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Lignes directrices pour le counseling VIH

Les lignes directrices de la clinique Hassle Free fournissent des recommandations pour le counseling des client-es à forte anxiété et à risque faible/nul pour le VIH, en mettant l'accent sur l'empathie et la compréhension des préoccupations émotionnelles. Elles incluent des stratégies pour aborder l'anxiété, évaluer les besoins des client-es et éviter les dépistages répétitifs inutiles. Ces lignes directrices visent à améliorer le soutien aux client-es en reconnaissant que leurs préoccupations vont au-delà des risques liés au VIH.

Transféré par

Mounir Essemiani
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Lignes directrices pour le counseling VIH

Les lignes directrices de la clinique Hassle Free fournissent des recommandations pour le counseling des client-es à forte anxiété et à risque faible/nul pour le VIH, en mettant l'accent sur l'empathie et la compréhension des préoccupations émotionnelles. Elles incluent des stratégies pour aborder l'anxiété, évaluer les besoins des client-es et éviter les dépistages répétitifs inutiles. Ces lignes directrices visent à améliorer le soutien aux client-es en reconnaissant que leurs préoccupations vont au-delà des risques liés au VIH.

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Li gnes d ire ct ric es sur le counseli n g

aux client-es à forte anxiété et à


risque faible/nul pour le VIH
Mises à jour en 2021

Hassle Free Clinic


Contenu
Questions fréquemment posées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

Dans quelles circonstances les Lignes directrices de la clinique Hassle Free


sur le counseling aux client-es à forte anxiété et à risque faible/nul (FARFN)
pour le VIH s’appliquent-elles? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

Liste de vérification – Mon/ma client-e est-il/elle à forte anxiété et à risque


faible ou nul pour le VIH?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Le counseling FARFN lorsque vous n’avez que 5 minutes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Ligne directrice 1 : Aborder les symptômes et les risques comme point de


départ de la conversation, et non comme sujet principal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

Ligne directrice 2 : Accepter la possibilité qu’un résultat négatif n’atténue


pas l’anxiété du/de la client-e; examiner sa réaction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

Ligne directrice 3 : Engager la conversation sur les éléments sous-jacents


à l’anxiété . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Ligne directrice 4 : Aider le/la client-e à élaborer un plan pour gérer son anxiété. . . 12

Ligne directrice 5 : Souligner que le dépistage du VIH à répétition ne produit


pas le résultat escompté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

Ligne directrice 6 : Au moment opportun, guider le/la client-e vers une


résolution et les prochaines étapes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

Ligne directrice 7 : Reconnaître vos déclencheurs et y répondre. . . . . . . . . . . . . 17

Ligne directrice 8 : Prendre du temps pour soi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

2
? Questions fréquemment posées

Comment utiliser ces lignes directrices?


Ces lignes directrices s’adressent aux conseiller(-ère)s, préposé-es au dépistage et
éducateur(-trice)s en matière de VIH qui travaillent auprès de client-es à forte anxiété et à
risque faible ou nul (FARFN) pour l’infection par le VIH.
Selon leur rôle, leurs contraintes de temps, leur degré d’aisance et le mandat de leur lieu de
travail, les prestataires peuvent utiliser ces lignes directrices de différentes façons :

Á Utiliser la liste de vérification (à la page 5) pour évaluer la situation d’un-e client-e


pendant une séance de counseling
Á Relire l’ensemble du document périodiquement pour se rafraîchir la mémoire
Á Imprimer et afficher un exemplaire du guide de 5 minutes
Á Discuter d’études de cas FARFN en réunions d’équipe
Á Inclure le document dans la trousse d’orientation des nouveaux employé-es
Á Utiliser le document en combinaison avec d’autres pratiques dans votre milieu de travail
Pourquoi ces lignes directrices s’ajoutent-elles aux Lignes directrices de l’Ontario pour
les prestataires de services de dépistage du VIH?
Ces lignes directrices commencent là où le counseling pré- et post-test standard se termine.
Tout-e client-e qui demande un dépistage du VIH devrait recevoir toutes les informations
standard et une évaluation des risques conformément aux
pratiques exemplaires. Les présentes lignes directrices ne Le counseling standard
devraient s’appliquer que lorsque la séronégativité d’un-e client-e pour le dépistage
du VIH est axé sur le
a été confirmée (par un dépistage du VIH hors de la période
risque et sur l’infection
fenêtre), et dans le cas de client-es FARFN. par le VIH, alors que
Ces lignes directrices existent parce que le counseling pré- et les préoccupations
centrales des client-
post-test standard en matière de VIH n’est pratiquement jamais
es FARFN sont
efficace chez les client-es FARFN. Le counseling standard l’anxiété et la douleur
est axé sur le risque et sur l’infection par le VIH, alors que les émotionnelle.
préoccupations centrales des client-es FARFN sont l’anxiété et la
douleur émotionnelle.

3
Les présentes lignes directrices aident les prestataires à comprendre et à aborder les
préoccupations fondamentales des client-es FARFN, et à faire preuve d’empathie à leur égard
tout en préservant leur temps, leur énergie et leurs ressources émotionnelles. Elles visent à
offrir un counseling et une orientation adaptés aux client-es FARFN, plutôt que de procéder à
des dépistages répétés et inutiles.

