Développements Limités en Analyse
Développements Limités en Analyse
22 avril 2013
Galilée
Perles du bac.
Introduction
Enfin du nouveau en analyse cette année. Les développements limités constituent un outil telle-
ment fondamental pour les calculs de limites autres études locales de fonctions que vous ne pourrez
plus vous en passer une fois que vous les aurez découverts ! L’idée est fort simple : approcher loca-
lement (c’est-à-dire au voisinage d’un réel donné) une fonction suffisamment régulière (c’est-à-dire
dérivable un certain nombre de fois) par une fonction polynômiale. Des outils techniques essentiels,
les différentes formules de Taylor, permettent d’effectuer cette approximation. Tout le chapître est de
toute façon essentiellement technique puisque le but est avant tout de savoir calculer ces développe-
ments limités, ce qui nécessite l’ingurgitation d’un formulaire assez conséquent. Pour vous rassurer,
nous verrons tout de même aussi dans ce dernier chapître d’analyse pure de l’année des applications
recouvrant à peu près tous les domaines étudiés jusqu’ici.
Objectifs du chapitre :
• comprendre les différences entres les diverses versions de la formule de taylor, et en maîtriser
les hypothèses.
• connaître par coeur les développements limités usuels.
• savoir repérer les situation où les développements limités peuvent être utiles, sans tomber dans
l’excès de calculs dispensables.
1
1 Formules de Taylor
La première formule de Taylor que nous allons voir concerne les polynômes. Ici, pas question
d’approximation, puisqu’un polynôme est évidemment simplement égal à lui-même, mais l’idée est de
comprendre qu’il existe plusieurs façons différentes de décrire un même polynôme. L’espace vectoriel
Rn [X] étant de dimension n + 1, on peut décrire un polynôme de degré n en donnant n + 1 réels.
On peut le faire d’au moins trois façons :
• donner les coefficients du polynôme. C’est la façon la plus classique de procéder, mais l’informa-
tion donnée est finalement assez peu commode à exploiter autrement que très globalement (que
signifie le fait qu’un polynôme de degré 8 a un coefficient de degré 3 égal à 5 ? Essentiellement
rien).
• donner les valeurs du polynôme en n + 1 réels distincts (cf la remarque sur les polynômes
interpolateurs de Lagrange dans notre chapître sur la dimension des espaces vectoriels). Cela
donne une information très concrète mais éparpillée à n + 1 endroits différents.
• la troisième méthode que nous allons voir concentre réellement toute l’information au même
endroit, puisque la formule de Taylor reconstitue le polynôme à partir des valeurs de ses
différentes dérivées en un même réel a.
Démonstration. Commençons par prouver la formule dans le cas particulier où P (X) = Pi (X) = X i .
Dans ce cas, les dérivées du polynôme sont données par P ′ (X) = iX i−1 , P ′′ (X) = i(i − 1)X i−2 , . . .,
i!
P (k) (X) = i(i − 1) . . . (i − k + 1)X i−k = X i−k (une récurrence est nécessaire pour prouver ce
(i − k)!
i!
résultat tout à fait rigoureusement, on s’en passera). On en déduit que P (k) (a) = ai−k , puis
(i − k)!
n n n
X P ( k)(a) k
X i! i−k k
X i
que (X − a) = a (X − a) = (X − a)k ai−k = (X − a + a)i = X i
k! (i − k)!k! k
k=0 k=0 k=0
en reconnaissant la formule du binôme de Newton. Certains termes de la somme ne sont pas définis
(quand k > i), ce qui ne pose pas de problème en considérant qu’ils sont nuls par convention. Pour
Xn
prouver la formule pour un polynôme quelconque, on procède ensuite par linéarité : P = ai Pi
i=0
n n n (
X X X P k)(a)
(où les ai sont les coefficients de P ), donc P (X) = ai Pi (X) = ai i
(X − a)k =
k!
i=0 i=0 k=0
n n n
X 1 X (k)
X 1
(X − a)k ai Pi (a) = (X − a)k P (k) (a) par linéarité des dérivées k-èmes.
k! k!
k=0 i=0 k=0
Une fois cette première formule de Taylor démontrée, on va tenter de l’appliquer telle quelle à des
fonctions qui ne sont plus des polynômes. Le résultat ne sera bien sûr plus une égalité, et toute la
difficulté sera d’arriver à comprendre ce que vaut le reste une fois la partie polynômiale isolée. C’est
l’objet des trois autres formules de Taylor que nous allons maintenant aborder.
