Texte 1 :
Le MARDI, jour néfaste pour les élèves du Msid, me laisse dans la bouche un goût d'amertume.
Tous les mardis sont pour moi couleur de cendre. (…)
Le matin, je me rendis au Msid selon mon habitude. Le fqih avait son regard de tous les mardis.
Ses yeux n'étaient perméables à aucune pitié. Je décrochai ma planchette et me mis à ânonner les
deux ou trois versets qui y étaient écrits.
À six ans, j'avais déjà conscience de l'hostilité du monde et de ma fragilité. Je connaissais la
peur, je connaissais la souffrance de la chair au contact de la baguette de cognassier. Mon petit corps
tremblait dans ses vêtements trop minces. J'appréhendais le soir consacré aux révisions. Je devais,
selon la coutume, réciter les quelques chapitres du Coran que j'avais appris depuis mon entrée à
l'école. À l’heure du déjeuner, le maître me fit signe de partir. J’accrochai ma planchette. J'enfilai
mes babouches qui m’attendaient à la porte du Msid.
Texte 2 :
Des équipes furent de nouveau constituées, chaque groupe avait sa spécialité. Je devins un
personnage important. Je fus nommé chef des frotteurs. On procéda au lavage du sol. Une vingtaine
d’élèves, chargés d’énormes seaux, faisait la corvée d’eau. Ils allaient la chercher à la fontaine d’une
zaouïa située à cinquante pas de notre école.
Le sol fut inondé Je pris très au sérieux mon travail et pour donner l’exemple, je maniai avec
énergie ma balayette. J’en avais mal aux reins. De temps à autre, je me redressais tout rouge. Les
muscles des bras me faisaient mal. Au repos, je les sentais trembler. Dans l’eau jusqu’aux chevilles,
pieds nus, bousculé par celui-ci, insulté par celui-là, j’étais heureux ! Adieu les leçons, les récitations
collectives, les planchettes rigides, rébarbatives, inhumaines ! Frottons le sol en terre battue, incrusté
de poussière et de crasse, orné d’énormes étoiles de chaux, qui résistaient à notre brossage énergique.
(…)
Le soir, je revins à la maison mort de fatigue, mais très fier de ma journée. Devant mes parents je me
vantai de mes multiples exploits.
ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
A. CONTEXTUALISATION DES DEUX TEXTES
1) Lisez attentivement les deux textes puis complétez le tableau suivant après l’avoir reporté sur
votre copie : (1 point)
Œuvre Auteur Date : naissance et Genre Date de Deux œuvres
décès littéraire parution du même
auteur
2) a)-Comment s'appelle le personnage principal dans les deux textes ? (0,5 pt)
b)-Quel âge avait-il au moment des événements racontés ? (0,5 pt)
B. ANALYSE DES DEUX TEXTES
TEXTE 1 :
3) D'après le 1er paragraphe, le souvenir du mardi au Msid est resté gravé dans la mémoire du
narrateur, devenu adulte. Pour le montrer relevez : (1 pt)
a) Un indice typographique (choix des lettres d'écriture).
b) Le temps verbal utilisé.
4) a) - « Le maître utilisait la méthode douce pour apprendre à ses élèves les versets coraniques ».
Dites si cette proposition est vraie ou fausse puis justifiez votre réponse par une phrase ou une
expression du texte. (0,5 pt)
b) -À partir des sentiments éprouvés par le narrateur, indiquez si la tonalité dominante dans le texte
est tragique, pathétique ou comique. (0,5 pt)
TEXTE 2 :
5) a) -D'après le texte, pour quelle tâche principale les élèves ont-ils constitué (formé) des équipes ?
(0,5 pt)
b) -Que devaient faire les élèves pour mener à bien cette tâche ? Citez deux actions pour répondre.