En quoi le counseling à l’intention de client-es FARFN est-il différent?


Ces lignes directrices diffèrent des protocoles courants de counseling pour le dépistage
du VIH, car les client-es FARFN ont des besoins différents des autres client-es qui se font
dépister.
Pour bien comprendre et soutenir un-e client-e FARFN, le ou la prestataire doit examiner les
particularités de la situation dans un contexte plus large. Il peut s’agir de son expérience et
de ses antécédents en matière d’anxiété, de sentiments difficiles tels que la culpabilité et la
honte associées à la sexualité, ou d’expériences sexuelles traumatisantes.

Puis-je faire cela sans être thérapeute?


Oui! Tout au long de ce guide, nous proposons des approches et des questions qui
permettront d’approfondir certains sujets avec les client-es. L’ampleur de cette démarche
dépendra de votre rôle, mais le fait d’aborder des enjeux sous-jacents ne sort pas du cadre
du counseling pour le dépistage du VIH comme tel. De fait, aborder l’anxiété lorsqu’elle se
manifeste rend plus authentique l’interaction avec le ou la client-e, alors que l’ignorer pour se
concentrer uniquement sur ce que l’on juge pertinent en tant que prestataire ne répond pas
aux exigences de soins centrés sur le/la client-e.
N’oubliez pas que la chose la plus importante qu’un-e prestataire puisse faire est d’offrir une
écoute active et de l’empathie, sans porter de jugement. Il est également important de fournir
des références appropriées et opportunes pour répondre aux difficultés qui ne relèvent pas
de votre compétence. En conséquence, même si vous n’êtes pas thérapeute, vous pouvez
être témoin de la réalité d’un-e client-e. Vous pouvez lui tendre un miroir imaginaire pour
l’aider à voir plus clair dans sa vie. À tout le moins, vous pouvez éviter de renforcer l’idée
fausse selon laquelle le VIH est en cause, alors qu’il s’agit en réalité d’une problématique
d’anxiété.
Ces lignes directrices vous aideront à vous concentrer sur les facteurs clés qui alimentent
l’anxiété d’un-e client-e. Dans certains cas, ce changement d’approche suffira à l’orienter vers
une prise en charge de son anxiété. Dans tous les cas, il conviendra de fournir de manière
proactive des orientations vers des services de counseling ou de thérapie plus intensifs.

Que faire si je n’y arrive pas, même avec ces lignes directrices?
Il est possible que vous n’ayez pas toujours le sentiment d’avoir réussi! Cependant, il pourrait
vous être utile de revoir votre définition du succès.

4
Avec un-e client-e FARFN, nous travaillons sur des défis complexes et souvent historiques.
Ses problèmes ne se règleront probablement pas tous au point de service en obtenant une
trousse d’autotest ou un dépistage. Notre rôle est de contribuer à son cheminement vers le
bien-être. Ainsi, rester immobile (p. ex., en affrontant ses regrets ou ses craintes) peut être
une plus grande réussite que tourner en rond (p. ex., en appelant des lignes d’assistance ou
en se faisant dépister à répétition inutilement).

Dans quelle situation n’est-il pas approprié d’utiliser ces lignes directrices?
Ces lignes directrices ne doivent pas être utilisées auprès de client-es qui présentent un
risque réel de contracter le VIH; elles ne visent pas à remplacer tout protocole existant de
counseling et de dépistage du VIH.

5
Dans quelles circonstances les Lignes directrices de la clinique
Hassle Free sur le counseling aux client-es à forte anxiété et à
risque faible/nul (FARFN) pour le VIH s’appliquent-elles?
Un-e client-e se présente à répétition dans
Un nouveau ou une nouvelle client-e se présente votre site pour un dépistage du VIH pour le
dans votre site pour un dépistage du VIH même incident ou sans preuve d’un risque
nouveau ou différent

L’évaluation des L’évaluation des risques


risques révèle des ne révèle que des
comportements à risque comportements à risque
pour le VIH FAIBLE/NUL pour le VIH*

Effectuer un dépistage Effectuer un dépistage


du VIH du VIH

Résultat Résultat Résultat Résultat


réactif non réactif réactif non réactif

Informer la personne
Orienter le ou la client-e que son résultat est
vers un dépistage de non réactif et qu’il n’y a
confirmation et des aucune raison de refaire Suggérer de ne pas faire de dépistage du
services de prévention, le test. Encouragez- VIH, car cela ne règlera pas l’anxiété
de traitement et de la à revenir pour un
soutien, au besoin dépistage si sa situation
change

Le ou la client-e conteste
le résultat ou présente
Procéder au counseling selon les Lignes
plusieurs signes
directrices FARFN ainsi qu’à un dépistage
d’anxiété énumérés dans
si nécessaire
la liste de vérification
FARFN

*Des comportements et identités que l’on associe


au VIH sont souvent fortement stigmatisés; par Envisager une orientation vers un
conséquent, des informations critiques pour counseling pour l’anxiété
l’évaluation pourraient n’être pas révélées.