Démonstration. Pour Z xcomprendre (et même simplement retenir) cette formule, écrivons-là pour n =
0 : f (x) = f (a) + f ′ (t) dt. En effet, cette égalité est pratiquement évidente puisque l’intégrale
a
2
vaut f (x) − f (a). Comment faire maintenant pour transformer le f ′ en f ′′ dans l’intégrale et obtenir
la formule au rang suivant ? Tout simplement en faisant une IPP. On pose u(t) = f ′ (t), soit u′ (t) =
f ′′ (t), et v ′ (t) = 1. La seule subtilité consiste à choisir v(t) = t − x, qui est bien une primitive
de v ′ , et on trouve exactement la formule au rang 1. Plus généralement, la formule se prouve par
récurrence. L’initialisation a déjà été prouvée, pour l’hérédité, on va faire une IPP en posant u(t) =
(x − t)n (x − t)n+1
f (n+1) (t), donc u′ (t) = f (n+2) (t) ; et v ′ (t) = , soit v(t) = − . On trouve alors
n! (n + 1)!
n x Z x
f (k) (a) (x − t)n+1 (n+1)(t) (x − t)n+1 (n+2)
X
k
f (x) = (x − a) + − f + f (t) dt. Le crochet valant
k! (n + 1)! a a (n + 1)!
k=0
(x − a)n+1 (n+1)
f (a), on trouve bien la formule au rang n + 1.
(n + 1)!
n
X f (k) (a)
Définition 1. Le polynôme P (X) = (X − a)k est le polynôme de Taylor d’ordre n
k!
k=0 Z x
(x − t)n (n+1)
de f en a, noté Tn (X). La différence f (x) − T (x) = f (t) dt est le reste intégral
a n!
d’ordre n de f en a, noté Rn (x).
Remarque 1. Les trois formules de Taylor ue nous venons de voir (celle sur les polynômes est un
peu à part) se resssemblent, mais ont chacune leur spécificité qui les rend toutes indispensables dans
certaines situations :
• la formule de Taylor-Young est de loin celle que vous utiliserez le plus souvent, c’est la moins
précise mais c’est elle qui va nous permettre d’obtenir les développements limités. Elle met
vraiment l’accent sur le caractère local des formules de Taylor.
• au contraire, l’inégalité de Taylor-Lagrange est la seule permettant d’obtenir des informations
globalement, c’est-à-dire sur tout l’intervalle I. Elle sera notamment utilisée pour prouver des
convergences de suites sur tout l’intervalle I.
3
• la formule de Taylor avec reste intégral est la plus fondamentale dans la mesure où c’est la
seule à donner une version exacte du reste. À partir de là, tous les calculs restent possibles, et
on s’en servira parfois pour obtenir des majorations du reste plus fines ou différentes de celle
donnée par Taylor-Lagrange.
Exemple 1 : Appliquons la formule de Taylor-Young à la fonction exponentielle, pour a = 0, à
l’ordre n. Les dérivées sont évidemment vite calculées puisqu’elles sont toutes identiques, et valent 1
n
X xk x2 x3 xn
en 0. On en déduit que ex = + o(xn ) = 1 + x + + +···+ + o(xn ). Graphiquement,
k! 2 6 n!
k=0
1
les polynômes T0 (X) = 1, T1 (X) = 1 + X, T2 (X) = 1 + X + X 2 etc, sont les polynômes dont les
2
courbes sont les plus proches possibles de la courbe de l’exeponentielle en 0 pour chaque degré. En
pratique, ces courbes vont « coller » à celle de l’exponentielle de plus en plus longtemps au voisinage
de 0. On peut prouver la convergence de Tn (x) vers ex quelle que soit la valeur de x, mais ce n’est
pas notre but cette année (et ça ne découle en tout cas pas du tout de la formule de taylor-Young).
