Guide complet sur la versification poétique
Guide complet sur la versification poétique
Introduction
La versification est souvent définie comme l’ensemble des procédés utilisés par le poète pour s’exprimer,
rédiger son poème. Ce dernier est écrit en vers et le vers se définit à son tour par sa mesure, sa rime et
son rythme.
Le décompte syllabique
Pour réussir le décompte syllabique, il faut nécessairement faire attention au « e muet ».
A la fin d’un mot, une syllabe précédant un « e » muet compte comme une syllabe entière
quand le mot suivant commence par une consonne ou par un « h » aspirer.
Exemple : hai/re tran/quille
Il /me / sem/ble ber/cé/ par/ le/ choc
On/ part/ à / gran/de/ hâte
Cependant le « e » ne compte pas quand le mot suivant commence par une voyelle ou si ce « e »
situe en fin de vers et quand il est suivi par un « h » muet
Exemple : eau tranquille où coule mon âme
Un sincère homme du pays
La césure
C’est une pause à l’intérieur d’un vers qui le divise en deux parties appelées hémistiches. Dans les
alexandrins classiques, la césure se place après la sixième syllabe (6/6) ; alors que dans les décasyllabes
elle se situe le plus souvent après la quatrième syllabe ( 4/6) ou a la sixième (6/4) plus rarement à la
cinquième(5/5) ou ailleurs .
Le contre-rejet : c’est un court élément placé à la fin d’un vers et dont le sens se poursuit
au vers suivant.
Exemple : Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne// fait voler, la givre à travers
l’air atone.
« Ils marchaient droit, tendant / la pointe de leurs guêtres//( Hugo)
Nb ; rejet et contre rejet mettent en relief un terme qui acquiert de ce fait un
poids sémantique plus important
La strophe
Elle peut se définir comme un regroupement de vers indépendant. Elle équivaut aux paragraphes dans la
prose ; son nom dépend du nombre de vers qu’elle comporte. Nous pouvons avoir un distique( 2 vers),
un tercet( 3 vers), un quatrain( 4 vers) quintil ou cinquain( 5vers), sizain (6 vers) , septain( 7 vers),
huitain ou octain( 8 vers) , neuvain (9 vers) , dizain( 10 vers) ; un onzain(11 vers), douzain ( 12 vers),
treizain(13 vers).
Ici aussi , pour une reconnaissance facile, notez le suffixe « ain » associé au radical numérique
pour désigner un type de strophe; pareillement , si les appellations posent problème , retenez-
en les 2 plus courantes ( tercet ;quatrain) et pour tous les autres cas employez la dénomination
numérique ( strophe de X vers , strophe de z vers, etc. ) ,
Types de poème
Nous pouvons diviser les poèmes en deux parties : les poèmes à forme fixe et ceux à forme libre.
1/ Poème à forme libre
La forme libre n’obéit à aucune contrainte ; autrement dit, le poète dispose ses strophes selon ce
qu’il sent.
2/ Poèmes à forme fixe
La forme fixe obéit à des normes rigoureusement établies de la versification pour chacun de ses sous-
types constitutifs. Ainsi, comme indiqué par le pluriel du sous-titre, il existe plusieurs poèmes à forme
fixe.
A/Le sonnet en est le plus connu et le plus pratique. Plus usité donc plus commun, il a les
caractéristiques suivantes : poème de 14 vers répartis en 2 quatrains suivis de 2 tercets avec une
disposition rimique figée en ABBA ; ABBA ; CCD ;). La rime du dernier tercet du sonnet a une
disposition variable (EDE, EED). Le type de vers du sonnet est le plus souvent l’alexandrin ou le
décasyllabe.
Ces caractéristiques du sonnet, nous les avons apprises intuitivement ou empiriquement durant notre
parcours pédagogique sur le courant humaniste. Vous vous reporterez aux poèmes étudiés en
explication de texte par le professeur ou en exposés par des élèves pour des précisions ou détails
concrets.
La rime
Elle peut se définir comme la répétition d’une même sonorité à la fin de deux ou de plusieurs vers. Elle
garde ainsi certaines natures et dispositions.
Le genre
Rime féminine : elle est dite féminine quand elle se termine par un « e » muet. Exemple :
voyage/ âge
Rime masculine : elle est masculine quand elle ne se termine pas par « e ».
Exemple : dégager, engager, maison, poison.
