MP - Mathématiques 2022/2023 - Lycée Fabert
Devoir Maison n°7 - Corrigé
Problème n° 1:
Dans ce problème, 𝐸 est un espace vectoriel euclidien muni d’un produit scalaire que l’on notera <∣> de norme
associée ‖.‖ Un endomorphisme 𝑢 de 𝐸 est une similitude de 𝐸 lorsqu’il existe un réel 𝑘 > 0 tel que pour tout vecteur
𝑥 de 𝐸, ‖𝑢(𝑥)‖ = 𝑘‖𝑥‖. On dira que 𝑢 est la similitude de rapport 𝑘 . On notera Sim(𝐸), l’ensemble des similitudes de
𝐸, O(𝐸) désigne l’ensemble des isométries vectorielles de 𝐸 .
L’objectif de ce problème est de définir et de caractériser les similitudes d’un espace euclidien.
Partie I - Exemples, propriétés
1. On considère ℝ2 muni de la structure euclidienne canonique (oubli de l’énoncé?). Si 𝑥 = (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 , alors on
a:
𝑢(𝑥) = (𝑥1 + 2𝑥2 , −2𝑥1 + 𝑥2 )
Ainsi:
‖𝑢(𝑥)‖2 = (𝑥1 + 2𝑥2 )2 + (𝑥2 − 2𝑥1 )2 = 𝑥21 + 4𝑥22 + 4𝑥1 𝑥2 + 𝑥22 + 4𝑥21 − 4𝑥1 𝑥2 = 5(𝑥21 + 𝑥22 ) = 5‖𝑥‖2
√
Ainsi, 𝐴 est la matrice dans la base canonique de ℝ2 d’une similitude de rapport 5.
2. On calcule:
𝑢(⃗⃗𝑂𝑀)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑢((2, 1)) = (4, −3) donc on a: 𝑀 ′ (4, −3)
𝑢(⃗⃗𝑂𝑁)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑢((4, 1)) = (6, −7) donc on a: 𝑁 ′ (6, −7)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑢((4, 2)) = (8, −6)
𝑢(𝑂𝑃) donc on a: 𝑀 ′ (8, −6)
On a donc la représentation graphique suivante:
•𝑃
𝑀
• •𝑁
𝑀′
•
•𝑃 ′
•𝑁′
1×2
On constate facilement que l’aide du triangle rectangle 𝑀 𝑁 𝑃 est = 1. On constate que le triangle 𝑀 ′ 𝑁 ′ 𝑃 ′
2
est triangle en 𝑁 ′ et que, par Pythagore:
√ √
𝑀 ′ 𝑁 ′ = 2 5; 𝑁 ′𝑃 ′ = 5
1
MP - Mathématiques 2022/2023 - Lycée Fabert
√ √
′ ′ ′
2 5× 5
donc l’aire du triangle 𝑀 𝑁 𝑃 vaut = 5. Ce résultat est cohérent, puisque si les longueurs sont
√ √ 22
multipliées par 5, les aires le sont par 5 = 5.
3. Montrons que tout élément de 𝑆𝑖𝑚(𝐸) est injectif. Soit 𝑢 ∈ 𝑆𝑖𝑚(𝐸) et 𝑥 ∈ 𝐾𝑒𝑟(𝑢). Alors 𝑢(𝑥) = 0 . Donc
1 1
‖𝑥‖ = ‖𝑢(𝑥)‖ = ‖0‖ = 0
𝑘 𝑘
donc 𝑥 = 0 et 𝑢 est injective. Puisque c’est un endomorphisme en dinension finie, la théorème de caractérisation
des isomorphismes en dimension finie permet de conclure que 𝑢 est un automorphisme de 𝐸.
Montrons que 𝑆𝑖𝑚(𝐸) est un sous-groupe de 𝐺𝐿(𝐸).
• Tout d’abord, 𝑆𝑖𝑚(𝐸) ≠ ∅ car 𝐼𝑑𝐸 est une similitude de rapport 1.
• Soit (𝑢, 𝑣) ∈ 𝑆𝑖𝑚(𝐸)2 , de rapport respectif 𝑘 et 𝑘′ . Alors pour tout 𝑥 ∈ 𝐸:
𝑘′ 𝑘
‖𝑣 ∘ 𝑢−1 (𝑥)‖ = 𝑘′ ‖𝑢−1 (𝑥)‖ = ‖𝑢(𝑢−1 (𝑥))‖ = ‖𝑥‖
𝑘 𝑘′
𝑘′
donc 𝑣 ∘ 𝑢−1 esr une similitude de rapport .
