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Guide complet sur la versification poétique

La versification englobe les techniques utilisées par les poètes pour composer des poèmes en vers, incluant le décompte syllabique, la mesure des vers, et la césure. Les poèmes peuvent être classés en formes fixes, comme le sonnet, l'ode, et la ballade, ou en formes libres, sans contraintes. La rime, ainsi que les figures de style, jouent un rôle essentiel dans la création poétique, enrichissant l'expression et la structure des vers.

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Guide complet sur la versification poétique

La versification englobe les techniques utilisées par les poètes pour composer des poèmes en vers, incluant le décompte syllabique, la mesure des vers, et la césure. Les poèmes peuvent être classés en formes fixes, comme le sonnet, l'ode, et la ballade, ou en formes libres, sans contraintes. La rime, ainsi que les figures de style, jouent un rôle essentiel dans la création poétique, enrichissant l'expression et la structure des vers.

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La versification

Introduction
La versification est souvent définie comme l’ensemble des procédés utilisés par le poète pour s’exprimer,
rédiger son poème. Ce dernier est écrit en vers et le vers se définit à son tour par sa mesure, sa rime et
son rythme.

 Le décompte syllabique
Pour réussir le décompte syllabique, il faut nécessairement faire attention au « e muet ».
 A la fin d’un mot, une syllabe précédant un « e » muet compte comme une syllabe entière
quand le mot suivant commence par une consonne ou par un « h » aspirer.
Exemple : hai/re tran/quille
Il /me / sem/ble ber/cé/ par/ le/ choc
On/ part/ à / gran/de/ hâte
 Cependant le « e » ne compte pas quand le mot suivant commence par une voyelle ou si ce « e »
situe en fin de vers et quand il est suivi par un « h » muet
Exemple : eau tranquille où coule mon âme
Un sincère homme du pays

 La mesure des vers


La mesure est le nombre de syllabes dans un vers. Ce dernier peut compter une à douze syllabes et
tenir son nom de ce nombre : le monosyllabe/monosyllabique ( 1) , dissyllabe /dissyllabique(2),
trisyllabe /trisyllabique(3), tétrasyllabe/tétrasyllabique (4), pentasyllabe/pentasyllabique (5),
hexasyllabe /hexa syllabique(6), heptasyllabe/heptasyllabique (7), octosyllabe/octosyllabique (8),
ennéasyllabe / ennéasyllabique (9), décasyllabe /décasyllabique (10),
hendécasyllabe/hendécasyllabique (11), alexandrine/alexandrin (12).
Exemples : « Je me plains a mes vers, si j, ay quelque regret,
Je me ris avec eulx, je leur dy mon secret, » (Du Bellay, Les regrets, 1558)
On parlera ensuite de vers de 13 syllabes, vers de 14 syllabes, de 15, 16, 20 syllabes
NB ; pour éviter toute confusion dans la dénomination de ces types de vers ,vous pouvez retenir
l’alexandrin ce champion toutes catégories et le décasyllabe dont les noms sont très évocateurs
(Alexandre le Grand/ Alexandre III, roi de Macédoine ,dans l’Antiquité, grand conquérant, pour l’un ;
l’unité de mesure de longueur ou de poids pour le second [déca =10,decammetre ;décalitre] ) et
pour tous les autres utiliser la dénomination numérique ( vers de X syllabes, vers de z syllabes)

 La césure
C’est une pause à l’intérieur d’un vers qui le divise en deux parties appelées hémistiches. Dans les
alexandrins classiques, la césure se place après la sixième syllabe (6/6) ; alors que dans les décasyllabes
elle se situe le plus souvent après la quatrième syllabe ( 4/6) ou a la sixième (6/4) plus rarement à la
cinquième(5/5) ou ailleurs .

 La syntaxe des vers


 enjambement ( un débordement qui n’entraîne pas nécessairement une discordance
entre syntaxe( rythme de la phrase grammaticale) et mètre( rythme des vers): c’est un
groupe de mots placé dans un vers, se prolongeant jusqu’à sa césure ou sa fin et qui
complète le sens du vers précédent.
Exemple : « il voit plus que jamais / ses campagnes couvert(es)//
De Romains que la guerre /enrichit de nos perte (es »// ( en bleu=enjambement interne
= dans le vers ; ( violet=enjambement externe ; en vert=enjambement interne )
le poisson qui nourrit// son mal et dont il meurt.
 Le rejet : c’est un petit élément placé en début de vers et qui complète le sens du vers
précédent.
Exemple : « Et la machine ailée en l’azur solitaire /Fuyait, et pour voir de dessous la
terre//(…) »

 Le contre-rejet : c’est un court élément placé à la fin d’un vers et dont le sens se poursuit
au vers suivant.
Exemple : Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne// fait voler, la givre à travers
l’air atone.
« Ils marchaient droit, tendant / la pointe de leurs guêtres//( Hugo)
 Nb ; rejet et contre rejet mettent en relief un terme qui acquiert de ce fait un
poids sémantique plus important

 La strophe
Elle peut se définir comme un regroupement de vers indépendant. Elle équivaut aux paragraphes dans la
prose ; son nom dépend du nombre de vers qu’elle comporte. Nous pouvons avoir un distique( 2 vers),
un tercet( 3 vers), un quatrain( 4 vers) quintil ou cinquain( 5vers), sizain (6 vers) , septain( 7 vers),
huitain ou octain( 8 vers) , neuvain (9 vers) , dizain( 10 vers) ; un onzain(11 vers), douzain ( 12 vers),
treizain(13 vers).
Ici aussi , pour une reconnaissance facile, notez le suffixe « ain » associé au radical numérique
pour désigner un type de strophe; pareillement , si les appellations posent problème , retenez-
en les 2 plus courantes ( tercet ;quatrain) et pour tous les autres cas employez la dénomination
numérique ( strophe de X vers , strophe de z vers, etc. ) ,

 Types de poème
Nous pouvons diviser les poèmes en deux parties : les poèmes à forme fixe et ceux à forme libre.
1/ Poème à forme libre
La forme libre n’obéit à aucune contrainte ; autrement dit, le poète dispose ses strophes selon ce
qu’il sent.
2/ Poèmes à forme fixe
La forme fixe obéit à des normes rigoureusement établies de la versification pour chacun de ses sous-
types constitutifs. Ainsi, comme indiqué par le pluriel du sous-titre, il existe plusieurs poèmes à forme
fixe.
A/Le sonnet en est le plus connu et le plus pratique. Plus usité donc plus commun, il a les
caractéristiques suivantes : poème de 14 vers répartis en 2 quatrains suivis de 2 tercets avec une
disposition rimique figée en ABBA ; ABBA ; CCD ;). La rime du dernier tercet du sonnet a une
disposition variable (EDE, EED). Le type de vers du sonnet est le plus souvent l’alexandrin ou le
décasyllabe.
Ces caractéristiques du sonnet, nous les avons apprises intuitivement ou empiriquement durant notre
parcours pédagogique sur le courant humaniste. Vous vous reporterez aux poèmes étudiés en
explication de texte par le professeur ou en exposés par des élèves pour des précisions ou détails
concrets.

