Analyse de l'inflation en Algérie
Analyse de l'inflation en Algérie
Sous le thème :
Année 2013-2014
Dédicaces
Tout d’abord, louange à « Allah » qui m’a guidé sur le droit chemin tout au long du travail
et m’a inspiré les bons pas et les justes réflexes. Sans sa miséricorde, ce travail n’aura pas
abouti.
Je dédie ce modeste travail :
A ma mère :
Aucune dédicace ne saurait exprimer l’affection et l’amour que j’éprouve envers toi. Puisse ce
travail être la récompense de tes soutiens moraux et sacrifices. Douce maman je te remercie
d'avoir fait de moi la femme que je suis aujourd’hui.
Que Dieu te garde et t’accorde santé et bonheur pour que tu restes la splendeur de ma vie.
A mon père :
Puisse ce travail constituer une légère compensation pour tous les nobles sacrifices que tu t’es
imposés pour assurer mon bien-être et mon éducation.
Qu’il soit l’expression de ma profonde gratitude et ma grande considération pour le plus
dévoué des pères que tu es. Puisse dieu te prêter longue vie, santé et bonheur.
A mes adorables frères et sœur :
A ma petite sœur, mes deux frères. Que Dieu vous garde et vous protège mes petits anges.
A mon très cher mari:
Je tiens tout particulièrement à te remercier toi qui m'aide, me soutient, me conseille, jour
après jour et me tire vers le haut, et m’apporte lumière et bonheur dans ma vie que dieu te
garde pour moi.
A ma grande mère et deuxième mère.
A ma merveilleuse tante et ses deux filles
Ma copine et sœur de cœur.
A toute la famille :
HAMDI et AGGOUN, grands parents, oncles, tantes, cousins et cousines.
A ma belle famille RAHOU.
A la pensée de mon grand-père
DINA
Dédicace
A l'a personne devant laquelle tous les mots de l'univers sont incapables
d'exprimer mon amour et mon affection pour elle, à l'être qui m'est le plus cher, à
ma chère mère.
Mère, si tu savais combien je t'aime.
A mon cher père qui a payé de vingt deux années d'amour et de sacrifices le prix
de ma façon de penser. Père, je te remercie d'avoir fait de moi une femme
A mes chers sœurs Fouzia, Hanane, Célia et surtout a Dina la plus chère amie
que je considère comme ma sœur et plus, que dieu les protège
A mon fiancé que dieu te garde pour moi
A toute la famille HAMADI
A toutes mes amies à qui je souhaite le bonheur et la réussite.
ASSIA
Liste des abréviations
AIC : AKAIKE
BA : Banqued’Algérie
DF:Dickey Fuller
DS:Determinacystationary
RO : Réserves obligatoires
SC : SCHWARZ
TS : Trend stationnary
INTRODUCTION GENERALE…………………………………………………….….1
Introduction…………………………………………………………………………...…..3
Conclusion…………………………………………………………….……………….…21
Introduction………………………………………………….…………………………....22
Conclusion……………………………………………………..……………………….…36
TABLE DES MATIERES
Introduction ………………………………………………………………………….……37
Conclusion……………………………………………….…………………………….…..55
Introduction……….………………………..………………………………………………56
Conclusion …………………………………………………………………..……………...73
CONCLUSION GENERALE………………………………..…………………………...74
TABLE DES MATIERES
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
Résumé
Introduction générale
Sur fond de pressions inflationnistes persistantes sur l’économie algérienne au cours des
deux dernières décennies, cette étude se propose d’analyser les déterminants de l’inflation en
Algérie en vue d’identifier ses principaux facteurs et de formuler ainsi des solutions bien
fondées pour une meilleure appréhension de ces pressions inflationnistes.
De nombreuses études ont été faites sur les évolutions monétaires ainsi que sur les facteurs
exogènes, dont les facteurs structurels et monétaires sur l’inflation. Certaines études en
viennent à conclure que les accroissements de la masse monétaire, l’inflation importée et la
dépréciation continue des taux de change ont contribué à une résurgence des tensions
inflationnistes.
[1]
Introduction générale
Pour bien cerner le sujet, nous tenterons de répondre à la problématique suivante qui s’est
construite au fur et à mesure de notre réflexion : Quels sont les déterminants de l’inflation
en Algérie ?
A cet effet, les axes de réflexion que nous avons retenue s’articuleront aux formes d’une
hypothèse qui suppose que l’inflation en Algérie est causée aussi bien par des facteurs réels
que monétaires. Pour cela nous allons procéder à une analyse de l’inflation à travers les
variables, la masse monétaire, le taux de change, les prix du pétrole et le produit intérieur brut.
Nous avons structuré notre travail en quatre chapitres.
Dans le premier chapitre nous évoquerons l’inflation en donnant des définitions selon
certains économistes ensuit, nous énumérerons les types et les niveaux d’inflation et enfin
nous aborderons ses causes selon qu’elles soient réelles (inflation par la demande, une
inflation par les coûts et une inflation structurelle) ou monétaires (l’excès des dépenses
publiques, l’excès de la balance commerciale et l’excès de crédits).
Le deuxième chapitre fera l’objet d’un aperçu historique des théories économiques
d’inflation, précédés par l’étude descoûts et les conséquences de l’inflation.
Le quatrième et dernier chapitre fera l’objet d’une étude empirique sur les effets des
variables telles que le taux de change et les prix du pétrole. Les résultats d'une telle étude
pourront éventuellement être utiles pour mieux comprendre le phénomène d’inflation.
[2]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
Introduction :
L’inflation est un phénomène qui tire ses origines dans les temps anciens bien que sa nocivité
soit de plus en plus d'actualité aujourd'hui. Les premiers économistes qui se sont penchés sur
les causes de la hausse de prix comme le soulignent P. BEZBAKH, furent tentés par
l'explication monétariste. Ce fut le cas de J. Bodin au 16ème siècle, qui attribua à l'afflux d'or
et d'argent en provenance d'Amérique la « cherté de toute chose ». Les effets négatifs de
l'inflation ont commencé à se faire sentir au 20ème siècle lors des guerres mondiales (1914 -
1918 et 1940 - 1945), des guerres du Vietnam et du Moyen-Orient qui ont notamment entrainé
la crise pétrolière et avec toutes ses conséquences pour les jeunes
Etats.
L’inflation est un phénomène particulièrement complexe faisant intervenir des facteurs aussi
insaisissables que les anticipations rationnelles des agents économiques et le cadre dans lequel
ils agissent. Les économistes dits monétaristes comme Friedman (1963) 1 , affirment que «
L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne
peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de
la production.» dans ce sens que toute hausse de la quantité de monnaie mise en circulation est
accompagnée d'une hausse des prix. Pour Keynes, l'inflation est un phénomène
macroéconomique résultant de multiples interactions entre les variables du circuit économique.
Dans ce chapitre on va procéder à la présentation des concepts de base de l’inflation dans la
première section et dans la deuxième on abordera les différentes causes de l’inflation.
I. Définition de l’inflation :
L'inflation est l'un des phénomènes économiques les plus connus. Plusieurs définitions ou
causes ont été attribuées à l'inflation, des plus simplistes aux plus abouties, des plus anciennes
aux plus récentes, tantôt par ses causes, tantôt par ses manifestations ou encore par ses
conséquences.
1
Voir Milton Friedman, “The Counter-Revolution in Monetary Theory”
[3]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
En étymologie le terme inflation provient du latin inflation (enflure) lui-même issu du verbe
flare (souffler).
L’inflation peut être définie comme étant la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit
par une augmentation générale et durable des prix2.
Selon Y. BERNARD (1976) 3 , l'inflation est un phénomène général d'ajustement, par voie
monétaire, des tensions s'exerçant dans un ensemble socio - économique et caractérisé par la
hausse du niveau général des prix et la dépréciation de la monnaie.
Dans les années 1960, l'inflation désigne l'excès de moyens monétaires par rapport à l'offre
(phénomène dont la hausse des prix et la perte de pouvoir d'achat de la monnaie résultent). Ainsi
Gaël Fain4 définit-il l'inflation comme « un excès de la demande solvable sur l'offre. La hausse
des prix en étant la conséquence ».
Il s’agit d’un phénomène ancien (au XVIe siècle, l’arrivée des métaux précieux des Amériques
avait provoqué en Europe une hausse spectaculaire des prix), selon la conception initiale et
conformément à l'étymologie, l'inflation a d'abord été considérée comme l'enflure de la masse
monétaire, principalement des billets en circulation.
Il y a inflation quand la banque centrale émettait trop de billets, Il n'y avait donc pas de
construction des richesses, d'où la hausse des prix et la conséquence directe était alors
l'augmentation des prix.
En d’autre termes l'inflation est la « hausse généralisée et durable du niveau général des prix »5.
Cette hausse généralisée des prix se traduit par une baisse du pouvoir d'achat de la monnaie, et
à un taux de croissance différent entre la valeur nominale et la valeur réelle.
Le terme inflation seule fait référence à la seule hausse des prix des biens de consommation , à
l'exclusion de la hausse des prix des actifs (financier, immobilier,...)lorsqu'on parle de
2
Définition (http:/ / www. insee. fr/ fr/ nom_def_met/ definitions/ html/ inflation. htm) de l'inflation sur le site de
l'INSEE
3
Y. BERNARD et al. (1976) , p.255.
4
Le Dictionnaire des Sciences Economiques, PUF 1956
5
R. MUSAMPA : Cours des théories monétaires, [Link]. Comm Adm, ISP/MBM, 2007-2008, inédit
[4]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
l'augmentation des prix de l'immobilier, des actions, des fonds de commerce ou autres actifs,
on doit alors préciser que l'inflation se rapporte au niveau des prix de ses actifs.
La maîtrise de l’inflation constitue un objectif prioritaire de la politique économique, la stabilité
des prix étant censée créer le meilleur environnement pour le développement de l’activité
économique.
Pour qu'il y ait inflation, il est indispensable que trois (03) conditions soient remplies :
La hausse des prix d’un bien La hausse appelle la hausse, Les hausses saisonnières ne
ne suffit pas à faire parler l’augmentation du prix des sont pas considérées comme
l’inflation, l’inflation affecte matières premières va inflationnistes, la hausse est
tous les biens et services. entraîner celle des autres prolongée dans le temps.
prix.
Au-delà de ces trois (03) conditions, on peut distinguer trois types d’inflations classées par ordre
croissant de gravité :
Elle se caractérise par une augmentation lente du niveau moyen des prix, Il s'agit d'une situation
où les tensions inflationnistes sont équilibrées par les forces déflationnistes importantes. Elle
est liée par exemple à l'accroissement de la population, une relance de la consommation après
des tensions sociopolitiques, une pénurie de la production.
Elle commence dès que la hausse dissimule des anticipations à de nouvelles hausses de prix de
la part de tous les acteurs économique. La croyance à l'accroissement des prix provoque la
hausse même si cette dernière n'est pas nécessairement fondée.
[5]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
Ce processus cumule les effets d'entraînement et se nourrit de lui-même, comme une boule de
neige.