6
Liste de vérification – Mon/ma client-e
est-il/elle à forte anxiété et à risque
faible ou nul pour le VIH?
La liste ci-dessous peut aider à repérer les client-es FARFN. Elle n’est ni exhaustive ni diagnostique.

Plusieurs réponses « Oui » = Ces lignes directrices sont appropriées


Plusieurs réponses « Non » = Il est possible que ces lignes directrices ne soient pas appropriées
⬜ Une activité à risque faible ou nul est-elle à l’origine des inquiétudes du ou de la client-e en lien avec le VIH?
Si oui…
⬜ Le ou la client-e continue-t-il/elle à s’inquiéter malgré sa compréhension que l’activité
comporte un risque faible ou nul?
⬜ Le ou la client-e conteste-t-il/elle l’évaluation des risques?

⬜ Le ou la client-e pose-t-il/elle la même question plusieurs fois à différents endroits comme des
cliniques, des lignes d’assistance téléphonique et des centres communautaires? (La question peut
porter sur son risque d’infection par le VIH, une souche rare du VIH, les résultats faux négatifs, etc.)
⬜ Le ou la client-e passe-t-il/elle de nombreuses heures à faire des recherches sur le VIH – transmission,
technologies de dépistage, symptômes et progression de la maladie?
⬜ Le ou la client-e se présente-t-il/elle pour refaire le test ou exprime-t-il/elle un vif désir de refaire le test
malgré l’absence de nouveaux facteurs de risque depuis la dernière fois?
⬜ Le ou la client-e demande-t-il/elle ou effectue-t-il/elle à répétition des autotests de dépistage du VIH
malgré l’absence de nouveaux facteurs de risque depuis la dernière fois?
⬜ Le ou la client-e tente-t-il/elle de cacher la fréquence de ses tests de dépistage du VIH ou de tromper
les prestataires à ce sujet?
⬜ Le ou la client-e se croit-il/elle séropositif(-ve) malgré qu’un ou plusieurs tests de dépistage du VIH
(hors de la période fenêtre) se soient avérés négatifs?
⬜ Le ou la client-e signale-t-il/elle des symptômes d’infection à VIH qui coïncident avec des signes
d’anxiété? (P. ex., insomnie, dépression, douleur gastro-intestinale, diarrhée, muguet, changements
cutanés)
⬜ Le ou la client-e doute-t-il/elle de l’exactitude de la technologie de dépistage du VIH?
⬜ Le ou la client-e a-t-il/elle l’impression d’avoir un type de VIH rare ou unique? (Ce qui pourrait signifier
qu’il faut plus de temps que la période fenêtre pour obtenir un résultat positif, que la technologie
existante est incapable d’identifier cette souche ou que celle-ci se transmet différemment du VIH).
⬜ Des pensées liées à l’infection à VIH interfèrent-elles avec les relations et/ou les activités
quotidiennes du/de la client-e?
⬜ Le ou la client-e voit-il/elle l’infection à VIH comme une maladie mortelle et incurable? Une « peine de
mort »?

7
Le counseling FARFN lorsque vous n’avez que 5 minutes
L’exploration des facteurs sous-jacents à l’anxiété des client-es FARFN nécessite du temps, de la patience et
de l’empathie. Voici une liste de stratégies pratiques pour fournir un soutien lorsque votre temps est limité.

Considérations utiles Quoi dire


N’en restez pas aux faits. On dirait que cette situation est vraiment stressante
pour vous. Cette anxiété a-t-elle commencé à un
Lorsqu’un-e client-e ressent une forte anxiété liée à moment précis? À quel moment?
une activité à risque faible ou nul et en présence d’un
résultat négatif confirmé, vous devriez clarifier le degré
de risque une seule fois.
Si vous répétez l’information, il vous restera peu de
temps pour explorer l’anxiété et établir un plan de suivi.

Écoutez et soyez empathique. Dites-m’en plus.

Un comportement ou un ton condescendant incite les [Répétez ce que vous entendez]


client-es à redoubler d’efforts pour vous convaincre
qu’ils ou elles sont à risque ou déjà séropositif(-ve)s.

Posez des questions sur l’anxiété. Comment vivez-vous tous ces symptômes? Qu’est-ce
que cela vous fait d’avoir cette anxiété?
Une discussion sur les risques et symptômes n’aide pas
à clarifier la situation du ou de la client-e. À part les symptômes, qu’est-ce qui contribue à votre
anxiété?
Comment l’anxiété affecte-t-elle vos relations [avec
votre famille, votre partenaire, vos ami-es, vos collègues
de travail]?

Portez attention aux regrets, à la culpabilité et à Pouvez-vous m’en dire plus sur ce sentiment de
la honte. [culpabilité, bêtise, irresponsabilité]*?

Ce sont des points d’entrée vers une anxiété sous- *Utilisez les mots du ou de la client-e
jacente. Des personnes qui ont l’impression d’avoir fait
quelque chose de mal sur le plan sexuel pourraient
vouloir se punir et/ou s’attendre à une punition.