(0,5 pt)
6) En effectuant sa nouvelle tâche :
a) Le narrateur a travaillé dans l’ombre pour ne pas se faire remarquer.
b) Le narrateur a tenu à servir de modèle à suivre pour ses camarades.
c) Le narrateur a essayé de tricher en économisant bien ses efforts.
Recopiez la bonne réponse en la justifiant par une expression du texte. (1 pt)
7) a) -Le narrateur avait-il envie de garder encore le souvenir des leçons apprises et récitées
collectivement devant le fqih ? (0,5 pt)
b) -Relevez dans le texte une expression qui justifie votre réponse. (0,5 pt)
8) a) -À la fin de la journée, dans quel état physique se trouvait le narrateur ? (0,5 pt)
b) -Relevez la phrase qui le montre puis précisez s’il s’agit d’une comparaison, d’une hyperbole ou
d’une personnification ? (0,5 pt)
C. RÉACTION PERSONNELLE FACE AUX DEUX TEXTES
9) Comment jugez-vous le comportement du fqih envers ses élèves dans le premier texte ?
Expliquez pourquoi en peu de mots. (1 pt)
10) Mettez les phrases soulignées au discours indirect .
11) D'après vous, le fqih a-t-il bien fait de charger ses élèves des travaux cités dans le texte 2 ?
Justifiez brièvement votre réponse par un argument. (1 pt)
Texte :
Une heure vient de sonner. Je ne sais laquelle : j'entends mal le marteau de l'horloge. Il me
semble que j'ai un bruit d'orgue dans les oreilles ; ce sont mes dernières pensées qui bourdonnent.
À ce moment suprême où je me recueille dans mes souvenirs, j'y retrouve mon crime avec
horreur ; mais je voudrais me repentir davantage encore. J'avais plus de remords avant ma
condamnation ; depuis, il semble qu'il n'y ait plus de place que pour les pensées de mort. Pourtant, je
voudrais bien me repentir beaucoup.
Quand j'ai rêvé une minute à ce qu'il y a de passé dans ma vie, et que j'en reviens au coup de
hache qui doit la terminer tout à l'heure, je frissonne comme d'une chose nouvelle. Ma belle enfance !
ma belle jeunesse ! étoffe dorée dont l'extrémité est sanglante. Entre alors et à présent, il y a une
rivière de sang, le sang de l'autre et le mien.
Si on lit un jour mon histoire, après tant d'années d'innocence et de bonheur, on ne voudra pas
croire à cette année exécrable, qui s'ouvre par un crime et se clôt par un supplice ; elle aura l'air
dépareillée.
Et pourtant, misérables lois et misérables hommes, je n'étais pas un méchant !
Oh ! mourir dans quelques heures, et penser qu'il y a un an, à pareil jour, j'étais libre et pur que je
faisais mes promenades d'automne, que j'errais sous les arbres, et que je marchais dans les feuilles !
I. Étude de texte : (10 points)
1. Recopiez et complétez le tableau suivant :
Œuvre auteur Date de Genre Thèse Date de Deux
naissance et littéraire défendue parution œuvres du
décès même
auteur
2. Situez le texte dans son œuvre.
3. Le narrateur est perturbé. Relevez au niveau du premier paragraphe une phrase qui le montre.
4. Le narrateur se souvient de son crime. Quels sentiments éprouve-t-il ? (se limiter à deux
sentiments)
5. Combien de temps, d'après le texte, lui reste-t-il à vivre ?
6. a) - Le narrateur regrette sa vie passée ; comment était-elle ?
b)- Que craint-il dans sa vie présente ?
7. -« entre alors et à présent, il y a une rivière de sang ; le sang de l'autre et le mien »
a)- identifiez la figure de style employée dans cet énoncé ?
b)- Quel en est l'effet recherché ?
8. a)- relevez dans le texte deux mots ou expressions se rapportant au champ lexical de la mort
b)- Quelle tonalité, registre ces mots donnent-ils au texte ?
[Link] la phrase soulignée au discours indirect.
