Cours de Mathématiques MPSI 2024-2025
Cours de Mathématiques MPSI 2024-2025
MPSI
Première partie
Mokhtar Hamdi
Table des matières
Logique, ensembles et modes de raisonnement 5
1.1 Logique propositionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Modes de raisonnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Vocabulaire ensembliste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
Nombres complexes 41
3.1 Le corps C des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.2 L'exponentielle complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.3 Similitudes directes du plan complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Calculs algébriques 55
4.1 Sommes et produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
4.2 Coecients binomiaux et formule du binôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.3 Systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Applications et Relations 65
5.1 Applications entre deux ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.2 Relations binaires sur un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
Primitives et intégrales 97
7.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
7.2 Calcul pratique de primitives et intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Continuité 177
15.1 Dénitions et théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
Dérivabilité 185
16.1 Dénitions et théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
16.2 Théorème des accroissements nis et applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
16.3 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
16.4 Dérivabilité d'une fonction à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
Sommaire
1.1 Logique propositionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Propositions et connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 Quanticateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2 Modes de raisonnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.1 Raisonnement par implication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.2 Raisonnement par contraposée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.3 Raisonnement par l'absurde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.4 Raisonnement par disjonction des cas . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.5 Raisonnement par double implication . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.6 Raisonnement par équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.7 Raisonnement par analyse-synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.8 Raisonnement par récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Vocabulaire ensembliste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.1 Dénitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.2 Ensemble des parties d'un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.3 Opérations sur les ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.4 Produit cartésien d'un nombre ni d'ensembles . . . . . . . . . . 20
Figures
1.1 Diagramme de Venn de l'inclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2 Diagrammes de Venn de l'intersection et de la réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3 Diagrammes de Venn de la diérence et du complémentaire . . . . . . . . . . . . . . . 19
Tables
1.1 Table de vérité de la négation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Table de vérité de la conjonction et la disjonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Table de vérité de l'implication et l'équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
8 1.1 Logique propositionnelle
a) Proposition, négation
Exemple 1.1
1. 3 est un entier naturel est une proposition vraie.
2. π est un nombre rationnel est une proposition fausse.
3. 1 + 2 n'est pas une proposition, en eet cet énoncé n'a pas de valeur de vérité.
Exemple 1.2
1. La négation de 3 est un entier pair est 3 est un entier impair . La première assertion étant fausse,
sa négation est donc vraie.
2. Soit (un ) la suite réelle de terme général un = (−1)n . La négation de (un ) est une suite croissante
est La suite (un ) n'est pas croissante .
La table 1.1 résume la valeur de vérité de la proposition P , la négation de la proposition P , en fonction de
la valeur de vérité de la proposition P .
P P
V F
F V
Table 1.1 : Table de vérité de la négation
Notation
Par convention, on se contente d'écrire P au lieu d'écrire P est une assertion vraie . De même,
on écrit P au lieu d'écrire P est une assertion fausse .
On peut relier des propositions élémentaires pour former de nouvelles proposition. Cette liaison se fait au
biais des connecteurs logiques : conjonction, disjonction, implication et équivalence. Les paragraphes b) et c)
sont consacrés à ces connecteurs logiques.
b) Conjonction, disjonction
Il est désormais possible de résumer les valeurs de vérité de la conjonction et de la disjonction de deux
propositions en fonction de leurs valeurs de vérité dans la table 1.2.
P Q P ∧Q P ∨Q
V V V V
V F F V
F V F V
F F F F
Table 1.2 : Table de vérité de la conjonction et la disjonction
Exemple 1.3 La proposition π est un nombre rationnel et positif est fausse. Par contre, la proposition
π est un nombre rationnel ou positif est vraie.
c) Implication, équivalence
Remarque 1.1
On dit que P est l'hypothèse de l'implication P =⇒ Q et Q est sa conséquence.
Il est également possible d'établir les valeurs de vérité d'une implication et d'une équivalence de deux
propositions en fonction des valeurs de celles-ci dans la table 1.3.
P Q P =⇒ Q P ⇐⇒ Q
V V V V
V F F F
F V V F
F F V V
Table 1.3 : Table de vérité de l'implication et l'équivalence
Exemple 1.4
1. La proposition (π est rationnel) =⇒ (π est positif) est vraie.
2. La proposition (π est irrationnel) =⇒ (π est positif) est vraie.
3. La proposition (π est rationnel) =⇒ (π est négatif) est vraie.
4. La proposition (π est irrationnel) =⇒ (π est négatif) est fausse.
5. La proposition (π est irrationnel) ⇐⇒ (π est négatif) est fausse.
6. La proposition (π est rationnel) ⇐⇒ (π est négatif) est vraie.
Remarque 1.2
L'exemple 1.5 montre qu'une implication et sa réciproque n'ont pas généralement, la même valeur de
vérité ni des valeurs de vérité opposées. Toutefois, nous allons établir plus loin la relation entre les
valeurs de vérité d'une implication et de sa contraposée.
Il est très utile de remarquer que la véracité d'une implication n'entraîne pas la véracité de son hypothèse
ou de sa conséquence. Cependant, si une implication est vraie, alors la véracité de son hypothèse entraîne celle
de sa conséquence et la fausseté de la conséquence implique celle de l'hypothèse. Dans le cas d'une équivalence
vraie, les deux propositions ont la même valeur de vérité, si l'une est vraie ou fausse il en est de même pour
l'autre. Nous pouvons alors introduire la dénition 1.6 :
Dénition 1.6: Condition nécessaire, susante
Soit P et Q deux assertions.
• Si la proposition P =⇒ Q est vraie, on dit que Q est une condition nécessaire pour P et que P
est une condition susante pour Q. On dit aussi que si P , alors Q , que pour P , il faut Q
et que pour Q, il sut P .
• Si la proposition P ⇐⇒ Q est vraie, on dit que P est une condition nécessaire et susante pour
Q. On dit aussi que P si, et seulement si, Q et que pour P , il faut et il sut Q .
Exemple 1.6
A ∨ A ∧ B est une formule propositionnelle qui n'est pas une tautologie.
1.
Notation
Soit P et Q deux formules propositionnelles. Si P ⇐⇒ Q est une tautologie, on note P ∼ Q.
A ∼ A. (1.1)
Ce principe est appelé le principe du tiers exclu.
2. La conjonction et la disjonction sont idempotentes, i.e. :
A ∧ A ∼ A et A ∨ A ∼ A. (1.2)
(A =⇒ B) ∼ A ∨ B. (1.7)
Exercice 1.3 Soient A, B et C trois propositions. Montrer que les formules propositionnelles suivantes sont
des tautologies :
1. (A ∧ (A =⇒ B)) =⇒ B (règle du modus ponens) ;
2. ((A =⇒ B) ∧ (B =⇒ C)) =⇒ (A =⇒ C) (transitivité de l'implication) ;
3. ((A =⇒ C) ∧ (B =⇒ C)) =⇒ ((A ∨ B) =⇒ C) (disjonction de cas).
1.1.2 Quanticateurs
Un ensemble est une collection d'objets appelés éléments de cet ensemble. Si x est un élément d'un ensemble
E , alors on note x ∈ E . Dans la suite de ce paragraphe, E est un ensemble.
Exemple 1.7
1. P(x) : x2 ≥ 0 est un prédicat portant sur la variable x ∈ R. Elle est vraie pour tout x ∈ R.
2. P(n) : 2n ≥ n2 est un prédicat portant sur la variable n ∈ N. P(3) est fausse, mais P(n) est vraie
pour n ∈ {0 , 1 , 2 , 4}.
Dans la suite de ce paragraphe, P est un prédicat sur E .
Dénition 1.9: Quanticateur universel ∀
La proposition ∀x ∈ E, P(x) est vraie si, et seulement si, pour tout élément x de E , l'assertion
P(x) est vraie.
Remarque 1.3
Attention ! Il ne faut pas croire que la négation de ∀x ∈ E, P(x) est ∃x ∈/ E, P(x) .
Exemple 1.9
1. Les propositions ∀x ∈ R+ , ∀y ∈ R− , xy ≤ 0 et ∀y ∈ R− , ∀x ∈ R+ , xy ≤ 0 sont équivalentes.
2. Les propositions ∃x ∈ R+ , ∃y ∈ R− , x < y et ∃y ∈ R− , ∃x ∈ R+ , x < y sont équivalentes.
3. La proposition ∀x ∈ R, ∃y ∈ R, x ≤ y est vraie. Mais La proposition ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, x ≤ y est
fausse.
Ainsi, pour prouver une proposition Q, on cherche une proposition P telle que P et P =⇒ Q soient vraies.
Dans la majorité des cas, on enchaîne plusieurs implications successives pour aboutir au résultat.
Exercice 1.5 Montrer que le carré d'un entier impair est impair.
Remarque 1.5
On sait que :
A ∨ B ∼ A =⇒ B ∼ B =⇒ A .
Ainsi, pour montrer une disjonction A ∨ B , il sut de supposer A et prouver B ou de supposer B et
prouver A.
Pour l'exercice 1.9, on rappelle qu'un nombre entier est dit premier s'il est supérieur ou égal à 2 et si ses
seuls diviseurs positifs sont 1 et lui-même. On rappelle aussi que tout entier supérieur ou égal à 2 admet un
diviseur premier.
Exercice 1.9 Montrer que l'ensemble des nombres premiers est inni.
Exercice 1.10 Montrer que, pour tout entier naturel n, l'entier n(n + 1) est pair.
(A ⇐⇒ B) ∼ (A =⇒ B) ∧ (B =⇒ A).
Pour montrer une équivalence A ⇐⇒ B , on peut donc raisonner en deux temps, en prouvant d'abord
l'implication A =⇒ B , puis sa réciproque B =⇒ A.
Exercice 1.11 Montrer que pour tout x, y ∈ R, x2 + y2 = 0 si, et seulement si, x = y = 0.
Exercice 1.14 Montrer que toute fonction f : R → R est la somme d'une fonction paire et d'une fonction
impaire.
a) Récurrence simple
Dans le théorème 1.4, l'étape 1. s'appelle l'initialisation de la récurrence et l'étape 2. s'appelle l'hérédité.
Dans l'exercice 1.15, on utilise le symbole qui sera introduit dans le chapitre 4.
P
n n n 2
Exercice 1.15 Montrer que pour tout n ∈ N,
n(n+1)
, k2 = n(n+1)(2n+1)
et k3 = n(n+1)
.
P P P
k= 2 6 2
k=0 k=0 k=0
Remarque 1.6
L'étape de l'initialisation 1. du théorème 1.4 est très importante. Par exemple, le prédicat déni, pour
tout entier naturel n, par :
P(n) : n = n + 1
est héréditaire mais pour tout n ∈ N, P(n) est fausse.
b) Récurrence multiple
Dans certains raisonnements par récurrence, la supposition de P(n) n'est pas susante pour établir P(n+1),
il faut de supposer P(n − 1) aussi. Un tel raisonnement se fait comme expliquer dans la proposition 1.5 :
Proposition 1.5: Récurrence double
Soit P un prédicat sur N. S'il existe n0 ∈ N tel que :
1. P(n0 ) et P(n0 + 1) sont vraies,
=⇒ P(n + 2).
2. ∀n ≥ n0 , P(n) ∧ P(n + 1)
Alors pour tout n ≥ n0 , P(n) est vraie.
Exercice 1.16 Soit (un )n∈N la suite dénie par u0 = 0 et u1 = 1 et, pour tout n ∈ N, un+2 = un+1 + un .
Montrer que
√ !n √ !n !
1 1+ 5 1− 5
∀n ∈ N, un = √ − .
5 2 2
La proposition 1.6 est une généralisation des principes de récurrences simple et double.
Proposition 1.6: Récurrence d'ordre k
Soient k un entier supérieur ou égal à 2 et P un prédicat sur N. S'il existe n0 ∈ N tel que :
1. P(n0 ), P(n0 + 1), . . . , P(n0 + k − 1) sont vraies,
c) Récurrence forte
Parfois, pour établir P(n + 1) dans un raisonnement par récurrence, il nous faut supposer toutes les
propositions qui la précède. C'est l'objet de la proposition 1.7 :
Proposition 1.7: Récurrence forte
Soit P un prédicat sur N. S'il existe n0 ∈ N tel que :
1. P(n0 ) est vraie,
Exercice 1.17 Soit (un ) la suite dénie par u0 = 1 et, pour tout n ∈ N, un+1 = u0 + · · · + un .
Montrer que pour tout n ∈ N∗ , un = 2n−1 .
Exercice 1.18 Montrer que tout entier supérieur ou égal à 2 se décompose en produit de nombres premiers.
∀x, (x ∈ E ⇐⇒ x ∈ F ).
• On dit que E est inclus dans F , que F contient E , ou que E est une partie de F et on note E ⊂ F
si, et seulement si, tout élément de E est un élément de F , i.e. :
∀x, (x ∈ E =⇒ x ∈ F ).
F E
E⊂F
Exemple 1.11
1. Pour tout ensemble E , E ⊂ E et ∅ ⊂ E .
2. N ⊂ Z ⊂ D ⊂ Q ⊂ R ⊂ C.
3. L'ensemble des isométries du plan est inclus dans l'ensemble des transformations du plan.
Remarque 1.7
Attention à ne pas confondre inclusion et appartenance. Par exemple, les propositions 2 ∈ N et {2} ⊂ N
sont vraies contrairement aux propositions 2 ⊂ N et {2} ∈ N.
Remarque 1.8
On peut dénir un ensemble de deux manières :
1. Soit en extension, en listant tous ses éléments entre deux accolades. Exemple : {0 , 1 , 2}. Il est
évident que l'ordre n'est pas important.
2. Soit en compréhension, en donnant une propriété P qui soit vériée par tous les éléments de
cet ensemble et seulement par eux. Par exemple, l'ensemble des entiers relatifs impairs peut être
et
∀A, (A ∈ P(E) ⇐⇒ A ⊂ E).
Exemple 1.12
1. Pour tout ensemble E , on a E ∈ P(E) et ∅ ∈ P(E).
2. N ∈ P(R) et R ∈ P(C).
n o
3. P {1, 2, 3} = ∅, {1}, {2}, {3}, {1, 2}, {1, 3}, {2, 3}, {1, 2, 3} .
Dans la gure 1.2, on représente l'intersection et la réunion par des diagrammes de Venn.
Exemple 1.13
1. N = Z ∩ R+ .
2. Z = {2k + 1 | k ∈ Z} ∪ {2k | k ∈ Z}.
A B A B
A∩B A∪B
• L'intersection des Ai est l'ensemble noté Ai formé par les éléments communs à tous les Ai ,
T
i∈I
i.e. : \
Ai = {x | ∀i ∈ I, x ∈ Ai } .
i∈I
• La réunion des Ai est l'ensemble noté Ai formé par les éléments qui appartiennent au moins
S
i∈I
à l'un des Ai , i.e. : [
Ai = {x | ∃i ∈ I, x ∈ Ai } .
i∈I
A ∩ A = A et A ∪ A = A. (1.13)
7. L'intersection de deux ensembles est inclus dans chacun de ces ensembles, i.e. :
A ∩ B ⊂ A et A ∩ B ⊂ B. (1.19)
9. L'intersection de deux ensembles est égale à l'un d'eux si, et seulement si, celui-ci est inclus dans
l'autre, i.e. :
A ∩ B = B ⇐⇒ B ⊂ A. (1.21)
10. La réunion de deux ensembles est égale à l'un d'eux si, et seulement si, celui-ci contient l'autre,
i.e. :
A ∪ B = B ⇐⇒ A ⊂ B. (1.22)
11. L'intersection et la réunion avec un ensemble donné sont croissantes pour l'inclusion, i.e. :
A ⊂ B =⇒ A ∩ C ⊂ B ∩ C et A ⊂ B =⇒ A ∪ C ⊂ B ∪ C. (1.23)
Remarque 1.9
Si (Ai )i∈I est une famille d'ensembles et B est un ensemble, alors :
! !
(B ∪ Ai ) et B ∩ (1.24)
\ \ [ [
B∪ Ai = Ai = (B ∩ Ai ) .
i∈I i∈I i∈I i∈I
Remarque 1.10
Attention à ne pas confondre deux ensembles disjoints (c'est-à-dire deux ensembles qui n'ont aucun
élément en commun) et deux ensembles distincts (c'est-à-dire deux ensembles qui ne sont pas égaux).
E, A
• Soit A une partie d'un ensemble E . Le complémentaire de A dans E est l'ensemble noté ∁A c
E = {x | x ∈ E et x ∈
∁A / A} .
Les diagrammes de Venn de la diérence et du complémentaire sont démontrés dans la gure 1.3.
Proposition 1.10
Soit A et B deux parties d'un ensemble E . On a :
∁A
E =E\A et A \ B = A ∩ ∁B
E.
A B E
A\B ∁A
E
E = E et A ∩ ∁E = ∅ ;
A ∪ ∁A A
3.
∁A∪B E ∩ ∁E et ∁E
= ∁A E ∪ ∁E (lois de Morgan) ;
B A∩B
4. E = ∁A B
E ⊂ ∁E ;
A ⊂ B ⇐⇒ ∁B A
5.
E ⇐⇒ B ⊂ ∁E .
A ∩ B = ∅ ⇐⇒ A ⊂ ∁B A
6.
Remarque 1.11
Si (Ai )i∈I est une famille de parties d'un ensemble E , alors :
et
\ [ [ \
Ai = Ai Ai = Ai .
i∈I i∈I i∈I i∈I
Exemple 1.14
1. Si A est une partie d'un ensemble E , alors A et ∁A
E forment un recouvrement disjoint de E .
2. Si A est une partie non vide et stricte d'un ensemble E , alors A et ∁A
E forment une partition de E .
3. 2Z et 2Z + 1 forment une partition de Z, de même que 3Z, 3Z + 1 et 3Z + 2.
Notation
Si E1 = E2 = · · · = En = E , on note E n au lieu de E × E × · · · × E .
Exemple 1.15
1. R2 est l'ensemble des couples de réels, R3 est l'ensemble des triplets de réels.
{1, 2} × {a, b, c} = (1, a), (1, b), (1, c), (2, a), (2, b), (2, c) .
2.
Remarque 1.12
• Deux n-uplets (x1 , x2 , . . . , xn ) et (y1 , y2 , . . . , yn ) sont égaux si, et seulement si, xi = yi pour tout
i ∈ [[1, n]]. En particulier (1, 2) ̸= (2, 1).
• Il ne faut pas confondre l'ensemble {x1 , x2 , . . . , xn } et la n-uplet (x1 , x2 , . . . , xn ). Dans le cas des
ensembles, contrairement aux n-uplets, l'ordre n'est pas important et la répétition ne compte pas.
Sommaire
2.1 Opérations dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.1.1 Rappels sur les ensembles des nombres entiers et rationnels . . . 22
2.1.2 Propriétés des opérations dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Ordre dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.1 Relations d'ordre sur N, Z, D et Q . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.2 Relation d'ordre sur R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.3 Équations et inéquations dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.3.1 Principe de résolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.3.2 Équations et inéquations du premier degré . . . . . . . . . . . . . 28
2.3.3 Équations et inéquations du second degré . . . . . . . . . . . . . 29
2.4 Valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.4.1 Dénition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.4.2 Maximum et minimum de deux réels, parties positive et négative
d'un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.5 Racine carrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.6 Partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.7 Trigonométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.7.1 Congruence modulo un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.7.2 Cosinus et sinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.7.3 Tangente et cotangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Figures
2.1 Cosinus et sinus d'un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.2 Résolution graphique des équations cos(a) = cos(b) et sin(a) = sin(b) . . . . . . . . . . 36
2.3 Détermination graphique de la tangente d'un angle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.4 Résolution graphique de l'équation tan(a) = tan(b) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Tables
2.1 Cosinus et sinus des angles remarquables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2 Tangente et cotangente des angles remarquables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
24 2.1 Opérations dans R
a + b = 0 ⇐⇒ a = b = 0,
a × b = 1 ⇐⇒ a = b = 1
et a × b = 0 ⇐⇒ (a = 0 ou b = 0) .
