Dynamique sédimentaire et agitation portuaire
Dynamique sédimentaire et agitation portuaire
agitation portuaire
Martin Sanchez Angulo
Membres du jury :
M. BELORGEY Michel, Professeur à l'université de Caen
M. BONNEFILLE René, Professeur à l'ENSTA (Rapporteur)
M. GROVEL Alain, Professeur à l'université de Nantes
M. LARSONNEUR Claude, Professeur à l'université de Caen
M. LEVACHER Daniel, Professeur à l'université de Caen
M. MIGNIOT Claude, Docteur-ès-sciences, Charenton-le-Pont (Rapporteur)
M. NGUYEN Dan, Professeur à l'université de Caen
Mes travaux de recherche sous la direction du Professeur A. Grovel, ont fait l'objet
d'une thèse de doctorat sous le titre : "Modélisation dans un estuaire à marée. Rôle du
bouchon vaseux dans la tenue des sols sous marins", soutenue à l'université de Nantes le 10
juillet 1992, devant le jury composé par : M. Bélorgey, C. Larsonneur, J. Chapon, A. Graillot,
A. Grovel et P. Jouve.
Depuis 1992, les recherches que je mène se situent dans le cadre de l'hydraulique
maritime appliquée aux travaux maritimes. Ces recherches concernent principalement les
problèmes d'aménagement portuaire et côtier, car les résultats de celles-ci apportent des
éléments de réflexion aux ingénieurs en génie côtier, lesquels doivent tenir compte des
contraintes environnementales propres à chaque site dans la conception des ouvrages
maritimes. Il se pose alors quatre types de problèmes indissociables :
a) l'étude des conditions environnementales locales comprenant la mesure de la houle in situ,
l'étude de la marée extrême locale et l'étude des couches sédimentaires mobilisables sous
contraintes hydrodynamiques,
b) l'étude de l'implantation des ouvrages de protection contre la houle afin d'assurer une
navigation en toute sécurité garantie par une modélisation fine de l'agitation portuaire,
tenant compte de la houle incidente et des réflexions de la houle par les frontières latérales,
c) l'analyse de la stabilité d'ouvrages de génie civil nécessitant une connaissance approfondie
de la houle de projet, de la marée, et de la tenue des sols marins,
d) l'examen de l'impact sédimentaire causé par les ouvrages de protection sur les problèmes
d'ensablement, d'envasement et d'érosion.
Les trois principaux thèmes sur lesquels je travaille actuellement à la Faculté des
Sciences et des Techniques de Nantes, sont tous liés aux problèmes décrits ci-dessus ; les
deux premiers ont des points communs avec ma thèse de doctorat et le troisième est un thème
de recherche que j'étudie depuis 1994. Ces trois thèmes sont :
1) les processus sédimentaires des vases,
2) les problèmes hydrosédimentaires dans les estuaires et les zones côtières,
3) l'agitation portuaire.
Ces thèmes sont développés respectivement dans les chapitres 1, 2 et 3 de ce mémoire,
ensuite, les différentes activités liées à la recherche auxquelles j'ai participées depuis 1992
sont décrites au chapitre 4 et finalement les conclusions et perspectives sont présentées.
SOMMAIRE
INTRODUCTION 1
CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES 71
1
Usuellement, l'étude de la sédimentologie des estuaires est réalisée grâce à la mise au
point de modèles mathématiques, où un modèle hydrodynamique principal est couplé à
d'autres modèles qui permettent la simulation de l'évolution de la salinité, du transport
dispersif des matières en suspension, de la diffusion verticale des sédiments, et des différents
processus sédimentaires tels que la floculation, le dépôt, la formation de crème de vase, le
tassement, et l'érosion des sédiments.
Des progrès très importants ont été accomplis dans la modélisation grâce aux apports
d'un grand nombre de chercheurs qui se préoccupent de ces problèmes partout dans le monde.
On peut également s'attendre à de très importantes améliorations dans les années à venir et
ceci grâce notamment, à une automatisation des mesures, surveillant en continu l'évolution
d'une multiplicité de paramètres dans les estuaires.
Bien que les modèles constituent un outil fort utile pour la gestion des estuaires, la
qualité des résultats que l'on peut obtenir à nos jours d'une modélisation globale des processus
hydrosédimentaires n'est pas complètement satisfaisante du fait de la complexité du problème.
Les précisions possibles, par ordre décroissant, selon les différents aspects étudiés sont :
- reproduction des courbes de marée (très précise),
- simulation des courants (précise),
- évolution de la salinité (bonne précision),
- simulation de la dynamique sédimentaire (moyenne précision).
Afin de répondre à l'attente des ingénieurs à la recherche de résultats concrets
utilisables au plus vite, j'ai mis au point ou amélioré des modèles simplifiés, découplés d'un
modèle hydrodynamique qui reste indispensable, pour aborder trois types de problèmes liés à
l'impact sédimentaire des travaux d'aménagement. On peut ainsi aborder les cas suivants :
- l'augmentation des vitesses du courant, qui se traduit éventuellement par une érosion des
fonds,
- la diminution des vitesses qui se traduit par un incrément du taux d'envasement affectant
les dragages d'entretien,
- les dragages des souilles, qui peuvent s'accompagner par des taux d'envasement
excessivement élevés selon le site.
La précision des résultats pouvant être obtenus par ces approches est étroitement liée à
la connaissance des propriétés mécaniques des sédiments et de la sédimentologie globale du
site, de même qu'à la qualité de la modélisation hydrodynamique. Les mesures in situ et en
laboratoire sont toujours nécessaires.
Le troisième thème sur lequel je travaille, concerne la propagation de la houle et
l'agitation portuaire.
Un modèle numérique a été construit par moi-même à partir de l'équation de
Helmholtz appliquée à la houle. Ce modèle simule l'agitation dans un bassin portuaire. Il
s'agit d'un modèle bidimensionnel dans le plan horizontal où la répartition verticale des
vitesses est également considérée. L'étude de la propagation de la marée dans un port est
possible en tenant compte de la morphologie locale et des coefficients de réflexion des
frontières latérales.
2
La réflexion peut provoquer dans les ports des problèmes de résonance d'ondes très
nuisibles aux activités portuaires. Ces problèmes sont en relation directe avec les coefficients
de réflexion des parois, dont les mesures sont possibles par une méthode originale que j'ai
développée. Cette méthode, qui a été validée avec succès en laboratoire, peut s'appliquer aussi
sur le terrain grâce à des sondes capacitives mises au point en collaboration avec d'autres
chercheurs.
3
4
CHAPITRE I
5
concernant l'évolution de la structure interne des sédiments au cours du tassement. De même,
cette modélisation n'est possible que grâce à l'étude approfondie et systématique du
comportement mécanique des vases qui dépend de leur composition : phase minérale, phase
fluide et matière organique, principalement (A.1, T.2, T.3).
6
Au début du processus, les particules élémentaires constituant la vase vont
s’agglomérer pour former des agrégats dont la vitesse de chute est nettement plus importante
que celle des particules à l’état individuel, c’est la floculation qui dure quelques minutes en
moyenne. Ensuite, on observe successivement la chute des flocons à vitesse entravée, la
première phase de tassement avec l’élimination d’une partie d’eau interstitielle libre. La
deuxième phase de tassement, plus lente, correspond à l’évacuation de l’eau par les puits de
drainage qui se sont formés, et enfin, la troisième phase de tassement très lente, se traduit par
un arrangement de la structure du dépôt et une perte d’eau des couches adsorbées.
Si ces différentes phases du phénomène de tassement sont toujours observées, on doit
aussi signaler que chaque matériau a sa propre courbe de tassement qui dépend également des
conditions initiales.
7
où Uo est la masse volumique de l'eau (Uo|1000 kg m-3), Us la masse de la phase solide de la
vase (en Loire, Us|2550 kg m-3), WL la limite de liquidité du matériau (teneur en eau en %) et
Co est la concentration correspondant à l’apparition des contraintes effectives. Si l’on
applique cette relation à la vase de Loire dont la limite de liquidité est de 125% (Ouraq 1996-
T.3), on obtient Co=105 kg m-3.
8
c) si V>V', la vase est sous-consolidée et donc en cours de consolidation.
La consolidation ne peut se produire que si V>V', dans le cas contraire la vitesse de
tassement est toujours nulle.
Lorsque l’influence du terme correspondant à la contrainte effective sur la vitesse de
tassement peut être négligée, l’équation 2 devient (Been 1980 in A.2) :
k ª Us º
Vs « 1» C (6)
Us ¬Uo ¼
Au cours de mes recherches, j'ai montré que cette dernière équation peut permettre de
simuler le tassement de vases molles même si les contraintes effectives sont présentes, mais à
condition que celles-ci restent faibles (Sanchez 1992-A.1). Ceci a pu être vérifié pour plus de
30 vases différentes étudiées par Migniot (1989 in A.2) au Laboratoire Central d’Hydraulique
de France LCHF, lors d'une étude qui est résumée dans un rapport (Sanchez 1992-C.1).
On constate que d’une façon générale, le coefficient de perméabilité en fonction de la
concentration est approché par la loi empirique suivante :
§ C·
k A 1 exp¨ A 2 ¸ (7)
© Us ¹
où A1 >m s-1@ et A2 sont des paramètres propres à chaque vase. Cette loi de variation de k a
été vérifiée expérimentalement entre autres pour des vases molles de l’estuaire de la Loire
ayant des concentrations comprises entre 50 kg m-3 et 300 kg m-3 (figure 3).
A partir de mesures du tassement, Sanchez et Grovel (1994-A.4) ont déterminé
A1=8x10-3 m s-1 et A2=118. Ces valeurs ont été évaluées directement dans les courbes de
tassement par une méthode graphique développée par Kynch (1952 in A.2) et modifiée par
Sanchez et Grovel (1994-B.2).
9
La validité de cette approche a été vérifiée par la reproduction de plus de 30 courbes
de tassement des vases étudiées au Laboratoire Centrale d'Hydraulique de France (Migniot
1989 in A.2) avec des coefficients de corrélation de l'ordre de 0,98. Ces résultats sont
présentés dans les références C.1 et A.3.
Au cours de ma thèse de doctorat, j'ai mis au point un modèle de tassement de vases
adapté aux simulations hydrosédimentaires qui est basé sur les équations 6 et 7 ci-dessus et
qui est présenté dans la référence A.2 (modèle "iso-concentration").
Selon ce modèle, la vitesse de tassement en surface d’une couche de vase en début du
processus de tassement dépend seulement de la concentration initiale de cette couche. A titre
d’exemple pour une concentration initiale de 110 kg m-3, on a Vs=-3,3x10-6 m s-1, et pour une
concentration initiale de 420 kg m-3, Vs=-7,9x10-12 m s-1.
Selon ce même modèle toujours, à l’intérieur d’une couche de vase en cours de
tassement le débit solide net Qs/C dépassant une concentration fixe C (par unité de surface
horizontale) est donné par :
k ª Us º 2ª C º
Q s/ C « 1» C «A 2 1» (8)
Us ¬ Uo ¼ ¬ Us ¼
où A1 et A2 sont les paramètres de la loi exponentielle de variation de k (équation 7). Ainsi,
pour la vase de Loire, le taux de transformation dépassant une concentration de 300 kg m-3,
est : Qs/C=5x10-6 kg m-2 s-1. Ce taux s'applique pour évaluer la transformation de crème de
vase en dépôt de vase au cours du tassement, si l'on accepte que la concentration limite
délimitant ces deux formations est CFF=300 kg m-3 (cette valeur qui est un peu arbitraire
correspond approximativement à la limite décelée à l'aide des sondeurs à ultrasons émettant
dans deux bandes de fréquence).
Le modèle de tassement que j'ai développé s'applique également pour simuler la chute
des vases en suspension à partir des concentrations de l'ordre de 1 kg m-3. Cette approche
permet de reproduire correctement, par l'équation 6, la courbe de variation de la vitesse de
chute en fonction de la concentration présentée à la figure 1. Dans ce cas, le coefficient de
perméabilité, appelé aussi conductivité hydraulique, ne peut pas être déterminé directement
par l'équation 7 ajustée à partir des courbes de tassement, mais nécessite un ajustement dans
le domaine des concentrations étudié. Néanmoins, quand on trace k en fonction de C on
constate que la loi reliant ces deux paramètres est continue (voir figure 3).
10
tassement des vases de Loire ne sont sensibles à la salinité que lors de la phase initiale du
processus.
L'influence de la salinité peut être mesurée grâce à un facteur temps To caractéristique
de la durée de la phase initiale du processus, dont la valeur correspond au décalage de
l'origine du temps des courbes de tassement effectué en accord avec la figure 1 de la référence
B.2. Pendant la phase initiale du tassement, la concentration en surface est constante et égale
à la concentration initiale Ci et la vitesse de tassement associée à Ci peut être modélisée par
l'équation ci-dessous, laquelle s'accorde assez bien avec les observations (Ouraq 1996-T.2) :
ª § t ·º
Vsf Vs ( C i ) «1 exp¨ ¸ » (9)
¬ © To ¹ ¼
où Vsf est la vitesse de tassement de la vase en surface au cours de la phase initiale du
processus de tassement, phase dite de floculation, Vs(Ci) la vitesse de tassement associée à Ci
selon l'équation 6 et t le temps.
Le tableau I.1 donne des valeurs de To en fonction de la salinité de l'eau et de la
concentration initiale. On constate que la salinité fait diminuer le temps de floculation, si bien
que le tassement au début du processus est d'autant plus rapide que la concentration est plus
importante. L'influence de la salinité est très nette pour les mixtures d'une concentration
initiale de 100 kg m-3 et diminue progressivement avec l'augmentation de la concentration
initiale. De plus l'influence de la concentration n'est pas visible pour Ci=50 kg m-3.
Salinité (‰) Ci=50 kg m-3 Ci=100 kg m-3 Ci=150 kg m-3 Ci=175 kg m-3
0 0s 8000 s 4510 s 4150 s
5 0s 4300 s 2680 s 1320 s
10 0s 3380 s 2060 s 600 s
20 0s 3080 s 1460 s 0s
30 0s 1850 s 1000 s 0s
Tableau I.1 - Facteur temps To caractéristique de la durée de la phase de floculation.
Des résultats tout à fait semblables sont obtenus par l'interprétation des courbes de
tassement de Migniot (1989 in A.2) des vases de Loire à salinité différente (Sanchez 1992-
C.1, pages 16 et 17). En effet, on constate que le coefficient de perméabilité n'est pas affecté
par la salinité mais celle-ci influence la vitesse de tassement au début du processus.
11
Formation de la crème de vase
On observe dans certains cours d’eau la présence au fond d’une suspension fluide très
concentrée appelée couramment crème de vase. Cette formation est située principalement
dans les zones où la teneur en MES est très élevée, comme dans les estuaires.
Usuellement, la crème de vase est détectée sur les fonds en utilisant un sondeur
bathymétrique. Le sondeur émet des ultrasons dans deux bandes de fréquence centrées sur 33
et sur 210 kHz. Les hautes fréquences se réfléchissent sur le toit de la crème de vase alors que
les basses fréquences traversent la crème de vase et se réfléchissent sur la vase consolidée
sous-jacente d’une certaine concentration CFF (concentration du fond fixe). Pour la vase de
l’estuaire de la Loire le domaine de concentrations de la crème de vase va de 50 à 300 kg m-3.
On peut estimer alors que CFF=300 kg m-3.
Selon le modèle de tassement présenté préalablement on peut déterminer les
conditions de formation de la crème de vase (figure 4). En effet, la formation de la crème de
vase résulte d’un taux de dépôt des matières en suspension QD élevé par rapport à Qs/CFF. Pour
la vase de la Loire, cette condition s’écrit comme suit : QD>5x10-6 kg m-2 s-1.
Lorsque cette inégalité n’est plus satisfaite, le passage de matières de vase en
suspension à un fond peu mobile se fait directement sans passer par un état physique de crème
de vase. Ce cas de faible taux de dépôt se présente principalement dans les zones où la
turbidité est faible (figure 4).
Figure 4 - Transfert des vases en suspension vers le fond (Sanchez et Grovel 1994-A.4).
(a) Taux de sédimentation élevé : formation de la crème de vase.
(b) Taux de sédimentation faible : transfert direct vers le dépôt.
12
PROCESSUS D'ÉROSION DES VASES
Dans les modèles actuels d'érosion de sédiments par un écoulement turbulent, l'action
du courant est caractérisée par la tension de cisaillement au fond Wo. Néanmoins, la force
réelle exercée par le courant par unité de surface de sédiment n'est pas exactement égale à Wo,
mais seulement proportionnelle à cette grandeur. La force réelle à un moment donné dépend
entre autres de la rugosité locale du fond, des fluctuations turbulentes des vitesses et
probablement des variations de la pression interstitielle. Il est cependant admis que Wo est la
grandeur qui caractérise le mieux la "force du courant".
