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Développements Limités en Analyse

Le document traite des développements limités en mathématiques, un outil fondamental pour l'analyse des limites et l'étude locale des fonctions. Il présente les différentes formules de Taylor, leur démonstration et leurs applications, en insistant sur l'importance de maîtriser ces concepts pour effectuer des approximations polynomiales. Les objectifs incluent la compréhension des formules, la mémorisation des développements limités usuels et la reconnaissance des situations où ces outils sont utiles.

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Développements Limités en Analyse

Le document traite des développements limités en mathématiques, un outil fondamental pour l'analyse des limites et l'étude locale des fonctions. Il présente les différentes formules de Taylor, leur démonstration et leurs applications, en insistant sur l'importance de maîtriser ces concepts pour effectuer des approximations polynomiales. Les objectifs incluent la compréhension des formules, la mémorisation des développements limités usuels et la reconnaissance des situations où ces outils sont utiles.

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Développements limités

PTSI B Lycée Eiffel

22 avril 2013

La mathématique est une science dangereuse :


elle dévoile les supercheries et les erreurs de calcul.

Galilée

L’ordinateur peut faire plus de calculs que le cerveau


de l’homme car il n’a que ça à faire.

Perles du bac.

Introduction
Enfin du nouveau en analyse cette année. Les développements limités constituent un outil telle-
ment fondamental pour les calculs de limites autres études locales de fonctions que vous ne pourrez
plus vous en passer une fois que vous les aurez découverts ! L’idée est fort simple : approcher loca-
lement (c’est-à-dire au voisinage d’un réel donné) une fonction suffisamment régulière (c’est-à-dire
dérivable un certain nombre de fois) par une fonction polynômiale. Des outils techniques essentiels,
les différentes formules de Taylor, permettent d’effectuer cette approximation. Tout le chapître est de
toute façon essentiellement technique puisque le but est avant tout de savoir calculer ces développe-
ments limités, ce qui nécessite l’ingurgitation d’un formulaire assez conséquent. Pour vous rassurer,
nous verrons tout de même aussi dans ce dernier chapître d’analyse pure de l’année des applications
recouvrant à peu près tous les domaines étudiés jusqu’ici.

Objectifs du chapitre :

• comprendre les différences entres les diverses versions de la formule de taylor, et en maîtriser
les hypothèses.
• connaître par coeur les développements limités usuels.
• savoir repérer les situation où les développements limités peuvent être utiles, sans tomber dans
l’excès de calculs dispensables.

1
1 Formules de Taylor
La première formule de Taylor que nous allons voir concerne les polynômes. Ici, pas question
d’approximation, puisqu’un polynôme est évidemment simplement égal à lui-même, mais l’idée est de
comprendre qu’il existe plusieurs façons différentes de décrire un même polynôme. L’espace vectoriel
Rn [X] étant de dimension n + 1, on peut décrire un polynôme de degré n en donnant n + 1 réels.
On peut le faire d’au moins trois façons :
• donner les coefficients du polynôme. C’est la façon la plus classique de procéder, mais l’informa-
tion donnée est finalement assez peu commode à exploiter autrement que très globalement (que
signifie le fait qu’un polynôme de degré 8 a un coefficient de degré 3 égal à 5 ? Essentiellement
rien).
• donner les valeurs du polynôme en n + 1 réels distincts (cf la remarque sur les polynômes
interpolateurs de Lagrange dans notre chapître sur la dimension des espaces vectoriels). Cela
donne une information très concrète mais éparpillée à n + 1 endroits différents.
• la troisième méthode que nous allons voir concentre réellement toute l’information au même
endroit, puisque la formule de Taylor reconstitue le polynôme à partir des valeurs de ses
différentes dérivées en un même réel a.

Théorème 1. Formule de Taylor pour les polynômes.


n
X P ( k)(a)
Soit P ∈ Rn [X] et a ∈ R, alors P (X) = (X − a)k .
k!
k=0

Démonstration. Commençons par prouver la formule dans le cas particulier où P (X) = Pi (X) = X i .
Dans ce cas, les dérivées du polynôme sont données par P ′ (X) = iX i−1 , P ′′ (X) = i(i − 1)X i−2 , . . .,
i!
P (k) (X) = i(i − 1) . . . (i − k + 1)X i−k = X i−k (une récurrence est nécessaire pour prouver ce
(i − k)!
i!
résultat tout à fait rigoureusement, on s’en passera). On en déduit que P (k) (a) = ai−k , puis
(i − k)!
n n n  
X P ( k)(a) k
X i! i−k k
X i
que (X − a) = a (X − a) = (X − a)k ai−k = (X − a + a)i = X i
k! (i − k)!k! k
k=0 k=0 k=0
en reconnaissant la formule du binôme de Newton. Certains termes de la somme ne sont pas définis
(quand k > i), ce qui ne pose pas de problème en considérant qu’ils sont nuls par convention. Pour
Xn
prouver la formule pour un polynôme quelconque, on procède ensuite par linéarité : P = ai Pi
i=0
n n n (
X X X P k)(a)
(où les ai sont les coefficients de P ), donc P (X) = ai Pi (X) = ai i
(X − a)k =
k!
i=0 i=0 k=0
n n n
X 1 X (k)
X 1
(X − a)k ai Pi (a) = (X − a)k P (k) (a) par linéarité des dérivées k-èmes.
k! k!
k=0 i=0 k=0

Une fois cette première formule de Taylor démontrée, on va tenter de l’appliquer telle quelle à des
fonctions qui ne sont plus des polynômes. Le résultat ne sera bien sûr plus une égalité, et toute la
difficulté sera d’arriver à comprendre ce que vaut le reste une fois la partie polynômiale isolée. C’est
l’objet des trois autres formules de Taylor que nous allons maintenant aborder.