On note Z∗ = Z \ {0}. On munit Z d'une addition interne, commutative et associative et d'une multipli-
cation interne, commutative, associative et distributive par rapport à l'addition. Dans Z, 0 est l'élément
neutre de l'addition et 1 est l'élément neutre de la multiplication. Pour tout entier relatif a, il existe un
et un seul entier relatif b tel que a + b = b + a = 0, c'est l'entier −a appelé opposé de a. Par ailleurs,
pour tous a, b ∈ Z,
a × b = 1 ⇐⇒ (a = b = 1 ou a = b = −1)
et a × b = 0 ⇐⇒ (a = 0 ou b = 0) .
On dit que (Z, +) est un groupe abélien et que (Z, +, ×) est un anneau commutatif intègre, dont le
groupe des unités (éléments inversibles) est ({−1, 1}, ×).
3. L'ensemble des nombres décimaux relatifs
n p o
D= (p, n) ∈ Z × N .
10n
On note D∗ = D \ {0}. On munit D d'une addition interne, commutative et associative et d'une multipli-
cation interne, commutative, associative et distributive par rapport à l'addition. Dans D, 0 est l'élément
neutre de l'addition et 1 est l'élément neutre de la multiplication. Pour tout nombre décimal a, il existe
un et un seul nombre décimal b tel que a + b = b + a = 0, c'est le nombre −a appelé opposé de a. Par
ailleurs, pour tous a, b ∈ D,
a × b = 0 ⇐⇒ (a = 0 ou b = 0) .
On dit que (D, +) est un groupe abélien et que (D, +, ×) est un anneau commutatif intègre.
4. L'ensemble des nombres rationnels
p
Q= (p, q) ∈ Z × N∗ et p ∧ q = 1 .
q
On note Q∗ = Q \ {0}. On munit cet ensemble d'une addition interne, commutative et associative et
d'une multiplication interne, commutative, associative et distributive par rapport à l'addition. Dans Q,
1. Les termes interne, commutative, associative etc. sont dénis dans la section 2.1.2.
0 est l'élément neutre de l'addition et 1 est l'élément neutre de la multiplication. Pour tout nombre
rationnel a, il existe un et un seul nombre rationnel b tel que a + b = b + a = 0, c'est le nombre −a appelé
opposé de a. Pour tout nombre rationnel non nul a, il existe un et un seul nombre rationnel b tel que
a × b = b × a = 1, c'est le nombre a1 appelé inverse de a. Par ailleurs, pour tous a, b ∈ Q,
a × b = 0 ⇐⇒ (a = 0 ou b = 0) .
On dit que (Q, +) et (Q∗ , ×) sont des groupes abéliens et que (Q, +, ×) est un corps commutatif.
∀a, b, c ∈ R, a + (b + c) = (a + b) + c;
∀a ∈ R, a + 0 = 0 + a = a;
∀a ∈ R, ∃!b ∈ R, a + b = b + a = 0;
∀a, b, c ∈ R, a + b = a + c ⇐⇒ b = c.
On dit que (R , +) est un groupe abélien.
∀a, b ∈ R, a × b = b × a;
∀a ∈ R∗ , ∀b, c ∈ R, a × b = a × c ⇐⇒ b = c;
• Un produit de réels est nul si, et seulement si, l'un de ses facteurs est nul, i.e. :
∀a, b ∈ R, a × b = 0 ⇐⇒ (a = 0 ou b = 0) .
On dit que (R , ×) est un groupe abélien et que (R , + , ×) est un corps commutatif.
∗
∀a, b ∈ D, a ≤ b ⇐⇒ b − a ∈ D+ .
4. On note
p
Q+ = (p , q) ∈ Z+ × N et p ∧ q = 1
∗
q
et
p
Q− = (p , q) ∈ Z− × N et p ∧ q = 1 .
∗
q
On munit Q de la relation inférieur ou égal notée ≤ et dénie par :
∀a, b ∈ Q, a ≤ b ⇐⇒ b − a ∈ Q+ .
Ces quatre relations sont réexives, antisymétriques et transitives (voir les dénitions dans la section 2.2.2), on
dit qu'elles sont des relations d'ordre. De plus, la relation ≤ sur Q prolonge la relation ≤ sur D qui prolonge,
à son tour, la relation ≤ sur Z qui est aussi un prolongement de la relation ≤ sur N. Les autres propriétés de
ces relations ne sont pas étudiées ici, on se contente de l'étude de la relation d'ordre sur R prolongeant ces
relations qui sera dénie dans la section 2.2.2.
∀a, b ∈ R+ , a + b ∈ R+ et ∀a, b ∈ R− , a + b ∈ R− ;
• Q+ ⊂ R+ et Q− ⊂ R− ;
• R+ ∪ R− = R et R+ ∩ R− = {0} ;
• Si x, y ∈ R+ , alors xy ∈ R+ , si x, y ∈ R− , alors xy ∈ R+ et si x ∈ R+ et y ∈ R− , alors xy ∈ R− (Règle
des signes ).
Dénition 2.2: Relation d'ordre sur R
On munit R de la relation inférieur ou égal notée ≤ et dénie par :
∀x, y ∈ R, x ≤ y ⇐⇒ y − x ∈ R+ .
Si x et y sont deux réels tels que x ≤ y , on dit que x est inférieur ou égal à y ou que y est supérieur ou
égal à x. On note aussi y ≥ x.
Lemme 2.1
Pour tout réel x,
x ∈ R+ ⇐⇒ −x ∈ R− et x ∈ R− ⇐⇒ −x ∈ R+ .
Remarque 2.1
On note par R∗+ (respectivement R∗− ) l'ensemble R+ \{0} (respectivement R− \{0}) des réels strictement
positifs (respectivement strictement négatifs).
∀x, y, z ∈ R, x ≤ y =⇒ x + z ≤ y + z; (2.5)
4. ≤ est compatible avec la multiplication, c'est-à-dire qu'elle vérie les deux propriétés suivantes :
∀x, y, z ∈ R, (x ≤ y et 0 ≤ z) =⇒ xz ≤ yz (2.6)
∀x, y, z ∈ R, (x ≤ y et z ≤ 0) =⇒ xz ≥ yz; (2.7)
Remarque 2.2
On résume les propriétés 1., 2., 3. et 4. de la proposition 2.2 en disant que le corps commutatif R est
totalement ordonné.
En pratique, la manipulation des inégalités est régie par les propriétés citées dans le corollaire 2.3.
Corollaire 2.3: Manipulation des inégalités
1. ∀x, y, z ∈ R, x ≤ y ⇐⇒ x + z ≤ y + z et x < y ⇐⇒ x + z < y + z ;
2. ∀x, y ∈ R, ∀z ∈ R∗+ ,x ≤ y ⇐⇒ xz ≤ yz et x < y ⇐⇒ xz < yz ;
3. ∀x, y ∈ R, ∀z ∈ R∗− ,x ≤ y ⇐⇒ xz ≥ yz et x < y ⇐⇒ xz > yz ;
4. Si x et y sont deux réels non nuls et de même signe, alors :
1 1 1 1
x ≤ y ⇐⇒ ≥ et x < y ⇐⇒ > ;
x y x y
Remarque 2.3
L'ensemble vide est un intervalle de R.
Proposition 2.4
Soit a et b deux réels tels que a ≤ b. Les ensembles suivants sont des intervalles :
a, b = x∈R a≤x≤b a, +∞ = x ∈ R a≤x
a, b = x∈R a<x≤b a, +∞ = x ∈ R a<x
a, b = x∈R a≤x<b − ∞, b = x ∈ R x≤b
a, b = x∈R a<x<b − ∞, b = x ∈ R x<b ,
R = − ∞, +∞ .
Remarque 2.4
Nous allons montrer plus tard qu'un intervalle de R s'écrit nécessairement sous l'une des formes citées
ci-haut.
x −∞ − ab +∞
b
x+ a
− 0 +
ax + b signe de − a 0 signe de a
Exercice 2.2
1. Résoudre dans R les équations suivantes :
a) 3x−2
6x+1 2x
= x+4 ;
b) (x − 1)(3x − 2) − x2 + 1 = 0 ;
c) m(x + 1) − m + 1 = (m2 − 1)x + m où m est un paramètre réel.
2. Résoudre dans R les inéquations suivantes :
a) x−1
x+1
x+1 ;
≤ x+3
b) x > 1 ;
x−1
x = − 2a comme unique solution dans R et le trinôme ax2 + bx + c est du signe de a pour tout x ∈ R.
b
√ √
∆ > 0 : Dans ce cas ax2 +bx+c = a x + b+2a ∆ x + b−2a ∆ pour tout réel x. Donc l'équation ax2 +bx+c = 0
√ √
admet deux solutions réelles distinctes x1 = −b−2a
∆
et x2 = −b+2a ∆ et le signe du trinôme ax2 + bx + c
en fonction des valeurs de x est donné par le tableau de signe suivant :
x −∞ xmin xmax +∞
où xmin et xmax sont respectivement la plus petite et la plus grande solution de l'équation ax2 +bx+c = 0.
Exercice 2.3
1. Résoudre dans R les équations suivantes :
a) (1 − 3x)(4x + 7) = 2 ;
b) x2 − 2mx + m2 − 4 = 0 où m est un paramètre réel ;
c) x1 + x+2
1
= 3.
2. Résoudre dans R les inéquations suivantes :
a) (1 − 3x)(4x + 7) ≤ 2 ;
b) (mx + 1)(3x + 5) < 0 où m est un paramètre réel.
2. −|x| ≤ x ≤ |x| ;
3. |x| = 0 ⇐⇒ x = 0 ;
Proposition 2.7
• Pour tout réel x, |x| = max(x, −x) ;
• Pour tous réels x et y ,
x + y + |x − y| x + y − |x − y|
max(x, y) = et min(x, y) = .
2 2
Exercice 2.5 Donner en fonction des réels x, y et z l'expression de max(x, y, z) le plus grand de ces trois
réels.
Dénition 2.8: Parties positive et négative d'un réel
Soit x un réel. On appelle partie positive (respectivement partie négative) de x et on note x+ (respecti-
vement x− ) le réel positive x+ = max(x, 0) (respectivement x− = max(0, −x)).
Remarque 2.6
La partie négative d'un réel est un réel POSITIVE !
Proposition 2.8
Soit x un réel.
(
si x ≥ 0
(
x −x si x ≤ 0
• x+ = et x− = .
0 sinon 0 sinon
• x = x+ − x− et |x| = x+ + x− .
√ √
9. a< b ⇐⇒ 0 ≤ a < b ;
√
10. a = b ⇐⇒ b ≥ 0 et a = b2 ;
√
11. a ≤ b ⇐⇒ b ≥ 0 et 0 ≤ a ≤ b2 ;
√
12. a < b ⇐⇒ b > 0 et 0 ≤ a < b2 ;
√ √
13. Si b ≥ 0, alors : a ≥ b ⇐⇒ a ≥ b2 et a > b ⇐⇒ a > b2 ;
√ √
14. si b < 0, alors : a ≥ b ⇐⇒ a ≥ 0 et a > b ⇐⇒ a ≥ 0.
Remarque 2.7
Soit x un réel. ⌊x⌋ est le plus grand entier relatif inférieur ou égal à x.
Exemple 2.3 On a :
⌊0.3 + 0.5⌋ = ⌊0.8⌋ = 0 = 0 + 0 = ⌊0.3⌋ + ⌊0.5⌋,
mais :
⌊0.3 + 0.9⌋ = ⌊1.2⌋ = 1 ̸= 0 + 0 = ⌊0.3⌋ + ⌊0.9⌋.
Remarque 2.8
Comme le montre l'exemple 2.3, si x, y ∈ R \ Z, alors l'égalité ⌊x + y⌋ = ⌊x⌋ + ⌊y⌋ est en général fausse.
Exercice 2.7 (Partie entière supérieure) Pour tout x ∈ R, on dénit la partie entière supérieure de x
par : ⌈x⌉ = −⌊−x⌋. Montrer que :
1. ∀x ∈ R, ∀n ∈ Z, ⌈x⌉ = n ⇐⇒ n − 1 < x ≤ n ⇐⇒ x ≤ n < x + 1.
2. ∀x ∈ Z, ⌈x⌉ = ⌊x⌋ = x.
3. ∀x ∈ R \ Z, ⌈x⌉ = ⌊x⌋ + 1.
2. x = ⌊x⌋ + {x}.
3. ∃!(n, d) ∈ Z × [0, 1[, x = n + d.
4. {x + 1} = {x}.
2.7 Trigonométrie
2.7.1 Congruence modulo un réel
Notation
Soit a, b, α ∈ R.
• L'ensemble b + kα | k ∈ Z est noté b + αZ. Ainsi, a ≡ b [α] si, et seulement si, a ∈ b + αZ.
Exemple 2.4
1.
2021π
4 ≡ − 3π
4 [2π] ;
2020π
2. − 6 ≡ π3 [π].
a) réexive i.e. :
∀a ∈ R, a≡a [α], (2.14)
b) symétrique i.e. :
∀a, b ∈ R, a≡b [α] =⇒ b ≡ a [α], (2.15)
c) transitive i.e. :
∀a, b, c ∈ R, (a ≡ b [α] et b ≡ c [α]) =⇒ a ≡ c [α]; (2.16)
Remarque 2.9
La réciproque de l'implication de la propriété 4. de la proposition 2.12 est fausse, en eet − π2 ≡ π
2 [π]
mais − π2 ̸≡ π2 [2π].
Le tableau 2.1 donne les valeurs du cosinus et du sinus de quelques angles remarquables :
π π π π
a 0 6 4 3 2 π
√ √
3 2 1
cos(a) 1 2 2 2 0 −1
√ √
1 2 3
sin(a) 0 2 2 2 1 0
Table 2.1 : Cosinus et sinus des angles remarquables
M
sin(a)
O cos(a) 1 x
cos(2a) = cos2 (a) − sin2 (a) = 2 cos2 (a) − 1 = 1 − 2 sin2 (a) (2.27)
sin(2a) = 2 sin(a) cos(a) (2.28)
4. Formules de linéarisation :
1
cos(a) cos(b) = (cos(a − b) + cos(a + b)) (2.29)
2
1
sin(a) sin(b) = (cos(a − b) − cos(a + b)) (2.30)
2
1
cos(a) sin(b) = (sin(a + b) − sin(a − b)) (2.31)
2
5. Formules de factorisation :
a+b a−b
cos(a) + cos(b) = 2 cos cos (2.32)
2 2
a+b a−b
cos(a) − cos(b) = −2 sin sin (2.33)
2 2
a+b a−b
sin(a) + sin(b) = 2 sin cos (2.34)
2 2
a+b a−b
sin(a) − sin(b) = 2 cos sin (2.35)
2 2
En particulier,
∀n ∈ Z, cos(nπ) = (−1)n et sin(nπ) = 0.
Pour résoudre des équations ou des inéquations comportant des cosinus et des sinus on se base sur l'obser-
vation du cercle trigonométrique sans oublier le modulo 2π , en particulier :
Proposition 2.15
Soit a, b ∈ R.
a ≡ b
[2π]
cos(a) = cos(b) ⇐⇒ ou
a ≡ −b [2π]
et
a ≡ b
[2π]
sin(a) = sin(b) ⇐⇒ ou .
a≡π−b [2π]
La gure 2.2 visualise la méthode de résolution graphique des équations de la proposition 2.15.
y y
π−a
a a
−a x x
Figure 2.2 : Résolution graphique des équations cos(a) = cos(b) et sin(a) = sin(b)
2. sin(2x) = √1
2
.
3. sin(x) ≤ −21
.
4. sin(x) > sin(3x).
sin(a)
tan(a) = .
cos(a)
Graphiquement, on détermine la tangente d'un angle comme indiqué dans la gure 2.3.
y
tan(a)
M
sin(a)
O cos(a) 1 x
Le tableau 2.2 donne les valeurs de la tangente et de la cotangente de quelques angles remarquables :
Proposition 2.16: Formulaire trigonométrique (suite)
Soit a, b ∈ R. Lorsque cela a un sens, on a :
π π π π
a 0 6 4 3 2 π
√
tan(a) 0 √1 1 3 ✕ 0
3
√
cotan(a) ✕ 3 1 √1 0 ✕
3
1. Symétries :
1 1
tan(a) = cotan(a) = (2.36)
cotan(a) tan(a)
tan(−a) = − tan(a) cotan(−a) = − cotan(a) (2.37)
tan(a + π) = tan(a) cotan(a + π) = cotan(a) (2.38)
π π
tan − a = cotan(a) cotan − a = tan(a) (2.39)
2
π 2
π
tan + a = − cotan(a) cotan + a = − tan(a) (2.40)
2 2
2. Formules d'addition :
1 − t2 2t
cos(a) = , sin(a) = . (2.42)
1 + t2 1 + t2
• Si a ∈ π
+ πZ et si t = tan a
, alors :
/ (π + 2πZ) ∪ 2 2
2t
tan(a) = . (2.43)
1 − t2
Pour résoudre des équations ou des inéquations comportant des tangentes on se base sur l'observation du
cercle trigonométrique sans oublier le modulo π , en particulier :
Proposition 2.18
Pour tous a, b ∈ R \ π
+ πZ , on a :
2
π+a
a
x
Sommaire
3.1 Le corps C des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.1.2 Conjugué et module d'un nombre complexe . . . . . . . . . . . . 44
3.1.3 Équations du second degré dans C . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.2 L'exponentielle complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.2.1 Le groupe unité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.2.2 Argument et forme trigonométrique d'un nombre complexe non nul 48
3.2.3 Racines n-ièmes d'un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.2.4 Exponentielle d'un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.3 Similitudes directes du plan complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Figures
3.1 Interprétation géométrique des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.2 Interprétation géométrique de la conjugaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.3 Interprétation géométrique de l'argument et du module d'un nombre complexe non nul 49
3.4 Pentagone régulier formé par les images des racines 5-ièmes de l'unité . . . . . . . . . 50
3.5 Illustration du fait que h ◦ r = r ◦ h . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
44 3.1 Le corps C des nombres complexes
Remarque 3.1
La partie imaginaire d'un nombre complexe est un nombre réel !
En particulier,
⋆ z = 0 ⇐⇒ Re(z) = 0 et Im(z) = 0 ,
⋆ z ∈ R ⇐⇒ Im(z) = 0,
⋆ z ∈ iR ⇐⇒ Re(z) = 0.
• z + z ′ = Re(z) + Re(z ′ ) + i (Im(z) + Im(z ′ )), c'est-à-dire que :
Re(z + z ′ ) = Re(z) + Re(z ′ ) et Im(z + z ′ ) = Im(z) + Im(z ′ ).
• zz ′ = Re(z) Re(z ′ ) − Im(z) Im(z ′ ) + i (Re(z) Im(z ′ ) + Im(z) Re(z ′ )), c'est-à-dire que :
Re(zz ′ ) = Re(z) Re(z ′ ) − Im(z) Im(z ′ ) et Im(zz ′ ) = Re(z) Im(z ′ ) + Im(z) Re(z ′ ).
En particulier, si a ∈ R, alors :
Re(az) = a Re(z) et Im(az) = a Im(z)
• Si z ̸= 0, alors :
1 Re(z) Im(z)
z
= 2 2 −i 2 2,
(Re(z)) + (Im(z)) (Re(z)) + (Im(z))
c'est-à-dire que :
1 Re(z) 1 Im(z)
Re = 2 2 et Im =− 2 2.
z (Re(z)) + (Im(z)) z (Re(z)) + (Im(z))
Ces formules restent valables si n ou m est un entier négatif à condition que z et z ′ soient non nuls.
Dans toute la suite, on muni le plan d'un repère orthonormé direct (O, →
−ı , →
−ȷ ).
Dans la gure 3.1, on représente le point M image du nombre complexe z de forme algébrique x + iy .
M (z = x + iy)
y
→
−ȷ
O →
−ı x
Remarque 3.2
• L'axe des abscisses est appelé axe des réels et celui des ordonnées est appelé axe des imaginaires
purs.
