LE COMMENTAIRE LITTÉRAIRE
Le commentaire a pour objectif de rendre compte du sens d’un texte en étudiant comment ce dernier est construit à
partir de procédés d’écriture que mobilise l’auteur.
Un texte littéraire est comme un oignon : il est formé de couches successives.
Il vous revient donc de « peler » l’oignon, en faisant une première partie plutôt descriptive et une deuxième partie
faisant apparaître ce qui est « caché » au cœur du texte, ce qui est en décalage avec ce que le lecteur attend...
LECTURE ET COMPRÉHENSION DU TEXTE
Il est tout d’abord impératif de s’assurer d’avoir parfaitement compris le texte.
Il faut donc le lire au moins deux fois et s’intéresser au vocabulaire qui pose problème, en essayant l’éclaircir grâce au
contexte.
Bien souvent, ce vocabulaire est riche du point de vue de l’interprétation.
LES PREMIÈRES IMPRESSIONS SUR LE TEXTE
Commencez par rédiger au brouillon une rapide présentation du texte, en une ou deux phrases.
Exemple : « Ce passage est l’incipit d’un roman » / « Ce texte est un poème d’amour malheureux » / « Cet extrait est une scène de
dispute »…
Notez ensuite au brouillon vos premières impressions sur le texte : ce que le texte vous inspire, l’effet qu’il produit
sur vous.
Pour cela, vous pouvez vous appuyer sur :
Le genre du texte et son sous-genre
Les registres qu’il met en œuvre, c’est-à-dire les effets qu’il cherche à produire sur le lecteur (le faire rire, l’émouvoir,
l’indigner…)
Les thèmes et les champs lexicaux
La structure du texte
L’époque, le mouvement littéraire…
À partir de ces impressions, on fait émerger 2 ou 3 PARTIES (ou AXES du commentaire).
LE PLAN DÉTAILLÉ
Le commentaire est un exercice d’argumentation : vous devez convaincre le correcteur que vous avez compris et su
analyser le sens caché du texte.
Comme toute argumentation, votre devoir doit donc être structuré : il vous faut faire un plan avant de vous lancer
dans la rédaction.
Le plan est composé de 2 À 3 PARTIES.
Chaque partie doit comporter 2 À 3 SOUS-PARTIES.
On trouve ensuite dans chaque sous-partie des ÉLÉMENTS TIRÉS DU TEXTE ET ANALYSÉS.
Exemple de plan, sur « Sensation » de Rimbaud :
I. Un rêve d’adolescent fugueur
A. Le projet d’un départ
B. Un poète vagabond
II. Une union sensuelle avec la nature
A. Privilégier la sensation
B. L’harmonie avec la nature
III. Une apparente simplicité qui ouvre sur l’« infini »
A. Une apparente simplicité
B. De la sensation à la spiritualité
LA DÉMARCHE ARGUMENTATIVE
Les sous-parties doivent étayer la partie, c’est-à-dire prouver qu’elle est pertinente.
Pour cela, elles s’appuient sur un faisceau convergent de PROCÉDÉS LITTÉRAIRES.
Le plan détaillé, pour être un bon support de rédaction, doit être complet :
CITATION → PROCÉDÉ → EFFET PRODUIT, INTERPRÉTATION
/!\ ATTENTION aux TITRES donnés aux parties et sous-parties : ils doivent énoncer très clairement l’idée que l’on cherche à
prouver.
Ces titres seront ensuite transformés dans la copie en PHRASES D’ACCROCHE permettant au correcteur d’établir le plan du
commentaire et de suivre votre raisonnement.
LA RÉDACTION
INTRODUCTION
L’introduction est constituée d’un seul bloc, sans saut de ligne, avec alinéa au début de chaque étape.
1. PRÉSENTATION DU TEXTE
Présenter un texte revient à donner toutes les indications que l’on juge nécessaires : son auteur, son genre voire son sous-
genre, le mouvement littéraire auquel il se rattache, la situation du passage, une présentation rapide de l’extrait …
On s’appuie sur le paratexte (titre, auteur, date, chapô) et sur ses connaissances en histoire littéraire.
2. CARACTÉRISATION DU TEXTE ET PROBLÉMATIQUE D’ÉTUDE
On caractérise le texte en décrivant sa structure, en notant le ou les registres qu’il emploie, en s’interrogeant sur sa ou ses
visées.
De là, on fait émerger une question qui soulève l’intérêt du texte, à laquelle on va répondre en développant les deux
parties du commentaire.