Théorème 2. Formule de Taylor avec reste intégral.


Soit f une fonction de classe C n+1 sur un intervalle I et a ∈ I, alors ∀x ∈ I,
n
f (k) (a)
Z x
X
k (−t)n (n+1)(t)
f (x) = (x − a) + f dt.
k! a n!
k=0

Démonstration. Pour Z xcomprendre (et même simplement retenir) cette formule, écrivons-là pour n =
0 : f (x) = f (a) + f ′ (t) dt. En effet, cette égalité est pratiquement évidente puisque l’intégrale
a

2
vaut f (x) − f (a). Comment faire maintenant pour transformer le f ′ en f ′′ dans l’intégrale et obtenir
la formule au rang suivant ? Tout simplement en faisant une IPP. On pose u(t) = f ′ (t), soit u′ (t) =
f ′′ (t), et v ′ (t) = 1. La seule subtilité consiste à choisir v(t) = t − x, qui est bien une primitive
de v ′ , et on trouve exactement la formule au rang 1. Plus généralement, la formule se prouve par
récurrence. L’initialisation a déjà été prouvée, pour l’hérédité, on va faire une IPP en posant u(t) =
(x − t)n (x − t)n+1
f (n+1) (t), donc u′ (t) = f (n+2) (t) ; et v ′ (t) = , soit v(t) = − . On trouve alors
n! (n + 1)!
n x Z x
f (k) (a) (x − t)n+1 (n+1)(t) (x − t)n+1 (n+2)
X 
k
f (x) = (x − a) + − f + f (t) dt. Le crochet valant
k! (n + 1)! a a (n + 1)!
k=0
(x − a)n+1 (n+1)
f (a), on trouve bien la formule au rang n + 1.
(n + 1)!
n
X f (k) (a)
Définition 1. Le polynôme P (X) = (X − a)k est le polynôme de Taylor d’ordre n
k!
k=0 Z x
(x − t)n (n+1)
de f en a, noté Tn (X). La différence f (x) − T (x) = f (t) dt est le reste intégral
a n!
d’ordre n de f en a, noté Rn (x).

Théorème 3. Formule de Taylor-Lagrange.


Sous les mêmes hypothèses que pour la formule de Taylor avec reste intégral, on a la majoration
|x − a|n+1
|Rn (x)| 6 Mn+1 , où Mn+1 = sup|f n+1 (t)|.
(n + 1)! t∈I

Démonstration. Il suffit de majorer le reste Z xintégral nobtenudans le précédent théorème. On majore


n+1 x |x − a|n+1

(x − t) (x − t)
|f n+1 (t)| par Mn+1 , et il reste à calculer dt = − = .
a n! (n + 1)! a (n + 1)!
Théorème 4. Formule de Tayolor-Young.
n
X f (k) (a)
Soit f une fonction de classe C n sur I et a ∈ I, alors f (x) = (x − a)k + o(x − a)n .
k!
k=0

Démonstration. Le résultat découle immédiatement de la formule de Taylor-Lagrange dans le cas où


la fonction est de classe C n+1 , mais malheureusement, on ne l’a supposéeZ que C n . Pas grave, appli-
x
(x − t)n−1 (n)
quons donc Taylor avec reste intégral à l’ordre précédent : Rn−1 (x) = f (t) dt =
Z x Z x a (n − 1)!
(x − t)n−1 (t) (n) (x − t)n−1 (n)
f (a) dt + (f (t) − f (n) (a)) dt. La première intégrale vaut exac-
a (n − 1)! a (n − 1)!
f (n) (a)
tement (x − a)n , soit le dernier terme du polynôme de Taylor d’ordre n. Ne reste plus qu’à
n!
prouver que la deuxième intégrale (on la notera J) est un o(x − a)n . Or, la fonction étant de classe
C n , en fixant une valeur de ε > 0, il existe un voisinage de a sur lequel |f (n) (t) − f (n) (a)| 6 ε. Sur
(x − a)n
ce voisinage, on aura |J| 6 ε . Le n! étant constant (seul x varie ici) et ε pouvant être choisi
n!
arbitrairement petit, on retrouve exactement J = o(x − a)n .

Remarque 1. Les trois formules de Taylor ue nous venons de voir (celle sur les polynômes est un
peu à part) se resssemblent, mais ont chacune leur spécificité qui les rend toutes indispensables dans
certaines situations :
• la formule de Taylor-Young est de loin celle que vous utiliserez le plus souvent, c’est la moins
précise mais c’est elle qui va nous permettre d’obtenir les développements limités. Elle met
vraiment l’accent sur le caractère local des formules de Taylor.
• au contraire, l’inégalité de Taylor-Lagrange est la seule permettant d’obtenir des informations
globalement, c’est-à-dire sur tout l’intervalle I. Elle sera notamment utilisée pour prouver des
convergences de suites sur tout l’intervalle I.