Remarque 3.3
1. Si M (z), alors M ′ (z) est le symétrique de M par rapport à l'axe des réels. On dit que la réexion
par rapport à l'axe des réels a pour écriture complexe z ′ = z .
2. De même, si M (z), alors M ′ (−z) est le symétrique de M par rapport à l'axe des imaginaires
purs. On dit que la réexion par rapport à l'axe des imaginaires purs a pour écriture complexe
z ′ = −z .
Dans la gure 3.2, on représente le point M image du nombre complexe z de forme algébrique x + iy .
→
−ȷ
−x O →
−ı x
−y
M ′ (z = x − iy)
• z ∈ R ⇐⇒ z = z et z ∈ iR ⇐⇒ z = −z .
• z + z′ = z + z′.
• zz ′ = zz ′ . En particulier, si α ∈ R, alors : αz = αz .
• Si z ′ ̸= 0, alors : zz′ = zz′ .
• Pour tout n ∈ N, z n = z n . Ce résultat résultat reste valable si n ∈ Z∗− à condition que z soit non
nul.
Remarque 3.4
Si →
−
u (z), alors |z| est la norme du vecteur →
−
u . En particulier, si M (z) et M ′ (z ′ ), alors OM = |z| et
M M = |z − z |.
′ ′
non nul.
• Si z ′ ̸= 0, alors z
z′ = zz ′
|z ′ |2 .
2. ||z| − |z || ≤ |z − z |.
′ ′
Exemple 3.1
1. 0 est l'unique racine carrée complexe de 0.
√ √
2. Si a ∈ R∗+ , alors a et − a sont deux racines carrées complexes de a.
√ √
3. Si a ∈ R∗− , alors i −a et −i −a sont deux racines carrées complexes de a.
4. 1 + i et −1 − i sont deux racines carrées complexes de 2i.
5. 1 − i et −1 + i sont deux racines carrées complexes de −2i.
Si a ∈ R∗+ , alors a2 (1 + i) et − a2 (1 + i) sont deux racines carrées complexes de ai.
p p
6.
q q
7. Si a ∈ R∗− , alors −a2 (1 − i) et − 2 (1 − i) sont deux racines carrées complexes de ai.
−a
Remarque 3.5
1. Si u est une racine carrée complexe d'un nombre complexe z , alors −u l'est aussi.
√
2. L'écriture z n'a de sens que si z est un nombre réel positif.
Proposition 3.6
Tout nombre complexe non nul admet exactement deux racines carrées complexes opposés.
où δ est l'une quelconque des racines carrées complexes du discriminent ∆. La somme de ces deux
solutions est − ab et leur produit est ac .
Proposition 3.9
Soit z, z ′ ∈ C.
1. z ∈ U ⇐⇒ z = z1 .
2. 1 ∈ U.
3. z, z ′ ∈ U =⇒ zz ′ ∈ U.
4. z ∈ U =⇒ 1
z ∈ U.
Remarque 3.6
Les propriétés 2., 3. et 4. de la proposition 3.9 prouvent que U est un sous-groupe de (C∗ , ×).
Exercice 3.3 Soit z et z ′ deux complexes de module 1 avec zz ′ ̸= −1. Montrer que z+z ′
1+zz ′ est réel.
Proposition 3.10
Pour tout z ∈ C, on a :
z = eiθ .
z ∈ U ⇐⇒ ∃θ ∈ R,
Exercice 3.4
1. Linéariser cos3 (x) sin(x).
Corollaire 3.12
Soit z ∈ C∗ .
1. L'ensemble des arguments de z est {θ + 2kπ | k ∈ Z} où θ est un argument quelconque de z .
Remarque 3.7
Soient r ∈ R∗ , θ ∈ R et z = r eiθ . On a :
• Si r > 0, alors : |z| = r et arg(z) ≡ θ [2π].
• Si r < 0, alors : |z| = −r et arg(z) ≡ π + θ [2π].
Proposition 3.14
Soit a, b ∈ R. Il existe A, φ ∈ R tels que :
∀t ∈ R, a cos(t) + b sin(t) = A cos(t − φ).
La gure 3.3 illustre l'interprétation géométrique de l'argument et du module d'un nombre complexe non nul.
y M
|
|z
→
−ȷ arg(z)
O →
−ı x
Figure 3.3 : Interprétation géométrique de l'argument et du module d'un nombre complexe non nul
Corollaire 3.16
Soit A, B et C trois points du plan d'axes respectives a, b et c. Si A est distinct de B et de C , alors :
−−→ −→
c−a
AB, AC ≡ arg ≡ arg (c − a)b − a [2π].
b−a
Exercice 3.6 Trouver, dans chacune des situations ci-dessous, l'ensemble des points M d'axe z vériant
les propriétés suivantes :
1. Les points d'axes 1 + i, z + i et 1 + iz sont alignés ;
En particulier, il y a n racines n-ièmes de l'unité deux à deux distinctes et dont les images sont les
sommets d'un n-gône régulier centré en O et inscrit dans le cercle unité.
Exemple 3.4
1. Les racines carrés de l'unité sont 1 et −1.
Les racines cubiques de l'unité sont 1, e 3 et e 3 . On note j = e 3 et donc j = j 2 = e 3 . Les images
2iπ 4iπ 2iπ 4iπ
2.
de ces racines forment un triangle équilatéral centré en O et inscrit dans le cercle unité.
3. Les racines quatrièmes de l'unité sont 1, −1, i et −i. Les images de ces racines forment un carré centré
en O et inscrit dans le cercle unité.
Les images des racines 5-ièmes de l'unité forment un pentagone régulier centré en O et inscrit dans le cercle
trigonométrique (voir la gure 3.4).
y
M1
M2
O M0 x
M3
M4
Figure 3.4 : Pentagone régulier formé par les images des racines 5-ièmes de l'unité
z0 Un = {z0 ω | ω ∈ Un } .
• z0 = r n ei n est une racine n-ième de z , et donc l'ensemble des racines n-ièmes de z est :
1 θ
n 1 θ+2kπ o
r n ei n k ∈ [[0 , n − 1]] .
Remarque 3.8
• Si z est réel, alors son exponentielle complexe coïncide avec son exponentielle réelle.
• Si z est imaginaire pur, alors son exponentielle complexe coïncide avec ei Im(z) .
3. ez = e .
z
= ez ez .
′ ′
z+z
4. e
1
5. ez = e
−z
.
ez
.
′
6. ez−z = ez ′
∀n ∈ Z, (ez ) = enz .
n
7.
[2iπ].
′
∃k ∈ Z, z = z ′ + 2ikπ ⇐⇒ z ≡ z ′
8. ez = ez ⇐⇒
9.
z
e = a ⇐⇒ (Re(z) = ln |a| et Im(z) ≡ arg(a) [2π]).
−−−→ −−−→
zD′ − zC ′
A′ B ′ , C ′ D′ = arg
zB ′ − zA′
azD + b − azC − b
= arg
azB + b − azA − b
a(zD − zC )
= arg
a(zB − zA )
zD − zC
= arg
zB − zA
−−→ −−→
= AB, CD .
Proposition 3.22: Caractérisation d'une similitude directe par deux points distincts et
leurs images
Soit A, B , A′ et B ′ quatre points du plan tels que A ̸= B et A′ ̸= B ′ . Il existe une et une seule similitude
directe qui transforme A en A′ et B en B ′ .
De plus si h est l'homothétie de centre Ω et de rapport |a| et r est la rotation de centre Ω et d'angle arg(a),
alors l'écriture complexe de h est :
z ′ = |a|(z − ω) + ω,
et celle de r est :
z ′ = ei arg(a) (z − ω) + ω.
Donc l'écriture complexe de h ◦ r est :
z ′ = |a| ei arg(a) (z − ω) + ω − ω + ω = a(z − ω) + ω = az + (1 − a)ω = az + b,
et celle de r ◦ h est :
z ′ = ei arg(a) |a|(z − ω) + ω − ω + ω = a(z − ω) + ω = az + (1 − a)ω = az + b.
Ainsi, h ◦ r = r ◦ h = s.
Il en résulte la proposition 3.23 :
Proposition 3.23: Classication des similitudes directes
Soient a ∈ C∗ , b ∈ C et s la similitude directe de paramètres a et b.
• Si a = 1, alors s est la translation de vecteur →−
u d'axe b.
• Si a ̸= 1, alors s admet un unique point xe Ω d'axe 1−a b
et si M est un point distinct de Ω,
alors son image M par s est tel que :
′
(
ΩM ′ = |a|ΩM
−−→ −−→′ .
ΩM , ΩM ≡ arg(a) [2π]
Dans la gure 3.5, la ligne continue montre la construction de l'image M1 de M par h puis l'image de M1
par r. La ligne pointillée montre la construction de l'image M2 de M par r puis l'image de M2 par h. Les deux
constructions nissent au même point M ′ illustrant le fait que h ◦ r = r ◦ h.
M′
M2
M1
Sommaire
4.1 Sommes et produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
4.1.1 Dénitions, propriétés et premiers exemples . . . . . . . . . . . . 56
4.1.2 Sommes et produits doubles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.2 Coecients binomiaux et formule du binôme . . . . . . . . . . . . 60
4.2.1 Factorielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.2.2 Coecients binomiaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
4.2.3 Formule du binôme de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
4.3 Systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.3.2 Résolution des systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Figures
4.1 Triangle de Pascal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
58 4.1 Sommes et produits
On dit qu'un ensemble est ni lorsqu'il possède un nombre ni d'éléments.
Notation
Le nombre des éléments d'un ensemble ni I est appelé cardinal de I et noté |I| ou Card(I).
Remarque 4.1
Par convention, l'ensemble vide est un ensemble ni de cardinal 0.
Notation
Soit n et m deux entiers relatifs. On note par [[n , m]] l'ensemble : k ∈ Z n≤k≤m .
Notation
Si I = [[n , m]] où n, m ∈ Z, la somme ai (respectivement le produit ai ) se note aussi
P Q
i∈[[n ,m]] i∈[[n ,m]]
m m
ai et ai (respectivement ai et ai ).
P P Q Q
i=n n≤i≤m i=n n≤i≤m
Remarque 4.2
m m
• Si n > m, alors [[n , m]] est vide et donc ai = 0 et ai = 1 par convention.
P Q
i=n i=n
• Dans l'écriture ai l'indice i désigne une variable muette et peut être remplacée par n'importe
P
i∈I
quelle autre lettre. On a : ap . . . etc.
P P P
ai = ak =
i∈I k∈I p∈I
• L'addition et la multiplication dans C sont commutatives et associatives, l'ordre et les parenthèses
ne sont pas importants.
et
X Y
α = α|I| α = α|I| .
i∈I i∈I
Exemple 4.2 Soient n, m, p ∈ Z tels que n ≤ m ≤ p et (ai )n≤i≤p une famille de nombres complexes. On a :
p p p p
m m
! !
et
X X X Y Y Y
ai = ai + ai ai = ai ai .
i=n i=n i=m+1 i=n i=n i=m+1
Soient I et J deux ensembles nis et f : I → J une application. On dit que f est une bijection de I sur J
lorsque :
∀j ∈ J, ∃!i ∈ I, j = f (i).
et (4.1)
X X Y Y
aj = af (i) aj = af (i) .
j∈J i∈I j∈J i∈I
1. Soit n ≥ 1. En eectuant le changement d'indice k′ = n + 1 − k dans Sn1 , obtenez une expression simple
de Sn1 .
2. Que se passe-t-il si l'on applique ce changement d'indice à Sn2 ?
Pour la question suivante, on pourra admettre que Sn2 = n(n+1)(2n+1)
6 pour tout n ≥ 1.
3. Obtenez des expressions simples de Sn , Tn , Tn et Tn .
3 1 2 3
Corollaire 4.7
Pour tous z ∈ C \ {1} et n ∈ N,
n
1 − z n+1
(4.6)
X
zk = .
1−z
k=0
n
Exercice 4.5 Soient z ∈ C \ {1} et n ∈ N∗ . On pose Sn (z) = kz k . Calculer zSn (z) en déduire Sn (z).
P
k=1
Exercice 4.6 Soit n ∈ N∗ . Calculer la somme et le produit des racines n-ième de l'unité.
et !
(4.9)
Y Y Y Y Y
ai,j = ai,j = ai,j .
(i,j)∈I×J i∈I j∈J j∈J i∈I
1. Les sommes et produits rectangulaires : Soient n, p ∈ N∗ et (ai,j )1≤i≤n une famille de nombres
1≤j≤p
complexes. Alors :
p
n X p X
n p
n Y p Y
n
et
X X X Y Y Y
ai,j = ai,j = ai,j ai,j = ai,j = ai,j .
1≤i≤n i=1 j=1 j=1 i=1 1≤i≤n i=1 j=1 j=1 i=1
1≤j≤p 1≤j≤p
2. Les sommes et produits triangulaires : Soient n ∈ N∗ et (ai,j )1≤i≤j≤n une famille de nombres
complexes. Alors :
n X
n j
n X n Y
n j
n Y
et
X X X Y Y Y
ai,j = ai,j = ai,j ai,j = ai,j = ai,j .
1≤i≤j≤n i=1 j=i j=1 i=1 1≤i≤j≤n i=1 j=i j=1 i=1
Exercice 4.7
1. Calculer les sommes suivantes :
et
X X X X
(i + j), (i + j), (i + j) (i + j).
1≤i,j≤n 1≤i≤j≤n 1≤i<j≤n 1≤i̸=j≤n
n
Calculer, en utilisant une somme double, kxk où n ∈ N∗ et x ∈ R.
P
2.
k=1
(4.10)
X X X
ai bj = ai bj .
i∈I j∈J (i,j)∈I×J
Remarque 4.3
• 0! = 1, 1! = 1 et pour tout n ∈ N∗ , n! = 1 × · · · × n ;
• Pour tout n ∈ N, (n + 1)! = (n + 1) · n!.
si 0 ≤ k ≤ n
( n!
n
= k!(n−k)! .
k 0 sinon
k+1 = (n + 1) k ;
(k + 1) n+1 n
2.
k ∈ N.
n
4.
En utilisant la propriété 3. de la proposition 4.12, on peut calculer de proche en proche les coecients
binomiaux. C'est l'idée du triangle de Pascal représenté dans la gure 4.1.
Exercice 4.10
n
Soit n ∈ N. Montrer que : n
= 2n .
P
1. k
k=0
n=0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0
+ + + + + + + + +
n=1 0 0 1 1 0 0 0 0 0 0
+ + + + + + + + +
n=2 0 0 1 2 1 0 0 0 0 0
+ + + + + + + + +
n=3 0 0 1 3 3 1 0 0 0 0
+ + + + + + + + +
n=4 0 0 1 4 6 4 1 0 0 0
+ + + + + + + + +
n=5 0 0 1 5 10 10 5 1 0 0
+ + + + + + + + +
n=6 0 0 1 6 15 20 15 6 1 0
+ + + + + + + + +
n=7 0 0 1 7 21 35 35 21 7 1
n n
Soit n ∈ N. En remarquant que (1 − 1)2n+1 = 0, montrer que 2n+1 2n+1
= 4n .
P P
2. 2k = 2k+1
k=0 k=0
n
Soit n ∈ N∗ . Montrer que : n
= n2n−1 .
P
3. k k
k=1
4.3.1 Généralités
Exemple
4.6
x + y + 3z = 1
2x + y − z = 0
1. est un système linéaire à 4 équations et 3 inconnues.
5x + 2y − 2z = −1
−x − 4y + z = 3
La méthode de résolution que nous allons présenter ci-après est appelée la méthode des pivots de Gauss.
Elle consiste à transformer un système linéaire à un système linéaire triangulaire supérieur équivalent facile
à résoudre.
Dénition 4.6: Système linéaire triangulaire supérieur, Coecients diagonaux
Soit (S) un système linéaire à n équations et p inconnues et de coecients ai,j (1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ p).
On dit que (S) est triangulaire supérieur si ai,j = 0 dès que i > j .
Les ai,i (1 ≤ i ≤ min(n , p)) sont appelés les coecients diagonaux de (S).
La résolution d'un système triangulaire supérieur se fait facilement par la méthode de remontée.
Exercice
4.11 Résoudre les systèmes triangulaires suivants :
x + y + 3z + 2t = 1
1. −y − z + 2t = −4
−2z + t = 0
x +
y + z + t = 6
−3y − z + 2t = 1
2.
3z − 4t = −6
5t = 15
Si (S) est un système linéaire à n équations, on note L1 , . . . , Ln les diérentes équations de ce système.
Dénition 4.7: Opérations élémentaires
Soit (S) est un système linéaire à n équation. Soit i, j ∈ [[1 , n]] et λ ∈ K.
• Eectuer sur (S) l'opération élémentaire Li ↔ Lj consiste à échanger les lignes Li et Lj .
• Eectuer sur (S) l'opération élémentaire Li ← λLi (λ ̸= 0) consiste à multiplier la ligne Li par
λ.
• Eectuer sur (S) l'opération élémentaire Li ← Li + λLj (i ̸= j ) consiste à ajouter à la ligne Li
le produit de la ligne Lj par λ.
Proposition 4.14
Une opération élémentaire transforme un système en un système équivalent.
Sommaire
5.1 Applications entre deux ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.1.2 Image directe et image réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
5.1.3 Injection, surjection et bijection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
5.2 Relations binaires sur un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
5.2.1 Dénition, exemples et terminologie . . . . . . . . . . . . . . . . 74
5.2.2 Relations d'équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
5.2.3 Relations d'ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Figures
5.1 Diagrammes illustrant la notion d'application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.2 Diagrammes illustrant la notion d'injection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
5.3 Diagrammes illustrant la notion de surjection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
5.4 Diagramme illustrant la notion de bijection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
68 5.1 Applications entre deux ensembles
a) Dénitions
Dans ce cas, pour tout x ∈ E , l'unique élément y ∈ F tel que (x , y) ∈ f est appelé image de x par f et
noté f (x).
Pour tout y ∈ F , tout élément x ∈ E tel que f (x) = y est dit un antécédent de y par f .
E est appelé ensemble de départ de f et F son ensemble d'arrivée.
Notation 5.1
L'ensemble des applications de E dans F est noté F(E , F ) ou F E .
Remarque 5.1
E → F
Si f est une application de E dans F , alors on note : f : .
x 7→ f (x)
Dans la gure 5.1, seul le dernier diagramme sagittal représente une application de E dans F .
E F E F E F
x a x a x a
y b y b y b
z c z c z c
t d t d t d
Exemple 5.1
E → E
1. IdE : appelée application identique de E ou l'identité de E .
x 7 → x
R → R
2. f : .
x 7 → x2
R → C
3. f : .
θ 7 → eiθ
R → R
4. f : 1 n'est pas une application, en eet 0 n'a pas d'image.
x 7 → x
C → R
5. f : n'est pas une application, en eet 1 + i n'a pas d'image dans R.
z 7 → z2
Exemple 5.2
1. Im(sin) = [−1 , 1].
R → C
2. Si f : , alors Im(f ) = U.
θ 7→ eiθ
A → F
f|A : .
x 7 → f (x)
• Soit B une partie de F telle que Im(f ) ⊂ B . On appelle restriction de f à valeurs dans B
l'application
E → B
f |B : .
x 7→ f (x)
• Soient A une partie de E et B une partie de F telles que Im f|A ⊂ B . On appelle restriction de
|B A → B
f|A : .
x 7 → f (x)
Exemple 5.3
1. L'exponentielle réelle est la restriction de l'exponentielle complexe au départ de R et à valeurs dans R.
R → R
(
2. L'application f : 1
x si x ̸= 0 est un prolongement de la fonction inverse sur R.
x 7→
0 sinon
c) Composition d'applications
Dénition 5.6
Soit f : E → F et g : F → G deux applications. On appelle composée de f suivi de g et on note g ◦ f
l'application :
E → G
g◦f : .
x 7→ g(f (x))
Exemple 5.4
1. Soit f et g les applications dénies de R dans R par f (x) = x2 et g(x) = x + 1. Alors f ◦ g et g ◦ f sont
les fonctions dénies de R dans R par f ◦ g(x) = x2 + 2x + 1 et g ◦ f (x) = x2 + 1. On voit clairement
que f ◦ g ̸= g ◦ f .
