Boissons énergisantes : santé et risques
Boissons énergisantes : santé et risques
Directeur de thèse
Madame Catherine CHÈZE
Jury
1
REMERCIEMENTS
2
A mes Juges
3
A mes proches,
A ma sœur, mon frère et mon beau‐frère, Caroline, Edouard et Tony qui m’ont
supporté pendant les périodes d’examens durant ces 6 années.
Merci Caro pour tes conseils durant ces années.
Merci Doudou de m’avoir supporté. Promis, maintenant, les baguettes de ta batterie ne
seront plus confisquées pendant que je révise !
Merci Tony pour tes conseils précieux en informatique.
A mes Grands‐Parents, Ketty et Patxi : Merci pour les connaissances que vous m’avez
apportées jusqu’à présent et que vous m’apporterez encore.
Merci à Amy et Attia qui, j’en suis sûre, me surveillent de là‐haut.
4
A mes amis de promo, Alexia, Alice, Anne‐so, Biza, Chungy, Damien, Dum’s, Emma,
Hugo, Jordi, Julie, Julien, Laura, Manon, Margaux, Mathieu, Mathilde, Oihana, Quentin.
Sans vous mes années pharma n’auraient pas été aussi fabuleuses.
Merci d’avoir partagé avec moi tous ces moments que je n’oublierai jamais : les
nombreuses soirées, les heures passées à la BU et au RU, les WEP avec nos déguisements
improbables, les périodes de stress avant les exams ….
Une page se tourne mais je suis sûre de vous retrouver à la suivante !
Maintenant, je vous passe le relais, à votre tour de dire « J’peux pas je fais ma thèse » !
A Nicolas BURGUETE, merci cousin d’avoir pris du temps pour relire cette thèse.
Comme tu dis, la langue française n’est pas le point fort des scientifiques !
A Jean MENDIBOURE, je tiens à te remercier très sincèrement pour l’aide que tu m’as
apportée et le temps que tu m’as consacré.
A Léa BOURSE, merci pour les conseils que tu m’as donnés concernant la méthode de
travail. Ils m’ont été d’une grande aide pour bien démarrer cette thèse.
5
SOMMAIRE
6
PARTIE I : COMPOSITION
I. La caféine.................................................................................................................................. 17
A. Propriétés physico‐chimiques ................................................................................................... 18
B. Pharmacocinétique de la caféine .............................................................................................. 18
1. Absorption ....................................................................................................................................................... 18
2. Demi‐vie ............................................................................................................................................................ 19
3. Métabolisme .................................................................................................................................................... 19
4. Distribution ..................................................................................................................................................... 20
5. Elimination ...................................................................................................................................................... 20
C. Pharmacologie de la caféine ....................................................................................................... 20
D. Physiologie ....................................................................................................................................... 21
E. Toxicologie ....................................................................................................................................... 23
IV. La D‐glucuronolactone......................................................................................................... 40
A. Propriétés physiques et chimiques.......................................................................................... 40
B. Sources et besoins .......................................................................................................................... 40
7
C. Pharmacocinétique ........................................................................................................................ 41
D. Rôle du D‐glucuronolactone ....................................................................................................... 41
E. Toxicité .............................................................................................................................................. 41
V. Le Ginseng ................................................................................................................................ 42
A. Historique ......................................................................................................................................... 42
B. Description ....................................................................................................................................... 43
C. Composition chimique .................................................................................................................. 43
1. Les saponosides ............................................................................................................................................. 44
2. Autres constituants ...................................................................................................................................... 45
D. Physiologie ....................................................................................................................................... 45
E. Pharmacocinétique ........................................................................................................................ 46
F. Toxicité/Effets indésirables ........................................................................................................ 46
G. Contre‐indication : ......................................................................................................................... 46
H. Indications ....................................................................................................................................... 46
8
2. Caféine et alcool............................................................................................................................................. 75
3. Taurine et alcool : ......................................................................................................................................... 76
4. Autres constituants et éthanol ................................................................................................................ 77
9
TABLE DES FIGURES
10
TABLE DES TABLEAUX
Tableau 11 : Comparaison des constituants des médicaments OTC par rapport aux
boissons dites « énergisantes »
Tableau 12 : Etudes analysant les effets des boissons dites « énergisantes » au niveau
cardiaque
Tableau 13 : Etudes analysant les effets des boissons dites « énergisantes » au niveau
du système nerveux
11
Tableau 15 : Etudes analysant les effets du mélange boisson dite « énergisante »
/éthanol
Tableau 16 : Etudes analysant les effets des boissons dites « énergisantes » sur les
performances physiques
12
INTRODUCTION
13
Le terme « boisson énergisante » désigne « tout produit se présentant sous la
forme d’une boisson ou d’un concentré liquide et qui prétend contenir un mélange
d’ingrédients ayant la propriété de rehausser les niveaux d’énergie et de vivacité,
excluant les boissons pour sportifs(1) ».
L’industrie concernée a choisi ce terme pour soutenir ses procédés de marketing et
mettre en avant les propriétés stimulantes de ces boissons. Ne se référant à aucune
définition règlementaire, nous parlons de boissons dites « énergisantes(2) » (BDE).
14
partie, nous essaierons de déterminer les personnes les plus concernées et les
risques encourus au vu des apports nutritionnels de ces boissons. Enfin, une analyse sur
le rapport du comité de coordination de toxicovigilance a été effectuée dans le but
d’illustrer ces deux premières parties.
15
PARTIE I
16
Afin de bien comprendre les effets sur la santé de ces boissons dites
« énergisantes », nous allons dans un premier temps détailler les principaux
constituants qu’elles peuvent contenir.
Il s’agit d’un mélange de différents composés excitants organiques tels que la
caféine, la taurine, les vitamines B et les dérivés sucrés comme la glucuronolactone, mais
qui implique aussi des plantes tels que le Paullinia et le Ginseng.
Les proportions qualitatives et quantitatives de ces composants varient d’une
boisson dite « énergisante » à l’autre, bien que la caféine, la taurine et les vitamines B
soient retrouvées de manière courante.
Nous détaillerons, entre autres, leurs caractéristiques, leurs pharmacocinétiques,
les effets sur la santé et bien sûr l’innocuité et/ou la toxicité de chacun.
I. La caféine
17
A. Propriétés physico‐chimiques
B. Pharmacocinétique de la caféine
1. Absorption
La caféine est très rapidement absorbée par le tube digestif. En effet, 20 minutes
suffisent pour qu’elle soit résorbée au niveau du tractus gastro‐intestinal(11).
Il faut savoir que la caféine issue du café est plus rapidement absorbée que la
caféine contenue dans les boissons froides.
Il y a trois explications possibles à ce phénomène:
‐ La basse température de la boisson peut diminuer le débit sanguin dans
l’intestin.
‐ La présence d’acide phosphorique dans les boissons froides peut diminuer la
vidange gastrique.
18
‐ Le sucre présent dans les boissons froides peut inhiber la vidange gastrique et
retarder l’absorption(14).
2. Demi‐vie
Elle varie entre 3 et 7h et peut être influencée par de nombreux facteurs tels que
le sexe, l'âge, l'utilisation de contraceptifs oraux, la grossesse et le tabagisme.
En effet :
• Chez les femmes qui utilisent des stéroïdes contraceptifs oraux, la demi‐vie est
environ le double de celle observée chez les femmes qui ne prennent pas de
contraceptifs oraux.
• Pendant la grossesse, la demi‐vie passe de 4 h pendant le premier trimestre à
18 h au cours du troisième trimestre(10).
• Le tabagisme : elle est réduite de 30 à 50 % chez les fumeurs par rapport aux
non‐fumeurs.
3. Métabolisme
19
4. Distribution
5. Elimination
La caféine est excrétée dans les urines avec seulement 2‐3% de formes
inchangées.