La disposition
Les rimes plates ou suivies : nous avons des rimes suivies avec la disposition aa-bb.
{Bonté ; santé} aa
{Désirer ; inspirer} bb
Les rimes croisées ou altérnées : nous avons des rimes croisées dans la disposition abab
Bonté : a
Désirer : b
Santé : a
Inspirer : b
Les rimes embrassées : nous avons des rimes embrassées dans la disposition abba
Bonté : a
Désirer : b
Inspirer : b
Santé : a
La qualité
Rime pauvre : nous avons des rimes pauvres lorsqu’un seul son est commun
Exemple : maison ; garçon et matin ; lapin
Rime suffisante : elle est suffisante quand nous avons deux sons en commun
Exemple : bonté, santé et maison, poison
Rime riche : elle est riche quand nous avons trois sons en commun
Exemple : audacieux/ ambitieux ; aimable/câble
Rime léonine : elle est dite léonine lorsque nous avons plus de trois sons en commun
Exemple : surprise/prise ; préposition/proposition
Les figures de style :
La figure de style peut- être considérée comme une méthode d’écriture basée sur l’emploi de tournures
assez diverses du langage dans le but de créer la beauté de l’expression poétique. L’étude de ses
figures se fera par catégories.
La métaphore : c’est une comparaison implicite c’est-à- dire sans outil grammatical de
comparaison
Les sonorités :
L’assonance : c’est la répétition d’une même voyelle dans un vers ou 2vers
successifs
Exemple : la trace de tes pas dans ces câbles accablants= assonance en « a »
L’allitération : c’est la répétition d’une consonne dans un vers.
Exemple1 : pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ! (Jean Racine,
Andromaque) ; Ici il y a une allitération en « s », imitant ou suggérant le sifflement des
serpents ; Exemple2 Par son coup de pied magique sur le coup franc, il a cassé la
baraque ( casser la baraque=avoir un grand succès, soulever l’enthousiasme/ casser la
baraque à quelqu’un = faire échouer son entreprise,[son projet], déjouer sa stratégie, sa
ruse]) ; Ici il y a une allitération en /k /,suggérant la rigueur du tir ou la dureté du
ballon
La dissertation
Généralités
La dissertation peut être définie comme un exercice littéraire de réflexion critique qui vise à tester le
niveau de connaissance du candidat. Par conséquent, le sujet comporte deux éléments majeurs, à savoir
l’opinion (la thèse à développer, ce qui est dit) et la consigne (ce que l’on vous demande de faire, la tâche
intellectuelle). On les appelle aussi respectivement contexte et directive(s) ou instruction(s). Ainsi, c’est
cette dernière qui va déterminer la démarche à adopter : une orientation analytique, une orientation
critique, une orientation dialectique. Alors, il sera nécessaire de procéder à l’étude du sujet pour
dégager en premier lieu le domaine général ou le thème précis (De quoi s’agit-il ? De quel domaine
général ou thème précis la dissertation relève-t-elle? Sur quoi doit-on réfléchir ? ). Dans une
réunion les questions équivalentes seraient : sur quoi la réunion porte-t-elle ? Quel en est l’ordre
du jour précis? Et dans ce cas, cette seule question sur l’ordre du jour aurait suffi pour permettre
aux participants d’entrer dans le débat sans faire hors sujet ou fausse route car le modérateur fait tout
le reste. En revanche, dans une dissertation, non seulement il vous revient de faire ce travail préalable
de détermination du domaine et du thème précis, mais vous devez en plus pousser la lecture et l’analyse
jusqu’à l’identification du problème posé, à savoir la perspective de l’opinion, c’est- à -dire la
problématique expressément soulevée ou simplement sous-jacente au thème en question (l’idée
générale ou la thèse dans certains cas).Cette préoccupation correspondrait à l’interrogation
suivante dans une réunion : quelle est la question de fond à laquelle il faut trouver une réponse
cadrée puis développée par des explications cadrées ( arguments )et prouvée par des
illustrations cadrées ( exemples précis , explicités ) ? Des outils d’investigation du sujet , de
vérification de la bonne compréhension, de contrôle de la qualité du plan et de la rédaction
( l’écriture) vous seront présentés pour vous aider à bien traiter un sujet de dissertation ; en
d’autres termes lesdits outils vous faciliteront l’analyse et de la construction d’une
dissertation.