3. L'inflation galopante :
La hausse de prix est de plus en plus forte, du fait que les mobiles psychologiques (la peur de
la hausse) ont pris plus d'importance que le déséquilibre entre l'offre et la demande. Elle place
la balance commerciale en déficit ou l'accentue, parce que les importations augmentent tandis
que les exportations diminuent brusquement. Il faudrait ressusciter la confiance du public pour
modérer le mouvement.
Lorsque la hausse des prix devient spectaculaire et s'échappe à tout contrôle, l'inflation tienne
sa forme extrême, celle de l'hyperinflation. Phillip Gagan la définit en 1956, sous la direction
de Milton Friedman, comme suit « commençant dans le mois où la hausse des prix dépasse 50%
»6.
Ainsi, c'est la période durant laquelle le niveau d'inflation se maintient au-dessus des 50% par
mois.
6
Phillip Gagan, (1965), « Studies in the Quantity Theory of Money ».
[6]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
Selon B. RYELANDT (1970), le seuil de l'inflation rampante est arbitraire. Les agents
économiques se voient obligés de vivre sans ajustement ni fluctuation remarquable.
Elle est révélée par un taux de hausse des prix de l'ordre de 5 à 10 % (pouvant même aller
circonstanciellement jusqu'à 20 % l'an). C'est un phénomène inflationniste déclaré avec tous les
symptômes correspondant à l'apparition des conséquences sur la structure économique.
L'inflation galopante est caractérisée par une hausse des prix plus importante atteignant des taux
annuels compris entre 10 % à 30 % dans certains pays industrialisés et parfois 100 % ou plus
dans quelques pays du tiers - monde.
Les prix montent d'heures en heures plus vite que les autorités monétaires ne pourront les faire
baisser. Une fois installée, surviennent des sérieuses difficultés. Généralement, on indexe la
plupart des contrats sur un indice des prix ou sur une devise étrangère, telle que les dollars. Il
s'agit d'une situation extrême où l'économie dépasse toutes limites en matière de fluctuation
journalière des prix. Elle conduit à une crise souvent accompagnée des troubles sociaux.
Une telle situation décourage et rend ainsi plus difficile le financement des investissements.
Le rythme de la croissance économique pourrait s'en trouver ralenti.
1- La déflation: est un phénomène de baisse générale des prix constatée sur une période
suffisamment longue de plusieurs trimestres. Elle est la conséquence d'une demande globale
qui ne suffit pas à absorber la quantité de biens et services produits par l'économie.
Le terme déflation désigne également les mesures prises par les gouvernements pour lutter
contre l'inflation et le déséquilibre du commerce extérieur par la restriction de la demande et
réduction de la masse monétaire en circulation : encadrement du crédit, baisse des dépenses
publiques, augmentation des impôts. Ce fut notamment le cas dans les années 1920-1930.
Pour les ménages, la déflation est une incitation à différer leur consommation et leur
investissement, car plus le temps passe, plus la valeur de la monnaie augmente.
[7]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
Elle se traduit par une augmentation de leur pouvoir d'achat, au moins dans un premier temps,
s'il n'y a pas augmentation du chômage.
Pour les entreprises, la déflation est une période de baisse de leur marge, car elles ne peuvent
réduire leurs coûts aussi vite que la baisse de l'activité.
2- La désinflation: décrit la situation d'une économie où est constatée une baisse du taux
d'inflation, qui cependant reste positif. Par exemple, après des années d'inflation à 10 % en
moyenne, si l'inflation baisse à 7 %, puis 5 %, puis 2 %, c'est-à-dire ralentissement durable de
la hausse des prix dans ce cas on parlera de phénomène désinflatoire.
Le terme "stagflation" a été employé pour la première fois en 1965 par Iain Macleod, homme
politique britannique qui fut le Chancelier de l'Échiquier, pour qualifier la situation économique
du Royaume-Uni alors que les autres pays développés connaissaient encore une période de forte
croissance ("les Trente Glorieuses"). Dans les années 1970, il permet de caractériser une
situation inédite de ralentissement de la croissance et d'une forte inflation provoquée par
l'augmentation des prix du pétrole et des autres matières premières. V. La mesure de l’inflation
:
[8]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
La mesure de l'inflation compte parmi les questions fondamentales de toute économie, c’est un
phénomène quantifiable dont le taux est évalué comme la variation du niveau général des prix d'une
période t-1 à une période t. Le plus souvent, on la mesure à l'aide de la variation de deux instruments
suivants : le déflateur du PIB et l'indice des prix à la consommation (IPC). V.1. Le déflateur du PIB
Le déflateur du PIB est déterminé par le rapport du PIB nominal au PIB réel.
Le déflateur du PIB = [PIB nominal / PIB réel] * 100
Il mesure les prix de tous les biens et services produits dans l'économie.
En effet, le déflateur du PIB ne tient compte que des prix des biens et services produits sur le
territoire national en tenant compte d'un panier de biens et services évolutifs. En d'autres termes,
il tient compte d'un panier de biens et de services qui évolue au gré de la composition du PIB.
Cependant, le déflateur du PIB n'est pas le meilleur instrument de mesure de l'inflation car, en
fonction du volume et de l'évolution des prix des importations, il mésestime l'inflation.
Toutefois, il faut noter que d'après les utilisateurs, le biais observé dans l'usage de cet instrument
est habituellement faible.
• Le PIB nominal : est la valeur des biens et services finals produits au cours d’une année
données aux prix pratiqué cette année-la (aux prix de marché).
• Le PIB réel : est la valeur des biens et services finals produits au cours d’une année
calculée en prix constant (réel)7.
7
Michael PARKIN, Robin BADE et Benoit CARMICHAEL, « introduction à la macroéconomie moderne »,3eme
édition, P127
[9]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
consommation et services achetés par les ménages. Ainsi, les prix des biens d'équipement tels
que logement et services consommés par les entreprises ou les pouvoirs publics ne sont pas pris
en compte dans le calcul de l'IPC.
1- composition du panier : il faut déterminer les produits les plus importants pour le
consommateur typique.
Si celui-ci consomme plus de pommes que d’orages, alors le prix des pommes est plus important
que celui des oranges et doit avoir un poids plus élevé. Le choix se fait à partir d’enquête sur le
budget de consommation des ménages.
Le coefficient budgétaire représente la fraction du coût de chaque bien ramené au coût total du
panier.
- le calcul en moyenne se fait en comparant la moyenne des prix pendant l’année n+1 à
la moyenne des prix pendant l’année n.
[10]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
V.3. Utilisations :
Il permet de prendre en compte l’inflation dans la mesure des variables économiques.· Monnaie
courante et constante :
Une grandeur est exprimée en monnaie courante lorsqu’elle est exprimée dans les prix de la
période, sans correction. Une grandeur est exprimée en valeur constante quand elle tient compte
de l’érosion monétaire. Cette distinction est importante quand on compare des sommes d’argent
au cours du temps.
Pour passer en monnaie constante, on divise la valeur courante par l’indice des prix.
V.4. La différence entre l'IPC et le déflateur du PIB réside dans le fait que :
- le déflateur du PIB prend en compte les prix de tous les biens et services produits dans
l'économie, alors que l'IPC mesure uniquement les prix des biens et services achetés par les
consommateurs ;
- le déflateur du PIB tient compte exclusivement du prix des biens et services produits sur
le territoire national tandis que l'IPC ne fait aucune exception quant à la provenance des produits
entrant dans son calcul ;
- l'IPC attribue des poids fixes aux prix des différents biens et services (indice de
Laspeyres) alors que le déflateur du PIB utilise des pondérations évolutives.
La préférence de l'IPC dans de nombreuses études se justifie par le fait qu'il est suivi
régulièrement car calculé mensuellement. Il est donc facilement disponible. Par contre le
déflateur n'est souvent disponible qu'après des mois, voire une ou des années de retard, a cause
des délais de production des comptes nationaux.
[11]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
Les causes de l’inflation sont nombreuses, on distingue globalement deux explication pour les
causes d’inflation : L’explication réelle, et l’explication monétaire.
Elle concerne essentiellement l’inflation par la demande et l’inflation par les coûts, et inflation
induite par les structures économique.
Inflation créée par une situation dans laquelle la demande globale8 (des ménages) est
Supérieure à l’offre
Y = Production
C = Dépenses personnelles en biens et services
I = Investissements
G = Dépenses publiques en biens et services
X = Exportations (Exportations nettes)
M = Importations
L‘inflation par la demande provient de l‘excès de la demande sur l‘offre. Au niveau global, la
demande, qu‘elle émane des ménages (consommation), des entreprises (investissement), de
l‘État (déficit) ou de l‘extérieur (exportation), tend à dépasser l‘offre. L‘inélasticité de l‘offre,
son incapacité à répondre à l‘accroissement de la demande (en raison, par exemple, d‘une
situation de plein emploi), explique donc ce type d‘inflation. Le déséquilibre peut ne pas être
global, mais sectoriel, et se diffuser dans l‘économie.
8
La demande globale peut être identifiée au revenu national, l’offre globale au PIB.
[12]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
Sur le marché des biens et services, Dg= C+I+G+(X-M) l’inflation par la demande peut trouver
son origine dans l’augmentation de l’une des composantes de la demande globale, cet
accroissement de la demande globale au-delà de l’offre disponible est du a :
-l’accroissement des crédits bancaires aux entreprises et aux ménages a des fins de
consommation et d’investissement.
-l’augmentation de la dépenses publique (investissement publics.).
- hausse des dépenses de consommation à cause de la hausse des salaires ou de la hausse du
crédit.
- hausse des dépenses d’investissement des entreprises financées par le crédit bancaire sans
épargne préalable.
- hausse des dépenses publiques avec déficit budgétaire.
inflationniste (l’augmentation des salaires est plus élevée que la productivité dans de
nombreuses branches sera répercutée sur les prix de vente).
Donc, elle résulte d’un déséquilibre entre une demande trop forte par apport à un offre à un prix
donné. Pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, les prix augmentent tirant la
demande a la baisse car la hausse des prix décourage la consommation.
L’augmentation de la demande crée une situation de pénurie sur le marché des biens. Ainsi, les
producteurs ont deux solutions : augmenter la quantité produite ou les prix. Si la hausse de la
demande est jugée durable, les prix augmenteront. A court terme, un réglage par les quantités
étant privilégié.
L’inflation par la demande dépend de l’état du système. Si le système est en situation de sous-
emploi (keynésien), l’ajustement se fera par une hausse des quantités produites. A l’inverse, en
pleine emploi l’ajustement se fait par les prix : créant de l’inflation.
Tout d'abord, une remarque s'impose : dans l'expression « inflation des coûts », le mot coût doit
être pris dans un sens très large. Il ne concerne pas seulement les frais engagés par les entreprises
pour produire, mais également les profits des entrepreneurs qui constituent un élément du prix
au même titre que les autres rémunérations9.
9
Boccon-Gibod A., Jubin P. L'inflation des coûts. In: Revue économique. Volume 13, n°1, 1962. P .23
[14]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
(
Source : Construction personnelle
Ce type d’inflation résulte de l’augmentation des coûts des facteurs de production, travail :
inflation par les salaires et capital : inflation par les profils, et l’inflation importé.