𝑘
On obtient bien que 𝑆𝑖𝑚(𝐸) est un sous-groupe de 𝐺𝐿(𝐸).
4. On sait qu’un endomosphisme est une isométrie vectorielle si et seulement si elle conserve le produit scalaire.
Donc
𝑢 ∈ 𝑂(𝐸) ⇔ ∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , ⟨𝑢(𝑥)|𝑢(𝑥)⟩ = ⟨𝑥|𝑦⟩
donc si on note respectivement 𝑋 et 𝑌 les matrices de 𝑥 et 𝑦 dans la base ℬ, on a
𝑢 ∈ 𝑂(𝐸) ⇔ ∀(𝑋, 𝑌 ) ∈ ℳ𝑛,1 (ℝ), (𝐴𝑋)𝑇 (𝐴𝑌 ) = 𝑋 𝑇 𝑌 ⇔ 𝑋 𝑇 𝐴𝑇 𝐴𝑌 = 𝑋 𝑇 𝑌
il suffit alors d’écrire l’égalité précédente avec 𝑋 = 𝑒𝑖 et 𝑌 = 𝑒𝑗 où 𝑒𝑖 est le ième vecteur de la base canonique
de ℳ𝑛,1 (ℝ), pour obtenir:
∀(𝑖, 𝑗) ∈ J1, 𝑛K, (𝐴𝑇 𝐴)𝑖,𝑗 = (𝐼𝑛 )𝑖,𝑗
donc 𝐴𝑇 𝐴 = 𝐼𝑛 .
1
D’après la définition, on sait que 𝑢 est une similitude de rapport 𝑘 si et seulement si𝑢 est une isométrie vecto-
𝑘
rielle. Ainsi 𝐴 est la matrice dans une base orthonormée d’une similitude de rapport 𝑘 si et seulement si
𝐴𝑇 𝐴 = 𝑘 2 𝐼 𝑛
5. On calcule:
2 −2 1 2 2 1 9 0 0
𝐴𝑇 𝐴 = ⎛
⎜2 1 −2⎞
⎟⎛⎜−2 1 2⎞ ⎟=⎛
⎜0 9 0⎞
⎟ = 3 2 𝐼3
⎝1 2 2 ⎠ ⎝ 1 −2 2⎠ ⎝0 0 9⎠
donc 𝑢 est une similitude de rapport 3. On en déduit que 𝐴−1 , la matrice de 𝑢−1 vaut
1 1 ⎛2 −2 1
𝐴𝑇 = ⎜2 1 −2⎞⎟
9 9 1 2 2⎠
⎝
Enfin, si 𝑥 ∈ 𝐸, on a
1 1 1
‖𝑢−1 ∘ 𝑓 ∘ 𝑢(𝑥)‖ = ‖𝑓 ∘ 𝑢(𝑥)‖ = ‖𝑢(𝑥)‖ = × 3 ‖𝑥‖ = ‖𝑥‖
3 3 3
donc 𝑢−1 ∘ 𝑓 ∘ 𝑢 ∈ 𝑂(𝐸).
2
MP - Mathématiques 2022/2023 - Lycée Fabert
6. Tout d’abord, puisque 𝑢 est un endomorphisme, 𝑢(0) = 0.
On suppose maintenant que 𝑥 ≠ 0. Puisque l’image de tout sphère de centre 0 est une sphère de cente 0, c’est le
cas pour la sphère unité. Ainsi, il existe 𝑘 > 0 tel que l’image de la sphère unité est la sphère de centre 0 et de
rayon 𝑘.
1
Or 𝑥 est de norme 1, donc appartient à la sphère unité. Son image est donc sur la sphère de centre 0 et de
‖𝑥‖
rayon 𝑘. Donc
1
∥𝑢 ( 𝑥)∥ = 𝑘 ⇔ ‖𝑢(𝑥)‖ = 𝑘‖𝑥‖
‖𝑥‖
donc 𝑢 est une similitude de rapport 𝑘.