Cependant, certains métabolites primaires tels que la théobromine et la
théophylline ont des demi‐vies plus longues(14).
C. Pharmacologie de la caféine
20
dilatation des vaisseaux coronaires, la relaxation des muscles lisses cardiaques, et de la
diurèse.
En effet, étant un composé ergogénique, elle augmente la fréquence cardiaque et
la pression artérielle. Se liant au récepteur de l'adénosine lui même couplé à la
protéine G à la surface des cellules du muscle cardiaque, elle active l'adénosine
monophosphate cyclique (AMPc) dans les cellules et imite les effets de l'adrénaline. De
ce fait, le taux de glycolyse augmente, augmentant à son tour la quantité de l’adénosine
triphosphate (ATP) disponible pour la contraction musculaire et la relaxation. Il en
résulte un effet inotrope et chronotrope positif, soit un rythme cardiaque plus fort et
plus rapide(11)(10)(16)(14).
D. Physiologie
21
Tableau 1 : Les effets physiologiques de la caféine(13)(15) :
Système
Système nerveux Système rénale Autres
cardiovasculaire
=> Augmentation
de la pression
systolique et
diastolique
22
E. Toxicologie
Les décès dus à l'ingestion excessive de caféine ne sont pas communs: seuls
quelques cas ont été rapportés dans la littérature.
23
Tableau 2 : Signes toxiques engendrés par la caféine(10)(9) :
Quantités faibles à
modérées Consommation Symptômes
(1 à 3 mg/kg) de 4 à 12 mg/kg d’intoxication :
24
II. La taurine
A. Généralités
Découverte en 1827 dans la bile du bœuf, il a été mis en évidence en 1975 que sa
présence dans l’organisme est majoritairement due à l’alimentation. Cependant, de plus
petites quantités de taurine sont synthétisées de manière endogène dans le foie à partir
de la méthionine et de la cystéine. Elle entre également dans la composition du lait
maternel et dans les protéines animales et végétales(17).
Une trop faible concentration de taurine induit des lésions pathologiques tels que
des cardiomyopathies, une dégénérescence rétinienne, un retard de croissance.
Elle n’est pas considérée comme un réel acide aminé car la taurine possède un groupe
sulfonate à la place du groupe carboxyle typiquement présent(18)(19).
La taurine possède par ailleurs plusieurs rôles physiologiques importants.
B. Structure chimique
25
Il ne s’agit pas d’un acide α aminé car elle ne possède pas son atome d’azote sur le
premier mais sur le deuxième atome de carbone, c’est donc un acide β‐aminé. De plus,
elle ne possède pas de groupe carboxyle typique aux acides aminées mais un groupe
sulfonate(18)(20)(21).
C. Sources
D. Physiologie
26
Tableau 3 : Actions physiologiques de la taurine
Causes Conséquences
‐ Diminution de la
signalisation de
l'angiotensine II Vasodilatation
‐ Amélioration du Diminution des niveaux
fonctionnement du système d’adrénaline
kinine‐kallicréine dans le rein Diminution de la
noradrénaline
Diminution de la pression
Effets cardiaques artérielle
27
E. Pharmacocinétique
1. Absorption
2. Distribution et transport
3. Métabolisme :
28
‐ être transformée en cystéamine par le P5P formant à son tour l’hypotaurine.
‐ subir une oxydation par la cystéine déoxygénase combinée au dioxygène pour
devenir l’acide cystéine sulfinique.
Cet acide cystéine sulfinique évolue ensuite de deux manières possibles :
‐ être décarboxylé par la cystéine décarboxylase d'acide sulfinique (CSAD) et le P5P
en hypotaurine.
‐ subir une oxydation pour se transformer en acide cystéique qui sera lui même
décarboxylé par P5P pour former la taurine.
Cependant les humains ont une capacité de synthèse de CSAD plus faible que les
animaux, et donc une capacité de synthèse de la taurine plus faible. (Figure 3) :
Méthionine
Mg
Vit B12
Folate
Homocystéine
P5P
Cystathionine
P5P
P5P
Acide cystéique
29
4. Elimination
La taurine s’élimine par deux voies : principalement la voie urinaire, puis la voie
biliaire.
L’excrétion urinaire se fait à 72 % sous forme de taurine et 23 % sous forme de
sulfate. Si l’apport exogène en taurine est trop important, une augmentation de
l'excrétion rénale de taurine est observée en raison de la saturation d'un processus de
re‐captage utilisé pour maintenir une charge constante de taurine dans le corps.
Le reste de la taurine est éliminé par les selles sans subir de cycle entéro‐
hépatique(23)(20).
F. Toxicité/Effets indésirables
Troubles oculaires(21)(19)
30
Celui‐ci présente des concentrations de taurine inférieures d’un tiers aux concentrations
mesurées sur le groupe à rétine normale.
Cependant aucun signe d’amélioration n’a été signalé lors d’un essai clinique sur des
patients atteints de rétinites pigmentaires ayant reçu 1 à 2 g de taurine par jour pendant
un an, bien que certains avantages subjectifs ont été signalés.
Antiépileptique(21)(19)
Une activité anti‐épileptique a été démontrée par des expérimentations animales
chez le chat, la souris, le rat et le chien. En effet, la taurine bloque les synapses dentato‐
hippocampe qui est un locus ayant une importance épileptigène. Cette observation a par
la suite été confirmée chez l’homme, mais du fait d’une faible diffusibilité à travers la
barrière hémato‐encéphalique, les effets restent de faible importance.
Le rôle précis de la taurine dans la transmission synaptique est incertain. En effet,
plusieurs expériences et études cliniques à court terme ont montré une faible pertinence
clinique des observations faites concernant son action anti‐épileptique. Les essais avec
une période de suivi plus longue ont généralement produit des résultats encore moins
satisfaisants.
Alzheimer(19)
La taurine augmente la concentration d’acétylcholine dans le cerveau. Il a été
démontré que les patients à un stade avancé de la maladie possèdent une concentration
de taurine diminuée dans le LCR. Malheureusement à ce jour, aucun essai clinique sur
l'utilisation de la taurine dans le traitement de la maladie d'Alzheimer n’a été signalé
dans la littérature médicale.
Le diabète(21)
Un niveau élevé de glucose a tendance à perturber l’osmorégulation cellulaire. Ce
changement peut alors revenir à la normale grâce à une production supplémentaire
d’osmolytes intracellulaires comme la taurine, la bétaïne, le myo‐inositol, le sorbitol et le
glycérophosphorylcholine (GPC).
Cependant, la taurine, la bétaïne et le myo‐inositol sont les seuls osmolytes
mobiles contrairement au sorbitol et au GPC qui ont une action uniquement
intracellulaire. Le diabétique présente donc une diminution de la concentration
31
intracellulaire en taurine, qui provoquerait des dysfonctionnements cellulaires et
vasculaires.
L’effet hypoglycémiant de la taurine a été observé à partir des années 1930. Elle
potentialiserait l’effet de l’insuline et affecterait ses récepteurs. Il a été de plus mis en
évidence qu’un diabète mal contrôlé serait associé à une importante excrétion urinaire
de taurine.
Elle empêcherait également la micro‐angiopathie induite par le glucose et l’apoptose des
cellules endothéliales.
A. Historique
B. Généralités
Ces vitamines sont très nombreuses et possèdent toutes une structure chimique
et une action biologique différentes. Elles sont regroupées dans une même classe car
elles ont été découvertes à partir d’une même source à savoir le foie et la
levure(26)(25)(16).
Les vitamines B le plus fréquemment retrouvées dans les boissons dites
« énergisantes » sont la thiamine, la riboflavine, la niacine, la vitamine B6 et l'acide
32
pantothénique. Celles‐ci sont impliquées dans le fonctionnement mitochondriale et donc
dans le métabolisme de production d’énergie à partir du sucre (présent en grande
quantité dans les boissons dites « énergisantes » ) d’où leur intérêt dans ces boissons.