La hausse des prix trouve son origine dans une augmentation des coûts de production, salaires,
matière première, coût de l’énergie…..etc.
[15]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
La relation salaire-inflation :
10
La spirale inflationniste: L'inflation entraîne une hausse des salaires qui accentue la hausse des prix.
[16]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
Source : Construction personnelle à partir du paragraphe précédent
L’inflation par les profits11 résulte de l’augmentation des marges bénéficiaires des entreprises
en dehors de toute croissance de la demande globale. Il s’agit notamment des entreprises en
situation de monopole ou d’oligopole qui ont le pouvoir d’augmenter leurs prix de ventes.
Si un bien importée joue un rôle fondamental dans la production, la hausse de son prix peut
avoir un impact inflationniste, l’augmentation des prix de certains produits importés (matières
premières, énergie,…) entraine une hausse des prix intérieurs (biens de consommation ou de
production). Les chocs pétroliers de 1973et 1979 (augmentation spectaculaire du pétrole) sont
un idéal exemple de ce type d’inflation.
L’inflation importée peut avoir également comme cause les fluctuations du taux de change (la
hausse du prix de dollar en 1983 sur les marchés internationaux a induit une augmentation des
prix des produits libellés en cette monnaie).
3. L’inflation structurelle :
Dans l'inflation structurelle, le déséquilibre initial peut provenir d'une accélération ou d'une
détérioration du régime d'accumulation du capital12.
La hausse des prix est provoquée par les structures du système économique, elle est alors
essentielle au système et ne dépond pas d’éléments particuliers comme la politique monétaire
ou le prix du pétrole. Les entreprises peuvent influencer les prix de marché à la hausse.
Le pouvoir monétaire des banques pourrait aussi entrainer l’inflation par le biais de la création
monétaire et donc de l’octroi des crédits, les banques encouragent indirectement la
11
Elle est provoquée par la recherche d'un maximum de profit de la part des détenteurs du capital.
12
[Link] Consulter le 16/04/2014
[17]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
consommation. Si la production n’arrive pas à suivre l’augmentation de la demande, il y aurait
hausse des prix et donc inflation.
Le nouvel environnement international peut aussi jouer un rôle dans la création de l’inflation,
avec l’ouverture sur les marchés extérieurs, la demande envers les produits nationaux pourrait
augmenter, entrainant ainsi l’augmentation des prix. De plus, dans une recherche de
compétitivité, certains pays recourent a la dévaluation, qui renchérit les prix a l’importation et
entraine l’augmentation de la demande intérieur et don l’augmentation des prix nationaux.
• Les conflits sociaux, élément structurel de l’économie capitaliste pour les marxistes (sous
le nom de lutte des classes), dans lesquels chaque groupe cherche à augmenter sa part du
revenu national : d’où la hausse des coûts de production et l’inflation. Cette approche
s’appuie sur le mécanisme d’inflation par les coûts, mais fournit une explication
essentialiste 12 de la hausse des salaires et ne la considère pas simplement comme
accidentelle.
• L’effet de cliquet : mécanisme selon lequel les prix seraient tous rigides à la baisse ; toute
variation des prix relatifs ne pourrait ainsi se traduire que par des hausses des prix
nominaux, puisque les biens dont les prix relatifs diminuent ne pourraient voir leur prix
nominal baisser.
La structure en cause ici est celle des prix relatifs, des phénomènes réels. La théorie de l’effet
de cliquet ne précise pas le mécanisme de diffusion de l’inflation, mais elle ne peut pas se passer
de conditions permissives comme l’augmentation de la demande globale.
12
Relatif à l'essentialisme, à la théorie philosophique qui considère que l'essence précède l’existence.
[18]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
II. L’explication monétaire de l’inflation :
1. Inflation monétaire :
Le résultat de cet excès est souvent un déficit budgétaire. Et les gouvernements font recours à
la création monétaire. Si cette monnaie ne crée pas de contre partie physique ceci provoque une
inflation (augmentation des prix). Et la valeur de l’unité monétaire se trouvera dépréciée.
Cet excès de la balance commerciale aboutit à une création pure et simple de la monnaie. Les
exportateurs cèdent leurs devises aux banques qui a leur tour les vendent a la banque centrale.
Ce qui permet de livrer de nouvelles disponibilités monétaire a l’économie nationale.
Si cet excèdent est à la fois important et permanent, un déséquilibre se créera entre les
disponibilités monétaires et la masse des biens et services offerts sur le marché national d’où
une hausse des prix.
L’octroi de crédit permet à la banque centrale de crée de la monnaie, l’excès de crédits a court
terme entraine l’inflation et les risques sont encore plus graves en cas de gonflement de crédit
a moyen terme mobilisé auprès de l’institut démission.
Les mécanismes de crédits aboutissent a une véritable création monétaire celle-ci est favorisée
par des taux d’intérêt et des taux de réescompte bas.
Conclusion :
L'inflation est un phénomène très ancien. Il a revêtu diverses caractéristiques et vécu différents
types de systèmes socio-économiques et politiques. Au sein de ce chapitre nous avons tout
d'abord indiqué les grands traits historiques de l'inflation ainsi que les différents types et niveaux
d’inflation.
[19]
CHAPITRE I : Les types et les causes d’inflation
Ensuite nous avons retenues les approches dominantes par économistes pour éclaircir les causes
de l'inflation qui nous ont permis de distinguer l'inflation monétariste qui s'articule autour de la
croissance monétaire. La thèse de l'inflation par la demande stipule que la hausse des prix
n'apparaîtrait qu'en cas de plein emploi des capacités productives. Selon l'approche de l'inflation
par les coûts, la hausse des coûts de production, notamment les coûts salariaux, est la principale
source d'inflation. L'inflation peut être aussi un phénomène sociologique qui résulte des
rapports de force entre les groupes sociaux. Cette dernière thèse assume la responsabilité de la
hausse des prix aux salariés qui, chaque fois que les prix augmentent, ils revendiquent pour une
augmentation des salaires. Enfin l’inflation structurelle favorisée par l'existence de mutations
structurelles au sein de l'économie et de phénomènes sociologiques liés aux comportements
sociaux.
[20]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Introduction :
La littérature sur le phénomène de l'inflation est assez abondante, mais ce chapitre se limitera
qu'à une brève présentation des coûts de l'inflation et de ses conséquences. Aussi, il fait l'objet
d’une présentation de l’historique des théories économiques d’inflation, et de quelques
exemples de pays confrontés à une forte inflation (hyperinflation).
1) Le coût d’usure
Temps perdu et inconfort générés par les efforts qu’il faut réaliser pour minimiser la détention
d’avoirs liquides... gaspillage de ressources.
2) Le coût d’affichage
Ensemble de coûts liés aux changements de prix.
[22]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
6) De manière générale
La relation positive entre le niveau de l’inflation et sa volatilité met en évidence que lorsqu’un
pays conduit une politique monétaire inflationniste, il devra non seulement supporter les coûts
d’une inflation élevée et prévue, mais aussi la redistribution arbitraire de la richesse, qui est
une conséquence inévitable de l’inflation volatile.
[23]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Au contraire, certains individus, comme les commerçants ou les actionnaires, voient leur
revenu augmenter aussi vite ou plus vite que la hausse des prix, et leur pouvoir d’achat reste
inchangé ou augmenté.
Sur la croissance :
L’inflation est un mal nécessaire qui conforte la croissance. Sur le plan de la production, une
légère augmentation des prix peut constituer, à court terme, un encouragement pour les
entreprises, qui voient leur profit croître du fait de l’écart favorable entre les prix de vente et
le coût de revient ou par suite de plus-value sur stocks.
[24]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Sur l’endettement :
Parce qu’elle allège les charges réelles de remboursement des prêts, l’inflation favorise le
crédit donc la création d’entreprise, le financement des investissements, la construction et
l’achat de logement.
Ainsi, l’inflation défavorise les créanciers (leurs créances réelles diminuent) et favorise les
débiteurs (leurs dettes réelles diminuent), et singulièrement l’État, qui est l’agent le plus
endetté de l’économie.
[25]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Les agents sont alors amenés à anticiper des taux d'inflation et, de ce fait, à se faire eux-
mêmes les vecteurs de l'inflation. Ainsi, lors de négociations salariales, les syndicats intègrent
dans leurs revendications la perte de pouvoir d'achat liée à la dépréciation attendue des
salaires nominaux, et les prêteurs majorent leurs taux d'intérêt. Les anticipations
inflationnistes tendent donc à devenir « auto-réalisatrices »14.
En outre, elle décourage les investissements productifs au profit des investissements
spéculatifs (achat de logements et terrains pour les vendre plus chers). Enfin, si tous les prix et
les revenus augmentaient dans les mêmes proportions, l’effet de l’inflation serait « neutre » et
ce phénomène ne mériterait aucune considération. Malheureusement, les prix n’augmentent
jamais au même rythme, le plus souvent, une distorsion des prix relatifs est constatée. De la
sorte, l’inflation opère une redistribution des ressources entre les différents acteurs
économiques: elle pioche chez les épargnants, les salariés et les retraités dont le revenu réel
diminue pour favoriser les détenteurs de fonds de commerce ou d’immeuble et les professions
libérales qui voient leur revenu réel s’améliorer.
Ainsi, l’inflation entraine des conséquences qui, à plus ou moins brèves échéances, risque de
compromettre l’activité économique. C’est donc une situation à éviter. Mais encore faut-il,
pour l’éviter, en connaître ses origines.
14
[Link] consulté le 14/04/2014
15
Situation où coexistent à la fois l’inflation et le chômage.
[26]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Jean Bodin 1568 : attribuait la hausse des prix à l’afflux de métal précieux en
provenance du Nouveau Monde16 (des Amériques). Il explique la relation entre la masse
monétaire et les prix.
David Hume (1711-1776) : il a abouti à l'idée importante que la monnaie est neutre: La
quantité de monnaie en circulation n'a pas d'incidence sur l'activité économique (la sphère
réelle).
Cantillon (1680-1733)17 : Il déclarait que la monnaie additionnelle, utilisée par la
consommation, provoque un supplément de demande qui entraine une hausse des prix des
biens demandes.
Irving Fisher (en 1911)18 : est le premier économiste qui à modéliser mathématiquement
l'inflation, en s'inspirant du bullionisme espagnol (Théorie quantitative de la monnaie). Il
met en évidence une relation linéaire entre quantité de monnaie et le niveau général des
prix : M*V=P*T
D’où :
M : la masse monétaire.
V : la vitesse de circulation de la monnaie.
P : le niveau des prix
T : le nombre de transactions pendant une période donnée.
16
BODIN J.,"La repense de JEAN BODIN à [Link] MALESTROIT (1568) " Nouvelle Edition
Par [Link] Paris, [Link] ,1932.
17
CANTILLON R.," Essai sur La Nature du commerce en général (1757) " Londres, Mac
MILLAN, 1931.
18
FICHER I., «Le pouvoir d'achat de la monnaie", GIARD, 1926.
[27]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
19
MARCHALL A.,"Principe D"Économie politique" (1890),Paris,GIARD et BIERRE,1906.