Du point de vue de la structuration globale , le produit fini de toute dissertation se présente en
trois grandes divisions distinctes mais solidaires que nous allons maintenant examiner en détails :
l’introduction, le développement et la conclusion.
Introduction :
Amorcer /amener le sujet
Elle représente l’entrée en matière, l’amorce, le préalable avant d’entrer dans le vif du sujet ; ainsi,
nous avons trois méthodes possibles pour amorcer ou amener un sujet. Il est possible de définir le
thème général du sujet, de partir du général au particulier sans s’éloigner du thème de réflexion
d’évoquer le contexte historique.
En somme l’amorce se fait toujours à partir d’un contexte ou prétexte général, inclusif ou connexe. A
cet effet, les entrées( amorces) sont nombreuses : historique du domaine, événement marquant ,fait
significatif , relation analogique( équivalence, ressemblance,…) , relation oppositive( avis contraire,
contraste) ou différentielle( option, choix, orientation ,variante, etc.) ,rapport d’inclusion ou de
contiguïté, appréciations d’une voix autorisée sur le thème, constat empirique( positif ou negatif)
dans les pratiques , bilan quantitatif ou qualitatif sur le domaine ou le thème, anecdote ,etc.
Poser le sujet
Cela consiste à reprendre intégralement la pensée (l’opinion) si cette dernière n’est pas trop longue, en
conservant bien sûr les guillemets ; ou bien on la résume dans sa quintessence en la transposant
par une formulation fidèle. Cette partie se rattache à la précédente par des connecteurs logiques tels
que : raison pour laquelle ; c’est en ce sens ; c’est dans ce contexte ; c’est dans cette logique ; c’est dans
cet ordre d’idées….
Au cas où le sujet ne fournit pas précision de l’auteur de la pensée, il est judicieux d’utiliser des
expressions indéfinies comme : d’aucuns ou certains ; un penseur ; et comme verbes introductif :
affirmer ; dire ; suggérer ; penser ; estimer ; proposer, soutenir, déclarer…….
Reformulation
Reformuler c'est dire autrement le la pensée ( opinion ou citation) avec de termes différents sans trahir
le sens. Pour cela, certaines expressions peuvent être utilisées pour introduire cette reformulation: en
d’autres termes ; autrement dit, c’est-à-dire, en clair, cela signifie que, cela revient à dire que… etc.
Cette reformulation ne s’impose que si la pensée a été posée telle qu’elle et présentée dans le sujet
avec des guillemets d’authentification. Au cas où une reformulation a permis de poser le problème,
cette derniere est suffisante et une autre reformulation serait superflue.
Problématique
Elle consiste à poser une question qui dégage le problème soulevé dans le sujet. Toutefois, la question est
posée à partir du thème tout en prenant en compte la consigne ; c’est-à-dire que la problématique dans
un sujet à orientation analytique est différente de celle d’un sujet à orientation dialectique. Dans la
dernière situation, l’interrogation doit susciter des réponses équivalentes aux cas suivants : le
« oui » qui renvoie à la thèse, le « mais /non qui renvoie à l’antithèse et le oui-mais (en réalité ;au
fond) qui fait référence à la synthèse sans laquelle la dialectique est bancale. Si l’on s’en arrête
aux 2 parties seulement, il vaut mieux l’appeler plan critique et recourir à une astuce pour rester
dans la logique et le schéma du plan dialectique et avoir des circonstances atténuantes pour cette
entorse à l’héritage de Hegel. Elle est aussi amorcée par un connecteur logique : alors, ainsi, de ce
fait, etc.
Le développement
Il constitue l’étape fondamentale de la dissertation : le lieu où les parties du plan doivent être rendues
explicites. Il sera abordé tel un texte argumentatif, c’est-à-dire, dans chaque paragraphe, il faut
nécessairement une idée directrice pour affirmer un aspect de l’opinion, un argument (une explication)
pour la corroborer, un exemple et/ou une citation pour l’illustrer. L’idée directrice constitue la thèse à
défendre ou une de ses composantes ; l’argument vient pour l’étayer ou la fonder et l’exemple pour
la prouver. Pour amorcer l’idée, il est impératif d’utiliser des connecteurs logiques tels que : d’emblée,
tout d’abord, d’une part, de prime abord. Alors que pour l’argument, nous pouvons avoir : en effet, par
conséquent, ainsi, de ce fait. Et pour l’exemple : C’est en ce sens, c’est dans cette ordre d’idées, comme
on le note, pour illustration, pour exemple, en exemple, en guise d, exemple, etc. Ainsi, dans chaque
partie du développement, il faut nécessairement deux ( 2)idées au moins et trois idées au plus, en
particulier dans le cas d’un plan dialectique ou plus rarement en littérature dans une structure
manifestations/conséquences-causes-solutions. Dans une partie subdivisée en unités de sens, les
paragraphes sont reliés logiquement ou chronologiquement par des connecteurs adéquats (mais,
toutefois, cependant en revanche, par contre, par conséquent, de ce fait, des lors, si bien que…, de façon
à…, à cause de…, grâce à …, etc.