3
• la formule de Taylor avec reste intégral est la plus fondamentale dans la mesure où c’est la
seule à donner une version exacte du reste. À partir de là, tous les calculs restent possibles, et
on s’en servira parfois pour obtenir des majorations du reste plus fines ou différentes de celle
donnée par Taylor-Lagrange.
Exemple 1 : Appliquons la formule de Taylor-Young à la fonction exponentielle, pour a = 0, à
l’ordre n. Les dérivées sont évidemment vite calculées puisqu’elles sont toutes identiques, et valent 1
n
X xk x2 x3 xn
en 0. On en déduit que ex = + o(xn ) = 1 + x + + +···+ + o(xn ). Graphiquement,
k! 2 6 n!
k=0
1
les polynômes T0 (X) = 1, T1 (X) = 1 + X, T2 (X) = 1 + X + X 2 etc, sont les polynômes dont les
2
courbes sont les plus proches possibles de la courbe de l’exeponentielle en 0 pour chaque degré. En
pratique, ces courbes vont « coller » à celle de l’exponentielle de plus en plus longtemps au voisinage
de 0. On peut prouver la convergence de Tn (x) vers ex quelle que soit la valeur de x, mais ce n’est
pas notre but cette année (et ça ne découle en tout cas pas du tout de la formule de taylor-Young).
Une petite illustration avec les premiers polynômes de Taylor (T1 en rouge, T2 en bleu, T3 en vert,
T4 en orange, T5 en rose, T10 en violet, la courbe de l’exponentielle étant en noir) :

0
−6 −5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4

−1

−2

1 1
Exemple 2 : Effectuons les mêmes calculs sur la fonction g : x 7→ . On calcule g′ (x) =
1−x (1 − x)2
2
(le − de la dérivée du dénominateur compense le − de la dérivation de l’inverse), g ′′ (x) = ,
(1 − x)3
n!
et on conjecture (et on prouve par récurrence) que g(n) (x) = . En particulier, g (n) (0) = n!,
(1 − x)n+1
n
1 X
et la formule de Taylor-Young donne alors = xk + o(xn ) = 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn ).
1−x
k=0
Ce n’est pas une grande surprise, on sait depuis qu’on a appris à étudier des suites géométriques que
n
X 1 − xn+1 1
xk = = + O(xn+1 ). Ici, bien évidemment, la suite Tn (x) ne peut pas converger
1−x 1−x
k=0
1
vers pour toute valeur de x puisqu’on aura déjà de gros problèmes quand x = 1. En fait, la
1−x
formule de la somme géométrique permet de prouver facilement que la convergence n’a lieu que si
x ∈] − 1, 1[. Une illustration graphique, avec les mêmes codes couleurs que pour l’exponentielle :

4
3

0
−2 −1 0 1 2

−1

2 Développements limités
2.1 Définitions
Définition 2. Une fonction f admet un développement limité à l’ordre n en a si f (x) = P (x−
x→a
a) + o(x − a)n , où P ∈ Rn [X]. Le polynôme P est alors appelé partie régulière du développement
limité, et ce qui se cache derrière le o(x−a)n est le reste du développement limité. On notera souvent
DLn (a) pour désigner un développement limité à l’ordre n en a.
Remarque 2. On omettra souvent de préciser que x tend vers 0 quand on écrit un développement
limité en 0, ce qui sera de loin le cas le plus fréquent.
Proposition 1. Si f admet un DLn (a), sa partie régulière est unique.
Démonstration. En effet, si f admettait deux développements limités avec des parties régulières P1 et
P2 distinctes, on aurait par soustraction des deux développements 0 = P1 (x−a)−P2 (x−a)+o(x−a)n ,
autrement dit P1 (x − a) − P2 (x − a) = o(x − a)n . Le polynôme P1 − P2 étant de degré au plus n, ce
ci n’est possible que s’il est nul.

Corollaire 1. Si f est une fonction paire, son DLn (0) ne contient que despuissances paires de x.
De même, si f est impaire, son DLn (0) ne contiendra que des puissances impaires de x.
Démonstration. Soit f (x) = a0 + a1 x + · · · + an xn + o(xn ) le DLn (0) de f (dans le cas d’une fonction
paire. Comme −x tend certainement vers 0 quand x tend vers 0, on peut écrire f (−x) = a0 − a1 x +
· · · + (−1)n xn + o(xn ). En soustrayant les deux égalités et en utilisant le fait que d(x) − f (−x) = 0
pour une fonction paire, on trouve 0 = 2a1 x + · · · + 2a2k+1 x2k+1 + o(xn ). Or, la fonction nulle a
évidemment pour développement limité en 0 le développement suivant : 0 = 0 + o(xn ). Par unicité
du DL, on en déduit que a1 = · · · = a2k+1 = 0. Le raisonnement pour une fonction impaire est le
même en faisant une somme au lieu de la différence.

