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Conflit familial et quête d'approbation

ddd

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Conflit familial et quête d'approbation

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ù

Chapitre 1 : Un accident
J’étais allongée sur mon lit, tel un marin perdu dans un océan d’écrans lumineux, les vagues
infinies d’Internet me submergeant de leur tumulte hypnotique. À travers la maison, les
effluves envoûtants de la cuisine de maman s’infiltraient, comme des sortilèges invisibles.
Elle s’affairait à préparer un tiramisu, une œuvre d’art sucrée que papa affectionnait plus que
tout. L’odeur du café et du mascarpone se mêlait à celles des légumes qui crépitaient dans une
poêle, des viandes rôties, et des pommes de terre sautées qui semblaient presque chanter leur
délice.
Chaque arôme semblait raconter une histoire ancienne, un souvenir enfoui, m’enveloppant
comme un chaud manteau ensorcelé. Mais même cette douce magie n’effaçait pas l’écho des
rires éclatants de Rayan, mon frère, quelque part dans la maison. Lui, l’infatigable tourbillon,
planifiait une fête d’arrosage – une de ces idées folles où éclats de rire et geysers d’eau
s’entremêlaient en un joyeux chaos.

5
Pourtant, il y avait un problème, et un de taille : obtenir la permission de maman. Pour Rayan,
c’était un défi qu’il abordait avec toute la fougue d’un Gryffondor, sûr de sa victoire. Mais
pour moi… c’était une toute autre histoire.
Bradley, mon frère jumeau, n’avait jamais ce genre de souci. Lui, fort de ses succès scolaires
et de son sourire charmant, naviguait dans l’affection de maman comme un poisson dans
l’eau. Il n’avait même pas besoin de demander ; tout semblait lui être offert sur un plateau
d’argent. Et moi, dans tout ça ? Une étoile vacillante dans l’ombre d’un soleil éclatant.
Mon téléphone vibra soudain, brisant le silence comme un cognard déchaîné. Mon cœur fit un
bond, pris entre l’excitation et une pointe d’appréhension. Quand je décrochai, la voix
familière de Rayan, vibrante d’énergie, explosa dans mon oreille :
— Aloo ! Tu es ma dernière chance ! Si tu ne viens pas, c’est comme si le soleil disparaissait
du ciel. Tout le monde sera là, sauf toi, et cette fois, c’est gigantesque !
Son enthousiasme était contagieux, un feu d’artifice éclatant de promesses.
— T’inquiète pas, je viendrai, répondis-je avec un sourire dans la voix, bien que mon estomac
se nouât déjà d’appréhension.
Mais il y avait un hic. Pour que je puisse rejoindre cette fête, il fallait affronter maman. Et
maman… ce jour-là, elle n’était pas d’humeur à céder quoi que ce soit.
Je me levai, enfilai mon T-shirt comme un chevalier revêt son armure, et descendis les
escaliers qui me paraissaient aussi interminables qu’une tour d’Hogwarts. La cuisine était
baignée de lumière dorée, et là, au milieu de ce royaume culinaire, se tenait maman,
découpant des légumes d’un geste si vif qu’on aurait pu croire qu’elle se battait contre eux.
Quand elle leva les yeux vers moi, ses prunelles perçantes me transpercèrent comme si elle
lisait directement dans mes pensées.
— Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle d’un ton qui n’avait rien de rassurant.
Ma gorge se serra. Pendant un instant, je regrettai presque d’être descendue. Mais il n’était
plus question de reculer.
— Je… euh… je voulais vous demander si je pouvais aller à la fête de Rayan ce soir,
balbutiai-je.
Elle s’arrêta net, posa son couteau, et me regarda comme si j’avais demandé la permission de
rejoindre Voldemort.
— Non, répondit-elle d’un ton tranchant.
À ce moment précis, la porte s’ouvrit à la volée, et Bradley entra, rayonnant comme un héros
victorieux.
— Bonjour, maman ! lança-t-il joyeusement, avant de la prendre dans ses bras.
Maman s’adoucit instantanément, son visage se transformant sous l’effet de l’amour maternel.
— Je voulais te demander si je pouvais aller à la fête de Rayan, dit-il, sûr de lui.
— Bien sûr, mon chéri. Tu sais que tu peux faire ce que tu veux, répondit-elle avec un sourire
qui me sembla cruel.
Je restai figée, incrédule.
— Mais maman ! protestai-je.
Elle leva une main pour m’interrompre.
— Il n’y a pas de mais. Ton frère a obtenu d’excellentes notes cette année. Toi, tu devrais
suivre son exemple au lieu de perdre ton temps à vouloir sortir.
Bradley, un sourire éclatant aux lèvres, s’éloigna en lançant un joyeux :
— Merci, maman !
Je bouillonnais de colère, chaque fibre de mon être protestant contre cette injustice flagrante.
— Ce n’est pas juste, murmurai-je, mes poings serrés.
Mais maman, déjà absorbée par ses légumes, ne semblait pas m’entendre.
Une colère brûlante monta en moi, aussi vive qu’un feu mal contenu. Je fus envahie par un
sentiment de trahison, une sensation d’étouffement.

5
— C’est donc ça ? dis-je, la voix tremblante. C’est toujours à cause de ça, n’est-ce pas ?
Maman leva enfin les yeux vers moi, et son regard glacial me frappa comme une bourrasque
d’hiver.
— Oui, c’est l’une des raisons, répondit-elle d’un ton sec. Je t’ai laissé beaucoup de liberté,
cédé à tous tes caprices. C’est pour ça que tu es devenue aussi entêtée. Sinon, tu ne discuterais
pas mes ordres.
Ses mots étaient tranchants comme des lames. Ils s’enfonçaient profondément en moi, laissant
des blessures invisibles. Je serrai mes poings, tentant de contenir les larmes qui menaçaient de
jaillir.
— Pourquoi est-ce toujours différent avec lui ? murmurai-je, ma voix brisée par l’amertume.
D’un geste ferme, elle désigna la porte de la cuisine.
— Sors, dit-elle, sa voix empreinte d’une autorité indiscutable.
Puis, telle une reine dans son royaume, elle se détourna pour remuer sa sauce, reprenant sa
place devant la cuisinière. La vapeur dansante enveloppait la pièce comme un voile
mystérieux. Un torchon glissa de ses mains et tomba au sol, comme si la fatigue elle-même
l’avait terrassé. Sa main, jusque-là posée sur la marmite, se retira lentement.
— Qu’est-ce que tu attends ? lança-t-elle sans se retourner.
Je continuai à l’observer, mon regard chargé d’un reproche silencieux. Puis, vaincue, je
quittai la cuisine. Mais ses mots résonnaient encore dans mon esprit, lourds et tranchants,
comme des pierres jetées dans un puits sans fond.
Je remontai dans ma chambre, l’amertume nouée dans ma gorge. Assise sur mon lit, les yeux
fixés au plafond, je laissai mon esprit s’égarer. Je cherchais une solution, une idée pour
échapper à cette prison invisible. Mais rien ne venait.
— Rayan, murmurai-je, consciente qu’il me reprocherait de ne pas venir à sa fête.
Les heures passèrent, lentes et pesantes, jusqu’à ce que le sommeil m’emporte.

Une odeur sucrée me réveilla doucement. Une fragrance familière, enveloppante, caressa mes
narines : le tiramisu de maman. Mes lèvres s’étirèrent en un sourire malgré moi. La mélodie
discrète du cliquetis des assiettes et des couverts me parvint depuis la salle à manger, une
symphonie réconfortante.
— Amber !
Sa voix, forte et autoritaire, brisa l’harmonie. Elle résonna comme un coup de tonnerre, me
ramenant brutalement à la réalité.
— Amber, descends, le dîner est servi !
Un frisson me traversa. Descendre signifiait affronter son regard et ses reproches, un torrent
de mots qui s’abattait toujours sur moi.
— Amber ! cria-t-elle à nouveau.
Finalement, je me levai et me dirigeai vers la salle à manger, mes pas lourds d’hésitation.
Maman s’agitait autour de la table, arrangeant les assiettes d’un geste nerveux.
— Va chercher le sel sur le buffet, dit-elle sans même lever les yeux.
Je m’exécutai, le cœur lourd, avant de m’asseoir à ma place. Son regard pesant s’abattit sur
moi, plein de déception. Je baissai les yeux, incapable de soutenir le poids de son jugement.
— Tu as vu la catastrophe que tu as faite à l’examen ? lança-t-elle, la voix froide et dure. Tu
n’as même pas honte de manger.
Ses mots, aussi tranchants que du verre brisé, s’enfonçaient dans mon cœur.
— Maman, je… je vais essayer de faire mieux, répondis-je faiblement.
— Ce n’est pas suffisant, Amber, coupa-t-elle. Tout ce que je veux, c’est que tu te ressaisisses
avant qu’il ne soit trop tard.
Sa voix vacilla.
— Depuis la mort de ton père, j’ai tout fait pour vous… tout…

5
Elle s’arrêta, le souffle court, les larmes menaçant de couler.
— Maman…
— Tu ne comprends pas ma souffrance, reprit-elle, sa voix brisée par l’émotion. Ton frère,
lui, l’a compris. Mais toi… tu ne fais que me repousser.
Je baissai la tête, incapable de répondre.
— Ces amis que tu fréquentes… ils t’ont changée, Amber. Je ne veux plus que tu les voies.
— Mais maman, ce n’est qu’une fête ! Je vais pas…
— Je ne veux pas que tu reviennes avec une grossesse !
Ses mots me frappèrent comme une gifle.
— Quoi ? dis-je, abasourdie. Tu n’es pas sérieuse !
Je me levai, la colère bouillonnant en moi. Elle détourna les yeux, ses larmes coulant
librement.
— Débarrasse la table. Je vais me coucher, dit-elle finalement, la voix éteinte.
Elle quitta la pièce, me laissant seule avec mes pensées tumultueuses.

Assise devant la télévision, une idée germa dans mon esprit. Et si… je sortais sans sa
permission ? Je savais que c’était risqué, mais je ne pouvais pas rester enfermée ici une
minute de plus.
Sans perdre de temps, j’attrapai mes sandales et sortis discrètement. Traversant la maison sur
la pointe des pieds, je me faufilai jusqu’au mur du jardin. Ce mur, témoin silencieux de mon
enfance, allait à nouveau devenir mon allié.
En grimpant, je sentis l’adrénaline monter. De l’autre côté, la ville s’étendait, lumineuse et
vibrante, pleine de promesses. Un nouveau monde m’attendait.

n vu d aussi beau
Je me retournai et vis un employe .Ce que je redoutais le plus .Je descendis vite du mur et
courus le plus vite possible .Cette sensation que je ressentais était ce sentiment de conquete de
danger , j adorais le danger

Chapitre
La ville n avait jamais été aussi animee .Les lumieres des grands immeubles ,que ma mere m
avait interdites de contempler ,brillaient intensement a travers le climat lugubre de la nuit .J
avais cesse de courir ,me contentant de m eloigner un peu plus de la maison .Je m accroupis un
instant pour soulager mes jambes endolories .J avais l habitude de m evader a cette heure
tardive ,mais ce soir la le sentiment d aventure m envahit differemment .
Je marchai en sautillant ,balancant mes mains dans l air frais de la nuit .Des groupes de
personnes se regroupaient chantaient en formant des blocs imposants dans les [Link] peur
s intensifiaient a chaque croisement :ces gens allaient ils m agresser ?m ignorer .Je n osais pas
les regarder trop longtemps ,de peur de provoquer une quelconque hostilite
Je bifurquai dans une ruelle sombre ou une fumee acre flottait lourdement dans l air .Je toussai
essayant de me faire discret ..Des silhouhettes apparaissent dans l obscurite :des hommes
vetus de noir ,leurs mouvements calcules et silencieux .L un deux grand et imposant faisait
balancer une longue robe sombre au rythme de ses [Link] ruelle se presentait a ma droite :je
m y glissai sans un bruit ,esperant echapper aux regards .Ces individus degageaient une
etrangete inquietante .Leurs yeux rouges etincelaient faiblement dans l ombre ,comme des
braises presque eteintes .Le cœur battant ,je me cachai dans un renforcement ,observant a
distance leurs echanges .
.Des nouvelles ?Demanda l homme a gauche ,le ton aussi glacial qu une nuit polaire
.Oui,pas bonnes .Repondit l autre avec un soupîr lourd comme un elephant .Les humains sont
en train de prendre l avance sur nous .L extermination de cette race doit etre effective .
J ai failli crier en entendant ces mots mais mon cerveau s est arrete net ,comme un ordinateur
en panne .J etais dans une ruelle sombre ,aussi discret qu un chat espion dans un fil d
espionnage bas de gamme .Cette phrase ,je ne savais pas si je devais en rire ou en

5
[Link] ,qui dit ca dans la vraie vie ? J avais l impression d etre coince dans un
mauvais episode de star wars avec un soupcon de harry potter pour le cote dramatique .
L homme discret hocha la tete avec un serieux d ambassadeur en pleine negociation de paix
intergalactique .Puis l autre se mit a reflechir ,son regard perdu dans le vide ,comme s il
cherchait une reponse dans le manuel de la vie.
.Tu as mis la main sur la chose ?Lanca t il enfin d un ton qui aurait pu faire fremir une pierre
L homme discret posa une main sur sa hanche ,l autre sur l epaule de son compagnon ,comme
s ils allaient entamer une danse rituelle .Moi , j etais la contre le mur , retenant monsouffle
comme un apneiste professionnel .Si je me faisais reperer, c était fini .Mais franchement , la
situation était tellement absurde que je me demandais si je n allais pas eclater de rire et signer
mon arret de mort.
L homme iscret posa une main sur sa hanche avec l elegance d un cow boy avant un duel
,tandisque l autre se posa sur l epaule de son [Link] ma part , j essayais de me faire
toute petite , retenant mon souffle comme si ma vie en dependait .Mais soyons honnetes .Entre
battement frenetiques de mon cœur et mes poumons en greve ,la discretion n était pas
exactement mon point fort .Essoufflee ,mais animee par une curiosite digne d un detective en
quete de scoop du [Link] restais figee .Apres tout,qui pourait detourner le regard en quete de
scoop du siecle ,je restais figee .Apres tout ,qui pourrait detourner le regard d une potentielle
extermination des humains ?
A ce stade ,j etais plus proche d un spectateur captif que d un heros interepide .
.Non je n ai pas pu .Dit l un des hommes avec un air faussement penaud ,avant d ajouter d un
ton rassurant
.Mais t inquietes pas,je m infiltrerais dans leurs affaires pour savoir .Et apres ?Eh bien ,il faudra
les detruire .
L autre homme dans un geste presque paternel effleura la joue de son compagnon , comme
pour le consoler d une deception …ou d une mauvaise note dans un concours d infiltration
intergalactique .Moi ?Toujours collee a ma cachette ,je me demandais si un jour je me
reveillerais de ce cauchmare ou si j etais simplement devenue l heroine involontaire d un
mauvais film de science fiction.L autre homme planta un regard glacial dans celui de son
compagnon avant de lui adresser un coup sec au ventre ,comme un acteur en repetition pour un
drame shakespearien .Ce dernier se plia en deux ,laissant echapper un gemissement proche d
un soupir de desespoir .
.Ca va , mais comment veux tu que je te dise que je n ai pas pu ?Que dirais je tu toi au
seigneur ?
L homme redressa legerement la tete , un sourcil leve comme s il pesait le poids d une
montagne d excuses .
.Laisses tes excuses pour les anges .J ai fait de mon mieux , que veux tu que je fasse de plus ?
C est alors qu un troisieme homme fit son apparition dans la ruelle ,un type a l air normal,enfin
si normal veut dire cheveux bruns , casquette vissee a l envers et un regard fuyant qui scrutait
les ombres comme un enfant cherchant un monstre sous son lit .Rien ne semblait detonner
jusqu a ce que ses pas le menent a proximite de la scene
Pas de camaras cachee , pas de realisateur qui crie coupez .Non , c était bien reel .Ces deux
energumenes agissaient comme s ils sortaient tout droit d un episode de twilight zone .Par
moments ,ils disparaissaient pour reapparaitrz comme par magie , toujours un peu plus
menacant .A ma grande surprise , leur ballet chaotique finit par faire tomber le pauvre quidam a
la casquette .Ce dernier , meduse ne comprenait rien , tout comme moi.
.Bon sang , ils allaient le finir ou quoi ?Pensai je serrant les dents pour ne pas crier.
C est dans cette ruelle sombre ,theatre d une absurdite tragi comique que je realisais que
certaines choses sont bien au dela de toute logique humaine
.Ne fais pas ca le seigneur n appreciera pas .Dit il d un ton solennel,comme s il agissait de l
ultime conseil divin.
.J ai faim .Tonna une voix rauque , brisant l atmosphere dramatique comme un marteau sur du
verre
Je restai figee .Faim ? Serieusement ? Ce n était pas une scene de theatre une parodie de la
realite
Jamais entendu une phrase aussi absurde en plein moment critique.

5
La c est bon , on sait que vous tournez un film , mais la , ca depasse un peu les bornes de la
innormalite .Pensais je ,mi credule , mi amusee
L homme au sol , visiblement inspire par un role qu il n avait jamais repete ,se mit a crier
.Laissez moi au secours .
Son cri était si theatral que meme un acteur de serie B aurait applaudit
L autre homme dans une etrange transe s approchait lentement ,tel un predateur savourant l
instant et inspira profondement comme s il cherchait a capturer l essence meme de sa victime .
Je n arrivais pas a detourner le regard .Etait ce une comedie ?Un cauchmare,Ou simplement
Une journee ou la logique avait decide de prendre des vacances ? L homme discret s accourpit
lentement , son long costume noir trainant sur le sol comme une ombre vivante/L homme qui
aspirait le souffle se releva ,titubant legerement ,comme s il emergeait d un reve troublant .Son
regard semblait chercher quelque chose ou peut etre fuir une verite qu il ne voulait pas affronter
.L atmosphere était lourde comme si le silence lui-même retenait son souffle ,suspendu a la
scenequi se deroulait
.On n avait pas le choix .A t il crie .Il allait alerter tout le monde,ils allaient voir qu on l attaquait
Tout celan allait pas n arriver si tu n etais pas si gourmand.
.Dis plutôt Dieu merci ,je vous ai sauves sinon en ce moment tu verrais toute une armee d
humains venir et ce serait bien pie ,car ils voudraient tous nous deux tuer
Je coomencais a ressentir une peur grandissantec.L homme a terre était mort .Je me frottais les
yeux pour m assurer que je ne revais pas .Et pourtant ,il avait les yeux ouverts ,dilates ,et la
bouche beante .Tous les signes d une personne ayant rejoins l au dela etaient presents .Je
continuais a croire que j etais encore plonge dans un film,meme si au fond de moi , je savais
que tout cela était bien reel .
Je n arrivais plus a y croire .Si jamais quelqu un me voyait ils allaient surement m oter la [Link]
savais que je n aurai jamaqis du desobeir a [Link] simple petite fugue et voila que je me
retrouvais au cœur de ces embrouilles .Je pensais a mes erreurs passees.
.Partons sinon quelqu un pourrait nous voir
Il prit la main de son ami ,puis courut a grande [Link] aurait dit une eclaire , enfin in eclair
un peu en surpoids parce qu il trebuchait tous les trois metres.
Aussitôt,qu il courait ,je ne les vis plus dans les parages .Je n arrivais pas toujours a croire ce
que je l avais vu , ni a croire que j ai pu rester la tout ce temps sans dire mon Dieu .J avais
toujours en tete l idee d un film catastrophe ,sauf que la ,le realisateur semblait manquer de
budget.
J observai aux alentours pour voir s il y avait quelqu un .Je me precipitai sur l homme a terre
,ayant peut etre cet espoir qu il était juste en train de faire une sieste dramatique .Je le touchai
,inspectant son pouls .J avais vu dans les series que ca [Link] non ,toujours rien
.Apparement ,la vie ne s ecrit pas comme dans les scenarios
Je realisais que cet homme était bel et bien mort .Mon cœur s emballa :moi temoin d un
meurtre et les coupables déjà loin .Je tentais tant bien que mal , de la reanimer .Mais rien a
faire .Il restait aussi inerte qu un dimanche apres midi pluvieux.
Et la ,un scenario catastrophe s invita dans mon esprit :que se passerait il si quelqu un
debarquait a cet instant ?Evidennent on me designerait coupable .Apres tout qui croirait a l
histoire rocambolesque d un hommequi tente de souffler la vie comme dans un mauvais
film ?Meme moi ,j avais du mal a y croire
Au moment ou je decida de fuir comme si courir pouvait m innocenter .Mon regard fut attire par
un detail glacant :un pied .Pas le mien ,pas celui du mort …Un pied inconnu ,immobile .Le genre
de pied qui annonce que vos ennuis ne font que recommencer .Alors la , c était sur :j etais fait
comme un [Link] vus le meme homme qui avait [Link] fit signe de main a spn compagnon
,immobile davant la ruelle .Sans attendre je pris un elan puissant et foncai droit sur [Link] longs
pieds s ecarterent pour barrer le passage ,son regard charge d un defi qui me glaca un instant .Il
fronca les sourcils ,determine a me stopper .Mais j etais déjà lance .En arrivant ,pres de lui ,il s
eclipsa probablement par peur laissant l espace libre .
A cet instant precis , l elan que j avais pris rendait impossible toute tentative d arret .J etais
emporte par une force presque incontrolable .Je continuai a courir ,mes pieds martelant le sol
jusqu a debouler sur une route .Une voiture surgit a une vitesse effrayante ,foncant droit sur moi
comme un predateur sur sa proie .

5
Mon esprit se figea .Plus rien ne repondait en moi ,si ce n est un sentiment ecrasant de
[Link] ne pouvais ni bouger ni crier .Le conducteur tout aussi surpris ne parvint pas a
freiner .Etait ce la fatalite ?Etait ce ainsi que tout allait se terminer dans ces circonstances
tragiques ?
Je fermai les yeux ,le souffle court , m attendant a l impact ,a ce qui serait mon dernier moment
.Mais alors que j etais sur le point d accepter mon sort,une etrabge sensation traversa mon
[Link] je sentis une main forte me soutenir par la hanche,une vague de soulagement
traversa mon corps .Cette main me souleva avec aisance presque irreelle ,comme si je n etais
qu un enfant,puis je me retrouvai fermement pressee contre un torse nu et [Link] voiture
dans un crissement assourdissant , s arreta a quelques centimetres de moi
Mon cœur battait a tout rompre .
Je relevai lentement la tete pour decouvrir celui qui m avait sauve .Face a moi se tenait un
jeune homme d une beaute etrange et surnaturelle .
Ses levres mates esquissaient un leger sourire mais c était son nez fin et delicat ainsi que ses
yeux vairons qui captivaient mon attention.L un semblait contenir les profondeurs glacees de l
ocean ,tandisque l autre brulait comme une flamme vive .Sa peau ,pale et immaculee lui
donnait l alure d un etre sorti d un conte .Un vampire .Pensai je instinctinctivement.
Il me fixait intensement et pendant une minute ,peut etre moins ,le temps sembla se figer
autour de nous .Ce moment suspendu ,presque magique fut brise par la realite :le danger n
était pas completement ecarte .En une fraction de seconde ,il se retourna et tel un eclair
,disparut ,emportant avec lui les mysteres qui l entouraient
.Accroches toi
Je sentis la pression de sa main, ferme et rassurante tandisque je peinais a comprendre la
situation.
.Qui es tu ?Demandai je la voix tremblante
Il me lanca un regard percant avant de repondre,le ton a la fois urgent et detache
.La n est pas la question .Ce qui importe , c est de te sauver
Une vague d incredubilite me submergea mais je tentai de retrouverun semblant de contrôle
.Qu estce qui prouve que vous n etes pas l un deux ?Lancai je les sourcils fronces
Un sourir enigmatique se dessina sur ses levres .Il inspira profondement ,puis dit avec
assurance qui me deconcerta
.J ai été envoye pour te sauver .Et c est precisement ce que je fais
J etais blottie dans ses mains ,fragile,et frele comme un agneau tremblant sous une pluie
battante .Ses bras puissants m enveloppaient et une etrange fraicheur semblable a un souffle
glace d un vent nocturne ,se diffusait dans mon corps .Le vent habituellement maitre de sa
course effrenee ,semblait ralentir par respect devant cet etre qui lui avancait avec une grace
presque surnaturelle defiant les lois du monde .
Je levai les yeux vers son visage .C était un tableau vivant ,une œuvre d art mouvante .Ses traits
etaient d une beaute desarmante mais il y avait une intensite dans son regard qui vacillait entre
l etrange et l effrayant .Ses yeux ,pareils a deux eclats d ombres et de lumiere scrutaient l
horizon avec une vigilance animale .Il a été envoye .Me disais je,tandisque son regard percait l
obscurite comme un phare percant le brouillard .Je ne comprenais rien .Tout cela ressemblait a
une fable fantastique ,une de ces histoire qu on raconte pour effrayer les enfants avant qu ils ne
–(sombrent dans le sommeil.
Et pourtant je n avais pas le luxe de me reposer .Je me redressai , l esprit enfievre ,juste a temps
pour apercevoir des silhouettes surgissant de l ombre .Ces hommes ou plutôt ces creatures
drapees de tenebres couraient comme des predateurs en chasse ,leurs longues capes flottant
derriere eux telles des ailes de corbeaux .Une seconde ,je crus que la terre elle-même tremblait
sous leur pas.
Leur allure n avait rien d humain .Leur mouvement etaient saccades presque irreels comme si
leur corps était gouverne par une force invisible,une rage contenue prete a eclater .Leurs yeux
luisaient dans la penombre ,deux braises animees par une flamme insatiable .Je compris alors
que ces etres n etaits pas faits de chair et de sang [Link] portaient sur eux une aura de
desolation , une energie froide qui semblait geler l air autour d eux

5
Nous tournames soudainement dans une ruelle etroite .Le sol pave couvert de mousse et d
humidite refletait faiblement la lumiere lunaire .C était comme si le monde lui-même retenait
son souffle , attendant de voir l issue de cette course effrenee
Je flottais dans ses bras , miniscule et fragile comme un agneau perdu dans une tempete .Ses
bras fermes et protecteurs semblaient des piliers contre lesquels le chaos du monde ne pouvait
s abattre .Une fraicheur etrange emanait de lui , une sensation a la fois apaisante et glaciale ,
comme le souffle d un vent nocturne charge de mysteres
Le vent ,ce complice invisible ralentissait autour de nous , comme pour contempler cette scene
irreelle .Pourtant , lui ne faiblissait pas .Il était rapide ,precis ,presque irreel .Ses traits etaient
parfaits ,ses yeux ,des abimes insondables ou semblaient danser les echoes d anciens secrets
.Il jettait des regards vifs dans toutes les directions ,comme une sentinelle toujours en alerte .
.Il a été envoye .Murmurai je interieurement,perdue dans le tourbouillon de pensees .Mais
envoye par qui ?Pourquoi moi ?
Encorz une fois ,je ne comprends pas rien .Tout semblait appartenir a un reve .Mais un reve si
vivant qu il en devenait tangible .Je tentais de me redresser , de retrouver un semblant de
contrôle ,mais ses bras restaient fermes .Comme pour me rappeler que ,dans cet instant
suspendu , c était lui qui dictait les regles.
Derriere nous, des silhouettes menacantes emergeaient des ombres .Elles couraient ,leurs
longues capes semblaient happer la lumiere .Leurs mouvements avaient quelque chose de
spectral , presque inhumain .Ces hommes ou plutôt des creatures trainaient derriere eux une
obscurite palpable , une menace silencieuse mais omnipresente .
Alors que le monde en bas semblait s effacer ,je realisai que nous montions .Le vent nous
portait vers les hauteurs ,comme si une force invisible avait decide de nous extraire de cette
terre corompue .Les etoiles devinrent plus nettes ,plus proches .Elles scintillaient comme des
lanternes veillant sur cette ascension celeste .Mais ce n était pas paisible .Chaque instant était
un melange d emerveillement et de terreur
Je me mis a crier , incapable de contenir le flot d emotion .Mais avant que le moindre son ne s
echappe , il tourna la tete .Son regard ,un ocean de calme me fit taire .Ses levres a peine
mouvantes laisserent echapper un mot inaudible ,comme une priere adressee aux cieux .Puis
lentement ,il leva une main vers le haut ,comme pour invoquer quelque chose ou quelqu un
C était irreel .Et pourtant , c était ma realite
Je me retournai le souffle coupe ,face a cette scene surrealiste .La haut ,ses pieds effleuraient l
air comme s il defiait les lois de la gravite.
Chaque mouvement semblait choregraphie ,porte par une force invisible .Je ne pouvais
expliquer la sensation etrange qui me traversait ,comme le vent lui memenous enveloppait
,nous poussant vers un monde que je ne comprenais pas.
Son regard intense et rassurant percait le voile de mon anxiete .Il était la,immobile dans l
action,maitre de cette danse celeste
Le vent devenu allie capricieux ,nous portait vers les cieux , laissant derriere nous les rues
sombres et opressantes de la ville.
Je me sentais paradoxalement ,protegee ,enveloppee par une chaleur que je ne pouvais
attribuer qu a sa presence.
Puis ,tout bascula .Une ascension soudaine nous propulsa vers les etoiles la ou les nuages noirs
s eparpillaient comme les voiles dechires .
Je pouvais voir , au loin ,un cercle lumineux se dessiner au cœur de la ville,une pulsation vivante
qui semblait respirer avec elle.
Je restais bouche bee ,emmerveillee par cette vision digne d un reve eveille .Autour de nous des
enfants pointaient du doight , leurs visages illumines d etonnement
.Qu est ce que c est ca ?Murmurai je ,incapable de detacher mes yeux de la scene
Il me repondit un sourir enigmatique aux levres :tu devrais plutôt demander si ces gens nous ont
perdus de vue
.Tu devrais plutôt demander si ces gens ne nous ont pas perdu de vue
.Qui sont ils ? Que veulent ils ?
.Ca ne te regaerde pas ,tu dois simplement etre sauve
.Je me retrouve au bout milieu de

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La parole fut coupee .Comment osait il ? Il se prend pour qui , juste parce qu il croit qu il est
spiderman , il peut me couper la parole d un vacarme .Je sais ,mais je n aimerais pas savoir
dans quoi tu t es mis
Nous continuons a nous hisser vers le haut .Ma peur devenait plus grande , j avais peur de ce qu
on allait rencontrer la bas.C est commme si on allait jamais finir de connaitre l univers , si on
touchait les etoiles ?Non c est impossible .On l avait vu en histoire geo .Mais ma peur ne
deleurait pas [Link] pouvait se fracasser a quelque chose
Maitrisant la situation , je ne sais pas mais j ai confiance en lui , en sa force .Soudain , je vis les
deux musculatures aussi se hisser vers le haut en notre direction .C était comme s il s envolait
.Le vent … Ils viennent vers nous .Mon Dieu , ce sont deux salopards , ils nous ont reperes
.Accroche toi
Je m accroches encore ,mais cela ne suffit [Link] n eus pas le temps de terminer ma phrase
que nous changions brusquement de trajectoire en nous propulsant vers le [Link] vision fut
tout a coup emplie de lumiere .La ville je voyais la lumiere de la ville .L altitude devenait dr plus
en plus basse et nous nous rapprochons de plus en plus des habitations .J avais l impression d
etre a bord d un avion prêt a se fracasserau [Link] crois que mes pensees allaient trop vite. Si on
filait droit sans ralentir
C était comme si nous defions la gravite elle-mê[Link] toits des maisons defilaient sous mes
yeux et l air siffle dans mes [Link] bruit était assourdissant.,mais je pouvais encore
entendre mon cœur battre a tout rompre ..Etait ce de la peur , de l excitation ou un melange des
deux ?
.Ils nous lacheront pas .Murmurai je , ma voix tremblante
Mon compagnon ne repondit pas .Son visage était concentre ,ses yeux fixes sur l [Link]
semblait avoir un plan ,mais je n ai aucune idee de ce qu il preparait .tout ce que je pouvais
faire c était m accrocher et esperer que nous sortirons vivants de cette course effrenee
Et alors contre toute attente,nous avons pris un visage serre,laissant derriere vous nos
poursuivants .Une lumiere eclatante nous enveloppa et je sentis un calme soudain m
[Link] nous enfin en securite ?Mon cœur ralentissait mais je savais que tout pouvait
encore arriver
.T inquietes pas ils ne pouront pas nous atteindre
Je ne sentis plus l air me fouetter comme tout a l [Link] ne le sentis plus bouger et je ne
sentis plus nous hisser vers le [Link] était statique .J espere que ce n était pas…
Soudainement ,tout devient statique .Le vent qui fouettait nos visages s arretait net .Nous etions
suspendus dans le vide ,comme si le temps lui-même avait cesse de s ecouler.J espere que ce n
était pas une [Link] me retournai pour voir les deux .Mais s il n y avait plus de mouvements
,que signifiait ce silence ?
Le vent sifflait dans mes oreilles ,empotant avec lui des fragments de peur et d adrenaline
.Qu est ce que tu fais ? Accelere , tub t es arrete ,tu ne vois pas qu ils arrivent ou quoi ?Lancai je
,la voix tremblante .
Mon compagnon , les mains crispees sur le levier ,grogna
.Tu penses que c est aussi facile que ca ?Viens a ma place et tu verras.
.Je ne t ai rien demande , c est toi qui m as amene ici .M ecriai je ,le cœur battant a tout rompre
Derriere nous, les silhouettes menacantes se rapprochaient inexorablement ,leurs pas
resonnant comme des tambours de guerre .
Ils avaient le rictus fige ,une promesse de fin .J essayais de ne pas y croire .
Nous etions suspendus entre deux mondes , comme des ames errantes cherchant un refuge
.Mon sauveur s efforcait de nous projetter en avant ,mais sa force semblait vaciller.
Je sentis les assaillants s avancer encore ,et cette fois ,le vent ,froid et cinglant vint caresser ma
peau ,me murmurant qu ils etaient tout pres.
Malgre tout ,je sentais qu il ne fallait pas ceder .
.On peut y arriver tiens bon .Pensais je serrant les poings de toutes mes forces
Je m accroche encore ,mais cela ne suffit pas .J eus pas le temps de terminer ma phrase que
nous changions brusquement de trajectoire en nous propulsant vers le bas .Ma vision fut tout a
coup emplie de lumiere .La ville ,je voyais la lumiere de la ville.L altitude devenait de plus en
plus basse et nous nous rapprochions de plus en plus des habitations .J avais l impression d etre

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a bord d un avion qui allaient se fracasser au [Link] crois que mes pensees allaient trop vite .On
allait …si on allait…s ecraser ?On filait droit sans ralentir .
C était comme si nous defions la gravite elle-même .Les toits des maisons defilaient sous mes
yeux ,et l air siffla dans mes oreilles .Le bruit était assourdissant ,mais je pouvais encore
entendre mon cœur battre a tout rompre .Etait ce de la peur ,de l excitation ,ou un melange des
deux ?
Nous atterrissons la surface
.Leve toi ,ils vont venir
.Toi tu ne me dis pas quoi faire.
En disant cela ,je voyais les deux s approcher .Je me levai ,et on se mit a courir jusqu a ce qu on
arrive dans une ruelle pour s arreter
.Va ten.
Je ne savais pas trop quoi faire .Je me tournai ,lancelant un dernier regard a mon sauveur,empli
de tristesse .Peut etre que nous ne nous reverrons jamais
.Le monde est si petit
Les deux silhouettes se dirigeaient droit sur lui determinees .Mais lui ,il tenait bon ,prêt a en
decoudre , les mains posees sur la hanche comme un guerrier invincible.
Ils recurent simultanement un coup de poing magistral au visage ,comme un eclair [Link]
sauveur beau comme un Dieu sculpte dans la lumiere ,semblait inebranlable .Il irradiait une
force mysterieuse qui ne faisait que renforcer mon admiration pour lui .
Les assaillants tomberent lourdement au sol , assommes Je le regardais hypnotise et il me
repondit d un sourir empreint de calme .Un signe de la main , comme pour dire
.Tout va bien , je maitrise la situation
.Alors je pris mes jambes a mon cou .Je courus de toutes mes forces , aussi loin que possible
,sentant le souffle du danger derriere [Link] ne me poursuivait on pas ?
Etait ce lui , ce mysterieux sauveur qui retenait l attention de ces monstres ?
Qui était il ?
Le mystere qui l entourait me captivait .Ce qu il était prêt a sacrifier,ce qu il representait …Je
voulais savoir .Il m attirait dans un tourbillond inconnu fascinant.
Chapitre
La maison était un chaos vivant, un navire pris dans une tempête de rires et de mouvements
désordonnés.
Les éclats de voix ricochaient sur les murs, se mêlant aux basses de la musique qui faisaient
vibrer le sol sous mes pieds. Une partie de cache-cache semblait se jouer quelque part, mais je
n’en percevais que des fragments : des ombres furtives filant à travers les couloirs, des rires
étouffés qui s’évaporaient dans le tumulte général.
Tout bougeait trop vite.
Les couleurs, les bruits, les visages… Mon regard flottait, incapable de s’accrocher à quoi que
ce soit.
C’était comme être sous l’eau, comme si un mur invisible me séparait du reste du monde.
Je restai immobile, mon souffle court, sentant un étau invisible me serrer la poitrine. Mon
cœur battait si fort qu’il aurait pu rivaliser avec la pulsation sourde des enceintes. Puis leurs
regards vinrent.
D’abord discrets.
Puis insistants.
Comme des phares fouillant l’obscurité, braqués sur moi.
Une chaleur brutale monta à mes joues, alourdissant mes pas. Je me sentais piégée, à la
dérive, un oiseau tombé en pleine mer.
Et soudain, Rayan était là.
Il surgit à mes côtés, sa voix douce mais ferme tranchant à travers le vacarme ambiant.
— Tu es sûre que ça va ?
Il s’était penché légèrement pour capter mon regard, son bras enroulé autour de ma taille,
m’empêchant de vaciller.

5
Mais même sa présence, aussi rassurante soit-elle, ne parvint pas à dissiper ce vertige qui me
tordait l’estomac.
— Oui, ça va, mentis-je dans un souffle, aussi fragile qu’une bulle d’air prête à éclater.
Puis Flora apparut.
Elle fendit la foule avec la même aisance qu’une lame tranchant un voile de brume.
Ses yeux, brillants d’inquiétude, s’accrochèrent aux miens.
— Amber, qu'est-ce qui se passe ?
Sa voix était basse, mais chargée d’une émotion brute.
Je voulais répondre. Trouver les mots. Expliquer ce chaos en moi.
Mais tout ce qui m’entourait n’était que tourbillon.
Flou.
Désordre.
Et un sentiment terrible, implacable, que j’étais en train de couler.
.
À la dérive
Je restai muette un instant, incapable de trouver les mots pour décrire ce tumulte en moi.
C'était comme si mon esprit était un puzzle dont les pièces s'étaient éparpillées au fond de
l’océan. Je voulais parler, expliquer ce qui m’oppressait, mais chaque phrase semblait se
désagréger avant même d’atteindre mes lèvres.
Autour de nous, les murmures continuaient, des vagues basses et sournoises, effleurant mes
oreilles sans jamais disparaître.
Mais ce furent les regards qui me transpercèrent vraiment.
Des harpons acérés. Inévitables.
La chaleur grimpa à mes joues, ma gorge se serra. L’air semblait se raréfier, comme si la pièce
elle-même se refermait sur moi.
Et soudain, la tension devint insoutenable.
— Bon, ça suffit ! Arrêtez de me regarder comme ç a !
Ma voix fendit la pièce comme une vague s’écrasant contre un rocher.
Mais elle ne fit que ricocher contre le brouhaha ambiant.
Les conversations reprirent, les rires continuèrent, et moi, j’étais là, toujours aussi étrangère à
cette fête qui n’aurait jamais dû être la mienne.
Alors, dans un élan désespéré de diversion, j’attrapai une guirlande lumineuse suspendue près
de moi et la brandis avec un sourire forcé.
— Allez, la fête ne fait que commencer !
Un silence hésitant s’installa autour de moi.
Puis, fidèle capitaine prêt à sauver un navire en perdition, Rayan reprit mon geste avec un
enthousiasme amplifié.
— Oui, la fête commence ! lança-t-il, battant des mains comme pour donner le signal à
l’équipage.
Comme si elle répondait à un signal invisible, la musique augmenta d’un cran, emplissant la
pièce d’un rythme frénétique.
Les lumières s’éteignirent brièvement avant de laisser place à un tourbillon de couleurs
clignotantes – des jaunes, des rouges, des bleus –, qui dansaient sur les murs comme des
fantômes phosphorescents.
Mais ce décor ne faisait qu’ajouter à mon malaise.
Les lumières.
Les sons.
La foule en mouvement.
Tout cela m’écrasait.
Tout cela me submergeait comme une vague trop puissante pour être contrée.
Mon souffle devint court, mes mains moites glissèrent contre ma robe.
Il fallait que je parte.

Les murmures et les vagues

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Je me frayai un chemin, trébuchant entre les corps serrés, le cœur battant à un rythme
désordonné.
Les murmures me suivaient, des filets invisibles qui s’enroulaient autour de moi.
— Espèce de zarbi.
Le mot, lâché dans mon dos, fut comme un éclat de verre brisé.
Je me raidis.
Mais je ne me retournai pas.
Non.
Ces mots ne me touchaient pas.
Ou du moins, c’était ce que je me forçais à croire.
Depuis toujours, j’étais habituée à être seule.
À être une île perdue au milieu d’une mer agitée.
Mais ce soir-là, même ma solitude semblait me trahir, prête à se briser sous la force des
vagues.
. Entre deux tempêtes
Je repérai Flora et Rayan et me dirigeai vers eux, espérant y trouver un semblant de refuge.
Flora regardait Rayan avec un sourire moqueur, ses yeux brillants d’un éclat piquant.
Le contraste entre sa posture décontractée et la tension de l’instant était frappant, comme si
elle restait, malgré tout, en contrôle absolu de la situation.
Même dans un moment d’humour nerveux, elle était le vent qui décidait de la direction des
voiles.
Rayan, lui, haussa les épaules avec son éternel sourire en coin, l’insouciance incarnée.
Comme si rien ne pouvait l’atteindre.
Comme si le chaos qui m’engloutissait ne pouvait jamais l’effleurer.
Et moi, au milieu, j’avais l’impression d’être une voile ballottée entre deux tempêtes, incapable
de trouver ma propre direction.
L’équilibre fragile
Rayan, plus détendu que jamais, haussa les épaules avec un sourire en coin.
— Dure ? Non, c’est juste que tu prends tout au sérieux, Flora.
Flora se redressa, croisant les bras, un petit rictus effleurant ses lèvres.
— Peut-être. Mais je préfère être dure que d’être l’un de vos jouets.
Sa voix, tranchante et pleine de défi, laissa flotter une amertume invisible mais omniprésente.
Je me sentais perdue dans cette dynamique, comme une voile ballotée par des vents
contradictoires.
Rayan, imperturbable, semblait flotter au-dessus du chaos, comme si tout glissait sur lui sans
jamais l’atteindre.
Mais moi…
Chaque mot échangé, chaque regard, était une fissure de plus dans l’image que j’avais de moi-
même.
Comme si cette conversation n’était qu’une autre vague, prête à me submerger.
La colère bouillonnait en moi, grondant sous la surface, mais je savais qu’un déferlement
soudain ne ferait que me briser davantage.
Flora, toujours aussi vive, tourna soudain son regard perçant vers moi.
— Et toi, Amber ? Tu veux vraiment te perdre dans ce tourbillon ?
Ses mots résonnèrent comme un appel à la clarté dans ma confusion.
Peut-être qu’elle avait raison.
Peut-être que, comme l’océan, il était temps pour moi d’apprendre à naviguer entre la tempête
et l’accalmie, à comprendre que tout ce qui m’entourait n’était pas mon ennemi, mais une
épreuve que je devais traverser pour avancer.
Je pris une inspiration tremblante, tentant de retrouver un semblant de calme.
— Je... Je ne sais plus.
Le silence tomba sur nous comme un rideau de brume.
Leurs regards se perdirent un instant dans le vide, comme si mes paroles s’étaient évaporées
avant même d’exister.
Et pourtant, quelque chose dans leur silence me frappa plus fort que leurs moqueries.
C’était comme si, pour la première fois, le monde autour de moi n’avait plus de sens.

5
Comme si cette nuit, ces visages, ces voix, n’étaient que des ombres déformées par une vérité
qu’ils ne voulaient pas voir.

Une ascension vers l’inconnu


Je l’avais vu.
Je l’avais senti.
Là-haut, dans un ciel qui n’était pas celui de ce monde.
Les vents m’avaient portée au-delà des ombres, là où la lumière elle-même semblait trembler.
Mais je n’étais pas seule.
Des gens me poursuivaient.
Et je savais qu’ils ne me laisseraient jamais redescendre indemne.

Le poids du doute
Rayan, toujours impassible, posa son verre et tourna lentement la tête vers moi.
Quelque chose dans son regard avait changé. Un mélange étrange de scepticisme et de
préoccupation.
— Amber… Il marqua une pause, mesurant ses mots. Tu veux vraiment qu’on te croie sur
parole ?
Sa voix était douce, presque compatissante, mais il y avait ce doute, ce murmure invisible qui
rendait ses paroles tranchantes.
— Tu sais bien que tout ça, ça semble… trop irréel.
Mon estomac se contracta, mes doigts se crispant contre mes genoux.
Je serrai les poings sous la table, sentant la chaleur de ma colère monter en moi comme un feu
prêt à s’embraser.
— Ce que j’ai vu, c’était réel. Vous ne pouvez pas tout effacer d’un simple rire.
Flora, jusqu’ici silencieuse, posa une main sur le bar et se pencha légèrement vers moi.
Son regard, d’ordinaire si assuré, vacilla l’espace d’une fraction de seconde.
Elle hésita.
Puis sa voix tomba, plus basse, plus prudente.
— Amber, arrête… Tu vas finir par t’enterrer toute seule avec tes histoires.
Son ton avait changé.
Moins moqueur.
Plus inquiet.
Mais toujours empreint de cette distance, ce mur invisible qu’elle érigeait entre elle et la vérité.
Comme si, au fond d’elle, elle savait.
Comme si une part d’elle avait peur que, cette fois, je dise la vérité.
Les Ombres du Doute
Leurs réactions m’écrasaient.
Comme si je n’étais qu’un bruit dans la nuit, une sensation fugace qu’on cherche à ignorer.
Je pouvais presque entendre leurs pensées, sourdes et implacables :
Elle est perdue.
Elle cherche à attirer l’attention.
Mais je savais que ce que j’avais vu ne pouvait pas être effacé.
Que je sois comprise ou non, cela n’avait plus d’importance.
Ce que j’avais vécu était la seule vérité qui comptait désormais.
Je me levai brusquement.
La chaise bascula en arrière, heurtant le sol dans un bruit sec qui fendit l’espace confiné du bar.
— Vous ne comprenez pas… Vous ne comprenez rien !
Ma voix tremblait de rage et de frustration, comme une vague prête à tout engloutir sur son
passage.
Le silence tomba.
Les visages autour de moi se figèrent, une inquiétude grandissante se dessinant dans leurs
yeux.
Rayan se leva à son tour, les bras levés en signe de paix, mais son geste paraissait inutile,
dérisoire.
— Calme-toi, Amber.

5
Son ton était doux, presque compatissant.
Mais je ne voulais pas de sa pitié.
Je les regardai tour à tour, une étincelle de défi brillant dans mes yeux.
— Vous pouvez essayer de me faire taire, de me faire douter… Mais ce que j’ai vu, je ne
l’oublierai jamais.
Le silence s’étira, pesant, oppressant.
Puis, comme un écho lointain, le bruit de la musique et des rires parvint à mes oreilles.
Mais tout me semblait flou, irréel.
Mon esprit était ailleurs.
Il retournait sans cesse à cette vision…
À cet homme.
À ces créatures.
À ce qui m’attendait dans l’au-delà.
Et au fond de moi, une certitude persistait, implacable :
C’était réel.
Même si tout le monde semblait vouloir l’effacer.
Je me tournai vers la porte.
Le vent de la nuit s’engouffra aussitôt, me frappant au visage comme une gifle glaciale.
— Je suis fatiguée de tout ça…
Je murmurai ces mots, à peine consciente de les avoir prononcés.
Puis je sortis, laissant derrière moi le bruit, les regards, le doute.

Les Fantômes du Passé


Oublie ça.
Ton histoire n’a ni queue ni tête.
Tu as été influencée, c’est tout. La vérité est ailleurs.
Mais le nom de Charlie flottait autour de moi, insaisissable, tel un spectre refusant de
disparaître.
Il m’envahissait, doux et froid à la fois, une brume persistante qui s’accrochait à ma peau,
s’insinuait dans mon esprit.
Un fantôme que je n’avais pas choisi.
Ses échos me poursuivaient.
Ils m’étouffaient.
Ils me rappelaient les dettes que j’avais contractées, les promesses brisées… et l’abîme qui
m’attendait.
Mais ce soir, un autre abîme semblait plus proche encore.
Rayan, assis un peu plus loin, fixait l’écran de son téléphone, détaché de tout, comme s’il était
devenu un élément du décor.
Il ne me voyait même pas.
Et Flora…
Elle n’était plus là.
Comme un mirage dissipé par la lumière du matin, elle s’était volatilisée.
Sans un bruit.
Sans une trace.
Une inquiétude soudaine m’envahit.
Quelque chose n’allait pas.

La Chasse
Je me levai brusquement, une pression invisible pesant sur mes épaules.
Où était-elle ?
Où avait-elle pu aller ?
Un sentiment d’urgence me saisit, et sans réfléchir, je m’élançai à travers la foule.
Je bousculai des corps en mouvement, des visages flous riant, dansant, criant sans même me
remarquer.
Ils étaient là, physiquement présents, mais ils n’existaient pas vraiment.
Des silhouettes sans importance, des ombres animées d’une énergie creuse.

5
Moi, je cherchais Flora.
Ma complice.
Mon amie.
Mais la quête devint rapidement désespérée.
Je fouillais la foule du regard, mon cœur battant à tout rompre, mais rien

Un Poison Lent
— Qu’est-ce que tu cherches, la demeurée ?
La voix de Felinda fendit l’air comme une dague aiguisée.
Elle savait exactement où frapper.
Autour d’elle, sa bande de suiveuses ricana, un murmure empoisonné qui se propagea dans l’air
tiède de la nuit.
— Oh, je sais ! ajouta-t-elle en croisant les bras, un sourire carnassier accroché à ses lèvres. Tu
cherches Flora ?
Elle marqua une pause théâtrale, savourant chaque seconde d’anticipation, puis laissa tomber
la phrase comme une lame sur mon cœur :
— Elle est en train de tourner "Cinquante nuances de Grey" avec ton frère. Tu ne sava is
pas ?
Un silence.
Les mots s’enfoncèrent dans mon esprit comme des crochets glacés.
Autour de nous, la musique continuait, la fête battait son plein, mais tout semblait s’être éteint.
Felinda observait ma réaction avec un plaisir cruel, comme une reine méprisante regardant une
servante s’effondrer sous son courroux.
— Vous mentez, crachai-je, mais ma voix trembla malgré moi.
Non.
C’était impossible.
Flora n’aurait jamais fait ça.
Pas à moi.
Pas à nous.
Le sourire de Felinda s’élargit, lentement, comme un serpent s’enroulant autour de sa proie.
— Va vérifier par toi-même.
Et je partis.

L’éclat d’une trahison


Le sol sous mes pieds semblait trembler tandis que je traversais le jardin.
Je ne savais pas si c’était ma colère, ma peur, ou le poids écrasant de cette vérité que je
refusais encore d’admettre.
Mon cœur battait si fort que j’en avais mal.
Les lumières de la piscine jetaient des reflets scintillants sur la terrasse.
Et c’est là que je les vis.
Figés sous le clair de lune, comme une peinture irréelle.
Flora.
Elle était là, son corps tendu comme une corde prête à céder.
Ses yeux brillaient sous la lumière, mais ce n’était pas la lueur de la vie.
C’était la lueur d’un être qui porte un poids trop lourd.
Qui sait qu’il va être jugé.
À côté d’elle, Bradley.
Immobile.
Un spectateur indifférent à la tragédie qui se jouait devant lui.
Le silence entre nous était pire que n’importe quel cri.
Puis, enfin, Flora bougea.
Une inspiration tremblante.
Ses lèvres s’ouvrirent.
Et sa voix, brisée, s’échappa dans l’air froid de la nuit :
— Je voulais t’en parler… mais j’avais peur.
Je clignai des yeux.