Une conclusion partielle amorcée par un connecteur récapitulatif à la fin de chaque partie pour la
récapituler(en somme, en résumé, bref, en récapitulation, en gros, grosso modo, etc.) et une annonce
immédiate de la partie qui va suivre s’imposent comme transition entre les différentes
parties. Une transition est donc divalente –à la fois rétrospective et prospective- et non monovalente
sauf dans la toute dernière partie du développement, du fait que la conclusion qui va venir n’est pas
partie intégrante de ce développement, lequel ne va plus progresser pour avoir atteint sa limite.
La conclusion
La conclusion commence par un connecteur conclusif très fort (au bout du compte, en définitive, en
fin de compte, pour conclure, au terme de notre réflexion, etc.) et constitue la dernière étape de la
dissertation. Elle comporte trois parties essentielles dont les 2 sont obligatoires et la dernière utile
mais facultative : d’abord, nous avons le bilan fidèle et structuré qui doit refléter les contenus et
l’enchaînement des parties développées dans le corps, sans s’embarrasser de détails, d’exemples ou
d’explications ayant leur place au niveau du développement ; ensuite l’avis ou point de vue
personnel en cohérence avec le bilan et exprimé sans ambages ; cet avis est signalé par des
connecteurs d’implication personnelle ou d’engagement net tels que : pour notre part, à notre avis,
de notre point de vue, en ce qui nous concerne, etc. ; enfin, l’ouverture de perspective ou
l’élargissement( ubbi, yaatal en wolof), qui constitue un glissement sur une idée adjacente ou sur
une problématique connexe qui n’a pas été abordée dans le corps et qui est susceptible de faire
rebondir le débat dans un autre domaine ou thème connexe. Cette ultime étape s’amorce sur un
connecteur de rupture, de décalage, de changement de thème, de contexte ou de perspective par
rapport à ce qui précède (au fait. En fait, cependant, mais…) et se formule plus souvent par
interrogation directe ou indirecte.
NB : En ce qui concerne la présentation matérielle de la copie, entre les 3 parties (introduction,
développement et conclusion), il est nécessaire de sauter deux lignes. Par contre, entre les différentes
parties du développement, on sautera une ligne.
Sujet
Contexte
« Dans un contexte social d’injustices culturelles économiques ou politiques,
la littérature doit lutter systématiquement contre ces inégalités » , a écrit
un intellectuel noir des années 30.
A/Consigne améliorée
1/Vous expliquerez d’abord que la littérature doit dénoncer toutes les
formes d’injustices d’inégalité; vous montrerez ensuite qu’elle doit cependant
comporter une forte dimension esthétique difficilement compatible avec de
telles préoccupations militantes; enfin vous démontrerez que, dans le fond ,
une œuvre littéraire allie les deux dimensions , en joignant l’utile à l’agréable.
2/ autres propositions ?
B/Consignes classiques
Consigne à orientation strictement dialectique
Qu’en pensez-vous ? Que vous inspire une telle affirmation ? Etes –vous d’accord ?
Comment comprenez-vous… ?
Consigne à orientation critique
Expliquez et discutez cette pensée.
Discutez cette opinion.
Vous expliquerez la pensée de cet intellectuel en montrant d’une part que
l’œuvre littéraire doit s’attaquer aux injustices de tous ordres et d’autre part
qu’elle doit malgré tout prendre en compte l’aspect esthétique sans lequel il
n’y a pas art.
Consigne à orientation analytique
A/Résumé
Résumer un texte, c’est le réduire à sa longueur de base essentielle en en donnant une version
condensée mais fidèle, qui ne change ni la substance sémantique (le principal contenu) ni le système
d’énonciation, ni la structure logique .Il faut simplement reformuler le discours initial sans réellement
prendre de distance. Mieux-disant pour le fond, il doit être moins-disant pour la forme !
