1/ Individu et autonomie :
Spinoza : « Chaque individu a un droit souverain sur tout ce qui est en son pouvoir »
« chaque chose s’efforce de persévérer dans son état » (conatus)
Wharton :
« Mme Olenska […] avait su donner un accent personnel à cette pauvre pièce misérablement
meublée. »
« Archer fut ébloui de tant d’audace » (l’audace d’Olenska quand elle critique la maison des
Van Der Luyden)
Olenska : « A la mode ? Attachez-vous tant d’importance à la mode ? Pourquoi ne pas se
faire sa mode à soi ? »
Eschyle :
« Nous nous sommes exilées »
« dans notre répugnance instinctive pour l’homme »
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2/ Individu et appartenance :
Spinoza
« En outre, il n’est personne qui ne désire vivre à l’abri de la crainte » (et pour vivre à l’abri
de la crainte, il faut cultiver la raison et abandonner le droit naturel), il faut signer le pacte
social.
« S’ils ne s’entraident pas, les hommes vivent très misérablement. » p.70
Wharton :
Olenska : « Je veux faire ce que vous faites tous : je veux sentir de l’affection et de la sécurité
autour de moi. » p.89
« Je veux redevenir une parfaite américaine » p. 81
Eschyle :
« la terre d’Argos, d’où notre race s’honore de tirer son origine » p.93
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3/ La vie en société est une nécessité pour l’individu
Spinoza :
« personne en effet, ne vit sans angoisse parmi les inimitiés, les haines, la colère et les ruses, il
n’est personne qui ne tâche en conséquence d’y échapper autant qu’il est en lui. »
« s’ils ne s’entraident pas, les hommes vivent très misérablement et que, s’ils ne cultivent pas
la raison, ils restent asservis aux nécessités de la vie »
« les hommes ont dû nécessairement aspirer à s’unir en un corps »
L’auteur évoque « la très grande utilité et la nécessité de l’État » qui permet d’échapper à la
colère et à la fourberie (=la triche).
Eschyle :
Etéocle rappelle que la ville « s’est chargée de tous les soins de votre éducation et vous a
nourris pour être des citoyens fidèles et pour la protéger »
Prières d’Etéocle : « ne déracinez pas, ne ruinez pas à jamais, ne livrez pas à l’ennemi une
ville où résonne la langue grecque »
« ne courbez jamais sous le joug de l’esclavage un pays libre, une ville fondée par Cadmos »
Wharton :
Olenska, chez les Van Der Luyden, dit « Je me sens en sécurité ici »
« Les Van der Luyden avaient retiré Mme Olenska du gouffre où la société de New York
avait failli la précipiter »
Citations hors du groupement étudié :
Wharton :
Mrs Newland à Archer : « Si nous ne nous tenons pas entre nous, c’est l’effondrement de la
société. »
Spinoza : « Supprimez l’État en effet, rien de bon ne peut subsister ; nulle sûreté nulle part ;
c’est le règne de la colère et de l’impiété dans la crainte universelle. »
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4/ Le dévouement de l’individu :
Eschyle, Les Sept contre Thèbes :
Etéocle dit à propos de Mélanippe : « c’est vraiment le devoir filial qui l’envoie écarter les
lances ennemies de la mère qui l’a nourri. »
Wharton, Le Temps de l’innocence :
Henry Van der Luyden dit : « Tant qu’une famille de notre milieu soutient un de ses
membres, on doit considérer la question comme résolue. »
Archer s’attendrit quand il apprend la grosses de May, alors qu’il était décidé à partir : « Ma
chérie ! dit-il, la pressant contre lui, tout en caressant ses cheveux d’une main glacée. »
Spinoza, Traité théologico-politique :
« il leur importe au plus haut point [...] de veiller au bien commun et de tout diriger selon
l’injonction de la raison. »
« Ce fut la considération de l’utilité qui donne aux actions humaines leur vigueur et leur
animation. »
« La charité envers le prochain, c’est-à-dire le concitoyen, était au plus haut point une
pratique pieuse. »
L’exemple de la piété envers le voleur (on peut le paraphraser) « Il est pieux, si quelqu’un
s’attaque à moi et veut prendre ma tunique, de lui donner aussi mon manteau ; mais, où l’on
juge que cela est dangereux pour le maintien de l’État, il est pieux d’appeler le voleur en
justice. »
« Le salut du peuple est la loi suprême à laquelle doivent se rapporter toutes les lois tant
humaines que divines. »
« Manlius Torquatus est célébré parce qu’il mit le salut du peuple au-dessus de la piété
envers son propre fils. »
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5/ Le rôle de la famille et de l’éducation :
Spinoza :
« l’obéissance était le fruit de la discipline très forte à laquelle les formait leur éducation. »
Wharton :
« la volonté de porter à la dernière limite ce principe fondamental de leur éducation »
