Analyse et Gestion des
Risques Professionnels
En quoi consiste une évaluation des risques?
Le terme évaluation des risques est utilisé pour décrire l'ensemble du processus
ou de la méthode qui permet :
• Identifier les dangers et les facteurs de risque susceptibles de causer des
dommages
• D'analyser et d'examiner le risque associé au danger
• De déterminer des moyens appropriés pour éliminer le danger ou pour
maîtriser le risque lorsque le danger ne peut pas être éliminé
Analyse et Gestion des Risques Professionnels
Pourquoi une évaluation des risques est-elle si importante?
Les évaluations des risques sont très importantes puisqu'elles font partie intégrante d'un bon plan
de gestion de la santé et de la sécurité au travail. Elles contribuent à :
• Sensibiliser les personnes aux dangers et aux risques.
• Déterminer qui est exposé à des risques (employés, personnel d'entretien, visiteurs,…).
• Déterminer si un programme de gestion est nécessaire pour un danger particulier.
• Déterminer si les mesures de maîtrise des risques en place sont appropriées ou s'il faut en
instaurer d'autres.
• Prévenir les blessures ou les maladies lorsque les évaluations sont effectuées à l'étape de la
conception ou de la planification.
• Hiérarchiser les risques et les mesures de maîtrise de ces derniers.
• Satisfaire les obligations juridiques, le cas échéant.
Quel est l'objectif de l'évaluation des risques ?
L'objectif du processus d'évaluation des risques consiste à examiner les dangers, puis
à éliminer ces dangers ou à réduire le degré de risque en ajoutant des mesures de
maîtrise des risques, au besoin. Ainsi, le lieu de travail deviendra plus sûr et plus sain.
Le but est de tenter de répondre aux questions suivantes :
[Link] peut-il arriver et dans quelles circonstances ?
[Link] sont les conséquences possibles ?
[Link] est la probabilité que les conséquences possibles se produisent ?
[Link]-ce que le risque est maîtrisé efficacement, ou faut-il prendre d'autres mesures ?
Les cinq étapes de l’évaluation des risques
L’évaluation des risques peut être décrite comme étant un processus en 5 étapes :
1. Identifier les dangers.
2. Identifier qui pourrait être blessé et comment.
3. Évaluer le risque et décider des précautions à prendre.
4. Consigner les découvertes importantes et les mettre en application.
5. Réexaminer et mettre à jour si nécessaire.
Étape 1 : identifier les dangers
La première étape dans le processus d’évaluation des risques est d’identifier
tous les dangers significatifs associés au travail.
les dangers sont les choses pouvant potentiellement causer des
dommages corporels.
Dangers pour la sécurité
Il existe de nombreux dangers pouvant occasionner une blessure corporelle
immédiate :
• Travail en hauteur
Le travail en hauteur est le travail qui présente un risque de chute susceptible de causer des blessures
corporelles en l’absence de prise de précautions.
• Dangers présenter par les machines
Les dangers mécaniques des machines sont : l’écrasement, le cisaillement, la coupure ou le
sectionnement, le happement, la friction ou l’abrasion, la projection des fluide sous pression,…
• Produits chimiques (Corrosion/irritation, Danger par aspiration )
Corrosion/irritation cutanée : détruit les tissus cutanés vivants par contact ou provoque une
inflammation de peau suite à un contact
Danger par aspiration : peut causer des dommages des voies respiratoires en cas d’inhalation
accidentelle dans les poumons.
• Électricité.
Les risques liés à l’électricité sont les chocs électriques, les brulures (directe et indirecte), les feux et les
explosions, les arcs électriques,…
Sources d’information
Quelque exemple :
• Les registres d’accidents.
• Les dossiers médicaux.
les rapports d’accidents d’une entreprise peuvent donner une idée de la fréquence et de la
gravité des blessures dues à une manutention manuelle, et ils peuvent être utilisés pour ajuster
les mesures de prévention et de contrôle dans l’entreprise.
• La législation nationale (réglementation marocaine).
• Les informations du fabricant comme les instructions de fonctionnement des
machines et installations, et les fiches de données de sécurité fournies par les
fournisseurs de produits chimiques.
Méthodes d’identification des dangers
Il existe plusieurs méthodes pour à identifier les dangers, comme l’analyse des
tâches, la consultation de disposition légales, les informations données par le
fabricant et les données d’incident.
Analyse des tâches
Il s’agit là d’une méthode utile pour identifier les dangers, car elle permet de
repérer les dangers avant le début des travaux, plutôt qu’une fois ceux-ci
commencés. L’analyse des tâches consiste à diviser un travail en étapes qui
le composent et à identifier les dangers associés à chaque étape, de sorte
que le mode de travail en sécurité puisse ensuite être établi pour traiter
chaque danger. Ceci peut être fait dans le cadre du processus de
planification avant que le travail ne commence, et c’est ainsi que les modes
de travail en sécurité sont développés.
