Modèle PRESIMO : Prévisions économiques marocaines
Modèle PRESIMO : Prévisions économiques marocaines
d
Les
u P l a n
N° 35 • Mai-juin 2011
Président
Ahmed Lahlimi Alami Modèle de prévision et de simulation des politiques
Haut Commissaire au Plan économiques de l’économie marocaine
Dépôt légal
2004/0139
ISSN : 1114-8411
Publication
Haut Commissariat au Plan
e-mail :
cahiersduplan@[Link]
Site : [Link]
Pré-presse
Babel com
Tél. : 0537 77 92 74
Fax : 0537 77 03 31 Les Cahiers du Plan publient les articles dans la langue où leurs auteurs
Agdal – Rabat les ont rédigés. Le contenu de ces articles n’engage que leurs auteurs.
Imprimerie
El Maârif Al Jadida
Tél. : 0537 79 47 08 / 09 – Rabat
Modèle de prévision et de simulation des politiques
économiques de l’économie marocaine*
PRESIMO (1)
4 N° 35 • mai-juin 2011
particulièrement sur le pouvoir d'achat des ménages et (prestations sociales et transferts courants). Ils paient
les exportations. des impôts et partagent leur revenu disponible entre
consommation finale et épargne.
En fait, les évolutions des prix et des salaires agissent
• Les entreprises : il s’agit de toutes les entreprises qui
sur la demande, par l’intermédiaire de l'effet d'encaisses
fournissent des biens et services marchands, que ce soit
réelles dans la fonction de consommation, et de la
privés ou publics.
compétitivité-prix dans le bloc commerce extérieur.
Cet effet régulateur permet à long terme de ramener • Les administrations publiques : cet agent comprend
la demande vers l'offre, entièrement déterminée dans l’administration publique centrale (y compris les
le modèle par le capital, sa productivité et l'évolution services déconcentrés), les collectivités locales, et les
de la population active. organismes de gestion de la sécurité sociale. La
politique économique des administrations publiques est
Toutefois, cette logique néo-keynésienne de la demande prise en compte dans le modèle à travers la participation
n’a pas d’effet sur le secteur agricole, du fait que les à la détermination de la demande finale (dépenses
rétroactions de l’équilibre global sont limitées sur ce exogènes : consommation finale et investissement des
secteur et, par conséquent, la production agricole est administrations publiques) et les prélèvements
considérée comme exogène dans le modèle. obligatoires (recettes fiscales et cotisations sociales).
• Secteur financier: dans le modèle, la sphère financière
Structure et construction du modèle n’est pas assez développée et son impact sur l’activité
L’approche utilisée pour l’élaboration du modèle, économique est faible.
consiste à concilier les données empiriques et a priori • Reste du monde : l'économie marocaine est décrite,
économiques, pour retracer l'évolution des dans le modèle, en tenant compte de ses liens avec le
comportements des différents agents de 1990 à 2009. reste du monde à travers le commerce extérieur. De ce
Ces comportements sont estimés équation par équation, fait, le modèle décrira les variables du commerce
en général dans une formulation à correction d'erreur, extérieur (exportations et importations) et les prix
mettant en évidence l'ajustement de court terme vers correspondants. Et comme le commerce extérieur
une relation cible de long terme. dépend de la situation économique des pays étrangers,
La formulation à correction d’erreur de la plupart des les hypothèses correspondantes sont formulées.
équations de comportement permet de corriger les Le modèle PRESIMO distingue aussi le secteur
erreurs et d’établir des relations de long terme marchand, et le secteur non marchand et porte
nécessaires pour les simulations. L’estimation des uniquement sur l’économie marocaine, l’environnement
équations est assurée par la méthode des moindres international étant supposé exogène. L'ossature
carrées ordinaires. Le rôle de l'économétrie dans le comptable du modèle est inspirée de la comptabilité
modèle consiste à valider les équations structurelles nationale et la décomposition retenue est de 5 agents
prédéfinies et à orienter le choix entre les versions et un seul secteur d'activité.
alternatives des différentes théories économiques.
Ainsi, le modèle prend en compte la simultanéité des Les équations du modèle sont de deux sortes : les
comportements des différents agents économiques et équations de comportement et les équations comptables.
tente de décrire l’imbrication des décisions de ces Les équations de comportement décrivent une causalité
agents qui aboutissent à l’équilibre global. Le modèle issue de la théorie économique (comme la relation entre
distingue comme agents économiques : les ménages, le revenu et la consommation) et portent essentiellement
les entreprises, les administrations publiques, le secteur sur la demande et les prix. Les principales équations de
financier et le reste du monde. comportement seront décrites dans les parties suivantes.
• Les ménages: dans le modèle, on considère que les Les équations comptables sont nécessaires pour avoir
ménages assurent l’offre de travail et touchent des une vision comptable cohérente des évolutions au
revenus du travail (salaire et revenu d’exploitation), niveau macroéconomique. Dans le cadre de la
du capital (les dividendes, les profits..) et les transferts comptabilité nationale, ces égalités sont des équilibres
Architecture du modèle
Ce schéma présente l’architecture générale du modèle macroéconomique. Il retrace essentiellement les principales interdépendances
entre le bloc des variables en volume et celui des variables en valeur.
6 N° 35 • mai-juin 2011
La partie suivante décrit de manière assez simplifiée l’ensemble des spécifications et des caractéristiques
des principales équations de comportement du modèle
La fonction de production
L’appréhension de la fonction de production est nécessaire pour l’élaboration du modèle. La forme et
les paramètres de cette fonction influencent les propriétés du modèle par l’intermédiaire de divers canaux.
Par conséquent, il est important de déterminer quelle est la fonction qui semble la plus compatible avec
les données de l’économie marocaine.
L’estimation de cette fonction sur les données macroéconomiques marocaines montre que ces dernières
cadrent aussi bien avec une fonction de production complémentaire qu’avec une fonction Cobb Douglas.
Ainsi, deux versions du modèle ont été élaborées selon la modélisation de la fonction de production, soit
par une fonction à facteurs complémentaires, soit par une fonction Cobb Douglas. Le choix entre ces
deux versions dépend des utilisations du modèle.
N° 35 • mai-juin 2011 7
Les principales équations être techniques ou psychologiques. Ceci s'applique à
de comportement du modèle la fois aux hausses et diminutions des revenus, même
si dans la plupart des cas le changement correspondra
La consommation des ménages à une amélioration.
Nous considérons le comportement d'un ménage unique D’autres éléments explicatifs peuvent intervenir :
(un comportement « micro-économique »). Ceci
suppose que nous pouvons agréger ces comportements La précarité de l’emploi: face à une croissance du
élémentaires par une équation globale, appliquée à la chômage, les ménages vont se constituer des réserves
totalité des ménages marocains. Cette option simple (épargne de précaution). La variation du chômage se
de considérer seulement un seul type de ménage, est traduit par la crainte de devenir chômeur pour les
utilisée par la plupart des modèles économiques. La personnes possédant un emploi, et par conséquent ces
raison principale de cette simplification est derniers réalisent une épargne de précaution ;
généralement l'absence de données détaillées.
L'inflation: on suppose que les ménages se sont fixés
La base de l’équation de consommation globale est la
une norme de patrimoine financier mesurée en pouvoir
suivante :
d'achat. Le maintien de ce patrimoine les oblige à
La variable la plus importante dans la détermination compenser chaque année l'érosion inflationniste. Une
de la consommation est le revenu disponible des élévation du rythme d'inflation les contraint donc à un
ménages. Dans le modèle, cette variable est endogène effort de reconstitution supplémentaire (effet dit
et résulte d’un ensemble de composantes : la masse
« d'encaisses réelles ») ;
salariale, l'excédent brut d'exploitation (EBE), les
revenus de la propriété, les impôts sur les revenus, les Le taux d’intérêt: le taux d’intérêt réel de court terme
transferts courants, les prestations sociales et les influence négativement la consommation pour les
cotisations sociales. raisons suivantes : une augmentation du taux d’intérêt
Les ménages adaptent leur consommation avec une incite à épargner davantage (le rendement de l’épargne
certaine inertie face à une hausse de leurs revenus financière augmente) et à emprunter moins (le coût
disponible. Les raisons de ce comportement peuvent de l’endettement augmente).
8 N° 35 • mai-juin 2011
• l'évolution anticipée de la production ; Pour estimer cette équation, nous avons besoin de la
• la modification de la productivité du capital ; valeur de la productivité du capital. En l'absence des
• le taux d’intérêt ; données statistiques, cette variable est mesurée par le
• le taux de marge des entreprises. PIB sur le capital de l’année précédente.
N° 35 • mai-juin 2011 9
L’emploi du secteur agricole
Le chômage
Le chômage dépend, essentiellement, du nombre du chômage ne suit pas seulement les évolutions de
d’emplois disponibles et du nombre de personnes l’emploi et de la population. Elle dépend aussi de la
pouvant réclamer un emploi, c’est-à-dire la population situation de départ : si le chômage est élevé par rapport
en âge d’activité. Cependant, une création d'emplois aux emplois disponibles, les personnes envisageant
ne réduit pas automatiquement le chômage du même d’entrer dans la population active (les jeunes en
niveau, du fait qu’une partie des nouveaux emplois
particulier) hésitent à le faire.
sera prise par des personnes qui n’étaient pas
considérées comme chômeurs, car elles n’espéraient L’estimation du chômage ne concerne que le chômage
pas trouver un emploi, ou n’avaient pas la possibilité urbain, le chômage rural est considéré comme exogène
technique d’en occuper un. dans le modèle (le chômage en milieu rural est difficile
Il est évident aussi qu’en absence de création d’emplois, à saisir). Dans l’équation à estimer chaque terme est
seule une partie de la population qui atteint l'âge de normé par la population en âge d’activité, afin d’assurer
travailler rejoint la main-d’œuvre. Toutefois, l’évolution l’homogénéité.
Cho_u : chômage urbain. • Disposer d’un marché étranger : il doit y avoir une
Popag : population en âge d’activité. demande pour les marchandises de l'exportateur. Plus
L_na : emploi dans le secteur non agricole. cette demande sera élevée, plus le potentiel
L_g : emploi dans l’administration publique. d’exportations le sera. Pour les exportations marocaines,
L_cl : emploi dans les collectivités locales. la variable appropriée est la demande mondiale. Pour
les importations, c’est la demande locale marocaine,
pour les produits finaux tels que les automobiles, ou
Le commerce extérieur les biens d’équipement. Mais il existe un autre type de
marchandises importées : celles qui entreront dans le
Pour pouvoir exporter, les exportateurs marocains processus local de production, comme les biens
(comme les entreprises étrangères exportant vers le intermédiaires. Ce processus ne répond pas seulement
Maroc) ont besoin de réaliser au moins trois conditions : au besoin de la demande locale, mais également des
10 N° 35 • mai-juin 2011
exportations, ce qui signifie qu'une hausse des concurrentiels comparés à ceux des autres exportateurs
exportations augmente les importations, mais seulement et également des producteurs locaux. Les variables
de biens intermédiaires. employées pour calculer la compétitivité sont :
• Disposer des capacités de production : les entreprises • Pour les importations marocaines : le rapport du prix
doivent être capables de produire les marchandises à l'importation (droits de douane compris) au prix des
demandées par les autres pays. Plus elles ont de marchandises localement produites vendues sur le
capacités, plus elles peuvent exporter, à condition que marché local.
celles-ci ne soient pas déjà employées pour satisfaire • Pour les exportations marocaines : le rapport du prix
la demande locale. Mais les entreprises étrangères à l'exportation (droits de douane étrangers inclus) au
concurrencent également les producteurs locaux. Si prix étrangers moyens des mêmes marchandises.
ces derniers ont une certaine difficulté à satisfaire la Naturellement, ces prix doivent être définis dans la
demande locale, les exportateurs auront l’occasion même monnaie, dans la pratique le Dirhams ou le
d'augmenter leur part du marché. Dollars des USA. L'option choisie n'a aucun effet sur
• Etre compétitif au niveau des prix (compétitivité- le rapport, car il affectera le numérateur et le
prix) : si une demande étrangère est présente et les dénominateur de la même manière.
exportateurs ont les moyens de la satisfaire, les ventes La logique des équations du commerce extérieur peut
peuvent être réalisées seulement si leurs prix sont être récapitulée dans le tableau suivant.
dlog(x)= 0,41*dlog(dm) – 0,42*dlog(compx) – 0,14*(log(x(– 1)/dm(– 1))– 0,07*(t – 2008)*(t < = 2008)
(c) (c) (c) (c)
– 0,6*log(compx(– 1)) + 2,37
(c) (24,25)
R2 = 0,63 DW = 2,19
N° 35 • mai-juin 2011 11
Les importations demande est exprimée en produits finis et en biens
Pour les importations, en plus de la compétitivité, il y intermédiaires pour satisfaire non seulement la demande
a la demande locale qui est aussi déterminante. Cette locale, mais également les exportations.
Prix de la Prix de
Prix des Prix des la valeur Taux de
production cotisations sociales
exportations importations ajoutée
des employeurs
Prix
Prix Taux d’utilisation
étrangers Taux
étrangers des capacités de
en Dh de change
en devise production
12 N° 35 • mai-juin 2011
Les salaires • la productivité de travail : si la productivité augmente,
les entreprises peuvent employer moins d'ouvriers pour
Pour l’équation des salaires qui s’inscrit dans la tradition
une production donnée. Ceci signifie que le salaire à
de modèle de négociation salariale, les salaires sont
dépenser pour produire chaque unité diminue, et
indexés sur les prix et sur la productivité du travail et l'amélioration résultante des marges peut être partagée
dépendent négativement du chômage. avec les ouvriers. A court terme, les entreprises
• l'inflation : à court terme, une hausse des prix à la transféreront aux ouvriers seulement une partie de ces
consommation entraînera des salaires plus élevés. Les gains de productivité, mais dans le long terme, ce
ouvriers réclameront des augmentations, pour maintenir transfert devrait être entièrement appliqué, et la part
leur pouvoir d'achat. Les entreprises pourraient des salaires dans la production convergera vers une
l'accepter, particulièrement si leur propre prix de valeur cible.
production augmente. Dans ce cas, ils peuvent permettre • Le chômage: le salaire dépend négativement du
des salaires plus élevés et maintenir la même marge chômage, plus le niveau du chômage est élevé plus le
pour chaque unité vendue. Cependant, la pleine pouvoir des ouvriers dans leurs négociations avec les
application de cette indexation peut être retardée. propriétaires sera réduit.
N° 35 • mai-juin 2011 13
est déjà soustraite car nous considérons la valeur difficulté à écouler leur production potentielle, ils
ajoutée). baisseront leurs prix. Toutefois, quand le taux
d'utilisation atteint un niveau élevé, les entreprises
La cible du taux de marge ne devrait pas être constante, peuvent profiter de la situation en augmentant leurs
mais doit dépendre plutôt du taux d'utilisation des marges par l’augmentation des prix (sans augmenter
capacités. Cette influence paraît tout à fait logique. les quantités vendues). Nous appliquons à ce cadre un
En effet, si les producteurs trouvent une certaine modèle à correction d'erreurs.
• s'ils suivent l'évolution de leurs coûts, ils Dans tous les cas, si les coûts locaux et le prix mondial
présentent la même variation relative, la compétitivité
augmenteront leurs ventes quand les coûts
demeurera stable. Cela vaut également pour les deux
augmenteront plus lentement que les prix étrangers,
cas extrêmes, et pour toute combinaison des deux.
ils les réduiront quand les coûts augmentent plus Ceci signifie que la somme des sensibilités (mesurées
rapidement (avec des marges qui demeurent comme élasticités) est égale à l’unité.
constantes).
Pour l’estimation des équations des prix du commerce
• s'ils suivent le prix mondial, leurs ventes ne seront extérieur, on a utilisé un cadre à correction d'erreurs
pas affectées. Mais leurs marges subiront les effets assurant l’homogénéité à long terme.
14 N° 35 • mai-juin 2011
Les prix des importations
N° 35 • mai-juin 2011 15
Surpoids et obésité des adultes au Maroc *
Le Maroc, comme beaucoup de pays émergeants, est en train de subir des modifications
fondamentales dans le comportement de consommation dues aux changements dans le mode
de vie (urbanisation, industrialisation, migration, travail de la femme, journée de travail
continue, etc.). Par ailleurs, l’essor économique et social que connaît notre pays depuis quelques
années a eu pour avantage une nette amélioration des niveaux de vie des populations et a
contribué à la baisse de la pauvreté monétaire sous ses différentes formes (alimentaire,
absolue et relative). En effet, au cours des dix dernières années, la consommation moyenne
des ménages marocains s’est caractérisée par une baisse de la part, dans le budget total de
consommation, des dépenses alimentaires consacrées aux produits traditionnellement
consommés par les Marocains, à savoir les céréales, le sucre et les produits sucrés passant de
30 % en 1985 à 22 % en 2007, au profit des produits riches en protéines « viandes, poissons et produits laitiers » dont
la part a augmenté de 30 % à 37 % durant cette même période. Ce changement qualitatif dans la consommation,
a eu un effet important sur la teneur moyenne en apport énergétique qui a évolué, entre 1985 et 2001, de 2605,5 kcal
à 2828,1 kcal (1) par personne et par jour. Cependant, ces mutations dans le mode de consommation, ne manqueront
pas d’avoir sans doute, des conséquences négatives sur l’état nutritionnel et de santé des individus.
A
ussi, la connaissance exacte de la situation
nutritionnelle et de ses tendances est-elle un pouvoirs chargés ne prévoient pas des mesures
atout majeur dans le choix de politiques adéquates (sensibilisation de la population sur
nationales d’alimentation, de santé et de nutrition l’importance d’une alimentation équilibrée, politiques
cohérentes et à la hauteur des objectifs de nutritionnelle et sanitaire pour la prise en charge des
développement de notre pays. Une vision globale des maladies conséquentes,...).
problèmes nutritionnels réels et de leurs déterminants Ainsi, évalué par l’indice de masse corporelle (IMC)
permet aux décideurs de mettre au point et dans une calculé sur la base des données des enquêtes du HCP,
action commune, des interventions appropriées et ce travail se propose d'examiner les différentes formes
efficaces pour le bien-être nutritionnel de la population du statut anthropométrique de la population en vue
et pour un développement harmonieux et durable du d'appréhender la situation nutritionnelle des adultes
Maroc. au Maroc, et d’établir un profil de la population touchée
A cet égard, si le Maroc a réalisé des avancées dans la par la malnutrition (surpoids, obésité et maigreur). Il
lutte contre la pauvreté monétaire sous ces différentes permet également de donner un éclairage sur la relation
formes (alimentaire, absolue et relative), le surpoids
et l’obésité, longtemps ignorés dans notre pays, (*) Les données utilisées dans cet article sont puisées des enquêtes
constituent une des conséquences négatives de cette du HCP.
(1) « Kcal : Kilo calories, unité de mesure de l’apport énergétique
baisse et des transformations que connaît la société. En de la ration alimentaire. Une calorie est la quantité de chaleur
effet, le rythme de la diffusion du surpoids et de nécessaire pour élever de 1° C, la température d’un gramme d’eau,
l’obésité au Maroc peut représenter dans les années à soit 4,18 joules.
