La classification de Folk (1962)
Cette classification concerne les roches calcaires et est purement descriptive. Son but est
que le nom de la roche identifiée apporte le maximum d'information sans nécessiter une
description complète.
Folk distingue trois principaux types de roches calcaires en fonction des proportions
d'allochèmes et de la constitution sparitique ou micritique (microcristalline) du ciment.
Définition
La sparite ou spathite est une forme de cristaux de calcite de taille supérieure à 63 µm. Elle
correspond très généralement à la précipitation ou au nourrissage par un ciment de calcite
pur et se présente en grandes plages translucides soit formant une mosaïque soit organisée
en franges autour des grains.
Recristallisation d'un ciment sparitique dans une coquille de bivalve
Cette classification très précise suppose une description fine des caractéristiques avec une
quantification.
Cette classification très complexe a été simplifiée par la suite sous la forme ci-dessous.
Classification des calcaires selon Folk (1962) simplifiée par Scolari et Lille (1973)
Remarque
Le préfixe pel fait référence aux pelotes fécales, excréments fossiles des invertébrés. Ce sont
des boules de boue de taille millimétrique, souvent homogènes, mais parfois dotées d'une
structure interne caractéristique.
La classification de Dunham (1965)
La classification de Dunham cherche à caractériser l'agencement des divers constituants
entre eux.
Il va définir différentes catégories :
• Mudstone : roche présentant une micrite ou calcilutite (lutite essentiellement
composée de grains de carbonates) avec très peu d'éléments figurés (ou grains).
• Wackestone : roche dont les grains sont plus nombreux, non jointifs dans
une matrice micritique
• Packstone : roches dont les grains sont jointifs sans micrite
• Grainstone : roche composée presque exclusivement d'éléments figurés. C'est
l'assemblage de ces éléments qui assure la cohésion de la roche
• Boundstone : roche composée de calcaires construits récifaux, calcaires à
stromatolites, tufs et travertins
Ces différentes notions sont rappelées dans la figure ci-dessous.
Classification de Dunham (1965)
La classification de Scolari et Lille (1973)
Par souci de simplification, Scolari et Lille (1973) ont proposé une nomenclature consistant à
désigner la roche par un nom composé à partir des éléments du tableau ci-dessous.
L'indication du ciment ou matrice vient ensuite.
Classification de Scolari et Lille (1973)
Exemple
Quelques noms de roches à partir de la classification de Scolari et Lille (1973)
1. biocalcarénite à pelotes et ciment micritique
2. peldolutite à bivalves à matrice de intracalcilutite
Dunham
Cette classification est basée sur l’arrangement textural des composants (disposition des éléments
figurés par rapport à la phase de liaison). Quand on sait que cet arrangement textural est, la plupart du
temps, lié à l’hydrodynamisme du milieu de dépôt, on voit l’intérêt de cette classification pour déterminer
l’environnement sédimentaire dans lequel se sont mises en place ces roches.
La classification de Dunham prend en compte trois critères :
– la présence ou l’absence (< 1 %) de boue carbonatée (micrite et microsparite, jusqu’à un diamètre
de 20 µm)
– la proportion d’éléments > 20 µm
– la texture, qui eut être, soit jointive (les grains sont en contact les uns avec les autres), soit non
jointive ou flottante (dispersion des grains dans la phase de liaison).
Attention : Cette disposition, jointive ou flottante, doit être vue dans l’espace, elle ne dépend pas
uniquement du nombre ou de la surface comme cela avait été dit pour les roches détritiques, mais il faut
également tenir comte de la forme des éléments notamment pour les bioclastes. Lorsque l’on est à la
limite des deux textures et qu’il y a un doute on peut utiliser le préfixe « sub » : subjointif (équivalent de
subflottant).
Sur cette base on distingue quatre catégories de roche portant chacune un nom spécifique.
A ces quatre catégories de base, on y ajoute deux autres catégories particulières : les roches
construites ou bounstones équivalentes des biolithites de Folk et les roches carbonatées
cristallines ou « crystalline carbonates » dont la diagenèse très poussée permet plus de distinguer
l’arrangement textural.
La dénomination de la roche se fait en tenant comte de la nature du carbonate (calcaire ou dolomie),
elle s’affine en y ajoutant la nature de l’élément figuré dominant, exemple : calcaire packstone à
oolithes.
Le tableau suivant donne la correspondance entre la texture d’une roche carbonatée, la classification de
Dunham et le niveau d’énergie du milieu de dépôt :