B/Supplément sur les poèmes à forme fixe


A titre d’information pour vous, cet ajout porte sur d’autres poèmes à forme fixe qui n’ont pas la
fortune du sonnet .Nous vous en donnerons l’illustration dès la première occasion, probablement en
classe de première avec Hugo, Baudelaire ou les Parnassiens et incidemment au cours de la présente
année scolaire.
a/l’ode :
Dans la littérature grecque l’ode est un poème lyrique destiné à être chanté ou dit avec
accompagnement musical (Les odes de Pindare, les odes d’Horace).
Au XVIe siècle, c’est un poème lyrique d’inspiration généralement élevée, le plus souvent constitué
de strophes symétriques, c’est-à-dire des strophes de construction identique (cf. odes de Ronsard, de
Malherbe)
b/le pantoum : hérité de la poésie malaise et perpétué par Hugo dans Les orientales et Baudelaire
dans Les fleurs du mal, ce type fixe est composé de quatrains avec le schéma suivant :les 2e et 4e vers
de chaque strophe deviennent les 1 er et 3e vers de la strophe suivante et le poème est bâti sur 2 rimes
seulement ;ces reprises régulières ( répétition de vers d’une strophe à l’autre) créent une sorte
d’incantation propice à l’élévation mystique ou spirituelle. Ainsi Baudelaire adopte cette forme
incantatoire dans « Harmonie du soir »( Les fleurs du mal ; 1857 ; »spleen et idéal ») pour exprimer toute
sa dévotion à Madame Sabatier que d’autres habitués de son salon ,des peintres et écrivains pour la
plupart, appellent «La Présidente » pendant que Baudelaire, quant à lui, en fait son « Ange gardien »,
sa « Muse », sa « Madone » et lui adresse régulièrement des poèmes et lettres pleins d’exaltation
mystique et traduisant l’amour régénérateur. Une erreur d’orthographe aurait changé le nom
« pantoun »/ « pantun » en « pantoum » ; cette derniere forme est finalement passée en
littérature française.
Théodore de Banville auteur d’un Petit traité de poésie française ajoute une règle supplémentaire
de reprise du premier vers du poème par le dernier.
Dans le poème de Baudelaire ci –dessus évoqué, cette dernière règle n’est pas respectée d’où la
dénomination d’un « faux pantoum »
c/la ballade : petit poème de forme régulière, composé de 3 couplets (strophes sur la même rime en
principe) ou plus, avec un refrain et un envoi dont le nombre de vers dépend du nombre de syllabes de
chaque vers. Voici ses caractéristiques :
-composition en 3 strophes suivies d’une strophe moitié moins longue ;
-demi-strophe finale appelée « envoi » et adressée au prince ou au roi ;
-retour d’un refrain identique à la fin de chaque strophe ;
-poème construit sur 3 ou 4 rimes uniquement (généralement en ABAB).
En guise de récapitulation, voici une définition succincte : La ballade est narrative et raconte une
histoire ; elle est plus souvent composée de3 huitains ou dizains ayant les mêmes rimes, avec refrain,
suivis par une demi-strophe appelée « envoi ».
d/Le rondeau
 définition
En vogue aux XIV e et XVe siècles, il sera redécouvert au XIXe siècle par les romantiques. Il est construit
sur 03 rimes et comporte le plus souvent 13 vers : le 1er et le 2e vers reviennent en refrain après le 6e ; le
1e vers revient en refrain final.
 Autres aperçus plus complexes sur le rondeau
Au XIIIe siècle, court poème de 08 à 32 vers (en 3 strophes de 8 octosyllabes ?)où des vers répétés
constituent un système de refrain. En désignant par des lettres majuscules les vers qui reviennent en
entier, le schéma du rondeau simple est ABcA de AB. Ces reprises signifiaient en fait que dans ces
poèmes chantés, certains vers étaient bissés (répétés ; redoublés ; doublés).
Sa forme la plus répandue au XVI e siècle, à la suite de Marot et des rhétoriqueurs, est le rondeau de 13
vers où le 1e hémistiche du 1e vers est repris 3 fois à l’initiale, au milieu et à la fin du poème, de façon
décalée et « a-rimique ».
NB Il y a des variations dans le temps et l’espace sur la définition et les caractéristiques des
poèmes à formes fixes ,surtout le rondeau, la ballade, l’ode ou le pantoum et notamment sur le
nombre et la mesure des vers, la disposition des rimes, le rythme de refrain, etc. Seul le sonnet a une
certaine régularité ou la stabilité permettant d’en donner une définition d’une précision plus ou
moins acceptable.

 La rime
Elle peut se définir comme la répétition d’une même sonorité à la fin de deux ou de plusieurs vers. Elle
garde ainsi certaines natures et dispositions.
 Le genre
 Rime féminine : elle est dite féminine quand elle se termine par un « e » muet. Exemple :
voyage/ âge
 Rime masculine : elle est masculine quand elle ne se termine pas par « e ».
Exemple : dégager, engager, maison, poison.

 La disposition
 Les rimes plates ou suivies : nous avons des rimes suivies avec la disposition aa-bb.
{Bonté ; santé} aa
{Désirer ; inspirer} bb
 Les rimes croisées ou altérnées : nous avons des rimes croisées dans la disposition abab
Bonté : a
Désirer : b
Santé : a
Inspirer : b
 Les rimes embrassées : nous avons des rimes embrassées dans la disposition abba
Bonté : a
Désirer : b
Inspirer : b
Santé : a

 La qualité
 Rime pauvre : nous avons des rimes pauvres lorsqu’un seul son est commun
Exemple : maison ; garçon et matin ; lapin
 Rime suffisante : elle est suffisante quand nous avons deux sons en commun
Exemple : bonté, santé et maison, poison
 Rime riche : elle est riche quand nous avons trois sons en commun
Exemple : audacieux/ ambitieux ; aimable/câble
 Rime léonine : elle est dite léonine lorsque nous avons plus de trois sons en commun
Exemple : surprise/prise ; préposition/proposition
Les figures de style :
La figure de style peut- être considérée comme une méthode d’écriture basée sur l’emploi de tournures
assez diverses du langage dans le but de créer la beauté de l’expression poétique. L’étude de ses
figures se fera par catégories.

 Les figures d’analogie


 La comparaison : c’est un rapprochement de deux éléments (un comparant et un
comparé) à l’aide d’un outil grammatical de comparaison (comme, tel, pareil à,
semblable à …) et parfois avec précision du point ou critère de comparaison.
Exemple : le champ de blé ressemble à un océan
Une comparaison peut être abrégée ou tronquée par la suppression d’un terme sans
gêner la compréhension ; dans ce cas, elle se rapproche de la métaphore ; par
exemple : Moussa a le courage du lion.

 La métaphore : c’est une comparaison implicite c’est-à- dire sans outil grammatical de
comparaison

Exemples : la nature est un temple ; ce garçon est un ange.