16 N° 35 • mai-juin 2011
entre le statut anthropométrique de l’adulte, la morbidité comparaison liés à la distribution d’une population de
déclarée et les types de maladies diagnostiquées. Pour référence. Pour l’évaluation des données sur l’état
appréhender l’ensemble de ces aspects, la référence sera nutritionnel des adultes, il faut donc trouver un indice
faite aux données de l’enquête sur le niveau de vie des indépendant d’une valeur normale, qu’on peut mettre
ménages 2007 et la consommation et les dépenses des en relation avec d’autres variables d’études dans la
ménages 2001. Il est à noter que les femmes adultes même population et qu’on peut utiliser dans d’autres
en situation de grossesse ou qui allaitent au moment pays pour des comparaisons.
de la mesure du poids et de la taille sont exclues du
Ainsi, le poids corporel dépend fortement de la taille,
champ de ce travail du fait qu’elles font l’objet d’une
c’est-à-dire, en situation normale une personne de
approche très spécifique dans l’évaluation de leur statut
grande taille tend à peser plus qu’une personne de
nutritionnel.
petite taille. Dans le but de définir la constitution du
corps humain adulte (soit obèse, soit de poids normal,
Statut nutritionnel des adultes : ou encore maigre), les spécialistes ont cherché, depuis
le milieu du XIXe siècle à éliminer cette influence en
définition, mesure et méthode formant des indices qui combinent de diverses manières
d’analyse des indices le poids et la taille. Parmi les indicateurs étudiés,
anthropométriques l’indice de Quételet (Poids divisé par la taille au carré)
appelé aussi indice de masse corporelle (IMC) est le
L’anthropométrie est utilisée pour identifier le seul à accomplir chez les adultes et les adolescents
phénomène de la sous-alimentation de la population une indépendance presque totale de la taille. Cet indice
infantile, adolescente et adulte, caractérisée par des est actuellement recommandé par l’organisation
modes de carence aiguë et chronique d’énergie, de mondiale de la santé (OMS) pour le diagnostic de la
protéines et de micronutriments dont les vitamines et malnutrition dans les populations adultes, que ce soit
les minéraux. Elle est également utilisée pour noter une pour la sous-nutrition ou maigreur (pour la plupart
nutrition excessive ou trop riche en calories, signalant dues à une déficience en énergie alimentaire et
le surpoids et l’obésité. Depuis des années, les caractérise les individus dont le poids est faible pour
indicateurs anthropométriques sont utilisés pour évaluer la taille), ou pour la surnutrition (surpoids) ou obésité.
l’état nutritionnel des populations dans le cadre
d’enquête au niveau national ou communautaire, en tant En effet, si l’IMC (2) semble être accepté par les
qu’élément des systèmes de surveillance des organisations pour la quantification de la malnutrition,
programmes portant sur la santé et la nutrition. Ces il n’existe pas de consensus international en ce qui
indicateurs sont considérés comme valides et pratiques concerne les seuils à retenir pour la classification du
du contexte socio-économique et environnemental statut nutritionnel des adultes. L’essentiel de la
général des populations, en particulier des enfants, et recherche dans ce domaine, dont les résultats sont à
sont de plus en plus largement acceptés en tant que tels l’origine des recommandations actuelles de l’OMS,
par les organisations internationales et les pouvoirs repose sur les travaux réalisés (3) par les spécialistes
publics. dans le domaine. Ces études ont conduit à la
détermination des seuils habituellement pratiqués.
Les mesures anthropométriques des adultes n’ont pas Quand l'indice de masse corporelle est faible, la
été standardisées du point de vue des données de personne est dite maigre. Cette maigreur est qualifiée
référence ou choix des indicateurs de risque, tel que de légère (degré 1 : IMC compris entre 18,49 et 17),
les spécialistes font pour les enfants. Comme le notent
diverses sources, pour l’évaluation de l’état nutritionnel
des adultes, il n’existe pas de population de référence (2) F. Dorlencourt, V. Priem et D. Legros : «Indices anthropo-
métriques utilisés pour le diagnostic de la malnutrition chez les :
censée être normale pour permettre, comme dans le cas Bilan d’une revue de la littérature », 2000.
des enfants (données de référence du National Center (3) International obesity taskforce (IOTF) et International Dietary
for Health Statistics-OMS), la formation d’indices de Energy Consultative Group.
N° 35 • mai-juin 2011 17
de modérée (degré 2 : IMC compris entre 16,99 et 16) environ 11,5 % seraient obèses et en Suisse environ
ou de grave (degré 3 : IMC inférieur à 16). D’autre 37 % des Suisses seraient en surpoids (46 % des
part, le surpoids et l'obésité sont définis comme étant hommes et 29 % des femmes) et environ 10 % en
une accumulation de graisse associée à une nette situation d’obésité. Selon l’Américan Thoracic sociéty
augmentation des risques pour la santé. Toutefois, la (ATS), en 2006, aux Etats-Unis d’Amérique, où le
masse grasse est difficile à mesurer chez l'homme dans phénomène est plus marquant, 34 % des Américains
les conditions du terrain et la définition pratique de sont obèses (33,3 % d’hommes et 35,2 % de femmes)
l'obésité s'appuie par conséquent sur l'IMC. L’OMS et un peu plus du tiers sont en situation de surpoids.
recommande d'adopter différents seuils de l'IMC pour
indiquer les classes de l'obésité. La première classe qui
correspond à un IMC compris entre 25 et 29,99 dont Prévalence de la malnutrition
les sujets se caractérisent par un surpoids ou préobésité. au Maroc
La deuxième classe mesurant l’obésité sévère est celle
dont l’IMC est comprise entre 30 et 34,99. La troisième L’obésité, un problème de plus en plus
classe mesurant l’obésité morbide est celle où l’IMC fréquent parmi les femmes et les
est supérieur à 35. Par conséquent, dans l’ensemble, populations urbaines
l’obésité est définie quand l’IMC est supérieur à 30. Au Maroc, les données de l’enquête sur les niveaux de
vie des ménages 2006-2007 révèlent que la population
Situation mondiale du surpoids marocaine n’est pas épargnée par le fléau de l’obésité
et de l’obésité et du surpoids (préobésité). En 2007, la prévalence de
Partout dans le monde, il y a de plus en plus de l’obésité, parmi les adultes âgés de 20 ans et plus, est
personnes en surpoids et obèses. L’obésité due à estimée à près de 11,3 % avec 8,9 % qui sont dans un
l’abondance des aliments riches en calories (sodas, stade d’obésité sévère et près de 2,4 % souffrent
hamburgers, produits sucrés...) est en train de d’obésité morbide. De même, les données montrent
transformer aussi bien les populations des pays en voie que chez cette même tranche de population, la
de développement. En 2006, d’après l’Organisation prévalence de la préobésité, état nutritionnel qui précède
Mondiale de la Santé (4), le nombre d’obèses a presque l’obésité sévère et morbide, est estimée à 31,1 %.
doublé en 20 ans. Il y a quelques années, l’obésité Par ailleurs, cette surcharge pondérale touche beaucoup
n’était qu’une affaire réservée aux pays développés plus les urbains et les femmes en comparaison avec les
(USA, Canada, autres pays de l’occident...) et aux ruraux et aux hommes. Par milieu de résidence, la
populations socialement aisées. De nos jours, le fléau prévalence de l’obésité (sévère et morbide) est de
est en train de devenir mondial. Selon l’association 12,1 % et de la préobésité est de 33,3 % parmi les
internationale des nutritionnistes, le surpoids et l’obésité urbains contre 10,2 % et 28,1 % respectivement dans
sont beaucoup plus fréquents au cours des années 2000
les zones rurales. Par sexe, les femmes âgées de 20 ans
que dans les années 1980 et 1990. Leurs incidences ont
et plus sont obèses à raison de 17,5 % et courent un
doublé dans de nombreux pays riches entre 1990 et
grand risque d’obésité dans 33,7 % des cas. Au niveau
2005. La prévalence de ce fléau est devenue aussi
des hommes, ces proportions qui sont relativement
importante dans beaucoup de pays en développement
réduites, sont estimées respectivement à 5,6 % et à
de l’Asie, d’Amérique Latine et d’Afrique.
28,7 %. Il est à signaler que, quel que soit le milieu de
Une étude internationale (5) datée de fin 2007, portant résidence, la prévalence de l’obésité sous ses différentes
sur un échantillon de populations de 63 pays, montre formes, ce sont les femmes qui enregistrent les taux
que 24 % des hommes et 27 % des femmes sont
actuellement obèses. En France, selon une étude (6) (4) OMS : Statistiques sanitaires mondiales 2006.
menée par l'Organisation de coopération et (5) Américan Thoracic sociéty (ATS), novembre 2007.
développement économiques (OCDE), environ 38,5 % (6) OCDE, «L’obésité et l’économie de la prévention : Objectif
de la population française seraient en surpoids et santé », 2010.
18 N° 35 • mai-juin 2011
de prévalence les plus élevés. En milieu urbain, la relativement épargnés par l’obésité (5,8 % en milieu
population féminine affectée par l’obésité représente urbain contre 5,3 % en milieu rural), mais concernant
18,6 % et par la préobésité, 34,1 %. En milieu rural, la la préobésité, elle commence à prendre de l’ampleur
prévalence de ces deux formes de malnutrition (obésité particulièrement parmi les urbains (32,6 %) et un peu
et préobésité) parmi les femmes est de 15,9 % et 33,2 % moins les ruraux (23,7 %).
respectivement. En revaudre, les hommes sont
Tableau 1
Prévalence (en%) du surpoids et de l’obésité des adultes selon le milieu
de résidence et le sexe en 2007
Milieu de résidence
Forme d’obésité
Urbain Rural Total
Obésité sévère et morbide
Masculin 5,8 5,3 5,6
Féminin 18,6 15,9 17,5
Les deux sexes 12,1 10,2 11,3
Préobésité (surpoids)
Masculin 32,6 23,7 28,7
Féminin 34,1 33,2 33,7
Les deux sexes 33,3 28,1 31,1
N° 35 • mai-juin 2011 19
ont été élaborés. Le déficit énergétique ne pose pas de Tafilalt (13,6 %), de Tadla-Azilal (13,4 %) et de Tanger-
vrai problème de santé étant donnée que l’Etat a Tétouan (13,4 %).
beaucoup investi dans ce domaine (garantie de la
Par ailleurs, la prévalence de la maigreur sous toutes
sécurité alimentaire, programmes de lutte contre la ses formes, légère, modérée et grave, est significa-
pauvreté, solidarité nationale et renforcement des tivement plus élevée que la moyenne nationale dans
différents filets de sécurité...). les régions de Sous-Massa-Drâa (5,1 %), de Chaouia-
Ourdigha (4,5 %) et de Marrakech-Tensift Al Haouz
Situation régionale de la malnutrition (4,1 %). Les proportions les plus faibles sont observées
L’examen de la malnutrition de premier degré dans les régions du Grand-Casablanca (1,6 %), de
(préobésité ou surcharge pondérale) par région montre Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (1,7 %), de Doukkala-
que la région de «Rabat-Salé-Zemmour-Zaër » présente Abda (1,8 %) et Taza-Al Hoceima-Taounate (2,1 %).
la prévalence la plus élevée (40,0 %), suivie des régions Les autres régions enregistrent une incidence de
du Sud (36,3 %), du Grand-Casablanca (33,8 %) et de l’insuffisance pondérale intermédiaire et ne s’écartent
Fès-Boulemane (33,7 %). A l’opposé, les régions de pas beaucoup de la moyenne nationale (3,0 %).
Tanger-Tétouan (28,3 %), Taza-Al Hoceima-Taounate Il résulte de cette analyse régionale du statut
(28,6 %), Meknès-Tafilalt (28,6 %), Tadla-Azilal anthropométrique de la population adulte, que les régions
(28,7 %), Marrakech-Tensift-Al Haouz (28,8 %) et du sud, de Rabat-Salé Zemmour-Zaër, de Fès-Boulemane
Gharb-Chrarda-Béni Hssen (28,8 %) se caractérisent et du Grand-Casablanca sont les plus touchées par la
par les proportions les plus faibles de la prévalence de malnutrition globale (surpoids et obésité). La situation
la préobésité. Les autres régions se trouvent dans une nutritionnelle au niveau de ces régions peut être
position intermédiaire et les proportions enregistrées considérée comme préoccupante en raison de
ne diffèrent pas significativement de celles observées l’importance de ce phénomène qui se répand de plus en
à l’échelle nationale (31,1 %). plus parmi la population. Par contre, les populations
L’incidence de l'obésité sévère et morbide est relevant des régions de l’Oriental, du Gharb-Chrarda-
significativement plus faible dans les régions de Rabat- Beni Hssen et dans une moindre mesure, celle de Taza-
Salé-Zemmour-Zaër (7,2 %), de l’Oriental (8,7 %), du Al Hoceima-Taounate se caractérisent par un statut
Gharb-Chrarda-Beni Hssen (9,8 %), de Taza-Al anthropométrique relativement normal et peu
Hoceima-Taounate (10,7 %) et du Grand-Casablanca préoccupant. Les populations du reste des régions
(10,8 %). Elle est significativement plus élevée dans présentent une situation nutritionnelle intermédiaire qui
les régions de Sous-Massa-Drâa (14,2 %), de Meknès- reste à surveiller.
Tableau 2
Répartition de la population âgée de 20 ans et plus selon le statut
anthropométrique et les régions en 2007 (en %)
Statut anthropométrique
Région Insuffisance Total
Normal Surpoids Obésité
pondérale
Régions du sud 3,0 49,0 36,3 11,7 100,0
Souss-Massa-Drâa 5,1 52,0 28,7 14,2 100,0
Gharb-Chrarda-Beni Hssen 2,9 58,5 28,8 9,8 100,0
Chaouia-Ourdigha 4,5 52,6 30,6 12,3 100,0
Marrakech-Tensift-Al Haouz 4,1 56,1 28,8 11,1 100,0
Oriental 2,7 58,7 29,9 8,7 100,0
Grand-Casablanca 1,6 53,8 33,8 10,8 100,0
20 N° 35 • mai-juin 2011
Statut anthropométrique
Région Insuffisance Total
Normal Surpoids Obésité
pondérale
Rabat-Salé-Zemmour-Zaër 1,7 51,1 40,0 7,2 100,0
Doukkala-Abda 1,8 56,4 30,8 11,1 100,0
Tadla-Azilal 3,6 54,3 28,7 13,4 100,0
Meknès-Tafilalet 3,5 54,2 28,6 13,6 100,0
Fès-Boulemane 2,5 51,4 33,7 12,3 100,0
Taza-Al Hoceima-Taounate 2,1 58,7 28,6 10,7 100,0
Tanger-Tétouan 3,0 55,4 28,3 13,4 100,0
Total 3,0 54,6 31,1 11,3 100,0
Source: HCP, ENVM 2006-2007.
Tableau 3
Evolution de l’indice de masse corporelle (IMC) moyen selon le sexe
et le milieu de résidence, 2001-2007
2001 2007
Homme Femme Total Homme Femme Total
Urbain 23,7 25,9 24,9 24,3 26,0 25,1
Rural 23,2 24,5 23,9 23,7 25,4 24,5
Total 23,5 25,3 24,4 24,0 25,8 24,9
Selon le sexe de l’individu, on relève une progression proportion des femmes rurales obèses est passée, entre
relativement significative parmi les femmes (de 16,0 % 2001 et 2007, de 11,3 % à 15,9 % respectivement contre
à 17,5 % respectivement) par comparaison aux hommes
(de 5,0 % à 5,6 % respectivement). Cette progression (7) (*) ENVM 2006-2007: Enquête Nationale sur le Niveau de
vie des Ménages.
de l’obésité parmi les femmes est relevée (**) ENCDM 2000-2001: Enquête Nationale sur la Consommation
particulièrement parmi les femmes rurales. La et les Dépenses des Ménages 2000-2001.
N° 35 • mai-juin 2011 21
une légère baisse, de 19,4 % à 18,6 % respectivement, de 14,6 % en 1985 à 27,5 % en 2007 contre une
parmi celles du milieu urbain. Au niveau des hommes, prévalence respectivement de 2,3 % et 5,6 % parmi les
on enregistre, durant cette même période, une légère hommes. Par milieu de résidence, la prévalence de
augmentation, respectivement de 5,6 % à 5,8 % en l’obésité est passée parmi les femmes urbaines de
milieu urbain et de 4,3 % à 5,3 % en milieu rural. 19,7 % en 1985 à 28,5 % en 2007 et au niveau des
hommes de 2,9 % à 5,8 % respectivement. En milieu
Evolution de la prévalence en % du surpoids selon rural, la proportion de femmes obèses est passée, durant
le sexe et le milieu de résidence, entre 2001 et 2007 la même période, de 10,3 % à 26,0 % et celle d’hommes
de 1 ,9 % à 5,3 %. Par ailleurs, le recul de l’insuffisance
40
pondérale, phénomène qui oppose l’obésité et le
35
31,9
34,1
32,6 33,2 surpoids, se confirme dans le temps et la proportion
30 de maigres a baissé, à l’échelle nationale, de 16,9 %
27,2
26,2 (19,8 % d’hommes contre 4,1 % de femmes) en 1985
25 23,7
21,2
à 6,2 % (10,2 % contre 1,8 % resp.) en 2007. Il faut
20 souligner également que la prévalence de la maigreur
15
a baissé, durant la même période, aussi bien en milieu
rural (de 17,3 % en 1985 à 7,2 % en 2007) qu’en milieu
10 urbain (16,4 % à 5,4 % resp.).
5
22 N° 35 • mai-juin 2011
Tableau 4
Evolution de la répartition (en%) de la population âgée de 20 ans et plus selon le statut
anthropométrique, le milieu de résidence et le sexe, 2001-2007
2001 2007
Etat nutritionnel
Urbain Rural Total Urbain Rural Total
Les deux sexes
Maigreur 3,5 4,4 3,9 2,5 3,7 3,0
Normal 54,4 63,6 58,4 52,1 58,0 54,6
Préobésité (surpoids) 29,2 24,1 27,0 33,3 28,1 31,1
Obésité (grave et morbide) 12,9 7,9 10,7 12,1 10,2 11,3
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Hommes
Maigreur 4,3 4,4 4,3 2,7 3,6 3,1
Normal 63,9 70,1 66,7 58,9 67,4 62,6
Préobésité (surpoids) 26,2 21,2 23,9 32,6 23,7 28,7
Obésité (grave et morbide) 5,6 4,3 5,0 5,8 5,3 5,6
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Femmes
Maigreur 2,8 4,5 3,5 2,3 3,6 2,8
Normal 45,8 57,0 50,6 45,0 47,3 46,0
Préobésité (surpoids) 31,9 27,2 29,9 34,1 33,2 33,7
Obésité (grave et morbide) 19,4 11,3 16,0 18,6 15,9 17,5
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Source: HCP, ENCDM 2000-2001 & ENVM 2006-2007.
Profils démographique et socio- intermédiaire (33,4 %). Par ailleurs, l’obésité, sévère
économique de la malnutrition et morbide, suit la même tendance que le surpoids, et
passe de 5,7 % à 15,7 % et 12,5 % respectivement pour
Malnutrition et âge de l’individu les mêmes tranches d’âges.