Établissez un plan pour gérer l’anxiété. Comment avez-vous composé avec votre anxiété par le
passé?
Aidez le ou la client-e à établir un plan de mesures à
prendre lorsque l’anxiété se manifeste. Assurez-vous Comment pourriez-vous gérer votre anxiété à l’avenir?
que les mesures soient réalistes et pratiques. Il peut être utile de se fixer un objectif ou une limite en
Orientez le ou la client-e vers d’autres ressources pour ce qui concerne les comportements qui renforcent
gérer son anxiété. Examiner avec le ou la client-e son votre anxiété (comme la lecture sur Internet). Quel
plan pour recourir à ces ressources. objectif ou quelle limite pourrait vous convenir au cours
des prochaines semaines?
Aidez le ou la client-e à se fixer des objectifs ou des
limites en ce qui concerne l’utilisation d’Internet, les
tests répétés, les visites à la clinique ou les appels aux
lignes d’assistance.

8
Ligne directrice 1 : Aborder les symptômes et les risques
comme point de départ de la conversation, et non comme
sujet principal
Énoncez les faits concernant le VIH et vérifiez si le ou la client-e les comprend. Une fois qu’il ou elle a
compris, ne les répétez plus.
Ne cherchez pas à argumenter avec le ou la client-e – un débat sur le risque d’infection par le VIH peut
donner l’impression d’un désaccord intellectuel, mais c’est en réalité un moyen pour le ou la client-e de vous
dire « Je me sens menacé-e ». Débattre des faits, c’est lui répondre « Non, vous ne l’êtes pas ». C’est peut-être
vrai, mais cela n’élimine pas l’anxiété. Au contraire, le ou la client-e aura l’impression de ne pas être écouté-e,
et le ou la prestataire se sentira frustré-e.
Au lieu de cela, écoutez. Soyez attentif(-ve) à ce qui se passe sous la surface. Reconnaissez les symptômes
et les sentiments du ou de la client-e. Il n’est pas nécessaire d’être d’accord que la menace est réelle pour
comprendre l’expérience d’un sentiment de menace.

Le ou la client-e pourrait dire :


J’ai le VIH parce que j’ai ces symptômes...
Regardez cette coupure sur mon doigt. Elle fait 6 mm – c’est un point d’entrée important, non?
Je vois des points sur ma langue, c’est certainement du muguet.
Laissez-moi vous montrer mes ganglions.

Réponses moins utiles Réponses plus utiles


On ne fait pas une évaluation d’après les Ça doit vous faire peur d’avoir tous ces
symptômes. Si votre résultat est négatif, symptômes.
vous êtes séronégatif(-ve).
Cela permet au ou à la client-e de se sentir
Le ou la client-e cherchera d’autres écouté-e et réduit son besoin d’énumérer les
« preuves » pour vous « convaincre » de symptômes.
quelque chose. Reconnaître l’état d’esprit d’un-e client-e ne
Cette réponse ne tient pas compte de la veut pas dire qu’on est d’accord avec son
souffrance et de la terreur bien réelles évaluation du risque.
associées aux symptômes.
Elle augmente le stress pour les deux parties.

Comme je l’ai déjà dit, le risque est Quand je vous dis que le risque est
seulement théorique. théorique ou faible, cela ne semble
pas calmer votre anxiété. Parlons-en.
Les client-es très anxieux(-ses) ont souvent
Comment voyez-vous cela?
l’impression d’être l’exception à la règle. Une
infime possibilité sous-entend que l’infection Cela encourage le ou la client-e à observer
est quand même possible, et non improbable. et à explorer ses propres réactions, et
possiblement à développer et partager une
certaine compréhension de sa situation.

9
Ligne directrice 2 : Accepter la possibilité qu’un résultat négatif
n’atténue pas l’anxiété du/de la client-e; examiner sa réaction
Ne vous attendez pas à ce qu’un résultat négatif mette fin à la conversation ou supprime l’anxiété. Le ou la
client pourrait ne pas ressentir le soulagement espéré. Il ou elle pourrait remettre en question l’exactitude du
test, la manipulation des spécimens, votre crédibilité, etc.
De nombreux(-ses) client-es FARFN parleront d’un événement ou d’une série d’événements « à risque ». Les
éléments symboliques du ou des événements à risque ne sont pas nécessairement logiques ou scientifiques.
Un résultat négatif ne répond pas aux sentiments et aux significations associés à l’événement « à risque » –
c’est pourquoi il ne résout pas l’anxiété. Votre rôle n’est pas d’en finir avec l’anxiété de la personne, mais bien
d’être ouvert-e à l’explorer avec empathie.

Le ou la client-e pourrait dire :


Pouvez-vous me dépister à nouveau? Je pense que j’ai une souche qui n’est pas
détectable.
J’aimerais faire un test PCR.
Quelle est l’exactitude de ce test? Le test
Quelles sont vos statistiques sur les faux négatifs?
était-il périmé?

