Géométrie Différentielle : Variétés Topologiques
Géométrie Différentielle : Variétés Topologiques
Assistant Professor
Department of Mathematics and Computer Science
University of Maroua
2023-2024
Contents
Contents 2
1 Variétés 3
1.4 Sous-variétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4.1 Exercice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Références 25
Intuitivement, une variété est une généralisation des surfaces dans l’espace. Une telle
surface peut être par exemple la sphère bidimensionnelle S2 . En physique, notamment, il
s’avère que certaines contraintes obligent le mouvement des particules à se faire sur la
sphère. Par conséquent, les questions comme la recherche du maximum ou du minimum
d’une fonction sont complètement différentes, car nous ne pouvons plus utiliser nos
techniques de domaine ouvert. De ce fait, la question est de savoir comment élargir nos
méthodes de calcul aux surfaces, plus généralement aux variétés abstraites ? Pour ce faire,
nous devons d’abord comprendre ce que sont les fondamentaux d’une telle surface. Nous
commencerons donc par un aperçu rapide du domaine de la topologie, après quoi nous
serons en mesure de définir les variétés différentiables comme notre sujet d’étude.
(i) ∅, M ∈ T .
(ii) Si U1 , U2 ∈ T alors U1 ∩ U2 ∈ T .
S
(iii) Si Uα ∈ T , α ∈ I, alors α∈I α ∈ T .
U
Topologie Quotient 1.1.1. La topologie quotient est un construction très importante pour
les espaces topologiques. Nous avons besoin de cette topologie pour parler par exemple
des espaces projectifs. Rappelons qu’une relation d’équivalence sur un ensemble S est
une relation réflexive, symétrique et transitive. La classe d’équivalence [x] de x ∈ S
est l’ensemble de tous les éléments de S équivalents à x. Une relation d’équivalence
sur S partitionne S en classes d’équivalence disjointes. Nous désignons l’ensemble des
classes d’équivalence par S/ ∼ et appelons cet ensemble le quotient de S par la relation
d’équivalence ∼. Il existe une projection naturelle q : S 7→ S/ ∼ qui envoie x ∈ S sur sa
Espace projectif 1.1.1. Définissons une relation d’équivalence sur Rn+1 − 0 par x ∼ y
⇔ y = tx pour tout nombre réel non nul t, où x, y ∈ Rn+1 − {0}. L’espace projectif
réel Pn (R) est l’espace quotient de Rn+1 − {0} par cette relation d’équivalence. Nous
désignons la classe d’équivalence d’un point (x0 , ..., xn ) ∈ Rn+1 − {0} par [a0 , ..., an ] et
on note q : Rn+1 − {0} → Pn (R) la projection. Géométriquement, deux points non nuls
de Rn+1 sont équivalents si et seulement s’ils se trouvent sur la même ligne passant par
l’origine. Ainsi Pn (R) peut être interprété comme l’ensemble de toutes les lignes passant
par l’origine dans Rn+1 . Chaque ligne passant par l’origine dans Rn+1 rencontre la sphère
unité S n en une paire d’antipodes. Une paire de points antipodaux sur S n détermine
une ligne unique passant par l’origine. Cela suggère que nous définissons une relation
d’équivalence ∼ sur S n en identifiant les points antipodaux. De ce fait, Pn (R) = (Sn / ∼)
et x ∼ y sur S n ⇔ (x = y ou x = −y).
(ii) A base dénombrable, ie ∀U ∈ T , ∃ (Ai )i∈I avec Ai ∈ B et U = ∪(Ai )i∈I , où B est
une base dénombrable d’ouverts de T .
R2
M
ϕ ϕ(U )
U
Remarque 1.1.1. Les deux premières conditions de la définition sont plus techniques et
sont parfois négligées. Le fait important est qu’une variété topologique est localement
homéomorphe à Rn . En gros, les variétés ressemblent localement à l’espace euclidien. Si
la topologie sur M est induite par une métrique, alors la première condition est satisfaite
automatiquement. Si M est donné comme un sous-ensemble de Rn avec la topologie de
sous-ensemble, alors les deux conditions 1 et 2 sont satisfaites automatiquement.
Définition 1.1.2 (Cartes et coordonnées locales). 1. Le couple (U, ϕ) est une carte de
(M, T ) et U le domaine de la carte.
3. Les fonctions xii=1,...n : U → R sont appelés les fonctions coordonnées et (x1 , ..., xn )
est appelé le sysème de coordonnées locales et x1 (p), ..., xn (p) sont appelées
coordonnées de p (relativement à la carte (U, ϕ).