En 2007, l’âge de l’individu s’est avéré déterminant En milieu urbain, les jeunes adultes «20-34 ans »
au niveau de son influence apparente sur le surpoids observent une incidence du surpoids de 24,7 % et
et l’obésité. La prévalence de ces deux formes de d’obésité de 5,4 %. Les adultes âgés de «35-59 ans »
malnutrition augmente à mesure que l’âge de l’adulte enregistrent 39,3 % et 17,0 % respectivement. Par
augmente, A l’échelle nationale, la proportion de la contre, les personnes âgées sont dans une situation de
population souffrant du surpoids est à son niveau surcharge pondérale à raison de 37,8 % et d’obésité de
minimal (23,6 %) pour les personnes âgées de 20 à 14,2 %. Dans les zones rurales, l’incidence de la
34 ans. Elle est par conséquent à son niveau maximal malnutrition (surpoids et obésité) prend de l’ampleur
(36,9 %) pour les populations relevant de la tranche parmi les populations âgées de 35 à 59 ans. Cette
d’âge «35-59 ans ». Pour les personnes âgées (60 ans tranche de population observe une prévalence de
et plus), cette proportion se situe à un niveau surpoids de 33,4 % et d’obésité de 13,8 %.
N° 35 • mai-juin 2011 23
Tableau 5
Statut anthropométrique de la population âgée de 20 ans et plus
selon les groupes d’âges, en 2007 (en %)
Statut anthropométrique
Groupe d’âges Insuffisance Total
Normal Surpoids Obésité
pondérale
20-34 ans 3,4 67,3 23,6 5,7 100,0
35-59 ans 2,4 45,0 36,9 15,7 100,0
60 ans et + 3,5 50,6 33,4 12,5 100,0
Total 3,0 54,6 31,1 11,3 100,0
Source : HCP, ENVM 2006-2007.
Par sexe et âge, la prévalence de la malnutrition (surpoids pour l’ensemble de la population, selon le niveau
et obésité), est plus répandue parmi les femmes (61,5 %) d’éducation ne sont pas très significatives. Ensuite, la
et les hommes (43,3 %) relevant de la tranche d’âge maigreur et le surpoids ont une nette corrélation avec
«35-59 ans ». Cette prévalence, n’est que de 23,8 % le niveau d’éducation et varient dans le sens inverse du
pour les hommes contre 36,5 % pour les femmes de la niveau d’étude. Au niveau national, la prévalence de
tranche d’âge « 20-34 ans ». La catégorie des personnes l’obésité est de 11,0 % pour les sans niveau, de 11,8 %
âgées, enregistre une prévalence de malnutrition globale pour la population de niveau fondamental, de 10,5 %
de 39,8 % (32,7 % pour le surpoids et 7,1 % pour pour celle de niveau secondaire et de 11,4 % pour celle
l’obésité) pour les hommes et de 51,7 % (34,0 % de ayant le niveau supérieur. A l’opposé, l’incidence du
surpoids et 17,7 % d’obésité). Cette différenciation par surpoids augmente à mesure que le niveau d’études de
sexe et âge, révèle que même les femmes âgées ne sont la population s’améliore. Elle passe de 29,7 % pour les
pas épargnées du surpoids et de l’obésité. sans niveau à 36,5 % pour les individus ayant le niveau
secondaire et à 38,8 % pour ceux de niveau supérieur.
Malnutrition et niveau d’éducation de Parallèlement, l’insuffisance pondérale est à son niveau
la population le plus réduit parmi la population disposant d’un niveau
L’analyse des formes de malnutrition selon le niveau d’études supérieur (1,2 %) et augmente à 2,8 % parmi
d’instruction de la population, fait ressortir deux constats celle disposant du niveau fondamental et à 3,4 % parmi
importants. D’abord, les différences en termes d’obésité les sans niveau.
Tableau 6
Statut anthropométrique de la population âgée de 20 ans et plus
selon le niveau scolaire de l’individu, en 2007(en %)
Statut anthropométrique
Niveau scolaire Insuffisance Total
Normal Surpoids Obésité
pondérale
Sans niveau 3,4 55,9 29,7 11,0 100,0
Fondamental 2,8 53,3 32,1 11,8 100,0
Secondaire 1,4 51,6 36,5 10,5 100,0
Supérieur 1,2 48,6 38,8 11,4 100,0
Total 3,0 54,6 31,1 11,3 100,0
Source : HCP, ENVM 2006-2007.
24 N° 35 • mai-juin 2011
Malnutrition et niveau de vie de pondérale (maigreur), son incidence est plus importante
la population au niveau des modestes (3,6 %) et insignifiante pour
ce qui est des aisés (1,4 %).
La différenciation de la malnutrition selon le niveau
socio-économique de la population, approché par les
quintiles de dépenses revêt une grande importance. Elle Statut anthropométrique et santé
permet de montrer dans quelle mesure les ménages qui
de la population
jouissent d’un niveau de vie meilleur, sont les plus
exposés aux formes de malnutrition caractérisée par le La connaissance de la morbidité réelle, ensemble des
surpoids et l’obésité, contrairement aux ménages maladies dont souffre une personne constitue un
défavorisés qui sont les plus concernés par l’insuffisance exercice complexe. Généralement, pour la mesure de
pondérale, en raison de la sous-alimentation, et courent ce phénomène, on observe plus facilement la morbidité
le risque d’autres formes de malnutrition par cause déclarée par les individus eux-mêmes ou bien encore
d’alimentation non équilibré. la morbidité diagnostiquée par les médecins à l’occasion
Les données relatives à l’année 2007 selon les quintiles d’un examen médical ou d’un recours aux soins. Au
de niveau de vie et le statut anthropométrique de la Maroc, la mesure de l’incidence de la morbidité
population montrent que la prévalence de l’insuffisance déclarée par les individus est régulièrement réalisée
pondérale est plus répandue parmi les populations les grâce aux enquêtes auprès des ménages menées par le
plus défavorisées et diminue à mesure que le niveau ministère de la santé et le Haut Commissariat au Plan.
de vie s’améliore. A l’échelle nationale, les 20 % de la
population la plus défavorisée enregistrent une Malnutrition et morbidité déclarée
prévalence de maigreur de 4,2 % contre 1,6 % chez En mesurant l’incidence de la maladie au cours des deux
les 20 % des plus favorisés. derniers mois précédent la date d’enquête, selon le
Par ailleurs, l’incidence du surpoids est significa- statut anthropométrique des adultes, on va mettre en
tivement corrélée avec le niveau de vie de la population. lumière la relation qui existe entre la malnutrition et
Elle est à son niveau minimal pour les 20 % des plus la morbidité déclarée. Ainsi mesuré, le taux de morbidité
défavorisés (26,7 %), suivie de la population relevant est l’indicateur qui renseigne sur le niveau de la
du 2 e quintile (28,2 %) pour atteindre le maximum demande potentielle de soins de santé. En d’autre
(37,1 %) au niveau des 20 % de la population la plus terme, c’est la proportion de la population qui serait
aisée. En termes d’obésité, la prévalence passe de potentiellement à la demande d’un soin médical si
9,2 % parmi la population relevant des 20 % des plus toute maladie engendrait une consultation médico-
défavorisés à 12,2 % pour celle du quatrième quintile sanitaire.
et à 13,3 % au niveau des populations les plus aisées. Ainsi défini, le taux de morbidité déclaré au niveau de
En termes de strates sociales (9) approchées par le la population adulte est estimé en 2007 à 15,3 %, soit
niveau de revenu, la malnutrition touche les différentes 15,9 % en milieu urbain contre 14,4 % en milieu rural.
classes d’une façon disproportionnée. La prévalence Cette incidence de la maladie est significativement
du surpoids et de l’obésité est plus importante parmi différente selon le statut anthropométrique. Elle est
les classes moyennes et aisées par comparaison à la relativement plus élevée (22,4 %) parmi les adultes qui
classe modeste. En effet, l’incidence du surpoids passe présentent une obésité sévère ou morbide, et plus réduite
de 27,1 % parmi la population modeste à 31,6 % au parmi ceux en situation nutritionnelle normale (13,5 %).
niveau des classes moyennes et à 37,3 % parmi les Les individus se trouvant dans un état de surpoids
aisées. L’obésité suit la même tendance, et sa prévalence enregistrent un taux de morbidité de 15,9 % contre
est au dessous de la moyenne nationale au niveau des 15,0 % pour ceux en situation d’insuffisance pondérale.
modestes (9,7 %), la dépasse légèrement au niveau des
classes moyennes (11,8 %) et largement au niveau de (9) Pour plus d’information sur l’approche de délimitation des
la classe des aisés (12,4 %). Quant à l’insuffisance strates sociales, se référer aux Cahiers du plan n° 25, 2009.
N° 35 • mai-juin 2011 25
Tableau 7
Taux de morbidité selon le statut anthropométrique de la population
âgée de 20 ans et plus, le milieu de résidence et le sexe en 2007(en %)
Statut anthropométrique
Milieu de résidence/sexe Insuffisance Total
Normal Surpoids Obésité
pondérale
Ensemble 15,0 13,5 15,9 22,4 15,3
Urbain 19,0 13,9 16,5 22,8 15,9
Rural 11,3 13,1 14,9 21,7 14,4
Hommes 14,0 11,2 11,3 14,1 11,4
Femmes 16,3 17,0 20,1 25,3 19,5
Source : HCP, ENVM 2006-2007.
Par sexe, le taux de morbidité est significativement du « cœur, tension et diabète » sont les plus répandues
important au niveau des femmes (19,5 %) par avec une proportion de 18,7 % (soit 20,6 % en milieu
comparaison aux hommes (11,4 %). Cependant, urbain contre 15,3 % en milieu rural), suivies des
l’incidence de la maladie parmi les femmes passe de maladies des « poumons, appareil respiratoire, asthme,
16,3 % parmi celles qui présentent une insuffisance grippe et fièvre » qui représentent 16,5 % (18,6 % en
pondérale à 20,1 % parmi celles manifestant un surpoids milieu urbain contre 12,8 % dans le rural). Les maladies
et à 25,3 % au niveau de celles en situation d’obésité. de « l’appareil digestif, foie et anémie » enregistrent
Les femmes ayant un statut anthropométrique normal une proportion de 15,6 % et concernent beaucoup plus
observent un taux de morbidité de 16,3 %. Cette les ruraux (18,7 %) que les urbains (13,8 %). Par contre
tendance de différenciation des taux de morbidité selon les maladies relatives aux « yeux, oreille, nez, larynx
le statut anthropométrique des femmes n’est pas vérifiée et la tête » ont atteint pour 13,1 % des cas diagnostiqués
au niveau des hommes. En effet, on relève qu’il n’y a (13,7 % en milieu urbain contre 12,0 % en milieu rural)
pas de différence significative en termes d’incidence et celles relatives aux « fracture, luxation, entorse et
de la morbidité pour les hommes en situation rhumatisme » s’élèvent à 13,5 % (11,7 % en milieu
d’insuffisance pondérale ou d’obésité et enregistrent urbain contre 16,6 % en milieu rural).
par conséquent le même niveau (14,0 %). Il en est de
Parmi les adultes en situation d’obésité, les maladies
même pour ceux en situation normale ou de surcharge
du « cœur, tension et diabète » viennent en tête avec
pondérale (11,0 %).
26,6 % des cas, suivies des maladies de « fracture,
luxation, entorse et rhumatisme » (15,9 %), des
Statut anthropométrique et typologie « poumons, appareil respiratoire, asthme, grippe et
des maladies diagnostiquées fièvre » (12,8 %), de « l’appareil digestif, foie et
anémie » (12,4 %) et « yeux, oreille, nez, larynx et la
L’analyse de la fréquence des consultations médico- tête »(12,4 %). Au niveau des individus en situation
sanitaires réalisées par les personnes malades fait de surpoids, les maladies les plus fréquentes sont celles
ressortir la répartition des différents types de maladies du « cœur, tension et diabète » avec 20,5 % des cas, des
diagnostiquées qui touchent les adultes en fonction de « poumons, appareil respiratoire, asthme, grippe et
leur statut anthropométrique. En 2007, d’après les fièvre » (15,8 %), de « l’appareil digestif, foie et
données de l’enquête nationale sur les niveaux de vie, anémie » (14,5 %), des « fracture, luxation, entorse et
les diagnostics des maladies déclarées parmi la rhumatisme » (13,5 %) et des « yeux, oreille, nez, larynx
population de 20 ans et plus révèle que les maladies et la tête » (13,6 %).
26 N° 35 • mai-juin 2011
A l’inverse de ces deux statuts, les individus en situation Par ailleurs, la population de 20 ans et plus en situation
d’insuffisance pondérale, ne sont concernés par les nutritionnelle normale observe des cas plus fréquentes
maladies du « cœur, tension et diabète » qu’à raison des maladies relatives aux « poumons, appareil
de 6,7 %. Ils sont plus exposés aux maladies relatives
respiratoire, asthme, grippe et fièvre » (18,5 %), suivie
à « l’appareil digestif, foie et anémie » (30,2 %), aux
des maladies de « l’appareil digestif, foie et anémie »
« poumons, appareil respiratoire, asthme, grippe et
fièvre » (23,4 %), aux « fracture, luxation, entorse et (17,6 %), du « cœur, tension et diabète » (14,3 %), des
rhumatisme » (8,6 %) et aux « yeux, oreille, nez, larynx « yeux, oreille, nez, larynx et la tête » (13,2 %) et des
et la tête » (8,1 %). « fracture, luxation, entorse et rhumatisme »(12,4 %).
Tableau 8
Répartition des cas de maladies diagnostiquées parmi les adultes de 20 ans et plus
selon les principaux types de maladie et le statut anthropométrique
Statut anthropométrique
Type de maladies diagnostiquées Insuffisance Total
Normal Surpoids Obésité
pondérale
Yeux, oreille, nez et larynx 8,1 13,2 13,3 12,4 13,1
Cœur, tension et diabète 6,7 14,3 20,5 26,6 18,3
Poumons, appareil respiratoire, asthme,
23,4 18,5 15,8 12,8 16,7
grippe et fièvre
Appareil digestif, foie et anémie 30,2 17,6 14,5 12,4 16,0
Appareil génital, maladie transmissible et rein 5,6 7,1 8,8 9,2 8,0
Maladie de la peau 6,5 4,3 3,4 3,3 3,9
Cancer 1,1 0,5 1,0 0,9 0,7
Fracture, luxation, entorse et rhumatisme 8,6 12,4 13,5 15,9 13,3
Autres maladie 9,7 10,9 8,4 5,3 9,1
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Source: HCP, ENVM 2007.
Ce travail a permis de disposer de données sur la (18,6 % pour l’obésité et 34,1 % pour le surpoids) en
prévalence de l’obésité et du surpoids des adultes de particulier restent les plus exposés aux risques de
20 ans et plus, ainsi que de l’incidence de la maigreur l’obésité et du surpoids sans pour autant négliger
au Maroc. Il a permis également de dresser un profil l’importance que commence à prendre ce phénomène
socio-économique de la population touchée par ces parmi la population rurale. Ces chiffres, comparés à
fléaux et de montrer la relation entre la malnutrition ceux des années précédentes (2001), montrent que la
(obésité et surpoids) et la morbidité déclarée d’une tendance à l’augmentation de la prévalence de l’obésité
part et les types de maladies qui en sont liées, d’autre et du surpoids parmi la population des adultes dans le
part. temps se confirme. Il faut noter à ce niveau que la
La prévalence de l’obésité, en 2007, est estimée à fréquence de l’obésité observée reste pour le moment
11,3 % selon la définition internationale (OMS) et celle à des niveaux acceptables mais le surpoids, état qui
du surpoids (préobésité) à 31,1 %. Les urbains (12,1 % précède l’obésité, prend de l’ampleur. L’évolution de
pour l’obésité et 33,3 % pour le surpoids) et les femmes la malnutrition est probablement liée au mode de vie,
N° 35 • mai-juin 2011 27
à l’amélioration des niveaux de vie et aux HCP, «Etat nutritionnel des enfants de moins de 11 ans
transformations socio-économiques que subit la société au Maroc », Enquête nationale sur le niveau de vie
marocaine. Ces mutations traduisent, cependant, la des ménages 1990-1991, volume 3, 1993.
transition nutritionnelle dans laquelle s’est engagé le Francis Delpeuch, «Indices et Indicateurs anthropo-
Maroc et pourrait être une des causes de l’apparition métriques : Choix, interprétation, présentation et
actuellement du surpoids et d’une prévalence plus utilisation », Atelier sur la Méthodologie des
importante de l’obésité dans le futur. Par contre, la enquêtes nutritionnelles anthropométriques, Dakar-
faiblesse des taux de maigreur est due à plusieurs juin 1991.
facteurs. L’amélioration de la consommation
alimentaire et la réduction de la pauvreté en constitue Normes de croissance de l’enfant : «Méthodes et
les principaux. Cependant, ces derniers ne représentent élaboration », OMS-Département Nutrition, santé
que l’un des multiples facteurs qui ont contribué à et développement.
l’amélioration de l’état nutritionnel observée au Maroc. Katia Castetbon et Marie-Françoise Rolland-Cachera,
Parmi ces facteurs, il convient de citer l’amélioration «Surpoids et obésité chez les enfants de 7 à 9 ans »,
du niveau socio-économique et de l’éducation ainsi Unité de surveillance et d’épidémiologie
que l’accès aux infrastructures sanitaires. nutritionnelle (USEN), Institut de veille sanitaire,
Dans l’analyse du lien entre le statut nutritionnel et les France 2000.
maladies, la médecine et l’épidémiologie ont amplement Ricardo Cherenti, «Mesure anthropométrique de
démontré que l’obésité constitue un danger dans la l'Homme le plus pauvre de Wallonie », Fédération
mesure où elle augmente de manière massive le risque des CPAS- 2010.
d’apparition de diverses complications liées au diabète, Institut National de Santé Publique-Algérie : «L’Obésité
à l’hypertension artérielle et aux affections cardio- chez l’adulte de 35 à 70 ans en Algérie »,
vasculaires. Dans le cas du Maroc, les données septembre 2010.
confirment ce lien dans la mesure où 63,2 % des adultes
qui présentent ces maladies, sont en situation d’obésité Akoété Ega Agbodji & Kodjo Abalo, «Pauvreté dans
ou de surpoids. les ménages et statut anthropométrique des enfants
au Togo », Centre de Recherches Economiques
Ainsi, la prévention de l’obésité et du surpoids doit, Appliquées de Dakar, mai 2004.
par conséquent, être placée au rang des priorités
nationales des programmes de santé publique. Des WHO Working group ,1986, «Use and Interpretation
mesures préventives doivent être envisagées, basées sur of Anthropometric Indicator of Nutritional Status »,
l’information de la population sur les effets néfastes Bull. WHO, 64 (6) : 929-941.
du surpoids et de l’obésité sur la santé et de l’efficacité David E., Sahn- LSMS, Woking Paper, n° 4,
d’une alimentation moins riche en calories, associée «Malnutrition in Côte d'Ivoire : prevalence and
à une activité physique régulière, ainsi que l’importance Determinants ».
d’une activité sportive. ■
John Strauss, LSMS, Woking Paper, n° 40, «The Effects
on Household and Community Characteristics on
the Nutrition of Preschool Children », Evidence
Références bibliographiques
from Rural-Côte d'Ivoire.