Réponses moins utiles Réponses plus utiles


Le test est précis à 99,6 %, donc tout est Parfois, l’annonce d’un résultat peut
beau. être moins satisfaisante que prévu. C’est
fréquent chez les personnes qui... [insérez
Je fais cela depuis 20 ans. Je n’ai jamais
ici les expériences du ou de la client-e en
vu de résultat négatif hors de la période
lien avec l’anxiété].
fenêtre qui s’est finalement avéré positif.
Chez certaines personnes, un résultat
Le test PCR est [insérez divers faits ici]...
négatif peut apporter un soulagement
Destinées à réconforter, ces réponses ne temporaire, puis l’anxiété revient.
font qu’aggraver le malaise. L’inexactitude de
Un soulagement temporaire est le signe que
0,4 %, les limites de votre expérience ou un
le problème sous-jacent n’a pas été résolu.
détail concernant le test PCR peuvent devenir
Encouragez le ou la client-e à communiquer
les prochains sujets d’attention, augmentant
avec vous ou avec d’autres ressources si
ainsi l’anxiété.
l’anxiété revient.
En conséquence, si le ou la client-e vous
Profitez de l’occasion pour conclure une
demande le degré d’exactitude d’un test, des
entente avec le ou la client-e, afin de
informations sur une intervention et/ou des
limiter son utilisation d’Internet, ses visites
détails sur votre expérience, envisagez de
aux services communautaires et ses
ne pas lui donner « la réponse », mais de dire
appels répétés aux cliniques et aux lignes
quelque chose de plus utile et pertinent à
d’assistance en matière de VIH
l’anxiété.

10
Vous ne pouvez pas continuer d’exploiter Votre résultat est négatif, mais votre
les ressources publiques comme ça... anxiété n’a pas diminué. Comment voyez-
vous cela?
Cela incite le ou la client-e à justifier ses
besoins (p. ex., en proposant de payer pour le Cela permet d’aborder les émotions
test) – une autre digression des enjeux plus symboliques qui sont associées à
profonds. l’événement à risque et qui lui rendent difficile
de croire au résultat.

Ligne directrice 3 : Engager la conversation sur les


éléments sous-jacents à l’anxiété
Écoutez et détectez les signaux du ou de la client-e. Souvent, ses propos révéleront un
jugement, de la culpabilité, des regrets ou de la honte pour lesquels le ou la client-e s’attend
à une punition ou à des conséquences. Ces sentiments sont souvent directement liés à
un événement « à risque », mais parfois cet événement peut renvoyer à des situations non
résolues du passé.
Engagez une conversation sur ces situations en reprenant ce que vous entendez et voyez.
Il se peut que le ou la client-e ne soit pas prêt-e à explorer ces éléments, ou qu’il/elle
ressente un grand soulagement d’avoir enfin abordé un problème central. Faites avancer la
conversation avec précaution. Ne cherchez pas à obtenir un résultat particulier; orientez
simplement le ou la client-e dans cette direction et respectez son rythme.

Le ou la client-e pourrait dire :


J’ai fait quelque chose de très stupide.
Je ne sais pas ce qui m’a pris, je n’ai jamais fait quelque chose comme ça avant.
Je n’arrive pas à croire que je viens de gâcher ma vie.
Je le mérite, mais pas mes enfants!
J’ai commencé à me sentir anxieux(-se) juste après [l’événement à risque]... mais c’était il
y a 15 ans.

Réponses moins utiles Réponses plus utiles


Tout le monde fait des erreurs. Pouvez-vous m’en dire plus sur cette
expérience? Quel élément en particulier
Ne dites pas que c’est stupide. Vous n’êtes
fait que vous vous sentez stupide?
pas stupide.
Ceci fait écho aux sentiments du ou de la
Bien qu’elles se veuillent rassurantes, ces
client-e, plutôt que de les nier.
réponses empêchent une conversation sur
l’anxiété.

11
C’est la troisième fois qu’on refait la même On dirait que vous regrettez vraiment cette
chose! expérience et que vous êtes très dur-e
avec vous-même à ce sujet. Comment
Savez-vous combien de personnes vivent
avez-vous vécu les derniers mois?
des choses pires que vous?
Cela peut donner le sentiment d’être
Réprimander le ou la client-e peut faire
compris-e. L’expression « dur-e envers vous-
dérailler ses progrès et créer de l’animosité
même » adopte le point de vue du ou de
entre vous. Le ou la client-e se sentira encore
la client-e; « réaction excessive » évoque
plus seul-e.
un point de vue externe et empreint de
jugement.

J’espère que cette peur vous a servi de À quel moment avez-vous commencé à
leçon. Vous ne serez pas toujours aussi vous sentir aussi anxieux(-se)?
chanceux(-se). Étiez-vous aussi anxieux(-se) lors de votre
Cette attitude porte un jugement et peut dernier test? Sinon, qu’y a-t-il de différent
contribuer à culpabiliser le ou la client-e. C’est cette fois-ci?
aussi un abus d’a utorité, car on dicte à la À quel moment votre anxiété est-elle la
personne comment elle devrait se sentir. plus forte ou la plus faible? Qu’est-ce qui
fait que l’anxiété fluctue?
Outre les symptômes, quels autres
éléments contribuent à votre anxiété?
Êtes-vous anxieux(-se) à propos d’autres
choses dans votre vie?
Comment cette anxiété affecte-t-elle vos
relations?
Ces bons points de départ à une
conversation sur l’anxiété peuvent amener le
ou la client-e à un autre niveau de conscience
et éclairer le contexte de son anxiété.