5
— Peur ?
Ce mot me heurta de plein fouet.
Un instant, le monde oscilla.
— Je suis ton amie, Flora ! J’étais censée être au courant !
Ma voix éclata, tranchante et douloureuse.
— Et c’est Felinda qui m’a dit tout ça. FELINDA.
Je n’arrivais pas à respirer.
— Moi qui croyais que tu ne pouvais pas me mentir…
Flora baissa la tête.
Je vis la vérité s’infiltrer en elle, lentement, comme un poison trop tardivement ingéré.
Mais c’était moi qui étais en train d’être détruite.
L’ombre de la trahison
Bradley était là.
Silencieux.
Distant.
Il n’avait pas besoin de parler. Son mutisme parlait pour lui.
Il était complice.
Tout autant qu’elle.
Peut-être même plus.
Je détournais les yeux, comme si regarder ailleurs pouvait effacer la réalité. Mais elle
s’accrochait à moi comme un poison lent, un venin qui se répandait dans mes veines.
Puis, sans réfléchir, sans prévenir, je courus.
Mon souffle était court, mes pas résonnaient dans la nuit, et mon cœur battait si fort qu’il
menaçait d’exploser.
Fuir.
Fuir cette image.
Fuir cette douleur.
Fuir eux.
Mais je n’étais pas seule.
Elle me suivait.
Sa voix s’accrochait à moi, tremblante, coupable.
— Amber, attends !
Je n’écoutais pas.
Je ne voulais pas entendre.
Puis, une main agrippa mon épaule.
Je savais que c’était elle.
Flora.
Un éclair de colère pure, brutale, jaillit en moi.
Avant même d’y penser, je la repoussai.
Fort.
Trop fort.
Elle chancela, sous le choc.
Et moi aussi.
Je ne m’étais jamais vue comme ça.
Je ne me savais pas capable de ça.
— Laisse-moi !
Ma voix fendit la nuit.
Flora ne bougea pas.
Elle me regarda avec une expression que je ne voulais pas analyser. Une expression que je
refusais de comprendre.
Puis Felinda arriva.
Comme une ombre perfide, savourant le chaos qu’elle venait de créer.
Son sourire était un poison.
— Oh, Amber… Si seulement tu pouvais voir ta tête.
Elle rit doucement, un rire léger, moqueur, insupportable.
Je la fixai, les poings serrés.

5
Elle allait comprendre.
Elle allait savoir.
Je n’étais plus prête à me laisser écraser.

Chapitre 2 : La Nuit des Ombres


La nuit semblait plus lourde qu’avant.
Chaque étoile était un témoin silencieux.
Je marchais, sans but, un poids invisible sur les épaules.
Quelque chose me disait que cette fois, c’était trop tard.
Que cette fois, il n’y aurait pas de retour en arrière.
Flora n’avait même pas cherché à se défendre.
Elle n’avait pas hurlé, ni nié, ni accusé.
Et ça…
Ça faisait encore plus mal.

Les Confessions Amères


Je retrouvai Rayan un peu plus loin.
Assis dans une pièce baignée d’une lumière tamisée, il m’attendait, l’air grave.
Comme s’il savait.
Je ne pris même pas le temps d’hésiter.
Je vidai tout.
Sans filtre.
Sans détour.
Les mots s’échappaient de ma bouche comme un torrent incontrôlable.
Rugueux.
Tranchants.
Comme des éclats de verre que je recrachais, après les avoir laissés me lacérer de l’intérieur.
Chaque confession était une déchirure.
Chaque syllabe, un poison.
Et lui, il écouta.
Sans m’interrompre.
Sans détourner le regard.
Comme s’il savait que, ce soir, j’avais besoin que quelqu’un entende.
Même si c’était trop tard.
L’ombre de la trahison
J’avais besoin de lui.
Mais même Rayan, même son regard d’ordinaire si rassurant, ne pouvait rien contre cette vérité
implacable qui me broyait de l’intérieur.
— Quoi ? Ce n’est pas possible… Elle a osé ?
Sa voix se brisa sur ces mots.
Comme si la terre venait de se dérober sous lui.
Chaque syllabe qu’il prononçait tombait avec la force d’un coup de marteau sur le sol,
résonnant dans l’air épais de la nuit.
Et moi…
Moi, j’étais figée sous l’impact de ce que je venais d’apprendre.
Flora.
Elle, la confidente de mes secrets.
Mon amie.
Elle avait franchi la ligne.
Elle s’était aventurée là où l’amitié ne doit jamais s’égarer, dans l’intimité d’un lien que je
croyais inviolable.
Son silence, plus encore que ses actes, était une trahison.
Un mur qui s’élevait entre nous.
— Ce qui me fait mal, c’est qu’elle ne m’ait rien dit…
Ma voix trembla.

5
Comment expliquer que l’essence même de notre amitié avait été dérobée non par un
mensonge, mais par l’absence de mots ?
Rayan, lui, ne contenait plus sa colère.
— Elle sort avec ton frère… Ça ne se fait pas entre amis !
Il serra les poings.
Sa rage vibrait dans chaque mot.
— Non, tu sais, Flora est bien pour mon frère. Cela ne me dérange pas qu’elle devienne
ma belle-sœur, répondis-je dans un souffle, tentant d’apaiser cette tempête qui grandissait
entre nous.
Mais mes mots sonnèrent faux.
Comme une excuse.
Comme une phrase que l’on prononce pour soi-même, pour éviter de sombrer.
Rayan tourna la tête vers moi, ses yeux brûlants d’émotions contradictoires.
Il allait répondre, mais je le devançai, la voix brisée, chargée de larmes que je refusais de laisser
couler.
— Vraiment ? Eh bien, tu devrais la détester ! C’est une sale garce !
La phrase sortit avec une violence qui me surprit moi-même.
Rayan recula, choqué.
Sa colère n’était plus dirigée vers Flora.
Elle était dirigée vers moi.
La dispute éclata.
Comme un feu de forêt, ravageant tout sur son passage.
Les mots s’entrechoquaient, chacun plus tranchant que le précédent.
Je voulais hurler.
Tout leur dire.
Mais une loyauté brisée m’empêchait de franchir cette dernière limite.
Et au fond, je savais déjà.
Ce soir, tout ce qui était fragile venait de se briser à jamais.

Chapitre 3 : L’Appel de la Forêt


La forêt s’étendait devant moi, sombre et insondable.
Une mer noire prête à engloutir ce qu’il me restait d’espoir.
Les arbres, gigantesques et noueux, tendaient leurs branches comme des bras squelettiques,
griffant le ciel.
Et la brume…
Lourde. Suffocante.
Elle rampait sur le sol, s’enroulait autour de mes chevilles comme des doigts glacés.
J’avançai, perdue.
Mes pensées dérivaient, s’effaçaient, disparaissaient dans cet océan d’ombres.
Puis, je le vis.
Comme un coup de poignard en plein cœur.
Deux silhouettes, floues et menaçantes.
Penchées sur un corps sans vie.
Je sentis mon estomac se tordre.
Un murmure de vent traversa la forêt, soulevant un rideau de brume.
Et je compris.
C’était lui.
Bradley.
Mon frère.
Celui avec qui j’avais grandi.
Celui qui faisait partie de ma mémoire, de mon enfance.
Celui qui était vivant.
Jusqu’à maintenant.
Mon corps entier se figea.
Une chaleur glacée s’infiltra dans mes veines.
C’était impossible.

5
Un mauvais rêve.
Un cauchemar dont j’allais me réveiller d’une seconde à l’autre.
Mais non.
Je voyais son corps, allongé sur la terre humide, les yeux mi-clos, la vie s’en échappant
lentement.
Et la colère, la douleur, la peur, tout s’entrechoqua en moi, me laissant suffoquer sous un flot
d’émotions incontrôlables.
Et alors, une pensée empoisonnée s’infiltra dans mon esprit.
C’était elle.
C’était à cause d’elle.
Si Flora n’avait pas pris ce chemin…
Si elle n’avait pas tendu la main à mon frère…
Si elle n’avait jamais croisé sa route…
Il serait encore en vie.
Un cri silencieux explosa en moi.
Je me précipitai vers lui, tombant à genoux à ses côtés.
Sa main…
Si froide.
Comme la terre autour de nous.
Ses lèvres s’entrouvrirent.
Un dernier souffle.
Un dernier mot.
Mais aucun son n’en sortit.
Ses yeux, figés sur un horizon invisible, ne reflétaient plus rien.
Le silence, lourd et oppressant, s’abattit sur moi.
Il était parti.
appel des ombres
Je l’appelai.
Mais mes mots se noyèrent dans la mer de l’impuissance.
Je pleurai.
Je pleurai pour lui.
Pour moi.
Pour nous.
Pour tout ce que nous avions perdu.
Le temps s’effaçait autour de moi, chaque seconde s’étirant dans une éternité de douleur.
Puis, je fis un serment.
Un serment muet, brûlant, ancré dans chaque fibre de mon être.
Ceux qui l’avaient fait souffrir.
Ceux qui l’avaient arraché à la vie.
Ils paieront.
Ils ne s’échapperaient pas.
Un cri déchira la nuit.
Mon cri.
Un hurlement porté par la promesse d’une vengeance implacable.
Et dans cette nuit sans fin, je sus qu’il n’y avait plus de retour.
Plus de lumière.
Plus d’espoir.
Juste l’appel de la mer, profonde et insondable, qui m’aspirait à chaque pas.
Mais je reviendrais.
Parce que la douleur d’un cœur brisé ne se dissipe jamais.
Elle se transforme.
Elle se tord.
Mais elle ne meurt jamais.
Et moi, dans cette mer de ténèbres, j’étais prête.

Chapitre 3 : L’Appel de la Forêt

5
La forêt s’étendait devant moi, une mer d’ombres et de secrets.
Chaque arbre murmurait des histoires oubliées.
Chaque branche noueuse semblait me scruter.
Mes pas résonnaient dans le silence, lourds de non-dits.
Puis, un cri.
Brisé.
Presque irréel.
Je tournai la tête, cherchant des réponses là où il n’y en avait pas.
Et puis…
Je le vis.
Rayan.
Son visage livide trahissait une terreur insensée.
Ses mains tremblaient lorsqu’il saisit son téléphone.
— La police… Sa voix s’étrangla sur les mots. Rayan, tu dois appeler la police.
Un silence oppressant tomba.
Puis, un autre son.
Un sanglot.
Flora.
Elle pleurait.
Sans retenue.
Ses larmes coulaient sur son visage, des perles amères tombant dans la nuit.
Mais il y avait quelque chose dans cette peine qui ne sonnait pas vrai.
Un masque trop parfait.
Une comédie trop bien jouée.
Je la fixai.
Ma voix, glaciale, brisa le silence :
— Flora… pourquoi pleures-tu ?
Elle sursauta, ses yeux fuyant les miens.
— Je… je ne sais pas ce qui s’est passé ! C’était un accident… Un accident !
Sa voix tremblait.
Trop.
Comme si elle tentait de se convaincre elle-même.
— Un accident ?
Le mot roula sur ma langue, amer, tranchant.
— C’est toi qui l’as emmené là-bas, Flora. Si tu ne l’avais pas fait, il serait encore là.
Elle recula d’un pas.
Choquée.
Mais la culpabilité était là.
Dans son regard.
Et ça…
Je ne pouvais pas lui pardonner.
Pas maintenant.
Rayan s’approcha, hésitant.
Je lui lançai un regard glacial.
Lui non plus, je n’avais aucune pitié pour lui.
Il ouvrit la bouche.
— Tu ne comprends pas, d’accord ? Ce n’était pas ce que tu crois. Ce n’était pas comme
ça.
— Oh, vraiment ?
Je le fixai, les poings serrés.
— Tout ce que je sais, c’est que Bradley est là, à l’agonie, et toi, tu veux encore me dire
que tu n’es pas responsable ?
Un silence lourd s’abattit sur nous.
Flora renifla.

5
— Tu ne peux pas nous accuser tous comme ça. Tu… tu n’ as pas vu ce qui s’est passé.
Peut-être que tu devrais regarder les choses comme elles sont, et pas à travers tes
douleurs.
Je me figeai.
Puis, lentement, je m’avançai d’un pas.
Elle ne bougea pas.
— Tais-toi.
Ma voix était un murmure.
Un murmure tranchant comme une lame.
— Tais-toi avant que je ne te dise des choses que tu ne pourras jamais oublier.
Rayan frémit.
Mais il ne s’arrêta pas.
— Et toi ? Son regard brûlait d’une colère sourde. Tu veux nous accuser tous, mais tu ne
vois même pas que toi aussi, tu aurais pu faire quelque chose ?
Son souffle était court.
Il me regarda droit dans les yeux.
— Tu l’as abandonné. Comme nous tous.
Ses mots me frappèrent.
Je voulais les ignorer.
Je voulais ne pas les croire.
Mais ils étaient là.
Inscrits dans l’air, gravés en moi.
Je serrai les dents.
— Il n’est plus là.
Ma voix était brisée.
— Mais vous… vous serez responsables. À jamais.

Les Mensonges du Matin


L’aube s’éleva sur un monde figé dans le silence.
Un silence lourd.
Comme si l’univers entier retenait son souffle.
Je marchais, traînant des pieds.
Mon ombre me suivait, fantomatique, s’étirant sur le bitume.
Chaque pas était un rappel du gouffre qui s’ouvrait sous moi.
La veille…
J’avais fouillé partout.
Chaque recoin de la maison.
Chaque tiroir.
Chaque secret enfoui sous des années de silence.
Mais aucune lumière n’était venue éclairer ma route.
Rien.
Seulement l’absence.
Seulement le mensonge.
Ma mère, épuisée, était partie à l’église.
Son dernier refuge.
Sa dernière prière pour un miracle qui ne viendrait jamais.
Elle croyait encore que Dieu pouvait réparer l’irréparable.
Moi, je savais que certaines choses ne pouvaient pas être réparées.
Certaines choses…
Ne faisaient que se briser encore plus.
L’école des ombres
L’air était lourd.
Saturé.
Chaque couloir, chaque murmure, chaque regard portait le poids d’une vérité trop douloureuse à
affronter.
Bradley était parti.

5
Et le monde semblait ne pas savoir comment continuer à tourner sans lui.
Les élèves me regardaient du coin de l’œil, certains avec une tristesse sincère, d’autres avec
cette curiosité malsaine qu’on réserve aux tragédies dont on est spectateur.
Rayan et Flora étaient là.
Ils attendaient.
Un geste.
Un mot.
Quelque chose.
Mais tout ce que je sentais, c’était ce feu bouillonnant en moi.
Chaque seconde passée à les regarder faisait monter en moi une rage sourde, brûlante,
dévorante.
Rayan fut le premier à briser le silence.
— Mes condoléances… murmura-t-il, sa voix à peine plus qu’un souffle.
Comme s’il savait qu’aucun mot ne suffirait.
Comme s’il espérait que la simplicité suffirait à tout effacer.
Je le regardai.
Froidement.
Lentement.
Puis, après une pause où tout sembla suspendu, je lâchai :
— Merci.
Un mot.
Un seul.
Vide.
Creux.
La politesse était une armure que je pouvais encore porter.
Flora.
Elle hésita.
Un pas vers moi.
Puis un autre.
Ses yeux brillaient de larmes qu’elle ne laissait pas couler.
Ses mains tremblaient légèrement, une fragilité que je ne lui avais jamais connue.
— Mes condoléances…
Sa voix se brisa.
Sous la honte.
Sous le poids du mensonge.
Je ne répondis pas.
Je la fixai.
Mon regard était une lame.
Une sentence.
Un blâme silencieux qui pesait bien plus que n’importe quelle insulte.
Elle détourna les yeux.
Secouée.
Ébranlée.
Mais je ne pouvais pas bouger.
La haine m’avait paralysée.
La vengeance serait douce.
C’était tout ce que je savais.

Les reines du poison


Et alors…
Comme une ombre.
Comme un serpent surgissant du sol.
Elles apparurent.
Roxy.
Et sa bande.
Elles n’avaient rien à dire, mais elles étaient là.

5
Comme une présence toxique, un poison qui flottait dans l’air, invisible mais étouffant.
Leur démarche était lente, calculée.
Comme si elles possédaient les lieux.
Comme si la douleur des autres était leur terrain de jeu.
Leurs rires étaient étouffés.
Mais ils mordaient quand même.
— Alors, Amber…
La voix de Roxy fendit l’air.
Un murmure.
Un piège.
— On se sent comment ?
Son sourire était une griffure sur ma peau.
Je ne répondis pas.
— Perdue ? continua-t-elle. Ou bien… coupable ?
Sa voix dégoulinait de venin.
Les autres filles gloussèrent derrière elle.
Je fermai les poings.
Respire.
Ne leur donne pas ce qu’elles veulent.
Mais elle savait.
Elle savait exactement où frapper.
— C’est dingue, quand même… reprit-elle en feignant l’innocence. Un frère si parfait, et
puis…
Elle marqua une pause.
Puis, avec un sourire lent, cruel, elle chuchota :
— Plus rien.
Mon sang ne fit qu’un tour.
Je levai les yeux vers elle.
Lentement.
Je vis ce qu’elle attendait.
Elle voulait que je craque.
Que je m’effondre devant tout le monde.
Que je leur donne ce spectacle.
Alors je souris.
Un sourire lent.
Froid.
Tranchant.
— Dis-moi, Roxy… murmurai-je, ma voix douce comme du velours empoisonné. Ça fait quoi
d’avoir une vie si creuse que tu doives te nourrir de celle des autres ?
Son sourire se figea.
Juste un instant.
Puis elle éclata de rire, mais c’était un rire faux.
— Oh, Amber, Amber… Elle secoua la tête. T’es plus fragile que je pensais.
Elle recula légèrement, mais ses yeux me jugeaient encore.
— On verra combien de temps tu tiens.
Puis, avec un dernier regard suffisant, elle tourna les talons, et sa bande la suivit, comme un
essaim de corbeaux.
La tension retomba.
L’air devint un peu plus respirable.
Mais en moi…
La tempête continuait de gronder.
Rayan et Flora me fixaient toujours.
Mais je ne les voyais plus.
Je ne voyais qu’une chose.
Roxy devait tomber.
Et ce serait bientôt.

5
— Salut, Lamy. Tu as fini de pleurnicher chez tes amis ? lança Roxy, sa voix sucrée comme
un venin.
Je sentis la colère m’envahir, mais je la refoulai. Mes poings se fermèrent, mes dents
grincèrent, mais je répondis d'une voix glaciale.
— Roxy, mon frère est mort. Alors, lâche-moi.
Elle haussait les épaules, un sourire acide sur ses lèvres.
— Bradley… Paix à son âme. Sa voix feinte la douceur, mais ses mots, eux, étaient des
griffes. Lui, au moins, n’était pas aussi étrange que toi. Enfin, tu dois être soulagée, non ?
Soulagée. Le mot résonna en moi comme un coup de tonnerre. Ma gorge se serra, mes mains
tremblèrent. Le poison coula lentement, mais sûrement, dans mes veines.
— De quoi tu parles, Roxy ? Va harceler quelqu’un d’autre.
— Oh, rien. Mais tes amis savent sûrement. Demande-leur, si tu oses.
Le clin d’œil malicieux qu’elle me lança fut le dernier coup. Elles s’éloignèrent, mais laissent
derrière elles un malaise gluant, une brume de doute qui m’empoisonna.
Je me tournai vers mes amis, un regard froid posé sur eux. Ils baissèrent tous les yeux,
incapables de soutenir ma colère.
— Qu’est-ce qu’elle veut dire ? De quoi elle parle ? demandai-je, ma voix cassée par
l'angoisse.
Ils échangèrent des regards fuyants. Puis l’un d’eux, plus timide que les autres, murmura,
presque honteux :
— Tu… tu ne savais pas ?
Le monde s’effondra autour de moi. Mon cœur fit une pause, comme un coup de poing dans
la poitrine.
— Savoir quoi ?
Les mots tombèrent comme un couperet froid.
— On dit que… toi et Bradley… vous n’étiez pas vraiment frère et sœur.
L’air sembla se déchirer. Mes mains tremblaient tandis que le sol sous mes pieds s’effritait. Je
restai figée, incapable de comprendre. C'était absurde, ridicule. Et pourtant, leurs yeux
brillaient d’une conviction glacée. Ils croyaient à cette rumeur.
Je me levai, mes jambes me portant sans que je puisse les contrôler. Je partis en courant, hors
de l’école, hors de tout. Mes pas résonnaient dans ma tête, un écho furieux.
À la maison, la vérité me faisait face.
Mes mains tremblaient alors que je fouillais, retournant chaque tiroir, chaque recoin. Il y avait
quelque chose ici, quelque chose que je n’étais pas censée trouver. Je le savais. Je le sentais.
L’air semblait plus lourd, comme si la maison elle-même retenait son souffle.
Et puis, sous une pile de papiers froissés, entre des factures oubliées et d’anciens carnets
d’école, je le vis.
Un simple document, jauni par le temps. Mon regard parcourut les lignes à toute vitesse, mon
cerveau refusant d’assembler les mots ensemble.
L’acte de naissance de Bradley.
Je clignai des yeux. Puis encore.
Bradley Pearl.
Pas Crackford.
Mon estomac se tordit. Ce n’était pas possible. Ça devait être une erreur, un malentendu…
Pourtant, noir sur blanc, les noms de ses parents étaient là. Pas les nôtres.
Tout ce que je croyais savoir sur mon frère s’effritait sous mes yeux.
Et puis, la porte s’ouvrit.
Un courant d’air glacial balaya la pièce, soulevant légèrement les feuilles éparpillées sur le sol.
Ma mère se tenait là, figée dans l’encadrement, son visage pâle comme un fantôme. Pendant
un instant, elle ne dit rien. Ses yeux, d’ordinaire si durs, vacillèrent.
Puis elle vit le papier entre mes doigts.

5
D’un bond, elle se précipita sur moi et l’arracha violemment.
— Ne fouille plus jamais dans mes affaires !
Sa voix claqua comme un coup de fouet. Son souffle était court, ses doigts serrés sur le
document comme si elle voulait le faire disparaître à jamais.
— C’est quoi, ça ? Ma voix tremblait autant que mes mains.
— Ce n’est rien.
Mais ce n’était pas rien. C’était tout.
Je scrutai son visage, cherchant une réponse, une explication… Mais derrière sa colère, il y avait
autre chose. Quelque chose que je n’avais jamais vu chez elle.
La peur.
Je restai là, figée. Une seule question hurlait dans mon esprit.
Qui était vraiment Bradley ?

Le lendemain, à l’école
La rumeur s’était répandue comme une traînée de poudre.
Je traversais la cour, le regard rivé sur mes chaussures, sentant les murmures m’envelopper
comme une brume. Mes amis étaient là, à m’attendre, mais aucun ne parlait. Ils savaient que
quelque chose clochait.
Et moi, j’avais l’impression d’être à mille lieues d’eux.
Puis, tout bascula.
Le bruit des pas résonna dans le couloir. Des pas lourds, déterminés. La porte de la classe
s’ouvrit brusquement, claquant contre le mur dans un silence brutal.
Deux policiers se tenaient là.
L’un était grand, les traits durs et sévères, son regard perçant braqué sur moi. L’autre, plus petit,
plus nerveux, gardait la main posée sur sa ceinture, comme s’il s’attendait à ce que je m’enfuie.
L’air dans la pièce sembla s’épaissir.
— Amber Crackford ?
Ma gorge se serra.
— C’est moi.
Le grand policier hocha la tête d’un air grave, comme s’il validait une évidence.
— Vous êtes en état d’arrestation.
Mon souffle se coupa.
Un silence écrasant tomba sur la salle. Tous les regards étaient braqués sur moi, figés
d’incompréhension. Je sentis le sol trembler sous mes pieds.
— Quoi ? Pourquoi ? Ma voix s’étrangla sur les derniers mots.
L’autre policier haussa les épaules, comme si la réponse était évidente.
— Vous êtes suspectée du meurtre de votre frère, Bradley Crackford.
Le monde s’effondra.
Je voulus parler, protester, dire que c’était absurde, impossible… Mais aucun son ne sortit de ma
bouche.
Des murmures s’élevèrent autour de moi, une vague de choc et d’incompréhension.
— C’est... c’est impossible. Ma voix était à peine un souffle.
Bradley. Mon frère.
J’étais incapable de bouger, incapable de respirer.
Les menottes cliquetèrent. Le métal froid entoura mes poignets.
Et tout bascula dans le néant.

Les policiers échangèrent un regard furtif. Puis, sans un mot, l’un d’eux attrapa brutalement les
poignets d’Amber et serra si fort qu’elle en grimaça.
— On n’est pas là pour discuter, mademoiselle, trancha le plus petit, son regard froid comme un
hiver sans fin.
Amber sentit son souffle s’accélérer.
— Je n’ai pas tué Bradley, répéta-t-elle, sa voix brisée par la peur. Je vous le jure.
Mais ils ne l’écoutaient pas. Ils la traînèrent hors de la pièce comme si elle n’était qu’un objet
encombrant, la poussant dans le couloir faiblement éclairé du commissariat.
Le carrelage était glacé sous ses pieds. L’air pesait, lourd d’un silence oppressant.

5
— Pourquoi... pourquoi moi ? murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour eux.
Ils ne répondirent pas.
Ils l’entraînèrent dans une petite pièce aux murs ternes. Une ampoule blafarde oscillait
lentement au plafond, projetant des ombres inquiétantes. La porte claqua derrière elle,
résonnant comme un coup de marteau scellant une sentence irrévocable.
Le froid des menottes mordait ses poignets. Assise sur une chaise dure, Amber sentait la peur
ramper sur sa peau.
Un policier s’adossa au mur, les bras croisés, l’air indéchiffrable.
— Alors, Amber… t’as quelque chose à dire ?
Elle serra les poings.
— Je n’ai rien fait.
Sa voix était plus ferme cette fois, mais même elle pouvait entendre le tremblement caché sous
sa détermination.
Le silence s’étira, aussi lourd qu’un orage prêt à éclater.
Puis la porte s’ouvrit.
Amber retint son souffle.
Un homme entra, vêtu d’un costume sombre. Son visage était dur, inexpressif, mais ses yeux…
Ils portaient quelque chose d’indéfinissable.
Elle le reconnut immédiatement.
Son estomac se tordit.
— Mademoiselle Flora affirme que vous l’avez vue avec Bradley.
Le sol sembla se dérober sous ses pieds.
— Quoi ?!
L’homme s’approcha lentement, chaque pas résonnant dans la pièce comme un glas.
— Elle dit que vous étiez furieuse. Que vous avez vu votre frère l’embrasser… dans les bois.
Amber sentit son cœur s’arrêter.
— C’est faux ! s’écria-t-elle.
L’homme pencha légèrement la tête, un sourire à peine perceptible effleurant ses lèvres.
— Vraiment ?
Il la fixa, ses mots plus tranchants que des lames.
— Alors pourquoi n’étiez-vous pas avec les autres au moment où il est mort ?
La pièce se mit à tourner autour d’elle.
— Vous l’avez suivi, n’est-ce pas ? poursuivit-il, implacable. Peut-être sous le coup de la colère…
Peut-être que vous l’avez tué.
Amber sentit ses jambes faiblir.
— Non… je… je n’ai jamais…
Les visages des policiers étaient des masques impassibles. Aucun n’offrait la moindre lueur de
compassion.
Puis, soudainement, un bruit assourdissant retentit.
Un courant d’air glacial balaya la pièce.
Amber sursauta, son souffle coupé.
Et il était là.
Dans l’ombre, juste derrière l’homme au costume.
Lui.
Celui qui l’avait sauvée.
Celui qui n’aurait jamais dû être ici.
Il émergea lentement, ses yeux brillants d’une lueur surnaturelle, comme deux éclats de lune
dans la pénombre.
— Qu’est-ce que tu fais ici ? souffla-t-elle, la voix brisée.
Il avança d’un pas, indifférent aux regards figés des policiers.
— Je suis là pour t’aider.
Sa voix était calme, presque trop calme. Comme une promesse gravée dans la pierre.
Amber sentit ses jambes céder.
— Qui es-tu ?
Il ne répondit pas immédiatement. Son regard se posa sur elle, intense et insondable.
— Celui qui va te sortir de ce piège.

5
Puis, comme s’il écoutait un ordre invisible, il se redressa et tendit la main.
— Monte sur mon dos.
Amber ouvrit la bouche, abasourdie.
— Quoi ?!
— Fais-moi confiance.
Un bruit de bottes résonna derrière eux.
Les policiers s’étaient réveillés de leur stupeur.
— Attrapez-les ! hurla l’un d’eux.
Mais c’était trop tard.
L’inconnu s’élança.
Le monde disparut dans un tourbillon.
La lumière crue de l’interrogatoire, les voix furieuses des policiers, le bruit métallique des
menottes tombant au sol… tout s’effaça.
Amber ne sentait plus le sol sous ses pieds.
Le vent hurlait autour d’eux.
La ville, les sirènes, la peur… tout disparaissait.
Ils montaient, montaient, dans un vide infini.
Puis, l’obscurité fit place à une lumière irréelle.
Amber ouvrit lentement les yeux.
Et là, devant elle, s’étendait un autre monde.
Une mer immense, calme comme un lac endormi, miroitait sous un ciel d’un bleu irréel.
Le sable sous ses pieds était tiède, presque soyeux.
Au loin, un bateau solitaire se balançait sur les vagues immobiles.
Et tout autour, des silhouettes silencieuses, immobiles comme des statues de pierre, fixaient
l’horizon.
Amber avala sa salive, tentant de reprendre son souffle.
— Où sommes-nous ? murmura-t-elle.
Le jeune homme se tourna vers elle, un éclat étrange dans les yeux.
— Quelque part où ils ne peuvent pas t’atteindre.
Amber frissonna.
Elle savait qu’elle venait d’entrer dans un monde dont elle ne comprendrait jamais toutes les
règles.
Il tourna les yeux vers moi. Son regard, aussi tranchant que la lame d’un poignard, portait un
éclat d’urgence. Ses lèvres s’ouvrirent, mais aucun son ne franchit leur seuil. Les mots
semblaient mourir avant d’exister.
— Je n’ai pas le temps d’expliquer.
Sa voix était froide, tranchante. Comme la mer avant une tempête.
Un frisson parcourut mon échine. Nous n’étions pas en sécurité. Pas ici. Peut-être nulle part.
Pourtant, ce lieu m’appelait, d’une manière inexplicable, comme si quelque chose,
quelqu’un, m’attendait au bout du chemin. Était-ce la fin de tout… ou le début d’un voyage
que je ne pouvais plus éviter ?
J’étais déjà perdue dans ce monde. Il ne me restait plus qu’à m’y abandonner.

Il avait une allure étrange, irréelle.


Sa peau pâle luisait comme l’écume d’une mer morte, et ses traits semblaient taillés dans
l’ivoire, figés dans le sel et le vent d’un autre âge. Pourtant, dans ses yeux se cachait une
tempête, un orage silencieux de secrets qu’il ne partagerait jamais.
Il ne me regardait plus. Il parlait à un autre. Une silhouette voilée par les brumes, son visage
masqué par l’obscurité.
— La fille que je dois faire passer est en danger, déclara-t-il. Il faut l’amener au High
Dark. C’est une urgence.
L’autre releva la tête, son regard perçant la brume.
— High Dark ?

5
Un éclair d’agacement traversa les yeux du passeur.
— Silence.
Sa voix claqua dans l’air, comme un coup de vent fauchant une voile tendue.
L’autre se tut aussitôt.
— High Dark, répéta-t-il d’une voix plus posée. Nous avons trop de passagers. Il faut les
déposer ailleurs.
— Je vous en prie, elle est en danger !
Il y avait quelque chose d’étrange dans son ton. Une peur qu’il tentait de masquer. Une
urgence qui dépassait la simple survie.
Ils parlaient de moi.
Moi, une simple silhouette dans leur conversation, un fardeau à transporter.
— D’accord, céda finalement l’autre. Vous passerez avant les autres.
Un grondement parcourut la foule. Des protestations montèrent comme des vagues prêtes à se
fracasser sur les rochers.
— Ce n’est pas notre problème ! siffla une voix acerbe. Nous avons payé pour partir en
premiers !
Je les observai, ces passagers anonymes, secoués comme des poissons pris au piège dans un
filet.
Et puis, mon regard se posa sur lui. Mon étrange sauveur.
Un rire m’échappa.
C’était absurde.
Ils tournèrent tous la tête vers moi, déconcertés.
Mais c’était plus fort que moi. Ce rire, amer et nerveux, s’échappait de ma gorge comme un
oiseau affolé.
— Eh ! Ça va pas ? lâchai-je en essayant de reprendre mon souffle.
Il m’observa, surpris.
— Je me bats pour te sauver, et toi tu ris ?
Un sourire fugace passa sur son visage, comme une ombre glissant sur l’eau.
Puis, sans prévenir, il se baissa et ramassa une pierre à ses pieds. Il la lança violemment dans
les flots noirs.
Le son résonna dans l’air, final, irrévocable.
— Point final ! tonna-t-il. Ils montent en premier. Soyez compréhensifs, pour une fois.
Un murmure d’indignation parcourut la foule.
— Mais ce vaisseau ! C’est quoi, ce truc ?! On a payé pour être les premiers, et voilà
qu’on finit derniers !
Le passeur se retourna lentement. Son regard était acéré, tranchant comme la lame d’un
couteau fraîchement aiguisé.
— Cette fille est en danger, déclara-t-il. Si on ne la dépose pas à temps, une tempête bien
plus grande pourrait se lever.
Le silence tomba, aussi lourd qu’un ciel d’orage.
L’équipage échangea des regards, un frisson invisible parcourant l’air. Comme s’ils savaient.
Comme si cela s’était déjà produit avant.
Enfin, sans un mot de plus, ils se rangèrent sur le côté.
Je grimpai à bord.
Dès que je posai le pied sur le pont, tout changea.
Le vaisseau, d’abord modeste, sembla respirer. Ses voiles se gonflèrent d’un vent invisible.
Son bois, noir et lisse comme une mer d’encre, s’étira, se grandit, se sculpta sous mes yeux.
Puis, un éclat de lumière jaillit du fond du navire.
Je reculai, aveuglée.

5
C’était une lumière trop intense, trop réelle. Elle frappait ma peau comme un feu liquide,
éclatante et implacable.
Quand je rouvris les yeux…
Le château était là.
Flottant dans l’océan de lumière.
Ses tours noires perçaient les flots, aussi majestueuses que menaçantes. Des escaliers de
marbre s’enroulaient comme des vagues figées, montant vers l’inconnu.
Des portraits pendaient aux murs, vivants, leurs regards voilés d’ombres insondables.
Je suivis mon sauveur à l’intérieur.
Ses pas résonnaient dans l’air lourd, comme le battement d’un cœur invisible. Il marchait avec
assurance, comme s’il connaissait ce lieu mieux que lui-même.
Moi, en revanche, j’avais l’impression de flotter.
Tout était mouvant. Les murs changeaient.
D’abord blancs, éclatants… puis noirs comme une nuit sans lune.
Je frissonnai.
— Ne touche à rien, dit-il brusquement.
Sa voix était une ancre dans la tempête.
— Pourquoi ? demandai-je, méfiante.
Il ne ralentit pas.
— Parce que certaines choses ici… ne demandent qu’à être réveillées.
Un frisson me parcourut.
Nous tournâmes dans un long couloir.
C’est alors que je la vis.
La femme du portrait.
Elle était grande, drapée de blanc, son visage auréolé d’une lumière irréelle.
Mais ce n’était pas ça qui me glaça le sang.
C’étaient ses yeux.
Des yeux qui me regardaient vraiment.
Un battement de cœur. Un souffle suspendu.
Puis… elle bougea.
Je fis un pas en arrière.
— Mon Dieu ! Elle bouge !
Je me retournai vers lui, tremblante.
— C’est un fantôme ?
Il ne répondit pas.
Son regard était perdu, fixé sur l’inconnue.
Puis, d’une voix presque trop calme, il murmura :
— Non.
Son souffle se fit plus court.
— C’est bien pire que ça.
Il ne répondit pas tout de suite.
Son regard se durcit, s’assombrissant comme un ciel d’orage avant la tempête. Une lueur
glaciale traversa ses yeux, une ombre fugace, un avertissement silencieux.
Puis, d’une voix basse et tranchante, il murmura :
— Tais-toi.
Je me raidis.
Avant que je ne puisse réagir, la dame bougea.
D’abord imperceptiblement. Une oscillation à peine visible, comme si la toile frémissait sous
un vent invisible.
Puis, sans prévenir, elle se détacha du cadre.

5
Elle sortit, littéralement, glissant hors du tableau comme une brume au matin, silencieuse,
aérienne, terrifiante. Ses pieds ne touchaient pas le sol. Son visage, autrefois figé, s’anima
lentement d’un sourire mince et énigmatique.
Elle s’approcha de la table, tendit une main pâle et saisit une pomme.
Croque.
Le bruit du fruit cédant sous ses dents résonna dans l’air. Un son à la fois banal… et
profondément dérangeant.
Un frisson glacé s’étira le long de ma colonne vertébrale.
— Amber…
Je sursautai.
Elle connaissait mon nom.
— Elle connaît mon nom, murmurai-je, le souffle court.
Autour de moi, l’air sembla s’épaissir. Une brise glacée frôla ma peau, me donnant
l’impression d’être observée, comme si des yeux invisibles s’ouvraient tout autour de moi.
Mon sauveur ne broncha pas.
— Tout le monde ici connaît ton nom, Amber.
Sa voix était calme, mais inflexible, glaciale, comme si cette information devait être une
évidence.
Je tanguai, mon esprit pris dans un tourbillon. Quelque chose n’allait pas.
La pièce bascula. Mon corps bascula.
Je tombai.
Et l’obscurité m’engloutit.

Quand mes yeux se rouvrirent, tout semblait irréel.


Comme si le monde lui-même flottait entre deux dimensions, figé dans un entre-deux
incertain.
Ils étaient là.
Les créatures.
Celles que j’avais aperçues en rêve.
Mais elles n’étaient plus les mêmes.
Elles souriaient.
Des sourires trop grands, trop figés, trop faux.
Mon estomac se tordit. Quelque chose en elles sonnait faux, profondément faux, comme si
elles s’imitaient elles-mêmes sans vraiment comprendre comment un sourire devait
fonctionner.
Mon sauveur restait immobile, ombre parmi les ombres.
— Je rêve ? demandai-je, la voix tremblante.
Il tourna lentement la tête vers moi, son expression indéchiffrable.
— Non, tu ne rêves pas.
Son ton était neutre. Trop neutre. Comme si cela n’avait aucune importance.
Une créature s’avança.
Elle était… indescriptible. Comme un dessin d’enfant trop appuyé sur le papier, ses formes
semblaient floues, trop nettes à la fois, comme si elle n’avait pas encore décidé de son
apparence définitive.
Elle pencha la tête, m’observant avec une curiosité enfantine, et ouvrit la bouche :
— Moi, c’est Victor. Enchanté, Amber.
Sa voix était douce, presque chantante. Mais il y avait quelque chose derrière, quelque chose
d’indéfinissable, comme si ce n’était pas la première fois qu’il disait ça.
Je le fixai.
Je fixai tout autour de moi, le décor, les visages, l’atmosphère elle-même.

5
C’était un piège.
Et pourtant… je ne savais pas encore de quel genre.
— Tu as une drôle de tête, ajouta Victor, toujours penché sur moi. Tu devrais boire
quelque chose.
— Oh, elle va boire quelque chose, c’est certain !
Une nouvelle voix éclata dans la pièce, forte et joyeuse, résonnant dans l’air comme une
vague frappant les rochers.
Je tournai la tête.
Une femme massive s’avançait, ses robes flottant derrière elle comme des voiles de bateau.
Son sourire était large, ses joues rondes et rouges comme des pommes trop mûres.
— Moi, c’est Big Mama ! déclara-t-elle en riant.
Le son de son rire rebondit sur les murs, trop fort, trop gai, comme un carillon un jour de
tempête.
Elle claqua des doigts, et une petite fille apparut, portant une tasse de café fumante.
Elle s’approcha sans un mot et me la tendit.
Je la regardai avec méfiance.
Son regard était insondable, trop sérieux pour un enfant. Elle savait quelque chose que moi,
j’ignorais.
Je pris lentement la tasse.
À l’intérieur, une cuillère tournait toute seule, dessinant des spirales parfaites dans le liquide
noir.
— Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? demandai-je enfin.
Big Mama haussa les épaules, comme si la question n’avait aucune importance.
— Tu poses trop de questions, grogna mon sauveur.
— Oh, laisse-la donc parler ! protesta Big Mama, un sourire mystérieux au coin des lèvres.
Il est bon de questionner le monde.
Elle tapota la table, et la petite fille revint avec un catalogue poussiéreux.
Elle le posa devant moi avec une lenteur calculée.
Big Mama y posa un doigt et le fit glisser jusqu’à un petit point rouge sur une carte jaunie.
— Regarde ici, Amber.
Elle marqua un temps, me laissant absorber l’information avant d’ajouter, d’une voix plus
grave :
— Clirk Dark.
Son sourire s’effaça légèrement, comme si elle venait de prononcer le nom d’un lieu interdit.
— C’est notre destination.
Un silence s’installa.
Je sentis mon cœur battre plus vite.
Il y avait quelque chose, quelque chose de dangereux, dans la manière dont elle l’avait dit.
— C’est la plus grande embarcation de toute la contrée, ajouta-t-elle avec un sourire un
peu trop large. Aucun danger. Tu pourras aller où tu veux, même dans les endroits les
plus sombres… là où les vagues sont cruelles.
Mon regard se planta dans le sien.
Ce n’était pas un simple avertissement.
C’était un test.
— Les endroits les plus sombres, hein ? rétorquai-je avec un sourire ironique. J’adore les
visites touristiques.
Un silence suivit.
Puis, Big Mama éclata de rire.
Mais cette fois, il sonnait faux.
Comme un rideau qui se lève trop vite.

5
— Eh bien, ma chère, tu verras bien par toi-même.
Et je compris que je venais de mettre un pied dans un monde dont il serait impossible de
sortir indemne.
.
Les Ombres du Passé
Le café se répandait lentement sur la couverture, s’étirant comme une tâche d’encre, noire et
menaçante.
Big Mama poussa un long soupir, un souffle lourd, fatigué, comme si elle portait sur ses épaules
un fardeau ancien et douloureux.
— Il y a des années, dit-elle d’une voix qui semblait résonner au-delà de la pièce, une contrée a
été dévastée par le plus grand massacre que ce monde ait connu. Une mer de sang.
Ses paroles laissèrent une trace glacée dans l’air.
Un silence s’installa.
— Une armée de créatures cruelles est venue tout détruire.
Elle s’interrompit un instant, ses yeux s’assombrissant.
— Aujourd’hui, il ne reste plus que dix habitants.
Elle marqua une pause, comme si ce simple chiffre pesait dans sa gorge.
— Dix. Pas un de plus.
Je faisais tourner ma cuillère, traçant des cercles dans l’abîme sombre de mon café.
Dix personnes.
Dix survivants.
Un frisson parcourut mon échine.
Big Mama se crispa légèrement, et dans un murmure presque inaudible, elle ajouta :
— Et ils arrivent.
Le silence devint écrasant.
— Ils veulent tout détruire.
Ses doigts se crispèrent sur la table.
— Forcer les contrées à obéir.
Elle se pencha légèrement vers moi, ses yeux brillant d’une lueur d’horreur contenue.
— Mais nous avons peur, Amber… peur qu’ils viennent ici.
L’air devint glacé.
Un courant d’air souleva quelques feuilles de papier, et je sentis un frisson plus profond, plus
viscéral.
Je déglutis, et avant que je ne puisse répondre, elle reprit, d’un ton tranchant :
— Faites attention, Mademoiselle Amber.
Je sursautai.
Elle désigna du menton la couverture.
— Cette étoffe coûte cher.
Je clignai des yeux.
C’était ça, son souci ?
Un ricanement nerveux s’échappa de mes lèvres.
— C'est un peu tard pour parler de ce genre de détails, non ?
Elle me fixa longuement, son regard devenant aussi dur que l’océan prêt à se déchaîner.
— Qui sont ces gens ? demandai-je lentement. Qu’est-ce qu’ils veulent ?
Je savais que la réponse ne me plairait pas.
Le silence s’intensifia, s’épaissit.
Puis, brusquement, mon sauveur se leva.
Il s’éclaircit la gorge et déclara d’une voix autoritaire :
— Ça suffit. On monte.
Je haussai un sourcil.
— Monter où ?
Mon ton était moqueur, mais un soupçon d’inquiétude se glissa malgré moi dans ma voix.
Il se contenta de répondre avec une fausse douceur, comme si j’étais une enfant trop fragile
pour comprendre :
— Ce n’est pas le moment.

5
Il ajusta ma couverture, puis, sans un mot de plus, se retourna et claqua la porte derrière lui.
Le bruit résonna dans l’air, aussi sec et froid qu’une gifle.
Je me retrouvai seule.
Seule avec eux.
Big Mama.
Les créatures.
Leurs regards posés sur moi, curieux, inquisiteurs, trop insistants.
L’air devenait lourd, presque suffocant.

Un Monde Sans Logique


Je me levai précipitamment, une vague d’angoisse me prenant au ventre.
Il fallait que je sorte.
Que je m’éloigne de cet endroit.
Mais en marchant vers les toilettes, je réalisai quelque chose.
Mes chaussures avaient disparu.
À leur place…
Un balai en forme de gobelet.
Je plissai les yeux.
Non.
Ce n’était pas possible.
Une créature s’approcha de moi, un sourire espiègle étirant son visage étrange.
— Désolée, Mademoiselle, mais ici, pour aller aux toilettes, on porte ça.
Je la fixai, immobile, tentant de processer l’information.
— Je ne vais pas porter ça, déclarai-je fermement.
Ma voix tremblait légèrement.
La créature pencha légèrement la tête, son sourire s’élargit.
Un peu trop.
— Je sais bien que sur Terre, vous ne mettez pas ça.
Sa voix était mielleuse, mais une pointe menaçante s’y glissait.
— Mais ici, c'est la règle.
Je savais qu’il ne fallait pas discuter.
Ce monde n’avait aucune logique.
Je poussai un long soupir, résignée.
— Très bien.
La créature se redressa, satisfaite.
— C’est mieux.
Chaque pas que je faisais m’éloignait un peu plus de la réalité.
Chaque pas m’enfonçait un peu plus dans l’absurde.

Les Abysses de la Tentation


Je me tenais là.
Au bord du vieux rafiot.
L’air froid fouettait mon visage.
Les vagues déchaînées brillaient sous la lueur pâle de la lune.
Je n’avais rien choisi.
J’étais spectatrice d’un film absurde, un film où tout était étrange, dérangeant.
Et si je plongeais ?
Qu’avais-je à perdre ?
Je me penchai lentement.
L’eau m’appelait.
Douce et sombre.
Un refuge.
Liberté...
Un murmure dans ma tête.
Je fermai les yeux.
Puis, une main me saisit brutalement.

5
Elle m’arracha en arrière avec la force d’une corde tendue.
— Qu’est-ce que tu fais ?
Sa voix glacée fendit l’air.
Je relevai les yeux.
Mike.
Toujours là.
Comme une ombre indestructible.
Il ne bougeait pas, mais son regard de pierre me donnait la sensation qu’il contrôlait tout.
— Je veux partir, soufflai-je. Tu peux bien le vouloir ou non, mais moi, j’ai des projets.
Il sourit.
Un sourire arrogant.
— Tu ne peux pas partir d’ici.
Je levai les yeux au ciel.
— Ah oui ? Qui décide ? Le grand maître de la mer et du chaos ?
Il haussa les épaules.
— Tu as le choix.
Sa voix était lente, calculée.
— Te jeter dans l’eau et disparaître dans une dimension que tu ne comprendras jamais...
Il marqua une pause.
— Ou rester ici avec moi.
Il me fixa.
— Bonne chance pour survivre seule.
Je le regardai.
Un éclat de rire amer m’échappa.
— Un bateau qui tangue, des requins en céramique, et toi comme chef de ce cirque ?
Je fis une pause, plissant les yeux.
— T’es mal barré, mon vieux.
Il sourit.
— La vie, Amber, est une question de choix.
Un silence.
Puis je basculai en avant.
L’eau m’engloutit.
Froide. Écrasante.
Mais alors que je sombrais…
Quelque chose me tira vers la surface.
Je fus arrachée à l’océan par une force invisible.
Quand j’ouvris les yeux, Mike me tenait dans ses bras.
Son regard brillait d’une lueur indéchiffrable.
— Tu n’aurais pas pu me sauver avant ? lançai-je, furieuse.
Il haussa les épaules.
— Tu voulais te débrouiller, non ?
Je le fusillai du regard.
— T’es vraiment un imbécile.
Il sourit.
— Je sais.
Plongée dans l’inconnu
Mike ne bougea pas.
Son sourire s’élargit, presque cruel, comme un chat jouant avec une souris.
— La vie, ma chère, c’est un choix.
Sa voix était un murmure de velours, piqué d’ironie.
— Tu peux tout effacer d’un coup… ou rester coincée ici, avec moi. À toi de voir.
Son regard était indéchiffrable.
Je sentis un frisson de rage monter en moi.
— Ah, tu veux vraiment que je reste là ? soufflai-je, mon ton tranchant comme une lame.
Sans un regard en arrière, je me jetai dans l’eau.
L’obscurité m’engloutit.

5
L’eau était glacée, chaque onde un étau qui m’écrasait, m’aspirait vers le fond.
Là-dessous, tout était silence et néant.
Un instant, la panique monta.
Mais un autre sentiment l’éclipsa : un étrange soulagement.
Je laissai mon corps se détendre, portée par les courants invisibles.
Peut-être que cette mer m’offrirait enfin la paix que ce monde brisé ne semblait pas capable de
me donner.
Peut-être que je…
Non.
Pas question.
Pas question de mourir ici.
Pas question de finir comme ces statues de requins, figées pour l’éternité dans
l’incompréhensible.
Je luttai, repoussant le froid, repoussant la tentation de sombrer.
Puis, je sentis un regard sur moi.

Spectateurs silencieux
Sur le pont, Big Mama observait la scène.
Immobile.
Son expression était indéchiffrable.
À ses côtés, ses créatures grotesques fixaient l’eau, les yeux vides d’émotion.
— Que va-t-on faire ? murmura Big Mama, d’un ton presque curieux.
Comme si j’étais un simple insecte sous une loupe.
L’une des créatures haussa les épaules.
— Laissons-la se débattre. Elle apprendra.
Son ton était détaché, comme si tout cela n’avait aucune importance.
Une autre voix, plus basse, plus sombre, résonna :
— Elle va mourir.

L’instant où tout bascula


Avant que je ne puisse réagir, une force invisible m’arracha à l’eau.
Un choc brutal.
Je fus propulsée hors des vagues, projetée dans les airs comme une marionnette sans fil.
Je flottai un instant, suspendue entre ciel et mer, comme si le monde entier retenait son souffle.
Puis…
Le sol heurta mon dos.
Je roulai sur le bois du pont, trempée, suffocante.
Mon cœur battait furieusement.
Je toussai, crachant l’eau salée.
Quand je relevai la tête, il était là.
Mike.
Ses bras m’avaient rattrapée, et ma tête était contre son épaule.
Son manteau sentait le cuir et l’orage.
L’espace d’un instant, je ne bougeai pas.
Il me regardait, ses yeux brillants d’une lueur que je ne parvenais pas à déchiffrer.
Comme s’il savait quelque chose que j’ignorais encore.

Duel verbal
— Tu n’aurais pas pu me sauver avant ? lançai-je, la voix mordante.
Il haussa les épaules, impassible.
— Tu as dit que tu pouvais te débrouiller.
Un sourire en coin, insupportable.
— Alors je t’ai laissée faire.
Il marqua une pause.
— De quoi tu te plains ?

