MPSI 3 - Fermat 10.03.
20
2019-2020
Devoir à la maison n◦ 9
CORRECTION
————————————————————–
[Link]́liminaires
1. Soit r ∈ [[1, n]].
Soient A = (ai,j ),PBn = (bi,j ) ∈ E et λ, µ ∈P
R.
n Pn
σr (λA + µB) = k=1 (λak,j + µbk,j ) = λ k=1 ak,j + µ k=1 bk,j
Et donc σr (λA + µB) = λσr (A) + µσr B
De même pour τr , s et t.
Ainsi ∀ r ∈ [[1, n]], σr , τr , s et t sont des formes linéaires de E
2. Soit ∀ k ∈ [[2, n]], ϕk = σk − σ1 et ψk = τk − τ1 .
Alors ϕk et ψk sont des applications linéaires de E.
Tn
Et PMag = k=2 Ker (ϕk ) ∩ (Ker ψk .
Comme une intersection d’espace vectoriel est un espace vectoriel,
on en déduit
PMag est un sev de E
T
De même Mag = Ker (s − σ1 )|PMag Ker (t − τ1 )|PMag , d’où
Mag est un sev de PMag.
3. Il faut d’abord bien constater que d est bien définie sur PMag.
Puis, comme σ1 : d est linéaire.
Enfin, l’espace d’arrivée étant R, on conclue que
d est une forme linéaire sur PMag
2. Etude des tableaux magiques 3 × 3
1. Petite observation et cas particuliers...
(a) On considère A = (ai,j ) 1≤i≤3 ∈ Mag.
1≤j≤3
Comme c’est une matrice magique, elle vérifie donc :
3d = s(A) + σ2 (A) + t(A) et 2d = τ1 + τ3
3d = (a1,1 + a2,2 + a3,3 ) + (a1,2 + a2,2 + a3,2 ) + (a3,1 + a2,2 + a1,3 )
2d = (a1,1 + a1,2 + a1,3 ) + (a3,1 + a3,2 + a3,3 )
Et donc en soustrayant, on obtient :
1
a2,2 = d(A)
3
(b) Puisque c’est une matrice magique, on a donc d(A) = 3 × a2,2 = 9 puis on complète et
finalement on obtient
5 2 2
0 3 6
4 4 1
(c) Ainsi, nous voyons qu’il suffit de trois valeurs (bien situées) dans un matrice de taille 3 pour
générer une matrice magique. Cela nous donne le sentiment que 3 valeurs générent les
vecteurs de Mag.
Ainsi comme Mag est un Re.v. de dimension finie, on en conclue que dim Mag ≤ 3
On peut se demander si la donnée de trois valeurs : a1,1 = a, a1,2 = b et a2,2 = c permettent
de générer toutes les matrices magiques... cela semble possible, la matrice suivante nous le
montre :
a b 3c − a − b
4c − 2a − b c 2a + b − 2c
a + b − c 2c − b 2c − a
(d) On essaye de compléter les matrices suivantes, en commentant nos calculs, cela permettra
de comprendre les coefficients importants !
On sait que (a1,1 , a1,2 , a2,2 ) est un triplet base. Pour chacune des matrices, on va noter
comme paramètre λ = a2,2 et donc d(A) = 3λ.
Dans ce cas, la première matrice devient
2λ − 2 1 λ+1
3 λ 2λ − 3
λ−1 2λ − 1 2
Et l’on se rend compte, que cette matrice est bien magique, mais n’est pas unique... (a1,2 , a2,1 , a3,3 )
n’est pas d’un triplet de base.
Par exemple, on peut avoir
−2 1 1 2 1 3
λ=0: 3 0 −3 ou λ=2: 3 2 1
−1 −1 2 1 3 2
La seconde matrice impose d(A) = 3 + 4 + 5 = 12 et a2,2 = 4, soit la matrice magique
unique :
3 4 5
6 4 2
3 4 5
(a1,1 , a1,2 , a13 ) est un triplet de base.
Pour la troisième matrice, on aurait d(A) = 3a2,2 = 9, et d(A) = 5 + 3 + 2 = 10, ce qui donne
une contradiction. Cela signifie que lorsqu’une matrice est magique, les trois coordonnées
a1,1 , a2,2 et a3,3 sont linéairement dépendants !
