
d’enquêtes (art.148C).
Le rapporteur général
L’autorité technique de la Chambre des représentants en matière budgétaire. Il
est chargé de rédiger un rapport sur le projet de loi de finances. Ce rapport,
composé de deux parties, est un document précieux pour l’information des
parlementaires : d’une part, il retrace une analyse globale du budget préparé par
le gouvernement, et d’autre part une analyse précise et détaillée, technique mais
également critique.
Attributions et moyens de la commission des finances
Au Maroc, la mission de contrôle de la commission des finances n’est décrite ni
par la LOF, ni par le règlement intérieur de la Chambre des représentants. Mais
dans la pratique, la commission des finances exerce un rôle spécifique de contrôle
du budget de l’Etat pour vérifier si le gouvernement respecte les autorisations
budgétaires qui lui ont été accordées.
La mission de la commission des finances de la Chambre des représentants
1. Procéder à des investigations sur pièces et sur place, ou à des auditions,
auxquelles les personnes convoquées sont tenues de se présenter ;
2. Demander la communication de renseignements ou de documents d’ordre
financier et administratif, sous réserve des sujets à caractère secret ;
3. Bénéficier de l’assistance de la Cour des comptes.
pendant l’exécution de la loi de finances, la commission des finances de la
Chambre des représentants (Chambre basse) dispose de moyens d’informations
14
variés qu’on peut classer en deux catégories : d’une part, les informations écrites
qui concernent les documents d’accompagnement des projets des lois de
finances et des budgets ministériels prévus aux articles 48 et 39 de la LOF).d’autre
part, les informations orales qui ont pour but de compléter les informations
écrites et qui sont recueillies à la suite d’auditions organisées par les commissions
des finances et par les différents ministres dépensiers
 Missions d’information exploratoires
L’article 107 du règlement intérieur de la Chambre des représentants prévoit la
possibilité pour les commissions permanentes de créer des missions
d’information exploratoires, à la demande de leurs présidents et après accord de
leur bureau, d’un président de groupe ou d’un tiers des membres de la
commission. De telles missions sont créées pour étudier les conditions et
modalités d’application d’une loi, un sujet concernant la société ou se rapportant
à l’une des activités du gouvernement, des administrations et institutions, des
entreprises publiques.
Les travaux des missions d’information comprennent des auditions et
éventuellement des déplacements au Maroc et à l’étranger.
Elles se concluent par la présentation d’un rapport d’information qui est :
1. Transmis au bureau de la Chambre en même temps qu’il est remis à la
commission concernée, dans un délai n’excédant pas 60 jours à compter de la fin
de la mission ;
2. Discuté au sein de la commission, le gouvernement étant invité à assister à la
discussion ;
3. Transmis, accompagné du rapport de la mission d’information, au bureau de la
Chambre qui l’examine et le soumet à la séance publique en vue de sa discussion.
 Les auditions
Les commissions permanentes du Parlement marocain peuvent procéder à
l'audition des responsables des administrations et des établissements et
entreprises publics. Ces auditions ont pour objectif de recueillir des informations
sur des sujets relevant de la compétence des commissions.
Procédure
La demande d'audition est adressée par le président de la commission concernée
au président de la Chambre concernée, qui la transmet au Chef du gouvernement.

15
La demande doit mentionner l'objet de l'audition et les responsables à
auditionner.
La date et les modalités de la séance d'audition sont fixées d'un commun accord
entre le président de la commission parlementaire et l'autorité gouvernementale
chargée des relations avec le Parlement.
Obligation de présence
La présence du membre du gouvernement et des responsables concernés à la
séance d'audition est obligatoire. Cette obligation ne s'applique pas aux missions
d'information exploratoires.
 Les commissions d’enquête
Aux termes de l’article 67C de 2011 et de la loi organique du 31 juillet 2014, les
commissions d’enquête parlementaires « sont créées pour recueillir des éléments
d’information sur des faits déterminés ou sur la gestion des services, entreprises
et établissements publics, et soumettre leurs conclusions à la Chambre qui les a
créées ».
Les commissions d’enquête répondent ainsi au souci d’effectivité du contrôle
qu’exerce le Parlement sur le gouvernement et sur les entreprises et
établissements publics. Elles se distinguent des missions d’information qui
émanent des commissions permanentes et sont dépourvues de moyens coercitifs
des commissions d’enquête
La création d’une commission d’enquête relève de l’initiative Royale ou
parlementaire et prend ses décisions à la majorité des voix des membres présents.
Les commissions d’enquête peuvent être créées soit :
o À l’initiative du Roi ;
o Ou à la demande du 1/3 des membres de la CHR ;
o Ou à la demande du 1/3 des membres de la CHC ;
 L’évaluation des politiques publiques
Notion nouvelle pour le Parlement marocain, l’évaluation vise conformément au
règlement intérieur de la Chambre des représentants, à réaliser des enquêtes et
analyses précises pour prendre connaissance de la réalisation des politiques et
programmes publics et à mesurer l’impact sur les politiques concernées et sur la
société. Elle vise également à évaluer le niveau de réalisation des objectifs prévus
et à faire des recommandations pour améliorer les politiques publiques