C. Sources
Les vitamines B sont retrouvées dans de nombreux aliments comme le lait, les
viandes et substituts, les fruits et les légumes. De plus, il n’est pas rare de les retrouver à
des concentrations plus élevées dans certains compléments alimentaires, produits
naturels, ainsi que dans des comprimés destinés à divers traitements sous supervision
médicale.
Les tableaux suivants regroupent les différentes vitamines du groupe B retrouvées dans
les boissons dites « énergisantes » (Tableau 4) :
33
« énergisantes » (27)
Tableau
Vitamines Thiamine ou Vitamine B1 Riboflavine ou Niacine ou vitamine B3 Pyridoxine ou
vitamine B2 ou PP vitamine B6
2600 avant J.C : Confondue avec la 1755 : pellagre 1935 : découvert par
description du béri‐béri vitamine B1 1867 : synthèse de l’acide Svent‐Gyorgy
4:
Historique 1885 : cause nutritionnelle 1920 : différenciée de nicotinique 1938 : substance
1901 : carence alimentaire la vitamine B1 1912 : cause nutritionnelle isolée
Les
1910 : substance isolée 1933 : isolation 1935 : substance isolée par 1939 : synthèse
1936 : structure et 1937 : synthèse de la [Link] et [Link]
synthèse riboflavine dans les 1945 : synthèse à partir du
différentes
laboratoires de [Link] tryptophane
1938 : isolation de la 1960 : effet hypolipémiant
flavine adénine des hautes doses
dinucléotide ( FAD)
1970 : détermination
vitamines
du statut biologique
C6 H5 02 N 4‐5 dihydroxy‐
Structure Nicotinamide : C6 H6 0 N2 pyridine : C8 H11 O3 N
retrouvées
= combinaison d’une
flavine (hétérocycle
dans
azoté à 3 noyaux) +un
Composition : cycle ribose. Nicotinamide=précurseurs
pyrimidique + cycle Deux dérivés de 2 dérivés :
les
thiazolique soufré, azoté importants sur le plan ‐ Le nicotinamide adénine
reliés par un pont métabolique : dinucléotide (NAD)
boissons
méthylène (partie fragile ‐La flavine ‐ Le nicotinamide adénine
de la molécule). mononucléotide (FMN) nucléotide phosphate Dérivé de la
‐La flavine Adénine (NADP) pyridine
Dinucléotide (FAD)
dites
Vitamines Thiamine ou Vitamine B1 Riboflavine ou Niacine ou vitamine B3 Pyridoxine ou
vitamine B2 ou PP vitamine B6
Régule l’utilisation Le FMN et le FAD = Rôle : transformation
énergétique du glucose coenzymes des Fournit des protons pour la du tryptophane en
déshydrogénases et des phosphorylation oxydative vit PP(16)00
‐Essentiel pour la oxydases ayant un rôle au donc rôle majeur dans la
décarboxylation oxydative niveau : production d’énergie des
des chaines ‐du catabolisme des AG, cellules : Impliquée dans :
multienzymatiques de certains AA et des • Le NAD =coenzyme ‐ le métabolisme
ramifiées du cycle de bases puriques. des déshydrogénases de
l’acide citrique => ‐du cycle de krebs et de la au niveau : l'homocystéine,
Fonctions
précurseur de coenzyme de chaine respiratoire. ‐de la glycolyse du glucose et
certaines enzymes clés du ‐de la lipolyse des lipides
métabolisme des glucides ‐du cycle de krebs ‐ dans la
• NADP = coenzyme des production des
déshydrogénases neurotransmett
dans la voie des eurs,
35
Stimule la production de :
‐ la L‐dopa,
‐ la dopamine,
‐ la sérotonine
‐ la noradrénaline
Vitamines Thiamine ou Vitamine B1 Riboflavine ou Niacine ou vitamine B3 Pyridoxine ou
vitamine B2 ou PP vitamine B6
Besoins Besoins Besoins Besoins :
Nourrissons : 0,4mg/j Nourrissons : 0,6 mg/j Unité = « équivalent‐niacine » Nourrisson : 0,6 mg/j
1 à 3 ans : 0,7 mg/j 1 à 3 ans : 0,8 mg/j 1EN= 1 mg d’acide 1 à 3 ans : 0,8 mg/j
4 à 9 ans : 0,8 mg/j 4 à 9 ans : 1,0 mg/j nicotinique 4 à 9 ans : 1,4 mg/j
10 à 12 ans : 1 à 2mg/j 10 à 12 ans : 1,4 mg/j = 1 mg d’amide 10 à 12 ans : 1,6 mg/j
Adolescents, hommes Adolescent et hommes nicotinique Adolescent et hommes
adultes : 1,5 mg/j adultes : 1,8 mg/j Nourrissons : 6 EN adultes : 2,2 mg/j
Adolescentes, femmes Adolescentes et femmes 1 à 3 ans : 9 EN Adolescentes et femmes
adultes : 1,3 mg/j adultes : 1,5 mg/j 4 à 9 ans : 12 EN adultes : 2 mg/j
Grossesse, allaitement : Grossesse : 1,8 mg/j 10 à 12 ans : 14 EN Grossesse : 2,5 mg/j
1,8mg/j Adolescents, hommes
adultes : 18 EN
Adolescentes, femmes
Besoins et sources adultes : 15 EN
Grossesses : 20 EN
36
Provoque : Provoque :
Surdosage
‐ crampes ‐ vasodilatation cutanée Pas de contre‐
‐ convulsions ‐ activation de la fibrinolyse indications même à
‐ collapsus ‐ effet hypolipémiant fortes doses
Vitamines Acide pantothénique ou vitamine B5 Vitamines B12 ou cobalamine
C9 H17 O5 N
38
Structure
Entre dans la constitution de la coA et de l’ACP qui sont des Contrôle la transméthylation => formation de
transporteurs de radicaux acyle : R‐CO‐ méthionine
‐ Le CoA : impliqué dans le catabolisme des glucides, des ‐ Contribue à la synthèse des bases puriques et
Fonctions lipides et certains AA pyrimidiques : production d’ADN(16)
‐ Le CoA et l’ACP participent à la synthèse des acides gras et ‐ Maintient la fonction des cellules nerveuses
du cholestérol(16)00. ‐ Important dans la formation des globules rouges
Permet la formation du pyruvate déshydrogénase, ainsi que
l’oxydation des acides gras. Apporté par l’alimentation, libérée par le suc gastrique
puis par les enzymes pancréatiques et intestinaux
‐Subit le cycle entéro‐hépatique
‐Elimination par les urines et les fèces de l’ordre de 2g/j.
Vitamines Acide pantothénique ou vitamine B5 Vitamines B12 ou cobalamine
B. Sources et besoins
La D‐glucuronolactone est surtout retrouvée dans le vin ainsi que dans les
gommes végétales telles que la gomme xanthane. Ces gommes sont très largement
utilisées dans l’industrie alimentaire en tant qu’épaississant et stabilisant dans les
yaourts, mayonnaises et gâteaux.
40
C. Pharmacocinétique
D. Rôle du D‐glucuronolactone
E. Toxicité
Des études ont été menées sur des rats afin d’évaluer la toxicité de ce métabolite.
Il n’en résulte aucun décès lié au traitement, aucune différence de poids corporel ni
aucun changement hématologique. Cependant, il a été observé des changements
inflammatoires sur la papille du rein chez la femelle. Changements qui n’ont pas été de
nouveau observés lors d’une deuxième étude similaire. La dose sans effet nocif observé
(DSENO) a donc été établie à 1000 mg/kg pc/jour, soit la dose maximale de l’essai.