Une petite illustration avec les premiers polynômes de Taylor (T1 en rouge, T2 en bleu, T3 en vert,
T4 en orange, T5 en rose, T10 en violet, la courbe de l’exponentielle étant en noir) :
0
−6 −5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1
−2
1 1
Exemple 2 : Effectuons les mêmes calculs sur la fonction g : x 7→ . On calcule g′ (x) =
1−x (1 − x)2
2
(le − de la dérivée du dénominateur compense le − de la dérivation de l’inverse), g ′′ (x) = ,
(1 − x)3
n!
et on conjecture (et on prouve par récurrence) que g(n) (x) = . En particulier, g (n) (0) = n!,
(1 − x)n+1
n
1 X
et la formule de Taylor-Young donne alors = xk + o(xn ) = 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn ).
1−x
k=0
Ce n’est pas une grande surprise, on sait depuis qu’on a appris à étudier des suites géométriques que
n
X 1 − xn+1 1
xk = = + O(xn+1 ). Ici, bien évidemment, la suite Tn (x) ne peut pas converger
1−x 1−x
k=0
1
vers pour toute valeur de x puisqu’on aura déjà de gros problèmes quand x = 1. En fait, la
1−x
formule de la somme géométrique permet de prouver facilement que la convergence n’a lieu que si
x ∈] − 1, 1[. Une illustration graphique, avec les mêmes codes couleurs que pour l’exponentielle :
4
3
0
−2 −1 0 1 2
−1
2 Développements limités
2.1 Définitions
Définition 2. Une fonction f admet un développement limité à l’ordre n en a si f (x) = P (x−
x→a
a) + o(x − a)n , où P ∈ Rn [X]. Le polynôme P est alors appelé partie régulière du développement
limité, et ce qui se cache derrière le o(x−a)n est le reste du développement limité. On notera souvent
DLn (a) pour désigner un développement limité à l’ordre n en a.
Remarque 2. On omettra souvent de préciser que x tend vers 0 quand on écrit un développement
limité en 0, ce qui sera de loin le cas le plus fréquent.
Proposition 1. Si f admet un DLn (a), sa partie régulière est unique.
Démonstration. En effet, si f admettait deux développements limités avec des parties régulières P1 et
P2 distinctes, on aurait par soustraction des deux développements 0 = P1 (x−a)−P2 (x−a)+o(x−a)n ,
autrement dit P1 (x − a) − P2 (x − a) = o(x − a)n . Le polynôme P1 − P2 étant de degré au plus n, ce
ci n’est possible que s’il est nul.
Corollaire 1. Si f est une fonction paire, son DLn (0) ne contient que despuissances paires de x.
De même, si f est impaire, son DLn (0) ne contiendra que des puissances impaires de x.
Démonstration. Soit f (x) = a0 + a1 x + · · · + an xn + o(xn ) le DLn (0) de f (dans le cas d’une fonction
paire. Comme −x tend certainement vers 0 quand x tend vers 0, on peut écrire f (−x) = a0 − a1 x +
· · · + (−1)n xn + o(xn ). En soustrayant les deux égalités et en utilisant le fait que d(x) − f (−x) = 0
pour une fonction paire, on trouve 0 = 2a1 x + · · · + 2a2k+1 x2k+1 + o(xn ). Or, la fonction nulle a
évidemment pour développement limité en 0 le développement suivant : 0 = 0 + o(xn ). Par unicité
du DL, on en déduit que a1 = · · · = a2k+1 = 0. Le raisonnement pour une fonction impaire est le
même en faisant une somme au lieu de la différence.
Proposition 2. Si f admet un DLn (a), alors f admet des DLk (a) pour tout entier k 6 n, obtenus
par troncature du DLn (a), c’est-à-dire en gardant dans la partie régulière du DLn (a) les termes
jusqu’à ak (X − a)k .
5
Démonstration. C’est évident, tous les termes suivants sont des o(X −a)k , donc peuvent être intégrés
dans un o(X − a)k global, ce qui donne bien un DLk (a) de f .
Remarque 3. Attention tout de même à ne pas se dire simplement qu’on garde dans la partie régulière
les termes de degré inférieur ou égal à k, ce n’est pas vrai si on travaille sur des développements
limités ailleurs qu’en 0.
Démonstration. Tout a déjà été fait ! Dire que f est continue en a signifie bien que f (x) = f (a) +
x→a
o(1), dire que f est dérivable en a est équivalent à avoir f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + o(x − a), et
x→a
le troisième point est une conséquence immédiate de la formule de Taylor-Young. Attention tout de
même, dans ce dernier cas, la réciproque n’est pas du tout vraie, il existe des fonctions qui admettent
par exemple des DL à tout ordre en 0 sans être de classe C ∞ .