1. Méthode pratique
Travail préliminaire
Lire et relire attentivement le texte pour une imprégnation globale ;
Repérer le thème principal : à partir des champs lexicaux, des mots clés, des répétitions ; de la
progression thématique, des connecteurs logiques
Dégager la thèse de l’auteur du texte, c’est-à-dire la position qui est l’objet de son
engagement, le point de vue qu’il défend ou réfute et qui est la raison d’être du texte.
L’énonciation (lexique, types de phrases, jeu des pronoms personnels, des modes et temps
verbaux, etc.) associée au dispositif thème/rhème et à la progression thématique ci-dessus
évoquée y aideront efficacement. Une petite présentation suivie de 2 ou 3 exercices vous
édifiera sur la progression thématique et son exploitation dans un devoir de dissertation.
Analyser les blocs de textes s’ils sont apparents et les délimiter grâce à des repères et outils
s’ils ne sont pas apparents (connecteurs, répétitions, thème/rhème, progression thématique ;
champ lexical) ;
Identifier et isoler les idées principales et leurs arguments respectifs tout en élaguant
les exemples, les détails inutiles, les idées non pertinentes et les redondances ou repetitions.
Établir dans le brouillon schématiquement le plan du texte : le squelette avec les grandes
articulations délimitées par des connecteurs ou transitions.
vérifier la fidélité des idées retenues par rapport à la pensée de l’auteur en faisant
particulièrement attention aux énoncés et à leurs nuances.
Dans un premier temps, occupez-vous de la fidélité aux idées essentielles et à l’énonciation, au
nombre d’arguments et à leurs justifications, sans oublier leur articulation interne et externe.
La proportion autorisée (le nombre de mots toléré en plus ou en moins) sera considérée
après le premier jet. En effet, on oublie très souvent une indication des neurosciences selon
laquelle lors que le cerveau est encombré par plusieurs tâches nouvelles ou complexes
le mobilisant simultanément , il devient inefficace, surtout quand aucune de ces tâches n’est
automatisée comme un reflexe. Or la gestion de votre texte au double plan de la fidélité et du
respect du nombre de mots prescrits constitue une double activité cognitive qui
surcharge et disperse le cerveau. Le décompte du nombre de mots à respecter dans votre
résumé peut donc intervenir après votre première mouture de texte ( la version martyre ) qui
sera ajustée par des reformulations en raccourci. Là aussi l’équivalence sémantique de
certaines catégories ou fonctions grammaticales vous offriront des options.
Rédaction du résumé
Rédiger en suivant la progression (ordre) du texte et en conservant son système énonciatif (jeu
des pronoms et personnes, des temps et mode de conjugaison des verbes, et des déictiques) ;
Reformuler en évitant l’imprécision (les énoncés indéfinis, les expressions vagues ou pédantes) ;
en règle générale, ne pas reprendre les phrases du texte mais créer ses propres phrases (on peut
cependant garder des mots clés ou incontournables du texte).
Déterminer les 02 bornes de la proportion autorisée et quantifier son écart en plus ou en
moins et y rapporter le résumé initial( version martyre) puis réajuster sa taille en s’aidant
des raccourcis indiqués ci-dessus ;
2. Les interdits
La répétition de phrases entières du texte.
La reprise des images (figures de style, comparaisons, métaphores. Figure de répétition).
Les additions internes : introduction d’idées extérieures, commentaires, remarques personnelles,
interprétation des idées de l’auteur.
Les soustractions d’idées essentielles : trahison du texte.
L’altération du système de l’énonciation
Le résumé n’est donc pas un commentaire. La répétition, le non-sens et le contre-sens ne sont
pas tolérés ; bref, l’infidélité au contenu essentiel du texte et l’altération de son énonciation
sont sanctionnées d’un retrait (une soustraction) de points importants pour la note finale
3. Les contraintes
• Il faut se conformer au respect strict de la longueur indiquée avec une marge de plus ou
moins X %( souvent, on vous dit le nombre de mots et les 2 bornes en valeurs cardinales) ;
• Il faut rester fidèle au texte, dans ses idées (son contenu) comme son système
d’énonciation en se gardant d’y mettre du « soi » ;
• Il faut faire un effort de rédaction : produire un texte original sur le plan de l’expression
et correct, c’est-à-dire respectant les normes de la langue (vocabulaire, grammaire. conjugaison,
orthographe, syntaxe, ponctuation) ;
• Le résumé doit être entièrement rédigé dans le respect de la logique du texte initial. Il
exige donc une utilisation correcte des connecteurs logiques mais aussi de la ponctuation, en vue de
soigner la clarté du texte.