Il est important de noter que la voie métabolique de la glucuronolactone chez les
animaux est différente de celle des hommes, mettant ainsi en doute ces résultats. De
plus, aucune étude sur le potentiel génotoxique, tératogène et cancérogène n’a été
réalisée(29)(11).
41
V. Le Ginseng
A. Historique
42
B. Description
C’est une plante vendue à prix élevé, car sa culture est longue (8 ans de
maturation), exigeant des soins attentifs. En effet, le sol doit être riche et ombragé, le
climat tempéré‐chaud et humide. De plus, elle aspire tous les oligo‐éléments nobles du
sol, laissant épuisée et impropre toute nouvelle culture. Récoltée au printemps ou en
automne suivant le pays, elle se conserve à l’abri de l’humidité car elle est fragile et
cassante.
C. Composition chimique
43
1. Les saponosides
Hydrolyse
Hydrolyse
Panaxadiol(34)
Panaxatriol(35)
44
2. Autres constituants
D. Physiologie
Action sur le
Action sur la
Effet tonique système Autres actions
reproduction
immunitaire
• A faible dose :
stimule le SNC.
• A forte dose :
propriétés sédatives.
45
E. Pharmacocinétique
F. Toxicité/Effets indésirables
Une étude réalisée sur des souris dans le but de montrer la toxicité du Ginseng a
conclu qu’il n’y avait :
‐ Aucune mortalité observée ni après 24h ni après 8 jours d’observation.
‐ Aucun symptôme observé sur le système nerveux central ou autonome.
‐ Aucune activité analgésique.
Aux doses habituelles, le ginseng ne donne donc aucun trouble particulier.
Le ginseng est une plante généralement bien tolérée avec des effets indésirables
légers et réversibles tels que des nausées, diarrhées, céphalées, hypertension ou
hypotension, insomnie, euphorie et saignements vaginaux.
G. Contre‐indication :
H. Indications(31)(32)
46
• états carentiels divers et leurs conséquences
• vieillissement prématuré et anormalement exagéré
VI. Le Guarana
Ces propriétés sont surement dues à la présence de caféine présente dans les
graines de Guarana à une concentration variant de 2 à 15 % du poids sec(40) soit quatre
fois plus que la graine de café arabica(44).
47
A. Caractéristiques(43)
La tige est striée et possède une coloration brun‐jaunâtre lorsqu’elle est lignifiée.
Les feuilles vert foncé sont alternes et imparipennées. Le pétiole principal (rachis) est de
8 à 19 cm, et les pétioles des folioles sont très courts. Les feuillets ont une forme à peu
près ovale allant de 10 à 14 cm de large et de 27 à 33 cm de long.
Les fleurs pseudo‐hermaphrodites sont petites et zygomorphes, et sont disposées le long
de l'axe principal de l'inflorescence.
48
Le fruit est une baie rouge qui à maturité laisse apparaître la graine qui
ressemble à un œil humain, ce qui représente une caractéristique frappante pour
l'identification de guarana.
La graine sphérique, glabre et luisante est débarrassée de son tégument, grillée et
broyée avec de l’eau pour donner une pâte qui est ensuite roulée en bâtons, séchée au
soleil, puis soumise au fumage.
B. Composition chimique
Chez la plante, elles servent à protéger les plantes voisines des attaques des
insectes ravageurs, des herbivores et des pathogènes. Chez l'homme, il a été démontré
que les xanthines stimulent le système nerveux central, augmentent la sécrétion d'acide
gastrique et ont un effet diurétique.
49
Tableau 7 : Les différents effets du Guarana(45)(43)(47)(44)
‐ Traitement à court
terme de la fatigue
chez les patients
recevant une
chimiothérapie
D. Toxicité
Bydlowski et al. (1988) ont constaté que l’ingestion de 100 mg/ml de guarana
entraîne une diminution de la synthèse des thromboxanes dans les plaquettes sanguines
et une diminution de l'agrégation plaquettaire. Ainsi le guarana pourrait s'avérer utile
dans la prévention des maladies cardiovasculaires(41).
50
Conclusion
Dans certains pays, la surveillance des boissons dites « énergisantes » repose sur
les aspects nutritionnels et toxicologiques des ingrédients qu’elles contiennent. Nous
avons vu dans cette partie combien la toxicité et les effets indésirables pouvaient varier
d’un constituant à l’autre. En effet, la caféine peut entrainer des troubles
cardiovasculaires engendrant une augmentation de la pression artérielle et la taurine
engendrer des troubles intestinaux. Cependant d’après certaines études, cette dernière
améliore certaines pathologies cardiovasculaires, mais aussi la maladie d’Alzheimer, le
diabète, et les crises épileptiques. La glucuronolactone et le ginseng ne présentent peu
ou pas de toxicité particulière contrairement au Guarana qui, à forte dose, pourrait
activer une activité cytotoxique.
Grâce à ces éléments, nous pouvons alors maintenant étudier les effets des
boissons dites « énergisantes » chez différents groupes à risque tels que les adolescents,
les sportifs et les femmes enceintes et constater si, comme indiqué dans les campagnes
publicitaires, elles ont un effet majeur lors de performances physiques.
51
PARTIE II
52
De nos jours, les boissons dites « énergisantes » sont de plus en plus populaires.
Red Bull®, Monster®, Burn energy drink® ou encore Truc de fou® font de plus en plus
apparition dans les évènements sportifs, plus particulièrement dans les sports extrêmes
comme le snowboard, le surf, les sauts de falaise, le ski alpin et les sports mécaniques
laissant facilement confondre ces boissons avec les boissons pour sportifs.
L’association boisson dite « énergisante » /alcool est de plus en plus utilisée
notamment par les étudiants pour diverses raisons.
Compte tenu du nombre d’ingrédients présents dans ces boissons et de leurs potentiels
effets qui ont été évoqués précédemment, quels sont les impacts sur la santé :
• lors d’une utilisation ponctuelle chez les individus sains ?
• puis en association avec l’alcool ou durant un exercice physique ?
A. Composition
1. Constituants présents dans les boissons dites « énergisantes » en
France(48)
53
Le Ginseng : retrouvé dans 20 % des boissons dites « énergisantes ».
Moyenne
Substances
pondérée sur les Teneur minimale Teneur maximale
(mg/100mL)
parts de marchés
Caféine 30 12 32
54
Tableau 9: Comparaison de la teneur en caféine de différents aliments et boissons(49)
Caféine
Produits Taille de la portion Caféine (mg)
(mg/100mL)
Boissons dites
250 mL 72,5 29
« énergisantes »
Café
Expresso 50 mL 35,7 71 ,4
Café soluble
reconstitué prêt à 100 mL 48,4 48,4
boire
Thé
Boissons au cola
Produits à base de
cacao
Chocolat au lait 60 g 10 _
Chocolat noir 60 g 30 _
55
d’une boisson dite « énergisante » est équivalente à la consommation de 2,03 expressos
ou d’un peu moins de 2 canettes de cola. Cependant, en comparant les doses de caféine à
volume égale, les boissons dites « énergisantes » se situent en dessous de toutes les
sortes de café.
3. Doses nocives
56
Tableau 10(29): Résumé des évaluations de l’innocuité des ingrédients composant une
boisson dite « énergisante » typique :
500 à 1000
Inositol 50 mg 100 mg 250 mg 18000 mg/ j
mg
Niacine 77 mg 18 mg 36 mg 90 mg 3 à 9 g/j
pendant
(sous forme
nicotinamide) plusieurs
jours a
entrainé des
nausées chez
un seul sujet
et une
hépatite chez
un autre
Acide 3 à 12 mg 6 mg 12 mg 30 mg 10 000 mg
pantothénique provoquent
des effets
gastro‐
intestinaux
57
DSENO (= Dose Sans Effet Nocifs Observée) : désigne la dose ou la concentration
la plus élevée n'ayant pas provoqué un effet nocif observé, par rapport à un groupe
témoin, au cours d'une expérimentation animale ou d'une étude épidémiologique.