Partie II - Assertions équivalentes
7. 𝑢 est une similitude si et seulement si
1
∀𝑥 ∈ 𝐸, ‖𝑢(𝑥)‖ = 𝑘‖𝑥‖ ⇔ ∀𝑥 ∈ 𝐸, ∥ 𝐼𝑑𝐸 ∘ 𝑢(𝑥)∥ = ‖𝑥‖
𝑘
1 1
donc si et seulement si 𝐼𝑑𝐸 ∘ 𝑢 ∈ 𝑂(𝐸). Si on pose 𝑓 = 𝐼𝑑𝐸 ∘ 𝑢, on peut bien écrire:
𝑘 𝑘
𝑢 = 𝑘𝐼𝑑𝐸 ∘ 𝑣
donc 𝑢 est bien la composée d’une homothétie vectorielle de rapport 𝑘 > 0 et d’une isométrie vectorielle.
√
8. On sait déjà que 𝐴 est la matrice d’une similitude de raport 5. On a donc
1 2
√ √ √
𝐴= 5⎛
⎜ 52 5⎞
1 ⎟
⎝− 5
√ √
5⎠
C’est une matrice orthogonale de déterminant 1, c’est donc la matrice d’une rotation d’angle 𝜃, vérifiant
1 2
cos(𝜃) = √ et sin(𝜃) = − √
5 2
𝜋
Ainsi, d’après le signe du sinus et du cosinus, on peut prendre 𝜃 ∈ ]− , 0[, donc on a 𝜃 = − arctan(2).
2 √
𝐴 est donc la matrice de la composée d’une honothétie vectorielle de rapport 5 et d’une rotation d’angle
− arctan(2).
9. On a, par bilinéarité et symétrie du produit scalaire:
‖𝑥 + 𝑦‖2 = ⟨𝑥 + 𝑦|𝑥 + 𝑦⟩ = ‖𝑥‖2 + ‖𝑦‖2 + 2⟨𝑥|𝑦⟩
‖𝑥 − 𝑦‖2 = ⟨𝑥 + 𝑦|𝑥 + 𝑦⟩ = ‖𝑥‖2 + ‖𝑦‖2 − 2⟨𝑥|𝑦⟩
donc en prenant la différenence, on obtient:
1
‖𝑥 + 𝑦‖2 − ‖𝑥 − 𝑦‖2 = 4⟨𝑥|𝑦⟩ ⇔ ⟨𝑥|𝑦⟩ = (‖𝑥 + 𝑦‖2 − ‖𝑥 − 𝑦‖2 )
4
Ainsi, si 𝑢 est une similitude de rapport 𝑘, on obtient
1
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , ⟨𝑢(𝑥)|𝑢(𝑦)⟩ = (‖𝑢(𝑥) + 𝑢(𝑦)‖2 − ‖𝑢(𝑥) − 𝑢(𝑦)‖2 )
4
donc par linéarité de 𝑢:
1 1
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , ⟨𝑢(𝑥)|𝑢(𝑦)⟩ = (‖𝑢(𝑥 + 𝑦)‖2 − ‖𝑢(𝑥 − 𝑦)‖2 ) = (𝑘2 ‖𝑥 + 𝑦‖2 − 𝑘2 ‖𝑥 − 𝑦‖2 ) = 𝑘2 ⟨𝑥|𝑦⟩
4 4
Réciproquement, si l’égalité précédente est vérifiée, en prenant 𝑥 = 𝑦, on retrouve la définition d’une simitude de
rapport 𝑘.
