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Organisation de Shabbat à Marseille

Le cours sur l'Occident européen au Moyen Âge (OEM) vise à explorer l'évolution politique, religieuse, économique et sociale de cette période, de la chute de l'empire romain en 476 à la découverte de l'Amérique en 1492. Les étudiants acquerront des connaissances sur la naissance de l'Occident, les croisades, ainsi que sur la vassalité et l'essor urbain. Le syllabus est structuré en deux parties principales, abordant d'abord l'évolution politique et religieuse, puis l'évolution économique et sociale.

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Le cours sur l'Occident européen au Moyen Âge (OEM) vise à explorer l'évolution politique, religieuse, économique et sociale de cette période, de la chute de l'empire romain en 476 à la découverte de l'Amérique en 1492. Les étudiants acquerront des connaissances sur la naissance de l'Occident, les croisades, ainsi que sur la vassalité et l'essor urbain. Le syllabus est structuré en deux parties principales, abordant d'abord l'évolution politique et religieuse, puis l'évolution économique et sociale.

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

L'OCCIDENT EUROPÉEN

AU MOYEN AGE (OEM)

CODE : HIS OEM1301

Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

1
Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

SYLLABUS

Code : HIS OEM1301

Intitulé du cours : L'Occident européen au Moyen Age (OEM)

Unité d’Enseignement (UE) : L'Occident européen au Moyen Age


(OEM)

Éléments Constitutifs d’Unité (ECU) :

✓ L'évolution politique et religieuse

✓ L'évolution économique et sociale

Crédit : 6

Volume horaire : Volume horaire total : 100 heures / Cours théorique :


72 heures dont 60 pour l’enseignant et 12 heures de Travaux dirigés
(TD) :

Objectif général :

Comprendre l’histoire de l’Europe occidentale à l'époque médiévale

✓ Objectif spécifique 1 : L’objectif spécifique de ce cours est de


favoriser l’acquisition de connaissances sur la naissance de l’occident,
le déroulement des croisades, la construction des royaumes barbares.

L’étudiant doit à l’issu de ce cours comprendre l'évolution politique et


religieuse de l’Occident européen au moyen âge

2
Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

✓ Objectif spécifique 2 : L’objectif spécifique est de favoriser


l’acquisition de connaissances sur les seigneuries, la vassalité et l’essor
urbain de l’Occident européen au moyen âge. L’étudiant doit à l’issu de
ce cours comprendre l'évolution économique et sociale de l’Occident
européen au moyen âge

Méthode : Cours dialogué avec un support à remettre aux étudiants.

Modes d’évaluation : travaux en groupe (session normale) et évaluation


sur table (QCM, questions de cours, commentaires, synthèse) en session
de rattrapage

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

Introduction générale
Le concept Occident européen fait l’expression des réalités historiques, politiques et
territoriales, économiques et culturelles qui ont marqué l’Europe occidentale actuelle. Le
contenu historique est précisé par le terme moyen âge qui complète l’intitulé du cours :
l'Occident européen au Moyen Âge (OEM). Le Moyen Âge est la longue période qui s’est
écoulée du 04 septembre 476, date de déposition du dernier empereur Romulus Auguste de
l’empire romain d’occident par les peuples barbares à 1492, année de découverte du « Nouveau
Monde », l’Amérique par Christophe Colomb. C’est aussi politique et territoriale, l’OEM est
matérialisé par un espace délimité et partagé entre des États aux caractères naturels globalement
communs et ayant été dirigés par des régimes politiques évolutifs. L’OEM est enfin une entité
culturelle ; cette partie de l’Europe fut caractérisée, en effet, par les luttes religieuses souvent
sanglantes entre le christianisme prosélytiste et l’islam expansionniste et les croyances
anciennes subissant le poids asphyxiant et déstructurant du christianisme. Le christianisme s’est
imposé par une grande influence qui a modelé la structure de la société de l’Europe occidentale,
son organisation politico-administrative et son fonctionnement.
La première difficulté à laquelle se confrontent les chercheurs sur l’histoire de l’OEM
réside dans la diversité des faits historiques, leur imbrication assez complexe les uns dans les
autres : il est par exemple difficile d’étudier le fait économique sans une considération
appropriée du sujet religieux alors que même les deux thèmes ne se confondent pas. En
politique, le même terme n’exprime pas les mêmes faits et gestes d’une région à une autre. C’est
ainsi que les devoirs d’un vassal envers son seigneur doivent être nuancés de l’Angleterre au
royaume de France. Toutefois, la délicatesse des événements et des sujets à étudier ne se trouve
pas seulement dans une imbrication thématique dont ils font objet ou leur variance
géographique, du fait du long étirement de la période médiévale (plus de mille ans) le chercheur
ou l’étudiant se butte immédiatement à une autre difficulté, leur chevauchement chronologique.
Au regard de l’énormité de l’OEM en termes de durée, de contenu et même d’espace,
nous regroupons dans le présent cours les analyses thématiques en deux grandes parties : la
première partie se concentre sur l’évolution politique et religieuse du Moyen âge alors que la
deuxième partie se porte sur l'évolution économique et sociale. Quant aux considérations
chronologiques, afin d’apporter plus de précision au contexte de déroulement des faits, elles
ont été examinées suivant les grandes périodes établies du moyen âge :
❖ Le haut moyen-âge ou siècles des obscurs qui va du V-XI siècles
❖ Le moyen-âge classique ou les beaux siècles allant du XI-XIII siècles
❖ La fin du moyen âge ou les temps difficiles allant du XIV-XV siècles
Cette démarche vise à fixer le cadre et les préalables fondamentaux qui puissent permettre à
l’étudiant de faire une lecture-recherche méthodique et plus poussée tout en ayant une maîtrise
de son sujet.

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

PREMIÈRE PARTIE
L’évolution politique et religieuse du Moyen âge

Le Moyen âge commence avec la chute de la partie occidentale de l’empire romain


jusque-là stable et garant de l’équilibre sociopolitique et culturel dont jouissait les peuples de
cette partie de l’Europe. La disparition de l’empire d’occident en 476 sous les invasions des
barbares venus de tous les côtés de l’empire déclenche un long processus de transformation des
sociétés locales qui passa par l’imposition des barbares fondant de nouveaux États avec la
complicité et le soutien tacite de l’Église catholique, par les croisades contre l’islam et par les
changements économiques entrainés par l’émergence des villes et la nouvelle structuration
sociale autour de la gestion foncière.

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

Chapitre I : La fin de l’empire romain et la naissance


de la notion d’Occident européen

Introduction

L’histoire de l’empire romain forme une grande partie de l’histoire de l’antiquité de


l’Europe occidentale. La fin de l’antiquité l’occident européen correspond à la chute de Rome.
Selon la tradition, la date décisive serait le 4 septembre 476. Ce jour-là, un chef barbare nommé
Odoacre enlève ses ornements impériaux à Romulus Augustule, l’enfant de 14 ans qui occupe
le trône depuis quelques mois. Au fil du temps, avec l’avènement des barbares, on assite à la
naissance de l’occident européen. On entend souvent parler du monde occidental ou de
l’Occident. Cette notion très vaste est souvent employée, mais rarement définie. Il y a toutefois
plusieurs manières de définir l’Occident en tenant compte des aspects géographiques, culturelle
ou politique. De plus, la notion d’Occident a évolué au cours de l’histoire, s'adaptant aux
changements politiques, religieux et à la colonisation. Pour notre part nous nous en tenons à la
conception historiographique inséparable de l’histoire de la Rome antique.

I- La fin de l’empire romain : les invasions barbares

En 476, l’empire romain disparait en Occident.