HCP, «Situation nutritionnelle de la population au Reynoldo Martorell, LSMS, Woking Paper, n° 13,
Maroc », Enquête nationale sur la consommation et «Nutrition and Health Status Indicators : Suggestions
les dépenses des ménages 1984-1985, volume 6, for Survey of The Standard of living in developing
1992. contries ».
28 N° 35 • mai-juin 2011
Elaboration d’un indice composite de
la performance du secteur de la pêche et de
l’aquaculture *
L
a mise en place de cet indice a permis de classer
105 pays producteurs, de constituer des groupes constituer un panel (Benchmark), pour le Maroc,
homogènes en termes de niveau de performance composé de 9 pays à savoir : le Portugal, les Philippines,
et de tracer la trajectoire suivie. L’analyse des résultats le Pérou, la Norvège, la Malaisie, l'Indonésie, l'Espagne,
montre que le Maroc a occupé la 12e position en 2007, le Chili, la Thaïlande.
avec un indice d’une valeur de 0,77, dans le classement
après l'Islande, la Chine, le Japon, la Thaïlande, la Dans plusieurs pays, le secteur de la pêche et de
Norvège, l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, le l’aquaculture joue un rôle socio-économique capital et
Fidji, le Pérou et la République de Corée. Juste après occupe une place très avancée dans les secteurs de
le Maroc, on trouve le Chili, le Portugal et l’Espagne... l'économie nationale, en particulier dans les pays qui
sont à la fois producteurs, consommateurs et
La position du Maroc sur la trajectoire de performance
montre que le pays a déjà franchi la première étape du exportateurs de produits halieutiques. Il se caractérise
développement du secteur, caractérisée par la ces dernières années par de vastes mutations à tous les
participation active à la formation du PIB, à la création niveaux. En effet, des changements structurels dans le
de l’emploi et à l’équilibre de la balance commerciale, marché des produits de la mer ont été enregistrés. On
et il est en train d'entamer la deuxième phase qui
consiste en une croissance soutenable à travers (*) Ce travail est un extrait du rapport de mémoire pour accéder
l’amélioration du chiffre d’affaires mais avec un rythme au grade d’ingénieur en chef, fait en décembre 2010.
N° 35 • mai-juin 2011 29
assiste à un accroissement de la demande mondiale de Le choix de ces indicateurs de base est dicté par leur
poissons grâce à la stagnation, voire la régression des pertinence, leur finesse d'analyse et leur disponibilité
captures issue de la pêche. Sa performance dépend, pour l’ensemble des pays retenus et ce, pour la période
largement, de sa capacité à créer des emplois, de sa d’étude qui s’étale entre 1990 et 2007. En effet, une
participation dans la formation du PIB global, de sa analyse de fiabilité de ces indicateurs est conduite sur
contribution à l’équilibre de la balance commerciale la base d’un test statistique d’homogénéité et de
et de la sécurité alimentaire… cohérence absolue (Cronbach) qui nous permet de ne
Les principales difficultés de l’analyse de la retenir que ceux qui sont homogènes, fiables et
performance et son caractère multidimensionnel, cohérents par rapport à la problématique en question.
concernent particulièrement la mise en œuvre de Dans la deuxième étape relative à l’analyse statique de
comparaisons internationales dans le temps et l’espace la performance du secteur de la pêche, on procède à
et la mise en place de Benchmarking dans lequel les
une analyse en composantes principales (ACP) pour
pays souhaitent évaluer leurs performances par rapport
l’année 2007. La conduite de cette première analyse
à d'autres pays et d'identifier les domaines où la
permettra d’élaborer l’indice composite de la
performance nationale générale est en-dessous des
performance du secteur de la pêche et de l’aquaculture
attentes.
qui servira par la suite à classer l’ensemble des pays
Plus précisément, si l’on peut comparer la contribution et de positionner, par la même occasion, le Maroc par
relative du secteur dans l’économie nationale (PIB), rapport à ces mêmes pays.
la croissance du chiffre d’affaires, la consommation
apparente du poisson par habitant ou encore la part des Durant la troisième étape, la segmentation des pays est
exportations du secteur dans les exportations renforcée par le recours à la classification ascendante
agroalimentaires dans un même pays à plusieurs hiérarchique (CAH) et les nuées dynamiques (k-means).
périodes, ou entre différents pays en un instant t, il est Ces deux techniques complémentaires permettent de
bien difficile d’observer l’évolution de la performance constituer un panel (benchmark) pour le Maroc.
au sens large dans le temps et l’espace. Etant donné la En dernier lieu, l’accent sera mis sur l’analyse
multiplicité des dimensions de la performance de ce dynamique qui permet de tracer les trajectoires de
secteur, cette étude vise à élaborer un indice composite performance des pays au cours du temps par le biais
pour synthétiser ces niveaux multidimensionnels et de la technique dite « des individus supplémentaires ».
ce, dans le but de développer un outil simple permettant
Cette analyse dynamique vise également à constituer
de procéder à des comparaisons internationales au
la trajectoire globale de performance que doit parcourir
niveau de l’ensemble des pays producteurs des produits
chaque pays pour parvenir au niveau élevé de la
de la mer.
performance.
L’objectif principal de l’élaboration de cet indice
composite est d’évaluer la performance du secteur,
d’analyser sa dynamique au fil du temps, de positionner Présentation du secteur de la pêche
le Maroc dans l’échiquier international, de segmenter et de l’aquaculture
les pays halieutiques en groupes homogènes et de
constituer un panel (benchmark) pour le Maroc. Le secteur de la pêche et de l’aquaculture joue un rôle
La première étape de cette analyse s’attache à capital dans le développement économique et social de
développer un cadre conceptuel pour la performance plusieurs pays à travers la contribution dans la formation
du secteur tout en examinant les différents aspects du Produit Intérieur Brut (PIB), la participation à
permettant d’identifier les dimensions et le contour l’équilibre de la balance commerciale, la satisfaction
de sa performance et ce, afin de cerner l’ensemble des des besoins alimentaires et la création d’emplois. Il
indicateurs statistiques de base qui constitueront, par assure l’emploi pour plusieurs millions de personnes
la suite, les éléments de l’indice composite à établir. de par le monde. En 2006, l’effectif des employés
30 N° 35 • mai-juin 2011
s’élève à 43,5 millions, soit l’équivalent de 3,2 % des notamment, de la situation de surexploitation des
employés du secteur agricole mondial. principaux stocks d’intérêt économique. Les captures
Ces dernières années, le secteur se caractérise par de de pêche marines et continentales ont totalisé
vastes mutations à tous les niveaux. En effet, des 90 millions de tonnes enregistrant ainsi une croissance
changements structurels dans le marché des produits légère de 0,4 % par an. Avec une part de 57 %, les
de la mer ont été enregistrés. On assiste à un captures marines, quant à elles, ont atteint le tonnage
accroissement de la demande mondiale de poissons de 80,1 millions en 2007, niveau pratiquement réalisé
grâce aux changements des habitudes alimentaires en 1990 (78,2 millions de tonnes). On assiste donc à
dans plusieurs régions du globe d'une part, et d'autre un plafonnement des captures marines.
part à la stagnation, voire la régression des captures Ce contexte a favorisé l’émergence de l’aquaculture
issues de la pêche. dans plusieurs pays à travers le monde qui est devenue
Le commerce international du poisson et ses produits une alternative à la pêche permettant ainsi de garantir
dérivés évolue de manière soutenue, ces dernières l’équilibre entre l’offre et la demande. L’aquaculture,
décennies. Cette croissance s’explique notamment par tous environnements inclus, a réalisé un niveau de
la hausse de la consommation des produits de la pêche. production de 50,3 millions de tonnes en 2007 contre
Les exportations mondiales des produits de la pêche seulement 13,1 millions de tonnes en 1990, soit un
ont atteint 94 milliards de $USD en 2007, soit une rythme annuel moyen de croissance dépassant le seuil
hausse de 8,7 % par rapport à 2006. La valeur de 8 % depuis 1990. On assiste donc à un quadruplement
d’exportation a augmenté en moyenne de 5,8 % par an de la production mondiale aquacole dans un espace
durant la période 1990-2007. de temps de moins de 20 ans. Elle joue un rôle croissant
dans la satisfaction de la demande de poissons et
Considérés parmi les denrées agricoles et alimentaires produits de la pêche destinés à la consommation
les plus commercialisées dans le monde, plus d’un humaine. La contribution moyenne de l’aquaculture à
tiers (37,8 %) des produits de la pêche fait l’objet d’un l’offre par habitant a atteint 48 %, en 2007.
commerce international. Il est intéressant de signaler
que plus de la moitié des produits de la pêche échangés
sur le marché mondial proviennent de pays en Approches méthodologiques
développement. Ces produits contribuent, également, adoptées
de manière déterminante à la satisfaction des besoins
nutritionnels et à la sécurité alimentaire de la majorité La multiplicité des dimensions de la performance du
de la population mondiale. Ils fournissent plus de 15 % secteur de la pêche et de l’aquaculture empêche
de l’offre totale de protéines animales. d’effectuer des comparaisons temporelles ou spatiales
Les disponibilités totales de poisson pour la interceptant cette dernière comme un tout. Pour ces
consommation humaine ont augmenté à raison de 2,6 % raisons, on a choisi le recours aux indices composites.
par an depuis 1990, largement plus supérieures au Ces derniers présentent un intérêt capital en rapprochant
rythme annuel de la croissance de la population des domaines qui sont habituellement traités séparément
mondiale (1,4 % par an). La consommation apparente tout en établissant des relations entre eux afin de
moyenne a augmenté d'environ 9 kg par personne et pouvoir rendre compte de la complexité des
par an au début des années 60 passant à 15,7 kg en 2000 phénomènes à étudier.
pour se situer à 17 Kg en 2007. Elle a pratiquement La construction d’une mesure composite plus complète
doublé en 40 ans. Cette amélioration est un résultat se heurte à des difficultés importantes de pondération
direct d’une combinaison de croissance démographique, des différentes dimensions de la performance. L’analyse
de hausse des revenus et d’urbanisation accrue. des données permet de contourner un certain nombre
Cependant, les pêcheries mondiales font face, de ces difficultés, et offre la possibilité de comparer
actuellement, à une dégradation prononcée à cause les niveaux de performance des pays halieutiques de
N° 35 • mai-juin 2011 31
façon beaucoup plus complète, à la fois dans l’espace suivante. Chaque niveau de hiérarchie représente une
et dans le temps. classe. L’objectif principal de cette méthode de
L’approche retenue pour élaborer cet indice composite classification est de répartir les éléments d’un ensemble
repose sur l’analyse en composantes principales (ACP) en groupes de telle sorte que chaque groupe devrait être
qui s’applique à des tableaux numériques issus du le plus homogène possible et les groupes devraient
croisement entre « n » (pays) et « p » indicateurs de être les plus différents possibles entre eux.
performance. Il s’agit d’une méthode descriptive Les nuées dynamiques (k-means) constituent une des
d’analyse des données qui consiste à évaluer les techniques de classification non supervisée (clustering)
ressemblances entre les pays ainsi que les liaisons les plus utilisées. Etant donné un entier K, cette méthode
entre les indicateurs de performance en convertissant partitionne les données en K groupes, ou « clusters »,
un volumineux tableau de données en images ou « classes » ne se chevauchant pas. Le principe de
synthétiques qui dégagent les principales structures la méthode des nuées dynamiques est que la
de ces dernières. classification se fait sur la base du critère des plus
Les applications de l’ACP liées au développement proches voisins. Celui-ci signifie que chaque individu
d'indices composites permettent principalement de est affecté à une classe s'il est très proche de son centre
pondérer les coefficients des variables de base. Avant de gravité. La particularité de la méthode des nuées
l’application de l’ACP, l’exercice consiste à identifier dynamiques est que le nombre de classes doit être
l’ensemble de variables indicatrices qui composeront spécifié préalablement.
l’indice composite à élaborer en se basant sur le cadre La dernière étape de cette approche qui vise à constituer
conceptuel. la trajectoire globale de performance est basée sur la
Afin d’avoir un indice composite robuste, une analyse technique dite « des individus supplémentaires » qui
de fiabilité des indicateurs sous-jacents a été conduite. consiste à ajouter à l’analyse précédente des individus
Cette analyse est effectuée sur la base d’un test supplémentaires sans modifier la constitution des axes
statistique d’homogénéité et de cohérence absolue factoriels issus de la première analyse (ACP) tout en
(Cronbach alpha). Le cœfficient alpha de Cronbach couvrant la période de l’étude (1990-2007).
est un indice statistique variant entre 0 et 1 qui permet
d'évaluer l' homogénéité, exprimée en consistance ou
cohérence interne, d'un instrument d'évaluation ou de Présentation des dimensions et
mesure composé par un ensemble d'items qui, tous, variables utilisées et leurs sources
devraient contribuer à appréhender une même entité
(ou dimension) « sous-jacente ». Sources de données
32 N° 35 • mai-juin 2011
1. Production halieutique en tonnes ; • Rôle du secteur dans l’économie nationale ;
2. Valeur brute de la production en $USA ; • Offre de produits halieutiques ;
3. PIB du secteur ($USA) ;
• Commerce des produits de la pêche ;
4. Exportations des produits de la mer en tonnes et
valeur ($USA) ; • Sécurité alimentaire ;
5. Importations des produits de la mer en tonnes et • Emploi.
valeur ($USA) ;
6. Consommation des produits de la mer par habitant Rôle du secteur dans l’économie nationale
(Kg/hab/an) ; L’évaluation du rôle et l’importante du secteur dans
7. Disponibilités de poisson à des fins alimentaires l’économie nationale passe essentiellement par sa
(tonnes) ; capacité à la participation active dans la formation du
8. Disponibilité de protéines en quantité (g/personne/ Produit intérieur Brut (PIB). Etant donné le caractère
jour) ; comparatif de cette analyse au niveau international, on
9. Aliments pour animaux (tonnes) ; s’intéresse plus à la contribution relative puisque elle
garantit une parfaite comparaison entre les pays quelles
10. Employés du secteur.
que soient leurs tailles relatives.
A partir du système d’information de la Banque
Mondiale, on a pu avoir les données statistiques Offre de produits halieutiques
suivantes, pour plusieurs pays : L’activité du secteur des pêches maritimes et de
1. PIB national en dollars courants ; l’aquaculture consiste essentiellement à capturer,
2. Exportations globales en $USA; valoriser et commercialiser les produits halieutiques,
3. Importations globales en $USA; d’une part et à assurer l’élevage de certaines espèces
marines, d’autre part.
4. Taux d’accroissement démographique (%) ;
5. Population totale. Le niveau et la diversification de l’offre de produits
halieutiques, que le secteur peut garantir, dépend
La consultation de la base de données du Bureau largement du volume et de la richesse de
International du Travail (BIT) a permis, quant à elle, débarquements, d’un côté et de la capacité de
d’extraire les données suivantes par pays à partir valorisation par l’industrie des pêches installée au sein
de 1990 : de chaque pays, de l’autre côté.
1. Population active ; Pour cette dimension, l’analyse sera effectuée à travers
2. Population active occupée ; le chiffre d’affaires et sa croissance ainsi que l’offre
3. Taux d’emploi. apparente par habitant des disponibilités de poisson à
des fins alimentaires.
Après avoir collecté toutes les statistiques nécessaires,
un traitement a été effectué pour consolider et Commerce des produits de la pêche
harmoniser ces données et constituer un fichier unique
et complet par pays de 1990 à 2007. Le nombre de Le commerce du poisson et des produits dérivés, outre
pays est de 105. sa contribution à l’activité économique et à l’emploi,
joue un rôle important pour renforcer la sécurité
alimentaire, satisfaire les besoins nutritionnels et
Dimensions et variables de la performance
l’acquisition de devises. Le commerce du poisson et
A la lumière de ce qui précède, la performance du des produits dérivés est très actif, plus de 37 % de la
secteur de la pêche et de l’aquaculture sera analysée production mondiale faisant l’objet d’échanges
selon les dimensions suivantes : internationaux intenses.
N° 35 • mai-juin 2011 33
L’indicateur le plus courant de performance du la population mondiale et l’emploi dans l’agriculture
commerce extérieur d’un secteur est le solde de sa traditionnelle.
balance commerciale. On peut compléter cet indicateur
Pour mieux apprécier la participation du secteur de la
par une mesure relative du déséquilibre entre les
pêche et de l’aquaculture dans l’économie nationale de
exportations et les importations : le taux de couverture.
chaque pays, on procède au calcul de la contribution
En outre, d’autres indicateurs peuvent être envisagés : relative du secteur à l’emploi, exprimée en proportion
• Degré d’engagement : rapport entre la production et des employés du secteur dans la population active
la consommation intérieure ; occupée.
• Taux d’exportation : rapport entre les exportations En somme, quatorze (14) variables ont été
et le Chiffre d’affaires du secteur ; sélectionnées :
• Contribution à l’export : rapport entre les exportations 1. Contribution au PIB ;
du secteur et celles de l’économie. 2. Chiffre d’affaires du secteur ;
3. Taux d’accroissement du Chiffre d’affaires ;
Sécurité alimentaire 4. Offre apparente par habitant ;
Les produits de pêche contribuent de manière 5. Solde commercial ;
déterminante à la satisfaction des besoins nutritionnels, 6. Taux de couverture des exportations ;
à la sécurité alimentaire de la majorité de la population 7. Degré d’engagement ;
mondiale dans de nombreuses régions du globe. Ils
8. Taux d’exportation ;
constituent un élément précieux d’un régime alimentaire
9. Contribution à l’export ;
diversifié et nutritif en fournissant plus de 15 % de
l’offre totale de protéines animales. 10. Contribution à l’export agro-alimentaire ;
11. Consommation par habitant ;
La majorité des études, menées par la FAO et les
12. Apport du poisson en protéines/les protéines
différentes institutions chargées de la gestion du secteur
d’origine animale.
de la pêche, sur la sécurité alimentaire avancent deux
principaux indicateurs qui mesurent la consommation 13. Apport du poisson en protéines/les protéines totales.
des produits halieutiques par habitant et l’apport 14. Contribution à l’emploi.
journalier des poissons en protéines par grammes et par
habitant.
