Méthodes de classification phylogénétique
Méthodes de classification phylogénétique
Objectifs
Approfondir les concepts généraux nécessaires à la construction et l'analyse des relations de
parenté entre les êtres vivants. Ce cours est ainsi divisé en 3 grands chapitres :
• un 1er chapitre synthétisant les concepts de base de toute méthode taxonomique (caractère,
taxon, catégorie taxonomique, arbre phylogénétique),
• 2 grands chapitres, le 2ème et le 3ème permettront d’analyser les 2 grandes approches
phénétique et phylogénétique avec la précision du principe de base, du protocole de
construction, des avantages et inconvénients de chacune d'elles.
1
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Conclusion générale :
• Limites des explications génétiques: l'épigénétique et le concept d'héritabilité
• Plasticité du vivant et difficultés d'analyses phylogénétiques: rôle de l'écologie
comportementale et de la génétique quantitative
2
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
1 séance : étude de quelques exemples qui illustrent les homologies et les différents types
d’homoplasie (particulièrement convergence et réversion)
2 séances : analyse des principes de reconnaissance des homologies
• Principe de l’identité de localisation ou de connexion des caractères
• Principe de la récapitulation ou ontogénétique
• Principe de l’évo-dévo et de la génétique du développement
3 séances : initiation à la construction d’arbres : quelques exercices
• Arbres phénétiques à partir de matrices de distances
• Arbres cladistiques à partir de matrices de polarisation de caractères
• Arbres phylogénétiques : principe de l’éco-évo-dévo: interprétation d'arbres différents pour les
mêmes taxons et les mêmes données
3
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Introduction générale
Le vivant entre diversité et unicité,
entre variabilité et stabilité
1. La diversité biologique
La diversité biologique ou diversité des êtres vivants est immense (figure 1).
Elle peuple tous les espaces et toutes les latitudes et les altitudes :
• Dans les Mers jusqu'aux sources thermales les plus chaudes et aux plus grands fonds
océaniques ;
• Dans les Terres dans une multitude d'habitats : à la surface du sol, dans le sous-sol, dans
l'eau douce, dans les glaciers des pôles, dans les altitudes les plus hautes ;
• Dans d'autres êtres vivants ;
• Dans les airs ;
Elle existe dans les différents temps :
• Depuis, 1 milliard d'année de la naissance de la terre (c'est-à-dire il y'a maintenant environ
3,5 milliards d'années), les êtres vivants sont estimés à 10 millions d'espèces actuelles sans
compter les espèces éteintes (estimées à 1 milliard) et celles qui naissent tous les jours.
Elle a différents modes de vie :
• Libres aquatiques, aériennes, fouisseuses, sédentaires, fixées, migratrices, sociales, solitaires
grégaires ;
• Associées à d'autres organismes en différents types d'associations (altruistes, neutres, ou
parasites, égoïstes) ;
Elle a différentes tailles du virus jusqu'à la baleine.
Conclusion
La caractéristique fondamentale du vivant est donc l'hérédité qui est dans un dilemme
entre :
• La stabilité donnée par la réplication de l'ADN et par le brassage génétique continu qui
se produit lors du processus de la reproduction sexuée caractérisée par l'isolement
reproductif qui maintient le génome de l'espèce sous la forme d'un pool génique protégé
par rapport aux pools géniques des autres espèces. La stabilité permet donc le maintien de
l'unité.
• La Variabilité possible grâce à cette même reproduction sexuée qui ne donne pas le même
succès reproducteur aux individus qui constituent la population de l'espèce dans un
environnement donné. Le pool génique est ainsi changeant en fonction des fluctuations du
milieu qui peut provoquer des barrières reproductives au sein de la même population
pouvant aboutir à la naissance de nouvelles espèces ou à l'évolution de l'espèce d'origine.
La variabilité est le pilier de l'évolution. Sans variabilité, la diversité observée dans la
nature ne pourrait exister.
6
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Développement durable
7
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Chapitre 1
Avant la classification de la diversité
Quelques concepts clés
Introduction
La diversité du vivant étant immense (estimée à 10 millions d’espèces vivantes
actuelles environ), pour pouvoir l’appréhender, l’Homme a besoin de rechercher à l’ordonner
pour la comprendre. Ainsi, depuis l’antiquité, l’Homme était attiré par les êtres vivants qui
l’entouraient bien qu’il ne connaissait pas un nombre important ; il a voulu les ranger ou les
classer, d’où la naissance de la plus vieille branche de la biologie appelée taxonomie, plus tard
renommée systématique, car la première correspond à l’art de nommer le vivant (espèce,
genre, famille, …) dont on ne percevait pas encore l’ordre harmonieux, et la seconde à l’art de
comprendre les mécanismes sous-tendant ces nominations qui sont avérées bien ordonnées
en harmonie évolutive écosystémique car ajustée par l’interaction dynamique vivant-
environnement. Plus tard, la systématique et la taxonomie se rejoignent pour être deux facettes
d’un même travail, celui de chercher l’origine de l’harmonie observée entre les êtres vivants et
de comprendre comment les êtres vivants se sont diversifiés tout en restant en harmonie.
1. Le caractère
1.1. Qu'est-ce qu'un caractère ?
Un caractère d'être vivant ou attribut est tout ce qui permet de le distinguer par rapport
aux autres êtres vivants. L'ensemble des caractères constitue le phénotype de l'organisme à
classer. Ces caractères peuvent être pris à toutes les échelles du vivant (du moléculaire au
macroscopique : caractère moléculaire, cellulaire, tissulaire, organismique (morphologie,
anatomie, physiologie), populationnel, écosystémique). Pour expliquer ces caractères, nous
allons prendre les caractères se rapportant à une même structure : l'appareil reproducteur (figure
3) :
• L'échelle moléculaire et génétique : les molécules de l'hérédité, leur structure, leur
transcription-traduction et leur mode de transmission et d'action. Exemple : les gènes, ARN,
molécules qui contrôlent la reproduction et le développement de l'appareil reproducteur.
• L'échelle biochimique : les molécules biochimiques (glucides, lipides et protides) et leurs
réactions. Exemple : les hormones sexuelles, leurs structures, localisations, réactions et
effets.
8
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
• L'échelle physiologique : toutes les fonctions entrent dans cette échelle. Exemple : comment
fonctionne l'appareil reproducteur et l’organisme reproducteur entier ?
• L'échelle histologique : les types et les agencements des tissus et des cellules dans les
organes. Exemple : histologie et complexité de l'appareil reproducteur.
• L'échelle anatomique : les organes internes et leur agencement en appareils et systèmes.
Exemple : l'appareil reproducteur, ses composants internes et ses relations
anatomiques.
• L'échelle morphologique : c'est la forme de l'organisme et de ces structures externes.
Exemple : morphologie externe liée à la reproduction, organes d'accouplement, dimorphisme
sexuel.
• L'échelle populationnelle : l'organisation de la population, sa dynamique et son éthologie.
Exemple le mode, le cycle et le comportement reproducteur et sexuel.
• L'échelle écosystémique : étude de l'écologie de l'organisme dans son écosystème.
Exemple, les stratégies de reproduction et la sélection sexuelle.
Cette multitude de caractères s'est accumulé avec le temps et avec le progrès scientifique
et technologique, qui vont de pair avec le progrès des méthodes de classification. Ainsi, par
exemple, l'augmentation considérable du nombre de caractères rend difficile leur gestion
manuelle. L'outil informatique et l'outil statistique ont été d'un secours important à la
taxonomie (voir plus loin).
9
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
forme hydrodynamique comme caractère a entrainé le classement des dauphins parmi les
poissons.
• Le mode d’observation du caractère et de son état est tributaire du progrès scientifique et
technique qui accompagne le progrès scientifique et technologique, y compris le progrès qui
permet d’observer et d’analyser finement et objectivement le caractère. Ainsi, observer la
forme hydrodynamique comme un état qui peut rapprocher les taxons s’avère insuffisant et
d’autres interprétations des causes de cette forme sont nécessaires. L’état du caractère est-il
ancestral ou dérivé ? Est-il une adaptation particulière ?
• Le mode de rangement des taxons les uns par rapport aux autres est tributaire également du
degré d’objectivité du taxonomiste. En effet, même avec un même choix de caractère et une
même observation, le mode de rangement peut donner des résultats différents selon la
conception du rangement du savant. Le dauphin a été rangé dans un arbre mettant les
poissons ensemble éloignés des tétrapodes ensemble au début. Son rangement a changé en
ayant compris l’évolution dynamique des caractères et le phénomène de leur convergence
chez des taxons éloignés. La conception évolutive du rangement diffère de la conception
en échelle de perfection fixiste. Encore, plus frappant, celle évolutive de Darwin diffère de
celle cladiste de Hennig (voir plus loin).
Ces trois difficultés sont liées par le degré d’objectivité du taxonomiste (comment classer ?),
par le progrès des sciences du vivant (pourquoi ce type de classement ?) et par le progrès
technologique (quels outils et méthodes de classement ?). Tout revient à se poser la question comment
étudier les caractères ?
Objectivité du taxonomiste
Dépend du
Progrès scientifique et Progrès technologique
1
Phénotype organisé selon Sélection d’une organisation :
son génotype sélectionné
Environnement
Soma différencié + Germen
4
Origine des processus Morphogenèse normale ou traumatique Influence épigénétique
6 Pourquoi ? 2, 3
*
Différents phénotypes polymorphes plastiques, homéostasiques
Plasticité expériencielle, compétition, potentiel biotique différent 5
Figure 5. La variabilité du génotype et du phénotype et de leur expression crée une dualité
évolutive recherchée dans le Pourquoi ? et fonctionnelle recherchée dans le Comment ?
Les n° dans la figure correspondent aux caractéristiques animales elles-mêmes montrant la bio-
complexité : 1 : organisation dynamique, 2 : polymorphisme, 3 : plasticité génotypique et
phénotypique, 4 : différenciation et morphogenèse normale et traumatique, 5 : homéostasie, 6 :
évolution
Deux tableaux seront dressés pour répondre à ces deux questions. Le tableau 1
synthétise les réponses à la question comment par la recherche des causes fonctionnelles
appelées proximales car immédiates. Le tableau 2 compare les causes évolutives appelées
ultimes car historiques et répondent au pourquoi. Un troisième tableau 3 résume la possibilité
de ces deux causes grâce à la présence du programme génétique.