MARCHALL A "Money, Credit And Commerce", Londres, MacMILLAN, 1923.
20
PIGOU A.," The Value Of Money", Quaterly Journal Of Economics, November, 1917
[28]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Ils proposent d’écrire la demande de monnaie (M) par les agents comme une fonction du
niveau de leur revenu (Yr), du niveau général des prix (P) et la proportion (k) de leur revenu
qu’ils souhaitent détenir sous forme de monnaie : leur encaisse désirée21.
M=k P Yr
Avec :
M : masse monétaire nominale détenue par les agents économiques.
Yr : revenu national réel.
K : coefficient qui mesure la part du revenu réel que les agents désirent garder sous forme de
monnaie.
M/P : masse monétaire réelle.
Donc :
M=k P Yr (équation de Cambridge).
21
CAZALS Michel, BARANA Sophie, p41
[29]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Keynes considère que la fonction de demande de la monnaie en terme réel chez les classiques
reste incomplète.
Le taux d’intérêt nominal est un autre déterminant de la demande de monnaie en terme réel.
Keynes22 considère que les agents économiques détiennent la monnaie pour trois motifs
Précaution : Keynes parlait d'incertitude radicale, les agents ignorent l'avenir, et donc
dans le but de diminuer le risque face à l'incertitude, les agents demandent de la monnaie
au cas où. C'est une des raisons de la constitution d'une épargne.
Transaction : les individus demandent de la monnaie afin d'échanger, c'est la demande
classique que l'on peut rapprocher avec l'équation de Cambridge.
Spéculation : les agents sont amenés à spéculer. Keynes fait appel à une explication
psychologique.
En cas de crise, les incertitudes poussent les agents à augmenter leur demande de monnaie
(augmentation de l'épargne et spéculation négative), réduisent la demande de biens et
l'investissement, augmentent les exigences de rentabilité (le taux d'intérêt, qui traduit
l'arbitrage entre la détention actuelle ou future d'un capital), ce qui renforce la dépression et
valide les anticipations négatives. Keynes attribue la Grande Dépression à l’insuffisance de la
demande qui fait chuter l'économie dans un équilibre de sous-emploi.
C’est une remise en cause fondamentale de l'équilibre général Walrasien23. La monnaie cesse
d'être considérée comme neutre.
Dans la théorie keynésienne, l’inflation surgit lorsque l’économie se trouve en situation de
plein-emploi.
En effet, tant que l’économie n’a pas atteint le plein-emploi, c'est-à-dire qu’il existe encor des
facteurs de production inutilisés, l’offre est parfaitement élastique : toute augmentation de la
demande entraine un accroissement de la production. Par ailleurs, dès lors que les facteurs de
production sont pleinement utilisés, toute augmentation de la demande se traduit par une
hausse de niveau général des prix.
22
KEYNES J.M. (1936) ,"Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie", PAYOT, Paris, 1969.
23
Relatif à l'œuvre de l'économiste français Léon Marie Esprit Walras. Loi de Walras (sur l'ensemble
desmarchés, la somme des demandes nettes pondérées par les prix est égale à zéro.)
[30]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Quelques années après la mort de Keynes (1947), William Phillips publie sa célèbre courbe en
1958 qui met en évidence (après analyse par Paul Samuelson et Robert Solow) une relation
entre inflation et chômage.
Cette relation va provoquer un réel engouement parmi les keynésiens qui se sont scindé en
deux branches : les néo-keynésiens (école de la synthèse néo-keynésienne), et les post-
keynésiens.
b. L'analyse post-keynésienne :
Les post-keynésiens sont des économistes qui se situent dans la pure tradition
keynésienne.
[31]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Ils remettent en cause la Théorie Quantitative de la Monnaie car ils voient l'inflation comme
indépendante de la création monétaire. Selon eux l'inflation provient d'une tension sur le
partage des revenus. Plusieurs raisons sont données :
Lors d'une hausse des coûts de production (matières premières, salaires, prix), notamment
lors des chocs d'offre pétroliers.
Lorsque les entreprises augmentent leurs prix pour conserver leurs marges. Cette inflation
peut résulter notamment d'une trop forte concurrence internationale.
L'inflation s'avive quand la croissance s'accélère et que le chômage baisse, l'ajustement ne
se fait plus par les quantités, mais par les prix sur le marché du travail. En effet, les
salariés sont en mesure de mieux négocier leurs Salaires, cela est net lorsque l'on est en
plein-emploi.
L'indexation des salaires sur l'inflation provoque immédiatement des tensions
inflationnistes.
Des récents travaux. Menés par les nouveaux keynésiens, notamment George Akerlof24, ont
montré le besoin d'une économie à avoir un taux d'inflation suffisamment élevé pour
permettre aux entreprises d'ajuster le salaire réel25 en fonction de la conjoncture.
La vision monétariste a observé le phénomène d’inflation et elle a ajoutée des
éclaircissements.
24
Akerlof G., Dickens W et Perry G," The macroeconomics of low inflation , Brookings Papers on Economic
Activity, 1996 , vol 1
25
Est le salaire nominal divisé par le niveau des prix, c’est à dire la quantité des biens et services que rapporte
cette période de travail donné. Il constitue le véritable pouvoir d’achat du salarié, c’est-a-dire en déduisant
l’inflation du salaire nominal, sachant que le salaire nominale est le montant du salaire perçu par employé.
[32]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
26
Le terme de monétariste est du a Karl Brunner. L'origine du courant monétariste est en fait un courant de
politique économique qui consiste en un rejet de l'intervention de l'État. On en trouve des éléments dans les
années 30 aux USA pendant le New Deal mais le monétarisme s'est développe dans les années 60 aux USA et est
devenu dominant dans les années 70. La politique monétaire ne doit pas être établie suivant une politique de taux
de change selon les monétaristes. Seules les considérations de politique intérieure doivent être prises en compte.
27
FRIEDMAN M., ≪ La théorie quantitative .une nouvelle présentation≫ , in [Link], theorie monétaire
.contribution a la pensée monétaire, Paris ,DUNOD,1971.
[33]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Les monétaristes en déduisent qu’il ne faut pas jouer avec la monnaie, que la politique
monétaire ne doit pas subi l’inflation de la politique, et donc qu’elle ne doit pas être confiée
au gouvernement, mais plutôt à des banques centrales indépendantes, et que ces dernières
doivent appliquer des règles stables, claires et politiques visant une quasi-stabilité du niveau
des prix.
Donc, l’école monétariste avec Milton Friedman considère que l’inflation est toujours le fruit
d’une création monétaire excessive. Cette pensée s’appuie sur la théorie quantitative de la
monnaie d’Irving Fisher écrit : « la cause immédiate de l’inflation est toujours et partout la
même : un accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au
volume de la production »
Les monétaristes conservent la relation causale entre monnaie et niveau général des prix, mais
s’éloignent de la démarche dichotomique des quantitativistes traditionnels (Fisher). Ils
présentent une reformulation de la théorie quantitative de la monnaie initiale dans une
perspective d’intégration des sphères réelle et monétaire.
La conclusion de tout cela est qu'il ne faut pas jouer avec la monnaie, que la politique avec la
monnaie ne doit pas subir l'influence de la politique, et donc qu'elle ne doit pas être confiée au
gouvernement, mais plutôt à des Banques Centrales indépendantes, et que ces dernières
doivent appliquer des règles stables, claires et publiques visant une quasi-stabilité du niveau
des prix.
[34]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
[35]
CHAPITRE II : L’inflation, ses coûts et ses conséquences
Le pays, exsangue, doit tout importer et les luttes politiques qui déboucheront sur la guerre
civile ouverte entre 1946 et 1949 chassent la bonne monnaie qui se cache. L'hyperinflation va
durer jusqu'en décembre 1945. C'est la plus longue période d'hyperinflation renseignée par
l'étude : 55 mois où les prix ont, chaque jour, progressé de 17,9% en moyenne.
Conclusion :
Dans ce chapitre nous avons énuméré les différents couts et conséquence de l’inflation et nous
avons brièvement abordé l’historique des théories économiques d’inflation
Ce qui nous a mené à déduire que les conséquences de l’inflation sont multiples car elles sont
reliées aux facteurs qui influencent la demande et l’offre globale, elles peuvent êtres néfastes
comme elles peuvent êtres bénéfiques dans certains cas. Nous avons retenu également que les
théories économiques expliquent de manière différente les causes de l’inflation.
[36]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Introduction :
Le phénomène inflationniste en Algérie remonte au début des années 1980 et s'est
dangereusement accéléré au cours de la décennie suivante (années 1990). C'est avec la mise
en œuvre de la politique de développement que les prémices de ce phénomène sont apparues.
De nombreuses théories sont avancées pour en expliquer la nature et les causes de ce
phénomène qui perturbe profondément le système économique, c’est pour cette raison que la
recherche d’un degré raisonnable de stabilité des prix et considérée comme le but premier de
la politique monétaire, car la maîtrise de l’inflation et primordiale, non seulement pour
l’activité privée, mais aussi pour la sauvegarde du pouvoir d’achat des populations.
1. Période (1962-1989) :
Cette fixation était prise en charge par un système de régulation et d'allocation des ressources,
ce qui a maintenu artificiellement l'inflation à un niveau raisonnable et par conséquent, il a
permis la stabilisation du pouvoir d'achat de la population.
Durant cette période, l'intervention de l'administration s'opérait sur les trois niveaux des prix à
savoir :
- Les biens importés : qui étaient déterminés dans le but de protéger la production nationale.
Si le prix d'achat d'un bien importé était inférieur au prix du produit local, l'importateur doit
verser la différence compensatoire au trésor. Par conséquent, l'inflation importée, dans un
contexte de taux de change fixe, est inévitable du moins pour les biens de consommation
importés et redistribués sur le marché national.
[37]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
- Les prix industriels et services locaux : Leurs prix étaient soumis à deux régimes, le
premier institué en 1966 faisait dépendre la fixation des prix à la production d'une décision du
Ministère du Commerce, pour le deuxième datant de 1968, il bloque tous les prix industriels à
la production et des services à leurs niveaux du 1er janvier 1968.
- Les prix agricoles : Les prix à la production et à la distribution des fruits et légumes des
secteurs autogérés et coopératifs étaient publiés tous les quinze (15) jours par une commission
de Wilaya.
Ainsi durant cette période, le taux d'inflation était plus ou moins modéré grâce aux efforts des
autorités algériennes pour maintenir la stabilité des prix.
En 1975, l'Algérie a adopté une politique de détermination de prix sur la base du prix de
revient; l'indice des prix à la production industrielle ayant connu une augmentation.
Dans le régime de change fixe, le taux de change est fixé par rapport aux devises, l’Algérie a
atteint des niveaux d’inflation proches de ceux des pays développés sur la période 1960-1984.
Graph N°1 : Evolution de l'indice général des prix (1990 à nos jours)28.
L'Algérie a connu durant cette période une inflation galopante29, le taux d'inflation annuel
passant de 17.87% en 1989 à 25.88% en 1991 pour atteindre un pic de 3 1.68% en 1992.
