Magmatisme et Volcanisme : Concepts Clés
Magmatisme et Volcanisme : Concepts Clés
Inezgane
GEODYNAMIQUE INTERNE :
LES PROCESSUS FONDAMENTAUX DU MAGMATISME ET DU VOLCANISME A L’ECHELLE GLOBALE ET EXEMPLE D’ETUDE
REGIONALE
INTRODUCTION
La composition rocheuse de la terre ne cesse de se diversifier au cours des temps géologiques. À partir de la
confrontation des résultats de techniques indirectes et d’échantillons de roches qui affleurent en surface, on peut
discuter les contextes géodynamiques favorisant leur genèse. Le phénomène magmatique désigne les processus
de formation des magmas et leur destination alors que le volcanisme, qui fait partie du magmatisme, traite ces
processus quand la lave jaillit à la surface de la terre.
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La terre thermodynamiquement, n’est pas un système stable, elle dégage l’énergie thermique issue de sa
profondeur par conduction (transmission lente qui ne se produit que dans les zones stables, mouvements de
matière faibles ou nuls) ou par convection (déplacement de matière qui transporte sa chaleur). En fonction de la
nature des matériaux composant l’écorce terresre et des conditions de températures et de pression, les roches en
profondeur et à la surface adoptent trois (3) états physiques différents : Solide, Ductile (partiellement fondu) ou
liquide. Dans un diagramme (Pression P°-Température T°-Temps t) les trois états sont séparés par deux courbes :
Liquidus : séparant le domaine purement liquide du domaine partiellement fondu, c’est-à-dire liquide +
cristaux.
Solidus : séparant le domaine partiellement fondu du domaine solide.
Dans les conditions normales, les courbes du géotherme continental ou océanique ne croisent jamais le solidus,
ce qui implique que dans les conditions normales les roches ne peuvent pas fondre. Trois conditions particulières
peuvent conduire à la fusion des roches en profondeur (péridotite notamment) :
Augmentation de la température par remontée du matériel chaud au niveau des points chauds.
Diminution de la pression à température constante (décompression adiabatique) au niveau des
dorsales.
Hydratation (+ ou – le CO2) du manteau dans les zones de subduction.
c. Deux types extrêmes de magmas (Fig.3)
En fonction de leur composition chimique, leur chaleur, la profondeur de genèse et des roches qu’ils genèrent,
on distingue deux grands types :
Magmas basaltiques (basiques) : provient de la fusion des péridotites du manteau, à environ 1200°C à
1300°C de température, le magma primaire est basique et pauvre en silice (basique). La composition
chimique est entre les basaltes et les gabbros, la profondeur de formation est entre 25 à 2900 Km dans
le manteau, de viscosité faible et ils forment la famille des roches gabbroïques.
Magmas granitiques (acides): se forment dans les zones de collision et après une importante
différenciation magmatique et/ ou par contamination magmatique crustale, de températures variantes
entre 600°C à 700°C. Le magma granitique est acide et riche en silice (acide), de composition chimique
proche des granites. la profondeur de formation est localisée entre 20 à 30 Km dans la croûte
continentale, il peut provenir des magmas basiques très différenciées, de viscosité élevée , ils forment la
famille des roches granitoïdes.
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Un faible degré de fusion concentre les éléments incompatibles (par exemple Na et K) dans le magma, c’est ce
que l’on observe au niveau des basaltes de point chauds (OIB), et dans une moindre mesure au niveau des
basaltes des dorsales (MORBs). L’élévation de ce degré de fusion entraîne la fonte de nouveaux minéraux, ce
qui dilue les éléments incompatibles dans le magma primaire, qui sera alors qualifié de magma appauvri.
Donc le liquide de fusion d’une péridotite sera d’autant plus riche en éléments incompatibles, comme Na ou K
(alcalins), que le degré de fusion sera faible.
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Des effets physiques sont également probables, la crôute continentale épaisse freinerait la vitesse de montée
des magmas permettant un fractionnement plus long et donc un enrichissement en silice, les magmas plus
visqueux auraient tendance à cristalliser en profondeur avant d’atteindre la surface ce qui expliquerait
l’importance du plutonisme calcoalcalin (granodiorites).