11
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Stimuli
La nourriture ne diminue pas en hiver
jours longs jours courts=absence de La reproduction ne nécessite pas la
nourriture migration
Besoins physiologiques
12
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
13
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
La facette quantitative des caractères s’étudie par la phénétique qui recherche les
mécanismes des différences, la facette qualitative s’étudie par la cladistique qui recherche
l’origine des différences, les deux sont recherchés dans les mêmes caractères.
2. Le taxon
2.1. Qu'est-ce qu'un taxon ?
Il s'agit d'un groupe d'êtres vivants réunis ensemble par un certain nombre de caractères
communs, quel que soit la taille de ce taxon. C'est l'unité de classification délimitée
scientifiquement par des caractères de parenté (voir plus loin).
Le taxon "Animaux ou Métazoaires", par exemple, groupe tous les êtres vivants qui
ont les caractères de parenté suivants : Eucaryotes, Pluricellulaires, Hétérotrophes (mangeurs
d’autres êtres vivants digérés dans un tube digestif), Unicontes (un seul flagelle au moins
spermatique), Opisthocontes (flagelle propulseur situé à l’arrière de la cellule) et mobiles au
moins à un stade de leur cycle vital.
Comme caractères moléculaires, ce sont les seuls êtres vivants qui possèdent des
desmosomes et du collagène (témoin de leur grande souplesse, comparés aux autres êtres
vivants).
Rappel bref sur les desmosomes et le collagène :
• Les desmosomes ou macula densae (macula adherans) sont des jonctions adhérentes
largement réparties sur les surfaces des cellules épithéliales assurant la cohésion de
l’ensemble. Ce sont des complexes protéiques (cadhérines) formant des jonctions entre deux
cellules voisines au niveau d’une plaque d’ancrage (desmoplakines) ancrés dans un
cytosquelette cytoplasmique (kératine, actine, tubuline…).
• Les hémidesmosomes ressemblent aux desmosomes, mais permettent l’ancrage des
épithéliums aux tissus sous-jacents au niveau d’une membrane basale (figure 6).
• Le collagène : protéine complexe remplissant la matrice extracellulaire en réseau plus ou
moins dense selon les tissus (plus important dans les tissus conjonctifs banaux et spécialisés
comme l’os et le cartilage) (figure 7).
14
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
15
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Aux taxons, les savants accolent souvent une catégorisation hiérarchique datant des
plus vieilles classifications particulièrement celles établis par le savant considéré comme le père
de la Taxonomie : Linné.
16
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Qu'est-ce qui change dans ces deux catégorisations ? Rien, car le taxon Homme est bien
délimité par des caractères réels, observables, calculables et qualifiables. Le mettre dans une
catégorie ou une autre ne change rien au taxon.
Cette catégorisation est donc, artificielle, et encombre les étudiants pour ne rien ajouter
sur le plan scientifique.
Même la catégorie "espèce" qui représente l'unité de base de la classification, n'est pas
réelle. Mais, une des conditions principales de réussite d'une classification et la compréhension
de ce que l'on classe c'est-à-dire l'espèce.
17
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
population, qui est génétiquement isolée de point de vue reproductif d'autres populations
équivalentes.
Elle est ainsi caractérisée par un pool de gènes protégé des autres pools de gènes,
coadapté par la sélection naturelle par l'utilisation de certaines ressources du milieu. L'espèce
est donc définie par rapport à sa niche écologique. La divergence en une nouvelle espèce
implique la divergence de niche. Cette niche est difficile à définir car elle est
multidimensionnelle : spatiale (territoire d'activité), temporelle (temps d'activité) et trophique
(ressources nutritives disponibles) le tout en perpétuelle interconnexion avec les êtres vivants
vivant dans la même niche, y compris les individus de la population composant l’espèce.
Quand une divergence se produit dans le flux génique entre deux sous populations de
l'espèce, elle aboutit à deux sous-espèces quand la divergence atteint un certain seuil. Les sous-
espèces sont caractérisées par un isolement reproductif partiel.
Mayr disait : « chaque espèce est une expérience en biologie… il n’y a aucune
possibilité de prédire, pour une espèce naissante, si la nouvelle niche dans laquelle elle entre
est une impasse ou une ouverture vers une nouvelle grande zone adaptative. »
18
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Population a une unité génétique : pool de gènes protégé mais variable car dépendant
des mutations, des loteries de la gamétogenèse et fécondation et soumis à la sélection
naturelle et sexuelle du milieu
L'espèce mère
Présence de barrière
Sous –Population1 Sous –Population2
Divergence du pool génique mère
Pool 1 Pool 2
Isolement reproductif
Espèce fille 1 Spéciation Espèce fille 2
19
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Ontogenèse ou
développement
Figure 13. Deux phénotypes de daphnie (celui de gauche est induit par les prédateurs)
20
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Environnement Développement
Eco-Dévo Evo-Dévo
Génotype
Phénotype
Ecologie Évolution
Eco-Evo
21
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Depuis longtemps, on croyait que la classification était bien stable, que chaque taxon
était bien rangé dans un niveau immuable. Mais, il s’est avéré qu’elle change continuellement
et nos modèles typologiques de rangement hiérarchique des taxons s’effondre à cause de la
variabilité perpétuelle de leurs génotypes et de leurs phénotypes sous les effets de plusieurs
pressions sélectives, d’abord naturelles, auxquelles s’ajoute la sélection sexuelle et maintenant
une sélection plus forte humaine dans cette ère qualifiée de l’anthropocène où l’effet humain
est désastreux sur la diversité du vivant (exploitation des ressources non renouvelables,
destruction massive de la diversité biologique, pollution sans précédent de toute la terre,
manipulations du vivant, brevetage et commercialisation exacerbée des nouvelles productions
aux dépens des richesses biologiques naturelles et domestiquées indigènes).
Lorsqu’on réfléchit à ces modèles types invariables, on a tendance à ne pas les changer
étant donné le confort rassurant car simplement descriptif de caractères distinctifs faciles à
observer et à analyser pour bien les ranger dans des fiches descriptives où chaque chose est bien
à sa place et ainsi facile à enseigner. « Mais, c’était sans compter sur la systématique
phylogénétique et les moyens, les progrès, les techniques mis à sa disposition » (Munier,
20211, p.4)
« L’image du professeur en blouse blanche, …, entouré d’une multitude de bocaux bien
étiquetés et remplis de formol dans lesquels baignent des organismes tous blancs, est
aujourd’hui quelque peu écornée. La classification ne se résume pas qu’à ça… » (ibid. p4).
Pour classer le vivant, il faut tenir compte qu’il est en perpétuelle évolution et donc,
que les classifications doivent suivre, non seulement le progrès scientifique et technologique,
mais surtout les nouveautés scientifiques qui apparaissent dans l’analyse des caractères qui
ne cessent de changer sous les effets de « l’érosion de la biodiversité, des changements
climatiques et des pandémies » émergentes.
• Pourquoi est-il important de repenser les taxonomies dans cette ère nouvelle de
l’anthropocène ?
• D’un autre côté, comment peut-on aborder en classe une taxonomie qui change tout le
temps, surtout que les apprenants sont novices et nécessitent beaucoup de connaissances
préalables pour comprendre les mécanismes à la base de ces changements ?
La réponse à la première question est simple car elle touche tous les domaines influant
la vie humaine et planétaire.
1. Pourquoi la taxonomie ?
La taxonomie est une partie d'une discipline plus globale appelée Systématique. C’est
Simpson (1961) qui sépara les deux branches :
• La taxonomie décrit la diversité et en fait la classification ;
• La systématique est plus large car elle s’intéresse à tous les aspects bio-complexes. La
systématique est tirée de « système » : résultat ordonné d’un travail de systématique. Elle
est synonyme de classification (mot désignant l’approche et le résultat). Elle inclut la
taxonomie, la zoologie, la botanique, la bactériologie, l’anatomie… Elle essaie de
1
Michel Munier (2021) ; La classification du vivant. Nouveautés et enseignement. (Module 4, mémoire-FB3, V3)
22
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
comprendre les relations de parenté entre les organismes vivants et fossiles par la réalisation
de phylogénies. Elle cherche aussi à comprendre les mécanismes de l'évolution.
Alors que la systématique est l’art de classer les taxons, au contraire, la taxonomie ou
aussi taxinomie est l’art de créer des taxons et de les nommer : deux facettes d’un même
travail qui se base sur la distinction par des caractères observables sur les organismes (du
morphologique au moléculaire), lesquels caractères sont, de plus, changeants et doivent tenir
compte de la parenté des taxons.
23
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
24
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Mais, le fait d’avoir remarqué qu’elle change, tout d’ailleurs comme Lamarck, est
important dans le rejet de l’invariabilité et de la fixité des êtres vivants.
25
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Mais, depuis son installation, la révolution cladistique n’a cessé de faire évoluer les
classifications par l’abolition de « grands mythes ayant marqué l’histoire de la biologie » en
général et de la taxonomie en particulier, qui sont :
• Le mythe du « progrès » évolutif et de la « complexité croissante » : l’évolution n’est pas
une « évolution toujours progressive », car l’organisation du vivant n’est pas linéaire et
elle est de plus imprévisible car soumisse aux pressions sélectives qui peuvent entrainer des
réversions (comme le retour à l’eau de certains Mammifères).
• Le mythe du concept « espèce primitive » comparée à des espèces évoluées : tous les êtres
sont aussi évolués, vu qu’ils survivent. Le langage « primitif contre évolué » ou « supérieur
contre inférieur » est remplacé par « ancien contre récent » ou « ancestral et dérivé »
montrant bien la parenté.
• Le mythe de « l’anthropocentrisme » : en biologie, l’homme n’est pas au sommet de la
classification,
• Le mythe de la « finalité » : l’évolution n’a pas pour but l’émergence de l’espèce humaine,
elle n’est pas prédictible.
• Le mythe du concept de « fossile vivant » : les espèces vivantes évoluent perpétuellement,
alors qu’une espèce fossile est éteinte avec toute sa lignée et ne peut donc plus évoluer.
• Le mythe du concept « chaînon manquant » ou intermédiaire dans la filiation : Un
intermédiaire n’est pas un ancêtre trouvé réellement, car il peut être une hypothèse évolutive
construite sur la base d’un ensemble de caractères et non pas sur la présence réelle de
l’espèce.
