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Démocratie : Rêve du Bien ou Flou Réel ?

La dissertation explore la tension entre le rêve d'une démocratie idéale et la réalité de ses imperfections, en s'appuyant sur les réflexions de Pierre Rosanvallon et Martin Luther King. Elle analyse comment la démocratie peut dégénérer, exclure et créer des inégalités tout en étant perçue comme une solution salvatrice pour l'humanité. En fin de compte, la démocratie est présentée comme un combat pour la liberté et un espoir d'une existence meilleure, mais elle ne doit pas être considérée comme une religion ou une solution parfaite.

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Démocratie : Rêve du Bien ou Flou Réel ?

La dissertation explore la tension entre le rêve d'une démocratie idéale et la réalité de ses imperfections, en s'appuyant sur les réflexions de Pierre Rosanvallon et Martin Luther King. Elle analyse comment la démocratie peut dégénérer, exclure et créer des inégalités tout en étant perçue comme une solution salvatrice pour l'humanité. En fin de compte, la démocratie est présentée comme un combat pour la liberté et un espoir d'une existence meilleure, mais elle ne doit pas être considérée comme une religion ou une solution parfaite.

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Lydex-Benguérir.

Dissertation.
Classe Sup. TSI/PCSI
Moussaoui.

Dissertation complète :

Sujet : " La démocratie oscillait entre le rêve du bien et la réalité du flou." Pierre
Rosanvallon.

Introduction:

Martin Luther king disait le 28 août 1963 dans son célèbre discours
"I have a dream" à Washington DC, au pied de la statue d'Abraham Lincoln: "cent ans plus tard,
le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement
handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans
plus tard, le Noir vit à l’écart sur son îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité
matérielle. Cent ans plus tard, le Noir languit encore dans les coins de la société américaine et
se trouve exilé dans son propre pays."
Le pasteur américain dénonce le racisme et la descrimination des noirs et rêve d'un jour où les
droits civiques cités dans la constitution démocratique avec l'abolition de l'esclavage soient
restitués dans l'amère réalité et les noirs deviennent complètement libres dans un pays libre et
qui applique la démocratie. Quelle démocratie ? Est-ce celle que Pierre Rosanvallon qualifie
ainsi : " La démocratie oscillait entre le rêve du bien et la réalité du flou." ?
Dans un sens, Rosanvallon rejoint Luther King Dans son rêve de voir les individus égaux et
jouissant de leurs droits élémentaires et fondamentaux dans une république où les inégalités
sont radicalement absentes par l'application de la justice qui garantit une répartition équitable
des biens. Donc, dans une démocratie, nous aspirons au bien de la communauté, nous rêvons
même d'agir et d'utiliser le bien pour l'intérêt commun sans distinction aucune. N'est-il pas trop
idéalisé ce "bien" suprême dont la collectivité rêve mais qui ne trouve pas vraiment son
application concrète ? Luther King est dans ce cas un peu plus idéaliste et Rosanvallon plus
pragmatique, puisque ce dernier laisse une une marge de manœuvre politique qui stipule que
rien n'est parfait, personne n'est parfait et que l'enjeu réside plutôt dans la perspective de
vision : la démocratie doit être perçue dans sa dimension ambivalente, c'est une création
humaine pour adoucir les mœurs et instaurer des possibles politiques pour organiser la cité,
sachant que les individus, socialement parlant, ne sont pas les mêmes, ils n'ont pas les mêmes
privilèges, bref, ils ne sont pas égaux. Donc, la complexité de traiter la diversité humaine pose
problème et nous amène à considérer à priori le propos de Rosanvallon comme vrai: il n'y a pas
de justesse et de rationalité dans les relations humaines, et donc la démocratie n'est pas le
système politique idéal pour gérer les affaires de la cité, il est du moins le plus adaptable pour
maintenir un parallèle possible entre le rêve du bien et la réalité qui nous renvoie des images
fragmentées du puzzle politique : la démocratie n'est pas la solution des problèmes humains
individuels et collectifs (ils existaient depuis toujours), elle est un éclairage sur les zones du bien
dans le sens vertueux du terme et sur les zones du flou où résident les incertitudes, les vices de
forme du système politique adopté par la communauté. Dans la théorie, nous parlons de
Démocratie mais dans la pratique, il s'agit des démocraties, chacune a un mode d'emploi.