Ainsi, en prenant compte uniquement des constituants majeurs, il est possible de faire
deux observations :
‐ 2 canettes de BDE suffisent pour dépasser l’apport quotidien alimentaire de
caféine
‐ 1 canette suffit pour dépasser l’apport quotidien alimentaire de taurine et de
glucuronolactone.
Cependant, il faudrait ingérer en moyenne plus de 5 canettes de ces boissons pour
dépasser la DSENO.
Tableau 11 : Comparaison des constituants des médicaments OTC par rapport aux
boissons dites « énergisantes » :
58
B. Les différents groupes de personnes touchées
Les personnes les plus concernées par l’utilisation de ces boissons dites
« énergisantes » sont les jeunes étudiants et les jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans. Pour
cette raison, les études suivantes sélectionnent uniquement des volontaires en bonne
santé et compris dans cette tranche d’âge.
Effets cardiaques
Suite à de nombreuses atteintes du système cardiovasculaire, et même quelques
décès par infarctus du myocarde après ingestion de ces boissons dites « énergisantes »,
des chercheurs ont analysé les effets de ces produits d’un point de vue cardiaque
(Tableau 12).
59
Tableau 12 : Etudes analysant les effets des boissons dites « énergisantes » au niveau
cardiaque :
60
Des résultats contradictoires sont constatés notamment au niveau de la
fréquence cardiaque, mais les études sont encore peu nombreuses à ce sujet. La majorité
des études relèvent tout de même une augmentation de la pression artérielle.
Le nombre d’ingrédients étant élevé dans ces boissons, il est difficile de
déterminer quelle substance est responsable de ces effets cardiovasculaires. Cependant,
certains suggèrent que la caféine et la taurine peuvent modifier indépendamment les
paramètres cardiovasculaires.
La caféine est un composé ergogénique qui produit ses effets par l’intermédiaire
de plusieurs mécanismes :
‐ Il s’agit d’un antagoniste des récepteurs de l'adénosine agissant principalement
sur les récepteurs A1. Physiologiquement, ces derniers sont couplés à la
protéine Gi située à la surface des cellules du muscle cardiaque. Cette protéine va
inhiber l’adénylate cyclase (AC), ce qui aura pour conséquence une diminution de
la concentration d’AMP cyclique intracellulaire. La caféine étant un antagoniste,
elle entraînera l’effet inverse, à savoir (Figure 8) :
Figure 8 (53) : Effet inotrope positif de la caféine sur une cellule musculaire
cardiaque
61
‐ Elle agit aussi en inhibant les phosphodiéstérases responsables de l’inactivation
de l’AMPc (Figure 9) :
Figure 9(53) : Effets chronotrope positif de la caféine sur une cellule sinusale
cardiaque
62
la mort de la cellule. Elle aide en effet à réguler le niveau d’ion intracellulaire en
modulant l’activité des canaux Ca2+ voltages‐dépendant ainsi que les canaux Na+.
Par ailleurs, la taurine atténue les signes et les symptômes physiques de l'insuffisance
cardiaque congestive (ICC). En effet, les études menées par Chazov et al. ont pu
démontrer que la taurine pourrait inverser les anomalies de l’ECG en modifiant le
segment S‐T, les inversions de l'onde T et les extrasystoles chez les animaux ayant une
arythmie induite chimiquement(19).
Compte‐tenu de ces éléments, il est important de noter que les personnes atteintes de
maladies cardiovasculaires ne doivent pas consommer ce genre de boissons.
Effets neurologiques
Tableau 13 : Etudes analysant les effets des boissons dites « énergisantes » au niveau du
système nerveux.
Effets
neurolo‐ Références But de l’étude Méthode Résultat
giques
‐ Réduction
significative des
n=12 jeunes incidents de
Evaluer adultes conduite liés au
l’efficacité des
Santé : bonne sommeil et à la
boissons dites
somnolence
« énergisantes » Conditions :
Sommeil subjective pendant
Reyener et sur la réduction Restriction de 5 h
coll.( les 90 premières
de la de sommeil la nuit
2002)(54) minutes de
somnolence précédente
l'entraînement
chez les Boisson : 250 mL
conducteurs sur contenant 80 mg de ‐ L’EEG reflète
test de conduite caféine moins de
simulée. somnolence durant
cette période
63
Références But de l’étude Méthode Résultat
‐ Réduction du
n=15 jeunes temps de sommeil
Sarah M Jay Rechercher adultes de 29,1 min
Sommeil et coll ( l’impact sur le ‐ Efficacité du
Santé : bonne
2006)(55) sommeil sommeil réduit de
BE : Inconnue 91,8 ± 0,9 % à 84,7
± 2,7 %
n=42 sujets
Boisson : non
précisée
contenant :
‐ 80 mg caféine
‐ 1000 mg Amélioration de
taurine l’attention et du
‐ 600 mg raisonnement
Traitement Evaluation de glucuronolacto verbal en
Warburton
s des l’efficacité des ne comparaison aux
et coll
informatio BE sur la ‐ 5,25 mg placebos
(2001)(57)
ns performance glucose
‐ 21,5 mg
sucrose Aucun effet sur la
‐ 50 mg inositol mémoire
‐ 20 mg niacine
‐ 5 mg vit. B6
‐ 5 mg vit. B5
‐ 1,5mg vit. B2
‐ 0,005 mg vit.
B12
64
Analyse :
Ces études permettent de conclure que les boissons dites « énergisantes » ont
bien un effet sur la réduction de la somnolence. En effet, la caféine exerce une action au
niveau des neurones cholinergiques mésopontines qui ont un rôle dans la production
d’éveil. Pour comprendre le mécanisme d’action, il est important de savoir que ces
derniers sont inhibés par l'adénosine. Les effets antagonistes de la caféine sur les
récepteurs de l'adénosine réduisent alors l'inhibition des neurones cholinergiques
produisant ainsi une augmentation de l’excitation(14).
En outre, la caféine est souvent utilisée pour contrer les effets du manque de
sommeil sur l'éveil diurne. Cette consommation de caféine perturbe le sommeil,
entrainant de nouveau une fatigue et une somnolence diurne : il y a alors installation
d’un cercle vicieux pouvant avoir des conséquences dans la vie de tous les jours tels
qu’une diminution des performances cognitives, des performances scolaires…
65
attribuables à des variations telles que les heures de la journée, les expériences et / ou
les autres substances contenues dans les boissons(58).
Aucune étude concernant l’effet des boissons dites « énergisantes » sur les
femmes enceintes ou allaitantes n’a encore été réalisée. Nous avons ainsi relevé les
effets des principaux ingrédients contenus dans ces boissons chez la femme enceinte.
La caféine :
La grande différence observée chez les femmes enceintes par rapport au reste de
la population se présente au niveau de la durée de demi‐vie d’élimination de la caféine.
En effet, il a été prouvé à plusieurs reprises que la demi‐vie pouvait augmenter jusqu’à
10 heures, voire même 18 heures de façon moins courante, durant les quatre dernières
semaines de grossesse(11)(59). Il y a donc une augmentation de la concentration de
caféine dans l’organisme se retrouvant directement en contact avec le fœtus. La caféine
ingérée par la mère est directement absorbée par le tractus gastro‐intestinal, traverse
facilement le placenta et sera distribuée à tous les tissus fœtaux sans oublier le système
nerveux central(10).
L’apport quotidien maximal recommandé chez les femmes enceintes est donc de
300 mg/jour(1).
Des études ont montré chez le nouveau‐né une réduction significative du poids de
naissance(60)(59).
66
De plus, la caféine est aussi excrétée directement dans le lait maternel(10). Des études
sont encore à approfondir sur ce sujet, mais dans l’attente de nouveaux résultats
l’abstention de caféine chez la femme enceinte et allaitante est à conseiller.