• Le mythe du concept « plan d’organisation » construit vers les années 2000 : car les plans
d’organisation montrent des modifications parfois importantes. Cela rejoint le critère
précédent, puisqu’on travaille sur la base de la dérivation des caractères que le taxon soit
réel ou non.
26
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
secondaires. Ainsi, l'analyse des ARNs ribosomiques des Eucaryotes, ARN18S a montré que
tous les Bilatériens triploblastiques sont des Coelomates qui se sont par la suite simplifiés chez
les Protostomiens. D’ailleurs, même la place des protostomiens semble être dérivée des
deutérostomiens.
27
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
L’ignorance de
l’épigénétique Le gradisme
2
Besnard, Guillaume (2012). Adaptive Evolution of C4 Photosynthesis through Recurrent Lateral Gene Transfer.
CNRS Université Paul Sabatier Toulouse.
28
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
4.1. La spermio-cladistique
L’apport de l’analyse ultrastructurale des spermatozoïdes est actuellement d’un grand
apport à la phylogénie des Plathelminthes, Annélides, Arthropodes et Gastrotriches.
4.2. La neuro-phylogénie
C’est une approche phylogénétique plus récente, utilisée en systématique animale. En
étudiant la structure et le développement du système nerveux de différents organismes, il est
possible de construire une phylogénie. Cette méthode a été utilisée en particulier chez les
Arthropodes, et, avec les données moléculaires, elle a permis de rapprocher les Hexapodes
de leurs homologues Crustacés.
3
Zhang, Youjun et al. (2021). Whitefly hijacks a plant detoxification gene that neutralizes plant toxins. Académie
des sciences agricoles de Chine.
29
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
[Link] Bio-informatique
Tous ces travaux n’auraient pu voir si vite le jour, si la puissance de calcul des ordinateurs
et des algorithmes informatiques n’avait autant progressé. Ces énormes progrès permettent aux
scientifiques d’avoir accès à un nombre croissant de données sur la diversité, les variations
des gènes, les génomes, les organismes et l'environnement en général. Tout cela contribue à
déterminer de plus en plus précisément les degrés de parenté entre les organismes vivants.
Revers de la médaille, les données se complexifiant, les algorithmes doivent s’adapter en
permanence sous peine de créer des biais informatiques (artéfacts) dans la construction des
arbres.
30
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Figure 21. L’orque ou épaulard (le plus rapide dans le milieu marin)
• L’écologie est aussi une des composantes majeures de l’évolution. En effet, il est apparu que
les propriétés évoluées d’un organisme (comportement, métabolisme…) transforment
certains aspects de son environnement, lesquels agiront à leur tour comme nouveaux
paramètres de la sélection naturelle, orientant ainsi la future évolution des populations. On
peut citer l’exemple des organismes photosynthétiques, tels que les cyanobactéries il y a
quelques 2,2 milliards d’années, qui ont modifié l’atmosphère primaire terrestre réductrice
par une atmosphère oxydante (accumulation du dioxygène). Ainsi le métabolisme de
certains organismes vivants a transformé un milieu, ce qui va changer certains paramètres
biophysiques de la sélection naturelle et agir sur l’évolution des populations.
Au carrefour de tous ces domaines scientifiques, il apparait sans équivoques, que le
monde du vivant est complexe, mais parfaitement organisé. L’organisme ne peut plus être
vu de manière isolée mais au sein d’un système.
31
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Pour « détricoter » et ordonner tout cela, un concept et une méthode existent. Il s’agit de
la mathématique des réseaux et de la théorie des graphes. Ainsi pour étudier l’évolution, les
arbres de lignées montrant les liens de parenté pourraient être remplacés par des réseaux les
englobant dans un ensemble plus large et représentant des organisations et des fonctionnements.
Il reste toutefois à développer une science des réseaux qui permettra de penser les
processus génétiques et les interactions mais aussi une méthode pour comparer les graphes entre
eux. Les défis sont considérables.
Pour en savoir plus : « Tous entrelacés ! Des gènes aux super-organismes : les réseaux
de l’évolution » de Eric BAPTESTE aux éditions Belin.
Chaque phylogénie proposée aujourd'hui n'est donc pas définitive : elle ne constitue en
fait qu'une étape, différente et plus précise que la précédente.
Les taxonomistes œuvrent pour la construction d’arbres monophylétiques c’est-à-dire
avec un ancêtre qui regroupe tous ses descendants. Ils se basent pour cela sur l’analyse du
32
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Ça promet pour nos formations Bio… Pas facile à suivre, si ça change tout le temps !
Mais peut-on enseigner des choses qui ne sont plus ?
33
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Chapitre 2
Les approches phénétiques
Histoire, principes et méthodes
1. Historique : approches traditionnelles aboutissant à la phénétique numérique
(moléculaire)
2. Principe de base: comparaison entre les phénotypes (ressemblance/différence)
2.1. Réalisation et analyse d'une matrice de différences de caractères : distance phénétique
2.2. Construction d'un arbre de distance à partir de l'étude de la matrice : phénogramme
Méthodes UPGMA et NJ
2.3. Avantages : facilité de réalisation même manuelle, améliorée avec les données moléculaires
2.4. Inconvénients : confusion entre homologie et homoplasie
Conclusion : approche typologique ne rend pas compte des relations évolutives
1. Définition
La première étape, après un simple rangement utilitaire de curiosité en utiles et
nuisibles, peut être appelée étape de classification phénétique voulant expliquer l’harmonie de
la nature par la recherche des ressemblances et des différences des phénotypes (de la
molécule à l'organisme).
Pour évaluer les ressemblances (similitudes) ou différences (distance phénétique :
degré de divergence), les caractères utilisés dans cette approche sont quantitatifs (présence,
absence, nombre, dimensions, poids, différence de séquences…) visibles directement sur
l'organisme, donc très faciles d'utilisation. Leur utilisation et leur calcul sont encore facilités
par les deux progrès technologiques de l'informatique et des statistiques.
34
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Cette analyse quantitative des caractères, facile d'emploi, donne une idée sur les
similitudes qui permettent de regrouper les organismes. Mais, elle ne permet pas de vérifier la
fiabilité de ces similitudes. En effet, les similitudes peuvent avoir deux orientations différentes:
les homologies et les homoplasies.
Comment peut-on les évaluer ?
2.2.1. La convergence
C'est une adaptation progressive, récente à un milieu conquis secondairement, comme
la terre comparée à l'eau (car la vie est née dans l'eau donc, les organismes terrestres ont conquis
ce milieu plus tardivement), ou comme l'air par rapport à la terre. Les animaux appartenant à
des groupes différents développent souvent des formes ayant les mêmes adaptations : exemple
forme aérodynamique avec l'acquisition d'ailes pour le vol dans l'air (tableau 4). L'aile est un
caractère dérivé récent par rapport à la patte marcheuse. Les Oiseaux et les chauves-souris
ont des ailes de forme ressemblante, mais d'organisation interne différente. Cette aile est une
adaptation convergente au vol chez ces deux groupes éloignés. C'est un caractère
homoplasique entre Oiseaux et Mammifères volants car appartenant à deux groupes qui
n'ont pas le même ancêtre commun proche (figure 6).
35
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
2.2.2. La réversion
C'est une adaptation régressive à un même milieu de vie ancestral (comme le retour à
l'eau des Mammifères marins francs ou Cétacés : dauphin et baleine par exemple). Ces
organismes ont acquis une forme hydrodynamique et des nageoires qui les ont longtemps
confondus avec les Poissons. Or les Poissons et les Mammifères n'ont pas le même ancêtre
commun proche (figure 7).
L'adaptation au milieu fluide et fouissage chez les Serpents explique l'apodie due à
une perte des pattes qui rappelle la structure des Lamproies, les plus vieux Vertébrés, qui n'ont
pas d'appendices pairs.
2.2.3. Le parallélisme
C'est une variété de convergence due à l'apparition de similitudes indépendantes à
partir de morphologies identiques. Cette convergence est une adaptation à une contrainte
interne au même groupe ou à des groupes très proches.
Le cas de la contrainte de la vie souterraine et l'apparition parallèle du phénomène de
la troglomorphose chez différentes populations indépendantes de la même espèce (exemple
Astyanax (figure 8)) qui sont passées indépendamment de la surface à la vie souterraine. La
troglomorphose est un ensemble d'adaptations à la vie souterraine (dépigmentation, réduction,
voire perte des yeux, hypertrophie d'organes sensoriels non optiques).
36
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Figure 8- Astyanax subit une dépigmentation et une perte des yeux à cause de la vie endogée
2.2.4. L'analogie
C'est un concept qui fait référence à la fonction du caractère et non au caractère lui-
même. C'est une similitude de fonction :
• Que le caractère ait la même structure ou non ;
• Que le caractère soit hérité d'un même ancêtre ou non.
2. La Détermination dichotomique
Elle est basée sur des caractères généralement à double choix (présence/absence ou
positif/négatif) et au départ influencée par un anthropocentrisme rapportant tout ce qui est
positif au groupe comprenant l’homme et tout ce qui est négatif aux autres (figure 9).
37
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Caractère B Non
Non
Caractère A Oui
Caractère B Non
Oui ons
Oui
Figure 9-Dichotomie selon un caractère à chaque bifurcation
38
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Elle reste la méthode utilisée dans l'élaboration des clés de détermination simplifiées.
<0
InVertébrés
<0
>0 Poissons
<0
Vertébrés >0 Ovipares <0
Tétrapodes Quadrupèdes
>0
Vivipares >0
Bipèdes
Ainsi, elle commence par les petits taxons et les regroupe en taxons de plus en plus
grands, en procédant par la comparaison de tous les caractères à la disposition du chercheur
(figure 11).