« l’obligation rituelle d’ignorer ce qui est déplaisant. »
« système de mystification soigneusement élaboré »
« pureté factice, si adroitement fabriquée par la conspiration des mères, des tantes, des
grands-mères »
+En regardant une photographie de May, Archer voit en elle « Ce produit redoutable du
système social »
+ A la fin du roman (chapitre 30) : « Maintenant, May mûrissait tranquillement, exacte
reproduction de sa mère. » p.275
Eschyle, Les Suppliantes :
« grâce à la prudence de votre vieux père, pilote en qui vous avez confiance »
6/ La société : pression et aliénation pour l’individu :
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Spinoza :
« ce n’est pas la raison pour laquelle il obéit, c’est l’obéissance qui fait le sujet. »
« en raison de l’accoutumance elle n’était plus une servitude, mais devait se confondre à
leurs yeux avec la liberté »
Wharton :
« Archer se résignait à cette formalité, comme à toutes les autres exigences d’un rite qui
semblait venir de la nuit des temps. »
Archer obéissait « aux injonctions agitées de son garçon d’honneur, comme autrefois les
mariés qu’il avait dirigés à travers le même labyrinthe lui avaient obéi à lui-même. »
Il est obligé de refaire « ce qu’il avait vu ses amis » faire, oubliant sa singularité et sa liberté.
« Tout tendait donc à ramener Archer aux vieilles idées »
Eschyle :
Bien que les Danaïdes aspirent à se libérer de leur situation, elles dépendent fortement de leur
père Danaos, qui « inspire tous nos desseins » et « a pesé tous les coups ». Danaos, en tant
qu’autorité paternelle, prend toutes les décisions pour elles, reflétant une forme d’aliénation
où elles restent sous le contrôle d’un autre pouvoir masculin. Leur liberté est ainsi limitée.
7/ La communauté rend commun
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Wharton, Le Temps de l’innocence :
« Les invités étaient parfaitement assortis, tous faisant partie de la même bande qui, pendant
la longue saison d’hiver, dînait et dansait ensemble inlassablement. »
« Mais ne pas faire comme tout le monde, c’est justement ce que je veux ! »
« Original ? Nous sommes tous aussi pareils les uns aux autres que ces poupées découpées
ans une feuille de papier plié. »
« Monotonie !… monotonie !… soupira-t-il. »
« Il sentait qu’il prononçait exactement toutes les paroles que l’on attend d’un fiancé, et
qu’elle faisait toutes les réponses qu’une sorte d’instinct traditionnel lui dictait. »
Spinoza, Traité théologico-politique :
« ils crurent que leur royaume était le royaume de Dieu, que seuls ils avaient qualité de fils
de Dieu »
« les autres nations étant ennemies de Dieu et leur inspirant pour cette raison la haine la plus
violente (car cette haine leur semblait une marque de piété) »
Eschyle, Les Suppliantes :
« Les votes des Argiens ne se sont point partagés et mon vieux cœur en a été tout
ragaillardi. »
« Je vais convoquer le peuple d’Argos pour disposer la communauté en ta faveur et
j’enseignerai à ton père ce qu’il devra dire. »
« Le peuple a ratifié d’une voix unanime la proposition de nous traiter comme des habitants
du pays »
« en avertissant la cité de ne pas nourrir pour les jours à venir le redoutable ressentiment de
Zeus, dieu des suppliants, et en déclarant que la double souillure, à la fois étrangère et
nationale, qui atteindrait la ville, serait une source inépuisable de malheur. »
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8/ Individuation de l’individu
Spinoza :
« il ne peut se faire que l’âme d’un homme appartienne entièrement à un autre »
« ce gouvernement [...] est tenu pour violent, qui prétend dominer sur les âmes » et « une
majesté souveraine paraît agir injustement contre ses sujets [...] quand elle veut prescrire à
chacun ce qu’il doit admettre comme vrai. »
Wharton :
La maison en pierres blanches « qui prétendait imiter les hôtels de l’aristocratie parisienne »
« Mais ne pas faire comme tout le monde, c’est justement ce que je veux ! »
« Nous sommes tous aussi pareils les uns aux autres que ces poupées découpées dans une
feuille de papier plié. »
Eschyle :
Antigone : « si personne ne veut m’aider à ensevelir celui-ci, c’est moi qui l’ensevelirai. »
« On est fortement lié par la communauté du sein où l’on a pris naissance. »
« Je t’avertis de ne pas me faire de sommations superflues »
« Je ne rougirai point de ma désobéissance et de ma rébellion aux ordres de la cité »
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9/ Société et liberté
Nécessité de la liberté :
Spinoza :