Proposition 2. Si f admet un DLn (a), alors f admet des DLk (a) pour tout entier k 6 n, obtenus
par troncature du DLn (a), c’est-à-dire en gardant dans la partie régulière du DLn (a) les termes
jusqu’à ak (X − a)k .

5
Démonstration. C’est évident, tous les termes suivants sont des o(X −a)k , donc peuvent être intégrés
dans un o(X − a)k global, ce qui donne bien un DLk (a) de f .

Remarque 3. Attention tout de même à ne pas se dire simplement qu’on garde dans la partie régulière
les termes de degré inférieur ou égal à k, ce n’est pas vrai si on travaille sur des développements
limités ailleurs qu’en 0.

Proposition 3. Une fonction f admet un DL0 en a si et seulement si elle est continue en a.


Une fonction f admet un DL1 en a si et seulement si elle est dérivable en a.
n
X f (k) (a)
n
Si f est de classe C en a, alors f admet un DLn en a, de partie régulière (x − a)k .
k!
k=0

Démonstration. Tout a déjà été fait ! Dire que f est continue en a signifie bien que f (x) = f (a) +
x→a
o(1), dire que f est dérivable en a est équivalent à avoir f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + o(x − a), et
x→a
le troisième point est une conséquence immédiate de la formule de Taylor-Young. Attention tout de
même, dans ce dernier cas, la réciproque n’est pas du tout vraie, il existe des fonctions qui admettent
par exemple des DL à tout ordre en 0 sans être de classe C ∞ .

2.2 Formulaire, première partie


Théorème 5. Toutes les fonctions usuelles suivantes admettent des DL à tout ordre en 0, donnés
par les formules suivantes :
n
X xk 1 1 1
• ex = + o(xn ) = 1 + x + x2 + x3 + · · · + xn + o(xn )
k! 2 6 n!
k=0
n
1 X
• = xk + o(xn ) = 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn )
1−x
k=0
n
1 X
• = (−1)k xk + o(xn ) = 1 − x + x2 + · · · + (−1)n xn + o(xn )
1+x
k=0
n
X xk 1 1 xn
• ln(1 + x) = (−1)k+1 + o(xn ) = x − x2 + x3 + · · · + (−1)n+1 + o(xn )
k 2 3 n
k=1
n
X x2k 1 1 1
• ch(x) = + o(x2n+1 ) = 1 + x2 + x4 + · · · + x2n + o(x2n+1 )
(2k)! 2 24 (2n)!
k=0
n
X x2k+1 1 1 5 1
• sh(x) = + o(x2n+2 ) = x + x3 + x + ··· + x2n+1 + o(x2n+2 )
(2k + 1)! 6 120 (2n + 1)!
k=0
n
X (−1)k x2k 1 1 (−1)n 2n
• cos(x) = + o(x2n+1 ) = 1 − x2 + x4 + · · · + x + o(x2n+1 )
(2k)! 2 24 (2n)!
k=0
n
X (−1)k x2k+1 1 1 5 (−1)n 2n+1
• sin(x) = + o(x2n+2 ) = x − x3 + x + ··· + x + o(x2n+2 )
(2k + 1)! 6 120 (2n + 1)!
k=0
n
X α(α − 1) . . . (α − k + 1) k α α(α − 1) 2
• (1 + x)α = x + o(xn ) = 1 + x + x + ...
k! 2 6
k=0
α(α − 1) . . . (α − n + 1) n
+ x + o(xn ) (α désignant ici un réel quelconque).
n!
Démonstration. Toutes ces formules découlent immédiatement de la formule de Taylor-Young, mais
on peut éviter certains calculs. Les deux premières formules ont déjà été prouvées dans la première
partie du cours. La troisième est obtenue à partir de la deuxième en remplaçant simplement x par −x.
Pour ln(1 + x), pas vraiment d’autre choix pour nous que de reprendre la formule de Taylor, même
1
si les calculs seront en fait très rapides : en posant f (x) = ln(1 + x), on a f ′ (x) = . Comme le
1+x

6
 (n)
1 1
DL de assure que (0) = (−1)n n!, on en déduit que f (n) (x) = (−1)n−1 (n − 1)!, et
1+x 1+x
n n
X (−1)k−1 (k − 1)! X (−1)k+1 xk
comme f (0) = 0, on trouve bien f (x) = xk + o(xn ) = + o(xn ).
k! k
k=1 k=1
ex + e−x
Le DL de la fonction ch découle immédiatement du fait que ch(x) = , ou si on préfère du
2
fait que les dérivées de ch sont périodiquement sh qui s’annule en 0 et ch qui vaut 1 en 0. Ensuite,
sh(x) = ex − ch(x) donne immédiatement le DL de sh. Pour les fonctions trigonométriques, on peut
utiliser les dérivées (on a cette fois-ci une périocité 4 sur les dérivées, qui s’annulent une fois sur
deux et valent alternativement 1 et −1 le reste du temps) ou pour faire plus savant utiliser le fait
eix + e−ix
que cos(x) = . Bon, bien sûr, cela suppose qu’on sache faire des développements limités de
2
fonctions complexes, mais ça ne pose en fait aucun problème. La dernière formule nécessite vraiment
de revenir à la formule de Taylor mais n’est pas difficile à obtenir. Si on pose f (x) = (1 + x)α , alors
f ′ (x) = α(1 + x)α−1 , f ′′ (x) = α(α − 1)(1 + x)α−2 etc. On fait une récurrence si on tient à être très
rigoureux.