Si une ségrégation entre les deux phases s’opère (sédimentation des minéraux cristallisés…) et que la phase
solide n’est plus en équilibre avec la phase liquide, on obtient un premier magma secondaire différencié, qui,
s’il s’échappe de la chambre, s’épanchera en surface sous forme d’une roche volcanique différenciée. Le même
processus peut se reproduire plusieurs fois et être à l’origine de plusieurs liquides successifs. On a une
différenciation magmatique qui aboutit à la formation de roches cogénétiques qui appartiennent à une même
série, ici une série tholéitique (unité de temps, de lieu, de caractères).
a. La cristallisation fractionnée (Fig.5)
C’est la cristallisation progressive d'un magma, elle est due à des changements de conditions physico-chimiques.
Ces changements de conditions physico-chimiques sont en général une baisse de pression et de température dues
à la montée du magma au travers de la croûte terrestre, ou une augmentation de pression due à l'affrontement de
plusieurs plaques tectoniques. Elle provoque le dépôt de cristaux au fond de la chambre magmatique. Les
liquides résiduels se différencient les uns des autres à la mesure de la cristallisation fractionnée.
Deux lignées évoluent parallèlement, la lignée des minéraux ferro-magnésiens (Fe, Mg) représentées par les
minéraux colorés (pyroxène, amphibole,...) et la lignée des minéraux alcalins (Na, K, Ca) représentée par les
plagioclases. Ces deux lignées définissent la notion de la suite réactionnelle de BOWEN. Ainsi, le premier
assemblage à se former est un assemblage d'olivine et de pyroxènes : c'est l'assemblage ultramafique. Ensuite,
il y a un assemblage de pyroxènes et d'amphiboles : c'est l'assemblage mafique. Un assemblage d'amphibole,
biotite et quartz est qualifié d'assemblage intermédiaire, tandis qu'un assemblage des minéraux les plus "froids",
est qualifié de felsique.
Avec un abaissement de la température du magma, les minéraux dont la température de cristallisation est
la plus élevée sont les premiers à cristalliser, à commencer par l'olivine. Le second groupe à se former comprend
les pyroxènes : à ce stade, le magma aura épuisé son bagage en olivine. Puis avec la cristallisation des
amphiboles, puis de la biotite, le bagage en pyroxènes est épuisé.
Avec l'abaissement progressif de la température, suivent le quartz, les feldspaths potassiques et la
muscovite.
Suites réactionnelles de BOWEN
La série de réactions de Bowen est une explication de la raison pour laquelle certains types de minéraux ont
tendance à être trouvés ensemble alors que d'autres ne sont presque jamais associés entre eux.
La série des plagioclases : on passera de l'anorthite (calcique : CaAl2Si2O8) à l'albite (sodique :
NaAlSi3O8) en conservant la même structure cristalline des minéraux (série isomorphe).
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La série des ferromagnésiens: Si le magma renferme les éléments chimiques nécessaires (Mg, Fe, Ca,
K, etc.) en plus de Si et O, les premiers minéraux qui se forment à température élevée sont des olivines
(péridots).
Si le mélange contient encore de la silice, les olivines étant instables et la température continuant à baisser,
elles se transformeront en pyroxènes.
Liquide olivine + liquide
Olivine + liquide olivine + pyroxène.
Si la teneur en silice est plus élevée dans le magma initial, le liquide résiduel peut générer des quartz.
Liquide Olivine + liquide.
Olivine + liquide Olivine + pyroxène.
Liquide Quartz + pyroxène.
S'il n'y a plus assez de Mg et de Fe pour former les pyroxènes, il y aura formation d'amphiboles lors de la
baisse de température.
Pyroxène + liquide amphiboles
À plus basse température se formera les micas, puis, si la silice est excédentaire, du quartz, dernier minéral
à cristalliser.
b. Différenciation magmatique (Fig.3)
La cristallisation fractionnée est le processus principal expliquant le passage progressif de magmas basaltiques
à des magmas évolués du type rhyolitique. La chambre magmatique se remplit de magma primaire issu de la
fusion partielle de péridotite.