R → R+ R∗ → R R∗ → R+
2. Soit les applications f : et g : 1 . Alors : f ◦ g : 1 mais la
x 7→ x2 x 7 → x x 7 → x2
composée g ◦ f n'est pas bien dénie.
Dénition 5.7: Itérées successives d'une application d'un ensemble dans lui-même
Soit f : E → E une application. On dénit les itérées successives de f par :
f 0 = IdE et pour tout n ∈ N, f n+1 = f ◦ f n .
Exercice 5.2 Soit A, B et C trois parties de E . On rappelle que la diérence symétrique de A et B est dénie
par :
A∆B = (A ∪ B) \ (A ∩ B).
1. Exprimer 1A∆B en fonction de 1A et 1B .
2. En déduire que : (A∆B)∆C = A∆(B∆C).
Remarque 5.2
Soit f : E → F une application, alors f (E) = Im(f ) et f (∅) = ∅.
Exemple 5.5
Soit f la fonction dénie de R dans R par f (x) = x2 , alors f (R) = f (R+ ) = f (R− ) = R+ et f [−3 , 2[ =
1.
[0 , 9].
cos − π2 , π2 = [0 , 1].
2.
Remarque 5.3
Soit f : E → F une application, alors f −1 (F ) = E et f −1 (∅) = ∅.
Exemple 5.6
1. Soit f la fonction dénie de R dans R par f (x) = x , alors f (R) = f (R+ ) = R, f (R− ) = {0},
2 −1 −1 −1
f (R− ) = ∅ et f
−1 ∗ −1
]0 , 9] = [−3 , 3] \ {0}.
cos ([0 , 1]) = − 2 , 2 + 2πZ.
−1
π π
2.
• A ⊂ B =⇒ f (A) ⊂ f (B),
• f (A ∪ B) = f (A) ∪ f (B),
• f (A ∩ B) ⊂ f (A) ∩ f (B),
• A ⊂ f −1 f (A) ;
• A ⊂ B =⇒ f −1 (A) ⊂ f −1 (B),
• f −1 (A ∪ B) = f −1 (A) ∪ f −1 (B),
• f −1 (A ∩ B) = f −1 (A) ∩ f −1 (B),
• f f −1 (A) ⊂ A.
a) Injection
Remarque 5.4
Par contraposition, f est injective si et seulement si :
∀x, y ∈ E, x ̸= y =⇒ f (x) ̸= f (y).
Dans la gure 5.2, le premier diagramme sagittal représente une application non injective mais le second
représente une application injective.
E F E F
x a x a
y b y b
z c z c
d d
Exemple 5.8
1. La fonction dénie de R dans R par f (x) = x2 n'est pas injective mais ses restrictions respectives sur
R+ et R− sont injectives.
2. L'exponentielle réelle est injective contrairement à l'exponentielle complexe.
Exercice 5.5 Dans chacun des cas, vérier si l'application f est injective ou non.
Z×Z → R √
1. f : .
(a , b) 7→ a+b 2
R2 → R 2
2. f : .
(x , y) 7→ (2x + y , 3x − y)
b) Surjection
Remarque 5.5
f est surjective si et seulement si Im(f ) = F .
Dans la gure 5.3, le premier diagramme sagittal représente une application non surjective mais le second
représente une application surjective.
E F E F
x a x a
y b y b
z c z c
t t
Exemple 5.9
1. La fonction dénie de R dans R par f (x) = x2 n'est pas surjective mais sa restriction à valeurs dans R+
est surjective.
C → C∗
2. exp : est surjective.
z 7 → ez
3. Si f : E → F , alors la restriction de f à valeurs dans Im(f ) est surjective. On dit que f induit une
surjection entre E et Im(f ).
Exercice 5.6 Dans chacun des cas, vérier si l'application f est surjective ou non.
Z×Z → R √
1. f : .
(a , b) 7→ a+b 2
R2 → R 2
2. f : .
(x , y) 7→ (2x + y , 3x − y)
c) Bijection
Remarque 5.6
Si f est injective, alors sa restriction à valeurs dans Im(f ) est bijective. On dit que f induit une bijection
entre E et Im(f ).
E F
x a
y b
z c
Exemple 5.10
1. La fonction dénie de R dans R par f (x) = x2 n'est pas bijective mais sa restriction au départ de R+ et
à valeurs dans R+ est bijective.
C → C∗
2. exp : n'est pas bijective.
z 7 → ez
Remarque 5.7
Si f : E → E est bijective, alors pour tout n, m ∈ Z,
m n
f n ◦ f m = f m ◦ f n = f n+m et fn = fm = f nm .
Proposition 5.10
Si f est une involution de E , alors f est bijective et f −1 = f .
R∗ → R∗ → C P(E) → P(E)
Exemple 5.11 Les applications f :
x 7→ 1 , g :
C
z 7 → z
et h :
A 7→ A
sont des
x
bijections car elles sont involutives.
Remarque 5.8
Pratiquement, on dénit une relation binaire comme un prédicat portant sur la variable (x , y) ∈ E 2 qui
est vraie lorsque xRy et fausse sinon.
Exemple 5.12
1. = et ̸= sont des relations binaires sur E .
2. ≤, ≥, <, > sont des relations binaires sur N, Z, Q et R.
3. ⊂ est une relation binaire sur P(E).
4. La divisibilité dans N (respectivement dans Z) est une relation binaire sur N (respectivement sur Z).
5. Si n ∈ Z, alors la congruence modulo n est une relation binaire sur Z.
Exemple 5.13
1. L'égalité sur E est une relation réexive, transitive, symétrique, antisymétrique et partielle (sauf si E
est un singleton).
2. ≤, ≥ sur R sont des relations réexives, transitives, antisymétriques et totales.
3. <, > sur R sont des relations transitives, antisymétriques, partielles mais non réexives.
4. L'inclusion sur P(E) est réexive, transitive, antisymétrique et partielle (dès que E contient deux élé-
ments distincts).
5. La divisibilité dans N est une relation réexive, transitive, antisymétrique et partielle.
6. La divisibilité dans Z est une relation réexive, transitive, partielle mais non antisymétrique.
7. Si n ∈ Z, alors la congruence modulo n est une relation réexive, transitive et symétrique.
8. Si α ∈ R, alors la congruence modulo α est une relation réexive, transitive et symétrique.
Exemple 5.14
1. Si n ∈ Z, alors la congruence modulo n est une relation d'équivalence sur Z.
2. Si α ∈ R, alors la congruence modulo α est une relation d'équivalence sur R.
Dénition 5.19: Classe d'équivalence
Soit R une relation d'équivalence sur E et soit a ∈ E . On appelle classe d'équivalence de a modulo R
et on note clR (a) l'ensemble des éléments de E qui sont en relation avec a, i.e. :
clR (a) = x ∈ E xRa .
L'ensemble de toutes les classes d'équivalences modulo R est noté E/R et appelé ensemble quotient de
E modulo R.
Exemple 5.15
1. Si n, p ∈ Z, alors p + nZ est la classe d'équivalence de p modulo la congruence modulo n.
2. Si α, β ∈ R, alors β + αZ est la classe d'équivalence de β modulo la congruence modulo α.
Exercice 5.8 On dénit sur C la relation ∼ par : z ∼ z ′ ⇐⇒ |z| = |z ′ |.
Justier que ∼ est une relation d'équivalence sur C et déterminer ses classes d'équivalences.
Exemple 5.16
1. 2Z et 2Z + 1 forment une partition de Z, de même que 3Z, 3Z + 1 et 3Z + 2.
x + 2πZ x ∈] − π , π] est une partition de R.
2.
Exemple 5.17
1. La relation ≤ est une relation d'ordre totale sur R.
2. Si E est un ensemble, alors la relation ⊂ sur P(E) est une relation d'ordre partielle (sauf si E est vide
ou est un singleton).
3. La divisibilité dans N est une relation d'ordre partielle.
4. La divisibilité dans Z n'est pas une relation d'ordre, en eet elle n'est pas antisymétrique.
Exercice 5.9 (Ordre lexicographique) Justier que la relation R dénie sur R2 par :
′
x < x
∀(x , y), (x′ , y ′ ) ∈ R2 , (x , y)R(x′ , y ′ ) ⇐⇒ ou
x = x′ et y ≤ y ′
Exemple 5.18
1. Dans R muni de l'ordre usuel, l'ensemble des majorants de la partie [0 , 1[ est [1 , +∞[ et celui de ses
minorants est ] − ∞ , 0].
Si E = {1 , 2 , 3}, alors les majorants de la partie {1} , {2} pour la relation d'inclusion dans P(E) sont
2.
{1 , 2} et {1 , 2 , 3} et son unique minorant est ∅.
Exemple 5.19
Dans R muni de l'ordre usuel, min [0 , 1[ = 0 et cette partie n'a pas de maximum.
1.
Si E = {1 , 2 , 3}, alors la partie {1} , {2} n'a pas de maximum ni de minimum au sens de l'inclusion
2.
dans P(E).
3. Dans N muni de la divisibilité, la partie {2 , 3 , 6} admet 6 comme plus grand élément et elle n'a pas de
plus petit élément.
4. Au sens de la divisibilité, le plus grand élément de N est 0 et son plus petit élément est 1.
5. Au sens usuel, le plus petit élément de N est 0 et il n'admet pas de grand élément.
Corollaire 5.14
Toute partie non vide et majorée de N admet un plus grand élément.
Exemple 5.20
Dans R muni de l'ordre usuel, inf [0 , 1[ = 0 et sup [0 , 1[ = 1.
1.
Dans R muni de l'ordre usuel, inf ]0 , +∞[ = 0 et cette partie n'a pas de borne supérieure.
2.
3. Dans N muni de la divisibilité, la partie {2 , 3 , 6} admet 6 comme borne supérieure et 1 comme borne
inférieure.
Exercice [
5.10 Soit X une partie non vide de P(E)
\ . Montrer que la borne supérieure (au sens de l'inclusion)
de X est A et que sa borne inférieure est A.
A∈X A∈X
Sommaire
6.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.1.1 Domaine de dénition . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 80
6.1.2 Opérations sur les fonctions . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 80
6.1.3 Représentation graphique . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 81
6.1.4 Parité et périodicité . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 84
6.1.5 Monotonie . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 86
6.1.6 Majoration et minoration . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 87
6.2 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 88
6.2.1 Dénitions et théorèmes généraux . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 88
6.2.2 TVI et théorème de la bijection . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 89
6.3 Dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 90
6.3.1 Dénitions et théorèmes généraux . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 90
6.3.2 Dérivation et sens de variation . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 92
6.3.3 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 92
6.4 Plan d'étude d'une fonction . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 93
6.4.1 Détermination du domaine d'étude . . . .
. . . . . . . . . . . . . 93
6.4.2 Étude de la continuité et de la dérivabilité
. . . . . . . . . . . . . 94
6.4.3 Sens de variation . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 94
6.4.4 Branches innies de Cf . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 94
6.4.5 Tracé de Cf . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . 94
6.5 Extension aux fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . 94
Figures
6.1 Courbe représentative d'une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
6.2 Transformations anes de la courbe représentative d'une fonction . . . . . . . . . . . 83
6.3 Courbe représentative d'une fonction bijective et celle de sa réciproque . . . . . . . . . 84
6.4 Courbes d'une fonction paire et d'une fonction impaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
6.5 Courbes d'une fonction périodique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
82 6.1 Généralités
Toutes les fonctions considérées dans les quatre premières sections de ce chapitre sont de variable réelle et à
valeurs dans R.
6.1 Généralités
6.1.1 Domaine de dénition
Dans ce chapitre on fait la diérence entre fonction et application. Ainsi, une fonction de variable réelle
n'est pas forcément dénie sur R tout entier.
Dénition 6.1: Domaine de dénition
Soit f une fonction. On appelle domaine de dénition de f et on note Df l'ensemble des réels x pour
lesquels f (x) est bien déni.
Exemple 6.1
1. Les fonctions polynomiales, la fonction valeur absolue, la fonction partie entière, la fonction partie frac-
tionnaire, la fonction sinus et la fonction cosinus sont dénies sur R.
2. La fonction x 7→ x1 est dénie sur R∗ .
√
3. La fonction x 7→ x est dénie sur R+ .
La fonction tangente est dénie sur − π2 , π2 + πZ.
4.
Remarque 6.1
Si f et g sont deux fonctions, alors :
Dg◦f = x ∈ Df f (x) ∈ Dg .
Remarque 6.2
L'anneau (F(I , R) , + , ×) n'est pas intègre, en eet si a ∈ I , alors les fonctions 1{a} et 1I\{a} ne sont
pas nulles mais leur produit est la fonction nulle.
Remarque 6.3
• On a : |f | = max(f
− , −f ), f + =
max(f , 0), f 1 = max(−f , 0)
−
, |f | = f + f 1, f = f − f ,
+ − + −
Cf 1
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
−2
Les diérents cas cités dans la proposition 6.1.3 sont illustrés dans la gure 6.2.
3 3
2 Cg 2
Cg Cf 1 Cf 1
−3 −2 −1 0 1 2 3 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1 −1
−2 −2
3 3
Cg 2 2
Cf 1 Cf 1 Cg
−3 −2 −1 0 1 2 3 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1 −1
−2 −2
3 3
2 2
Cf 1 Cf 1
Cg Cg
−3 −2 −1 0 1 2 3 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1 −1
−2 −2
Dans la gure 6.3, on représente la courbe représentative d'une fonction bijective et celle de sa réciproque.
Cf −1
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
Cf
−2
∀x ∈ Df , −x ∈ Df et f (−x) = f (x).
Si tel est le cas, alors la courbe de f est invariant par la réexion par rapport à l'axe des ordonnées.
• Une fonction f est dite impaire si :
∀x ∈ Df , −x ∈ Df et f (−x) = −f (x).
Si tel est le cas, alors la courbe de f est invariant par la symétrie par rapport à l'origine.
Dans la gure 6.4, la fonction dont la courbe est située à gauche est paire et celle dont la courbe est à
droite est impaire.
3 3
2 Cf 2
Cf 1 1
−3 −2 −1 0 1 2 3 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1 −1
−2 −2
Exemple 6.2
1. Les fonctions x 7→ x2n (n ∈ Z), valeur absolue et cosinus sont paires.
2. Les fonctions x 7→ x2n+1 (n ∈ Z), sinus et tangente sont impaires.
∀x ∈ Df , x − T ∈ Df et x + T ∈ Df et f (x + T ) = f (x).
Si tel est le cas, alors pour tous n ∈ Z et x ∈ Df , f (x + nT ) = f (x) et la courbe de f est invariant
par la translation de vecteur nT → −ı .
• Une fonction f est dite périodique s'il existe T > 0 tel que f est T -périodique.
Dans la gure 6.5, la courbe représentée est celle d'une fonction périodique.
Cf 2
−3 −2 −1 0 1 2 3
Exemple 6.3
1. Les fonctions cosinus et sinus sont 2π -périodiques.
2. La fonction tangente est π -périodique.
3. La fonction partie fractionnaire est 1-périodique.
Exercice 6.1 Soit T, k > 0. Montrer que si f est une fonction T -périodique, alors la fonction g : x 7→ f (kx)
est T
k -périodique.
6.1.5 Monotonie
6. strictement monotone sur I si elle est strictement croissante sur I ou elle est strictement décrois-
sante sur I .
Exemple 6.4
1. La fonction x 7→ x2 est strictement décroissante sur R− et strictement croissante sur R+ mais elle n'est
pas monotone sur R.
2. La fonction x 7→ x3 est strictement croissante sur R.
3. La fonction x 7→ x1 est strictement décroissante sur chacun des intervalles R∗− et R∗+ mais elle n'est pas
monotone sur R∗ .
√
4. La fonction x 7→ x est strictement croissante sur R+ .
5. La fonction x 7→ |x| est strictement décroissante sur R− et strictement croissante sur R+ mais elle n'est
pas monotone sur R.
6. La fonction x 7→ ⌊x⌋ est croissante sur R mais elle n'est pas strictement croissante.
Dénition 6.8
Soit I une partie de R et f une fonction dénie sur I .
• On dit que f est majorée sur I si f (I) est majoré, c'est-à-dire s'il existe M ∈ R tel que :
∀x ∈ I, f (x) ≤ M.
Dans ce cas on dit f est majorée sur I par M ou que M est un majorant de f sur I .
• On dit que f est minorée sur I si f (I) est minoré, c'est-à-dire s'il existe m ∈ R tel que :
∀x ∈ I, f (x) ≥ m.
Dans ce cas on dit f est minorée sur I par m ou que m est un minorant de f sur I .
• On dit que f est bornée si f (I) est borné, c'est-à-dire si f est à la fois majorée et minorée sur I .
Exemple 6.5
1. La fonction x 7→ x2 est minorée par 0 sur R mais elle n'est pas majorée.
2. Les fonctions sinus et cosinus sont bornées sur R.
3. La fonction partie fractionnaire est bornée sur R.
Proposition 6.7
Soit I une partie de R et f une fonction dénie sur I .
f est bornée sur I si et seulement si |f | est majorée sur I .
∀x ∈ I, f (x) ≤ f (a).
• On dit que f admet un minimum en a ∈ I lorsque f (a) = min f (I) , c'est-à-dire lorsque :
∀x ∈ I, f (x) ≥ f (a).
Exemple 6.6
1. La fonction sinus admet un maximum en π2 et un minimum en − π2 .
2. La fonction x 7→ x1 est minorée sur R∗+ mais elle n'admet pas de minimum sur cet intervalle.
6.2 Continuité
6.2.1 Dénitions et théorèmes généraux
Exemple 6.7
1. Les fonctions constantes sont continues sur R.
2. L'identité de R est continue sur R.
3. La fonction valeur absolue, la fonction sinus et la fonction cosinus sont continues sur R.
√
4. La fonction x 7→ x est continue sur R+ .
5. Les fonctions partie entière et partie fractionnaire sont continues sur R \ Z.
Remarque 6.4
Si f est continue à droite et à gauche en a, alors elle est continue en a.
Exemple 6.8 Soit n ∈ Z. Alors la fonction partie entière est continue à droite en n mais pas à gauche en n.
Exemple 6.9
1. Les fonctions polynomiales sont continues sur R.
2. Les fonctions rationnelles sont continues sur leurs domaines de dénitions.
La fonction tangente est continue sur − π2 , π2 + πZ.
3.
Corollaire 6.10
Soient I un intervalle de R, f une fonction continue sur I et a et b deux points de I . Pour tout réel
λ compris entre f (a) et f (b), il existe x compris entre a et b tel que f (x) = λ.
Remarque 6.5
L'hypothèse que I soit un intervalle est très importante. En eet, la fonction inverse change de signe
sur R∗ mais elle ne s'annule pas.
6.3 Dérivabilité
6.3.1 Dénitions et théorèmes généraux
Exemple 6.10
1. Les fonctions constantes sont dérivables sur R.
2. L'identité de R est dérivable sur R.
3. La fonction sinus et la fonction cosinus sont dérivables sur R et sin′ = cos et cos′ = − sin.
√
4. La fonction x 7→ x est dérivable sur R∗+ .
5. La fonction valeur absolue est dérivable sur R∗ .
Remarque 6.6
Si f (x)−f
x−a
(a)
admet une limite innie quand x tend vers a, alors f n'est pas dérivable en a mais la
courbe de Cf admet une tangente verticale au point d'abscisse a.
Remarque 6.7
Si f est dérivable à droite et à gauche en a et si fd′ (a) = fg′ (a), alors elle est dérivable en a et
f ′ (a) = fd′ (a) = fg′ (a).
Exemple 6.11
1. La fonction valeur absolue est dérivable à droite et à gauche en 0 avec fd′ (a) = 1 et fg′ (a) = −1, elle n'est
donc pas dérivable en 0.