Exemple : Si la dernière formule donne parfois des calculs peu digestes,


√ il est indispensable de
connaître par coeur les premiers termes du développement limité de x 7→ 1 + x (qui correspond à
1 √ 1 1 1 5 4
α = ) : 1 + x = 1 + x − x2 + x3 − x + o(x4 ).
2 2 8 16 128

2.3 Opérations sur les développements limités


Proposition 4. Si f et g admettent des DLn (a), alors f + g admet un DLn (a) dont la partie
principale est la somme de celles de f et de g.

Démonstration. C’est complètement évident, la somme de deux o(x − a)n étant bien sûr un o(x −
a)n .
1 1
Exemple : Le DL5 de la fonction x 7→ ex + cos(x) en 0 est ex + cos(x) = 2 + x + x3 + x4 +
6 12
1 5 5
x + o(x ).
120
Proposition 5. Si f et g admettent des DLn (a), alors f g admet un DLn (a) dont la partie principale
est la troncature du produit de celles de f et de g.

Démonstration. Là encore, c’est à peu près évident : si f (x) = P (x − a) + o(x − a)n et g(x) =
Q(x − a) + o(x − a)n , alors f (x)g(x) = P (x − a)Q(x − a) + o(x − a)n , les différents termes du produit
à part P Q faisant tous apparaitre des o(x − a)n . Si on fait passer dans le o ce qui est un o(x − a)n
dans le produit P Q, on trouve le résultat souhaité.

Exemple : En pratique, on se contente de développer le produit des polynômes en omettant d’écrire


les termes de degré supérieurà l’ordre recherché pour le DL. Ainsi,  le DL5 en 0 dela fonction
1 2 1 3 1 4 1 5 1 1
x x
x 7→ e cos(x) est e cos(x) = 1 + x + x + x + x + x 1 − x2 + x4 + o(x5 ) =
2 6 24 120 2 24
1 2 1 3 1 4 1 5 1 2 1 3 1 4 1 5 1 4 1 5
1+x+ x + x + x + x − x − x − x − x + x + x + o(x5 ) = 1 + x −
2 6 24 120 2 2 4 12 24 24
1 3 1 4 1
x − x − x5 + o(x5 ).
3 6 30
Remarque 4. Pas de propriété très rigoureuse à énoncer dans le cas d’une composée de deux fonctions,
mais en pratique, on sait calculer le DLn (a) de g ◦ f (x) en f (a) en remplaçant dans le DLn (g) en
f (a), la valeur de x par celle de f (x). Attention tout de même, comme on travaillera essentiellement
avec des DL en 0, à ne pas composer par une fonction qui n’a pas une limite nulle quand x tend vers
0!

7
Exemple : En pratique, on ne se gênera pas pour faire des abus de notations en écrivant des o
à l’intérieur de fonctions. On ne change pas une équipe qui gagne, cherchons donc le DL5 (0) de
1 2 1 4 5 1 2 1 4 5
x 7→ ecos(x) . On commence par écrire ecos(x) = e1− 2 x + 24 x +o(x ) = e × e− 2 x + 24 x +o(x ) . Maintenant
que ce qui est dans la deuxième exponentielle tend vers0 (notons-le u), on peut lui appliquer le DL de
1
l’exponentielle, pour obtenir ecos(x) = e 1 + u + u2 + o(x5 ) (inutile d’aller plus loin pour obtenir
2
1 2
un DL5 à la fin, puisque u ∼ − x , donc u3 sera déjà inclus dans un o(x5 ). On peut expliciter :
 2
cos(x) 1 2 1 4 1 4 e e
e = e 1 − x + x + x + o(x5 ) = e − x2 + x4 + o(x5 ) en se débarassant bien sûr de
2 24 8 2 6
tous les termes d’ordre plus grand que 5.
u(x)
Remarque 5. Dans le cas de quotients, on essaiera toujours de les écrire sous la forme , avec
1 + v(x)
1
v de limite nulle, ce qui permet de composer v par x 7→ dont on connait le DL, puis d’effectuer
1+x
un produit de DL.
ex
Exemple : Calculons donc, pour boucler la boucle, un DL5 (0) de x 7→ . On commence
cos(x)
1 1 1 1 4
par écrire = 1 2 1 4 5
. En notant u = − x2 + x , on applique le DL
cos(x) 1 − 2 x + 24 x + o(x ) 2 24
1 1 1 1 1
de x 7→ pour trouver = 1 − u + u2 + o(x5 ) = 1 + x2 − 4
+ x4 + o(x5 ) =
1+x cos(x) 2 24x 4
1 2 5 4 5 ex
1+ x + x + o(x ). Il ne reste plus qu’à faire le produit par l’exponentielle : =
 2 24   cos(x)
1 1 1 1 5 1 5 1 1
1 + x + x2 + x3 + x4 + x + o(x5 ) 1 + x2 + x4 + o(x5 ) = 1 + x + x2 + x3 +
2 6 24 120 2 24 2 6
1 4 1 5 1 2 1 3 1 4 1 5 5 4 5 5 2 3 1 4 3 5
x + x + x + x + x + x + x + x +o(x ) = 1+x+x + x + x + x +o(x5 ).
5 2
24 120 2 2 4 12 24 24 3 2 10
Proposition 6. Si f admet un DLn (a) et F est une primitive de f , alors F admet un DLn+1 (a),
dont la partie principale est la primitive de la partie principale de f prenant pour valeur F (a) en a.