Étape 2 : Identifiez les personnes courant un risque
Lorsque vous identifiez les personnes courant un risque, ne pensez pas
seulement à ceux qui effectuent des activités particulières, mais aussi à ceux
qui peuvent être affectés par ces activités. A titre d’exemple :
Travailleurs/opérateurs , Équipes de maintenance , Entreprises extérieures ,
Visiteurs, Membres du public,…
Étape 3 : Évaluer le risque et décider des précautions à prendre
le processus d’évaluation des risques consiste à répondre à une question simple : Le niveau de
risque généré par le danger est-il acceptable ou doit-il être réduit ?
Probabilité, gravité et notation du risque
Le risque est une combinaison de la probabilité qu’un danger cause un dommage et de la
gravité prévisible de la blessure si le dommage se réalisait.
Le risque peut être décrit qualitativement en utilisant des mots tels que « très élevé », «
élevé »,
« moyen », « faible » ou « insignifiant »
Risque = probabilité x gravité
Probabilité Gravité
1 = extrêmement improbable 1 = blessure très mineure
2 = peu probable 2 = blessure nécessitant des premiers soins
3 = possible 3 = blessure entraînant un arrêt de travail
4 = probable 4 = traitement hospitalier
5 = très probable 5 = blessure entraînant un handicap
En utilisant ce système de notation,
le nombre correspondant au taux de risque généré par
un câble électrique mal rangé, positionné en travers
d’un couloir très fréquenté peut être calculé comme
suit : 5 × 4 = 20 (très probable × nécessite un traitement
hospitalier).
Le même câble électrique traînant sur le sol près du mur
arrière d’un local technique rarement visité peut être
noté 1 × 4 = 4 (extrêmement improbable × nécessite un
traitement hospitalier).
Matrice d’évaluation des risques
Ce graphique démontre comment les niveaux de risque peuvent être
catégorisés en utilisant des nombres et un code couleurs.
Dans cet exemple, le vert identifie un risque faible, le rouge identifie un
risque élevé, et les risques intermédiaires se trouvent entre les deux.
Niveau de risque et code couleur
Danger immédiat, Risque élevé, Risque moyen, Faible risque, Très faible risque
A titre d’exemple :
Démarche générale de prévention
Lorsque des dangers sont identifiés par le biais
du processus d’évaluation des risques, il est
nécessaire de décider de quelles précautions
il y a besoin pour réduire les dangers en
question à un niveau acceptable.
La démarche générale de prévention des
risques (fondée sur l’ISO 45001 et l’ILO-OSH
2001) :
1. Élimination.
2. Substitution.
3. Mesures techniques de prévention et de
protection.
4. Contrôles administratifs.
5. EPI.
Élimination
Si un danger peut être éliminé, alors le risque créé par ce danger
disparaît. Cela peut être réalisé en évitant complètement de faire
l’activité qui engendre le risque.
Par exemple, un atelier d’assemblage pourrait cesser son activité de
soudure de l’acier afin d’éviter les risques inhérents aux opérations de
soudage, et pourrait acheter des composants métalliques
préfabriqués. La limite évidente de cette approche est qu’il n’est pas
possible de l’appliquer à la plupart des activités réalisées sur le lieu de
travail.
Substitution
Parfois, on ne peut parvenir à éliminer le danger, mais il est possible de
substituer ce danger par un autre danger générant moins de risque.
Par exemple, une substance dangereuse classée comme « toxique »
(c’est-à-dire létale à faible dose) est substituée par une substance
qualifiée « d’irritante ». La substance de remplacement est toujours
dangereuse, mais elle est bien moins dangereuse.
Mesures techniques de prévention et de protection
Les mesures techniques de prévention et de protection impliquent
l’utilisation d’une solution technique pour empêcher l’exposition au
danger.
• L’isolement ou le confinement total : le but est ici d’isoler
physiquement le danger de sorte que personne n’y soit exposé.
Par exemple : la présence de barrières de sécurité autour d’une
machine en mouvement pour éviter tout contact
• Séparation ou ségrégation : consiste simplement à placer le danger
dans un endroit inaccessible.
Par exemple : Un câblage situé en hauteur, à l’endroit où un
conducteur électrique a été placé hors de portée. Dans ce cas, des
précautions doivent être prises pour s’assurer que les distances de
sécurité sont à tout moment respectées (ex. en utilisant des poteaux
pour avertir les opérateurs de machines présents sur un site de
construction qu’il existe des distances de sécurité pour les dispositifs
électriques aériens sous tension).
• Dispositifs de sécurité et caractéristiques qui assurent qu’un élément
est utilisé de manière correcte et non de manière imprudente. Par
exemple, des interrupteurs de sécurité sont fixés sur les protections
mobiles des machines pour s’assurer que la machine ne fonctionnera
pas lorsque la protection est ouverte (mais fonctionnera lorsque la
protection est fermée).