6
(n)
1 1
DL de assure que (0) = (−1)n n!, on en déduit que f (n) (x) = (−1)n−1 (n − 1)!, et
1+x 1+x
n n
X (−1)k−1 (k − 1)! X (−1)k+1 xk
comme f (0) = 0, on trouve bien f (x) = xk + o(xn ) = + o(xn ).
k! k
k=1 k=1
ex + e−x
Le DL de la fonction ch découle immédiatement du fait que ch(x) = , ou si on préfère du
2
fait que les dérivées de ch sont périodiquement sh qui s’annule en 0 et ch qui vaut 1 en 0. Ensuite,
sh(x) = ex − ch(x) donne immédiatement le DL de sh. Pour les fonctions trigonométriques, on peut
utiliser les dérivées (on a cette fois-ci une périocité 4 sur les dérivées, qui s’annulent une fois sur
deux et valent alternativement 1 et −1 le reste du temps) ou pour faire plus savant utiliser le fait
eix + e−ix
que cos(x) = . Bon, bien sûr, cela suppose qu’on sache faire des développements limités de
2
fonctions complexes, mais ça ne pose en fait aucun problème. La dernière formule nécessite vraiment
de revenir à la formule de Taylor mais n’est pas difficile à obtenir. Si on pose f (x) = (1 + x)α , alors
f ′ (x) = α(1 + x)α−1 , f ′′ (x) = α(α − 1)(1 + x)α−2 etc. On fait une récurrence si on tient à être très
rigoureux.
Démonstration. C’est complètement évident, la somme de deux o(x − a)n étant bien sûr un o(x −
a)n .
1 1
Exemple : Le DL5 de la fonction x 7→ ex + cos(x) en 0 est ex + cos(x) = 2 + x + x3 + x4 +
6 12
1 5 5
x + o(x ).
120
Proposition 5. Si f et g admettent des DLn (a), alors f g admet un DLn (a) dont la partie principale
est la troncature du produit de celles de f et de g.
Démonstration. Là encore, c’est à peu près évident : si f (x) = P (x − a) + o(x − a)n et g(x) =
Q(x − a) + o(x − a)n , alors f (x)g(x) = P (x − a)Q(x − a) + o(x − a)n , les différents termes du produit
à part P Q faisant tous apparaitre des o(x − a)n . Si on fait passer dans le o ce qui est un o(x − a)n
dans le produit P Q, on trouve le résultat souhaité.
7
Exemple : En pratique, on ne se gênera pas pour faire des abus de notations en écrivant des o
à l’intérieur de fonctions. On ne change pas une équipe qui gagne, cherchons donc le DL5 (0) de
1 2 1 4 5 1 2 1 4 5
x 7→ ecos(x) . On commence par écrire ecos(x) = e1− 2 x + 24 x +o(x ) = e × e− 2 x + 24 x +o(x ) . Maintenant
que ce qui est dans la deuxième exponentielle tend vers0 (notons-le u), on peut lui appliquer le DL de
1
l’exponentielle, pour obtenir ecos(x) = e 1 + u + u2 + o(x5 ) (inutile d’aller plus loin pour obtenir
2
1 2
un DL5 à la fin, puisque u ∼ − x , donc u3 sera déjà inclus dans un o(x5 ). On peut expliciter :
2
cos(x) 1 2 1 4 1 4 e e
e = e 1 − x + x + x + o(x5 ) = e − x2 + x4 + o(x5 ) en se débarassant bien sûr de
2 24 8 2 6
tous les termes d’ordre plus grand que 5.
u(x)
Remarque 5. Dans le cas de quotients, on essaiera toujours de les écrire sous la forme , avec
1 + v(x)
1
v de limite nulle, ce qui permet de composer v par x 7→ dont on connait le DL, puis d’effectuer
1+x
un produit de DL.