Exemple 1. 1. L’espace euclidien Rn est couvert par une seule carte ( Rn , IdRn ). Tout
sous-ensemble ouvert de Rn est également une variété topologique, avec la carte
(U, IdU ).
ϕ : Γf → U, (x, f (x)) 7→ x
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Variétés 8/25
Imaginez deux cartes (U1 , ϕ1 ) et (U2 , ϕ2 ) pour le même espace topologique (M, T ) avec
T
des régions de chevauchement, c’est-à-dire U1 U2 ̸= ∅. Un point dans cette région de
chevauchement peut être représenté à la fois par ϕ1 et ϕ2 à leurs chemins respectifs de Rn .
Nous pouvons passer d’une représentation graphique du point à l’autre en utilisant les
cartes de transition. Par exemple, si nous voulons passer de la carte (U1 , ϕ1 ) à (U2 , ϕ2 ),
nous utilisons la fonction de transition
\ \
ϕ12 := ϕ1 ◦ ϕ−1
2 : ϕ1 (U1 U2 ) → ϕ2 (U1 U2 )
u 7→ ϕ1 ◦ ϕ−1
2 (u). (1.1.1)
Soit (u1 , ..., un ) les coordonées du point u et (ϕ112 (u1 , ...un ), ..., (ϕn12 (u1 , ...un )) les
U1 U1 ∩ U2 U2
p
T ϕ1
ϕ2
ϕ2 (U2 )
ϕ1 (U1 )
ϕ2 ◦ ϕ−1
i ϕ 1 (p)
ϕ2(p)
ϕ1(p)
ϕ1 (U1 ∩ U2 ) ϕ2 (U1 ∩ U2 )
coordonnées de ϕ12 . Donc ϕi12 (u1 , ..., un ) est une fonction continue de n variable.
Soit p ∈ U1 ∩ U2 , donc ϕ1 (p) = (x1 (p), ..., xn (p)) et ϕ2 (p) = (y1 (p), ..., yn (p)),
et puisque ϕ1 (p) ∈ ϕ1 (U1 ∩ U2 ), posons u = ϕ1 (p) dans (1), d ou ϕ12 (ϕ1 (p)) =
ϕ2 (p), ie,
(ϕ121 (x1 (p), ..., xn (p))), ..., ϕn21 (x1 (p), ..., xn (p))). D où
Proposition 1.1.1. Montrer que les fonctions de transition sont des homéomorphismes
Proof. ϕ2 ◦ ϕ−1 −1 −1
1 contninue, (ϕ2 ◦ ϕ1 ) = ϕ1 ◦ ϕ−1
2 continue. ■
Exemple 3. M = S2 ,
ϕ+ + 2
1 : U1 → B (1, 0), (x1 , x2 , x3 ) 7→ (x2 , x2 )
ϕ+ + 2
2 : U2 → B (1, 0), (x1 , x2 , x3 ) 7→ (x1 , x3 ).
p p
ϕ+
2 ◦ (ϕ + −1
1 ) (x ,
1 2x ) = ϕ +
2 ( 1 − x 2 − x2 , x , x ) = ( 1 − x2 − x2 , x ).
1 2 1 2 1 2 2
Pour un variété topologique M , comme pour tout espace topologique, il est logique de
parler de fonctions continues f : M → R. Dans un cours de géométrie différentielle,
nous aurons certainement besoin de différencier des fonctions. Mais que signifie la
différentiabilité de f ?
Cette définition est en principe très raisonnable. Elle signifie que f est différentiable
sur M si elle est différentiable sur R lorsqu’elle est exprimée en coordonnées. Mais il ya
un problème avec cette définition. Si (ψ : Ũ ) est une autre carte avec p ∈ Ũ , alors autour
de ψ(p) on aura
f ◦ ψ −1 = (f ◦ ϕ−1 ) ◦ (ϕ ◦ ψ −1 ) .
dif f continue
Définition 1.2.1. Deux cartes (U, ϕ) et (V, ψ) sont dites (C ∞ ) compatibles si les fonctions
de transition ψ ◦ ϕ−1 et ϕ ◦ ψ −1 sont des (C ∞ ) difféomorphismes.
(1) ∪i∈I Ui = M .
Exemple 4. 1. Soit M = U ⊂ Rn un ouvert. Alors l’atlas à une carte {(U, id)} est un
atlas C ∞ .