3
MP - Mathématiques 2022/2023 - Lycée Fabert
10. D’après la question précédente, si 𝑢 est une similitude et ⟨𝑥|𝑦⟩ = 0, alors
⟨𝑢(𝑥)|𝑢(𝑦)⟩ = 𝑘2 ⟨𝑥|𝑦⟩ = 𝑘2 0 = 0
Réciproquement, si 𝑢 est un endomorphisme conservant l’orthogonalité. Alors
⟨𝑒𝑖 + 𝑒𝑗 |𝑒𝑖 − 𝑒𝑗 ⟩ = ‖𝑒 2 2
⏟ 𝑖 ‖ + ⟨𝑒
⏟⏟ 𝑖 |𝑒𝑗 ⟩ − ⟨𝑒𝑗⏟⏟
⏟⏟⏟ |𝑒𝑖 ⟩ − ‖𝑒
⏟ 𝑗‖ = 0
=1 =0 =1
Ainsi, puisque 𝑢 conserve l’orthogonalité, par linéarité de 𝑢, on a:
0 = ⟨𝑢(𝑒𝑖 ) + 𝑢(𝑒𝑗 )|𝑢(𝑒𝑖 ) − 𝑢(𝑒𝑗 )⟩ = ‖𝑢(𝑒𝑖 )‖2 − ‖𝑢(𝑒𝑗 )‖2
donc
∀(𝑖, 𝑗) ∈ J1, 𝑛K2 , ‖𝑢(𝑒𝑖 )‖ = ‖𝑢(𝑒𝑗 )‖
Si on note 𝑘 la valeur commune des ‖𝑢(𝑒𝑖 )‖, alors
∀𝑖 ∈ J1, 𝑛K, ‖𝑢(𝑒𝑖 )‖ = 𝑘 = 𝑘‖𝑒𝑖 ‖
car les 𝑒𝑖 sont unitaires. Ainsi, si 𝑥 ∈ 𝐸, on peut écrire, puisque les 𝑢(𝑒𝑖 ) sont 2 à 2 orthogonaux:
𝑛 2 𝑛 2 𝑛 𝑛
‖𝑢(𝑥)‖ = ∥𝑢 (∑⟨𝑥|𝑒𝑖 ⟩𝑒𝑖 )∥ = ∥∑⟨𝑥|𝑒𝑖 ⟩𝑢(𝑒𝑖 )∥ = ∑⟨𝑥|𝑒𝑖 ⟩2 ‖𝑢(𝑒𝑖 )‖2 = ∑⟨𝑥|𝑒𝑖 ⟩2 𝑘2 ‖𝑒𝑖 ‖2 = 𝑘2 ‖𝑥‖2
2
𝑖=1 𝑖=1 𝑖=1 𝑖=1
Donc 𝑢 est une similitude de rapport 𝑘.
11. D’après la question 9, il suffit de montrer que 𝑢 est linéaire pour en déduire que c’est une similitude. Soit (𝑥, 𝑦) ∈
𝐸 2 et 𝜆 ∈ ℝ. On va calculer ‖𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦) − 𝜆𝑢(𝑥) − 𝑢(𝑦)‖2 . On a:
‖𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦) − 𝜆𝑢(𝑥) − 𝑢(𝑦)‖2 = ⟨𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦) − 𝜆𝑢(𝑥) − 𝑢(𝑦)|𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦) − 𝜆𝑢(𝑥) − 𝑢(𝑦)⟩
= ⟨𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦)|𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦)⟩ − 𝜆⟨𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦)|𝑢(𝑥)⟩ − ⟨𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦)|𝑢(𝑦)⟩
−𝜆⟨𝑢(𝑥)|𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦)⟩ + 𝜆2 ⟨𝑢(𝑥)|𝑢(𝑥)⟩ + 𝜆⟨𝑢(𝑥)|𝑢(𝑦)⟩
−⟨𝑢(𝑦)|𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦)⟩ + 𝜆⟨𝑢(𝑦)|𝑢(𝑥)⟩ + ⟨𝑢(𝑦)|𝑢(𝑦)⟩
= 𝑘2 ⟨𝜆𝑥 + 𝑦|𝜆𝑥 + 𝑦⟩ − 𝑘2 𝜆⟨𝜆𝑥 + 𝑦|𝑥⟩ − 𝑘2 ⟨𝜆𝑥 + 𝑦|𝑦⟩
−𝜆𝑘2 ⟨𝑥|𝜆𝑥 + 𝑦⟩ + 𝜆2 𝑘2 ⟨𝑥|𝑥⟩ + 𝜆𝑘2 ⟨𝑥|𝑦⟩
−𝑘2 ⟨𝑦|𝜆𝑥 + 𝑦⟩ + 𝜆𝑘2 ⟨𝑦|𝑥⟩ + 𝑘2 ⟨𝑦|𝑦⟩
= 𝑘2 ‖𝜆𝑥 + 𝑦 − 𝜆𝑥 − 𝑦‖2 = ‖0‖2 = 0
Finalement:
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , ∀𝜆 ∈ ℝ, 𝑢(𝜆𝑥 + 𝑦) = 𝜆𝑢(𝑥) + 𝑢(𝑦)
donc 𝑢 est linéaire.
C’est donc bien une similitude d’après la remarque préliminaire.