5
Je le fixai.
L’eau ruisselait sur ma peau, gelée.
La colère brûlait en moi.
— Tu es un imbécile.
Mes doigts se crispèrent sur le tissu détrempé de sa veste.
— Un misérable.
Son sourire s’agrandit, froid, amusé.
— J’accepte le compliment avec plaisir, ma belle.
Puis, son ton se fit plus sérieux :
— Mais pour l’instant, tu restes sur ce bateau. D’accord ?
Je pris une inspiration brûlante de frustration.
Puis, d’un ton acerbe :
— Bien sûr. Bien sûr.
Je me redressai légèrement, le défi dans le regard.
— Mais dis-moi ton nom, au moins.
— Pourquoi ?
— Parce que tu me sauves à chaque fois. Et je suis censée ignorer comment tu t’appelles ?
Il me fixa un instant.
Un éclair d’hésitation traversa son regard.
Puis, dans un soupir las :
— Mike.
Je répétai lentement :
— Mike…
J’attendis un instant.
Puis, d’un ton délibérément léger :
— C’est un joli prénom.
Il leva les yeux au ciel.
— Ça va, le romantisme ?
Je haussai les épaules, un sourire moqueur aux lèvres.
— J’ai juste complimenté ton prénom. Tu pourrais dire merci.
Il sembla à la fois agacé et amusé.
— Non. Pas de familiarité.
Son regard redevint dur.
— Je suis Mike. C’est tout.
Je pris un air faussement innocent.
— Ok, Mike.
Un silence.
Puis, sans prévenir :
— Le grand Mike.
Son œil tressaillit légèrement.
— Tu me fatigues déjà.
Je lui lançai un regard pensif, presque provocateur.
— Je me demande comment ta copine fait. Elle doit vraiment souffrir.
Il s’arrêta net.
Je vis une tension infime passer sur son visage.
— Je n’ai pas de copine.
Je feignis une surprise exagérée.
— Oh, vraiment ?
Un sourire taquin effleura mes lèvres.
— C’est fascinant.
Puis, plissant les yeux, légèrement moqueuse :
— Serait-ce… une malédiction, peut-être ?
Il détourna le regard.
Mais quelque chose avait changé dans son attitude.
Je le sentis.
Je ne savais pas encore quoi.

5
Mais il cachait quelque chose.
Sa voix, quand il parla à nouveau, était plus basse.
— Crois-moi, Amber…
Son regard se perdit un instant vers l’horizon.
— Quand on arrivera là où on doit aller…
Son ton était étrange.
Presque… mélancolique.
— Tu comprendras.
Un frisson me parcourut.
Je ne savais pas encore si je voulais comprendre.
Le Dîner des Ombres
Je fis un geste de la main, comme pour balayer ses paroles.
— Je n’ai pas besoin de tes prophéties, merci bien.
Mike ne répondit pas.
Mais une ombre bougea dans l’embrasure de la porte.
Big Mama.
Elle trônait là, imposante, massive, une montagne de tissu et d’autorité.
Ses yeux brillaient d’une intelligence indéchiffrable, et derrière elle, ses créatures silencieuses
attendaient, tenant des plateaux chargés de plats mystérieux.
L’odeur qui s’en dégageait était riche, épicée, mais il y avait quelque chose de troublant dans
ces effluves.
— Le dîner est servi.
Sa voix résonna dans l’air comme une cloche funéraire.

L’illusion du confort
Je n’avais pas faim.
Comment aurais-je pu l’être après tout ce chaos ?
Mais ce monde avait ses règles, et parfois, mieux valait suivre le courant.
Alors je pris place.
La chaleur de la pièce m’assaillit immédiatement, lourde, étouffante.
Les assiettes fumantes parsemaient la table, baignées dans une lumière tamisée qui me
semblait… trop parfaite.
Les créatures ne prêtaient guère attention à moi.
Mais Big Mama, elle…
Elle me fixait.
Ses yeux, perçants comme des lames, semblaient peser chaque battement de cil, chaque
respiration.
— D’habitude, elles sont plus turbulentes.
Sa voix était posée, presque pensive.
Puis, elle sourit.
— Mais toi, tu es… différente.
Sa phrase flotta un instant dans l’air, suspendue, pleine de sous-entendus inquiétants.
Un frisson glissa lentement le long de ma colonne vertébrale.

L’éclat de verre
Puis, sans prévenir, un bruit fendit le silence.
Un verre tomba.
L’éclat cristallin de la porcelaine qui se brise contre le sol résonna comme un coup de tonnerre.
Victor — c'était bien son nom, non ? — resta figé, horrifié, comme s’il venait de commettre un
crime irréparable.
Big Mama explosa.
Sa voix fendit l’air comme un fouet.
— Ne refais plus jamais ça !
Un frisson traversa toute la salle.
L’air lui-même sembla se figer.
La tension était devenue presque palpable, comme un fil prêt à céder sous la pression.

5
Le chaos était toléré, ici.
Mais il devait être contrôlé.
Le désordre n’avait pas sa place dans cet univers.
Elle se tourna brusquement vers moi.
— Comment vous mangez sur Terre, hein ?
Je levai les yeux vers elle, les défiants.
— Comme vous, je suppose. C’est pas si compliqué.
Un éclat d’amusement passa sur son visage.
Puis, lentement, elle sourit.

Un piège qui se referme


Son sourire était… étrange.
Presque tendre.
Comme une mère qui observe un enfant faire ses premiers pas.
— Oh, elle est timide, j’adore ça.
Elle tourna la tête vers Mike, sournoise.
— Bien plus sage que les autres que tu nous amènes.
Un frisson glacé remonta ma nuque.
Je me figeai.
Puis, lentement, je tournai la tête vers Mike.
Mon sourire était acide.
— Ah, donc tu ramènes d’autres filles ici ?
La phrase s’éleva dans l’air comme une menace invisible.
Le silence tomba brutalement.
Je vis les muscles de Mike se tendre.
Big Mama sirota sa boisson, observant la scène comme un spectacle.
Mike tenta de briser l’instant, mal à l’aise.
— Si on arrêtait de parler et qu’on mangeait, ce serait mieux.
Je penchai la tête, feignant l’innocence.
— Oh, bien sûr, on pourrait faire ça…
Mon regard plongea dans le sien.
— Mais j’ai l’impression que ce n’est pas vraiment ce que tu veux.
Son expression se referma.
L’atmosphère devint lourde.
Big Mama laissa échapper un soupir dramatique, balayant l’air d’un geste de la main.
— Ah, la nourriture n’est pas sacrée sur Terre ?
Elle adressa un sourire moqueur à Mike.
— Si, si, c’est sacré, répondis-je, mon ton faussement léger.
Les tensions s’apaisèrent.
Ou du moins, en apparence.
Le repas continua dans un semblant de tranquillité.
Mais dans mon esprit, la tempête faisait rage.
Qui étaient-ils vraiment ?
Pourquoi étais-je ici ?
Et surtout…
Comment allais-je en sortir ?

Un monde sans repères


Lorsque le repas prit fin, je m’éclipsai discrètement, mon esprit saturé de questions.
En sortant, je levai les yeux vers le ciel.
Là-haut, tout était noir.
Mais un noir étrange, presque artificiel.
Un ciel d’encre, alors que l’heure ne devait être que quinze heures.
Le temps ici n’avait aucun sens.
Ou peut-être que ce n’était pas moi qui étais faite pour ce temps-là.
Une brume étrange, entre le rêve et la réalité…

5
Une voix m’appelait, me tirant du sommeil avec l’insistance d’un vent hurlant. J’ouvris les
yeux et me retrouvai sur le pont d’un navire, la mer déchaînée autour de moi.
— Hé !
C'était Mike. Il criait mon nom, sa silhouette vacillant sous la tempête, les bourrasques de
vent arrachant ses paroles avant qu’elles ne m’atteignent.
Je voulus répondre, mais mes mots se perdirent dans le rugissement des vagues. Et soudain,
l’eau m’engloutit. Un tourbillon glacé m’aspira, m’entraîna dans un abîme sans fin. Mon
souffle me manqua, la pression écrasait ma poitrine…
Puis, je tombai.
Pas dans l’eau.
Dans le vide.
Le rire du vent résonna à mes oreilles. Une nouvelle aventure m’attendait.

Le château et la créature au chapeau blanc


Je suivis la silhouette au chapeau blanc à travers les couloirs sombres du château, mes pas
résonnant sur la pierre froide. Les murs semblaient se resserrer autour de nous, étouffants,
comme si l’endroit lui-même essayait de m’engloutir.
Aucune fenêtre. Aucune échappatoire.
Des torches vacillantes projetaient des ombres tremblantes sur les murs, créant d’étranges
formes qui disparaissaient dès que je tentais de les fixer. La créature marchait d’un pas
mesuré, presque irréel, sa silhouette flottant comme une illusion.
Je ne savais pas où elle m’emmenait, ni pourquoi.
Puis elle s’arrêta. Une porte massive se dressait devant nous, sculptée de motifs que je ne
reconnaissais pas. D’un geste fluide, elle l’ouvrit sans effort.
— Tu vas rester ici, dit-elle d’une voix sifflante. Tout est prêt pour toi.
J’hésitai. Derrière cette porte, un piège m’attendait peut-être. Mais avais-je le choix ?
La pièce qui se dévoila était froide et silencieuse. Une cheminée imposante trônait dans un
coin, mais elle était éteinte, recouverte de cendres blanches. Un fauteuil en cuir craquelé
reposait au centre, tourné vers une autre porte, plus massive encore, semblant garder un secret
plus ancien que le château lui-même.
— Il reviendra pour toi, ajouta la créature avant de disparaître dans l’ombre du couloir.
Le silence tomba, lourd comme une sentence.
Je posai mes affaires sur le fauteuil, tentant d’ignorer le frisson qui me parcourait l’échine.
Quelque chose n’allait pas. L’air sentait la poussière et le fer rouillé, un mélange qui me
rappelait une vieille cave abandonnée.
Puis, des pas.
Lents.
Réguliers.
Approchant.
Je me tournai juste à temps pour voir la porte s’ouvrir avec un grincement sinistre.
Un homme entra. Grand, drapé dans un manteau noir, une capuche couvrant la moitié de son
visage. Seuls ses yeux brillaient sous la lueur tremblotante des torches, d’un bleu si perçant
qu’ils semblaient transpercer le noir.
Il m’observa un instant, puis murmura d’une voix grave, comme un écho venu d’un autre
temps :
— Tu n’es pas d’ici.
Mon cœur manqua un battement.
Il s’avança lentement, effleurant du bout des doigts les étagères poussiéreuses, comme s’il
cherchait quelque chose. Puis, il s’arrêta devant la cheminée et tourna légèrement la tête vers
moi.

5
— Mike t’a envoyée, n’est-ce pas ?
Je n’eus pas besoin de répondre. Il savait déjà.
Un sourire à peine perceptible se dessina sur ses lèvres. Un sourire froid, dépourvu d’humour.
— Il ne t’a pas tout dit.
Mon souffle se suspendit.
— Personne ne dit jamais tout, continua-t-il, baissant légèrement la tête. Et crois-moi, parfois,
c’est mieux ainsi.
Il fit un pas en arrière et posa la main sur la porte derrière lui.
— Viens. C’est là que tout commence.
Le Château aux Ombres
Je n’avais pas le choix. Ce château me tenait, et j’avais l’impression d’être une mouche prise
dans une toile invisible. Son silence n’était pas vide, il était chargé de quelque chose d’inconnu,
quelque chose qui m’épiait.
Mon cœur battait un rythme effréné alors que je franchissais la porte.
La créature au chapeau blanc avançait d’un pas souple et silencieux, comme si ses pieds ne
touchaient jamais vraiment le sol. Je la suivis à travers un labyrinthe de couloirs, chaque virage
me plongeant un peu plus dans l’inconnu. L’air était épais, saturé de poussière et d’un parfum
métallique indéfinissable.
Quelque chose n’allait pas.
L’impression d’être observée grandissait à chaque pas. Les ombres autour de nous bougeaient
à peine, mais elles bougeaient.
— « Des millénaires, tu dis ? » murmurais-je, en tentant de ne pas laisser transparaître mon
inquiétude.
La créature ne s’arrêta même pas.
— « Oui. Ce château a vu plus d’années que tu n’en compteras jamais. Et ses habitants… »
Elle laissa planer un silence, comme si elle choisissait ses mots avec soin.
— « … disons qu’ils ne sont pas pressés de partir. »
J’ouvris la bouche, mais avant que je ne puisse poser la moindre question, elle s’était volatilisée
dans l’ombre, me laissant seule devant une porte entrouverte.
Je jetai un regard autour de moi. Mauvaise idée. Quelque chose dans le couloir me regardait
aussi.
J’entrai sans réfléchir.
L’air dans la pièce était différent. Plus dense. Il y avait une cheminée éteinte, un fauteuil de cuir
usé et des rideaux trop lourds pour être déplacés par le vent. Pourtant, ils ondulaient
légèrement.
Un bruit.
Je me retournai.
Une silhouette venait d’apparaître.
C’était une petite fille, pas plus haute que ma taille, avec une robe à volants et des lunettes trop
grandes qui glissaient sur son nez.
Elle me fixa un instant, puis éclata d’un rire cristallin.
— « Oh ! Une nouvelle colocataire ! » s’exclama-t-elle en écartant les bras, comme si elle allait
me sauter au cou. « Je suis Vicky, enchantée ! »
Avant que je ne puisse reculer, elle se jeta contre moi dans un élan d’enthousiasme qui me fit
vaciller.
— « Tu es plus grande que je ne l’imaginais, mais c’est bien aussi ! »
— « Plus grande que quoi ? » demandai-je, tentant de masquer mon malaise.
— « Oh, rien… » fit-elle en secouant la tête, son sourire s’élargissant. « J’ai attendu si longtemps !
Des siècles ! »
Mon estomac se noua.
Elle plaisantait, n’est-ce pas ?
— « Des… siècles ? »
Elle haussa les épaules, insouciante.
— « Oh, ce n’est pas si long que ça, tu sais. On s’habitue. Tout ici a sa place. Même si au début,
c’est un peu… bizarre. »

5
Elle rit.
Un rire légèrement trop aigu, légèrement trop mécanique.
— « Ça a l’air… charmant, » dis-je, tentant d’avaler mon trouble.
Ses yeux brillaient, noirs et insondables.
Je regrettai instantanément d’avoir posé la question.
Puis la porte s’ouvrit dans un long grincement.
Je sursautai violemment.
Une silhouette entra. Drapée dans un manteau rouge sombre, elle portait un plateau chargé de
plats qui ressemblaient à un festin de roi… ou à un cauchemar.
— « Ah, c’est l’heure du dîner ! » annonça joyeusement Vicky en me tirant par le bras. « Viens,
viens, avant qu’ils ne commencent sans nous ! »
Je me laissai entraîner, sentant mes chances de survie diminuer drastiquement.
Le Festin des Ombres
La salle à manger était immense. Une table interminable serpentait à travers la pièce, chargée
de plats somptueux.
Mais quelque chose clochait.
Les fruits étaient trop brillants. Les viandes trop parfaitement découpées. Tout était beau, oui,
mais d’une beauté factice, comme un décor de théâtre.
Et puis, il y avait les convives.
Ils souriaient.
Tous.
Mais pas d’un sourire chaleureux.
Plutôt d’un sourire figé, trop poli, trop mécanique, comme des poupées bien élevées.
Un homme vêtu de velours sombre leva son verre en ma direction.
— « À notre nouvelle invitée ! » déclara-t-il d’une voix doucereuse.
Tous les autres levèrent leurs coupes en silence, sans me quitter des yeux.
Je déglutis.
— « Alors, une nouvelle arrivée ! » lança une femme au chapeau noir en se levant, un sourire
élégant mais glacial aux lèvres.
Elle me fixa avec une intensité troublante.
— « Vous vous êtes bien intégrée, je vois. Mais tout cela… »
Elle pencha légèrement la tête, comme pour mieux me sonder.
— « …ce n’est que le début. »
Un silence pesant s’installa.
Vicky, elle, s’agitait sur sa chaise, visiblement ravie.
— « Oui, oui ! C’est comme une danse ! On s’habitue et, un jour… »
Elle tapa dans ses mains, excitée.
— « …on ne peut plus s’en passer. »
Le frisson qui me parcourut cette fois n’avait rien à voir avec la température ambiante.
Je jetai un regard autour de moi.
Tous ces visages souriants.
Tous ces yeux rivés sur moi.
Et si je n’arrivais jamais à partir ?
Le Château aux Murmures
Un bruit sec, métallique, fendit l’air comme une épée invisible.
Les portraits sur les murs frémirent. Lentement au début, comme s’ils s’éveillaient d’un long
sommeil. Puis plus vite, avec une agitation frénétique. Leurs yeux s’écarquillèrent, se fixèrent
sur nous, perçants, inquisiteurs.
Et je les entendis.
Des chuchotements. Un bruissement de voix, indistinct, insaisissable. Mais mon esprit refusa
d’entendre. Ce n’était rien. Ça devait être rien.
La femme au chapeau noir se tourna lentement vers moi, son sourire s’étirant comme une
ombre qui s’allonge au crépuscule.
— « Ne t’inquiète pas, ma chère. » Sa voix était douce, presque apaisante. Presque.
Elle s’approcha d’un pas mesuré, la lumière vacillante des chandeliers dessinant des reflets
mouvants sur son visage.

5
— « C’est simplement la tradition. Rien de plus. »
Je déglutis, mon cœur cognant contre ma poitrine comme un animal paniqué cherchant une
issue. Je savais qu’elle mentait. Et ce qui me terrifiait le plus, c’est que tout le monde ici le
savait aussi.

Le Piège
Le silence retomba sur la salle comme une chape de plomb. Chaque respiration, chaque
cliquetis de couverts semblait peser une tonne.
Tous les regards étaient braqués sur moi.
Tous.
Comme si, à chaque seconde qui passait, je m’enfonçais un peu plus dans un piège invisible.
Un homme en bout de table rompit le silence.
— « Alors, Amber ? Comment trouves-tu le dîner ? »
Un silence étouffant précéda ma réponse.
— « Il est… délicieux. »
Le mot sortit, fragile, tremblant. Je l’entendis moi-même vaciller sous le poids de ma peur.
Je voulais fuir. Quitter cette table, ce château. Partir loin, loin de ces sourires figés et de ces
yeux qui en savaient bien plus que moi.
Mais où ?
Quand la mer encerclait le château comme une bête affamée ? Quand les portes ne s’ouvraient
jamais pour les âmes égarées ?
Je pris une décision impulsive. Je me levai.
— « Je crois que je vais monter. »
Les visages autour de moi restèrent figés.
Tous sauf un.
Mike.
Il se leva à son tour.
Son expression n’avait pas changé. Mais ses yeux…
Une lueur les habitait. Une lueur que je reconnaissais, qui me glaça le sang.
— « Ne sors pas la nuit. »
Sa voix était calme. Trop calme.
— « Ça peut être dangereux. »
Je croisai son regard, une étrange sensation montant en moi.
Ce n’était pas une simple mise en garde.
C’était un avertissement.
Ils savaient.
Il savait.
Que c’était trop tard. Que l’heure de vérité était arrivée.
Et que cette vérité… était bien pire que tout ce que j’avais pu imaginer.
Un frisson me parcourut l’échine.
Une voix, douce et terrifiante à la fois, sembla s’infiltrer directement dans mon esprit.
« La nuit t’appartient, Amber. Et Clirk Dark aussi. »
Je serrai les poings.
— « Dangereux ? » Je me forçai à sourire, mais mon cœur battait à tout rompre. « Plus que
l’ignorance ? Je n’y crois pas. »
Mike murmura, sa voix aussi froide et tranchante qu’une lame de verre.
— « Je t’ai dit de ne pas sortir. Cette nuit, tu restes ici. Point final. »
Puis, avant que je ne comprenne ce qui se passait, il attrapa mon poignet.
Son emprise était glaciale. Implacable. Une force invisible me cloua sur place, comme si l’air lui-
même s’était allié à lui.
— « Ne me touche pas ainsi. » Ma voix s’éleva, plus fébrile que je ne l’aurais voulu. « Tu te prends
pour qui ? »
Il ne broncha pas.
Puis, brusquement, il me relâcha.
Je titubai, rattrapant de justesse le rebord du lit.
Il me fixait, son regard devenu un abîme insondable.

5
— « Dors. Sois prête. Demain, une mission t’attend. »
— « Une mission ? » répétai-je, sentant ma gorge se nouer.
Mais il ne répondit pas.
Il s’éclipsa sans un mot de plus, claquant la porte derrière lui.

Les Ombres du Sommeil


Seule.
La chambre était immense, mais je m’y sentais oppressée. Les murs semblaient se rapprocher.
L’air était plus dense, plus lourd.
J’attrapai les draps, me forçant à calmer les tremblements qui agitaient mes mains.
Dormir.
Il fallait dormir.
Mais alors que mes paupières se fermaient, je fus happée par un cauchemar.
— « Eh, paresseuse, lève-toi ! »
Je grognai, la tête enfoncée dans l’oreiller.
Une voix familière.
Je la connaissais.
— « Il est midi passé. »
Mon corps se raidit.
C’était ma mère.
Mais elle ne devait pas être là.
Je me redressai d’un bond, le cœur tambourinant contre mes côtes.
Elle était là, devant moi.
Souriante.
Comme si tout était normal.
Comme si ce château, cette nuit, cette peur… n’avaient jamais existé.
— « Je dois préparer le dîner ! » lançai-je, sans comprendre pourquoi.
Ma mère rit doucement, puis me lança un coussin.
Un jeu. Un moment innocent.
— « On va plutôt au parc, non ? »
Sa voix était chaude, réconfortante.
Mais quelque chose n’allait pas.
Tout était trop parfait.
— « Non, maman. Pas au parc. »
Elle haussa les épaules, insouciante.
— « Le parc est le meilleur endroit pour se distraire. »
Les mots résonnèrent étrangement.
Je reculai.
Puis le monde bascula.
La pièce s’effaça, avalée par une force invisible.
Ma mère et Bradley chutèrent dans l’éther.
— « Non ! »
Je me précipitai.
Mais ils n’étaient plus que des silhouettes floues, suspendues dans le vide.
Leurs yeux, autrefois pleins de vie, étaient vides.
Je criai leurs noms.
Silence.
Puis des voix.
Murmurantes. Traînantes.
Elles m’appelaient.
Je courus vers la porte, tentant d’échapper à cet enfer.
Ma main se referma sur la poignée.
Glacée.
Je la tournais.
Mais tout était flou.
Derrière moi, les créatures étaient là.

5
L’Héritage des Ombres
Le silence était devenu une présence, lourde et oppressante. L’air vibrait sous une force
invisible, une tension si palpable que je sentais ma peau picoter.
Puis, comme un signal funeste, tous levèrent leur coupe en un geste lent et synchronisé.
Une prière silencieuse.
Un serment qu’ils semblaient seuls à comprendre.
Et, soudain, le monde suspendit son souffle.
Comme si cet instant précis marquait le début d’un événement inéluctable.
Un éclat métallique attira mon regard. Autour du cou de Mike, un badge de fer luisait d’une
lumière pâle et inquiétante. Je frissonnai. Il ne sembla pas le remarquer. Ses yeux étaient vides,
comme s’il avait cessé d’être lui-même, déjà absorbé par une nouvelle identité dont il ignorait
encore la véritable nature.
Alors, les voix s’élevèrent, à l’unisson.
— « Tu es désormais le gardien légal d’Amber. »
Les mots se répercutèrent comme un écho ancien, une incantation tissée d’ombre et de destin.
Un souffle glacé parcourut la pièce.
Une énergie subtile, insidieuse, s’infiltra dans l’air, se faufila dans les yeux de Mike, le
transperça, l’habita. Il ne cligna même pas. Un sort venait de s’enrouler autour de lui, invisible,
indélébile.
La pièce sembla se resserrer.
L’air se fit plus lourd, plus dense.
Mike pivota lentement vers moi.
— « Viens. »
Un ordre. Sans discussion possible.
Je le suivis, incapable de faire autrement.

Le Passage Interdit
Nous traversâmes les couloirs du château en silence, mes pas se calquant instinctivement sur
les siens.
Chaque corridor semblait identique au précédent. Pourtant, j’étais certaine que nous
descendions. Toujours plus bas.
Enfin, nous débouchâmes sur la cour extérieure.
Un vent glacé fouetta mon visage.
Le ciel au-dessus de nous était d’un noir absolu. Il n’y avait pas d’étoiles. Pas de lune. Rien
d’autre que ce vide insondable, comme si la nuit avait englouti le monde.
La seule source de lumière provenait d’une lampe tremblotante dans la main de Mike.
Elle vacillait. Fragile. Comme si elle pouvait s’éteindre à tout instant et nous plonger dans une
obscurité dont nous ne pourrions jamais ressortir.
Il posa une couverture sur le sol.
— « Prends-la. »
Sa voix était calme, trop calme, et je ne pus m’empêcher de lui obéir.
Devant nous se dressait une porte immense, rongée par le temps. Mike frappa trois fois.
Un battement.
Puis un autre.
À la troisième frappe, une lumière surnaturelle explosa sur le bois.
La porte ne s’ouvrit pas.
Elle se dissipa.
Comme si elle n’avait jamais existé.
Derrière elle, un tunnel béant s’étendait, noir et infini.
Mike fit un pas en avant.
Puis il se tourna vers moi.
— « Entre. »

La Chute
L’obscurité m’engloutit.

5
L’air était lourd, saturé d’un silence trop profond. Chaque pas résonnait bizarrement, comme s’il
n’avait pas d’écho. Comme si ce tunnel ne suivait aucune des règles du monde réel.
Puis, sans prévenir, le sol disparut sous moi.
Un gouffre s’ouvrit brutalement, avalant toute lumière.
Le vent s’engouffra dans la chute, hurlant comme une créature affamée.
Je hurlai.
Puis…
Un choc brutal.
Un sol froid sous mon dos.
J’haletai, tentant de reprendre mon souffle. Une brume bleuâtre flottait autour de moi, projetant
des lueurs étranges sur les murs. Ils semblaient faits d’une matière vivante, pulsante, comme
imprégnés d’étoiles éteintes.
Mike se releva en un mouvement fluide.
Il balaya la pièce du regard, insensible, comme si ce genre d’événement lui arrivait tous les
jours.
— « Où sommes-nous ? » soufflai-je.
Il ne prit même pas la peine de me regarder.
— « Dans la salle secrète de la Boule. »
Je fronçai les sourcils.
— « Pardon ? »
Mais je n’eus pas le temps d’exiger plus d’explications.
Car au centre de la pièce, suspendu dans le vide, un objet pulsait d’une lumière spectrale.
Et en le voyant, je sus que rien ne serait plus jamais comme avant.
Une sphère parfaite flottait dans l’air, suspendue comme une étoile captive.
Elle émettait une lumière douce et hypnotisante, pulsant lentement, presque vivante. Une aura
d’anciennes connaissances et de secrets enfouis l’entourait, comme si elle murmurait des
vérités oubliées à quiconque osait s’en approcher.
Je m’agenouillai, remarquant un vieux journal posé sur le sol. Le cuir de sa couverture était
craquelé, les pages jaunies et griffonnées d’une écriture hâtive. Une odeur de papier moisi et
de cendre s’en dégageait. Un frisson glissa le long de ma colonne vertébrale alors que mes
doigts tremblaient en le ramassant.
— C’est quoi, ça ?
Mike, à quelques pas de moi, resta silencieux un instant. Puis, d’un ton grave, il répondit :
— Lis.
Je dépliai le journal avec précaution. Les lignes tremblantes racontaient une histoire qui me
glaça le sang : celle d’un enfant orphelin, un gardien avant moi. Ses parents avaient été
engloutis par un cercle de ténèbres, victimes d’une organisation secrète pratiquant des rites
maudits. Un destin tissé de douleur et de vengeance.
Mon regard se leva lentement vers Mike, cherchant une réponse, un démenti, n’importe quoi.
— Il fut un temps où quelqu’un devait protéger cette sphère, murmura-t-il. Maintenant,
c’est toi.
Mon cœur se serra dans ma poitrine.
— Moi ? Ma voix trembla malgré moi. Mais pourquoi moi ? Je ne sais rien de tout ça !
Mike me scruta avec intensité, son expression indéchiffrable.
— Parce que tu n’as pas le choix, Amber.
L’air devint plus lourd autour de moi.
— Et si je refuse ? soufflai-je, la gorge serrée.
Mike inspira profondément, comme s’il s’attendait à ma question.
— Alors ils reviendront. Ceux qui ont pris la vie de ton frère.
Je sentis mon sang se glacer.
— Mon… frère ?
— Bradley était le gardien de cette clé, Amber.

5
La pièce sembla vaciller autour de moi. Un battement sourd résonna dans mes tempes. Non.
C’était impossible.
— Non…
Mais Mike ne détourna pas les yeux.
— Il a tout fait pour te protéger. Mais maintenant, c’est à toi.
Le monde bascula. Mon frère. Mon frère avait vécu avec cette horreur toute sa vie ? Est-ce
pour cela qu’il avait disparu cette nuit-là sans un mot ? Mon estomac se noua à cette pensée,
une vague de vertige m’envahit.
Je baissai les yeux vers la sphère. Son éclat pulsait doucement, apaisant, comme si elle
m’appelait.
Un choix se dressait devant moi : fuir et prétendre que tout cela n’était qu’un cauchemar… ou
accepter la vérité.
Mes doigts, froids comme la pierre, se tendirent vers elle. Dès que je l’effleurai, une chaleur
brutale m’envahit, me traversant comme une déferlante. Mes veines semblèrent s’embraser.
Et à cet instant, je sus.
Je n’avais plus le choix.
J’étais la Gardienne.
— Parce qu’il n’y avait pas de temps, Amber.
Mike marqua une pause, comme s’il pesait le poids de ses propres mots.
— Et parce que tout cela doit rester secret.
Un frisson glacé me parcourut l’échine. Mes poings se serrèrent, mes ongles s’enfonçant dans
la paume de mes mains.
— Quel secret ? crachai-je, la colère montant en moi comme une vague incontrôlable.
Mike ne cilla pas.
— Ce que tu es. Ce que tu portes en toi. Personne ne doit le savoir.
L’air se figea.
— Tu n’es pas seule, poursuivit-il. D’autres, comme toi, ont dû abandonner leur vie pour
protéger ce monde. Vous êtes les Élus. Ceux dont le destin s’est forgé dans l’ombre.
Ses mots tombèrent comme un couperet. Je suffoquai, incapable de les absorber.
— Tu es sans cœur, articulai-je, tremblante. Tu parles de tout ça avec une froideur…
Ma voix se brisa.
— Tu m’as volé ma vie. Ma famille. Je levai les yeux vers lui, brûlants de larmes refoulées.
Et tu veux que j’accepte ça ?
Mike poussa un long soupir. Un éclair d’hésitation traversa furtivement son regard, une faille
imperceptible dans son masque d’impassibilité.
— Ce n’est pas juste, admit-il enfin. Mais c’est ainsi.
Le silence qui s’abattit entre nous était plus glaçant que ses paroles.
Puis, sans prévenir, je fis un pas en arrière.
— Je veux sortir.
Il ne tenta pas de m’arrêter.
Je me mis à courir, mes pas résonnant contre la pierre froide du château. Les couloirs
semblaient s’étirer à l’infini, oppressants, labyrinthiques. Chaque ombre menaçait de
m’engloutir, chaque tableau aux regards fixes paraissait me juger en silence.
Dehors, le tonnerre gronda, faisant trembler les vitraux.
Ma chambre. J’atteignis enfin ma chambre et claquai la porte derrière moi.
Puis, comme si mes jambes ne me portaient plus, je m’effondrai sur le sol.
Tout était faux.
Tout ce que je croyais connaître n’était qu’un mensonge soigneusement tissé.
Et maintenant… j’étais seule.
La porte s’ouvrit brusquement.

5
Vicky entra sans un mot, mais ses mains se posèrent aussitôt sur mes épaules, m’ancrant dans
la réalité, m’empêchant de sombrer dans le chaos de mes pensées.
— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle doucement.
Son regard brillait d’une inquiétude sincère, et son parfum—mélange de vanille et de pluie
d’été—m’apporta un instant de répit.
Je fermai les yeux, m’accrochant à cette chaleur rassurante.
— Mike m’a tout dit.
Ma voix n’était qu’un murmure brisé.
— Ce que je suis… ce que je dois faire.
Elle ne répondit pas tout de suite. Ses doigts se crispèrent légèrement sur mes bras, comme si
elle voulait me protéger d’un danger invisible.
— Je sais, murmura-t-elle finalement.
Je relevai la tête, la douleur nouée au fond de ma gorge.
— Tu… sais ?
Avant qu’elle ne puisse répondre, une voix glaciale brisa le silence.
— Mais il faut que tu t’y fasses.
La dame au chapeau était là.
Immobile, sa silhouette se découpait dans l’ombre du couloir. Son regard perçait l’air comme
une lame effilée, et l’aura qu’elle dégageait fit naître un frisson le long de ma colonne
vertébrale.
Les mots tombèrent, froids et implacables.
— Tu n’as pas le choix.
Ma gorge se serra. Le poids de ses paroles s’abattit sur moi comme une chape de plomb.
Il faut que tu t’y fasses.
Mais je n’étais pas prête.
Pas encore.
Sans réfléchir, mes jambes se mirent en mouvement.
Je traversai la pièce comme un spectre, la rage bouillonnant en moi. Mon corps savait ce que
mon esprit refusait encore d’accepter.
Je courus.
Sans but.
Sans réfléchir.
Mon souffle saccadé, mes pieds frappant le sol froid, je me ruai jusqu’à ma chambre, claquant
la porte derrière moi avec une force qui fit gronder la serrure.
La clé tomba sur le sol.
Puis le silence.
Un silence trop pesant. Trop profond.
Le genre de silence qui précède la tempête.
Chapitre : Le Serment de la Gardienne
Je laissai les pensées déferler en moi, sans entrave.
La perte de mon frère.
La douleur indescriptible de son absence, un gouffre qui menaçait de m’engloutir.
Et puis… la colère.
Brûlante. Dévorante.
Elle s’infiltrait en moi comme un poison, consumant chaque parcelle de doute, de tristesse, de
peur.
Un frisson courut le long de mon échine, mais ce n’était pas de la crainte.
C’était la certitude d’un chemin dont je ne pouvais plus me détourner.
— Je vais me venger.
Les mots s’échappèrent de mes lèvres avant que je ne les formule réellement, mais une fois
prononcés, ils devinrent absolus.
Ceux qui avaient pris ce qui m’était cher… je les retrouverai. Je les détruirai.

5
Les heures s’étirèrent, chaque battement de cœur marquant un pas de plus vers ma décision.
Lorsque j’ouvris enfin la porte de ma chambre, l’air semblait s’être épaissi.
Les couloirs du château me parurent plus sombres, les torches jetant des ombres vacillantes sur
la pierre.
Dans la salle principale, un groupe de personnes m’attendait.
Mike était là, bien sûr, adossé à un pilier, l’air pensif. Katherine et Victor se tenaient non loin, et
Paty, les bras croisés, lançait des regards anxieux à tout le monde, comme si elle s’attendait à
une explosion imminente.
Un homme plus âgé, un certain Gareth, s’avança. Son visage marqué par les années affichait un
mélange d’inquiétude et d’autorité.
— Mademoiselle Amber, nous avons eu peur pour vous, déclara-t-il, sa voix légèrement
tremblante. Nous avons tenté d’ouvrir votre porte…
— Avec un couteau à beurre, précisa Victor dans un murmure.
Katherine lui asséna un coup de coude discret, mais il haussa les épaules comme pour dire :
Quoi ? C’est vrai.
Je les regardai tous un à un, et quelque chose en moi se solidifia.
Je n’étais plus la même Amber.
— Ça va plus que bien.
Ma voix était froide, résolue.
Je sentis le silence peser sur la pièce.
— Je vais rester.
Un léger soulagement passa sur leurs visages.
— Mais pas pour ce que vous espérez.
Le soulagement s’évanouit aussitôt.
— Je veux me venger de ceux qui ont tué mon frère.
Paty pâlit. Victor se figea. Katherine déglutit.
Mike, lui, ne réagit pas.
— Mais après ça… J’inspirai profondément. Je partirai. Et vous ne pourrez rien y changer.
Gareth ouvrit la bouche comme pour protester, puis la referma, hésitant.
Un autre, plus nerveux, s’avança. Son nom m’échappait, mais ses yeux, eux, trahissaient la peur.
— Mais la clé… Il humecta ses lèvres. Elle doit être protégée.
Mes mots fusèrent sans la moindre hésitation.
— Sinon, je ne garde aucune clé.
Un silence lourd, presque assourdissant, s’abattit sur la salle.
Les créatures – ces êtres qui avaient l’air de toujours savoir tout avant moi – semblaient figées.
Puis un murmure s’éleva, s’étira, se propagea.
Ils savaient.
Ils avaient compris.
Et moi, je leur tournais le dos.
Prête à avancer dans un monde où je n’avais plus rien à perdre.

La Cour d’Argent
La mer, calme et profonde, s’étendait à l’horizon, baignée d’une lumière argentée.
Chaque brise nocturne murmurait des secrets anciens.
Je passai une main sur mon visage. Bradley… un gardien.
La révélation tournait en boucle dans mon esprit, chaque pièce du puzzle s’imbriquant
lentement.
J’avais vécu dans un mensonge.
Un mensonge soigneusement construit autour de moi, me cachant une vérité trop lourde à
porter.
Et maintenant, il était trop tard pour reculer.
Mes pas me guidèrent vers la cour du château.
C’est alors que je les vis.
Trois garçons, vêtus de noir, faisaient face à trois jeunes filles.
Leurs regards se croisaient dans un silence d’une rare intensité.
Le garçon à droite, grand, d’une prestance presque royale, murmurait quelque chose.

5
Son ton était feutré, mystérieux, mais ses mots semblaient porteurs d’un pouvoir invisible.
Puis, d’un simple geste, il fit signe à la fille en face de lui de se retourner.
L’air sembla vibrer.
Un frisson parcourut l’espace, comme si une vague d’énergie venait de se lever, invisible et
pourtant tangible.
La jeune fille ferma les yeux et tendit les mains.
Des étincelles jaillirent de ses paumes.
Une lumière argentée dériva lentement vers le mur, et soudain…
Des crapauds commencèrent à apparaître.
Sortis de nulle part, ils descendirent des pierres lentement, leurs yeux luisant dans l’obscurité.
Les filles reculèrent en sursaut.
— Oh, pour l’amour de… gémit l’une d’elles, les mains crispées sur sa robe.
Mais avant que la panique ne s’installe, le garçon leva la main.
Aussitôt, les crapauds s’évaporèrent dans un souffle d’énergie.
Comme s’ils n’avaient jamais existé.
Le silence tomba sur le groupe.
Puis, le garçon parla.
— Ne soyez pas effrayées, dit-il calmement.
Sa voix avait la douceur d’un murmure d’océan après une tempête.
L’une des filles, encore tremblante, chuchota :
— Comment ne pas avoir peur, quand des crapauds vous tombent dessus ?
Un sourire en coin apparut sur les lèvres du garçon.
— La peur est une illusion.
Il croisa les bras et les observa un instant, avant d’ajouter :
— Retenez cet exercice. C’est ici que commence la maîtrise.

Je les regardai, fascinée.


Ces garçons. Ces filles.
Ils avaient grandi dans un monde où la magie était une certitude.
Où l’inexplicable était une leçon à apprendre.
Mais moi…
Moi, je devais apprendre à survivre.
Et la magie, je le savais désormais, était une arme.
Une arme dont j’aurais bientôt besoin.
Chapitre : La Maison des Creeks
Je restai là, fascinée, observant cette scène étrange, presque irréelle. La magie flottait dans l’air
comme une brume invisible, imprégnant chaque pierre du château.
Puis, soudainement, une silhouette s’approcha de moi.
C’était une fille, plus grande que moi, au teint doré par le soleil et aux yeux verts scintillants
comme une mer agitée. Son sourire était chaleureux, sincère, et contrastait avec l’atmosphère
oppressante de ce lieu.
— Salut, je m’appelle Mia.
Sa voix était douce, mais ferme, emplie de cette assurance naturelle des gens qui ont trouvé
leur place dans le monde.
— Tu es nouvelle, n’est-ce pas ? ajouta-t-elle, avec une simplicité désarmante.
Je la regardai, surprise par sa spontanéité.
— Oui.
Le mot m’échappa, presque hésitant.
Mia inclina légèrement la tête, comme si elle me jaugeait, puis afficha un sourire complice.
— J’habite dans l’autre loge, avec Elena. Elle fit un geste vague vers une fille brune qui discutait
avec l’un des garçons. Et toi ?
— Avec Vicky, répondis-je, encore un peu perdue dans cette nouvelle réalité.
Mia sourit plus largement.
— Oh, Vicky ! Tu as de la chance. C’est un vrai rayon de soleil… Bon, un rayon de soleil un peu
sarcastique, mais quand même.

5
Son ton amical fit naître un semblant de chaleur en moi. Un sentiment que je n’avais pas
ressenti depuis longtemps.
— Tu verras, on finit par s’habituer, reprit-elle en observant le ciel au-dessus de nous. Au début,
c’est dur. On regrette notre ancienne vie, on se sent coincés ici… Mais les garçons sont là pour
nous guider. Ils sont parfois insupportables, mais ils sont sympas.
Un léger sourire m’échappa.
— Et toi, comment es-tu arrivée ici ? demandai-je, incapable de masquer la curiosité dans ma
voix.
Mia soupira, et son expression changea. Son insouciance disparut l’espace d’un instant.
— J’ai été témoin d’un meurtre.
Mon estomac se noua.
— Un meurtre… ?
Elle hocha la tête.
— Ils étaient en noir. Je ne sais toujours pas qui ils étaient, mais… je me souviens de leurs voix,
de leurs masques. Et puis, après… on m’a amenée ici. Pour garder la clé.
Un frisson me parcourut.
Je ne savais pas pourquoi, mais en l’écoutant, je sentis que nous partagions plus qu’un simple
destin. Nous partagions une douleur.
— Et ici, vous faites quoi exactement ? murmurai-je, la gorge serrée par le poids de mon propre
fardeau.
Mia réfléchit un instant, son regard se perdant sur les tours du château.
— On garde ce que d’autres ne peuvent pas protéger, finit-elle par dire. On apprend à maîtriser
ce qu’on a en nous. On nous prépare à ce qui pourrait arriver. À ce que toi, tu devras affronter.
Ses yeux croisèrent les miens. Il y avait dans son regard une forme de résignation, mais aussi
une acceptation paisible.
— Tu sais, Amber…
Elle hésita, puis haussa légèrement les épaules.
— On ne choisit pas cette vie. Mais à un moment donné… il faut l’accepter.
Elle fit un signe de la main, m’invitant à la suivre. Sans réfléchir, je la rejoignis.
Un silence s’installa entre nous, mais il n’était pas pesant. C’était un silence de compréhension
tacite, celui de deux âmes qui savaient qu’elles partageaient un même fardeau.
Nous avançâmes dans les couloirs du château, nos pas résonnant sur les pierres usées par le
temps. Les murs semblaient presque respirer, comme s’ils renfermaient des souvenirs d’un
passé oublié.
Au bout du corridor, une porte était entrouverte. Mia posa la main dessus et me lança un regard
complice avant de l’ouvrir complètement.
Derrière, une pièce étrange s’étendait devant nous.
Quatre maisons blanches, petites et simples, se dressaient en cercle au centre de la salle.
Elles étaient surmontées de chapeaux de formes différentes, faits de matériaux que je ne
pouvais pas identifier.
Une lumière douce émanait des murs, créant une atmosphère à la fois sereine et solennelle.
— Voici la maison des Creeks, expliqua Mia en désignant les bâtisses. C’est ici que vivent ceux
qui vous guideront. Ceux qui vous aideront à comprendre votre place dans ce monde.
Je m’approchai, fascinée.
Les maisons paraissaient trop petites pour abriter quelqu’un, mais elles dégageaient une aura
particulière, presque hypnotique.
Un souffle invisible semblait s’en échapper, me donnant l’impression qu’elles murmuraient des
secrets anciens.
— Et Mike, lui ? demandai-je.
Mia haussa un sourcil.
— Mike ? C’est un cas particulier.
Elle croisa les bras, amusée.
— Il est là pour nous protéger, mais il ne nous dira jamais quoi faire. Il nous regarde trébucher,
galérer, nous relever… et il attend.
— Attendre quoi ?
— Que nous fassions nos propres choix.

5
Ses mots résonnèrent en moi.
Faire ses propres choix.
J’avais toujours eu l’impression qu’on m’imposait mon destin.
Et si c’était à moi de le prendre en main ?
Un frisson parcourut ma peau.
— Et toi, tu en es où avec tes pouvoirs ? demandai-je, la gorge serrée.
Mia sourit, mais cette fois, il y avait une lueur de mystère dans ses yeux.
— On apprend à comprendre ce dont on est capable.
Elle se pencha légèrement vers moi et ajouta à voix basse :
— Mais le plus dur, ce n’est pas d’apprendre à les utiliser…
Elle marqua une pause.
— C’est d’apprendre à s’en méfier.
Avant que je ne puisse répondre, un bruit derrière moi me fit sursauter.
Une voix grave s’éleva dans l’encadrement de la porte.
— Et qu’est-ce qu’on a là ?
Un homme venait d’apparaître.
Il portait un long manteau sombre, et son regard était aussi tranchant qu’une lame.
Mia se raidit à mes côtés, et je compris aussitôt que nous étions attendues.
Mais pour quoi… et par qui ?
Chapitre : La Salle de la Magie
— Mia, Amber, vous devez venir.
La voix de l’homme résonna dans l’air comme une lame tranchante. Il se tenait à l’entrée, le
regard perçant, son manteau sombre projetant une ombre allongée sur le sol de pierre.
Ses yeux se posèrent sur moi, et je perçus une lueur d’inquiétude dans leur profondeur.
— La clé… elle est plus fragile que vous ne l’imaginez.
Mia hocha la tête, visiblement habituée à ce ton grave. Elle me lança un regard entendu avant
de me faire signe de la suivre.
— Il est temps de découvrir ce que nous devons apprendre.
Et ainsi, poussée par l’incertitude et la promesse d’un avenir encore flou, je suivis Mia et
l’homme mystérieux.
Je ne le savais pas encore, mais à partir de cet instant, chaque pas me rapprochait d’un monde
où la magie et le destin s’entrelacaient pour toujours.

Le château était un labyrinthe.


Ses couloirs s’étendaient à l’infini, parsemés de statues silencieuses et de tapisseries animées
de scènes mouvantes. L’air vibrait d’une énergie ancienne, comme si les murs eux-mêmes
murmuraient des secrets oubliés.
J’avançai d’un pas rapide, mes pensées encore embrouillées par tout ce que j’avais appris.
Les Aetherans… La Luméthère… La guerre entre les Déchus et les Purs.
C’était un monde que je ne comprenais pas encore, un monde qui semblait si lointain, et
pourtant si proche.
Comme si je l’avais toujours connu.
La salle de la magie se trouvait au bout d’un couloir en spirale.
Elle se dressait là, immense et silencieuse, ses lourdes portes de bois sculpté couvertes de
runes qui semblaient respirer sous mes doigts.
Je posai une main tremblante sur les symboles gravés, et aussitôt, une étrange chaleur
parcourut ma peau.
Les runes se mirent à briller faiblement.
Puis, la porte s’ouvrit dans un soupir.

À l’intérieur, la lumière des chandelles projetait des ombres dansantes sur des étagères
immenses, remplies de grimoires aux couvertures craquelées et de parchemins jaunis par le
temps.
L’air était plus frais ici, chargé d’une énergie invisible qui semblait imprégner chaque recoin de
la pièce.
C’était un lieu de savoir. Un sanctuaire où le passé et l’avenir se croisaient.

5
Et, au milieu de tout cela, Mike.
Il était assis à une table couverte de livres, tournant une page avec la patience tranquille de
quelqu’un qui savait bien plus qu’il ne le laissait paraître.
Lorsqu’il leva enfin les yeux vers moi, il sourit.
Un sourire de compréhension.
Un sourire de mystère.
— Tu es en retard, fit-il remarquer avec amusement.
— Désolée, répondis-je en m’approchant, j’étais juste… perdue dans mes pensées.
Mike haussa un sourcil.
— C’est un bon début. Mais attention, trop de pensées peuvent mener à des ennuis.
Il se leva et effleura du bout des doigts une étagère couverte de poussière avant de saisir un
livre relié de cuir noir.
Il le posa devant moi avec précaution.
— Ce livre est plus ancien que tout ce que tu peux imaginer, expliqua-t-il. Il contient des secrets
oubliés, des sortilèges que même les plus puissants Aetherans ont effacés de leur mémoire.
Je tendis la main et touchai la couverture.
Une légère décharge parcourut mes doigts.
Le livre semblait… vivant.
Je l’ouvris lentement.
À l’intérieur, des symboles inconnus s’étendaient sur les pages jaunies, entrelacés de dessins
étranges et de notes griffonnées d’une écriture nerveuse.
Chaque mot semblait éveiller quelque chose en moi.
Comme un souvenir enfoui au plus profond de mon être.
— Ce livre renferme une partie de la magie ancienne, reprit Mike d’un ton plus grave. Celle qui
existait avant la scission des mondes.
Je levai les yeux vers lui.
— La scission ?
— Un temps où la magie et la matière ne faisaient qu’un, expliqua-t-il. Les Aetherans ont caché
bien des choses dans ces pages. Mais ce livre ne contient pas seulement des formules ou des
incantations. Il renferme une histoire.
Il me regarda droit dans les yeux.
— Ton histoire.
Un frisson me parcourut.
Je baissai les yeux vers le livre, sentant mon cœur battre plus vite.
Tout en moi me criait que je n’étais pas prête.
Mais une autre part, plus profonde, savait déjà que je n’avais plus le choix.
Mike posa une main légère sur mon épaule.
— Tu n’es pas seule, Amber.
Ses mots étaient simples, mais chargés de promesses.
Et à cet instant, je sus qu’il avait raison.
Chapitre : L’Héritage des Aetherans
Leur rôle n’était pas le fruit du hasard.
Ils avaient été choisis.
Les Aetherans, êtres façonnés par la magie primordiale, veillaient sur l’équilibre du monde,
protégeant la réalité contre les forces chaotiques qui menaçaient de l’effacer.
Autrefois, les humains vivaient en harmonie avec eux, leur offrant respect et admiration.
Mais le respect devint curiosité.
Et la curiosité, ambition.
Les savants cherchèrent à comprendre la source de leur pouvoir – la Luméthère, une magie
capable de modeler la matière, de défier la mort et de plier la réalité à la volonté de celui qui
savait la manier.
Un jour, un groupe de dirigeants humains, connus sous le nom des Usurpateurs d’Aube, conclut
un pacte interdit avec des Aetherans naïfs.
Ce pacte brisa l’équilibre du monde.
La magie fut corrompue, des fissures apparurent dans l’Imagianirea, et à travers ces brèches,
quelque chose s’échappa.

5
Les Videsombres.
Une force insidieuse, plus ancienne que le temps, qui gangrénait tout sur son passage.
Certains Aetherans succombèrent à cette noirceur. Transformés par la haine, ils devinrent les
Déchus, rejetant leurs anciens frères et déclarant la guerre aux humains, qu’ils tenaient pour
responsables de leur chute.
Face à la dévastation, les Aetherans restés purs n’eurent d’autre choix que de sceller la frontière
entre la Terre et l’Imagianirea, sacrifiant une grande partie de leur pouvoir.
Désormais, ils ne pouvaient plus intervenir directement dans le monde des humains.
Mais cela ne signifiait pas qu’ils avaient renoncé.
À travers de rares portails, ils envoyaient encore des élus…
Des êtres capables de manier la magie et de rétablir l’équilibre.
Des êtres comme Amber.
Mais l’ancienne guerre n’était pas terminée.
Les Déchus cherchaient toujours à anéantir l’humanité, tandis que les hommes, inconscients du
danger, continuaient à expérimenter sur les fragments de magie qu’ils trouvaient, jouant avec
des forces qu’ils ne comprenaient pas.
Et au milieu de ce chaos, une question demeurait :
Amber serait-elle la clé de leur salut… ou la cause de leur chute ?

Chapitre : La Salle de la Magie


Amber avançait d’un pas rapide dans les couloirs du château, encore ébranlée par les
révélations qu’elle venait d’apprendre.
Tout ceci est réel.
Les Aetherans, les Déchus, la Luméthère, la guerre des mondes…
Elle n’était pas seulement témoin de cette histoire.
Elle en faisait partie.
La Salle de la Magie se trouvait à l’extrémité d’un couloir en colimaçon.
Elle n’était pas qu’une simple bibliothèque.
C’était un sanctuaire.
Les murs de pierre semblaient vibrer d’une énergie ancienne, et chaque livre, chaque
parchemin, renfermait des vérités oubliées, attendant d’être découvertes.
Amber s’arrêta devant l’immense porte en bois sculpté.
Des runes couvraient sa surface.
Elles n’étaient pas simplement gravées – elles pulsaient doucement, comme si elles
réagissaient à sa présence.
Elle effleura du bout des doigts l’une des inscriptions et, aussitôt, une lueur dorée parcourut les
gravures.
Un murmure imperceptible s’éleva dans l’air.
Puis, la porte s’ouvrit lentement, dans un grincement profond.