Discussion
Elle constitue la 2ᵉ étape de cet exercice dont elle constitue une sorte d’excroissance, un prolongement,
une extrapolation. En contiguïté avec le texte à résumer, elle garde toujours son rapport de
sens avec lui, même si l’exigence de recul peut l’en éloigner plus ou moins. Elle a ainsi les mêmes
caractéristiques que la dissertation : introduction, développement, conclusion. Elle en est le format en
miniature.
En fait, la différence se situe au niveau du développement dans la mesure où il n’est pas nécessaire-
ni même possible compte tenu du temps imparti- de trop développer les idées : une idée suffit par
partie, donc un paragraphe par partie. En ce qui concerne son plan, il est toujours d’ordre critique (2
parties) ou dialectique (3 parties), en raison même du nom de l’exercice : discussion. En tout état de
cause, il faut chercher par une lecture attentive le plan et le tracé indiqués dans la consigne.
Concernant son introduction et sa conclusion, vous pouvez vous en tenir à leurs étapes respectives
dans la dissertation : amener succinctement le thème ; poser le problème et annoncer le plan dans la
première ; faire le bilan, donner rapidement son avis personnel et ouvrir des perspectives
pertinentes dans la seconde.
Le contexte de la Renaissance
La Renaissance est le réveil et la réaction progressiste du XVIe siècle contre l’obscurantisme du Moyen
Âge dont elle s’éloigne pour une aube nouvelle. C’est la naissance de nouvelles valeurs et
aspirations dans la société, dans l’art, dans la religion ou dans la littérature avec au cœur du processus
l’être humain comme valeur absolue.
L’humanisme
L’humanisme est défini comme un mouvement intellectuel et culturel caractérisé par l’étude des textes
antiques et affirmatif de leur supériorité. C’est également une conception philosophique qui place
l’Homme et les valeurs humaines au-dessus de tout.
1. Caractéristiques
Le Retour aux modèles antiques
Le terme “humanisme” correspond à la volonté d’acquérir, d’approfondir et de développer la culture par
l’étude des Anciens grecs et latins en particulier. En effet, ces modèles proposent une sagesse
nouvelle. C’est ainsi que les humanistes déclarent qu’ils sont des « nains assis sur des épaules de
géants ». Autrement dit, ils s'inspirent des anciens pour viser une littérature haute, savante, voire
parfaite.
La Pléiade
C'est un groupe de sept poètes de l’époque humaniste qui se développe à partir de 1547. Il relance
le renouveau de la poésie française en formulation des orientations sur l’usage du français en vue de
sa promotion et d’une plus grande accessibilité des œuvres littéraires et en indiquant des thèmes et
des formats d’écriture n’écartant pas l’imitation de l’Antiquité mais recherchant une originalité et
un exemple dans la renaissance littéraire italienne.
Les thèmes
Les thèmes sont d'abord le lyrisme devant les ruines et les douleurs liées à la condition humaine. Cette
thématique du lyrisme dans sa version triste est beaucoup plus manifeste dans les regrets de Bellay.
Parallèlement, l'amour est considéré comme une solution, une alternative pour les maux qui
gangrenent la société. Ce sentiment domine la Pléiade avec la voix de Ronsard qui est considéré
comme le poète de l'amour. Mais également les poètes méditaient sur la fuite du temps(le
passage rapide) faisant de la vie humaine une marche irrémédiable vers la vieillesse et la mort qui
auront toujours raison de sa jeunesse, de sa beauté, de sa gloire et de son bien-être qu’elles
ne tarderont pas à anéantir. De quoi se rendre à l’évidence du « carpe diem », cette doctrine de
l’épicurisme à l’adoption de laquelle Ronsard invite ses bien- aimées. Enfin, la mythologie alimente
cette poésie et prolonge le lecteur vers des histoires fabuleuses ou dans les origines de l'histoire. Une
véritable découverte du fondement des réalités gréco-romaines se trouve dans cette poésie. Ainsi, elle
s'exprime à travers le sonnet, l'épopée ou la tragédie, en recourant fréquemment à l'allégorie ou la
métaphore et en s’alignant sur un registre et des pratiques copiés de l’Antiquité.
