ARCEA/GASN Fiche N°28 Ind 1 du 5 novembre 2007-
ASSOCIATION DES RETRAITÉS DU GROUPE CEA
GROUPE ARGUMENTAIRE SUR LE NUCLEAIRE
CELLULES PHOTOVOLTAÏQUES
1. RAPPEL DU PRINCIPE
Un cristal semi-conducteur dopé P est recouvert
Lorsqu’un matériau est exposé à la lumière du soleil, d'une zone très mince dopée N d'épaisseur e de l’ordre
les atomes exposés au rayonnement sont de quelques millièmes de mm. Entre les deux zones se
" bombardés " par les photons constituant cette lumière. trouve une jonction J.
Sous l’action de ce bombardement, les électrons des La zone N est couverte par une grille métallique qui
couches électroniques supérieures sont arrachés : sert de cathode k tandis qu'une plaque métallique a
• si l’électron revient à son état initial, l’énergie recouvre l'autre face du cristal et joue le rôle d'anode.
cinétique du photon est transformée en énergie L'épaisseur totale du cristal est de l'ordre du mm.
thermique.
• par contre, dans les cellules photovoltaïques,
une partie des électrons ne revient pas à son état initial.
Les électrons " arrachés " créent une tension électrique
continue faible.
Une partie de l’énergie cinétique des photons est
donc transformée en énergie électrique. C’est l’effet
photovoltaïque. L’autre partie est restituée sous forme
thermique.
Les cellules photovoltaïques sont réalisées à partir
de matériaux semi-conducteurs, et en particulier le
silicium qui constitue la majorité des cellules fabriquées L’énergie disponible aux bornes d’une cellule
(99 % des cellules fabriquées en 2001). photovoltaïque est fonction de l’énergie entrante et des
pertes sous forme thermique :
Voir détail ci-contre. La partie grisée n’est pas
nécessaire à la compréhension de la fiche Eélectrique = Elumineuse - Pthermique où :
Eélectrique : énergie disponible aux bornes de la
cellule (tension/courant).
Elumineuse : énergie incidente (flux lumineux)
2. RENDEMENT Pthermique : pertes thermiques (par convection,
Le rendement d'une cellule photovoltaïque est le rayonnement et conduction).
rapport entre l'énergie électrique qu'elle fournit et L'énergie électrique disponible aux bornes d’une
l'énergie du rayonnement visible ou invisible qu’elle cellule photovoltaïque est fonction :
reçoit. Le rendement effectif dans les conditions de
laboratoire varie de 15% à 13% suivant la nature de la • des caractéristiques du type de rayonnement,
cellule et dépend fortement de l’environnement du • de la répartition spectrale,
capteur en particulier,
• de l’angle d’incidence,
• de l’incidence des rayons solaires par rapport à
la surface du capteur, • de la quantité d'énergie reçue (surface et forme
de la cellule, caractéristiques dimensionnelles),
• de la vitesse du vent
• des conditions ambiantes de fonctionnement (le
• de la température. Il est inférieur à 9% à 80°C. En rendement est inversement proportionnel à la
France on considère que le rendement moyen est température).
de 10%
Le rendement de la cellule est :
= Eélectrique / Elumineuse
3. BALANCE ENERGETIQUE ET RENTABILITE des cellules photovoltaïques
Les fabricants estiment dans le cas des cellules photovoltaïques les plus performantes que l’ « Energy payback
time », temps nécessaire à une cellule pour produire une énergie égale à celle dépensée pour sa fabrication, est
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de 2,5 à 5 ans suivant les sources. En considérant que la durée de vie d’une cellule photovoltaïque est de 20 ans,
on peut ainsi affirmer qu’elle fournit de l’énergie " propre " pendant 15 à 17,5 ans, soit de 75% à 87% de sa
durée de vie.
La rentabilité financière d’un capteur va dépendre essentiellement de la zone d’implantation. En France le flux
solaire moyen varie de 1220 à 1760 kWh/m2/an (voir carte ci-dessous) soit un flux solaire moyen journalier de 4
kWh/m². Si l’on exclut les aides étatiques et l’obligation par EDF de racheter le courant électrique produit à des
tarifs très supérieurs au prix courant, la durée d’amortissement calculée sur les coûts actuels est supérieure
à 30 ans (voir détail du calcul zone grisée ci-après). On est loin ici des 2,5 ans annoncés par les constructeurs,
d’autant plus qu’il faut également amortir l’installation de régulation, de transformation et de stockage de l’énergie.
Comparons le coût global de fabrication avec l’équivalent en euro de la quantité d’énergie qu’elle produit. Un
module photovoltaïque d’une surface d’environ 1 m² revient actuellement à environ 500 €. En France le flux
solaire moyen varie de 1220 à 1760 kWh/m2/an. On retiendra pour l’évaluation un flux solaire moyen journalier
de 4 kWh/m². Le module produira alors environ 400 Wh/m² sur la base d’un rendement de 10%. Pour un coût
de l’énergie du réseau public de 0,1 € / kWh, la production moyenne d’un module est donc équivalente à 0,04
€/jour. La durée d’amortissement sera donc de 500 / 0,04 = 12500 jours soit environ 34 ans. Dans le coût
d’amortissement de l’installation il faut rajouter la maintenance du matériel de régulation et le remplacement des
batteries dont la durée de vie est limitée.