À l’intérieur, la lumière tremblante des chandelles révélait des étagères immenses couvertes de
livres anciens.
L’odeur du cuir usé et du parchemin flottait dans l’air.
Au centre de la pièce, une silhouette familière était plongée dans une pile de livres.
Mike.
Ses lunettes étaient légèrement de travers, et il tournait une page avec cette concentration
paisible de ceux qui possèdent un savoir qu’ils ne partagent pas entièrement.
Il leva les yeux et esquissa un sourire.
Un sourire bienveillant.
Mais aussi le sourire de quelqu’un qui en savait plus qu’il ne voulait en dire.
— Tu es en retard, Amber.
Sa voix était calme, amusée, mais elle portait ce léger éclat d’ironie qui signifiait qu’il avait déjà
anticipé son excuse.
Amber s’approcha, encore sous le coup des événements.
— Je… Je pensais à tout ce que j’ai appris aujourd’hui, avoua-t-elle, sa voix plus fragile qu’elle ne
l’aurait voulu.

5
Elle inspira profondément.
— C’est tellement plus compliqué que ce que je croyais.
Mike referma doucement le livre qu’il tenait.
— Tout est plus complexe que ce qu’on nous laisse imaginer.
Il se leva et effleura du bout des doigts une étagère poussiéreuse avant d’en tirer un ouvrage
ancien, relié de cuir noir.
Il le posa devant elle avec précaution.
— Ce livre est plus ancien que la plupart des sorts que nous connaissons aujourd’hui.
Amber tendit la main, hésitante.
Dès que ses doigts touchèrent la couverture, une étrange sensation l’envahit.
Le livre vibrait.
Elle sentit un frisson remonter le long de son bras, comme si une présence ancienne
sommeillait entre ses pages.
Elle releva les yeux vers Mike, inquiète.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Un fragment de la mémoire des Aetherans.
Il s’approcha, posant une main sur le livre.
— Ce n’est pas juste un recueil de formules. C’est une part de l’histoire, de l’équilibre que nous
devons protéger.
Amber ouvrit lentement l’ouvrage.
Les pages semblaient écrites dans une langue qu’elle ne connaissait pas… et pourtant, elle la
comprenait.
Les mots dansaient sous ses yeux, comme s’ils s’adaptaient à elle.
Elle sentit son cœur s’accélérer.
— Tu commences à voir, n’est-ce pas ? murmura Mike.
Elle releva la tête.
— C’est… c’est comme si je l’avais toujours su.
Un silence s’étira entre eux.
Puis, Mike posa une main sur son épaule.
— Tu n’es pas seule, Amber.
Et pour la première fois, elle voulut le croire.
Chapitre : Les Murmures Oubliés
— Ce que nous avons appris, déclara Mike en levant un doigt, comme pour souligner l’évidence,
n’est qu’une fraction de ce que nous ignorons encore.
Son regard se posa sur moi, un éclat de malice au fond des yeux.
— Mais c’est précisément ce qui rend cette magie si puissante.
Il se leva et attrapa un livre relié de cuir, couvert d’une épaisse couche de poussière.
Avec une délicatesse presque religieuse, il l’ouvrit et en sortit un ancien grimoire, aux pages
jaunies et aux bords usés par le temps. Il me le tendit avec une certaine solennité.
— Ce livre… il est plus ancien que toi et moi réunis, dit-il. Il renferme des secrets qui remontent à
l’époque où l’Imagianirea n’était encore qu’une légende. Ce n’est pas simplement de la magie,
Amber. C’est l’essence même de notre monde.
Je pris le grimoire avec précaution. Il était froid sous mes doigts, mais je ressentis
immédiatement quelque chose… un poids invisible, une force qui semblait sommeiller entre ses
pages.
Les lettres gravées sur la couverture semblaient frémir sous mon toucher.
Je l’ouvris lentement.
Aussitôt, un frisson parcourut mon échine.
Les mots, tracés dans une encre à la lueur incertaine, pulsaient légèrement, comme s’ils
respiraient.
Chaque page contenait un savoir ancien. Quelque chose de plus grand que moi. De plus
dangereux.
Et pourtant…
Je ne pouvais pas détourner le regard.

La Magie et Ceux qui la Portent

5
Le château grouillait de vie, imprégné de cette étrange magie qui semblait se glisser dans
chaque recoin.
Même les créatures qui le peuplaient apportaient une touche de mystère et de malice à notre
quotidien.
Mia, toujours gentille et compréhensive, avait ce côté lunatique qui la rendait imprévisible, mais
elle savait être là quand on avait besoin d’elle.
Vicky, elle, semblait constamment perdue dans ses pensées, son regard flottant vers des
horizons que nous ne pouvions pas voir.
Mariana, la plus énigmatique du groupe, possédait un voile de mystère qui la rendait
insaisissable. Parfois, j’avais l’impression qu’elle n’était pas totalement là, que son esprit
vagabondait dans des endroits où nous n’avions pas accès.
Paty était tout l’inverse. Éclatante, pétillante, elle apportait toujours une énergie vive et
contagieuse dans les moments les plus sombres.
Et puis, Océane. Grande et athlétique, son apparente force masquait un cœur plus tendre
qu’elle ne voulait bien l’admettre.
Mike, bien sûr, restait égal à lui-même.
Impassible.
Inébranlable.
Mais je savais qu’au fond, sous cette façade de dur à cuire, il cachait un cœur immense.
Et puis, il y avait Katherine, toujours flamboyante, toujours théâtrale. Son style gothique
exacerbé ne passait jamais inaperçu, et elle semblait adorer être le centre de l’attention.
Les gardiens du château, eux, étaient encore plus insaisissables que les ombres qui hantaient
les couloirs.
Et enfin, il y avait les Creeks.
Victor, Rick et Patrick, chargés de nous entraîner, nous préparer aux épreuves à venir. Leur
méthode était stricte – parfois impitoyable – mais quelque chose me disait qu’ils avaient leurs
raisons.
Ce château était devenu ma nouvelle famille.
Un foyer étrange, chaotique, peuplé d’êtres aussi brillants qu’inquiétants.
Et pourtant, malgré tout…
Un vide persistait en moi.
Un vide que même la magie ne pouvait combler.

Les Murmures
Un soir, alors que j’étais plongée dans un livre de magie ancienne, quelque chose d’étrange se
produisit.
D’abord, ce ne fut qu’un frisson, un courant d’air imperceptible qui me fit relever la tête.
Puis, un murmure.
Faible. À peine audible.
Une voix indistincte, semblable à un souffle glissant sur les pierres froides de la salle de magie.
— Montre-moi…
Je sursautai.
Mon regard balaya la pièce.
Rien.
Je repris ma lecture, l’esprit troublé.
Mais alors, un autre murmure s’éleva.
— Allez… montre-moi…
Cette fois, la voix était plus claire.
Et elle venait de partout à la fois.
Un frisson parcourut mon corps tandis que l’atmosphère changeait brusquement.
Les livres commencèrent à tomber un à un, leurs pages tournant frénétiquement comme si une
force invisible les parcourait.
La lumière des chandelles vacilla, puis devint instable, projetant des ombres mouvantes sur les
murs.
L’air devint lourd, électrique.
Et alors, la porte de la salle de magie claqua violemment.

5
Un vent glacial s’engouffra dans la pièce, me soulevant presque du sol.
Je m’accrochai désespérément à la table.
Le vent hurlait, se répercutant contre les murs comme un cri lointain.
Puis, aussi soudainement qu’il était apparu, il cessa.
Le silence retomba.
Mais ce n’était pas le même silence.
Quelque chose avait changé.
Je n’étais plus dans la salle de magie.

La Bibliothèque Oubliée
Devant moi, des étagères poussiéreuses s’étendaient à perte de vue, couvertes de livres
anciens, leurs reliures usées par le temps.
L’air était épais, chargé de savoirs enfouis et de secrets oubliés.
Je sentis aussitôt que ce lieu n’appartenait à aucune réalité que je connaissais.
Le temps semblait suspendu, figé dans une époque révolue.
Ce n’était pas simplement une bibliothèque.
C’était un vestige du passé, un sanctuaire que quelqu’un avait caché… ou voulu oublier.
Je fis un pas en avant, mes doigts effleurant le cuir rugueux des volumes entassés sur les
étagères.
Les mots inscrits sur leurs couvertures étaient effacés, comme si quelque chose avait tenté d’en
effacer la mémoire.
Un frisson remonta le long de ma nuque.
Quelque chose m’attendait ici.
Et j’avais l’étrange sensation que ce n’était pas moi qui avais trouvé cette bibliothèque.
C’était elle qui m’avait appelée.
La bibliothèque portait les marques du temps, ses hautes étagères croulant sous le poids de
grimoires anciens, imprégnés de poussière et de secrets oubliés. L’air était chargé d’une odeur
de papier jauni et d’encre fanée.
Mon regard se perdit dans l’obscurité d’un recoin particulier, attiré sans que je sache
pourquoi. C’était comme si quelque chose m’appelait. Une lueur vacillante perçait à peine
l’épaisse saleté qui couvrait les vitres, projetant sur les murs des ombres tremblotantes. Et au
fond de la pièce, à peine éclairé, un objet insolite reposait sur un piédestal de marbre.
Amber s’avança, le cœur battant. L’objet semblait minuscule, mais sa forme défiait toute
logique. Ni tout à fait ronde, ni tout à fait anguleuse, il donnait l’étrange impression de se
fondre dans son environnement tout en restant intensément présent. Son métal sombre
paraissait vivant, changeant imperceptiblement de teinte sous la lueur chancelante des
chandelles.
Des symboles y étaient gravés – des runes anciennes, enchevêtrées dans un motif si complexe
qu’il en devenait hypnotisant. Elle n’aurait su dire pourquoi, mais ces marques lui
semblaient… familières.
Sa main se tendit presque malgré elle. À l’instant où ses doigts frôlèrent la surface glacée du
métal, une décharge la traversa, comme un millier d’éclats de givre courant sous sa peau. Elle
tressaillit et recula d’un pas brusque. Mais l’objet, lui, ne broncha pas. Le silence se fit plus
pesant, plus épais, comme si la bibliothèque elle-même retenait son souffle.
Amber n’aurait pas dû y toucher. Elle le savait, au plus profond d’elle-même. Pourtant,
quelque chose, une impulsion viscérale, lui intimait de ne pas fuir.
Ses doigts se refermèrent sur l’artefact.
Une onde sourde résonna dans l’air, faisant frémir les étagères et soulevant un vent spectral
qui dispersa la poussière en un nuage fantomatique. La lumière des chandelles vacilla,
projetant des ombres mouvantes sur les murs. Une lueur verte jaillit de ses mains, se
répandant comme une brume phosphorescente, serpentant autour d’elle dans une danse
hypnotique.
Et puis… un bruit.

5
Des pas précipités résonnèrent dans le couloir adjacent. Un écho rapide, irrégulier.
Quelqu’un—ou quelque chose—s’approchait.
Amber pivota brusquement vers la porte. Une silhouette se découpa dans l’encadrement.
Longue. Immobile. Presque irréelle.
Un cri perça la nuit. Un son guttural, étranglé, ni tout à fait humain ni tout à fait animal.
Amber sentit un frisson glacial lui remonter l’échine.
L’objet vibra dans ses mains.
Et dans l’ombre, deux yeux s’ouvrirent.
"Tu as réveillé une force ancienne," déclara une voix profonde, empreinte d’une sagesse
oubliée. "Mais savais-tu que cela viendrait avec un prix ?"
Le souffle d’Amber se suspendit. Mais alors que son instinct lui hurlait de lâcher l’artefact,
une voix plus profonde, enfouie en elle, lui murmurait autre chose.
Ne crains pas.
Elle raffermit sa prise sur l’objet. Son regard se durcit.
Elle n’était plus une simple spectatrice.
Elle était liée à cette histoire. Depuis toujours.

4o mini

O
ChatGPT peut faire des erreurs. Envisagez de vérifier les informations importantes.
?
S
Le sol sous moi se déforma, mes mains tremblèrent.
Les mots s’échappèrent des lèvres d’Amber, fragiles mais porteurs d’une force insoupçonnée.
L’effet fut immédiat.
L’artefact répondit comme s’il n’attendait que cela.
Une lumière verte éclata, si vive qu’elle déchira l’obscurité de la bibliothèque comme un
éclair en pleine tempête. Les murs, les étagères, les livres – tout fut baigné d’une lueur
irréelle, projetant des ombres tremblotantes sur les grimoires poussiéreux.
Les runes gravées sur la surface du métal prirent vie. Elles palpitaient, pulsant à l’unisson
avec son propre cœur.
Amber ne pouvait plus détourner le regard.
Face à elle, la créature s’arrêta net.
Ses yeux rougeoyants vacillèrent, comme troublés par une force qu’ils ne comprenaient pas.
Son corps, une masse mouvante d’ombres et de matière indistincte, sembla se distordre sous
l’effet de la lumière, luttant contre une pression invisible.
Elle grogna, un son rauque et guttural, mais ne parvint pas à avancer d’un pas de plus.
Amber sentit un frisson lui parcourir l’échine.
Elle ne savait pas ce qu’elle venait de déclencher, mais elle savait – non, elle sentait – que
cette lumière ne venait pas uniquement de l’artefact.
Elle venait d’elle.
La créature, pourtant massive et menaçante, paraissait maintenant hésitante. Comme si, pour
la première fois, elle n’était pas la prédatrice, mais la proie.

5
Alors Amber comprit.
C’était elle qui détenait le contrôle.
"Laisse-moi en paix."
Elle ne cria pas. Elle ne supplia pas.
Elle ordonna.
Aussitôt, l’artefact réagit.
Une onde de chaleur se propagea dans la pièce, soulevant la poussière en un tourbillon
fantomatique. La créature recula d’un pas, ses griffes raclant le sol de pierre dans un
crissement strident. Les ombres qui la composaient s’effilochèrent, se distordirent, se tordirent
sous une force invisible.
Un cri perçant déchira l’air – un hurlement qui semblait venu des entrailles mêmes du néant.
Puis, la créature disparut.
Juste… comme ça.
Le silence qui suivit était écrasant.
Amber resta immobile, le souffle court.
Ses mains tremblaient toujours, l’artefact encore tiède contre sa paume. La lumière verte
s’amenuisait peu à peu, comme une vague qui se retire après avoir tout dévasté sur son
passage.
Elle venait de survivre.
Mais à quoi ?
Elle baissa les yeux vers l’objet. Il n’avait pas simplement repoussé la créature… Il avait fait
plus que cela. Il avait réagi à elle.
Pourquoi ?
Pourquoi elle ?
Elle s’adossa contre une étagère, les jambes soudain trop faibles pour la porter.
Et c’est alors qu’un bruit brisa le silence.
Un froissement de tissu. Un pas léger.
Amber releva brusquement la tête.
Dans l’embrasure de la porte, une silhouette fine se tenait, immobile.
Mariana.
Ses yeux brillaient dans l’ombre, une lueur de curiosité et de prudence dans le regard.
"Tu fais quoi ?" demanda-t-elle d’une voix douce, mais précise, comme si elle venait de
surprendre quelqu’un en train de commettre un acte interdit.
Amber sursauta, serrant l’artefact contre elle, sans savoir pourquoi.
"Je… Je lisais," répondit-elle.
C’était une réponse idiote.
Mariana haussa un sourcil, son regard glissant de l’artefact aux étagères renversées, aux
volutes de poussière encore en suspension dans l’air.
"Ah oui ?" fit-elle, une pointe d’amusement dans la voix. "Alors c’est nouveau, les livres qui
lancent des sorts lumineux ?"
Amber ouvrit la bouche, puis la referma. Elle sentit une chaleur monter à ses joues.
Mariana soupira et s’avança, les mains dans les poches.
"Tu sais," dit-elle en s’accroupissant près d’elle, "j’ai vu pas mal de choses bizarres ici…
mais jamais un livre assez puissant pour faire fuir une créature des ténèbres."
Son ton était léger, mais son regard scrutait Amber avec une vraie inquiétude.
Amber serra les dents.
Elle aurait aimé pouvoir rire, dire quelque chose d’intelligent, mais tout ce qui lui venait à
l’esprit ressemblait à un chaos de pensées illisibles.
Mariana attendit un instant, puis haussa les épaules.

5
"Bon, si tu ne veux pas me dire, très bien." Elle se releva, s’étirant comme un chat. "Mais si
une autre explosion magique se produit, essaie au moins de prévenir avant que je sois prise
dans l’onde de choc."
Elle fit volte-face et se dirigea vers la porte, mais avant de sortir, elle lança par-dessus son
épaule :
"Et au fait… T’as l’air différente."
Amber releva brusquement la tête.
"Différente comment ?"
Mariana esquissa un sourire en coin, sans répondre. Puis elle disparut dans le couloir.
Amber serra l’artefact contre elle et ferma les yeux un instant.
Elle ignorait encore ce que tout cela signifiait.
Mais une chose était sûre :
Elle ne pourrait plus jamais prétendre que rien de tout cela n’était réel.
Mariana haussa les épaules, visiblement indifférente à la gravité de la situation.
"Ah, je suis venue chercher un livre sur les cacahuètes. Mon mentor me harcèle à ce sujet."
Amber cligna des yeux.
"Les… cacahuètes ?"
Mais Mariana ne semblait pas disposée à fournir plus d’explications. Elle saisit un livre au
hasard sur l’étagère, le feuilleta vaguement, fronça les sourcils – comme si elle venait de lire
quelque chose d’insensé – puis le remit en place avant de repartir d’un pas nonchalant, aussi
vite qu’elle était apparue.
Amber la suivit du regard, complètement abasourdie.
C’était quoi cette interaction ?
Elle n’eut pas le temps de s’attarder davantage sur cette question, car un son grave et solennel
retentit dans tout le château.
La cloche.
L’appel des épreuves de magie.
Son estomac se noua aussitôt.
Elle baissa les yeux vers l’artefact qu’elle tenait encore, ses doigts effleurant la surface
métallique froide. Il lui cachait encore bien des secrets. Quelque part en elle, une voix
murmurait qu’il ne s’était pas activé par hasard, qu’il y avait une raison, un sens derrière tout
cela.
Mais pour l’instant, elle n’avait pas le temps d’y réfléchir.
Elle referma les doigts sur l’objet, inspira profondément, rangea rapidement ses livres et se
précipita hors de la bibliothèque en direction de la salle d’entraînement.
Dans les couloirs, elle croisa Mike et les autres Creeks. Comme à son habitude, Mike ne
manqua pas l’occasion de l’assaillir du regard.
"Tu es en retard," lâcha-t-il sans même lui accorder un véritable regard.
Amber s’arrêta net.
"J’étais en train de lire un livre," dit-elle, tentant de donner à son excuse une certaine
crédibilité.
Mike leva les yeux au ciel. "Ce n’est pas une raison."
Amber sentit une bouffée d’exaspération monter en elle, prête à lui rétorquer quelque chose
de cinglant.
Mais avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche, une voix calme intervint.
"Laisse-la, Mike. Elle t’a dit qu’elle lisait."
C’était Victor. Toujours posé, toujours cette sérénité tranquille dans la voix. Il n’avait pas
besoin d’élever le ton pour se faire entendre.
Mike se contenta de lui jeter un regard en biais avant de détourner la tête, visiblement
contrarié de ne pas pouvoir prolonger la discussion.

5
Amber, elle, se sentit légèrement plus détendue.
Pas complètement, mais un peu.
De toute façon, il y avait plus important.
Le vent soufflait du large, apportant avec lui une brise fraîche et salée, un murmure lointain
qui s’infiltrait entre les murs de pierre du château. C’était une sensation étrange, comme si la
mer elle-même murmurait des secrets qu’elle n’était pas encore prête à entendre.
Elle accéléra le pas, traversa la grande cour et arriva enfin à la salle de magie.
Rick était déjà là.
Son regard scrutateur parcourut les élèves rassemblés devant lui. Son visage était grave, mais
une lueur d’enthousiasme brillait dans ses yeux – celle d’un professeur prêt à mettre ses
apprentis à l’épreuve.
"Allez, on commence," dit-il d’une voix qui portait toute l’autorité d’un maître. "Aujourd’hui,
vous allez apprendre à lancer un sort à votre adversaire. Vous devez être précis. Ne gaspillez
pas votre énergie."
Amber sentit un frisson d’excitation lui parcourir l’échine.
Le bruit des vagues résonnait dans son esprit.
Elle se plaça parmi les autres, les mots de Rick gravés dans sa mémoire.
Chaque mouvement magique était un reflet de l’océan : calme, mais imprévisible, apaisant,
mais d’une puissance indomptable.
Elle savait que, peu à peu, elle était en train d’apprendre.
Et surtout, elle était en train de comprendre.
:
Elle savait aussi que ce n'était que le début. Le véritable défi était encore à venir.

Le vent s’était calmé dans la salle d’entraînement du château, laissant l’air vibrer d’une
énergie magique qui semblait persister dans les moindres recoins. Oceane, les yeux illuminés
par une excitation palpable, se tenait fièrement, ses mains encore légèrement tremblantes de
l’effort qu’elle venait de fournir. Son sourire était large, rayonnant de fierté.

« Tu n’aurais pas dû nous lancer ça, » observa Rick avec un sourire malicieux, croisant les
bras sur sa poitrine. Il avait toujours ce petit air de défi, comme s’il était prêt à parier sur
n’importe quelle folie que ses amis pourraient imaginer.

« Ah, mais c’est là que réside le piège, » rétorqua Oceane avec un clin d'œil complice. « La
magie, comme la mer, peut être douce et calme ou déchaînée et puissante. Si tu n’apprends
pas à la maîtriser, elle te submergera. »

Amber, debout un peu en retrait, ressentait un frisson parcourir son échine. Elle avait vu
Oceane déployer sa puissance, et en elle aussi, quelque chose d’invisible mais puissant
semblait bouillonner. Une magie cachée, un potentiel inexploré, lui murmurait les promesses
d’une aventure encore à venir.

Victor, leur mentor à l’allure sereine et au sourire tranquille, la regarda avec une patience
infinie. « C’est ton tour, Amber, » invita-t-il d’une voix douce, comme une caresse. « Il est
temps d’apprendre à te relever quand tout semble sombrer. »

Le château, dans son calme éternel, parut s’immobiliser autour d’elle. Amber ferma les yeux
un instant, faisant le vide dans son esprit. Elle inspira profondément, sentant une chaleur
douce l’envahir. La mer. Elle l’entendait, elle l’appelait dans ses rêves. Les vagues qui
s’écrasaient sur le rivage, les cris lointains des oiseaux, la brise salée effleurant son visage.

5
Elle se laissa emporter par cette sensation, cherchant à se reconnecter à cette force tranquille
qui la guidait.

« Pensons à ce qui nous fait sourire, » murmura Victor, sa voix pleine de douceur, comme un
chant ancien. « À ce qui nous fait nous sentir vivants. »

Amber se perdit un instant dans ses souvenirs. Elle revit Bradley, son frère espiègle, et leur
mère, tous réunis autour d’un repas simple, riant et partageant des histoires. Ce bonheur
ordinaire, cette chaleur familière, était ce qui l’aidait à rester ancrée, à garder son équilibre.

Tout à coup, elle sentit une pulsation sous ses pieds. Les énergies magiques semblaient réagir
à son appel intérieur. Le vent se leva autour d’elle, une danse légère de pouvoir et d’énergie.
Elle lança un coup de pied, mais trop lentement. Un sort, lancé par un des autres, la frappa de
plein fouet, la propulsant au sol. Elle roula sur le côté, un éclat de frustration montant en elle,
mais aussi une étincelle de compréhension.

« Souviens-toi, » dit Victor d’un ton calme, avec une sagesse tranquille, « Il faut être plus
rapide que ton adversaire. »

Amber se redressa, le cœur battant. Mike, qui l'avait observée depuis le début, tendit une main
pour l’aider à se relever. Leur regard se croisa un instant, et Amber ressentit une connexion,
une énergie partagée qui la galvanisait, comme une vague prête à éclater.

« Tu as appris quelque chose aujourd’hui, » déclara Mike, son ton neutre, mais une lueur de
respect brillait dans ses yeux, quelque chose qu’elle n’avait pas l’habitude de voir chez lui. Il
ne disait pas souvent ce qu’il pensait, mais cette lueur suffisait à éclairer son cœur.

Les autres Creeks, silencieux, les observaient avec une attention soutenue, comme des
témoins d’un cheminement invisible. Mia, Rick, Victor, chacun apportait sa touche unique à
cet entraînement, une mélodie harmonieuse d’amitié et de magie. Leurs yeux, empreints de
compréhension, révélaient qu’ils étaient tous liés par une même magie, un même destin.

À mesure que la journée touchait à sa fin, Amber sentait la chaleur de cette famille qu’elle
avait trouvée ici. Elle n’était plus seule dans ce monde étrange et magique. Pas tout à fait
encore, mais elle commençait à comprendre que ce n’était pas une coïncidence qu’elle soit là.
Un sourire serein se dessina sur ses lèvres, prête à affronter ce qui venait. La magie, ce
monde, ces personnes… tout était désormais entre ses mains.

Le vent soufflait doucement, emportant avec lui l’odeur salée de la mer et un frisson
d’inconnu. Mia marchait à ses côtés, ses pas légers et furtifs, comme si elle n’était jamais tout
à fait présente, mais toujours là, prête à écouter.

« Tu sais, » commença Mia, un sourire timide sur les lèvres, « je pense vraiment que tu as
quelque chose de spécial en toi. D’autres l’ont peut-être remarqué, mais je crois que tu es à
l’aube de quelque chose d’incroyable. La magie en toi est unique. »

Amber se tourna vers elle, surprise par cette attention. Mia était souvent si réservée, mais dans
ses yeux brillaient une confiance qui faisait chaud au cœur. « Tu crois vraiment ? » demanda-
t-elle, sa voix emplie de curiosité.

5
« Oui, absolument, » répondit Mia avec conviction. « Chaque fois que tu te laisses aller, que
tu ouvres ton cœur à la magie, tu révèles un potentiel que peu de gens ont. Mais il te faut
croire en toi et ne pas avoir peur de tomber, car chaque chute est une leçon. »

Les mots de Mia résonnaient en elle, comme un écho réconfortant. Amber se remémora les
défis qu’elle avait affrontés jusqu’à présent, et malgré les doutes, elle se sentait plus forte à
chaque instant. Elle avait trouvé une famille ici, des amis prêts à l’épauler.

Leurs rires et leur complicité étaient le fil rouge qui tissait leur histoire. Lorsque la lumière
commença à diminuer et que le crépuscule enveloppa le château, Amber savait qu’elle était à
l’aube d’une aventure magique. Ce n’était que le début, après tout, et elle se sentait prête à
découvrir tout ce qui l’attendait
:
« Alors, » dit-elle avec un air malicieux, un sourire espiègle dans les yeux, « on dirait bien
qu'il se passe quelque chose entre toi et Mike, non ? Ce n’est pas du genre à te regarder
comme ça juste pour rien, tu sais. »

Je la dévisageai, prise de court par sa remarque inattendue. Mon cœur fit un bond dans ma
poitrine, mais je tentai d’étouffer la montée de chaleur qui m’envahissait d’un simple éclat de
rire nerveux. « Non, tu t’imagines des choses. C'est juste… un regard. » Je forçai un ton
détaché, mais même moi, je savais que cela sonnait faux.

Mia, avec son air toujours aussi intrépide, arqua un sourcil, un sourire en coin démentant toute
innocence. « Oh, vraiment ? Parce que moi, je vois plutôt deux regards qui se croisent, et ça
n’a rien d’amical, à mon avis. Allez, dis-moi tout. On peut tout se dire, non ? » Elle fit une
pause, attendant ma réaction avec l’impatience d’un chat guettant une souris, comme si elle
savait que sa persévérance finira par m’intriguer.

Je baissai les yeux, l’incertitude m’envahissant. Ce n’était pas la première fois qu'elle me
poussait dans mes retranchements, et je commençai à me demander si je n’étais pas en train
de lui donner raison. « Vraiment, Mia, il n’y a rien, » répondis-je, mais ma voix trahissait une
petite hésitation, comme si j’étais moi-même en train de douter de mes propres paroles.

Elle haussait les épaules avec l’aisance d’un joueur de Quidditch. « Si tu le dis. Mais ne sois
pas trop pressée de tout nier. Moi, je sais quand quelque chose mijote. » Et sur ces mots, elle
tourna les talons, laissant derrière elle un petit nuage de mystère flottant dans l’air, comme un
sort jeté qui ne pouvait être défait.

Je n’eus pas le temps de me concentrer davantage sur cette conversation, car un bruit attira
soudain mon attention. Mariana, un peu plus loin, venait de laisser tomber un livre de son
cartable. Mes yeux se posèrent instinctivement sur elle. Je tendis l’oreille et entendis un
murmure à peine audible, comme un souffle porté par le vent : « Comment retrouver une clé...
» Un frisson inexplicable me parcourut l'échine. Ce titre, cette phrase… il y avait quelque
chose de dérangeant dans la situation. Un pressentiment me fit sourciller. Pourquoi Mariana
avait-elle ce livre ? Et pourquoi ce titre si intriguant ?

Nos regards se croisèrent brièvement, mais il ne se passa rien. Elle sembla à peine surprise de
me voir l’observer, et au lieu de m’accorder un sourire, elle se détourna aussi vite, comme si
elle avait voulu cacher quelque chose. Une boule de malaise grandissait dans ma poitrine.

5
Pourquoi ce livre ? Pourquoi elle ? Et pourquoi cette lueur étrange dans ses yeux, comme si
elle avait été prise en flagrant délit ?

À peine avais-je le temps de m’interroger sur tout cela que la voix sèche et tranchante de
Mike me fit sursauter.

« Amber, » dit-il, en me fixant d’un regard perçant, « tu n’as pas réussi l’exercice. C’est la
troisième fois que ça arrive. Tu sais ce que ça signifie, n’est-ce pas ? »

Une vague de chaleur monta en moi, mêlant frustration et culpabilité. Chaque mot qu'il
prononçait résonnait comme le son d’un gong, et j’avais l’impression que l’espace autour de
nous se réduisait, devenant plus étroit, plus oppressant. « Je sais, » murmurais-je, cherchant à
cacher l’anxiété qui montait dans ma gorge. « Je ferai mieux la prochaine fois. » Mais au fond
de moi, je savais que faire mieux n’était jamais suffisant pour Mike. Ses attentes étaient des
montagnes qu'il voulait nous voir gravir sans une once de doute. Parfois, je me demandais si
j’y arriverais un jour.

Il me regarda un instant, une lueur d’impatience dans ses yeux avant de se détourner
brusquement. « Tu feras mieux. »

Je laissai échapper un souffle, le cœur battant, tandis que l'atmosphère autour de moi se
décompressait lentement. Mike pouvait être dur, presque impitoyable, mais je savais qu’il
avait raison sur une chose : il n’y avait pas de place pour les faiblesses ici. Nous devions être
forts, au-delà de tout. Et pour y parvenir, il fallait que je me prouve à moi-même que je
pouvais tenir tête à ses exigences. Pas seulement pour lui, mais pour moi.

Je hochai lentement la tête, même si, au fond, je n’étais pas tout à fait sûre de ce qu’elle
voulait dire. La pression montait, mais quelque chose en moi se raffermissait. Je savais que je
pouvais le faire, même si la route s’annonçait semée d'embûches. Il me suffisait de me
concentrer et de me rappeler pourquoi j'étais là, entourée de ces personnes, de cette magie.

4o mini

4o mini

4o mini

Je redressai la tête, défiant l’autorité de Mike avec un feu ardent dans les yeux. « Je sais,
Mike, mais on apprend en faisant des erreurs. Pas la peine de me réprimander comme un
enfant. »

5
Je redressai la tête, le défi dans les yeux. "Je sais, Mike, mais on apprend en faisant des erreurs.
Pas la peine de me réprimander." Sa mâchoire se serra, et son regard devint plus perçant,
comme s’il tentait de me lire en profondeur. "Si je dois le faire, je le ferai. Je me suis promis de
t’aider à réussir ta mission, et c’est ce que je vais faire." Ses paroles étaient aussi froides et
tranchantes qu’un vent d’hiver, une promesse qu’il ne semblait pas prêt à briser. Un sentiment
d’irritation sourde monta en moi, une frustration à peine contenue. "Tu t’es un peu trop investi,
non ?" C’était plus fort que moi. J’avais assez de cet air autoritaire, presque possessif. Il me fixa
intensément, ses yeux devenant deux braises glacées. "Si tu échoues, je te punirai." Je frémis,
une chaleur étrange montait dans ma nuque. "Et comment ?" demandai-je, ma voix tranchante,
l'irritation bien plus forte qu’avant. Il me regarda un instant, son regard se faisant plus froid
encore, comme une promesse silencieuse de quelque chose de bien plus inquiétant. "Tu
n’aimerais pas savoir." Il attrapa mon poignet, le serrant juste assez pour marquer son pouvoir.
Mon cœur s’emballa, mais je restai figée, incapable de bouger. Puis il relâcha ma main
brusquement, comme s’il venait de se rendre compte de la brutalité de son geste. À cet instant,
Victor arriva, l’inquiétude dessinée sur son visage. "Mike, qu’est-ce que tu fais ?" Il se plaça
entre nous, comme un bouclier protecteur. Mike le fixa un instant, les poings serrés, mais ne
répondit pas. "Ça ne te regarde pas," lança_t-il sèchement, avant de se détourner et de
s’éloigner d’un pas furieux. Victor se tourna vers moi, la douceur de sa voix venant briser le
silence qui s'était imposé. "Tu vas bien ?" Je hochai la tête, essayant de masquer la tension qui
me nouait la gorge. "Oui, je vais bien." Mais mon cœur battait à tout rompre, la sensation
d’oppression qui m'envahissait refusant de se dissiper. "Ne laisse plus Mike te maltraiter,
d’accord ?" Victor posa une main rassurante sur mon épaule. "Tu sais, on est là pour toi. Si
jamais il recommence, tu n’as qu’à me le dire." Je le regardai, un peu perdue, avant de répondre
d'une voix faible mais déterminée : "Ok." Il me sourit, ce sourire apaisant qui dissipait, ne serait-
ce qu’un peu, l’ombre de Mike. Il prit ma main, et nous nous dirigeâmes vers la cafétéria. Mes
pensées tournaient en boucle. L'angoisse, les confusions, mais aussi des espoirs fragiles se
mêlaient dans mon esprit. Le château était un lieu à la fois rassurant et intimidant, comme un
grand vaisseau qui naviguait entre les tempêtes et les cieux étoilés. Mike, avec sa froideur et
ses paroles tranchantes, m’enlaçait dans une brume constante. Mais il y avait aussi Victor, cette
bouffée d’air frais, un peu comme Mia, mais avec la sagesse en plus. 5 Et puis, il y avait la
magie. Elle était là, tout autour de moi, une présence silencieuse, vibrante, et pleine de
promesses. Je savais que je devais l’accepter, la comprendre, la maîtriser, pour réussir la
mission qui m’attendait. Mais pour l’instant, tout ce que je voulais, c’était un peu de calme. Un
peu de paix. Je marchais en silence à côté de Victor, écoutant le bruit doux de nos pas sur le sol
de pierre, un léger apaisement venant calmer la tempête de mes pensées. Le château semblait
vaste, immense, mais aussi étrangement intime, comme un monde à part. Nous nous
installâmes à une grande table où plusieurs personnes étaient déjà assises, mangeant dans un
silence étrange. Les femmes qui servaient les plats étaient figées, presque spectrales, comme
des ombres flottantes qui observaient sans jamais toucher les aliments. La nourriture,
cependant, semblait animée d’une vie propre. Elle se soulevait du plat avec une grâce fluide,
comme si elle dansait dans l’air, avant de se déposer délicatement dans les assiettes
superposées, une après l’autre. Je n’avais jamais rien vu de tel. C’était fascinant, mais aussi
légèrement déroutant. Une fois l’assiette servie, elle glissait en douceur vers nous, rejoignant un
grand sceau posé dans un coin de la salle, où les autres plats s’amassaient en silence. Mes yeux
suivaient ce mouvement avec une curiosité mêlée d’hésitation. La nourriture, en elle-même,
était... particulière. Ce soir-là, le menu consistait en des pâtes aux grenouilles accompagnées de
vers de terre. Les vers bougeaient encore, vivants, frémissant dans mon assiette, s’enroulant
autour des pâtes, leurs petits corps agitant l’air. Je déglutis difficilement, un frisson de dégoût
me traversant l’échine, mais je savais que je n'avais pas vraiment le choix. Mia s’assit à côté de
moi, son regard curieux se posant sur mon assiette. "Tu t’habitues à la nourriture d’ici ?"
demanda-t-elle, un éclat malicieux dans les yeux. "Un peu..." répondis-je, luttant pour ne pas
laisser paraître combien cela me déstabilisait. "Moi, au début, je n’osais même pas y toucher,"
avoua-t-elle en riant doucement. "Tu es bien plus courageuse que moi." Un petit sourire timide
échappa à mes lèvres. "Ah, ok..." "Tu sais, t’inquiètes pas," dit-elle, baissant la voix comme si
elle me confiait un secret. "C’est comme ça au début. Quand on commence à s’entraîner, on fait
des erreurs, mais ça passe. Tu vas t’y faire." Je hochai la tête, mais mon esprit était déjà

5
ailleurs. L’échange avec Mike me pesait encore, une tension non résolue qui flottait entre nous
depuis notre entraînement. Il y avait quelque chose de lourd, de malaisé entre nous, que je
n’arrivais pas à apprivoiser. "Tu nous rejoins pour faire du yoga ?" demanda Mia, son ton léger,
presque enjoué. Je la regardai un instant, désirant fuir l’atmosphère oppressante de la salle,
mais je savais que ce n’était pas le moment de tout rejeter. "Non, je dois m’entretenir avec la
directrice." Rien que l’idée de devoir lui parler me nouait l’estomac, mais c’était inévitable. 5
"Ah, ok," répondit-elle, un peu déçue, mais elle ne s’attarda pas sur sa déception. "Donc, la
prochaine fois, alors." Je voulais lui répondre, lui dire que j’espérais bien la rejoindre une autre
fois, mais mes mots restaient bloqués dans ma gorge, écrasés sous le poids de
l’incompréhension et de l’incertitude qui m’étouffaient. La porte de la cafétéria s’ouvrit
soudainement, et une silhouette familière apparut dans l’encadrement. Katherine. La femme
au chapeau, une présence à la fois intrigante et inquiétante. Toujours vêtue de noir, elle flottait
dans la pièce telle une ombre élégante, son regard glacial glissant sur nous tous sans jamais se
poser. Son sourire, comme d’habitude, n’atteignait pas ses yeux, laissant une sensation de
froideur persistante dans l’air. Elle s’assit à notre table sans un mot, ses yeux balayant la pièce
d’un regard aussi supérieur qu’impassible. Il n’y avait jamais rien de chaleureux chez elle, juste
une autorité tacite, comme une force invisible qu’elle imposait silencieusement. Je la regardai
furtivement, un frisson d’appréhension me traversant l’échine. Quelque chose en elle ne me
revenait pas, une dissonance étrange, comme si elle n’était pas tout à fait à sa place ici. Mais je
chassai cette pensée, l’écartant aussi vite qu’elle était apparue. Pas maintenant. Pas ici. Je pris
une bouchée, un peu plus déterminée à finir mon repas, même si les vers dans mon assiette
semblaient se tordre et se dérouler d’une manière de plus en plus repoussante. C’était un effort,
une lutte contre la nausée qui montait, mais je m’y accrochais, préférant garder une certaine
dignité, même dans ce moment étrange et inconfortable. Le château semblait respirer sous la
nuit noire, ses pierres anciennes murmurant des secrets oubliés, comme un cœur battant dans
l’ombre. L’air, lourd et épais, semblait se suspendre autour de nous, comme si la terre elle-
même retenait son souffle. Chaque coin de ce lieu mystique semblait vibrer d’une énergie qui
m’échappait, une magie cachée dans les pierres, enfouie sous les siècles. C’était presque
comme si le château était vivant. Soudain, la voix de la directrice fendit l’air, brisant le silence
pesant d’un coup. "Un évadé de prison," dit-elle, grave et claire. "Restez sur vos gardes. Le
château fermera à 21h." Le mot "prisonnier" se répercuta dans la salle, lourd, comme un coup
de tonnerre dans la nuit. Chaque syllabe semblait porter une menace palpable, une tension qui
se diffusa instantanément dans l’atmosphère, faisant frissonner l’ensemble des élèves, d’une
manière presque imperceptible, mais indéniable. Le silence se fit encore plus lourd, comme si
chaque respiration était suspendue. "Qui est-ce ?" demanda une voix tremblante, un éclat de
peur glissant dans la question. La directrice leva les yeux, ses traits tirés, et je crus voir un
instant de crainte dans son regard. "Andy Cruse, surnommé 'Le Chat'," répondit-elle. À
l'évocation de ce nom, une onde de frissons traversa la pièce. Les murmures montèrent, un
vacarme sourd, chaque visage marqué d’effroi, d’incertitude, et, curieusement, aussi d'une
curieuse fascination. Andy Cruse. Le nom d’un fantôme du passé, celui d’un criminel dont les 5
exploits, si l’on pouvait les appeler ainsi, étaient devenus légende. Il avait semé la terreur il y a
mille ans, un spectre toujours aussi menaçant et réel que les murs mêmes du château. Mais
parmi nous, une présence étrange restait implacable. Marianna. Elle ne bougeait pas. Ses yeux
étaient fixés sur son assiette, ses mains délicates entrelacées comme si elle était une
spectatrice de ce moment effrayant, détachée de tout. Aucun tremblement. Aucune frayeur.
Juste une froideur presque... inhumaine. Il y avait quelque chose chez elle, une sérénité étrange,
qui me glaçait sans que je puisse comprendre pourquoi. "Ne sortez pas dans la forêt," reprit la
directrice, sa voix maintenant teintée d’une menace claire. "Ce prisonnier est un danger. Restez
dans les murs du château." Les portes se fermèrent alors, brisant les murmures effrayés qui se
propageaient dans la pièce. Nous nous dirigions tous vers nos dortoirs, mais un poids lourd
pesait sur mes épaules. Un tiraillement étrange. Quelque chose me poussait à regarder
Marianna une dernière fois, un sentiment pressant, comme si elle détenait une part de la vérité.
Mais quoi ? Que cachait-elle ? Pourquoi cette indifférence apparente, presque surnaturelle, face
à la menace d’un criminel mythique ? Cela me glaçait, me troublerait sans doute encore
longtemps. Victor, fidèle à son rôle d’ombre protectrice, se glissa près de moi. Il semblait plus
tendu que d’habitude, ses traits figés dans une expression d’inquiétude. "Andy Cruse…"

5
murmura-t-il, presque comme une confession. "C’est l’un des plus grands criminels. Il a tué…
des gens il y a des années. Une véritable légende noire. On raconte que ses pouvoirs étaient
inégalés. Personne ne savait vraiment comment l’arrêter." Je l’écoutais sans le quitter des yeux,
mais une autre pensée me traversa. L’idée que Marianna semblait si calme face à ce danger, et
que ce nom – "Le Chat" – faisait écho en moi de façon étrange. Un écho trop familier. Un
mystère que je n’arrivais pas encore à saisir. Je pris le grimoire entre mes mains, ses pages
usées sous mes doigts comme si elles attendaient d’être tournées depuis des siècles. Le livre
semblait vibrer d’une énergie ancienne, presque imperceptible, mais indéniablement présente.
L’air autour de moi s’était alourdi, et la lumière vacillante des bougies jetait des ombres
dansantes sur les murs de la salle des magies. C’était comme si la pièce elle-même retenait son
souffle. Victor, de l'autre côté de la pièce, observait attentivement ma réaction. Il ne disait rien,
mais ses yeux, perçants et gravement fixés sur moi, semblaient implorer une réponse. La
réponse que je n'avais pas encore. "Les réponses sont dans ce livre, Amber", dit-il, sa voix un
murmure entre les murs, "mais tu dois être prête à les affronter." Je sentis un frisson me
parcourir. Être prête à affronter quoi ? Cette question flottait dans mon esprit, mais je n’osais la
formuler à haute voix. L’atmosphère pesante de la salle semblait se resserrer autour de moi à
mesure que j'ouvrais lentement le livre, la couverture craquant sous le mouvement. Les
premières pages étaient couvertes de symboles que je ne comprenais pas. Ils brillaient d'une
lueur douce, presque invisible, comme si la magie elle-même avait besoin de temps pour se
révéler à ceux qui étaient dignes de la découvrir. Je parcourus quelques lignes, 5 cherchant à
déchiffrer les mots qui semblaient se dérober à moi, mais une phrase en particulier me sauta
aux yeux, inscrite en lettres dorées : "Le destin de tous repose sur la clé que tu portes." Je
m’arrêtai net. La clé… je suis la clé ? La vérité m’apparut comme une gifle, mais une vérité que
je savais déjà. Tout ce qui avait conduit à ce moment, tout ce que j'avais vécu dans ce château,
les rencontres, les épreuves, tout cela m'avait préparée à comprendre cette réalité. La clé,
c’était moi. C’était mon pouvoir, ma responsabilité, mon fardeau. Un bruit sourd se fit entendre
à la porte. Je levai les yeux, le cœur battant plus fort. Victor n’eut pas besoin de parler. Il savait,
tout comme moi, que le danger se rapprochait. Et si Andy Cruse, le Chat, était vraiment là,
parmi nous… tout allait basculer. Les ombres de la pièce semblaient se tordre sous l’impact de
cette menace, et une lourde chaleur monta en moi, l’idée de ce qui pourrait arriver si je ne
parvenais pas à comprendre ce qui m'attendait. Je refermai le livre, résolue. L’angoisse était
toujours là, mais désormais, je la comprenais. Je n'avais pas le choix. Tout ce que je savais, tout
ce que j'avais découvert, me mena vers ce moment. Victor s'approcha lentement, ses yeux
toujours fixés sur le grimoire. Il hocha la tête avec une gravité silencieuse, et d'un ton plus bas,
presque solennel, il murmura : "Nous n'avons plus de temps à perdre." Je savais qu’il avait
raison. La vérité m'était dévoilée, et le chemin devant moi, aussi obscur soit-il, était celui que je
devais suivre. Pour l'instant, tout ce que je pouvais faire, c’était l’accepter. Les heures s’étiraient
interminablement, et les ombres de la nuit semblaient s’allonger dans chaque recoin de la
pièce. Le silence du dortoir, à peine troublé par les murmures de Vicky, me pesait sur les
épaules. Je n’arrivais pas à fermer l’œil. L'image d'Andy Cruse, son regard froid et sans émotion,
hantait mes pensées. J’avais entendu des histoires, mais rien ne m’avait préparée à la réalité de
ce qu’il représentait. Je m’allongeai sur le lit, les yeux fixés sur le plafond, tentant de repousser
l’angoisse. Mais l’air dans la chambre semblait s’être épaissi, chaque respiration devenant plus
difficile, comme si quelque chose nous observait dans l’obscurité. Le son d’un pas lourd me fit
sursauter. La porte du dortoir s’ouvrit doucement. Une silhouette se dessina dans
l’encadrement. C’était Victor. "Tu ne dors pas non plus ?" murmura-t-il, sa voix basse et tendue.
Je me redressai dans le lit, surprise de le voir là. "Je n’arrive pas à y croire… Andy Cruse… C’est…
c’est comme un fantôme, non ?" 5 Victor s’approcha lentement, son regard préoccupé. "Il n’est
pas un fantôme, Amber. C’est bien pire que ça. Il est réel, et il est là, parmi nous." Le froid dans
sa voix me fit frissonner. Il n’y avait aucune trace de doute dans ses yeux. La menace était bien
présente, palpable. "Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi il est revenu ici ?" Il soupira, se
passant une main dans les cheveux. "Ce château… Il renferme plus de secrets que tu ne
l’imagines. Andy Cruse est lié à tout ça. Et il n’est pas le seul. La magie ici… Elle a un prix. Et il
va tout faire pour l’obtenir." Je me sentais naître une peur nouvelle, plus profonde que tout ce
que j'avais ressenti jusque_là. L'incompréhension me paralysait. "Qu'est-ce que tu veux dire par
'le prix' ?" Victor hésita, comme s’il pesait chaque mot. "Il y a des choses que tu n’es pas encore

5
prête à comprendre. Mais tu vas devoir le faire, Amber. Parce que tout ce que tu sais sur ce
château, sur ce monde… ça va changer." Il tourna les talons, s’apprêtant à partir, mais s'arrêta
sur le seuil de la porte. "Essaie de dormir. Le reste viendra, tôt ou tard." Je le regardai s’éloigner
dans l’obscurité, le cœur lourd. Un vertige m’envahit, comme si je m’étais aventurée dans un
monde dont les règles m’échappaient complètement. Et quelque chose au fond de moi me
disait que ce n’était que le débutSa mâchoire se serra, et son regard, habituellement perçant,
devint un véritable glaive digne d’un duel entre sorciers. « Si je dois le faire, je le ferai. Je me
suis promis de t’aider à réussir ta mission, et crois-moi, je ne déroge jamais à mes
promesses. » Ses paroles, aussi froides et tranchantes qu’un vent d’hiver, étaient une
promesse de détermination, mais aussi une menace voilée.
Un sentiment d’irritation sourde monta en moi, comme une tempête prête à éclater. « Tu t’es
un peu trop investi dans cette histoire, non ? » lançai-je, ma voix trahissant une colère que je
n’avais pas prévu de laisser transparaître. J’en avais assez de cet air autoritaire, presque
possessif, qui le transformait en un général sur le champ de bataille, sans intention de
reculer.
Il me fixa intensément, ses yeux devenant deux braises glacées qui semblaient percer mon
âme. « Si tu échoues, je te punirai. »
Je frémis, une chaleur étrange montant dans ma nuque, comme si mes propres mots avaient
réveillé un dragon endormi. « Et comment ? » demandai-je, ma voix tranchante comme la
lame d’un couteau, l’irritation bien plus forte qu’auparavant.
Mike me scruta un instant, son regard se faisant encore plus froid, tel un iceberg menaçant.
« Tu n’aimerais pas savoir. » Il attrapa mon poignet, le serrant juste assez pour marquer son
pouvoir, une démonstration de force qui fit palpiter mon cœur avec une rapidité alarmante.
Je restai figée, incapable de bouger, avant qu’il ne relâche ma main brusquement, comme
s’il venait de réaliser la brutalité de son geste.
À cet instant, Victor, notre mentor à l’allure rassurante, intervint, son visage empreint
d’inquiétude. « Mike, qu’est-ce que tu fais ? » Il se plaça entre nous, agissant comme un
bouclier protecteur, prêt à me défendre contre la tempête qui se formait autour de moi.
Mike le fixa un instant, les poings serrés, mais ne répondit pas, un silence chargé de tension
s’installant. « Ça ne te regarde pas, » lança-t-il sèchement, avant de se détourner,
s’éloignant d’un pas furieux qui résonnait comme un coup de tonnerre dans l’atmosphère
oppressante de la pièce.
Victor se tourna vers moi, la douceur de sa voix venant briser le silence qui pesait sur mes
épaules. « Tu vas bien ? » Il avait ce don d’apaiser les tempêtes, un phare dans la noirceur
de mes pensées tourbillonnantes.
Je hochai la tête, tentant de masquer la tension qui me nouait la gorge. « Oui, je vais bien. »
Pourtant, mon cœur battait à tout rompre, une cacophonie de peur et de frustration refusant
de se dissiper.
« Ne laisse plus Mike te maltraiter, d’accord ? » Victor posa une main rassurante sur mon
épaule, sa chaleur enveloppante m’apportant un répit bienvenu. « Tu sais, on est là pour toi.
Si jamais il recommence, tu n’as qu’à me le dire. »
Je le regardai, un peu perdue, mais un frisson de gratitude m’envahit. « Ok. » Sa promesse
résonnait comme une douce mélodie, dissipant l’ombre que Mike avait laissée dans mon
esprit. Il prit ma main, et ensemble, nous nous dirigeâmes vers la cafétéria.
Mes pensées tourbillonnaient, des vagues d’angoisse et de confusion se mêlant à des
espoirs fragiles. Le château, avec son architecture majestueuse, était un lieu à la fois
rassurant et intimidant, comme un grand vaisseau naviguant entre les tempêtes et les cieux
étoilés. Mike, avec sa froideur et ses paroles tranchantes, était une brume constante,
obstruant ma vue. Mais il y avait aussi Victor, une bouffée d’air frais, un peu comme Mia,
mais avec une sagesse qui l’élevait au-dessus des autres.
Et puis, il y avait la magie. Elle était là, tout autour de moi, une présence silencieuse,
vibrante, pleine de promesses. Je savais que je devais l’accepter, la comprendre, la
maîtriser pour réussir la mission qui m’attendait. Mais pour l’instant, tout ce que je souhaitais,
c’était un peu de calme. Un peu de paix.