Le XVIIᵉ siècle : Le classicisme
Le XVIIᵉ siècle prend son départ en 1610 avec l’assassinat d’Henri IV et se termine en 1715 avec la mort
de Louis XIV. En effet, cette période est marquée par l’ordre, le prestige, dans la société comme dans les
arts. Les classiques manifestent dans l’expression poétique et dans les valeurs éthiques leurs idéaux. De
Richelieu à Mazarin, la France cherche à constituer un État fort qui règne dans toutes les classes sociales
et contrôle toute la création littéraire et artistique : une politique imposée par le Roi-Soleil Louis XIV,
maître absolu de la France. L’histoire littéraire côtoie l’histoire politique : la préciosité, le Baroque et le
classicisme deviennent des mouvements d’idées. Molière, La Fontaine, Racine et bien d’autres se
rassemblent pour former le classicisme bâti sur une nouvelle philosophie et un nouvel idéal humain,
moral, social et artistique exigeant des principes ou règles esthétiques s’exprimant dans les œuvres
légendaires dédiées.
1. Un idéal esthétique
1.1. L’imitation des anciens
Les références à l’Antiquité abondent dans l’art classique. Ces emprunts et même l’imitation ne sont pas
considérés comme une preuve de faiblesse ou de pauvreté intellectuelle. La Fontaine ne cache pas
d’avoir imité Ésope et se justifie en ces termes : « On me verra toujours pratiquer cet usage//Mon
imitation n’est point un esclavage:// Je ne prends que l’idée, et les tours, et les lois// Que nos
maîtres suivaient eux-mêmes autrefois // Si d’ailleurs quelque endroit plein chez eux d’excellence//
Peut entrer dans mes vers sans nulle violence// Je l’y transporte ,et veux qu’il n’ait rien d’affecté //
Tâchant de rendre mien cet air d’antiquité »( Epître à Huet[1687], évêque de Soissons, théologien
et philosophe, ami de Boileau [ dans le camp des Anciens ]et de Charles Perrault [dans celui des
Modernes]). Huet était un érudit , en plus membre de l’Académie française ayant une solide
connaissance de l’antiquité). Cette imitation est ainsi une garantie et une marque de perfection, car
l’Antiquité est un modèle, une voie vers l’excellence. Il faut donc suivre les anciens pour permettre à la
langue française de produire des chefs-d’œuvre dignes de la “tradition antique”. Le classicisme de cette
façon pourrait viser l’éternel et l’universel (tous les temps et tous les lieux).
- La vraisemblance
L’art consiste à représenter non pas ce qui existe réellement mais ce que la plupart des hommes
admettent comme conforme à la vérité. La vraisemblance montre les choses comme elles doivent être,
c’est-à-dire selon l’idée que l’on se fait du vrai. Toutefois, le vraisemblable peut ne pas être le vrai.
_la règle de la séparation des genres
La règle de la hiérarchie sociale ( roi et cour au sommet, noble ensuite , bourgeois et roture en bas), a
son pendant en littérature, dans la règle de la séparation ( une forme de hiérarchie ) des genres
littéraires(la tragédie pour les dieux, le clergé , le roi et la cour ; la comédie pour les classes
d’en bas : roture ,les bourgeois, paysans, etc.) ,
3-2-fonctions
Selon le philosophe grec Aristote, la tragédie doit inspirer la terreur et la pitié. Son but est la catharsis
c’est-à-dire la purgation des passions et défauts. Le spectacle des malheurs du héros conduit le
spectateur, par la pitié et la terreur, a se libérer de ses propres passions ou vices ; c’est en ce sens que
corneille estime : « la pitié d’un malheur où nous voyons tomber nos semblables nous porte à la crainte
d’un pareil pour nous, cette crainte au désir de l’éviter ».
Quant à la comédie, sa principale fonction est de divertir. Mais derrière cette fonction se cache une
visée pédagogique ou morale. Ainsi, Molière le confirme en déclarant : « on se sert du rire pour corriger
les vices des hommes » ; alors que la fable a essentiellement une fonction purement didactique. Elle
rectifie les défauts en enseignant et encourageant les bonnes attitudes. La Fontaine dira de son côté :
«je me sers des animaux pour instruire les hommes », (dans la préface de son recueil de fables.