Démonstration. Nous admettrons ce résultat un peu technique. La difficulté consiste à prouver que
quand on dérive un o(x − a)n+1 , on obtient toujours un o(x − a)n , ce qui nécessite le théorème des
accroissements finis.

Proposition 7. Soit f une fonction admettant un DLn (a), et telle que sa dérivée f ′ admette un
DLn−1 (a), alors la partie principale du DLn−1 (a) de f ′ est la dérivée de celle du DLn (a).

Démonstration. Résultat également admis. Attention aux hypothèses, il se peut très bien hélas que
f admette un DLn sans que f ′ admette un DLn−1 .

Exemple : Pour terminer ce paragraphe sur les différentes techniques à maîtriser pour les calculs
de développements limités, nous allons calculer de trois façons différentes le DL5 (0) de la fonction
tangente.
Exemple : Trois méthodes différentes pour calculer le DL5 (0) de la fonction tangente.
sin(x) 1
• Première possibilité, faire le DL du quotient . On a déjà vu plus haut que =
cos(x)  cos(x)
1 5 1 1 5
1 + x2 + x4 + o(x5 ), il ne reste plus quà faire le produit : tan(x) = x − x3 + x ×
 2 24  6 120
1 5 1 1 5 1 3 1 5 1
1 + x2 + x4 + o(x5 ) = x − x3 + x + x − x5 + x5 + o(x5 ) = x + x3 +
2 24 6 120 2 12 24 3
2 5 5
x + o(x ).
15

8
1 1
• Deuxième possibilité : partir de tan′ (x) = 2
, et intégrer un DL4 . On part de =
cos (x) cos2 (x)
 2
1 5 1 5 2
1 + x2 + x4 + o(x4 ) = 1 + x4 + x2 + x4 + o(x4 ) = 1 + x2 + x4 + o(x4 ). Comme
2 24 4 12 3
1 3 2 5 5
tan(0) = 0, l’intégration donne tan(x) = x + x + x + o(x ).
3 15
• Troisième possibilité : exploiter la relation tan′ (x) = 1 + tan2 (x). On sait que la fonction
tangente est de classe C ∞ et impaire, elle admet donc un DL5 (0) de la forme tan(x) = ax +
bx3 + cx5 + o(x6 ). On en déduit d’une part que tan′ (x) = a + 3bx2 + 5cx4 + o(x5 ), et d’autre
part que 1 + tan2 (x) = 1 + a2 x2 + 2abx4 + o(x5 ). Par identification de ces deux DL, on trouve
1 2 2
les relations a = 1, puis 3b = a2 = 1, donc b = , et enfin 5c = 2ab = , soit c = . Bien sûr,
3 3 15
les trois méthodes donnent le même développement.

2.4 Formulaire, deuxième partie


Théorème 6. Toutes les fonctions usuelles suivantes admettent des DL à tout ordre en 0, donnés
par les formules suivantes :
1 2
• tan(x) = x + x3 + x5 + o(x6 )
3 15
1 2
• th(x) = x − x3 + x5 + o(x6 )
3 15
n
X (−1)k x2k+1 1 1 (−1)k 2k+1
• arctan(x) = + o(x2k+2 ) = x − x3 + x5 + · · · + x + o(x2k+2 )
2k + 1 3 5 2k + 1
k=0
n
X x2k+1 1 1 1
• Argth(x) = + o(x2k+2 ) = x + x3 + x5 + · · · + x2k+1 + o(x2k+2 )
2k + 1 3 5 2k + 1
k=0
1 x3 1 × 3 x5 1 × 3 × · · · × (2n − 1) x2n+1
• arcsin(x) = x + + + ··· + + o(x2n+2 )
2 3 2×5 5 2 × 4 × · · · × (2n) 2n + 1
1 3
= x + x3 + x5 + o(x6 )
6 40
π π 1 3
• arccos(x) = − arcsin(x) = − x − x3 − x5 + o(x6 )
2 2 6 40
1 x3 1 × 3 x5 1 × 3 × · · · × (2n − 1) x2n+1
• Argsh(x) = x − + + · · · + (−1)n + o(x2n+2 )
2 3 2×5 5 2 × 4 × · · · × (2n) 2n + 1
1 3
= x − x3 + x5 + o(x6 )
6 40
Démonstration. Je crois qu’on n’a pas besoin de plus de démonstration pour la tangente. La tangente
hyperbolique s’obtient par les mêmes méthodes, seuls certains signes changent, ça vous fera un bon
1
exercice. Toutes les autres fonctions s’obtiennent en intégrant. On sait que arctan′ (x) = =
1 + x2
1−x2 +x4 −x6 +· · ·+(−1)n x2n +o(x2n+1 ), ce qui donne par intégration la formule annoncée en tenant
compte du fait que arctan(0) = 0. Idem pour Argth avec des signes positifs partout. Pour arcsin un
1 p
peu plus compliqué : arcsin′ (x) = √ = 1 + x2 + x4 + · · · + x2n + o(x2n+1 ), et il n’est pas
1 − x2
évident de trouver une formule simple pour ce développement. Contentons-nous de le faire à l’ordre 4 :
1 1 1 1 1 1 1 3
√ = 1+ (x2 +x4 )− (x2 +x4 )2 +o(x5 ) = 1+ x2 + x4 − x4 +o(x5 ) = 1+ x2 + x4 +o(x4 ),
1−x 2 2 8 2 2 8 2 8
π
qui donne bien la formule annoncée en intégrant. Comme arccos(x) = − arcsin(x), aucun calcul
2
nécessaire pour celui-ci. Enfin, Argsh est très similaire à arcsin, les signes négatifs en moins. Il n’y a
évidemment pas Argch dans la liste car la fonction n’est tout simplement pas définie en 0 (et en 1,
elle admet une tangente verticale, donc pas de DL non plus).