Ligne directrice 4 : Aider le/la client-e à élaborer un plan pour


gérer son anxiété
Les client-es FARFN manifestent leurs sentiments d’anxiété par divers comportements. En
plus de faire des tests répétés, ils et elles peuvent faire des recherches compulsives sur
Internet, appeler des lignes d’information, imaginer des symptômes chez leurs proches et
planifier en fonction de leur éventuelle maladie.
L’élaboration d’un plan de gestion de l’anxiété peut poursuivre le travail effectué dans le
cadre de votre brève séance. En impliquant le ou la client-e en tant qu’agent-e actif(-ve) de
sa propre santé, on le responsabilise et on s’assure que le plan est réaliste, réalisable et
pertinent.

12
En ne s’occupant plus autant de ses comportements anxieux, le ou la client-e pourrait être en
mesure de rediriger son énergie vers la source de son anxiété et/ou sa résolution.

Note : Cette étape n’est possible qu’après que vous et le ou la client-e ayez commencé
à aborder son anxiété et les sentiments qui s’y associent.

Réponses moins utiles Réponses plus utiles


Il faut que vous passiez par-dessus. Il peut être tentant de [répéter le
comportement anxieux]. Mais [ce
Que vous faudrait-il pour... [arrêter le
comportement] ne semble pas réduire
comportement anxieux]?
votre anxiété de façon durable. En fait, il
Cela peut priver le ou la client-e de son l’augmente.
agentivité et l’orienter vers des objectifs qui
Lorsque votre anxiété revient, essayez
pourraient ne pas être pertinents, appropriés
de ne pas vous blâmer. Ce n’est pas un
ou réalistes.
échec. Cela indique seulement qu’un point
important n’a pas été résolu.
Cela explique au ou à la client-e ce à quoi
s’attendre après la séance et l’oriente vers
différentes réponses.

Je ne sais vraiment pas quoi vous dire de Peut-on parler de la manière dont vous
plus. pourriez gérer votre anxiété future?
Je ne peux pas croire qu’on parle encore Est-il possible de limiter ou de réduire ce
de ça. comportement? Qu’est-ce qui est réaliste
pour vous en ce moment?
Les expressions d’exaspération sont le signe que
vous prenez trop à cœur la responsabilité de Sur une échelle de 1 à 10, dans quelle
changer le comportement du ou de la client-e. mesure l’objectif établi est-il réalisable?
Prenez du recul et travaillez avec la personne à Si le chiffre est faible, alors : Comment
partir d’où elle en est, à son rythme. peut-on modifier l’objectif – ou vous
soutenir – pour le rendre plus réalisable?
Lorsque vous vous sentez très anxieux(-
se) ou que vous avez une forte envie
de répéter le [comportement anxieux],
observez ce qui pourrait le déclencher.
Êtes-vous seul-e? Quelle heure est-il?
Qu’est-ce qui se passe autour de vous?
Cela peut aider le ou la client-e à intervenir
sur ses propres comportements anxieux et,
avec plus de travail, à identifier la source et
les déclencheurs de son anxiété.

13
Ligne directrice 5 : Souligner que le dépistage du VIH
à répétition ne produit pas le résultat escompté
Les dépistages répétés ne règlent pas l’anxiété sous-jacente des client-es FARFN. De fait, ils peuvent même
alimenter le cycle de l’anxiété.
Pour plusieurs, les tests ne soulagent l’anxiété que temporairement – voire pas du tout. Des tests inutiles
peuvent renforcer l’idée fausse selon laquelle il existe réellement un risque ou une raison de se faire dépister.
Cela peut devenir un sujet de préoccupation – un moyen pour le cerveau de détourner l’attention des défis
difficiles.
En contrepartie, vous pourriez choisir à l’occasion d’effectuer un dépistage pour désamorcer l’anxiété d’un-e
client-e, afin qu’il ou elle soit plus disposé-e à aborder avec vous la question des tests répétés.

Réponses moins utiles Réponses plus utiles


On ne vous dépistera pas aujourd’hui. Je ne recommande pas le test, aujourd’hui,
car le test et son résultat ne traiteront pas
Même si l’objectif final est d’empêcher le ou
la source de votre anxiété. Qu’en dites-
la client-e de procéder à des tests répétés
vous?
en l’absence d’un risque, le processus
conduisant à cet objectif fait une grande Pour que cette stratégie soit efficace, la
différence. décision de ne pas faire de test doit venir
du ou de la client-e, ou du moins résulter
Lorsque la décision de ne pas dépister est
d’un effort conjoint. Cette décision doit
prise par le ou la prestataire et que le ou
rapprocher le/la client-e et le/la prestataire,
la client-e s’y oppose, on recrée en fait la
plutôt que de les éloigner.
dynamique que l’on cherche à contrer (où le
ou la client-e pousse et nous reculons). Peut-être avez-vous constaté par le passé
que le test atténuait votre anxiété, mais
pas pour longtemps.
S’il existait une façon d’arriver à un
résultat différent, seriez-vous intéressé-e à
l’explorer?
Quel serait un bon résultat futur?
Identifier le cycle d’anxiété aide le ou la
client-e à y voir plus clair. En constatant que
son comportement ne produit pas le résultat
souhaité, il ou elle peut transformer la nature
réactive de ses comportements en des
réponses axées sur un objectif. Ensemble,
vous pouvez explorer les résultats souhaités
et les moyens pour les atteindre