Le magma commence à cristalliser sur les parois de la chambre. Les minéraux contenant les éléments les plus
compatibles cristallisent, les éléments incompatibles comme Si, K, Na se concentrent dans le liquide résiduel.
On appelle différenciation magmatique le processus d’apparition de liquides magmatiques successifs.
La diversité liée aux processus de fusion incongruente, cristallisation fractionnée, différentiation magmatique,
hybridation et contamination permet la classification des roches cogénétiques en cinq séries magmatiques
principales (Fig.4)
2. Caractéristiques générales du phénomène volcanique
Les volcans naissent quand le magma en fusion arrive en surface du globe terrestre. La température faible (25°C)
entraine une diminution très rapide de la chaleur du magma (initialement à environ 1200°C), le refroidissement
rapide empèche la cristallisation des minéraux, ce qui génère un solide, au moins, pas ou peu cristallisé. La genèse
du magma en profondeur est favorisé grâce à la fusion partielle de la péridotite mantellique ou de la base de la
crôute. Le volcanisme correspond à l’ensemble des phénomènes géologiques accompagnants la formation,
l’ascension et le refroidissement du magma (lave). La volcanologie interesse à l’étude de ces phénomènes.
2.1. Caractères généraux sur les volcans
a. Notion et origines des volcans
Définition d’un volcan (Fig.6)
Le volcan représente le lieu d'arrivée du magma liquide (lave) sur la surface de la terre. Il peut arriver sur les
terres nues, sous les lacs ou au niveau des océans. Ils peuvent être actifs où éteints. Comme les séismes, les
volcans ne se répartissent pas de façon aléatoire, ils sont réparti au niveau des limites de plaques tectoniques ce
qui confirme la relation entre le volcanisme et la tectonique des plaques.
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Lave vacuolaire : l'échappement des gaz de la lave en fusion formant d’innombrables bulles,
donne naissance à des vacuoles millimétriques ou centimétriques
Lave cordée : la pellicule encore plastique de la lave appauvrie en gaz est étirée par le flux sous-
jacent et tordue en forme de corde
Lave en coussin (ou pillow-lavas) : elle se rencontre dans les coulées de lave subaquatique. Ces
affleurements ressemblent à des « coussins » empilés et moulés les uns sur les autres
Lave prismée : le débit en prisme qui correspond à des fissures de retrait provoqué lors du
refroidissement de la lave
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Il existe deux grands types d'éruptions volcaniques : explosive et effusive, auquelles on peut ajouter un troisième
cas intermédiaire extrusive (Fig.11)
Éruption explosive : les gaz sont en abondance et, lors de la montée du magma dans la cheminée
volcanique, ses gaz sont parfois bloqués par un bouchon. L'explosion est donc provoquée par l’expulsion
du bouchon dont les matériaux sont pulvérisés et projetés avec les gaz. L'éruption type et la dernière
éruption du volcano (Italie entre 1888 et 1890)
Éruption effusive : est caractérisée par un dégazage facile du magma qui provoque de petites explosions.
Ces explosions entrainent la pulvérisation de la projection de la lave sous la forme de bombes ou de
scories. Leur accumulation s'effectue autour du cratère. Si le magma venait à déborder du cratère, celui-
ci s’épancherait sous forme de coulée avec des morphologies variées. Les laves qui s’écoulent empruntent
généralement des cours d'eau. L'éruption type et celle d’Hawaï.
Éruption extrusive : dans ce type d'éruption, la lave pâteuse ne s'écoule quasiment pas et a tendance à
former un dôme de lave. Celui-ci, sous la pression du magma, peut se désagréger ou exploser en
produisant des nuées ardentes et des panaches volcaniques. Très meurtrier en raison du caractère instable
de l'éruption et de la vitesse des nuées ardentes. L'éruption type et celle de la montagne de Pelée (île
Martinique aux Antilles qui fit 28000 morts en 1902)
Conclusion (Fig.7)
Comme les séismes, les volcans ne se répartissent pas de façon aléatoire à la surface de la planète. Plusieurs se
situent aux frontières des plaques (volcanisme de dorsale, zones de subduction), mais aussi à l’intérieur des
plaques (volcanisme intraplaque, cas du volcanisme associé aux points chauds).