Test d’homogénéité et de cohérence
S’agissant de l’apport journalier du poisson en protéines, des variables
les indicateurs qui peuvent être retenus sont la part de
l’apport du poisson en protéines dans les quantités des La question qui se pose, à ce stade, est de savoir si ces
protéines d’origine animale ou dans les apports globaux 14 variables indicatives sont toutes pertinentes et
en protéines, toutes origines confondues. présentent un intérêt significatif pour la thématique
étudiée. Pour répondre à ce questionnement, une
Emploi
analyse de fiabilité de ces 14 indicateurs a été conduite
Les pêches et l’aquaculture jouent un rôle essentiel sur la base d’un test statistique d’homogénéité et de
dans les moyens d’existence de millions de personnes cohérence absolue (Cronbach).
dans le monde. En 2007, on estime que 43,5 millions
La conduite de ce test a permis de ne garder que les
de personnes se livraient directement, à temps partiel
indicateurs suivants :
ou à plein temps, à la production primaire de poisson,
soit par les captures en milieu naturel, soit dans 1. Chiffre d’affaires du secteur ;
l’aquaculture. Au cours des trois dernières décennies, 2. Contribution au PIB ;
l’emploi dans le secteur primaire des pêches et de 3. Contribution à l’export ;
l’aquaculture a connu une croissance plus rapide que 4. Contribution à l’emploi ;
34 N° 35 • mai-juin 2011
5. Consommation par habitant ; l’ensemble des pays au nombre de 105, une ACP pour
6. Apport du poisson en protéines/les protéines l’année 2007. Le choix de 2007, comme année de base
d’origine animale. pour cette analyse, est dictée essentiellement par la
disponibilité de données récentes pour l’ensemble des
Notre indice composite sera composé donc de six (6) pays.
variables sous-jacentes qui couvrent cinq (5) dimensions
à savoir : l’offre des produits halieutiques, le rôle L’analyse des résultats de l’ACP montre que le premier
économique du secteur, le commerce, l’emploi et la facteur, largement prépondérant, capte 61 % de l’inertie
sécurité alimentaire. On constate que toutes les (de la variance ou encore de la dispersion) du nuage
dimensions prévues par le cadre conceptuel sont de points dans l’espace vectoriel à cinq dimensions
représentées. qui nous intéresse. Ce qui indique qu’il est un indicateur
composite assez représentatif de la performance du
secteur. En plus, la plupart des indicateurs y sont
Mise en application de l’approche correctement représentés.
sur le secteur de la pêche Quant au second facteur, ne jouant, par conséquent,
qu’un rôle additionnel par rapport au précédent,
Elaboration de l’indice composite
représente pour sa part 18 % de l’inertie totale. Le
de la performance
premier plan factoriel qui totalise 79 % de la dispersion
Comme précisé ci-dessus, on procède par l’application du nuage suffit à offrir une bonne représentation des
sur les différents indicateurs retenus relatifs à données.
1,0
PROD_val 2007
0,5
CONSOM. 2007
Composante 2
PROTEIN_ANIMAL.2007
0,0
PIB. 2007
EXPORT. 2007
EMPLOI. 2007
– 0,5
– 1,0
– 1,0 – 0,5 – 0,0 – 0,5 – 0,5
Composane 1
L’analyse montre tout d’abord que les variables retenues cette analyse (ACP), sur les données relatives
sont toutes correctement représentées dans le premier à 105 pays, a permis de pondérer les différentes
plan factoriel. Ensuite, on constate que toutes les variables sous-jacentes après normalisation.
variables sont corrélées entre elles. La conduite de
N° 35 • mai-juin 2011 35
Tableau 1
Poids alloués à chaque variable
D’après ce tableau, on constate que les poids les plus et la contribution à l’emploi ont des poids variant entre
élevés ont été alloués aux contributions au PIB et à 0,07 et 0,1.
l’export, à la consommation par habitant et à l’apport Donc, notre indice composite extrait a la formule
du poisson en protéines animales. Le chiffre d’affaires mathématique suivante :
36 N° 35 • mai-juin 2011
D’après ce tableau, on constate que le coefficient de Ces deux méthodes ont été utilisées une après l’autre
corrélation est proche de un (0,991), cela implique sur les mêmes données. En changeant les variables
que le classement des pays reste pratiquement inchangé retenues, six noyaux de sélections ou panels ont été
lorsque les différentes méthodes de normalisation sont constitués. Les deux ensembles intersection et union
appliquées. En raison des caractéristiques techniques qui en découlent ont été aussi déduits afin d’assurer
et scientifiques que présente l’ACP, le recours à cet une robustesse au panel de pays à retenir. On a ainsi
outil, comme approche de pondération, contribue considéré trois cas :
efficacement à la robustesse de notre indice composite. • le cas des 6 variables indicatives seulement ;
Il en découle que l’indice composite de la performance
• le cas des 6 variables indicatives et l’indice
du secteur de la pêche et de l’aquaculture est robuste
composite ;
et de qualité.
• le cas de l’indice composite seulement.
Analyse statique de la performance Six panels de pays sont donc obtenus avec cette
approche. Le panel qui semble le plus robuste et qui
Dans l’étape précédente du processus d’élaboration
pourrait être retenu pour le Maroc, est constitué de
de l’indice composite, l’ACP nous a permis de calculer,
10 pays à savoir : le Portugal, le Pérou, les Philippines,
à partir de l’ensemble des indicateurs retenus, pour le Norvège, la Malaisie, l’Indonésie, l’Espagne, le
chaque pays une valeur unique agrégée (mesure Chili et la Thaïlande.
composite) permettant ainsi de synthétiser une réalité
multidimensionnelle. Cette mesure composite nous a
Analyse dynamique de la performance
permis d’évaluer, pour chaque pays, le niveau de
performance réalisée par son secteur de pêche et de L’aspect statique de l’étude précédente ne permet pas
l’aquaculture. Le classement et la segmentation des 105 d’apprécier les trajectoires de performance des pays au
pays ainsi que le positionnement du Maroc sont cours du temps, mais seulement de l’état figé de cette
présentés ci-après. performance en une période fixe. Cependant, cette
étude statique constitue une base pour observer les
• Classement des pays halieutiques: l’Indice Composite trajectoires temporelles par le biais de la technique
de la performance du secteur de la pêche et de dite des individus supplémentaires. Cette technique
l’aquaculture a permis de classer les 105 pays (voir le consiste à ajouter à l’analyse précédente des individus
tableau de classement en annexe). Les résultats de supplémentaires sans modifier la constitution des axes
cette analyse font ressortir que dans les 5 premiers factoriels issus de la première analyse (ACP) tout en
rangs de ce classement, on trouve l’Islande, la Chine, couvrant la période de l’étude (1990-2007). L’avantage
le Japon, la Thaïlande et la Norvège. Le Maroc vient de cette technique est de tracer l’évolution dans le
en 12e place après le Pérou, l’Indonésie, suivi par le temps de la performance du secteur de la pêche pour
Chili, le Portugal et l’Espagne. Ce classement peut les pays, d’une part, et de constituer la trajectoire
révéler que le secteur de la pêche et de l’aquaculture globale de performance que devrait parcourir chaque
marocain est relativement performant. pays pour parvenir au niveau le plus élevé, d’autre
• Segmentation des pays : l’intérêt de cette opération part.
est de segmenter les pays et de constituer un panel Le plan factoriel établi en 2007 sert de repère pour
(benchmark) de pays de référence pour le Maroc situer l’histoire de la performance. Par conséquent,
servant, par la suite, à évaluer la dynamique de sa cette technique permet d’observer les trajectoires
performance dans le fil du temps par rapport à ces historiques des pays et les mutations vécues à ce niveau,
pays retenus comme points de référence. Cet exercice au regard de la situation actuelle. Plus précisément, elle
a été conduit à l’aide de la classification ascendante permet de montrer comment se positionnaient les pays
hiérarchique (CAH) et la méthode des nuées à différentes dates, par rapport au schéma de
dynamiques. performance de 2007.
N° 35 • mai-juin 2011 37
Graphe 2: Trajectoires de la performance pour la période 1990-2007
7,50
07 CHN
6,50 05
5,50
07 JPN
4,50 00
3,50
05
00
2,50 95
90 PER
USA
1,50
ESP NOR
BRB THA
PHL
GHA
LKA
BGD
– 1,50 – 1,00 JOR 0,00 MUS 0,50 1,00 1,50 2,00 2,50 SLE 3,00
TUN – 0,50 MDG VNM
ECU
– 1,50
L’analyse des trajectoires de performance pour la période de constater, que plus on s’éloigne du centre du
1990-2007 pour chaque pays, en pas quinquennaux, graphique, la forme des trajectoires s’approche davantage
montre que la majorité des pays représentés parcourent de celle relative aux pays les plus performants (Japon,
les mêmes trajectoires de la performance mais avec des Chine, …) et les intensités d’évolution deviennent plus
niveaux d’intensité d’évolution différents. La importantes. Inversement, plus on s’approche du centre
comparaison entre les USA et la Chine, par exemple, du graphique, les trajectoires prennent des formes
ou le Japon illustre parfaitement ce constat. Force est atypiques.
3,00
2,50
2,00
Indicateur de la
croissance économique
1,50
0,50
ICP
0,00
– 1,50 – 1,00 – 0,50 0,00 0,50 1,00 1,50 2,00
Indicateurs de la contribution
– 0,50 socioéconomique et commerciale
– 1,00
– 1,50
Axe 2
38 N° 35 • mai-juin 2011
Ce graphique présente la trajectoire globale de la Analyse comparative des
performance du secteur de la pêche et de l’aquaculture performances du panel
et le parcours que devrait parcourir chaque pays pour
améliorer sa performance. Il s’agit du processus de L’examen des indicateurs sous-jacents relatifs aux
développement du secteur. La position de chaque pays différentes dimensions de la performance du secteur de
sur cette trajectoire permettrait d’évaluer clairement la pêche et de l’aquaculture pour les pays retenus
sa situation et identifier les progrès déjà réalisés ainsi comme référence pour le Maroc, dans le cadre du
que les phases qui restent à franchir. benchmarking établi à cet effet, fait ressortir deux
D’une manière générale, durant la période 1990-2007, principaux blocs dont la performance pourrait être axée
le secteur des pêches et de l’aquaculture s’attache, davantage soit sur la contribution socio-économique et
dans un premier temps, à participer activement à la commerciale du secteur à l’économie nationale soit
réalisation des objectifs de la politique économique sur le chiffre d’affaires et la sécurité alimentaire.
générale à travers la contribution à la formation du
La majorité des pays faisant partie du premier bloc
PIB, à la création de l’emploi et à l’équilibre de la
balance commerciale. sont généralement en voie de développement ou pays
émergents. On trouve principalement dans ce groupe :
Dans un second temps, le processus entame la le Pérou, le Chili, l’Indonésie, les Philippines et le
croissance économique du secteur par l’amélioration Maroc.
du chiffre d’affaires à travers une valorisation accrue
des produits de la pêche, le développement de nouvelles Le deuxième bloc, quant à lui, regroupe les pays
pêcheries, la promotion de l’aquaculture et la développés ou industriels, on y trouve notamment,
coopération internationale par des accords de pêche. l’Espagne, le Portugal, la Norvège en plus de la
Ensuite, il entame la promotion de la consommation Malaisie. Ces pays se caractérisent, en général, par un
des produits de la pêche. niveau élevé de la consommation de poissons par
habitant. Ce qui se traduit par une demande importante
La position du Maroc sur cette trajectoire montre que
si on tient compte de l’effectif de leurs populations et
le pays a déjà franchi la première étape du
par conséquent, une offre considérable des produits de
développement du secteur et entame la deuxième phase
la mer. Ce qui correspond à un chiffre d’affaires élevé.
qui consiste en une croissance soutenable à travers
l’amélioration du chiffre d’affaires mais avec un rythme Le tableau suivant récapitule les résultats de cette analyse
relativement lent. comparative des pays du panel par rapport au Maroc :
Pérou = + + – – –
Chili – + + – – +
Indonésie + + + – – –
Philippines = + + – – –
Espagne + + + = – +
Portugal + + + + – =
Norvège + + + – – –
Malaisie + + + – – –
N° 35 • mai-juin 2011 39
D’après ce tableau, l’analyse comparative fait ressortir • Encourager la consommation des produits de la pêche
que, globalement, le Maroc est plus performant en surtout dans les régions intérieures du pays tout en
matière de contributions au PIB, à l’emploi et à l’export développant un circuit de distribution efficace et
et moins performant en matière du chiffre d’affaires, adéquat et en diversifiant les produits de qualité
de la consommation et de l’apport en protéine animale. destinés aux consommateurs avec des prix
En conclusion, l’Indice composite de la performance raisonnables. Ces mesures doivent être accompagnées
du secteur de la pêche et de l’aquaculture a permis par des campagnes de sensibilisation ;
d’évaluer les progrès réalisés, durant la période allant • Promouvoir les exportations des produits de la mer
de 1990 à 2007, et de tracer les trajectoires parcourus par le développement des marchés classiques et la
par l’ensemble des pays observés (105) au niveau de recherche de nouveaux débouchés à travers une
cinq dimensions retenues par le cadre conceptuel. diversification des modes et des types des produits
A l’aide de cet indice, on a classé ces 105 pays et de la pêche ■
constitué des groupes homogènes en termes de niveau
de performance et enfin, d’élaborer un panel de 10 pays
pris comme points de référence pour le Maroc.
Références bibliographiques
Les analyses comparative et temporelle des progrès OCDE, 2008 , Handbook on Constructing Composite
réalisés par ce panel, par rapport au Maroc selon les Indicators : Methodology and user guide.
différentes dimensions, ont permis de dégager deux
OCDE, 2003,Composite Indicators Of Country
principales pistes de perfectionnement, notamment :
Performance: A Critical Assessment, Paris, OECD
• l’amélioration de la contribution socio-économique 11-13 March, 2003.
et commerciale du secteur à l’économie nationale ;
Escofier, B. et Pagès, J. 1998, Analyses factorielles
• l’incitation de la consommation nationale des produits
simples et multiples, 3e édition, Dunod, Paris.
de la pêche et l’amélioration du chiffre d’affaires
global du secteur dans un contexte caractérisé par des Lebart, L., Morineau, A. et Piron, M. 1998, Statistique
ressources halieutiques menacées par la exploratoire multidimensionnelle, Dunod, Paris.
surexploitation.
Patrice Bertrand, Université Paris-Dauphine, Méthodes
En tenant compte de ces orientations et afin de de classification: k-means.
perfectionner la performance de notre pays, quatre
F.G. Carpentier 2005, «Introduction aux analyses
recommandations sont à formuler :
multidimensionnelles : Classification Ascendante
• Mieux valoriser les produits de la pêche, tout en Hiérarchique », p. 73-81.
restant compétitifs, afin d’améliorer le chiffre
Institute for the Protection and Security of the Citizen
d’affaires global du secteur et dégager des valeurs
Technological and Economic Risk Management,
ajoutées plus importantes pour une meilleure
European Commission, «State-of-the-art Report on
contribution au PIB national. Dans ce cadre, le secteur
Current Methodologies and Practices for Composite
des industries de la pêche est appelé à jouer
Indicator Development » EUR 20408 EN, 2002,
pleinement son rôle ;
72 p.
• Promouvoir l’aquaculture, qui est devenue une
FAO, Statistiques des pêches et de l’aquaculture de
alternative sûre à la pêche, dans toutes ses formes,
1997 à 2007.
pour améliorer la production halieutique nationale et
le chiffre d’affaires, d’une part et créer des postes FAO, SOFIA, Situation mondiale des pêches et de
nouveaux d’emploi d’autre part ; l’aquaculture, 2006 et 2008.
40 N° 35 • mai-juin 2011
Annexes
Indice Composite
Nom du pays Code Pays Classement
de la Performance
Islande ISL 1 5,922
Chine CHN 2 1,443
Japon JPN 3 1,232
Thaïlande THA 4 1,147
Norvège NOR 5 1,119
Indonésie IDN 6 0,971
Malaisie MYS 7 0,954
Philippines PHL 8 0,945
Fidji FJI 9 0,941
Pérou PER 10 0,906
République de Corée KOR 11 0,845
Maroc MAR 12 0,770
Chili CHL 13 0,719
Portugal PRT 14 0,625
Comores COM 15 0,603
Suriname SUR 16 0,563
Bahamas BHS 17 0,499
Équateur ECU 18 0,341
Cap-Vert CPV 19 0,494
Lituanie LTU 20 0,319
Belize BLZ 21 0,305
Espagne ESP 22 0,275
Gabon GAB 23 0,250
Côte d'Ivoire CIV 24 0,211
Maurice MUS 25 0,203
Jamaïque JAM 26 0,202
République-Unie de Tanzanie TZA 27 0,167
Nouvelle-Zélande NZL 28 0,110
Danemark DNK 29 0,083
Cameroun CMR 30 0,062
Nicaragua NIC 31 0,017
France FRA 32 – 0,032
Angola AGO 33 – 0,057
N° 35 • mai-juin 2011 41
Indice composite
Nom du pays Code Pays Classement
de la performance
Malte MLT 34 – 0,059
Panama PAN 35 – 0,068
Finlande FIN 36 – 0,109
Suède SWE 37 – 0,111
Nigéria NGA 38 – 0,133
Égypte EGY 39 –0,165
Canada CAN 40 –0,217
Togo TGO 41 – 0,238
États-Unis d'Amérique USA 42 – 0,240
Fédération de Russie RUS 43 – 0,252
Libéria LBR 44 – 0,278
Inde IND 45 – 0,282
Tunisie TUN 46 – 0,283
Malawi MWI 47 – 0,291
Italie ITA 48 – 0,292
Belgique BEL 49 – 0,293
Honduras HND 50 – 0,304
Mozambique MOZ 51 – 0,306
Grèce GRC 52 – 0,316
Australie AUS 53 – 0,319
Chypre CYP 54 – 0,329
Pays-Bas NLD 55 – 0,353
Bénin BEN 56 – 0,371
Royaume-Uni GBR 57 – 0,399
Irlande IRL 58 – 0,400
Estonie EST 59 – 0,404
El Salvador SLV 60 – 0,425
Lettonie LVA 61 – 0,432
Venezuela VEN 62 – 0,436
Croatie HRV 63 – 0,440
Tchad TCD 64 – 0,445
Trinité-et-Tobago TTO 65 – 0,462
Israël ISR 66 – 0,492
Zambie ZMB 67 – 0,499
Haïti HTI 68 – 0,530
Guinée-Bissau GNB 69 – 0,546
42 N° 35 • mai-juin 2011
Indice composite
Nom du pays Code Pays Classement
de la performance
Allemagne DEU 70 – 0,578
Pologne POL 71 – 0,579
Mexique MEX 72 – 0,596
République de Moldova MDA 73 – 0,599
Mali MLI 74 – 0,611
Jamahiriya arabe libyenne LBY 75 – 0,612
République dominicaine DOM 76 – 0,613
Costa Rica CRI 77 – 0,622
Suisse CHE 78 – 0,626
Argentine ARG 79 – 0,626
Afrique du Sud ZAF 80 – 0,667
Iran (République islamique) IRN 81 – 0,667
Autriche AUT 82 – 0,669
Koweït KWT 83 – 0,671
Kenya KEN 84 – 0,689
Géorgie GEO 85 – 0,708
Arabie saoudite SAU 86 – 0,726
Turquie TUR 87 – 0,736
Brésil BRA 88 – 0,763
Guatemala GTM 89 – 0,769
Pakistan PAK 90 – 0,777
Algérie DZA 91 – 0,791
Jordanie JOR 92 – 0,836
Albanie ALB 93 – 0,875
Bulgarie BGR 94 – 0,895
L'ex-République yougoslave
MKD 95 – 0,897
de Macédoine
Roumanie ROM 96 – 0,900
BurkinaFaso BFA 97 – 0,918
Botswana BWA 98 – 0,934
Arménie ARM 99 – 0,953
République arabe syrienne SYR 100 – 0,967
Soudan SDN 101 – 0,974
Kirghizistan KGZ 102 – 0,976
Éthiopie ETH 103 – 1,047
Ouzbékistan UZB 104 – 1,052
Lesotho LSO 105 – 1,067
N° 35 • mai-juin 2011 43
Evolution de l’Indice Composite de la Performance (ICP)
pour le panel pour la période 1990-2007
1,6
1,4
1,2
0,8
0,6
0,4
0,2
0
1990 1990 2000 2005 2007
Thailande Idonsie Malysie Philippines Pérou
Chili Maroc Portugal Espagne Norvège
44 N° 35 • mai-juin 2011
Formes (monétaire et multidimensionnelle)
de la pauvreté
Cartographie et interférence en 2004 *
Les politiques de lutte contre la pauvreté au Maroc se sont basées, ces dernières années sur
la connaissance des indicateurs de pauvreté et d’inégalité à l’échelle locale la plus fine (région,
province, commune/municipalité ou district/douar). C’est dans ce sens que le Haut Commissariat
au Plan a réalisé trois cartes de pauvreté (1994, 2004 et 2007). Ces cartes ont été très utiles
aux décideurs pour le ciblage des localités pauvres.