Aux frontières de l’empire romain vivaient de nombreux peuples avec lesquels les
Romains ont eu, à plusieurs reprises, des relations tantôt pacifiques tantôt conflictuels.
En occident, au-delà du Rhin et du Danube, vivaient les Germains divisés en plusieurs
groupes : Francs et Alamans le long du Rhin, Saxons dans la plaine de l’Allemagne du Nord,
Burgondes et Vandales en Allemagne centrale, Wisigoths sur le Danube inférieur, Ostrogoths
sur la rive occidentale de la Mer Noire. Jusqu’à envahissement et occupation effective de
l’empire romain à la fin du Ve siècle, ces peuples barbares entretenaient des relations
commerciales avec Rome. Mais l’empire romain était perçu par la plupart comme un monde
prospère, où règne la paix, et qui pourrait leur offrir de meilleures conditions d’existence. Déjà,
entre le IIIe et le milieu du IVe siècles les Germains et les Sassanides ont respectivement occupé
la Gaule et des territoires à l’Orient de l’empire avant d’être repoussés.
Mais à partir de la deuxième moitié du IVe siècle, les difficultés internes de l’empire se
multiplient. Le pouvoir impérial est amolli par la baisse des impôts dû au ralentissement des
échanges commerciaux entre Rome et ses partenaires. À ce problème économique s’est ajouté
une diminution drastique de la puissance militaire pour une couronne impériale minée par une
profonde division politique. Les rivalités entre les princes conduisent à la division de l’empire

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

en deux grandes parties : l’empire d’occident et l’empire d’orient1. Les deux parties qui,
progressivement, vivaient isolées l’une de l’autre se séparent définitivement en 395. Ainsi,
l’empire d’orient comme celui d’occident sont désormais sous la menace directe des invasions
des forces étrangères. Mais, c’est surtout la partie occidentale qui doit désormais affronter les
poussées barbares à ses frontières dès le début du Ve siècle. Les invasions prennent l’aspect de
simples raids. Pour ce faire l’autorité romaine résiste et parvient à rassembler les nouveaux
venus. Rome « intègre » et romanise les Francs, chargés dès 278 de la « garde sur le Rhin ».
Ainsi, jusque vers 360, une première « vague » d’invasions, plutôt pacifique, amène en Gaule,
Italie du nord et Angleterre Alamans, Francs et Goths, qui s’installent pacifiquement après avoir
négocié avec Rome des territoires, les foedi, avec la soumission à Rome. Ils obtiennent
l’intégration dans l’armée romaine pour la défense des frontières. Ce fut l’exemple contre les
Huns qui s’étaient avancés jusqu’en Gaule en 451, commandés par Attila. Mais au fil des années
des royaumes barbares se forment partout au détriment de l’empire romain. Le 4 septembre
476, le dernier empereur romain d’occident qui régnait encore en Italie est détrôné par Odoacre,
un barbare ostrogoth qui s’empara des ornements impériaux à Romulus Augustule.
Les territoires fédérés se constituent en territoires autonomes. L'empire Romain est
anéanti (mort d’Odoacre, le « dernier empereur » en 493) et est partagé en plusieurs Etats :
Vandales (Afrique du Nord), Wisigoths (de l'Espagne à la Loire), Ostrogoths, Burgondes et
Francs. Les Francs dominent Burgondes et les Wisigoths en Gaule (Clovis (493-534). Byzance
anéantit Vandales et Ostrogoths (533-555). L'Italie est envahie par les Lombards (568-571).
Quant à l’Orient romain, il fut relativement épargné et conserve, en partie, l’héritage de Rome
jusqu’en 1453.

II- Les conséquences de la chute de l’empire romain d’Occident :


naissance du concept « Occident » et ses réalités historiques

La conquête puis l’occupation de l’empire romain par les barbares à profondément


modifié la carte d’Occident. Au début de leur installation, il n’y a pas eu de fusion, mais simple
juxtaposition entre barbares et Romains, chacun continuant à vivre selon ses propre
organisation sociopolitique, administrative et ses normes culturelles. Sur le plan religieux, la

1
Au milieu du IIIème siècle, les Perses à l’Est et les Germains à l’Ouest pillent les régions qu’ils traversent. La
paix romaine disparaît à la place de l’anarchie. Constatant que l’Empire fait face à trop de menaces pour être dirigé
par un seul homme, Dioclétien instaure la tétrarchie, une forme de gouvernance à quatre. Dioclétien et Maximien
prennent le titre d’Auguste. Le 1er gouverne l’Orient (capitale Nicomédie en face de Byzance) et le second
l’Occident (capitale Milan). Ils sont secondés par des César dans des circonscriptions créées à cet effet dirigées
par Constance Chlore et Galère. Au IVème siècle, Constantin (312-337) rétablit l’ordre intérieur et choisit une
nouvelle capitale, Byzance, qu’il fait magnifiquement reconstruire et qui prend le nom de Constantinople. En 395,
pour que les frontières soient mieux défendues, l’empereur Théodose décide de partager l’Empire entre ses deux
fils : ainsi naissent l’Empire Romain d’Orient et l’Empire Romain d’Occident avec, respectivement,
Constantinople et Ravenne comme capitales

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

séparation est moins figée : certains barbares sont restés païens ; mais d’autres, convertis au
catholicisme se heurtent aux Romains catholiques conservateurs, très attachés à l’orthodoxie
religieuse.
Pourtant, l’interpénétration progressive des deux modes de vie devient une évidence et
se pose comme étant le jalon d’une nouvelle civilisation. Deux facteurs essentiels furent à la
base du mixage civilisationnel entre les Barbares et les Romains : il y a le faible nombre des
barbares qui subissent ainsi facilement l’influence de la romanité et la masse de la population
romaine qui, trop souvent écrasée par une minorité de riches et de puissants, a accueilli
quelquefois avec ferveur les nouveaux venus. Cette collusion des cultures barbare et romaine
donne naissance à un nouvel Occident qui se différencie progressivement de ce que fut
l’Occident romain jusqu’à disparition en 476. L’Église qui fut durement éprouvée lors de la
décadence romaine parvient à se relever et devient rapidement la seule institution héritière de
la romanité dans l’occident romain. Elle s’impose en tant que la cheville ouvrière de
l’édification de la nouvelle civilisation naissante, malgré de dures luttes internes. Avec Grégoire
le Grand (590-604), l’Église se retrouve à nouveau en position dominante en Occident,
devenant la force de la « renaissance romaine » grâce à des réformes opérées.
Toutefois, l’Occident reste un concept problématique. Comme de nombreux concepts
géographiques, le mot révèle toutes ses insuffisances. En ce sens, il est imprécis, sans limites,
sans frontières. L’Occident, à l’origine, n’était autre que la région située à l’ouest, où le soleil
se couche, mais aussi à l’ouest de la Grèce, considérée comme le centre du monde. L’occident
était alors une direction, infinie et indéfinie, puisque installée le long de la course du soleil, dans
sa deuxième moitié. Alors, l’occident recouvrait les terres encore émergées de la péninsule
européenne, sans qu’on les distinguât vraiment de la Nubie (qui allait devenir l’Afrique) ou du
septentrion, ces terres entre Mer Noire et Baltique qui, ultérieurement, seraient intégrées à
l’Europe. Mais, Rome fut doublement le créateur de l’Occident. D’une part, en bornant les
limites de l’empire, en traçant une frontière, cette ligne qui marque le dedans et le dehors, cette
rationalisation de l’espace. Longtemps, l’Occident fut l’espace dominé par les Romains. La
deuxième création romaine de l’Occident vient de sa division : la séparation entre un empire
romain d’Orient et un empire romain d’Occident marqua longtemps, et encore aujourd’hui,
cette unité initiale.
Le changement sémantique signifie une sécularisation des esprits qui intègre à la
romanité et à sa foi chrétienne les apports culturels des Barbares et les conditions de
l’environnement comme une force déterminante des sociétés plus que les choix des individus.
L’externalisation de l’Occident débute avec l’expansion incroyable des royaumes et empires de
l’Europe de l’Ouest au-delà des mers et des océans, jusqu’en Asie, en Afrique et dans le nouveau
monde, en Amérique Latine et en Amérique du Nord. Les grandes découvertes de terres dotées
d’abondantes potentialités conduisent les Européens de l’Ouest à de grandes conquêtes
territoriales suivie de leur exploitation durant plusieurs siècles. De la traite des Noirs à la
colonisation en passant par les conquistadors en Amérique Latine et le rasement des

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

Amérindiens Nord-Américains au profit des terres occupées, l’Occident ne si limitait plus à


l’Occident européen du point de vue géographique, mais devenait une civilisation. L’Occident
est désormais un mode de vie politique fondé sur les principes romains, un système économique
capitaliste se reposant sur les révolutions industrielles opérées entre le XVIIIe et le XXe siècles,
un « idéal » social individualiste engendré par la sécularisation de la foi chrétienne, c’est-à-dire
la séparation de la vie communautaire des dogmes chrétiens.
Ses défenseurs le définissent (confer au cours sur la colonisation) comme la meilleure
civilisation qui devait être répandue parmi tous les peuples et États du monde. Ceux qui
refuseraient de l’accepter pacifiquement devait la subir. Pourtant tous les pays dominés par les
Européens ne s’y retrouvent pas, les différentes colonies d’exploitation ne pouvant être
assimilables à cette catégorie. En fait, l’élément race s’invite dans les caractéristiques
définitionnelles de l’Occident. Ainsi, l’Occident, en plus d’être le territoire qui maîtrise et
développe la technique, est-il souvent restreint, selon une représentation raciale plus ou moins
consciente mais fréquente au XIXe siècle. La prise en compte des aspects technologique et
rationaliste explique que finalement, un peuple non européen et non blanc soit finalement
agrégé à l’Occident : le Japon, après la révolution du Meiji au XIXe. À la fin du XX° siècle, on
décrit le monde développé comme la triade avec trois sommets au triangle occidental (Europe,
États-Unis y compris le Canada, Japon) et certains de ses alliés, des anciennes colonies de
peuplement (l’Australie, la Nouvelle Zélande). La bipolarité « Est-Ouest » de la guerre froide
réordonne le monde, en le schématisant. Toutefois, dès la disparition de l’empire soviétique,
l’emprise civilisationnelle et idéologique de l’Occident s’approfondit davantage.