28
ONS
29
On appelle «inflation galopante» l'inflation à deux ou trois chiffres de 20, 100 ou 300 pour cent par an.
[38]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
[39]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Puisque la production agricole est incapable de satisfaire cette demande additionnelle, les prix
agricoles relatifs augmenteront et engendreront des demandes de hausse de salaire, cette
demande s’explique par la diminution du pouvoir d’achat, qui peut entrainer une spirale de
prix-salaire a fin de compenser la perte de revenus, ce qui implique que toute hausse des couts
se traduit par des prix plus élevés, les salariés demandent l’augmentation des salaires et la
boucle prix-salaire se met en fonctionnement.
Dans certains pays, les syndicats peuvent faire suffisamment pression sur les salaires pour
entrainer le chômage. Or, si le gouvernement est tenu de suivre une politique de plein emploi,
il ne peut faire face a ses dépenses qu’en dilatant l’offre de monnaie, dans la mesure où plus le
chômage est élevé, la position des salariés est faible pour exiger des hausses de salaire. Le
partage des gains de productivité s’effectue, ainsi, en faveur des employeurs et au détriment
des salariée (visa versa).
L’usage illimité et la présence incontournable du pétrole et de ses produits dérivés dans les
cycles de production engendre l’effet du premier tour d’une hausse des prix du pétrole sur
l’inflation, cette dernière est peut être divisé en deux étapes.
[40]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
a. Un effet direct : qui se manifeste automatiquement par l’augmentation des prix des produits
énergétiques, qui représente environ 85% de la masse du pétrole consommée, sachant qu’ un
baril de pétrole génère en moyenne 73,8 litres de carburant, 34,8 litres de fuel domestique,
15,2, litre de kérosène , 8.7 litre de mazout lourd, 14.4 litres de gaz et autres produits gazeux,
l’augmentation des prix du pétroles se transcrit forcément par l’augmentation des prix des
produits énergétiques.
Cette hausse de la facture énergétique, conduit a une réduction de la marge bénéficière des
entreprises, qui selon leurs comportement de marge, peuvent récupérer totalement ou
partiellement, selon le contexte concurrentiel et leurs pouvoir de marché, ce cout sur leurs
prix de [Link] effet se manifeste notamment sur les prix des produits les plus amont en
énergie et sur les prix des produits alimentaires, les hausse des prix s’engouffrent ainsi dans
un processus de hausse cumulative en induisant une hausse généralisé des prix et donc une
inflation.
Les hausses des prix de ces produits peuvent agir, aussi sur les structures de consommation
des ménages et des entreprises, en effet contre ces hausses et pour des tentatives de
sauvegarde de leurs revenus, ces agents vont essayer d’opérer des substitutions entre produits
chers et bon marché, a titre d’exemple, le renchérissement de l’essence peut inciter certain
ménage a moins utiliser leurs voiture, en revanche, a acheter d’avantage d’autre biens. Pour
les entreprises et étant donnée un objectif de production bien déterminé, ils vont essayer de
remplacer les produits pétrolier cher par des produits énergétiques moins chers.
L’augmentation des prix a la consommation entraine une baisse du pouvoir d’achat des
manages ce qui va déclencher l’effet de la boucle salaire-prix dit effet de « second tour ».
[41]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Les hausses des prix a la consommation qui en résultent de l’effet de premier tour génèrent
une perte de pouvoir d’achat des ménages, et dans l’objectif de maintenir leurs pouvoir
d’achat intact, les salariés exigent des augmentations de leurs salaires, cette réaction salariale
est d’autant plus réalisable que les modalités de détermination des salaires nominaux sont
fondées sur la base de l’indexation des salaires sur l’IPC, a ce la s’ajuste le rôle crucial joué
par les syndicats salariales.
En revanche, si les hausses des salaires ne sont pas envisageables, ou partielles, a court terme,
la conjugaison entre l’amoindrissement du pouvoir d’achat des ménages et la hausse de
l’épargne de précaution joue un rôle déterminant pour freiner la consommation, et par
conséquence, la stagnation de la demande globale, l’investissement et de l’emploi. On assiste
ainsi au phénomène de la stagflation ; une concordance entre inflation et stagflation, pour
éviter cette situation, il faut agir sur la consommation, ainsi, décideurs économiques et
politiques optent pour l’indexation totale des salaires sur les prix, c’est ainsi que les salariés
essaieront de maintenir leur pouvoir d’achat grâce a une revalorisation de leur salaire.
Les hausses des salaires qui en résultent sont perçues comme de nouvelles hausses des couts
de production, dans la mesure du poids important des couts salariaux dans le coût total de
production, dans de nouvelles tentatives de restauration de leurs marges de profit, les
producteurs vont contrebalancés l’élévation de leurs cout sur les prix de vente et
l’augmentation des salaires se trouvent, à terme, dans les prix à la consommation, et ainsi de
suite. Il en résulte ainsi un dynamisme dans le quel la hausse des prix devienne autoentretenus
et alimentée par un cercle vicieux et défectueux, qu’on appel boucle prix-salaire et dans la
quelle le retour en arrière est improbable.
II.2.3. Les effets de la variation de la masse monétaire sur l’inflation
Ces dernières années l’Algérie connait un excédent de la liquidité bancaire qui provient
principalement des ressources du secteur des hydrocarbures qui est le résultat de la
stimulation budgétaire et de la croissance rapide des dépôts bancaires de la société nationale
de pétrole( SONATRACH) ce qui engendre des pression inflationnistes, «La cause immédiate
de l’inflation est toujours et partout la même : un accroissement anormalement rapide de la
quantité de monnaie par rapport au volume de la production30 . Cette conclusion repose sur
de nombreux exemple historique et se vérifie en effet pour beaucoup de pays.
30
Milton Friedman, Inflation et systèmes monétaires, Calmann-Lévy, 1969
[42]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
La consistance de cette relation a été montrée par diverses études empiriques dans le monde
entier qui confirment que les pays victimes d un taux d’inflation élevé ont généralement des
taux élevés de croissance de la masse monétaire et vis versa.
[43]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
La situation économique est inquiétante le dinar subit une véritable chute libre en perdant
considérablement de sa valeur face a l’euro et au dollar. Cette dépréciation31 du Dinar face au
dollar Américain et a l’euro qui est une situation parmi tant d’autres peut avoir une
répercussion sur les prix d’importation et sur les prix à la consommation.
La dépréciation produit deux types d'effets : elle agit d'abord sur les prix des importations et
des exportations, puis sur les volumes importés et exportés. Dans la réalité, la dynamique de
la dépréciation résulte du jeu de ses deux types d'effets et de leur décalage dans le temps et
s'ordonnent au tour de trois phases:
-A court terme, une dépréciation aggrave le déficit commercial, parce que les importations
deviennent chères alors que le prix des exportations reste constant. Il y a alors une
dégradation du terme de l'échange.
-A moyen terme, la dépréciation améliore la balance commerciale, parce que les exportations
deviennent compétitives et augmentent en volume.
Les importations sont découragées, parce qu'elles sont devenues plus coûteux et le pays va
accroitre ses exportations dont les prix exprimés en monnaies étrangères ont baissé.
31
La dépréciation est le fait pour une monnaie de perdre de la valeur par rapport aux biens. Il est nécessaire
d'avoir plus de monnaie afin d'acquérir un même bien. C'est donc une perte de pouvoir d'achat.
[44]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Alors qu’elle est incomplète lorsqu’une partie seulement de la dépréciation est transmise aux
prix des importations.
Qu’elle soit partielle ou complète, la répercussion du taux de change est un facteur important
qui détermine dans quelle mesure les ajustements du taux de change réussissent à assurer ou
maintenir un solde extérieur viable.
Si le degré de répercussion est élevé, l’ajustement du taux de change nécessaire pour corriger
une position insoutenable du solde des transactions courantes sera relativement modeste.
L’inverse est vrai si la répercussion est faible32.
Si le taux de change baisse, cette modification influe sur les prix des importations et des
exportations. Les exportations deviennent relativement moins chères dans d’autres monnaies,
et les importations deviennent plus chères.
Parce que nous achetons les importations, elles sont incluses dans le cadre de l’indice des
prix de détail, et si le prix des importations augmente, l’inflation augmente, surtout si un pays
importe les produits semi-finis et finis. Nous avons la le premier effet du changement d’un
taux de change (la dépréciation), cela pourrait déclencher des pressions inflationnistes dans
l’économie.
Les effets sur la demande globale peuvent aggraver cet impact inflationniste. Comme les
exportations deviennent relativement moins chères à l’étranger, nous allons constater une
augmentation de la demande de nos produits. En outre, les importations devraient chuter. La
combinaison des deux aura impact positif sur la demande globale.
La croissance de la demande globale pourrait également être inflationniste si l’économie est
proche de sa capacité.
En Algérie, la demande de beaucoup de produits de consommation augmente régulièrement.
La demande dépasse l’offre, donc les prix sont en augmentation constante. Les salaires ne
peuvent plus faire face aux prix qui flambent et pour s’en sortir on demande l’augmentation
des salaires. Il faut plus de binards pour acheter le même produit, il y a cinq ans avec mille
Dinard on pouvait acheter un nombre de produits, aujourd’hui pour acheter la même quantité
de produits il faut payer cinq mille Dinard. C’est cela qui génère la spirale inflationniste. En
effet ces changements dépendent de la part qu’occupent les biens importés dans le panier de
consommation.
32
Voir Choudhri et Hakura (2006):»Exchange rate pass-through to domestic prices: Does the inflationary
environment matter?», Journal International de Monnaie et Finance, vol.25, p.624 - 639
[45]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Toutefois, une variation du taux de change se répercute aussi sur les prix a la consommation
par l’influence qu’elle a sur la demande des produits intérieurs, ainsi, une dépréciation
donnant lieu a une majoration du prix des biens importés fera augmenter la demande des biens
produits au pays qui concurrencent les importation.
Lorsque cette demande s’intensifie, elle exerce des pressions à la hausse sur les prix intérieurs
et les salaires nominaux. En augmentant, les salaires poussent encore davantage à la hausse
des prix intérieurs.
Lorsque le taux de change chute, les importations sont plus onéreuse et les exportations moins
chères. Cela devrait accroitre la demande pour les exportations et réduire la demande pour les
importations. Les exportations sont moins chère en monnaie locale, lorsque les importations
coutent plus chères en monnaie locale. Donc l’effet global sur la balance des paiements
dépend de l’élasticité-prix des exportations et des importations.
Ce mécanisme de transmission s’explique au travers notamment de la théorie des prix relatifs.
La notion désigne ici le rapport entre les prix intérieurs, c’est-a-dire des biens et services
produit nationalement et les prix extérieurs c’est-a-dire des biens et services produit dans le
reste du monde.
Ce canal de transmission des fluctuations des prix internationaux est implicitement lié au
principe de parité des pouvoirs d’achat qui stipule que le prix d’un bien devrait être le même
partout ou il est échangé, ce qui signifie que le taux de change d’une monnaie dépend du
niveau d’inflation pratiqué dans les partenaires étrangers, et que dans un pays quelconque,
l’accroissement de l’inflation intérieur implique la dévaluation de la monnaie et inversement.
