La rage
Objectifs :
Définir la rage
Énumérer les 5 principaux signes de la rage furieuse
Citer les 3 éléments d’appréciation du risque de contamination
Énoncer les principes de la prise en charge une exposition au risque rabique
Plan :
1- Généralités
2- Etude clinique
3- Diagnostic
4- Traitement
Conclusion
1. Généralités
1.1. Définition
La rage est une zoonose très répandue, responsable d’une encéphalomyélite mortelle
transmise accidentellement à l’homme et est due au virus rabique.
1.2. Intérêt
Il est pronostic, car la rage déclarée est mortelle.
Il est également épidémiologique. En effet, la rage est une maladie à déclaration obligatoire.
De plus, il existe une poche endémique au niveau de la région de Maradi.
1.3. Rappel virologique
L’agent responsable est le rhabdovirus. C’est un virus à ARN du genre lyssavirus dont il existe
7 génotypes. Le virus de la rage classique est du génotype 1.
La transmission de la rage se fait par inoculation.
La rage est une zoonose des vertébrés à sang chaud accidentellement transmise à l’homme.
Il existe 3 modes de contamination :
• La rage citadine ou canine ou urbaine, liée à l’infestation des animaux
domestiques. C’est la plus fréquente au Niger.
• La rage sauvage ou rage des carnassiers : Elle est prédominante chez les
renards en Europe. Elle est appelée rage vulpine. Il existe 2 pics de fréquence
de transmission annuelle :
L’époque du rut où les mâles se battent
À la mise bas lorsque la densité de la population augmente
• La rage des chiroptères dont la transmission se fait par :
Morsure
Inhalation dans les grottes infestées
Il faut noter l’absence de symptômes chez les chiroptères.
La transmission est salivaire, mais, plus rarement se faire par inhalation. La pénétration
transcutanée sur peau saine non lésée est impossible. L’Inoculation se fait à partir d’un
animal par :
• Morsure
• Léchage de muqueuse
Une fois à l’intérieur de l’organisme, le virus se multiplie au point d’inoculation dans les
cellules musculaires pendant 3 à 4 jours, puis ils pénètrent dans les terminaisons nerveuses
périphériques par la plaque motrice. A partir de là, la migration se fait vers le système
nerveux central où les virions vont se multiplier et donner des lésions spécifiques appelées
Corps de Négri. Le virus diffuse ensuite vers les tissus surtout vers les glandes salivaires.
2. Etude clinique
2.1. Type de description : Rage furieuse
Elle est également appelée rage spastique ou rage diabolique.
L’incubation est variable, mais dure en moyenne 40 jours.
L’invasion est d’autant plus rapide que la porte d’entrée est :
Proche du système nerveux central comme au niveau de la face
Riche en innervation comme au niveau de la main
La phase d’état réalise un tableau d’excitation psychomotrice majeure. Il s’agit d’une
agitation fébrile de type maniaque. Le patient est agité en ne tient plus en place. Il crie,
hurle, présente des mouvements anormaux, brise les objets, crache et cherche à mordre. Il a
une soif vive, mais n’arrive pas à boire du fait de la contraction paroxystique du pharynx à la
vue de l’eau ou au son de l’eau qui coule. C’est le spasme hydrophobique pouvant aboutir à
des crises tétaniformes. La salivation est exagérée et la déglutition impossible. Il existe une
atteinte neurovégétative à type de :
Sueurs abondantes
Irrégularité cardio-pulmonaire
L’évolution est mortelle en quelques jours.
2.2. Formes cliniques
Il s’agit essentiellement de la rage paralytique.
Elle est moins fréquente et réalise un syndrome paralytique avec :
Des douleurs des membres inférieurs accompagnées de paralysie flasque
De troubles sphinctériens
D’atteinte des paires crâniennes pouvant évoluer vers une atteinte
cardiorespiratoire
Son évolution se fait vers la mort mais beaucoup moins rapidement que la forme
paralytique.
3. Diagnostic
3.1. Diagnostic positif
Il est évoqué cliniquement surtout dans la forme furieuse. De plus la notion à l’interrogatoire
de contact avec un animal est un élément à prendre en compte.
Il est confirmé biologiquement par :
La détection du virus par immunofluorecence en 2 heures
L’isolement viral en culture cellulaire en 24 heures
La présence de corps de Négri à l’autopsie
Les prélèvements se font au niveau des glandes salivaires et du cerveau.
3.2. Diagnostic différentiel
Il se fait dans la forme furieuse avec
3.2.1. Accès maniaque
Mais, il n’y a pas :
d’hyperesthésie cutanée et sensorielle
d’hydrophobie
de syndrome neurovégétatif
3.2.2. Délire aigu
Au cours du délire aigu, il n’y a pas d’hydrophobie.
3.2.3. Delirium tremens
4. Traitement
4.1. Traitement curatif
Il n’existe aucun traitement de la rage déclarée. Néanmoins, la vaccination précoce en cas de
contamination peut permettre d’enrayer le cours évolutif de la maladie.
Après un contact avec un animal pouvant être enragé, la prise en charge doit prendre en
compte trois éléments :
Traitement local
Appréciation du risque de contamination
Traitement général
4.1.1. Traitement local
Toute plaie secondaire à une morsure, doit être :
Lavée abondamment à l’eau savonneuse
Rincée à l’eau
Désinfectée par un ammonium quaternaire
Il n’y a pas de contre-indication à la suture si elle est nécessaire. Il est tout de même
nécessaire de faire un parage soigneux.
4.1.2. Appréciation du risque de contamination
Il tient compte de :
L’enzootie rabique régionale
L’animal : chez qui le diagnostic de rage est difficile
• Si l’animal est vivant, une surveillance vétérinaire pendant 14 jours est
nécessaire. S’il n’y a pas de rage déclarée, la morsure est déclarée non
infectante
• Si l’animal est mort soit spontanément soit tué, l’analyse en urgence de la
tête conservée dans la glace par les services vétérinaires doit être faite.
Du siège et de la nature du contact :
• Les morsures de la face, du cou et des extrémités sont dangereuses
• L’interposition de vêtements non déchirés est protectrice
Le risque est de 90% pour une morsure au visage et de 0,1% pour le léchage.
4.1.3. Traitement général
Il est basé sur la sérothérapie et/ou la vaccinothérapie.
[Link]. Sérothérapie
Elle est indiquée sans limite de temps après le contact dans les morsures graves par un
animal manifestement enragé. Elle se fait à base d’Ig homologues spécifiques antirabiques
en I.M. à la dose de 20 U.I./Kg. Sa tolérance est bonne.