Mesures administratives de prévention et de protection
Les mesures administratives de prévention et de protection sont celles qui
reposent sur les procédures et les comportements comme :
• Mode de travail en sécurité : une procédure formelle qui définit une
méthode de travail éliminant les dangers ou minimisant les risques qui
leur sont associés.
• Réduction de l’exposition : si le degré auquel un travailleur est exposé à
un danger peut être réduit, alors ce travailleur est bien moins
susceptible d’avoir un accident à cause de ce danger.
Par exemple, un opérateur qui passe toute la journée à travailler sur une
machine comprenant des pièces mobiles dangereuses est plus susceptible
d’être blessé qu’un opérateur exposé au même danger pendant
seulement une heure de sa journée de travail.
• Réduire le temps d’exposition : de nombreux dangers sanitaires
présents sur le lieu de travail causent un degré de dommage
dépendant entièrement de la dose reçue par le travailleur,
comme par exemple les dommages causés par le bruit, les
vibrations, les rayonnements et la plupart des produits chimiques
dangereux (tel que le plomb). La dose est déterminée par deux
facteurs principaux :
o Concentration, intensité ou magnitude du danger présent.
o Durée d’exposition.
• Information, instruction, formation : la formation est essentielle pour permettre aux employés de
devenir compétents.
Un employé compétent est pourvu de toutes les informations pertinentes, il est pleinement averti
des dangers et sait utiliser des mesures préventives appropriées.
Une manière pour l’employeur de fournir des informations de base sur la santé-sécurité est
l’utilisation de la signalisation de sécurité
Obligatoire Mise en sécurité
Interdiction Avertissement Itinéraire d’évacuation
Port des chaussures de
Accès interdit à toute Matériau toxique d’urgence
sécurité obligatoire
personne non autorisée
• Supervision : désigne la vérification régulière des travailleurs par l’équipe de management et
l’exercice de leur autorité afin de contrôler les comportements. La supervision, qui est une mesure
de prévention cruciale à disposition du management, n’est pas nécessairement synonyme de
surveillance constante des travailleurs et du lieu de travail
Equipement de protection individuelle
Dans certains cas, aucune des mesures de prévention mentionnées ci-dessus
ne peut être utilisée, il peut être alors nécessaire d’utiliser des équipements de
protection individuelle (EPI). Tels que :
• Des casques anti-bruit.
• Des gants pour empêcher le contact avec des substances
dangereuses avec la peau.
• Une protection respiratoire contre les substances dangereuses par
inhalation (inspiration).
• Une protection oculaire contre les projections de produits chimiques et
de métaux en fusion, contre les brumes et brouillards, les pulvérisations
et les poussières, les projectiles et les rayonnements y compris les
lumières laser.
Étape 4 : consigner les résultats notables et les mettre en œuvre
Les découvertes significatives d’une évaluation des risques doivent être
consignées pour fournir un état des dangers présents sur le lieu de travail,
l’étendue des risques qu’ils présentent et les actions engagées pour prévenir
ces risques.
Il n’existe pas de format standard pour les évaluations des risques, et les
différentes entreprises peuvent donc adopter le format le plus approprié à
leurs circonstances. Le contenu typique comprendra :
• Une identification de l’activité/la zone évaluée et des dangers importants.
• Une identification des groupes courant un risque et des groupes particulièrement exposés
• Une évaluation des risques et de l’adéquation des mesures de prévention existantes.
• Des plans d’action pour la réalisation d’autres précautions nécessaires.
• La date d’évaluation et le nom de la personne compétente réalisant l’évaluation.
• La date de révision.
Étape 5 : réexamen et mise à jour
L’évaluation des risques doit être réexaminée et modifiée si besoin, lorsqu’on a une raison de penser qu’elle n’est plus
valide ou qu’un changement important est survenu.
Un certain nombre de situations est susceptible de provoquer le réexamen d’une évaluation des risques :
• Lorsqu’il y a un changement important apporté à un élément lié à l’évaluation des risques comme :
o La méthode.
o Les substances.
o L’équipement.
o L’environnement du lieu de travail.
o Le personnel.
o Les normes légales.
• Lorsqu’il y a des raisons de penser que l’évaluation n’est pas valable comme dans les cas :
o D’accident.
o De presqu’accident.
o De maladie.
Il est également de bonne pratique de réexaminer régulièrement l’évaluation des risques. Cela peut être réalisé en
déterminant la fréquence de réexamen en se basant sur le niveau de risque associé à l’activité en question. Un
réexamen annuel des évaluations de risques est une pratique courante sur de nombreux lieux de travail.
Créer pour tous
un environnement
de confiance