 La personnification : c’est le fait d’attribuer des traits humains à un non humain


(une chose ou un animal).
Exemple : sur ma route silencieuse les arbres me parlaient

 L’allégorie : c’est la présentation d’une idée abstraite sous forme concrète


Exemple : « Je vis cette faucheuse, elle était dans son champ. Elle allait à grands pas,
moissonnant et fauchant » (Hugo)= allégorie sur la mort

 Les figures de substitution


 La métonymie : c’est le fait de remplacer un mot par un autre qui entretient avec le
premier une relation logique : le contenant pour le contenu, la matière pour l’objet, le
lieu pour la fonction qui s’y rattache
Exemple j’ai bu un verre.
 La synecdoque : c’est le fait d’établir un rapport d’inclusion entre deux éléments : la
partie pour le tout, l’espèce pour le genre, etc..
Exemple : j’ai un toit, demander la main d’une fille, la saison des roses
 La périphrase : c’est le fait de remplacer un nom ou groupe nominal simple par une
simple expression équivalente sémantiquement et a valeur descriptive
(caractéristiques ; attributs), déterminative (information spécifique ;ou précision
supplémentaire) ou distinctive( trait de reconnaissance, particularité) ; autrement dit,
on dit en plusieurs mots ce qui peut être dit en peu ou moins de mots.
Exemple : le roi de la forêt= lion

 Les figures d’opposition/ construction


 L’antithèse : c’est le fait de rapprocher deux termes opposés dans une phrase.
Exemple : Dakar est petit, c’est ce qui fait sa grandeur.
 L’oxymore : c'est une alliance de mots de sens contraire (incompatible).
Exemple : le soleil noir de la mélancolie ; La sombre lumière de la chambre
 L’antiphrase : c’est le fait d’exprimer une idée par son contraire.
Exemple : regardez comment le singe est beau !
 Le chiasme : c’est une antithèse dont la deuxième proposition est en ordre inversée par
rapport à la première.
Exemples : la lune en plein midi et à minuit le soleil.
Un oiseau chante en haut, en bas pleure un enfant.

 Les figures d’amplification ou d’insistance :


 Anaphore : c’est la répétition d’un terme ou d’une expression en début de
plusieurs vers successifs ou très proches.
Exemple : ce bras qu’avec respect toute l’Espagne admire, ce bras qui tant de fois a
assuré cet empire.
 L’hyperbole : c’est une exagération pour mettre en valeur une idée.
Exemple : un bruit a réveillé les morts.
Il court comme une voiture.
NB : hyperbole se superpose ( se double) très souvent avec une autre figure : une
comparaison, une métaphore, une énumération, etc.
 Le pléonasme : répétition d’une idée (sens) avec des termes différents dans
un même énoncé.
Exemple : viens ! Ici ; descendre en bas ; pondre des œufs.
 La gradation : c’est une succession d’éléments avec une intensité croissante ou
décroissante.
Exemple : je meurs, je suis mort, et je suis enterré= croissante

 NB ; ajouter l’énumération et l’accumulation

 Les figures d’atténuations :


 La litote : elle consiste à dire peu pour suggérer plus.
Exemples : vas ! Je ne te hais point (= je t’aime beaucoup) ; elle n’est pas mal (= elle est
bonne [qualité morale, intellectuelle, professionnelle, artistique ou sportive)
 L’euphémisme : c’est le fait d’atténuer l’expression d’une idée ou d’un sentiment
pour cacher ou atténuer son caractère choquant ou déplaisant.
Exemple : il a disparu en 2010 ; il a rendu l’âme ; il est rappelé à Dieu
Cette figure est fréquente en langue wolof à cause de l’impact des croyances
religieuses ou animistes : « wàcc ligeey ; noppalu ; laqu ; etc. ». Tout comme en sérère
avec la même influence.

 Les sonorités :
 L’assonance : c’est la répétition d’une même voyelle dans un vers ou 2vers
successifs
Exemple : la trace de tes pas dans ces câbles accablants= assonance en « a »
 L’allitération : c’est la répétition d’une consonne dans un vers.
Exemple1 : pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ! (Jean Racine,
Andromaque) ; Ici il y a une allitération en « s », imitant ou suggérant le sifflement des
serpents ; Exemple2 Par son coup de pied magique sur le coup franc, il a cassé la
baraque ( casser la baraque=avoir un grand succès, soulever l’enthousiasme/ casser la
baraque à quelqu’un = faire échouer son entreprise,[son projet], déjouer sa stratégie, sa
ruse]) ; Ici il y a une allitération en /k /,suggérant la rigueur du tir ou la dureté du
ballon

La dissertation
Généralités
La dissertation peut être définie comme un exercice littéraire de réflexion critique qui vise à tester le
niveau de connaissance du candidat. Par conséquent, le sujet comporte deux éléments majeurs, à savoir
l’opinion (la thèse à développer, ce qui est dit) et la consigne (ce que l’on vous demande de faire, la tâche
intellectuelle). On les appelle aussi respectivement contexte et directive(s) ou instruction(s). Ainsi, c’est
cette dernière qui va déterminer la démarche à adopter : une orientation analytique, une orientation
critique, une orientation dialectique. Alors, il sera nécessaire de procéder à l’étude du sujet pour
dégager en premier lieu le domaine général ou le thème précis (De quoi s’agit-il ? De quel domaine
général ou thème précis la dissertation relève-t-elle? Sur quoi doit-on réfléchir ? ). Dans une
réunion les questions équivalentes seraient : sur quoi la réunion porte-t-elle ? Quel en est l’ordre
du jour précis? Et dans ce cas, cette seule question sur l’ordre du jour aurait suffi pour permettre
aux participants d’entrer dans le débat sans faire hors sujet ou fausse route car le modérateur fait tout
le reste. En revanche, dans une dissertation, non seulement il vous revient de faire ce travail préalable
de détermination du domaine et du thème précis, mais vous devez en plus pousser la lecture et l’analyse
jusqu’à l’identification du problème posé, à savoir la perspective de l’opinion, c’est- à -dire la
problématique expressément soulevée ou simplement sous-jacente au thème en question (l’idée
générale ou la thèse dans certains cas).Cette préoccupation correspondrait à l’interrogation
suivante dans une réunion : quelle est la question de fond à laquelle il faut trouver une réponse
cadrée puis développée par des explications cadrées ( arguments )et prouvée par des
illustrations cadrées ( exemples précis , explicités ) ? Des outils d’investigation du sujet , de
vérification de la bonne compréhension, de contrôle de la qualité du plan et de la rédaction
( l’écriture) vous seront présentés pour vous aider à bien traiter un sujet de dissertation ; en
d’autres termes lesdits outils vous faciliteront l’analyse et de la construction d’une
dissertation.
Du point de vue de la structuration globale , le produit fini de toute dissertation se présente en
trois grandes divisions distinctes mais solidaires que nous allons maintenant examiner en détails :
l’introduction, le développement et la conclusion.