√
2. La fonction x 7→ x n'est pas dérivable en 0 et sa courbe admet un demi-tangente verticale en son point
d'abscisse 0.
Remarque 6.8
La continuité est une condition nécessaire mais non susante pour la dérivabilté. En eet, la fonction
valeur absolue est continue en 0 mais non dérivable en ce point.
Exemple 6.12
1. Les fonctions polynomiales sont dérivables sur R.
2. Les fonctions rationnelles sont dérivables sur leurs domaines de dénitions.
La fonction tangente est dérivable sur − π2 , π2 + πZ et tan′ = 1 + tan2 .
3.
Remarque 6.9
1. L'hypothèse que I soit un intervalle est très importante. En eet, la fonction inverse est dérivable
sur R∗ de dérivée strictement négative mais elle n'est pas monotone sur cet ensemble.
2. Le faite que f ′ soit strictement positive est une condition susante mais pas nécessaire pour la
stricte croissance de f . En eet, la fonction x 7→ x3 est strictement croissante sur R malgré que
sa dérivée s'annule en 0.
Remarque 6.10
Si f est dérivable sur I , alors f (1) est bien dénie sur I et f (1) = f ′ . Si celle-ci est dérivable, alors f (2)
′
est bien dénie sur I et f (2) = f ′ appelée dérivée seconde de f et notée f ′′ .
2. Soit n ∈ N. On dit que f est de classe C sur I si f est bien dénie et continue sur I . L'ensemble
n (n)
3. On dit que f est de classe C sur I si elle est de classe C n sur I pour tout n ∈ N. L'ensemble
∞
Remarque 6.11
C n (I, R).
\
1. C ∞ (I, R) =
n∈N
C ∞ (I, R).
• Si f est de classe C n sur I , h est de classe C n sur J et f (I) ⊂ J , alors h ◦ f est de classe C n sur
I.
• Si f et g sont de classe C n sur I et g ne s'annule pas sur I , alors fg est de classe C n sur I .
6.4.5 Tracé de Cf
On place les asymptotes et les tangentes particulières et on trace l'allure de Cf en se basant sur le tableau de
variation. On complète la courbe par les symétries et les translations repérées lors de la réduction du domaine
d'étude.
Exercice 6.5 Étudier la fonction f : x 7→ x x−3 .
3
2
Remarque 6.12
L'anneau (F(I, C), +, ×) n'est pas intègre, en eet si a ∈ I , alors les fonctions 1{a} et 1I\{a} ne sont
pas nulles mais leur produit est la fonction nulle.
Exercice 6.6 Soit n ∈ N. Déterminer les dérivées n-ièmes des fonctions sinus et cosinus.
Sommaire
7.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
7.2 Calcul pratique de primitives et intégrales . . . . . . . . . . . . . . 102
7.2.1 Primitives des fonctions de la forme x 7→ (x−λ) n où n ∈ N et λ ∈ K 102
1 ∗
Dans ce chapitre K désigne R ou C et les fonctions considérées sont de variable réelle et à valeurs dans K.
7.1 Généralités
Dénition 7.1: Primitive
Soit I une partie de R et f ∈ F(I , K). On appelle primitive de f sur I toute fonction F dérivable sur
I telle que F ′ = f .
Remarque 7.1
Une primitive est par dénition dérivable sur I et par suite continue.
Exemple 7.1 1. Toute fonction constante est une primitive de la fonction nulle sur R.
Pour tout n ∈ N, x 7→ xn+1 est une primitive de x 7→ xn sur R.
n+1
2.
4. La fonction sinus est une primitive de la fonction cosinus sur R. Une primitive de la fonction sinus sur
R est x 7→ − cos(x).
√
5. La fonction x 7→ x est une primitive de la fonction x 7→ 2√1 x sur R∗+ .
√ √
6. La fonction x 7→ 23 x x est une primitive de la fonction x 7→ x sur R+ .
Remarque 7.2
Si I n'est pas un intervalle, alors cette proposition n'est plus vraie. En eet, x 7→ x1 et
x1 si x > 0
x 7→ sont deux primitives de x 7→ − x12 sur R∗ mais leur diérence n'est pas constante
1 + 1 si x < 0
x
sur R∗ .
Remarque 7.3
b
• Dans la pratique des calculs, F (b) − F (a) est noté F (x) a .
• Dans l'écriture a f (x) d x, x est une variable muette, on peut la remplacer par n'importe quelle
Rb
Proposition 7.5
Soient a, b ∈ R tels que a < b et f une fonction continue et de signe constant sur [a , b]. Alors
f (x) d x = 0 si et seulement si f est identiquement nulle sur [a , b].
Rb
a
Proposition 7.6: Parties réelle et imaginaire de l'intégrale d'une fonction à valeurs com-
plexes
Soient I un intervalle de R, f ∈ C 0 (I , C) et a, b ∈ I . On a :
Z b Z b
Z b
f (x) d x = Re f (x) d x + i Im f (x) d x.
a a a
i.e. :
! !
Z b Z b Z b Z b
et
Re f (x) d x = Re f (x) d x, Im f (x) d x = Im f (x) d x.
a a a a
R1√
Exercice 7.6 1. Utiliser le changement de variable t = cos(x) pour calculer I = 0
1 − t2 d t.
Utiliser le changement de variable t = tan(x) pour calculer I = .
R1 dt
2.
0 1+t2
Corollaire 7.12
Soit I un intervalle de R, f ∈ C 0 (I , K), a ∈ I et α ∈ K. La fonction x 7→ α + f (t) d t est l'unique
Rx
a
primitive de f sur I qui prend la valeur α en a.
Corollaire 7.13
Soit I et J deux intervalles de R, f ∈ C 0 (I , K) et u, v ∈ D1 (J , I). La fonction x 7→ f (t) d t est
R v(x)
u(x)
dérivable sur J de dérivée la fonction x 7→ v ′ (x)f v(x) − u′ (x)f u(x) .
Exercice 7.7 Dans chacun des cas suivants, justier que f est dérivable sur I et calculer f ′ (x) pour x ∈ I
puis en déduire l'expression de f (x) pour tout x ∈ I .
, I = − π2 , π2 .
R tan(x) dt
1. f : x 7→ 0 1+t2
, I = 0 , π2 .
R sin(x) d t
2. f : x 7→ cos(x)
√
1−t2
Remarque 7.4
Soient I un intervalle deR R et f une fonction continue sur I à valeurs dans K. On sait que, pour tout
a ∈ I , la fonction x 7→ a f (t) d t est une primitive de f sur I et que les primitives de f sur I sont
x
égales à constante près. On convient donc quand on calcule une primitive de f de la noter x f (t) d t
R
Le plan est rapporté à un repère orthogonal (O ;⃗ı , ⃗ȷ). Une unité d'aire (u.a.) est égale à : ⃗ı × ⃗ȷ .
Dénition 7.3: Aire sous la courbe d'un fonction continue positive
Soit f une fonction continue et positive sur un segment a , b . On appelle aire sous la courbe de f ,
vaut : ab f (x) d x.
R
Proposition 7.14
Soit f et g deux fonctions continues sur un segment a , b .
1. L'aire du domaine plan délimitée par la courbe de f , l'axe des abscisses et les droites d'équations
x = a et x = b vaut a f (x) d x unités d'aire.
Rb
2. L'aire du domaine plan délimitée par les courbe de f et g et les droites d'équations x = a et x = b
vaut ab f (x) − g(x) d x unités d'aire.
R
Exercice 7.8 Le plan est rapporté à un repère orthonormé (O ;⃗ı , ⃗ȷ) d'unité 2 cm. Soit f : x 7→ cos(x) et
g : x 7→ sin(x).
1. Calculer l'aire du domaine plan délimitée par la courbe de f , l'axe des abscisses et les droites d'équations
x = 0 et x = π .
2. Calculer l'aire du domaine plan délimitée par les courbe de f et g et les droites d'équations x = 0 et
x = π2 .
∀x ∈ R, x2 + px + q = (x − r)(x − s),
∀x ∈ R, x2 + px + q = (x − r)2 ,
et par suite :
ax + b a(x − r) + ar + b a ar + b
∀x ∈ R \ {r}, = = + ,
x2 + px + q (x − r)2 x − r (x − r)2
d'où : Z x
at + b ar + b
d t = a ln |x − r| − .
t2 + pt + q x−r
• Si ∆ < 0, alors :
ax + b a 2x + p b − ap
2
∀x ∈ R, = + √ 2 ,
x2 + px + q 2 x2 + px + q p 2
−∆
x+ 2 + 2
d'où : x
2b − ap
Z
at + b a 2x + p
2
d t = ln x2 + px + q − √ arctan √ .
t + pt + q 2 −∆ −∆
Remarque 7.5
Ces formules ne sont en aucun cas à apprendre par coeur, mais il faut savoir mener ces calculs sur des
exemples concrets.
e(a+ib)x
=
a + ib
(a − ib) e(a+ib)x
=
a2 + b2
ax
e
= 2 2
a cos(bx) + b sin(bx) + i(a sin(bx) − b cos(bx)) .
a +b
Et par suite :
x x
eax eax
Z Z
eat cos(bt) d t = a cos(bx) + b sin(bx) et eat sin(bt) d t =
2 2
a sin(bx) − b cos(bx) .
a +b a2 +b 2
Pour primitiver une fraction rationnelle trigonométrique, on se ramène à la primitivation d'une fonction ra-
tionnelle classique à l'aide d'un changement de variable. La règle de Bioche suivante indique le changement
de variable le plus approprié. On pose : ω(t) = R(t) d t.
• Si ω(−t) = ω(t), alors on eectue le changement de variable : u = cos(t).
• Si ω(π − t) = ω(t), alors on eectue le changement de variable : u = sin(t).
• Si ω(π + t) = ω(t), alors on eectue le changement de variable : u = tan(t).
• Sinon, alors on eectue le changement de variable : u = tan 2t et on utilise les formules de l'arc moitié.
Sommaire
8.1 Fonctions logarithme, exponentielle et puissances . . . . . . . . . . 106
8.1.1 Fonction logarithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
8.1.2 Fonction exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
8.1.3 Fonctions logarithmes et exponentielles de base a . . . . . . . . . 109
8.1.4 Fonctions puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
8.2 Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
8.3 Fonctions circulaires réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
8.3.1 Fonction arccosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
8.3.2 Fonction arcsinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
8.3.3 Fonction arctangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
Figures
8.1 Allure de la courbe de ln . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
8.2 Allure de la courbe de exp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
8.3 Allure de la courbe de loga . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
8.4 Allure de la courbe de expa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
8.5 Allure de la courbe de x 7→ xa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Tables
8.1 Le T.V. de ln . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
8.2 Le T.V. de exp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
8.3 Le T.V. de loga . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
8.4 Le T.V. de expa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
8.5 Le T.V. de x 7→ xa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
108 8.1 Fonctions logarithme, exponentielle et puissances
x 0 +∞
ln′ (x) +
+∞
ln
−∞
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
Cln
−2
Remarque 8.1
On note e = exp(1) c'est-à-dire l'unique antécédent de 1 par la fonction ln. On a e ≈ 2.718.
• exp(x) = exp x2 .
p
x −∞ +∞
exp′ (x) +
+∞
exp
Cexp
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
Cln
−2
ln(x)
loga (x) = .
ln(a)
Exemple 8.1
• La fonction logarithme de base e est la fonction logarithme népérien ln.
• La fonction logarithme de base 10 est appelée logarithme décimal.
• La fonction logarithme de base 2 est appelée logarithme binaire.
1
log′a (x) = . (8.7)
x ln(a)
• Si 0 < a < 1, alors la fonction loga est strictement décroissante sur R∗+ ,
x 0 +∞ x 0 +∞
+∞ +∞
loga loga
−∞ −∞
a>1 0<a<1
2
0<a<1
0 1 2 3
−1
a>1
−2
x −∞ +∞ x −∞ +∞
+∞ +∞
expa expa
0 0
a>1 0<a<1
0<a<1
a>1
0<a<1
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
a>1
−2
−3
b) Puissances rationnelles
Remarque 8.2
1. Si r ∈ Q \ Z, alors xr n'a de sens que si x est un réel strictement positif.
2. Si x > 0 et r ∈ Z, alors xr au sens des puissances entières et xr au sens des puissances rationnelles
coïncident.
Si n ∈ N∗ \ {1}, alors x n n'a de sens que si x est un réel strictement positif et dans ce cas x n et
1 1
3.
√n
x coïncident.
c) Puissances réelles
Lemme 8.1
Soit x > 0.
√
• Pour tout n ∈ N∗ , ln ( n x) = n1 ln(x).
• Pour tout r ∈ Q, ln (xr ) = r ln(x).
Remarque 8.3
1. Si a ∈ R \ Z, alors xa n'a de sens que si x est un réel strictement positif.
2. Si x > 0 et a ∈ Q, alors xa au sens des puissances rationnelles et xa au sens des puissances
réelles coïncident.
3. Soit x ∈ R. On a : exp(x) = exp(x ln(e)) = ex . C'est cette notation qu'on adoptera dans la suite.
4. Plus généralement, pour a ∈ R∗+ \ {1} et x ∈ R, on a : expa (x) = exp(x ln(a)) = ax . C'est cette
notation qu'on adoptera dans la suite.
a
• ∀x > 0, ∀a, b ∈ R, xab = (xa ) = xb .
b
a
• ∀x, y > 0, ∀a ∈ R, (xy)a = xa y a et xy = xya .
a
x 0 +∞ x 0 +∞
axa−1 + axa−1 −
+∞ +∞
x 7→ xa x 7→ xa
0 0
a>0 a<0
a>1
a=1
0<a<1
a<0
0 1 2 3
ex + e−x
ch(x) = .
2
• On appelle sinus hyperbolique et on note sh la fonction dénie sur R par :
ex − e−x
sh(x) = .
2
• On appelle tangente hyperbolique et on note th la fonction dénie sur R par :
sh(x) ex − e−x
th(x) = = x . (8.13)
ch(x) e + e−x
5. Formules de duplication :
ch(2a) = ch2 (a) + sh2 (a) = 2 ch2 (a) − 1 = 2 sh2 (a) + 1 (8.20)
sh(2a) = 2 sh(a) ch(a) (8.21)
2 th(a)
th(2a) = (8.22)
1 + th2 (a)
6. Formules de linéarisation :
1
ch(a) ch(b) = (ch(a + b) + ch(a − b)) (8.23)
2
1
sh(a) sh(b) = (ch(a + b) − ch(a − b)) (8.24)
2
1
ch(a) sh(b) = (sh(a + b) − sh(a − b)) (8.25)
2
7. Formules de factorisation :
a+b a−b
ch(a) + ch(b) = 2 ch ch (8.26)
2 2
a+b a−b
ch(a) − ch(b) = 2 sh sh (8.27)
2 2
a+b a−b
sh(a) + sh(b) = 2 sh ch (8.28)
2 2
a+b a−b
sh(a) − sh(b) = 2 ch sh (8.29)
2 2
sh(a + b)
th(a) + th(b) = (8.30)
ch(a) ch(b)
sh(a − b)
th(a) − th(b) (8.31)
ch(a) ch(b)
• ∀x ∈ R, ch(x) ≥ 1.
Le T.V. de ch est :
x −∞ 0 +∞
ch′ (x) − 0 +
+∞ +∞
ch
1
Allure de la courbe de ch :
3 Cch
−3 −2 −1 0 1 2 3
Le T.V. de sh est :
x −∞ +∞
sh′ (x) +
+∞
sh
−∞
Allure de la courbe de sh :
3 Csh
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
−2
−3
Le T.V. de th est :
x −∞ +∞
th′ (x) +
1
th
−1
Allure de la courbe de th :
Cth
−2 −1 0 1 2
−1
Remarque 8.4
• La fonction arccos n'est dénie que sur [−1 , 1] et pour tout x ∈ [−1 , 1], arccos(x) ∈ [0 , π].
(
y ∈ [0 , π]
• ∀x ∈ [−1 , 1], ∀y ∈ R, arccos(x) = y ⇐⇒ .
cos(y) = x
√ √
Exemple 8.3 arccos(−1) = π , arccos − 23 = 5π
6 , arccos − 2
2 3π
, arccos − 21 = 2π
, arccos(0) = π2 ,
= 4 3
√ √
arccos 2 = 3 , arccos 2 = 4 , arccos 2 = 6 et arccos(1) = 0.
1 π 2 π 3 π
arccos′ (x) −
π
arccos
Carccos
π
−1 0 1 2
Ccos
−1
réalise donc une bijection de − 2 , 2 sur [−1 , 1]. Sa bijection réciproque est appelée fonction arcsinus
π
et notée arcsin.
Remarque 8.5
• La fonction arcsin n'est dénie que sur [−1 , 1] et pour tout x ∈ [−1 , 1], arcsin(x) ∈ − π2 , π2 .
(
y ∈ − π2 , π2
• ∀x ∈ [−1 , 1], ∀y ∈ R, arcsin(x) = y ⇐⇒ .
sin(y) = x
√ √
Exemple 8.4 arcsin(−1) = − π2 , arcsin − 23 = − π3 , arcsin − 22 = − π4 , arcsin − 21 = − π6 , arcsin(0) =
√ √
0, arcsin 21 = π6 , arcsin 22 = π4 , arcsin 23 = π3 et arcsin(1) = π2 .
arcsin′ (x) +
π
2
arcsin
− π2
π
2
Carcsin
1
Csin
− π2
−1 0 1
π
2
−1
− π2
elle réalise donc une bijection de − 2 , 2 sur R. Sa bijection réciproque est appelée fonction arctangente
et notée arctan.
Remarque 8.6
• La fonction arctan est dénie que sur R et pour tout x ∈ R, arctan(x) ∈ − π2 , π2 .
(
y ∈ − π2 , π2
• ∀x ∈ R, ∀y ∈ R, arctan(x) = y ⇐⇒ .
tan(y) = x
√
Exemple 8.5
arctan − 3 = − π3 , arctan(−1) = − π4 , arctan − √13 = − π6 , arctan(0) = 0, arctan √13 =
√ π
6 , arctan(1) = 4 , arctan 3 = 3.
π π
• ∀x ∈ R, arctan(−x) = − arctan(x).
• ∀x ∈ R, cos(arctan(x)) = √ 1
1+x2
.
• ∀x ∈ R, sin(arctan(x)) = √ x
1+x2
.
• ∀x ∈ R, arctan(x) = arg(1 + ix).
arctan′ (x) +
π
2
arctan
− π2
Ctan
π
2
1
Carctan
−1 0 1
− π2 π
2
−1
− π2
Sommaire
9.1 Généralités sur les équations diérentielles linéaires . . . . . . . . 126
9.2 EDL du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
9.2.1 Solutions de l'équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
9.2.2 Solutions de l'équation avec second membre . . . . . . . . . . . . 127
9.3 EDL du second ordre à coecients constants . . . . . . . . . . . . 128
9.3.1 Solutions de l'équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
9.3.2 Solutions de l'équation avec second membre . . . . . . . . . . . . 129
9.3.3 Recherche d'une solution particulière . . . . . . . . . . . . . . . . 129
9.4 Compléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
9.4.1 Problème de raccordement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
9.4.2 Changment de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
9.4.3 Changment de fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
128 9.1 Généralités sur les équations diérentielles linéaires
On appelle équation homogène (ou équation sans second membre) associée à (E), l'équation diérentielle
linéaire d'ordre n : n X
ak y (k) = 0 (EH)
k=0
k=0
yH + yP où yH décrit l'ensemble des solutions de l'équation homogène (EH) associée à (E).
Exemple 9.2 • Soit a ∈ K. Les solutions de l'EDL1 : y ′ + ay = 0 sont les fonctions x 7→ λ e−ax , λ
décrivant K.