La taurine :
Une étude réalisée sur des chattes nourries avec 0,05, 0,2 ou 1 % de taurine n’a
montré aucun effet indésirable chez les adultes ou chez les petits. Il en a même résulté
de meilleures performances de reproduction en comparaison avec les femelles ayant
reçu un régime alimentaire normal. Le poids à la naissance et le poids du cerveau au
moment du sevrage étaient significativement plus élevés dans le groupe riche en taurine
que dans le groupe contenant une quantité normale de taurine. Cependant, le taux de
croissance le plus grand a été réalisé par le groupe contenant le moins de taurine.
La concentration en taurine dans le lait des femelles en lactation était sensiblement plus
élevée chez les chats nourris avec des régimes plus élevés de taurine : de la même façon
que la caféine, la taurine passe également dans le lait maternel(62).
Une autre expérience réalisée sur des femmes enceintes a montré une diminution
de l’excrétion de taurine dans les urines pendant la gestation et l’allaitement. Il s’agirait
d’une réponse physiologique qui permet de satisfaire les besoins du fœtus et du
nourrisson allaité par cet « acide aminé(63) ».
Le ginseng :
67
une sécurité chez ces personnes à risque.
Les enfants
68
Tableau 14 : Limites recommandées de l’apport quotidien en caféine chez les jeunes(1)
Durant cette tranche d’âge, les enfants ne dorment pas plus de 8 heures en
moyenne. Les jeunes ayant l’habitude de consommer une quantité modérément élevée
ou très élevée de caféine ont un sommeil de moins bonne qualité avec des perturbations
ou des réveils plus fréquents que les non consommateurs.
69
De la même façon que les adultes, la suppression de caféine chez les adolescents a
mis en évidence des maux de tête, somnolence et fatigue.
Une meilleure dextérité manuelle et un temps de réaction plus court chez les enfants
consommateurs de caféine seraient le seul point positif de cet élément(58).
70
• Lutter contre le manque de sommeil
• Augmenter leur concentration
• Augmenter leur énergie
• Etudier
• Conduire pendant un long trajet
• Traiter « la gueule de bois »
• Améliorer leur performance sportive
• Par curiosité
Les raisons pour lesquelles ils associent ces boissons avec de l’alcool sont :
• Se rendre ivre
• Améliorer le goût des boissons alcoolisées (54 %)
• Pour faire la fête
• Pour boire sans se sentir ivre
• Etendre leur période de soirée (27,7 %)
1. Etudes réalisées
De nombreuses études ont été réalisées ces dernières années dans le but
d’obtenir plus d’informations concernant l’effet du mélange boisson dite « énergisante »
/éthanol (Tableau 15).
71
Tableau 15 : Etudes analysant les effets du mélange boisson dite « énergisante » /éthanol
Howland et Coll. ‐ 127 jeunes étudiants Comparer les effets L'alcool compromet :
ou jeunes diplômés de l’alcool (bière)
2010(73) ‐ l'attention
avec ou sans caféine
‐ le temps de réaction
sur l’attention et le
au volant
‐ Bière/ caféine temps de réaction
lors d’une épreuve Aucune différence de
de conduite simulée performance n’est
constatée entre les
groupes avec et sans
caféine
72
Références Population/Produits But de l’étude Résultat
O’Brien et coll. Produit non précisé ‐ Sondage en ligne ‐ 697 élèves (24 %) ont
2008(75) mené sur 4271 consommé le mélange
étudiants de dans les 30 derniers jours
10 universités en
‐ Les étudiants de sexe
Caroline du Nord.
masculin, de couleur
blanche, jeunes et sportifs
étaient beaucoup plus
susceptibles de
consommer ce mélange
‐ Augmentation de la
fréquence de
consommation (6,4 jours
contre 3,4 jours en
moyenne)
‐ Deux fois plus d'épisodes
d'ivresse hebdomadaire
(1,4 jour / semaine vs
0,73 jour / sem.).
Les étudiants qui ont
déclaré avoir consommé
des boissons dites
« énergisantes » avec de
l’alcool ont une prévalence
significativement plus
élevée de subir les risques
liés à l'alcool
73
Références Population ‐ But de l’étude Résultat
/Produits
74
Enfin, une étude non citée dans le tableau ci‐dessus réalisé par Miller et Coll. en
2008, a examiné les relations entre la consommation de boissons dites « énergisantes »
et les problèmes de comportement chez les adolescents et les adultes émergents. Elle
conclut que la fréquence de la consommation des boissons dites « énergisantes » serait
associée à la consommation de marijuana, la prise de risque sexuel, les combats,
l’omission de ceinture de sécurité, au tabagisme, à la consommation de médicaments
illicites et aux problèmes d'alcool(79). Brach et Coll., quant à eux, se demandent si les
individus consommant ces boissons ne sont pas depuis toujours des individus aimant
prendre des risques(80).
Les résultats de ces études ne font pas l’unanimité chez certains auteurs. Elles sont
insuffisantes pour tirer des conclusions définitives. En effet, aucune d’entre elles ne
prouve que :
‐ les boissons dites « énergisantes » soient consommées plus que les autres boissons
contenant de la caféine (par exemple, colas)
‐ la co‐consommation d'alcool et de boissons dites « énergisantes » initie la
dépendance ou l'abus de drogues et d'alcool(70).
2. Caféine et alcool
75
‐ La réduction des effets dépresseurs n’a pas fait ces preuves dans un simulateur de
conduite(69)(81)(82).
De plus, une étude établie sur des souris a montré qu’à certaines doses (3 g/kg
d’éthanol et pas moins de 100 mg/kg de caféine) il y aurait augmentation de l’activité
locomotrice par rapport à l’injection d’éthanol seul(83).
3. Taurine et alcool(69) :
Prises ensemble, ces données suggèrent que le système de taurine endogène peut
être un modulateur important des effets de l'éthanol sur le système nerveux et peut
représenter une nouvelle voie thérapeutique pour le développement de médicaments
pour traiter l'abus d'alcool et l'alcoolisme(84).
76
‐ des effets de l’éthanol dans le foie(85) :
CYP 2E1
77
III. Boissons dites « énergisantes » et le sport
Suite à la grande consommation de ces boissons par les athlètes avant un effort
important, quelques études ont été réalisées afin de tester leur efficacité ou leurs
dangers dans plusieurs situations (Tableau 16).
Tableau 16 : Etudes analysant les effets des boissons dites « énergisantes » sur les
performances physiques
Sport
Quantité Performance Résultats Réf.
pratiqué
Volume : 255 mL 3 séries de huit Aucune modification
Todd A.
Boisson : Red Bull® épisodes de sur :
Sprint et
Caféine : 1,3 mg / kg sprint une heure La distance parcourue
coll(86).
Taurine : 1000 mg après l’ingestion La fréquence cardiaque
Amélioration de la
performance avec la
BDE par rapport au
78
Sport Quantité Performance Résultats Réf.
pratiqué
Augmentation de :
‐ nombre de sprints
pendant tout le match
Ces études montrent que les effets des boissons dites « énergisantes » sur
l’activité physique sont variables selon la quantité de boisson ingérée. Les études dans
lesquelles les patients ne consomment qu’une seule boisson dite « énergisante » soit
environ 1,1 mg/kg pour un adulte de 70 kg ne prouvent aucune amélioration concernant
79
la performance physique. Cependant, l’ingestion de 2 ou 3 canettes (soit 2 à 3 mg/kg de
caféine) a tendance à améliorer les performances physiques. En effet, une étude a
démontré(91) qu’à partir de 3mg/kg de caféine, il y a une relation entre la force de
production et la vitesse vers le haut sur le demi‐squat et le développé‐couché. Ainsi, une
boisson dite « énergisante » comprenant au moins 3 mg/kg est nécessaire pour
améliorer considérablement la performance musculaire.