39
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
40
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
41
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Ca Ho CS Co
Carpe (Ca) 0
Homme (Ho 52,11 0
Chauve-Souris (CS) 50,70 9,99 0
Coq (Co) 52,82 29,79 31,21 0
42
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Ca Ho CS Co
Carpe (Ca) 0 Ho
Homme (Ho) 52,11 0
UTO1
Chauve-Souris (CS) 50,70 9,99 0
Coq (Co) 52,82 29,79 31,21 0 CS
5%
Une nouvelle UTO1 devient formée par l'ensemble Homme/Chauve-Souris et sera comparée
avec les UTO restantes, en passant à la 2ème étape par la construction de la 2èmematrice :
La matrice 2 ci-dessous montre la nouvelle plus petite distance avec le coq racinée à 30,5/2 =
15,25%
Ho
Ca UTO1 Co
Carpe (Ca) 0
UTO1 51,40 0 UTO2
Coq (Co) 52,82 30,50 0 CS
Co
15,25%
Une nouvelle UTO2 devient formée par l'ensemble UTO1 et Coq. Elle sera comparée dans la
matrice 3 avec le taxon restant, la Carpe, dans la 3ème étape :
Ca UTO2 Homme
Carpe (Ca) 0
UTO2 52,11 0
Chauve-souris
Coq
Carpe
26,055%
43
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Le principe du NJ
L’expression neighbor veut dire le plus proche, et joining : voisin. C’est une méthode
agglomérative des taxons deux par deux dans un arbre non raciné. De proche en proche
chaque groupe de deux taxons agglomérés par un nœud formera une unité taxonomique
opérationnelle nouvelle UTO à comparer avec le reste des taxons.
Ca Ho CS Co
Carpe (Ca) 0
Homme (Ho 52,11 0
Chauve-Souris (CS) 50,70 9,99 0
Coq (Co) 52,82 29,79 31,21 0
Elle comprend 4 taxons à comparer. Ces taxons forment des feuilles que l’on dispose au départ
sur un arbre étoilé où aucun cluster n’est supposé (arbre 1 non raciné).
Carpe
Homme
Chauve-souris
Coq
Arbre 1 étoilé
L’étape 1
On recherche le couple de taxons i et j qui minimise la longueur de ses branches sur
l’arbre.
Pour cela, chez les N taxons (ici N = 4 taxons), on calcule pour chaque feuille (unité
taxonomique opérationnelle UTO), la longueur moyenne correspondante à sa branche et on
la met en dessous de la matrice. Ces longueurs sont nommées UTOi. (Voir ligne rouge de la
matrice 1 ci-dessous)
44
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Ainsi :
• Longueur du cluster carpe-homme = dCa-H–UTOCa–UTOH = 52,11–77,81–45,94 = -71,64
• Longueur du cluster Ca-CS = dCa-CS- UTOCa-UTOCS= 50,70-77,81-45,95 = -73,06
• Longueur du cluster carpe-coq = dCa-Co–UTOCa–UTOCo = 52,82–77,81–56,91 = -81,90
• Longueur du cluster H-CS = dH-CS- UTOH-UTOCS= 9,99-45,94-45,95 = -81,90
• Longueur du cluster Co-H = dH-Co- UTOH-UTOCo= 29,79-45,94-56,91 = -73,06
• Longueur du cluster Co-CS = dCo-CS- UTOCo-UTOCS= 31,21-45,95-56,91 = -71,65
Ca Ho CS Co
Carpe (Ca) 0 -71,64 -73,06 -81,90
Homme (Ho) 52,11 0 -81,90 -73,06
Chauve-Souris (CS) 50,70 09,99 0 -71,65
Coq (Co) 52,82 29,79 31,21 0
UTOi 155,63/2=77,81 91,89/2= 45,94 91,90/2=45,95 113,82/2=56,91
Il apparait d’après la matrice ci-dessus que la longueur minimale agglomère le coq avec la
carpe et l’homme avec la chauve-souris : -81,90
L’étape 2
Elle consiste à rechercher la longueur minimale (L) de chaque branche des premiers clusters
par rapport aux nœuds qui les agglomère.
Li = Dij/2 + (UTi-UTj) /2 & Lj = Dij/2 + (UTj-UTi) /2
45
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
H
4,99
UTO1
CS
5
Co
15,96
UTO2
X Ca
Matrice 2 36,86
Elle ne comprend plus que deux taxons à comparer. Donc, la méthode ne peut plus s’utiliser
car n=2, 2-2=0
Ca Ho CS Co
Carpe (Ca) 0
Homme (Ho) 52,11 =A 0
Chauve-Souris (CS) 50,70=B 09,99 0
Coq (Co) 52,82 29,79=C 31,21=D 0
Ca-H = 52,11 = A = 4,99 + 36,86 + X ce qui implique X = 52,11 -4,99 – 36,86 = 10,26
Ca-CS = 50,70 = B = 5,00 + 36,86 + X ce qui implique X = 50,70 - 5 – 36,86 = 8,84
A + B = 52,11 + 50,70 = 102,81 = 2X + 9,99 + 73,72 = 2X + 83,72
X = (102,81- 83,72) /2 = 9,54
X = 19,1/2 = 9,54
Co-H = 29,79 = C = 4,99 + 15,96 + X ce qui implique X = 29,79 – 4,99 – 15,96 = 8,84
Co-CS= 31,21 = D = 5,00 + 15,96 + X ce qui implique X = 31,21 – 5 – 15,96 = 10, 25
C + D = 61= 9,99 + 31,92 + 2X
X = (61 – 41,91) /2 = 9,54
H
4,99
UTO1
CS
5
Co
15,96
UTO2
X=9,54/2 Ca
36,86
46
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Chat Racoon
Singe
Phoque
Otarie
Arbre 1 étoilé
L’étape 1
On recherche le couple de taxons i et j qui minimise la longueur de ses branches sur
l’arbre.
Pour cela, chez les N taxons (ici N = 8 taxons), on calcule pour chaque feuille (unité
taxonomique UT), la longueur moyenne correspondante à sa branche et on la met en dessous
de la matrice. Ces longueurs sont nommées UTi (voir ligne rouge de la matrice 1 ci-dessous)
UTi = la somme de toutes les distances des branches de l’arbre/N-2
• UTi qui part du chien jusqu’au singe : (32+48+51+50+48+98+148) / (8-2) = 79,167
• UTi qui part de l’ours jusqu’au chien : (26+34+29+33+84+136+32) /6 = 62,333
• Et ainsi de suite pour chaque feuille
47
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Matrice 1 avec Si (en rouge) et les longueurs des différentes combinaisons (bleu)
Chien Ours Racoon Belette Phoque Otarie Chat Singe
Chien 0 -109,5 -105,834 -101 -99,5 -101 -95,667 -99,5
Ours 32 0 -111 -101,166 -103,666 -99,166 -92,833 -94,666
Racoon 48 26 0 -105,5 -101 -100,5 -97,167 -91
Belette 51 34 42 0 -99,166 -104,666 -101,333 -99,666
Phoque 50 29 44 44 0 -116,166 -95,833 -96,666
Otarie 48 33 44 38 24 0 -94,333 -96,166
Chat 98 84 92 86 89 90 0 -134,833
Singe 148 136 152 142 142 142 148 0
UTi 79,167 62,333 74,667 72,833 70,333 69,833 114,5 168,333
L’étape 2
Elle consiste à rechercher la longueur (L) de chaque branche du premier cluster : singe et
chat par rapport au nœud qui les agglomère.
Ours
Chien
Belette
100,9
Racoon Singe
47,08
Chat
Otarie
Phoque
L’étape 3
Calcul de la deuxième matrice des distances en regroupant les taxons chat et singe en une
unité taxonomique nouvelle.
Les nouvelles distances des taxons avec cette nouvelle unité se calculent comme suit :
Avec D chat-Singe = 148, les opérations sont places en rouge dans la matrice 2
48
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Etape 1 :
• Calcul des longueurs minimales des branches
UTi = somme des Dij/N-2. Ici N-2 = 7-2 = 5 (voir ligne rouge de la matrice 2)
• Longueur minimale : Dij – UTi – UTj, on les place au-dessus de la diagonale en bleu
(matrice 2 ci-dessous)
Matrice 2 avec les valeurs des distances entre nœuds (en bleu)
Chien Ours Racoon Belette Phoque Otarie Chat/Singe
C 0 -61,6 -58 -55,4 -52,1 -53,4 -57,9
Ou 32 0 -62,4 -53,8 -55,5 -50,8 -53,3
R 48 26 0 -58,2 -52,9 -52,2 -53,7
B 51 34 42 0 -52,3 -57,6 -61,1
P 50 29 44 44 0 -68,3 -56,3
Ot 48 33 44 38 24 0 -55,1
Ch/S 49 36 48 40 46,5 45,8 0
UTi 55,6 38 50,4 49,8 46,5 45,8 51,3
• Recherche de la longueur minimale, ici celle qui unit l’otarie au phoque (-68,3)
Etape 2 :
Recherche et construction du nouveau nœud, ici reliant la nouvelle unité taxonomique :
O/P
Li = Dij/2 + (UTi –UTj) /2 et Lj = Dij/2 + (UTj – UTj) /2 ; Dij = 24
• L otarie =Do-p/2 + (UT otarie – UT phoque)/2 = 24/2 + (45,8 -46,5)/2 = 12 – 0,35 = 11,65
• L phoque = 12 + 0,35 = 12,35
• On place le nouveau nœud dans l’arbre 3 suivant
49
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Ours
Chien
Belette
100,9
Racoon Singe
47,08
Chat
11,65
Otarie
Phoque
12,35
L’étape 3
Calcul de la matrice 3 des distances en regroupant les taxons Phoque et otarie en une
unité taxonomique nouvelle
Exemple : D chien/P-O = (Dc-p + Dc-o)/2 – Dop/2 = (50+48)/2 – 24/2 = 37
Matrice 3 agglomérant les taxons phoque-otarie (ligne rouge)
Chien Ours Racoon Belette Phoque Otarie Chat/Singe
Chien 0
Ours 32 0
Racoon 48 26 0
Belette 51 34 42 0
Phoque 50 29 44 44 0
Otarie 48 33 44 38 24 0
Phoque/Otarie (50+48- (29+33- (44+44- (44+38- (46,5+45,8-
24)2= 37 24)2= 19 24)/2= 32 24)/2= 29 24)/2=
29,75
Chat/Singe 49 36 48 40 46,5 45,8 0
UTi
Puis on supprime les lignes et colonnes (en gris) des taxons réunis (P et O) et on obtient
la matrice 3
Matrice 3 avec les nouvelles Si (en rouge) et distances (en bleu)
Chien Ours Racoon Belette P/O Chat/Singe
Chien 0 -59 -55,25 -52,25 -53,93 -55,93
Ours 32 0 -59,75 -51,75 -54,43 -51,43
Racoon 48 26 0 -56 -53,6 51,68
Belette 51 34 42 0 -56,6 -59,68
P/O 37 19 32 29 0 -57,62
Ch/S 49 36 48 40 29,75 0
UTi 54,25 36,75 49 49 36,6875 50,6875
Puis, on reprend les étapes 1 à 3 (N-2 = 6-2 = 4)
• La longueur minimale réunit le racoon et l’ours (-59,75)
• On calcule le nouveau nœud
L ours = Do-r/2 + (UTours-UTracoon)/2 = 26/2 + (36,75 – 49)/2 = 13 – 6,125 = 6,875
Lracoon = 13+6,125 = 19,125
• On construit le nouveau nœud sur l’arbre 4
50
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Chien
Belette
100,9
Racoon Singe
19,125
47,08
Ours Chat
6,875
Otarie
11,65
Phoque
12,35
L’étape 3
Calcul de la matrice 4 en regroupant les taxons ours – racoon
Matrice 4 avec ours et racoon groupés
Chien Ours Racoon Belette P/O Chat/Singe
C 0
Ou 32 0
R 48 26 0
O/R (32+48- (34+42- (19+32- (36+48-
26)/2= 27 26)/2= 25 26)/2= 12,5 26)/2= 29
B 51 34 42 0
P/O 37 19 32 29 0
Ch/S 49 36 48 40 29,75 0
UTi
On supprime les lignes et colonnes des anciens taxons Ours et Racoon (en gris) ce qui
donne la matrice 4 comprenant l’étape 1 (nouvelles Si (en rouge) et nouvelles distances (en
bleu) avec N-2 = 5-2 = 3.