À la base de cette analyse, et sous l'éclairage des œuvres du programme : De la démocratie en


Amérique de Alexis De Toqueville, L'assemblée des femmes d'Aristophane et Le Complot
contre l'Amérique de Philippe Roth, nous allons étudier dans un premier temps comment la
démocratie dégénère et perd son éclat dans le passage de ses objectifs vertueux à ses
applications mitigées. Dans un deuxième temps, nous allons éclairer la zone d'ombre qui fait
que la démocratie n'est pas la solution mais une partie du problème qui rend la relation politique
entre les individus si complexe. Et, finalement, nous essayerons de voir comment la pensée
politique a réduit la démocratie à sa fonction salvatrice: sauver l'Homme des hommes.

Plan détaillé :
le plan détaillé se fait sur le brouillon. C'est une stratégie de travail qui permet aux
candidats pour les grandes écoles d'organiser la rédaction du développement, d'assurer
la cohérence de l'argumentation, d'éviter les répétitions et de gagner le temps.

1ère grande partie :


la démocratie dégénère et perd son éclat dans le passage de ses objectifs vertueux à ses
applications mitigées.

1ère sous-partie:
La démocratie pour le bien du peuple est un rêve réalisable, par le peuple, elle est possible.
C'est la rupture avec les siècles aristocratiques et les pouvoirs intermédiaires qui a permis cette
possibilité (Toqueville). Mais Une fois le pouvoir est centralisé, le peuple se voit relégué au
second plan, même anéanti et jouit d'une forme égalité des conditions.

2ème sous-partie :
La dégénérescence s'établit aussi au niveau de l'exclusion et la descrimination d'une catégorie
de la société. La question citoyenne et la représentativité des femmes dans L'assemblée des
femmes d'Aristophane./ Le ghetto, le quartier juif est géré par l'État et il est sous son contrôle.(le
Complot contre l'Amérique de Roth)

Conclusion partielle ou transition.


Donc, la démocratie descrimine et dissocie le corps politique et social pour régner en maître
absolu.
L'exclusion ne génère pas la paix mais la tension et la haine, l'écart et la méfiance entre
gouvernés et gouvernants. C'est la réalité du flou.

2ème grande partie :


la zone d'ombre qui fait que la démocratie n'est pas la solution mais une partie du problème qui
rend la relation politique entre les individus si complexe.

1ère sous-partie :
Nous croyons que la démocratie est Cette lampe merveilleuse d'où surgit le démon pour nous
trouver la solution magique à nos problèmes de société.
Le fantasme d'une vie meilleure hante L'homme depuis la naissance de la démocratie:
Praxagora est une rêveuse devant une nature humaine hostile. Seul le jeu et le déguisement
constituent une échappatoire à l'amère réalité, une forme compensatoire au vécu misérable où
leur représentativité est anéantie par les hommes d'Athènes. Dans ce cas la démocratie n'est
en aucun cas une solution à la relation politique entre les gouvernés et les gouvernants.

2ème sous-partie :
La démocratie est plutôt un stratagème de camouflage de la vraie relation : une relation de
soumission, et pire encore une soumission volontaire.
Toqueville souligne clairement dans son œuvre De la démocratie en Amérique que l'État
centralisé a un pouvoir tentaculaire qui contrôle tous les domaines de la gestion politique
( l'assemblée et le gouvernement ) sociale ( les associations) financière (l'argent)
et religieuse( la foi et les œuvres caritatives)
Dans le quartier juif, tout est concentré : le commerce, les espaces de rencontre, la synagogue
pour la prière. (Roth).
Même aujourd'hui, À New-York, c'est la même configuration : Harlem, le Bronx( les blacks), le
quartier chinois, le quartier italien...le quartier latino... où se concentrent les drogues, la mafia, le
banditisme de toute nature, le proxénétisme... l'art dans tous ses états est à Broadway à
Manhattan...

Conclusion partielle ou transition.