Ce résultat comme d’ailleurs celui obtenu à propos de la première matrice, nous amène à
croire que dim Mag ≥ 3.
2. Recherche de l’ensemble des solutions
(a) Soit A ∈ Mag, alors les coefficients de A vérifient les équations σ2 (A) − σ1 (A) = σ3 (A) −
σ1 (A) = τ1 (A)−σ1 (A) = τ2 (A)−σ1 (A) = τ3 (A)−σ1 (A) = s(A)−σ1 (A) = t(A)−σ1 (A) = 0.
Ils sont donc solutions du système (S) :
−a1,1 −a1,2 −a1,3 a2,1 +a2,2 +a2,3 =0
−a −a −a +a +a +a 3,3 = 0
1,1 1,2 1,3 3,1 3,2
−a1,2 −a1,3 +a2,1 +a3,1 =0
−a1,1 −a1,3 +a2,2 +a3,2 =0
−a −a +a +a 3,3 = 0
1,1 1,2 2,3
−a −a +a +a 3,3 = 0
1,2 1,3 2,2
−a1,1 −a1,2 +a2,2 +a3,1 =0
les 9 coefficients de A sont solutions d’un système de 7 équations à 9 inconnues.
(b) Le sytème est composé de 7 équations à 9 inconnues, on applique le pivot de Gauss pour
résoudre le système (S)
−a1,1 −a1,2 −a1,3 a2,1 +a2,2 +a2,3 =0
a1,2 −a2,1 −a2,3 +a3,2 =0 L4 − L1
−a1,2 −a1,3 +a2,1 +a3,1 =0
−a2,1 −a2,2 −a2,3 +a3,1 +a3,2 +a3,3 =0 L2 − L1
a1,3 −a2,1 −a2,2 +a3,3 =0 L5 − L1
−a −a +a2,2 +a3,3 =0
1,2 1,3
a1,3 −a2,1 −a2,3 +a3,1 =0 L7 − L1
−a1,1 −a1,2 −a1,3 a2,1 +a2,2 +a2,3
=0
a1,2 −a2,1 −a2,3 +a3,2 =0
−a1,3 −a2,3 +a3,1 +a3,2 = 0 L3 + L2
−a2,1 −a2,2 −a2,3 +a3,1 +a3,2 +a3,3 =0
a −a2,1 −a2,2 +a3,3 =0
1,3
−a −a2,1 +a2,2 −a2,3 +a3,2 +a3,3 = 0 L6 + L2
1,3
a1,3 −a2,1 −a2,3 +a3,1 =0
−a1,1 −a1,2 −a1,3 a2,1 +a2,2 +a2,3 =0
a1,2 −a2,1 −a2,3 +a3,2 =0
−a1,3 −a2,3 +a3,1 +a3,2 =0
−a2,1 −a2,2 −a2,3 +a3,1 +a3,2 +a3,3 =0
−a2,1 −a2,2 −a2,3 +a3,1 +a3,2 +a3,3 = 0 L5 + L3
−a2,1 +a2,2 −a3,1 +a3,3 = 0 L6 − L3
−a2,1 −2a2,3 +2a3,1 +a3,2 = 0 L7 + L3
−a1,1 −a1,2 −a1,3 a2,1 +a2,2 +a2,3 =0
a1,2 −a2,1 −a2,3 +a3,2 =0
−a1,3 −a2,3 +a3,1 +a3,2 =0
−a2,1 −a2,2 −a2,3 +a3,1 +a3,2 +a3,3 =0
0 = 0 L5 − L4
a2,2 −a2,3 +a3,1 −a3,3 = 0 L7 − L4
+2a2,2 a2,3 −2a3,1 −a2,3 = 0 L6 − L4
−a1,1 −a1,2 −a1,3 a2,1 +a2,2 +a2,3 =0
a1,2 −a2,1 −a2,3 +a3,2 =0
−a1,3 −a2,3 +a3,1 +a3,2 =0
−a2,1 −a2,2 −a2,3 +a3,1 +a3,2 +a3,3 =0
a2,2 −a2,3 +a3,1 −a3,3 =0
3a2,3 −4a3,1 −a2,3 2a3,3 = 0 L7 − 2L6
Ainsi,
le rang du système vaut 6.