• Les solutions de l'EDL1 : (1 + x2 )y ′ − y = 0 sont les fonctions x 7→ λ earctan(x) , λ décrivant K.
y ′ + ay = b
pour tout x0 , y0 ∈ I × K le problème de Cauchy : admet une unique solution sur I .
y(x0 ) = y0
Exemple 9.3 Soit a, b ∈ K. On considère l'EDL1 (E) : y′ + ay = b. Si a = 0, alors l'ensemble des solutions
de (E) est :
x 7→ bx + c c∈K ,
sinon, alors l'ensemble des solutions de (E) est :
b
x 7→ c e−ax + c∈K .
a
d'inconnue r ∈ C.
où λ, µ ∈ C.
• Si ∆ = 0 : (EC) admet une solution double r ∈ C. Dans ce cas, les solutions de (E) sont les
fonctions de la forme :
x 7→ (λx + µ)erx
où λ, µ ∈ C.
Exemple 9.4 Soit ω ∈ C. On considère l'EDL2 (E) : y′′ + ω2 y = 0. Si ω = 0, alors l'ensemble des solutions
de (E) est :
x 7→ ax + b a, b ∈ C ,
sinon, alors l'ensemble des solutions de (E) est :
x 7→ a eiωx +b e−iωx
a, b ∈ C .
x 7→ λer1 x + µer2 x
où λ, µ ∈ R.
• Si ∆ = 0 : (EC) admet une solution double r ∈ R. Dans ce cas, les solutions de (E) sont les
fonctions de la forme :
x 7→ (λx + µ)erx
où λ, µ ∈ R.
• Si ∆<0 (EC) admet deux solutions complexes conjuguées r + is et r − is, où r ∈ R et s ∈ R∗ .
:
Dans ce cas, les solutions de (E) sont les fonctions de la forme :
x 7→ λ cos(sx) + µ sin(sx) erx
où λ, µ ∈ R.
Proposition 9.7: Résolution d'une EDL2 à coecients constants avec second membre
Soient a, b, c ∈ K avec a ̸= 0, I un intervalle de R et f ∈ C 0 (I , K). Alors l'EDL2 : ay ′′ + by ′ +
cy = f admet des solutions sur I et pour tout x0 , y0 , y1 ∈ I × K × K le problème de Cauchy :
′′ ′
ay + by + cy = f
y(x0 ) = y0 admet une unique solution sur I .
′
y (x0 ) = y1
b) Cas où le second membre est de la forme x 7→ P (x) cos(mx) ou x 7→ P (x) sin(mx) avec P
polynôme et m ∈ R
Soient a, b, c ∈ K avec a ̸= 0, m ∈ R et P un polynôme à coecients dans K. Si y1 est une solution
particulière de l'EDL2 ay ′′ + by ′ + cy = P (x) eimx et y2 est une solution particulière de l'EDL2 ay ′′ + by ′ + cy =
P (x) e−imx , alors y1 +y
2
2
est une solution particulière de l'EDL2 ay ′′ + by ′ + cy = P (x) cos(mx) et y1 −y 2i
2
est
une solution particulière de l'EDL2 ay ′′ + by ′ + cy = P (x) sin(mx).
c) Cas où le second membre est de la forme x 7→ P (x) ch(mx) ou x 7→ P (x) sh(mx) avec P poly-
nôme et m ∈ R
Soient a, b, c ∈ K avec a ̸= 0, m ∈ R et P un polynôme à coecients dans K. Si y1 est une solution
particulière de l'EDL2 ay ′′ + by ′ + cy = P (x) emx et y2 est une solution particulière de l'EDL2 ay ′′ + by ′ + cy =
P (x) e−mx , alors y1 +y
2
2
est une solution particulière de l'EDL2 ay ′′ + by ′ + cy = P (x) ch(mx) et y1 −y
2
2
est une
solution particulière de l'EDL2 ay + by + cy = P (x) sh(mx).
′′ ′
9.4 Compléments
Dans cette section, nous présenterons, à travers des exemples, trois compléments sur les équations diéren-
tielles linéaires.
Or, si µ ̸= 0, on a :
lim y(t) = ∞,
t→0−
ce qui contredit la continuité de y à gauche en 0. Par conséquent, µ = 0, et y(t) = 0 pour tout t ≤ 0.
Réciproquement, pour tout λ ∈ R, on vérie que la fonction y dénie sur R par :
(
si t > 0
1
λ e− t
y(t) = ,
0 si t ≤ 0
est bien une solution de (E).
Ainsi, l'ensemble des solutions de (E) sur R est donné par :
( ( )
si t > 0
1
λ e− t
t 7→ λ∈R .
0 si t ≤ 0
Sommaire
10.1 Propriété fondamentale de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
10.2 Droite numérique achevée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
10.3 Densité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
10.4 Approximation d'un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
136 10.1 Propriété fondamentale de R
Proposition 10.3: Lien entre borne supérieure et maximum et borne inférieure et mi-
nimum
• Si A admet un plus grand élément, alors A admet borne supérieure et sup(A) = max(A).
• Si A admet un plus petit élément, alors A admet borne inférieure et inf(A) = min(A).
(
m est un minorant de A
• m = inf(A) ⇐⇒ .
∀ε > 0, ∃a ∈ A, a < m + ε
Exercice 10.1 Soit A une partie non vide de R, on note −A = − x x ∈ A . Montrer que si A admet une
borne supérieure alors −A admet une borne inférieure et que dans ce cas inf(−A) = − sup(A).
Corollaire 10.6
Toute partie non vide et minorée de R admet une borne inférieure.
Exercice 10.2 Déterminer (s'ils existent) : les majorants, les minorants, la borne supérieure, la borne infé-
rieure, le plus grand élément et le plus petit élément de la partie A = (−1)n + n12 , n ∈ N∗ .
Remarque 10.1
L'ensemble vide est un intervalle de R.
2. Si I est majoré mais non minoré, alors il existe a ∈ R tel que I est ] − ∞ , a] ou ] − ∞ , a[.
3. Si I est minoré mais non majoré, alors il existe a ∈ R tel que I est [a , +∞[ ou ]a , +∞[.
4. Si I est borné, alors il existe a, b ∈ R avec a ≤ b tels que I est [a , b], [a , b[, ]a , b] ou ]a , b[.
• Si I = 2; +∞ , alors : ˚
I = 2; +∞ et I = 2; +∞ .
• Si I = − ∞; −1 , alors : ˚I = − ∞; −1 et I = − ∞; −1 .
Remarque 10.2
• On prolonge l'addition de R à R par :
⋆ ∀x ∈ R, x + (+∞) = +∞ + x = +∞.
⋆ ∀x ∈ R, x + (−∞) = −∞ + x = −∞.
⋆ +∞ + (+∞) = +∞ et −∞ + (−∞) = −∞.
• On prolonge la multiplication de R à R par :
⋆ ∀x ∈ R∗+ , x × (+∞) = (+∞) × x = +∞.
⋆ ∀x ∈ R∗+ , x × (−∞) = (−∞) × x = −∞.
⋆ ∀x ∈ R∗− , x × (+∞) = (+∞) × x = −∞.
⋆ ∀x ∈ R∗− , x × (−∞) = (−∞) × x = +∞.
⋆ (+∞) × (+∞) = (−∞) × (−∞) = +∞ et (+∞) × (−∞) = (−∞) × (+∞) = −∞.
⋆ ∀x ∈ R, +∞ x x
= −∞ = 0.
• On prolonge la relation d'ordre usuel de R à R par :
Remarque 10.3
Il reste des opérations indéterminées : +∞ − ∞, 0 × ∞, ∞
∞ et 00 .
Proposition 10.8
Toute partie de R non vide admet, dans R, une borne supérieure et une borne inférieure.
Proposition 10.9
• Soit a ∈ R. L'intersection de deux voisinages de a < b est un voisinage de a. En particulier cette
intersection est non vide.
• Soit a, b ∈ R tels que a < b. Il existe un voisinage V de a et un voisinage W de b tels que pour
tous x ∈ V et y ∈ W , x < y . En particulier, l'intersection de ces deux voisinages est vide.
10.3 Densité
Dénition 10.9: Partie dense dans R
Soit A une partie de R. On dit que A est dense dans R si :
∀x, y ∈ R, x < y =⇒ ∃a ∈ A, x < a < y .
i.e. :
∀x ∈ R, ∀ε > 0, ∃a ∈ A, |x − a| < ε.
Dans le chapitre 2., nous avons admis l'existence de la partie entière d'un réel. Ce résultat se démontre en
utilisant la propriété d'archimède.
Proposition 10.13: Existence de la partie entière
Soit x ∈ R. L'ensemble des entiers relatifs inférieurs ou égaux à x admet un plus grand élément notée
⌊x⌋ et appelée partie entière de x.
• α est une valeur approchée par défaut de x à ε près si : 0 ≤ x−α ≤ ε, c'est-à-dire si : α ∈ x−ε, x .
• α est une valeur approchée par excès de x à ε près si : 0 ≤ α−x ≤ ε, c'est-à-dire si : α ∈ x, x+ε .
Sommaire
11.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
11.2 Limite d'une suite réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
11.2.1Dénitions, exemples et premières propriétés . . . . . . . . . . . . 144
11.2.2Suites extraites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
11.2.3Limites et relation d'ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
11.2.4Opérations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
11.2.5Théorème de la limite monotone et conséquences . . . . . . . . . 149
11.2.6Caractérisation de la borne supérieure et de la densité . . . . . . 150
11.3 Limite d'une suite complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
142 11.1 Généralités
11.1 Généralités
Dans toute cette section, K désigne l'un des corps R ou C.
Dénition 11.1: Suite d'éléments de K
On appelle suite d'éléments de K toute application de N ou d'une partie de N dans K.
Remarque 11.1
• On n'étudie en général que des
suites dénies à partir d'un certain rang, i.e. des suites dénies
sur un ensemble de la forme n ∈ N n ≥ n0 où n0 ∈ N.
• L'image d'un entier n par une suite u est notée un et appelée le terme de rang n de u.
• Une suite u est notée (un )n∈N , (un )n≥0 ou (un ).
• L'expression de un en fonction de n est appelée terme général de la suite (un ).
• L'ensemble des suites d'éléments de K dénies sur N est notée KN .
Remarque 11.3
Une suite (un ) est constante si et seulement si pour tout n ∈ N, on a : un+1 = un .
3. On dit que (un ) est monotone si elle est croissante ou elle est décroissante.
4. On dit que (un ) est strictement croissante si pour tous n, p ∈ N tels que n > p, on a : un > up .
5. On dit que (un ) est strictement décroissante si pour tous n, p ∈ N tels que n > p, on a : un < up .
6. On dit que (un ) est strictement monotone si elle est strictement croissante ou elle est strictement
décroissante.
Proposition 11.1
Soit (un ) une suite réelle.
1. (un ) est croissante si et seulement si, pour tout n ∈ N, on a : un+1 ≥ un (i.e. un+1 − un ≥ 0).
2. (un ) est décroissante si et seulement si, pour tout n ∈ N, on a : un+1 ≤ un (i.e. un+1 − un ≤ 0).
3. (un ) est strictement croissante si et seulement si, pour tout n ∈ N, on a : un+1 > un (i.e.
un+1 − un > 0).
4. (un ) est strictement décroissante si et seulement si, pour tout n ∈ N, on a : un+1 < un (i.e.
un+1 − un < 0).
Corollaire 11.2
Soit (un ) une suite réelle à termes strictement positifs.
1. (un ) est croissante si et seulement si, pour tout n ∈ N, on a : u ≥ 1.
un+1
n
Proposition 11.3
Une suite réelle (un ) est bornée si et seulement s'il existe M ∈ R+ tel que pour tout n ∈ N, un ≤ M .
Proposition 11.4
Soit (un ) une suite arithmétique de raison r, alors :
∀n, p ∈ N, un = (n − p)r + up .
Proposition 11.5
Soit (un ) une suite géométrique de raison q , alors :
∀n ≥ p ∈ N, un = up × q n−p .
Proposition 11.6
Soit (un ) une suite arithmético-géométrique et a, b ∈ K tels que, pour tout n ∈ N, un+1 = aun + b.
• Si a = 1, alors (un ) est une suite arithmétique de raison b.
• Sinon, alors la suite un − b
1−a est géométique de raison a, et donc :
b b
∀n ∈ N, un = u0 − × an + .
1−a 1−a
d'inconnue r ∈ C.
Proposition 11.7: Terme général d'une suite récuurente linéaire d'ordre 2 (cas où K = C)
Soient a, b, c ∈ C avec a ̸= 0. Considérons une suite (un ) récuurente linéaire d'ordre 2 telle que pour
tout n ∈ N, aun+2 + bun+1 + cun = 0, et notons ∆ le discriminant de l'équation caractéristique (EC)
associée à (un ).
• Si ∆ ̸= 0 : (EC) admet deux solutions complexes distinctes r1 et r2 . Dans ce cas, le terme général
de (un ) est de la forme :
un = λr1n + µr2n
où λ, µ ∈ C.
• Si ∆=0 : (EC) admet une solution double r ∈ C. Dans ce cas, le terme général de (un ) est de
la forme :
un = (λn + µ)rn
où λ, µ ∈ C.
Proposition 11.8: Terme général d'une suite récuurente linéaire d'ordre 2 (cas où K = R)
Soient a, b, c ∈ R avec a ̸= 0. Considérons une suite (un ) récuurente linéaire d'ordre 2 telle que pour
tout n ∈ N, aun+2 + bun+1 + cun = 0, et notons ∆ le discriminant de l'équation caractéristique (EC)
associée à (un ).
• Si ∆ > 0 : (EC) admet deux solutions réelles distinctes r1 et r2 . Dans ce cas, le terme général
de (un ) est de la forme :
un = λr1n + µr2n
où λ, µ ∈ R.
• Si ∆=0 : (EC) admet une solution double r ∈ R. Dans ce cas, le terme général de (un ) est de
la forme :
un = (λn + µ)rn
où λ, µ ∈ R.
• Si ∆<0 (EC) admet deux solutions complexes conjuguées reiθ et re−iθ , où r ∈ R∗+ et θ ∈ R.
:
Dans ce cas, le terme général de (un ) est de la forme :
un = λ cos(nθ) + µ sin(nθ) rn
où λ, µ ∈ R.
Exercice
(
11.2 Déterminer le terme général des suites dénies par :
u0 = 0, u1 = 1
1. .
∀n ∈ N, un+2 = 2un+1 − un
(
u0 = 2, u1 = 3
2. .
∀n ∈ N, un+2 = 3un+1 − 2un
Remarque 11.4
• KN , + est un groupe abélien.
Dénition 11.12
Soit u une suite complexe.
• On appelle partie réelle de u la suite réelle notée Re(u) de terme général Re(u) n = Re(un ).
• On appelle partie imaginaire de u la suite réelle notée Im(u) de terme général Im(u) = Im(un ).
n
• On appelle conjuguée de u la suite complexe notée u de terme général u n = un .
Exemple 11.3 • Les suites (1) et (−1) sont deux sous-suites de la suite (−1)n .
∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un ≥ A.
∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un ≤ A.
Remarque 11.5
• La dénition de la limite peut être énoncé avec des inégalités strictes.
• Si ℓ ∈ R, alors (un ) tend vers ℓ quand n tend vers +∞ si et seulement si pour tout voisinage V
de ℓ, il existe n0 ∈ N tel que pour tout n ≥ n0 , un ∈ V .
• un −−−−−→ +∞ ⇐⇒ −un −−−−−→ −∞.
n→+∞ n→+∞
Remarque 11.6
• Une suite réelle divergente est une suite n'admettant pas de limite ou admettant une limite innie.
• Si une suite réelle admet une limite nie ℓ, on dit qu'elle est convergente vers ℓ ou qu'elle converge
vers ℓ.
Exemple 11.4
1. Une suite réelle stationnaire à partir du rang n0 est convergente vers un0 .
2. n −−−−−→ +∞.
n→+∞
1
3. n −
−−−−→ 0.
n→+∞
4.
3n2 +1
n2 −−−−−→3.
n→+∞
Exercice 11.3 Montrer qu'une suite d'entiers est convergente si et seulement si elle est stationnaire.
Proposition 11.9: Unicité de la limite
Si une suite réelle admet une limite (nie ou innie), alors celle-ci est unique. On la note lim un ou
lim un .
n→+∞
Proposition 11.10
Soient (un ) une suite réelle et ℓ ∈ R. On a :
• lim un = ℓ ⇐⇒ lim(un − ℓ) = 0 ⇐⇒ lim un − ℓ = 0.
• lim un = ℓ =⇒ lim un = ℓ . La réciproque est en général fausse.
• S'il existe une suite réelle (vn ) convergente vers 0 telle que à partir d'un certain rang un −ℓ ≤ vn ,
alors (un ) converge vers ℓ.
Remarque 11.7
lim un = 0 ⇐⇒ lim un = 0.
Lemme 11.1
Si φ : N → N est une application strictement croissante, alors pour tout n ∈ N, φ(n) ≥ n.
Proposition 11.11
Soient (un ) une suite réelle et ℓ ∈ R.
• Si (un ) admet ℓ pour limite, alors toute sous-suite de (un ) admet aussi ℓ pour limite.
• Si (un ) admet deux sous-suites de limites diérentes, alors elle n'admet pas de limite.
• Si (u2n ) et (u2n+1 ) admettent toutes les deux ℓ pour limite, alors (un ) admet aussi ℓ pour limite.
Exemple 11.5
• La suite (−1)n est divergente.
n
• La suite (−1)
n est convergente vers 0.
• Soit q < −1. La suite q n est divergente. En eet,
q 2n = (−q)2n −−−−−→ +∞
n→+∞
et
q 2n+1 = −(−q)2n+1 −−−−−→ −∞.
n→+∞
Proposition 11.12
• Toute suite convergente est bornée.
• Toute suite de limite +∞ est minorée mais non majorée.
• Toute suite de limite −∞ est majorée mais non minorée.
Remarque 11.8
Les réciproques de ces armations sont fausses, en eet :
• La suite (−1)n est bornée mais non convergente.
(
n si n est pair
• La suite de terme général un = est minorée mais elle n'admet pas de limite.
0 sinon
Proposition 11.13
Si (un ) est une suite convergente vers ℓ et si ℓ > α (respectivement ℓ < α), alors un > α (respectivement
un < α) à partir d'un certain rang.
Remarque 11.9
• Si ℓ ≤ α, on ne peut pas conclure que un ≤ α à partir d'un certain rang. Par exemple, les suites
(−1)n
n , − n et sont toutes convergentes vers 0, mais la première est strictement positive,
1 1
n
la seconde strictement négative et la troisième alterne au tour de 0.
• Si une suite converge vers une limite strictement positive (respectivement strictement négative)
alors elle est strictement positive (respectivement strictement négative) à partir d'un certain rang.
On en déduit que si une suite admet une limite non nulle, alors elle ne s'annule pas à partir d'un
certain rang.
Remarque 11.10
Le passage à la limite conserve les inégalités larges mais pas les inégalités strictes. Par exemple, la suite
n est strictement positive mais sa limite ne l'est pas.
1
Corollaire 11.15
Soit (un ) une suite réelle convergente vers ℓ.
• Si (un ) est majorée à partir d'un certain rang par M , alors ℓ ≤ M .
• Si (un ) est minorée à partir d'un certain rang par m, alors ℓ ≥ m.
Corollaire 11.16
Soit (un ) une suite réelle convergente vers ℓ.
• Si (un ) est croissante, alors pour tout n ∈ N, un ≤ ℓ.
• Si (un ) est décroissante, alors pour tout n ∈ N, un ≥ ℓ.
• Si (un ) est strictement croissante, alors pour tout n ∈ N, un < ℓ.
• Si (un ) est strictement décroissante, alors pour tout n ∈ N, un > ℓ.
Proposition 11.18
Soit (un ) et (vn ) deux suites réelles.
• Si (un ) converge vers 0 et (vn ) est bornée, alors (un vn ) converge vers 0.
• Si lim un = +∞ et (vn ) est minorée, alors lim(un + vn ) = +∞.
• Si lim un = −∞ et (vn ) est majorée, alors lim(un + vn ) = −∞.
Exemple 11.7
n
sin(2n)
n = 0.