Matrice 4 avec Si et les nouvelles distances
Chien Ours/Racoon Belette P/O Chat/Singe
C 0 -58,834 -52 -53,75 -54,917
O/R 27 0 -54,5 -54,75 -51,417
B 51 25 0 -55,416 -57,583
P/O 37 12,5 29 0 -55,583
Ch/S 49 29 40 29,75 0
UTi 54,667 31,167 48,333 36,083 49,25
51
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
19,125
Belette
Racoon 100,9
1,75 Singe
6,875
47,08
Ours Chat
Chien Otarie
25,25 11,65
Phoque
12,35
Calcul de la matrice 5 des distances en regroupant les taxons Racoon-Ours et chien en une
unité taxonomique nouvelle
Matrice 5 avec Ours-racoon et Chien régroupés
Chien Ours/Racoon Belette P/O Chat/Singe
C/R-O (51+25-27)/2= (37+12,5- (49+29-27)/2= 25,5
24,5 27)/2= 11,25
C 0
O/R 27 0
B 51 25 0
P/O 37 12,5 29 0
Ch/S 49 29 40 29,75 0
Reconstruire la matrice 5 en supprimant les lignes et colonnes (rn gris) des anciens taxons puis
recalculer les longueurs Si (en rouge) en changeant N à 4 (N-2 = 2).
Chien/O-R Belette P/O Chat/Singe
C/R-O 0
B 24,5 0
P/O 11,25 29 0
Ch/S 25,5 40 29,75 0
UTi 30, 625 46,75 35 47,625
52
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
19,125
Racoon 1,75
6,875
3,44 47,08
Ours 20,43 Chat
Chien 100,9
25,25
X 19,56 Singe
Otarie
Belette
11,65
7,81
Phoque
12,35
Arbre 5 regroupant le chien avec l’ours et le racoon
Il ne reste plus que deux groupes à comparer, N-2 = 0, donc impossible de l’utiliser pour
chercher la longueur finale qui unit ces deux unités taxonomiques (longueur marquée X
sur l’arbre 4)
On reprend la dernière matrice 5
Chien/O-R Belette P/O Chat/Singe
C/R-O 0
B A = 24,5 0
P/O 11,25 C =29 0
Ch/S B = 25,5 40 D = 29,75 0
Ou
C = 29 = 7,81 +X + 19,56 ; X = 29 – 19,56 – 7,81 = 29 - 27,37 = 1,63
D = 29,75 = 7,81 + X + 20,43 ; X = 29,75 – 7,81 – 20,43 = 29,75 – 28,24 = 1,51
C+D= 58,75 = 55,62 + 2X
X = 58,75-55,62/2 = 1,565
Donc, le nouveau nœud est égal à 1,56
Traçage de l’arbre final
53
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
3,44
Ours
6,875
Chien
25,25
11,65
Otarie
7,81
Phoque
12,35
19,56
Belette
47,08
Chat 1,56
100,9
Singe 20,43
Arbre 5 final
Exercice 3
La matrice 1 ci-dessous comprend 6 taxons à comparer, soit N-2 = 4
A B C D E F
A 0 -13 -11,5 -10 -10 -10,5
B 5 0 -11,5 -10 -10 -10,5
C 4 7 0 -10,5 -10,5 -11
D 7 10 7 0 -13 -11,5
E 6 9 6 5 0 -11,5
F 8 11 8 9 8 0
Si 30/4=7,5 42/4=10,5 32/4=8 38/4=9,5 34/4=8,5 44/4=11
54
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
4 B
3,5 D
1,5 E
Etape 3 :
Calcul de la nouvelle matrice 2 en groupant les taxons A/B et D/E
• D (AB/C) = (dAC + dBC –dAB)/2 = (4 + 7 – 5)/2 = 3
• D (AB/F) = (8+11-5)/2 = 7
• D (DE/C) = (dDC +dEC – dDE)/2 = (7+6-5)/2 = 4
• D (DE/F) = (9+8-5)/2 = 6
• Calcul de d (AB/DE) = (dAD + dBD + dAE + dBE)/4 –dAB/2 –dDE/2 =
• (7+10+6+9)/4 – 5/2 – 5/2 = 32/4 – 5 = 3
A/B C D/E F
A/B 0 -11 -10 -10
C 3 0 -10 -10
D/E 3 4 0 -11
F 7 8 6 0
Si 13/2=6,5 15/2=7,5 13/2=6,5 21/2=10,5
Etape 1 : Calcul de la longueur minimale
• AB/C = dAB/C –S(AB) – S(C) = 3 – 6,5 -7,5 = -11
• AB/DE = dAB/DE – S(AB) – S(DE)= 3 – 6,5 – 6,5 = -10
• AB/F = 7 – 6,5 – 10,5 = -10
• C/DE = 4 -7,5 – 6,5 = -10
• C/F = 8 – 7,5 – 10,5 = -10
• DE/F = 6 – 6,5 – 10,5 = -11
• Deux distances minimales unissent AB à C et DE à F
Etape 2 : calcul des longueurs des branches
• LAB = dAB/C/2 + (SAB –SC)/2 = 3/2 + (6,5 – 7,5)/2 = 1,5 -0,5 = 1
• LC = 1,5 +0,5 = 2
• LDE = 6/2 +(6,5-10,5)/2 = 3 – 2 = 1
• LF = 3+2 = 5
• Traçage de l’arbre
55
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
2 C
1 A
1
0,5 4 B
3,5 D
1
1,5 E
5 F
Calcul de la distance qui sépare C/AB de DE/F
A/B C D/E F
A/B 0
C 3 0
D/E 3 4 0
F 7 8 6 0
AB/DE = 3 = 1 + X + 1 = 2 + X ; X = 3 -2 = 1
AB/F = 7 = 1 + X + 5 = X+ 6 ; X=7–6=1
C/F = 8 = 2+X+5 = X+7 ; X=8–7=1
C/DE = 4 = 2+X+1= X + 3 ; X=4–3=1
4X + 2 + 6 + 7 + 3 = 3 + 7 + 8 + 4 = 22
4X + 18 = 22
X = (22-18)/4 = 1
56
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Conclusion
Les classifications phénétiques permettent de donner des phénogrammes qui sont basés
sur le calcul des différences moyennes. Les caractères utilisés ne sont pas évalués. C'est la
raison pour laquelle, elle ne peut s’appliquer que pour des espèces étroitement apparentées
et pour un grand nombre de caractères(minimum30).
Le tableau 7- ci-dessous résume les spécificités de chaque méthode.
Tableau 7. Comparaison des méthodes phénétiques (la couleur bleu indique les qualités de
chaque méthode)
Classification divisive Classification agglomérative Phénétique numérique
Méthode logique spéculative Méthode empirique : Méthode formelle
cartésienne, rationaliste observation et comparaison Comparaison de molécules
Descendante Ascendante Ascendante
57
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Les acides ribonucléiques de transfert, ou ARNt, sont de courts ARN intermédiaires clés dans la traduction de
l’ARNm et la lecture du code génétique. Ils apportent les acides aminés au ribosome. Les cellules vivantes
contiennent quelques dizaines de sortes d'ARNt, chacune d'elles étant spécifique de l'un des acides aminés.
Chapitre 3
Les approches évolutives
Histoire, principe, méthodes
1. Historique: de la généalogie darwinnienne à la phylogénie passant par la synthèse et la
cladistique
2. Principe de base: recherche de la parenté entre les taxons par l'étude des états ancestral
ou dérivé de chaque caractère
2.1. Réalisation et analyse d'une matrice de dérivation ou polarisation des caractères par rapport
à un extra-groupe, les homologies primaires
58
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Introduction
La méthode phénétique est pragmatique. Mais, elle donne une confiance exagérée aux
ressemblances phénétiques et prend les caractères tous égaux, sans tenir compte ni de la vitesse,
ni du sens de l'évolution. Cette méthode, se voulant naturelle, reste typologique artificielle car
ne considérant pas la variation.
Par ailleurs, les taxonomistes phénétiques ont réussi par leur méthode à regrouper les
espèces par leurs similitudes en ensembles naturels mais n’ont pas apporté d’explication à
ce regroupement.
Darwin a utilisé leur méthode même pour élaborer la théorie de la classification
biologique ou taxonomie évolutionniste avec une définition précise de tous les concepts qui
lui sont liés, concepts formulés pour la plupart par ses prédécesseurs (Cuvier, Lamarck, Ray,
Adanson, de Jussieu...).
1. Définition
Darwin :« tous les êtres vivants se ressemblent à des degrés divers, de sorte que l’on peut
les classer en groupes subordonnés à d’autres groupes… Cette ressemblance révèle un
lien dissimulé par des degrés variables de modifications…Toute vraie classification est
généalogique ».
59
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Proboscidiens Afrothériens
Éléphant d'Afrique
Figure 13- Cas de l'homoplasie de deux taupes dérivant d'ancêtres très différents
60
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
• Le membre antérieur de la baleine a une main raccourcie par ses deux premiers
segments, allongée par sa main qui a acquis l’hyperphalangie qui est devenue une
nageoire adaptée au déplacement aquatique.