16
Conformément à l’article 70C, le Parlement évalue les politiques publiques. Le
Parlement doit à ce titre, tenir une séance annuelle relative à la discussion et à
l’évaluation des politiques publiques, conformément à l’article 101C.

7.3 Outils de contrôle à caractère de sanction

Il existe au Maroc d’autres moyens à caractère de sanction. Deux procédures sont


définies par la Constitution destinées à vérifier si le gouvernement possède
toujours la confiance de la Chambre des représentants : l’une est mise en œuvre à
l’initiative du Chef de gouvernement (art. 103C), l’autre à l’initiative de la Chambre
des représentants (art.105C).
- L’engagement de la responsabilité du gouvernement :

L'engagement de la responsabilité du gouvernement est une procédure


constitutionnelle qui permet au gouvernement de vérifier s'il bénéficie toujours de
la confiance de la Chambre des représentants. Elle peut être posée par le Chef du
gouvernement sur une déclaration de politique générale ou sur le vote d'un texte.

Procédure

La procédure d'engagement de la responsabilité du gouvernement est la suivante :

-Le Chef du gouvernement pose la question de confiance devant la Chambre des


représentants.

-La Chambre des représentants débat de la question de confiance pendant 24


heures au maximum.

-Un vote a lieu trois jours francs après la pose de la question de confiance.

La confiance ne peut être refusée ou le texte rejeté qu'à la majorité absolue des
membres composant la Chambre des représentants. En cas de refus de confiance,
le gouvernement démissionne collectivement.

- Le dépôt d’une motion de censure à l’initiative de la Chambre des


représentants

La Chambre des représentants peut mettre en cause la responsabilité du


gouvernement par le vote d’une motion de censure. C’est un moyen de contrôle
dont dispose le Parlement pour montrer son désaccord envers la politique du

17
Gouvernement, il peut l’amener à démissionner en cas de vote favorable de la
motion. Pour être recevable, celle-ci doit être signée par 1/5 au moins des
membres, conformément aux dispositions de l’art.105C

III. Loi de règlement

1. Autour de la loi de règlement

1.1 Définition de la loi de règlement

La loi de règlement est une étape du processus budgétaire dans certains systèmes
politiques
La loi de règlement est un instrument juridique qui permet de constater et de
rendre compte de l'exécution du budget de l'État pour une période donnée.
La loi de règlement intervient après la clôture de l'exercice budgétaire.
Elle constate l'ensemble des opérations budgétaires de l'exercice écoulé, tant du
point de vue des recettes que des dépenses.
Selon Article 65 (LOLF)… Le PLR (Le projet de loi de règlement de la loi de finance)
est déposé annuellement, en priorité sur le bureau de la chambre des
représentants au plus tard, à la fin du premier trimestre du deuxième exercice qui
suit celui de l’exécution de la loi de finances concernée
o La Question qui se pose c’est qui prépare la loi de règlement au Maroc et
quel est le processus de la préparation ?
 Qui prépare la loi de règlement ?
Au Maroc, la loi de règlement est préparée par le ministère de l'Économie et
des Finances.
 Quel est le processus de préparation ?
1. Clôture de l'exercice budgétaire : c’est-à-dire toutes les dépenses et les
recettes sont enregistré.
2. Compilation des Données Financières : c’est-à-dire la direction du budget
compile les données financières de l’ensemble de l’administration publique
marocain cela inclus les dépenses ministérielles, les recettes fiscales, les
transferts entre les différents ministère etc…
3. Vérification des Comptes : c’est-à-dire une vérification des comptes est
effectuée pour garantir leur exactitude cela peut impliquer une évaluation
interne ainsi qu’un audit externe mené par la cour des comptes