• lim (−1)
• lim n + (−1) − sin(2n) = +∞.
n
lim un ℓ ∈ R∗ +∞ −∞ 0
• Si (un ) est croissante (respectivement décroissante) et non majorée (respectivement non minorée)
alors elle est divergente vers +∞ (respectivement −∞).
n
1
Exemple 11.8 La suite (un )n≥1 dénie par un = est convergente. En eet elle est :
X
k2
k=1
• croissante puisque pour tout n ≥ 1,
1
un+1 − un = > 0,
(n + 1)2
Remarque 11.11
Dans le cas des suites complexes, les limites innies n'ont pas de sens. Une suite complexe est soit
convergente (vers un nombre complexe ℓ), soit n'a pas de limite et dans ce cas oon dit qu'elle est
divergente.
Sommaire
12.1 Loi de composition interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
12.1.1Dénition et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
12.1.2Propriétés des lois de composition internes . . . . . . . . . . . . . 154
12.2 Structure de groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
12.2.1 Groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
12.2.2 Sous-groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
12.2.3 Morphisme de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
12.3 Structures d'anneau et de corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
12.3.1 Anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
12.3.2 Corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
12.3.3 Morphisme d'anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
156 12.1 Loi de composition interne
Remarque 12.1
Si ⋆ est l.c.i. sur un ensemble E , alors pour x, y ∈ E on note x ⋆ y plutôt que ⋆(x, y).
Exemple 12.1
1. L'addition et la multiplication sont des l.c.i. sur N, Z, D, Q, R et C.
2. L'addition et la multiplication sont des l.c.i. sur F(R, R), F(R, C), RN et CN .
3. La soustraction n'est pas une l.c.i. sur N.
4. La soustraction est une l.c.i. sur Z, D, Q, R et C.
5. La division sur n'est pas une l.c.i. sur R.
6. Soit E un ensemble non vide. La composition est une l.c.i. sur E E .
Exercice 12.1 Montrer que la loi ⋆ dénie sur ]−1, 1[ par : x ⋆ y = 1+xy
x+y
est une l.c.i.
a) Associativité
Exemple 12.2
1. L'addition et la multiplication dans N, Z, D, Q, R et C sont associatives.
2. L'addition et la multiplication dans F(R, R), F(R, C), RN et CN sont associatives.
3. La soustraction dans Z n'est pas associative. En eet : 3 − (2 − 1) = 2 et (3 − 2) − 1 = 0.
4. Soit E un ensemble non vide. La composition dans E E est associative.
Exercice 12.2 Montrer que la l.c.i. ⋆ dénie sur − 1, 1 par : x ⋆ y = x+y
est associative.
1+xy
Remarque 12.2
Si (E, ⋆) est un magma associatif, alors on peut écrire x ⋆ y ⋆ z (où x, y, z ∈ E ) sans préciser les
paranthèses.
b) Commutativité
Exemple 12.3
1. L'addition et la multiplication dans N, Z, D, Q, R et C sont commutatives.
2. L'addition et la multiplication dans F(R, R), F(R, C), RN et CN sont commutatives.
3. La soustraction dans Z n'est pas commutative. En eet : 2 − 1 = 1 et 1 − 2 = −1.
4. Soit E un ensemble non vide. La composition dans E E est, en général, non commutative.
La l.c.i. ⋆ dénie sur − 1, 1 par : x ⋆ y = 1+xy
x+y
est commutative.
5.
c) Élément neutre
Exemple 12.4
1. 0 (respectivement 1) est l'élément neutre de l'addition (respectivement de la multiplication) dans N, Z,
D, Q, R et C.
2. La fonction identiquement nulle (respectivement la fonction identiquement égale à 1) est l'élément neutre
de l'addition (respectivement de la multiplication) dans F(R, R) et F(R, C).
3. La soustraction dans Z n'a pas d'élément neutre. En eet, si e ∈ Z est neutre, alors 1 − e = 1 d'où e = 0,
mais 0 − 1 = −1 ̸= 1.
4. Soit E un ensemble non vide. IdE est l'élément neutre de la composition dans E E .
0 est l'élément neutre de la l.c.i. ⋆ dénie sur − 1, 1 par : x ⋆ y = 1+xy
x+y
.
5.
d) Élément symétrisable
Remarque 12.3
Un magma associatif et admettant un élément neutre est appelé monoïde.
Remarque 12.4
• Si la loi d'un magma est noté multiplicativement alors l'élément symétrique d'un élément x ∈ E
symétrisable est noté x−1 et appelé inverse de x.
• Si la loi d'un magma est noté additivement alors l'élément symétrique d'un élément x ∈ E symé-
trisable est noté −x et appelé opposé de x.
Exemple 12.5
1. 0 (respectivement 1) est l'unique élément de N qui admet un opposé (respectivement un inverse).
2. Tout élément x de Z, D, Q, R ou C admet −x comme opposé.
3. 1 et −1 sont les seuls éléments de Z qui ont des inverses.
4. Tout élément x non nul de Q, R ou C admet x1 comme inverse.
5. Soit E un ensemble non vide. Les bijections de E dans E (appelées aussi les permutations de E ) sont
les éléments de E E symétrisables par rapport à la loi ◦.
Tout élément x de − 1, 1 admet −x comme symétrique par rapport à la loi ⋆ dénie par : x ⋆ y = 1+xy
x+y
.
6.
Proposition 12.4
Soit (E, ⋆) un magma associatif et admettant un élément neutre. Soit x ∈ E symétrisable par rapport
à ⋆. Alors : (
x ⋆ y = x ⋆ z =⇒ y = z
∀x, y, z ∈ E, .
y ⋆ x = z ⋆ x =⇒ y = z
On dit que x est régulier par rapport à ⋆.
Remarque 12.5
Si la loi est noté additivement on note nx plutôt que xn .
f) Distributivité
Exemple 12.6
1. Dans N, Z, D, Q, R et C, La multiplication est distributive par rapport à l'addition.
2. Dans F(R, R), F(C, C), RN et CN , La multiplication est distributive par rapport à l'addition.
3. Soit E un ensemble. Dans P(E), la réunion et l'intersection sont chacun distributive par rapport à l'autre.
Exemple 12.7
1. R+ et R− sont stables par l'addition.
2. R+ est stable par la multiplication.
3. R− n'est pas stable par la multiplication.
Si de plus, ⋆ est commutative, on dit que (G, ⋆) est un groupe commutatif ou un groupe abélien.
Exemple 12.8
1. (Z, +), (D, +), (Q, +), (R, +) et (C, +) sont des groupes abéliens.
2. (N, +), (N, ×), (Z, ×), (Z∗ , ×), (D, ×), (D∗ , ×), (Q, ×), (R, ×) et (C, ×) ne sont pas des groupes.
3. (Q∗ , ×), (R∗ , ×) et (C∗ , ×) sont des groupes abéliens.
F(R, R), + , F(R, C), + , RN , + et CN , + sont des groupes abéliens.
4.
6. Soit E un ensemble non vide. On note S(E) l'ensemble des bijections de E dans E (appelées aussi les
permutations de E ). Alors (S(E), ◦) est un groupe (non abélien en général) appelé groupe symétrique de
E.
Soit ⋆ la loi dénie sur − 1, 1 par : x ⋆ y = 1+xy
x+y
. Alors − 1, 1 , ⋆ est un groupe abélien.
7.
12.2.2 Sous-groupe
a) Généralités
Proposition 12.6
Soit (G, ⋆) un groupe de neutre e et H un sous-groupe de G. Alors :
1. e ∈ H .
2. ∀x ∈ H, x
−1
∈ H.
Exemple 12.9
1. Si (G, ⋆) un groupe de neutre e, alors {e} et G sont deux sous-groupes de G appelés sous-groupes triviaux
de G.
2. Q∗+ et R∗+ sont des sous-groupes de (Q∗ , ×) et (R∗ , ×) respectivement.
3. R+ n'est pas un sous-groupe de (R, +).
4. Z est un sous-groupe de (D, +) qui est un sous-groupe de (Q, +).
5. U est un sous-groupe de (C∗ , ×).
6. Pour tout entier n ≥ 1, Un est un sous-groupe de (U, ×) donc de (C∗ , ×).
7. L'ensemble des translations du plan est un sous-groupe du groupe des transformations du plan.
b) Sous-groupes additifs de Z et R
Exemple 12.10
1. Soit (G, ⋆) un groupe, alors IdG est un automorphisme de G.
2. Soit (G, ⋆) et (G′ , ⊺) deux groupes et e′ le neutre de G′ . L'application x 7→ e′ est morphisme de G dans
G′ appelé morphisme trivial de G dans G′ .
3. Pour tout λ ∈ R, λ IdR est un endomorphisme de (R, +).
4. exp est un isomorphisme de (R, +) dans (R∗+ , ×).
5. ln est un isomorphisme de (R∗+ , ×) dans (R, +).
6. La conjugaison est un automorphisme de (C, +).
7. La conjugaison est un automorphisme de (C∗ , ×).
8. L'exponentielle complexe est un morphisme de (C, +) dans (C∗ , ×).
9. θ 7→ eiθ est un morphisme de (R, +) dans (U, ×).
10. z 7→ Re(z) et z 7→ Im(z) sont deux morphismes de (C, +) dans (R, +).
11. z 7→ |z| est un morphisme de (C∗ , ×) dans (R∗ , ×).
un sous-groupe de G . ′
est un sous-groupe de G.
2. ⊺ est associative.
Remarque 12.6
Dans un anneau A, la première loi est généralement notée + et appelée addition et son élément neutre
est noté 0 ou 0A et appelé élément nul de A. La deuxième loi est généralement notée × et appelée
multiplication et son élément neutre est noté 1 ou 1A et appelé élément unité de A.
Exemple 12.11
1. (Z, +, ×), (D, +, ×), (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont des anneaux commutatifs.
(F(R, R), +, ×), (F(R, C), +, ×), RN , +, × et CN , +, × sont des anneaux commutatifs.
2.
Exemple 12.12
1. U(Z) = {−1, 1}.
2. U(Q) = Q∗ .
3. U(R) = R∗ .
4. U(C) = C∗ .
Exemple 12.13
1. (Z, +, ×), (D, +, ×), (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont des anneaux intègres.
(F(R, R), +, ×), (F(R, C), +, ×), RN , +, × et CN , +, × sont des anneaux non intègres.
2.
Exemple 12.14
1. Z est un sous-anneau de (D, +, ×) qui est un sous-anneau de (Q, +, ×).
2. L'ensemble des fonctions constantes est un sous-anneau de (F(R, R), +, ×).
Z[i] = a + ib a, b ∈ Z est un sous-anneau de (C, +, ×) appelé l'anneau des entiers de Gauss.
3.
12.3.2 Corps
Remarque 12.7
1. Un anneau (A, +, ×) est un corps si et seulement si U(A) = A \ {0A }.
2. Un corps non nul est un anneau intègre.
Exemple 12.15
1. (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont des corps.
2. (Z, +, ×) et (D, +, ×) ne sont pas des corps.
Exemple 12.16
1. Q est un sous-corps de (R, +, ×) qui est un sous-corps de (C, +, ×).
Q[i] = a + ib a, b ∈ Q est un sous-corps de (C, +, ×).
2.
Remarque 12.8
• Si f est un morphisme d'un anneau (A , + , ×) dans un anneau (B , ⊕ , ⊗), alors f est un mor-
phisme de groupes de (A , +) dans (B , ⊕). De plus, on a :
n
⋆ ∀n ∈ N, ∀x ∈ A, f xn = f (x) .
n
⋆ ∀n ∈ Z, ∀x ∈ U(A), f xn = f (x) .
Exemple 12.17
1. Soit (A , + , ×) un anneau, alors IdA est un automorphisme de A.
f 7→ f (0) est un morphisme d'anneaux de F(R , R) , + , × dans (R , + , ×).
2.
167
14 Limites de fonctions numériques
Sommaire
14.1 Points adhérents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
14.2 Limite d'une fonction réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
14.2.1Dénitions, exemples et premières propriétés . . . . . . . . . . . . 169
14.2.2Limite à droite, limite à gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
14.2.3Opérations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
14.2.4Limites et relation d'ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
14.2.5Limites et monotonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
14.3 Limite d'une fonction complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
170 14.1 Points adhérents
Proposition 14.1
• Soit a ∈ R. L'intersection de deux voisinages de a est un voisinage de a. En particulier cette
intersection est non vide.
• Soit a < b ∈ R. Il existe un voisinage V de a et un voisinage W de b tels que pour tous x ∈ V et
y ∈ W , x < y . En particulier, l'intersection de ces deux voisinages est vide.
Dans ce cas, on dit que f vérie une certaine propriété au voisinage à gauche de a s'il existe un
voisinage V de a tel que f vérie cette propriété sur V ∩ I ∩ − ∞ , a .
Dans ce cas, on dit que f vérie une certaine propriété au voisinage à droite de a s'il existe un
voisinage V de a tel que f vérie cette propriété sur V ∩ I ∩ a , +∞ .
Selon les valeurs possibles de a et ℓ, la dénition précédente s'écrit sous l'une des formes suivante :
Dénition 14.5: Écriture de la dénition de la limite dans les diérents cas possibles
Soit ℓ ∈ R.
Cas où a ∈ R et ℓ ∈ R :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ ε > 0, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, |x − a| < α =⇒ f (x) − ℓ < ε.
x→a
Cas où a ∈ R et ℓ = +∞ :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ A ∈ R, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, |x − a| < α =⇒ f (x) > A.
x→a
Cas où a ∈ R et ℓ = −∞ :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ A ∈ R, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, |x − a| < α =⇒ f (x) < A.
x→a
Cas où a = +∞ et ℓ ∈ R :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ ε > 0, ∃ A ∈ R, ∀ x ∈ I, x > A =⇒ f (x) − ℓ < ε.
x→a
Cas où a = +∞ et ℓ = +∞ :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ A ∈ R, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x > B =⇒ f (x) > A.
x→a
Cas où a = +∞ et ℓ = −∞ :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ A ∈ R, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x > B =⇒ f (x) < A.
x→a
Cas où a = −∞ et ℓ ∈ R :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ ε > 0, ∃ A ∈ R, ∀ x ∈ I, x < A =⇒ f (x) − ℓ < ε.
x→a
Cas où a = −∞ et ℓ = +∞ :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ A ∈ R, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x < B =⇒ f (x) > A.
x→a
Cas où a = −∞ et ℓ = −∞ :
f (x) −−−→ ℓ ⇐⇒ ∀ A ∈ R, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x < B =⇒ f (x) < A.
x→a
Remarque 14.1
La dénition de la limite peut être énoncé avec des inégalités larges.
Proposition 14.4
Si f est dénie en a et admet une limite en a, alors nécessairement cette limite vaut f (a).
Proposition 14.5
Soit ℓ ∈ R. On a :
• lim f (x) = ℓ ⇐⇒ lim f (x) − ℓ = 0 ⇐⇒ lim f (x) − ℓ = 0.
x→a x→a x→a
• lim f (x) = ℓ =⇒ lim f (x) = |ℓ|. La réciproque est en général fausse.
x→a x→a
Remarque 14.2
lim f (x) = 0 ⇐⇒ lim f (x) = 0.
x→a x→a
limite est appelée limite de f quand x tend vers a et x diérent de a et est notée x→a
lim f (x).
x̸=a
Proposition 14.7
On suppose que a ∈ R. Soit ℓ ∈ R.
1. On suppose que f est dénie au voisinage à droite en a et au voisinage à gauche en a. Alors :
2. On suppose que f est dénie au voisinage à droite en a mais pas au voisinage à gauche en a.
Alors :
lim f (x) = ℓ ⇐⇒ lim f (x) = ℓ.
x→a x→a+
x̸=a
3. On suppose que f est dénie au voisinage à gauche en a mais pas au voisinage à droite en a.
Alors :
lim f (x) = ℓ ⇐⇒ lim− f (x) = ℓ.
x→a x→a
x̸=a
Proposition 14.8
On suppose que a ∈ R et que a est un point adhérent à I \ {a}. Soit ℓ ∈ R.
• Si f est dénie en a, alors :
lim f (x) = ℓ ⇐⇒ lim
x→a
f (x) = ℓ et f (a) = ℓ .
x→a
x̸=a
Exemple 14.4 Pour tout n ∈ Z, la fonction partie entière n'a pas de limite en n.
1.
2. La fonction inverse n'a pas de limite en 0. En eet sa limite à droite en 0 est +∞ et sa limite à gauche
en 0 est −∞.
3. lim x12 = +∞.
x→0
(
1
si x ̸= 0
4. Soit f la fonction dénie sur R par f (x) = x2 . Alors lim f (x) = +∞ mais f n'a pas de
3 sinon x→0
x̸=0
limite en 0.
limx→a f (x) ℓ ∈ R∗ +∞ −∞ 0
Lemme 14.1
Soit b ∈ R. Si limx→a f (x) = b, alors b est un point adhérent à f (I).
Remarque 14.3
On dit qu'on a eectué le changement de variable y = f (x).
Exemple 14.5 1
= 0.
limx→+∞ sin x
Proposition 14.13
• Si f admet en a une limite nie, alors elle bornée au voisinage de a.
• Si f admet +∞ pour limite en a, alors elle minorée et non majorée au voisinage de a.
• Si f admet −∞ pour limite en a, alors elle majorée et non minorée au voisinage de a.
Remarque 14.4
Les réciproques de ces armations sont fausses, par exemple la fonction sin est bornée sur R mais
n'admet pas de limite en +∞.
Proposition 14.14
Soit ℓ, α ∈ R. Si f a pour limite ℓ en a et si ℓ > α (respectivement ℓ < α), alors f (x) > α (respectivement
f (x) < α) au voisinage de a.
Remarque 14.5
• Si ℓ ≤ α, on ne peut pas conclure que f (x) ≤ α au voisinage de a.
• Si une admet en a une limite nie strictement positive (respectivement strictement négative) alors
elle est strictement positive (respectivement strictement négative) au voisinage de a.
Remarque 14.6
Le passage à la limite conserve les inégalités larges mais pas les inégalités strictes. Par exemple, la
fonction x 7→ x1 est strictement positive sur R∗+ mais sa limite en +∞ ne l'est pas.
Exemple 14.6
1 1
= 0.
• limx→+∞ x sin x
• limx→+∞ ⌊x⌋
x =1 .
• limx→+∞ ⌊x⌋ = +∞.
• limx→−∞ ⌊x⌋ = −∞.
Proposition 14.17
• Si limx→a f (x) = 0 et g est bornée au voisinage de a, alors limx→a f (x)g(x) = 0.
• Si limx→a f (x) = +∞ et g est minorée, alors limx→a f (x) + g(x) = +∞.
Exemple 14.7
• limx→+∞ sin(2x)
x = 0.
• limx→−∞ x − sin(2x) = −∞.
• Pour tout a ∈ m , M , f admet une limite nie à gauche en a et une limite nie à droite
en a et de plus :
⋆ lima− f = supI∩]−∞ ,a[ f .
⋆ lima+ f = inf I∩]a ,+∞[ f .
⋆ lima− f ≤ f (a) ≤ lima+ f .
• f admet une limite à droite en m si m ∈ R et en m si m = −∞ qui vaut :
⋆ inf I f si f est minorée sur I .
⋆ −∞ sinon.
• f admet une limite à gauche en M si M ∈ R et en M si M = +∞ qui vaut :
⋆ supI f si f est majorée sur I .
⋆ +∞ sinon.
2. On suppose f est décroissante.
• Pour tout a ∈ m , M , f admet une limite nie à gauche en a et une limite nie à droite
en a et de plus :
⋆ lima− f = inf I∩]−∞ ,a[ f .
⋆ lima+ f = supI∩]a ,+∞[ f .
⋆ lima− f ≥ f (a) ≥ lima+ f .
• f admet une limite à droite en m si m ∈ R et en m si m = −∞ qui vaut :
⋆ supI f si f est majorée sur I .
⋆ +∞ sinon.