• Le membre antérieur de la chauve-souris a une main à doigts très allongés qui
soutiennent un repli cutané (le patagium) permettant d'avoir une surface portante qui permet
l'adaptation au vol.
61
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Figure 15- Les embryons des Vertébrés à trois stades de leur ontogenèse (I, II, III).
Une copie des dessins de Haeckel par George Romanes représentant la théorie de la récapitulation.
Tableau 7- Tableau synthétisant les caractères embryonnaires communs et leur évolution
chez les groupes dessinés
Poisson Salamandre Tortue Poulet Cochon Veau Lapin Homme
Caractères embryonnaires communs
Corde dorsale : Cordés
Tube neural dorsal : Epineuriens
Fentes branchiales paires
Muscles métamérisés
Crâne : Crâniates
Vertèbres : Vertébrés
Bourgeon caudal : trois régions du corps (tête, tronc, queue post-anale)
Pronéphros
Cloaque
Appendices pairs : Gnathostomes
Cœur non cloisonné
Caractères adultes persistants mais modifiés selon les taxons et leur mode de vie
Tube neural adapté
Muscles à métamérie altérée par l’acquisition de la locomotion tétrapode
Crâne modifié
Vertèbres régionalisées
Caractères transformés chez les formes terrestres
Corde persiste Disparait par l’envahissement par la colonne vertébrale
Branchies Larvaires Transformées en dérivés pharyngiens et oreille moyenne
Queue plus ou moins développée mais gardant le même nombre de vertèbres Absente
Pronéphros Larvaire Larvaire Disparait rapidement remplacé par le méso et ou le métanéphros
Cloaque Cloaque cloisonné
Nageoires Larvaires Membres : Tétrapodes
Cœur Non cloisonné Partiellement cloisonné Totalement cloisonné
62
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Il se remarque d'après le tableau, que la forme ancestrale "Poisson" garde tous les
caractères ancestraux (en bleu), alors que les formes terrestres présentent des transitions (rose)
selon le degré de l'évolution.
L'exemple de la métamorphose des Amphibiens (amphi : deux, bie : vie) est aussi
frappant (voir cours phylogénie) car elle récapitule toute la phylogénie des Vertébrés en passant
de la forme têtard aquatique qui ressemble morphologiquement, anatomiquement,
physiologiquement et biochimiquement au "Poisson", à la forme terrestre avec toutes les
transformations subies chez un Tétrapode.
On peut ajouter ici la métamorphose des Amphibiens
63
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
À ces trois principes, s'ajoute le principe de la Biologie moléculaire qui rejoint celui de
la récapitulation. En effet, les gènes du développement se conservent bien entre des groupes
éloignés. La moindre de leur variation provoque des bouleversements dans les plans
d'organisation. Ceci est dû à leur fonction régulatrice du développement. Ils peuvent ainsi être
utilisés pour expliquer les grands plans d'organisation de la macrotaxonomie.
Ontogenèse ou
développement
Ce principe a permis de comprendre que le plan d’organisation peut changer selon les
lignées d’un même ancêtre et le recours aux embryons permet de retrouver les caractères qui
ont subi ce changement.
Reprenons l’exemple des pattes
Chaque champ morphogénétique du membre comprend un centre qui donne naissance
au membre proprement dit et une auréole qui donne naissance à la ceinture. Chaque champ
comprend aussi une couronne cellulaire qui ne participe pas normalement à la formation du
membre, mais y participe quand le champ est détruit. Ce qui donne un champ
morphogénétique élargi (champ plus couronne) (figure 225).
64
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Figure 225. Stade bourgeon caudal d’un Amphibien avec le bourgeon du membre
antérieur
Le champ élargi est capable de régulation des déficiences et des excédents. Ainsi, quand
on le sépare par des barrières, on obtient autant de membres qu’il y’a de mini-champs isolés,
ce résultat découle d’une régulation dite écosystémique (le champ se comportant comme un
écosystème, qui lors de sa division donne des écosystèmes équipotentiels où tout type
cellulaire peut se reprogrammer pour donner autant de membres harmonieux.
A l’intérieur de l’embryon le champ comprend une coiffe ectodermique apicale (CEA)
en interaction continue avec un mésenchyme d’origine somatopleurale formant une zone de
progression (ZP) proximo-distale et une zone d’activité polarisante (ZAP) antéro-
postérieure (figure 226).
Le champ du membre est ensuite envahi par une partie du myotome somitique
correspondant, grâce à l’induction assurée par les lames latérales somatopleurales et le
néphrotome situés à son niveau. Les myoblastes quittent alors le myotome et envahissent le
bourgeon du membre. Il est aussi envahi par le mésenchyme squelettogène d’origine
somatopleurale.
Figure 226. Composition du bourgeon d’un membre (coupe transversale et vue latérale gauche)
65
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Malgré ces énormes différences, les pattes des Tétrapodes sont homologues parce qu’ils
ont le même plan d’organisation et donc, dérivent du même ancêtre commun aquatique
appartenant aux Poissons Sarcoptérygiens caractérisés par l’ébauche de stylopode à un seul
segment et surtout par la présence de musculature augmentant la mobilité des nageoires
(sarco : chair, ptérygium : nageoire) contrairement aux nageoires des Actinoptérygiens dont le
stylopode est soutenu par plusieurs os et dont la musculature est intracorporelle, la nageoire ne
possédant qu’une membrane cutanée soutenue par les rayons d’origine exo-squelettique
(actino : rayons épineux).
La comparaison des FT contrôlant l’expression des gènes du développement des
Nageoires et des membres chiridiens a montré que la plupart de ces contrôleurs sont déjà
acquis chez les Sarcoptérygiens (Dipneustes).
En effet, 113 régulateurs caractérisent l’ancêtre commun des Ostéichtyens
(Gnathostomes ayant acquis un squelette ossifié), auxquels s’ajoutent 31 chez les
Sarcoptérygiens (ancêtres communs des Dipneustes et des Tétrapodes), puis, seulement 9 de
plus chez les Tétrapodes (figure 270).
Cette analyse, bien que réductionniste, met en évidence les relations évolutives des
Gnathostomes par l’évolution de leurs appendices pairs (ptérygium (nageoires) ou chiridium
66
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Par ailleurs, plusieurs études ont montré que la régulation spécifique de HoxA-13, et
Hox-D-10-13 qui contrôlent la formation de l’autopode des Tétrapodes est conservé chez les
Poissons, sauf que les domaines d’expression changent entre ces groupes. Les explications des
différences par les gènes Hox doivent s’ajouter à l’implication d’autres gènes.
Il ne faut pas oublier aussi de signaler que la reconquête du milieu aquatique par les
Cétacés il y a environ 50 millions d’années, s’est accompagnée par :
• D’une part, une prolongation du fonctionnement de la CEA (ainsi de FGF qu’elle secrète)
chose qui a permis l’hyperphalangie soutenant les nageoires antérieures de ces animaux
franchement marins comme les baleines et les dauphins (figure 271) ;
• Et d’autre part, le blocage de l’apoptose interdigitale par inhibition de l’action de BMP
par Gremlin, comme cela se produit pour les membres possédant une palmure interdigitale.
Pour le membre postérieur des Cétacés, devenu vestigial inclus dans la chair de l’animal,
l’activité de la ZPA (zone d’activité polarisante) s’éteint précocement, et ainsi l’activité de
la CEA se trouve arrêtée vu la nécessité de l’induction réciproque entre les deux structures
67
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
du bourgeon de l’appendice pour les entretenir. C’est probablement ce qui se passe aussi pour
les vestiges des membres des Ophidiens (serpents).
68
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Malgré cette synthèse pluridisciplinaire, la classification n'a pas changé de méthode qui
est restée prospective cherchant le sens des processus évolutifs, qui se perd dans la recherche
des ancêtres inconnaissables individuellement.
Cette étape a permis, certes, les explications de la variation. Mais elle a causé pas mal
de dommages à l'évolution par le chauvinisme du "tout génétique", c'est-à-dire vouloir tout
expliquer par la seule génétique. Ce qui est vite avéré obsolète car chez les êtres vivants, tout
interagit et la génétique est en interaction avec l'épigénétique. Le génotype subit une
expression différentielle selon son environnement ; le phénotype est non seulement plastique
à cause de cette expression génétique différentielle, mais à cause également de l'effet
épigénétique de l'environnement sur le génotype.
La plasticité est une caractéristique intrinsèque du développement. Elle répond aux
normes de réaction (capacité de réagir à l'environnement) au polyphénétisme (Production de
phénotypes différents à partir d’un même génotype en fonction des conditions
environnementales qui peuvent être induites expérimentalement ou se manifester
naturellement.
Qu’est-ce que la plasticité phénotypique ? Selon Mary Jane & West Eberhard (2003) :
c’est la « capacité d’un organisme à réagir à une condition environnementale entraînant un
changement de forme, d’état, de mouvement ou de taux d’activité ». Elle est fonction de la
réactivité, flexibilité, déformabilité plasticité développementale, …
La plasticité phénotypique peut être :
• Passive : comme l’aplatissement du crâne d’un bébé lorsqu’il naît : À la naissance, le crâne
des bébés est mou et malléable, ce qui permet le passage de la tête dans le vagin lors de
l'accouchement. Comme le crâne est mou, une légère déformation de la tête est souvent
observée chez les nouveau-nés. Celle-ci disparait rapidement après.
• Active : telle qu’une plante qui oriente sa croissance vers la lumière : L'exemple le plus
connu correspond aux tournesols qui s'orientent vers le soleil pour la photosynthèse.
Phototropisme du tournesol
• Préventive / anticipée, si le changement phénotypique est initié avant l’apparition du facteur
nocif/bénéfique: l’exemple de certaines chenilles qui sécrètent des hormones qui vont les
protéger des attaques par les toxines anti-herbivores des plantes qu’elles mangent :
l’exemple type est celui des chenilles de la piéride du chou qui, pour consommer des
Crucifères, ont recours à un mécanisme de détoxification: une protéine dite « spécificateur-
69
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
nitrile » (PSN) qui ne se forme que dans la partie moyenne de leur tube digestif. Cette
protéine assure la formation de produits de type nitriles, non toxiques, au détriment des
isothiocyanates toxiques qui n’apparaissent donc pas.