 Introduction :
 Amorcer /amener le sujet
Elle représente l’entrée en matière, l’amorce, le préalable avant d’entrer dans le vif du sujet ; ainsi,
nous avons trois méthodes possibles pour amorcer ou amener un sujet. Il est possible de définir le
thème général du sujet, de partir du général au particulier sans s’éloigner du thème de réflexion
d’évoquer le contexte historique.
En somme l’amorce se fait toujours à partir d’un contexte ou prétexte général, inclusif ou connexe. A
cet effet, les entrées( amorces) sont nombreuses : historique du domaine, événement marquant ,fait
significatif , relation analogique( équivalence, ressemblance,…) , relation oppositive( avis contraire,
contraste) ou différentielle( option, choix, orientation ,variante, etc.) ,rapport d’inclusion ou de
contiguïté, appréciations d’une voix autorisée sur le thème, constat empirique( positif ou negatif)
dans les pratiques , bilan quantitatif ou qualitatif sur le domaine ou le thème, anecdote ,etc.

 Poser le sujet
Cela consiste à reprendre intégralement la pensée (l’opinion) si cette dernière n’est pas trop longue, en
conservant bien sûr les guillemets ; ou bien on la résume dans sa quintessence en la transposant
par une formulation fidèle. Cette partie se rattache à la précédente par des connecteurs logiques tels
que : raison pour laquelle ; c’est en ce sens ; c’est dans ce contexte ; c’est dans cette logique ; c’est dans
cet ordre d’idées….
Au cas où le sujet ne fournit pas précision de l’auteur de la pensée, il est judicieux d’utiliser des
expressions indéfinies comme : d’aucuns ou certains ; un penseur ; et comme verbes introductif :
affirmer ; dire ; suggérer ; penser ; estimer ; proposer, soutenir, déclarer…….

 Reformulation
Reformuler c'est dire autrement le la pensée ( opinion ou citation) avec de termes différents sans trahir
le sens. Pour cela, certaines expressions peuvent être utilisées pour introduire cette reformulation: en
d’autres termes ; autrement dit, c’est-à-dire, en clair, cela signifie que, cela revient à dire que… etc.
Cette reformulation ne s’impose que si la pensée a été posée telle qu’elle et présentée dans le sujet
avec des guillemets d’authentification. Au cas où une reformulation a permis de poser le problème,
cette derniere est suffisante et une autre reformulation serait superflue.

 Problématique
Elle consiste à poser une question qui dégage le problème soulevé dans le sujet. Toutefois, la question est
posée à partir du thème tout en prenant en compte la consigne ; c’est-à-dire que la problématique dans
un sujet à orientation analytique est différente de celle d’un sujet à orientation dialectique. Dans la
dernière situation, l’interrogation doit susciter des réponses équivalentes aux cas suivants : le
« oui » qui renvoie à la thèse, le « mais /non qui renvoie à l’antithèse et le oui-mais (en réalité ;au
fond) qui fait référence à la synthèse sans laquelle la dialectique est bancale. Si l’on s’en arrête
aux 2 parties seulement, il vaut mieux l’appeler plan critique et recourir à une astuce pour rester
dans la logique et le schéma du plan dialectique et avoir des circonstances atténuantes pour cette
entorse à l’héritage de Hegel. Elle est aussi amorcée par un connecteur logique : alors, ainsi, de ce
fait, etc.

 Plan/ sujet divisé


Il annonce les différentes parties du développement sous forme de titres très explicites. Cependant, il
ne faut pas confondre le plan analytique avec le plan dialectique. Le premier consistera à expliquer et à
analyser le sujet ou à prendre le thème du sujet (idée générale) qu’il faudra subdiviser en sous idées.
Dans ce cas, vous n’allez guère à contre courant de l’opinion, vous la faites valoir par un examen de
deux ou trois de ses composantes, chacune traitée en deux (2) unités de sens bien illustrées (deux
paragraphes), soit en invoquant, par une citation maîtrisée, l’autorité d’auteurs reconnus ,soit en
explicitant des faits, des techniques ,bref ou des exemples parlants tirés des œuvres
littéraires ,celles de votre programme scolaire de préférence, sauf indication contraire figurant sur le
sujet . Par contre, dans la méthode dialectique, il est nécessaire de dégager la thèse (défendre les
propos de l’auteur), l’antithèse (limites ou contradictions) et la synthèse qui résulte d’une combinaison
objective des deux parties précédentes dont on conserve ce qui est positif et qui permet de trancher
la contradiction : cette derniere est un statu quo qui empêche ou retarde l’avancement selon
Hegel. En principe, le plan dialectique est donc ternaire pour permette en bonne logique et en
toute efficience de poser la thèse d’abord , de lui opposer une antithèse ensuite et enfin
d’aller au-delà de cette opposition catégorique, grâce à une synthèse conservative de certains
aspects deux étapes précédentes, tout en les dépassant pour un progrès .

 Le développement
Il constitue l’étape fondamentale de la dissertation : le lieu où les parties du plan doivent être rendues
explicites. Il sera abordé tel un texte argumentatif, c’est-à-dire, dans chaque paragraphe, il faut
nécessairement une idée directrice pour affirmer un aspect de l’opinion, un argument (une explication)
pour la corroborer, un exemple et/ou une citation pour l’illustrer. L’idée directrice constitue la thèse à
défendre ou une de ses composantes ; l’argument vient pour l’étayer ou la fonder et l’exemple pour
la prouver. Pour amorcer l’idée, il est impératif d’utiliser des connecteurs logiques tels que : d’emblée,
tout d’abord, d’une part, de prime abord. Alors que pour l’argument, nous pouvons avoir : en effet, par
conséquent, ainsi, de ce fait. Et pour l’exemple : C’est en ce sens, c’est dans cette ordre d’idées, comme
on le note, pour illustration, pour exemple, en exemple, en guise d, exemple, etc. Ainsi, dans chaque
partie du développement, il faut nécessairement deux ( 2)idées au moins et trois idées au plus, en
particulier dans le cas d’un plan dialectique ou plus rarement en littérature dans une structure
manifestations/conséquences-causes-solutions. Dans une partie subdivisée en unités de sens, les
paragraphes sont reliés logiquement ou chronologiquement par des connecteurs adéquats (mais,
toutefois, cependant en revanche, par contre, par conséquent, de ce fait, des lors, si bien que…, de façon
à…, à cause de…, grâce à …, etc.
Une conclusion partielle amorcée par un connecteur récapitulatif à la fin de chaque partie pour la
récapituler(en somme, en résumé, bref, en récapitulation, en gros, grosso modo, etc.) et une annonce
immédiate de la partie qui va suivre s’imposent comme transition entre les différentes
parties. Une transition est donc divalente –à la fois rétrospective et prospective- et non monovalente
sauf dans la toute dernière partie du développement, du fait que la conclusion qui va venir n’est pas
partie intégrante de ce développement, lequel ne va plus progresser pour avoir atteint sa limite.