Pour établir une loi universelle de début d’érosion des vases, on doit traiter ce
problème d’une manière théorique ; pour ce faire on a besoin de connaître une grandeur
caractérisant le mieux possible la résistance des sédiments. C’est ainsi qu’en utilisant la
cohésion effective c' pour caractériser cette résistance, Partheniades (1965 in A.6) aboutit à la
loi suivante :
Woc = k c' (10)
où Woc est la valeur de Wo critique d'érosion et k un coefficient de proportionnalité
adimensionnel. Cette relation est en accord avec le critère de rupture de Coulomb utilisé en
mécanique des sols, mais malheureusement Partheniades ne fournit pas de renseignements
concernant la valeur du coefficient k.
Le début d’érosion a été étudié d’une façon très approfondie par Migniot (1989 in
A.6). Dans ces études Migniot caractérise l’action de l’écoulement par la vitesse de
cisaillement u*, définie par : u*=(Wo/Uo)0,5. En étudiant en laboratoire plus de 30 matériaux
cohésifs d’origines diverses, Migniot établit les formules universelles suivantes :
u*c = 0,013 Wy0,25, pour : Wy < 3 Pa (vases fluides) (11a)
u*c = 0,009 Wy , pour :
0,50 Wy > 3 Pa (vases plastiques) (11b)
où u*c est la vitesse de cisaillement critique d’érosion >m s-1], et Wy est la rigidité initiale du
sédiment [Pa], qui est mesurée à l’aide d’un viscosimètre "Brookfield LVT", en suivant un
protocole d’essai bien défini (Migniot 1989 in A.6). La loi de début d’érosion des vases
plastiques proposée par Migniot peut être mise sous la forme suivante :
Woc = 0,081 Wy (12)
Cette loi est donc semblable à celle de Partheniades, car les grandeurs c' et Wy sont
analogues et ne diffèrent entre elles que par le modèle rhéologique utilisé pour représenter le
comportement des sédiments. De plus, cette équation est dimensionnellement homogène.
Il est important de signaler que les lois proposées pour le début d'érosion dépendent de
la méthodologie et des instruments utilisés pour caractériser le comportement mécanique des
sédiments et du critère retenu pour définir le début de l'érosion. On doit ainsi indiquer que
pour Migniot, le début d'érosion correspond à une érosion généralisée. Plus précisément les
critères d’érosion qu’il utilise sont les suivants :
- pour les vases fluides, le début d’érosion correspond à l’apparition d’un entraînement par
le courant d’une "fumée" de vase,
- pour les vases plastiques, la condition critique d’érosion correspond à un arrachement de
vase sous forme de copeaux, observé sur toute la surface du dépôt,
- enfin, pour les vases très rigides, le début d’érosion correspond à un arrachement de galets
de vase qui roulent sur le fond, entraînés par le courant.
13
Les études de Migniot et de Partheniades montrent l’importance jouée par le
comportement rhéologique des vases dans l’étude du processus d’érosion. Or, à température
et concentration constantes, ce comportement, est très variable d’une vase à une autre selon
leurs composantes : minéraux argileux, matière organique, débris d’organismes, oxydes
divers, métaux, eau interstitielle, ... . Ainsi, à concentration constante, la rigidité initiale d’une
vase est d’autant plus élevée que la fraction argileuse est fine ou que la matière organique est
oxydée ; la salinité de l’eau interstitielle est ici un paramètre secondaire (Migniot 1989 in
A.6). Par ailleurs, la rigidité diminue lorsque la vase est remaniée à cause du phénomène de
thixotropie, mais cette rigidité est récupérée après un temps de repos de quelques minutes.
Pour un sédiment donné comme la vase de Loire, les études de Migniot (1989 in A.6)
montrent que le comportement dépend principalement de la concentration en matières sèches,
de sorte que Wy est proportionnelle à la cinquième ou sixième puissance de la concentration C
dans les vases plastiques.
Les mécanismes de l’érosion observés en laboratoire sont très différents selon le
comportement mécanique des dépôts de vase.
Pour les sédiments peu concentrés (vases fluides), l’érosion se produit par bouffées, on
voit d’abord apparaître une ondulation à l’interface, puis celle-ci s’amplifie, déformant de
plus en plus la couche de sédiments ; ceux-ci sont finalement entraînés sous forme de filets de
vase, puis dilués dans l’eau du courant superficiel (Périgaud 1983 in A.6).
Pour les sédiments concentrés (vases plastiques), l’érosion se produit par
l’arrachement de petits copeaux de matériau (Périgaud 1983 in A.6). Ces copeaux de matériau
se diluent très difficilement dans les eaux et sont transportés en forme de galets de faible
masse volumique mais de forte cohésion. Dans la plupart des cas, l’érosion prend naissance à
partir d’un point préférentiel (particules de sable, puits de drainage, etc.).
D’après Migniot (1989 in A.6), pour des vases très concentrées ayant atteint une
rigidité supérieure à 75 Pa, les dépôts se comportent comme un solide résistant à de très fortes
vitesses. Si l’on atteint le seuil critique d’érosion les dépôts ne sont plus remis en suspension
mais sont arrachés sous forme de copeaux ou de blocs qui sont transportés par charriage et
donnent naissance à des galets de vase que l’on rencontre dans les torrents.
14
Le seuil de plasticité est déterminé par extrapolation en utilisant le modèle de
Bingham. Des mesures réalisées à des températures de 12° C, 18° C, 21° C, 27° C, 31° C et
36° C, (figure 5) ont montré que les valeurs du seuil de plasticité de Bingham et celles de la
viscosité apparente, augmentent lorsque la température diminue, suivant une loi de variation
avec la température très semblable à celle de la viscosité dynamique de l'eau.
Pour une vase donnée à concentration constante, le seuil de plasticité de Bingham et la
viscosité apparente sont donc donnés par :
P eau T P eau T
W B T W BT o , et : K T K To (13)
P eau T o P eau To
où WB est le seuil de plasticité de Bingham [Pa], K la viscosité apparente [Pa s], Peau la
viscosité dynamique de l'eau [Pa s], l'indice T désigne une température quelconque [° C] et
l'indice To désigne une température de référence arbitraire fixée à 18° C.
Ces lois sont valables au moins pour les conditions expérimentales des essais, soit
pour des températures comprises entre 12 et 36° C et pour une vase de Loire de concentration
C=304,8 kg m-3. Cependant, il est raisonnable d'envisager que ces lois s'appliquent à toutes
les vases molles de Loire dont la concentration est inférieure à celle indiquée ci-dessus.
15
P U g Vim
cu (14)
A im
où P est le poids du densimètre [N], U la masse volumique de la vase [kg m-3], Vim le volume
immergé du densimètre [m3], et Aim la surface immergée du densimètre en contact avec la
vase [m2]. La gamme de mesures possibles avec ce densimètre est : 0,5 N m-2<cu<500 N m-2.
Surface en mm2 ( )
et
Volume en mm3 ( )
45000
3000
40000
2000
cu Aim 35000
1000
30000
25000 0
cu cu 0 10 20 30 40 50
20000
P-PA
15000
10000
h 5000
0
0 30 60 90 120 150 180
h (mm)
(a) (b) (c)
Figure 6 - Schémas illustrant la mesure de la cohésion non drainée à l'aide d'un densimètre.
a) Schéma du densimètre. b) Forces en équilibre. c) Caractéristiques du densimètre.
Une série de tests préliminaires de mesure de la rigidité initiale d'une vase à l'aide du
rhéomètre, en respectant toujours le même protocole, ont montré que la grandeur mesurée
pouvait varier du simple au double entre deux tests successifs réalisés sur une même vase.
Pour cette raison, dans les études où je participe, la rigidité initiale est examinée
statistiquement à partir d'une série de 15 mesures. Ce nombre de mesures permet d'obtenir des
résultats stables et répétitifs pour la moyenne et pour l'écart type de la rigidité initiale.
Autrement, si une seule mesure est réalisée pour déterminer la rigidité initiale d'une vase
donnée, la probabilité que la valeur obtenue diffère de la moyenne de plus d'une fois l'écart-
type est d'environ 32 %.
Les mesures de cu sont en général plus répétitives que celles de Wy si bien qu'une
séquence de 10 mesures est suffisante pour évaluer correctement sa moyenne et son écart
type.
Les tableaux I.2 et I.3 montrent, respectivement, les résultats des mesures de la rigidité
initiale et de la cohésion non drainée, correspondant aux vases de Loire étudiées par Hosseini
(1999-T.3) dans son travail de thèse.
16
Concentration moyenne
100 kg m-3 150 kg m-3 210 kg m-3 260 kg m-3 310 kg m-3 390 kg m-3 420 kg m-3
moyenne 0,72 1,19 5,29 19,20 55,0 126,0 141,0
essai n° 1
écart-type 0,10 0,18 0,84 4,46 16,2 25,7 29,0
moyenne 0,73 1,13 5,25 19,10 53,0
essai n° 2
Wy écart-type 0,11 0,16 0,94 5,06 15,8
(N m-2) moyenne 0,73 1,22 5,25 22,70 57,0
essai n° 3
écart-type 0,11 0,15 0,76 5,47 18,0
moyenne 0,73 1,18 5,26 20,30 55,0 126,0 141,0
moyennes
écart-type 0,11 0,17 0,87 5,00 16,7 25,7 29,0
de la série
écart type 15% 14% 17% 25% 30% 20% 21%
moyenne
Concentration moyenne
100 kg m-3 150 kg m-3 210 kg m-3 260 kg m-3 310 kg m-3 390 kg m-3 420 kg m-3
moyenne 0,74 1,22 6,54 41,10 105,0 313,0 381,0
essai n° 1
écart-type 0,15 0,24 0,46 1,10 6,0 5,0 9,4
moyenne 0,75 1,28 6,95 40,40 99,0 392,0
essai n° 2
cu écart-type 0,17 0,22 0,71 0,87 3,4 13,2
(N m-2) moyenne 0,74 1,13 5,95 40,60 99,0
essai n° 3
écart-type 0,16 0,19 0,50 1,34 2,2
moyenne 0,74 1,21 6,48 40,70 101,0 313,0 387,0
moyennes
écart-type 0,16 0,22 0,56 1,10 3,9 5,0 11,3
de la série
écart type 22% 18% 9% 3% 4% 1,6% 3%
moyenne
Tableau I.3 - Valeurs de la cohésion non drainée et de son écart-type évaluées par l’analyse
d’une séquence de 10 mesures réalisées sur des vases de Loire à concentrations fixes
(d'après Hosseini 1999-T.3).
Pour les faibles concentrations inférieures à 210 kg m-3, les valeurs obtenues pour la
cohésion non drainée sont très proches de celles de la rigidité initiale, mais pour les plus
grandes concentrations, les valeurs moyennes de cu sont environ 2,5 fois plus grandes que
celle de Wy. Cette différence est proche de celle observée par Hosseini (1995-DEA.9) sur une
autre vase de Loire, ainsi que de celle observée systématiquement par Migniot (1989 in A.6)
qui a mesuré cu à l’aide d’un scissomètre à croisillons métalliques et qui trouve que les
valeurs de cu sont environ 3 fois supérieures à celles de la rigidité initiale mesurée au
rhéomètre "Brookfield LVT".
17
La figure 7 montre la rigidité initiale mesurée au rhéomètre "Brookfield LVT" lors de
3 études différentes sur des échantillons prélevés à des dates et dans des sites différents de
l'estuaire de la Loire (Migniot 1989 in A.6, Hosseini et al.1996-B.11, Hosseini 1999-T.3). On
constate que si l'on ajuste une loi sur les mesures de chaque étude on peut obtenir des courbes
de régression touchant l'ensemble des points expérimentaux. En revanche, l'existence d'une
loi unique de Wy en fonction de C valable pour toutes les vases de Loire ne peut avoir de
validité que d'un point de vue statistique.
Seule l’étude de la rigidité initiale en fonction de la concentration sur un nombre
beaucoup plus important d’échantillons prélevés tout le long de l’estuaire et à des dates
différentes, pourrait permettre d’ajuster une loi de tendance entre Wy et C valable pour
l’ensemble des vases de l’estuaire de la Loire, avec une certaine dispersion caractérisée par
l’écart-type.
En fait, l’existence d’une loi entre Wy et C valable en moyenne pour toutes les vases de
Loire peut être effectivement envisagée, car cette vase a une composition assez homogène
dans l’espace et dans le temps (Roger 1988 in T.3).
Cette homogénéité est confirmée par les travaux de Migniot (1989 in A.6), de Sanchez
et Grovel (1994-A.4) et de Ouraq (1996-T.2), qui montrent que le coefficient de perméabilité
des vases de cet estuaire, qui caractérise un comportement hydraulique, obéit globalement à
une loi unique en fonction de la concentration (voir figure 3), avec, bien entendu, des écarts
plus ou moins importants selon le site et la date de prélèvement d’un échantillon. Mais ces
écarts sont en général peu importants par rapport aux écarts qui peuvent être observés entre
deux vases de deux estuaires différents.
18
Le système, qui est schématisé sur la figure 8, comporte 1 pompe, 1 veine d'essais de
section rectangulaire, 1 débitmètre, 2 vannes, 1 réservoir de régulation, 2 transitions section
circulaire-rectangulaire, et des conduites à section circulaire en PVC (Iintérieur=0,083 m)
assurant les liaisons entre les différents éléments du système.
Les dimensions de la veine d'essais sont : 0,12 m de largeur, 0,05 m de hauteur et 2 m
de longueur. Un bac à sédiments est situé au milieu de la veine d'essais où l'écoulement est le
plus uniforme. Les dimensions de ce bac sont : 1 m de longueur, 0,05 m de profondeur, et,
afin d'éviter les phénomènes de bord, on a limité la largeur à 0,08 m.
En aval du bac à sédiments on a mis en place un piège à sédiments permettant
d'attraper les copeaux de vase lorsque l'érosion se produit par arrachement de ceux-ci, et ainsi
pouvoir mesurer leur taille et leur densité.
Ce système a été validé par l'étude des conditions critiques de mise en mouvement de
sables en vérifiant que les résultats obtenus sont en accord avec les courbes de Shields et de
Bonnefille (Hosseini 1999-T.3).
Cette étude a permis d'ajuster une loi pour le taux volumique d'érosion Ev affectant la
vase de Loire en fonction de Wo. La loi qui s'ajuste au mieux avec les points expérimentaux,
est une loi analogue à celle proposée par Mehta et Partheniades (1982 in A.6). La loi retenue
pour Ev s'écrit :
ª W o W oc º
E v E vo exp «D v » (15)
¬ W oc ¼
où Evo et Dv sont les coefficients de la loi d’érosion et Woc est la tension de cisaillement
critique d’érosion. Selon cette loi, pour Wo=Woc, on a un taux d’érosion résiduel non nul égal à
Evo qui est fixé arbitrairement. Dans cette étude on fixe Evo=3x10-7 m s-1, valeur qui
correspond à une érosion résiduelle d’une couche de 1 mm en une heure, ce qui représente
une érosion relativement faible.
19
Les paramètres de la loi d'érosion présentée ci-dessus ont été rattachés à la rigidité
initiale, à la masse volumique de la vase U et à la rugosité hydraulique de celle-ci, laquelle a
été évaluée à partir des mesures des vitesses et des pertes de charge réalisées lors des essais.
Les paramètres de la loi d'érosion sont donnés par :
1,11
§ U Uo · W oc / U o
W oc 0,294 W y ¨ ¸ , Dv 0,1145 , E vo 3x10 7 m s 1 (16)
© Uo ¹ Q
avec : =0,00087 m, pour l'ensemble des essais.
L'ajustement a été réalisé par une méthode des moindres carrés non linéaire qui permet
de minimiser la somme des écarts quadratiques Sln entre les logarithmes des taux volumiques
d’érosion Evc calculés avec l'équation 15, et les logarithmes des taux volumiques d’érosion
mesurés Evm. La somme de ces écarts quadratiques est définie par :
n n 2
§ § E vci · ·
S ln ¦ ln( E vci ) ln( E vmi ) ¦ 2
¨ ln¨
© ©
¸¸
E vmi ¹ ¹
(17)
i 1 i 1
où l’indice i désigne une grandeur qui correspond à la ième mesure du taux volumique
d’érosion et n est le nombre total de mesures.
L’écart quadratique Sln caractérisant l’écart entre les taux volumiques d’érosion
calculés et mesurés est égal à 1,52. Cet écart permet d’avancer que le taux volumique
d’érosion calculé peut différer de Ev mesuré, tout au plus d’un facteur d’environ r3,4 dans
68% des cas.