Conclusion

Le bref examen de l’évolution du concept « Occident » donne la clé de compréhension


des rapports culturels et des transformations diplomatiques dans le monde en cours. Les réveils
nationalistes sur fonds de revendications identitaires bien visibles à divers points du globe
expliquent la lassitude de la civilisation occidentale provoquée par la stupéfiante domination
multiséculaire de l’Occident européen puis de l’Occident (la civilisation de). Les attentats du
11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont mis à nu la profonde opposition sous-jacente d’un monde
économiquement dominé par les EU, mais qui reste multicivilisationnel (Hutington, 1997).
Certes, la civilisation occidentale persiste toujours à devenir l’idée directrice mondiale par le
biais de l’informatique, de l’internet et de l’intelligence artificielle, toutefois dans le contexte
où ses contestateurs sont conscients de sa volonté de dominer, lui opposent une résistance sous
l’angle de l’appropriation identitaire des inventions et autres découvertes technologiques.

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

Chapitre II : La question juive dans l’Occident européen


au moyen-âge
Introduction

Le fait religieux s’est fortement invité dans l’évolution de l’Occident européen au


lendemain de la disparition de l’empire romain d’occident. Le christianisme par ses dogmes,
ses préceptes et partant le clergé, du pape aux fidèles illettrés du bas quartier en passant par les
prêtres étaient omniprésents dans les sphères de décision. Le pouvoir politique était légitimé
par le religieux quand, tout simplement, celui-ci ne lui était pas confondu. Le fait le plus exprès
du règne du christianisme était l’opposition au judaïsme, la religion juive. Le christianisme est
né du judaïsme (Jésus, le fondateur du christianisme, était juif ainsi que ses premiers disciples
et même les premiers chrétiens). Ses premiers disciples et les chrétiens étaient convaincus qu’il
est apparu pour substituer le judaïsme. Pour les chrétiens, les judaïsants s’opposent à la volonté
divine et la religion juive constitue une menace pour l’expansion du christianisme, c’est-à-dire
la conversion des personnes. La société christianisée courait un danger de se voir envahie par
l'élément juif. En ce sens, des textes conciliaires accusaient fréquemment les laïcs de s'ouvrir
avec trop de facilité à l'influence judaïque tout en les exhortant de prendre de la distance avec
les Juifs. Mais avec le recul historique, d’autres raisons supplémentaires expliquent le rejet du
judaïsme par le magistère chrétien. En réalité, « au sein d'une société germanique à peine sortie
de la barbarie, et aux côtés d'un clergé encore relativement peu cultivé, les Juifs possédaient
tous les avantages propres aux représentants d'une civilisation ancienne, hautement spiritualiste
et, à tous égards, supérieure »2. Héritiers d’une formation rigoureuse tirée de la discipline
talmudique, les Juifs par leur mode de vie contrastaient, déjà à l’époque, avec un catholicisme
en forte sécularisation tous azimuts introduite par le culte des saints 3. Ainsi, le peuple Juif
favorablement accueilli comme les autres étrangers dans l’empire romain au début de leur
pénétration, leur statut politique et social devint progressivement problématique au sein d’abord
de l’empire romain, puis dans les États issus de la dislocation. L’existence même des juifs et
surtout le contrôle du judaïsme reste une énorme question à résoudre. Certains auteurs
l’évoquent en termes énigmatiques de « question juive » et d’autres avec des expressions
polémiques de « judéophobie », plus circonstanciés. Notre cours tente de résumer l’histoire
juive de la naissance du christianisme à la chute de l’empire romain d’occident, en premier et
en second, sur les exemples de l’antijudaïsme en Espagne et de l’expulsion des Juifs d’Europe.

2
Haller, Max & Ménégoz Fernand,1935, La question juive pendant le premier millénaire chrétien. In Revue
d'histoire et de philosophie religieuses n°4, pp. 293-334
3
Ibidem.

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

I- Les Juifs : histoire et antijudaïsme au moyen âge.

1- Un bref rappel historique


La religion juive se développe autour de 2000 ans avant Jésus-Christ avec l’appel de
leur patriarche Abraham par Dieu à quitter ses parents polythéistes et à croire en lui comme le
Dieu unique et créateur de l’univers. La formation du judaïsme s’est faite dans la persécution
de ses adeptes historiques, les Juifs. L’appel d’Abraham le conduit dans une pérégrination au
cours de laquelle il dut affronter la haine de ses hôtes. Lorsque ses descendants, encore appelés
Hébreux sortent de l’Égypte vers l’an 1700 av. J-C., ils fondent leur royaume en Palestine dans
un contexte de guerres permanentes plus caractéristique de l’antiquité que lié au fait de la haine
contre eux. Néanmoins, la consolidation du judaïsme par la construction du temple de Salomon
les distingue comme un peuple différend et rebelle auprès des peuples voisins de qui ils subirent
plusieurs guerres d’oppression. En 587 av. J.-C., Nebucadnetsar (Nabuchodonosor) II, roi de
Babylone, prend Jérusalem et détruit le Temple juif. Il emmène en captivité les membres
importants des tribus juives. Dès lors commence la constitution des premières communautés de
la diaspora juive.
Autour de l’an 30 de notre ère, dans un contexte de la romanisation de la Judée, Jésus-
Christ, un prédicateur juif fonde la religion chrétienne. Le christianisme se répand rapidement
autour de la Méditerranée, dans les villes où des communautés juives sont déjà établies. Dans
l’empire romain, les communautés chrétiennes formées de Juifs ou de non Juifs font
intermittemment l’objet de violentes persécutions. En 65, les persécutions contre les Chrétiens
commencent à Rome avec l’empereur Néron qui les avait accusés d’avoir incendié une partie
de la ville. Les persécutions n’arrêtent pas la diffusion du christianisme, au contraire, elles
contribuent à son expansion grâce au courage des martyrs chrétiens. Cependant il y a lieu de
préciser que les persécutions étaient à la fois orientées contre le christianisme, une nouvelle
religion de prosélytisme subversif des croyances habituelles et contre « l’insolence » des Juifs
porteurs principaux à l’époque de cette religion. Ainsi, avant l’an 70, date de la destruction
partielle de Jérusalem par l’empereur Titus, Pompée avait déjà, en 67, amené à Rome le roi juif
Aristobule avec sa suite et de nombreux captifs. En 134, Hadrien ravage une seconde fois la
ville, avant d'élever sur ses décombres, la cité romaine d'Aelia Capitolina. La guerre
hadrianienne fit un demi-million de victimes. Le nombre élevé de victimes tenait de la
résistance des Juifs qui avait poussé l'empereur à recourir à la totalité de ses forces et de ses
meilleurs stratèges militaires. À la suite de la destruction de Jérusalem, les chrétiens ainsi que
la « diaspora » juive de l'Empire romain connut — à part quelques rares persécutions locales4
— une ère de paix relative5. Au début du VIe siècle, la quiétude vécue par les Juifs se dégrade
lentement mais assez profondément.

4
À titre d’exemple, l’on peut citer la courte période de violence contre les chrétiens menée par l’empereur
Dioclétien entre 303 et 305.
5
Haller Max & Ménégoz Fernand,1935, « La question juive pendant le premier millénaire chrétien ». In Revue
d'histoire et de philosophie religieuses, n°4, p. 310.