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Les volcans peuvent constituer un danger pour l’homme, parfois meurtrier (par leurs projections ou par les raz-
de-marée éruptions sous-marines). Les grandes éruptions peuvent agir sur le climat et les êtres vivants
Les volcans constituent aussi un bienfait pour l’homme, exemple des produits fertilisants, matériaux rocheux
pour la construction, sources hydrothermales, gisements de minerai (Cu, Au, Ag, …) ou pierres précieuses.
La prévision des catastrophes liées aux volcans, comme pour les séismes, est très difficile, mais les récents
exemples d’évacuation (en zone à risque surveillé) peut aider à prévnir contre cette l'activité catastrophique des
volcans.
a. localisation du magmatisme de point chaud implique une origine mantellique profonde du magma
Il forme des chapelets d’îles (rides) d’autant plus anciens qu’ils sont éloignés du centre actif actuel. Il peut aussi
former de grands plateaux océaniques qui témoignent d’une émission énorme de magma (Kerguélen,
Mascareignes, Deccan).
Déplacement de la lithosphère au-dessus d’un point fixe. Les panaches seraient enracinés au niveau de la couche
D’’. Le point chaud est supposé fixe en première approximation par rapport à la plaque mais on remarque que les points
chauds ne sont pas vraiment fixes les uns par rapport aux autres.
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C’est un volcanisme abondant spectaculaire souvent explosif dangereux car composé de laves riches en gaz
(de l’eau surtout (2-6%) et assez riches en Si, donc à viscosité élevée qui s’oppose au dégazage. (Montagne Pelée
à St Pierre en Martinique en 1902 nuées ardentes 500°C à 500 km/h).
Il s’agit d’un magmatisme calcoalcalin (càd que CaO = Na2O + K2O dans les termes évolués de la série, il est
représenté pour l’essentiel à 70% d’andésites (1/3) ) ou de leur équivalent cristallisé en profondeur, les
granodiorites (2/3) (), c’est-à-dire de roches assez acides (60% de SiO2),
Dans les arcs anciens décapés par l’érosion des roches plutoniques forment de gigantesques batholites
granodioritiques (équivalent andésite) (Pérou Chili Sierra Névada à l’W des USA) et andésites >basaltes >
rhyolites dans les arcs insulaires alors qu’andésites > rhyolites > basaltes pour cordillères. Les basaltes
calcoalcalins ou AIB (arc island basalts) constituent environ 20% ; Le reste, moins de 10% correspond à des
termes encore plus différenciés que les andésites.
b. Cause de la fusion partielle (magmatisme calco-alcalin): Double anomalie thermique qui coïncide avec
une double anomalie gravimétrique
Négative du côté de la plaque plongeante (déficit de masse)
Positive du côté de l’arc volcanique (excès de masse, plaque lourde)
Les modèles calculés supposent que dans la plaque lithosphérique entraînée en subduction, les transferts de
chaleur se font uniquement pas conduction. La plaque s’enfonce donc plus vite qu’elle ne se réchauffe. Donc au
sein de l’asthénosphère la plaque garde une identité thermique elle peut être vue en tomographie sismique.
Les anomalies thermiques positives des arcs sont liées à l’activité volcanique qui s’y déroule. En cristallisant en
profondeur les plutons émettent de la chaleur.
c. Nature des basaltes AIB de subduction et détermination des roches à l’origine de la fusion
Puisque le magma primaire est à l’origine des basaltes, il ne peut provenir que de la fusion partielle d’une roche
plus basique et moins acide que lui donc de manteau supérieur de la plaque chevauchante. Cela ne peut donc être
qu’une péridotite appauvrie.