Les écarts observés entre deux tests d'érosion successifs sur une même vase sont donc
très importants. Il semble que la nature du phénomène d'érosion ne permet pas d'obtenir des
résultats répétitifs. En effet, le taux d'érosion observé pour des valeurs fixes de C et de Wo,
dépend en grande partie des rugosités et des fissures créées préalablement lors du test.
La figure 9 montre les taux volumiques d’érosion de la vase de Loire en fonction de Wo
mesurés dans 17 tests d’érosion correspondant à 7 concentrations différentes étudiées en
laboratoire. On montre aussi les courbes ajustées en fonction de Wy et de U correspondant à
chacune des concentrations étudiées.
On constate que les valeurs de Woc obtenues avec la loi de Migniot (équations 11)
peuvent se situer approximativement avec leur famille correspondante de la figure 9, sur
l’abscisse définissant un taux volumique d’érosion Ev=8x10-6 m s-1. Cette valeur de Ev
correspond à l’érosion d’une couche d’environ 30 mm d’épaisseur en une heure, ce qui
représente une érosion relativement importante. La loi de début d’érosion de Migniot est donc
valable pour les essais d’érosion sur la vase de Loire réalisés au cours de cette étude si l’on
retient comme critère de début d’érosion celui d’une érosion généralisée sur toute la surface
de la vase.
La loi du taux volumique d'érosion ajustée pour la vase de Loire s'applique pour une
vase de Seine étudiée par Ballay (1998-DEA.15) à la valeur près de la constante d'érosion
résiduelle qui prend une valeur dix fois plus faible, soit Evo=3x10-8 m s-1. Ce rapport 1 à 10 de
Evo est probablement liée au fait que Wy est un paramètre qui ne caractérise pas parfaitement la
résistance d’une vase à l’action hydrodynamique d’un courant.
20
Figure 9 - Taux volumique d’érosion en fonction de la tension de cisaillement au fond
pour les vases de Loire étudiées en laboratoire, et courbes correspondant à l’ajustement des
paramètres de la loi du taux d’érosion en fonction de la rigidité initiale Wy et de U
(d'après Hosseini 1999-T.3).
21
Figure 10 - Evolution de la teneur en matières en suspension en fonction du temps cumulé
pour un essai d’érosion réalisé sur une vase de Loire de concentration C=390 kg m-3.
Cette augmentation est provoquée par des vers de vase qui remuent le sédiment en
creusant des canaux sur la surface du dépôt de vase la nuit, lorsque la vitesse de l’écoulement
est nulle. On peut supposer que les vers de vase modifient quelque chose que l'on pourrait
appeler une "rugosité caractéristique" de la surface des dépôts.
Malgré la contribution des vers de vase à l’érosion observée en laboratoire et malgré le
fait qu’au cours d’un palier la variation de MES avec le temps n’est pas parfaitement
régulière, on considère que les résultats issus de cet essai, sont représentatifs des faibles taux
d’érosion des vases consolidées de Loire.
Lors de cette étude on a étudié aussi les agrégats issus de l'érosion des vases. On a
constaté que ces agrégats en suspension résistent sans cassure à des contraintes
hydrodynamiques importantes s'ils sont issus d'une vase dont la rigidité initiale est supérieure
à 20 N m-2. Des mesures de la masse volumique et de la taille de ces agrégats ont permis
d'avancer les conclusions suivantes concernant les agrégats de vase que l'on observe dans
l'estuaire de la Loire :
- les agrégats en suspension dans l’estuaire de la Loire qui sont observés en dehors des
périodes d’eau calme sont issus vraisemblablement de l’érosion des vases "plastiques" (des
rigidités initiales supérieures ou égales à 20 N m-2),
- l'érosion des vases dont l'état physique est assimilable à la crème de vase (de rigidité
initiale égale ou inférieure à 5,2 N m-2), se produit sous la forme de filets de vase qui sont
complètement dilués dans l'eau après leur remise en suspension,
22
- le diamètre final des agrégats issus de l’érosion des vases "plastiques" varie entre 1 et 2
mm, quelle que soit la rigidité initiale du dépôt, à condition que celle-ci soit supérieure ou
égale à 20 N m-2 (en fait, la taille maximale des agrégats juste après l'érosion est d'autant
plus grande que Wy est grand ; néanmoins, si la taille des agrégats est supérieure à 2 mm,
ceux-ci roulent sur le fond entraînés par l'écoulement et des cassures se produisent
rapidement engendrant des agrégats presque sphériques d'un diamètre compris entre 1 mm
et 2 mm),
- la concentration des agrégats issus de l’érosion des vases "plastiques" de Loire est voisine
de celle des dépôts dont ils sont issus,
- la masse volumique de l’eau interstitielle d’un agrégat de vase est celle de l’eau
environnante,
- la vitesse de chute en eau calme dans un estuaire, d’un agrégat de vase à structure stable
est pratiquement indépendante des variations de la masse volumique de l’eau dans
l’estuaire, car son poids volumique déjaugé varie très peu.
Ces conclusions ne veulent pas dire que la floculation est un phénomène secondaire,
même s'il est peu probable que des agrégats stables puissent être formés par floculation dans
un écoulement turbulent. En effet, lors des périodes d'eaux calmes, la floculation facilite en
grande partie la chute des sédiments. Ceci est confirmé par des mesures en eau calme
réalisées par Migniot (1989 in A.2) qui ont montré que la vitesse de chute des sédiments fins
dans un milieu floculant varie entre 0,15 et 0,60 mm s-1, quelle que soit la dimension des
particules élémentaires, alors que la vitesse de chute de ces particules élémentaires
défloculées est de l'ordre du micron par seconde.
23
L'interprétation des mesures de la cohésion non drainée et de la rigidité initiale ont
montré que ces grandeurs ne peuvent être évaluées que d'un point de vue statistique avec un
écart-type associé à la mesure. En effet, entre deux mesures consécutives réalisées sur un
même échantillon en suivant un protocole, on constate que ces deux grandeurs peuvent varier
considérablement, ce qui s'explique en partie par une certaine hétérogénéité naturelle de ces
sédiments.
Des tests d'érosion sous l'action d'un courant réalisés dans un circuit hydraulique sur
des vases de Loire ont permis d'ajuster une loi pour évaluer le taux volumique d'érosion pour
ces vases. Cette loi fait intervenir d'une part la tension de cisaillement au fond qui caractérise
la force érosive de l'écoulement, et d'autre part les paramètres caractérisant l'état physique des
sédiments (rigidité initiale et masse volumique).
Une série de tests d'érosion réalisée sur une vase de Seine a montré que la loi ajustée
pour la vase de Loire s'applique en Seine aussi, pour déterminer la tension de cisaillement au
fond critique d'érosion, mais, celle-ci surestime d'un facteur 10 le taux d'érosion observé sur la
vase de Seine.
Le rapport 1 à 10 dans le taux volumique d'érosion résiduel des lois d'érosion des
vases de Seine et de Loire est difficile à expliquer. On peut avancer que cette différence est
probablement liée à la nature de ces deux vases (composants différents), et au fait que la
rigidité initiale et la cohésion sont deux paramètres qui ne caractérisent pas parfaitement la
résistance d’une vase à l’action hydrodynamique d’un courant.
Les différences constatées entre les taux d'érosion des vases de Seine et de Loire
montrent que la loi pour le taux d'érosion (équations 15 et 16) n'est pas universelle. Seules des
mesures sur une grande variété des sédiments pourront permettre à terme, d'établir une loi
valable dans tous les cas.
Les tests d'érosion réalisés en laboratoire ont montré que le taux volumique d'érosion
doit être défini comme une grandeur statistique. En effet, sur deux essais successifs mis en
œuvre conservant tous les paramètres constants, le taux d'érosion peut varier dans un rapport
de 1 à 10, voire supérieur. Cette différence s’expliquerait par le fait que l’érosion se
développe préférentiellement à partir des aspérités plus ou moins importantes créées par les
érosions préalables de cette vase, ce qui rend le phénomène d'érosion peu répétitif par
essence.
L'observation des agrégats issus de l'érosion des vases plastiques a montré que ceux-ci
sont stables et résistants aux actions hydrodynamiques quand ils sont transportés en
suspension. Les masse volumique de ces agrégats est approximativement celle du dépôt de
vase dont ils sont issus.
24
CHAPITRE II
25
simultanément, pour les concentrations en MES, pour la masse totale accumulée dans les
formations de crème de vase en mortes-eaux et pour le taux résiduel d'envasement de
l'estuaire.
La faible fiabilité des résultats issus de la modélisation sédimentaire avec le modèle
ELOIRE peut être expliquée par les trois raisons présentées ci-après.
a) L'utilisation d'un modèle unidirectionnel monocouche dans lequel les effets liés à la
stratification et à la distribution des sédiments dans la section transversale sont négligés.
Seule l'utilisation d'un modèle tridimensionnel permet de résoudre ce problème ; cette
solution est viable mais difficile à mettre en oeuvre car la modélisation hydraulique est très
compliquée dans les écoulements stratifiés.
b) L'utilisation des lois pour l'érosion et pour le dépôt, qui ne sont pas adaptées pour
reproduire les phénomènes observés. Des formulations plus fiables s'avèrent nécessaires.
c) Les écarts entre les observations en laboratoire et in situ liés aux effets d'échelle. Des
campagnes de mesures ponctuelles sont indispensables à une bonne calibration des
modèles et pour évaluer les nombreux paramètres qui sont pris en compte : rugosité des
fonds, coefficient de diffusion (qui dépend de Wo), taux de dépôt (qui dépend de Wo, de la
vitesse de chute et de la concentration en MES), taux d'érosion (qui dépend de Wo et de la
rigidité initiale des sédiments).
Mon objectif à moyen terme est de participer à l'amélioration de la qualité des
simulations numériques hydrosédimentaires. L'utilisation du modèle ELOIRE m'a permis de
cibler mes recherches vers l'étude des processus sédimentaires et vers les observations in situ,
qui sont deux aspects préalables à la mise au point d'une modélisation plus fiable.
Dans une modélisation où il y a une multiplicité de paramètres et de processus qui
interviennent, il est très utile d'identifier ceux qui sont de deuxième ordre d'importance et qui
peuvent être éventuellement négligés. Mes travaux de recherche me permettent d'avancer les
conclusions qui sont présentées par la suite.
a) L'érosion des vases consolidées en Loire, dont la concentration est supérieure à 390 kg m-
3, est un phénomène secondaire dans les modélisations à court terme allant de quelques
26
vase doit nécessairement être pris en compte dans les modélisations, alors que la
consolidation des vases dont la concentration dépasse les 350 kg m-3 peut éventuellement
être négligée (le modèle "iso-concentration" est adapté à la simulation du tassement des
vases de concentration inférieure à 350 kg m-3, et donc de la crème de vase).
c) La stratification des matières en suspension est un phénomène très important qui joue sur
le taux de sédimentation et sur l'accumulation des sédiments près du fond. Ce phénomène
ne peut être simulé que par un modèle bidimensionnel vertical, ou mieux encore, par un
modèle tridimensionnel. Il apparaît ainsi, que les recherches in situ vers une meilleure
connaissance de la vitesse de chute des sédiments et du coefficient de diffusion verticale,
doivent être une priorité, car ces deux facteurs déterminent la stratification.
27
Le projet démolition des quais en béton afin de redécouvrir les anciens peut poser des
problèmes de stabilité de ces derniers. En effet, si effectivement les anciens quais étaient
stables au début de ce siècle, il est également certain que l'abaissement du niveau de l'eau
dans l'estuaire observé au cours de ce siècle, se traduit par une diminution importante de leur
coefficient de stabilité (Basseur 1997 in A.7). La vérification de la stabilité de ces ouvrages et
le calcul des reconfortements éventuels, nécessitent une connaissance précise du niveau des
plus basses mers possibles.
L'abaissement des niveaux des basses mers est un problème important en Loire. Des
mesures de ces niveaux réalisées par les autorités portuaires à l'embouchure de cet estuaire
montrent qu'entre 1969 et 1993 il est descendu d'une façon significative. Pour cette raison, le
Service Hydrographique et Océanographique de la Marine a apporté une correction officielle
de -0,40 m pour le zéro des cotes marines à St.-Nazaire à partir du 1er janvier 1996.
Juste après les derniers grands travaux de dragage du chenal de l'estuaire qui ont été
réalisés entre 1969 et 1985, les niveaux des basses mers exceptionnelles d'équinoxe en étiage,
par rapport au zéro cartes marines d'avant le1er janvier 1996, étaient de (Migniot 1993 in
A.7) :
-0,46 m à St.-Nazaire,
-0,63 m à Donges,
-0,25 m à Nantes.
Depuis cette date, ces niveaux sont stables à proximité de l'embouchure, mais à Nantes
on a observé en 1991, en période de grande sécheresse, un niveau de basse mer de -0,43 m.
Afin de réguler les niveaux des basses mers dans la partie amont de l'estuaire et
d'empêcher la remontée de la marée saline, la construction d'une vanne mobile de type
Greenwich sur la Tamise, est envisagée pour l'estuaire de la Loire (Sauveterre Ingénieur
Conseil 1993 in B.9, Fattal et al. 1994-B.4). En principe, cette solution devrait garantir la
stabilité des berges et de tous les ouvrages situés en amont de la vanne.
L'impact d'une éventuelle vanne régulatrice sur l'hydrodynamique de l'estuaire de la
Loire a été étudié par Gruau (1993-DEA.3). Cette étude montre qu'en cas de fermeture de
cette vanne, on pourrait distinguer deux systèmes isolés dans l'estuaire :
a) en amont de la vanne on aurait un réservoir qui se remplirait graduellement selon le débit
fluvial,
b) en aval de la vanne, l'estuaire serait soumis aux oscillations de la marée.
Deux emplacements de la vanne ont été simulés :
a) le premier au point kilométrique 50 afin de ne pas perturber la navigation en aval de
Nantes tout en soutenant un niveau de basse mer à Nantes garantissant la stabilité des quais
existant dans cette ville,
b) le deuxième, au point kilométrique 37,5, où la structure géologique est plus appropriée
pour supporter ce type d'ouvrage.
Les simulations mathématiques de ces solutions montrent que l'hydraulique dans la
partie de l'estuaire soumise à la marée serait modifiée radicalement par rapport aux conditions
actuelles sans vanne (figure 11). En effet, une vanne en opération entraînerait une
28
amplification du marnage qui serait plus marquée en amont qu'en aval. Cette amplification
serait plus importante si la vanne était implantée au point kilométrique 50.
Le phénomène physique qui explique cette amplification de l'onde de marée est la
réflexion de celle-ci sur l'ouvrage de régulation des niveaux de basses mers. Ainsi, une onde
réfléchie sur la vanne, se propageant vers l'aval, se superpose à l'onde de marée remontant
l'estuaire. La réflexion est confirmée par la disparition du déphasage observée selon les
résultats numériques tout le long de la partie aval de l'estuaire.
Enfin, on peut attribuer les abaissements des niveaux des basses mers observés ces
dernières années entre l'embouchure de l'estuaire et Nantes, à un phénomène de réflexion
semblable à celui observé nettement en présence d'une vanne (Grovel et al. 1999-A.7). Ainsi,
il semble que la marée en Loire et dans les sites maritimes proches ne pourra se stabiliser
qu'une fois que les sections transversales de l'estuaire resteront définitivement fixes.
Figure 11 - Modélisation de la modification des niveaux de pleine mer et de basse mer par
l'implantation, dans la partie médiane de l'estuaire de la Loire,
d'une vanne régulatrice du niveau de basse mer.
29
Malgré les simplifications, ce modèle reproduit des vitesses résiduelles très faibles ou
dirigées vers l'amont dans la partie inférieure de la tranche d'eau à proximité de l'embouchure,
tandis que dans la partie amont de l'estuaire le profil de vitesses simulé est du type fluvial
(figure 12). Ces vitesses pourraient expliquer l'accumulation des sédiments dans l'estuaire.
De plus ce modèle reproduit une stratification saline d'autant plus importante que le
débit fluvial est grand (à coefficient de marée constant), ce qui est en accord avec les théories
de Pritchard.
Bien que les résultats de ce modèle développé dans le cadre d'une recherche soient
d'une assez bonne qualité, ce modèle doit être modifié pour pouvoir être utilisé dans l'étude de
la dynamique sédimentaire ou dans des contrats extérieurs à l'université. Ces modifications
concernent notamment la formulation de la constante de diffusion verticale et l'évaluation des
contraintes de Reynolds.
30
Cette méthode qui a été très bien employée par Gallenne (1974 in A.4) dans ces
travaux de thèse, lui a permis de présenter une description très claire de la dynamique
sédimentaire en Loire. Néanmoins, l'estuaire étant un milieu changeant, des mesures de ce
type sont toujours nécessaires.