11
Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

En effet, le christianisme gagnant le plus haut sommet de l’empire fait bénéficier aux
chrétiens un long temps de paix et génère une haine farouche contre le judaïsme, son ancêtre et
les Juifs. La conversion de l’empereur Constantin Ier fit triompher le christianisme. En 313, il
signe l’édit de Milan qui établit la liberté religieuse : le culte chrétien est favorisé au même titre
que le culte juif. Cependant, deux ans après, le christianisme est élevé au rang d'abord de
religion privilégiée, et puis de religion d'État. Par ailleurs, les cultes romains traditionnels sont
interdits. En 315, interdiction était faite aux Juifs de faire des prosélytes et il était défendu aux
non-Juifs, sous peine de sévères sanctions, d'embrasser la religion des Hébreux. En 325,
Constantin convoque un concile œcuménique à Nicée : considérant l’Eglise comme un des
principaux soutiens de l’empire, le concile de Nicée « marque le début, de la part de l'Église,
des vexations qui, au cours des âges, se transformeront en cette oppression systématique dont
la société juive »6 a souffert tout le moyen âge. En 380, l’empereur Théodose Ier publie l’édit
de Thessalonique qui stipule que « tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux
Romains par l’apôtre Pierre, celle que reconnaissent le pontife Damase et Pierre, l'évêque
d'Alexandrie, c’est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » le christianisme
connait une diffusion rapide aux antipodes du judaïsme qui tombe sous les griffes de
l’antijudaïsme.
L’antijudaïsme renvoie aux manifestations d'hostilité des chrétiens et des musulmans à
l'égard des pratiquants du judaïsme qui ne sont autres que des juifs qui en ont fait leur religion.
À partir du VIIe siècle surtout, pour les Juifs, le monde est partagé entre chrétiens et musulmans
s’affrontant sans cesse mais s’entendant assez bien sur la détestation des Juifs. L’antijudaïsme
médiéval est complexe, mélangeant les raisons religieuses, la méfiance et la jalousie, mais aussi
des motivations fiscales et politiques. « L’autre raison avancée est aussi celle de la construction
de la nation, qui se définit de plus en plus, à partir du XIIIe siècle, comme une nation chrétienne
»7. À partir des croisades, au XIIe siècle, les juifs deviennent la cible des souverains, qui
durcissent leur statut (obligation de porter un signe distinctif, interdiction d’être armé...). À la
merci des rois et princes, sous la menace permanente d'une expulsion ou d'une confiscation de
leurs biens, ils sont périodiquement rançonnés pour renflouer les caisses des États (captiones).
L’antijudaïsme est l’un des principaux faits religieux caractéristiques de l’histoire du Moyen
Âge. « Aujourd’hui c’est souvent une lecture lacrymale que l’on a de l’histoire des juifs au
Moyen Âge, dont le destin fut forcément malheureux et l’enracinement impossible ».8
L’oppression cotre le peuple juif se prolonge jusque dans les temps modernes en variant dans
la forme et dans le fonds.

6
Haller Max & Ménégoz Fernand,1935, « La question juive… », [Link]., pp. 310-311.
7
Ibidem.
8
Annabelle Marin, 12 mars 2017, « Au Moyen Âge, l’expulsion des juifs sert la construction de la puissance
publique », Entretient in [Link]
construction-de-la-puissance-publique

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

2- L’inquisition, la machine de répression religieuse contre les juifs


Il importe de rappeler que l'État païen n’est pas le créateur de la « question juive » qui,
jusqu'à nos jours, se perpétue sous la forme de l'antisémitisme. L'empire romain de l'époque
païenne n'a pas connu le ressentiment du « racisme ». C'est, au contraire, l'Église des premiers
siècles post-constantiniens à qui le monde doit les embarras de ce problème juif. Néanmoins,
les mesures antijuives n'ont pas été dictées à l'Église. Elles doivent leur origine à la
responsabilité que l'Église estimait avoir du salut éternel des « infidèles ». L’Eglise se croyait
la communauté élue de Dieu et mise en mission par Lui pour sauver l’humanité. Donc, ne
pouvait s'accommoder ni d'une propagande doctrinale dissidente, ni, à plus forte raison, de la
présence d'une communauté religieuse étrangère et hostile : de là, le combat de l'Église contre
le paganisme de l'Empire, et contre l'arianisme des peuples germaniques et la contre-église
manichéenne. C’est dans la logique du combat pour imposer le christianisme (l’Eglise) comme
le seul et le vrai canal de salut que se trouve le sens profond de la lutte antijuive de l'Église
associée, voire inféodée à l'État au temps de la décadence de l'empire romain et de l'avènement
des nouveaux dominateurs germaniques. Mais, elle se heurte une communauté juive soudée
comme un inébranlable mur d'airain, grâce à sa ténacité et à sa cohésion interne. Le judaïsme
résista avec succès à toutes les tentatives de « mise au pas » faites par l'Église. Cette divergence
de mission entre le christianisme et les doctrines dissidentes justifie de la part de l’Eglise
l’extrême option de faire recours à l’inquisition pour combattre les hérésies.
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, certains chrétiens cherchent en dehors de l’église
la satisfaction de leurs besoins spirituels. Ils adoptent des doctrines en opposition avec celles
de l’Eglise, les hérésies. Les mouvements hérétiques (les plus connus sont ceux des Vaudois du
nom du chef du mouvement, Pierre Valdo) déclarent qu’on peut se contenter de la vérité dans
l’évangile et que le clergé est inutile. Chez les Vaudois la messe et le culte des saints est interdits.
Ils vivent dans la pauvreté. Il y avait aussi le mouvement de cathare (du grec qui signifie pur).
Les Cathares fondent leur doctrine sur l’opposition entre le Bien qui est Dieu et le Mal qui est
Satan. Ils rejettent l’autorité de l’Eglise, vivent dans l’austérité la plus complète. Contre les
Cathares, contre tous les hérétiques et contre le judaïsme qui n’en faisait pas moins partie
factuellement, le pape Innocent III fait organiser une lutte qui, à terme, associa la prédication.
Dans le sens d’une lutte efficace, l’Inquisition, une juridiction d'exception de l'Église catholique
est instituée par le pape Grégoire IX en 1223. Elle est chargée de rechercher les hérétiques et
de les juger.
Le pape Grégoire IX nomme des juges permanents et indépendants de la justice seigneuriale et
des évêques. L'activité de l'Inquisition dépend largement de l'autorité politique. Pour mener ses
activités elle se fonde sur :
- « L'édit de foi » qui incite à la transmission d'informations susceptibles d'aider le
tribunal, sous peine d'excommunication.
« L'édit de grâce » s'adresse directement aux hérétiques et les incitent à se dénoncer
pour bénéficier de l'indulgence des juges.

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

Les sanctions sont graduées en fonction des délits commis : elles vont de la simple pénitence
à la mort sur le bûcher, en passant par l'amende, la confiscation des biens, le bannissement. La
torture est employée lors de la procédure pour obtenir des aveux mais l'inquisiteur préfère
généralement les aveux spontanés. Pour les cas graves, le tribunal pratique l'infamie publique
(port d'une tunique recouverte d'inscriptions). Quelques centaines d'exécutions ont lieu ;
quelques milliers de condamnations à mort par contumace sont prononcées, contre des défunts
ou des accusés en fuite. La masse des autres sentences ordonne "réconciliation" des intéressés
avec l'Église, réintégration et pardon pour des pratiques ou des croyances que les juges estiment
contraires à la droite ligne de l'orthodoxie chrétienne. Elles s'accompagnent de fait d'une
amende négociée, dont le but était de réduire la capacité d'action sociale des familles. Les
prévenus jugés sont remis dans les mains du roi, le seul habilité à leur rétrocéder la propriété
des biens qu'ils ont légalement perdus. Très vite le nombre des procès diminue. Tout compte
fait, du Moyen âge à la Renaissance, l'antijudaïsme évolue en diverses formes. L'Espagne passe
insensiblement de l'antijudaïsme médiéval, qui reproche aux juifs d'être responsables de la mort
du Christ mais leur permet de se racheter par la conversion, à l'antisémitisme, ancêtre de la
forme moderne, qui leur reproche de simplement exister. Des multitudes de Juifs furent victimes
de l’expulsion.