Rappelons que l’élaboration de ces cartes a été fondée sur une approche monétaire consistant
à faire le couplage entre les données d’enquêtes qui observent les dépenses de consommation
et les données du recensement qui sont exhaustives et observent les déterminants des dépenses
de consommation, moyennant l’utilisation des modèles économétriques.
Dans la présente étude, l’accent est mis sur la construction des indicateurs non monétaires
de la pauvreté au niveau de cette échelle locale la plus fine et en les couplant avec les différents indicateurs de pauvreté
monétaire, dans le but de faire un ciblage des zones les plus pauvres, du point de vue monétaire et du point de vue
des conditions de vie (non monétaire).
Un tel ciblage permettra d’éclairer les décideurs et les hommes politiques sur des zones doublement frappées par
la pauvreté monétaire et non monétaire en vue de bien orienter leurs stratégies d’intervention, et par conséquent
de mieux orienter les ressources budgétaires dédiées à la lutte contre la pauvreté.
Par Abdeljaouad EZZRARI, HCP
Construction des indicateurs l’analyse des données sur les deux milieux séparément.
non monétaires de la pauvreté Les variables testées lors de l’analyse en composante
à l’échelle locale multiple préliminaire sont les variables observées par
le RGPH 2004 et jugées correspondre à certains aspects
La construction des indicateurs non monétaires de la de la vie quotidienne des ménages marocains. Il s’agit
pauvreté à l’échelle locale se fait de la même manière des :
que l’approche multidimensionnelle de la pauvreté • variables relatives à l’alphabétisation et à la
développée précédemment (1), sur la base des données scolarisation du chef de ménage et des autres membres
des enquêtes sur la consommation et les dépenses des de ménage ;
ménages et sur les niveaux de vie des ménages.
L’approche utilisée est celle de l’analyse des données, • variables relatives à l’activité du chef de ménage et
notamment l’analyse en composante multiple. des autres membres du ménage ;
N° 35 • mai-juin 2011 45
• variables relatives aux conditions d’habitat des doivent-être des variables qualitatives (catégorielles).
ménages (type de logement décent, accès à Certaines variables quantitatives (proportion des
l’électricité, assainissement liquide, etc.) ; alphabètes dans le ménage, proportion des sans niveau
dans le ménage et le nombre de portables dans le
• variables relatives à la possession des équipements
ménage) ont été codifiées en constituant des classes
sanitaires dans le logement (bain/douche, cuisine,
d’intervalles pour les rendre qualitatives.
toilette, etc.) ;
Les variables ainsi retenues pour le calcul de
• variables relatives aux mass-médias et aux moyens
l’indicateur non monétaire après une ACM (Analyse
de communication.
en Composante Multiple) préliminaire selon le milieu
Rappelons encore une fois que pour appliquer l’analyse de résidence sont synthétisées dans le tableau ci-
en composantes multiples, toutes les variables retenues dessous.
Tableau 1
Liste des variables retenues pour l’indicateur non-monétaire de la pauvreté
selon le milieu de résidence
Dimension Variables Modalités Milieu
Alphabétisation du Chef de ménage Oui U et R
Non
Proportion des personnes qui savent Moins de 1/3
lire et écrire dans le ménage Entre 1/3 et 1/2 U et R
Entre 1/2 et 2/3
Education et formation
Plus de 2/3
Proportion des personnes qui n’ont Moins de 1/3
aucun niveau scolaire dans le ménage Entre 1/3 et 1/2 U et R
Entre 1/2 et 2/3
Plus de 2/3
Chef de ménage chômeur Oui
Non U
Activité
Chef de ménage actif occupé Oui
Non U
Type de logement du ménage Villa
Appartement
Maison marocaine moderne U et R
Maison marocaine traditionnelle
Autres
Accès au réseau d’électricité Oui U et R
Non
Conditions d’habitation Source de l’eau potable Eau de réseau U et R
Fontaine U et R
Puits/sources R
Autres U et R
Accès au réseau d’évacuation Réseau U et R
des eaux usées Fosse sceptique R
Puits perdus R
Autres U et R
46 N° 35 • mai-juin 2011
Dimension Variables Modalités Milieu
Bain local Oui R
Non
Baignoire / douche Oui U
Non
Equipement sanitaire
Toilette Oui U et R
Non
Cuisine Oui U et R
Non
Télévision Oui U et R
Non
Parabole Oui U et R
Mass-médias et moyens Non
de communication Téléphone fixe Oui U et R
Non
Nombre de portables 0
1 U et R
2
3 et plus
Les résultats de l’ACM finale sont présentés en de non-pauvreté à une situation de pauvreté tout au long
Annexe 4.4. Toutes les variables retenues présentent du premier axe factoriel de l’ACM (Analyse en
la propriété COPA (Consistance Optimale du Premier Composante Multiple).
Axe) qui est le principal critère de choix des variables. Le choix des variables selon cette propriété a permis
Rappelons que les variables qui ont la propriété COPA finalement d’obtenir un pouvoir explicatif du premier
sont celles qui obéissent à la règle selon laquelle le bien- axe factoriel très élevé. Il est de 75,6 % en milieu rural
être des ménages se détériore en passant d’une situation et de 75,4 % en milieu urbain.
Tableau 2
Les 8 premières valeurs propres de l’ACM selon le milieu de résidence
Urbain Rural
Dimension
Inertie principale Pourcentage Inertie principale Pourcentage
Dim 1 0,05517 75,42 0,05404 75,56
Dim 2 0,00519 7,09 0,00444 6,20
Dim 3 0,00179 2,45 0,00176 2,45
Dim 4 0,00090 1,23 0,00070 0,98
Dim 5 0,00031 0,43 0,00011 0,16
Dim 6 0,00022 0,31 0,00005 0,06
Dim 7 0,00003 0,04 0,00002 0,03
Dim 8 0,00001 0,02 0,00002 0,02
Total 0,07315 100,00 0,07152 100,0
Source: Traitements faits par l’auteur à partir des données du RGPH 2004, HCP.
N° 35 • mai-juin 2011 47
L’ACM finale appliquée sur les variables sélectionnées Analyse des résultats
permet donc de procéder à un examen plus poussé de
L’application de l’approche multidimensionnelle sur
la pauvreté multidimensionnelle à un niveau très
les données exhaustives du RGPH 2004, a donné un
désagrégé. L’indicateur Composite de Pauvreté (ICP)
taux de pauvreté à l’échelle nationale de l’ordre de
peut être construit à partir des coordonnées des
17,3 %. Ce taux cache des disparités selon le milieu de
modalités des différentes variables retenues sur le
résidence et selon les régions. C’est ainsi que, un peu
premier axe factoriel. Cet indicateur qui est une variable
plus du quart (27,1 %) des ruraux sont en situation de
numérique mesure le niveau du bien-être des ménages pauvreté multidimensionnelle, contre uniquement 9,3 %
selon une approche multidimensionnelle. en milieu urbain.
La valeur de l’ICP est déduite pour chaque ménage à Les conditions de vie des ménages ruraux sont précaires
partir des données exhaustives du RGPH 2004. Et en comparaison avec leurs homologues citadins. Si
comme cette valeur peut être négative (cas des ménages l’on s’intéresse aux variables retenues dans l’ACM
pauvres), une transformation de cette variable pour finale, pour l’application de l’approche de la pauvreté
qu’elle soit positive et par conséquent sujette aux multidimensionnelle, nous rappelons qu’en 2004 :
mesures usuelles en matière de pauvreté, est
indispensable. Cette transformation se fait en ajoutant Milieu rural en 2004
à chaque ICP la valeur absolue de la plus faible valeur
• 72,1 % des chefs de ménage ne savent ni lire ni écrire,
négative de l’ICP de base.
64,0 % ont plus de la moitié de leurs membres qui
Le nouvel indicateur ICP* ainsi calculé est bel et bien n’ont aucun niveau scolaire et 61,9 % ont plus de
supérieur ou égal à 0, où la valeur 0 reflète un état de deux tiers de leurs membres analphabètes ;
pauvreté plus élevé et la valeur maximale exprime • seulement 19,0 % des ménages vivent dans un
l’inverse. A partir de ce nouvel indicateur, nous pouvons logement de type villa, appartement dans un immeuble
obtenir les différents indicateurs de pauvreté ou maison marocaine moderne/traditionnelle ;
multidimensionnelle et d’inégalité et par la suite
élaborer une carte plus désagrégée de pauvreté • 1,7 % des logements sont raccordés au réseau public
multidimensionnelle pour l’ensemble du territoire d’évacuation des eaux usées et 36,5 % des ménages
national (région, province et commune). disposent des fosses sceptiques pour l’évacuation de
leurs eaux usées, 48,4 % disposent de l’électricité et
La démarcation entre les pauvres et les non pauvres se 18,2 % sont raccordés au réseau de l’eau potable ;
fera par le biais d’un seuil de pauvreté relatif qui
représente un pourcentage d’une tendance centrale de • 80,0 % des ménages disposent d’une cuisine, 59,3 %
la distribution de l’indicateur composite de pauvreté d’une toilette et 28,3 % d’un bain traditionnel ;
(ICP*). Dans notre cas, nous avons choisi un seuil qui • 57,9 % des ménages disposent d’une télévision, 14,0 %
représente 60 % de la médiane de l’ICP*. d’une antenne parabolique, 42,5 % ont au moins un
portable et 2,1 % ont un téléphone fixe.
48 N° 35 • mai-juin 2011
• 79,1 % des logements sont raccordés au réseau public par le fort taux de pauvreté enregistré au niveau de la
d’évacuation des eaux usées, 89,9 % disposent de région « Taza-Al Hoceima-Taounate » et par
l’électricité et 83,0 % sont raccordés au réseau de l’importance de la population globale dans les régions
l’eau potable ; « Marakech-Tensift-Al Haouz» et « Sous-Massa-
Darâa ».
• 87,2 % des ménages disposent d’une cuisine, 96,0 %
d’une toilette et 40,9 % d’une douche ou bain Selon le milieu de résidence, les régions «Oued Ed-
moderne ; dahab-Lagouira », «Rabat-Salé-Zemmour-Zaër »,
• 88,5 % des ménages disposent d’une télévision, 46,6 % «Taza-Al Hoceima-Taouante » et «Tadla-Azilal » sont
les plus frappées par la pauvreté multidimensionnelle
d’une antenne parabolique, 72,4 % ont au moins un
en milieu rural. En effet, la contribution absolue de
portable et 22,3 % ont un téléphone fixe.
l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle dans ces
Outre l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle, régions s’établit respectivement à 41,9 %, 38,9 %,
la profondeur et la sévérité de la pauvreté connaissent 38,8 % et 34,6 %.
également des disparités selon le milieu de résidence.
En effet, la profondeur de la pauvreté a atteint 2,9 % Cependant, l’ordre des régions selon la contribution
en milieu urbain et 13,4 % en milieu rural et la sévérité relative de la pauvreté multidimensionnelle change
a atteint 1,5 % et 8,9 % respectivement. A l’échelle, énormément. En effet, seule la région «Taza–Al
nationale la profondeur de la pauvreté est estimée à Hoceima-Taounate » continue à occuper les premiers
rangs en termes du nombre de pauvres dans le total des
7,6 % et la sévérité à 4,8 %.
ruraux pauvres (14,7 %). Les autres régions, de par la
L’analyse de la pauvreté multidimensionnelle montre faible part de leur population dans le total de la
également qu’il existe de fortes disparités selon la population rurale, ne contribuent que peu dans la masse
région, la province et la commune. globale des pauvres. C’est le cas notamment des régions
Au niveau régional, (tous milieux confondus), les «Oued Ed-dahab-Lagouira » avec une contribution
indices de pauvreté les plus élevés se trouvent au relative de la pauvreté de 0,2 % seulement et de «Rabat-
niveau de la région « Taza-Al Hoceima-Taounate » Salé-Zemmour-Zaër » (5,0 %). A signaler également
avec 31,9 % (l’incidence), 15,7 % (la profondeur) et que les régions les plus touchées par la pauvreté
10,5 % (la sévérité). Cette région est suivie par les multidimensionnelle sont celles qui ont un plus grand
régions de «Oued Ed-dahab-Lagouira », « Tadla-Azilal » déficit en termes des conditions de vie et en termes de
et «Doukkala-Abda », avec des taux de pauvreté de l’infrastructure sociale de base. A titre d’illustration,
29,8 %, 26,8 % et 21,0 % respectivement. en 2004, 72 % des ménages ruraux vivant dans la région
«Taza-Al Hoceima-Taouante » avaient plus des deux
A l’opposé, la région la moins pauvre selon l’approche tiers de leurs membres analphabètes et seulement 6,6 %
multidimensionnelle est la région « Grand-Casablanca » parmi eux habitent des logements raccordés au réseau
avec des indices de 6,6 % (incidence), 1,8 % de l’eau potable.
(profondeur) et 0,9 % (sévérité), suivie par les régions
«Laâyoune-Boujdour-Sakia-El Hamra » et «Guelmim- Au niveau du milieu urbain, outre la région «Oued
Es-Smara », avec respectivement 10,5 % et 12,9 % en Ed-dahab-Lagouira », la région de «Gharb-Chrarda-
termes d’incidence de pauvreté. Beni Hssen » connaît également de fortes incidences
de pauvreté multidimensionnelle, 15,6 % (incidence),
En termes de contributions relatives, il ressort qu’au 4,8 % (profondeur) et 2,3 % (sévérité). Selon la
niveau de l’incidence de pauvreté, la région contribution relative, les régions qui avaient un poids
«Marrakech-Tensift-Al Haouz» regroupe le plus de démographique élevé sont celles qui contribuent le
pauvres à l’échelle nationale. En effet, elle totalise plus à la pauvreté urbaine. C’est ainsi que 27,6 % des
11,5 % de l’ensemble des pauvres au Maroc, suivie citadins pauvres sont issus des régions «Grand
par la région «Taza-Al Hoceima-Taounate » (11,2 %) Casablanca » (14,9 %) et «Rabat-Salé-Zemmour-Zaër »
et «Sous-Massa-Darâa » (9,4 %). Ce résultat s’explique (12,7 %).
N° 35 • mai-juin 2011 49
Tableau 4
Taux de pauvreté multidimensionnelle selon la région et le milieu de résidence (en %)
Au niveau provincial, les provinces les plus touchées pauvres, suivie par les provinces de «Taounate » (4,6 %),
par la pauvreté multidimensionnelle ont été « Azilal » «Kénitra » (4,5 %) et «Azilal » (4,4 %).
(avec une incidence de pauvreté de 44,5 %), Selon le milieu de résidence, outre la province «Tan-
« Chichaoua » (37,0 %), «Taouante » (35,6 %), Tan » qui affiche une incidence de pauvreté
« Taourirt » (33,8 %), «Khénifra » (33,7 %) et multidimensionnelle rurale de 62,1 %, les provinces
« Khémisset » (32,4 %). Ces provinces sont caractérisées «Khénifra », «Taourirt », «Figuig », «Ifrane », «Jerada »,
par un déficit en termes de conditions de vie des et «Azilal » enregistrent également de fortes incidences
ménages (faible niveau d’éducation et de formation, de pauvreté dépassant 50,0 %. Le rural des provinces
faible accessibilité au réseau d’eau, d’électricité et de «Nouaceur », «Inzegane Ait Melloul », «Mediouna »,
d’assainissement, faible possession des équipements «Marrakech », «Moham-madia », «Es-Smara » et «Fès »
sanitaires, etc.). Les provinces les mieux dotées en est moins touché par la pauvreté multidimensionnelle
infrastructures sociales de base et qui sont les pôles avec une incidence ne dépassant pas 10,0 %. En termes
économiques importants du Maroc, ont des faibles de contribution relative, les provinces «Taounate »,
taux de pauvreté multidimensionnelle. Il s’agit des «El Jadida », «Azizal » et «Taza » contribuent à elles
provinces « Rabat », «Casablanca », «Fès » et seules à 25 % dans la pauvreté totale rurale.
«Marrakech » avec respectivement une incidence de En milieu urbain, trois provinces seulement ont vu
4,6 %, 4,9 %, 5,9 % et 7,4 %. En termes de contribution l’incidence de leur pauvreté multidimensionnelle
relative, c’est la province «El Jadida » qui a le plus de dépassa les 30 %, il s’agit des provinces «Aousserd »
pauvres à l’échelle nationale, soit 5,0 % du total des (46,8 %), «Mediouna » (44,5 %) et «Nouaceur »
50 N° 35 • mai-juin 2011
(35,3 %) (2). De par son poids démographique dans des pauvres citadins, soit une contribution relative de
l’ensemble de la population urbaine (20,3 %), la 9,5 %, suivie par la province «Kénitra » avec une
province de «Casablanca » abrite le plus grand effectif contribution de 6,6 %.
Tableau 5
Taux de pauvreté multidimensionnelle selon la province (les 8 provinces les plus pauvres et les 8
provinces les moins pauvres) et le milieu de résidence (en %) (3)
Au niveau communal, les centres urbains sont le plus Bouhmane ». Ces centres sont suivis par les municipalités
touchés par la pauvreté multidimensionnelle urbaine. de «Aïn Aouda » et de «Shkhirate » (province de
En effet, les quatre communes centres urbains les plus Skhirate-Temara), «Lagouira » (province d’Aousserd)
pauvres du point de vue multidimensionnel sont des et «Tamanar » (province d’Essaouira), avec des taux de
centres urbains. pauvreté se situant entre 43,1 % et 48,3 %.
Il s’agit des centres «Karia », de la commune rurale
Bouhmame, de la province d’El Jadida, «Sidi Taibi » de (2) Paradoxalement, les provinces de «Mediouna » et «Nouaceur »
la province de Kénitra, de «Lahraouyine » de la province enregistrent les faibles taux de pauvreté en milieu rural. Cela ne
de Mediouna et de «Tainaste » de la province de Taza ». veut pas dire que les conditions de vie des ruraux de ces provinces
Plus de 60 % de la population de ces quatre centres ont sont meilleures que celles des citadins puisque chaque milieu a été
traité à part et toute comparaison doit donc être faite à l’intérieur
un indicateur composite de pauvreté inférieur au seuil de chaque milieu.
de pauvreté multidimensionnelle (60 % la médiane) (3) Les résultats détaillés pour toutes les provinces sont présentées
avec un pic de 88,7 % dans le centre «Karia- en annexe 4.4.