De plus, il a été prouvé que les muscles du bas du corps sont plus sensibles à
l’ingestion de caféine en raison de leur faible niveau d’activation.
1. Caféine
2. Sucre
80
3. Autres constituants
sport
81
Boisson dite « énergisante » Boisson pour sportifs/
boissons énergétiques
Adultes Athlètes professionnels et
Personnes
concernées grands sportifs
Enfants Enfants
Adolescents Adolescents
Personnes contre‐ Diabétiques Personnes en surpoids
indiquées
Antécédent cardiovasculaire
Femmes enceintes
Inadaptation : Adaptation :
hydratation
‐Fortement acide
‐Présence de caféine favorisant la
perte d’eau et de minéraux.
Monster® Isostar®
82
Ces effets sont donc néfastes pour la santé, les boissons dites « énergisantes » ne
permettent pas de maintenir l’équilibre électrolytique et sont responsables de
déshydratations qui peuvent engendrer des pertes de connaissance, des vertiges ou un
risque d’hypotension.
C’est pourquoi il est préférable d’utiliser des boissons énergétiques qui contiennent tous
les éléments nécessaires à la réhydratation, à la régulation de la température et à
l’augmentation d’énergie. Cependant ces boissons ne doivent être utilisées que par des
sportifs avérés et de la même façon que les boissons dites « énergisantes » , les enfants
(en dehors des enfants sportifs de haut niveau) doivent s’abstenir d’en consommer.
Conclusion :
83
PARTIE III
84
Suite à la nouvelle formulation du RedBull® avec taurine apparue en France le
15 juillet 2008, l’InVS (Institut de Veille Sanitaire) en collaboration avec l’ANSES(96)
(Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du
Travail) a demandé aux Centres Antipoison et de Toxicovigilance (CAPTV) de France de
signaler durant 6 mois les effets indésirables dus aux boissons dites « énergisantes » (en
particulier la boisson RedBull®).
Compte‐tenu de la survenue d’effets indésirables parfois graves, une nouvelle
enquête a été menée sur une période plus longue, allant du 1er janvier 2009 au
30 novembre 2012.
Ces deux enquêtes se sont basées sur l’interrogation de la BNPC (Bases
Nationales des Produits et Compositions) et du SICAP (Système d’Information des
Centres Antipoison) afin de déterminer la liste des préparations éligibles.
De plus, une fiche de recueil élaborée par le CAPTV de Marseille, puis validée par le
comité de coordination de toxicovigilance, a été adressée à tous les CAPTV de France
afin de la compléter.
Les analyses ont été effectuées d’après les données suivantes :
L’âge et le sexe
La marque de la boisson dites énergisante utilisée
La concentration de caféine
La région géographique des cas
Les circonstances d’exposition
Le cas d’imputabilité
La présence ou non de substances, d’alcool ou de médicaments associés aux
boissons énergisantes
La gravité a été déterminée en fonction de la classification PSS
Les termes aigus et chroniques seront utilisés dans cette partie. On parle alors de
chronicité au‐delà de 2 mois de consommation de BDE de façon répétitive.
85
Parmi les 209 sujets éligibles, 205 ont été inclus de l’analyse suivante, soit un taux
d’inclusion de 98 %.
En effet, les boissons énergétiques qu’ont consommées les quatre sujets exclus ne
rentrent pas dans cette étude.
La majorité des consommateurs est de type masculin. Ils représentent en effet 76,1% de
la population.
Période 2009‐2012
Effectif (n) 196
Âge
Moyenne 21,1
Ecart‐type 12,823
Médiane 19
Minimum 0,6
Maximum 85
Sur les 205 sujets inclus dans cette enquête, 9 d’entre eux n’avaient pas renseigné leur
âge.
86
L’âge moyen de cette étude était 21 ,1± 12,2 ans. Le sujet le plus jeune était âgé de
7 mois tandis que le plus âgé avait 85 ans. Afin d’en savoir plus sur l’âge des
consommateurs concernés, il serait intéressant d’évaluer la tranche d’âge la plus
consommatrice de boissons dites « énergisantes ».
II. Quantité
De façon à évaluer les volumes consommés par les personnes exposées, les
consommations aiguës et chroniques ont été séparées. Une consommation est dite
chronique à partir de 2 mois de consommation régulière.
65 cas ont été exclus de l’étude soit un taux d’exclusion de 31,7% pour les raisons
suivantes :
• la variable « aiguë ou chronique » n’a pas pu être renseignée (2 cas)
• le volume n’est pas renseigné ou impossible à évaluer (62 cas) ;
En effet, certains volumes ont été évalués en « gorgées » notamment chez les
nourrissons. Le volume de boisson ingéré d’un nourrisson à l’autre étant très différent,
ces cas ont été exclus de l’étude.
87
Tableau 21 : Evaluation de la quantité du volume ingéré de façon aiguë et chronique :
Aiguë Chronique
Effectif (n) 126 10
Volume (mL)
Moyenne 991,9 2075,0
Ecart‐type 510,99 2300,51
Médiane 500,0 1250,0
Minimum 15 250
Maximum 11000 8000
88
Tableau 22 : Nombre de cas d’exposition en fonction des régions
89
Ce tableau montre que les régions présentant le plus de cas d’exposition aux BDE
sont les régions Rhône‐Alpes et Ile de France.
Il serait intéressant de savoir si ces valeurs sont conformes avec le nombre d’habitants
dans la région ou si au contraire elles reflètent un nombre de consommateurs supérieur
aux autres régions.
Pour cela, le pourcentage de cas d’exposition aux boissons dites « énergisantes »
par région a été évalué. De la même façon, le nombre d’habitants de chaque région a été
rapporté à la population française dans le tableau 22 ci‐dessus.
Il est possible d’observer :
‐ Concernant l’Ile de France, la quantité importante de cas d’exposition peut être
expliquée par le nombre d’habitants présents dans cette région (la proportion
des cas exposés de cette région dans cette étude étant inférieure à la proportion
des habitants d’Ile de France dans la population française)
‐ Pour la région Rhône‐Alpes, la situation inverse se présente : la proportion de cas
d’exposition aux boissons dites « énergisantes » est supérieure à la proportion de
ses habitants en France. Ainsi, cette région est supposée être plus consommatrice
de boissons dites « énergisantes » que les autres régions.
Cependant, ce constat pourrait être mis en relation avec la moyenne d’âge de ces
deux régions.
La région Rhône‐Alpes, par sa géographie, offre un large choix d’activités physiques et
extrêmes : ski , snowboard, VTT… Sa population peut être ainsi plus exposée aux
boissons dites énergisantes par la pression marketing des industriels et les évènements
sportifs organisés. De plus, cette région présente un grand nombre d’étudiants par la
présence de Lyon et Grenoble, augmentant alors les raisons de leur consommation
(cadre festif, période d’examen).
La région Rhône‐Alpes présente ainsi toutes les prédispositions à la consommation de
boissons dites « énergisantes ».
Néanmoins, cela pourrait provenir d’une meilleure prise en charge de ce
phénomène dans cette région. Les CAP de la région Rhône‐Alpes ont peut‐être été plus
sensibilisés à ce sujet que les autres régions.
90
Figure 11: Carte de France représentant les régions les plus touchées :
91
Tableau 23 : Différentes marques de boissons dites « énergisantes » utilisées par les
consommateurs entre 2009 et 2012 :
92
De plus, dans 20 autres cas, il n’a pas été indiqué si la Red Bull® contenait ou non de la
taurine.
Enfin, dans 8 cas, le nom et la composition de la boisson dite « énergisante » ne
sont pas renseignés.
Au total, l’enquête révèle 205 cas d’exposition. Cependant, cette étude comprend un cas
impliquant 2 produits de marques différentes et un cas en impliquant 3.