 La conclusion
La conclusion commence par un connecteur conclusif très fort (au bout du compte, en définitive, en
fin de compte, pour conclure, au terme de notre réflexion, etc.) et constitue la dernière étape de la
dissertation. Elle comporte trois parties essentielles dont les 2 sont obligatoires et la dernière utile
mais facultative : d’abord, nous avons le bilan fidèle et structuré qui doit refléter les contenus et
l’enchaînement des parties développées dans le corps, sans s’embarrasser de détails, d’exemples ou
d’explications ayant leur place au niveau du développement ; ensuite l’avis ou point de vue
personnel en cohérence avec le bilan et exprimé sans ambages ; cet avis est signalé par des
connecteurs d’implication personnelle ou d’engagement net tels que : pour notre part, à notre avis,
de notre point de vue, en ce qui nous concerne, etc. ; enfin, l’ouverture de perspective ou
l’élargissement( ubbi, yaatal en wolof), qui constitue un glissement sur une idée adjacente ou sur
une problématique connexe qui n’a pas été abordée dans le corps et qui est susceptible de faire
rebondir le débat dans un autre domaine ou thème connexe. Cette ultime étape s’amorce sur un
connecteur de rupture, de décalage, de changement de thème, de contexte ou de perspective par
rapport à ce qui précède (au fait. En fait, cependant, mais…) et se formule plus souvent par
interrogation directe ou indirecte.
NB : En ce qui concerne la présentation matérielle de la copie, entre les 3 parties (introduction,
développement et conclusion), il est nécessaire de sauter deux lignes. Par contre, entre les différentes
parties du développement, on sautera une ligne.

Sujet
Contexte
« Dans un contexte social d’injustices culturelles économiques ou politiques,
la littérature doit lutter systématiquement contre ces inégalités » , a écrit
un intellectuel noir des années 30.
A/Consigne améliorée
1/Vous expliquerez d’abord que la littérature doit dénoncer toutes les
formes d’injustices d’inégalité; vous montrerez ensuite qu’elle doit cependant
comporter une forte dimension esthétique difficilement compatible avec de
telles préoccupations militantes; enfin vous démontrerez que, dans le fond ,
une œuvre littéraire allie les deux dimensions , en joignant l’utile à l’agréable.
2/ autres propositions ?
B/Consignes classiques
Consigne à orientation strictement dialectique
Qu’en pensez-vous ? Que vous inspire une telle affirmation ? Etes –vous d’accord ?
Comment comprenez-vous… ?
Consigne à orientation critique
Expliquez et discutez cette pensée.
Discutez cette opinion.
Vous expliquerez la pensée de cet intellectuel en montrant d’une part que
l’œuvre littéraire doit s’attaquer aux injustices de tous ordres et d’autre part
qu’elle doit malgré tout prendre en compte l’aspect esthétique sans lequel il
n’y a pas art.
Consigne à orientation analytique

Expliquez dans un premier temps que la littéraire procède d’une volonté de


promouvoir des valeurs culturelles ou morales ; montrez dans un deuxième
temps que l’écrivain, pour sa part, ne peut échapper à la tentation du
militantisme politique dans sa création ; démontrez dans un troisième temps
que la fonction éducative complète l’engagement dans l’écriture littéraire
digne de ce nom; ou bien démontrez dans un troisième moment que l’expression
d’opinions personnelles dans l’ouvrage littéraire est bien compatible avec
l’engagement au profit de la communauté .

Résumé suivi de discussion

A/Résumé
Résumer un texte, c’est le réduire à sa longueur de base essentielle en en donnant une version
condensée mais fidèle, qui ne change ni la substance sémantique (le principal contenu) ni le système
d’énonciation, ni la structure logique .Il faut simplement reformuler le discours initial sans réellement
prendre de distance. Mieux-disant pour le fond, il doit être moins-disant pour la forme !

1. Méthode pratique
 Travail préliminaire
 Lire et relire attentivement le texte pour une imprégnation globale ;

 Repérer le thème principal : à partir des champs lexicaux, des mots clés, des répétitions ; de la
progression thématique, des connecteurs logiques
 Dégager la thèse de l’auteur du texte, c’est-à-dire la position qui est l’objet de son
engagement, le point de vue qu’il défend ou réfute et qui est la raison d’être du texte.
L’énonciation (lexique, types de phrases, jeu des pronoms personnels, des modes et temps
verbaux, etc.) associée au dispositif thème/rhème et à la progression thématique ci-dessus
évoquée y aideront efficacement. Une petite présentation suivie de 2 ou 3 exercices vous
édifiera sur la progression thématique et son exploitation dans un devoir de dissertation.
 Analyser les blocs de textes s’ils sont apparents et les délimiter grâce à des repères et outils
s’ils ne sont pas apparents (connecteurs, répétitions, thème/rhème, progression thématique ;
champ lexical) ;
 Identifier et isoler les idées principales et leurs arguments respectifs tout en élaguant
les exemples, les détails inutiles, les idées non pertinentes et les redondances ou repetitions.
 Établir dans le brouillon schématiquement le plan du texte : le squelette avec les grandes
articulations délimitées par des connecteurs ou transitions.
 vérifier la fidélité des idées retenues par rapport à la pensée de l’auteur en faisant
particulièrement attention aux énoncés et à leurs nuances.
 Dans un premier temps, occupez-vous de la fidélité aux idées essentielles et à l’énonciation, au
nombre d’arguments et à leurs justifications, sans oublier leur articulation interne et externe.
La proportion autorisée (le nombre de mots toléré en plus ou en moins) sera considérée
après le premier jet. En effet, on oublie très souvent une indication des neurosciences selon
laquelle lors que le cerveau est encombré par plusieurs tâches nouvelles ou complexes
le mobilisant simultanément , il devient inefficace, surtout quand aucune de ces tâches n’est
automatisée comme un reflexe. Or la gestion de votre texte au double plan de la fidélité et du
respect du nombre de mots prescrits constitue une double activité cognitive qui
surcharge et disperse le cerveau. Le décompte du nombre de mots à respecter dans votre
résumé peut donc intervenir après votre première mouture de texte ( la version martyre ) qui
sera ajustée par des reformulations en raccourci. Là aussi l’équivalence sémantique de
certaines catégories ou fonctions grammaticales vous offriront des options.

 Rédaction du résumé
 Rédiger en suivant la progression (ordre) du texte et en conservant son système énonciatif (jeu
des pronoms et personnes, des temps et mode de conjugaison des verbes, et des déictiques) ;
 Reformuler en évitant l’imprécision (les énoncés indéfinis, les expressions vagues ou pédantes) ;
en règle générale, ne pas reprendre les phrases du texte mais créer ses propres phrases (on peut
cependant garder des mots clés ou incontournables du texte).
 Déterminer les 02 bornes de la proportion autorisée et quantifier son écart en plus ou en
moins et y rapporter le résumé initial( version martyre) puis réajuster sa taille en s’aidant
des raccourcis indiqués ci-dessus ;

 Savoir condenser l’expression en la nuançant, en usant de formules précises et en utilisant la


synonymie syntaxique constituée par des formulations ou catégories grammaticalement
différentes mais sémantiquement équivalentes. Ainsi, l’adjectivation ou la nominalisation d’une
subordonnée sont des fonctions grammaticales différentes mais offrant des options de
reformulations sémantiquement interchangeables : .Exemple 1 : Le coureur qui porte un
maillot de couleur jaune est rapide. Le coureur en jaune est rapide (gain = 11mots -
06=5mots) ; Exemple 2 : ce candidat qui n’a pas réussi à son examen pleure à chaudes
larmes (14) vs ce candidat malheureux est peiné/ se plaint/ fond en larmes/ fond en pleurs/
répand des pleurs/ verse des larmes, etc. (14 mots - 06 mots=08 mots)
 Marquer clairement les liens logiques en évitant la simple juxtaposition des idées ;
 Mettre des signes de ponctuation en lieu et place de certains connecteurs ou énoncés longs.