Au cours de mes recherches, j'ai participé à deux campagnes d'évaluation du stock de
vase mobile contenue dans la crème de vase entre Paimboeuf et Nantes.
La première de ces campagnes a été réalisée en collaboration avec Cousseau (1994-
DEA.4) le 19 juin 1994. Le jour de cette campagne le coefficient de marée était de 60 et le
débit fluvial mesuré la veille à Montjean était de 539 m3 s-1.
Lors de cette campagne une lentille de crème de vase de 6,5 km de long et de 2 m
d'épaisseur moyenne a été localisée dans la région de Cordemais. Le volume estimé de cette
formation est de 1,3×106 m3. On peut estimer que ce volume représente 0,078×109 kg de
matières sèches, car un échantillonnage de la crème de vase à l'aide d'une "flûte" conçue lors
de cette étude avait permis d'évaluer une concentration moyenne de celle-ci de 60 kg m-3.
De plus, le suivi de l’évolution de cette formation de crème de vase dans sa partie
amont pendant un cycle de marée complet, a permis de faire les observations suivantes
(Cousseau, 1994-DEA.4) :
- la lentille de crème de vase était présente sur tout le cycle de marée,
- aucun déplacement de la lentille n’a pu être décelé au cours d’un cycle de marée,
- les courants de flot ont engendré une érosion résiduelle de la crème de vase, ce qui
s'explique par une forte turbulence accompagnant les courants pénétrant dans l'estuaire,
- les courants de jusant ont été accompagnés d’un engraissement résiduel de la lentille de
crème de vase, ce qui s’explique en grande partie par la présence d’une lentille d’eau
immobile près du fond (Berthois 1964 in A.5), lentille qui persiste pendant des périodes de
plusieurs heures (jusqu'à 4 heures) en début du jusant.
En accord avec les observations réalisées sur le terrain avec un coefficient de marée
inférieur à 70, les courants de jusant semblent être toujours accompagnés d’un engraissement
résiduel de la lentille de crème de vase (Cousseau 1994-DEA.4).
La deuxième campagne de mesures avec l'échosondeur a été réalisée en collaboration
avec Ouraq (1996-T.2) le 24 juillet 1996 par un coefficient de marée 46 et un débit fluvial
mesuré la veille à Montjean de 200 m3 s-1. Lors de cette campagne on a détecté deux
formations de crème de vase dont le volume total était de 13,65×106 m3, ce qui représente
0,82×109 kg de matières sèches (figure 13).
Ces deux campagnes réalisées à deux années d'intervalle dans la même saison
montrent que le stock de vase mobile est très variable dans le temps. Plus particulièrement, la
forte différence observée dans le volume de crème de vase entre 1994 et 1996 s'explique en
grande partie par les crues importantes qui ont précédé la première campagne qui seraient à
l'origine d'une évacuation importante des vases vers la mer.
Il semble que la mesure des volumes de crème de vase en mortes-eaux représente
potentiellement l'un des meilleurs moyens de prévision à court terme de l'importance qu'aura
le bouchon vaseux en vives-eaux.
31
Figure 13 - Emplacement de la crème de vase lors de la campagne du 24 juillet 1996
(d'après Ouraq 1996-T.2).
32
IMPACT DES TRAVAUX D'AMÉNAGEMENT SUR LA DYNAMIQUE SÉDIMENTAIRE EN LOIRE
Les travaux d'aménagement qui modifient les courants affectent la dynamique
sédimentaire. Les modèles hydrauliques permettent une prévision fiable des modifications des
courants accompagnant les éventuelles modifications de la morphologie d'un estuaire.
En principe, une augmentation locale des vitesses des courants entraîne une
augmentation potentielle des érosions, tandis que les diminutions de ces vitesses
s'accompagne d'une augmentation des sédimentations.
On présente par la suite trois méthodologies servant à évaluer l'impact des travaux
d'aménagement sur la dynamique sédimentaire développées autour de trois applications
concrètes. Ces méthodologies sont basées sur une modélisation des principaux processus
sédimentaires en jeu (transport, dépôt, tassement, érosion), sans faire appel à un modèle
hydrosédimentaire global de l'estuaire (Grovel et al. 1999-A.7).
33
Après les travaux de dragage qui ont amené la cote du fond à -13,25 m CM en aval de
Donges, la vitesse maximale en surface par une marée de vive-eau moyenne en face de
Montoir s'établit à environ 2,04 m s-1. Ces travaux ont fait diminuer le pouvoir érosif des
courants dans la partie aval de l'estuaire, de sorte que les vases susceptibles d'être remises en
suspension sont celles dont la concentration est inférieure à 305 kg m-3 (et dont la rigidité
initiale associée est inférieure à 39,6 Pa). En suivant la démarche décrite ci-dessus, on évalue
un taux d'envasement résiduel dans le chenal de l'estuaire en face de Montoir de 57,3 kg m-2
an-1, soit une couche de 0,16 m par an (Sanchez et al. 1999-A.7).
Il faut noter qu'entre 1988 et 1992 l'épaisseur des dragages dans le secteur de Montoir
s'établit à environ 1,20 m par an (Migniot 1993 in A.7). Cette valeur est 7,5 fois supérieure au
taux d'envasement résiduel estimé ci-dessus pour les conditions d'après 1981. La grande
différence entre ces deux valeurs peut avoir plusieurs explications :
- l'incertitude des estimations théoriques,
- les dragages réalisés en mortes-eaux de sédiments qui pourraient être remis en suspension
par les courants de vive-eau,
- le dragage de vases consolidées issues probablement d'un glissement de talus.
En tout état de cause, l'interprétation des résultats doit se faire en fonction d'une
variation relative du taux d'envasement car les évaluations de celui-ci comportent une
incertitude absolue importante. Ainsi, on peut dire que les travaux de dragage réalisés après
1976 en aval de Donges, ont contribué à une augmentation d'environ 100% du taux
d'envasement résiduel en face de Montoir, et donc, à une augmentation du même ordre de
grandeur des dragages d'entretien nécessaires du chenal de navigation dans ce secteur, ce qui
est l'ordre de grandeur réel observé après travaux (Migniot 1993 in A.7).
Dans les conditions actuelles, une partie de la vase draguée dans le secteur de Montoir
lors des travaux d'entretien peut avoir une concentration de l'ordre de 660 kg m-3, soit une
densité d'environ 1,40 (Migniot et Le Hir 1994 in A.7). Il s'agit donc d'une vase très
surconsolidée dont la présence ne peut pas s'expliquer par la consolidation de la crème de
vase, car ce processus engendre des dépôts superficiels d'une concentration maximale de
l'ordre de 350 kg m-3 (soit une densité d'environ 1,21). En conséquence, il est probable qu'une
partie de la vase draguée lors des travaux d'entretien du chenal de navigation provienne du
glissement des talus latéraux de ce chenal.
34
matières en suspension en vive-eau, avec un taux résiduel d'envasement de l'ordre de quelques
millimètres par cycle de marée (figure 14a). Cependant, une grande partie de la crème de vase
qui remplit une souille au cours des mortes-eaux n'est pas remise en suspension en vive-eau
car le pouvoir érosif du courant diminue dû à l'abaissement très localisé des fonds (figure
14b).
Le port de Trentemoult situé en face de la ville de Nantes constitue un exemple
remarquable de ce phénomène. Au printemps 1997 ce port a été dragué sous la forme d'une
souille sur une profondeur moyenne d'environ 3 m et une surface de 8000 m2. Avant les
travaux de dragage la cote moyenne du fond était voisine de +3,00 m CM et le taux
d'envasement représentait quelques centimètres par an.
Cependant, 6 mois après les dragages, la cote moyenne du fond est revenue
pratiquement à sa valeur initiale par suite d'un accroissement considérable du taux
d'envasement. Ce phénomène s'explique par le piégeage de la crème de vase présente dans
cette zone de l'estuaire en étiage et par le faible pouvoir érosif des courants au sein de ce port,
courants qui dépassent rarement une vitesse de 0,20 m s-1.
Les souilles implantées dans les zones où la crème de vase est susceptible de se
former, peuvent, dans l'estuaire de la Loire, être soumises à un taux d'envasement dépassant
les 2 m au cours d'un seul cycle semi-lunaire de marées. L'implantation de souilles dans les
zones à forte turbidité des estuaires, implique la réalisation de dragages d'entretien très
fréquents et plus ces dragages sont fréquents, plus le taux d'envasement annuel est important.
Figure 14 - Illustration du cycle sédimentaire suivi par les vases dans un estuaire
en relation avec l'amplitude de la marée (d'après Sanchez et al. 1999-A.7).
(a) En l'absence de souilles (b) En présence d'une souille.
35
ÉROSIONS PRÉVISIBLES PAR L'ACCROISSEMENT DES VITESSES DANS UN POINT EN ÉQUILIBRE
SÉDIMENTAIRE
Les travaux de calibrage du chenal de navigation par la construction d'épis ou les
dragages des sables en amont de l'estuaire, sont susceptibles de modifier l'hydraulique par un
accroissement des vitesses du courant. L'accroissement des vitesses s'accompagne en général,
par une érosion des secteurs de l'estuaire qui étaient préalablement en équilibre sédimentaire.
L'épaisseur de la couche érodée dépend principalement du gradient vertical de
concentration dans les dépôts du fond et de l'importance de l'accroissement de la tension de
cisaillement maximale à l'interface eau-sédiment (en marées de vive-eau exceptionnelles).
Par analogie avec les sables déposés en équilibre sédimentaire dont le diamètre est
relié aux actions hydrodynamiques extrêmes, on peut dire que dans un secteur où la vase est
en équilibre sédimentaire, les sédiments en surface ont exactement la rigidité initiale qui leur
permet de résister aux actions hydrodynamiques extrêmes.
L'accroissement des vitesses du courant dans ces secteurs se traduit par une
augmentation du pouvoir érosif et donc par un dégraissage des fonds. Les érosions peuvent
être estimées en suivant la méthodologie ci-dessus (Sanchez et al. 1999-A.7) :
- on estime la tension de cisaillement au fond liée aux actions hydrodynamiques extrêmes,
- on évalue la concentration maximale des vases susceptibles d'être érodés avec ces tensions
de cisaillement,
- on évalue l'épaisseur de la couche de vase érodable à partir du profil vertical de
concentrations dans le dépôt.
36
puissance de 15 kilowatts a été installé sur l'un des pieux qui assurent la fixation des 3
pontons du port (Charrier et Desmet 1992-EN.1, Grovel et al. 1993-C.2) (figure 15a). Ce type
d'agitateur est conçu pour engendrer une circulation des eaux chargées en MES dans les
stations d'épuration.
Avant la mise en fonctionnement de l'agitateur, un échantillon de la vase en surface a
été prélevé. La concentration était de 312 kg m-3 et sa rigidité initiale de 5,27 Pa.
Après 48 minutes d'utilisation de l'agitateur, on a constaté une érosion de 23 m3 sur
une surface de 42 m2 et selon un panache long de 12 m, ce qui permet d'évaluer un taux
d'érosion d'environ 0,50 m3 par minute (figure 15b).
Après 12 heures de fonctionnement l'effet érosif atteignait une longueur de 23 m et
concernait une surface de 100 m2. Cette surface est délimitée par la courbe iso-vitesse
0,50 m s-1 du diagramme de vitesses fourni par le constructeur.
La limite de l'action érosive de l'agitateur est en accord avec la condition critique
établie par Migniot (1989 in A.2) pour une érosion généralisée. En effet, selon l'équation 11b,
la vitesse de cisaillement critique d'érosion u*c de la vase de surface du port est de 0,021 m s-
1. Cette valeur de u
*c correspond sensiblement à une vitesse moyenne de l'écoulement de
0,50 m s-1 pour un tirant d'eau de 2 m (Charrier et Desmet 1992-EN.1).
De plus cet agitateur a l'avantage d'incorporer 83% du matériau érodé à l'eau de
l'écoulement, ce qui assure l'évacuation de la vase vers le chenal de l'estuaire. Le 17% restant
du matériau se dépose sous la forme de galets de vase d'environ 5 cm de diamètre au-delà de
la zone érodée.
En conclusions de cette étude on préconise l'utilisation d'un agitateur monté sur une
barge mobile pour les dragages d'entretien du port de Trentemoult. Cette barge doit être
capable de mettre en oeuvre 4 éléments : un agitateur, une source électrique, une propulsion et
un système d'ancrage.
(a) (b)
Figure 15 - Tests d'érosion par agitation dans le port-abri de Trentemoult.
(a) Schéma d'installation de l'agitateur (b) Plan du panache érodé en 48 minutes.
37
SYNTHÈSE DES ÉTUDES SUR LES PROBLÈMES HYDROSÉDIMENTAIRES
Grâce aux connaissances actuelles en mécanique des fluides, les modèles numériques
unidirectionnelles permettent la reproduction des courbes de marée dans un estuaire avec une
grande précision notamment si la stratification saline est peu marquée. Les courants de marée
sont également reproduits fidèlement. Cependant, les études des problèmes
hydrosédimentaires nécessitent au minimum une simulation hydraulique verticale en 2
dimensions, ou mieux, en 3 dimensions. Ces simulations sont délicates à mettre en œuvre du
fait des simplifications qui sont nécessaires afin de simuler les problèmes de stratification.
Une connaissance approfondie des conditions hydrauliques, de la dynamique
sédimentaire et du comportement des sédiments sous les actions hydrodynamiques, permet les
études d'impact des travaux d'aménagement estuarien sur la dynamique sédimentaire. Ces
études nécessitent donc, une grande quantité de mesures en laboratoire afin de caractériser le
comportement des sédiments par le biais des lois de variation en fonction de la concentration,
de la vitesse de chute des matières en suspension, du coefficient de perméabilité, de la
contrainte effective, de la rigidité initiale et de la tension de cisaillement critique d'érosion.
Les observations in situ sont également indispensables afin de définir les secteurs où les
formations turbides importantes se présentent.
Le processus sédimentaire le plus mal connu à nos jours semble être le dépôt des
matières en suspension qui dépend à la fois du coefficient de diffusion verticale de masse H et
de la vitesse de dépôt des sédiments. Or, si des modèles mathématiques permettent de relier
correctement H au coefficient de viscosité cinématique turbulente, la vitesse de dépôt n'est
bien connue que dans les cas d'une chute en eau calme (vitesse de chute en laboratoire). Des
mesures sur le terrain s'avèrent ainsi nécessaires pour déterminer la vitesse de dépôt réelle des
sédiments à partir de l'évolution de la stratification des matières en suspension dans les eaux,
et ceci en fonction des courants de marée.
La nature des sédiments observés dans les différents secteurs d'un estuaire n'est pas
arbitraire mais corrélée aux actions hydrodynamiques locales. Dans l'avenir, les modèles
hydrosédimentaires doivent permettre une meilleure explication de la répartition des
sédiments dans un estuaire, mais ceci à condition de mieux connaître l'interaction entre les
sables et les vases quand ces sédiments sont mélangés ou présents en couches alternées.
38
CHAPITRE III
L'AGITATION PORTUAIRE
39
où n est la normale à la frontière entre le domaine étudié et la mer ouverte, positive vers
l'intérieur du domaine étudié, et Jpe l'angle entre la direction d'incidence de l'onde perturbée se
propageant vers l'extérieur du domaine étudié et n.
A l'heure actuelle les méthodes numériques assistées par ordinateur permettent de
résoudre l'équation différentielle partielle gouvernant I avec une très grande précision. La
qualité des résultats ainsi obtenus dépend essentiellement de la connaissance des paramètres
propres à la houle incidente (hauteur de houle et direction) et aux frontières réfléchissantes
(coefficient de réflexion K et déphasage lié à la réflexion E).
Au cours de mes travaux de recherche j'ai participé à la mise au point d'un modèle
numérique de simulation de l'agitation dans un bassin portuaire qui tient compte des
phénomènes de diffraction et de réflexion.
Dans ce modèle, un maillage rectangulaire est utilisé pour discrétiser le domaine
étudié. L'équation d'Helmholtz est résolue en utilisant la méthode en différences finies
implicite avec un schéma centré aux noeuds du maillage à l'intérieur du domaine étudié et
avec un schéma décentré sur les frontières (Chardin 1995-DEA.7, Sanchez 1996-B.8).
Ce modèle est utilisé surtout comme un outil d'enseignement et de recherche pour
étudier l'agitation dans les bassins portuaires à géométrie complexe. En effet, on constate dans
ces cas que l'utilisation des abaques de diffraction est très difficile à mettre en œuvre et les
résultats obtenus sont peu précis.