5
Je marchais en silence à côté de Victor, écoutant le bruit doux de nos pas sur le sol de
pierre, un léger apaisement venant calmer la tempête qui faisait rage dans mon esprit. Le
château semblait vaste, immense, mais aussi étrangement intime, comme un monde à part
où chaque couloir racontait une histoire.
Nous nous installâmes à une grande table où plusieurs personnes étaient déjà assises,
plongeant dans leur repas dans un silence presque sacré. Les femmes qui servaient les
plats semblaient figées, presque spectrales, comme des ombres flottantes qui observaient
sans jamais toucher les aliments. La nourriture, cependant, semblait être animée d’une vie
propre. Elle se soulevait du plat avec une grâce fluide, comme si elle dansait dans l’air avant
de se déposer délicatement dans les assiettes superposées, une après l’autre.
Je n’avais jamais rien vu de tel. C’était fascinant, mais aussi légèrement déroutant. Une fois
l’assiette servie, elle glissait en douceur vers nous, rejoignant un grand sceau posé dans un
coin de la salle, où les autres plats s’amassaient en silence. Mes yeux suivaient ce
mouvement avec une curiosité mêlée d’hésitation.
La nourriture, en elle-même, était... particulière. Ce soir-là, le menu consistait en des pâtes
aux grenouilles accompagnées de vers de terre. Les vers bougeaient encore, vivants,
frémissant dans mon assiette, s’enroulant autour des pâtes, leurs petits corps agitant l’air
dans une danse grotesque. Je déglutis difficilement, un frisson de dégoût me parcourant
l’échine, mais je savais que je n'avais pas vraiment le choix. La magie de ce lieu exigeait des
sacrifices.
Mia s’assit à côté de moi, son regard curieux se posant sur mon assiette. « Tu t’habitues à la
nourriture d’ici ? » demanda-t-elle, un éclat malicieux dans les yeux, comme si elle en savait
déjà plus qu’elle ne le laissait entendre.
« Un peu... » répondis-je, luttant pour ne pas laisser paraître combien cela me déstabilisait.
« Moi, au début, je n’osais même pas y toucher, » avoua-t-elle en riant doucement, son rire
cristallin apportant une légèreté bienvenue. « Tu es bien plus courageuse que moi. »
Un petit sourire timide échappa à mes lèvres alors que je l’observais, reconnaissant
l’étincelle d’amitié qui grandissait entre nous. « Ah, ok... »
« Tu sais, ne t’inquiète pas, » dit-elle, baissant la voix comme pour garder ce moment secret.
« C’est comme ça au début. Quand on commence à s’entraîner, on fait des erreurs, mais ça
passe. Tu vas t’y faire, et ça deviendra une aventure. »
Je hochai la tête, mais mon esprit était déjà ailleurs. L’échange avec Mike continuait de me
peser, une tension non résolue qui flottait entre nous depuis notre entraînement. Il y avait
quelque chose de lourd, de malaisé, que je n’arrivais pas à apprivoiser.
« Tu nous rejoins pour faire du yoga ? » demanda Mia, son ton léger, presque enjoué,
comme un rayon de soleil perçant à travers les nuages sombres.
Je la regardai un instant, le désir de fuir l’atmosphère oppressante de la salle m’effleurant,
mais je savais que ce n’était pas le moment de tout rejeter. « Non, je dois m’entretenir avec
la directrice. » Rien que l’idée de devoir lui parler me nouait l’estomac, une anxiété sourde
prenant forme à l’idée de l’affronter.
« Ah, ok, » répondit-elle, un peu déçue, mais elle ne s’attarda pas sur sa déception. « Donc,
la prochaine fois, alors. »
Et alors que mes pensées se débattaient dans un tourbillon d’émotions, je réalisai que,
malgré les tempêtes qui faisaient rage autour de moi, il y aurait toujours des moments de
calme, des rayons de lumière dans l’ombre de mes doutes. Il me restait à apprendre à
naviguer entre les deux, à plonger dans la magie que ce monde offrait, tout en gardant mon
cœur en sécurité.
Je voulais lui répondre, lui dire que j’espérais bien la rejoindre une autre fois, mais
mes mots restaient bloqués dans ma gorge, écrasés sous le poids de
l’incompréhension et de l’incertitude qui m’étouffaient.
Soudain, la porte de la cafétéria s’ouvrit avec fracas, et une silhouette familière
apparut dans l’encadrement. Katherine. La femme au chapeau, une figure à la fois
intrigante et inquiétante. Toujours vêtue de noir, elle flottait dans la pièce telle une
ombre élégante, ses mouvements empreints d'une grâce presque surnaturelle. Son

5
regard glacial balayait la pièce, effleurant chacun de nous sans jamais vraiment
s’arrêter. Son sourire, comme d’habitude, n’atteignait jamais ses yeux, laissant
derrière lui un frisson de froid dans l’air.
Elle s’assit à notre table sans un mot, ses yeux balayant la pièce d’un regard
supérieur et impassible, comme si elle était la gardienne d’un secret ancien. Il n’y
avait rien de chaleureux chez elle, juste une autorité tacite, comme une force
invisible qu’elle imposait silencieusement. Un frisson d’appréhension me traversa
l’échine. Quelque chose en elle ne me revenait pas, une dissonance étrange, comme
si elle n’était pas tout à fait à sa place ici. Mais je chassai cette pensée, l’écartant
aussi vite qu’elle était apparue. Pas maintenant. Pas ici.
Je pris une bouchée, un peu plus déterminée à finir mon repas, même si les vers
dans mon assiette semblaient se tordre et se dérouler d’une manière de plus en plus
repoussante. Chaque mouvement était une lutte contre la nausée qui montait, mais
je m’y accrochais, préférant garder une certaine dignité, même dans ce moment
étrange et inconfortable.
Le château semblait respirer sous la nuit noire, ses pierres anciennes murmurant des
secrets oubliés, comme un cœur battant dans l’ombre. L’air, lourd et épais,
s’accrochait à nous, comme si la terre elle-même retenait son souffle. Chaque recoin
de ce lieu mystique semblait vibrer d’une énergie qui m’échappait, une magie cachée
dans les pierres, enfouie sous les siècles. C’était presque comme si le château était
vivant, conscient des âmes qui erraient en lui.
Soudain, la voix de la directrice fendit l’air, brisant le silence pesant d’un coup. « Un
évadé de prison, » dit-elle, grave et claire. « Restez sur vos gardes. Le château
fermera à 21h. »
Le mot "prisonnier" se répercuta dans la salle, lourd, comme un coup de tonnerre
dans la nuit. Chaque syllabe semblait porter une menace palpable, une tension qui
se diffusa instantanément dans l’atmosphère, faisant frissonner l’ensemble des
élèves, d’une manière presque imperceptible mais indéniable. Le silence devint plus
lourd, comme si chaque respiration était suspendue, figée dans un moment de
terreur.
« Qui est-ce ? » demanda une voix tremblante, un éclat de peur glissant dans la
question.
La directrice leva les yeux, ses traits tirés, et je crus déceler un instant de crainte
dans son regard, une faiblesse fugace qui tranchait avec son autorité habituelle. «
Andy Cruse, surnommé 'Le Chat', » répondit-elle, son ton empreint d'une gravité qui
résonnait comme un glas.
À l'évocation de ce nom, une onde de frissons traversa la pièce. Les murmures
montèrent, un vacarme sourd, chaque visage marqué d’effroi, d’incertitude, et
curieusement, d’une fascinante curiosité. Andy Cruse. Le nom d’un fantôme du
passé, celui d’un criminel dont les exploits, si l’on pouvait les appeler ainsi, étaient
devenus légende. Il avait semé la terreur il y a des siècles, un spectre toujours aussi
menaçant et réel que les murs mêmes du château.
Mais parmi nous, une présence étrange restait implacable. Marianna. Elle ne
bougeait pas. Ses yeux étaient fixés sur son assiette, ses mains délicates
entrelacées, presque comme si elle était une spectatrice de ce moment effrayant,
détachée de tout. Aucun tremblement. Aucune frayeur. Juste une froideur presque...
inhumaine. Il y avait quelque chose chez elle, une sérénité étrange, qui me glaçait
sans que je puisse comprendre pourquoi.
« Ne sortez pas dans la forêt, » reprit la directrice, sa voix maintenant teintée d’une
menace claire. « Ce prisonnier est un danger. Restez dans les murs du château. »

5
Les portes se fermèrent alors, brisant les murmures effrayés qui se propageaient
dans la pièce comme des vagues sur une plage déchaînée. Nous nous dirigeons
tous vers nos dortoirs, mais un poids lourd pesait sur mes épaules. Un tiraillement
étrange. Quelque chose me poussait à regarder Marianna une dernière fois, un
sentiment pressant, comme si elle détenait une part de la vérité. Mais quoi ? Que
cachait-elle ? Pourquoi cette indifférence apparente, presque surnaturelle, face à la
menace d’un criminel mythique ? Cela me glaçait, me troublerait sans doute encore
longtemps.
Victor, fidèle à son rôle d’ombre protectrice, se glissa près de moi. Il semblait plus
tendu que d’habitude, ses traits figés dans une expression d’inquiétude. « Andy
Cruse… » murmura-t-il, presque comme une confession. « C’est l’un des plus grands
criminels. Il a tué… des gens, il y a des années. Une véritable légende noire. On
raconte que ses pouvoirs étaient inégalés. Personne ne savait vraiment comment
l’arrêter. »
Je l’écoutais sans le quitter des yeux, mais une autre pensée me traversa. L’idée que
Marianna semblait si calme face à ce danger, et que ce nom – "Le Chat" – faisait
écho en moi d’une manière troublante. Un écho trop familier. Un mystère que je
n’arrivais pas encore à saisir.
Je pris le grimoire entre mes mains, ses pages usées sous mes doigts comme si
elles attendaient d’être tournées depuis des siècles. Le livre semblait vibrer d’une
énergie ancienne, presque imperceptible, mais indéniablement présente. L’air autour
de moi s’était alourdi, et la lumière vacillante des bougies jetait des ombres
dansantes sur les murs de la salle des magies. C’était comme si la pièce elle-même
retenait son souffle.
Victor, de l'autre côté de la pièce, observait attentivement ma réaction. Il ne disait
rien, mais ses yeux, perçants et gravement fixés sur moi, semblaient implorer une
réponse. La réponse que je n'avais pas encore.
« Les réponses sont dans ce livre, Amber, » dit-il, sa voix un murmure entre les
murs, « mais tu dois être prête à les affronter. »
Je sentis un frisson me parcourir. Être prête à affronter quoi ? Cette question flottait
dans mon esprit, mais je n’osais la formuler à haute voix. L’atmosphère pesante de
la salle semblait se resserrer autour de moi à mesure que j'ouvrais lentement le livre,
la couverture craquant sous le mouvement.
Les premières pages étaient couvertes de symboles que je ne comprenais pas. Ils
brillaient d'une lueur douce, presque invisible, comme si la magie elle-même avait
besoin de temps pour se révéler à ceux qui étaient dignes de la découvrir. Je
parcourus quelques lignes, cherchant à déchiffrer les mots qui semblaient se dérober
à moi, mais une phrase en particulier me sauta aux yeux, inscrite en lettres dorées :
"Le destin de tous repose sur la clé que tu portes."
Je m’arrêtai net. La clé… je suis la clé ?
La vérité m’apparut comme une gifle, mais une vérité que je savais déjà. Tout ce qui
avait conduit à ce moment, tout ce que j'avais vécu dans ce château, les rencontres,
les épreuves, tout pointait vers moi. Une peur sourde et une détermination nouvelle
se mêlaient en moi, un mélange explosif. Je sentais que je ne pouvais plus reculer.
La magie, le danger, même ces ombres menaçantes, tout cela était lié à moi et à ma
mission.
Je fermai les yeux un instant, rassemblant mes pensées, puis je rouvris le livre, prête
à plonger dans les mystères qu’il renfermait. C’était là, dans ces pages, que se
trouvait mon avenir, mon destin. Les voix du passé murmuraient autour de moi, et je

5
savais que la clé de tout, celle qui pouvait ouvrir la porte vers la vérité, était à portée
de main.

Tout cela m'avait préparée à comprendre cette réalité. La clé, c’était moi. C’était mon
pouvoir, ma responsabilité, mon fardeau, et je commençais à réaliser l’ampleur de ce que
cela impliquait.
Un bruit sourd résonna à la porte, me faisant sursauter. Je levai les yeux, le cœur battant la
chamade. Victor n’eut pas besoin de parler. Son visage, habituellement serein, était devenu
grave. Nous savions tous les deux que le danger se rapprochait. Si Andy Cruse, le Chat,
était vraiment là, parmi nous… tout allait basculer.
Les ombres de la pièce semblaient se tordre sous le poids de cette menace, et une lourde
chaleur monta en moi, alimentée par l’idée de ce qui pourrait arriver si je ne parvenais pas à
comprendre ce qui m'attendait. Je refermai le livre avec détermination, mes pensées
s'accélérant. L’angoisse persistait, mais désormais, je l’acceptais. Je n'avais pas le choix.
Tout ce que je savais, tout ce que j'avais découvert, m'amenait vers ce moment décisif.
Victor s'approcha lentement, ses yeux toujours fixés sur le grimoire. Il hocha la tête avec une
gravité silencieuse, et d'un ton plus bas, presque solennel, il murmura : « Nous n'avons plus
de temps à perdre. »
Ses mots résonnèrent en moi comme un appel à l’action. Je savais qu’il avait raison. La
vérité m'était révélée, et le chemin devant moi, aussi obscur soit-il, était celui que je devais
suivre. Pour l’instant, tout ce que je pouvais faire, c’était l’accepter et avancer.
Les heures s’étiraient interminablement, et les ombres de la nuit semblaient s’allonger dans
chaque recoin de la pièce. Le silence du dortoir, à peine troublé par les murmures de Vicky,
m’écrasait de son poids. Je n’arrivais pas à fermer l’œil. L'image d'Andy Cruse, son regard
froid et sans émotion, hantait mes pensées. J’avais entendu des histoires, mais rien ne
m’avait préparée à la réalité de ce qu’il représentait.
Je m’allongeai sur le lit, les yeux fixés sur le plafond, tentant de repousser l’angoisse. Mais
l’air dans la chambre semblait s’être épaissi, chaque respiration devenant plus difficile,
comme si quelque chose nous observait dans l’obscurité, attentif à nos craintes.
Le son d’un pas lourd me fit sursauter. La porte du dortoir s’ouvrit doucement. Une silhouette
se dessina dans l’encadrement. C’était Victor.
« Tu ne dors pas non plus ? » murmura-t-il, sa voix basse et tendue résonnant dans le
silence comme une promesse de danger.
Je me redressai dans le lit, surprise de le voir là. « Je n’arrive pas à y croire… Andy Cruse…
C’est… c’est comme un fantôme, non ? »
Victor s’approcha lentement, son regard préoccupé, son expression grave. « Il n’est pas un
fantôme, Amber. C’est bien pire que ça. Il est réel, et il est là, parmi nous. »
Le froid dans sa voix me fit frissonner. Il n’y avait aucune trace de doute dans ses yeux. La
menace était bien présente, palpable. « Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi revient-il ici ?
»
Il soupira, se passant une main dans les cheveux, un geste de frustration et de tension
mêlées. « Ce château… Il renferme plus de secrets que tu ne l’imagines. Andy Cruse est lié
à tout ça. Et il n’est pas le seul. La magie ici… Elle a un prix. Et il va tout faire pour l’obtenir.
»
Je sentais naître en moi une peur nouvelle, plus profonde que tout ce que j'avais ressenti
jusqu'alors. L'incompréhension me paralysait. « Qu'est-ce que tu veux dire par 'le prix' ? »
Victor hésita, pesant soigneusement chaque mot qui franchirait ses lèvres. « Il y a des
choses que tu n’es pas encore prête à comprendre. Mais tu vas devoir le faire, Amber. Parce
que tout ce que tu sais sur ce château, sur ce monde… ça va changer. »
Ses mots résonnaient comme une prophétie, une alerte dans la nuit. Une partie de moi
souhaitait fuir, ignorer les sombres vérités qui se profilaient à l’horizon, mais une autre partie,
plus forte, savait que je ne pouvais pas. Je devais me battre, non seulement pour moi, mais
aussi pour ceux qui m’entouraient. Le destin que je portais sur mes épaules était bien plus
lourd que je ne l’avais jamais imaginé.

5
« Je suis prête, » déclarai-je, la voix plus forte que je ne le pensais. « Dis-moi ce que je dois
faire. »
Victor me scruta un instant, ses yeux reflétant une lueur d’espoir mêlée à une crainte
palpable. « Alors, commençons par comprendre ce que nous avons entre les mains. Ce
livre… il cache des secrets, des réponses. Nous devons nous plonger dans ses pages avant
qu’il ne soit trop tard. »
Ensemble, nous nous penchâmes sur le grimoire, nos mains se frôlant, unissant nos destins
dans cette quête effrénée. Les mots sur la page dansaient sous nos yeux, promettant des
révélations et des dangers. L’air autour de nous était chargé d’électricité, comme si la magie
elle-même était prête à s’éveiller, à se libérer des chaînes du passé.
Alors que je tournais les pages, je réalisai que chaque symbole, chaque incantation, pourrait
bien être la clé pour affronter le Chat et tout ce qui l’accompagnait. Mon cœur battait au
rythme de l’inconnu, une cadence d’audace et de détermination. Je savais que je ne pouvais
pas reculer. Je devais avancer dans l’obscurité, avec Victor à mes côtés.
C’était notre moment. Un moment où la magie et le destin s’entremêlaient, et où la vérité,
bien que redoutable, nous attendait, impatiente d’être découverte.

4o mini

Il tourna les talons, s’apprêtant à partir, mais s'arrêta sur le seuil de la porte. "Essaie de
dormir. Le reste viendra, tôt ou tard."
Je le regardai s’éloigner dans l’obscurité, le cœur lourd. Un vertige m’envahit, comme si je
m’étais aventurée dans un monde dont les règles m’échappaient complètement. Et quelque
chose au fond de moi me disait que ce n’était que le début.
chapitre
Océanne s'effondra au sol, sa tête heurtant le carrelage froid avec un bruit sourd. Un instant,
tout sembla suspendu dans l’air. Puis, doucement, la pièce se remit en mouvement, les livres
retombant en une pluie silencieuse autour d’elle. La lumière vacillait, s’éteignant et se
rallumant par intermittence, comme une bougie chancelante sur le point de s’éteindre.
Mais Océanne ne bougeait plus.
Elle était restée là, allongée dans le silence, et pourtant, quelque chose d’invisible semblait
l’entourer, une présence pressante. Les ombres s'étaient amassées autour d'elle, épaissies par
l'obscurité de la pièce. Il y avait une lourdeur dans l’air, un poids qui rendait l’atmosphère
presque impossible à respirer.
Dans le couloir, tout était calme. Aucun bruit ne brisait le silence oppressant qui s'était abattu
sur le château. Le temps semblait avoir ralenti, suspendu dans cet instant de terreur et de
mystère. Mais dans la salle des magies, l’énergie ne cessait de croître, de se tordre dans des
formes invisibles. Chaque livre reposant au sol semblait chuchoter, comme s’il savait des
choses qu’il n’aurait jamais dû savoir.
Et pourtant, la magie de ce lieu, bien que puissante, n’était pas celle qu’Océanne avait
imaginée. Ce n’était pas une magie lumineuse, éclatante et belle. Non, cette magie-là était
sombre, inquiétante, comme une ombre qui se faufile dans l'ombre même.
Quand enfin elle réussit à se redresser, sa vision floue et son esprit embrouillé, Océanne
réalisa qu’elle n’était pas seule. Derrière elle, une silhouette se tenait dans l’obscurité. Elle
n’avait pas de forme claire, mais son énergie était telle que même l’air autour semblait vibrer.
Un souffle glacé effleura son visage. Elle se retourna brusquement, mais il n’y avait personne.
Il n’y avait plus que le silence, et l’odeur étrange de l’air, chargé de magie ancienne. Une
sensation de vertige la prit alors, comme si elle était en train de perdre pied avec la réalité.

5
Dans un murmure, presque imperceptible, une voix s'éleva dans l'air, comme une plainte. "Tu
n'es pas la première à découvrir ce secret, Océanne."
Elle se figea, le cœur battant dans sa poitrine. Cette voix... Elle semblait venir de partout et de
nulle part à la fois. "Qui es-tu ?" murmura-t-elle, sa voix tremblante. Mais la réponse ne vint
pas tout de suite.
"Tout est lié. Les livres... les ombres... l’histoire que tu crois connaître," continua la voix,
maintenant plus forte, plus pressante. "Il est là, dans l’obscurité, attendant. Et toi, tu
n’échapperas pas à ton destin."
Les mots résonnèrent dans sa tête, lourds de menaces, mais aussi d'une étrange urgence. Une
pensée s’imposa à elle, aussi claire que le cristal : elle n’était pas ici par hasard. Et ce qu’elle
venait de découvrir, ce secret ancien, allait la changer à jamais.
Les portes de la salle des magies se refermèrent dans un fracas soudain, emprisonnant
Océanne à l’intérieur. La lumière se coucha dans un dernier éclat, et tout devint noir.

4o mini

.
Chapitre
Je me suis levée lentement, encore sous l’emprise des brumes de mon rêve, une sensation
douce qui semblait m’envelopper comme une couverture chaude. La lumière matinale, filtrée
par les rideaux, jetait une lumière pâle sur la chambre, baignant l’espace d'une tranquillité
étrange. Les voix familières de ma famille flottaient dans l’air, se mêlant dans un murmure
lointain, comme si le monde extérieur était un rêve à lui seul.
Puis, dans un éclat de joie sans retenue, Vicky surgit de nulle part, ses bras m’enveloppant
avec une énergie qui me fit presque perdre mon équilibre. Son rire résonna dans la pièce,
éclatant et contagieux.
— Tu t’es réveillée, mon amie ! s’écria-t-elle, presque hors d’haleine, ses bras serrant autour
de moi comme si elle voulait m’emprisonner dans un câlin géant.
Je ris en me débattant légèrement, essayant de repousser son étreinte sans vraiment vouloir
m’échapper.
— Vicky, lui dis-je en riant, mes doigts effleurant sa taille, tu m’étouffes !
Elle recula enfin, me libérant, mais ses yeux pétillaient d’une lueur espiègle.
— Tu m’as manqué, dit-elle, son visage radieux sous l’éclat du matin.
Je la regardai avec amusement, un sourire qui se dessinait sur mes lèvres.
— Mais on s’est vus hier, répondis-je, surprise par son enthousiasme si débordant.
Elle haussait déjà les épaules, sans se laisser démoraliser.
— Mais je veux te voir tous les jours ! s’exclama-t-elle, les bras levés, comme si c’était une
évidence.
Je secouai la tête, amusée.
— Ok, c’est compris… mais va prendre une douche d’abord, tu as une haleine… Je me
pinçai le nez, mimant un geste de dégoût. Je suis sérieuse, Vicky.
Elle éclata de rire, les joues roses de gêne, mais se précipita néanmoins vers la salle de bain.
J’en profitai pour me lever moi aussi, mon esprit encore flou des restes de mon rêve. Après un
moment de préparation, nous nous dirigeâmes ensemble vers la salle à manger. Le doux
parfum du pain frais et du café chaud flottait dans l’air, éveillant mes sens.
Mia et Victor étaient déjà là, leurs visages montrant les traces de la douce fatigue d’un matin
tranquille. Victor me lança un sourire, ses yeux sincères.
— Amber, tu as bien dormi ? me demanda-t-il, son ton doux et plein d’attention.
Je lui répondis par un simple hochement de tête, un sourire s’épanouissant sur mes lèvres.
— Oui, merci.
Mia, quant à elle, ne manqua pas une occasion de taquiner.

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— Hum, l’amour est dans l’air, murmura-t-elle, un sourire malicieux étirant ses lèvres
tandis que son regard se posait sur Victor.
Victor rougit légèrement et détourna les yeux.
— Arrête, répliqua-t-il, ses joues affichant un rose gêné.
Mia, toujours plus espiègle, insista.
— Regarde-le, il sourit ! continua-t-elle, son regard brillant de malice.
Je ne pus retenir un éclat de rire en le voyant essayer de se défendre.
— Mia, tu te fais des films, dis-je en éclatant de rire. Tu n’as pas l’air de comprendre qu’il
n’y a rien.
Victor haussait les épaules, se contentant d’un sourire léger. Je me tournai alors vers lui, ma
curiosité piquée.
— Vick, tu manges ?
— Oui, répondit-il, toujours avec ce petit sourire tranquille, comme s’il n’était pas pressé.
— Ok, alors viens avec nous.
Nous entrâmes dans la salle à manger où la table semblait prête à nous accueillir. Les assiettes
se posèrent comme par magie devant nous, chacune dans une danse familière. Le parfum du
petit déjeuner envahit la pièce et un silence paisible se fit. Chaque geste quotidien, chaque
regard échangé, semblait être une danse parfaitement orchestrée.
Et puis, soudain, un cri perça l’air. Un cri si soudain, si perçant, qu’il fit s’arrêter le temps un
instant. Nos têtes se tournèrent toutes dans la direction du bruit.
La femme de ménage, les yeux écarquillés, apparut dans l’encadrement de la porte, son visage
pâle de terreur.
— Oh mon Dieu… Mademoiselle Océanne est morte !
Le temps sembla se suspendre. — Madame Océanne est morte, sanglota-t-elle, sa voix brisée.
Victor, la gorge serrée, s’avança.
— Comment est-ce possible ? demanda-t-il, sa voix tremblante.
— Elle est morte de quoi ?
La femme de ménage baissa la tête, les mains tremblantes, comme si elle redoutait de dire les
mots.
— Elle a été assassinée.
Un frisson glacé parcourut ma peau. À ce moment-là, la porte s’ouvrit lentement, et
Katherine, la femme au chapeau, fit son entrée. Elle balaya la pièce du regard, et tous les
regards se tournèrent vers elle, avant que chacun ne se disperse, le cœur lourd.
Je n'avais pas pu retenir ma question, un besoin irrépressible de comprendre.
— Comment vous le savez ?
Katherine se tourna vers moi, son regard impénétrable.
— Andy Cruse est en liberté. C’est sûrement lui qui a fait ça, répondit-elle d’une voix
froide et calme.
— Andy Cruse refait sa terreur… murmura quelqu’un, la peur dans les yeux.
Je sentis un malaise me saisir, et je n’eus pas peur de poser ma question.
— Qu’est-ce qui prouve que c’est lui ?
Tous se tournèrent vers moi, surpris par mon intervention. Je poursuivis, plus déterminée que
jamais.
— On ne peut pas l’accuser sans preuve, sans rien de concret.
Katherine resta silencieuse un instant, avant de lâcher un léger sourire sombre.
— De toute façon, le ministère de la magie viendra enquêter, dit-elle d’une voix glacée.
Cette mort fera l’objet d’une enquête. Ne soyons pas pressés. Si c’est Andy Cruse ou
non, nous verrons.
Elle disparut dans le couloir, nous laissant là, muets et pensifs. Mais quelque chose me
tracassait. Marianna, furtivement, s’était approchée du cadavre. Elle semblait observer chaque

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détail, avec une nervosité inhabituelle. Je remarquai alors une petite blessure sur sa main,
qu’elle tenta de dissimuler.
Où a-t-elle eu cette blessure ?
Je la suivis discrètement, mais une voix me fit sursauter.
— Amber, viens avec moi.
Je me retournai. C’était Katherine, qui me regardait avec insistance.
— Je ne peux pas… je… balbutiai-je, mes yeux cherchant une dernière fois Marianna.
— Tu viens ? insista-t-elle, ses doigts entrelacés dans un mouvement presque hypnotique.
— Oui, répondis-je enfin, un peu hésitante.
Je la suivis à travers le couloir sombre, un silence lourd pesant sur nous, comme un manteau
pesant que chacun d’entre nous s’efforçait de porter. Mia et les autres étaient restés près du
cadavre, leurs regards échappant à l’incompréhension, pleins de questions muettes qui
tourbillonnaient dans l’air lourd de mystères. Nos pas résonnaient sur les dalles froides alors
que nous nous dirigeâmes vers le bureau de Katherine, la porte se refermant dans un léger
grincement, comme un soupir de la vieille bâtisse.
Les couloirs du château murmuraient. Les murs, s’ils avaient eu des oreilles, auraient pu
témoigner de mille histoires, mais celle qui revenait sans cesse était la plus étrange de toutes :
Madame Katherine, l’énigmatique femme aux yeux perçants, n’avait pas toujours été
Katherine. Autrefois, elle portait un autre nom, un nom que l’on n’osait plus prononcer à voix
haute : Mirabelle.
Dans les profondeurs du passé, bien avant que les ombres ne s’attardent dans ses prunelles,
elle était Dame Mirabelle la Magnifique. D’une beauté saisissante, elle avait une cascade de
cheveux d’un noir d’encre et portait des robes si somptueuses qu’on murmurait qu’elles
étaient tissées avec la lumière des étoiles. Mais si son apparence était éblouissante, son
caractère, lui, était d’une noirceur toute différente.
Dame Mirabelle n’aimait personne. Pas par accident, ni par simple mauvaise humeur
passagère. Elle choisissait de mépriser. Les domestiques ? « Pathétiquement lents. » Les
chevaliers ? « Bruyants et ridicules dans leurs armures trop brillantes. » Quant aux licornes
qui broutaient paisiblement dans les jardins du Château des Étoiles Éternelles, elle leur jetait
des regards dédaigneux, murmurant d’un air exaspéré : « Elles sont affreusement mal
peignées. »
Son arrogance était légendaire, et bien que cela puisse paraître fascinant, les légendes ne se
terminent jamais bien pour ceux qui s’y complaisent trop. Un soir, lors d’un bal étincelant où
les lustres scintillaient comme des galaxies miniatures, une force ancienne aurait décidé de la
punir pour son mépris. Le lendemain, Dame Mirabelle avait disparu, laissant derrière elle des
souvenirs aussi éphémères que la lumière des étoiles.
Des années plus tard, dans un coin sombre du château, là où les chandelles peinent à percer
l’obscurité, une femme du nom de Madame Katherine observait le monde d’un regard
insondable, portant avec elle le poids d’un passé oublié.
En repensant à ma conversation avec Katherine, je me remis à réfléchir à ses paroles. «
Amber, j’ai entendu parler de ta dispute avec Mike. Je ne veux pas m’en mêler, mais Mike
m’en a parlé, et j’ai voulu intervenir. »
Je me souvins du ton protecteur dans sa voix, de la façon dont elle essayait d’agir en tant que
médiatrice, mais j’avais l’impression qu’elle connaissait déjà tout. « Il vous a envoyée pour
me présenter des excuses ? » demandai-je, la voix froide, les bras croisés.
Katherine, avec un sourire énigmatique, secoua la tête. « Non, mais pour que tu revoies ta
position. »
« Quelle position ? » demandai-je, perplexe.
« Voyons, Amber, tu t’es éloignée de lui. Il m’a fait part de sa peur de te parler. Vous étiez
complices avant, et il craint que tu lui aies envoyé un message d’adieu. »

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Son regard me perça, comme si elle cherchait à déceler mes pensées les plus intimes. Je ne
pouvais pas m’empêcher de me sentir vulnérable sous son regard.
« Désolée, mais je n’ai aucune envie de parler à Mike tant qu’il ne change pas d’attitude, »
répliquai-je, la frustration s’infiltrant dans mes paroles.
Katherine inclina légèrement la tête, une lueur de compréhension dans ses yeux. « Mike peut
paraître dur, mais au fond, c’est quelqu’un de bien. Si tu le laisses, il pourrait te surprendre. »
« Peut-être, mais il a été trop dur depuis le début. Il a joué avec moi. »
« Réfléchis-y… » répondit-elle avant de s’éclipser, me laissant seule avec mes pensées.
Le cœur lourd de contradictions, je restai là, dans le bureau vide, écoutant les murmures du
château. Les mots de Katherine tournaient dans ma tête, comme des échos insistants refusant
de se taire.
Lorsque je sortis de mes pensées, je remarquai un homme en costume, son expression calme
et presque sereine, un contraste frappant avec la situation. Son sourire se dissipa lentement,
laissant place à une gravité palpable.
« Vous avez bien entendu ce que la dame a dit, » dit-il en me jetant un coup d’œil. « Tout doit
être résolu rapidement. Andy Cruse est une menace, mais il n’a pas encore été prouvé qu’il
soit le responsable de tout ce qui se passe. »
Je le dévisageai, l’esprit tourmenté par ce mystère.
« Mais comment pouvez-vous être si sûr qu’il est innocent ? Et pourquoi cette urgence ? »
demandai-je, le regard insistant.
Il me regarda un instant, et je sentis une tension monter, comme si chaque mot qu’il allait
prononcer allait sceller notre destin.
« Vous avez l’œil, dit-il enfin, d’un ton grave. Les apparences sont souvent trompeuses. Mais
vous devriez vous méfier des jugements trop hâtifs. »
Mon esprit s’embruma de questions. Il était détaché, mais je savais qu’un regard plus profond
pouvait trahir des secrets inavoués.
« Vous dites cela parce que vous êtes sûr que je me trompe, ou parce que vous voulez me
détourner de ce que je pourrais découvrir ? » demandai-je, mon regard défiant le sien.
Il ne répondit pas immédiatement, jetant un coup d'œil furtif vers la porte, comme s’il hésitait
à me confier davantage. Puis, observant le paysage au-delà des vitres, il murmura : « Ce n’est
pas une question de tromperie, Amber. C’est une question de protéger ce qui est encore pur.
Vous n’êtes pas prête à voir toute la vérité. »
Ses paroles me frappèrent de plein fouet. Le mystère, la confusion, les non-dits… Tout cela
devenait un enchevêtrement de plus en plus dense, et j'avais la sensation de m'enfoncer dans
quelque chose dont je ne pouvais saisir que des bribes.
Je m’approchai de lui, les mains serrées à mes côtés. « Je suis prête, répliquai-je fermement.
Si vous continuez à me tenir à l’écart de ce qui se passe réellement, je n’aurai d’autre choix
que de prendre les choses en main. »
Il tourna lentement la tête vers moi, ses yeux sombres comme des abysses. J’eus l’impression
qu’il lisait mes pensées.
« Vous ne savez pas encore dans quoi vous vous engagez, dit-il simplement, avant de se
détourner.
Le silence s’installa à nouveau, plus lourd, entre nous. Je savais que chaque mot échangé,
chaque geste posé, me rapprochait du cœur de cette étrange énigme. Mais en dépit du danger,
une partie de moi était fascinée par ce mystère.
La dame au chapeau observa la scène, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Elle attendit
avant de se tourner vers moi, son regard aussi tranchant qu'un couteau.
« Je vois que vous avez bien compris ce qu’il attend de vous, dit-elle, sa voix grave, mais
douce, comme un murmure menaçant. »

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Je ne répondis pas tout de suite. Ses mots résonnaient encore dans ma tête, et la pression qui
pesait sur mes épaules semblait augmenter à chaque instant.
« Vous ne pouvez pas vous fier à tout ce qu’il vous dit, poursuivit-elle, son regard insistant. Il
y a des choses qu’il cache, des choses que vous ne pouvez même pas imaginer. »
Elle s'approcha lentement, son regard perçant ne quittant pas le mien. J'étais sur le point de lui
répondre, mais elle leva une main pour m'arrêter.
« Ne vous laissez pas manipuler. Vous avez l’intuition qu'il y a quelque chose de plus grand
derrière tout ça, n'est-ce pas ? Alors ne vous contentez pas de ce qu’on vous dit. »
Avant de quitter la pièce, elle se retourna une dernière fois, son regard lourd de signification.
« Marianna… elle n’est pas ce qu’elle semble être. Restez prudente. »
Elle disparut dans le couloir, me laissant là, seule, mes pensées tournant à toute vitesse. Qui
était réellement cette Marianna ? Pourquoi l'homme en costume semblait-il si intéressé par
elle ? Et pourquoi la dame au chapeau me mettait-elle en garde ?
Tout cela n’était qu’un enchevêtrement de mystères, mais une chose était claire : je ne
pouvais pas faire confiance à tout le monde. Les visages souriants pouvaient cacher des
intentions sinistres, et les secrets du château n’attendaient que d’être découverts, prêts à
m’engloutir dans leur obscurité.
Je pris une profonde inspiration, déterminée à percer les mystères qui m’entouraient. L’avenir
du château, le destin de ses habitants et peut-être même le mien dépendaient de la vérité que
je m’apprêtais à découvrir. Je n’étais plus seule dans cette quête. Une force silencieuse, un
lien entre moi et ceux qui m’entouraient, était en train de se tisser. Je devais juste m’assurer
de ne pas perdre de vue ce qui était véritablement important.

enchevêtrement de mystères, de pièces manquantes qui refusaient de s’assembler.

Bien sûr ! Voici une version retravaillée de l’histoire, avec un style inspiré de J.K. Je
baissai les yeux sur la carte qu’il m’avait donnée. C'était une simple carte de visite, mais elle
semblait peser une tonne. Peut-être qu’elle contenait la clé de tout ça, ou peut-être qu’elle allait
me plonger encore plus profondément dans une toile d’araignée dont je n’arriverais jamais à
me défaire. Je n’avais d'autre choix que de continuer à avancer, mais le doute me rongeait. 5
petite fenêtre à l'extrémité du couloir, illuminant faiblement le chemin devant elle. Marianna
avançait sans se presser, ses mains légèrement tendues, comme si elle cherchait à toucher
quelque chose dans l’air, quelque chose que seule elle pouvait percevoir. Le murmure qu’elle
prononçait s'intensifiait, devenant presque inaudible, mais chargé d’une étrange urgence. Je me
glissai plus profondément dans l'ombre, mes pas légers et mes pensées agitées. Mon cœur
battait plus fort à chaque mouvement de Marianna, comme si elle était sur le point de découvrir
quelque chose que j’ignorais, ou peut-être que c’était moi qui allais découvrir la vérité cachée
derrière ses paroles. Je restai là, à observer, immobile, le souffle retenu. Elle s'arrêta
soudainement devant une porte, une porte discrète au fond du couloir, presque invisible si on
n’y prêtait pas attention. Marianna posa une main tremblante sur la poignée, hésita un instant,
puis tourna lentement la clé. Le bruit du métal se déplaçant dans la serrure me fit sursauter. La
porte s'ouvrit avec un grincement sourd, et elle entra sans un regard en arrière. Je n’eus d'autre
choix que de m'avancer, le sentiment d'urgence me poussant à la suivre. Chaque pas me
rapprochait de l'inconnu, de cette vérité qui semblait m'échapper. Le silence qui s’abattit après
qu’elle ait franchi la porte était encore plus lourd, comme si quelque chose de fondamental
venait de se produire. Je jetai un dernier coup d'œil autour de moi. Le couloir semblait presque
figé dans le temps, comme un espace entre deux mondes. Je pris une profonde inspiration et
m'engouffrai à mon tour dans l'ouverture, la porte se refermant doucement derrière moi. Je

5
m’engouffrai dans la pièce, mon cœur battant la chamade, chaque respiration résonnant dans
le silence lourd autour de moi. La porte se referma lentement, dans un fracas étouffé, comme si
elle tentait de me retenir à l’extérieur. La lumière qui filtrait à peine par les rideaux épais jetait
des ombres étranges sur les murs, donnant à la pièce une atmosphère presque surnaturelle.
J’eus l’impression d’avoir franchi une frontière invisible, celle entre le connu et l’inconnu, entre
la réalité et un monde bien plus sombre. Marianna se tenait là, au centre de la pièce, les yeux
fixés sur quelque chose que je ne pouvais pas voir. Elle murmurait toujours, mais cette fois, ses
paroles étaient plus distinctes, comme si elles formaient une incantation secrète, une langue
oubliée. Ses mains tremblaient légèrement, et je vis un éclat étrange dans ses yeux, une lueur
que je ne pouvais pas décrire, une sorte de... reconnaissance. C’était comme si elle sentait ma
présence sans même avoir besoin de me regarder. Je m'approchai prudemment, chaque
mouvement calculé pour ne pas alerter Marianna. Mon esprit était en ébullition. Pourquoi était-
elle ici, dans ce lieu abandonné, murmurant ces mots incompréhensibles ? Et pourquoi avais-je
l’impression que tout cela ne faisait qu’effleurer la surface de quelque chose de bien plus vaste
et dangereux ? Elle tourna soudainement la tête, ses yeux me perçant comme si elle m’avait
attendue, comme si elle savait que j’étais là. Un frisson me parcourut, mais je refusai de reculer.
Elle leva une main, l'air hésitant, et me fit signe d'approcher. — Tu devrais partir, murmura-t-elle
d’une voix douce mais ferme. Ce n’est pas ton combat, Amber. 5 Mais ses paroles ne
m’arrêtaient pas. J'avais l’impression que tout ce que j’avais vécu jusque_là me conduisait droit
vers elle, vers cette vérité qui se cachait derrière ses yeux. Je fis un pas en avant, mes pensées
aussi confuses que la pièce elle-même. — Pourquoi suis-je ici, Marianna ? demandai-je d’une
voix plus tremblante que je ne l’aurais voulu. Elle me fixa un long instant, ses yeux brillants
d’une sagesse secrète, comme si elle détenait une clé que personne d'autre ne possédait. Puis,
enfin, elle parla, sa voix aussi douce qu'un souffle : — Parce que tu sais, et tu le sais depuis le
début. Mais tu n’as pas encore compris tout ce que cela implique. Elle se tourna alors vers
l’objet qui occupait son attention depuis le début : une petite boîte en bois, ancienne, finement
sculptée, posée sur une table poussiéreuse. Marianna tendit lentement la main, ses doigts
effleurant le bois d’un geste presque respectueux. — C’est ce que tout le monde cherche. Mais
ce que tu ignores, c’est qu’il y a bien plus en jeu que ce que tu penses. Bien plus que ce que tu
es prête à affronter. Je sentis une boule se former dans ma gorge. Chaque mot qu'elle
prononçait semblait creuser un peu plus profondément le fossé entre ce que je croyais savoir et
la vérité qui se dérobait toujours devant moi. J’avançais d’un pas, mes yeux fixés sur la boîte.
Mais une peur irrationnelle me saisit. Si je m’en approchais, que découvrirais-je vraiment ?
Marianna s’éloignait, marchant à pas feutrés, tandis qu’Amber, presque imperceptible dans
l’ombre, la suivait discrètement. Chaque mouvement de la jeune femme semblait mesuré,
précis, comme si elle était consciente d’être observée. La silhouette de Marianna se dirigea vers
la salle des magies, et avant d’entrer, elle s’arrêta un instant, jetant un regard furtif autour
d’elle, comme pour s’assurer qu’elle n’était pas suivie. La porte grincée sous sa main, et, avant
qu’Amber ne puisse réagir, Marianna pénétra dans la pièce, se fondant dans l’obscurité de son
intérieur. La porte se referma silencieusement derrière elle. Amber attendit un moment,
observant l’endroit avec une prudence discrète, avant de se glisser silencieusement derrière
elle, sans bruit, mais d’un pas décidé. La tension dans l’air était palpable, et un frisson glacial
parcourut sa peau. Chaque geste, chaque mouvement était une danse silencieuse entre elle et
l’obscurité. Dans la salle, Marianna se tenait là, les yeux fixés sur des objets dispersés dans la
pièce, comme si chacun d’eux détenait une clé secrète. Puis, sans crier gare, elle s'empara d’un
objet, une petite boîte ornée de motifs mystérieux, et la cacha précipitamment sous sa cape.
Amber n’eut pas le temps de réfléchir davantage. Une voix familière, basse et légèrement
inquiète, se fit entendre juste derrière elle. 5 — Tu es sûre de ce que tu fais ? demanda Victor, la
surprise dans sa voix trahissant une inquiétude naissante. Amber sursauta, mais se ressaisit
presque immédiatement. Elle leva un doigt en direction de Victor, lui intimant de ne pas faire de
bruit. Il s’exécuta, mais Amber pouvait voir son regard préoccupé, et une once de nervosité qu’il
n’essayait même plus de dissimuler. Elle se détourna alors de lui et se dirigea plus loin dans le
couloir, hors de vue de la salle des magies. — Tu es sûr que ça, on dirait que tu as vu un
fantôme, dit Victor, son regard scrutant les recoins sombres du château. Amber laissa sa
réponse flotter dans l’air comme un murmure lointain. — Des fantômes, on en voit partout dans
le château. La tension dans la pièce monta d’un cran. Victor fronça les sourcils, visiblement

5
agacé par la blague qu'Amber venait de faire. Mais elle n’y prêta pas attention. À cet instant,
elle était concentrée sur un seul et même objectif : comprendre ce que Marianna avait caché
dans cette salle. Le poids de l’ombre qui les enveloppait semblait se renforcer à chaque
seconde qui passait, comme si l’air lui-même portait des secrets que les murs avaient juré de
garder. Amber sentait que quelque chose de plus grand se tramait ici, que chaque mouvement,
chaque geste était un signe d’un enchevêtrement plus complexe qu’elle ne l’aurait cru. Mais à
cet instant, elle savait aussi que ce mystère ne se résoudrait pas sans qu’elle prenne de risques.
Victor ne répondit pas immédiatement. Ses yeux, plongés dans l’obscurité qui les entourait,
semblaient chercher quelque chose dans les ténèbres, un éclaircissement que seul le silence
pouvait offrir. Un moment passa, lourd et incommensurable, avant qu'il ne murmure, presque
pour lui-même : — Ce qui s’est passé est vraiment horrible, une fille morte, Andy Cruse... Je le
croyais méchant, mais pas à ce point. Amber frissonna, un frisson glacé s'insinuant sous sa
peau. La mention d'Andy Cruse, le nom qui avait hanté de nombreuses conversations ces
derniers jours, la perturba profondément. — Que veux-tu dire par là ? demanda-t-elle, un
pressentiment terrible lui nouant les entrailles. Quelque chose, dans la voix de Victor, lui disait
que la situation était bien plus complexe qu’elle ne l’avait imaginé. Victor tourna lentement son
regard vers elle, une expression de profonde inquiétude se lisant sur son visage. Il sembla
hésiter, comme s’il pesait chaque mot avant de le prononcer. — Rien. Va dormir. Ce n’est pas
bon de roder dans les parages à cette heure, répondit-il enfin, d’un ton qui se voulait rassurant,
mais qui trahissait une pointe de malaise. Puis, dans un sourire étrange, presque trop doux :
Heureusement que j'étais là pour te protéger. Imagine si Andy Cruse venait pour te faire du mal.
5 Il effleura doucement la main d’Amber, et le contact de sa peau la fit frissonner à nouveau,
mais cette fois-ci, d’une manière qu’elle ne comprenait pas. Avant même qu’elle ne puisse
répondre, un bruit sourd se fit entendre. Quelque chose dans l'air changea. Le gardien du
château, silhouette sombre et menaçante, se matérialisa soudainement au bout du couloir. Le
gardien s'approcha, ses pas lourds résonnant contre le sol comme une menace silencieuse,
brisant le calme de la nuit. Il scruta les deux jeunes gens avec un air de dédain marqué, ses
traits empreints d’une colère sourde, comme si leur seule présence le dérangeait
profondément. — Que faisiez-vous à cette heure ? dit-il, la voix glacée et pleine de mépris. Victor,
toujours aussi calme en apparence, répondit sans se laisser intimider par l'attitude du gardien.
Un sourire faussement tranquille sur les lèvres, il se contenta de répliquer : — Nous rentrions.
L’ombre du gardien sembla s’intensifier alors qu’il dévisageait Victor d’un regard perçant,
presque accusateur. Ses lèvres se tordirent en une moue de dédain avant de répondre : — Je
l’espère bien. Et que vous n’alliez pas rester là à poiroter comme de parfaits imbéciles. Il les fixa
encore un instant, une tension palpable entre eux, avant de tourner brusquement les talons. Son
imposante silhouette se perdit dans la pénombre du château, mais l'ombre qu’il laissait derrière
lui persistait, lourde et menaçante, comme s’il continuait à les observer même après son
départ. Amber sentit une étrange sensation, une pression oppressante dans l'air, comme si
quelque chose dans l’obscurité l’observait avec la même intensité que le gardien. Elle savait
qu’ils n’étaient pas seuls, que cet endroit, ce château, abritait plus que des secrets… il semblait
vivre, respirer, et se nourrir de leurs craintes. Victor ne répondit pas immédiatement. Il était trop
absorbé par ses pensées, son regard perdu dans l’obscurité. Puis, dans un murmure, il reprit : —
Ce qui s’est passé est vraiment horrible, une fille morte, Andy Cruse… Je le croyais méchant,
mais pas à ce point. Je le regardai, un frisson glacial m'envahissant. — Que veux-tu dire par là ?
demandai-je, le sentiment que quelque chose de terrible se préparait. Victor se tourna vers moi,
un air de profonde inquiétude sur le visage. — Rien. Va dormir. Ce n’est pas bon de roder dans
les parages à cette heure, dit-il, avant de sourire avec une douceur étrange. Heureusement que
j'étais là pour te protéger. Imagine si Andy Cruse venait pour te faire du mal. Il effleura
doucement ma main, puis ajouta, dans un souffle : 5 — Dors bien. Avant même que je puisse
répondre, le gardien du château, silhouette sombre et menaçante, arriva soudainement. Le
gardien du château s’approcha de nous, ses pas lourds résonnant dans le silence de la nuit. Il
nous observa avec un air de dédain, sa mine marquée par la colère, comme si notre simple
présence le dérangeait profondément. — Que faisiez-vous à cette heure ? dit-il d’un ton froid et
méprisant. Victor, toujours aussi calme en apparence, répondit rapidement, sans se laisser
intimider par l'attitude du gardien. — Nous rentrions. Le gardien sembla encore plus irrité. Il
nous lança un regard perçant, presque comme une accusation silencieuse, avant de répliquer :

5
— Je l’espère bien. Et que vous n’alliez pas rester là à poiroter comme de parfaits imbéciles. Il
nous fixa un instant, sa silhouette imposante se découpant dans l’obscurité, puis tourna les
talons, s’éloignant dans la pénombre du château. Mais sa présence persistait, pesante, même
après son départ. Comme une ombre qui nous suivait de près. — Ne t’inquiète pas, rentre. Victor
murmura ces mots tout en me souriant, mais son regard trahissait une inquiétude sourde,
difficile à ignorer. Je lui rendis son sourire, mais une étrange sensation me serra la poitrine.
Quelque chose n’allait pas, mais je ne savais pas encore quoi. Les murs du château semblaient
nous observer, leurs pierres usées témoignant d'un passé lourd de secrets. Alors que je
m'éloignais, je n'arrivais pas à chasser l'idée que cette nuit, le château n'était pas aussi calme
qu'il le paraissait. La nuit était tombée comme un voile épais, lourd de secrets et de murmures
inavoués. Les couloirs du château semblaient se plier sous son poids, chaque recoin, chaque
ombre, devenant le refuge des pensées les plus sombres. L’air était épais, presque palpable,
chargé d’une lourdeur que l’on ne pouvait nommer, mais qui imprégnait chaque souffle. Les
portraits sur les murs, figés dans le temps, semblaient se détacher lentement de la toile, leurs
yeux me suivant dans un silence menaçant. La nuit tombait sur le château, et ses murs de
pierre froide semblaient absorber toute lumière, plongeant les couloirs dans une pénombre
oppressante. Amber avançait lentement, ses pas résonnant faiblement sur le sol pavé. Le
silence était presque total, brisé seulement par le grattement lointain du vent contre les
fenêtres. 5 Je n’avais pas l’intention de me retrouver ici, au milieu de la nuit. Pourtant, une
sensation étrange m’avait tirée de mon sommeil, comme un appel silencieux qui me poussait à
explorer les méandres du château. Ma bague, toujours à mon doigt, semblait légèrement tiède,
presque comme si elle réagissait à quelque chose d’invisible. Je longeais un long couloir
faiblement éclairé par des chandeliers vacillants. Les ombres dansaient sur les murs, formant
des formes indistinctes qui donnaient à chaque recoin une aura d’incertitude. C’est alors que je
l’entendis : un murmure, doux et insistant, provenant d’une porte entrouverte un peu plus loin.
Je m’arrêtais net. Les chuchotements étaient à peine audibles, mais suffisamment clairs pour
éveiller ma curiosité. Je plissais les yeux, essayant de distinguer les mots, mais ils semblaient
s’échapper à mesure que je me concentrais. — Qui est là ? murmurai-je, ma voix résonnant
faiblement dans le couloir désert. Aucune réponse. Seuls les chuchotements continuaient,
comme un souffle léger porté par le vent, emportant avec lui des fragments de paroles. Je fis un
pas en avant, mon cœur battant la chamade, attirée par ce son si étrange, comme si quelque
chose d’indescriptible m’appelait. La porte se trouvait juste devant moi, mais je n’osais pas
l’ouvrir. Le silence s’était fait à nouveau pesant, comme une couverture oppressante, mais les
murmures, eux, n’avaient cessé de croître. Ce qu’ils murmuraient… Ce n’était pas humain.
Amber se tenait immobile dans le couloir sombre, le cœur battant à tout rompre. Elle n’avait
jamais ressenti une telle oppression, une présence aussi palpable. Le silence pesant qui régnait
autour d’elle semblait se faire plus lourd, plus oppressant, à chaque seconde qui passait. Elle
savait que quelque chose ne tournait pas rond, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
L'air, froid et étrange, avait un goût métallique, presque comme si la nuit elle-même s'était
métamorphosée en un piège. Puis, soudainement, la porte derrière elle se referma avec un bruit
sec, un claquement qui résonna dans l’obscurité. Amber sursauta, son souffle se bloquant dans
sa gorge. Elle se retourna brusquement, ses yeux cherchant une échappatoire, mais il n’y en
avait pas. La silhouette qui se tenait là, adossée contre le mur, semblait flotter dans la
pénombre, son manteau noir se fondant dans l’obscurité. La voix qui s’éleva était calme,
presque moqueuse, mais un frisson glacial parcourut le dos d’Amber. — Vous ne devriez pas être
ici, mademoiselle. Amber hésita, son regard fixant la silhouette sans pouvoir discerner ses
traits. Quelque chose dans l’air, dans l’ambiance de ce château, rendait chaque parole, chaque
mouvement suspect. Mais elle ne pouvait pas se permettre de se laisser intimider. — J’ai
entendu quelque chose, dit-elle, sa voix tremblant légèrement, trahissant l’anxiété qu’elle
tentait de dissimuler. Des chuchotements. Vous savez ce qu’il y a derrière cette porte ? 5
L’homme, ou plutôt l’apparition, se redressa lentement. Ses yeux brillaient faiblement sous le
large bord de son chapeau. Le silence s’étira, lourd et pesant, et Amber sentit une tension
soudaine envahir la pièce. — Ce château a ses secrets, répondit-il, son sourire énigmatique
illuminant un instant la pénombre. Certains secrets, dit-il avec une lenteur calculée, devraient
rester dans l’ombre. Vous feriez bien de retourner dans vos appartements avant de découvrir
des choses que vous n’êtes pas prête à comprendre. Un frisson parcourut Amber. Son instinct

5
lui disait que quelque chose n’allait pas, que cet homme n’était pas ce qu’il prétendait être.
Mais elle ne pouvait pas reculer. Pas maintenant. Pas après tout ce qu’elle avait ressenti. — Qui
êtes-vous ? demanda-t-elle, sa voix devenant plus ferme. L’homme ne répondit pas
immédiatement. Il pencha la tête, réfléchissant, avant de s’avancer lentement, sa silhouette se
fondant avec l’obscurité. — Moi ? Je suis le gardien. Je veille sur les couloirs de ce château, sur
les âmes qui s’y égarent. Sur celles qui pensent tout savoir et qui, parfois, ne font que gratter la
surface desowling, des dialogues plus intéressants, des personnages développés et
des changements pour les rendre plus attachants :

Je baissai les yeux sur la carte qu’il m’avait donnée. C'était une simple carte de
visite, mais elle semblait peser une tonne. Peut-être qu’elle contenait la clé de tout
cela, ou peut-être qu’elle allait me plonger encore plus profondément dans une toile
d’araignée dont je n’arriverais jamais à me défaire.
Je n’avais d'autre choix que de continuer à avancer, mais le doute me rongeait,
semblable à un rongeur qui grignote le cœur de mon courage. Mes pensées étaient
un enchevêtrement confus, tentant de percer le mystère de cette carte.
À l’extrémité du couloir, une lumière vacillante émanait d’une petite fenêtre,
illuminant faiblement le chemin devant moi. Marianna avançait sans se presser, ses
mains légèrement tendues, comme si elle cherchait à toucher quelque chose dans
l’air, une brume de magie que seule elle pouvait apercevoir. Le murmure qu’elle
prononçait s'intensifiait, devenant presque inaudible, mais chargé d’une étrange
urgence.
Je me glissai plus profondément dans l'ombre, mes pas légers, mais mon esprit
agité. Mon cœur battait plus fort à chaque mouvement de Marianna, comme si elle
était sur le point de découvrir un trésor caché. Je restai là, à observer, immobile, le
souffle retenu.
Elle s'arrêta soudainement devant une porte, une porte discrète au fond du couloir,
presque invisible pour un œil inattentif. Marianna posa une main tremblante sur la
poignée, hésita un instant, puis tourna lentement la clé. Le bruit du métal se
déplaçant dans la serrure me fit sursauter, résonnant comme une alarme dans le
silence. La porte s'ouvrit avec un grincement sourd, et elle entra sans un regard en
arrière.
Je n’eus d'autre choix que de la suivre, une force mystérieuse me poussant en avant.
Chaque pas me rapprochait de l'inconnu, de cette vérité qui semblait échapper à ma
compréhension. Le silence qui s’abattit après qu’elle ait franchi la porte était encore
plus lourd, comme si quelque chose de fondamental venait de se produire.
En entrant dans la pièce, je fus frappée par une atmosphère presque surnaturelle. La
lumière qui filtrait à peine par les rideaux épais projetait des ombres dansantes sur
les murs. J’avais l’impression d’avoir franchi une frontière invisible, celle entre le
connu et l’inconnu.
Marianna se tenait là, au centre de la pièce, les yeux rivés sur quelque chose que je
ne pouvais pas voir. Elle murmurait toujours, ses paroles formant une incantation
secrète, une langue oubliée. Ses mains tremblaient légèrement, et je vis un éclat
étrange dans ses yeux, une lueur de détermination mêlée de crainte. C’était comme
si elle sentait ma présence sans même avoir besoin de me regarder.
Je m'approchai prudemment, chaque mouvement précis pour ne pas l’alerter. Mon
esprit était en ébullition. Pourquoi était-elle ici, dans ce lieu abandonné, murmurant
ces mots incompréhensibles ? Et pourquoi avais-je l’impression que tout cela
n’effleurait que la surface d’un océan tumultueux ?