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OK, on va vous dépister une dernière fois. On peut faire le test – non pas parce que
Mais juste cette fois. vous présentez un risque réel, mais parce
que je peux voir que votre anxiété nuira à
Dépister dans le but d’apaiser un-e client-e
notre discussion.
n’est pas une réponse durable.
Que diriez-vous qu’on commence par
Parfois, des prestataires ont recours à
le test? Ensuite, quand le résultat sera
cette solution pour faire cesser l’interaction
négatif, on pourra explorer la source de
frustrante et tenter d’apaiser leur client-e.
votre anxiété.
Malheureusement, cela ne fait que retarder
l’interaction et prolonger le parcours du ou de Ici, le test est proposé comme un moyen
la client-e. d’entrer en contact avec le ou la client-e.
Lorsqu’un-e client-e est très anxieux(-se),
faire le test peut désamorcer suffisamment la
situation pour que la personne soit capable
de s’engager dans une exploration des
causes profondes de son anxiété.

Ligne directrice 6 : Au moment opportun, guider le/la


client-e vers une résolution et les prochaines étapes
Votre séance de counseling ne sera possiblement pas la dernière étape du parcours du ou de
la client-e. D’autres soutiens seront probablement nécessaires pour résoudre complètement
son anxiété (p. ex., références à des services communautaires).
Les client-es s’attendent souvent à une résolution sous la forme d’un résultat positif. Ainsi,
devant un résultat négatif, ils/elles auront besoin de soutien pour trouver une autre forme de
résolution (p. ex., reconnaître l’importance de l’événement ou de l’« erreur » et passer à autre
chose).
Une résolution efficace :

Á Doit être sentie.


Á Est personnelle et varie d’un individu à l’autre.
Á Explore et entraîne l’acceptation, l’intégration dans l’histoire de vie du ou de la client-e et
le pardon de soi.
Á Est souvent rituelle ou commémorative (p. ex., se souvenir d’une date, écrire une lettre,
observer une bougie se consumer).

Habilitez le ou la client-e à prendre le contrôle de la situation. Soulignez les mesures qu’il


ou elle a déjà prises et travaillez avec lui/elle à la résolution et aux prochaines étapes. Il se
peut que le ou la client-e hésite à lâcher prise, de peur d’oublier la leçon. Rappelez-lui que
pardonner ne signifie pas oublier.

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Il n’est pas nécessairement utile d’encourager un-e client-e à dévoiler ses « erreurs »
ou sa tricherie (p. ex., dire à son/sa conjoint-e qu’il l’a trompé-e). Expliquez plutôt la
possibilité d’un non-dévoilement et d’un dévoilement complet ou partiel ainsi que
leurs conséquences.

Réponses moins utiles Réponses plus utiles


J’espère que vous êtes convaincu-e que Par le passé, quelles autres choses vous
vous êtes séronégatif(-ve) maintenant. ont causé ce genre d’anxiété, et qu’avez-
vous fait?
Vous devriez voir un-e thérapeute/
psychiatre. On a fait tout ce qu’on pouvait Selon vous, qu’est-ce qui serait efficace
ici. pour répondre à votre anxiété lorsqu’elle
se présente?
Ces réponses sont directives et ne tiennent
pas compte du point de vue du ou de la Ces questions aident le ou la client-e à établir
client-e. son propre plan et à valoriser ses forces. Vous
pouvez ajouter au plan qu’il ou elle a suggéré.

La vie est courte. Apprenez votre leçon et Vous avez surmonté plusieurs épreuves
passez à autre chose. dans cette lutte contre l’anxiété. À
ce stade, comment aimeriez-vous
commémorer ou souligner ce qui s’est
passé?
La résolution est importante, car elle
permet de reconnaître l’expérience du ou
de la client-e et de marquer un point de
transformation.

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Ligne directrice 7 : Reconnaître vos déclencheurs et y répondre
Parfois, des client-es peuvent nous blesser, nous offenser ou nous déclencher.

Les déclencheurs les plus courants des prestataires de services incluent :


Á Des commentaires désobligeants sur les personnes vivant avec le VIH ou sur des groupes
marginalisés communément associés au VIH.
Á La remise en question de vos compétences ou du travail de votre organisme par un-e
client-e.
Á Des révélations d’abus, de tricherie ou d’autres types de mensonges.
Á Des comportements agressifs et agités.
Á Le désespoir et le découragement.

À l’extérieur des séances de counseling :


Á Développez une conscience de vous-même – Qu’est-ce qui active vos émotions? Quelles
sont vos attentes vis-à-vis des client-es et de vous-même? Comment l’anxiété des autres
vous affecte-t-elle?
Á Développez une autocompassion pour les côtés de vous qui sont réactifs.
Á Développez à l’avance des systèmes de soutien et des stratégies d’adaptation.

Pendant une séance de counseling :


Á Ne laissez pas vos déclencheurs monopoliser la conversation. Évaluez si vous êtes
capable de poursuivre le counseling d’une manière équitable et centrée sur le ou la
client-e, sans porter de jugement. Sinon, faites appel à vos stratégies d’adaptation (p.
ex., quittez la pièce pendant un moment, mettez l’appel en pause et demandez de l’aide,
prenez de grandes respirations ou utilisez d’autres techniques pour vous recentrer).