Les techniques numériques utilisées pour développer le modèle d'agitation sont très
connues et largement répandues. La seule contribution de mes travaux à la simulation de
l'agitation, concerne la modélisation des conditions de frontière liées à une paroi plus ou
moins réfléchissante. En effet, j'ai démontré que si E=0, la fonction potentielle réduite I et la
phase \, sont reliées au niveau de ces frontières par :
wI w\ w\ 1 K
i I , avec : k cos J (23)
wn wn wn 1 K
où \ est la phase de la fonction potentielle réduite (I = A exp (i \)) et J l'angle entre la
direction d'incidence de la houle et n. La difficulté pour appliquer cette expression est double.
D'un côté, la direction d'incidence de la houle sur une paroi n'est pas connue a priori. D'un
autre côté, lorsque l'agitation est stationnaire et/ou tridimensionnelle, la notion de direction de
propagation de la houle perd toute signification. On est alors obligé d'avancer une définition
pour la direction de la propagation de la houle qui soit la plus réaliste possible.
Afin d'approcher la dernière équation ci-dessus, une démarche originale est suivie.
Une première estimation de I est obtenue en prenant J=0° sur toutes les parois (équation 23).
Pour la deuxième estimation, on calcule les conditions aux limites en utilisant l'expression 24
ci-dessous (développée dans mes études) :
wI w\ w\ 1 K
i I , avec : 0 d d k (24)
wn wn wn 1 K
Par la suite, on répète ce processus jusqu'à l'invariabilité des résultats obtenus. D'une
façon pratique, trois itérations suffisent.
40
ÉTUDE DE LA RÉPARTITION DE L'AGITATION DANS UN PORT
Habituellement l'agitation en chaque point d'un bassin est caractérisée par le rapport
de l'amplitude locale de la houle a, sur l'amplitude de la houle incidente de référence ao, lequel
est donné par l'amplitude ou module de I, soit :
a
I (25)
ao
La phase de la houle \ est l'argument de la fonction potentielle I. Pour I=0+i0, la
phase est indéfinie ; ceci est le cas dans les points amphidromiques où l'amplitude est nulle.
Un flux d'énergie adimensionnel P* peut être défini par l'expression suivante :
1/ 2
P ª§ wG wF · 2 § wG wF · º
2
P* «¨ F G ¸ ¨F G ¸ » (26)
U g a o 2 C g / 2 «¬© wkx wkx ¹ © wky wky ¹ »
¼
où F et G sont respectivement, la partie réelle et imaginaire de la fonction potentielle réduite
(I=F+iG), Cg est la célérité de groupe et P le flux d'énergie transmis par la houle selon
l'expression de Miche (appelé aussi puissance de la houle). Le calcul du flux d'énergie par la
houle incidente conduit à P*=1. Il faut noter que le flux d'énergie est représenté par un
vecteur ayant une composante selon x et une composante selon y.
Dans le but de valider le modèle d'agitation portuaire et d'étudier le rôle de la réflexion
sur l'agitation, la propagation de la houle dans un bassin portuaire a été modélisée. Il s'agit
d'un bassin rectangulaire à profondeur constante ayant été étudié par plusieurs auteurs
(Isaacson et Qu 1990 in B.14, Pos et Kilner 1987 in B.14). Cette configuration simple est
représentée sur la figure 16. On considère une incidence de la houle suivant l'axe de symétrie
du bassin.
La figure 17 montre la distribution de l'agitation évaluée après deux itérations de
calcul. La solution analytique de Blue et Johnson (Shore Protection Manual -SPM- 1984 in
B.14) et les mesures expérimentales de Pos et Kilner (1987 in B.14) sont représentées sur
cette même figure. On constate que les résultats numériques s'approchent de la solution
analytique ; cependant, ils montrent un écart appréciable vis-à-vis des résultats
expérimentaux, lequel peut être expliqué par les difficultés inhérentes aux essais en
laboratoire lorsque l'on désire reproduire une absorption totale de l'énergie par les parois.
5L
3L
direction de la
houle incidente L bassin
y 3L
o x
L : longueur d'onde
41
Figure 17 - Agitation dans un bassin entouré de frontières complètement absorbantes.
Moitié supérieure du bassin
En traits continus : d'après notre modèle (Sanchez 1998-B.14).
En traits discontinus : d'après la solution analytique de Blue et Johnson (SPM 1984 in B.14).
Moitié inférieure du bassin
En traits continus : d'après les mesures expérimentales de Pos et Kilner (1987 in B.14).
Une étude de l'influence du coefficient de réflexion des parois sur l'agitation portuaire
a été réalisée ; dans cette étude, l'agitation portuaire est caractérisée par la moyenne
quadratique de I dans le bassin. Le tableau III.1 donne cette moyenne quadratique de I pour
quelques coefficients K. On observe que pour des faibles valeurs de K, l'agitation n'augmente
que très peu lorsque K augmente, mais à partir de K|0,8 toute petite augmentation du
coefficient de réflexion est accompagnée d'une très forte augmentation de l'agitation
portuaire.
42
est que le flux d'énergie vers les parois est nul ; ceci étant dû au fait que les parois sont
incapables d'absorber de l'énergie. La deuxième observation est que le débit net d'énergie à
travers l'accès est nul (l'énergie transmise vers l'intérieur du port sur les côtés de l'accès est
compensée par une énergie transmise vers l'extérieur, laquelle se produit sur la partie centrale
de l'accès). La troisième observation est que l'énergie circule autour des points
amphidromiques et que les sens de la circulation sont inversés entre deux tourbillons
d'énergie voisins ; les tourbillons d'énergie transmise forment des carrés ; chaque côté des
carrés est égal à une demi-longueur d'onde.
Les simulations numériques de l'agitation ayant montré l'importance de la houle
incidente et du coefficient de réflexion des parois, la suite de mes recherches est axée vers la
mesure directe de ces paramètres sur le terrain et en laboratoire.
43
Des visites sur le terrain, la consultation d'autres rapports d'études et les résultats des
modélisations numériques, ont permis de dresser un diagnostic expliquant les fortes agitations
observées. Ce diagnostic est le suivant (OCIO M., Diffraction d'entrée de port - Agitation dans
un bassin - Application au port de Dieppe, mémoire de DEA génie civil option génie côtier,
Université de Nantes, 51 p, 1995) :
a) pour une houle de direction nord, les ouvrages portuaires fonctionnent comme un "guide
d'onde" provoquant la propagation des vagues jusqu'à l'avant-port,
b) de plus, en conditions de pleine mer, les parois de l'avant-port sont très réfléchissantes, si
bien que l'énergie de la houle se dissipe peu et s'accumule dans ce secteur engendrant un
phénomène d'agitation bidimensionnel de type stationnaire bien caractérisé car on ne voit
plus avancer les crêtes des vagues. Ceci est confirmé par le fait que l'agitation diminue
rapidement quand le niveau de la mer descend, soit, quand des voûtes présentes sur les
frontières latérales de l'avant-port émergent et rendent les parois moins réfléchissantes.
Des solutions ont été proposées pour atténuer l'agitation (Sanchez et al. 1995-C.9).
44
MESURE DE LA HOULE EN ZONE CÔTIÈRE
Dans le but de disposer d'un houlographe qui puisse nous permettre de mesurer
l'agitation dans un port, j'ai participé à la mise au point d'un prototype de sonde capacitive
facile à installer sur le site.
La sonde proprement dite est constituée d'un fil en acier nu et d'un fil électrique
commercial recouvert d'une gaine en "Téflon". Ces deux fils sont installés tendus
verticalement à une distance d'environ 10 cm l'un de l'autre, à proximité d'une paroi verticale
de préférence par facilité pour la mise en place.
Le fil gainé se comporte comme un condensateur dont la capacité augmente avec la
longueur d'immersion. La sonde est excitée en imposant une différence de potentiel
alternative entre les deux fils qui est donnée par E=Em sin(2Sft), avec une amplitude de
tension Em|5V et une fréquence f|50 kHz. Alors, le courant électrique est proportionnel à la
capacité de la sonde et donné par I=C Em 2Sf cos(2Sft).
Un circuit électronique permet de transformer le courant alternatif en différence de
potentiel continue. Ce circuit comporte un convertisseur de courant en tension, un redresseur
qui permet de transformer les tensions négatives en tensions positives et un filtre passe-bas
qui permet d'obtenir une tension continue, mais variable en fonction de la longueur
d'immersion de la sonde (figure 20).
Les mesures se font grâce à un ordinateur muni d'une carte d'acquisition analogique-
numérique de 12 bits. Les mesures se présentent alors comme des chiffres entiers variant
entre 1 et 4096. Pour obtenir le niveau de la mer à partir de ces chiffres, on les multiplie par
une constante dont la valeur est déterminée lors du calibrage du système.
Enfin, un logiciel permet de programmer la fréquence d'échantillonnage des niveaux et
la durée des mesures.
45
Les résultats obtenus avec cette sonde capacitive ont été validés lors de deux études
différentes. Dans le cadre d'un projet de DEA (Le Foch 1996-DEA.13) l'effet de l'humidité
résiduelle sur les mesures a été étudié. On a constaté que lorsque le niveau de la mer descend
l'humidité qui reste sur la gaine émergée augmente la capacité de la sonde. Une amélioration a
été apportée : l'utilisation d'un fil électrique avec une gaine hydrofuge (en "Téflon").
Au cours de cette recherche, le calibrage de la sonde a été effectué en eau de mer avec
des longueurs d'immersion de la sonde statique. Deux enregistrements d'une durée de 20
minutes chacun ont été réalisés à l'extrémité de la jetée de la Pointe de St.-Gildas (Loire-
Atlantique).
Dans un premier temps, un traitement des signaux enregistrés a permis de séparer la
houle des composantes de longue période supérieures à 25 s, cette opération a supprimé
également les effets de la marée sur le signal. Enfin, les enregistrements des niveaux
instantanés de la mer ont permis de déterminer le spectre d'énergie, la hauteur de la houle
significative et la période liée à la fréquence spectrale pic. Les résultats ont été comparés avec
des observations visuelles et validés.
Dans le cadre d'un projet de fin d'études de l'École Navale et Groupe Écoles du
Poulmic (Marichy et Pihet 1997-EN.3) une deuxième amélioration a permis de diminuer
encore l'effet de l'humidité sur la précision des mesures. En effet, on a démontré que les
erreurs liées aux mesures des niveaux sont inversement proportionnelles à la fréquence
d'excitation de la sonde, de sorte que pour une fréquence f=50 kHz les erreurs de notre sonde
sont toujours inférieures à 0,04 m.
Au cours de cette étude, une campagne de mesures a été réalisée à l'extrémité de la
jetée de la pointe de Merquel, au sud de l'embouchure de la Vilaine, en Loire-Atlantique. Le
but de cette campagne était de mettre au point une méthodologie de mesure in situ de la
direction de propagation d'une houle progressive et de son spectre d'énergie. Trois sondes ont
été mises en place formant un triangle. Les résultats obtenus étaient en accord avec des
observations visuelles pour la hauteur significative et pour la période, cependant, la direction
évaluée, diffère de celle observée de 25° environ.
Une simulation numérique du problème a montré que l'erreur dans la direction de la
houle était due au fait que les sondes étaient trop proches lors de la campagne de mesures. On
peut envisager d'obtenir des résultats plus précis si le rapport de la distance séparant les
sondes sur la longueur d'onde varie entre 0,05 et 0,15 (Sanchez 1998-B.14).
46
Depuis 1994, je travaille sur l'étude de la réflexion des frontières latérales au domaine
maritime soumises à l'action des houles aléatoires. Mes recherches publiées à ce jour
concernent exclusivement une incidence frontale. Les méthodes issues de mes travaux
peuvent être généralisées pour un angle d'incidence quelconque sur une frontière rectiligne,
mais le cas de la réflexion d'une houle multidirectionnelle semble être inabordable avec ces
méthodes.
Depuis les années soixante-dix, le nombre des méthodes de mesure du coefficient de
réflexion est très abondant. La plupart de ces méthodes sont basées sur les mesures des
niveaux en deux points fixes, voire plus. La démarche suivie consiste à séparer les
composantes propres aux différentes fréquences par une analyse de Fourier. Ainsi, pour
chaque fréquence on peut évaluer l'amplitude de la houle et sa phase en chaque point.
Dans le cas d'une houle unidirectionnelle en incidence perpendiculaire à la paroi, deux
sondes sont utilisées pour la mesure de deux amplitudes et d'un déphasage entre les deux
signaux, et ceci pour chaque fréquence examinée. Les trois paramètres mesurés permettent le
calcul des trois paramètres qui caractérisent la réflexion : l'amplitude de l'onde incidente,
l'amplitude de l'onde réfléchie, et le déphasage entre les ondes incidente et réfléchie à la paroi.
D'autres méthodes utilisent trois sondes ou plus pour étudier le même problème d'une
houle unidirectionnelle en incidence frontale sur une paroi. Dans ces cas le nombre des
paramètres connus est plus important que le nombre des paramètres inconnus. Les paramètres
caractérisant la réflexion sont alors évalués à l'aide d'une méthode qui permet de minimiser
les erreurs, comme la méthode des moindres carrés par exemple.
Le but de mes recherches n'est pas seulement de mettre au point une méthode
d'évaluation des paramètres définissant la réflexion ; de nombreuses autres méthodes donnent
de résultats très fiables. Mon intérêt s'est focalisé sur l'utilisation de ces méthodes pour rendre
le phénomène de réflexion plus compréhensible.
Je présente par la suite deux méthodes d'étude de la réflexion issues de mes travaux.
- La première méthode, qui est basée sur l'observation des trajectoires des particules d'eau en
surface, ne peut être utilisée qu'en canal à houle,
- La deuxième méthode, qui est basée sur l'étude du niveau et de la pente de la surface libre
en un point, peut être utilisée en laboratoire et in situ.
47
(a) (b)
Figure 21 - Orbites des particules d'eau en surface liées à une houle sinusoïdale progressive.
(a) Orbite liée à une houle d'amplitude ai, de phase initiale Mi et de fréquence fT
se déplaçant vers la droite.
(b) Orbite liée à une houle d'amplitude ar, de phase initiale Mr et de fréquence fT
se déplaçant vers la gauche.
48
Alors, pour étudier le mouvement on peut définir une fonction complexe F(t)
contenant ] dans sa partie réelle et [ dans sa partie imaginaire. Cette fonction est donnée par :
N
F = ] + i[ = ¦ ^a in exp>i(Z n t k n x H n )@ a rn exp>- i(Z n t k n x H n E n )@` (29)
n 1
où i est la racine carrée de -1. Les coefficients de Fourier d'un signal F(t) d'une durée W
peuvent être calculés grâce à l'expression suivante :
1W
c n > F@ ³ F( t ) exp( i2 Snf W t) dt , n 0, r 1, r 2, r 3,... (30)
W0
où fW est la fréquence associée à la période fondamentale du signal (fW=1/W) et cn le coefficient
de Fourier de la composante de fréquence fn=nfW et de pulsation Zn=2Sfn.
Selon le théorème de Shannon-Nyquist, si le signal F(t) est examiné à l'aide de la
transformée de Fourier discrète, alors ce signal est décomposé en N=W/'t/2 ondes de
fréquence positive et même nombre d'ondes de fréquence négative ('t est le pas de temps
d'échantillonnage du signal). La série de Fourier (ou transformée de Fourier discrète) de F(t)
est donnée par :
N
F= ¦ ^ c n exp> iZ n t + i arg(c n )@ c -n exp> iZ n t + i arg(c n )@` (31)
n=1
Ainsi, chaque coefficient de Fourier de fréquence positive fn représente une trajectoire
circulaire se développant dans le sens des aiguilles d'une montre dans le plan [-] et son
amplitude correspond donc à l'amplitude d'une composante de la houle incidente (Sanchez
1999-A.8). De plus, les amplitudes des coefficients de Fourier de fréquence négative f-n
correspondent aux amplitudes des composantes de la houle réfléchie.
A partir des équations (29) et (31) on peut identifier l'amplitude de l'onde incidente et
celle de l'onde réfléchie pour chaque composante n de fréquence fn. Ces amplitudes sont
respectivement :
a in cn (32)
a rn c n (33)
et l'angle de phase En lié à la réflexion de la énième composante de la houle est :
E n arg( c n ) arg( c n ) 2 k n x 2 Sm n (34)
où mn est un entier positif ou négatif arbitraire justifié par le fait que l'angle de phase est
défini à plus ou moins un multiple de 2S.