5
Elle tourna soudainement la tête, ses yeux me perçant comme si elle m’avait
attendue, comme si elle savait que j’étais là. Un frisson me parcourut, mais je refusai
de reculer. Elle leva une main, l'air hésitant, et me fit signe d'approcher.
— Tu devrais partir, murmura-t-elle d’une voix douce mais ferme. Ce n’est pas ton
combat, Amber.
Mais ses paroles ne m’arrêtaient pas. J'avais l’impression que tout ce que j’avais
vécu jusqu’alors me conduisait droit vers elle, vers cette vérité qui se cachait derrière
ses yeux. Je fis un pas en avant, mes pensées aussi confuses que la pièce elle-
même.
— Pourquoi suis-je ici, Marianna ? demandai-je d’une voix plus tremblante que je ne
l’aurais voulu.
Elle me fixa un long instant, ses yeux brillants d’une sagesse secrète, comme si elle
détenait une clé que personne d'autre ne possédait. Puis, enfin, elle parla, sa voix
aussi douce qu'un murmure :
— Parce que tu sais, et tu le sais depuis le début. Mais tu n’as pas encore compris
tout ce que cela implique.
Elle se tourna alors vers l’objet qui occupait son attention depuis le début : une petite
boîte en bois, ancienne, finement sculptée, posée sur une table poussiéreuse.
Marianna tendit lentement la main, ses doigts effleurant le bois d’un geste presque
respectueux.
— C’est ce que tout le monde cherche. Mais ce que tu ignores, c’est qu’il y a bien
plus en jeu que ce que tu penses. Bien plus que ce que tu es prête à affronter.
Je sentis une boule se former dans ma gorge. Chaque mot qu'elle prononçait
semblait creuser un peu plus profondément le fossé entre ce que je croyais savoir et
la vérité qui se dérobait toujours devant moi. Mon cœur battait la chamade,
m’alertant de la gravité de la situation.
J’avançais d’un pas, mes yeux fixés sur la boîte. Mais une peur irrationnelle me
saisit. Si je m’en approchais, que découvrirais-je vraiment ?
Marianna, dans un mouvement fluide, ouvrit la boîte avec précaution, révélant une
lueur éthérée qui dansait à l’intérieur, comme une étoile capturée. « C’est un
fragment de magie, Amber, » expliqua-t-elle, ses mots pesant comme une promesse.
« Un pouvoir ancien que beaucoup convoitent. »
Je retins mon souffle, fascinée et terrorisée à la fois. Les histoires que j’avais
entendues sur les reliques magiques prenaient vie, mais je savais aussi que chaque
pouvoir venait avec un prix.
« Pourquoi as-tu besoin de cette magie ? » demandai-je, ma voix tremblant
légèrement.
Marianna se tourna lentement vers moi, un sourire mélancolique flottant sur ses
lèvres. « Parce qu’il est temps de réveiller ce qui dort. Nous sommes à la croisée des
chemins, Amber. Une décision doit être prise. »
Je frémis à la pensée des choix à venir, réalisant que la ligne entre le bien et le mal
pouvait se brouiller dans l’ombre de cette pièce. « Et si je ne suis pas prête ? »
murmurai-je, la vérité de mes inquiétudes se manifestant à moi comme un spectre.
Marianna se rapprocha encore, son regard se faisant plus intense. « Tu es plus prête
que tu ne le penses. Chaque épreuve que tu as traversée t’a préparée à ce moment.
N’oublie jamais que la lumière et l’obscurité coexistent. C’est à toi de décider laquelle
tu choisiras. »
Je sentis une force se libérer en moi, une détermination qui grandissait. Je savais
que, peu importe la décision que je prendrais, elle serait mienne. Je n’allais pas fuir
la vérité. Je ne pouvais pas.

5
Alors que je m'approchais, l'air autour de nous sembla se charger d'électricité.
Marianna avait raison. Le moment de choisir était enfin arrivé, et cette fois, je ne
reculerais pas.
Un bruit soudain brisa notre concentration. La porte s’ouvrit avec fracas, laissant
apparaître Victor, essoufflé et inquiet. « Amber ! » s’écria-t-il. « Je t’ai cherchée
partout ! »
Je me retournai, surprise de le voir ici. « Victor, attends ! Je suis… »
Mais il ne laissa pas sa phrase se terminer, ses yeux se posant directement sur
Marianna. « Qu’est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-il, une note de défi dans sa voix.
Marianna leva les mains, l’air calme. « Je ne suis pas ici pour causer des ennuis,
Victor. Je guide Amber vers une vérité qu’elle doit découvrir. »
Victor se tourna vers moi, l’inquiétude marquant ses traits. « Que se passe-t-il ? »
Je pris une profonde inspiration, mes pensées en désordre. « Elle… elle a quelque
chose à me montrer. Une boîte avec… de la magie. »
La tension dans l’air était palpable. Victor, avec son sens aigu du danger, scrutait
Marianna, cherchant à déceler ses intentions. « Tu ne peux pas lui faire confiance,
Amber. Elle est liée à des choses que nous ne comprenons pas. »
Marianna, sans se laisser démonter, s’avança. « Je suis liée à ce château et à ses
secrets, Victor. Mais ce n’est pas mon histoire qui importe ici. C’est celle d’Amber.
Elle doit choisir son propre chemin. »
Je sentis mon cœur palpiter. Le poids des attentes me pesait, mais je savais que
l’heure de choisir approchait. Pour la première fois, je comprenais que je détenais les
rênes de mon destin.
— Vous êtes tous les deux importants pour moi, dis-je d’une voix ferme. Mais je dois
découvrir ce que cela signifie vraiment.
Les yeux de Victor s’adoucirent, et il acquiesça lentement. « Très bien. Mais nous le
ferons ensemble. Quelle que soit la vérité que tu découvres, tu ne seras pas seule. »
Je n’avais jamais été aussi reconnaissante d’avoir un ami comme lui à mes côtés.
Dans cette pièce sombre, avec Marianna et Victor, je savais que je n'étais plus seule
face à l'inconnu.
Alors que la tension se dissipait lentement, une nouvelle détermination s’installa en
moi. J’étais prête à faire face à la vérité, peu importe à quel point elle pouvait être
dérangeante.
La magie était là, dans l’air, prête à nous envelopper, et je savais que l’aventure ne
faisait que commencer.

.
Amber frissonna à nouveau, le nom d’Andy Cruse résonnant dans son esprit comme un
écho lugubre. Elle s'approcha un peu plus de Victor, cherchant du réconfort dans sa
présence, mais aussi des réponses.
— Que se passe-t-il vraiment ? demanda-t-elle, sa voix tremblant légèrement. Qui était cette
fille ? Pourquoi est-elle morte ?
Victor se tourna vers elle, son expression se durcissant. « C’est compliqué, Amber. Il y a des
choses dont je ne veux pas te parler, des choses qui pourraient te blesser. »
Elle sentit un sentiment de frustration monter en elle. « Je suis fatiguée des secrets, Victor.
Nous sommes déjà plongés dans cette histoire, alors autant que je sache tout, même si c’est
difficile à entendre. »
Un silence pesant s'installa entre eux, rempli de non-dits. Victor, habituellement si sûr de lui,
semblait tiraillé par ses propres pensées, et Amber pouvait voir son esprit jongler avec les
inquiétudes et les souvenirs.

5
— C'était une élève de l'école, une élève brillante, expliqua-t-il finalement, ses mots pesant
lourds de tristesse. Son nom était Lila. Elle… elle avait des promesses. Elle était spéciale.
Mais Andy… il l’a trouvée. Les rumeurs disent qu'il a voulu l'utiliser pour ses propres fins.
Amber blêmit à l'idée que l'un des élèves les plus redoutés du château puisse s'en prendre à
quelqu'un d’aussi innocent. Cela ne faisait que renforcer son sentiment que quelque chose
de très sombre se tramait ici.
— Mais pourquoi diable aurait-il fait ça ? demanda-t-elle, la colère montant en elle. Est-ce
qu’il voulait juste… s’amuser avec ses pouvoirs ?
Victor secoua la tête, une lueur d’amertume dans ses yeux. « Les rumeurs disent qu’Andy a
toujours été obsédé par la magie ancienne, un pouvoir que peu de gens peuvent contrôler.
Et il n’hésiterait pas à écraser quiconque se mettrait en travers de son chemin. »
Amber se mordit la lèvre, son esprit en ébullition. « Nous devons faire quelque chose. Nous
ne pouvons pas juste rester là à attendre qu’il frappe à nouveau. »
Victor soupira, son regard se durcissant. « Que peux-tu faire ? Tu es déjà en danger. Le
gardien n’est pas notre seul problème. Andy est puissant, et il a des alliés. »
« Je ne vais pas fuir, » répliqua-t-elle avec détermination. « J’ai déjà perdu trop de temps à
avoir peur. Je ne peux pas laisser cette situation s’aggraver sans agir. »
À cet instant, la voix de Marianna résonna dans leur esprit, une sorte de murmure
d’encouragement. "La vérité est le premier pas vers la libération."
Victor la regarda, une expression d’admiration mêlée d’inquiétude dans ses yeux. « Je ne
peux pas te laisser seule. Si nous faisons ça, nous devons le faire ensemble. »
Amber lui sourit, touchée par sa loyauté. « Merci, Victor. Je savais que tu comprendrais.
Ensemble, nous pourrons trouver un moyen de contrer Andy… et découvrir ce qui se cache
derrière toute cette magie. »
Mais alors qu'ils parlaient, une ombre se dessina à l'angle du couloir, attirant leur attention.
Un murmure glissa à travers l'air, sibyllin et mystérieux. « Vous n’êtes pas seuls dans cette
quête. »
Les deux jeunes gens se retournèrent, les yeux écarquillés, pour faire face à une silhouette
familière, enveloppée dans une cape sombre. C’était Katherine, son regard perçant scrutant
le couloir, un sourire énigmatique sur le visage.
— Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Victor, une note de méfiance dans sa voix.
Katherine leva une main, l’air impérieux. « Je suis ici pour vous aider. Vous avez besoin de
savoir ce que vous affrontez. Andy Cruse, tout comme les secrets du château, est plus
malveillant que vous ne l'imaginez. »
Amber, intriguée, s’avança. « Que sais-tu, Katherine ? Que se passe-t-il vraiment ici ? »
Katherine fit un pas en avant, l’air grave. « Ce château est un ancêtre de magie, un lieu où
de puissants sortilèges ont été tissés dans le temps. Andy est un enfant de cette magie,
mais il est aussi un dévot à son propre pouvoir, et il ne reculera devant rien pour l’obtenir. »
Victor pencha la tête, perplexe. « Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »
Katherine soupira, son regard se perdant dans le lointain. « Lila n'a pas seulement été tuée.
Elle a été sacrifiée pour éveiller des forces sombres, et Andy est désormais sur le point de
libérer quelque chose d'irréversible. »
Amber fit un pas en arrière, le cœur battant. « Et que pouvons-nous faire pour l’arrêter ? »
Katherine planta son regard dans le sien, une détermination qui brûlait dans ses prunelles. «
Vous devez découvrir la vérité derrière la boîte que Marianna a trouvée. Elle contient des
réponses, des clés qui peuvent déverrouiller le pouvoir d’Andy, mais également le vôtre. »
La tension dans l’air s’épaissit alors que les trois adolescents se regardèrent, leurs destins
se liant dans cette quête. Amber savait maintenant qu’elle ne pouvait plus reculer. La nuit
était encore jeune, et le mystère du château attendant d’être dévoilé.
« Très bien, » déclara Amber, la voix ferme, « nous allons découvrir ce que cette boîte
cache. Et nous allons nous battre pour protéger ceux qui ne peuvent pas se défendre. »
Victor et Katherine échangèrent un regard, une lueur d'appréhension mêlée d’admiration
dans leurs yeux. Ensemble, ils formaient une équipe improbable mais puissante, prête à
faire face aux dangers qui les guettaient.

5
Alors qu’ils avançaient ensemble dans l’obscurité, une nouvelle détermination les habitait.
L’obscurité du château ne serait plus seulement un souffle de peur, mais une toile sur
laquelle ils peindraient leur propre histoire — une histoire de courage, d’amitié, et surtout, de
vérité.
Je m'approchai lentement de la porte, mon cœur battant la chamade dans ma poitrine. Le
murmure était à la fois envoûtant et inquiétant, une mélodie qui semblait m'appeler, me
promettant des révélations tout en éveillant mes craintes. Je m'arrétai juste devant
l'ouverture, hésitant un instant. Les murs du château, épais de secrets, semblaient se
pencher vers moi, avides d'entendre ma décision.
Je pris une profonde inspiration et poussai la porte, qui s’ouvrit dans un grincement discret.
La pièce était plongée dans une pénombre mystérieuse, seulement éclairée par la lueur
vacillante d’une bougie. Elle était remplie d’objets étranges : des vieux livres aux couvertures
poussiéreuses, des flacons de verre contenant des liquides colorés, et au centre, une table
sur laquelle reposait une sphère de cristal, émettant une faible lumière.
Au fond de la pièce, Marianna se tenait, visiblement consciente de ma présence. Elle se
retourna lentement, son regard intense et perçant, comme si elle pouvait lire les pensées qui
tourbillonnaient dans mon esprit. Un frisson d’appréhension parcourut mon échine.
— Je savais que tu viendrais, dit-elle d'une voix calme, presque hypnotique.
Je me forçai à avancer, mon esprit en ébullition. — Qu’est-ce que c’est que cet endroit ?
Pourquoi chuchotais-tu tout à l'heure ?
Elle désigna la sphère de cristal d'un geste de la main. — Cet endroit est un sanctuaire de
connaissances oubliées. Ici, le passé et le présent se rejoignent. Ce que j’ai découvert
pourrait changer notre compréhension de tout ce que nous croyons savoir sur ce château et
sur Andy Cruse.
— Andy… qu’est-ce que tu sais de lui ? demandai-je, le cœur serré.
Marianna s'approcha de la table, ses yeux brillant d'une lueur déterminée. — Il ne s'agit pas
seulement d'un élève qui a mal tourné. Andy est le descendant d'une lignée de sorciers
puissants, et il a l'intention de réveiller des forces anciennes, des forces qui devraient rester
endormies.
Mon esprit tourbillonnait, ses paroles résonnant avec une intensité presque palpable. « Et
Lila, que lui est-il arrivé ? Pourquoi a-t-il besoin d'elle ? »
Marianna baissa les yeux, la tristesse l’envahissant. — Lila n'était pas seulement une élève.
Elle portait en elle le potentiel de maîtriser une magie rare, celle qui pourrait contrecarrer les
projets d'Andy. Il l’a sacrifiée pour obtenir ce pouvoir qu’il convoite.
L'angoisse me serra la gorge et je me rendis compte que je n’avais aucune idée de l’ampleur
de ce qui se tramait. Je devais agir, mais comment ?
— Que dois-je faire ? demandai-je, ma voix tremblante d’émotion. Je ne peux pas laisser
Andy s’en tirer comme ça.
Marianna se redressa et me fixa avec intensité. — Nous devons récupérer ce qu'il a pris, et
le seul moyen de le faire est de plonger dans les profondeurs de son pouvoir. La sphère
contient des visions, des révélations. Si tu es prête à y plonger, elle pourrait nous montrer la
voie.
Je me tournai vers la sphère, son éclat mystérieux semblant pulsar comme un cœur battant.
Je sentais que c’était un risque, mais c’était aussi une chance. Une chance de comprendre,
de mettre fin à cette menace.
— Je suis prête, dis-je, ancrant ma détermination dans chaque syllabe.
Marianna hocha la tête, un sourire d’encouragement éclairant son visage. — Très bien. Mais
souviens-toi, la vérité peut être douloureuse. Ce que tu verras pourrait tout changer.
Je fermai les yeux un instant, rassemblant mon courage, puis je tendis la main vers la
sphère. Au contact du verre frais, une vague d’énergie m'envahit, et des images
commencèrent à danser devant mes yeux, une cascade de visions tourbillonnantes.
Je vis des scènes du passé : Lila, riant avec ses amis dans le jardin, puis une silhouette
sombre, Andy, se tenant à l'écart, observant avec des yeux avides. Des éclats de lumière,
des sorts lancés, et finalement l’instant tragique où tout bascula. La douleur, la peur, la perte.

5
Je me retrouvai projetée dans une réalité que je n'avais jamais connue, une réalité où les
choix des uns avaient des conséquences tragiques pour les autres. Je frémis, chaque image
me frappant comme une vague de froid.
Soudain, la vision changea, me montrant Andy dans une pièce sombre, entouré de livres
anciens, murmures d'incantations passant ses lèvres. Une ombre grandissait derrière lui,
quelque chose de terrifiant, une force qui semblait prendre vie.
Je poussai un cri de terreur, retirant ma main de la sphère. Les images disparurent, me
laissant haletante, le cœur battant à tout rompre.
— Que s'est-il passé ? demanda Marianna, son visage maintenant empreint d'inquiétude.
Je lui racontai ce que j’avais vu, le regard d’Andy, la magie sombre qui l’entourait. Marianna
écouta attentivement, son expression se faisant plus grave.
— Nous devons agir rapidement, Amber. Andy est sur le point de libérer quelque chose de
bien plus puissant qu'il ne peut contrôler.
Je hochai la tête, la peur se mêlant à une détermination inébranlable. « Alors, qu’attendons-
nous ? Nous devons l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. »
Marianna acquiesça, son regard brillant d'une nouvelle détermination. Ensemble, nous étions
prêtes à affronter les ténèbres qui se profilaient à l'horizon. La vérité était notre arme, et nous
étions déterminées à la brandir contre l'obscurité qui menaçait de tout engloutir.
.:
Amber s’efforça de maintenir son calme, mais son cœur battait comme un tambour dans sa
poitrine. Le mot "gardien" résonnait dans son esprit, ses implications pesant lourdement sur
ses épaules. Elle avait entendu des histoires sur les gardiens du château, des légendes
murmurées dans les couloirs, parlant de leur pouvoir et de leur savoir.

— Les âmes qui s’y égarent ? répéta-t-elle, un mélange de défi et de curiosité dans sa voix.
Qu’est-ce que cela signifie ?

L'apparition se rapprocha davantage, une aura d'autorité émanant d'elle. Les ombres
semblaient s’accrocher à lui, le rendant plus menaçant. Ses yeux, bien qu’invisibles sous le
chapeau, semblaient percer les ténèbres, scrutant l’âme d’Amber.

— Cela signifie que des personnes comme vous, pleines de curiosité et d’inquiétude, ne sont
pas toujours prêtes à affronter la vérité. Ce château cache des secrets qui pourraient
bouleverser votre compréhension du monde.

« La vérité... » murmura-t-elle, la voix presque inaudible, mais le mot résonnait en elle


comme une promesse. Elle avait passé trop de temps à vivre dans l’ombre, à craindre ce
qu'elle ne comprenait pas.

— Vous ne comprenez pas, insista le gardien. La vérité peut être une arme, mais elle peut
aussi être un fardeau.

Un frisson parcourut son échine. Elle se remémora les chuchotements qu’elle avait entendus,
les histoires de magie ancienne et de sacrifices. Elle ne pouvait pas reculer, pas maintenant.
Elle avait besoin de réponses, et attendre n'était pas une option.

— Je ne suis pas ici pour fuir, dit-elle avec fermeté. J’ai entendu des murmures, et peu
importe ce qu'il se cache derrière cette porte, je dois le savoir.

Le gardien la fixa longtemps, ses traits indiscernables. Amber pouvait presque sentir la lutte
intérieure qui se jouait en lui, une partie de lui cherchant à la dissuader, tandis qu'une autre
semblait intriguée par sa détermination.

5
— Très bien, mademoiselle. Si vous tenez tant à connaître la vérité, alors vous devez être
préparée aux conséquences.

Sa voix était à la fois rassurante et inquiétante, comme une promesse enveloppée


d’avertissements. Amber hocha la tête, le cœur battant, mais déterminée.

— Que dois-je faire ?

Il s'écarta lentement, révélant la porte derrière lui, une porte ornée de symboles anciens qui
pulsatillaient d'une lumière douce et mystérieuse.

— Franchissez cette porte. Ce que vous allez découvrir là-dedans n’est pas pour les cœurs
faibles. Mais sachez que ce que vous apprendrez pourrait changer votre destin.

Amber inspira profondément, son esprit en émoi. Elle se tourna vers la porte, la main
tremblante mais résolue, puis se retourna vers le gardien.

— Merci de m’avoir avertie, mais je ne peux pas reculer.

Elle poussa la porte, s’attendant à ce que le monde change autour d’elle. L’obscurité se
dissipa lentement pour révéler une pièce circulaire, ses murs recouverts de livres et de
parchemins, une lumière éthérée flottant au centre.

Au milieu de la pièce, une grande table en bois était chargée de livres anciens, et au-dessus
d’eux, une sphère de cristal brillait d’une lueur douce, pulsant comme un cœur vivant. Amber
s’approcha, fascinée, alors que des murmures l’enveloppaient comme une mélodie familière.

Les chuchotements prenaient forme, des histoires de pouvoir, de magie et de secrets enfouis.
Elle tendit la main vers la sphère, mais une voix étrange résonna dans son esprit, un
avertissement doux mais ferme.

— N’oubliez jamais, Amber. La connaissance a un prix.

Elle se figea, réalisant que l’ombre du gardien planait encore sur elle, invisible mais
omniprésente.

— Quelles sont les conséquences ? murmura-t-elle, le regard rivé sur la sphère.

— Vous le saurez bientôt, dit le gardien, dont la silhouette était maintenant floue, se fondant
avec l’obscurité. Mais votre curiosité pourrait bien vous mener à des vérités que vous ne
pouvez même pas imaginer.

Avec un dernier clin d'œil, il disparut dans les ombres, la laissant seule face à son destin.
Amber ferma les yeux un instant, rassemblant son courage, puis se concentra sur la sphère.

Elle savait que ce qu’elle s’apprêtait à découvrir changerait tout. Quoique cela implique, il
était temps de faire face à son destin et de lever le voile sur les mystères du château.

5
D’un geste décidé, elle toucha la sphère. La lumière éclatante l’engloutit, et le monde autour
d’elle se mit à tourbillonner. Des images, des visages, des souvenirs oubliés surgirent, et elle
comprit rapidement que la vérité, bien que douloureuse, pouvait aussi être libératrice.

La voix de Marianna résonna dans son esprit, l'encourageant à ne pas se détourner. Elle
s’accrocha à cette pensée, prête pour tout ce qui allait suivre, prête à affronter les secrets
obscurs que ce château avait gardés si longtemps.
— Amber ! s’exclama-t-elle, la voix tremblante. Je t’ai cherchée partout. J’étais si inquiète
our toi !
Je la serrai dans mes bras, le soutien de son étreinte me réconfortant dans ce moment de
chaos. « Je suis désolée, Vicky. C’est… c’est compliqué. »
Elle se recula légèrement, ses yeux scrutant mon visage. « Qu’est-ce qui se passe ? Tu
sembles… différente. Comme si quelque chose te pesait. »
Je me forçai à sourire, mais cela ne réussit pas à masquer l’inquiétude qui me rongeait. «
J’ai juste… eu une expérience étrange. Des choses que je ne comprends pas encore. »
Mia et Paty se tournèrent vers nous, leurs visages préoccupés. « Quelles choses ? »
demanda Paty, l'angoisse transparaissant dans sa voix. « Est-ce à propos d’Andy ? »
L’évocan nom fit remonter à la surface le souvenir de cette ombre terrifiante, et je n’étais pas
prête à partager toutes les révélations que la bague et la vision m’avaient inspirées. « Non,
pas exactement. C’est plutôt… un sentiment. J’ai l’impression que quelque chose de plus
grand se prépare. »
Vicky, toujours attentive, ne me lâcha pas du regard. « Tu ne peux pas garder ça pour toi,
Amber. Nous sommes dans le même bateau. La mort d’Oceanne a bouleversé tout le
monde, et il se passe des choses étranges dans ce château. »
Je hochai la tête, réalisant qu’elles avaient aussi ressenti l’atmosphère chargée d’angoisse.
« Je sais. Je l’ai ressenti aussi. Ce château cache des secrets. Je suis certaine qu’il y a un
lien avec tout cela. »
Un silence s’installa alors que chaque pensée se bousculait dans nos esprits. La tension
était à son comble, comme une corde prête à se rompre.
Mia brisa le silence. « La dernière fois que nous avons eu une réunion dans cette loge, nous
avons évoqué Andy et son comportement. Mais cela ne fait que s’empirer. Et maintenant,
avec Oceanne… »
Les visages se durcirent alors que la douleur de la perte s'imposait à nous. « Il faut agir, »
déclarai-je, ma détermination grandissant. « Je suis persuadée que tout cela n’est pas un
simple accident. Nous devons découvrir la vérité sur ce qui se passe ici. »
Paty se leva, l'air soudain déterminé. « Alors, qu’allons-nous faire ? Nous ne pouvons pas
rester ici à attendre. Nous devons enquêter. »
Vicky acquiesça, son regard brillant d’une lueur résolue. « Je suis avec vous. Quoi que cela
prenne, nous devons le faire ensemble. »
Mia, bien que plus hésitante, finit par se joindre à nous. « D’accord. Mais par où commencer

Je réfléchis un instant, chaque mot pesant dans l’atmosphère déjà chargée. « Je pense que
nous devrions retourner là où j’ai entendu ces chuchotements. Il y a quelque chose derrière
cette porte, quelque chose que nous devons comprendre. »
La détermination dans mes mots semblait insuffler une nouvelle énergie à mes amies. Nous
nous levâmes en même temps, nos cœurs battant à l’unisson.
Nous sortîmes de la loge, marchant ensemble dans les couloirs sombres, unies par notre
quête de vérité. L’air, bien qu’éprouvant, ne semblait plus aussi oppressant. Nous étions
ensemble, et nous étions prêtes à affronter ce que ce château cachait.
La chaleur de ma bague à mon doigt pulsatillait comme une promesse, une lueur d’espoir
dans l’obscurité. Je savais que chaque pas que nous faisions nous rapprochait un peu plus
de la vérité, mais aussi du danger qui l’accompagnait.

5
Les murmures, les ombres, le poids des secrets… tout cela était en train de se rassembler.
Une tempête se profilait à l’horizon, et nous étions déterminées à être prêtes à l’affronter. En
tant qu’amies, en tant que guerrières, nous ferions face à l’inévitable.
La porte était proche, et derrière elle se trouvait un monde de mystères que nous allions
déterrer, ensemble.
la peur, me tenait en haleine. Les mots de Vicky résonnaient dans mon esprit : « On
le fait. » C’était un pas vers l’inconnu, et je n’étais pas certaine d’être prête à en
assumer les conséquences.
— D’accord, commençons, dis-je, ma voix à peine audible.
Nous nous installâmes autour de la table, nos mains jointes sur la planche. Le bois
était froid au toucher, comme s’il portait le poids des âmes qui avaient jadis utilisé cet
objet. Les bougies vacillaient dans un courant d'air inexistant, projetant des ombres
dansantes qui semblaient se moquer de notre hésitation.
— Qui veut commencer ? demanda Vicky, son regard brillant d'une excitation mêlée
d'inquiétude.
Je pris une profonde inspiration. « Je peux essayer. Peut-être que Lila… peut nous
dire quelque chose. »
À peine avais-je prononcé son nom que la planche sembla vibrer sous nos doigts,
une réponse invisible à notre appel. Mon cœur battait à tout rompre, mais je me
forçai à rester calme, à ne pas laisser la peur prendre le dessus. Vicky et les autres
me regardèrent, leurs visages marqués par l’angoisse et l'espoir.
Je fermai les yeux un instant, me concentrant sur l'énergie qui nous entourait. « Lila,
si tu es là, fais-nous signe. »
Le silence s’intensifia, et je sentis la tension dans l’air, comme une corde tendue au
maximum, prête à se rompre. Puis, l'ombre des bougies trembla, et je vis le verre de
la planche commencer à bouger. Mes yeux s’ouvrirent, écarquillés de surprise.
— Qu'est-ce qui se passe ? chuchota Paty, tremblante.
Le verre glissa lentement sous nos doigts, traçant des lettres. L-I-L-A. Mon cœur
s’emballa. Je ne pouvais pas croire que cela fonctionnait.
— C’est elle ! Je le sens, c'est elle ! m’écriai-je, ma voix pleine d’émotion.
Vicky hocha la tête, son excitation palpable. « Pose-lui une question. »
Je rassemblai mon courage. « Lila, que s'est-il passé ? Pourquoi es-tu partie ? »
Le verre se mit à bouger une fois de plus, traçant des lettres avec une douceur
troublante, et je retins mon souffle.
— A-U-D-I-O-...
Je me figeai, la compréhension se frayant un chemin dans mon esprit. « Audio… ?
Qu’est-ce que cela signifie ? »
Le verre continua à se mouvoir, traçant des mots que je ne comprenais pas
entièrement.
— A-B-O-U-T...
Une douleur sourde me frappa alors que quelque chose d’obscur se mettait en place.
« Elle parle de quelque chose… quelque chose à propos de… »
Les lettres se regroupaient, formant finalement un mot qui me fit frissonner : R-E-V-
E-N-D-I-C-A-T-I-O-N.
— Quoi ? dis-je, la peur et l'incrédulité s'emparant de moi. Qu'est-ce que cela
signifie, Lila ?
Le verre s'arrêta brusquement, et un courant d'air glacial traversa la pièce, éteignant
les bougies dans un souffle soudain. L’obscurité enveloppa notre table, et je sentis
une présence, pesante et insistante.

5
— R-É-V-E-N-D-I-C-A-T-I-O-N, murmura une voix dans l’obscurité, un murmure qui
résonnait dans l’espace comme un écho des profondeurs. Je suis là… pour
réclamer.
Nous restâmes figées, nos yeux s’écarquillant dans le noir, essayant de voir une
silhouette, quelque chose, n'importe quoi, mais la pièce était vide. Une panique
sourde s’empara de moi, tandis que la voix continuait à résonner, presque
hypnotique, chargée d’un pouvoir ancien.
— Lila, nous sommes là pour toi ! criai-je, essayant de briser le charme de la peur
qui nous enveloppait.
Dans un souffle, la voix s'évanouit. Le silence devint assourdissant, et l’atmosphère
se fit encore plus lourde, comme si nous avions franchi une limite que nous ne
devions pas dépasser.
Vicky, visiblement troublée, se tourna vers moi. « Que faisons-nous maintenant ? »
Je réalisai alors que nous avions réveillé quelque chose que nous n’étions pas
prêtes à affronter. La bague à mon doigt pulsatillait à nouveau, comme si elle
réagissait à ce qui venait de se passer, à cette demande de Lila qui restait
suspendue dans l’air.
— Peut-être que nous devons comprendre ce qu’elle veut vraiment… murmurai-je,
ma voix tremblante.
Paty, d’un air déterminé, affirma : « Si elle veut quelque chose, nous devons l'aider.
Nous ne pouvons pas laisser son esprit errer ici sans raison. »
Je sentis une vague de courage m'envahir. Nous étions ici pour rétablir ce qui avait
été perdu. Pour comprendre et, espérons-le, pour apporter enfin un peu de paix à
nos âmes tourmentées.
Mais à quel prix ? La question flottait dans l’air, et je savais que la réponse était
quelque part dans les ombres qui nous entouraient. Nous étions sur le point de
plonger plus profondément dans les mystères du château, et je ne pouvais
qu’espérer que nous serions à la hauteur.

Un frisson glacial parcourut ma colonne vertébrale alors que je réalisais que nous avions
franchi une limite que nous n'aurions jamais dû traverser. La présence autour de nous, cette
chose que nous avions appelée, était désormais éveillée. Les lettres sur la planche de Ouija
s'affichaient de plus en plus rapidement, laissant entrevoir une colère sourde, une puissance
incommensurable qui se libérait peu à peu.
— Valsak, qui es-tu vraiment ? osai-je demander, ma voix tremblante, mais pleine de défi.
La planche se mit à vibrer sous nos mains. Les lettres dansaient, s’alignant rapidement pour
former des phrases qui semblaient se moquer de notre incompréhension.
— C-H-A-0-S.
Le mot tomba dans l'air comme une sentence, chaque lettre résonnant comme un coup de
tonnerre dans la nuit. Mon cœur s'emballa, et un sentiment de panique s'empara de moi. Le
chaos. Ce mot prenait une signification terrifiante.
— Que veux-tu de nous ? répétai-je, ma voix étouffée par la peur, mais je savais que nous
devions obtenir des réponses.
Les lettres recommencèrent à s'agiter, et je pouvais presque sentir une énergie sombre et
tourbillonnante se libérer de la planche.
— P-A-I-N.

5
Une douleur sourde résonna dans mon esprit. Un cri résonna dans la pièce, terrifiant et
désespéré. Était-ce moi qui criais, ou l'écho d'Oceanne revenant à la vie pour nous avertir de
quelque chose d’inimaginable ?
Les murs de la pièce semblèrent se rapprocher, et je réalisai avec horreur que nous étions
piégées ici, à la merci de ce que nous avions appelé.
— Nous n’avons pas de temps à perdre ! s’écria Vicky, les yeux écarquillés par la frayeur.
Nous devons arrêter ça !
Elle tenta d’ôter ses mains de la planche, mais un courant d'énergie les liait encore plus
fermement. La planche vibra sous nos doigts, absorbant notre énergie, notre peur.
— Oceanne, si tu es là, aide-nous ! suppliai-je, ma voix cassée par l'angoisse.
Une réponse ne tarda pas à suivre. La pièce devint soudainement plus sombre encore, la
lumière des bougies s’éteignant d’un coup, nous plongeant dans une obscurité totale. Les
ombres se mirent à danser autour de nous, et une silhouette émergea au loin, floue, mais
terriblement présente.
— Vous avez ouvert la porte, dit une voix grave et profonde, résonnant comme un écho
lointain. Maintenant, vous devez en assumer les conséquences.
La terreur me saisit de plein fouet. Je pouvais sentir la présence de Valsak, une entité
ancienne qui réclamait notre attention, notre peur. Les ombres dansaient autour de nous, et
je savais que nous étions sur le point de faire face à quelque chose de bien plus grand que
nous.
— Qu'est-ce que tu veux ? parvins-je à articuler, ma voix tremblante mais déterminée.
— Vous êtes les clés, murmura la voix, un sourire malveillant transparaissant dans
l’obscurité. Vos craintes et vos désirs alimentent mon pouvoir.
Je fermai les yeux un instant, cherchant à rassembler mes pensées, à reprendre le contrôle
de la situation. Je savais que nous devions agir rapidement avant que cette présence ne
prenne le dessus.
— Nous ne te laisserons pas faire de nous des marionnettes, dis-je d'une voix forte,
ressentant la chaleur de la bague à mon doigt pulser comme une réponse à ma
détermination.
Mais la réponse ne tardait pas. Les ombres se mirent à tourbillonner autour de nous, formant
une tempête de nuit, un désespoir palpable.
— Vous ne comprenez pas, dit Valsak, sa voix unissant la menace et la séduction. La vérité
est là, à portée de main, mais seule la douleur peut vous libérer.
Je sentis un frisson dans l’air, comme si l’espace lui-même était sur le point de se briser.
— Lila, Oceanne, aidez-nous à le combattre ! cria Paty, désespérée, mais ses mots
n’apportèrent que silence.
Nous avions tiré sur un fil que nous ne pouvions pas voir, et la trame du destin s’était mise
en mouvement. Une vague de désespoir m'envahit alors que je réalisai la gravité de nos
actes. Nous avions réveillé quelque chose de bien plus grand que nous, et maintenant, nous
devions en payer le prix.
— Nous ne te craignons pas, criai-je, la voix pleine de défi. Nous sommes ensemble, et nous
n’allons pas abandonner !
Soudain, un éclair de lumière jaillit, illuminant la pièce et dissipant les ombres qui nous
enveloppaient. Je vis les visages de mes amies, l'éclat de leur détermination étincelant
malgré la peur qui nous entourait.
— Ensemble, cria Vicky, serrant les mains de Paty et des miennes. Nous pouvons le contrer
!
Dans cet instant de clarté, je réalisai que notre force résidait dans l'unité. Ensemble, nous
pouvions combattre ce qui menaçait de nous dévorer.
Les lettres sur la planche se mélangèrent dans un tourbillon, et je sentis une énergie
nouvelle, une lueur d'espoir qui se mêlait à notre peur.
— Laissez-nous en paix, Valsak ! hurlais-je, ma voix résonnant avec une force que je ne
savais pas posséder. Nous ne sommes pas vos jouets !
La lumière devint plus intense, et je vis l'ombre de Valsak se fissurer, vaciller, comme si
notre détermination était une lumière capable de percer les ténèbres.

5
La pièce trembla, et je compris que nous étions en train de changer la donne. La magie
noire, la peur, tout cela ne pouvait pas nous submerger tant que nous restions unis.
— Nous ne reculerons pas ! répétai-je, la voix plus forte, plus convaincue. Oceanne, aide-
nous !
À ce moment-là, je sentis une chaleur douce et apaisante émaner de ma bague, comme si
elle répondait à notre appel. Les murmures des âmes perdues, des vieilles histoires, me
parvinrent comme un chant réconfortant.
Et dans cette lumière naissante, je compris que le véritable pouvoir ne résidait pas
seulement dans la magie, mais dans l’amour, l’amitié et la détermination à surmonter les
ténèbres.

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O
:
lune, créant des ombres dansantes sur les pavés du sol. Chaque pas que nous faisions semblait peser lourdement dans l'air,
comme si la nuit elle-même nous observait avec une curiosité glaciale.

Je poussai la porte de la bibliothèque, le grincement résonnant comme un cri dans le silence. À l'intérieur, les étagères
s'élevaient jusqu'au plafond, chargées de vieux tomes aux couvertures usées et poussiéreuses. L'odeur du vieux papier,
mélangée à celle de la cire et du cuir, emplissait l'espace, une odeur familière qui semblait presque accueillante dans notre
situation désespérée.

— Par où commencer ? demanda Paty, l'air perdu alors qu'elle se tenait au milieu de la salle, les yeux écarquillés.

— Concentrons-nous, dis-je, prenant une profonde inspiration. Cherchons tout ce qui parle de Valsak ou de magie noire. Ça ne
peut pas être si difficile à trouver !

Vicky se dirigea vers une étagère, effleurant les livres du bout des doigts. « Il doit y avoir des grimoires ici, des récits de
sorcellerie. »

Je commençai à chercher frénétiquement parmi les volumes, ouvrait des livres au hasard, parcourant les pages à la recherche
de quelque chose, n'importe quoi qui pourrait nous donner des indices.

Les mots dansaient sous mes yeux, des anciens rituels, des légendes oubliées, mais rien sur Valsak. Je sentais la pression du
temps qui passait, le poids de l'angoisse se faisant de plus en plus lourd sur mes épaules. Je devais garder mon calme.

— Regarde ça, dit Vicky, attirant notre attention vers un livre épais, son cuir craquelé. « Les mythes et légendes des sorcières
anciennes ». Ça doit contenir quelque chose d’important.

Je m'approchai d'elle, le cœur battant, tandis qu'elle ouvrait le livre avec précaution. Les pages jaunies craquèrent sous la
pression, révélant des illustrations de sorcières, de rituels, et de puissances oubliées.

— Laisse-moi voir, murmurai-je, me penchant sur le texte.

5
Mais au fur et à mesure que je lisais, un sentiment de malaise s'installait. Les mots parlent de pouvoir, de sacrifices, et de la
ligne fine entre la lumière et l’obscurité. Chaque phrase semblait murmurée dans l'ombre, chargée d'un avertissement que je ne
pouvais ignorer.

— Valsak… murmurai-je en lisant un passage qui mentionnait un sorcier maudit, un être de chaos qui avait autrefois été banni
dans l'obscurité. Les récits parlaient d'un sorcier dont le nom avait été effacé de toutes les mémoires, mais qui continuait à
hanter ceux qui osaient le nommer.

Je sentis une sueur froide me couler le long du dos. « C’est lui, je le sens. Il cherche à revenir, à retrouver son pouvoir. »

Les autres se penchèrent sur le livre, et je vis leurs visages se déformer sous le poids de la peur.

— Que devons-nous faire ? demanda Paty, une lueur d'angoisse dans ses yeux.

— Nous devons le contrer avant qu'il ne revienne parmi nous. Il doit y avoir un moyen de l’arrêter, de le renvoyer d’où il vient,
dis-je, la voix tremblante mais déterminée.

Vicky, feuilletant le livre, s'arrêta sur une page particulièrement marquée. « Regardez ça ! Il y a une incantation ici pour sceller
un portail, pour renvoyer un être maléfique dans l’obscurité. »

Mon cœur s’emballa d’espoir, mais la peur continua à me tenaille. « Ça peut marcher, mais nous devons être sûres de ce que
nous faisons. Il ne faut pas sous-estimer les conséquences. »

— On n’a pas le choix, dit Vicky, déterminée. Nous devons le faire.

Je pris une profonde respiration, me préparant au combat qui nous attendait. « D’accord. Lisons-le. Mais restons concentrées.
Un faux pas et… »

Les mots résonnaient dans l’air, et alors que Vicky commença à réciter l’incantation, une tension palpable enveloppa la pièce.
Les murs semblaient vibrer, comme si le château lui-même réagissait à notre appel.

— Je ne sais pas si on a le pouvoir de le renvoyer, murmura Paty, mais elle ne lâcha pas la main de Vicky.

Je fermai les yeux, me concentrant sur l’énergie qui émanait de la bibliothèque. À chaque mot prononcé, je pouvais sentir une
force se lever, mais aussi une résistance, une lutte entre la lumière et l’obscurité.

Puis, un bruit sourd résonna derrière nous.

La porte se ferma avec fracas, et nous nous retournâmes, le cœur battant. Une silhouette se tenait dans l'entrée, une ombre se
dessinant dans la lumière tamisée des bougies.

— Vous pensez pouvoir m'arrêter ? La voix résonna, profonde et menaçante, chargée d'un mépris ancien.

C’était Valsak.
:
poids de mes mots l’écrasait. L'angoisse se lisait sur son visage, et je pouvais comprendre pourquoi. La douleur de la perte
d'Oceanne, les mystères de ce château, tout se mélangeait en un tourbillon de terreur.

— Nous devons le stopper, dis-je, essayant de retrouver une certaine clarté d'esprit au milieu de cette tempête. Si Valsak est
vraiment de retour, nous ne pouvons pas le laisser s'emparer de nouvelle force.

Vicky, toujours concentrée, parcourut rapidement les pages du livre. « Attendez… ici, il y a un rituel. Un moyen de le repousser,
peut-être même de le renvoyer d’où il vient. »

Je me penchai, découvrant des mots anciens et des incantations écrites en lettres d’or. Les phrases évoquaient une danse
rituelle, une invocation, mais aussi un avertissement : le prix à payer pour l’utilisation de cette magie pouvait être élevé.

— Que dit le rituel ? demanda Paty, une note d'espoir dans sa voix, malgré la peur qui la rongeait.

Vicky commença à lire à voix haute, ses mots flottant dans l’air chargé de mystères. Des phrases envoûtantes se mêlaient aux
incantations, et je pouvais presque sentir l'énergie de la pièce se modifier alors qu'elle continuait à parler.

— «…et pour chaque âme que l’on libère, un sacrifice est demandé. »

Je frémis. Le sacrifice. Cela ne pouvait pas être anodin.

— Que signifie cela ? demandai-je, la voix tremblante. Quel type de sacrifice ?

— Je ne sais pas encore, répondit Vicky, le regard concentré sur le livre. Mais nous devons le préparer.

À cet instant, une ombre passa derrière nous, une présence qui fit frissonner la pièce. Le livre trembla sous mes mains, et je
sentis un souffle glacial parcourir mon cou.

— Nous ne sommes pas seules, murmura Paty, son visage blême.

5
Je me retournai lentement, et je vis une silhouette, floue, à la limite de la lumière vacillante des bougies. Ses yeux brillaient d’un
éclat malveillant, et une ombre plus dense semblait l’entourer, se mouvant comme une marée noire.

— Valsak, murmurai-je, la peur me figeant sur place.

La silhouette se dessina lentement, une forme humaine, mais quelque chose dans son apparence était terrifiant. Elle s’avança,
l'ombre se densifiant autour d'elle, comme si elle se nourrissait de notre peur.

— Vous pensez pouvoir m’arrêter ? Sa voix était un grondement, résonnant dans l’espace comme un orage lointain. Vous êtes
des enfants, jouant avec des forces que vous ne comprenez pas.

Un frisson d’horreur me parcourut alors qu'il s'approchait.

— Nous… nous ne te craignons pas, réussis-je à articuler, bien que ma voix tremblât.

— Vous ne comprenez pas. Je suis la fin de votre histoire. Vous avez réveillé ce qui doit rester endormi, et maintenant, vous
devez en subir les conséquences, continua-t-il, son sourire se tordant en quelque chose d'horrifique.

— Vous ne pouvez pas avoir ce château, ni les âmes qui y vivent, rétorqua Vicky, sa voix forte, mais son regard trahissait la
peur.

Valsak éclata de rire, un son glacial qui résonna dans les murs de la bibliothèque, faisant vibrer chaque livre sur les étagères.

— Ce château est à moi. Chaque recoin, chaque âme. Et vous, vous n’êtes que des intruses dans mon domaine.

Alors qu'il parlait, je sentis la pression de l'air changer autour de nous, une force oppressive qui nous emprisonnait. C'était
comme si la magie noire que nous avions invoquée se retournait contre nous, alimentant notre propre peur.

— Non ! s’écria Paty, craignant de perdre ses amis dans cet affrontement. Nous pouvons le repousser !

Je me tournai vers le livre, mes mains cherchant désespérément des réponses, une solution. Les mots du rituel flottaient dans
mon esprit, et l'idée de sacrifier quelque chose, quelqu'un, devenait de plus en plus tangible.

— Vicky, lis le reste du rituel ! dis-je, la voix pleine de détermination. Il doit y avoir un moyen de le renvoyer !

— Je… je ne suis pas sûre, commença-t-elle, mais je pouvais sentir la force de notre lien, celle qui nous unissait face à cette
menace.

— Nous devons le faire ensemble, et peu importe le prix, dit Paty, serrant les poings. Nous ne pouvons pas laisser Valsak
gagner.

Le regard de Vicky se radoucir, et elle acquiesça, l'angoisse se mêlant au courage.

— D'accord, mais nous devons être prêtes à tout, avertit-elle, ses yeux scrutant le livre.