9
3 Applications
Pas de proposition ni de théorème dans cette dernière partie de chapître, le but est simplement
de faire une petite liste des calculs les plus classiques pour lesquels un recours à des développements
limités pourra vous permettre d’aller beaucoup plus loin (ou plus vite) que ce que vous ne faisiez
avant. Les techniques utilisées doivent tout de même être parfaitement connues.

3.1 Calculs de limites


  x2
1
Exemple : Calcul de lim x sin .
x→+∞ x
Voici un exemple typique de calcul de limite nécessitant les DL. On commence bien sûr par passer à
2 1
l’exponentielle
  : f (x) = ex ln(x sin( x )) (en
 notant f la fonction dont on cherche la limite). On sait que
1 1 1
sin ∼ , donc lim x sin = 1. Cela assure que la fonction f est bien définie au voisi-
x x→+∞ x x→+∞ x
nage de +∞, mais ne permet pas de calculer la limite puisqu’il reste  dans
 l’exponentielle une  belle

1 1 1 1
forme indéterminée. Tentons alors de faire un DL de tout ça : sin = − +o ,
    x x→+∞ x 6x3 x3
1 1 1
donc x sin = 1− 2 +o 2
. On peut désormais repasser simplement aux équivalents :
  x 6x x   
1 1 2 1 1
ln x sin ∼ − 2 (puisque celle quantité tend vers 0), et x ln x sin ∼ − . Autre-
x 6x x 6
− 16
ment dit, on obtient la conclusion suivante : lim f (x) = e . Il va de soi qu’obtenir une telle valeur
x→+∞
par une autre méthode serait bien compliqué.

3.2 Étude locale de fonctions


x2 sin( 1 )
 
1
Exemple : Étude de f : x 7→ e x − 2x ln 1 + au voisinage de +∞.
x+1 x
L’étude locale d’une fonction consiste à déterminer pour cette fonction l’existence d’une tangente (si
on est au voisinage d’une valeur finie) ou d’une asymptote, et de donner la position relative de la
droite et de la courbe dans le voisinage considéré. Tous ces calculs sont très souvents faisables sans
recours aux développements limités, mais les DL présentent le grand avantage de pouvoir tout faire
en un seul calcul. Ainsi, pour l’étude d’une fonction au voisinage de 0, un DL à l’ordre 2 donnera
l’équation de la tangente et la position relative via le signe du terme d’ordre 2 (éventuellement d’ordre
3 si celui d’ordre 2 s’annule).
En +∞, une difficulté s’ajoute, il faut se ramener en 0 pour pouvoir utiliser des DL et donc effectuer
1 1 2
en général le changement de variable X = . Ici, f (x) = esin(X) − ln(1 + X). Pour
x X(X + 1) X
avoir des fonctions définies en 0 et pouvoir effectuer un DL, on multiplie tout par X : Xf (x) =
esin(X)
 
X− 16 X 3 +o(X 4 ) 2 3 3 1 2 1 3 3
−2 ln(1+X) = (e )(1−X +X −X +o(X ))−2 X − X + X + o(X ) =
1+X  2 3
1 3 1 2 1 3 2
1 + X − X + X + X + o(X ) (1 − X + X − X + o(X )) − 2X + X − X 3 + o(X 3 ) =
3 2 3 3 2
6 2 6 3
1 1 2 3 7
1−X +X 2 −X 3 +X −X 2 +X 3 + X 2 − X 3 −2X +X 2 − X 3 +o(X 3 ) = 1−2X + X 2 − X 3 +o(X 3 ).
2 2 3 2 6
Il se trouve que le terme d’ordre 3 est ici inutile, mais mieux  vaut être prudent en général. En tout
1 3 3 1
cas, f (x) = − 2 + X + o(X) = x − 2 + +o . Cette égalité prouve que la droite
X 2 2x x
d’équation y = x − 2 est asymptote oblique à la courbe représentative de f en +∞, et comme de
3
plus f (x) − (x − 2) ∼ , qui est positif au voisinage de +∞, la courbe sera située au-dessus de son
2x
asymptote (dans un voisinage de +∞ qui reste évidemment indéterminé ! C’est imprécis, mais on
serait bien incapable d’étudier plus précisément la fonction f dans ce cas).