II- Les expulsions juives en Europe : les cas de l’Espagne et de la


France

1- L’exemple de persécution des Juifs d’Espagne


En 1391, les Juifs des territoires de la Castille, d'Aragon, de la Catalogne, de Majorque
durent affronter de meurtrières persécutions de la part des Espagnols. Trouvés indésirables,
c’est comme les Juifs devaient expier pour les malheurs (les épidémies, les famines et les
guerres) qui ravagent l'Europe. Plus de 4 000 Juifs périssent à Séville, la communauté prospère
de Barcelone est anéantie. Les assaillants "pillent, saccagent, massacrent à ravir. Seuls ont la
vie sauve les juifs qui implorent de recevoir le baptême. Deux décennies plus tard, (1412) une
ordonnance royale contraint les juifs de Castille, à vivre séquestrés dans des "ghettos" isolés.
Elle leur interdit d'exercer toute charge publique. Ils sont obligés de s’identifier publiquement
par le port de longs manteaux noirs couvrant jusqu'aux talons. Le règne des Rois catholiques
dès 1474, débute avec la volonté des monarques de purifier les villes, en particulier les lieux de
culte du « vers juif ». Les juifs de Castille sont confinés dans leurs ghettos, et à Séville, Teruel,
Saragosse, Cordoue et à Albarracin les Juifs sont bannis des évêchés. Puis l'Inquisition propose
aux souverains le bannissement généralisé auquel les Juifs eux-mêmes, notamment ceux de
Castille tentent de s’opposer. Un siècle après le grand massacre de 1391, Torquemada,
l'inquisiteur général, brandit devant la Cour, le 20 mars 1492, un crucifix et rappelant la trahison
de Judas, et partant la responsabilité des Juifs dans la mort de Jésus. Le 31 mars un décret royal
donne trente jours à tous les juifs d'Espagne pour quitter le royaume. Que leur reproche-t-on ?
Rien de moins que de contaminer la société espagnole et d’essayer « de soustraire les fidèles
chrétiens à notre sainte foi, de les en détourner, de les dévoyer, de les attirer à leurs croyances

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et opinions damnées » et de persuader les fidèles chrétiens « autant qu'ils le peuvent d'observer
et pratiquer la loi de Moïse, leur font comprendre qu'il n'y a d'autre loi ni d'autre vérité que
celle-là déclare le décret d'expulsion ».
Pour sortir de l’Espagne, ils durent brader leurs biens. Et selon Joseph Ha-Cohen, ils « s'en
allèrent où le vent les poussa, en Afrique, en Asie, en Grèce et en Turquie. D'accablantes
souffrances et des douleurs aiguës les assaillirent, les marins génois les maltraitèrent. Des
créatures infortunées mouraient de désespoir pendant leur route : les musulmans en éventrèrent
pour extraire de leurs entrailles l'or qu'elles avaient avalé pour le cacher. Il y en eut qui furent
consumées par la peste et par la faim ». Peut-on alors conclure que ces Juifs ont reçu la
malédiction d’être le peuple de Jésus-Christ ou le hasard a voulu simplement qu’ils fussent des
victimes des Espagnols plus affectionnés de Jésus-Christ et vengeur de son sang ?
2- La France : le terreau des expulsions juives
Les expulsions commencent au matin du Moyen-Âge, c’est-à-dire après la chute de l’empire
romain. Tous les rois de la famille de Clovis, la dynastie mérovingienne, étaient les alliés des
évêques qui, eux, n'avaient qu'un souci, celui de christianiser. En 533 Childebert Ier, roi de Paris
et d’Orléans puis de Bourgogne prend contre les Juifs refusant de se convertir au christianisme
un arrêté d'expulsion. Les mariages mixtes avec des Juifs avaient déjà été interdits sous peine
d’excommunication. Toutefois, la portée de l’arrêté se trouve limitée par le concile d’Orléans
de 538 qui avait jugé utile de continuer d’alerter les fidèles chrétiens contre les « superstitions
juives » et de limiter les libertés de mouvement des Juifs.
Ensuite, Chilpéric 1er, fils de Clotaire fait un passage en force pour convertir les Juifs
comme à Clermont en 576. En 582 il prend un édit ordonnant « à tous les Juifs de Paris d’être
baptisés sous peine d'avoir les yeux crevés et de venir présider lui-même à son exécution ». Les
juifs durent souffrirent plusieurs autres expulsions jusqu’à la fin du moyen âge.
- Lorsque Philippe II monte sur le trône en 1180, le royaume tout comme les hommes
d’affaires chrétiens étaient minés par la précarité économique et financière alors que les juifs
jouissaient de la prospérité de leurs commerces. Ainsi, les Juifs étaient des ennemis de la Foi et
des concurrents inquiétants pour la bourgeoisie chrétienne naissante. En 1181, il les fait arrêter
un jour de Shabbat dans leurs synagogues, les dépouille de leur richesse avant de les libérer en
échange d’une rançon de 15.000 marcs or. Enfin, il fait annuler les dettes contractées à leur
égard pour s’en faire remettre 20%. L’année suivante, le 10 mars 1182 il prend l’édit qui les
expulse et les dépouille de leurs biens restants.
- Louis-IX, devenu Saint-Louis, les expulsa en 1254. Selon le propos d’un sarrasin à des
croisés : « Les chrétiens aiment donc bien peu Jésus, puisqu'ils laissent ses meurtriers exercer
en paix leur industrie au milieu d'eux », puis son fils Philippe III « le Hardi » en 1271
- Philippe le Bel, à son tour, les bouta en 1306
- Le 17 septembre 1394, le roi Charles VI dit « le fou » qui ordonna l'expulsion de tous
les Juifs du royaume de France et la confiscation de leurs biens. Les Juifs devaient alors quitter

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les portes du royaume en direction de la Provence, de l'Alsace, de la Savoie, des contrées


italiennes ou espagnoles, voire de la Terre sainte.
✓ Philippe Auguste, le premier, avait ordonné leur expulsion en 1182 avant de battre le
rappel en 1198. Il affirme « qu’aucun seigneur ne pouvait accaparer le juif d’un autre seigneur »
✓ Quand Philippe le Bel, à son tour, les bouta en 1306.

Conclusion

Le christianisme, en l’occurrence l’Église catholique romaine est le feu qui sortit du sein
du judaïsme pour le consumer. Et le moyen-âge correspond à cette longue période au cours de
laquelle les juifs d’Europe vécurent la pire persécution avant la Shoah de la Seconde guerre
mondiale. Si l’on se tient aux persécutions, aux décisions de l’inquisition et aux cruelles
expulsions, on pourrait tenter de conclure hâtivement que les Juifs n'ont contribué ni à la
formation de la société occidentale ni à son développement. Or, les Juifs vont par leur
dynamisme participer au développement socioéconomique des royaumes d’accueil jusqu’à la
christianisation de l’empire romain. Donc, le rejet du judaïsme et des Juifs tient essentiellement
des motifs religieux. En fait, la pureté du sang chrétien devient un sujet de terreur pour le
converti qui vit sincèrement son catholicisme, autant que pour le catholique de façade resté
fidèle à la loi de Moïse. Il faut aussi ajouter le rôle de leur statut politique d’étrangers
s’enrichissant illicitement. Partout en Europe, les juifs sont la lie de la société. Mais l'Espagne
se distingue par un antisémitisme racial, promis au plus bel avenir, en raison de la forte
implantation de ses conversos, ces convertis de force.

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Chapitre III : Les croisades

Introduction

Les croisades désignent les expéditions militaires entreprises du Xie siècle au XIIIe
siècle par l’Europe chrétienne, sous l’impulsion de la papauté pour porter secours aux chrétiens
d’Orient, reprendre le Saint-Sépulcre aux musulmans puis défendre les États fondés par les
croisés e Syrie et en Palestine. Les historiens ont pris recensé huit croisades pendant la période
qui sépare l'année 1095 – où Urbain II lança son appel à la première – de 1291, date de la chute
d'Acre, dernière forteresse en possession des Croisés d'Orient.
Mais se limiter à cette seule définition ne traduit pas en réellement ce que les croisades
ont été. On donne ce nom aux expéditions a l’entreprise des infidèles, englobant indifféremment
les musulman les hérétiques et les païens. En somme tous ceux ne partageant par la foi
catholique. On distingue deux types de croisades qui dans temps s’échelonne depuis la fin du
XI au XV. Dans l’espace on a les croisades en l’orient c’est elles qui ont fait la renommée de
concept et celle en dire de l’occident.