Plusieurs arguments géochimiques indiquent que cette source est polluée par les fluides provenant des sédiments
de la plaque plongeante. Qui apportent en solution une grande quantité d’éléments incompatibles dissous dans
l’eau. (Le plus souvent les éléments incompatibles sont aussi ceux qui se dissolvent facilement dans l’eau, ce
phénomène est appelé mésosomatose.
d. Cause de la fusion partielle : une hydratation des péridotites par le métamorphisme de la crôute
océanique subductée
Lorsqu’on plonge selon le pendage de la plaque subductée (plan sismique de Bénioff) on constate que l’arc
magmatique se développe à peu près à l’aplomb de la zone où elle atteint 100 km de profondeur. La largeur de
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l’arc est inversement proportionnelle à l’inclinaison du plan de Bénioff, D’où l’hypothèse ancienne que c’est
le métamorphisme de la co provoquée par sa subduction qui libère de l’eau (eau des sédiments + la co, gabbro
basaltique est en effet chargé d’eau de structure qui entre dans la composition des minéraux hydroxylés) par
hydrothermalisme. Cette eau transforme le solidus anhydre de la péridotite en un solidus hydraté qui lui, recoupe
le géotherme moyen : ainsi la péridotite fond.
Moins de 0,4% d’eau dans le milieu péridotitique abaisse de 250°C la température de fusion à 20 kbar. Le CO2
produit le même effet. A cause du flux aqueux provenant des sédiments, la co est serpentinisée.
L’étude du métamorphisme des zones de subduction montre que ces transformations s’accompagnent donc
d’une déshydratation progressive (HP-BT qui traverse les faciès schistes verts, schistes bleus et éclogite
schistes verts (chlorite), bleu (glaucophane qui est moins hydraté qu’une chlorite) puis éclogite (prédominance
de minéraux anhydres (Gt, jadeite = px sodique)).
Cette déshydratation de la plaque plongeante provoque un flux de fluides qui véhiculent avec eux des éléments
solubles hygrophiles et incompatibles qui pénètrent dans le manteau de la plaque chevauchante et l’imprègnent
et la modifient chimiquement et mécaniquement (il devient ductile).
e. Différenciation des termes magmatique par cristallisation fractionnée dans une chambre magmatique
et contamination par assimilation de l’encaissant
Le magmatisme d’arc est marqué par les termes assez riches en SiO2 de la série calcoalcaline (andésites) qui
sont les plus abondants. Ceci est expliqué par deux faits :
Cristallisation fractionnée dans des chambres magmatiques et différenciation particulière par effet
amphibole
La diversité des produits du magmatisme calcoalcalin correspond donc à une différenciation des magmas
primaires basaltiques d’origine mantellique liée à une résidence de ces magmas dans des chambres
intracrustales (traces de cristallisation fractionnée à BP comme l’abondance de phénocristaux de plagioclases
dans les andésites par exemple) qui est compatible avec la présence de chambres vers 20 km de profondeur.
Dans ces chambres, la cristallisation fractionnée provoque un enrichissement en silice des magmas résiduels.
Toutefois la cristallisation fractionnée ne permet pas de comprendre pourquoi les produits différenciés sont
volumétriquement si abondants
En conclusion
La fusion partielle du manteau vers 100 km du manteau à l’aplomb du plan Bénioff
Contribution de la plaque subductée en cours de déshydratation par deux mécanismes :
Abaissement de la température de fusion (hydratation)
Pollution de la source (contamination par assimilation)
Influence de la croûte traversée : ralentissement de la montée des magmas différenciation par
cristallisation fractionnée dans la chambre + contamination par assimilation de l’encaissant.
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3. Le magmatisme granitique associé au métamorphisme dans les zones de collision, voir support 3
La carte géologique de la France montre que les granites sont abondants dans les massifs anciens décapés par
l’érosion : massif central, massif armoricain, Vosges constitués d’affleurements de granites d’âge et de forme
variés associées étroitement a métamorphisme et à des roches sédimentaires plissées. Les racines des chaînes de
montagne sont donc riches en granites.
Comment naissent les magmas granitiques dans le contexte de collision ?
Le massif de Flamanville
Typique d’une intrusion d’un granite dans des roches sédimentaires n’ayant subi au préalable aucun
métamorphisme.