En profondeurs intermédiaires et faibles, la cinématique des particules d'eau est plus
compliquée que celle décrite précédemment et la méthode de séparation des houles incidente
et réfléchie, telle qu'elle est présentée ci-dessus n'est plus valable. En effet, la trajectoire d'une
particule d'eau en surface liée à la propagation d'une onde purement progressive, devient
elliptique avec l'axe focal horizontal, de sorte que l'équation (28) ne s'applique plus. Dans ce
cas l'expression du mouvement horizontal est :
N N 1 ½
[( t ) = ¦ [ n ( t ) = ¦ ® tanh( k d)
>a in sin(Z n t k n x H n ) a rn sin(Z n t k n x H n E n )@¾ (35)
n 1 n 1¯ n ¿
49
Cette méthode peut également être utilisée pour l'étude de la réflexion en profondeurs
intermédiaires et faibles, grâce à une multiplication par un facteur de réduction tanh(knd) de
chacune des composantes harmoniques de l'expression (35). Ceci est possible en utilisant des
techniques du traitement du signal qui permettent de décomposer le signal [ dans une somme
de composantes harmoniques.
Dans le cadre d'une recherche de DEA (Le Moal 1996-DEA.14) une série de mesures
en canal à houle ont permis d'étudier les possibilités de cette méthode. Au cours de cette
recherche 4 essais ont été réalisés avec des houles régulières de période 2 s.
La figure 22 montre la trajectoire d'un flotteur enregistré par des moyens vidéo lors de
l'un de ces essais. Cette trajectoire résulte de la superposition des houles incidente et réfléchie
à proximité d'une paroi partiellement absorbante, par une profondeur de 0,25 m. La figure 23
montre les amplitudes de l'onde incidente et de l'onde réfléchie obtenues par la méthode
présentée en tenant compte de l'aplatissement de la trajectoire dû à une profondeur finie dans
le canal lors de l'essai.
50
Une analyse critique de cette méthode nous montre qu'elle présente des déficiences
d'ordre pratique et théorique.
- Du point de vue pratique, un flotteur a tendance à se déplacer dans le sens de la
propagation de la houle. Le problème lié à ce déplacement n'est pas tant la vitesse
résiduelle, car celle-ci n'étant pas périodique, l'analyse de Fourier permet de corriger
facilement cet effet, mais ce déplacement rend très difficile l'évaluation de la phase E liée à
la réflexion car le déphasage entre l'onde incidente et réfléchie varie lorsque le flotteur
dérive (la position "moyenne" du flotteur varie avec le temps).
- Du point de vue théorique, les expressions paramétriques du mouvement correspondent à
une théorie de la houle développée seulement au premier ordre d'approximation.
Malgré ces déficiences, cette méthode donne un très bon aperçu qualitatif du problème
de réflexion car on constate que les orbites sont de plus en plus aplaties quand la réflexion
augmente.
ÉTUDE DE LA RÉFLEXION À PARTIR DES MESURES DES NIVEAUX ET DES PENTES DE LA SURFACE LIBRE
DE L'EAU
Les avantages de cette méthode sont qu'elle peut être mise en place facilement et que
ses déficiences d'ordre théorique sont minimes. Dans cette méthode on étudie en un point
fixe, l'oscillation verticale et la pente de la surface libre, liées à la propagation d'une houle
aléatoire dans un canal à houle en présence de la réflexion.
Par convention, dans cette méthode x est la coordonnée horizontale mesurée dans un
canal à houle, ayant pour origine le point d'intersection entre la paroi réfléchissante (située à
droite du canal) et la surface libre de l'eau au repos et orientée vers l'extérieur de ce canal.
On considère que le niveau de la surface libre de l'eau résulte de la superposition d'un
certain nombre d'ondes élémentaires incidentes et réfléchies. Le niveau K de la surface libre
de l'eau en un point fixe arbitraire x en face de la paroi réfléchissante est alors donné par :
N N
K( t ) = ¦ K n ( t ) = ¦ >a in cos(Z n t k n x H n ) a rn cos(Z n t k n x H n E n )@ (36)
n 1 n 1
Si pour chaque n une fonction Fn(t) est définie comme suit :
wK n
Fn (37)
wk n x
alors, on peut également définir une fonction complexe F(t) qui au point x est donnée par :
N N N
F = K + iF = ¦ Kn i ¦ F n = ¦ ^a in exp>i(Z n t k n x H n )@ a rn exp>- i(Z n t k n x H n E n )@` (38)
n 1 n 1 n 1
Les coefficients de la transformée discrète de Fourier d'un signal F(t) d'une durée W
sont donnés par l'équation 30. Si le pas de temps d'échantillonnage est 't, on obtient une série
de Fourier donnée par l'équation 31 avec N=W/'t/2. Alors pour chaque fréquence fn=nfW=n/W,
l'amplitude de l'onde incidente est donnée par l'équation 32, l'amplitude de l'onde réfléchie par
l'équation 33, et le déphasage entre l'onde incidente et réfléchie en x=0 par l'équation 34
(Sanchez 1999-A.8).
51
Le signal complexe F(t) peut être reconstitué en utilisant trois sondes rapprochées
situées sur l'axe central d'un canal à houle, la sonde 1 située en x-'x/2, la sonde 2 en x et la
sonde 3 en x+'x/2. Alors, la partie réelle de F(t) est donnée par :
N
K ¦ Kn h 2 (t) (39)
n 1
où h1, h2 et h3 sont les niveaux de la surface libre de l'eau mesurés par les sondes 1, 2 et 3,
respectivement. La partie imaginaire de F(t) peut être calculée sans erreur d'ordre théorique
par l'expression suivante (Sanchez 2000-A.8) :
N N wK N r h (t) h (t)
F ¦ Fn ¦ n
¦ n 3n 1n
(40)
n 1 n 1 wk n x n 1 k n 'x
où h1n, et h3n sont les niveaux de la surface libre de l'eau dus à l'énième composante de la
houle aux emplacements des sondes 1 et 3, respectivement (ces niveaux sont inconnus a
priori) et rn est un facteur de correction obtenu par un développement en séries de Taylor pour
décrire les niveaux au voisinage de x (Sanchez 2000-A.8). L'expression de rn est :
k n 'x / 2
rn (41)
sin(k n 'x / 2)
Il est toujours possible d'obtenir la partie imaginaire de F(t) en suivant une
méthodologie composée des étapes suivantes : d'abord, les coefficients de Fourier cn du signal
réel wK/wx=(h3(t)-h1(t))'x sont déterminés, ensuite, chaque coefficient de Fourier est
multiplié par rn/kn, et finalement, la transformée de Fourier inverse est appliquée aux
coefficients cn pour obtenir la partie imaginaire de F(t). Cette méthodologie est illustrée à la
figure 24, où DFT désigne la transformée de Fourier discrète et IDFT la transformée de
Fourier inverse discrète.
Dans le but d'étudier les erreurs associées aux positions des sondes, trois paramètres
sans dimension sont utilisés : 'x°='x/Ln, x°=x/Ln et 't°='t/Tn (où Tn est la période de la
énième composante de la houle Tn=fn-1). Dans cette étude, le paramètre 't° est fixé à 1/32.
Des simulations numériques permettent d'étudier les erreurs de cette méthode en fonction de
'x°, de x° et du coefficient de réflexion Kn=arn/ain. L'erreur propre aux coefficients de
réflexion calculés est définie par :
EK cn K cn K n (42)
où Kcn est le coefficient de réflexion calculé à la fréquence nfW (Kcn=|c-n|/|cn|). Les simulations
numériques ont montré que les erreurs EKcn étaient toujours nulles pour 'x°<0.50 quelles que
soient les valeurs de x° et de Kn.
52
En fait, si l'on accepte la validité du principe de superposition linéaire du mouvement,
les erreurs dans l'estimation de la réflexion sont liées exclusivement aux incertitudes des
mesures (erreurs des sondes). On a montré que si l'erreur relative des mesures est inférieure à
0,01, l'erreur dans l'évaluation de Kcn est toujours inférieure à 0,04 pour 0,04<'x/Ln<0,50
quelles que soient les valeurs de x° et de Kn. Cette erreur qui correspond à un coefficient de
réflexion théorique nul, diminue lorsque ce coefficient augmente (Sanchez 2000-A.8).
53
Figure 25 - Illustration d'un spectre d'énergie de F(t) typique correspondant à une mer
complètement formée.
(a) Pour une houle progressive évoluant par grandes profondeurs.
(b) Pour une houle progressive évoluant par profondeurs intermédiaires ou faibles.
(c) Pour une houle évoluant par profondeurs intermédiaires ou faibles, à proximité d'une paroi
réfléchissante (superposition des houles incidente et réfléchie).
54
La première série d'essais a permis d'étudier le cas d'une faible réflexion due à une
plage rigide de pente faible. La deuxième série concerne un brise-lames immergé qui réfléchit
et transmet la houle incidente. Dans les deux cas, des houles sinusoïdales et aléatoires sont
examinées.
Pour chaque essai, les niveaux de la surface de l'eau sont échantillonnés à une
fréquence de 16 Hz sur une durée totale de 64 s, ce qui donne un total de 2N=1024 mesures
par sonde.
55
houle K
n° de incidente fp (Hz) Lfp (m) Hrms-i (m) J analyse de Goda et Mansard
l'essai théorique F=K+iF Suzuki et Funke
1 régulière 0.455 4.13 0.064 0.0155 0.033 0.137 0.133
2 régulière 0.455 4.13 0.084 0.0202 0.055 0.139 0.149
3 régulière 0.455 4.13 0.104 0.0252 0.062 0.117 0.146
4 régulière 0.455 4.13 0.123 0.0299 0.068 0.141 0.186
5 régulière 0.455 4.13 0.141 0.0342 0.065 0.075 0.213
6 régulière 0.455 4.13 0.150 0.0363 0.074 0.098 0.227
7 régulière 0.500 3.69 0.069 0.0186 0.052 0.052 0.062
8 régulière 0.500 3.69 0.091 0.0246 0.041 0.049 0.059
9 régulière 0.500 3.69 0.113 0.0306 0.047 0.060 0.070
10 régulière 0.500 3.69 0.134 0.0364 0.062 0.072 0.081
11 régulière 0.500 3.69 0.155 0.0419 0.062 0.075 0.076
12 irrégulière 0.500 3.69 0.058 0.0158 0.111 0.085 0.137
13 irrégulière 0.500 3.69 0.083 0.0225 0.117 0.086 0.144
14 régulière 0.556 3.22 0.048 0.0150 0.074 0.068 0.093
15 régulière 0.556 3.22 0.075 0.0231 0.082 0.062 0.124
16 régulière 0.556 3.22 0.099 0.0308 0.056 0.108 0.152
17 régulière 0.556 3.22 0.122 0.0380 0.039 0.108 0.195
18 régulière 0.556 3.22 0.134 0.0416 0.081 0.085 0.232
19 régulière 0.556 3.22 0.143 0.0443 0.041 0.137 0.268
20 régulière 0.556 3.22 0.154 0.0480 0.092 0.153 0.283
21 régulière 0.556 3.22 0.165 0.0513 0.043 0.133 0.215
22 régulière 0.667 2.59 0.040 0.0153 0.102 0.118 0.080
23 régulière 0.667 2.59 0.073 0.0280 0.100 0.112 0.115
24 régulière 0.667 2.59 0.090 0.0347 0.111 0.152 0.145
25 régulière 0.667 2.59 0.107 0.0412 0.090 0.110 0.135
26 régulière 0.667 2.59 0.124 0.0480 0.090 0.140 0.146
27 régulière 0.667 2.59 0.140 0.0542 0.074 0.161 0.180
28 régulière 0.667 2.59 0.157 0.0605 0.087 0.107 0.164
Tableau III.2 - Récapitulation des tests réalisés en laboratoire
avec une frontière peu réfléchissante.
56
La figure 27a montre la trajectoire dans le plan F-K correspondant à l'essai n° 10
(houle régulière d'une fréquence fondamentale de 0,5 Hz) ; la dissymétrie de cette trajectoire
périodique confirme la présence de composantes d'ordre secondaire qui se traduit par une
localisation du niveau équidistant entre crête et creux situé au-dessus du niveau de repos. La
figure 27b montre les amplitudes des coefficients de Fourier obtenues par l'analyse de la
trajectoire montrée à la figure 27a. On constate que le coefficient de réflexion n'est pas le
même pour tout n. Ainsi, la houle réfléchie, qui est caractérisée par les composantes de
fréquence négative, comporte une composante de deuxième ordre ayant une amplitude plus
grande que celle de sa composante de premier ordre.
57
La figure 28 montre la trajectoire dans le plan F-K pour l'essai n° 12 (houle irrégulière
avec une fréquence spectrale pic de 0,5 Hz) et le spectre d'énergie de F=K+iF correspondant.
Malgré le mouvement très irrégulier dans le plan F-K observé lors de cet essai, la transformée
discrète de Fourier de F(t) permet d'obtenir un coefficient de réflexion K proche de ceux
évalués pour les houles régulières de même cambrure.
58
En face de la structure Derrière la structure Puissance
dissipée
n° de Houle incidente Hrms-i PA+ PA- PB+ PB- D
l'essai théorique
(m) (Watt m-1) (Watt m-1) (Watt m-1) (Watt m-1) (Watt m-1)
1 régulière +0.021 +0.914 -0.208 +0.743 -0.057 +0.020
2 régulière +0.042 +3.706 -0.877 +3.012 -0.304 +0.121
3 régulière +0.063 +8.334 -1.825 +6.445 -0.387 +0.451
4 régulière +0.084 +15.000 -3.139 +9.837 -0.488 +2.512
5 régulière +0.106 +23.817 -5.050 +12.560 -0.484 +6.691
6 régulière +0.129 +34.802 -7.790 +16.578 -0.430 +10.864
7 régulière +0.151 +48.080 -10.584 +20.879 -0.460 +17.077
8 Pierson-Moskowitz +0.030 +1.736 -0.322 +1.423 -0.106 +0.097
9 Pierson-Moskowitz +0.059 +6.921 -1.040 +4.688 -0.281 +1.474
10 Pierson-Moskowitz +0.087 +15.218 -2.149 +7.736 -0.369 +5.702
11 JONSWAP (J=3) +0.021 +0.930 -0.204 +0.742 -0.051 +0.035
12 JONSWAP (J=3) +0.042 +3.648 -0.745 +3.011 -0.203 +0.095
13 JONSWAP (J=5) +0.037 +2.845 -0.601 +2.339 -0.176 +0.081
14 JONSWAP (J=5) +0.059 +7.268 -1.328 +4.950 -0.321 +1.311
15 JONSWAP (J=5) +0.089 +16.253 -2.558 +8.471 -0.440 +5.664
16 JONSWAP (J=5) +0.103 +21.871 -3.390 +10.483 -0.501 +8.499
Tableau III.2 - Récapitulation des essais réalisés en canal à houle en présence
d'un brise-lames immergé.
1 N Z n2 C -n ª 2k n d º
P U o g ¦ c -n 2
«1 » (46)
2 n=1 gk n tanh(k n d) 2 ¬ sinh(2k n d) ¼
où Uo est la masse volumique de l'eau, Cn la célérité de l'énième composante de la houle
(Cn=Zn/kn, et C-n=Z-n/k-n=-Cn, car Z-n=-Zn et k-n=kn). L'application du principe de la
conservation d'énergie permet de déterminer la puissance dissipée D au voisinage de la
structure immergée (par unité de largeur, entre les arrangements de sondes A et B), par :
D PA PA PB PB PA PA PB PB (47)
où les indices A et B désignent que les puissances (ou énergies transmises par les houles
progressives dans leur sens de propagation) sont déterminées à partir des arrangements de
sondes A et B respectivement.
59
Figure 30 - Trajectoire dans le plan F-K et amplitudes des coefficients de Fourier de K+iF
correspondant à l'essai n° 2 (Hrms-i=0.042 m).
(a) En face de la structure immergée. (b) Derrière la structure immergée.
60
Figure 31 - Trajectoire dans le plan F-K et amplitudes des coefficients de Fourier de K+iF
correspondant à l'essai n° 6 (Hrms-i=0,129 m).
(a) En face de la structure immergée. (b) Derrière la structure immergée.
61
Figure 33 - Représentations en fonction de la cambrure de référence de la houle incidente de :
(|PA-/PA+|)1/2, définissant un coefficient de réflexion moyen Kps de la structure immergée,
(PB+/PA+)1/2, définissant un coefficient de transmission moyen Tps de la structure immergée,
et (|PB-/PB+|)1/2, définissant un coefficient de réflexion moyen Kpa de l'amortisseur de houle
(la cambrure de référence pour (|PB-/PB+|)1/2 est évaluée à partir de la hauteur moyenne
quadratique de la houle qui aborde l'amortisseur).
Remarques : Les définitions des trois coefficients ci-dessus sont justifiées par le principe de la
conservation d'énergie. La définition de Kps est valable si |PB-|<<|PA-|, celle de Tps est valable
si |PB-|<<|PB+|, et celle de Kpa est justifiée dans tous les cas.