10
4

0
0 1 2 3 4 5 6

−1

−2

3.3 Développements asymptotiques de suites


Exemple : Développement asymptotique d’une suite implicite.
Pour tout entier naturel n, on définit le réel un comme étant l’unique solution positive de l’équation
x4 + x3 = n. Cette équation admet effectivement une solution unique puisque la fonction g : x 7→
x4 + x3 , qui est continue et strictement croissante sur R+ , effectue une bijection de [0, +∞[ sur lui-
même. Déterminer un développement asymptotique de la suite consiste à en trouver un équivalent,
puis un équivalent de la différence entre un et son équivalent, et ainsi de suite, pour obtenir une
valeur approchée de un comme somme de termes d’ordres de grandeur décroissants. Ce n’est pas un
développement limité à proprement parler car ces termes ce seront pas nécessairement des puissances
successives entières de la variable comme dans le cas d’un DL.
Dans notre cas, on peut commencer par remarquer que lim un = +∞. En effet, en notant g −1 la
n→+∞
réciproque de g sur [0, +∞[, un = g−1 (n), et d’après le théorème de la bijection, lim g−1 (n) = +∞.
n→+∞
En découle que u3n = o(u4n ), ou encore que u4n + u3n ∼ u4n . Comme par définition u4n + u3n + n,
1
on en déduit que u4n ∼ n, soit un ∼ n 4 . Pour obtenir cet équivalent, on a en fait utilisé que
n n
u4n = 1 = 1 + o(1) . On dispose maintenant d’une information supplémentaire, qui nous permet
1 + un
1
de refaire le calcul à un ordre plus précis (n’oubliez pas pour le calcul que tend vers 0, ce qui permet
un
n n 1 1
d’utiliser les DL classiques du cours) : u4n = 1 = 1 1 = n(1 − n− 4 + o(n− 4 )) =
1 + un −
1 + n 4 + o(n 4 ) −
3 3 1 3 3 1
n − n 4 + o(n 4 ). Il ne reste plus qu’à passer tout ça à la puissance : un = (n − n 4 + o(n 4 )) 4 =
  4
1
− 41 − 41 14 1 1 −1 − 14 1 1
n × (1 − n + o(n )) = n
4 4 1 − n + o(n ) = n − + o(1).
4 4
4 4
On peut reprendre le calcul pour obtenir un terme de plus: 
1 1 1 1 − 41 1 −1 1 1 1 1
= 1 = 1 × 1 1 =n 1 + n 4 + o(n 4 ) = n− 4 + n− 2 +

un n 4 − 14 + o(1) n4 1 − 14 n− 4 + o(n− 4 ) 4 4
 
− 12 4 n n − 41 1 −1 1 1
o(n ). On enchaîne : un = = −
= n 1 − n − n 2 + n 2 + o(n 2 ) = −
1 + u1n 1 + n − 14
+ 1 − 21
n + o(n − 21
) 4
  4
1 3 1 1 1 1
n 1 − n− 4 + n− 2 + o(n− 2 ) . On passe une dernière fois le tout à la puissance : un = n 4 ×
 4     4 
1 1 3 1 1 3 1 1 1 1 1 3 1 1
1 − n− 4 + n− 2 + × − × 12 n− 2 + o(n− 2 ) = n 4 × 1 − n− 4 + n− 2 + o(n− 2 ) .
4 16 4 4 4 32

11
 
1 1 3 1
Conclusion de ce sublime calcul : un = n − +4 +o .
4 32n 14 1
n4

3.4 Points stationnaires de courbes paramétrées


x(t) = cos3 (t)

Exemple : Étude des points stationnaires de l’astroïde .
y(t) = sin3 (t)
Encore un exemple de calcul qu’on sait très bien faire sans développements limités, mais pour le-
quel on pourra gagner du temps. En effet, déterminer la nature d’un point stationnaire suppose de
connaître les valeurs des différentes dérivées de x et de y au point considéré. pour cela, pas besoin
de calculer explicitement les dérivées successives, un DL nous donnera directement les valeurs via
l’identification avec la formule de Taylor-Young.
Ici, on va se concentrer sur le point stationnaire en (1, 0) obtenu pour t = 0. Comme ça, on n’aura
 3
3 1 2 1 4 4 3 1
que des DL en 0 à faire. Allons-y : cos (t) = 1 − t + t + o(t ) = 1 − t2 + t4 + o(t4 ).
2 24 2 8
En découle que x′ (0) = 0 (ce n’est pas une surprise), x′′ (0) = −3 (attention à ne pas oublier les
k! du dénominateur dans la formule de Taylor), x′′′ (0) = 0 et x(4) (0) = 3. De même, on calcule
 3
3 1 3 4
sin (t) = t − t + o(t ) = t3 + o(t4 ). C’est encore plus simple : la seule dérivée non nulle est
6
y ′′′ (t) = 6. En particulier, le vecteur dérivé seconde en 0 est horizontal, ce qui donne la direction de
la tangente, et le vecteur dérivé tierce est vertical, donc non colinéaire au précédent. Nous sommes
en présence d’un point de rebroussement de première espèce.

0
−1 0 1

−1

12

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