En Algérie, l’inflation peut être causée par plusieurs facteurs déterministes. Ces facteurs qui
peuvent être eux-mêmes liés entre eux : l’augmentation des prix du pétrole entraine une
hausse des prix des biens dans un secteur d’où une hausse des salaires, ainsi qu’une
croissance de la masse monétaire. Le taux de change quant a lui augmente les prix a
l’importation, d’où la hausse des salaires et inflation.
[46]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
La quantité de monnaie en circulation dans une économie ne doit pas être trop faible, car les
agents économiques seront alors obligés de limiter leurs activités économiques
(consommation, production, investissement, etc.). A l’inverse, une quantité de monnaie trop
abondante met à la disposition des agents un pouvoir d’achat bien supérieur à la quantité de
biens disponibles, ce qui peut provoquer une hausse des prix, la politique monétaire et l’un
des instruments utilisés par les autorités monétaire en Algérie afin de faire face au problème
d’inflation. Elle est aussi une des principales composantes de la politique économique; et plus
précisément de la politique de régulation macroéconomique. L’autre composante est la
politique budgétaire. Les deux sont souvent accompagnées par la politique des revenus.
Généralement, la politique monétaire se voit affecter un objectif relatif à la stabilisation des
prix et donc au contrôle de l’inflation.
La politique monétaire est un sous ensemble de la politique économique qui a pour but de
réaliser le fameux « CARRE MAGIQUE »33 élaborée par l'économiste keynésien Nicholas
Kaldor (1908-1986).Mais la politique monétaire met l’action sur des objectifs recentrés autour
de la stabilité monétaire : réduction de l’inflation et préservation du pouvoir d’achat de la
monnaie34.
La stabilité de prix est un objectif final qui ne peut pas être réalisé directement ou
immédiatement, pour rendre opérationnelle la réalisation de la stabilité des prix, les autorités
monétaires (banque centrale) ont substitué des objectifs intermédiaires (l’action sur les
variables monétaires sources d’inflation) à l’objectif final.
33
Le carré magique est une représentation graphique des quatre grands objectifs de la politique économique
conjoncturelle d'un pays que sont : la croissance, le plein emploi des facteurs de production, l'équilibre extérieur
de la balance commerciale et la stabilité des prix.
34
PARENT Antoine « l’espace monétaire et ses enjeux », édition Laurence Michoux, France, mars 1996, p48
[47]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Les objectifs intermédiaires sont des variables monétaires dont le contrôle et la régulation sont
censés permettre d’atteindre les objectifs finaux précédemment cités, en particulier l’objectif
de la stabilité des prix. Il s’agit des variables monétaires sur lesquels la banque centrale peut
agir « la politique monétaire peut influencer les variations des agrégats de monnaie, des taux
de change, taux d’intérêt, mais elle ne peut pas agir directement sur le niveau des prix, de la
production ou des salaires »35.
Les objectifs intermédiaires se réalisent en agissant sur deux variables de l’économie :
La masse monétaire qui est un objectif quantitatif et les taux d’intérêt et de change.
Les objectifs quantitatifs :
Ces objectifs portent sur l’évolution des agrégats monétaires, c’est-à-dire, sur les différents
indicateurs de la masse monétaire en circulation dans une économie. L’objectif consiste pour
les autorités monétaires à fixer un taux de croissance pour l’augmentation annuelle de la
masse monétaire (par exemple, un taux de croissance de 3% pour un agrégat particulier).
Durant l’année, les autorités devront donc utiliser tous les instruments de la politique
monétaire qui sont à leur disposition pour que la masse monétaire ne dépasse le niveau fixé.
Les objectifs de taux d’intérêt
Ces objectifs amènent les autorités monétaires à fixer un niveau souhaitable pour les taux
d’intérêts. Elles ne peuvent pas évidemment déterminer un taux précis car ce sont les
mécanismes du marché monétaire qui décident, selon de l’offre et de la demande de monnaie,.
Comme la banque centrale est un acteur très important sur le marché monétaire, son action
permet cependant d’orienter le taux d’intérêt.
Figure N° 4: Les objectifs de taux d’intérêt
35
PALAT Jean pierre « la monnaie, institution financières et politique monétaire »,5eme édition èconomica,
paris, 1987, p387.
[48]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Ils ont pris depuis quelques années une place importante, les autorités monétaires peuvent
utiliser les instruments monétaires pour atteindre un certain niveau de taux de change. Un
pays peut rechercher une dépréciation de sa monnaie pour relancer ses exportations ou, au
contraire, une appréciation de sa monnaie s’il veut bénéficier d’une désinflation importée avec
la baisse des prix de ses importations. Cette politique de maîtrise du taux de change peut
d’ailleurs s’inscrire parfois dans un contexte de changes fixes ou d’accords de change.
Les objectifs intermédiaires sont réalisés par un certains nombre d’instruments, on distingue
des instruments directs et des instruments indirects.
36
PLIHON.D, « la monnaie et ses mécanismes », 5eme édition, la découverte, paris, 2008, p87.
37
PALAT Jean pierre, [Link], p420
38
LEHMANN Paul Jacques, [Link], p79
[49]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Le contrôle de l’expansion du crédit interne par l’encadrement doit donner une maîtrise
satisfaisante de la croissance de la quantité de monnaie en circulation. Cette mesure est
efficace en tant que politique de contrôle de la quantité de monnaie en circulation puisque les
crédits représentent la contrepartie principale de la création monétaire.
La sélectivité du crédit sert à orienter les financements bancaires vers un secteur prioritaire. Il
peut être mis en œuvre pour favoriser ou au contraire pour freiner le développement des
crédits dans des secteurs différents.
Les réserves obligatoires (RO) sont des avoirs en monnaie centrale que les banques doivent
conserver en compte bloqué à la banque centrale. C’est donc une réserve de liquidité
représentant une fraction de dépôts destinés à garantir les déposants en cas de panique
financière. Aujourd’hui cet instrument est utilisé pour modifier la liquidité bancaire, c’est-à-
dire les besoins des banques en monnaie banque centrale et agir par ce biais sur la politique du
crédit. Ainsi, lorsque la banque centrale augmente le montant des réserves obligatoires, les
banques doivent réduire leurs offres de crédits, en revanche, diminution de ces réserves
encourage les banques à prêter d’avantage de fonds (augmentation de la masse monétaire).
II.2.2. Le réescompte :
Cette pratique met directement en relation les banques et la banque centrale. Le principe est
assez simple : un créancier possédant un papier commercial de reconnaissance de dettes, peut
obtenir avant l’échéance un crédit bancaire, contre remise à la banque de cet effet de
commerce, il s’agit d’un escompte commercial.
39
Pour la notion de bonification, l’Etat s’engage a pousser les banques a pratiquer des taux d’intérêts inférieur a
ceux de marché, de telle sorte a payer la différence appelé le taux de bonifié, ce taux sera appliqué a certains
secteurs ou a une certaine clientèle .
[50]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
La banque à son tour peut obtenir des liquidités auprès de la banque centrale en lui cédant cet
effet de commerce, c’est le réescompte.
Chacune de ces opérations d’escompte ou de réescompte se réalise moyennant paiement d’un
taux d’intérêt qui s’appelle le taux pour les opérations entre banques et banque centrale. La
régulation de la création monétaire passe alors par la manipulation des taux de réescompte,
lorsque la banque centrale souhaite restreindre le crédit et dons la création monétaire, elle
élève le taux de réescompte. Les banques répercutent cette hausse du coût de refinancement
sur le taux d’intérêt des prêts accordés, ce qui doit décourager l’appel au crédit. La banque
peut aussi compléter son action en fixant un plafond de réescompte limitant globalement le
volume du réescompte possible.
L’open market est un moyen d’intervention de la banque centrale sur le marché monétaire,
cette dernière peut resserrer ou encore élargir les trésoreries bancaires par ses achats ou ses
ventes de titre. L’achat des titres permet un apport de liquidité et la vente des titres permet les
retraits de liquidité : il s’agit d’une opération qui se déroule sur le marché monétaire, ce
dernier est un marché très sensible car la banque centrale a la possibilité d’intervenir
efficacement pour l’ensemble des opérations d’achats et de ventes des titres.
La banque centrale n’achète jamais des titres publics auprès du trésor, mais auprès des
banques de second rang. Cette opération d’achat de titre va permettre aux banques ordinaires
d’avoir des liquidités, cela entrainera l’accroissement de la masse monétaire en circulation. Il
est l’instrument efficace dont dispose la banque centrale pour contrôler la masse monétaire et
aussi de suivre l’activité du système bancaire en générale. La banque centrale fixe la quantité
de monnaie centrale qu’elle est disposée à distribuer en échange de titres mobilisables, la
confrontation de l’offre rigide de monnaie centrale et de la demande de monnaie centrale
fourni le prix de l’obtention de cette monnaie centrale (le taux du marché monétaire).
A coté de la politique monétaire utilisé par la plupart des autorités monétaire afin de faire face
au problème d’inflation, il existe d’autres instruments comme la politique budgétaire et
fiscale, la politique des revenus, mais la politique monétaire reste toujours la plus utilisé.
[51]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
40
La TVA est un prélèvement acquitté par l’usager d’un service public en contrepartie des prestations ou des
avantages qu’il retire de ses services, par exemple : la taxe d’assainissement consentie aux collectivités locale.
Certains impôts sont dénommés taxes comme la TVA(taxe sur la valeur ajoutée) qui est une taxe pourtant sur les
ventes ou la consommation, son principe est le suivant : chaque participant au processus de production ne paie
qu’a concurrence de la valeur qu’il ajoute a la production ; chaque entreprise applique a ses ventes le taux
correspondant et déduit du produit de l’impôt, les taxes qu’elle a supportées sur ses propres achats. Seul le
dernier chainon de ce processus de d’éducation(les consommateurs) sont assujetti réellement a cette taxe.
[52]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
La politique des revenus cherche à maîtriser la répartition des revenus afin de lutter contre la
hausse des prix, puisque lorsque le revenu est réparti de façon équitable par la négociation et
le compromis, le risque d’inflation est écarté.
La politique des revenus est un instrument utilisé pour combattre l’inflation par le coût, dans
la mesure où une augmentation excessive des revenus est un facteur déterminant de la hausse
de la demande en même temps que l’accroissement des coûts salariaux.
La politique des revenus ne peut porter que certains revenus : las salaires et particulièrement
ceux des fonctionnaires, les retraites ; cette politique ne peut être réellement efficace car elle
défavorise les titulaires de revenus facile à contrôler qui sont aussi souvent les revenus les
plus faible.
Cependant, certaines politiques des revenus ne s’adressent qu’aux revenus des entreprises en
réglementant leurs marges. La logique de cette procédure est de diminuer les revenus pour
réduire les tentions inflationnistes.
[53]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Il faut souligner que la politique des prix ne peut à elle seule venir à bout de l’inflation41,
l’inflation engendre des effets à la fois sur l’ensemble social et sur le fonctionnement de
l’économie « empêcher les prix de monter lorsque la demande est excessive c’est aller au
devant de la pénurie ».