(x2 , . . . , xn+1 )
ϕN : S n \ {N } → Rn : (x1 , . . . , xn+1 ) 7→ ,
1 − x1
(x2 , . . . , xn+1 )
ϕS : S n \ {S} → Rn : (x1 , . . . , xn+1 ) 7→ .
1 + x1
ϕ−1 n
N : R → UN : (a1 , . . . , xn ) 7→ (x1 , . . . , xn+1 ).
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Variétés 12/25
xi+1
ai = ⇒ xi+1 = ai (1 − x1 )
1 − x1
X n n
X
2 2
⇒ 1 − x1 = (xi+1 ) = a2i (1 − x1 )2
i=1 i=1
n
X
⇒ a2i (1 − x1 ) = 1 + x1
i=1
||a||2 − 1 2
⇒ x1 = , (1 − x1 ) =
1 + ||a||2 1 + ||a||2
||a||2 − 1 2ai
⇒ x1 = , xi = .
1 + ||a||2 1 + ||a||2
||a||2 −1
Nous avons donc ϕ−1
N (a1 , ..., an ) = 2a1 2an
||a||2 +1 , ||a||2 +1 , ...., ||a||2 +1 . On calcule alors
ϕS ◦ ϕ−1
N (a1 , ..., an ) = a1 an
||a||2 , ..., ||a||2 = a
||a||2 qui est C ∞ Rn∗ → Rn∗ . De façon
similaire on montre que ϕN ◦ ϕ−1 ∞
S est C . Ainsi A := {(UN , ϕN ), (US , ϕS ))} est
un C ∞ atlas.
3. Projectif space: Pn (R) = (Sn / ∼) avec la topologie quatient tel que x ∼ y sur S n
⇔ (x = y ou x = −y). Nous avons aussi la projection canonique Sn → (Sn / ∼) qui
est aussi continue. Maintenant définisson un atlas pour Pn (R). De ce fait, définissons
Par la définition de la topologie quotient T̂ , pour tout i = 1, ..., n + 1 Ûi est ouvert
car Ui+ ∪ Ui−1 l’est et aussi, Pn (R) = Uˆi ,i∈{1,2,...,n+1} .
S
Pour bien comprendre, prenons n = 1. Dans ce cas, l’espace projectif est la collection
des lignes du plan qui passent par l’origine et Û1 est constitué des lignes du plan
privée de la droite (AB) et Û2 est constitué des lignes du plan privée de la droite
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Variétés 13/25
(CD).
Comme la connaissance d’une pente défnie de façon unique une ligne, nous avons:
x2
ϕ̂1 : Û1 → U1′ ⊂ R, ϕ̂1 ([x]) = ,
x1
h 1 i
ϕ̂−1
1 : U1′ → Û1 , ϕ̂−1
1 (u) = (1, u) √ ,
1 + u2
x1
ϕ̂2 : Û2 → U2′ ⊂ R, ϕ̂1 ([x]) = ,
x2
h 1 i
ϕ̂−1
1
′
: U1 → Û2 , −1
ϕ̂1 (u) = (u, 1) √ .
1 + u2
Définition 1.2.3. Un atlas C ∞ Amax est appelé structure differentiable si chaque carte qui
est C ∞ -compatible avec toute carte dans Amax est deja contenue dans Amax .
Définition 1.2.4. Une variété différentiable est un couple (M, Amax ) où M est une variété
topologique et Amax une structure différentiable sur M.
Rappelons que chaque fois que nous introduisons une nouvelle structure dans nos
objets, il est toujours utile d’étudier les applications préservant la structure. Ces
applications sont généralement connues sous le nom d’isomorphismes. Pour deux
ensembles, l’isomorphisme est une bijection. Pour les espaces topologiques, nous avons
vu que l’isomorphisme est un homéomorphismes. Deux objets qui sont reliés par un
homéomorphisme sont dits homéomorphes.
f
U V
ϕ ψ
Rm Rn
ψ ◦ f ◦ ϕ−1
ψe ◦ f ◦ ϕe−1
Rm Rn
ϕe ψe
f
∞
C U V C∞
ϕ ψ
Rm Rn
ψ ◦ f ◦ ϕ−1
f : Sn → Sn , f (y) = −y
−1
Par consequent ϕS ◦ f ◦ ϕN est C ∞ sur Rn . Cette argument montre que f est
différentiable en tout point de Sn except S parceque S est le seule point qui n’est pas
contenu dans la carte UN . En interchangeant les deux cartes on voir similairement
que f est aussi différentiable dans un voisinage de S. De ce fait, f est différentiable
sur Sn .
id
R R
ϕ = id ψ ⇒ ψ ◦ id is C∞ et donc id aussi
t 7→ t3
R R
id
R R
ψ ϕ = id ⇒ ψ ◦ id n’est pas C∞ et donc id aussi
√ 3
t 7→ t
R R
En somme, on voir que id est un homéomorphisme de (R, A1,max ) à (R, A2,max ) qui
est différentiable par contre son inverse ne l’est pas.