Le nombre de boissons dites « énergisantes » s’est donc démultiplié en quelques années.
Il est évident que la boisson la plus représentée dans cette étude est la boisson
Red Bull®. En effet, sur 205 patients faisant partie de l’enquête, 152 cas, soit 74% , en
consomment. En deuxième position la boisson Monster® est la plus représentée avec
15 cas (7%) suivie de la boisson Burn® avec 11 cas (5%).
Dans la population française, d’après le journal Le Figaro®, les boissons dites
« énergisantes » les plus consommées en France sont, dans l’ordre :
‐ Red Bull® 49,6%
‐ Monster® 18,3%
‐ Burn® 6,3%
On constate alors que le classement de ces boissons dans l’étude est identique au
classement de la population française.
Cependant, la répartition est différente, il y a une surreprésentation apparente de
Red Bull® et une sous‐représentation de Monster® dans cette étude.
93
V. Répartition des cas par symptôme
49%
50%
45%
40%
35%
30% 25%
25%
20% 13%
15%
10% 3% 3% 4%
1% 1% 2%
5%
0%
94
VI. Distribution des scores d’imputabilité en fonction des symptômes
Concernant les 124 cas utilisés pour cette étude, 26 d’entre eux sont d’imputabilité
inconnue.
50,00% 43%
40,00%
30,00% 21%
20,00% 9% 6%
10,00%
0,00%
I0 I1 I2 I3
Fréquence
95
Sur les 98 cas restant, en terme d’analyse d’imputabilité, 11 ont été considérés
d’imputabilité exclue (I0 : 8,87%), 53 jugés non exclue (I1 :42,74%), 26 d’imputabilité
possible (I2 :20,97%) et 8 cas d’imputabilité probable (I3 : 6,45%)
96
Tableau 24 : Imputabilité des boissons dites « énergisantes » sur les symptômes recensés :
symptômes recensés
Le tableau 24 nous permet d’évaluer l’imputabilité des boissons énergisantes sur les
Imputabilité I0 I1 I2 I3 Total
Symptômes
Dermatologiq 0 5 100 0 0 5
ues
Musculaires 0 1 50 1 50 0 2
Rénales 0 3 75 0 1 25 4
Hématologiqu 1 100 0 0 0 1
es
Métaboliques 1 33,33 2 66,67 0 0 3
Ce tableau montre que 47,83% des symptômes cardiaques, 56,52% des
symptômes digestifs et 47,46% des symptômes du système nerveux central ont été
considérés comme ayant une imputabilité non exclue.
Cette analyse nous montre qu’il n’est pas exclu que la boisson Red Bull® implique des
symptômes cardiaques, digestifs et du système nerveux, mais cela reste à vérifier.
Cependant, on considère que 41,30% des personnes atteintes de signes cardiaques ont
une imputabilité possible avec la boisson dite énergisante.
Enfin il est important de noter que 8,70% des atteintes cardiaques sont dues de façon
probable aux boissons dites énergisantes, dans notre cas Red Bull®.
98
Tableau 25 : Analyse des circonstances d’utilisation des BDE en consommation aiguë en
association ou non avec d’autres produits
Fréquence Fréquence
Effectif Effectif
(%) (%)
Circonstances
Accident de la vie courante 5 4,5 1 1,3
Accidentelle 5 4,5 2 2,6
Acte de malveillance 0 0 1 1,3
Alimentaire 44 40 3 3,9
Déconditionnement 2 1,8 0 0
Défaut de perception du
12 10,9 2 2,6
risque
Indéterminé 1 0,9 1 1,3
Mésusage habituel 2 1,8 8 10,4
Mésusage ponctuel 39 35,5 36 46,8
Soumission chimique 0 0 3 3,9
Tentative de suicide 0 0 20 26
Total 110 100 77 100
Ce tableau permet de constater que les accidents alimentaires sont les premières
causes d’exposition aux boissons dites énergisantes consommées seules (40%). Dans ce
cadre, il ne s’agit, d’après le rapport du CAPTV, que d’une consommation de boissons
dites « énergisantes » à dose normale.
En deuxième position, en association ou non avec un autre constituant, la consommation
de ces boissons s’effectue beaucoup par mésusages ponctuels (35,5% sans association et
46,8% en association avec un autre produit). Il s’agit de consommations aiguës à des
doses supérieures à des doses recommandées dans un but festif et/ou pour obtenir un
effet stimulant.
99
Il est important de signaler que dans 20% des cas, les BDE ont été ingérés en association
avec d’autres produits (alcool, médicaments) dans le but de mettre fin à ses jours.
100
VIII. Comparaison des symptômes en fonction du volume de boissons dites
« énergisantes » ingérées seules
101
présentant aucun symptôme afin de déterminer si une consommation importante est un
facteur de risque cardiaque.
Tableau 28: Evolution des signes du système nerveux en fonction du volume de boisson
dite « énergisante » ingéré
102
Les patients ayant eu des signes digestifs ou nerveux, ne semblent pas avoir
consommé un plus grand volume de Red Bull® que le reste de l’échantillon.
Conclusion :
Les enfants et les adolescents de sexe masculin sont les premiers concernés par la
consommation de boissons dites « énergisantes ».
En moyenne, la population de cette étude consomme 4 canettes, correspondant à
240 mg de caféine, ce qui est bien supérieur à l’apport quotidien maximal de caféine,
recommandé par Santé Canada (2,5 mg/kg de poids corporel), pour des jeunes de 10 à
19 ans.
La boisson Red Bull® reste le leader sur le marché français malgré le
développement d’une grande quantité de différentes marques de boissons dites
énergisantes.
Les symptômes qui ressortent le plus de cette étude sont, en premier lieu, les
troubles nerveux (irritabilités, insomnies…), en deuxième position les troubles
cardiovasculaires (tachycardie, hypertension artérielle) et enfin les troubles digestifs.
D’après l’analyse d’imputabilité, les symptômes cardiaques auraient un lien possible
avec la consommation de Red Bull®.
Une consommation excessive de ces boissons augmente de façon significative les risques
cardiovasculaires.
Il serait intéressant de savoir si l’association BDE/alcool modifie la gravité et /ou
la quantité des symptômes par rapport à la consommation de boissons dites
« énergisantes » seules.
103
CONCLUSION
104
La consommation des boissons dites « énergisantes » est un phénomène nouveau
mais peu d’études ont encore été réalisées à ce sujet.
Les nombreux ingrédients présents dans ces boissons peuvent varier d’une
marque à l’autre. Cependant la caféine, la taurine, le glucuronolactone sont les composés
les plus souvent retrouvés.
Les contextes d’utilisation de ces boissons sont nombreux, incitant alors une
grande partie de la population à la consommation. Les personnes sensibles à la caféine
tels que les femmes enceintes, les enfants, les personnes atteintes d’hypertension
artérielle, de nervosité ont une probabilité plus importante de subir des effets
indésirables que les autres.
Compte tenu des effets indésirables pouvant apparaître à des doses plus ou
moins élevées, une meilleure information concernant les ingrédients pourrait être
envisagée sur les étiquettes de chaque produit. Par ailleurs, une information auprès des
enfants et des adolescents, par les intervenants, serait envisageable afin de les alerter
sur les risques encourus notamment en association avec de l’alcool ou lors d’ingestion
de quantité importante. De la même façon, les professionnels de santé exerçant auprès
des personnes à risque pourraient alerter leurs patients afin qu’ils soient mieux
informés sur les risques encourus.
105
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115
ANNEXE
116
Annexe 1 : Exemple de données retranscrites par les Centres Antipoison de France
117
SERMENT DE GALIEN
D’honorer ceux qui m’ont instruit(e) dans les préceptes de mon art et de
leur témoigner ma reconnaissance en restant fidèle à leur enseignement ;
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
118