En outre, le blocage des prix ne peut s’accommoder que d’une situation d’offre flexible, c’est
en effet l’adéquation de la structure de l’offre à celle de la demande qui peut garantir la
stabilité des prix.
41
BALI.H " inflation et mal -développement en Algérie», édition OPU Alger, 1993, p216
[54]
CHAPITRE III : L’inflation en Algérie : causes et politique de lutte
Conclusion :
De ce fait l’inflation est devenue l’une des préoccupations majeures des pouvoirs publics
algériens, notamment de la banque d’Algérie qui a multiplié, dans la période récente, rapports
et avertissement sur cette question.
La politique monétaire en Algérie, notamment durant les dernières années a eu pour objectif
final la stabilité monétaire à travers la stabilité des prix42 en fixant un taux d’inflation à moyen
terme de 3%. Lorsque les résultats s’écartent de cet objectif, la banque d’Algérie intervient en
utilisant ses instruments de politique monétaire. Nous pouvons aussi dire que la banque
d’Algérie a pu maitriser l’inflation en Algérie et qu’elle tourne au tour de 4% durant la
dernière décennie.
42
La stabilité des prix est entendue comme une progression limitée de l’indice des prix à la consommation. C’est
dans son rapport de 2003 que la Banque d’Algérie (BA) annonce un objectif explicite et ciblé en matière de
stabilité des prix, à savoir une inflation inférieure à 3%.
[55]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Introduction
Afin mener une analyse fiable et crédible nous avons choisi les variables suivantes : le taux
d’inflation (inf) qui est la variable à expliquer, la masse monétaire (m2) étant donné que
l’inflation est un phénomène monétaire selon la théorie quantitative de la monnaie, le taux de
change (tch), qui détermine la valeur de la monnaie interne et externe, les prix du pétrole
(ppt) qui créent l’inflation importée, et enfin le produit intérieur brut qui est la cause de
l’inflation par la demande.
Les sources des données utilisées sont extraites des données de la banque d’Algérie et de
l’ONS. La période d’estimation s’étale de 1980 à 2013, soit 33 observations.
[56]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
[57]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
35 31.67
29.78
29.05
30 25.89
25 20.54
18.68
20 16.65
14.65
15 12.37
10.48 9.3
8.12 7.44 8.89
10 6.54
5.97 5.91 5.73 5.73
4.95 4.27 4.86 3.91
4.52 3.25
5 2.65 4.23
1.42
3.96 3.67
2.31
1.38
0.34
0
1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013
Source : ONS
L’évolution de l’inflation indique plusieurs fluctuations (forte volatilité), des pics en 1992 et
1995 ainsi que des creux comme en 2000 (0.34), ce graphe nous permet de déduire que la
série semble être non stationnaire.
100
79.68
77.22
75.26 77.3973.28 79.38
77.55
72.0672.65 74.39
72.6572.85
80 66.57 69.29
64.58
58.74
57.71
54.75
60 47.66
35.06
40
23.35
21.84
18.47
20 8.96
7.61
5.91
[Link]
4.59
4.32 4.98
4.79
0
1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013
-20
Source : ONS
[58]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Le graphe nous indique que le taux de change en Algérie a été plutôt stable de 1980 à 1990,
pour ensuite enregistrer une forte tendance à la hausse jusqu'à 2009. Ceci semble nous
indiquer que la série n’est pas stationnaire.
50 47.2
40
31.3
30 26.3
23.9
20.3 20.8 19.6 19.5
17.4 18.3 18.8 17.9
20 16.7 15 13.6 15.7 14.6 13.9 16.2 15.7
13.6 14.1 12.3 10.92
11.4 9.5 108.8
7.3 8.45
10 5.2
1.4 3.4
0
1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013
Source :ONS
Source : ONS
[59]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Nous observons une baisse des prix du pétrole de 1980 à 1986 suivie d’une augmentation
régulière jusqu'à atteindre un pic en 2008 (97.02$).
250 206
204
199
200 171 161
135 137
150 117
103
85
100 616263 62 5768
44454852 5253 4749514242474848495555
50
0
Source : ONS
D’après le graphe nous remarquons que la série (PIB) est caractérisée par une augmentation
progressive durant la période 1980 à 2007 pour ensuite atteindre un pic en 2008. La chute du
produit intérieur brut (PIB) en 2009 est due à la crise financière.
La série affiche une tendance à la hausse ce qui nous permet de déduire que la série est
peutêtre non stationnaire.
[60]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Pour déterminer le nombre de retards des séries, on a comparé dans les différents tests ADF
les valeurs des critères Akaike et Schwarz.
Le nombre de retards optimal à retenir est celui qui minimise ces critères, le tableau suivant
illustre les résultats obtenus :
Tableau N° 2: Choix du nombre de retards (p) pour les séries à étudier
linf ltch lppt lpib Lm2
P 0 1 0 0 0
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.
Selon les critères AIC et SC, le nombre de retards à retenir pour la série inflation est p=0, pour
la série taux de change p=1, pour la série prix de pétrole p=0 et pour la série produit intérieur
brut p=0 et enfin pour la série masse monétaire (M2) p= 0.
Ces tests consistent à déterminer la stationnarité des séries et de préciser si le processus non
stationnaire est déterministe (TS) ou bien non-stationnaire stochastique (DS)1.
Les modèles servent de base a la construction de ces tests sont au nombre de trois. Le principe
des tests est simple : si l’hypothèse H0 :1 = 1 est retenue dans l’un de ces trois modèles, le
processus est alors non stationnaire.
[1]Xt= 1 Xt-1 + t. Modèle autorégressif d’ordre 1.
[2]Xt= 1 Xt-1 + + t. Modèle autorégressif avec constante.
1
Économétrie, manuel et exercices corrigés, régis bourbonnais, dunod, 7eme édition, page 233
[61]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.
H0: β = 0 vs H1: β ≠ 0
Tcal<Ttab , alors on accepte H0 ; donc la tendance n’est pas significative.
D’après le tableau ci-dessus, on remarque que la statistique de Student associée aux
paramètres de la tendance de chaque série sont inférieure a la valeur critique de 2 .79 lue dans
la table au seuil de 5%.Donc, on accepte l’hypothèse selon laquelle la tendance n’est pas
significativement différente de zéro. Autrement dit, on rejette l’hypothèse d’un processus TS.
En conséquence, le modèle 3 n’est pas le bon modèle pour tester les racines unitaires, donc on
passe au modèle 2 pour tester la significativité de la constante.
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.
[62]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
H0: c = 0 vs H1: c ≠ 0
Tcal<Ttab alors on accepte H0 ; donc c = 0
Nous remarquons que la constante pour les séries linf, ltch, lptt et lpib n’est pas
significativement différente de zéro puisque la statistique de Student associée aux paramètres
de la constante est inférieure à la valeur critique de 2 .54 au seuil de 5%. Dans ce cas on
rejette l’hypothèse d’un processus DS avec dérive.
Le modèle 2 n’est pas le bon modèle pour tester les racines unitaires, donc passons au modèle
1.
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.
[63]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.
L’application du test de ADF en différence première indique que toutes les séries sont
stationnaires (t-statistic< à la valeur critique), et elles sont intégrées de même ordre I(1).
[64]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
« La modélisation VAR est nécessaire dans une analyse économique, car elle exploite sans
contrainte tous les liens de causalité entre les déterminants d’un phénomène »2La première
étape de l’étude du VAR consiste à déterminer le nombre de retards.
L’ordre du VAR que l’on retiendra est celui qui minimise les critères d’Akaike et de Schwarz.
Après estimation des différents modèles VAR et du report des statistiques d’Akaike et de
Schwarz, on obtient le tableau récapitulatif suivant :
Tableau N° 7 : Les critères d’Akaike et Schwarz.
P AIC SC
1 1.078511 2.438973
2 2.437036 4.956270
3 3.722000 7.422613
4 5.736031 10.64022
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1.
Le degré du VAR qui minimise les statistiques d’Akaike et de Schwarz est le degré d’ordre1.
Le modèle VAR que l’on retient est donc un VAR(1)3.
Le concept de cointégration fournit un cadre théorique de référence pour étudier les situations
d'équilibre et de déséquilibre qui règnent respectivement à long et à court terme.
2
Véronique MEURIOT, réflexions méthodologiques sur la modélisation non structurelle, Montpelier 2008, p51.
[65]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Si les variables sont cointégrées, elles admettent une spécification dynamique de type
correction d'erreur, qui transforme le problème initial de régression sur les variables non
stationnaires. La cointégration permet d'identifier la relation véritable entre deux variables en
recherchant l'existence d'un vecteur de cointégration et en éliminant son effet, le cas échéant.
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1.
.H0 : r=0 vs H1 : r>0 λ(0)= 70 .22 > V. critique =59.46. On rejette H0 donc il ya au moins une
relation de cointégration.
.H0 : r=1 vs H1 : r>1 λ(1)= 38.69 < V. critique =39.89. On accepte l’hypothèse H0, d’où r=1.
Donc il y a une seule relation de cointégration. Un modèle à correction d’erreur peut alors être
estimé.
[66]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1
La dynamique de court terme et validé le terme de rappelle vers l’équilibre4est d’un signe
négatif et significativement différent de zéro au seuil de 5 % (│-2.78322│>1 ,96).
Les résultats montrent que l’inflation est expliquée uniquement par le taux de change et le
produit intérieur brut au seuil de 5 %, alors que la masse monétaire M2 et les prix de pétrole
n’ont aucune influence à court terme sur l’inflation.
III.2. Estimation de la relation de long terme
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1.
4
Terme à correction d’erreur
[67]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
La relation à long terme indique que le taux d’inflation en Algérie est expliqué uniquement
par la masse monétaire (M2), étant donné que son coefficient est supérieur au seuil de 5 % .
Les autres variables n’influencent pas l’inflation a long terme vu que leurs « t » de Studentdes
coefficients ne sont pas significativement différentes de zéro.
La validation de notre modèle se fera par l’analyse des tests des résidus de la série de taux
d’inflation (linf).
Pour cette étape, nous allons utiliser le test d’autocorrélation LM, qui à l’objet de tester le
caractère de non-auto-corrélation des résidus. L’hypothèse nulle stipule qu’il y a absence
d’autocorrélation contre l’hypothèse alternative d’existence d’autocorrélation.
Les résultats du test sont les suivants :
Tableau N°11 : test d’autocorrélation de LM
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1
Les résultats nous indiquent l’absence d’autocorrélation puisque la probabilité associée est
supérieure au niveau du risque retenu à (5 %).
L’hypothèse d’auto-corrélation des résidus est donc vérifiée, donc les résidus sont des bruits
blancs.
[68]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
L’hypothèse d’homoscédasticité impose que la variance des termes d’erreurs soit constante
pour chaque observation. L’hétéroscédasticité qualifie des données qui n’ont pas une variance
constante.
H0 : Homoscédasticité
H1 : Hétéroscédasticité
Les résultats sont les suivants :
Tableau N°12 : Test d’hétéroscédasticité
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1.
Le test nous indique que la probabilité associée (0.2284) est supérieure à (0.05), donc
l’hypothèse d’homoscédasticité est vérifiée, les résidus de l’estimation
sont homoscé[Link] résidus sont des bruits blancs.