I- Les causses des croisades

Le terme de « croisade » apparaît seulement vers le XIII e siècle, en référence à la croix


rouge cousue sur la tunique de ceux que l’on appela alors les « croisés ». Les croisades sont des
expéditions militaires entreprises par les chrétiens d’Europe contre les musulmans arabes et
turcs. Il y a eu 8 croisades de 1099 à 1270.
Au cours du XIe siècle, les Turcs seldjoukides, réalisent la conquête du monde arabe :
ils conquièrent l’Asie Mineure en 1071. En 1078, ils occupent la ville de Jérusalem. La
cohabitation des musulmans et des chrétiens en Orient devient de plus en plus difficile,
notamment après la. Les persécutions grandissantes perpétrées par les Turcs à l’égard des
chrétiens conduisent alors l’empereur byzantin Michel VII, en 1073, puis son successeur Alexis
Ier Comnène, en 1095, à implorer l’aide des chrétiens d’Occident. Aussi, répondant à l’appel
des empereurs byzantins, le pape Urbain II prêche, lors d’un concile à Clermont en 1095, un «
pèlerinage en armes » pour libérer et sécuriser les lieux saints. Ce pèlerinage est organisé
principalement à l’intention des nobles et des chevaliers, seuls à même de combattre. En
réponse à l’appel papal, ces combattants sont accompagnés, et souvent même devancés, par des
milliers de pèlerins qui décident d’aller chercher, en Terre sainte, le salut éternel et la rémission
de leurs pêchés. En même temps, beaucoup de gens pensent que ces expéditions peuvent
permettre d’établir de fructueux rapports commerciaux avec les régions de la Méditerranée
orientale. Les croisades ont donc également un caractère d’entreprises coloniales. En résume,
on retient que la croisade était la libération, le recouvrement, la reconquête des Lieux saints, de

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la Terre sainte, de la Terre de promission. Elles avaient pour objectif d’éradiquer le paganisme
et redresser l’injure faite au Sauveur afin que son nom soit honoré à travers le monde entier.

II- Les expéditions

C’est un pape d’origine française, Urbain II, qui lance la Croisade. En novembre 1095,
à Clermont dans le centre de la France, il prononce un sermon par lequel il invite les chrétiens
à prendre les armes contre l’Islam. Il soulève l’enthousiasme de ses auditeurs qui répondent à
son appel aux cris de « Dieu le veut » et attachent à leurs vêtements une croix d’étoffe rouge.
Des gens du peuple prennent le départ les premiers, mais leur manque d’organisation et de
discipline les conduit à l'échec. Ils sont presque tous massacrés par les Turcs à leur arrivée en
Asie. Les seigneurs partis en plusieurs colonnes, se regroupent à Constantinople au nombre de
plusieurs dizaines de milliers.
Après bien des difficultés par la chaleur, la soif, les maladies et les attaques des Turcs,
ils arrivent devant Jérusalem dont ils s’emparent en juillet 1099. Pour défendre la Terre sainte,
quatre grandes principautés sont organisées selon le régime féodal. Des ordres de moines-
soldats sont fondés dont les plus importants sont les hospitaliers, les Templiers et les Chevaliers
teutoniques. Le rôle des Templiers n’est pas seulement militaire. Il est aussi économique. Ils
gardent dans leurs châteaux forts l’argent que les croisés leur confient. Ils se transforment donc
en banquiers.
Les États d’Orient, entourés par les musulmans, sont fragiles. Moins d’un siècle plus
tard, Édesse et Jérusalem sont reprises. Ni la seconde ni la troisième Croisade ne peuvent les
délivrer. Ces échecs répétés affaiblissent le zèle des croisés. Les dernières Croisades sont des
entreprises limitées qui aboutissent à des échecs. À la fin du XIIIe siècle, le grand rêve des
Croisades touches à sa fin.

III- Conséquence des Croisades

Si les croisades sont en partie un échec sur le plan militaire, leurs autres conséquences
sont importantes. D’abord, elles entrainent un contact fructueux entre la civilisation orientale
et la civilisation de l’Europe. La science musulmane pénètre en Occident. L’utilisation du
papier et du coton se développe. L’usage de la boussole se répand. L’industrie européenne
apprend à fabriquer les tissus de luxe.
Par exemple, pour les trois premières croisades, sur le plan politique, les bénéfices sont
minces et surtout provisoires : fondation de quatre États latins, Antioche, Edesse, Jérusalem,
Tripoli. Ces États, où l’influence des francs est forte, seront rapidement perdus. À l’opposé, les
bénéfices économiques et culturels sont, surtout pour l’Occident, importants et durables. Le
commerce entre l’Occident et l’Orient connaît un grand essor, notamment par le développement
considérable des échanges maritimes : les ports de Gênes et surtout de Venise deviennent les

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plus actifs du monde et les marchands italiens s’installent dans les ports de Syrie. Ils obtiennent
le droit d’y avoir des entrepôts appelés « échelles ». C’est dans les ports orientaux que
s’échangent les tapis, les parfums, les épices contre les armes et les draps occidentaux. Ainsi,
toutes les denrées s’exportent, de même que les connaissances et la culture, au plus grand
bénéfice de l’Occident. Enfin, les Croisades sont à l’origine de l’affaiblissement de la noblesse
féodale. Beaucoup de seigneurs ont péri ; d’autres sont ruinés.

Conclusion

C’est en 1095 que le pape Urbain II invite les chevaliers « à renoncer aux violences
inutiles pour se battre pour une cause juste. Celle de défendre, et de délivrer Jérusalem des
mains des infidèles, de libérer les chrétiens d’Orient du joug de la domination turque. L’appel
est suivi au-delà de toute espérance donnant lieu à une « croisade populaire ». Première arrivée
à Constantinople, cette croisade spontanée est massacrée. De cette croisade vont naître les États
latins d’Orient comprenant Édesse, Antioche, Jérusalem, Tripoli, qui tombe en juillet 1099,
entraînant un massacre systématique des musulmans et des juifs qui l’habitaient. Dès lors
s’engage une longue série de conflits nés de la reprise récurrente de ces États latins ou de
Jérusalem par les musulmans. Les causes de ces croisades sont multiples

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Chapitre IV : Les royaumes barbares d’Occident :


l’expansion du royaume des francs
Introduction

Ceux que l’on appelle communément les « peuples barbares » sont en réalité des tribus
de chasseurs et d’éleveurs. Ils viennent de l’Est, au-delà des frontières sécurisées reconnues par
les Romains. Pourquoi et comment ces peuples dits « barbares » vont-ils envahir l’Occident ?
Tout d’abord, les invasions barbares ne débutent pas brutalement, en 476 : elles ont en fait
débuté bien plus tôt et furent progressives. Précoce et étalée dans le temps, la migration vers
l’ouest de ces tribus venant de l’Est avait en effet débuté dès la fin du troisième siècle et se
prolongera jusqu’au milieu du VI e siècle. Ces migrations des peuples germains ont une double
origine : elles ont d’abord été provoquées par l’Empire lui-même, puis largement renforcées.

I- Les Barbares et la naissance du royaume franc

1- Les raisons des migrations barbares


À partir du quatrième siècle de notre ère, l’Empire romain faisait face à une grave crise
démographique, liée aux guerres et aux épidémies (paludisme, variole et surtout peste). Pour
endiguer cette vague de dépeuplement, les empereurs romains décident de faire appel aux
nombreuses tribus de Germains installés au-delà de la frontière Est de l’Empire. Attirés par le
prestige de l’Empire, les Germains y entrent volontiers, pour y être employés comme ouvriers
ou, surtout, comme soldats. Travailleurs et loyaux, ils accèdent parfois aux plus hautes
fonctions, tel Stilicon, qui sera nommé chef des armées romaines par l’empereur Théodose vers
l’an 400. Parallèlement à cette immigration « choisie », suscitée par les Romains eux-mêmes,
le déplacement vers l’ouest des peuples venus de l’Est est aussi provoqué par la peur du plus
terrible d’entre eux : le peuple des Huns. Cruels et « vrais » barbares, les Huns sont emmenés
par leur chef, Attila, surnommé le « fléau de Dieu ». Fuyant devant la menace des Huns, une
deuxième vague, soudaine et incontrôlée, de migrants, cette fois considérés comme des
envahisseurs, déferle donc sur l’Empire au début du cinquième siècle. Dans ces temps de
panique et de confusion, Rome est pillée en 410 par les Wisigoths et leur chef Alaric. Cette mise
à sac de la cité romaine annonce la mort imminente de l’Empire romain d’Occident. Ainsi, dans
la première moitié du cinquième siècle, plusieurs tribus s’installent dans les nombreux
territoires d’un Empire romain désormais à l’agonie.
2- La naissance du royaume franc
La conquête définitive de l’empire romain d’occident fut marquée par la volonté des
conquérants barbares de se sédentariser. Toutefois, ils se heurtent au christianisme qui faisait
office de trait d’unité des peuples envahis. Les Romains vaincus, mais plus nombreux veulent
bien accueillir les nouveaux venus, seulement dans une volonté d’assimilation au monde
chrétien. La pérennité de la présence des peuples barbares dut donc en dépendre. Concrètement,

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

apparait néanmoins une réelle distinction entre les différents peuples envahisseurs : la plupart,
bien que convertis au christianisme, restent fidèles à l’« Arianisme » (refus de reconnaissance
de la divinité du Christ, et ne reconnaissant que Dieu le père).
D’autres, une minorité non négligeable des peuples barbares, décident une conversion
totale à la religion catholique. C’est notamment le cas des Francs saliens, dont le chef, Clovis
(466- 511), a très vite appréhendé tout le bénéfice qu’il peut tirer d’une totale conversion au
catholicisme pour l’avenir de son peuple. Une fois accomplie l’union des tribus franques, il se
proclame « roi des Francs » en 482. Cependant, il comprit que le devenir politique de son
royaume ne saura être accompli sans le soutien de l’Église. C’est donc par sens politique plus
que par réelle conviction religieuse qu’il se maria d’abord avec Clotilde, une princesse
catholique), puis se fit baptiser à Reims, par l’évêque Rémi, vers 500 (la date exacte est
inconnue)9. Il fonda ainsi la première dynastie chrétienne : celle des Mérovingiens du nom du
grand-père de Clovis, Mérovée. Clovis mit alors en place la « loi salique » : celle-ci est fondée
sur le principe et la progressivité des peines selon la gravité des délits (coutume des francs
saliens) et a pour objectif de restaurer l’État de droit.

