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Histoire du royaume du Kongo

Le royaume du Kongo, un ancien empire d'Afrique centrale, est connu pour son histoire riche et bien documentée, s'étendant sur plusieurs siècles. Il a été l'un des premiers États africains à adopter le christianisme et avait une organisation politique complexe avec des chefs locaux et des manis titrés. L'économie kongo était principalement agricole et marchande, soutenue par des techniques agricoles innovantes et un artisanat reconnu.

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Histoire du royaume du Kongo

Le royaume du Kongo, un ancien empire d'Afrique centrale, est connu pour son histoire riche et bien documentée, s'étendant sur plusieurs siècles. Il a été l'un des premiers États africains à adopter le christianisme et avait une organisation politique complexe avec des chefs locaux et des manis titrés. L'économie kongo était principalement agricole et marchande, soutenue par des techniques agricoles innovantes et un artisanat reconnu.

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Le royaume du Kongo est l’un des anciens royaumes d’Afrique dont l’histoire est la mieux

documentée. Cet article présente quelques éléments de cette riche histoire, longue de plusieurs
siècles, qui permettent de déconstruire certains stéréotypes qui persistent encore aujourd’hui
sur l’histoire de l’Afrique
.
Le royaume du Kongo ou royaume du Congo était un royaume mais aussi un empire1 de
l'Afrique centrale, situé dans ce qui est actuellement les territoires du nord de l'Angola, dont le
Cabinda, du sud de la république du Congo, de l'extrémité occidentale de la république
démocratique du Congo et du Sud-ouest du Gabon. À son apogée, il s'étendait de l'océan
Atlantique jusqu'à l'ouest de la rivière Kwango à l'est, et du fleuve Congo jusqu'au fleuve Loje
au sud.

Il fut l'un des premiers États d'Afrique à avoir adopté le christianisme via sa famille royale
sous influence portugaise à la fin du XIVe - début du XVe siècle.

Selon certains chroniqueurs européens, dont Duarte Lopez en 1591 et Giovanni Cavazzi Antonio de
Montecuccolo en 1667, à l'époque du premier contact avec les Portugais, le royaume du Kongo
devait avoir une étendue de plus de 300 000 km2

le royaume du Congo s'étendait entre la latitude 1 1/2° nord et la latitude 22° sud, du 24° de
longitude est à l'océan Atlantique. Il atteindrait une superficie dépassant les 2 500 000 km2 […]3. »

L’organisation politique dans le royaume du


Kongo
Posted on 16 septembre 202116 septembre 2021
Histoire
Les deux formes d’organisation du pouvoir
Dans le système politique kongo, il existait deux dimensions parallèles d’organisation du
pouvoir. La première était celle des positions de pouvoir à l’intérieur du village ou de la
famille (nzo), normalement détenue par les aînés, chefs de village, connaisseurs des traditions,
capables de représenter leurs subalternes dans les conflits avec des groupes voisins et devant
les tribunaux. La seconde allait au-delà des groupes parentaux et villageois, pour s’étendre à
la sphère des manis, c’est-à-dire les chefs titrés.

À la différence des chefs de village, ou de kanda, le pouvoir des manis se basait sur une
instance politique plus élevée, de laquelle ils recevaient leur titre. Comme symbole de la
légitimité venue d’en haut, le mani recevait un bonnet mpu en raphia finement tissé (image
dessous), tandis que d’autres insignes de pouvoir étaient exhibés par le mani supérieur ou,
dans le cas du roi et d’autres grands manis indépendants, par le conseil local formé des
seigneurs les plus notables. Pour cette raison, le mani était mpu mfumu, soit un chef
couronné/titré, un seigneur portant le mpu.
Image 1, « Prestige Cap (Mpu), Kongo peoples, 16th–17th century », Metropolitan Museum
of Art, NY. (« chapeau de prestige, peuple kongo, XVIe-XVIIe siècle »)

La hiérarchie politique
Au Kongo des XVIIIe et XIXe siècles, il y avait au moins trois niveaux de manis couronnés,
qui étaient, par ordre croissant : 1- les manis de sous-provinces, représentants locaux des
manis de provinces, 2- les manis de provinces, représentants provinciaux du roi, 3- le roi,
représentant royal des (rois) ancêtres. Les titres politiques, qui accompagnait l’accès aux
postes dirigeants étaient restreints aux clans dominants considérés muana Kongo, c’est-à-dire
les enfants du Kongo. Les clans notables monopolisaient les titres politiques, empêchant les
makanda ou groupes extérieurs d’y avoir accès. La transmission du pouvoir politique étant
dominée par les grands rois du passé, le fait de faire partie de la descendance de ces
monarques était l’argument idéologique majeur des « enfants » au pouvoir.