3. ANNONCE DU PLAN
On annonce seulement les 2 ou 3 grandes parties du devoir : le but est de permettre au lecteur de se repérer sans entrer
dans les détails.
LE DÉVELOPPEMENT ET SA PRÉSENTATION
Votre devoir doit être entièrement rédigé (pas de titres !) et doit permettre au lecteur de rétablir le plan du travail
facilement.
Le devoir est composé de GRANDS BLOCS, avec saut de ligne entre chaque bloc et alinéa au début.
Les titres du plan détaillé doivent être transformés en PHRASES D’ACCROCHE en début de partie et de sous-partie. Ces
phrases annoncent l’objet de la partie, ce qu’on va chercher à montrer.
Chaque sous-partie suit le schéma suivant :
Elle est annoncée par une phrase d’accroche qui la présente. Ne pas hésiter à employer des connecteurs logiques
(d’abord, ensuite, de plus, par ailleurs…)
Elle est développée par une série de remarques qui font émerger les procédés d’écriture employés par l’auteur.
Elle est conclue par une brève phrase récapitulative.
CONCLUSION
RÉCAPITULATIF des parties et des sous-parties pour montrer le chemin parcouru depuis l’introduction.
OUVERTURE : on peut, si on en est capable, faire le lien avec une autre œuvre littéraire ou culturelle.
MÉTHODOLOGIE DU COMMENTAIRE LITTÉRAIRE
UN EXEMPLE D’INTRODUCTION
Jouée pour la première fois en 1677, Phèdre, dernière des
tragédies de Racine, frappe les esprits car l’auteur y mêle merveilleux
antique et résonances chrétiennes. Pour se venger de son beau-fils
Étape 1 : Hippolyte, qui refuse son amour et en aime une autre, l’héroïne
présentation du texte éponyme le dénonce auprès de son époux Thésée, qui condamne son
propre fils en invoquant le dieu Neptune. À la scène 6 de l’acte V,
Théramène vient donc faire le récit de la mort du héros alors même
que Thésée se rend compte de son erreur.
Ce récit emprunte la forme d’une tirade. Il est rendu nécessaire
par les exigences de vraisemblance et de bienséance du théâtre
classique : il faut raconter le hors-scène pour informer le lecteur et
Étape 2 : éviter de lui montrer ce qui pourrait le choquer. Centré autour du
caractérisation du texte et problématique combat entre Hippolyte et le monstre, le récit paraît relever ainsi
d’une esthétique épique. La présence du père du prince, muet,
comme la parole élégiaque du père de substitution, Théramène,
invitent cependant à s’interroger sur les finalités réelles du récit.
Après avoir étudié dans un premier temps comment ce récit
Étape 3 : prend la forme d’un récit épique, nous verrons que s’y superpose un
annonce du plan tableau pathétique où éclatent, enfin, les accents d’une déploration
tragique.
MÉTHODOLOGIE DU COMMENTAIRE LITTÉRAIRE
UN EXEMPLE D’INTRODUCTION
Jouée pour la première fois en 1677, Phèdre, dernière des
tragédies de Racine, frappe les esprits car l’auteur y mêle merveilleux
antique et résonances chrétiennes. Pour se venger de son beau-fils
Étape 1 : Hippolyte, qui refuse son amour et en aime une autre, l’héroïne
présentation du texte éponyme le dénonce auprès de son époux Thésée, qui condamne son
propre fils en invoquant le dieu Neptune. À la scène 6 de l’acte V,
Théramène vient donc faire le récit de la mort du héros alors même
que Thésée se rend compte de son erreur.
Ce récit emprunte la forme d’une tirade. Il est rendu nécessaire
par les exigences de vraisemblance et de bienséance du théâtre
classique : il faut raconter le hors-scène pour informer le lecteur et
Étape 2 : éviter de lui montrer ce qui pourrait le choquer. Centré autour du
caractérisation du texte et problématique combat entre Hippolyte et le monstre, le récit paraît relever ainsi
d’une esthétique épique. La présence du père du prince, muet,
comme la parole élégiaque du père de substitution, Théramène,
invitent cependant à s’interroger sur les finalités réelles du récit.
Après avoir étudié dans un premier temps comment ce récit
Étape 3 : prend la forme d’un récit épique, nous verrons que s’y superpose un
annonce du plan tableau pathétique où éclatent, enfin, les accents d’une déploration
tragique.