II- L’évolution du royaume franc

1- L’expansion territoriale sous Clovis et les implications politiques et religieuses


Fort du soutien de l’Église, et des Catholiques surtout, Clovis s’engagea à étendre son
territoire. La politique même de conquête fut initiée lors de la victoire de Soissons en 486, qui
lui permit le contrôle du nord de la Loire, une des dernières régions gallo-romaines. Après
Soissons, Clovis poursuit sa quête d’expansion grâce aux victoires de Tolbiac (près de Cologne)
en 496 sur les Alamans, puis celle, décisive, de Vouillé (près de Poitiers) en 507 sur les
Wisigoths d’Alaric. Par ces victoires, Clovis achève la constitution d’une vaste Gaule franque.
Il devient alors le « libérateur de Gaules ». Selon Jacques Marseille qui a rapporté les écrits de
Grégoire de Tours à propos des Francs : « Beaucoup déjà en Gaule désiraient très ardemment
avoir des francs pour maîtres ». Ainsi, Clovis laisse une empreinte essentielle dans l’histoire de
la Gaule. Tout d’abord, bien qu’appelé « roi des Francs » il est celui qui a réalisé l’unité de toute
la population de la Gaule, en étendant son territoire, et surtout en fusionnant les peuples gallo-
romains et les barbares francs, unis par une religion commune, le christianisme. Parallèlement,
Clovis est le premier à établir un lien fort entre l’Église et la royauté qui annonçait une relation
singulière, pour les siècles suivants, entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel… Enfin,
Clovis élit la capitale de la Gaule : il choisit Lutèce, qu’il nommera Paris en référence aux
Parisii, premiers habitants du lieu. Ultime symbole, son propre nom, Clovis, remanié par la

9
La légende, entretenue par le récit écrit de Grégoire, évêque de Tours, attribue cette conversion à une promesse
faite par Clovis à Dieu, la veille d’une bataille mal engagée des Francs contre les Alamans : « Jésus-Christ, que
Clotilde, proclame être le fils du Dieu vivant, toi qui, dit-on, viens au secours de ceux qui peinent, et donne la
victoire à ceux qui espèrent en toi, je sollicite ta glorieuse assistance. Si tu m’accordes de l’emporter sur ces
ennemis et si j’éprouve les effets de cette puissance dont le peuple qui t’appartient prétend avoir fait l’expérience,
je croirai en toi et me ferai baptiser en ton nom. » Victorieux et fidèle à sa promesse, Clovis se fait baptiser.

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langue, deviendra Louis, prénom futur de 19 rois de France ! Clovis, premier roi chrétien, meurt
en 511, et repose à l’église Sainte Geneviève.
2- La dynastie carolingienne : le règne de Charlemagne
Durant deux siècles et demi (511-751), les descendants de Clovis vont régner sur la
Gaule. À l’exception du Roi Dagobert10 qui, de 629 à 639, s’est employé à préserver l’unité du
royaume, l’histoire révèle que les rois de la dynastie mérovingienne ne furent pas à mesure de
conserver l’héritage politique du fondateur : ceux-ci étaient des rois plutôt oisifs, surnommé
des rois « fainéants ». Ils se montrèrent incapables d’empêcher l’affaiblissement de la puissance
du royaume. Pis, ils développèrent une politique de gouvernance par procuration en cédant des
parcelles de pouvoir à des seigneurs appelés les « Grands du royaume ». En effet, étant
incapables d’assurer la défense du royaume, ils déléguèrent ce devoir régalien à plusieurs
seigneurs qui, en retour, recevaient des terres royales. Cependant, dès que ceux-ci parvinrent au
statut de grands propriétaires ou administrateurs des palais royaux (« maires du palais »), ils se
soustrayaient de la tutelle royale, aggravant du même coup l’affaiblissement du pouvoir en
déclin. Tout compte fait, excepté le passage de Dagobert, le règne des autres rois mérovingiens
a été synonyme de rivalités sanglantes entre prétendants ayant entrainé le déclin économique et
culturel du royaume. La tentative de trouver une solution aboutit à une fainéantise des rois
mérovingiens, cause de l’émergence de la dynastie des carolingiens.
La dynastie des carolingiens commence avec Charles Martel (Charles = Carolus en
latin). Devenu un Grand du royaume, il est proclamé « Prince des Francs ». Son nouveau statut
laissant aux derniers mérovingiens un titre de roi des Francs désormais vide les derniers rois de
la dynastie mérovingienne de tout pouvoir réel. Dans son rôle de protection de la Gaule, Charles
Martel parvient à stopper les attaques extérieures, notamment la marche des Arabes vers le nord,
à Poitiers en 732. D’autres victoires supplémentaires permirent à Charles Martel de préserver
l’intégrité d’un territoire chrétien uni face à l’envahisseur arabe.
Si Charles Martel s’est contenté du titre de « prince des francs », en 751, son fils Pépin
le Bref (surnommé ainsi du fait de sa petite taille) détrôna le dernier roi mérovingien et
s’adjugea le titre de « roi des Francs ». Trois ans plus tard, il se fit sacrer par le pape, marquant
ainsi l’avènement de la royauté de droit divin en France11 et l’apparition du premier État de la
papauté : le duché de Ravenne, ancêtre du Vatican. À la mort de Pépin le Bref, en 768, son fils
aîné lui succède : il a pour nom Charlemagne, Carolus Magnus12. Comme son père, il mena
plusieurs expéditions pour défendre, et surtout étendre le royaume jusqu’en 814. C’est ainsi
qu’en l’an 800, il réalise la conquête de la Germanie qui marque le début d’une très longue
rivalité franco-germanique. Mais, en conséquence immédiate, au soir de Noël de la même
année, il se fait sacrer « par Dieu, grand et pacifique empereur des romains » selon les termes
de la foule qui l’acclame après le couronnement par le pape Léon III à Rome. Il est désormais
l’Empereur d’Occident. Toutefois, ce couronnement qui a tant élevé Charlemagne génère une
compétition latente entre la papauté et le pouvoir laïc. Dans ce cérémonial la foule acclame

10
Il a été secondé par l’évêque Saint Éloi.
11
La royauté du droit divin durera plus de mille ans, jusqu’au sacre de Louis Philippe en 1830.
12
Il est appelé ainsi, car, contrairement à son père, il est très grand pour l’époque, environ 1 m 90