Après une séance de counseling :


Á Débreffez avec d’autres prestataires et vos superviseur(-euse)s.
Á Ayez des attentes raisonnables envers vous-même (p. ex., vous n’avez pas la
responsabilité de régler tous les problèmes).
Á Il se peut que vous n’ayez pas été aussi efficace que vous l’auriez souhaité.
Á Prenez note de ce que vous avez appris, de ce sur quoi vous devez travailler et du type
de soutien dont vous avez besoin.
Á Take note of what you have learned, what you need to work on, and what kinds of support
you need.

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Réponses moins utiles Réponses plus utiles
Le sida n’est pas une punition! Pouvez-vous me dire ce que contracter le
VIH signifie pour vous?
Ce que vous avez dit est vraiment
homophobe! Si c’est ce que vous pensez de [tel groupe
de personnes], comment vous sentez-vous
Eh bien, je fais partie de ce groupe que
d’avoir eu des relations sexuelles avec une
vous venez de dénigrer!
personne de ce groupe?
Le fait d’exprimer de la colère ou du mépris,
Ces questions aident le/la prestataire à mieux
ou d’argumenter, détourne l’attention vers
comprendre l’expérience du ou de la client-e
une question politique plus large (votre
et à saisir comment sa vision du monde et ses
problème), au lieu de reconnaître les préjugés
valeurs influencent son anxiété.
du ou de la client-e comme faisant partie
de son anxiété. Concentrez-vous sur les
sentiments et sur ce que signifie sa vision du
monde, plutôt que sur la question de l’équité.
Il n’est pas si important que le ou la client-e
soit juste, mais plus important qu’il/elle soit
compris-e.

Vous devez arrêter de dire ça. Quand vous dites [terme inapproprié],
voulez-vous dire [terme de
remplacement]? Oui? Pouvez-vous utiliser
[terme de remplacement] à la place? Cela
m’aiderait à mieux vous comprendre.
Une façon de fixer des limites pendant la
séance de counseling.

Vous devez dire à votre partenaire que Quel impact ce secret a-t-il sur vous et
vous l’avez trompé-e. C’est la seule chose votre relation?
à faire.
Cela permet de comprendre le point de vue
Assurez-vous de ne pas imposer votre propre du ou de la client-e plutôt que d’imposer votre
ordre du jour. moralité.

Ligne directrice 8 : Prendre du temps pour soi


Le fait d’aider des client-es à reconnaître et à examiner leur douleur émotionnelle, leur culpabilité, leur
blâme de soi et leurs difficultés relationnelles peut occasionner une détresse indirecte, c’est-à-dire qu’un-e
prestataire peut intérioriser le traumatisme et/ou l’anxiété de ses client-es. Les soins personnels sont un
ensemble de pratiques et d’attitudes qui vous aident à composer avec la charge émotionnelle de votre
travail.
Les soins personnels sont différents pour chacun-e. Ils peuvent comprendre un éventail d’activités qui visent
à reconnaître et prévenir l’épuisement professionnel et à améliorer le bien-être mental, physique et spirituel.
L’utilisation de stratégies de counseling plus efficaces peut également faire partie des soins personnels, en aidant
les conseiller(-ère)s à gérer les interactions difficiles avec moins de résistance et une meilleure connexion.

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Les soins personnels ne relèvent pas uniquement de la responsabilité des prestataires. Un lieu de
travail propice à la santé du personnel adopte généralement une stratégie collective qui favorise le
soutien mutuel, qui appuie le personnel par une formation continue et qui répond activement aux
facteurs environnementaux liés au stress professionnel.

Réponses moins utiles More Helpful Responses


Ignorer ses sentiments et se forcer à passer Apprenez à reconnaître les signes
par-dessus. d’épuisement professionnel chez vous et vos
collègues :
Être complice des problèmes liés à la
prestation de services ou aux protocoles (le
cas échéant). Á Être de plus en plus cynique, en colère
ou irritable
Délaisser les aspects de votre vie qui vous
procurent du plaisir parce que votre travail Á Manquer d’énergie et avoir l’impression
vous accapare trop. que vos défis sont insurmontables
Á Perdre la capacité à prendre plaisir à la
vie et au travail
Á Changements significatifs dans vos
habitudes de sommeil et d’alimentation
Á S’automédicamenter pour se sentir
mieux

Parlez de vos préoccupations à un-e pair-e ou à


un-e superviseur(-euse) digne de confiance et
élaborez des stratégies concrètes/réalistes pour
y répondre.
Communiquez avec votre programme d’aide
aux employé-es ou explorez d’autres formes
de soutien en milieu de travail. Consultez
un-e professionnel-le de la santé pour tout
changement de votre état de santé lié au stress
professionnel.
Prenez des pauses au cours de la journée, mais
également des périodes de repos plus longues
lorsque possible.
Les superviseur(-euse)s comptent souvent
sur le personnel de première ligne pour
les tenir au courant de l’efficacité de la
prestation des services. Le fait de partager
vos observations et vos suggestions pourrait
conduire à des améliorations dans votre
milieu de travail.

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