• Bénéfique : comme le casque des Daphnies élevées en présence de prédateurs (figure 18),
70
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
L'émergence du concept de l'héritabilité (au lieu de l'hérédité) des caractères a été bien
étudiée avec l'essor de la génétique quantitative et l'écologie comportementale.
• Qu'est-ce que l'héritabilité ?
• Pourquoi l'écologie comportementale ?
• Pourquoi la génétique quantitative ?
3.2.1. L'héritabilité
C'est la part de la variation phénotypique "transmissible" des parents aux enfants. Ceci
est dû au fait que le phénotype P est égal à la somme du génotype G et d'une déviation
environnementale E. L'héritabilité est la pente de régression entre P parental et P infantile.
P=G+E
3.2.2. Pourquoi L'écologie comportementale ?
Le comportement est le phénotype le plus modulable. Ceci est en relation avec la
plasticité cérébrale. Le cerveau constitue en effet, l'interface entre le phénotype et
l'environnement. Il a ainsi une valeur adaptative très variable car sous la pression de forces
sélectives multiples sur un nombre généralement élevé de gènes impliqués. L'écologie
comportementale est la science qui étudie l'évolution des comportements. Elle est la mieux
placée pour étudier l'interaction génotype-phénotype.
71
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
72
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
TETRAPODES
SARCOPTERYGIENS
ACTINOPTERYGIENS
Phylogénie correcte Phénétique incorrecte
73
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Reptiles
BALANE
PATELLE
Phylogénie correctePhénétique incorrecte
Figure 21- Exemple 3 comparant des Crustacés et des Gastéropodes
La confusion de la phénétique est due à l'homoplasie du mode de vie fixée chez les deux
espèces Balane et Patelle. La balane a perdu des caractères de Crustacés à cause de ce mode de
vie. La phylogénie s'est basée sur le principe ontogénétique qui montre que Homard et Balane,
74
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
deux espèces de Crustacés très différentes, ont des larves très semblables (Nauplius) et donc
une origine commune.
L'exemple des Insectes est très riche en son sein de ce type de confusions. Ainsi, les
Siphonaptères considérés comme un ordre, descendent de l'ordre des Diptères. Les
Anoploures descendent d'un autre ordre, les Mallophages. Le groupe des Coléoptères, le
plus important des Insectes, montre aussi des exemples d'éclatement.
75
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
❖ Un taxon paraphylétique : il inclut une partie des descendants d’un ancêtre commun
(les anciens Reptiles) ; c’est ce taxon qui a peu divergé par rapport à l’ancêtre.
❖ Des taxa polyphylétiques qui incluent des lignées indépendantes qui ont développé des
caractères semblables par convergence ; les membres d’un taxon polyphylétique ne
descendent pas tous d’un ancêtre commun (exemple des Crocodiles et des lézards);
❖ Des taxa monophylétiques si l'ancêtre a donné naissance à tous les descendants. Ici
c'est le cas des Tétrapodes.
Taxon monophylétique
Taxon paraphylétique
Reptiles
Amphibiens Mammifères Oiseaux
Taxon polyphylétique
Tortues Serpents Lézards Crocodiles
76
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Toutes les approches doivent être utilisées pour vérifier la concordance des résultats.
D’où la coexistence actuelle de différentes écoles systématiques complémentaires se basant sur
les progrès réalisés en informatique et en statistique (deux outils qui ont contribué à la
formalisation de la classification biologique) :
• L’école phénétique qui utilise la même méthode ancienne de comparaison des
caractères mais formalisée grâce à l’outil informatique et statistique qui permettent de
mesurer un grand nombre de caractères et de calculer plus facilement les différences par
le calcul des distances phénétiques (phénogrammes)
• L’école cladistique qui utilise également l’outil statistique pour calculer le nombre
d’arbres possibles et l’outil informatique pour faciliter la recherche des filiations des
caractères et la comparaison des différentes combinaisons d’arbres cladistiques.
• L’école éclectique joint ces différentes méthodes l’une à l’autre et leur recherche une
explication écologique pour expliquer et valider les directions et les vitesses de
l’évolution des taxons car :
Ces taxons sont formés d’espèces occupant une niche écologique : une zone adaptative
spécifique. L'éclectique cherche une signification biologique des taxons dans la nature.
77
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
aux générations suivantes même si le prédateur est absent, et surtout sans changement de
séquences géniques, comme le cas du déterminisme épigénétique du sexe, comme la
possibilité d'inversion sexuelle chez un banc de Poissons dépourvu de mâles.
Ce dernier exemple met l'accent sur la nécessité aussi de s’intéresser aux communautés
plutôt qu’aux individus indépendants à cause de leurs interactions.
Les différents exemples de plasticité phénotypique recensés plus haut montrent que
l’environnement aide à construire la variation qu’il peut ensuite sélectionner (selon les cas).
L’environnement doit donc être considéré comme un pilier en évolution. Il n'y a pas seulement
interaction Développement-Evolution. L'effet environnemental (écologique) s'ajoute à ce
schéma pour que l'interaction devienne Ecologie-Evolution-Développement ou Eco-Evo-
Dévo (figure 23).
Développement
Eco-Dévo Evo-Dévo
Génomique
Phylogénomique
Ecologie Évolution
Eco-Evo
Figure 23- L'approche intégrative de l'évolution entre la génétique, le développement et
l'épigénétique
78
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
79
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Branche interne
I II
4 III IV
V 3
5
Figure 26- Graphe connexe et cyclique
b) Les graphes connexes et non cycliques ou arbre non raciné (figure 27)
Tous les sommets sont interconnectés, mais, le chemin entre deux sommets est
unique. Exemple le taxon (2) est connecté à (4) par le seul chemin I-II-III.
1 2
II I
4
III 3
5
Figure 27- Graphe connexe et non cyclique
80
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
1 1 2 3 4 5 1 2 3 4 5 2 1 4 5 3
I
2
3 I III I III I III
II 4 II II
III
5 IV IV IV
Arbres rectangulaires Arbres triangulaires
Les nœuds ou sommets internes sont les ancêtres hypothétiques (nombre d'états
plésiomorphes). Les sommets externes ou feuilles sont les Unités taxonomiques évolutives
(UTE) à comparer. Ainsi :
• I est l'ancêtre hypothétique des UTE 1 et 2 ;
• II est l'ancêtre hypothétique de l'UTE 3 et de l'ancêtre hypothétique III
• III est l'ancêtre hypothétique des UTE 4 et 5
• IV est l'ancêtre hypothétique de l'ensemble. C'est la racine de l'arbre.
II
III
Figure 29- Différentes représentations des arbres racinés irrésolus
81
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Seuls les arbres racinés sont phylogénétiques car ils donnent la direction de
l'évolution du nœud le plus bas vers les sommets terminaux. C'est ce que nous allons étudier
dans la suite de ce chapitre.
1 Apomorphies de 1 1 23 4 5
I
IV 2
3 Synapomorphies I III
de 1 et de 2 ou
II 4 (plésiomorphies de I) II Plésiomorphies de II
III ou Synapomorphies de 3 et III
5 Plésiomorphies de I et II IV
Ou symplésiomorphies de 1,2,3,4,5
82
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
0,4
0,51
I 2
0,15
IV 0,2
3
II 0,2
4
0,3 III
0,1
5
0,6
Figure 31- Exemple de Phylogramme
Si l'on veut interpréter cet arbre phylogénétique pour les branches dérivant de l'ancêtre
II, on constate que :
• Le taxon 4 est plus apparenté de 5 que de 3 car ils ont l'ancêtre commun le plus proche III ;
mais,
• Il ressemble plus à 3 avec (0,2 + 0,1+ 0,2 = 0,5 degré de divergences) qu'avec 5 où le degré
de divergence est de (0,2 + ,06 = 0,8). Ceci est dû au taux d'évolution 3 fois plus élevé pour 5
que pour 4. Les deux frères n'ont pas subi la même vitesse évolutive et le taxon 4 bien qu'il
soit frère avec 5 (ancêtre commun III), il a gardé des caractères symplésiomorphes de II
(ancêtre éloigné).
• Il peut, ainsi, être considéré avec 3 comme groupe paraphylétique par rapport au groupe 5.
Exemple : l'écaille épidermique est une synapomorphie des Amniotes, mais une
symplésiomorphie des Reptiles (figure 32).
Poils Mammifères
Rhynchocéphales (écailles)
Amniotes Lépidosauriens
Écailles
Squamates (écailles)
Diapsides Taxon paraphylétique
Tortues (écailles)
Crocodiliens(écailles)
Archosauriens
Oiseaux Plumes
Figure 32- Exemple de groupe paraphylétique (les Reptiles)
83
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
I 2
0,15
IV 0,35
3
II 0,25
4
0,3 III
0,1
5
0,25
I 2
0,15
IV 0,2
3
II 0,2
4
0,3 0 III
0,1
5
0,6
Figure 31- Exemple de Phylogramme
((1 :0.4, 2:0.15):0.5, (3:0.2, (4:0.2, 5:0.6): 0.1):0.3))
84
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Caractères dérivés
85
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
• L'ontogenèse selon le critère biogénétique déjà évoqué, issu d'une nouvelle formulation
par Gareth Nelson (1973) de la loi de récapitulation, qui permet de suivre le sens de la
dérivation du caractère. Les caractères apparaissent dans un ordre qui correspond à celui
de leur généalogie ; lorsque l'on peut suivre la transformation d'un caractère d'un état général
vers un état plus spécialisé, l'hypothèse de travail est donc : le caractère le plus général est
le plus ancien (plésiomorphe), le moins général est le plus récent (apomorphe), dérivé du
premier. Un des problèmes de ce principe est l'hétérochronie du développement, c'est-à-
dire le maintien des caractères embryonnaires ou juvéniles dans beaucoup de cas.
• La paléontologie qui recherche la chronologie : si un caractère est partagé par des fossiles,
le fossile le plus ancien présente le caractère plésiomorphe. Ce critère n'est valable que si les
fossiles appartiennent à un groupe monophylétique. Un autre problème à ce principe est
l'absence très fréquente des fossiles.
• L'anatomie comparée selon le critère de l'identité de localisation : qui permet de
distinguer les homologies des homoplasies. C'est un bon principe.