18
4. Rapport de Synthèse : le rapport de synthèse est préparé ; ce rapport
comprend généralement les analyses financières, des explications des
écarts entre les prévisions budgétaires et les résultats réel, et les
commentaires sur la performance globale
5. Examen Parlementaire : c’est-à-dire le rapport de synthèse est présenté au
parlement les membres qui peuvent examiner les comptes, poser des
questions aux représentants du gouvernement et débattre des résultats
financiers
6. Révisions et Rectifications : si des erreurs ou des anomalies sont identifié
lors de l’examen parlementaire des révisions et des rectifications peut être
apporté aux comptes
7. Adoption par le Parlement : une fois le parlement est satisfait la loi de
règlement est soumise à l’approbation parlementaire
8. Publication et Communication : l’approbation de la loi de règlement et les
résultats financière sont publié au public

1.2 L’intervention de la loi de règlement

Élaboration de la Loi de Règlement : La loi de règlement est une étape


importante après la clôture de l'exercice budgétaire. Elle vise à régulariser et
d’approuver les comptes de l'État en ajustant les prévisions budgétaires aux
dépenses et aux recettes réelles. Cela peut conduire à des ajustements, des
transferts entre les différentes lignes budgétaires, et à l'approbation des
comptes de l'État
Approbation de la Loi de Règlement : La loi de règlement doit être approuvée
par le parlement ou l'organe législatif compétent. Une fois adoptée, elle
permet de clore définitivement l'exercice budgétaire concerné
Publication : Une fois adoptée, la loi de règlement est publiée au Journal
officiel ou dans d'autres documents officiels. Elle devient ainsi une loi formelle.

1.3 Le rôle de la loi de règlement

1. Vérification de l'Exécution Budgétaire : La loi de règlement permet


d'évaluer dans quelle mesure l'exécution budgétaire a respecté les
prévisions établies dans le budget initial approuvé par le Parlement. Elle
met en évidence les écarts entre les prévisions et la réalité.
2. Contrôle Parlementaire : En présentant les comptes de l'État au Parlement,
la loi de règlement offre aux législateurs la possibilité de contrôler et

19
d'évaluer rétroactivement la gestion des finances publiques. Cela renforce
la responsabilité du gouvernement envers le Parlement et, par extension,
envers le public.
3. Communication de l'Information Financière : La loi de règlement contribue
à la transparence financière en fournissant des informations détaillées sur
l'utilisation des fonds publics. Cela permet au public de comprendre
comment l'argent a été dépensé et comment les recettes ont été générées.
4. Gestion de la Dette Publique : Dans certains cas, la loi de règlement peut
également aborder des questions liées à la gestion de la dette publique,
notamment en approuvant les remboursements de dettes et en évaluant la
soutenabilité de la dette.
5. Approbation des Comptes : La loi de règlement approuve officiellement les
comptes de l'État pour l'exercice budgétaire écoulé. Cela inclut la validation
des dépenses effectuées et des recettes perçues au cours de cette période.

2. LE CONTROLE DE L’EXECUTION DU BUDGET DE L’ETAT

2.1 Le contrôle du Parlement en cours d’exécution :

 Le contrôle parlementaire se fait à 2 niveaux : un contrôle en cours


d'exécution et un contrôle après exécution.
Le contrôle en cours d'exécution est essentiellement exercé par la
Commission Economique et Financière de l'Assemblée Nationale qui peut
être saisie des irrégularités constatées dans le contrôle périodique.
La Mission d’évaluation et de contrôle :

1. Suivi des Dépenses : Les organes responsables du contrôle budgétaire


examinent régulièrement les dépenses engagées par les différents
départements et ministères pour garantir qu'elles respectent les allocations
budgétaires établies.
2. Respect des Procédures : Le contrôle en cours d'exécution vise également à
s'assurer que toutes les procédures administratives et légales sont suivies
dans le processus de dépense. Cela inclut la conformité aux règlements en
vigueur et l'obtention des autorisations nécessaires.
3. Ajustements Budgétaires : Si nécessaire, des ajustements peuvent être
proposés au cours de l'exécution du budget pour refléter des changements
de circonstances ou des besoins imprévus. Ces ajustements doivent
généralement être approuvés par les autorités compétentes.