62
éventuelles erreurs sont dues au phénomène de repliement du signal ("aliasing") et à la non
périodicité du signal dans la fenêtre d'observation ("leakage").
La séparation en un point fixe, de deux houles progressives se propageant en sens
contraires dans un canal, permet les études du bilan énergétique pour évaluer la dissipation
d'énergie entre deux points d'intérêt.
Notre méthode présente l'avantage de faciliter une compréhension du phénomène de
réflexion. En effet, une bonne représentation de ce phénomène est réalisée à travers les
trajectoires dans le plan F-K. Ainsi, pour une houle incidente quasi-sinusoïdale, l'observation
de cette trajectoire permet d'obtenir les résultats qualitatifs présentés à la suite.
a) Si la trajectoire dans le plan F-K est circulaire, le mouvement résulte d'une houle purement
progressive se propageant dans la direction de l'évolution de cette trajectoire au maximum
de K.
b) Si la trajectoire dans le plan F-K est elliptique, le mouvement résulte de la superposition de
deux houles progressives se propageant selon deux directions contraires. Dans ce cas,
l'angle entre l'axe focal de l'ellipse et l'axe OK dépend de la position du point de mesures
par rapport aux noeuds et ventres d'oscillation (figure 34).
c) Si la trajectoire dans le plan F-K se développe sur une ligne (ellipse complètement aplatie),
le mouvement résulte de la superposition de deux houles de même hauteur se propageant
en sens contraires.
d) L'énergie transmise par la houle ou puissance est proportionnelle à la surface entourée par
la trajectoire dans le plan F-K.
Ces observations peuvent s'appliquer pour chaque bande de fréquence présente dans une
houle aléatoire, à condition néanmoins que l'énergie dans cette bande ne soit pas négligeable.
Figure 34 - Trajectoires dans le plan en fonction de la position par rapport aux noeuds et aux
ventres d'oscillation en houle sinusoïdale.
Pour une houle périodique non monochromatique, l'observation des trajectoires dans
le plan F-K est particulièrement intéressante. En effet, la surélévation plus ou moins
importante, du niveau équidistant entre crête et creux par rapport au niveau de repos, est
visible sur cette trajectoire (voir figure 27, à la page 56).
Cette surélévation est un effet de faibles profondeurs engendrant l'apparition de
composantes de deuxième et de troisième ordre dont la propagation est liée aux composantes
de premier ordre. Les déphasages entre les composantes d'ordre différent au maximum de
63
|K+iF| n'est pas aléatoire et ceci est à l'origine de la dissymétrie observée par rapport aux axes
horizontale et vertical.
Enfin, l'application de notre méthode à l'étude de la réflexion des houles aléatoires
permet aussi l'obtention de résultats originaux. L'observation des trajectoires dans le plan F-K
sur une durée de l'ordre de la période moyenne des vagues permet d'avoir une idée assez
précise du flux d'énergie qui se produit au cours de cette durée et de connaître avec certitude
la direction de ce flux.
Ceci est possible car on sait que le flux d'énergie est d'autant plus important que la
surface entourée par la trajectoire au cours d'un cycle d'oscillation est grande. La direction de
l'énergie transmise au cours d'une durée égale à la période moyenne des vagues est dirigée
vers la droite si la trajectoire décrit globalement une orbite dans le sens des aiguilles d'une
montre ou vers la gauche dans le cas contraire.
Une description du flux d'énergie (ou puissance de la houle, ou encore, énergie
transmise) en fonction du temps est ainsi possible, ce qui permet de connaître la direction de
ce flux à chaque instant et ses valeurs de pointe.
64
CHAPITRE IV
ACTIVITÉS D'ENSEIGNEMENT
ENSEIGNEMENT EN PREMIER ET EN DEUXIÈME CYCLE
En 1992, juste après la soutenance de ma thèse, j'ai débuté mes activités
d'enseignement. De 1992 à 1994 j'ai enseigné la physique (mécanique, électricité et optique)
en DEUG A et DEUG B, à la Faculté des Sciences et des Techniques de Nantes.
Depuis 1994, j'exerce la plus grande partie de mon enseignement dans la Maîtrise des
Sciences et Techniques de Travaux Publics et Maritimes de la Faculté des Sciences et de
Techniques de Nantes, et depuis cette année j'enseigne en IUP Génie Civil et Infrastructures,
formation se substituant à la précédente. Mes activités d'enseignement (ainsi que mes travaux
de recherche) concernent principalement la mécanique des fluides, l'hydraulique maritime et
les travaux portuaires.
Dans les années précédentes et jusqu'en septembre 1997, j'ai participé aux
enseignements du CNAM de Nantes en mécanique industrielle pour les étudiants préparant le
DUT de génie mécanique, et en géotechnique pour les étudiants préparant le diplôme de 2ème
cycle des techniques de construction. Cependant, étant bénéficiaire d'une prime
d'encadrement doctoral et de recherche depuis cette date, j'ai arrêté toutes mes activités
d'enseignement à l'extérieur de l'université de Nantes.
Le détail de mes enseignements de l'année universitaire 1998-1999 est présenté ci-
après.
En 2ème année de MST-TPM (travaux publics et maritimes) :
Hydraulique maritime : 18 heures de cours et 18 heures de T.D.
Mécanique des fluides : 9 heures de cours et 9 heures de T.D.
Construction portuaire : 10,5 heures de T.D.
Routes et V.R.D. : 3 heures de cours et 2 heures de T.D.
Techniques d'expression : 10,5 heures de T.D.
En 2ème année d'IUP génie civil et infrastructures :
Mécanique des fluides : 18 heures de cours, 18 heures de T.D. et 24 heures de T.P.
Mathématiques 2 : 12 heures de cours et 12 heures de T.D.
En maîtrise d'ingénierie mathématique :
Mécanique des fluides : 10 heures de cours et 15 heures de T.D.
En licence de géologie :
Statistiques appliquées aux risques climatiques : 4 heures de T.D.
65
ENSEIGNEMENT EN TROISIÈME CYCLE
Une partie de mes activités d'enseignement sont effectuées en troisième cycle, dans le
cadre du DEA de génie civil, option génie côtier, commun à l'université de Nantes et autres
institutions. Le détail de ces enseignements est le suivant :
1992-1994 : 4 h de cours, hydraulique des estuaires, DEA génie civil option génie côtier,
Faculté des Sciences de Nantes (Université de Nantes, Ecole Centrale de
Nantes, INSA de Rennes, Université du Havre).
1994-1995 : 12 h de cours, la marée, hydraulique des estuaires, travaux maritimes, DEA
génie civil option génie côtier, Faculté des Sciences de Nantes (Université de
Nantes, Ecole Centrale de Nantes, INSA de Rennes, Université du Havre).
1996-2000 : 7,5 h de cours, environnement marin - la houle, Faculté des Sciences de Nantes
(INSA de Rennes, Ecole Centrale de Nantes, Université de Nantes, Université
du Havre, Université de la Rochelle).
66
En outre, je suis membre suppléant de deux commissions de spécialistes de
l'Université de Nantes : 60ème section (Génie Civil, Génie Mécanique et Mécanique), et 34ème,
35ème et 36ème sections (Astronomie Physique, Physique et Chimie de la Terre, Géologie et
Paléontologie).
Enfin, depuis 1994 j'ai participé à la préparation et à l’organisation des Quatrièmes
Journées Nationales Génie Civil - Génie Côtier qui ont eu lieu à Dinard en avril 1996, et des
Cinquièmes Journées qui ont eu lieu à Toulon en mai 1998. J'ai pris en charge la réalisation et
la mise en page des Comptes Rendus des Journées de Toulon. Actuellement, je participe à
l'organisation des Sixièmes Journées qui auront lieu à Caen en mai 2000.
ENCADREMENT DE RECHERCHES
ENCADREMENT ET CO-ENCADREMENT DE THÈSES
Depuis 1992 j'ai participé à l'encadrement de 3 thèses de doctorat. Ma première
participation concerne une thèse qui était en cours. Par la suite, j'ai encadré intégralement
deux thèses, mais seulement pour la dernière j'ai obtenu une dérogation pour figurer comme
directeur de thèse. En plus, il est prévu, en accord avec le Professeur Grovel, qu'à partir de
l'année prochaine, je serai le responsable des travaux d'une thèse qui vient de commencer.
Les thèses concernées et les références des documents issus de ces collaborations, sont
présentées ci-dessous.
[T.1] GHADRI H. (1994) La marée de l'ingénieur du génie civil - prévision des surcotes,
Thèse de doctorat, Université de Nantes, Nantes, France, 168 p.
encadrement à 20 % - directeur de thèse : A. Grovel
références : A.7
[T.2] OURAQ Y. (1996) Contribution à l'étude du comportement des sédiments dans
l'environnement estuarien : cas de l'estuaire de la Loire, Thèse de doctorat,
Université de Nantes, Nantes, France, 169 p.
encadrement à 80 % - directeur de thèse : A. Grovel
références : B.10
[T.3] HOSSEINI K. (1999) Liaisons entre la rigidité initiale et la cohésion non drainée dans
les vases molles en relation avec la dynamique sédimentaire, Thèse de doctorat,
Université de Nantes, Nantes, France, 167 p.
encadrement à 100 % - directeur de thèse : M. Sanchez
références : A.6, A.9, B.11, B.12, B.15, B.16
67
ENCADREMENT DE DEA
Au cours de ces 8 dernières années, j'ai encadré 16 mémoires de DEA, dont 11 d'une
façon intégrale et 5 en collaboration. Pour l'année universitaire en cours, je participe à
l'encadrement de 2 DEA. Ces travaux et les références des documents issus des collaborations
sont présentés ci-dessous.
[DEA.1] LE BORGNE M. A. (1992) Optimisation d'une darse en estuaire pour une
sédimentation minimale, DEA génie civil option génie côtier, Université de
Nantes, Nantes, 89 p.
références : B.3, C.2
[DEA.2] CHIPE N. (1993) Analyse statistique et approches empiriques de la surcote :
application à la pointe de St. Gildas, DEA génie civil option génie côtier,
Université de Nantes, Nantes, 38 p.
[DEA.3] GRUAU J. (1993) Étude d’une vanne régulatrice en Loire. Etude sédimentologique
du site, DEA génie civil option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 46 p.
[DEA.4] COUSSEAU E. (1994) Dynamique longitudinale de la crème de vase en Loire, DEA
génie civil option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 58 p.
[DEA.5] LEROY D. (1994) Tsunamis, DEA génie civil option génie côtier, Université de
Nantes, Nantes, 52 p.
[DEA.6] RYBSKI P. (1995) Passage en revue (recherche - développement) des différents
modes de dévasement du port de plaisance de Morlaix, DEA génie civil option
génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 96 p.
références : C.8
[DEA.7] CHARDIN F. (1995) Modélisation de la diffraction dans un bassin. Etude des
conditions aux limites, DEA génie civil option génie côtier, Université de Nantes,
Nantes, 38 p.
[DEA.8] CHEVALIER C. (1995) La houle réelle dans une mer formée. Modélisation
appliquée au spectre de Pierson-Moskowitz, DEA génie civil option génie côtier,
Université de Nantes, Nantes, 70 p.
références : B.7
[DEA.9] HOSSEINI K. (1995) Conditions critiques d'érosion des vases molles. Comparaison
entre la rigidité initiale mesurée à l'aide d'un rhéomètre Brookfield LVT et la
cohésion non drainée déterminée en utilisant un densimètre, DEA génie civil
option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 44 p.
références : voir T.3
[DEA.10] VRIGNAUD C. (1995) Modélisation multicouches de l’estuaire de la Loire, DEA
génie civil option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 58 p.
68
[DEA.11] AUDUSSEAU M. (1996) Mesure globale de l'agitation en modèle réduit
bidimensionnel à l'aide de moyens photographiques, DEA génie civil option génie
côtier, Université de Nantes, Nantes, 45 p.
[DEA.12] LUCAS J.-M. (1996) Étude du désenvasement d'un port fermé, DEA génie civil
option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 52 p.
[DEA.13] LE FLOCH C. (1996) Mesure simultanée de la marée et des oscillations portuaires,
DEA génie civil option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 73 p.
[DEA.14] LE MOAL M. (1996) Mesure indirecte du coefficient de réflexion, DEA génie civil
option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 35 p.
[DEA.15] BALLAY A. (1998) Étude du taux d'érosion d'une vase d'estuaire, DEA génie civil
option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 77 p.
[DEA.16] DESROIS J. (1998) Approches sur un spectre directionnel de la houle, DEA génie
civil option génie côtier, Université de Nantes, Nantes, 83 p.
69
70
CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES
Mes études et recherches sont effectuées dans le cadre du génie côtier appliqué aux
travaux maritimes et à l'aménagement côtier. La plupart de ces études sont réalisées en
collaboration avec des collègues chercheurs, des doctorants et des étudiants en DEA. Trois
principaux thèmes sont abordés :
1) les processus sédimentaires des vases,
2) les problèmes hydrosédimentaires dans les estuaires et les zones côtières,
3) l'agitation portuaire.
Le premier thème constitue une recherche fondamentale dont le but est la description
mathématique des différents processus sédimentaires affectant les matériaux cohésifs, en
relation avec leur comportement mécanique et avec les actions hydrodynamiques.
Pour ce faire, je fais appel à des modèles faisant intervenir les principaux paramètres
de chaque processus. Tout s'appuie sur un principe que je me suis fixé, celui-ci étant de
considérer exclusivement des paramètres pouvant être évalués d'une façon fiable, grâce à des
protocoles établis pour des mesures sur le terrain et en laboratoire.
La dynamique sédimentaire des matériaux cohésifs reste un problème complexe du
fait de la multiplicité des processus qui interviennent (transport, floculation, sédimentation,
tassement, érosion) et de la hétérogénéité naturelle de ces matériaux. Les modèles que j'utilise
sont les plus simples possibles et ils ne considèrent que les paramètres les plus importants.
Ceci ne veut pas dire que ces modèles sont simplistes, au contraire, il s'agit de modèles
"robustes" qui s'accordent avec les expérimentations et reproduisent les principaux
phénomènes observés.
Je fais attention à ce que les modèles de processus sédimentaires sur lesquels je
travaille soient compatibles avec les résultats et les apports du plus grand nombre de
chercheurs qui travaillent sur ces problèmes.
Les principales contributions de mes études à la description des processus
sédimentaires affectant les matériaux cohésifs sont présentées dans ce qui suit.
- La mise au point d'une modélisation fiable du tassement des vases molles tenant compte du
coefficient de perméabilité (qui est le paramètre principal de ce problème), et de sa
variation avec la concentration.
Ainsi, notre modèle "iso-concentration" de tassement a pu être appliqué pour simuler le
tassement d'un grand nombre de matériaux. Une méthodologie bien définie et claire, basée
sur l'analyse graphique des courbes expérimentales de tassement, permet l'ajustement de ce
modèle.
Notre modèle permet d'expliquer la formation de crème de vase comme le résultat d'un
dépôt très rapide des matières en suspension. Les conditions critiques d'apparition de cette
71
formation en Loire, ont pu être établies en fonction d'un seuil du taux de dépôt au-dessus
duquel la crème de vase se forme.
- La mise au point d'une méthodologie originale pour caractériser le comportement
mécanique des vases molles par la mesure de la cohésion non drainée à l'aide d'un
densimètre du type torpille. Le lien entre cette cohésion et la rigidité initiale (qui est un
paramètre plus couramment utilisé pour ces matériaux) a été établi.
Une notion statistique a été introduite pour interpréter les différentes mesures des
paramètres caractéristiques du comportement rhéologique des vases.
- L'établissement d'une loi pour le taux volumique d'érosion ajustée à partir de mesures en
laboratoire pour les vases de Loire recouvrant pratiquement toutes les concentrations
observées sur le site.
Cette loi fait intervenir les contraintes hydrodynamiques dues à un courant et le
comportement rhéologique des vases. Les mesures ont montré l'importance du
comportement rhéologique des vases sur les mécanismes d'érosion observés.
On a montré aussi que l'érosion de vases plastiques se produit par l'arrachement d'agrégats
de forte rigidité leur permettant de conserver leur structure en tant que matière en
suspension. La concentration de ces agrégats est voisine de celle du dépôt dont ils
proviennent et leur taille terminale est de l'ordre de 1 à 2 mm.
L'influence des différents paramètres sur les processus sédimentaires a été étudiée, à
savoir :
- l'influence de la température sur la rigidité initiale des vases molles,
- l'influence de la salinité sur la phase initiale du tassement,
- influence de la concentration sur la vitesse de chute des sédiments.
Mon deuxième thème d'étude représente une recherche appliquée faisant appel aux
résultats issus des travaux sur les processus sédimentaires, ainsi que de ceux obtenus par les
recherches effectuées par différents auteurs.