Donc, pour faire taire les populations, la démocratie en tant que partie du problème social,
invente l'illusion du bien-être, du rêve ( Américan dream) pour brouiller la vision (le flou) et
maintenir le peuple dans l'âge mineur (l'enfant) et delà le maîtriser et maîtriser ses désirs, ses
penchants et même ses pensées les plus enfouis dans l'inconscient.
D'où, la démocratie a évolué certes, mais en évoluant, elle a développé des réflexes de
résistance et d'adaptation. C'est cela son point fort.

3ème grande partie :


comment la pensée politique a réduit la démocratie à sa fonction salvatrice: sauver l'Homme
des hommes?

1ère sous-partie :
La démocratie n'est pas figée. Elle en perpétuelle mutation. Le slogan levé par les penseurs
politiques est toujours le même : il faut sauver la démocratie. Contre qui, quoi ? L'anarchie ?
Oui, donc nous fabriquons des lois pour stopper le mal. Aristophane avait le réflexe de soulever
le problème des femmes non représentées à l'assemblée.
Le théâtre n'est en fait qu'une simulation de l'assemblée du peuple. Puisque la démocratie
stipule dans ses textes fondateurs l'égalité entre les hommes. Il est donc légitime de nous
interroger sur
La crédibilité de l'esprit de la loi qui régit cette égalité dans une Cité, Athènes, où les femmes et
les esclaves sont réduits au silence.
À vrai dire, la démocratie n'a pas besoin d'être sauvée, elle est confinée par les penseurs
politiques dans sa fonction salvatrice pour protéger L'Homme contre la prédation des hommes.
C'est une question d'intérêts et de survie, une sorte de loi de la jungle où la justice du plus fort
impose ses lois aux faibles. Retour à un certain despotisme remodelé et doux selon les mots de
Toqueville.

2ème sous-partie :
Dans cette perspective, la démocratie, en tant que système politique adopté pour le bien du
peuple, a des objectifs de régulation des relations humaines, c'est à dire, elle partage les rôles
politiques, veille sur le bon déroulement de la machine du pouvoir, traite des problèmes
individuels et collectifs, distribue les richesses en fonction des intérêts de l'État et des lobbying
et maintient l'ordre par la technique du bâton et la carotte.
Elle est donc idéale et même bienfaisante. Elle ressemble à une religion mais elle n'est pas
révélée du Ciel, ses concepteurs sont de nouveaux prophètes qui parlent haut du Bien de
l'humanité. Mais comment expliquer l'angoisse de Roth écrivain et narrateur de son roman Le
Complot contre l'Amérique présenté sous forme de scénario- catastrophe de l'élection de
Lindbergh en tant que président du pays dit le plus démocratique du monde? C'était une fiction
rêvée par Roth se mettant dans la peau de l'enfant qu'il était, dans les pensées de son père,
citoyen exemplaire, intelligent et bosseur ordinaire qui progresse dans son métier pour satisfaire
les besoins de sa famille.
La démocratie américaine dans le scénario de Roth était menacée d'effondrement et avec elle
toutes les valeurs humaines.
Qui a sauvé la démocratie ?
C'est le réel comme valeur authentique: l'élection de Roosevelt,
élu par le peuple, pour le peuple.

Conclusion générale :

La démocratie est donc un combat pour la liberté de penser un idéal commun. Les populations
ont souffert à travers la grande Histoire pour se libérer du joug de la servitude et se mettre à
l'abri des injustices.
C'est vrai, après la deuxième guerre mondiale, les masques de tous les systèmes totalitaires
étaient tombés, l'avènement de la liberté individuelle assurée par les démocraties occidentales
vit le jour et les mouvements de décolonisation et de libération universelle éclataient partout
dans le monde: du Congo à Cuba, du Vietnam à l'Afrique du Sud, les idéaux de l'égalité, la
justice, peace and love, l'émancipation féministe faisait l'unanimité de tous les peuples.
Ce que la démocratie peut assurer pour l'humanité c'est l'espoir de rêver une existence
meilleure, c'est un droit élémentaire.
la démocratie n'est et ne serait pas une religion car les religions soit sont révélées soit
inventées par des charlatans superstitieux. La démocratie est humaine, elle ne sauve pas les
hommes ou protège contre le Mal, elle est réflexion libre sur le devenir de l'Homme dans sa
pluralité et sa diversité.
Matin Luther King est assassiné lâchement. Son idéal d'égalité et de justice continue à germer,
son discours résonne toujours.

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