20
4. Évaluation des Recettes : Le contrôle ne se limite pas aux dépenses ; il
englobe également l'évaluation des recettes publiques pour s'assurer
qu'elles correspondent aux prévisions budgétaires.
5. Rapports Réguliers : Les résultats du contrôle en cours d'exécution sont
généralement présentés sous forme de rapports réguliers aux autorités
compétentes. Ces rapports permettent une transparence accrue et offrent
la possibilité de prendre des mesures correctives si nécessaire.
6. Gestion des risques : Le contrôle en cours d'exécution du budget vise
également à identifier et à atténuer les risques potentiels liés à la gestion
financière de l'État. Cela peut inclure des risques liés à la volatilité des
recettes, des dépenses imprévues ou d'autres facteurs externes.
7. Performance et résultats : En plus de surveiller les aspects financiers, le
contrôle en cours d'exécution peut également évaluer la performance des
programmes et des projets financés par le budget. Cela permet de mesurer
les résultats obtenus par rapport aux objectifs fixés.
8. Responsabilité : Le contrôle en cours d'exécution renforce la responsabilité
des gestionnaires publics en matière de gestion financière. Les personnes
responsables de la gestion des fonds publics sont tenues de rendre compte
de manière appropriée de leurs actions et de leurs résultats.

2.2 Le contrôle parlementaire en fin d’exécution : la loi de règlement

1. Contrôle parlementaire : La loi de règlement est un moyen par lequel le


Parlement exerce son contrôle sur l'exécution du budget de l'État. Elle
permet aux parlementaires d'évaluer la gestion des finances publiques, de
s'assurer de la légalité des dépenses engagées et de vérifier la conformité
des opérations avec les autorisations budgétaires.
2. Rapport de la Cour des comptes : Avant l'adoption de la loi de règlement, la
Cour des comptes (ou un organe similaire) effectue un audit des comptes
de l'État. Elle examine la régularité, la sincérité et la fidélité des comptes de
l'État et émet un rapport sur ses observations et recommandations.
3. Contenu de la loi de règlement : La loi de règlement comporte
généralement plusieurs éléments, dont le compte général de l'État, les
résultats de l'exécution budgétaire, les opérations de recettes et de
dépenses, les soldes budgétaires, les éventuels excédents ou déficits
constatés, et d'autres informations pertinentes sur la gestion financière de
l'État.
4. Vote parlementaire : Une fois que le Parlement a examiné les rapports de
la Cour des comptes et les documents relatifs à l'exécution budgétaire, il
21
vote la loi de règlement. Celle-ci peut être adoptée avec ou sans
amendements, selon les constatations et les recommandations formulées.

 En ajustant les prévisions budgétaires aux dépenses et aux recettes réelles


1.Régularisation : Identifiez les écarts entre les prévisions initiales et les résultats
réels
[Link] des écarts : Analysez les écarts pour comprendre les raisons sous-
jacentes
3.Révisions budgétaires : Pour inclure des ajustements des prévisions et pour
refléter plus précisément les conditions financières actuelles
4.Réévaluation des priorités : En cas de changements significatifs dans l'économie
ou d'événements imprévus, réévaluez les priorités budgétaires
[Link] des programmes et des projets : Réexaminez les programmes et les
projets en cours pour évaluer leur efficacité et leur pertinence
[Link] avec les experts : Consultez des experts financiers et économiques
pour obtenir des conseils sur les ajustements budgétaires
[Link]é : Maintenez un suivi continu des dépenses et des recettes tout au
long de l'exercice budgétaire, en apportant des ajustements au besoin
Attention
Si un État n'a pas adopté une loi de règlement sur son budget conformément aux
procédures et aux délais prévus, cela peut avoir diverses conséquences :
 Instabilité financière
 Difficultés pour obtenir des financements
 Sanctions légales

IV. Les limites du contrôle politique

Le contrôle politique est un mécanisme essentiel de la démocratie. Il permet au


Parlement de contrôler l'action de l'Exécutif et d'assurer la responsabilité des
gouvernants devant le peuple.
Le Maroc a connu une évolution significative de son système politique depuis
l'adoption de la Constitution de 2011, qui a instauré un régime parlementaire.
Cette évolution a été accompagnée d'un renforcement des pouvoirs du
Parlement, notamment en matière de contrôle politique de l'Exécutif.