Thiago C. SAPEDE, « LE ROI ET LE TEMPS, LE KONGO ET LE MONDE :Une histoire


globale des transformations politiques du Royaume du Kongo (1780-1860) », Institut des
Mondes Africains, Thèse de doctorat en Histoire et Civilisations, pp 78-79

L'autorité politique suprême du Kongo-Dyna-Nza pouvait être nommée de diverses manières :

 Ntinu : chef militaire ;


 Mwene : celui qui pourvoit aux besoins du peuple ;
 Mfumu : désigne quant à lui la notion de responsable au sens administratif comme au
sens social
Les rois de l’ancien Congo. (Seuls figurent
sur cette liste ceux qui ont régné à São
Salvador)
p. 234-235
Texte Bibliographie

Texte intégral
11. Ntinu nimi a Lukeni

22. Nanga kia ntinu

33. (inconnu)

44. D. João I, Nzinga a Nkuwu, mort en 1506

55. D. Afonso I (1506-1543)

66. D. Pedro I (1543-1544 ?)

77. D. Francisco I (1544)

88. D. Diogo I (1545-1561)

99. D. Bernardo I (1561-1567)

1010. D. Henrique I (1567-1568)

1111. D. Álvaro I (1568-1587)

1212. D. Álvaro II (1587-1614)

1313. D. Bernardo II (1614-1615)

1414. D. Álvaro III (1615-1622)

1515. D. Pedro II (1622-1624)

1616. D. Garcia I (1624-1626)

1717. D. Ambrósio I (1626-1631)

1818. D. Álvaro IV (1631-1636)

1919. D. Álvaro V (1636)


2020. D. Álvaro VI (1636-1641)

2121. D. Garcia II (1641-1661)

2222. D. António I (1661-1665)

2323. D. Álvaro VII (1665-1666)

2424. D. Álvaro VIII (1666-1669)

2525. D. Raphael I (1669) (expulsé)

2626. D. Álvaro IX (1669-1672)

2727. D. Raphael I (1672-1674) (revenu au pouvoir)

2828. D. Daniel I (1674-1678)

29São Salvador est abandonné de 1678 à 1703

3029. D. Pedro IV (1703-1718)

3130. D. Manuel II (1718-1730)

3231. D. Sebastião I (1730-1743)

3332. D. Garcia IV (1743-1752)

3433. D. Nicolas I (1752-1733)

3534. D. Pedro V (1763-1780)

3635. D. Álvaro XI (1764-1778) (rival de D. Pedro V)

3736. D. José I (1781-1785)

3837. D. Afonso V (1785-1788)

3938. D. Aleixo (? ?)

4039. D. Joaquim (? ?)

4140. D. Henrique I (1793-1802)

4241. D. Garcia V (1802-1830)

4342. (inconnu)

4443. D. André II (18??-1842)


4544. D. Henrique IV (1842-1858)

4645. D. Álvaro XIII (1858-1859)

4746. D. Pedro V – Pedro Elelo (1859-1891)

4847. D. Álvaro XIII (XIV) (1891-1896)

4948. D. Henrique V (1896-1901)

5049. D. Pedro VI (1901-1910)

5150. D. Manuel III (1910-1914)

5251. D. Álvaro Nzinga (1914-1923)

5352. D. Pedro VII (1923-1953)

5453. D. Garcia VI (1953-1958)

55Certaines dates de règnes n’ont pu être établies avec la précision que nous eussions
souhaitée, notamment pour le XVIIIe siècle.

Bibliographie

SOURCES
Nous avons utilisé comme sources :

J. CUVELIER, « Traditions Congolaises », in Congo, t. II, n° 2 (1931), pp. 196-198.

E. G. RAVENSTEIN, « List of the Kings of Kongo », in The Strange Adventures of Andrew


Battell (E. G. Ravenstein ed., Hakluyt Society, Londres, 1901, pp. 136-138).

Biographie Coloniale Belge, Bruxelles t. II, 1951.