Nord du massif armoricain, façade occidentale du Cotentin. 8km/4km. Traverse des terrains sédimentaires plissés
et leur impose une auréole de métamorphisme de contact. liquide granitoïde à forte viscosité venant des
profondeurs, traverse des terrains, déforme et repousse les assises de l’encaissant, racle les parois en entrainant
des enclaves.
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Au sommet de la croûte l’ensemble basaltique déjà décrit (complexe filonien dyke et pillow lavas).
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Une couche basaltique : le basalte est une roche peu acide (pauvre en Silice <53%) basique (riche
en bases comme Mg2+, Fe2+, Ca2+) de structure microlitique pyrox plagio oxydes, un peu d’ol)
cette couche est subdivisée en 2 :
Au sommet des laves en coussin (pillow lavas) dues à l’épanchement sous-marin de la
lave qui se fige au contact de l’eau et s’écoule dans des sortes de tubes qui s’allongent : les
pillows de dimension métrique. Ce sont des coussins convexes vers le haut et de base
pédonculée, ils ont un cœur compact et une écorce obtenue par un phénomène de trempe qui
est de nature vitreuse avec des bulles de gaz figées.
Plus bas un ensemble de filons (dykes) presque verticaux, se recoupent les uns les autres.
Ils représentent le chemin suivi par la lave le long de fractures jusqu’à la surface. Les cristaux
de la bordure des dykes basaltiques sont plus petits que ceux de l’axe des dykes
(refroidissement plus lent).
Une couche de gabbros c'est-à-dire de roches de même composition globale que les basaltes
mais entièrement composait de gros cristaux (structure grenue plagio + pyrox) donc dus au
refroidissement lent du magma en profondeur. En haut de la couche les gabbros sont isotropes, à
la base ils sont lités (couches de pyrox et couche de plagio), plus bas, les lits de plagio deviennent
de plus en plus rares et les lits de pyroxènes s’enrichissent en olivine si bien qu’on passe des
gabbros lités aux péridotites litées.
Un plancher de péridotites pouvant représenter le manteau (lité puis tectonisé), roches
ultrabasiques (riches Mg 45%MgO) pauvres en silice (<45%Si0) : structure grenue : olivine + opx
+ cpx + une petite phase alumineuse comme plagioclases.
Dans le cas normal, le géotherme et le solidus ne se recoupent pas, à priori le déplacement du géotherme est causé
par la diminution de la pression à température constante (décompression adiabatique). La convection
ascendante de la péridotite modifie le géotherme.
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Les conséquences de la convection ascendante sur le relief de la dorsale sont son bombement puis sa subsidence
thermique
Toutes ces affirmations (degré de fusion, profondeur de ségrégation…) sont surtout issues d’études de pétrologie
expérimentale qu’on va préciser mais on note que l’on peut également détecter cette fusion partielle sur le terrain
par des méthodes géophysiques :
-La vitesse et la qualité de la propagation des ondes diminue sous la dorsale sur un domaine mal cerné de
quelques dizaines de km de rayon
-La conductivité électrique du manteau y est également supérieure à la normale ce qui confirme la présence
d’une phase liquide
-De plus on peut aussi en observer des traces dans les ophiolites sous forme de lentilles de basalte restées sur
place au sein des péridotites.
La convection ascendante et la fusion partielle de la péridotite sont deux processus qui s’entretiennent
mutuellement :
La fusion partielle diminue la densité donc augmente la poussée d’Archimède que subit la péridotite et ainsi
accélère la convection. En retour cette accélération augmente la fusion partielle.
On a pu simuler par des modèles numériques la convection de la péridotite en cours de fusion. On montre ainsi
que vers 40km de profondeur la péridotite en cours de fusion partielle devient instable et s’échappe vers le haut
très rapidement, sous forme de dômes étroits nommés diapirs. À leur base ils n’ont pas plus d’une dizaine de km
de large soit 10 fois moins que la convection ascendante profonde ce qui permet de comprendre pourquoi est
ainsi focalisé dans une bande étroite la production de magma, la convection est ainsi devenue discontinue
longitudinalement et on pense que c’est ce qui permet à chaque segment de dorsale d’être alimenté en magma.