10. Le narrateur sera mort au coup de hache ; comment qualifiez-vous cette forme d'exécution ?
11. D'après le texte et d'après votre lecture de l'œuvre, quel message l’auteur, à travers le narrateur,
veut-il transmettre ?
Texte:
ISMÈNE :Écoute, j’ai bien réfléchi toute la nuit. Je suis l’aînée. Je réfléchis plus que toi. Toi, c’est
ce qui te passe par la tête tout de suite, et tant pis si c’est une bêtise. Moi, je suis plus pondérée. Je
réfléchis.
ANTIGONE :Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir.
ISMÈNE :Si, Antigone. D’abord c’est horrible, bien sûr, et j’ai pitié moi aussi de mon frère, mais je
comprends un peu notre oncle.
ANTIGONE :Moi, je ne veux pas comprendre un peu.
ISMÈNE :Il est le roi, il faut qu’il donne l’exemple.
ANTIGONE :Moi, je ne suis pas le roi. Il ne faut pas que je donne l’exemple, moi… Ce qui lui passe
par la tête, la petite Antigone, la sale bête, l’entêtée, la mauvaise, et puis on la met dans un coin ou
dans un trou. Et c’est bien fait pour elle. Elle n’avait qu’à ne pas désobéir.
ISMÈNE :Allez ! Allez !… Tes sourcils joints, ton regard droit devant toi et te voilà lancée sans
écouter personne. Ecoute-moi. J’ai raison plus souvent que toi.
ANTIGONE :Je ne veux pas avoir raison.
ISMÈNE :Essaie de comprendre au moins !
ANTIGONE :Comprendre… Vous n’avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis
toute petite. Il fallait comprendre qu’on ne peut pas toucher à l’eau, à la belle et fuyante eau froide
parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu’on
ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu’on a dans ses poches au mendiant qu’on
rencontre, courir, courir dans le vent jusqu’à ce qu’on tombe par terre et boire quand on a chaud et se
baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours
comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève
doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant.
ISMÈNE :Il est plus fort que nous, Antigone. Il est le roi. Et ils pensent tous comme lui dans la ville.
Ils sont des milliers et des milliers autour de nous, grouillant dans toutes les rues de Thèbes.
ANTIGONE :Je ne t’écoute pas.
I. COMPRÉHENSION : (10 points)
1. Recopiez et complétez le tableau suivant :
auteur Titre de l'œuvre Genre littéraire Année de la 1 ère Deux œuvres du
présentation même auteur
2) Situez ce passage dans l’œuvre dont il est extrait.
3) D'après votre connaissance de l’œuvre recopiez et reliez par une flèche chaque indication de la
colonne A à l’information qui lui correspond dans la colonne B.
A. Indications B. Informations
a) Étéocle et Polynice 1) Étéocle a refusé de céder le pouvoir
b) Accord entre les deux frères 2) Les frères se sont entre-tués
c) Origine du conflit 3) Étéocle a été le premier à régner pendant une année
d) Conséquence 4) Ils sont tous les deux fils d'Œdipe
5) Ils devaient régner sur Thèbes un an chacun
4) Ismène avise sa sœur « moi, je suis plus pondérée ». Que signifie cette phrase ?
a) Moi, je suis plus intelligente.
b) Moi, je suis plus hésitante.
c) Moi, je suis plus prudente.
d) Moi, je suis plus courageuse.
5) Relevez quatre arguments utilisés par Ismène pour convaincre sa sœur.
6) Que traduit l’emploi dominant de la négation dans les répliques d Antigone ?
7) Transformez au discours indirect :
Antigone a répondu : « je comprendrai quand je serai vieille. »
8) De quelle manière Antigone sera-t-elle morte à la fin de l’œuvre ?
9) Partagez-vous ce point de vue d’Antigone ? « il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir ».
Justifiez votre réponse en deux phrases.
10) D’après vous, laquelle des deux sœurs a le plus raison ? Répondez en deux phrases.