« La fin de l’État n’est pas de faire passer les hommes de la condition d’êtres
raisonnables à celle de bêtes brutes ou d’automates, mais au contraire il est institué pour que
leur âme et leur corps s’acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour que eux-mêmes
usent d’une raison libre. »
« La fin de l’État est donc en réalité la liberté. »
« il résulte avec la dernière évidence que sa fin dernière n’est pas la domination ; ce
n’est pas pour tenir l’homme par la crainte et faire qu’il appartienne à un autre que l’État est
institué ; au contraire c’est pour libérer l’individu de la crainte, pour qu’il vive autant que
possible en sécurité. »
Eschyle :
« Ne courbez jamais sous le joug de l’esclavage un pays libre, une ville fondée par Cadmos. »
« Venez tous. Voyez cette troupe de vierges qui vous supplient de les sauver de l’esclavage. »
Wharton :
Olenska : « J’avais besoin d’être libre. »
« et ému à la pensée de ce qui avait pu donner à Mme Olenska cette soif d’une liberté qui
comportait tant de solitude. »
Tout faire pour sa liberté :
Wharton :
Olenska :« Je veux être libre !… Je veux que tout le passé soit effacé ! » ; « ma liberté :
n’est-ce rien ? »
Eschyle :
Le Chœur : « Qu’il nous apporte donc un heureux message de liberté ! »
Spinoza :
« personne ne peut renoncer à la liberté de juger et d’opiner comme il veut » et que chaque
individu est « maître de ses propres pensées ».
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La société asservit l’individu : chosification de l’individu / L’individu comme
machine
Wharton :
« Archer se résignait à cette formalité, comme à toutes les autres exigences d’un rite qui
semblait venir de la nuit des temps »
« Il obéissait scrupuleusement aux injonctions agitées de son garçon d’honneur. »
« Mais sa mère ne comprendrait pas qu’on puisse désirer ne pas faire comme tout le
monde. »
« Nous sommes tous aussi pareils les uns aux autres que ces poupées découpées dans une
feuille de papier plié. »
Eschyle :
« Je ne fais que retrouver ce que j’ai perdu. »
Spinoza :
« la fin de l’État n’est pas de faire passer les hommes de la condition d’êtres raisonnables à
celle de bêtes brutes ou d’automates »
L’homme cherche la liberté dans l’isolement :
Eschyle :
« Puissé-je avoir dans l’éther un siège contre lequel les nuages humides se changent en
neige, ou un roc escarpé, inaccessible, invisible, sauvage, suspendu en l’air, une aire de
vautour qui m’assurerait une chute profonde, avant de subir malgré mon cœur un hymen
déchirant ! »
Wharton :
« cette soif d’une liberté qui comportait tant de solitude »
« La solitude, c’est de vivre parmi tous ces gens aimables qui ne vous demandent que de
dissimuler vos pensées. »
Spinoza :
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L’exode des hébreux est une sorte de solitude imposée par la société égyptienne. En effet, La
sortie d’Egypte implique le danger de l’errance d’abord, puis l’effort de conclure un nouveau
pacte social pour former une nouvelle société.
Le pire esclavage est la poursuite aveugle du désir :
Spinoza :
« Être captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c’est
le pire esclavage. »
« la liberté n’est qu’à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la
raison. »
Wharton :
Archer veut consommer l’amour « Pourquoi serais-je différent des autres ? N’ai-je pas les
mêmes désirs ? Ne suis-je pas brûlé des mêmes ardeurs ? »
Ellen accepte : « J’irai chez vous une fois, et puis nous nous dirons adieu »
Eschyle :
« Je te somme de monter dans la galiote qui se balance, et vite et sans tarder. Si je dois te
traîner, je n’épargnerai pas tes boucles de cheveux. »
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10/ La crise de la société :
Spinoza :
« personne ne peut plus le prendre pour modèle et cela ne serait pas un dessein raisonnable».
« cela ne pourrait convenir, tout au plus, qu’à des hommes qui voudraient vivre seuls sans
commerce avec le dehors ».
Eschyle :
Désaccord et débat entre le Chœur (peuple) et son roi :
« Ah ! j’entends hennir les chevaux… La ville gémit du fond de son sol. »
« Tais-toi, malheureuse ; n’effraie pas tes défenseurs. »
Division au sein de la société, le Chœur se divise en deux :
« Mais nous, c’est celui-ci que nous suivrons, comme la cité et le droit le recommandent »
versus « nous irons, nous, l’ensevelir avec elle. »
Wharton :
Mrs. Archer déclare que New York « ne changeait que pour empirer ».
« Jane Merry était la seule qui portât une robe de l’année dernière »
« la folie de la toilette »
Une société « digne des malédictions bibliques ».
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