Les mécanismes de fusion partielle et d’ascension sont décrits plus haut (voir aussi diagramme des phases des
lherzolites) ! résumons ici quelques données :
La fusion de la lherzolite dans la nature et naissance d’un liquide basaltique: le premier liquide formé a
toujours une composition basique correspondant à un jus basaltique. La fusion partielle appauvrit la roche-mère
en phase alumineuse et en cpx. Les minéraux restant comme les olivines et opx constituent un résidu de fusion
qui forme une harzburgite qu’on trouve à la base des lithosphères océaniques issues de dorsales rapides. À la base
des ophiolites correspondant à des dorsales lentes on n’observe pas d’harzburgite mais des lherzolite appauvries
car l’extraction est moindre, plus faible taux de fusion partielle.
Extraction et migration ascendante du magma (par percolation et fracturation) jusqu’à une chambre
magmatique : la fusion partielle commence là où la température du solidus est minimale, càd là où le
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maximum de phases minérales sont en contact. Les premières gouttes de magma apparaissent aux jonctions entre
minéraux. (Sommets des polyèdres puis s’étendent aux arêtes). Les liquides qui apparaissent aux joints ne sont
pas contigus pour de faibles taux de fusion et ne peuvent s’échapper au début.
À partir d’un certain taux de fusion ils deviennent contigus et comme ils sont moins denses que les minéraux
environnants (densité magma basaltique 2,9 par rapport à manteau 3,3), ils subissent une percolation ascendante.
Les magmas se rejoignent et forment des lentilles de liquide basaltiques dans les lherzolites si l’extraction du
liquide produit un volume trop faible (2 à 7%) qui reste prisonnier (filons de gabbros dans péridotite ou verre
dans péridotite.
L’extraction du magma se poursuit à la faveur de failles qui peuvent se former si la pression interne du liquide
dépasse le seuil de rupture de la péridotite, ce phénomène est nommé phénomène de fracturation hydraulique.
La montée du magma est donc un phénomène focalisé, rapide et périodique bien qu’il soit provoqué au départ
par une convection du manteau à l’état solide qui est au moins en profondeur large lente et continue.
La fusion commence dans le champ des lherzolites à grenat 70km, à partir du moment où la fusion commence
dans le diapir lherzolitique, le contraste de densité entre le diapir et l’asthénosphère environnante augmente ce
qui accélère la remontée du diapir en surface. En fonction de la vitesse d’accrétion des dorsales on distingue deux
types extrêmes de dorsales : rapides et lentes (voir support 5).
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A B
Fig.1-a: Résultats de forages et d'explorations sous-marines au voisinage de l'axe de la dorsale Atlantique centrale (Faille
de Vema)
A. Les points 1 à 7 correspondent à des sites où des péridotites mantelliques ont été draguées ou forées. Les
colonnes correspondent aux sites de forage indiqués sur la carte.
B. Comparaison de la composition chimique entre deux roches magmatiques et une péridotite (ophiolitique
Harzburgitique).
Légendes : 1 = serpentinites, 2 = amphibolites, 3 = gabbros, 4 = complexe filonien (dykes de diabase), 5 = laves en coussins.
Fig.1-b : Composition chimique pondérale exprimée en pourcentage d’oxydes de trois roches Basalte, Péridotite fertile de type
Lherzolite et péridotite résiduelle de type Harzburgite, appartenant à la lithosphère océanique.
Fig.1: Influence de la fusion incongruante et la teneur en élements compatibles et incompatibes sur la composition chimique des
magmas (Basaltes) et des solides résiduels (Péridotites)
On parle de fusion incongruente quand le liquide obtenu n’a pas la même composition que la roche de départ.
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-Diminution de la pression à
température constante
(décompression adiabatique)
-Déplacement le solidus en
intégrant un fondant comme par
exemple l’eau.
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Marges actives
Points chauds
Fig.10: Représentation
schématique du cheminement
du magma en
fonction du contexte tectonique
(Cas et WrighT, 1988)
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Cratère et sommet de la
colonne magmatique
coulée
Cône de cendres
Nuée ardente
Aiguille (Dôme)
Lac de laves
Cône de débris
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