Ces principes s'appliquent aussi bien sur les caractères morphologiques que
moléculaires. Mais, les problèmes qui se posent dans ce cas sont le séquençage, puis la mise en
correspondance (alignement) des molécules pour les comparer (cours phylogénie moléculaire)
La comparaison de ces états avec les états des UTE à analyser est la première étape à
réaliser grâce à la réalisation de la matrice de polarisation des caractères dont l'exemple est dans
le tableau 10 ci-dessous.
On les vérifie par la construction des différentes combinaisons d'arbres possibles sur
lesquels on place les caractères. C'est la troisième étape de la construction. Elle peut être
renseignée par la matrice en comptant le nombre de synapomorphies binaires (c'est-à-dire
différenciant des UTE, puisque les cladogrammes résolus progressent par dichotomie. Ainsi,
86
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
On peut distinguer :
• Les caractères non informatifs qui sont symplésiomorphes, c'est-à-dire partagés par plus
que deux UTE : caractères 1 (mâchoires) et 2 (membres) ; le caractère 1 sera à la base de
l'arbre car partagé par tous les taxons, le 2 sera à la base du groupe étudié parce qu'il est
partagé par ce groupe.
• Il reste à répartir 3, 4, 5, 6.
• Les caractères informatifs qui sont synapomorphes ou partagés seulement par 2UTE :
caractères 4 (mandibule), 5 (œuf) et 6 (aile).
• Le caractère 3 est apomorphe seulement chez l'oiseau. Il s'agit probablement d'une
autapomorphie puisqu'il est dérivé (1).
On peut aussi compter les UTE qui partagent plus de synapomorphies : ici le primate et
la chauve-souris partagent 2 apomorphies, contrairement à la chauve-souris et à l'oiseau qui
partagent 1 synapomorphie. De plus, l’oiseau et la truite partagent deux plésiomorphies
contrairement aux autres taxons.
Probablement, le primate et la chauve-souris sont plus proches et plus récents que
l'oiseau et la truite.
La quatrième étape consiste à compter le placement des caractères dans chaque
combinaison. Ce placement est considéré comme un pas évolutif et il change suivant la
combinaison tracée. On choisit l'arbre qui a le moins de pas considéré comme le plus probable
ou le plus parcimonieux (considérant que l'évolution va par le chemin le plus simple).
(2𝑛 − 5)!
N= arbres non racinés
2𝑛−3 (𝑛 − 3)!
87
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
P CS O T P O CS T O CS P T
6 6 4 6 4 4 5
3 5 3 5 3 5 5
4 6 6
5
2 7 pas 2 9 pas 2 8 pas
1 1 1
Arbre I le plus parcimonieux Arbre II Arbre III
Figure 35- Les trois arbres possibles et la répartition des caractères à leurs niveaux
Discutons les caractères de cet arbre pour confirmer les homologies primaires :
• Le caractère 1 est une homologie secondaire commune aux quatre taxons. C'est une
symplésiomorphie, celle des Gnathostomes.
• Le caractère 2 est une symplésiomorphie aux UTE étudiées, groupés sous le nom de
Tétrapodes.
• Les caractères 4 et 5 sont des homologies secondaires plésiomorphes à deux taxons Primate
et Chauve-souris. Ce sont les synapomorphies du groupe des Mammifères.
• Le caractère 6 s'est avéré être une homoplasie entre l'oiseau et la chauve-souris ayant le
même mode de locomotion (le vol).il s'agit d'une pseudoapomorphie.
• Le caractère 3 (le bec) existe chez un seul taxon, l'oiseau : c'est une autapomorphie.
Étudions maintenant la structure de l'arbre (figure 36) :
• Tout l'arbre est monophylétique par le caractère 1.
• L'arbre des UTE comparées est monophylétique pour le caractère 2.
• L'arbre des UTE Primate et Chauve-souris est monophylétique pour les caractères 4 et 5.
C'est un groupe de deux taxons frères étroitement apparentés.
• La branche Oiseau est dérivée, mais différente. Elle possède une apomorphie autonome ou
l'autapomorphie du bec (caractère 3).
88
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Monophylie : Polyphylie
Mammifères
Primate CS O Truite
6aile 6 aile
3bec
Dentaire 4
Viviparité 5
Monophylie : Tétrapodes 2
Monophylie : 1 Gnathostomes
2.3.3. Conclusion
Le critère de parcimonie (ou de congruence) est le critère de base de la construction des
cladogrammes. En comparant les hypothèses d'homologies, l'arbre retenu est celui qui comporte
le nombre d'hypothèses le plus faible. Ces hypothèses ou homologies primaires deviennent des
homologies secondaires ou de descendance. Le reste des hypothèses d'homologie devient des
homoplasies ou des ressemblances de convergence.
CONCLUSION GENERALE
La taxonomie procède suivant la méthode hypothéticodéductive pour tester trois
hypothèses :
• Les membres d'un taxon doivent être les plus semblables.
• Les membres d'un taxon doivent descendre d'un même proche parent.
• La hiérarchie linnéenne doit être compatible avec la phylogénie.
1. L'hétérochronie du développement
L'hétérochronie du développement : c'est la modification dans la durée et dans la
vitesse du développement d'un organisme par rapport à son ancêtre. Elle est due à des mutations
de gènes du développement. Deux types : la pédomorphie est due à un sous-développement,
la péramorphie est due à un sur-développement (tableau 11).
89
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Tableau- 11- Représentation des divers types d'hétérochronie selon leurs effets et natures
Effet Pédo (enfant)-morphose Péra (au-delà)-morphose
Sous-développement donnant Sur-développement : fort
une morphologie juvénile : développement somatique
juvénilisation, entrainant l’apparition de
fœtalisation entrainant la caractères hyper-adultes au cours
rétention de caractères du développement
Nature juvéniles chez l’adulte
Changement de Ralentissement du Accélération du développement
la vitesse développement somatique avec somatique avec une maturité
maturité sexuelle normale sexuelle normale entrainant un
entrainant l’acquisition de surdéveloppement de certains
Maturité sexuelle chez des caractères somatiques
juvéniles
Appellation et Néoténie Accélération :
exemple Polyphénétisme dû à une Taille normale, morphe normal et
néoténie facultative avec des caractères hyper-adultes
individus néoténiques et des Bois des cervidés
individus métamorphosés chez hypertélie
certains urodèles
Changement de Post-déplacement ou retard du Pré-déplacement ou retard de la
la durée début du développement donnant fin du développement (post-
une fin prématurée de certains maturité de certains caractères)
caractères : Augmentation de la durée du
Développement somatique développement somatique liée au
normal avec Maintien de retard de la maturité sexuelle et
caractères juvéniles chez l’adulte donc l’acquisition d’une
augmentation de certains caractères
Appellation et Promorphose, progenèse, Hypermorphose
exemple hypomorphose Développement cérébral retardé et
Maintien de la forme juvénile du augmentation du volume cérébral
Crâne humain avec l’augmentation de la taille
Ce phénomène, bien que difficile à interpréter dans une phylogénie, donne des exemples
de spéciation rapide due à des mutations des gènes du développement.
90
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Exemple : l'écaille épidermique est une synapomorphie des Amniotes, mais une
symplésiomorphie des Reptiles (figure 32).
Poils Mammifères
Rhynchocéphales (écailles)
Amniotes Lépidosauriens
Écailles
Squamates (écailles)
Diapsides Taxon paraphylétique
Tortues (écailles)
Crocodiliens(écailles)
Archosauriens
Oiseaux Plumes
Figure 32- Exemple de groupe paraphylétique (les Reptiles)
91
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
• La notion d'homologie est aussi appliquée aux molécules. Les biologistes moléculaires, se
heurtent à cette notion, la considérant comme abusive dans les comparaisons moléculaires.
Fitch a proposé de remplacer le terme homologue par deux termes : orthologue et paralogue
(figure 37, 38).
Pour les expliquer, nous devons rappeler les notions de duplication, homologie,
orthologie, paralogie très importante dans les relations phylogénétiques à l’échelle
moléculaire.
Les mutations chromosomiques sont responsables de l’augmentation de la taille des
génomes et donc de leur enrichissement. Les plus importantes sont les duplications et parfois
les polyploïdisations (duplication de chromosomes entiers). Les définitions suivantes sont
importantes pour comprendre :
• La duplication d’un gène ou d’un groupe de gènes est sa répétition sur le même
chromosome ; elle peut être suivie de modification et de translocation ou passage sur un autre
chromosome. Elle est fréquente chez les Eucaryotes.
• Les gènes homologues proviennent de gènes ancestraux communs, sans toutefois garder la
même fonction. Ils peuvent être des gènes paralogues ou des gènes orthologues.
• Les gènes orthologues sont issus d’une spéciation. C'est-à-dire, les gènes orthologues ont
divergé à partir d’un gène ancestral par spéciation et non par duplication (figure 37). C'est
l'équivalent des homologies phénotypiques.
• Les gènes paralogues sont issus d’un évènement génomique, c'est-à-dire de mutations ou
d'autres remaniements génétiques indépendants de la spéciation (duplication d’un gène
ancestral et parfois duplication-translocation sur d’autres chromosomes). Donc, ils sont
homologues car dérivant d’un gène ancestral dupliqué et ayant subi une divergence pour
devenir paralogues dans une même espèce ou dans deux espèces différentes si la duplication
est suivie par une spéciation (figure 37).
• La paralogie implique que les gènes ont dérivé et donc, ont pu changer de fonction. C’est le
cas des gènes homéotiques jouant un rôle important dans le développement.
92
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
• De même, des gènes paralogues existent de manière parallèle dans la même espèce et montrent
de très hauts degrés de conservation. C’est le cas des familles multigéniques (exemple celle
de l’hémoglobine). Ils sont ainsi très importants pour reconstituer l'histoire évolutive des
familles multigéniques.
Gène 1 humain
Gène 2 murin
D Paralogues intraspécifiques G2M-G2'M
Gène 2' murin
Figure 38- Gènes paralogues et gènes orthologues
D : duplication, S : spéciation
Pour plus de précisions, voir cours de phylogénie moléculaire.
93
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
Phylogénie animale
Introduction
Vision gradiste
Vision cladiste
Les symplésiomorphies
Les synapomorphies
Les apomorphies des Eponges
Les apomorphies des Eumétazoaires
94
Atf AZZOUNA Phylogénie Animale
Cours Mastère 1 Ecologie et Environnement
Partie 1 Les méthodes de classification
95