Et alors, dans ce moment suspendu entre la lumière et l'obscurité, nous nous préparâmes à affronter ce que nous avions
réveillé, unissant nos forces, nos craintes et nos espoirs
nom même de Valsak lui glacait le sang. Vicky, pourtant plus calme, restait immobile, les yeux
rivés sur le texte, absorbée par chaque mot qui défilait.
— Nous devons arrêter ça… maintenant, dit Vicky enfin, sa voix grave, portant un poids que nous
ne pouvions ignorer.
Le livre semblait vibrer sous nos mains, comme s’il répondait à nos paroles. Le temps paraissait
se distordre, et l’air autour de nous semblait se charger d’une énergie étrange, une présence
grandissante. Une dernière question nous brûlait les lèvres : Comment arrêter Valsak ?
Les lettres des pages se mirent alors à se mouvoir, s’alignant sous nos yeux, formant des mots
clairs et précis, comme une réponse à notre appel désespéré :
"Rituel de l’oubli. La clé se trouve dans le miroir."
Le livre se referma brusquement sous nos mains, et un silence pesant envahit la pièce. Nos
regards se croisèrent, remplis de confusion et d’effroi. La clé se trouvait dans le miroir. Mais
quel miroir ? Où ? Et comment ?
Un cri lointain, presque étouffé, résonna dans l’obscurité, semblant nous rappeler que le temps
pressait. Valsak était plus proche que jamais.

.
4o

Le Duel Magiq

5
La nuit s’était installée sur le domaine, jetant son voile d’encre sur les tours imposantes du
château. Les torches, fixées à des piliers de pierre sculptés, projetaient des ombres mouvantes
sur le sol, donnant l’impression que l’arène elle-même était vivante, impatiente d’assister au
spectacle qui allait s’y dérouler.
Paty, Vicky et Amber se tenaient au centre, leurs capes légèrement soulevées par une brise qui
portait encore l’écho des murmures des spectateurs rassemblés sur les gradins. La tension était
palpable.
Les Creeks, ces maîtres du savoir occulte, avaient décidé que ce duel serait leur épreuve
ultime avant d’être considérées comme de véritables initiées. Ce n’était pas une simple
démonstration de pouvoir : c’était un combat d’honneur, une épreuve où chacune d’entre elles
allait devoir prouver qu’elle était digne de maîtriser sa propre magie.
Le silence tomba comme une enclume.
Puis, une voix s’éleva :
— Commencez.
Premiers Éclats de Magie
Paty fut la première à bouger. Son bras fendit l’air et une langue de feu jaillit de sa paume,
illuminant l’arène d’une lueur écarlate. La chaleur était si intense que même les spectateurs,
pourtant bien à l’écart, reculèrent instinctivement. La boule de feu fusa droit vers Vicky, qui
ne bougea pas d’un pouce.
D’un geste fluide, elle leva une main, et une colonne d’eau surgit du sol dans un grondement
sourd. Le choc entre l’eau et le feu produisit un nuage de vapeur si dense que l’arène entière
fut plongée dans une brume épaisse.
Amber sentit son cœur battre plus vite.
La brume était son élément.
Profitant du chaos, elle tendit discrètement les doigts vers le sol. Une onde invisible se
répandit autour d’elle et, soudain, des racines épaisses jaillirent sous les pieds de ses
adversaires. Elles s’enroulèrent autour des chevilles de Paty, puis de Vicky, comme des
serpents de bois cherchant à les immobiliser.
Vicky réagit la première. Elle pivota sur elle-même et la brume autour d’elle se condensa en
une spirale d’eau qui fendit l’air, tranchant les racines comme du papier. Paty, quant à elle,
choisit une autre approche : elle frappa violemment le sol, et une onde de chaleur fit éclater
les lianes en morceaux calcinés.
Le public exulta.
L’Équilibre Rompu
Le duel devint une véritable danse élémentaire. Paty transformait l’arène en brasier, Vicky
répliquait avec des vagues spectaculaires, et Amber, l’esprit en alerte, utilisait la terre et les
ombres pour les prendre au dépourvu.
Mais quelque chose clochait.
Un vent glacial venait de s’élever. Pas une brise ordinaire, non. Il portait une odeur étrange,
métallique et rance, comme si l’air lui-même était en train de se putréfier.
Puis, un craquement retentit.
Amber s’arrêta net. Les gradins aussi. Un silence s’installa, si pesant que même les flammes
de Paty parurent vaciller.
Un battement.
Un battement sourd et caverneux, comme un cœur battant dans les profondeurs du sol.
Puis… la brume se mit à bouger.
L’Apparition d’Ulmaris
D’abord, ce fut une ombre.
Indistincte, massive, mouvante. Une forme qui se fondait dans la brume, trop grande pour être
humaine, trop fluide pour être un simple animal. Puis, deux yeux s’ouvrirent dans le néant.

5
Deux fentes incandescentes, telles des braises mal éteintes, observant l’arène avec une
intelligence ancienne.
Paty recula instinctivement.
— C’est quoi ça ? murmura Vicky, le souffle court.
Amber sentit un frisson glacé courir le long de son échine.
Elle connaissait les histoires. Tout le monde connaissait les histoires.
Dans les légendes anciennes, une créature appelée Ulmaris apparaissait aux sorciers sur le
point d’éveiller un pouvoir dépassant leur compréhension. Certains disaient qu’il était un
gardien, d’autres, un juge. Une chose était sûre : ceux qui croisaient son regard ne ressortaient
jamais indemnes.
Puis, l’ombre prit une forme.
Il était grand, aussi grand qu’un homme, mais sa silhouette n’avait rien d’humain. Son dos
était voûté, ses bras anormalement longs, terminés par des doigts osseux aux griffes
translucides. Sa peau était d’un gris cendreux, parcheminée de fissures qui semblaient briller
d’une lueur interne. De sa tête surgissait une corne torsadée, comme celle d’un cerf maudit, et
ses yeux… ses yeux brûlaient d’une lumière spectrale.
Et puis, il parla.
Sa voix n’était pas une voix.
C’était un murmure qui s’infiltra dans leur esprit, un écho venu d’un autre temps, un souffle
d’ombre glissant contre leur conscience.
— Une seule peut me voir. Une seule peut me comprendre.
Un silence glaçant tomba sur l’arène.
Et Amber comprit.
C’était elle.
Amber sentit le regard de la créature peser sur elle, scrutant chaque recoin de son âme. Ce
n’était pas un regard ordinaire – c’était une exploration invasive, une intrusion silencieuse qui la
dépouillait de ses défenses, comme si elle était un livre ouvert qu’on feuilletait avec avidité.
Autour d’elle, les bruits s’amplifiaient. Des râles, des gémissements, des chuchotements
indistincts se superposaient dans une cacophonie insupportable. La brume se resserrait,
s’épaississant comme une toile gluante. Ses membres refusaient de bouger, comme si des fils
invisibles la retenaient prisonnière d’un cauchemar dont elle ne pouvait s’échapper.
Et puis, l’ombre grandit.
Une silhouette colossale émergea, plus grande que tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Ses ailes
démesurées battirent une fois, si violemment que l’air lui-même parut se déchirer. La lumière
mourut aussitôt, avalée par une obscurité si dense qu’elle semblait vivante.
Amber voulut hurler, mais aucun son ne sortit.
La chose se dressait devant elle, une silhouette monstrueuse à peine discernable dans les
ténèbres. Ses cornes torsadées luisaient faiblement, comme si elles retenaient une énergie
ancienne et interdite. Ses yeux, deux braises rougeoyantes, dévoraient l’espace, vidant l’air de
toute chaleur et de tout espoir.
Et puis… la voix.
Un murmure, faible mais implacable, s’insinua dans son esprit.
"Tu n’es pas encore prête… mais tu le seras. Nous te retrouverons, et tout ce que tu as cru
savoir s’effondrera dans l’oubli."
Les créatures s’approchèrent.
La brume se referma sur elle comme une vague glacée, et avant qu’elle ne puisse crier, le
monde disparut.

Le Réveil Brutal

— On aurait dû être plus prudentes, murmura-t-elle. Mais c'est trop tard, maintenant. Qu'est-ce
qu'on va dire à l'inspecteur ?

5
Je pouvais sentir la panique monter dans la pièce, et la tension était presque palpable. Les
regards inquiets de mes amies se posaient sur moi, et je savais que j'étais celle qui avait ouvert
la boîte de Pandore avec cette séance de spiritisme.

La dame au chapeau s'était approchée de notre table, son expression ne laissant transparaître
aucune émotion. « Vous avez invoqué quelque chose que vous ne comprenez pas, et cela a des
conséquences. »

Je déglutis, cherchant mes mots. « Nous avons juste voulu… essayer de communiquer. Nous
pensions que cela pourrait nous aider à comprendre ce qui se passe ici. »

— Et maintenant, vous avez perdu un objet qui pourrait libérer des forces que vous ne maîtrisez
pas, coupa l'inspecteur, son regard perçant. Vous devez comprendre que chaque acte a des
conséquences. Qui parmi vous a eu l'idée de sortir la planche ?

Je baissai les yeux, incapable de rencontrer son regard accusateur. « C'était… une décision
collective. Nous étions toutes d'accord. »

Paty tourna la tête, visiblement mal à l'aise. « On ne savait pas que quelque chose comme ça
arriverait. » Ses mots étaient teintés de regret, mais la détermination de la dame au chapeau ne
faiblit pas.

— Peu importe qui a eu l'idée. Ce qui est fait est fait. Nous devons retrouver cette planche avant
qu'elle ne tombe entre de mauvaises mains, ajouta-t-elle, son ton maintenant plus ferme.

Je sentais que le temps pressait. Quelque chose de maléfique pesait sur nous, et la disparition
de la planche de Ouija ne faisait qu'accentuer ma frustration et mon inquiétude.

— Que va-t-il se passer maintenant ? demandai-je, ma voix trahissant ma nervosité.

— Nous allons procéder par interrogations, expliqua l’inspecteur. Chacun de vous devra partager
ce qu'il sait sur cette planche et sur les événements récents. La sécurité de cet endroit dépend
de la coopération de chacun.

Les mots résonnèrent dans mon esprit comme un avertissement. La pression montait, et je
savais que nous devions agir vite. Je repensai à ce que j'avais vu dans le miroir, à la lumière
dorée et à l'objet mystique qui s'y trouvait. Pourrait-il y avoir un lien entre cela et la planche
disparue ?

— Attendez, dis-je soudainement, prenant une grande inspiration. Et si ce que j’ai vu dans le
miroir avait un rapport avec tout ça ? Il y a une pièce… une autre pièce.

Les yeux de Vicky s'élargirent. « Tu veux dire celle avec les symboles ? »

— Oui, celle-là. Peut-être que ce qu’il y a là-bas peut nous aider à comprendre ce qui se passe et
à retrouver la planche.

Paty hésita. « Mais… c’est dangereux. On ne sait pas ce qui se cache dans cette pièce. »

— Je sais, mais ne pas agir pourrait être encore plus dangereux, répliquai-je, le cœur battant.

Je sentis un regard insistant de la dame au chapeau, comme si elle pesait chaque mot que je
prononçais.

— Si il y a une chance que ce que vous avez vu puisse nous aider, nous devons le vérifier. Mais
soyez prudentes, dit-elle finalement.

5
Je fus surprise par sa réaction. Peut-être était-elle plus consciente des dangers que nous le
pensions.

L’angoisse se mêla à une détermination renouvelée. Nous ne pouvions pas rester ici, assises à
attendre que quelque chose de terrible ne se produise. Nous devions prendre les devants,
même si cela signifiait plonger à nouveau dans l'inconnu.

— D'accord, dis-je, me redressant. Nous allons aller dans cette pièce. Peut-être que cela nous
aidera à comprendre ce qui se passe ici et à retrouver cette planche.

Paty et Mia échangèrent un regard, puis acquiescèrent lentement.

— Allons-y, dit Paty, la voix plus ferme qu’auparavant.

Nous nous levâmes, le cœur lourd mais résolu. Le chemin vers la salle des magies nous
attendait, et avec lui, les secrets du château et de ce que nous avions invoqué.

Nous sortîmes de la cafétéria, nos pas résonnant dans le couloir, chaque pas nous rapprochant
de la vérité. Mais je pouvais sentir une ombre rôder dans l'air, une menace silencieuse prête à
frapper. Quelque chose, ou quelqu'un, était à nos trousses, attendant le moment propice pour
se manifester.

Et je savais, au fond de moi, que le miroir n’avait pas menti. La découverte de ce que nous
allions trouver pourrait changer le cours de notre histoire et, peut-être, même de notre destin.

La tension était palpable au bout du fil. Je pouvais presque sentir le regard méfiant de
l’officier, ses pensées calculant la véracité de mes mots.
— Une séance de spiritisme ? répéta-t-il, son ton oscillant entre incredulité et perplexité.
Vous devez comprendre que ce type de… d’invocation n'est pas à prendre à la légère.
— Je le sais, mais c’est ce qu’Océanne a révélé. Valsak est lié à sa mort. Il a trahi et… je ne
sais pas exactement, mais je sens qu'il y a un lien avec tout ça.
Je frémis en repensant à la pièce que j’avais vue dans le miroir, à ce symbole. Je pouvais
presque sentir la présence de Valsak, une ombre menaçante qui pesait sur notre destin.
L’officier soupira, l’hésitation perceptible dans sa voix. — Vous devez réunir vos amis. Nous
devons en parler tous ensemble. Ça pourrait être crucial pour l’enquête.
— D’accord, je les ferai venir. Mais… je dois savoir ce que vous comptez faire à propos de
Valsak.
Le silence au bout du fil fut suffisant pour que je comprenne qu’il n’avait pas encore de
réponses.
— Pour l’instant, nous devons rassembler des preuves. Nous ne pouvons pas agir sans
elles. Retrouve tes amis et rejoins-moi au bureau. On discute de tout ça.
Je raccrochai, mon esprit en ébullition. Ce nom, Valsak, semblait résonner dans ma tête
comme un battement de tambour. Ce n’était pas seulement un meurtrier, mais une force,
une entité que nous ne comprenions pas encore complètement.
Je sortis de la salle des magies, déterminée à rassembler mes amis. La pression montait en
moi, une vague d'urgence et d'angoisse que je ne pouvais ignorer. Je devais leur expliquer
ce que j'avais trouvé, leur faire comprendre que la menace n’était peut-être pas seulement
liée à la mort d'Océanne, mais à quelque chose de bien plus grand.
Je montai les escaliers quatre à quatre, mes pensées brouillées par l’anxiété. Lorsque je
poussai la porte de la cafétéria, je trouvai Paty, Mia et même Victor rassemblés autour d’une
table, leurs visages marqués par l'inquiétude.
— Amber ! s’exclama Paty, se levant instantanément. Qu’est-ce qui se passe ?
— J’ai découvert quelque chose d’important à propos de Valsak, dis-je, ma voix ferme
malgré le tumulte intérieur. Il est lié à la mort d'Océanne.

5
Les visages se figèrent, l'angoisse palpable dans l'air.
Mia secoua la tête, le regard empreint de doute. « Comment sais-tu ça ? »
— Par une séance de spiritisme, expliquai-je. Océanne a révélé son nom. Valsak est un
ancien prisonnier, un traître qui a trahi pour obtenir quelque chose de précieux.
Victor, jusqu’alors silencieux, prit la parole. « Ce nom… je l’ai entendu avant. C’est une
légende dans ce château, un mythe qui raconte l’histoire d’un sorcier. Mais personne n’a
vraiment cru qu’il existait. »
Je me tournai vers lui, l’esprit en ébullition. « Qu’est-ce que tu sais à son sujet ? »
Il hésita, puis se redressa, déterminé. « Les histoires parlent d’un sorcier qui a pactisé avec
les forces des ténèbres. Valsak aurait été emprisonné ici pour ses crimes, mais certaines
rumeurs disent qu’il pourrait encore être en vie, caché quelque part dans le château. »
Paty frissonna, ses yeux s’écarquillèrent. « Tu veux dire qu’il pourrait encore être ici, parmi
nous ? »
Je hochai la tête, la peur et la détermination se mêlant. « Nous devons agir. L’inspecteur a
besoin de preuves, et nous devons retrouver cette planche avant qu’il ne soit trop tard. »
Mia, bien que visiblement anxieuse, acquiesça. « D’accord, mais comment allons-nous
procéder ? »
« Il faut retourner dans la salle des magies. Je sens que les réponses s’y cachent. Nous
devons explorer, fouiller chaque recoin. »
Victor se leva, l’expression sérieuse. « Je viens avec vous. Je ne laisserai pas mes amis
affronter cela seuls. »
Ensemble, nous sortîmes de la cafétéria, l’atmosphère pesante, comme si même les murs
du château retenaient leur souffle. Je pouvais sentir une force obscure s’éveiller, quelque
chose que nous allions devoir affronter.
Une fois arrivés devant la salle des magies, je pris une profonde inspiration.
Peu importe ce que nous allions trouver, je savais que nous devions le faire ensemble. Une
dernière décision, un dernier acte de bravoure dans ce monde de mystères et de secrets.
Je poussai la porte, et avec mes amis à mes côtés, nous nous apprêtâmes à plonger dans
l'inconnu.
:
— Ce qui m’intéresse, c’est la sécurité de cet endroit et des personnes qui y résident, me coupa-
t-elle, sa voix tranchante comme un couteau. Vous avez manipulé des forces que vous ne
comprenez pas, et maintenant vous devez en subir les conséquences.

Paty la regarda avec inquiétude. « Nous ne savions pas que cela causerait autant de problèmes.
Nous voulions juste… »

Katherine leva une main pour l’interrompre. « Juste ? Juste !? Vous pensez que vos intentions
peuvent justifier ce que vous avez fait ? Vous avez ouvert une porte qui aurait dû rester fermée. »

Sous ses mots, l’atmosphère devenait de plus en plus oppressante. Je pouvais sentir la tension
dans la pièce, et chaque respiration semblait résonner avec une intensité accrue. Le gardien,
toujours près de la porte, observait la scène avec un sourire satisfait, comme s’il se délectait de
notre supplice.

— Vous devez comprendre l’importance des limites que vous avez franchies, continua Katherine.
Valsak n'est pas un nom à prendre à la légère. On ne sait pas ce que son retour signifierait pour
nous tous.

Je ne pouvais pas rester silencieuse. « Mais nous devons comprendre ce qui se passe ici ! Nous
ne pouvons pas ignorer ce que nous avons découvert. Je sais que nous avons fait une erreur,
mais ce n’est pas suffisant pour nous condamner ! »

5
L’expression de Katherine se durcit. « Il n’est pas question de vous condamner. Mais vous devez
réaliser que votre curiosité a des conséquences. La planche n’aurait jamais dû quitter la salle
des magies. »

Paty, se redressant, intervint. « Nous pouvons réparer cela, Katherine. Si nous trouvons des
preuves sur Valsak, nous pourrions… »

— Non ! répliqua Katherine, énervée. Je ne mettrai pas en danger la sécurité de cet endroit pour
vos caprices. La séance de spiritisme a déjà éveillé des forces que nous avons du mal à
contrôler.

Mia, silencieuse jusqu’alors, intervint. « Mais il faut agir. Si Valsak est véritablement ici, nous ne
pouvons pas nous permettre de rester inactifs. »

Le gardien haussait les sourcils, et son sourire s’élargit, comme s’il savourait notre désespoir. Je
pouvais presque entendre son rire moqueur résonner dans ma tête, me rappelant que nous
étions les joueurs d’un jeu dangereux dont nous ne connaissions pas les règles.

Katherine croisa les bras, son visage impassible. « Je vous accorde une dernière chance. Vous
devez retrouver la planche. Et si Valsak est réel, vous devrez faire face à ses conséquences. Je
vous mets en garde : vous risquez d’éveiller des forces qui pourraient être bien au-delà de votre
compréhension. »

— Nous le ferons, dis-je, ma voix déterminée. Nous devons le faire, pour Oceanne et pour nous.

— Très bien, dit Katherine, ses yeux se plissant légèrement. Mais sachez que je vous surveillerai.
Si jamais vous franchissez une autre limite, je n'hésiterai pas à prendre des mesures.

Avec un geste de la main, elle nous fit signe de sortir. Je me sentais à la fois soulagée et
accablée. La pression pesait encore sur mes épaules, mais nous avions une chance, un espoir
pour saisir les rênes de cette situation.

Le regard du gardien me suivit alors que je sortais, et je pouvais sentir son sourire cruel dans
mon dos. Quelque chose en lui me faisait frissonner, et je savais que ce ne serait pas la dernière
fois que nous croiserions son chemin.

Une fois dehors, je tournai mon regard vers Paty et Mia. « Nous devons retrouver cette planche,
et vite. Elle est notre seule chance de comprendre ce qui se passe. »

Paty hocha la tête, ses traits marqués par la détermination. « D'accord, nous devons agir
ensemble. Qu’est-ce que vous proposez ? »

Je réfléchis un instant, mon esprit tournant comme une roue. « Nous devons retourner dans la
salle des magies. Peut-être qu’il y a d’autres indices là-bas. »

Mia acquiesça. « Et ensuite, nous devons nous renseigner sur Valsak. Je suis certaine que la
bibliothèque a des livres sur lui. »

— Exactement, dis-je, la confiance montant en moi. Nous avons un plan. Et cette fois, nous ne
nous laisserons pas décourager.

Nous nous dirigeâmes vers la salle des magies, un frisson d'anticipation mêlé de peur dans l'air.
Il était temps de percer les mystères qui nous entouraient, d'affronter les ombres et de
découvrir la vérité derrière ce nom qui continuait à résonner dans nos esprits comme un écho
lointain.

5
Les secrets de Clirk Dark nous attendaient, et nous étions déterminés à les affronter, ensemble.

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Des étudiants couraient dans tous les sens, leurs visages blêmes, leurs cris résonnant dans
les couloirs. L’atmosphère était chargée d’une terreur palpable, comme si l’ensemble du
château avait été soudainement plongé dans une crise.
— Que se passe-t-il ? demanda Paty, ses yeux s’écarquillant d’inquiétude.
— Je ne sais pas, répondis-je, le cœur battant. Il faut se rendre à la cafétéria !
Nous nous frayâmes un chemin à travers la foule, ressentant la pression de l’angoisse
palpable dans l’air. L’alarme continuait de hurler, un cri strident qui semblait annoncer un
danger imminent.
Lorsque nous arrivâmes à la cafétéria, la scène était chaotique. Les tables étaient
renversées, des élèves tentaient de se frayer un chemin vers la sortie, et au milieu de tout
cela, l’inspecteur et Katherine essayaient de maintenir l'ordre.
— Calmez-vous ! hurla l’inspecteur. Restez ici, nous devons comprendre ce qui se passe !
Katherine, son visage grave, observait les élèves avec une expression de détermination. « Il
semble que nous ayons une situation d’urgence. Nous devons évacuer ce bâtiment,
immédiatement. »
Je regardai autour de moi, cherchant à comprendre ce qui avait provoqué cette panique.
Puis, je remarquai une ombre se glisser près de l’entrée, une silhouette qui semblait se
fondre dans la brume.
— Regardez ! m’exclamai-je en pointant la silhouette.
Mais quand je tournai à nouveau la tête, elle avait disparu. Le gardien, toujours présent,
arborait un sourire satisfait, comme s’il se délectait du chaos ambiant. Je frémis à l’idée qu’il
pourrait être lié à tout cela.
La voix de Vicky me sortit de mes pensées. « Amber, concentre-toi. Tu penses vraiment que
ce qui se passe ici a un rapport avec Valsak ? »
Je hochai la tête, déterminée. « Oui, je le sens. Nous avons réveillé quelque chose, et
maintenant cela se manifeste. Nous devons en parler à Katherine. »
Paty et Mia échangèrent un regard inquiet, mais acquiescèrent.
Je m’approchai de Katherine, essayant de me frayer un chemin à travers la foule toujours
agitée. « Mademoiselle, nous pensons que cela pourrait être lié à ce que nous avons fait ! »
Elle me regarda, ses yeux pleins de détermination. « Vous devez m’en dire plus. Si ce que
vous avez fait a réellement réveillé quelque chose, nous devons agir vite. »
Juste à ce moment-là, un étudiant poussa un cri. « Il y a des ombres ! Des ombres qui se
déplacent ! »
La panique se répandit comme une traînée de poudre, et le bruit des voix s’éleva en un cri
de terreur. Les élèves se pressaient vers les portes, essayant de fuir cette menace invisible.
J’échangeai un regard avec mes amies, la peur et la détermination se mélangeant en moi.
Nous avions réveillé quelque chose, et maintenant il était temps d'affronter les
conséquences.
— Nous devons trouver la planche Ouija, dis-je avec détermination. C’est notre seule chance
de comprendre ce qui se passe et de renvoyer Valsak d’où il vient.
Katherine hocha la tête, son expression sérieuse. « Très bien, mais faites vite. Je vais
organiser l’évacuation, mais je vous conseille de rester ensemble et de ne pas vous éloigner.
»
Nous acquiesçâmes, puis, ensemble, nous nous dirigeâmes vers la salle des magies, le
cœur battant à tout rompre. Chaque pas semblait résonner dans l’obscurité croissante, et je
pouvais sentir une présence pesante autour de nous.
Lorsque nous atteignîmes la salle des magies, la porte était entrouverte, comme si elle nous
attendait. La lumière était faible, et une brume légère dansait à l’intérieur, semblant se
contorsionner autour des murs.

5
Je pris une profonde inspiration avant d’entrer, mes amies sur mes talons. À l’intérieur, la
pièce était remplie d’objets mystérieux, de livres anciens et de chandeliers qui jetaient des
ombres vacillantes.
— La planche doit être ici quelque part, dis-je, ma voix résonnant dans le silence.
Cherchons.
Nous commençâmes à fouiller la pièce, fouillant les étagères et les tiroirs à la recherche de
la planche. Mais au fur et à mesure que nous cherchions, l’atmosphère devenait de plus en
plus lourde, comme si quelque chose s’éveillait lentement autour de nous.
— Ça ne va pas, murmura Paty, l’air inquiet. Je sens quelque chose dans l’air…
Juste à ce moment, un bruit sourd retentit derrière nous, et je me retournai brusquement.
Une ombre sembla se déplacer, se faufilant entre les objets, se rapprochant de nous.
— Vite, trouvez la planche ! criai-je, le cœur battant.
Mais alors que nous continuions à chercher, je réalisai que l’ombre grandissait, se
nourrissant de notre peur, et je savais que nous étions sur le point d’affronter quelque

Des élèves couraient.


Un frisson de terreur me parcourut alors que je réalisais l’horreur de la scène devant moi.
Mon cœur s’emballa, et je me précipitai vers elle, mes pieds se déplaçant comme si j'étais en
apesanteur, chaque pas lourd de l'incertitude de ce que je trouverais.
— Mia ! criai-je, la voix brisée par l'angoisse.
Les autres élèves, figés dans une paralysie de choc, ne bougèrent pas. Ils semblaient ne pas
oser s'approcher de ce qui était devenu une vision d’horreur. Je me penchai sur elle, mes
mains tremblant alors que je tentais de vérifier son pouls, mais en touchant sa peau, je réalisai
qu'elle était glacée.
Les larmes me montèrent aux yeux, et je sentis une colère sourde monter en moi, un mélange
de désespoir et de rage. Comment cela avait-il pu arriver ? Je ne pouvais pas croire que Mia,
ma meilleure amie, était là, étendue sans vie.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? demandai-je, m'adressant à la foule silencieuse, mais personne
ne répondit.
Les murmures de la peur résonnaient autour de moi, mais je ne pouvais pas me concentrer sur
eux. J'avais besoin de réponses. J'avais besoin de comprendre. Je redressai la tête, cherchant à
voir quelqu'un, n'importe qui, qui pourrait m'aider à donner un sens à cette tragédie.
Les lumières vacillèrent à nouveau, et un cri strident perça l'air, suivi d'un rire moqueur.
L’ombre, une présence sombre, semblait se nourrir du chaos. Une brume noire se glissait
lentement autour de nous, et je pouvais la sentir, pressante et suffocante.
— Fuyons ! criai-je, mais mes mots étaient noyés dans le tumulte.
Soudain, les ombres semblèrent se mouvoir, comme si elles avaient pris vie, tournant autour
de nous, emprisonnant chacun sous leur emprise. Je savais que nous ne pouvions pas rester
ici, que rester serait comme se condamner.
Je me redressai, la panique me piquant au ventre.
— Paty ! Vicky ! Il faut qu'on sorte d'ici !
Les autres élèves se mirent à courir, mais la peur paralysait certains, d'autres restaient figés,
incapables de réagir. Je me retournai encore une fois vers Mia, une vision ancrée dans ma
mémoire, avant de comprendre que je ne pouvais pas rester.
Je courus vers la sortie, mes jambes me portant avec une rapidité désespérée. En tournant au
coin du couloir, je vis Paty et Vicky me suivre.
— Où allons-nous, Amber ? cria Vicky, sa voix tremblante de peur.
— Nous devons trouver la planche Ouija ! répétai-je, le cœur lourd de chagrin. Elle est notre
seule chance de comprendre ce qui se passe !
Nous continuâmes à fuir, la lumière clignotant au-dessus de nos têtes, ajoutant à l'ambiance
d'horreur. Le couloir était un labyrinthe de désespoir, chaque porte fermée un potentiel piège.
Nous atteignîmes finalement la salle des magies, et je poussai la porte avec force.

5
À l'intérieur, l'atmosphère était tendue, presque électrique. Les objets magiques semblaient
vibrer, comme s'ils attendaient que nous les utilisions.
— Vite, cherchons ! dis-je, cherchant la planche, mes mains fouillant frénétiquement les
étagères.
Paty et Vicky se joignirent à moi, leurs visages marqués par la peur. L'ombre continuait de
rôder à l'extérieur, un murmure incessant de menace.
— Je l’ai trouvée ! cria Paty, brandissant la planche avec des mains tremblantes.
Je m'approchai d'elle, la prenant avec soin. Les lettres semblaient briller d'une lueur
inquiétante, et je savais que c'était notre dernier recours.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Vicky, son regard inquiet.
— Nous devons invoquer Oceanne, demanda-t-elle. Peut-être qu'elle pourra nous aider à
comprendre ce qui se passe avec Mia et Valsak.
Je fermai les yeux un instant, me concentrant. La douleur de la perte de Mia me frappa
comme une onde de choc, mais je savais que nous ne pouvions pas abandonner.
— D'accord, faisons-le, dis-je, ma voix tremblante mais résolue.
Nous nous assîmes en cercle autour de la planche, nos mains tremblantes se rejoignant sur le
bois froid. Je pouvais sentir l'énergie qui émanait de l'objet, un mélange de désespoir et
d'espoir.
— Oceanne, si tu es là, aide-nous ! appelai-je, ma voix résonnant dans la pièce.
Le silence s'installa, lourd et oppressant. Puis, lentement, la planche commença à vibrer sous
nos doigts. Les lettres s'illuminèrent, et je vis la flèche glisser lentement sur la surface.
— O… C… E… A… N… N… E...
Les lettres se formaient, et je sentais une énergie croissante, comme un souffle venant d'un
autre monde.
— Réponds-nous, Oceanne ! suppliai-je, la peur et le chagrin se mêlant dans ma voix.
La flèche s’arrêta brusquement sur le mot "DANGER".
Un frisson d’horreur me parcourut.
Nous étions en danger, et Valsak était plus proche que jamais.

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Chapitre suivant
— Qu'est-ce que cela signifie ? demanda Vicky, son visage blême, les yeux rivés sur la
planche.
Je ne savais pas quoi répondre. L’angoisse m’étreignait, mais je savais que nous devions
continuer. J'étais déterminée à comprendre, à percer le voile qui séparait ce monde de
l'autre.
— Peut-être que cela signifie que Valsak est déjà ici, murmura Paty, la voix tremblante. Il
pourrait être à nos trousses.

5
Je redressai la tête, réalisant l'urgence de la situation. « Nous devons lui parler. Si nous
pouvons découvrir ce qu'il veut, peut-être que nous pourrons le repousser. »
Nous échangeâmes des regards, et malgré la peur qui nous étreignait tous, il y avait une
détermination naissante parmi nous.
— D'accord, reprenons, dis-je en prenant une profonde inspiration. Nous allons demander à
Oceanne ce que nous devons faire.
Je posai doucement mes mains sur la flèche de la planche. « Oceanne, si tu es là, montre-
nous ce que nous devons faire pour nous protéger. »
La flèche commença à bouger, se déplaçant lentement vers les lettres. Elle s'arrêta sur
"FUIR".
— Fuir ? répéta Vicky, son regard inquiet. Mais où ? Nous sommes coincées ici !
— Peut-être que la réponse est ailleurs, dis-je, ma voix tremblante mais résolue. Nous
devons nous rendre dans la salle principale, là où la magie est la plus forte. C'est notre seule
chance de contrer ce qu'il se passe.
Paty hocha la tête. « D’accord, faisons-le. Mais nous devons nous dépêcher. Chaque
seconde compte. »
Nous nous levâmes, la planche Ouija toujours entre nos mains. Alors que nous nous
dirigions vers la sortie, un rugissement sourd résonna à l'extérieur de la salle, faisant vibrer
les murs autour de nous.
— Qu'est-ce que c'était ? m'exclamai-je, un frisson d'angoisse me parcourant.
À cet instant, les lumières s'éteignirent de nouveau, et la brume noire envahit la pièce, nous
enveloppant dans une obscurité glaciale. Je pouvais sentir les ombres se mouvoir autour de
nous, et la peur s'empara de moi comme un étau.
— Vite, sortons d'ici ! criai-je, prenant la main de Vicky et entraînant Paty avec nous.
Nous courûmes à travers les couloirs, la panique se mêlant à l'adrénaline. Les ombres
semblaient nous poursuivre, se faufilant entre nous comme des serpents invisibles, tentant
de nous rattraper.
Finalement, nous atteignîmes la salle principale, un vaste espace où les chandeliers
scintillaient faiblement, projetant des ombres dansantes sur les murs. Nous nous
précipitâmes à l'intérieur, fermant la porte derrière nous.
— Que faisons-nous maintenant ? demanda Paty, haletante.
Je me tournai vers le centre de la pièce, où se tenait un grand autel ancien, couvert de
symboles mystérieux. Une idée germa dans mon esprit, une lueur d'espoir au milieu de la
terreur.
— Nous devons utiliser l'énergie de cette pièce pour invoquer Oceanne et contrer Valsak !
dis-je, me dirigeant vers l'autel.
Nous nous rapprochâmes de l'autel, nos mains toujours jointes autour de la planche. Je
pouvais sentir l'énergie magique vibrer autour de nous, créant un champ de force que je
n'avais jamais ressenti auparavant.
— Oceanne, si tu es là, aide-nous à combattre cette obscurité ! appelai-je, ma voix
résonnant dans le silence oppressant de la pièce.
Les chandeliers s’allumèrent d’un coup, illuminant la pièce d’une lumière éclatante. Les
ombres reculèrent, comme si elles avaient peur de ce nouvel éclat.
Puis, lentement, la flèche de la planche se mit à bouger à nouveau, se déplaçant avec une
force étonnante. Elle s’arrêta sur le mot "PROTEGER".
— Protéger ? répéta Vicky, l'espoir commençant à briller dans ses yeux.
Je fermai les yeux, me concentrant sur l'énergie qui nous entourait. « Oui, nous devons créer
un cercle de protection autour de nous. »
Je me tournai vers Paty et Vicky. « Prenez mes mains. Ensemble, nous pouvons canaliser
cette énergie. »
Elles firent ce que je demandais, et je pouvais sentir une chaleur se diffuser entre nous, une
connexion qui nous unissait dans notre détermination. Je m'efforçai de rassembler mes
pensées et mes émotions, puis je déclarai :
— Nous sommes unies, et ensemble nous ferons face à l'obscurité. Valsak, nous te
repoussons et nous protégeons nos cœurs et nos âmes !

5
À cet instant, une lumière intense émana de nous, formant un cercle protecteur autour de
nous. Les ombres se mirent à reculer, hurlant de rage et de frustration tandis que la magie
que nous avions invoquée émettait une force puissante.
Les murs de la salle vibrèrent, et je savais que nous avions éveillé quelque chose de
puissant. Mais simultanément, je sentais aussi les ténèbres s'intensifier, cherchant à briser
notre protection.
— Ne lâchez pas prise ! criai-je, sentant la fatigue m'envahir. Nous devons nous concentrer !
La lumière se renforça, et les ombres, bien que menaçantes, commencèrent à se dissiper
sous notre pouvoir combiné. Je savais que nous étions toujours en danger, mais cette
lumière, ce lien que nous avions créé, pourrait être notre seul salut.
La bataille contre les ténèbres était loin d'être terminée, mais pour la première fois, j'avais
l'espoir que nous pourrions triompher ensemble.
— Peut-être que tu devrais lui expliquer ce qui se passe, Mike. Elle a ses propres priorités ici,
après tout.

Mike me lança un regard impatient, sa frustration palpable. « Tu ne comprends pas, Amber.


C’est important ! Si nous ne sommes pas là à temps, ça pourrait mal tourner. »

Je posai la queue de billard et soupirai. J’appréciais Victor et sa légèreté dans cette situation,
mais Mike avait raison : il y avait d'autres choses en jeu que juste un jeu de billard.

— Qu'est-ce qui se passe exactement ? demandai-je, plongeant mes yeux dans ceux de Mike.

Il se redressa, essoufflé, la nervosité visible sur son visage. « Des rumeurs circulent sur Valsak. Il
semblerait qu'il soit plus qu'une simple légende. Nous devons être prêts. »

Les mots de Mike résonnèrent dans ma tête, et je sentis un frisson d'inquiétude me parcourir.
Valsak, à nouveau. Ce nom hantait mes pensées depuis des semaines.

Je me tournai vers Victor. « Je suis désolée, mais... je dois y aller. »

Il acquiesça, bien que je vis une lueur de déception dans ses yeux. « Pas de problème. Fais
attention, d'accord ? »

Je lui adressai un sourire reconnaissant avant de suivre Mike vers la sortie. Nous traversâmes
les couloirs du château, et le poids de l'inquiétude s'alourdissait à chaque pas.

— Quelle est cette cachette ? demandai-je, essayant de garder mon calme.

— C'est un endroit où nous pouvons discuter sans être dérangés, expliqua Mike, pressé
d'avancer. Nous avons besoin de planifier notre prochaine étape.

Arrivés à la cachette, une salle à l'écart de l’agitation du château, je fus accueillie par le reste du
groupe, tous avec des expressions sérieuses. Paty, Vicky, et quelques autres élèves étaient là,
visiblement en attente.

— Bien, dit Paty en me voyant entrer. Nous devons parler de Valsak et de ce qu'il pourrait vouloir.

Je pris place avec les autres, le cœur battant à l’idée de ce qui allait suivre. L’atmosphère était
tendue, et j’en ressentais le poids.

— Quelles sont les nouvelles ? demandai-je, ma voix presque étouffée.

Vicky prit la parole. « Les choses s’accélèrent. Des phénomènes étranges ont été rapportés dans
le château. Des ombres, des bruits inexplicables. »

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— Ça ne peut pas être une coïncidence, ajouta un autre élève. Valsak est ici, et il ne semble pas
vouloir se cacher.

— Nous avons besoin de preuves, dis-je, essayant de garder mon esprit clair. Quelque chose qui
pourrait nous aider à le contrer.

Mike hocha la tête. « Nous avons trouvé un passage secret dans la bibliothèque. Il pourrait
mener à des informations sur Valsak, peut-être même à la clé pour le renvoyer. »

Mon cœur se serra à l'idée d'affronter cette créature à nouveau, mais je savais que nous
n'avions pas le choix.

— Quand y allons-nous ? demandai-je, la détermination me redonnant du courage.

— Ce soir, déclara Paty. Nous devons y aller pendant que tout le monde est distrait par les
alarmes. Cela nous donnera une chance de fouiller sans être dérangés.

Je jetai un coup d'œil autour de la pièce, au visage de mes amis. Nous étions tous dans le
même bateau, unis par la peur et l'espoir.

— Alors, faisons ça. Nous allons trouver ce que nous cherchons, et nous mettrons fin à cette
menace une bonne fois pour toutes.

Les autres acquiescèrent, et une vague d’adrénaline parcourut la pièce. Nous étions prêts à
affronter l'inconnu, à plonger dans les ténèbres pour comprendre la vérité sur Valsak.

Alors que nous sortions de la cachette, une nouvelle détermination brillait dans nos yeux. Nous
allions récupérer notre avenir et libérer le château des ombres qui le hantaient.

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— Oui, le passé, poursuivit-il, son regard fixant l'horloge comme s'il voyait quelque chose
que je ne pouvais pas. Ici, à Clirk Dark, les événements passés peuvent avoir un impact sur
notre réalité. Parfois, ils cherchent à revenir, à se rappeler à nous.
Je déglutis, sentant un mélange de curiosité et d'inquiétude s'éveiller en moi. « Que voulez-
vous dire par là ? »
Le domestique, d'une voix murmurante, continua. « Les âmes perturbées, les secrets
enfouis, tout cela peut s'infiltrer dans notre présent. Cette horloge est un symbole de cela.
Elle rappelle que nous ne pouvons pas ignorer notre passé. »
Je regardai l'horloge, mes pensées tourbillonnant. Les événements récents, la mort
d'Océanne, la disparition de Mia… Tout cela avait créé une tempête dans notre vie. Peut-
être que le passé était en train de revenir à la surface, comme une marée montante.
— Que devons-nous faire ? demandai-je, l'angoisse se mêlant à ma curiosité.
— Vous et vos amis devez être prudents, répondit le domestique, son regard perçant ne me
lâchant pas. Les ombres qui rôdent ici ne sont pas de simples légendes. Il est essentiel de
rester unis, de ne pas laisser la peur diviser votre groupe. Les ténèbres se nourrissent de la
discorde.
Ses mots résonnèrent en moi. Je pensais à la dispute entre Mike et Victor, à la tension
croissante au sein de notre groupe. Nous ne pouvions pas nous permettre d'être divisés
alors que nous étions confrontés à quelque chose d’aussi puissant que Valsak.
— Merci… pour votre conseil, dis-je, décidée. Je ferai de mon mieux pour veiller à ce que
nous restions unis.

5
Il acquiesça lentement, puis ajouta : « Souvenez-vous, Amber. Les réponses que vous
cherchez ne se trouvent pas seulement dans le présent. Parfois, il faut plonger dans le
passé pour découvrir la vérité. »
Je le regardai s'éloigner, intriguée par ses paroles. Si le passé était si important, alors peut-
être devrions-nous redoubler d'efforts pour comprendre ce qui s'était réellement passé avec
Valsak et les mystères entourant le château.
Alors que je quittai le hall, l'horloge continuait de tourner à rebours, un écho menaçant des
événements qui avaient façonné notre réalité. Je savais que la nuit à venir serait cruciale.
Je retrouvai Paty et Vicky dans notre dortoir, l’atmosphère pesante. Elles attendaient, des
expressions sérieuses sur leurs visages.
— Alors, comment ça s’est passé ? demanda Paty.
Je leur racontai ma rencontre avec le domestique et l’horloge, les avertissements qu’il
m’avait donnés. À mesure que je parlais, je pouvais sentir la tension s'accroître.
— Ça ne fait que confirmer mes craintes, dit Vicky, le visage blême. Nous devons
absolument en savoir plus sur Valsak et ce qui s’est passé dans le passé.
— Oui, mais comment ? interrogea Paty. Nous n'avons pas beaucoup d'indices.
Je réfléchis un instant, puis une idée germa dans mon esprit. « Et si nous retournions dans
la bibliothèque ? Il y a peut-être des livres ou des journaux qui pourraient nous donner des
pistes sur Valsak et le passé du château. »
Paty hocha la tête, visiblement d'accord. « C'est une bonne idée. Mais nous devons être
discrètes. Avec le policier et la dame au chapeau dans les parages, nous ne pouvons pas
nous permettre d'être prises. »
Nous planifiâmes notre expédition pour la bibliothèque, nos cœurs battant à l’unisson face à
l’inconnu qui nous attendait. La nuit tombait lentement, et une atmosphère mystique
engendrait des ombres dans le château, promettant à la fois danger et découvertes.
Alors que nous sortions du dortoir, je sentis une vague de détermination m'envahir. Nous ne
pouvions pas laisser le passé nous engloutir. Nous devions découvrir la vérité et, peut-être,
ainsi, nous pourrions enfin mettre un terme à ce cauchemar.
Je t'en veux. C'est à cause de toi, de ton comportement, que nous en sommes arrivés là. J'ai
perdu Mia, et je ne peux pas me permettre de perdre encore plus de temps à discuter de nos
problèmes personnels.

Il sembla surpris, comme si mes mots l'avaient frappé de plein fouet. La tension dans l’air était
palpable alors que je continuais à le fixer, ma colère bouillonnant en moi.

— Je comprends, dit-il enfin, d’une voix calme. Je sais que tu traverses beaucoup de choses en
ce moment. Mais je suis là pour t'aider, pas pour te blesser.

Je soupirai, la fatigue et le chagrin me pesant de plus en plus. Peut-être qu'il avait raison. Nous
avions tous besoin de nous unir pour faire face à cette menace. Mais mon orgueil me retenait,
mes sentiments à son égard étaient trop confus.

— Je n'ai pas besoin de ton aide, dis-je, mais ma voix était plus faible, moins convaincue.

Il s'approcha, ses yeux cherchant les miens. « Je ne veux pas que tu te sentes seule dans tout ça.
Nous avons tous perdu quelqu'un, et il est temps que nous travaillions ensemble. »

Je baissai les yeux, réfléchissant à ses paroles. Peut-être que rester en colère n'était pas la
solution. Peut-être que nous avions besoin de nous soutenir mutuellement, surtout dans un
moment comme celui-ci.

— Je… je suis désolée, finis-je par murmurer, ma colère se transformant peu à peu en
frustration. C'est juste tellement difficile. Je me sens perdue.

5
Les épaules de Mike se détendirent alors qu'il comprenait ma vulnérabilité. « Je sais, Amber. Et
ensemble, nous pouvons surmonter ça. Mais d'abord, nous devons trouver un moyen de
comprendre ce qui se passe ici. Valsak, l'horloge, tout cela… »

Je hochai la tête. « Oui, tu as raison. Nous devons nous concentrer sur ça. Je suis désolée de
t'avoir repoussé. »

À cet instant, le poids de notre désaccord sembla s'alléger, et nous nous rapprochâmes. Nous
avions tous deux un but commun : découvrir la vérité sur ce château et la menace qui pesait sur
nous.

— Que dirais-tu de m'aider à chercher dans cette salle ? lui proposai-je, désignant les étagères
poussiéreuses.

Un petit sourire se dessina sur son visage. « Avec plaisir. Je suis sûr que nous allons trouver
quelque chose d'important. »

Nous nous mîmes au travail, chacun fouillant dans les livres et les grimoires, espérant dénicher
des informations sur Valsak et les mystères qui entouraient le château. Chaque page tournée
nous rapprochait un peu plus de la vérité.

Après plusieurs minutes de recherche, je tombai enfin sur un vieux tome dont la couverture était
ornée de symboles étranges. En l’ouvrant, je découvris des illustrations et des récits sur des
entités anciennes, dont Valsak.

— Regarde ça, dis-je en feuilletant le livre, attirant l’attention de Mike. Il y a des histoires sur des
rituels d’invocation et des légendes sur Valsak lui-même !

Il se pencha à côté de moi, lisant attentivement les pages. « Ça pourrait nous donner des indices
sur comment le repousser. »

Je continuai à lire, et plus je découvrais, plus je réalisais que les légendes sur Valsak étaient
sinistres. Il était décrit non seulement comme un sorcier, mais aussi comme un prédateur qui
se nourrissait de la peur et du chagrin des autres.

— Il semble que pour l'affronter, nous devions trouver un artefact ancien, dis-je en soulignant un
passage. Cela pourrait être notre seul moyen de l’arrêter.

Mike hocha la tête, son expression grave. « Nous devons le trouver avant qu'il ne soit trop tard. »

Alors que nous poursuivions notre lecture, une ombre passa rapidement au coin de ma vue. Je
me retournai brusquement, mais ne vis rien d’autre que les étagères couverts de poussière.

— Tu as vu ça ? demandai-je, un frisson d’inquiétude m’envahissant.

— Vu quoi ? répondit Mike, l'air perplexe.

Je secouai la tête, la sensation de quelque chose de malveillant rôdant autour de nous


persistait. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que l’ombre de Valsak était encore plus
proche que nous ne l’imaginions.

— Continuons à chercher, dis-je, ma détermination renforcée. Nous devons découvrir ce que cet
artefact est et comment nous pouvons l'utiliser contre lui.

5
Nous plongèrent à nouveau dans le livre, mais je savais au fond de moi que le temps pressait.
Les aiguilles de l’horloge continuaient de reculer, et chaque seconde qui passait nous
rapprochait des ténèbres qui menaçaient de dévorer notre présent.

L'angoisse s'intensifia en elle, et elle comprit lentement que ce qu'elle voyait n'était pas
simplement le résultat de son imagination. Les visions prenaient vie, et la voix, bien
qu'invisible, semblait lui révéler des vérités qu'elle n'avait jamais imaginées.
— La clé… murmura-t-elle, les mots s'accrochant à sa langue. Mon frère ?
La voix continua, implacable, comme un écho qui résonnait à travers les âges.
— Oui, ton frère. Il a été le dernier à détenir cette clé, un symbole de pouvoir, de protection,
mais aussi de destruction. Il a compris ce que cela signifiait, et il a choisi de la cacher, de la
protéger à tout prix. Mais maintenant, elle t'appartient.
Amber se sentit vaciller, son esprit luttant pour comprendre l'ampleur de ce qui se déroulait.
Ces âmes déchues, ces créatures du néant, cherchaient non seulement à la capturer, mais à
utiliser son pouvoir pour libérer une force qui anéantirait tout.
— Pourquoi moi ? demanda-t-elle, sa voix à peine plus qu'un souffle. Pourquoi suis-je
impliquée ?
— Parce que tu es la seule à pouvoir choisir. La seule à avoir le lien avec le passé. Les
entités cherchent à briser le cercle, à se libérer de leur emprisonnement. Et elles savent que
tu es leur clé… ou leur dernière barrière.
Un frisson d'horreur la parcourut. Elle se remémora les récits sur Valsak, sur les anciens
pactes, et sur les âmes perdues qui n’avaient jamais trouvé le repos. Elle comprit alors que
tout était lié, que son destin était intriqué avec cette histoire sombre et ancienne.
— Je ne peux pas… je ne peux pas laisser cela arriver, murmura-t-elle, le désespoir
l'envahissant. Je ne suis pas prête.
— Personne n'est jamais vraiment prêt, répondit la voix, douce mais ferme. Mais la force de
ton choix peut changer le cours des événements. Tu dois te lever contre cette obscurité.
Les visions devinrent plus intenses, des fragments d'images s'entrelaçant dans son esprit, lui
montrant des batailles menées contre des forces obscures, des sacrifices, des alliances
brisées. Des éclairs de lumière qui perçaient les ténèbres, et la promesse d'un espoir.
La silhouette de l'ombre réapparut, ses yeux brillants faisant écho à la voix. Elle tendit la
main une nouvelle fois, non pas pour l'attraper, mais pour l’inviter à avancer.
— Montre-moi le chemin, murmura Amber, perdue entre la peur et la détermination.
À cet instant, tout se transforma. Les visions se mêlèrent à la réalité, des éclats de lumière
l'entourèrent, et elle sentit une puissance grandissante en elle, comme si une force ancienne
se réveillait, prête à la guider.
— C'est le début, Amber. Le début d'un voyage que tu n'as jamais choisi mais qui t'est
destiné, continua la voix. Tu dois te préparer à affronter ce qui vient.
Soudain, elle fut projetée hors de cette transe. La pluie tombait toujours, mais son cœur
battait avec une clarté nouvelle, une résilience. Elle réalisa qu'elle n'était pas seule dans
cette lutte. Mike, en qui elle avait placé sa confiance, serait à ses côtés. Ensemble, ils
pourraient peut-être découvrir la clé pour tout changer.
Elle se redressa, la détermination ravivant sa flamme intérieure. La nuit était encore
profonde, mais elle savait maintenant que la lumière pouvait percer même les ténèbres les
plus noires.
Elle se mit en route, son esprit en ébullition, prête à affronter toutes les épreuves qui
l'attendaient, à découvrir la vérité sur son frère et à comprendre le pouvoir qu'elle détenait.
Les ombres dans la ruelle s'estompaient lentement alors qu'elle avançait, les yeux fixés sur
l'horizon. Chaque pas la rapprochait de son destin, et elle était déterminée à ne pas laisser
les ténèbres l'emporter.
Cette fois, elle n’allait pas reculer. Elle allait montrer le chemin, non seulement pour elle-
même, mais pour toutes les âmes perdues qui l'avaient précédée.