D’après les résultats des tests précédents d’analyse des résidus, nous confirmons la validation
du modèle vectoriel à correction d'erreurs VECM.
[69]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1.
• Toutes les autres hypothèses de non-causalité sans acceptées, car les probabilités
critiques des tests sont toutes supérieures à 0,05
[70]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Pour l’application d’un modèle VECM il est nécessaire d’analyser les fonctions de réponse
impulsionnelles.
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1.
Elle résume l’information concernant l’évolution d’une variable suite à une impulsion, un
choc sur une autre variable à la date t=0, et supposant que toutes les autres variables sont
constantes.
-Un choc sur le taux de change donne un effet nul en première période et égale à 0,14 % en
deuxième période il s’estompe et converge vers zéro en dixième période.
- Un choc sur les prix du pétrole donne un effet nul en première, et 0,07 % en
deuxième période, il augmente légèrement et progressivement dans les périodes suivantes. La
dixième période est marquée par une légère diminution (0.11 %).
- Un choc sur le produit intérieur brut (PIB), donne un effet nul en première période,
0,27 % en deuxième période, et tend vers zéro dans la dixième période.
-Un choc sur la masse monétaire est égal à zéro en première, au bout de la deuxième période
cet effet devient négatif, s’estompe et converge vers zéro.
[71]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Source : Etablie par nous même à partir des résultats obtenus sur Eviews 4.1.
[72]
CHAPITRE IV : L’étude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie
Conclusion
Nous avons procédé à l’estimation par le modèle VECM et nous avons réalisé des
résultats qui nous permettent de constater que certaines affirmations faites dans la partie
théorique se révèlent être confirmées. En effet les résultats du test de Johansen nous indiquent
que l’inflation est expliquée à court terme par le taux de change et le produit intérieur brut,
tandis qu’à long terme elle est expliquée uniquement par la masse monétaire M2. Les tests de
causalité classique au sens de Granger montrent bien l’existence d’une causalité
unidirectionnelle de l’inflation vers le taux de change.
Ces deux résultats confirment bien la réalité économique, la dépréciation de la monnaie cause
de l’inflation ce que nous constatons dans la crise de 1986 pour l’économie algérienne. Une
variation dans le taux de change affecte les prix du pétrole, car le pétrole est côté en dollars.
Son prix perçu dépend directement du taux de change entre le dollar et la monnaie locale.
L’analyse des fonctions de réponses impulsionnelles nous informe qu’un choc sur l’une des
variables : taux de change donne un effet nul en première période et égale à 0,14 % en
deuxième période et s’atténue à long terme pour convergé vers zéro en dixième période.
- Un choc sur les prix du pétrole donne un effet nul en première, et 0,07 % en deuxième
période, il augmente légèrement et progressivement dans les périodes suivantes. La dixième
période est marquée par une légère diminution (0.11 %).
- Un choc sur le produit intérieur brut (PIB) donne un effet nul en première période,
0,27 % en deuxième période, et tend vers zéro dans la dixième période.
-Un choc sur la masse monétaire aura un effet égal à zéro en première au bout de la deuxième
période cet effet devient négatif, converge vers zéro.
[73]
Conclusion générale
Conclusion générale
Dans le troisième chapitre, nous avons présenté les différentes variables qui contribuent le plus
à l’inflation en Algérie qui sont ; la masse monétaire ; les prix du pétrole ; le taux de change et
le produit intérieur brut. Nous avons supposé que la variation de chacune de ses variables
pourrait engendrer une variation de l’inflation. Autrement dit, nous voudrions apporter notre
modeste contribution à la recherche des causes de l'inflation en Algérie.
Afin de vérifier nos hypothèses, nous avons établi une étude économétrique basée sur un modèle
vectoriel à correction d’erreur qui intègre à la fois la dynamique de court et de long terme. Pour
ce faire, nous avons commencé par stationnariser les séries en niveau par la méthode de
différentiation, puis nous avons estimé un modèle VAR dont les coefficients n’étaient pas
statistiquement significatifs. Le test de cointégration a indiqué l’existence d’une seule relation
de cointégration ce que nous a permis d’estimer un modèle VECM dont les résultats sont les
suivants :
À court terme il existe une relation entre l’inflation et le taux de change et avec le produit
intérieur. Cependant il n’existe aucune relation avec les autres variables. Ceci reflète la réalité
de l'évolution du taux d'inflation d'un pays serait alors immédiatement compensée par un
mouvement opposé du taux de change. Lorsque les prix augmentent dans un pays, alors la
devise de ce pays devrait se déprécier pour que la parité soit rétablie.
À long terme il existe une seule relation entre l’inflation et la masse monétaire (M2). Les autres
variables n’influencent pas l’inflation à long terme.
[74]
Conclusion générale
Cette maitrise est le fruit d’une politique monétaire restrictive de la banque d’Algérie mais aussi
par le concoure au fond de régulation des recettes qui a jouer un rôle déterminants dans la
maitrise de l’inflation en Algérie.
[75]
1) Bibliographie :
2) Ouvrage :
3) AKERLOF G., Dickens W et Perry G," The macroeconomics of low inflation, Brookings
Papers on Economic Activity, 1996, vol 1.
4) ANTOINE « l’espace monétaire et ses enjeux », édition Laurence Michoux, France, mars 1996.
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Liste des figures
Tableau N° 1 : Les trois conditions obligatoires pour qu’il y ait inflation ……………....…05
VAR(1) :
VAR(2) :
VAR (3) :
VAR (4) :
La différentiation
Série inflation :
Modèle 3 RETARD 0
Modèle[3] Retard 1
Modèle[3]retard 2
Modèle[3]retard 3
Modèle[3]retards 4
Test de cointégration de Johansen
Test d’hétéroscédasticité
Série inflation :
Modèle [3]retard 0
Modèle[3]retard 1
Modèle[3]retard 2
Modèle 3 retard 3
Modèle 3 retards4 :
Résumé :
L'inflation est l'un des phénomènes économiques les plus connus dans le monde. Plusieurs définitions
et causes ont été attribuées à l'inflation, des plus simplistes aux plus abouties, des plus anciennes aux
plus récentes.
L’inflation n'est pas neutre sur le plan économique et social. Elle fait des perdants et des gagnants
selon la situation de chaque agent économique et sa capacité à y faire face.
Le rôle attribué à la Banque d’Algérie en matière de politique monétaire est la régulation de l'inflation.
Dépossédées des instruments d'intervention directe, les autorités monétaires doivent se contenter
d'interventions indirectes.
L’objectif de cette présente recherche est d’analyser les déterminants d’inflation en Algérie à travers
une étude empirique basée sur la modélisation vectorielle à correction d’erreur (VECM) qui intègre à
la fois la dynamique de court et de long terme.
Mots clés : Inflation, IPC, Offre et demande, Politique monétaire, Modélisation.
Summary
Inflation is one of the most known economical phenomenons in the world. Many definitions were
attributed to inflation, from the simplest to the most advanced, and from the most ancient to the most
recent.
Inflation is not neutral on the economic and social level. It makes losers as well as winners depending
on the situation of every economic agent and its ability to manage it.
The role attributed to the Bank of Algeria regarding monetary policy is to regulate the inflation.
Dispossessed of direct intervention instruments, monetary authorities have no choice but to intervene
indirectly.
The purpose of the present study is to analyze the determinants of inflation in Algeria through an
empirical study based on Vector Error Correction Model (VECM), which integrates the dynamic of
short and long term at the same time.
Keywords: Inflation, IPC, supply and demand, monetary policy, modeling.
:ﻣﻠﺨﺺ
ﺳﻮاء ﻛﺎﻧﺖ ﺑﺴﯿﻄﺔ أم، وﻗﺪ ﺧﺼﺼﺖ ﻟﮫ ﻋﺪة ﺗﻌﺮﯾﻔﺎت وأﺳﺒﺎب،إن اﻟﺘﻀﺨﻢ ھﻮ أﺣﺪ اﻟﻤﻈﺎھﺮ اﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ اﻟﻤﻌﺮوﻓﺔ ﺟﯿﺪا ﻓﻲ اﻟﻌﺎﻟﻢ
. ﻗﺪﯾﻤﺔ ام ﺣﺪﯾﺜﺔ،ﻣﻌﻘﺪة
إذ ﯾﻨﺘﺞ ﻋﻨﮫ راﺑﺤﻮن وﺧﺎﺳﺮون ﺣﺴﺐ ﺣﺎﻟﺔ ﻛﻞ ﻣﺘﻌﺎﻣﻞ اﻗﺘﺼﺎدي،ﻻ ﯾﻠﻌﺐ اﻟﺘﻀﺨﻢ دورا ﺣﯿﺎدﯾﺎ ﻋﻠﻰ اﻟﺼﻌﯿﺪ اﻻﻗﺘﺼﺎدي واﻻﺟﺘﻤﺎﻋﻲ
.وﻗﺪرﺗﮫ ﻋﻠﻰ ﻣﻮاﺟﮭﺔ ذﻟﻚ
ﺗﻜﺘﻔﻲ اﻟﺴﻠﻄﺎت اﻟﻤﺎﻟﯿﺔ ﺑﺘﺪﺧﻼت ﻏﯿﺮ ﻣﺒﺎﺷﺮة ﻓﻲ ﺿﻞ ﻏﯿﺎب.ﯾﻜﻤﻦ دور ﺑﻨﻚ اﻟﺠﺰاﺋﺮ ﻓﻲ ﻣﺠﺎل اﻟﺴﯿﺎﺳﺔ اﻟﻤﺎﻟﯿﺔ ﻓﻲ ﺗﻨﻈﯿﻢ اﻟﺘﻀﺨﻢ
.وﺳﺎﺋﻞ اﻟﺘﺪﺧﻞ اﻟﻤﺒﺎﺷﺮ
(VECM) ﯾﮭﺪف ھﺬا اﻟﺒﺤﺚ إﻟﻰ ﺗﺤﻠﯿﻞ اﻟﻌﻮاﻣﻞ اﻟﻤﺤﺪدة ﻟﻠﺘﻀﺨﻢ ﻓﻲ اﻟﺠﺰاﺋﺮ ﻋﺒﺮ دراﺳﺔ ﺗﺠﺮﯾﺒﯿﺔ ﺗﻌﺘﻤﺪ ﻧﻤﻮذج ﻣﺘﺠﮫ ﺗﺼﺤﯿﺢ اﻟﺨﻄﺄ
.واﻟﺘﻲ ﺗﺘﻀﻤﻦ دﯾﻨﺎﻣﯿﻜﯿﺘﻲ اﻟﻤﺪى اﻟﻘﺼﯿﺮ واﻟﺒﻌﯿﺪ
. إﻧﺸﺎء اﻟﻨﻤﺎذج، اﻟﺴﯿﺎﺳﺔ اﻟﻤﺎﻟﯿﺔ، اﻟﻌﺮض واﻟﻄﻠﺐ،IPC ، اﻟﺘﻀﺨﻢ:ﻛﻠﻤﺎت دﻻﻟﯿﺔ