On peut donc choisir 3=9-6 paramètres.
L’espace vectoriel du noyau du système sera donc de dimension 3.
(c) Nous allons choisir les trois paramètres :
z = 31 (a3,1 + a3,2 + a3,3 )
x = 13 (a3,1 + a3,2 − 2a3,3 )
y = 13 (2a3,1 − a3,2 − a3,3 )
(En nous inspirant du résultat à trouver, sinon on aurait pu choisir comme paramètre les
trois éléments d’un triplet de base...)
Le système (S) donne
a3,1 = y + z a3,2 = x − y + z a3,3 = −x + z
(S) : a2,3 = −x − y + z a2,2 = z a2,3 = x + y + z
a1,3 = x + z a2,3 = −x + y + z a3,3 = −y + z
1 −1 0 0 1 −1 1 1 1
Et donc A = x −1 0 1 + y −1 0 1 + z 1 1 1 ,
0 1 −1 1 −1 0 1 1 1
ainsi !
1 −1 0 0 1 −1 1 1 1
Mag = vect −1 0 1 ; −1 0 1 ; 1 1 1
0 1 −1 1 −1 0 1 1 1
(d) On remarque que les deux triplets proposés pour la première et troisième matrice de la ques-
tion 7 ne permettent pas d’avoir la connaissance de z pour le premier cas et de y pour le
second. Cette ignorance nous rend impossible de trouver une unique solution.
3. Etude généralisé sur les tableaux de taille n × n
1. Caractérisation des matrices pseudo-magiques et étude de d
τ1 (A) · · · τ1 (A) σ1 (A) · · · σ1 (A)
(a) ∀ A ∈ E, AJ = .. .. .. ..
et JA =
. . . .
τn (A) · · · τn (A) σn (A) · · · σn (A)
Donc si A ∈ PMag A × J = J × A = d(a) · J
Réciproquement, supposons qu’il existe λ ∈ R tel que A × J = J × A = λ · J
Cela signifie donc que ∀ i ∈ [|1, n|], σi (A) = τi (A) = λ, et donc A ∈ PMag.
Par double implication :
A ∈ PMag ssi ∃λ ∈ R tel que A × J = J × A = λ · J et dans ce cas λ et d(a)
(b) On constate d’abord que si A, B ∈ PMag, alors A+B et A×B ∈ PMag. Pour montrer ce que
l’on vient d’énoncer et les relations vérifiées par d, on utilise la caractéristique précédente.
Pour A + B, c’est facile à montrer :
(A + B) × J = A × J + B × J = [d(A) + d(B)] × J,
et de même J × (A + B) = [d(A) + d(B)] × J.
Par conséquent : A + B ∈ PMag et d(A + B) = d(A) + d(B).
En ce qui concerne A × B, on a :
(A × B) × J = A × (B × J) = d(B) · A × J = d(A)d(B)J
et de même J × (A × B) = d(A)d(B)J.
Ainsi on peut affirmer que A × B ∈ PMag et d(A × B) = d(A) × d(B). Donc
d est un morphisme d’anneaux
(c) Soit A ∈ PMag inversible, alors A × J = d(A)J, donc A−1 × A × J = In × J = d(A)A−1 J
c’est à dire que J = d(A)A−1 × J, donc d(A) 6= 0 (sinon, on aurait J = 0n ).
1 1
Puis donc A−1 × J = J et de même : J × A−1 = J
d(A) d(A)
Ainsi
1
si A ∈ PMag inversible alors d(A) 6= 0, A−1 ∈ PMag et d(A−1 ) = .
d(A)
(d) J ∈ PMag, car J 2 = nJ, et d(J) = n 6= 0.
Or J n’est pas inversible (la première colonne de J est égale à la seconde !).
Donc
la réciproque est fausse.
2. Décomposition de PMag en espaces supplémentaires.
On définie : M∗1 = Ker d et M2 = vectJ.
(a) Analyse : Soit A = B + λJ où B ∈ M∗1 . Alors d(A) = d(B) + λd(J),
donc λ = d(A) d(A)
n , car d(J) = n et d(B) = 0 ; puis B = A − n J
La décomposition est donc nécessairement unique.