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d’abord le souverain avant que le patriarche ne lui pose sa couronne signifiant que c’est le
peuple et les victoires du candidat qui lui ont conféré ce pouvoir. En procédant inversement le
pape impose sa conception selon laquelle tout pouvoir vient de Dieu par l’intérimaire du Pape
donc on a une supériorité de ce dernier sur l’empereur. Ce geste sera à l’origine des difficiles
rapports entre ces deux pouvoirs et Charlemagne n’aura de cesse les 14 (quatorze) dernières
années de son règne de faire triompher ses propres vues sur la question. La vision franque de
l’empire s’observe même dans le titre qu’il s’est donné. Il continue à se dire roi des francs et
des Lombards et se fera appeler empereur auguste et nom empereur romain. Une conception
laïque du pouvoir en suite. Son empire est franc et rassemble un peuple chrétien et par voie de
conséquence l’église dont le Pape n’est ni plus ni moins le 1er des évêques. Le rôle de celui-ci
est de l’aider par la prière. À lui seul Charlemagne se donne la mission de « de défendre partout
l’église du Christ les attaques des païens et les ravages des infidèles et de veiller à faire régner
la foi catholique ». Charlemagne va réussir enfin à imposer son point de vue quand en 813 dans
la ville d’Aix il fait acclamer son fils empereur par les grand et pose lui-même la couronne sur
sa tête dans la chapelle. Le nouvel empire était devenu francs.
Par ailleurs, cette « résurrection » de l’Empire Romain d’occident provoque la
frustration à Byzance qui voit en Charlemagne un des innombrables rois barbares occupant sans
aucun titre des terres imprescriptiblement « romaines et refuse obstinément à reconnaître
l’usurpation ». Cependant, sur le royaume franc, il instaure un véritable Empire chrétien centré
renforcé par la concession du calife de Bagdad, lui ayant accordée, en 807, la garde des « Lieux
saints » à Jérusalem. Alors durant son règne, Charlemagne dit aussi « le pieu » fit prospérer le
christianisme : près de 30 cathédrales et plus de 200 monastères furent érigés.
3- La renaissance carolingienne
La renaissance carolingienne concerne presque tous les domaines. Sur le plan
administratif, il opéra de profondes réformes de restauration. L’empire est divisé en comtés
(300) eux même subdivisés en Pagi. Le pagi est dirigé par un vicaire. Chaque comté est dirigé
par un comté nomme par le roi et rémunéré par le revenu de la jouissance des biens fonciers.
Le comté est aidé par une dizaine de personnes. Des comtés furent parfois groupés en duché
confié à un duc. Les pays nouvellement conquis et les zones frontalières en état de guerre
incessante étaient soumis à un gouvernement militaire conduit par un markgraf. D’autres
émissaires de l’empereur Missi dominici sillonnait l’empire pour contrôler les gouvernements
locaux et empêcher les abus de pouvoir de ceux-ci environ 3 000 fonctionnaires pour
administrer ce vaste empire. Pour pallier cette faiblesse numérique et permettre la transmission
de ses ordres Charlemagne va encourager la vassalité. Charlemagne développe l’enseignement
sous la conduite de son ministre de l’instruction publique, Alcuin, qui crée l’« École palatine »,
symbole de la renaissance de la culture latine et chrétienne. Dès 789, il encourage les évêques
à créer des écoles rurales pour apprendre à lire aux enfants13. De la sorte, sa politique éducative
ouvra les portes de l’enseignement à un plus grand nombre d’enfants et contribue à préserver
et diffuser la culture antique.

13
« Que les prêtres attirent vers eux non seulement les enfants de condition servile, mais aussi les fils d’hommes
libres. Nous voulons que des écoles soient créées pour apprendre à lire aux enfants »

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

Sur le plan religieux, l’église plus que toute autre institution, apparait comme le
principal vecteur de l’unité de l’empire elle devient de ce fait l’auxiliaire privilégié de l’État.
Église et État s’influencent mutuellement, se servent l’un de l’autre et cherchent à se contrôler
mutuellement. Sous Charlemagne l’empereur impose plus souvent ses vues. Avec son
successeur, Louis le Pieu, c’est plus tôt l’inverse. La renaissance carolingienne permet celle de
l’église qui se réorganise et se reforme. La structure sociale de l’église comporte désormais trois
(3) ordres : celui des clercs qui vont parfois jouer le rôle politique de 1er plan ; celui des moines
les monastères vont devenir des centres agricoles, spirituels et intellectuels et l’ordre des laïcs
qui comprend aussi bien les membres de l’aristocratie que les hommes libres les esclaves et les
serfs et même le roi.
Sur le plan éco l’élément notable c’est la création d’une monnaie unique qui entraine de
facto la suppression des frappes privées. La renaisse est aussi culturelle et artistique :
augmentation du nombre d’écoles, création d’écoles rurales pour la formation des prêtres. De
nombreux manuscrits furent recopiés (manuscrit d’auteurs chrétiens ou païens latins ou grecs)
naissance de langues européennes et construction de nombre monument

III- La décadence du royaume franc et la naissance de


l’Europe

1- La dislocation de l’empire franc


En 814, mourut Charlemagne. Sa succession devint une période trouble dont ne survécut
pas son empire. Mais les germes de la dislocation sont à rechercher d’abord dans la vastitude
de l’empire, ensuite dans la diversité de ses peuples et enfin dans l’incapacité des rois
carolingiens à assurer l’ordre. Les francs ont certes réussi à restaurer l’ancien empire romain
d’occident, mais ils n’ont pas eu la compétence technique des romains et n’ont pu disposer pas
de leur imposante administration pour le gouverner.
Louis « le pieux », couronné par son père en 813, hérite du trône à sa mort. Mais, il est
dépassé par un héritage trop lourd, se laisse dominer, d’abord par la papauté, puis par ses trois
fils qui le déposèrent en 833 avant d’être réintronisé en 835 par les évêques. En 843, trois ans
après sa mort, Ceux-ci se partagent le royaume lors du traité de Verdun en 843 : à Charles le
Chauve la Francie occidentale, à Louis le Germanique la Francie Orientale (Germanie), et à
Lothaire la partie médiane (Aix-la-Chapelle, Bourgogne et Lombardie) ainsi que la couronne
impériale. Le royaume de Lothaire s'étendait de la mer du Nord à l'Italie et englobait notamment
la Bourgogne, les Pays-Bas et la Belgique actuels. Cette troisième parcelle sera finalement
partagée, entre ses deux frères, à la mort de Lothaire en 870, préfigurant les contours des futurs
territoires français et allemand tels que nous les connaissons aujourd’hui. C’est donc cette
deuxième partition géographique de 870, plus que celle issue du traité de Verdun initial de 843,
qui peut être considérée comme l’acte de naissance des deux futurs grands de l’Europe
continentale : la France et l’Allemagne.

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Occident Européen au Moyen âge Chargé du cours : Dr HIEN Worondjilè

2- La naissance d’une nouvelle Europe


La deuxième moitié du IXe siècle et le siècle suivant furent marqués par la
désintégration progressive de l’Empire franc et l’irruption d’une nouvelle vague d’envahisseurs
sur le continent européen. En effet, victime de conflits internes et d’ambitions locales, le
pouvoir de la dynastie carolingienne s’affaiblit. Les grandes provinces s’autonomisent les unes
après les autres : l’Aquitaine, la Bourgogne, la Provence. Le roi n’est bientôt plus qu’un
seigneur à peine plus puissant que les autres. Cet affaiblissement du pouvoir central, fruit de la
montée des pouvoirs locaux, sera le ferment d’un nouveau système de société que l’on appellera
la « féodalité ». C’est donc un continent fragilisé qui va devoir faire face à une nouvelle vague
d’invasions de Normands et de Vikings venue du Nord (Danemark, Norvège, Suède) : Cette
deuxième vague d’invasion débute vers 860 et se poursuit jusqu’au début du Xe siècle. Ce
dixième siècle de notre ère est ainsi un siècle de transition pour le continent européen.
Une reconstruction s’annonce. Elle va prendre des formes différentes selon les
royaumes. En Germanie, en 936, le duc de Saxe, Otton, est élu roi d’Allemagne puis sacré
empereur à Rome en 962 : Otton Ier devient alors le premier souverain de ce que l’on appelle
désormais le « Saint Empire Romain Germanique ». Ce nouvel Empire voulant renouer avec
l’idée de Charlemagne n’en aura jamais l’étendue, ne regroupant « que » la Germanie, la
Bourgogne et l’Italie. La Francie occidentale en reste à l’écart. Ce dernier territoire, qui
deviendra la France, allait aussi connaître un changement de souverain. En 987, Louis V,
descendant direct d’un des fils de Charlemagne, meurt après une chute de cheval à la chasse.
Son seul fils fut rejeté par les grands du royaume qui lui préfèrent Hugues Capet. Cette décision
marque la fin du règne des Carolingiens et le début d’une longue lignée qui va dominer la
France : la dynastie capétienne, du nom de son premier souverain. Elle va durer neuf siècles.

Conclusion

En profitant de l’affaiblissement de l’empire romain, de nombreux peuples vont arracher


le statut de fédérés donnant lieu aux invasions dites barbares. De ces invasions vont naître les
royaumes barbares d’occident dont le royaume des francs. L’avènement de Clovis a donné une
envergure expansionniste à la nouvelle formation politique. Sa conversion et son baptême à

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Reims, sans doute en 496 christianise l’empire qui dans son évolution va connaitre plusieurs
dynasties dont celle mérovingienne et carolingienne et même capétienne. Des différentes
péripéties vont donner la France d’aujourd’hui.

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