2. Les interdits
 La répétition de phrases entières du texte.
 La reprise des images (figures de style, comparaisons, métaphores. Figure de répétition).
 Les additions internes : introduction d’idées extérieures, commentaires, remarques personnelles,
interprétation des idées de l’auteur.
 Les soustractions d’idées essentielles : trahison du texte.
 L’altération du système de l’énonciation
 Le résumé n’est donc pas un commentaire. La répétition, le non-sens et le contre-sens ne sont
pas tolérés ; bref, l’infidélité au contenu essentiel du texte et l’altération de son énonciation
sont sanctionnées d’un retrait (une soustraction) de points importants pour la note finale

 Le bouleversement de la succession des idées : toléré voire recommandé dans l’analyse,


le non respect de l’agencement des unités de sens( les blocs de texte) est interdit dans le
résumé qui doit respecter l’ordre des idées de l’auteur :l’exercice du résumé est chronologique
alors que celui de l’analyse ne l’est pas. Par conséquent gardez la progression chronologique du
texte initial.
 La disproportion, qu’elle soit partielle (évocation d’un exemple ou d’une idée secondaire) ou
totale avec le détournement d’une idée principale ou générale : une trop grande importance
apportée à une partie entraînant l’omission ou le rétrécissement d’une autre idée importante,
d’où un déséquilibre contraire à la structure argumentative de base.
 Le commentaire déguisé avec l’intervention du rédacteur, notamment par des formules du
genre : « l’auteur dit que », « l’auteur ajoute que » : ce défaut est du même ordre que l’addition
d’idées personnelles (sur la 3e puce de la présente série) ;
 Le dépassement des limites prescrites pour la taille de votre résumé (nombre de mots ou
de lignes) ; on peut s’en préserver par le recours à la reformulation par des catégories ou
fonctions grammaticales de sens identique ou équivalent.

3. Les contraintes
• Il faut se conformer au respect strict de la longueur indiquée avec une marge de plus ou
moins X %( souvent, on vous dit le nombre de mots et les 2 bornes en valeurs cardinales) ;
• Il faut rester fidèle au texte, dans ses idées (son contenu) comme son système
d’énonciation en se gardant d’y mettre du « soi » ;
• Il faut faire un effort de rédaction : produire un texte original sur le plan de l’expression
et correct, c’est-à-dire respectant les normes de la langue (vocabulaire, grammaire. conjugaison,
orthographe, syntaxe, ponctuation) ;
• Le résumé doit être entièrement rédigé dans le respect de la logique du texte initial. Il
exige donc une utilisation correcte des connecteurs logiques mais aussi de la ponctuation, en vue de
soigner la clarté du texte.

 Discussion
Elle constitue la 2ᵉ étape de cet exercice dont elle constitue une sorte d’excroissance, un prolongement,
une extrapolation. En contiguïté avec le texte à résumer, elle garde toujours son rapport de
sens avec lui, même si l’exigence de recul peut l’en éloigner plus ou moins. Elle a ainsi les mêmes
caractéristiques que la dissertation : introduction, développement, conclusion. Elle en est le format en
miniature.
En fait, la différence se situe au niveau du développement dans la mesure où il n’est pas nécessaire-
ni même possible compte tenu du temps imparti- de trop développer les idées : une idée suffit par
partie, donc un paragraphe par partie. En ce qui concerne son plan, il est toujours d’ordre critique (2
parties) ou dialectique (3 parties), en raison même du nom de l’exercice : discussion. En tout état de
cause, il faut chercher par une lecture attentive le plan et le tracé indiqués dans la consigne.
Concernant son introduction et sa conclusion, vous pouvez vous en tenir à leurs étapes respectives
dans la dissertation : amener succinctement le thème ; poser le problème et annoncer le plan dans la
première ; faire le bilan, donner rapidement son avis personnel et ouvrir des perspectives
pertinentes dans la seconde.

Le XVIe siècle : L’humanisme


Le XVIe siècle est à la fois héritier naturel du Moyen Âge et son opposé potentiel. Il est venu tout juste
après cette période considérée par certains comme barbare et « sommeil littéraire » et pour d’autres
c’est une étape d’un renouvellement important qui marque l’histoire littéraire et artistique. C’est là
d’ailleurs une vérité évidente d’autant plus que toute littérature découle d’un contexte et d’une histoire.
Ce siècle rime ainsi avec des événements tels que la Renaissance qui marque le réveil des humanistes
et des réformateurs.

 Le contexte de la Renaissance
La Renaissance est le réveil et la réaction progressiste du XVIe siècle contre l’obscurantisme du Moyen
Âge dont elle s’éloigne pour une aube nouvelle. C’est la naissance de nouvelles valeurs et
aspirations dans la société, dans l’art, dans la religion ou dans la littérature avec au cœur du processus
l’être humain comme valeur absolue.

1- Les découvertes scientifiques


Tout d’abord, en 1492, Christophe Colomb découvre un nouveau monde à savoir l’Amérique ; de même
que d’autres voyageurs comme Vasco de Gama, ouvrent de nouvelles voies de navigation. En effet, ces
expéditions modifient la représentation que l’on a du monde ; on vérifie la théorie de la rotondité de la
Terre, de nouveaux peuples, cultures et religions apparaissent. Il y a également l’invention de
l’imprimerie vers 1454 par Gutenberg qui marque une étape phare dans la vulgarisation du savoir. Ainsi,
la multiplication des livres permet un accès plus facile et plus large au savoir désormais accessible à un
public laïc et non plus réservé au clergé.

2 - Renaissance des arts et des lettres


Les contacts avec l’Italie vont totalement orienter et aiguiser l’esprit et les goûts français en
commençant par la cour de François Ier. La France imite l’Italie ; en effet, son art du XVe appelé le
Quattrocento était considéré par les intellectuels français comme un modèle ainsi que sa poésie
marquée par deux influences : Pétrarque en Italie et d’autres l’Antiquité. La Renaissance rayonne et
donne une forte confiance à l’homme qui décide de réformer son espace afin d’assurer son
épanouissement.
 Réformes et quête de religion
1. Réforme
L’humanisme a donc orienté les aspirations de l’homme vers un retour manifeste aux textes antiques.
La Réforme se veut ainsi une rupture et un renouvellement de certaines réalités sociales, politiques et
religieuses. Les réformateurs s’attaquent en premier lieu à l’Église, recommandent la lecture directe et
non par des intermédiaires des textes sacrés ; en effet selon eux, l’Église corrompt les mœurs,
exploite les populations qui ne jouissent plus de liberté dans la pratique religieuse et dans leurs choix
quotidiens. Ainsi, la Réforme devient sous ce rapport un événement historique qui détruit la cohésion
chrétienne : les Catholiques fidèles à l’Église d’un côté et de l’autre les protestants favorables à la
reforme, d’où l’éclatement des guerres de religions.