ex
Exemple : Calculons donc, pour boucler la boucle, un DL5 (0) de x 7→ . On commence
cos(x)
1 1 1 1 4
par écrire = 1 2 1 4 5
. En notant u = − x2 + x , on applique le DL
cos(x) 1 − 2 x + 24 x + o(x ) 2 24
1 1 1 1 1
de x 7→ pour trouver = 1 − u + u2 + o(x5 ) = 1 + x2 − 4
+ x4 + o(x5 ) =
1+x cos(x) 2 24x 4
1 2 5 4 5 ex
1+ x + x + o(x ). Il ne reste plus qu’à faire le produit par l’exponentielle : =
2 24 cos(x)
1 1 1 1 5 1 5 1 1
1 + x + x2 + x3 + x4 + x + o(x5 ) 1 + x2 + x4 + o(x5 ) = 1 + x + x2 + x3 +
2 6 24 120 2 24 2 6
1 4 1 5 1 2 1 3 1 4 1 5 5 4 5 5 2 3 1 4 3 5
x + x + x + x + x + x + x + x +o(x ) = 1+x+x + x + x + x +o(x5 ).
5 2
24 120 2 2 4 12 24 24 3 2 10
Proposition 6. Si f admet un DLn (a) et F est une primitive de f , alors F admet un DLn+1 (a),
dont la partie principale est la primitive de la partie principale de f prenant pour valeur F (a) en a.
Démonstration. Nous admettrons ce résultat un peu technique. La difficulté consiste à prouver que
quand on dérive un o(x − a)n+1 , on obtient toujours un o(x − a)n , ce qui nécessite le théorème des
accroissements finis.
Proposition 7. Soit f une fonction admettant un DLn (a), et telle que sa dérivée f ′ admette un
DLn−1 (a), alors la partie principale du DLn−1 (a) de f ′ est la dérivée de celle du DLn (a).
Démonstration. Résultat également admis. Attention aux hypothèses, il se peut très bien hélas que
f admette un DLn sans que f ′ admette un DLn−1 .
Exemple : Pour terminer ce paragraphe sur les différentes techniques à maîtriser pour les calculs
de développements limités, nous allons calculer de trois façons différentes le DL5 (0) de la fonction
tangente.
Exemple : Trois méthodes différentes pour calculer le DL5 (0) de la fonction tangente.
sin(x) 1
• Première possibilité, faire le DL du quotient . On a déjà vu plus haut que =
cos(x) cos(x)
1 5 1 1 5
1 + x2 + x4 + o(x5 ), il ne reste plus quà faire le produit : tan(x) = x − x3 + x ×
2 24 6 120
1 5 1 1 5 1 3 1 5 1
1 + x2 + x4 + o(x5 ) = x − x3 + x + x − x5 + x5 + o(x5 ) = x + x3 +
2 24 6 120 2 12 24 3
2 5 5
x + o(x ).
15
8
1 1
• Deuxième possibilité : partir de tan′ (x) = 2
, et intégrer un DL4 . On part de =
cos (x) cos2 (x)
2
1 5 1 5 2
1 + x2 + x4 + o(x4 ) = 1 + x4 + x2 + x4 + o(x4 ) = 1 + x2 + x4 + o(x4 ). Comme
2 24 4 12 3
1 3 2 5 5
tan(0) = 0, l’intégration donne tan(x) = x + x + x + o(x ).
3 15
• Troisième possibilité : exploiter la relation tan′ (x) = 1 + tan2 (x). On sait que la fonction
tangente est de classe C ∞ et impaire, elle admet donc un DL5 (0) de la forme tan(x) = ax +
bx3 + cx5 + o(x6 ). On en déduit d’une part que tan′ (x) = a + 3bx2 + 5cx4 + o(x5 ), et d’autre
part que 1 + tan2 (x) = 1 + a2 x2 + 2abx4 + o(x5 ). Par identification de ces deux DL, on trouve
1 2 2
les relations a = 1, puis 3b = a2 = 1, donc b = , et enfin 5c = 2ab = , soit c = . Bien sûr,
3 3 15
les trois méthodes donnent le même développement.
9
3 Applications
Pas de proposition ni de théorème dans cette dernière partie de chapître, le but est simplement
de faire une petite liste des calculs les plus classiques pour lesquels un recours à des développements
limités pourra vous permettre d’aller beaucoup plus loin (ou plus vite) que ce que vous ne faisiez
avant. Les techniques utilisées doivent tout de même être parfaitement connues.
10
4
0
0 1 2 3 4 5 6
−1
−2
11
1 1 3 1
Conclusion de ce sublime calcul : un = n − +4 +o .
4 32n 14 1
n4
0
−1 0 1
−1
12