Dans nos études sur les problèmes hydrosédimentaires, l'estuaire de la Loire occupe
une place privilégiée, la Loire étant souvent notre site expérimental de référence.
La description mathématique des principaux processus sédimentaires doit permettre, à
moyen terme, la construction des modèles bi et tridimensionnel fiables, simulant la
dynamique globale des sédiments cohésifs dans les estuaires dans leur ensemble. Ces modèles
représentent potentiellement un outil d'aide à la gestion de ces sites. Ils peuvent permettre
l'optimisation des dragages d'entretien, la mise en œuvre de solutions visant à améliorer la
qualité des eaux, et l'évaluation de l'impact sur l'environnement lié aux projets
d'aménagement.
72
Les observations sur le site seront toujours nécessaires : d'abord, pour identifier les
principaux problèmes (envasements, érosions, affouillements, dynamique des formations
turbides, qualité des eaux, etc.), mais aussi pour l'ajustement des modèles mathématiques.
Dans le but de permettre une évaluation de l'impact des travaux d'aménagement sur la
dynamique sédimentaire, j'ai mis au point ou amélioré, des modèles simplifiés, découplés des
modèles hydrodynamiques qui sont indispensables pour prévoir l'évolution des courants. Ces
modèles permettent l'étude de trois types de problèmes décrits et présentés à la suite.
- L'augmentation des vitesses du courant, qui se traduit éventuellement par une érosion des
fonds. Ce phénomène peut être modélisé grâce à la connaissance des propriétés
rhéologiques des sédiments en surface et de leur comportement sous une action
hydrodynamique.
- La diminution des vitesses qui se traduit par un incrément du taux d'envasement affectant
les dragages d'entretien. Pour étudier ce problème on doit connaître la relation entre les
propriétés rhéologiques des sédiments et les lois d'érosion. De plus, le gradient de
concentration dans la crème de vase, résultant du tassement, est ici un paramètre très
important.
- Les dragages des souilles, qui peuvent s'accompagner par des taux d'envasement
excessivement élevés selon le site. L'identification in situ des zones susceptibles d'être
envahies par des formations de crème de vase en mortes-eaux permet d'éviter
l'emplacement des souilles à des endroits où les dragages d'entretien risquent d'être trop
fréquents.
La précision des résultats pouvant être obtenus par ces approches est étroitement liée à
la connaissance des propriétés mécaniques des sédiments et de la sédimentologie globale du
site, de même qu'à la qualité de la modélisation hydrodynamique. Les mesures in situ et en
laboratoire sont donc, très importantes.
La modélisation du tassement de la crème de vase et l'observation de sa dynamique au
cours d'un cycle semi-lunaire de marées, ont permis l'évaluation d'un taux d'envasement
résiduel du chenal de l'estuaire de la Loire d'un ordre de grandeur comparable à celui estimé
par d'autres chercheurs en se basant sur des observations in situ.
Les campagnes de mesure en Loire nous ont permis d'acquérir une connaissance du
site. Des relevés ponctuels du volume des sédiments accumulés dans les formations de crème
de vase en mortes-eaux ont montré que la masse turbide totale présente dans l'estuaire subit
d'importantes variations dans le temps en relation avec les conditions climatiques.
Nous préconisons le suivi régulier des formations de crème de vase en mortes-eaux,
comme un moyen de prévision de l'importance du bouchon vaseux lors des vives-eaux
suivantes, car ce bouchon résulte principalement de la remise en suspension des sédiments
contenus dans ces formations. Je travaille actuellement à l'établissement d'un protocole pour
73
des campagnes de suivi de la crème de vase permettant cette prévision de l'importance du
bouchon vaseux avec une semaine d'anticipation. Par la suite, les mesures pourront être
réalisées par un observatoire de l'estuaire de la Loire en cours de création.
En perspective, j'envisage, à court terme, la réalisation en Loire de campagnes de
mesures spécialisées consistant à suivre dans son déplacement par le courant, l'évolution des
matières en suspension au cours d'un cycle de marée. Ces mesures doivent permettre
l'évaluation de 4 paramètres majeurs intervenant dans la dynamique sédimentaire :
- la vitesse de dépôt des sédiments Vs,
- le coefficient de diffusion verticale de masse H,
- le taux de dépôt QD,
- le taux volumique d'érosion Ev.
Les valeurs de H et QD seront mises en relation avec la tension de cisaillement au fond
Wo évaluée à partir de la mesure du profil des vitesses. Les valeurs de Ev seront mises en
relation avec Wo et avec les caractéristiques des matériaux du fond par le biais de la rigidité
initiale de ceux-ci.
Une étude faisant appel à des campagnes de ce type a été réalisée récemment dans
l'estuaire de la Seine par un chercheur travaillant sur ce site. De même, une étude de DEA est
en cours sous ma direction, et le début d'une thèse de doctorat est prévu pour octobre 2000,
dans le cadre d'un contrat de collaboration entre l'université de Nantes et autres institutions.
Dans le cadre d'une deuxième étude en collaboration avec d'autres chercheurs,
j'envisage la réalisation d'une recherche sur les relations entre l'agitation liée à la propagation
de la houle et les conditions d'envasement en milieu marin. Des campagnes de mesure dans
les zones adjacentes de l'estuaire de la Loire doivent permettre l'identification des sites soumis
à l'envasement. La caractérisation en laboratoire du comportement mécanique sur des
échantillons des sédiments déposés et l'analyse de la réfraction de la houle suivant les sites,
permettront l'étude de l'érosion et du dépôt des sédiments cohésifs, en relation avec leur
comportement mécanique et les actions hydrodynamiques résultant de la propagation de la
houle. Une recherche de thèse, dont je prendrai la direction, s'inscrit dans le cadre de ce projet
Mon troisième thème de recherche est en relation avec l'agitation portuaire. La
modélisation numérique de la propagation de la houle dans un bassin, a montré que la houle
incidente et les réflexions par les frontières latérales jouait une importance de premier ordre
sur l'agitation portuaire. Dans la mesure du possible, les ports devraient être munis de parois
absorbantes, surtout, sur les frontières où une incidence directe de la houle venant de
l'extérieur du port est observée.
En tout état de cause, la mesure fiable du coefficient de réflexion en laboratoire et in
situ est une nécessité pour les ingénieurs qui proposent des solutions pour atténuer l'agitation.
74
Au cours de mes recherches, j'ai participé à la mise au point d'une méthode originale
d'évaluation de la réflexion liée aux frontières latérales au domaine maritime. Cette méthode
est basée sur la mesure de deux grandeurs caractérisant l'état de la mer à chaque instant : le
niveau et la pente de la surface de l'eau.
Notre méthode est compatible avec le principe de la conservation d'énergie et ceci
permet les études basées sur un bilan énergétique pour évaluer la dissipation de l'énergie de la
houle entre deux points fixes.
Au cours de l'année 2000-2001, j'envisage la réalisation d'une série de mesures en
laboratoire, en canal à houle, dans le but d'étudier l'évolution à l'approche des côtes, des
composantes harmoniques de la houle de second ordre. Cette étude expérimentale doit
permettre une évaluation précise des vitesses des particules d'eau, liées à la propagation des
vagues en faibles profondeurs, ce qui est nécessaire pour l'évaluation des conditions critiques
de mise en mouvement des sédiments. Dans cette étude, les mesures seront traitées grâce à
une technique de séparation des composantes harmoniques que j'ai mise au point.
D'une façon générale, dans l'avenir je compte réaliser des recherches dans la continuité
de mes études passées. La collaboration avec d'autres chercheurs dans le cadre de projets
pluridisciplinaires est aussi l'un de mes objectifs.
Enfin, mon objectif principal est l'encadrement de recherches de thèse et de DEA dans
le domaine du génie côtier, en relation avec les meures in situ, l'expérimentation en
laboratoire et la modélisation mathématique.
J'espère ainsi, que l'approfondissement des connaissances dans les trois principaux
thèmes sur lesquels je travaille, pourra ouvrir des voies de recherches pour les jeunes
chercheurs. Je compte aussi, pouvoir m'intégrer dans une équipe universitaire intéressée par
ces recherches et par les activités d'enseignement liées.
75
76
ANNEXE A
CURRICULUM VITAE
Etudes
1985 Ingénieur en Génie Civil,
Institut National Polytechnique de Mexico, 8 novembre 1985
1988 Master en sciences en Hydraulique,
Institut National Polytechnique de Mexico, 29 avril 1988
1992 Thèse de doctorat, Sciences pour l'ingénieur,
Université de Nantes, 12 juillet 1992
Fonctions
Maître de conférences, 2e classe à l'UFR-Sciences de Université de Nantes
Date de nomination : 1er septembre 1996
Date de promotion : 16 juillet 1998
Enseignement universitaire
1992-1995 : ATER,
enseignement en premier cycle DEUG B et DEUG A et
en deuxième cycle en MST-TPM (Travaux Publics et maritimes)
1995-1996 : Maître de conférences stagiaire,
enseignement en MST-TPM
1996-2000 : Maître de conférences titulaire,
enseignement en MST-TPM et
en IUP génie civil et infrastructures
Encadrement doctoral
16 mémoires de DEA Génie Côtier, depuis 1992
2 thèses co-encadrées, soutenues en 1994 et 1996
1 thèse encadrée soutenue en 1999
77
78
ANNEXE B
Thèse
[A.1] SANCHEZ M. (1992) Modélisation dans un estuaire à marée - Rôle du bouchon vaseux
dans la tenue des sols sous-marins. Thèse de doctorat, Université de Nantes, Nantes,
France, 210 p.
79
B. Communications dans les congrès avec actes et comité de lecture
[B.1] SANCHEZ M., GROVEL A. (1992) Consolidation sous contraintes variables, IIèmes
Journées Nationales Génie Civil - Génie Côtier, ISBN-2-9505 787-1-3, Nantes,
février : 421-436.
[B.2] SANCHEZ M., GROVEL A. (1994) Le tassement des vases comme processus
sédimentaire, IIIèmes Journées Nationales Génie Civil-Génie Côtier, ISBN-2-908912-
21-X, Sète, février : 69-73.
[B.3] SANCHEZ M., LE BORGNE M.A., RAMSTEIN B., CHARRIER P., DESMET V., RAMEL C.
(1994) Etude de l’envasement du port-abri de Trentemoult, IIIèmes Journées
Nationales Génie Civil - Génie Côtier, ISBN-2-908912-21-X, Sète, février : 89-94.
[B.4] FATTAL P., GROVEL A., SANCHEZ M., DELANOË Y. (1994) Problèmes d’un estuaire
aménagé : La Loire vers une recherche de solutions concertées, IIIèmes Journées
Nationales Génie Civil - Génie Côtier, ISBN-2-908912-21-X, Sète, février : 127-132.
[B.5] SANCHEZ M., GROVEL A. (1994) Sédimentation sur un fond perméable, Premier
Congrès International sur la géotechnique environnementale. Edmonton, Canada, July,
6 p.
[B.6] SANCHEZ M. (1995) Modèles hydrosédimentaires centrifugés : les possibilités,
Colloque les Modèles Réduits en Génie Civil , ISBN 2-9509268-0-0, Nantes, mai :
207-214.
[B.7] CHEVALIER C., SANCHEZ M. (1996) Modélisation de la houle réelle appliquée au
spectre de Pierson-Moskowitz, IVèmes Journées Nationales Génie Civil - Génie
Côtier, ISBN-2-9505 787-2-1, Dinard, avril : 13-22.
[B.8] SANCHEZ M. (1996) Conditions aux limites liées à la réflexion de la houle et
distribution des énergies dans un bassin portuaire, IVèmes Journées Nationales Génie
Civil - Génie Côtier, ISBN-2-9505 787-2-1, Dinard, avril : 33-42.
[B.9] FATTAL P., SANCHEZ M., DELANOË Y. (1996) Comportement hydraulique de deux bras
de la Loire (Pirmil et Madeleine) à Nantes, IVèmes Journées Nationales Génie Civil -
Génie Côtier, ISBN-2-9505 787-2-1, Dinard, avril : 177-186.
[B.10] OURAQ Y., SANCHEZ M., GROVEL A. (1996) Influence de la salinité et de la
concentration initiale sur le tassement d'une vase de Loire, IVèmes Journées
Nationales Génie Civil - Génie Côtier, ISBN-2-9505 787-2-1, Dinard, avril : 325-332.
[B.11] HOSSEINI K., SANCHEZ M., GROVEL A. (1996) Rhéologie des vases molles, IVèmes
Journées Nationales Génie Civil - Génie Côtier, ISBN-2-9505 787-2-1, Dinard, avril :
507-514.
[B.12] HOSSEINI K., SANCHEZ M., GROVEL A. (1996) The different processes of cohesive
sediments, Second International conference on coasts, ports and marine structures,
ICOMPAS, Theran, Iran, December : 138-149.
80
[B.13] SANCHEZ M., GROVEL A., DELANOË Y., FATTAL P. (1996) Aspects sédimentologiques
de l'estuaire de la Loire, 24èmes Journées de l'Hydraulique, Congrès de la société
hydrotechnique de France, ISBN 2.906831.30.1, Paris, septembre : 341-350.
[B.14] SANCHEZ M. (1998) Agitation portuaire : mesure et modélisation, Vèmes Journées
Nationales Génie Civil - Génie Côtier, ISBN-2-9505 787-3-X, Toulon, mai : 55-64.
[B.15] HOSSEINI K., SANCHEZ M., GROVEL A. (1998) Etude du taux d'érosion des vases de
Loire en laboratoire, Vèmes Journées Nationales Génie Civil - Génie Côtier, ISBN-2-
9505 787-3-X, Toulon, mai : 121-128.
[B.16] HOSSEINI K., SANCHEZ M. (1998) Erosion and cohesion relationships of cohesive
sediments, Third International Conference on Coasts, Ports and Marine Structures,
ICOMPAS, Theran, Iran, December : 379-388.
C. Rapports d'études
[C.1] SANCHEZ M. (1992) Application du modèle iso-concentration de tassement des vases
molles dans la simulation des vases étudiées au Laboratoire Central d'Hydraulique de
France, Rapport CFL-92-006, octobre.
[C.2] GROVEL A., ORGERON C., SANCHEZ M., LE BORGNE M.A., LEVACHER D. (1993) Etude
de l’envasement du port-abri de Trentemoult, Rapport final CFL-93-001-Mairie de
Rezé, janvier.
[C.3] SANCHEZ M. (1993) Etude des caractéristiques d’un matériau de Honfleur, Rapport
CFL-Fondaconcept, juin.
[C.4] GROVEL A., KHALIFA A., SANCHEZ M. (1993) Etude de conception du brise-lames et
étude sédimentologique du projet de port nommé Straits Marine Resorts, Rapport
CFL-93-002-Marine Technology and Construction Pte. Ltd., juillet.
[C.5] FATTAL P., SANCHEZ M., FREGARD V., GROVEL A., DELANOË Y. (1993) Etude du bras
de la Madeleine en aval du pont A. de Bretagne. Elargissement du bras et évolution du
fond, Rapport CFL-93-003-Mairie de Nantes, octobre.
[C.6] SANCHEZ M., GROVEL A. (1994) Coastal engineering study for a projected tourist
development at Port Dickson, Malaysia, Rapport CFL-94-Marine Technology and
Construction Pte. Ltd., décembre.
[C.7] SANCHEZ M., GROVEL A. (1995) Etude hydrodynamique d'un port à Pulau Besar,
Malaisie, Rapport CFL-95-002-Marine Technology and Construction Pte. Ltd., mars.
[C.8] GROVEL A., SANCHEZ M., RYBSKI P. (1995) Recherche et développement des différents
modes de dévasement du port de plaisance de Morlaix, Rapport CFL-95-SIVOM de
Morlaix, juillet.
[C.9] SANCHEZ M., GROVEL A., OCIO M. (1995) Etude du port de plaisance de Dieppe,
Rapport CFL-95-004-Quille, septembre.
81
[C.10] FATTAL P., SANCHEZ M., DELANOË Y., ANDRÉ S., GROVEL A. (1997) Evolution des
bras de la Madeleine et Pirmil à Nantes et conséquences sur le milieu, Rapport CFL-
97-Ville de Nantes, juin.
[C.11] SANCHEZ M., GROVEL A. (1997) Oscillations de la marée dans un bassin
communiquant avec la mer - Etude du fonctionnement hydraulique du canal du Rove
dans l'étang de Berre, Rapport CFL-97-Ramade, septembre.
[C.12] SANCHEZ M., GROVEL A. (1998) Rapport final de l'expertise sédimentologique du port
du Légué - Saint Brieuc, Rapport CFL-98-BCEOM, avril.
82