N° 35 • mai-juin 2011 51
De tels pourcentages reflètent les faibles conditions de (pr. Tanger Assilah), les arrondissements «Hay
vie de la population résidant dans ces localités. Les Mohammadi », «Assoukhour Assawda » et «Sidi
ménages de ces localités sont les moins dotés en Othmane » (préfecture de Casablanca) et les
infrastructures physiques de base (accessibilité à l’eau municipalités d’«Errachidia » et d’«Ifrane ». Ces
potable, à l’électricité, au réseau d’assainissement, au localités ont un taux de pauvreté multidimen-sionnelle
logement décent, etc.) et ces localités sont également ne dépassant pas 2,5 %.
caractérisées par un faible développement des aptitudes En milieu rural, les communes les plus pauvres selon
humaines (faible pourcentage des personnes scolarisées). l’approche multidimensionnelle sont des communes
caractérisées par une défaillance de l’infrastructure
En revanche, les municipalités et les centres qui
sociale de base (habitat précaire, quasi-absence des
connaissent un fort développement des aptitudes
équipements sanitaires) et par un très faible
humaines en termes de scolarisation et de formation
développement des aptitudes humaines (formation et
et dont les logements sont bien équipés en d’éducation). En termes du taux de pauvreté, il existe
infrastructures sociales de base, sont celles qui 24 communes rurales qui ont un taux de pauvreté qui
connaissent des taux de pauvreté multidimensionnelle dépasse 80 %. Il s’agit notamment des communes
les plus faibles, voire même nuls. C’est le cas «Oulad M’hammed » et «El Atef » (Pr. Taourirt),
notamment de la municipalité «Touargua » et de «Anemzi », «Sidi Yahya Ou Youssef », «Aguelmam
l’arrondissement «El Youssoufia (préfecture de Rabat), Azegza », «Oum Rabia » et «Kerrouchen » (Pr.
du centre urbain de «Moulay Abdellah » (préfecture Khénifra), «Tabaroucht », «Zaouiat Ahansal », «Ait
d’El Jadida), de la municipalité «Aïn Reggada » Abbas », «Isseksi », «Tiffert N'Ait Hamza », «Ait
(pr. Berkane), arrondissement «Chorf Souani » M'Hamed », «Tilougguite » et «Anergui » (Pr. Azilal).
Tableau 6
Répartition des municipalités/centres et communes rurales selon les classes
du taux de pauvreté multidimensionnelle
Municipalités/centres Communes rurales Ensemble
Classe du taux de pauvreté
Effectif % colonne Effectif % colonne Effectif % colonne
Moins de 10 % 165 42,2 253 19,5 418 24,7
Entre 10 et 20 % 145 37,1 255 19,7 400 23,7
Entre 20 et 30 % 57 14,6 230 17,7 287 17,0
Entre 30 et 50 % 20 5,1 323 24,9 343 20,3
Entre 50 et 80 % 3 0,7 213 16,4 216 12,8
Plus de 80 % 1 0,3 24 1,8 25 1,5
Ensemble 391 100,0 1298 100,0 1689 100,0
Source : HCP, données de base du RGPH 2004, calculs faits par l’auteur.
Selon les autres classes du taux de pauvreté, 213 Tafilalet (33), Marrakech-Tensift-Al Haouz (32), Souss-
communes rurales, soit 16,4 % du total des communes Massa-Darâa (25) et Taza-Al Hoceima-Taounate (25)).
rurales, ont un taux de pauvreté se situant entre 50 et Les provinces qui englobent le plus de communes
80 %. Ces communes connaissent également un faible appartenant à cette classe du taux de pauvreté sont
niveau de conditions de vie des ménages en matière «Khénifra » (19) et «Khémisset » (17).
de logement décent, de disposition des équipements
sanitaires, d’accessibilité aux moyens de Un quart de communes rurales (323 communes) ont un
communication et de mass-média et en matière taux de pauvreté se situant entre 30 et 50 %, dont la
également de scolarisation. Plus de la moitié de ces moitié se concentre dans les régions «Taza-Al Hoceima-
communes se concentrent dans 4 régions (Meknès- Taounate » (59), «Marrakech-Tensift-Al Haouz» (49)
52 N° 35 • mai-juin 2011
et «Souss-Massa-Darâa » (42). Un peu plus de la moitié corrélation entre ces deux formes de pauvreté est de
(55 %) des communes rurales de la province «Taounate » 0,509 en 2004 et de 0,526 en 2007.
appartiennent à cette classe du taux de pauvreté. La corrélation positive entre ces deux formes de
Les communes rurales les mieux dotées en infrastructures pauvreté, quoiqu’elle soit faible dans les communes
sociales de base sont celles qui enregistrent les faibles rurales (0,328 en 2004 et 0,286 en 2007), elle est
taux de pauvreté. Près du cinquième (19,5 %) des statistiquement significative, comme le montre le
communes rurales ont un taux de pauvreté inférieur à tableau des corrélations ci-dessous.
10 %. Les régions du «Grand Casablanca », «Oued
Tableau 7
Eddahab Lagouira » et «Laâyoune-Boujdour-Sakia El
Cœfficient de corrélation entre la pauvreté
Hamra » qui ont le plus de communes appartenant à
monétaire et la pauvreté non monétaire selon le
cette classe, soit respectivement 90 %, 72,7 % et 40 %. milieu de résidence
En termes d’effectif, les régions «Sous-Massa-Darâa »
et «Marrakech-Tensift-Al Haouz» ont le plus grand Année/milieu Urbain Rural Ensemble
nombre de communes qui ont un taux de pauvreté 2004 0,509 *** 0,328 *** 0,575 ***
inférieur à 10 %, soit respectivement 65 et 58 communes. 2007 0,526 *** 0,286 *** 0,552 ***
Après avoir estimé les taux de pauvreté à l’échelle Source : HCP, données de base du RGPH 2004, calculs faits par l’auteur.
locale la plus fine selon les deux approches, à savoir Notation : *** degré de signification à 1 %.
l’approche monétaire et l’approche multidimen- La ventilation des communes selon le quintile de taux
sionnelle, la question qui se pose, est de savoir s’il
de pauvreté monétaire et le quintile de taux de pauvreté
existe une forte corrélation entre ces deux approches.
non monétaire, montre que, dans la majorité des cas,
En d’autres termes, les localités les plus pauvres selon
le classement des communes selon le taux de pauvreté
l’approche monétaire le sont-elles également selon
l’approche multidimensionnelle ? change sensiblement d’une forme de pauvreté à une
autre. En d’autres termes, seulement 37,6 % des
municipalités et centres urbains appartiennent à la
Interférence entre les formes de même classe du quintile de pauvreté (classe de
la pauvreté monétaire locale et la classement) en passant de l’approche monétaire à
pauvreté multidimensionnelle locale l’approche multidimensionnelle. Ce pourcentage n’est
que de 29,1 % dans les zones rurales.
La relation entre la pauvreté monétaire locale et la
Il y a lieu de signaler que certaines communes ont connu
pauvreté multidimensionnelle locale peut être
un changement spectaculaire dans le classement en
appréhendée à travers le cœfficient de corrélation entre
passant d’une forme de pauvreté à une autre. En milieu
les deux formes de pauvreté et à travers également
urbain, parmi les 79 municipalités et centres urbains les
l’interférence entre les quintiles des différentes formes
moins pauvres du point de vue monétaire, 3 se trouvent
de pauvreté.
parmi les 78 municipalités et centres urbains les plus
Le cœfficient de corrélation entre la pauvreté monétaire pauvres selon l’approche non monétaire. A l’opposé, 3
et la pauvreté non monétaire à l’échelle locale, au centres urbains («Alnif » de la province d’«Errachidia »,
niveau national, montre qu’il existe une corrélation «Madagh » de la province de «Berkane » et
positive et significative entre ces deux formes de «Tahannaout » de la province d’«Al Haouz» et une
pauvreté. En effet, le cœfficient de corrélation entre la municipalité («Touissit » de la province de «Jerada »)
pauvreté monétaire et la pauvreté non monétaire à parmi les moins pauvres du point de vue non monétaire
l’échelle locale atteint 0,575 en 2004 et 0,552 en 2007. sont les plus pauvres en termes monétaires (4).
Dans les municipalités et les centres urbains, il existe
également une corrélation positive et largement (4) Dans ces localités, les taux de pauvreté monétaire s’élèvent à
significative entre la pauvreté monétaire et la pauvreté 17,5 %, 13,7 %, 13,9 % et 25,7 % et les taux de pauvreté
non monétaire à l’échelle locale. Le cœfficient de multidimensionnelle à 5,6 %, 5,1 %, 3,5 % et 5,6 %, respectivement.
N° 35 • mai-juin 2011 53
Le changement extrême dans le classement est plus commune «Aghbala » de la province de «Beni Mellal »
sensible parmi les communes rurales. En effet, 11,1 % a un taux de pauvreté multidimensionnelle de 78,4 %
des communes rurales les moins pauvres en termes alors que son taux de pauvreté monétaire n’est que de
monétaires, sont les plus pauvres selon l’approche non 5,6 % et la commune «Taghbalte » de la province
monétaire et 11,2 % des communes rurales les moins «Zagora » a un taux de pauvreté monétaire de 47,7 %
pauvres en termes non monétaire sont les plus pauvres alors que son taux de pauvreté multidimensionnelle
selon l’approche monétaire. A titre d’illustration, la n’est que de 7,1 %.
Tableau 8
Ventilation des communes selon le quintile du taux de pauvreté monétaire et le quintile
du taux de pauvreté multidimensionnelle et selon le milieu de résidence
Approche multidimensionnelle
Approche monétaire
Quintile 1 Quintile 2 Quintile 3 Quintile 4 Quintile 5 Total
Communes rurales
Quintile 1 92 50 42 47 29 260
% ligne 35,4 19,2 16,2 18,1 11,1 100,0
Quintile 2 63 67 50 45 35 260
% ligne 24,2 25,8 19,2 17,3 13,5 100,0
Quintile 3 45 56 69 49 40 259
% ligne 17,4 21,6 26,6 18,9 15,4 100,0
Quintile 4 31 49 55 60 65 260
% ligne 11,9 18,9 21,2 23,1 25,0 100,0
Quintile 5 29 38 43 59 90 259
% ligne 11,2 14,7 16,6 22,8 34,8 100,0
Ensemble 260 260 259 260 259 1298
% ligne 20,0 20,0 20,0 20,0 20,0 100,0
Source : HCP, données de base du RGPH 2004, calculs faits par l’auteur.
Il ressort que le classement des communes selon le surtout en milieu rural. Il reste cependant conforme aux
taux de pauvreté connaît des changements non attentes et à l’incapacité de chacune de ces approches
négligeables en passant d’une approche à une autre et à rendre compte d’un fait social aussi complexe et
54 N° 35 • mai-juin 2011
dynamique que la pauvreté. Notons aussi que les localités à prioriser dans le cadre des politiques de
résultats obtenus dépendent, à leur tour, des lignes de lutte contre la pauvreté (6). Ce sont les principales
pauvreté que s’est fixée la présente étude. On en retient raisons qui justifient le recours à un indice composite
cependant que, compte tenu de l’interaction entre les qui tient compte des différents indices de pauvreté
deux formes de pauvreté, le ciblage des localités monétaire (incidence, profondeur et sévérité), le taux
pauvres devrait se fonder sur les mesures monétaire et de vulnérabilité, l’incidence de pauvreté non monétaire
non monétaire de la pauvreté. et bien d’autres indicateurs du développement humain
En effet, pour un éventuel ciblage des localités pauvres, et social.
l’on se pose la question de savoir s’il faut se baser sur La nature quantitative des variables prises en
les indices de pauvreté monétaire à l’échelle locale considération pour estimer l’indicateur composite de
déduits du couplage entre les données d’enquêtes et les pauvreté, suggère l’utilisation de l’analyse en
données du recensement ou sur les indices de pauvreté composantes principales. Une telle technique permet
non monétaire à l’échelle locale déduits de l’analyse d’expliquer ou de rendre compte de la variance observée
des données appliquées sur les données exhaustives du dans la masse des données initiales à un nombre réduit
recensement ? ou bien faut-il se baser sur un nouvel de composantes tout en assurant une perte minimale
indicateur composite qui englobe à la fois les indices des informations (7).
de pauvreté monétaire et les indices de pauvreté non
L’Analyse en composantes principales a été effectuée
monétaire ?
sur des variables mesurant les indicateurs de la pauvreté
Le paragraphe suivant opte pour un classement des monétaire à l’échelle locale (incidence, profondeur et
localités selon un indice composite qui combine à la sévérité) et la vulnérabilité, les indicateurs de la
fois les indicateurs de la pauvreté monétaire et les pauvreté non monétaire (incidence, profondeur et
indicateurs de la pauvreté non-monétaire. Les différents sévérité) et sur les indicateurs de privation en
indicateurs pris en considération sont tous quantitatifs développement humain et de privation en
(incidence de pauvreté, profondeur, sévérité, développement social dans la localité (8). Cette analyse
vulnérabilité, etc.). C’est pour cette raison que la a été effectuée séparément selon le milieu de résidence
méthode d’analyse des données qu’on va utiliser est sur la base des données de 2004.
l’analyse en composantes principales.
N° 35 • mai-juin 2011 55
Afin de garantir un indice composite plus robuste, une proche de 1. L’utilisation de ce test nous a permis de
analyse de fiabilité de ces indicateurs a été conduite ne retenir que 7 indicateurs relatifs à la pauvreté
sur la base d’un test statistique d’homogénéité et de monétaire et à la pauvreté non monétaire et d’écarter
cohérence absolue (cœfficient alpha de Cronbach). les 2 indicateurs du développement humain et du
développement social.
Il s’agit d’un indice statistique variant entre 0 et 1 et
qui traduit un degré d’homogénéité (consistance Les tableaux suivants présentent les résultats de ce
interne) d’autant plus grand (e) que sa valeur est test :
Tableau 9
Statistiques de fiabilité
Milieu de résidence Alpha de Cronbach Alpha de Cronbach basé sur Nombre d’éléments
des éléments normalisés
Urbain 0,589 0,891 7
Rural 0,621 0,837 7
Tableau 10
Statistiques de total des éléments
Milieu urbain
P0_mon 21,44 132,64 0,82 0,87 0,263
P1_mon 11,15 66,31 0,71 0,71 0,482
P2_mon 28,44 240,05 0,78 0,99 0,514
Vulnérabilité 29,66 269,25 0,71 0,99 0,577
P0_non_mon 30,02 281,40 0,43 0,97 0,603
P1_non_mon 30,11 282,40 0,41 0,99 0,605
P2_non_mon 30,13 282,65 0,38 0,99 0,605
Milieu Urbain
P0_mon 27,37 70,48 0,79 0,90 0,370
P1_mon 19,62 115,92 0,53 0,59 0,516
P2_mon 39,02 178,93 0,82 0,99 0,503
Vulnérabilité 41,15 213,01 0,77 0,99 0,590
P0_non_mon 41,90 231,50 0,24 0,99 0,635
P1_non_mon 42,05 232,11 0,23 0,99 0,637
P2_non_mon 42,11 232,38 0,21 0,99 0,637
56 N° 35 • mai-juin 2011
D’après ces tableaux, il ressort que les 7 indicateurs en milieu urbain (51,1 % en milieu rural). Ce qui indique
des différentes formes de pauvreté sont homogènes et qu’il serait un indicateur composite largement
cohérents que ce soit en milieu urbain ou en milieu représentatif de l’état de la pauvreté à l’échelle locale.
rural, puisque la valeur du cœfficient alpha (0,891 pour Quant au deuxième axe, qui ne joue pas un rôle
le milieu urbain et 0,837 pour le milieu rural) est prépondérant par rapport au premier, représente pour
supérieure à toutes les valeurs alpha de Cronbach en sa part 27,1 % de l’inertie totale en milieu urbain et
35,5 % en milieu rural.
cas de suppression d’un élément.
Les coordonnées des variables sur le premier axe
L’analyse des résultats de l’ACP (présentés en factoriel représentent les pondérations de ces variables
Annexe 4.5) montre que le premier axe factoriel, après normalisation pour calculer l’indicateur
largement dominant, explique 61,0 % de l’inertie totale composite.
Tableau 11
Poids alloués à chaque variable (cœfficients des coordonnées
sur le premier axe factoriel)
Poids relatif
Dimension Indicateur
Urbain Rural
Incidence de pauvreté 0,206 0,229
Monétaire Profondeur de pauvreté 0,194 0,220
Sévérité de pauvreté 0,180 0,208
Vulnérabilité économique 0,168 0,152
Incidence de pauvreté 0,178 0,193
Non Monétaire Profondeur de pauvreté 0,812 0,196
Sévérité de pauvreté 0,173 0,191
N° 35 • mai-juin 2011 57
A l’échelle nationale, c’est la région «Gharb-Chrarda- «Doukala-Abda », «Meknès-Tafilalet » et «Taza-Al
Beni Hssen » qui est la plus touchée par les deux Hoceima-Taounate ».
dimensions de la pauvreté, suivie par les régions
Tableau 12
Classement des régions selon l’indicateur composite, la pauvreté monétaire
et la pauvreté non monétaire et selon le milieu de résidence
Classement
Région Indicateur composite Pauvreté Pauvreté
Indice Rang monétaire non-monétaire
Gharb-Chrarda-Beni Hssen 0,238 1 1 8
Doukala-Abda 0,100 2 2 4
Meknès-Tafilalet – 0,070 3 4 6
Taza-Al Hoceima-Taounate – 0,295 4 6 1
Tadla-Azilal – 0,439 5 10 3
Sous-Massa-Darâa – 0,512 6 3 11
Oriental – 0,648 7 7 12
Marrakech-Tensift-Al Haouz – 0,672 8 5 5
Guelmim-Es-Semara – 0,737 9 8 14
Fès-Boulemane – 0,760 10 9 13
Oued Ed-dahab-Lagouira – 0,828 11 15 2
Chaouia-Ouardigha – 1,196 12 11 7
Rabat-Salé-Zemmour-Zaër – 1,259 13 13 10
Tanger-Tetouan – 1,314 14 12 9
Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra – 1,987 15 16 15
Grand Casablanca – 2,144 16 14 16
Source: HCP, données de base du RGPH 2004, traitements faits par l’auteur.
