Surtourisme : quotas,
«démarketing»... Les pistes pour
réduire les nuisances
Face aux pics d'engorgement fréquents de certains sites, le groupe de
réflexion Alliance France Tourisme passe en revue plusieurs solutions.
Développer de nouveaux itinéraires, recourir aux réservations et billetteries,
dissuader les touristes en cas de forte affluence... : l'Alliance France Tourisme entend
s'attaquer au « surtourisme » dans un rapport qui propose quelques pistes de
réflexion, sans remède miracle toutefois. «La prise de conscience française est
tardive», estime en préamblule de son rapport ce groupe de réflexion qui réunit des
groupes du secteur tels qu'Accor, Belambra, SNCF Connect ou encore la Compagnie
des Alpes.
«Il n'y a pas à l'heure actuelle de véritable réflexion officielle et structurée
conduite à ce sujet au plan national malgré les enjeux fondamentaux pour
l'attractivité, la compétitivité et la durabilité du secteur» , déplore l'Alliance. En
France 80% de l'activité touristique reste concentrée sur 20% du territoire.
La France épinglée
«La situation est d'autant plus préoccupante que la France fait désormais
partie des destinations régulièrement épinglées pour son «surtourisme»,
alors qu'elle était jusqu'à présent relativement épargnée par ce
phénomène», selon l'Alliance. Au-delà du constat, cet organisme liste une série de
recommandations allant de «repenser les flux touristiques»à «sensibiliser les
touristes».
Les professionnels du tourisme proposent notamment d'encourager les touristes à se
déplacer ailleurs que sur les sites engorgés avec la promotion de territoires moins
fréquentés par exemple mais aussi des mesures plus restrictives comme la mise en
place de taxes, de droits d'entrée ou de quotas journaliers.
«Le principe de la réservation préalable est plutôt bien reçu (...) En
revanche, parce qu'elle est plus radicale et, d'une certaine manière,
discriminatoire, la pratique des quotas ou des jauges (...) est beaucoup plus
controversée et suscite même parfois le rejet de certains professionnels» ,
souligne le rapport.
Dates des vacances scolaires
Quant aux taxes ou droits d'entrée, ils visent davantage «à financer un tourisme
durable ou la maintenance des sites» qu'à faire baisser la fréquentation
touristique, estime le rapport citant parmi plusieurs exemples la Nouvelle-Zélande où
une taxe de 35 dollars (21 euros) finance la transition écologique ou la redevance de
9 euros à Bali qui soutient le programme de préservation de l'environnement.
La technique dite du «démarketing» peut aussi éloigner les touristes. Il s'agit de
montrer des images de lieux sur-fréquentés afin de dissuader le public de s'y rendre
comme l'ont fait les calanques de Marseille en 2021 ou l'office de tourisme
intercommunal de Porto-Vecchio en 2022.
Alliance France Tourisme propose aussi de «désaisonnaliser le tourisme» en
engageant une réflexion avec l'Éducation nationale «sur la question des dates
de vacances scolaires ». Autre idée : promouvoir des activités durant l'intersaison,
offrir un «tourisme quatre saisons».