• f admet une limite à gauche en M si M ∈ R et en M si M = +∞ qui vaut :
⋆ inf I f si f est minorée sur I .
⋆ −∞ sinon.
Exemple 14.8 La fonction ln est croissante et non majorée sur R∗+ donc elle admet +∞ comme limite en
+∞.
Remarque 14.7
• Si f admet une limite en a, alors celle-ci est unique et est notée lima f ou limx→a f (x).
• Les notions de limites à gauche et à droite d'une fonction à valeurs complexes sont dénies d'une
manière analogue.
• Le fait de dire qu'une fonction complexe admet une limite de valeur +∞ ou −∞ n'a aucun sens.
x−i x2 +ln(x)
Exemple 14.9 limx→+∞ x2 = −i.
Remarque 14.8
• Si f admet une limite en a, alors elle est bornée au voisinage de a.
• lima f = ℓ ⇐⇒ lima f = ℓ.
• lima f = ℓ =⇒ lima |f | = |ℓ|. L'équivalence étant fausse sauf si ℓ = 0.
• lima f = ℓ si et seulement si pour toute suite (un ) d'éléments de I de limite a, la suite f (un )
converge vers ℓ.
• Soit g : I → C une fonction et ℓ′ ∈ C. Si lima f = ℓ et lima g = ℓ′ , alors lima (f + g) = ℓ + ℓ′ et
lima f g = ℓℓ′ . Si de plus ℓ ̸= 0, alors f ne s'annule pas au voisinage de 0 et lima f1 = 1ℓ .
• Les autres propriétés des limites liées à la relation d'ordre et la monotonie n'ont aucun sens dans
le cas des fonctions à valeurs complexes.
Sommaire
15.1 Dénitions et théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
15.2 Théorème des valeurs intermédiaires et conséquences . . . . . . . 180
15.2.1 Théorème des valeurs intermédiaires .. . . . . . . . . . . . . . . 180
15.2.2 Théorème de la bijection monotone . .. . . . . . . . . . . . . . . 180
15.2.3 Théorème des bornes atteintes . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . 181
15.3 Continuité uniforme . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . 182
15.4 Continuité d'une fonction à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . 182
180 15.1 Dénitions et théorèmes généraux
• On dit que f est continue sur I si elle est continue en tout point de I . L'ensemble des fonctions
continues sur I à valeurs dans R est noté C(I , R) ou C 0 (I , R).
Exemple 15.1
1. Les fonctions constantes sont continues sur R.
2. L'identité de R est continue sur R.
3. La fonction valeur absolue, la fonction sinus et la fonction cosinus sont continues sur R.
√
4. La fonction x 7→ x est continue sur R+ .
5. La fonction logarithme népérien est continue sur R∗+ .
6. La fonction partie entière est continue sur R \ Z.
Remarque 15.1
1. f est continue en a si et seulement si f admet une limite en a.
2. f est continue en a si et seulement si limx→a f (x) = f (a).
x̸=a
3. Si f est continue en a, alors elle est bornée au voisinage de a.
Exemple 15.2 Pour tout n ∈ Z, la fonction partie entière est continue à droite en n mais pas à gauche en n.
Proposition 15.1
1. Si f est dénie au voisinage à droite en a et au voisinage à gauche en a, alors f est continue en
a si et seulement si elle est continue à droite et à gauche en a.
2. Si f est dénie au voisinage à droite en a mais pas au voisinage à gauche en a, alors f est
continue en a si et seulement si elle est continue à droite en a.
3. Si f est dénie au voisinage à gauche en a mais pas au voisinage à droite en a, alors f est
continue en a si et seulement si elle est continue à gauche en a.
a (respectivement sur I ).
• Si f est continue et ne s'annule pas en a (respectivement sur I ), alors 1
f est continue en a
(respectivement sur I ).
• Si f est continue en a (respectivement sur I ) et h est continue en f (a) (respectivement sur J ),
alors h ◦ f est continue en a (respectivement sur I ).
Exemple 15.3
1. Les fonctions polynomiales sont continues sur R.
2. Les fonctions rationnelles sont continues sur leurs domaines de dénitions.
La fonction tangente est continue sur − π2 , π2 + πZ.
3.
et fa (0) = 0 si a > 0.
Exemple 15.5
1. La fonction indicatrice de Q n'est continue en aucun point.
R → R(
2. La fonction f : x si x ∈ Q est continue en 0 mais nulle part ailleurs.
x 7→
0 sinon
Proposition 15.4: Théorème des valeurs intermédiaires, version existence d'un antécé-
dent
Soient I un intervalle de R, f une fonction continue sur I et a et b deux points de I tels que a < b.
Pour tout réel λ compris entre f (a) et f (b), il existe x ∈ a , b tel que f (x) = λ.
Remarque 15.2
• Si f est strictement monotone sur I , alors tout réel compris entre f (a) et f (b) admet un unique
antécédent par f .
• Une fonction continue qui ne s'annule pas sur un intervalle garde un signe constant sur cet
intervalle.
• L'hypothèse que I soit un intervalle est très importante. En eet, la fonction inverse est continue
et change de signe sur R∗ mais elle ne s'annule pas.
Exemple 15.6 Si f : a , b → a , b est continue, alors elle admet un point xe sur a , b .
Exercice 15.2 Soit I un intervalle non vide de R, et f et g deux applications continues sur I , ne s'annulant
pas sur I , et telles que |f | = |g|. Montrer que f = g ou f = −g .
Proposition 15.5: Théorème des valeurs intermédiaires, version image d'un intervalle
Soit I un intervalle de R et soit f une fonction continue sur I , alors f (I) est un intervalle.
Proposition 15.6: Image d'un intervalle par une fonction continue et strictement mono-
tone
Soit I un intervalle non vide de R. On note m = inf(I) et M = sup(I) (dans R). Soit f une fonction
continue de I dans R.
1. On suppose que f est strictement croissante.
Remarque 15.3
Si f est monotone mais pas strictement monotone, l'intervalle image est du même type sauf que les
bornes exclues peuvent être atteintes.
Proposition 15.7: Une réciproque du TVI dans le cas des fonctions monotones
Soit I un intervalle non vide de R et f : I → R une fonction monotone. Si f (I) est un intervalle, alors
elle est continue sur I .
Exemple 15.7
1. La fonction ln est continue et strictement croissante sur R∗+ . Elle réalise une bijection de R∗+ sur
ln R+ = R. Sa bijection réciproque, la fonction exp, est donc continue et strictement croissante sur R.
∗
La restriction de la fonction cos sur 0 , π est continue et strictement décroissante. Elle réalise une
2.
bijection de 0 , π sur cos 0 , π = − 1 , 1 . Sa bijection réciproque, la fonction arccos, est donc
Remarque 15.4
Lorsque f n'est pas dénie
sur un segment, ce résultat est faux. Par exemple, la fonction tan n'est ni
majorée, ni minorée sur − π2 , π2 et la fonction x 7→ x est bornée sur 0 , 1 mais n'atteint pas sa borne
supérieure.
√
Exemple 15.8 [Link] fonction x 7→ x est uniformément continue sur R+ .
2. La fonction x 7→ x2 n'est pas uniformément continue sur R.
Proposition 15.11
Si f est uniformément continue sur I , alors elle est continue sur I .
Remarque 15.5
La réciproque est fausse comme le montre l'exemple de la fonction carrée.
Proposition 15.13
Si f est lipschitzienne sur I , alors elle est uniformément continue sur I .
Remarque 15.6
√
La fonction x 7→ x est uniformément continue sur R+ mais non lipschitzienne.
• On dit que f est continue sur I si elle est continue en tout point de I . L'ensemble des fonctions
continues sur I à valeurs dans C est noté C(I , C) ou C 0 (I , C).
Remarque 15.7
Les notions de continuité à gauche et à droite d'une fonction à valeurs complexes sont dénies d'une
manière analogue.
Sommaire
16.1 Dénitions et théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
16.2 Théorème des accroissements nis et applications . . . . . . . . . 188
16.2.1Extremum locaux et points critique .
. . . . . . . . . . . . . . . . 188
16.2.2Théoréme de Rolle . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . 189
16.2.3Théorème des accroissements nis . .
. . . . . . . . . . . . . . . . 189
16.2.4Limite de la dérivée . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . 190
16.2.5Monotonie et signe de la dérivée . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . 191
16.2.6Inégalité des accroissements nis . .
. . . . . . . . . . . . . . . . 191
16.3 Dérivées successives . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . 192
16.3.1 Dénitions et théorèmes généraux . .
. . . . . . . . . . . . . . . . 192
16.3.2 Formules de Taylor . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . 194
16.4 Dérivabilité d'une fonction à valeurs complexes . . . . . . . . . . . 194
188 16.1 Dénitions et théorèmes généraux
Exemple 16.1
1. Les fonctions constantes sont dérivables sur R.
2. L'identité de R est dérivable sur R de dérivée la fonction constamment égale à 1.
3. La fonction sinus et la fonction cosinus sont dérivables sur R et sin′ = cos et cos′ = − sin.
√
4. La fonction x 7→ x est dérivable sur R∗+ de dérivée x 7→ 2√1 x .
5. La fonction valeur absolue est dérivable sur R∗ .
6. La fonction logarithme népérien est dérivable sur R∗+ de dérivée x 7→ x1 .
Remarque 16.1
Si x 7→ f (x)−f
x−a
(a)
admet une limite innie quand x tend vers a, alors f n'est pas dérivable en a mais la
courbe de Cf admet une tangente verticale au point d'abscisse a.
Proposition 16.1
1. Si f est dénie au voisinage à droite en a et au voisinage à gauche en a, alors f est dérivable en
a si et seulement si elle est dérivable à droite et à gauche en a et si fd′ (a) = fg′ (a). Dans ce cas,
f ′ (a) = fd′ (a) = fg′ (a).
2. Si f est dénie au voisinage à droite en a mais pas au voisinage à gauche en a, alors f est
dérivable en a si et seulement si elle est dérivable à droite en a. Dans ce cas, f ′ (a) = fd′ (a).
3. Si f est dénie au voisinage à gauche en a mais pas au voisinage à droite en a, alors f est
dérivable en a si et seulement si elle est dérivable à gauche en a. Dans ce cas, f ′ (a) = fg′ (a).
Exemple 16.2
1. La fonction valeur absolue est dérivable à droite et à gauche en 0 avec fd′ (a) = 1 et fg′ (a) = −1, elle n'est
donc pas dérivable en 0.
√
2. La fonction x 7→ x n'est pas dérivable en 0 et sa courbe admet un demi-tangente verticale en son point
d'abscisse 0.
Remarque 16.2
La continuité est une condition nécessaire mais non susante pour la dérivabilté. En eet, la fonction
valeur absolue est continue en 0 mais non dérivable en ce point.
Exemple 16.3
1. Les fonctions polynomiales sont dérivables sur R.
2. Les fonctions rationnelles sont dérivables sur leurs domaines de dénitions.
La fonction tangente est dérivable sur − π2 , π2 + πZ et tan′ = 1 + tan2 .
3.
′ 1
f −1 (a) = . (16.1)
f ′ (f −1 (a))
En particulier, si f est dérivable sur I et si f ′ ne s'annule pas sur I , alors f −1 est dérivable sur J et
′ 1
f −1 = . (16.2)
f′◦ f −1
Si a ∈ J est tel que f est dérivable en f −1 (a) et f ′ f −1 (a) = 0, alors f −1 n'est pas dérivable en a et
Exemple 16.4
1. La fonction ln est dérivable sur R∗+ de dérivée x 7→ x1 qui ne s'annule pas sur R∗+ . Sa bijection réciproque,
la fonction exp, est donc dérivable sur R de dérivée
1
exp′ = = exp .
ln′ ◦ exp
2. La restriction de la fonction cos sur [0, π] est dérivable de dérivée cos′ = − sin qui ne s'annule pas sur
]0, π[. Sa bijection réciproque, la fonction arccos, est donc dérivable sur ]−1, 1[ de dérivée
1 1
arccos′ : x 7→ = −√ .
cos′ ◦ arccos(x) 1 − x2
La restriction de la fonction sur − 2 , 2 est dérivable de dérivée sin′ = cos qui ne s'annule pas sur
π π
3. sin
− 2 , 2 . Sa bijection réciproque, la fonction arcsin, est donc dérivable sur ]−1, 1[ de dérivée
π π
1 1
arcsin′ : x 7→ ′ =√ .
sin ◦ arcsin(x) 1 − x2
La restriction
π πde la fonction tan sur − 2 , 2 est dérivable de dérivée tan = 1 + tan qui ne s'annule
′
π π 2
4.
pas sur − 2 , 2 . Sa bijection réciproque, la fonction arctan, est donc dérivable sur R de dérivée
1 1
arctan′ : x 7→ = .
tan′ ◦ arctan(x) 1 + x2
Proposition 16.5
◦
Soient I une partie non vide de R, a ∈ I et f : I → R une fonction. Si f est dérivable en a et si elle
admet un extremum local en a, alors a est un point critique de f .
Remarque 16.3
◦ 0,1 → R
1. Le faite que a ∈ I est très important. Par exemple f : admet un maximum local
x 7→ x
en 1 mais sa dérivée ne s'annule pas en 1.
2. f peut posséder un extremum local en un point sans être dérivable en ce point, c'est le cas de la
fonction valeur absolue qui n'est pas dérivable en 0 mais admet un minimum en ce point.
3. La réciproque de ce théorème est fausse. Par exemple, 0 est un point critique de la fonction x 7→ x3
mais celle-ci n'admet pas d'extremum local en 0.
Remarque 16.4
La continuité sur tout le segment a , b est importante. Par exemple,
1.
0,1 → R
(
si x ∈ 0 , 1
f: x
x 7→
0 sinon
est continue et dérivable sur 0 , 1 et sa dérivée ne s'annule pas malgré que f (0) = f (1).
− 1,1 → R
f:
x 7→ |x|
est continue et dérivable sur − 1 , 1 , dérivable sur − 1 , 1 \ {0} et sa dérivée ne s'annule pas
Remarque 16.5
Le théorème des accroissements nis est une généralisation du théorème de Rolle.
Remarque 16.6
En particulier, si f ′ admet une limite nie ℓ en a, alors f est dérivable en a, f ′ (a) = ℓ et f ′ est continue
en a.
Remarque 16.7
La réciproque de ce théorème est fausse. Par exemple l'application
R → R(
1
si x ∈ R∗
f: x2 sin x
x 7→
0 sinon
n'admet pas de limite en 0. Cela est un exemple de fonction dérivable sur tout l'intervalle R dont la
dérivée n'est pas continue (en 0).
Remarque 16.8
L'hypothèse que I soit un intervalle est très importante. En eet, la fonction
R∗ → R
f: x
x 7→ |x|
est dérivable sur R∗ de dérivée nulle, mais elle n'est pas constante.
Remarque 16.9
1. L'hypothèse que I soit un intervalle est très importante. En eet, la fonction inverse est dérivable
sur R∗ de dérivée strictement négative mais elle n'est pas monotone sur cet ensemble.
2. Le faite que f ′ soit strictement positive est une condition susante mais pas nécessaire pour la
stricte croissance de f . En eet, la fonction x 7→ x3 est strictement croissante sur R malgré que
sa dérivée s'annule en 0.
Exemple 16.6 1 1
< x1 .
∀x > 0, x+1 < ln 1 + x
Corollaire 16.12
Soit I un intervalle de R non vide et non réduit à un point et f : I → R une fonction continue sur I et
◦ ◦
dérivable sur I . Si |f ′ | est majorée par k ∈ R+ sur I , alors f est k-lipschitzienne sur I .
Exemple 16.7
1. Si f est dérivable sur un segment à dérivée continue, alors elle est lipschitzienne.
2. Les fonctions sin, cos, arctan et th sont 1-lipschitziennes sur R.
Remarque 16.10
Si f est dérivable sur I , alors f (1) est bien dénie sur I et f (1) = f ′ . Si celle-ci est dérivable, alors f (2)
′
est bien dénie sur I et f (2) = f ′ appelée dérivée seconde de f et notée f ′′ .
2. Soit n ∈ N. On dit que f est de classe C sur I si f est bien dénie et continue sur I . L'ensemble
n (n)
3. On dit que f est indéniment dérivable sur I ou qu'elle est de classe C sur I si elle est de classe
∞
C sur I pour tout n ∈ N. L'ensemble des fonctions de classe C sur I est noté C ∞ (I, R).
n ∞
Exemple 16.8
1. Les fonctions constantes sont de classe C ∞ sur R.
2. L'identité de R est de classe C ∞ sur R.
3. Soit k ∈ N, la fonction fk : x 7→ xk est de classe C ∞ sur R et pour tous n ∈ N et x ∈ R,
si n ≤ k
(
k! k−n
(n) (k−n)! x
fk (x) = .
0 sinon
7. La fonction logarithme népérien est de classe C ∞ sur R∗+ et pour tous n ∈ N∗ et x ∈ R∗+ ,
(−1)n−1 (n − 1)!
ln(n) (x) = .
xn
Remarque 16.11
C ∞ (I, R) = C n (I, R).
T
1.
n∈N
2. Pour tout n ∈ N∗ ,
C 0 (I, R) ⊋ Dn (I, R) ⊋ C n (I, R) ⊋ Dn+1 (I, R) ⊋ C ∞ (I, R)
Exemple 16.9
1. On note f0 la fonction valeur absolue et pour tout n ∈ N, fn+1 l'unique primitive de fn sur R qui s'annule
en 0. Alors, pour tout n ∈ N, fn ∈ C n (R, R) \ Dn+1 (R, R).
(
x2 sin x1 si x ̸= 0
2. On note g1 la fonction dénie sur R par g1 (x) = et pour tout n ∈ N∗ , gn+1
0 sinon
l'unique primitive de gn sur R qui s'annule en 0. Alors, pour tout n ∈ N∗ , gn ∈ Dn (R, R) \ C n (R, R).
Exemple 16.10
1. Les fonctions polynomiales sont de classe C ∞ sur R.
2. Les fonctions rationnelles sont de classe C ∞ sur leurs domaines de dénitions.
La fonction tangente est de classe C ∞ sur − π2 , π2 + πZ.
3.
Exemple 16.11
1. Les fonctions exp et arctan sont de classe C ∞ sur R.
Les fonctions arccos et arcsin sont de classe C ∞ sur − 1, 1 .
2.
x3 x3 x5
x− ≤ sin(x) ≤ x − + .
6 6 120
Exemple 16.12
n
Pour tout x ∈ R, la suite xk
est convergente vers ex .
P
1. k!
k=0 n∈N
n
(−1)k x2k
Pour tout x ∈ R, la suite est convergente vers cos(x).
P
2. (2k)!
k=0 n∈N
n
(−1)k x2k+1
Pour tout x ∈ R, la suite est convergente vers sin(x).
P
3. (2k+1)!
k=0 n∈N
n
(−1)k−1
La suite est convergente vers ln(2).
P
4. k
k=1 n∈N∗
en a.
• On dit que f est dérivable sur I si elle est dérivable en tout point de I . Dans ce cas, la fonction
I → C
f′ : est appelée la fonction dérivée de f . L'ensemble des fonctions dérivables sur
x 7 → f ′ (x)
I est noté D(I , C) ou D1 (I , C).
Remarque 16.12
Les notions de dérivabilité à gauche et à droite d'une fonction à valeurs complexes sont dénies d'une
manière analogue. De même pour les dérivées successives et les fonctions de classe C n (n ∈ N ∪ {∞}).
• Les théorèmes de Rolle et des accroissements nis ne sont plus valables dans le cas complexe. La
caractérisation de la monotonie par le signe de la dérivée n'a plus de sens dans le cas complexe.
• La caractérisation des fonctions constantes par la dérivée, l'inégalité des accroissements nis, la
formule de Taylor avec reste intégrale et l'inégalité de Taylor-Lagrange restent valable dans le cas
complexe.
Exemple 16.14 La fonction t 7→ eit est continue sur 0 , 2π et dérivable sur 0 , 2π mais sa dérivée ne
s'annule jamais.