L. JADIN, « Le Congo et la secte des Antoniens (1694-1718), » in Bulletin de l’Institut


Historique Belge de Rome, fasc. XXXIII (1961), pp. 411-615.

– « Aperçu de la situation du Congo en 1775 », in ibid., fasc. XXXV (1963), pp. 346-419.

– Communication personnelle.

António de ALMEIDA, « Subsidio para a História dos reis do Congo », in Congresso do


Mundo Português, Lisbonne, 1940, vol. VIII, pp. 485-511.

– « Mais subsidios para a História dos reis do Congo », in ibid., vol. VIII, pp. 643-696. La société
Les Kongo n'auraient pu édifier un royaume de large extension – quelques vastes
agglomérations présentant des caractères urbains, une civilisation active – sans disposer d'une
infrastructure suffisante. Leur économie est agricole, pré-industrielle et déjà marchande.

L'assise économique

L' agriculture repose sur les « grains » : sorgho, millet, éleusine, maïs et riz, sur l'igname, le
manioc (importé et diffusé vers la fin du xvie siècle) et certaines légumineuses (pois), sur
l'exploitation du bananier, du palmier (véritable symbole kongo en raison des usages
multiples de cette richesse naturelle) et d'autres arbres ou plantes (dont la canne à sucre). Les
Kongo sont des agriculteurs habiles. Les travaux de la terre sont principalement à la charge
des femmes, mais les hommes – en dehors de leurs tâches militaires, artisanales ou
commerciales – assurent la préparation des terrains de culture en procédant à l'abattage des
arbres et au débroussage. L'agriculture extensive, avec des jachères de durée variable, est la
forme la plus courante de la mise en valeur agricole ; mais elle comporte une technique plus
spécifiquement kongo : la culture sur butte ou sur billons. Il importe d'ajouter que les
techniques agricoles associent le rite à l'outil ; elles s'articulent sur un système de pratiques, de
croyances et de symboles qui visent la fertilité et la prospérité. Malgré la qualité des terres et
le savoir-faire, les périodes de soudure peuvent entraîner une disette qui impose le recours aux
produits de la cueillette

Les Kongo pratiquent l'élevage (poule, chèvre, mouton, porc, vache), mais ils ne paraissent
pas avoir constitué des troupeaux nombreux quoi qu'en disent quelques chroniqueurs. Les
animaux domestiques sont associés aux positions sociales : seuls le roi et les « nobles » ont le
droit de posséder des vaches. La pêche occupe une place non négligeable, et certains poissons
dits « royaux » doivent être exclusivement réservés au souverain. La chasse – qui assure
l'essentiel de la nourriture carnée – demande, à la fois, compétence et connaissance rituelles ;
le chasseur assure sa propre sécurité et recherche le succès de ses entreprises, grâce à des
rituels personnels et à une magie spécifique.

À Kongo, les détenteurs des techniques artisanales ne connaissent pas de discrédit, bien au
contraire : les métiers de forgeron et de tisserand (étoffes de raphia) sont exercés par les
aristocrates. À la première place se situe l'art des métaux, et notamment du fer. Le forgeron,
maître du fer, du feu et de l'eau, créateur des armes et des outils, est détenteur d'un pouvoir
qui l'assimile aux chefs (et il peut être l'un d'eux), ainsi qu'aux prêtres et aux magiciens. Le
cuivre est travaillé – par les procédés dits « à ciel ouvert » et « à la cire perdue » –, et à partir
du xviie siècle se multiplient les anneaux et manilles qui servent à la fois de parure, de trésor
clanique et de marque exprimant la condition du porteur. La fonte du plomb paraît connue.
C'est par leurs qualités de vanniers et leur extrême habileté textile que les Kongo attirent
l'attention des chroniqueurs sur leurs arts et métiers. L'art du tissage ne recourt pas aux
matières premières classiques, mais à des fibres végétales provenant surtout du palmier
raphia. Des étoffes produites (fort diversifiées), on a dit « qu'elles sont vraiment belles et
curieusement travaillées » ; certaines d'entre elles servent de monnaie.

Malgré l'insuffisant aménagement de l'espace (les communications ne disposent ni de routes


véritables – mais d'un réseau de pistes bien repérées – ni de moyens de transport autres que le
portage humain), le commerce est très actif. Il se présente sous un double aspect. Celui des[...]

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