Exemple 6. 1. Soit M = (R, A1,max ) avec A1,max = (R, id) et N = (R, A2,max ) avec
A2,max = (R, ϕ : R → R, ψ(t) = t3 ). Nous avions vu que id : M → N n’est pas un
√3
difféomorphisme. Par contre f : M → N, f (t) = t est un difféomorphisme
parce que
f
M N
ϕ ψ
id
R R
variété de dimension (m − n) de M .
Exemple 7. (a) GL(n, R){A ∈ Rn×n | det(A) ̸= 0} est une variété de dimension n2 .
En effet comme le determination est une application continue, alors Gl(n, R) est un
2
ouvert de Rn par consequent une variété de dimension n2 .
n(n+1)
(b) sym(n × n, R) := {B ∈ Rn×n | B T = B} est une variété de dimension 2
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Variétés 19/25
cas n=2: Soit (GL(n, R), ϕ) une carte de GL(n, R) et (o(n, R), ψ) une carte de
o(n, R) définie respectivement par
ϕ : GL(n, R) → R4 , ψ : o(n, R) → R3
x
1
y1
x1 x2 x y1 y2
7→ 2 , 7→ y2
x3 x4 x 3 y2 y3
y3
x4
Jacobien matrix
2x 0 2x2 0
1
Jψ◦f ◦ϕ−1 (x) = x2 x1 x4 x3
0 2x2 0 2x4
c’est yes sauf à quelque exception près, c’est pas vrai pour
x1 = x2 = 0, x3 = x4 = 0, x1 = x3 = 0, x2 = x4 = 0.
Exemple
8. Soient f + , f − ∈ C ∞ (R), l’objectif est de chercher une fonction f telle que
f = f − sur] − ∞, −1[
f = f + sur]1, ∞[
Possons
f := ψ−1 f − + (1 − ψ−1 )f + = ψ− f + + ψ+ f+ .
ψ− + ψ+ ≡ 1
En résumé supp(ψ− ) ⊂ ] − ∞, 1[ ”Ceci est appelé partition de l’unité subordonnée
supp(ψ− ) ⊂ ]1, −∞[
𝑌𝑌
𝑓𝑓 +
𝑓𝑓 −
1
X
−1 +1
Définition 1.3.4. Soit Ξ = (Xα )α∈A une collection d’ensembles ouverts d’un certain
espace topologique X. Une partition d’unité surbordonée à Ξ est une famille
(1) 0 ≤ ψα ≤ 1
Définition 1.3.5. Une variété est orientable si elle admet un atlas dont les fonctions de
transition ont un jacobien qui garde un signe constant.
1.4 Sous-variétés
1.4.1 Exercice
(a) Nous examinons une carte ϕ : F → R qui fait correspondre une paire dans F à
la première entrée de la paire. Ecrivez ceci en termes mathématiques formels !
L’application est-elle injective?
(b) Cette application peut être rendue injective en restreignant son domaine à l’un des
deux sous-ensembles ouverts maximaux de F . Lesquels ? Appelez-les ϕ1 et ϕ2 .
(c) Maintenant, construisez une carte injective ψ1 : F → R qui relie chaque paire dans
un sous-ensemble ouvert maximal de F à la deuxième entrée de la paire.
(f) Combien de cartes (construites de cette façon) faut-il pour que leurs domaines
couvrent la totalité de F ? La collection de ces domaines et de ces cartes forme-t-elle
un atlas sur F 1 ?
1. Montrer que (ϕ, U ) est une paramétrisation locale régulière d’une partie de la sphère
unité S 2 . Laquelle?
2. Donner une deuxième application (ψ, V ) de sorte que la réunion de ces deux nappes
recouvre complètement S2
[1] Lee, J. M. (2013). Smooth manifolds. In Introduction to smooth manifolds, pages 1–31. Springer.