Synthèse : Soit A ∈ PMag. Soit B = A − d(A)n J, alors B ∈ PMag.
d(A) d(A)
Et d(B) = d(A) − n d(J) = d(A) − n n = 0 ; donc B ∈ M∗1
Et aussi d(A)
n J ∈ M2 . Comme A = B + n J
d(A)
On peut conclure que M∗1 ⊕ M2 = PMag
(b) On pose ∀ i, j ∈ [|2, n|] : Ai,j = E1,1 + Ei,j − Ei,1 − E1,j .
On sait déjà que la famille (Ai,j ) 2≤i≤n est libre.
2≤j≤n
De plus ∀ 2 ≤ i ≤ n, 2 ≤ j ≤ n, Ai,j ∈ M∗1 (cette remarque n’est pas nécessaire).
Enfin, montrons qu’elle est génératrice deP
cet espace.
Soit B ∈ M∗1 ⊂ E, donc on sait que B = 1≤i≤n bi,j Ei,j .
1≤j≤n
Or B ∈ M∗1 , d’où P
— ∀ i ∈ [[2, n]], bi,1 = − P2≤j≤n bi,j
— ∀ j ∈ [[2, P
n]], b1,j = − 2≤i≤n
P bi,j
— b1,1 = − 2≤j≤n b1,j = 2≤i≤n bi,j
2≤j≤n
P P P
Ce qui donne B = b1,1 E1,1 + 2≤i≤n bi,1 Ei,1 + 2≤j≤n b1,j E1,j + 2≤i≤n bi,j Ei,j
P P P 2≤j≤n
soit B = [ 2≤i≤n bi,j ]E1,1 − 2≤i≤n 2≤j≤n bi,j Ei,1
2≤j≤n P P P
− 2≤j≤n 2≤i≤n b1,j Ei,1 + 2≤i≤n bi,j Ei,j
P 2≤j≤n
d’où B = 2≤i≤n bi,j (Ei,j + E1,1 − E1,j − Ei,1 )
2≤j≤n | {z }
Ai,j
Donc
la famille (Ai,j ) 1≤i≤n est une base de M∗1 .
1≤j≤n
(c) Nous avons trouvé une base de M∗1 , composée de (n − 1)2 vecteurs, ainsi
dim M∗1 = (n − 1)2 et de dim PMag = n2 − 2n + 1 (car dim M2 = 1).
(d)
I3 est pseudo-magique mais non magique.
3. La dimension de Mag !
(a) Comme pour la question 16, ∀ A ∈ Mag, ∃!(B, λ) ∈ M1 × R tel que A = B + λJ, c’est le
couple donné par λ = d(a) d(a)
n et B = A − n J.
On a bien ici B ∈ Ker d, mais surtout B ∈ Mag (comme A).
Et donc
M1 ⊕ M2 = Mag
(b) On sait que M1 = {A ∈ M∗1 /t(A) = s(A) = 0}
On sait de plus que si A0 ∈ M∗1 , alors les n2 coefficients de A0 sont solutions d’un système
de rang égale à n2 − dim M∗1 = 2n − 1.
Donc si A ∈ M1 , les n2 coefficients de A sont les solutions d’un système d’équations de rang
égale à 2n − 1 + 2, ce +2 correspondant aux deux équations supplémentaire t(A) = s(A) = 0,
à condition que celles-ci soient indépendante des précédente.
Mais c’est bien le cas, puisque l’on peut trouver une matrice de M∗1 mais avec s(A) 6= 0. Par
exemple
1 0 · · · 0 −1
0
1 −1 0
..
.
0 −1 1 0
−1 0 · · · 0 1
Et de même pour t(A) 6= 0
Ainsi dim M1 = n2 − (2n + 1), i.e.
dim(M1 ) = dim(M∗1 ) − 2 = n2 − 2n − 1.
(c) On a donc dim Mag = n2 − 2n = n(n − 2)
On ne peut pas compléter la première matrice (du moins de manière unique), puisque nous
est données 7 valeurs alors que dim Mag = 4 × 2 = 8. Précisément, on obtient en fonction
d’un paramètre λ.
5 1 1 λ−3
λ−5 2 4 3
2 1 λ−3 4
2 λ 2 0
Pour la seconde matrice λ = 6
5 1 1 3
1 2 4 3
2 1 3 4
2 6 2 0