2. Les guerres de Religion


Cette réforme précipite la France dans des guerres de religions qui vont secouer le pays de 1562 à 1598.
Elles se résument simplement en une opposition entre le désir de défendre la liberté du croyant dans
la pratique de sa foi (les protestants) et la prérogative de l’interprétation des textes bibliques par une
autorité désignée par l’Église (les catholiques). Ce conflit sanglant se développe dans une littérature en
renouvellement et qui a inspiré les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné qui s’engage du côté des
Protestants pendant que Ronsard va défendre la cause des Catholiques. Cette querelle durera
jusqu’à 1598, date de la promulgation de l’Édit de Nantes par Henri IV pour mettre fin auxdites guerres.

 L’humanisme
L’humanisme est défini comme un mouvement intellectuel et culturel caractérisé par l’étude des textes
antiques et affirmatif de leur supériorité. C’est également une conception philosophique qui place
l’Homme et les valeurs humaines au-dessus de tout.

1. Caractéristiques
 Le Retour aux modèles antiques
Le terme “humanisme” correspond à la volonté d’acquérir, d’approfondir et de développer la culture par
l’étude des Anciens grecs et latins en particulier. En effet, ces modèles proposent une sagesse
nouvelle. C’est ainsi que les humanistes déclarent qu’ils sont des « nains assis sur des épaules de
géants ». Autrement dit, ils s'inspirent des anciens pour viser une littérature haute, savante, voire
parfaite.

 Nouvelle conception de l'homme.


Le concept d'humanisme est formé autour du mot homme. C'est ce qui explique que ce mouvement croit
en la grandeur de l'homme et en son épanouissement dans la société. Il commence alors à éveiller son
goût pour les études. C'est pourquoi l'humanisme est la base de nos modèles de savoir par le biais
d'une pédagogie qui s'appuie essentiellement sur le type gréco-latin. De ce fait, l'acquisition de la culture
antique reste une étape fondamentale pour la formation qui vise l’accomplissement de l'homme par la
sagesse et la raison dans tous les domaines de l'existence. La pédagogie est alors effort en vue de
l’acquisition de connaissances solides et vastes pour aboutir à une véritable compréhension des
contenus et la formation d’un esprit éclectique et critique. « Science sans conscience n'est que ruine
de l'âme », dira Rabelais. Plus tard Montaigne remettra en cause ce modèle pédagogique de
bourrage de crâne (une tète bien pleine/ un abîme de sciences, selon Rabelais) pour prôner une
pédagogie visant la formation au jugement, au discernement et à l’esprit critique (une tète bien faite)

 La Pléiade
C'est un groupe de sept poètes de l’époque humaniste qui se développe à partir de 1547. Il relance
le renouveau de la poésie française en formulation des orientations sur l’usage du français en vue de
sa promotion et d’une plus grande accessibilité des œuvres littéraires et en indiquant des thèmes et
des formats d’écriture n’écartant pas l’imitation de l’Antiquité mais recherchant une originalité et
un exemple dans la renaissance littéraire italienne.

 Des principes de la Pléiade


La Pléiade est née quand un groupe de sept poètes décident d'apporter des changements dans la vie
littéraire. Outre, le meneur, Pierre de Ronsard, la Pléiade regroupe des poètes tels que Joachim Du
Bellay, Jacques Pelletier, Remy Belleau, Jean- Antoine de Baïf, Pontus de Tyard, et Étienne Jodelle. En
effet, sous les encouragements d'un professeur de grammaire, Jean Dorat, ils décident de porter le
nom « Pléiade » en référence a la constellation de 7 etoiles ou au groupe de 7 poètes célèbres
de l’Antiquité grecque . Dès lors, ils axent leur programme sur les points défendus dans l'ouvrage collectif
rédigé par Du Bellay, qui est leur manifeste : Défense et illustration de la langue française, 1549 :
Défendre la langue française en lui donnant une place importante, digne d'une grande langue de
communication, tel est l’objectif .Pour cela, il faut l'enrichir en calquant des mots nouveaux sur le latin
et le grec. La dérivation et la composition doivent permettre une formation de nouveaux mots pour
accroître le lexique du français et les possibilités de création littéraire des écrivains humanistes dans
cette langue â promouvoir.
En véritables admirateurs de l'antiquité, les poètes de la Pléiade imitent les anciens grecs et italiens
mus par la volonté de donner à la langue française des chefs d’œuvres a la hauteur des ambitions
affichées par la Pléiade dans son manifeste .

 Les thèmes
Les thèmes sont d'abord le lyrisme devant les ruines et les douleurs liées à la condition humaine. Cette
thématique du lyrisme dans sa version triste est beaucoup plus manifeste dans les regrets de Bellay.
Parallèlement, l'amour est considéré comme une solution, une alternative pour les maux qui
gangrenent la société. Ce sentiment domine la Pléiade avec la voix de Ronsard qui est considéré
comme le poète de l'amour. Mais également les poètes méditaient sur la fuite du temps(le
passage rapide) faisant de la vie humaine une marche irrémédiable vers la vieillesse et la mort qui
auront toujours raison de sa jeunesse, de sa beauté, de sa gloire et de son bien-être qu’elles
ne tarderont pas à anéantir. De quoi se rendre à l’évidence du « carpe diem », cette doctrine de
l’épicurisme à l’adoption de laquelle Ronsard invite ses bien- aimées. Enfin, la mythologie alimente
cette poésie et prolonge le lecteur vers des histoires fabuleuses ou dans les origines de l'histoire. Une
véritable découverte du fondement des réalités gréco-romaines se trouve dans cette poésie. Ainsi, elle
s'exprime à travers le sonnet, l'épopée ou la tragédie, en recourant fréquemment à l'allégorie ou la
métaphore et en s’alignant sur un registre et des pratiques copiés de l’Antiquité.
Le XVIIᵉ siècle : Le classicisme
Le XVIIᵉ siècle prend son départ en 1610 avec l’assassinat d’Henri IV et se termine en 1715 avec la mort
de Louis XIV. En effet, cette période est marquée par l’ordre, le prestige, dans la société comme dans les
arts. Les classiques manifestent dans l’expression poétique et dans les valeurs éthiques leurs idéaux. De
Richelieu à Mazarin, la France cherche à constituer un État fort qui règne dans toutes les classes sociales
et contrôle toute la création littéraire et artistique : une politique imposée par le Roi-Soleil Louis XIV,
maître absolu de la France. L’histoire littéraire côtoie l’histoire politique : la préciosité, le Baroque et le
classicisme deviennent des mouvements d’idées. Molière, La Fontaine, Racine et bien d’autres se
rassemblent pour former le classicisme bâti sur une nouvelle philosophie et un nouvel idéal humain,
moral, social et artistique exigeant des principes ou règles esthétiques s’exprimant dans les œuvres
légendaires dédiées.