Au niveau communal, les petits centres sont les plus de pauvreté aussi bien monétaire que non monétaire.
touchés par la double pauvreté en milieu urbain. En Il s’agit notamment de la plupart des municipalités et
effet, parmi les 10 premières localités urbaines des arrondissements de Rabat «Touarga », «Hassan »,
(municipalités/autres centres) les plus touchées par la «El Youssofia » et «Agdal Riad » et de quelques
double pauvreté, 8 sont des autres centres. Il s’agit arrondissements à Casablanca «Mechouar »,
des centres de «Karia », «Tainaste », «Foum Jemaa », «Assoukhour Assawda » et «Hay Hassani ». A signaler
«Hrara », «Sidi Taibi », «Laakarta », «Oulad Said » et qu’au niveau du milieu urbain, pour qu’un ciblage des
«Sebt Jahjouh » (9). Les deux municipalités qui font localités les plus pauvres soit optimal, il faut descendre
partie de ces 10 premières localités les plus pauvres à un niveau très fin tel que le quartier urbain ou voire
sont «Ait Daoud » de la province «Essaouira » et de même le district du recensement.
«Aïn El Aouda » de la province «Skhirate-Temara ».
(9) Ces centres urbains relèvent respectivement des provinces
Les municipalités les moins frappées par les deux «El Jadida », «Taza », « Azilal », « Safi », « Kénitra », « Settat »,
formes de la pauvreté sont celles qui ont un faible taux «Safi » et «El Hajeb ».
58 N° 35 • mai-juin 2011
En milieu rural, les communes qui occupent les Le tableau ci-dessous donne les 30 premières
premiers rangs en termes de l’indicateur composite de communes rurales les plus pauvres au sens de
pauvreté sont les communes qui ont les taux de pauvreté l’indicateur composite de pauvreté. Il montre que la
monétaire et non monétaire les plus élevés. Ces commune rurale de «Oulad Sidi Abdelhakem » est la
communes sont caractérisées par un déficit considérable plus pauvre. Cette commune a un taux de pauvreté
en termes d’infrastructures sociales de base et en termes non monétaire de près de 90 %, et près de la moitié de
également de développement des aptitudes humaines
sa population vivent au-dessous du seuil de
(scolarisation et alphabétisation). En termes de
vulnérabilité. Cette commune est suivie par les
localisation de ces communes dans les provinces, 11
provinces seulement abritent les 30 communes les plus communes «Oulad M’hamed », «Ikniouen », «Sidi Ali »,
touchées par cette double pauvreté. Il s’agit des «Bleida », et «Amenzi ». Ces communes enregistrent
provinces «Azilal » (6 communes), «Zagora » également les taux de pauvreté monétaire et non
(5 communes), «Chichaoua », «Ouarzazate », «Figuig », monétaire, les plus élevés. A signaler qu’abstraction
«Khénifra » (3 communes), «Errachidia », «Taourirt » faite de la commune «Imilchil », toutes ces communes
(2 communes), «Essaouira », «Jerada » et «Tan Tan » bénéficiaient des actions de l’initiative nationale pour
(une commune). le développement humain.
Tableau 13
Indicateur composite, taux de pauvreté monétaire, taux de vulnérabilité et taux
de pauvreté non monétaire des communes rurales les plus pauvres
Indicateur composite Taux de Pauvreté Taux de Taux de pauvreté
Province Commune
Indice Rang monétaire (%) vulnérabilité (%) non monétaire (%)
N° 35 • mai-juin 2011 59
Indicateur composite Taux de Pauvreté Taux de Taux de pauvreté
Province Commune
Indice Rang monétaire (%) vulnérabilité (%) non monétaire (%)
Source : HCP, données de base du RGPH 2004, traitements faits par l’auteur.
L’interférence entre le classement des communes rurales parmi les communes ciblées par les actions de l’INDH.
selon l’indice composite de pauvreté et l’éligibilité des Ce qui veut dire que le classement des communes selon
communes aux actions de l’INDH (2005-2010), montre l’indice composite de pauvreté donne la priorité à
que 170 communes rurales parmi les 260 communes d’autres communes rurales pour un ciblage
mal classées bénéficiaient des actions de l’INDH. géographique de lutte contre la pauvreté monétaire et
non monétaire.
Selon cet indice également, parmi les 259 communes
les mieux pauvres, seulement neuf communes figuraient
Tableau 14
Ventilation des communes rurales selon le quintile de l’indice composite
de pauvreté et l’éligibilité aux actions de l’INDH
60 N° 35 • mai-juin 2011
Annexes
Résultats de l’ACM sur les données du RGPH 2004
Les coordonnées des modalités des variables de l’ACM finale en milieu urbain (Données du RGPH 2004)
Fréquence Coordonnées
Variables Modalités
relative (%) Axe 1 Axe 2
N° 35 • mai-juin 2011 61
Les coordonnées des modalités des variables de l’ACM finale en milieu rural (Données du RGPH 2004)
Fréquence Coordonnées
Variables Modalités
relative (%) Axe 1 Axe 2
62 N° 35 • mai-juin 2011
: Ÿu‡{u‡± ‰u‡ • h‡ªK±
WO°d¢Ë bOB∞« ŸUDÆ ¡«œ_ VØd± d®R± l{Ë
WOzUL∞« ¡UO•_«
WMπ∞ qOJA¢Ë ¡«œ_« YO• s± Wº≤Uπ∑± ‹U´uLπ± v∞≈ WOJLº∞« ¡«œ√ rOOI¢ v∞≈ Y∫∂∞« «c≥ ·bN¥
.»dGLK∞ ¸UOF± WOzUL∞« ¡UO•_« WO°d¢Ë bOB∞« ŸUDÆ
q§√ s± WOπ¢«d∑ß≈ ¸ËU∫± WF°¸√ b¥b∫¢ v∞≈ Y∫∂∞« «c≥ hKîË œUF°_« œbF∑± ZNM± vK´ «œUL∑´«
w∑∞«Ë »dGL∞U° WOzUL∞« ¡UO•_« WO°d¢Ë bOB∞« ŸUDÆ ¡«œ√ l≠¸ d®R± l{Ë vK´ ”Uß_U° eJ¢d¥
q§√ s± WOJLº∞« ‹Uπ∑MLK∞ qC≠√ sOL∏¢ w≠ ’uBª∞U° q∏L∑¢ WOJ±UM¥œ qOK∫¢ s± sJ± Íc∞« VØd±
,WOzUL∞« ¡UO•_« WO°d¢ e¥eF¢ ,ŸUDI∞« ‹ö±UF± rƸ sOº∫¢ »dGL∞« W≤UJ± b¥b∫¢Ë ,ŸUDI∞« ¡«œ√
o©UML∞« w≠ WÅUîË WOJLº∞« ‹Uπ∑ML∞« „öN∑ß« lOπA¢ nOMB¢Ë WO∞Ëb∞« W•Uº∞« w≠
■ ‹«¸œUB∞« lOπA¢ «dOî√Ë WOKî«b∞« ‹Uπ∑ML∞« w≠ «bz«¸ «bK° 105 rOºI¢Ë
‹UMO¢Ëd∂∞U° WOMG∞« œ«uL∞« …bzUH∞ ,2007 WMß % 22 v∞« 1985 WMß ‰Ëb∞« wÆU° q∏± »dGL∞« ·dF¥
‹UIHM∞« W∂º≤ ÊS≠ ,«c≥ v∞« W≠U{ùU° .…d∑H∞« fH≤ ‰öî Âu∫K∞UØ w≠ WOßUß√ ‹ôu∫¢ …b´UB∞«
W±UF∞« ‹UIHM∞« w≠ UN∑OL≥√ ‹œ«œ“« tØ«uH∞«Ë dCªK∞ WBBªL∞« v∞« ÈeF¢ ,„öN∑ßô« „uKß
,wz«cG∞« „öN∑ßô« s± WBKª∑ºL∞« ‹UODFL∞« `{u¢Ë .dßú∞ Wπ¢UM∞« gOF∞« WI¥d© w≠ ‹«dOG∑∞«
jßu∑± ¸uD¢ vK´ d£√ t∞ ÊUØ „öN∑ßô« w≠ wHOJ∞« dOOG∑∞« «c≥ Ê√ …dπN∞«Ë lOMB∑∞«Ë ÊbL∑∞« s´
lH¢¸« YO• ,2001Ë 1985 sO° WJKN∑ºL∞« W¥¸«d∫∞« ‹«dFº∞« «cØË qGA∞« ‚uß v∞« …√dL∞« ‰uîœË
Vº• ͸u∞UØ uKOØ 2828,1 v∞« ͸u∞UØ uKOØ 2605,5 s± t∞bF± .a∞« ,qLF∞« ÂU¥√ dL∑ºL∞« XOÆu∑∞«
ÍœUB∑Æô« ¸uD∑∞« Ê√ ULØ
.ÂuO∞« w≠ œdH∞«
s± ÊUØ …dOî_« ‹«uMº∞« ‰öî U≤œö° t∑II• Íc∞« w´UL∑§ô«Ë
WOMG∞« œ«uL∞« „öN∑ß« w≠ qπºL∞« ŸUH¢¸ô« ÊS≠ ,«c≥ dIH∞« W∂º≤ ÷UHª≤«Ë ÊUJº∞« WAOF± Èu∑º± w≠ sº∫∑∞« Ád£√
WO∂Kß VÆ«u´ t∞ ÊuJ¢ Ê√ qL∑∫L∞« s± ‹UMO¢Ëd∂∞«Ë ‹U¥¸u∞UJ∞U° ‰öî s± Z∑M∑º¥Ë .(w∂ºM∞«Ë lÆbL∞«Ë wz«cG∞«) t∞UJ®√ qJ°
oKF∑L∞« V≤Uπ∞« ’uBª∞U°Ë œ«d≠ú∞ WO∫B∞« WOF{u∞« vK´ ÍbOKI∑∞« ÖuLM∞« Ê√ vK´ WOz«cG∞« ‹UIHM∞«Ë „öN∑ßô« WOM° ¸uD¢
Ác≥ sJL¢Ë .WMLº∞«Ë Ê“u∞« w≠ …œU¥e∞UØ ÊUJºK∞ WOz«cG∞« W∞U∫∞U° ‹U¥¸u∞UJ∞U° WOMG∞« œ«uL∞« vK´ wM∂M¥ ÊUØ Íc∞«Ë „öN∑ßö∞
÷UHª≤ô« «cØË WMLº∞«Ë bz«e∞« Ê“u∞« Vº≤ qOK∫¢ s± Wß«¸b∞« …bzUH∞ ,UOπ¥¸b¢ dOG∑¥ (WOM≥c∞« œ«uL∞«Ë ‹U¥dJº∞«Ë »u∂∫∞«)
W¥œUB∑Æ« uOßuß WO∂≤U§ l{Ë s±Ë sOG∞U∂∞« sO° Ê“u∞« w≠ .‹UMO¢Ëd∂∞U° WOMG∞« WOz«cG∞« œ«uL∞« s± WKß
sO° WÆöF∞« qOK∫¢ «cØË …d≥UE∞« Ác≥ s± Êu≤UF¥ s¥c∞« ÊUJºK∞ WMß s¥dAF∞« ‰öî „öN∑ßô« WOM° qOK∫¢ ‰öî s± `C∑¥Ë
WD∂¢dL∞« ÷«d±_«Ë WN§ s± t° ÕdBL∞« ÷dL∞«Ë W¥cG∑∞« ¡uß »u∂∫K∞ WBBªL∞« WOz«cG∞« ‹UIHM∞« W∂º≤ ÷UHª≤« ,…dOî_«
■ Èdî√ WN§ s± UN° % 30 s± dßú∞ W±UF∞« WO≤«eOL∞« w≠ ,‹UOM≥b∞«Ë W¥dJº∞« œ«uL∞«Ë
W∂ßU∫L∞« ‹UODF± Vº• tMOO∫¢ r¢ Íc∞« ÖuLM∞« «c≥ nK∑ª¥ œUB∑Æö∞ wßUOÆ ÍœUB∑Æ« ËdØU± U§–uL≤ PRESIMO d∂∑F¥
U≥œ«b´≈ r¢ w∑∞« WªºM∞« s´ (1998 WMß ”Uß√) WOM©u∞« bNFL∞« l± ÊËUF∑° WOK∂I∑ºL∞« ‹UFÆu∑∞« W¥d¥b± t¢b´√ ,w°dGL∞«
”Uß√) WOM©u∞« W∂ßU∫L∞« ‹UODF± vK´ «“UJ¢¸« (1) 2005 WMß «c≥ wº∑J¥ .Uº≤dH° W¥œUB∑Æô« ‹Uß«¸b∞«Ë ¡UB•û∞ wM©u∞«
WOM©u∞« W∂ßU∫LK∞ …b¥bπ∞« ‹UODFL∞« XMJ± YO• ,(1980 WMß d¥uM¢Ë ÍœUB∑Æô« qOK∫∑K∞ …«œ√ Á¸U∂∑´U° WÅUî WOL≥√ ÖuLM∞«
ÖuLM∞« «cN∞ sO¥œUB∑Æô« sOK±UF∑L∞« „uKß w≠ dEM∞« …œU´≈ s± :s± sJL¥ YO• ,¸«dI∞« Ícª∑±
.tBzUBî sOº∫¢ v∞≈ ‹œ√Ë «cØË q¥uD∞«Ë jßu∑L∞« ÈbL∞« vK´ W¥œUB∑Æô« ‹UFÆu∑∞« œ«b´≈ •
oKF∑¥ U± w≠ ¡«uß Ã–uLM∞« «c≥ hzUBª∞ bOπ∞« Èu∑ºL∞« Ê≈ ;w°dGL∞« œUB∑Æô« ¸uD∑∞ WMJLL∞« ‹U≥u¥¸UMOº∞«
rN≠ s± sJL¥ W¥œUB∑Æô« ‹UßUOº∞« …UØU∫± Ë√ ‹U©UIßùU° WO∞UL∞« ‹UßUOº∞« WÅUî ,W¥œUB∑Æô« ‹UßUOº∞« d£√ …UØU∫± •
sO° sL≠ .w°dGL∞« œUB∑Æö∞ WOK∂I∑ºL∞« ‹«¸uD∑K∞ qC≠√ ;WOzU∂π∞«Ë
jODª∑K∞ WO±Uº∞« WO°ËbML∞« UN° X±UÆ w∑∞« …eπML∞« ‰UG®_« WO§¸Uª∞« ‹U±bB∞« «cØË WOKî«b∞« ‹U±bB∞« iF° d£√ rOOI¢ •
:dØc≤ ÖuLM∞« «c≥ vK´ «œUL∑´« .w∞Ëb∞« jO∫L∞U° WIKF∑L∞«
;w°dGL∞« œUB∑Æô« vK´ WOL∞UF∞« W¥œUB∑Æô« W±“_« d£√ …UØU∫± • s± W´uLπ± vK´ eJ¢d¥Ë WLÆd± ‹UO{d≠ s± ÖuLM∞« «c≥ oKDM¥
sOO∞UL∞« sO≤u≤UI∞« w≠ …bL∑FL∞« dO°«b∑∞« iF° d£√ …UØU∫± • sO¥œUB∑Æô« sOK±UF∑L∞« nK∑ª± „uKß rßd∞ WO{U¥d∞« mOB∞«
;2010 WMßË 2009 WMº∞ œUB∑Æô« lO±Uπ±Ë ‹«dOG∑± r≥√ ‹«¸uD∑∞ WOFÆ«Ë …¸uÅ ÃU∑≤ù
W∂¥dC∞« Èu∑º± hOKI∑° WIKF∑L∞« dO°«b∑∞« iF° d£√ …UØU∫± • w∑∞« ‹U±eO≤UJOL∞« rN≠ sJL¥ t∑Dß«u°Ë t∞öî sL≠ .w°dGL∞«
■ W≠UCL∞« WLOI∞« vK´ W∂¥dC∞« Vº≤ q¥bF¢Ë ‹UØdA∞« vK´ .w°dGL∞« œUB∑Æô« w≠ d£R¢
eJ¢d¥ YO• ,(Néo keynésien) W¥eOMOJ∞« W¥dEM∞« ÖuLM∞« bL∑F¥
wM©u∞« bNFL∞U° ¸UA∑º± dO∂î Jean Louis BRILLET : bOº∞« ·«d®≈ X∫¢ (*)
jI≠ dB∑I¥ ôË ,dOBI∞« ÈbL∞« vK´ ÷dF∞« b¥b∫∑∞ VKD∞« vK´
.Uº≤dH° INSEE W¥œUB∑Æô« ‹Uß«¸b∞«Ë ¡UB•û∞
d¢U≠œ WKπ± s± 12 rƸ œbF∞« vK´ ¡«dI∞« qO∫≤ ,ÖuLM∞« «c≥ wK´ Ÿö©ö∞ (1) ÃU∑≤ù« ‹UO≤UJ±≈ ¸U∂∑´ô« sOF° cîQ¥ q° WOÅUª∞« Ác≥ vK´
.jODª∑∞« .ÃU∑≤ù« b¥b∫∑∞ W•U∑L∞«
œb‡ ‡ ‡ ‡ ‡F‡ ‡ ∞« ‹U‡ ‡ ‡ ‡¥u‡ ‡ ‡ ∑‡ ‡∫‡± ÷U¥d∞« w• ,16 ¸u∑Jß ,3-31 uK¥≈
05 37 57 69 04 :n¢UN∞«
05 37 57 69 02 :fØUH∞«
»dGL∞« ,◊U°d∞« ͸«œù« w∫∞« 178 .».’
fOzd∞«
wLK´ wLOK∫∞« bL•√
jODª∑K∞ w±Uº∞« »ËbML∞«
d¥d∫∑∞« WßUz¸Ë fOßQ¢
‹UßUOº∞« …UØU∫±Ë ‹UFÆu∑∞« œ«b´ù ÍœUB∑Æ« ËdØUL∞« ÖuLM∞« ■ wKOGL∞« s≥uJ∞« bL•√
w°dGL∞« œUB∑Æö∞ W¥œUB∑Æô«
WOLKF∞« WMπK∞«
wÆœUÅ wK´ Íôu±Ë w∑ª° ‰UL§ ‹ôö´ o∫∞« b∂´
s®U®¸u° ‰UL§
‘b¥Ëœ« bL∫±
»dGL∞U° sOG∞U∂∞« bM´ bz«e∞« Ê“u∞«Ë WMLº∞« ■ w≤«ËdÖ œ«d±
‘«u• ÊUL•d∞« b∂´
uDO© ¸œUI∞« b∂´ Œ«dH∞« nODK∞« b∂´
wLKF± e¥eF∞« b∂´
WOzUL∞« ¡UO•_« WO°d¢Ë bOB∞« ŸUDÆ ¡«œ_ VØd± d®R± l{Ë ■ w¢uLF¢ bL∫±
‹«¸uAM±
jODª∑K∞ WO±Uº∞« WO°ËbML∞«
:w≤Ëd∑J∞ù« b¥d∂∞«
cahiersduplan@[Link]
:w≤Ëd∑J∞ù« lÆuL∞«
[Link]
“Uπ≤≈
ÂuØ q°U°
.UN° X∂∑Ø w∑∞« WGK∞« Vº• ‹ôUIL∞« dAM¢ jODª∑∞« d¢U≠œ 05 37 77 92 74 :n¢UN∞«
05 37 77 03 31 :fØUH∞«
.rN¢ôUI± Èu∑∫± vK´ Êu∞ËRº± »U∑J∞« ◊U°d∞« ,‰«bÖ√
WF∂DL∞«
…b¥bπ∞« ·¸UFL∞«
05 37 79 47 08/09 :n¢UN∞«