22
Cependant, en pratique, le contrôle politique exercé par le Parlement marocain
reste encore limité. Cela s'explique par plusieurs facteurs.
 Le Maroc ne dispose d’aucun mécanisme indépendant de contrôle
et d’évaluation des politiques publiques :
A l’exception de la Cour des Comptes, dont les moyens demeurent limités et la
marge de manœuvre restreinte, aucun organe indépendant de l’exécutif n’existe
pour évaluer les différentes politiques publiques mises en œuvre. Or, il s’agit là
d’un élément essentiel de contrôle et surtout de validation de retour
d’expérience : les bonnes pratiques imposent de mettre en œuvre avant
l’application d’une politique publique donnée, les indicateurs de succès adéquats
et en cas de non atteinte de ces objectifs, de diligenter les missions d’enquête
idoines pour en tirer les leçons qui s’imposent. A ce titre, il est flagrant de noter
que le Maroc demeure à la traîne en la matière, bien en deçà de nombreux
autres pays en développement comme l’Afrique du Sud par exemple ou encore
notre voisin tunisien. Dans le système politique marocain, qui ne favorise pas la
responsabilisation des décideurs politiques, une instance rigoureuse et,
indépendante dotée des moyens nécessaires d’évaluation des politiques
publiques est une nécessité dont le pays ne peut se passer.
 L’instrumentalisation de l’institution royale pour éviter le débat :
La tendance actuelle chez les décideurs publics, est de présenter
directement au roi des politiques publiques (sous l’appellation de " plans " ou
" stratégies ") pour avoir son aval. Cependant, ceci ne respecte pas le
processus institutionnel qui voudrait que le projet de politique publique passe
devant le Conseil des ministres, que le roi préside. Ainsi, le pouvoir et
l’autorité de l’institution royale, de jure comme de facto, tient lieu de gage des
politiques publiques et empêche de fait tout débat, toute proposition
d’amélioration, tout apport critique extérieur.
 L’obsolescence de moyens de contrôle :
Le contrôle en cours d’exécution du budget effectué par la commission des
finances et du développement économique n’a pas été rénové ni clairement
défini par la LOF, pour accompagner ce nouveau cadre budgétaire. Il continue
de se faire selon l’ancienne logique de moyens et non sur les stratégies et les
objectifs des politiques publiques.
En effet, les projets de performance relatifs à chaque programme, ainsi que
la programmation triennale, ne sont communiqués qu’aux commissions
sectorielles et ne font pas partie des documents budgétaires accompagnant le
projet de loi de finances, transmis à la commission des finances et du

23
développement économique. L’article 39 de LOF précise que « le projet de
performance est présenté à la commission parlementaire concernée, en
accompagnement du projet du budget dudit département ministériel ou
institution ».
C’est dire que le contrôle effectué par cette commission ne cadre pas
comme nous l’avons décrit avec la logique de la performance.
La pratique du contrôle par les parlementaires n’a donc pas été dynamisée
au sein de la commission des finances malgré l’existence d’un éventail large
d’outils de contrôle. Cette pratique atteste de l’insuffisance manifeste de cette
mission pourtant consacrée par la Constitution de 2011.

 Le manque de moyens et de compétences des parlementaires


marocains freine le contrôle de l'action gouvernementale :
Le Parlement marocain ne s’est pas encore pleinement saisi des missions
d’information comme moyen de contrôle de l’action gouvernementale. En
effet, le nombre de rapports issus des missions d’information reste très limité.
Pour la mi-législature 2016-2019, pas plus de 11 missions d’information ont
été engagées, et seulement deux rapports ont été publiés. Cette situation
s’explique notamment par le niveau d’éducation relativement faible des
parlementaires, ainsi que par l’insuffisance des ressources humaines mises à
leur disposition pour accomplir leurs missions de contrôle. En effet, une
centaine de cadres seulement assure le travail d’accompagnement de la
Chambre des représentants, et il n’existe pas de statut d’assistant
parlementaire au Maroc. A titre de comparaison, le Parlement français
compte 2000 assistants mis à la disposition des députés. En outre, le Maroc ne
possède pas de grande école de la fonction publique capable de former, en
nombre suffisant, des cadres parlementaires possédant une expertise dans les
différentes politiques publiques.

24
Références :

- [Link]
limites-/
- ARTHUIS J., DELCAMP A., DOSIERE R. et HOUILLON P., Le contrôle
parlementaire, du seuil, 2010
- Abdallah Saaf, Changement et continuité dans le système politique marocain, p.
535-568.
- Ouafaa Khallouk, LE CONTROLE PARLEMENTAIRE AU MAROC ET SES
LIMITES, International. Journal. Of Advanced. Research. 8(09), 266-281
- [Link]
amendements-de-la-chambre-des-representants/

- [Link]
%20politique/lr_2021_bo_7228_0.pdf

- [Link]
%C3%A9finition+de+la+loi+de+r%C3%A9glement+en+finance+publique&ots=hO-
RdisVik&sig=f1P-
RyHoh14dF8j5IUx87GuNLnk&redir_esc=y&hl=fr&pli=1#v=onepage&q=d
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