1. Un idéal esthétique
1.1. L’imitation des anciens
Les références à l’Antiquité abondent dans l’art classique. Ces emprunts et même l’imitation ne sont pas
considérés comme une preuve de faiblesse ou de pauvreté intellectuelle. La Fontaine ne cache pas
d’avoir imité Ésope et se justifie en ces termes : « On me verra toujours pratiquer cet usage//Mon
imitation n’est point un esclavage:// Je ne prends que l’idée, et les tours, et les lois// Que nos
maîtres suivaient eux-mêmes autrefois // Si d’ailleurs quelque endroit plein chez eux d’excellence//
Peut entrer dans mes vers sans nulle violence// Je l’y transporte ,et veux qu’il n’ait rien d’affecté //
Tâchant de rendre mien cet air d’antiquité »( Epître à Huet[1687], évêque de Soissons, théologien
et philosophe, ami de Boileau [ dans le camp des Anciens ]et de Charles Perrault [dans celui des
Modernes]). Huet était un érudit , en plus membre de l’Académie française ayant une solide
connaissance de l’antiquité). Cette imitation est ainsi une garantie et une marque de perfection, car
l’Antiquité est un modèle, une voie vers l’excellence. Il faut donc suivre les anciens pour permettre à la
langue française de produire des chefs-d’œuvre dignes de la “tradition antique”. Le classicisme de cette
façon pourrait viser l’éternel et l’universel (tous les temps et tous les lieux).

1.2. Autorité de la Raison


La raison étant une faculté commune à tous les hommes, on doit être scrupuleusement fidèle à elle.
Dans le domaine esthétique, cela signifie “avoir du bon sens”. L’ordre devient alors un des impératifs
fondamentaux de la raison. Boileau l’impose grâce son Art poétique en déclarant : “Tout ce qui se
conçoit s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ”( L’Art poétique,1674) La raison
impose donc qu’on se fie à elle en suivant ses principes qui ont déjà fait leurs preuves.

1.3. Les règles


- La bienséance
Elle consiste à ne pas choquer le lecteur ou le spectateur par l’usage de mots ou d’expressions grossières,
d’images ou d’actes violents. “Que votre âme et vos mœurs, peintes dans vos ouvrages, / n’offrent jamais
de vous que de nobles images”, écrit Boileau.

- La vraisemblance
L’art consiste à représenter non pas ce qui existe réellement mais ce que la plupart des hommes
admettent comme conforme à la vérité. La vraisemblance montre les choses comme elles doivent être,
c’est-à-dire selon l’idée que l’on se fait du vrai. Toutefois, le vraisemblable peut ne pas être le vrai.
_la règle de la séparation des genres
La règle de la hiérarchie sociale ( roi et cour au sommet, noble ensuite , bourgeois et roture en bas), a
son pendant en littérature, dans la règle de la séparation ( une forme de hiérarchie ) des genres
littéraires(la tragédie pour les dieux, le clergé , le roi et la cour ; la comédie pour les classes
d’en bas : roture ,les bourgeois, paysans, etc.) ,

- La règle des trois unités


Le théâtre classique obéit à une construction dont nous pouvons retenir l’exposition (présentation), le
nœud de l’action (déroulement ou péripéties) et le dénouement (résolution ou fin). À cela s’ajoute la
règle des trois unités, soit à la fois une unité de temps (24h), de lieu (un seul lieu) et d’action (une seule
intrigue) ; c’est ce que Boileau résume ainsi : « qu’en un seul lieu, en un seul jour ,un seul fait accompli,/ /
Tienne jusqu’à la fin / le théâtre rempli »( Art poetique,1674)

II. Un idéal humain


Le classicisme s’incarne dans un type humain, l’honnête homme, qui a pour but de plaire en se
rendant agréable surtout a la Cour , grâce a des vertus telles que la culture générale, les qualités sociales(
courtoisie ,humilité ,modération et maîtrise de ses émotions, respect des manières jugées bonnes ou
convenables, etc.)

2.1. L’honnête homme


On donne ce nom à celui qui sait faire preuve de mesure et de retenue, se montre tolérant. C’est un être
modéré, partisan « du juste milieu ». Il est un homme ouvert, curieux d’esprit, savant mais humble dans
son comportement social. Il est poli, s’affirme dans ses manières, est capable de se dominer. Il sait
pratiquer l’art de la conversation avec délicatesse (éloquence discrète). Molière en a donné un aperçu
dans Le misanthrope, pièce créée en 1666: « La parfaite raison fuit toute extrémité et veut que l’on soit
sage avec sobriété »

2-2- Art de plaire


Plaire impose que l’on sache être profond tout en divertissant. La Fontaine, par exemple, instruit ses
lecteurs mais sa morale passe par l’agrément de la fable, en se disant qu’il faut surtout éviter d’être
ennuyeux. Ainsi, en matière d’art et de goût, plaire est le vrai critère. Si une pièce a plu, c’est qu’elle est
bonne. La principale règle est alors de plaire et de toucher. Les qualités humaines et la morale sociale
rejoignent les ambitions artistiques. De ce fait, le classique est tout ce qui est : « digne d’être enseigné
dans les classes ». Le mot plaire sert à qualifier l’ordre, la rigueur, la clarté, la sobriété en vue de plaire

III- Les principaux genres


3-1- La nature
Dans cette littérature, nous retrouvons le roman (Madame de la Fayette avec La princesse de Clèves), la
fable (Jean de la Fontaine avec Les Fables), la poésie (Théophile Viau avec Ode), le Théâtre (Jean Racine
avec Phèdre). De tous ces genres, le théâtre était le plus utilisé et se divisait en sous genres :
a/ La tragédie composée de 5 actes en vers et dont le sujet est emprunté à l’histoire ou à la légende
gréco-latine. Elle met en scène de nobles personnages (Roi, Reine, Princesse ou Dieux), se termine
toujours par un malheur (mort en générale) et utilise un langage soutenu ;
b/ La comédie : met en scène de simples personnages ordinaires, modestes (bourgeois, servantes ou
valets), fait rire et se termine souvent bien. Les bons sont récompensés ; les ridicules échouent ; les
amoureux se marient. Elle adopte un langage familier le plus souvent.
c/ NB ; Le Cid de Corneille, objet de controverse, est classé dans la tragi-comédie (nœud et personnages
de la tragédie ; mais dénouement heureux et non tragique).

3-2-fonctions
Selon le philosophe grec Aristote, la tragédie doit inspirer la terreur et la pitié. Son but est la catharsis
c’est-à-dire la purgation des passions et défauts. Le spectacle des malheurs du héros conduit le
spectateur, par la pitié et la terreur, a se libérer de ses propres passions ou vices ; c’est en ce sens que
corneille estime : « la pitié d’un malheur où nous voyons tomber nos semblables nous porte à la crainte
d’un pareil pour nous, cette crainte au désir de l’éviter ».
Quant à la comédie, sa principale fonction est de divertir. Mais derrière cette fonction se cache une
visée pédagogique ou morale. Ainsi, Molière le confirme en déclarant : « on se sert du rire pour corriger
les vices des hommes » ; alors que la fable a essentiellement une fonction purement didactique. Elle
rectifie les défauts en enseignant et encourageant les bonnes attitudes. La Fontaine dira de son côté :
«je me sers des animaux pour instruire les hommes », (dans la préface de son recueil de fables.

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