4. DIMENSIONNEMENT ET COUT D’UNE INSTALLATION PHOTOVOLTAÏQUE
Des modules photovoltaïques génèrent de l’électricité quand ils reçoivent la lumière du soleil. Avec les
technologies actuelles, un module de 1m2 fournit une puissance crête de 100W, ceci dans les conditions normales
(ensoleillement standard de 1000W/m2 à 25°C, panneau perpendiculaire aux rayons).
Cette électricité doit être stockée dans des batteries d’accumulateurs, les besoins en électricité ne
correspondant pas systématiquement aux heures d’ensoleillement ou celui-ci n’étant pas forcément optimal (taux
de couverture solaire). La capacité de stockage dépend bien sûr du régime d’utilisation ou charge énergétique de
l’installation. Ce courant électrique doit être transformé deux fois, une première fois pour être stocké dans les
batteries et une deuxième fois pour alimenter les appareils électriques au cours duquel il est régulé. Le coût global
pour une installation autonome est de l’ordre de 15000 €/kWc. (Le Watt crête Wc est l’unité de puissance
maximale que l’on peut tirer d’une installation).
A titre d’exemple, une installation de 1,6 kWc (soit 16 m2 de modules) permet de fournir les besoins de base
d’une habitation : éclairage par lampes fluocompactes, petit électroménager, téléviseur, chaîne hifi et ordinateur,
lave-linge à double entrée eau chaude - eau froide, réfrigérateur économe (Données ADEME Coût 2002).
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Supplément au journal "Uranie" de l'ARCEA/Gif N° ISSN 1637.4916 - Dépôt légal :2° semestre 2007 Fiche N° 28 du 5-11-2007 .doc
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5. DUREE DE VIE, MAINTENANCE ET POLLUTION.
La durée de vie des modules photovoltaïques est donnée pour 20 ans.
Les batteries par contre ont une durée de vie limitée (5 à 8 ans) et leur coût de remplacement représente une
part importante des frais de maintenance ; elles contiennent des matériaux toxiques comme le plomb, le lithium, le
cadmium ainsi que des acides variés. L’utilisation des batteries électrochimiques présente donc des risques pour
l’environnement. Leur recyclage en fin de vie est donc indispensable.
6. UTILISATION DES CAPTEURS SOLAIRES
A cause de son prix au kWh, de son caractère aléatoire en matière de production d’énergie (jour/nuit, météo) et
du mauvais rendement des capteurs, la part de l'énergie solaire dans la production d'électricité reliée au réseau
électrique restera sans doute négligeable pendant encore longtemps si aucune révolution technologique ne vient
changer la donne, d'autres énergies abondantes et sans émission de gaz à effet de serre étant disponibles à un
prix très inférieur (hydraulique, nucléaire et dans une moindre mesure éolien)
Toutefois les capteurs photovoltaïques trouvent tout leur intérêt dans les applications isolées des réseaux
électriques et nécessitant de faibles quantités d’énergie. A titre d’exemple, on peut citer les habitations de
montagne, les refuges, les télé-transmissions, la signalisation, le traitement de l’eau, les stations de pompage et
naturellement le spatial. Mais l’intérêt principal va se trouver dans les pays sous-équipés et bénéficiant d’un
maximum d’ensoleillement. Ainsi, ces dispositifs vont permettre d’offrir l’électricité et ainsi apporter un minimum de
confort à des populations qui ont difficilement accès à un réseau électrique.
Remarque : Actuellement en France, le choix d’une énergie renouvelable permet de bénéficier de soutiens
publics dans le cadre du FACE (Fonds d’Amortissement des Charges d’Electrification) si le site est en zone rurale
ou d’une aide financière de l’ADEME et d’EDF si le site est en zone urbaine. De plus EDF est dans l’obligation de
racheter le surplus d’électricité des particuliers à des tarifs forts avantageux. Mais ceci ne peut pas être un critère
de choix pour les générateurs électriques solaires car ce ne sont que des dispositions momentanées pour
satisfaire les critères européens en matière d’énergie renouvelable et permettre à la France de rattraper son retard
dans ce domaine.
7. L’AVENIR
Comme on l’a vu précédemment, les électrons porteurs de charge, générés par la lumière du soleil, sont
partiellement perdus dans le volume du silicium à cause de la présence d'impuretés résiduelles (atomes de fer,
titane). Pour palier ce problème les chercheurs font appel aux nanotechnologies pour créer la cellule solaire de
troisième génération. La technique consiste à introduire des nanoparticules de silicium ou de germanium (5
nanomètres de diamètre) dans une fine couche de verre placée à la surface de la cellule pour que la lumière
solaire soit mieux absorbée. Les recherches s’orientent également vers l’introduction des nanoparticules dans des
supports souples en plastique polymère, qui peuvent être fabriqués selon un processus beaucoup plus simple. Ces
cellules auraient l'avantage d'être flexibles et résistantes. D’autres voies de recherche s’orientent vers des
matériaux capables d’exploiter la lumière infrarouge ce qui permettra de fonctionner même par temps couvert et
ainsi porter le rendement à 30%.
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