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5
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e parle uniquement parce que je n’ai pas le choix.
Les images changèrent brutalement.
Amber se releva rapidement, son cœur battant à tout rompre. Elle ne pouvait pas se
permettre de se laisser submerger par la peur, même si chaque fibre de son être
voulait fuir. Elle savait que sa survie dépendait de sa capacité à rester concentrée.
Les ombres autour d'elle semblaient palpiter, comme si elles attendaient le bon
moment pour l'engloutir.
La créature, massive et terrifiante, se redressa, ses yeux brillants fixés sur elle.
Amber pouvait sentir la pression de son regard, une force qui l’attirait et la paralysait
à la fois. Rassemblant son courage, elle brandit la lame ancienne qu'elle avait
trouvée dans les ruines, espérant que son pouvoir serait suffisant.
— Je ne te laisserai pas prendre ce que je suis ! cria-t-elle, sa voix résonnant dans
l'obscurité.
La créature émit un grondement guttural, comme si elle comprenait ses mots. Elle
avança lentement, ses pattes griffues laissant des traces de feu sur le sol. Amber
savait qu'elle devait agir vite.
Sans réfléchir, elle se jeta sur le côté, esquivant une nouvelle attaque. La bête frappa
le sol avec une telle force que la terre trembla sous ses pattes, envoyant des débris
voler dans toutes les directions. Elle se redressa, scrutant la créature, cherchant une
faille, un moment d'inattention.
Soudain, Amber se rappela des runes écarlates qui pulsaient le long du corps de la
créature. Peut-être que ces symboles avaient un lien avec le pouvoir de la clé. Si elle
pouvait comprendre comment les utiliser, peut-être pourrait-elle inverser la situation.
Elle se concentra, observant attentivement les motifs lumineux qui dansaient sur la
peau de la créature. Une pulsation régulière émanait de ces runes, syncopée au
battement des ailes ténébreuses. Chaque battement semblait synchronisé avec ses
propres battements de cœur, comme un appel à quelque chose de plus grand.
La créature bondit de nouveau, mais cette fois, Amber était prête. Elle se plaça en
position, levant la lame pour parer l'attaque. À l'impact, elle sentit une énergie
vibrante traverser son corps, comme si la clé résonnait avec la force ancienne de
l’entité.
— Que veux-tu ? hurla-t-elle, espérant que sa voix porterait au-delà de la peur.
La créature s'arrêta un instant, comme si ses yeux brûlants l'avaient enfin écoutée.
Le grondement se transforma en quelque chose de plus mélodieux, un murmure à
peine audible.
— La clé… elle est le lien entre les mondes… montre-moi le chemin…
Amber comprit alors. Les visions qu'elle avait eues, le pouvoir qu'elle portait, ne
faisaient pas d'elle une proie. Elle était la gardienne, celle qui pouvait choisir de
libérer la lumière ou de laisser les ténèbres s'imposer.
Elle brandit la clé, se concentrant sur son énergie. Les runes sur la créature
semblaient répondre à cet appel. Amber se mit à murmurer des mots qu'elle ne
comprenait pas, mais qui résonnaient profondément en elle, comme une invocation
ancrée dans son héritage.
Les yeux de la créature s'illuminèrent davantage, réagissant à la puissance qui se
dégageait de la clé. Amber sentit la chaleur envahir son corps, et la lumière devint
presque insupportable.
— Je suis ici pour protéger, pas pour détruire, déclara-t-elle d'une voix forte. Je ne te
laisserai pas causer de souffrance !

5
À ce moment-là, quelque chose de magique se produisit. Les runes de la créature
pulsèrent d'un éclat rouge, et Amber sentit son cœur battre en synchronie avec elles.
La créature se figea, comme suspendue entre deux mondes, cherchant un chemin
vers la rédemption.
Amber leva la clé, une lumière éclatante émanant d’elle. Les ténèbres autour d'eux
se mirent à se dissiper, les ombres reculant face à la lumière.
— Trouve ton chemin, murmura-t-elle, sa voix emplie de détermination.
La créature se mit alors à reculer, laissant échapper un cri qui résonna dans la nuit.
Les ombres qui l'entouraient se distordirent, et une lumière éclatante jaillit,
enveloppant Amber dans une chaleur réconfortante.
Quand la lumière se dissipa, Amber se retrouva seule. La créature avait disparu,
mais elle savait qu'elle n'était pas vraiment partie. Elle avait révélé quelque chose de
profond à Amber – la compréhension que le combat contre les ténèbres ne se
mesurait pas seulement à la force, mais aussi à la capacité de se connecter et de
guérir.
Amber tomba à genoux sur le sol, haletante mais soulagée. Elle tenait toujours la clé,
et avec elle, une nouvelle sagesse. Elle avait découvert que la lutte était aussi une
recherche d'équilibre, une possibilité de rédemption, et même les êtres les plus
corrompus pouvaient trouver leur chemin s'ils en avaient l'occasion.
Elle se releva lentement, le regard déterminé. Le chemin à parcourir serait long et
semé d'embûches, mais elle était prête. Elle avait un but et une nouvelle force qui
l'accompagnait. Le pouvoir de la clé était le pouvoir de l'espoir, et Amber était
résolue à l'utiliser pour affronter tout ce qui viendrait.

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La Légende du Ser’vah
La peur s’insinua profondément en elle, mais Amber refusa de se laisser paralyser. Elle
savait que la clé qu'elle portait était le cœur de cette confrontation. C'était son héritage, son
destin, et elle ne pouvait pas laisser cette créature la prendre.
— Je ne suis pas une proie ! cria-t-elle, sa voix résonnant avec une force qu'elle ne savait
pas qu'elle avait.
La créature s’arrêta un instant, comme si ses mots l’avaient surpris. Ses yeux flamboyants la
fixaient, et Amber sentit une connexion étrange s'établir entre eux, une lutte de volonté. Elle
comprit que cette confrontation n'était pas seulement physique, mais aussi spirituelle.
Avec un élan de défi, Amber leva sa lame, dont la lumière scintillante semblait vouloir se
libérer de son emprise. De puissants souvenirs affluèrent en elle : les histoires que sa mère
lui racontait le soir, les rires partagés avec ses amis, les moments de joie et de tristesse qui
constituaient son essence. Tous ces souvenirs étaient précieux, et elle refusait de les
abandonner.
— Si tu cherches à m'engloutir, tu devras d'abord me vaincre, déclara-t-elle, la voix plus
forte, plus assurée.
La créature s’approcha lentement, et Amber se prépara à l’affrontement. Elle se mit en
position, sa lame pointée vers le ciel, la lumière pulsant au bout de la garde. Elle pouvait
sentir la clé autour de son cou vibrer, comme si elle lui offrait une part de son pouvoir.
La bête bondit à nouveau. Cette fois, Amber était prête. Elle esquiva de justesse, glissant sur
le sol humide, et frappa de sa lame l’un des flancs de la créature. Le métal perça l'air, et une
nouvelle étincelle jaillit, mais la créature ne recula pas. Au contraire, le grondement qui
sortait de sa gorge était plus fort, plus puissant.

5
— Je suis le gardien des ombres, rugit-elle, sa voix résonnant comme un tonnerre lointain.
Tu ne peux pas m’échapper, petite mortelle !
— Je ne suis pas ici pour fuir, rétorqua Amber, sa détermination redoublant d'intensité. Je
suis ici pour me battre !
Avec cette affirmation, elle se concentra à nouveau. Elle se remémora les histoires de son
enfance, les leçons apprises des anciens, et l’amour qu’elle portait pour ceux qui avaient
disparu. Chaque souvenir était une pierre précieuse qui ajoutait à sa force, formant un
bouclier protecteur autour d'elle.
Elle se redressa, rassemblant toute son énergie. Amber se mit à murmurer les mots qu'elle
avait entendus dans les légendes, une invocation qui pouvait apaiser même les esprits les
plus tourmentés.
— Ser’vah, entends mes paroles. Je ne suis pas ici pour détruire, mais pour protéger. Je
suis la clé, et je choisis d'être un pont entre les mondes.
Les yeux de la créature s'illuminèrent de surprise. Pour la première fois, Amber vit une lueur
d'hésitation dans son regard. Elle profita de ce moment d'incertitude pour frapper à nouveau,
cette fois avec une précision déterminée.
La lame entra en contact avec la créature, mais au lieu de ressentir le choc brut, Amber
éprouva une connexion. La lumière de la clé s'intensifia, et un élan d'énergie parcourut son
corps. Elle comprit alors que la créature n'était pas seulement une menace, mais un gardien
perdu, piégé entre les ténèbres et la lumière.
— Je ne veux pas te combattre, murmura-t-elle, douce mais ferme. Si tu es le Ser’vah, aide-
moi à comprendre ta souffrance. Je peux t’aider à retrouver ton but.
À ce moment, quelque chose se produisit. L’expression de la créature changea. Les ailes,
qui semblaient auparavant prêtes à frapper, se replièrent lentement. La rage dans ses yeux
se transforma en curiosité, puis en confusion.
Amber sentit que cette créature, ce gardien oublié, avait besoin d'un lien, d'une rédemption.
Elle n’allait pas seulement se battre pour elle-même, mais également pour ce qui avait été
perdu depuis si longtemps.
— Ensemble, nous pouvons restaurer l’équilibre, dit-elle, brandissant la clé. Je suis prête à
nous unir !
La créature émit un grognement plus doux, presque comme un soupir. Les runes écarlates
le long de son corps brillèrent d'une lumière apaisante, et Amber comprit qu’un choix s’offrait
à eux. Elle avait le pouvoir d’influer sur le destin de ce gardien.
Et alors que l’obscurité autour d’eux commençait à se dissiper, Amber sut qu’elle était prête
à embrasser son rôle, celui de Protectrice, celle qui relierait les mondes, qui ramènerait
l’espoir, même au cœur des ténèbres les plus profondes.
Elle s'arma d'une détermination nouvelle, prête à faire face à la suite de son voyage, à
affronter le Ser’vah non pas comme un ennemi, mais comme un allié possible dans la
bataille à venir.
— Quelque chose arrive, dit Amber d'une voix grave, ses yeux toujours rivés sur le ciel
tourbillonnant. Nous ne devrions pas rester ici.
Les autres échangèrent des regards inquiets, la sérénité de Victor s'estompant
progressivement. Paty fronça les sourcils, son expression se durcissant.
— Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-elle. Tu penses que ça a un rapport avec nous ?
Amber hocha la tête, une certitude grandissante s'installant dans son esprit. Elle se
souvenait des murmures de la créature, du Ser’vah, de la clé qu'elle portait. Tout cela n'était
pas un simple hasard. Les événements s'imbriquaient de manière inextricable.
— Je crois que nous avons un rôle à jouer dans ce qui va se passer, continua-t-elle.
L'ouragan… c'est un signe.
— Tu es sûre ? interrogea Vicky, l'inquiétude perçant dans sa voix.
— Je le sens, répondit Amber. C'est comme si quelque chose de puissant se préparait,
quelque chose qui pourrait nous engloutir si nous ne sommes pas prêts.
La trompette lointaine résonna à nouveau, plus forte cette fois, comme un appel pressant.
Amber sentit une vague de détermination l'envahir. Ils devaient agir, et vite.

5
— Nous devons nous retrouver au sanctuaire, proposa-t-elle, son regard se portant vers les
bois. C'est là que nous pourrons nous préparer à ce qui vient.
Victor acquiesça, l’expression de fascination ayant laissé place à une sombre
compréhension. « D'accord. Si tu penses que c'est là où nous devons aller, alors allons-y. »
Ils se dirigèrent ensemble vers les bois, le grondement de l’ouragan et les éclats lumineux du
ciel tordant la réalité au-dessus d’eux. Amber pouvait sentir l'énergie vibrante de la nature
tout autour, comme si la forêt elle-même attendait leur arrivée.
Alors qu'ils pénétraient dans l'épaisseur des arbres, le froid glacial s'intensifia. Les ombres
dansaient autour d'eux, et Amber savait que leur présence n'était pas seulement une illusion.
Des créatures, des esprits, des gardiens et des âmes perdues peuplaient ces lieux,
attendant que leur destin se dévoile.
Les voix murmurantes des arbres résonnaient dans son esprit, se mêlant aux battements de
son cœur. Elle comprit qu'elle n'était pas seule dans cette lutte, qu'une force ancienne était à
la fois son alliée et son adversaire.
Ils atteignirent rapidement le sanctuaire, une clairière entourée d’arbres millénaires, leurs
troncs tordus et couverts de mousse. Une lumière douce émanait du centre, illuminant un
autel ancien, orné de symboles que Amber reconnaissait. Elle s'approcha, le cœur battant
d'excitation et d'appréhension.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda Victor, observant le lieu avec curiosité.
— C'est ici que les Sylvains du Premier Souffle rendaient hommage aux esprits de la forêt,
expliqua Amber. C'est un lieu de pouvoir, une source d'énergie qui pourrait nous aider à faire
face à ce qui vient.
Les autres se regroupèrent autour de l'autel, les yeux rivés sur les inscriptions anciennes qui
brillaient faiblement. Amber ferma les yeux un instant, se concentrant sur le lien qu'elle avait
avec la clé autour de son cou. Elle pouvait sentir la chaleur émanant de celle-ci, une
connexion profonde avec les esprits et les ancêtres.
— Nous devons offrir un souvenir, dit-elle soudain, se remémorant les légendes du Ser’vah.
C'est ce que les anciens faisaient pour invoquer la protection.
Paty fronce les sourcils. « Un souvenir ? Qu'est-ce que tu proposes ? »
Amber réfléchit un instant. Un souvenir précieux, quelque chose qui la liait à son passé, à ce
qui lui tenait vraiment à cœur. Elle savait ce qu'elle devait faire.
— Je vais offrir un souvenir lié à ma mère, murmura-t-elle. Elle était la lumière de ma vie, et
je veux qu'elle protège cet endroit.
Les autres la regardèrent, leurs visages marqués par l'inquiétude et la compréhension. Ils
savaient à quel point ce geste était important pour elle.
— Je ferai de même, déclara Victor, son ton grave. J'offrirai un souvenir de ma première
victoire au billard, un moment de pure joie.
— Et moi, je donnerai un souvenir de notre amitié, ajouta Vicky, le regard déterminé. Je veux
que cet endroit soit protégé pour nous tous.
Paty acquiesça, même si son expression trahissait une légère hésitation. « Je donnerai un
souvenir de la première fois que j’ai découvert ce sanctuaire. C’était un moment incroyable.
»
Amber sourit, réconfortée par l'unité de leurs intentions. Ensemble, ils formaient un lien
puissant, et ce lien pourrait être la clé pour surmonter les épreuves à venir.
— Bien, commençons, dit-elle, s'agenouillant devant l'autel.
Ils se mirent tous en cercle, se tenant par la main, puis Amber ferma les yeux. Elle se
concentra sur son souvenir, se remémorant les rires, les câlins et les doux moments passés
avec sa mère. À chaque pensée, elle sentit la clé vibrer, comme si elle répondait à l'appel
des ancêtres.
Le vent se leva, et une lumière éblouissante enveloppa le groupe. Amber rouvrit les yeux,
émerveillée par la scène qui se déroulait devant elle. Les symboles sur l'autel brillaient d'une
intensité nouvelle, et la clairière semblait vibrer d'une énergie ancienne, prête à les soutenir
dans leur lutte.

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Mais alors que la lumière s'intensifiait, un grondement sourd se fit entendre au loin, comme
un avertissement. Les cieux déchirés s'embrasaient, et Amber savait que le moment
approchait.
Elle se leva, le cœur plein de détermination. Ils étaient prêts à affronter ce qui venait,
ensemble, unis par leurs souvenirs et leur volonté. Quelles que soient les forces qui
s'éveillaient, Amber savait qu'elle était prête à se battre pour protéger ceux qu'elle aimait et
L'ombre s'approcha, glissant sur le pavé comme un serpent. Amber sentait son cœur battre
à tout rompre, la peur s'intensifiant avec chaque seconde passée. Des souvenirs de la forêt,
des chevaux célestes et leur promesse de protection, lui revinrent en mémoire, mais ils
semblaient si lointains, presque illusoires, face à cette menace immanente.
— Lâche-moi ! parvint-elle à articuler, sa voix un murmure brisé.
Mais l'ombre ne réagit pas. Au lieu de cela, elle s'étira davantage, emplissant l'espace autour
d'elle avec une noirceur palpable. Amber ferma les yeux un instant, cherchant à rassembler
ses pensées, à puiser dans la force qu'elle avait ressentie plus tôt dans la forêt. Elle avait
quelque chose en elle, une lumière qui pouvait combatte les ténèbres, mais elle devait la
libérer.
La pression sur sa poitrine se fit plus forte, et elle sentit sa détermination vaciller. Mais au
fond de son être, une flamme persistait, une lutte entre la lumière et l'obscurité.
— Ne me prends pas ! cria-t-elle, sachant que cela pourrait être sa dernière chance.
Elle se concentra sur la clé autour de son cou, se remémorant les chevaux et la magie qui
émanait d'eux. Elle se souvint des histoires de courage, des récits de ceux qui avaient
combattu les ombres. Puis, lentement, une lumière commença à émaner de la clé, une lueur
dorée qui se mit à envelopper son corps.
Amber rouvrit les yeux, les fixant sur l'ombre qui se tenait devant elle. À mesure que la
lumière s'intensifiait, l'obscurité hésita, vacillant comme une flamme face au vent. Elle tendit
sa main, la lumière pulsant maintenant comme un cœur vibrant, et murmura :
— Je suis la clé, et je refuse de te laisser prendre ce qui m'appartient !
L’énergie émanant de la clé se transforma en un éclat éblouissant, et l’ombre recula, comme
si elle était brûlée par la lumière. Amber sentit une vague de chaleur l'envahir, chassant le
froid qui l'étreignait. Une nouvelle force grandissait en elle, alimentée par sa volonté de vivre
et de protéger ceux qu'elle aimait.
L'ombre se mit à se tordre, hurlant un cri déchirant qui résonna dans les ruelles sombres.
Amber se força à avancer, repoussant la créature de lumière, déterminée à ne pas laisser la
peur l'emporter.
— Je suis plus forte que toi, dit-elle d'une voix claire, chaque mot résonnant avec une force
nouvelle. Je ne suis pas seule dans ce combat.
Les autres ombres se mirent à jaillir de l'obscurité, mais Amber ne se laissa pas distraire.
Elle continuait d'avancer, la clé illuminant tout sur son passage. Les silhouettes se
désagrégèrent dans la lumière, se dissolvant comme des brumes au soleil.
Lorsque l'ombre centrale, plus massive, s'approcha à nouveau, Amber concentra toute sa
force et l'éclat de la clé dans un coup décisif. Une explosion de lumière éclatante jaillit,
inondant la ruelle d'une clarté aveuglante.
L’ombre hurla à nouveau, mais cette fois, son cri était celui de la terreur. La lumière
enveloppa l'ombre, l'aspirant dans un vortex de pure énergie.
Puis, tout devint calme.
Amber se retrouva seule dans la ruelle, haletante, mais vivante. La clé autour de son cou
pulsait doucement, comme si elle avait absorbé la lutte. Elle avait vaincu non seulement
l'ombre, mais aussi une partie de sa propre peur.
Elle se redressa, le cœur battant encore, mais maintenant avec un sentiment de triomphe.
Elle avait prouvé qu’elle pouvait se battre, qu’elle était capable de repousser les ténèbres.
Alors qu'elle reprenait son souffle, elle se rendit compte qu'elle n'était pas vraiment seule. La
lumière qui émanait de la clé lui avait donné la force de surmonter l'obscurité. Et elle savait
que, peu importe ce qui viendrait ensuite, elle serait prête à faire face à tout défi.
Amber tourna les talons, prête à retrouver ses amis et à partager ce qu'elle avait appris. Elle
avait fait un pas de plus vers la compréhension de son rôle, celui de protectrice, de

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gardienne entre les mondes. Et maintenant, avec la lumière de la clé en elle, elle pouvait
affronter ce qui l'attendait dans cette aventure encore à écrire.

Le chemin de retour à travers la forêt était silencieux, chaque bruissement des feuilles
semblant chuchoter des mots perdus. Amber marchait en tête, son esprit encore embrumé
par la vision des chevaux célestes, leur lumière et leur beauté éclatante. Les images de leur
course éthérée dans le ciel, comme une constellation vivante, l'obsédaient.
— Qu'est-ce que tout cela signifie ? murmura-t-elle plus pour elle-même que pour ses amis.
Pourquoi moi ?
Victor, marchant à ses côtés, lâcha un soupir. — Peut-être que c'est le début d'une quête, un
appel que seuls certains peuvent entendre.
— Une quête pour quoi ? questionna Paty, son ton empreint d'inquiétude. Et que se passe-t-
il si ces chevaux reviennent, mais pas pour nous aider ?
Amber se tourna vers elle, la détermination dans ses yeux. — Je ne sais pas encore, mais je
suis prête à le découvrir. Je sens que cette lumière, cette connexion avec les chevaux, fait
partie de quelque chose de plus grand. Quelque chose d'important.
Ils passèrent devant des arbres centenaires aux troncs massifs, leurs racines plongeant
profondément dans la terre, comme des souvenirs ancrés dans l’oubli. Chaque pas les
rapprochait de la sortie de la forêt, mais aussi de l’inévitable confrontation avec la réalité. Et
une réalité troublante était là, tapie dans l'ombre.
La nuit s'épaississait autour d'eux, et une légère brise se leva, apportant avec elle une odeur
d'humidité et de terre. Amber ressentait une tension dans l'air, comme si quelque chose
d’invisible les observait. Un frisson lui parcourut l'échine, mais elle refusa de céder à la peur.
— Nous devons rester unis, déclara-t-elle d'une voix forte. Ce que j'ai ressenti là-bas, avec
les chevaux… C'est comme si nous étions tous liés à cette magie, à cette ancienne sagesse.
Victor hocha la tête, son expression devenue sérieuse. — Tu as raison. Nous avons besoin
de nous soutenir les uns les autres. Quelle que soit la menace qui se profile à l’horizon, nous
devons l’affronter ensemble.
Soudain, un bruit retentit derrière eux, un craquement de branche suivi d'un chuchotement.
Amber se retourna brusquement, le cœur battant. Les autres firent de même, leurs visages
marqués par l'inquiétude.
— Qu'est-ce que c'était ? chuchota Vicky, les yeux écarquillés.
Amber plissa les yeux et se concentra. Une silhouette sombre émergea des ombres, une
forme familière. Les traits se précisèrent tandis qu'elle avançait lentement vers le groupe.
— C’est moi, dit une voix douce mais ferme. Ne craignez rien.
Amber reconnut la silhouette gracieuse de la créature qu'elle avait aperçue dans la clairière.
C'était une femme, vêtue d'une robe faite de feuilles et de fleurs, avec des cheveux couleur
de la nuit, scintillant comme les étoiles. Ses yeux brillaient d'une sagesse infinie.
— Qui es-tu ? demanda Amber, la curiosité et la méfiance mêlées.
— Je suis une des Gardiennes de cette forêt, répondit la femme. J'ai observé votre rencontre
avec les chevaux célestes. Vous avez été choisie pour une raison. Vous portez en vous une
lumière que ce monde a besoin.
Amber échangea un regard avec ses amis. La tension de tout à l'heure semblait s'estomper,
remplacée par un sentiment d'émerveillement.
— Que devons-nous faire ? demanda-t-elle.
La Gardienne s’avança, sa présence apaisante. — Vous devez comprendre la prophétie qui
vous lie à ces chevaux. Ils ne sont pas simplement des créatures de légende. Ils sont les
messagers d’un pouvoir ancien, et il vous incombe de découvrir ce qu’ils cherchent à vous
révéler.
Amber sentit son cœur s'emballer à nouveau. Chaque mot de la Gardienne résonnait avec
une vérité qu'elle ne pouvait ignorer.
— Mais il y a des forces qui cherchent à vous arrêter, continua la Gardienne, des ombres qui
se nourrissent de la peur et du désespoir. Vous devez être vigilants et ne jamais laisser les
ténèbres prendre le dessus.
— Nous nous battrons, promit Victor, une lueur de défi dans les yeux. Ensemble.

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La Gardienne sourit, et une lueur dorée l'entoura brièvement. — Votre force réside dans
votre unité. Ne l'oubliez jamais.
Au fur et à mesure que la Gardienne parlait, Amber sentit une chaleur douce émaner de la
clé autour de son cou. Elle savait que chaque mot, chaque geste, chaque regard partagé
avec ses amis, était une pièce du puzzle qu’elle devait résoudre.
— Quel est le premier pas ? demanda Amber, déterminée à aller de l'avant.
— Suivez le chemin des ancêtres, apprenez à écouter les murmures de la forêt. Elle vous
guidera, murmura la Gardienne avant de disparaître lentement dans l'ombre.
Amber se tourna vers ses amis, le regard empli de détermination. — Alors, nous devons
nous préparer. Nous découvrirons ce que cela signifie, et nous retrouverons ces chevaux. Ils
ont besoin de nous comme nous avons besoin d’eux.
Paty hocha la tête, son esprit semblant déjà se mettre en mouvement. — Oui, et nous avons
besoin de toutes les informations possibles. Que pouvons-nous trouver sur la prophétie et
ces chevaux ?
Amber sourit, une nouvelle lumière dans son cœur. — Nous allons tout apprendre. Et
ensemble, nous vaincrons les ombres qui menacent notre monde.
Ainsi, ils reprirent leur chemin, résolus à percer les mystères qui les attendaient, à découvrir
le véritable pouvoir de la lumière contre l'obscurité. Leur quête ne faisait que commencer, et
ils étaient prêts à affronter tout ce qui viendrait sur leur chemin.

Chapitre :
La nuit était lourde, presque surnaturelle, comme si la forêt elle-même retenait son souffle,
prête à révéler ses secrets. L’air était froid, mais une chaleur étrange brûlait dans mes veines,
alimentée par la décision irrévocable que nous venions de prendre. Mike et moi étions là, tous
deux conscients que ce moment pouvait tout changer. Le risque, l'incertitude… tout cela
paraissait insignifiant comparé à ce que nous cherchions.
Je jetai un dernier coup d’œil à la porte, veillant à ce que personne ne soit là pour nous
empêcher de partir. Le gardien passait, mais il ne semblait pas nous voir. Peut-être qu'il ne
croyait même pas qu'il y avait quelque chose à craindre dans cette partie du bâtiment, dans
cette école qui semblait si tranquille en apparence. Pourtant, la tension dans mes épaules ne
disparaissait pas. Elle s'intensifiait, se nouait autour de mon cœur, chaque battement résonnant
comme un tambour lointain.
— "Prête ?" murmura Mike à mon oreille, son souffle chaud dans l'air glacial de la pièce. Il
était aussi tendu qu'un arc prêt à se décocher.
Je n'avais pas besoin de répondre. Mon regard en disait long. Nous savions tous les deux que
ce n'était pas un simple jeu. Ce n'était pas juste un acte de rébellion. C'était quelque chose de
plus grand. Quelque chose d'invisible qui nous poussait dans cette direction, avec une force
qui nous échappait.
— "On bouge," soufflai-je, mes doigts serrant la poignée de la fenêtre avec une détermination
nouvelle. La brise glacée s'engouffra à l'instant où je l'ouvris, comme si la forêt elle-même
nous attendait.
Nous descendîmes silencieusement, un geste après l'autre, chaque mouvement mesuré. La
corde était là, tendue, prête à nous faire traverser la distance qui séparait la salle du couloir de
la liberté… ou du danger. Tout était incertain, mais l'adrénaline faisait naître une sensation
étrange en moi, une envie irrésistible de découvrir ce qui se cachait dans l’ombre, là où
personne n’osait aller.
— "C’est risqué," dit Mike, mais je pouvais voir dans son regard qu’il ne revenait pas en
arrière. Ce qu’il disait n’était qu’une observation, un murmure dans la tempête de ses pensées.
— "On doit le faire," répondis-je, presque sans réfléchir. Chaque mot semblait plus lourd que
le précédent, mais il fallait avancer. Il fallait voir, comprendre, savoir.
Le vent hurlait autour de nous alors que nous nous accrochions à la corde, glissant dans le
vide, suspendus entre deux mondes. Une terre ferme en dessous de nous, mais elle semblait si

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lointaine, si fragile. J’entendis le bruit du vent dans mes oreilles, comme une mer déchaînée
battant les falaises. Loin, à l’horizon, la forêt semblait se faire plus menaçante à chaque
seconde.
Enfin, nous atterrîmes dans la forêt, à l'abri des regards. La brume, épaisse comme un voile,
se levait lentement, enveloppant les arbres d’une façon presque mystique, comme si l’endroit
tout entier appartenait à un autre monde. C’était là, dans l’ombre des grandes branches et sous
le ciel effacé, que nous trouverions ce que nous cherchions.
— "C’est maintenant ou jamais," dis-je, le regard fixé sur la profondeur de la forêt, mais en
réalité, je parlais autant de notre décision que de ce qui allait suivre. Chaque pas que nous
faisions nous rapprochait de ce que nous ignorions encore.
Mike s’arrêta soudainement. Il écouta, tendant l'oreille. Un bruissement. Quelque chose, ou
quelqu'un, se déplaçait dans la brume.
— "Tu l'as entendu ?" murmura-t-il, son ton sérieux.
Je restai silencieuse, tout aussi attentive. L'air semblait vibrer autour de nous. La tension était
palpable, aussi dense que la brume. C'était comme si tout autour de nous, la forêt, la nuit elle-
même, nous observait.
— "On continue," soufflai-je, d’un ton calme, mais avec une urgence que je ne pouvais pas
dissimuler. Nous ne pouvions pas revenir en arrière. Ce que nous cherchions était trop
important.
Et c'est là, dans cette forêt où chaque ombre pouvait cacher un secret, que nous ferions face à
ce qui nous attendait, à l'invisible qui nous gouvernait depuis si longtemps.
4o mini

O
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Raisonner
:
L'impact fut brutal. Amber tomba au sol, le souffle coupé par la violence de la chute. La poussière et les débris volèrent autour
d'elle, obscurcissant sa vue. Elle se redressa rapidement, mais la panique luttait pour prendre le dessus. La forêt, autrefois
familière, était devenue un cauchemar, chaque ombre et chaque bruit semblant se liguer contre elle.

Elle releva les yeux juste à temps pour voir Mike, figé, regardant la bête qui avait rompu la tranquillité de la forêt. Le loup,
immense et majestueux, se tenait là, ses griffes enfoncées dans le sol, la mâchoire encore fumante du tronc qu'il venait de
détruire. Ses yeux dorés brillaient d'une lueur prédatrice, et Amber comprit que ce n'était pas simplement un animal, mais une
force de la nature, un gardien de la forêt, peut-être même une manifestation de son obscurité.

— "Fuis, Amber ! Maintenant !" hurla Mike, la voix emplie de désespoir.

Amber se redressa, son cœur battant à tout rompre. La peur l'envahissait, mais dans son esprit, une détermination se forma.
Elle ne pouvait pas abandonner. Pas maintenant.

Elle se tourna et commença à courir, mais les branches rasaient son visage, les ronces s'accrochaient à ses vêtements, et le
sol glissant menaçait de la faire tomber. Chaque pas était une lutte contre les forces qui entouraient la forêt.

Derrière elle, le loup se mit à charger, le sol tremblant sous son poids. Amber pouvait entendre le grondement de sa respiration,
sentir la puissance brute de sa présence.

— "Mike ! Viens ! Vite !" cria-t-elle, ne se retournant pas.

Mais elle savait que Mike n'était pas loin. Elle ressentait sa présence, son énergie, et cela lui donnait la force de continuer.
Ensemble, ils avaient affronté tant de choses. Ils ne pouvaient pas laisser cette créature les séparer.

Ressentant une montée d'adrénaline, Amber bifurqua brusquement sur la gauche, espérant dénicher un chemin moins
encombré. Les branches s'effaçaient un peu, mais le rugissement du loup ne cessait de s'intensifier, résonnant dans son cœur.

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Elle aperçut une lumière au loin — un rayon d'espoir. Peut-être un endroit sûr, peut-être une échappatoire. Elle redoubla
d'efforts, se jetant en avant, puis elle entendit un cri de douleur derrière elle.

— "Amber !"

C'était Mike. Elle ne pouvait pas s'arrêter. Pas maintenant. Elle courut de toutes ses forces, le cri de son ami résonnant dans
son esprit comme un signal d'alarme.

Au moment où elle atteignit la lueur, elle se rendit compte qu'il s'agissait d'une clairière. Une clairière ouverte, baignée dans une
lumière argentée qui fendait les ombres. Elle s'arrêta, haletante, et se retourna.

Mike émergea alors, essoufflé et blême, mais la bête était juste derrière lui. Le loup, immense et effrayant, s'apprêtait à bondir.
Amber pouvait sentir la terre trembler sous ses pattes.

— "Dépêche-toi !" cria-t-elle, tendant la main vers lui.

Mike sauta à côté d'elle, et dans un élan instinctif, elle lui attrapa le bras. Ensemble, ils se précipitèrent dans la clairière,
espérant que la lumière les protégerait.

Mais le loup s'arrêta à la lisière de la clairière, ses yeux brillants fixés sur eux. Amber pouvait presque sentir son souffle chaud,
une chaleur qui contrastait avec le froid de la forêt. Le regard du loup était intense, et elle pouvait voir une lueur de
compréhension, mais aussi de colère. C'était comme si la créature savait que quelque chose était en jeu, que leur présence ici
n'était pas due au hasard.

— "Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" murmura Mike, la voix tremblante.

Amber leva la tête. La lumière semblait vibrer autour d'eux, et dans son cœur, la clé résonna. Elle savait qu'ils avaient un lien
avec ce lieu, avec la forêt, et que la clé pouvait avoir un rôle à jouer ici.

— "Je ne sais pas," admit-elle, la détermination se mêlant à la peur. "Mais je pense qu'il faut essayer de communiquer avec lui."

Elle se tourna vers la créature, levant lentement les mains, paumes ouvertes, comme pour montrer qu'elle ne voulait pas de
mal. Elle avait entendu des histoires sur des êtres ancestraux qui réagissaient à l'honnêteté et à la pureté d'intention.

— "Nous ne sommes pas là pour te nuire," dit-elle d'une voix forte, pourtant douce. "Nous cherchons juste à comprendre."

Le loup inclina la tête, hésitant, ses yeux se fixant sur la clé qui brillait autour de son cou. Un instant, tout s'arrêta. La forêt
semblait retenir son souffle, attendant la réaction de la bête.

Amber sentit une connexion se tisser, une énergie qui pulsait entre elle et le loup. Elle pouvait presque entendre des murmures
venant de la forêt, des voix anciennes, comme si la nature elle-même les soutenait.

Puis, lentement, le loup s'avança, ses mouvements fluides et gracieux. Amber ne bougea pas, sa respiration suspendue, tandis
que Mike restait près d'elle, prêt à réagir.

La créature s'arrêta à quelques pas d’eux. Elle renifla l'air et, d'un mouvement délicat, approcha son museau de la clé. Amber
sentit une chaleur se répandre dans son bras, comme si le loup absorbait une partie de son énergie.

— "Qu'est-ce qui se passe ?" murmura Mike, les yeux rivés sur la scène.

Amber ne répondit pas. Elle était concentrée sur la connexion qui se formait entre eux. Les yeux du loup brillaient d'une lueur
dorée, et elle savait à cet instant qu'il ne cherchait pas à les attaquer, mais à leur faire comprendre quelque chose.

— "Tu es lié à la clé," prononça une voix forte et résonnante, émanant de nulle part et pourtant partout. "Elle est le pont entre toi
et ce monde. Utilise-la pour restaurer l'équilibre."

Amber ouvrit grand les yeux, réalisant que les murmures qu'elle avait perçus venaient de la forêt elle-même. Elle était à
l'interface de deux mondes, et la clé était bien plus qu'un simple objet. Elle était la clé d'un ancien pouvoir, capable de forger
des liens et de rétablir l'harmonie.

Elle se tourna vers Mike, son cœur battant à tout rompre. — "Nous devons l'aider. Nous devons comprendre son rôle."

Le loup recula légèrement, comme s'il attendait une réponse. Amber savait qu'il était le gardien de cette forêt, et que leur destin
était désormais lié. Elle leva la clé, la lumière émanant d'elle pulsatit, et prononça :

— "Je ne sais pas encore tout, mais je suis prête à apprendre. Je veux comprendre ce qui se passe ici. Enseigne-moi."

Le loup inclina la tête, et dans ses yeux, Amber vit une lueur d'approbation. La tension dans l'air se dissipa lentement, et elle
comprit qu'elle avait fait le premier pas vers un nouveau destin, un destin où elle et ses amis pourraient jouer un rôle crucial
dans la lutte entre la lumière et l'obscurité.

Le loup recula encore, puis se tourna pour s'enfoncer dans la forêt, comme s'il attendait leur décision. Amber et Mike
échangèrent un regard, et elle sut qu'ils allaient devoir suivre la bête, plonger plus profondément dans le mystère de cette forêt
enchantée.

— "Allons-y," murmura-t-elle, la détermination renaissant. "Nous avons un chemin à suivre."

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Et ensemble, ils s'engagèrent à nouveau dans l'obscurité de la forêt, prêts à découvrir les secrets qui les attendaient.
, mais avec une reconnaissance silencieuse. C'était comme s'il réalisait qu'il avait échappé à
une mort certaine grâce à moi.
Mike et moi restâmes là, haletants, le regard fixé sur le loup qui semblait reprendre peu à
peu ses esprits. Mon cœur battait toujours la chamade, mais une autre émotion émergeait,
mêlée à la peur et à l'adrénaline : une forme de compassion.
— "Il a besoin de repos," murmura Mike, ses yeux scrutant le loup. "Il est blessé."
Je hochai la tête. En effet, le loup était éreinté, sa respiration irrégulière et laborieuse. Je me
penchai lentement, craignant qu'un mouvement brusque ne lui fasse peur.
— "Tu es en sécurité maintenant," murmurai-je, bien que je ne sois pas certaine qu'il
comprenne mes mots. J'avais l'impression que la forêt, avec ses mystères, pouvait tisser un
lien entre nous, mais à quel point ?
Le loup leva la tête, ses yeux dorés se fixant sur moi. Dans son regard, je voyais une lueur
de gratitude mêlée à une méfiance persistante. Je restai immobile, la main tendue vers lui,
prête à agir mais sans aucune intention de l'effrayer.
— "Reste là, je vais chercher quelque chose à lui donner," dit Mike, s'éloignant à la
recherche de nourriture ou d'eau.
Je n'avais jamais eu l'occasion de m'approcher d'un animal sauvage de cette manière.
C'était à la fois terrifiant et fascinant. Le loup, bien qu'éreinté, était toujours un prédateur, et
je savais que je devais rester prudente. Mais quelque chose en moi me poussait à ne pas
reculer.
— "Je m'appelle Amber," dis-je doucement, comme si cela pouvait établir une forme de
communication. "Tu n'es plus seul."
Je le vis se redresser un peu, ses muscles se contractant sous son pelage. Je me penchai
davantage, tentant de créer un lien. Petit à petit, il parvint à se mettre sur ses pattes, titubant
légèrement. Je remarquai alors qu'il avait une blessure sur le flanc, où le pelage noir avait
été arraché.
Mike revint avec quelques baies et une petite bouteille d'eau qu'il avait trouvée dans son sac.
— "Il faut qu'il s'hydrate," suggéra-t-il, se penchant vers le loup. "Mais fais attention, il
pourrait encore réagir."
Je pris une baie, la tenant devant le museau du loup. Ses yeux brillèrent d'une lueur
d'intérêt, et il s'approcha lentement, flairant l'air. Je lui offris la baie, ma main tremblante
presque involontairement.
Après un moment d'hésitation, il la prit délicatement entre ses dents, se redressant
légèrement. Une fraction de seconde, je crus qu'il allait me mordre, mais il se contenta de
mâcher.
— "Il a besoin de temps," dis-je, m'adressant à Mike sans quitter le loup des yeux. "Il doit
comprendre que nous ne sommes pas une menace."
Le loup se tourna légèrement vers moi, sa respiration devenant plus régulière. Il semblait se
détendre, et je pris cela comme un signe de confiance. La connexion que je ressentais était
étrange, presque inexplicable, mais je savais qu'il y avait quelque chose de plus que de la
simple survie en jeu ici.
Nous passâmes les minutes suivantes à le nourrir lentement, le loup s'habituant à notre
présence. Il finit par se coucher, son souffle s’apaisant. Le lien entre lui et moi se renforçait,
et je pouvais sentir que la forêt, ce lieu mystérieux, avait un rôle à jouer dans cette rencontre.
— "Que va-t-on faire maintenant ?" demanda Mike, incertain. "On peut pas rester ici
indéfiniment."
Je réfléchis à la situation. La forêt était encore pleine de dangers, et nous étions épuisés.
Mais ce loup, cet être qui avait été notre ennemi, était maintenant sous notre protection.
— "Nous devons le soigner," dis-je finalement. "Il pourrait être un allié. Et puis… la forêt
pourrait avoir besoin de lui."
Mike soupira, mais j'avais vu dans ses yeux qu'il comprenait la nécessité de notre choix.
— "D'accord. Alors, comment on s’y prend ?"

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Je me levai, le cœur battant à l’idée de ce qui pourrait venir. "Il nous faut un endroit sûr, un
abri. Peut-être qu’il y a un endroit dans la forêt où il pourra se reposer et guérir."
Nous commençâmes à chercher un abri, gardant un œil sur le loup et sur les bruits de la
forêt, toujours méfiants. Chaque craquement de branche ou bruissement de feuille faisait
monter l’adrénaline. Mais alors que nous avançions, je réalisai à quel point la forêt était belle,
même dans son obscurité. Les murmures des feuilles, le scintillement de la lumière à travers
les branches, tout cela semblait être une invitation à explorer davantage.
Je me retournai vers le loup, qui observait nos mouvements de ses yeux perçants. C'était un
moment de rédemption, non seulement pour lui, mais aussi pour nous. Si nous parvenions à
surmonter nos peurs, peut-être pourrions-nous trouver une manière de coexister, de
comprendre les mystères de cette forêt enchantée.
— "Ensemble, nous allons en sortir," murmurai-je en lui lançant un dernier regard avant de
me remettre en route. "Je le promets."
Avec reconnaissance.
Un regard furtif, presque imperceptible. Mais il était là.
Nous avancions en silence, enveloppés par l’immensité de la forêt. L’air était chargé d’une
étrange tension, comme si chaque arbre contenait des siècles de secrets.
Mike observait les branches au-dessus de nous, son regard perdu dans l’ombre mouvante des
feuillages. Il semblait réfléchir, peser le poids de l’inconnu qui s’étendait devant nous.
— "Tu vois," dis-je en avançant, mes pas glissant sur le sol moussu, "c'est peut-être le
doute qui fait de nous des aventuriers. Pas parce qu’on sait où l’on va, mais parce qu’on
ose affronter l’inconnu. Malgré la peur. Malgré les vagues."
Il tourna la tête vers moi, un léger sourire effleurant ses lèvres.
— "D'accord." Il hocha la tête, comme si tout cela commençait à avoir du sens. "On
continue. Mais je reste sur mes gardes."
Je lui rendis son sourire. Nous étions liés par cette quête, par cette forêt qui nous observait
dans un silence attentif. Les branches s’agitaient autour de nous comme des vagues
capricieuses, prêtes à engloutir nos certitudes. Mais nous avancions. Toujours.
Puis, le vent changea.
Un murmure s’éleva entre les feuilles. Pas un bruit de vent ordinaire. Quelque chose
chuchotait.
Nous suivions Joe, le loup parlant, à travers la forêt dense et envoûtante. Ses pas étaient sûrs,
calculés, comme s’il connaissait chaque racine, chaque ombre. Autour de nous, des yeux
brillaient entre les troncs, nous observant, évaluant notre présence.
Joe s’arrêta net.
Son regard s’illumina un instant dans l’obscurité, perçant l’ombre comme deux éclats de lune.
— "Ça fait bien longtemps que les humains ne sont pas venus ici."
Sa voix était calme, mais il y avait dans son ton une gravité que je ne comprenais pas encore.
— "Ils sont curieux, mais aussi perdus." Il marqua une pause, scrutant les profondeurs de
la forêt. "Peu savent ce que cette forêt renferme."
Mike et moi échangeâmes un regard. Pourquoi nous ? Pourquoi maintenant ?
Joe, comme s’il avait deviné notre hésitation, nous adressa un sourire fugace.
— "Ne vous inquiétez pas. Cette forêt a ses règles, mais tant que vous les respectez, vous
ne serez pas en danger."
Son regard se durcit légèrement.
— "Ces animaux... ils savent, tout comme moi, que vous n’êtes pas ici par hasard. Le
Voyant vous attend."
Le mot "Voyant" me glaça le sang.
Qui était-il ? Comment pouvait-il savoir que nous viendrions ?

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Nous continuâmes d’avancer, mais quelque chose avait changé. Le sol vibrait légèrement sous
nos pas. Les arbres, eux aussi, semblaient se mouvoir, s’inclinant doucement à notre passage
comme pour nous ouvrir un chemin invisible.
La forêt respirait.
— "Nous approchons," déclara Joe d’un ton grave. "Le Voyant vit au cœur de la forêt, là
où le temps et l’espace s’entrelacent. Mais préparez-vous."
Le vent se leva, soulevant un frisson sur ma peau.
— "Il ne vous donnera pas ses réponses sans s’assurer que vous êtes prêts à les
entendre."
Un silence écrasant tomba sur nous. L’air était devenu plus dense, plus tangible, comme si
nous avions franchi un seuil invisible.
Je déglutis.
— "Que vas-tu nous dire, Voyant ?" murmurais-je.
Devant nous, un passage s’ouvrait, sombre et insondable, prêt à nous engloutir.
L’atmosphère se faisait plus pesante à mesure que nous progressions à travers la forêt. L’air lui-
même semblait vibrer d’un murmure invisible, comme si le vent portait des secrets trop anciens
pour être compris.
Joe marchait devant nous, son pas silencieux, mais assuré. Il connaissait le chemin. Nous, en
revanche, avancions avec cette impression dérangeante d’être observés, d’être attendus.
Puis, une voix brisa le silence.
— "Vous êtes arrivés."
Nous nous figeâmes.
Devant nous, là où il n’y avait que des arbres un instant plus tôt, se dressait une porte massive,
encastrée dans une structure que nous n’aurions jamais imaginée ici. Son bois sombre était
gravé de symboles étranges, palpitant sous une lueur irréelle. De l’autre côté, une lumière brilla.
Pas une lumière ordinaire. Une lumière vivante, à la fois accueillante et menaçante, qui
semblait chuchoter des avertissements silencieux.
Joe se tourna vers nous, le regard grave.
— "Entrez."
Il n’y avait pas d’hésitation dans sa voix, pas d’alternative possible.
— "Merci de nous avoir amenés ici," balbutiai-je, encore abasourdie par la vision de cette porte
qui défia.
L’architecture semblait surannée, comme si elle avait émergé d’un autre temps, d’un autre
monde. Les symboles gravés dans le bois dansaient sous la lumière, invitant nos regards à
les explorer.
Mike et moi échangions des regards, le poids de l’inconnu pesant lourdement sur nos
épaules, mais la curiosité l'emportait sur la peur. Joe était là, à nos côtés, et il semblait être à
la fois un guide et un protecteur.
— "Nous devons savoir ce qui se cache derrière cette porte," dis-je finalement, ma voix se
brisant dans le silence enveloppant.
Joe acquiesça, et j'entrepris un pas en avant. La porte se tenait là, massive et imposante,
mais elle était aussi une promesse. Une promesse d'aventures, de réponses, et peut-être de
vérités que nous n'étions pas encore prêts à entendre.
— "Sois prête, Amber," murmura Mike, sa voix teintée de nervosité. "Nous ne savons pas ce
qui nous attend."
J'inspirai profondément, sentant le soutien de ma présence à mes côtés. Il était vrai que la
peur était là, mais elle était également mélangée à une excitation profonde. Nous avions fait
ce chemin ensemble, surmontant des obstacles qui nous semblaient insurmontables, et
aujourd'hui, nous étions prêts à affronter ce qui nous attendait.
— "Allons-y," dis-je d'une voix ferme.
Avec une main tremblante, je poussai la porte. Elle s'ouvrit lentement, un grincement
mélodieux résonnant dans l'air. La lumière qui en émanait était éclatante, enveloppante,
comme si elle cherchait à nous accueillir.

5
À l'intérieur, un vaste espace se dévoila, baigné d'une lumière dorée qui illuminait les murs
ornés de fresques anciennes, représentant des scènes de nature, de lutte, et de paix. Il
semblait que cet endroit était un sanctuaire, un lieu de sagesse et de savoirs oubliés.
Au centre de la pièce trônait une table ornée d'objets étranges, chacun vibrant d'une énergie
palpable. Au-dessus, un grand cercle de lumière pulsait, projetant des ombres dansantes sur
les murs.
— "Le Voyant est là," annonça Joe, s'avançant avec respect. "Il attend votre arrivée."
Nous pénétrâmes plus profondément dans la pièce, chaque pas résonnant comme un écho
de notre détermination. Et là, au bout de la salle, se tenait une silhouette. Un homme âgé,
habillé de robes riches de motifs naturels, ses cheveux argentés flottant autour de lui comme
une aura.
— "Bienvenue," dit-il d'une voix profonde, résonnante. "Je suis le Voyant. Vous êtes ici parce
que la forêt vous a choisis."
Mon cœur s'accéléra. Ses yeux semblaient percer mon âme, comme s'il pouvait voir au-delà
de ma façade, scrutant mes peurs, mes espoirs, et mes motivations.
— "Vous avez bravé des dangers pour arriver ici. Mais sachez que votre voyage ne fait que
commencer," poursuivit-il, un léger sourire aux lèvres. "La forêt se nourrit de votre courage,
mais elle a besoin de vous tout autant que vous avez besoin d'elle."
Je me redressai, sentant la force de mes convictions m'envahir.
— "Pourquoi sommes-nous ici ? Que devons-nous faire ?" demandai-je, la voix tremblante
d'anticipation.
Le Voyant s'approcha de nous, ses mouvements fluides, presque éthérés. Il leva une main et
désigna les objets sur la table.
— "Ces artefacts sont des clés," expliqua-t-il. "Chacun d'eux possède un pouvoir unique,
mais leur véritable force réside dans votre connexion à la forêt et à vous-mêmes. Vous
devez apprendre à les utiliser, à écouter les murmures de la nature qui vous entourent."
Mike se pencha en avant, intrigué. "Comment pouvons-nous apprendre cela ?"
Le Voyant sourit, une lueur d'approbation dans ses yeux.
— "En vous connectant à votre essence. En acceptant vos peurs et en faisant face à vos
doutes. La forêt vous enseignera si vous êtes prêts à écouter."
Je regardai autour de moi, réalisant que chaque artefact était un reflet de nous-mêmes, de
nos expériences, de nos luttes et de nos réussites. Les leçons que nous avions apprises
jusqu'à présent seraient le fondement de notre pouvoir futur.
— "Nous sommes prêts," déclarai-je, l'assurance résonnant dans ma voix.
Le Voyant hocha la tête, et quelque chose en lui sembla s'éclairer.
— "Alors commencez. Choisissez un artefact et laissez-le vous guider. Mais rappelez-vous :
la sagesse vient du cœur, et le véritable pouvoir vient de l'unité."
Je me tournai vers la table, les objets scintillant sous la lumière dorée. Dans ce sanctuaire
de mystères, nous allions découvrir ce que signifiait vraiment être des aventuriers.
Ensemble, avec le loup à nos côtés, nous étions prêts à embrasser notre destin.
Je pris une grande respiration, le cœur battant la chamade. L’adrénaline affluait encore dans
mes veines alors que je réalisais à quel point la situation était tendue.

— "Le gardien est là," dis-je enfin dans un murmure. "Il a interrogé Mike. Il sait qu'il y a
quelque chose qui ne va pas."

Les yeux de Vicky s'élargirent, sa préoccupation palpable. — "Qu’est-ce qu’on va faire ? Si le


gardien découvre ce que nous avons fait, il…"

— "Je ne sais pas," coupa-je, frustrée. "Mais nous devons agir vite. Il ne peut pas savoir où
nous étions. Pas encore."

Vicky se mordit la lèvre, visiblement anxieuse. — "Et Mike ? Il est en sécurité ?"

5
Je hochai la tête, bien que je n’en fusse pas totalement certaine. — "Pour l’instant, oui. Il
essaie de gagner du temps."

Un silence lourd planait entre nous, l’anxiété nous enveloppant comme un brouillard épais. Je
me sentais coupable, tiraillée entre le besoin de protéger Mike et le désir de le rejoindre. Mais
je savais que je ne pouvais pas agir sans un plan.

— "Il faut qu’on trouve une façon de le distraire," proposai-je, le cerveau en ébullition. "Peut-
être que nous pouvons…"

Un bruit soudain nous fit sursauter. Des pas résonnèrent dans le couloir. Le gardien
s’approchait.

— "Vicky, cache-toi !" chuchotai-je, la pression du moment devenant écrasante.

Elle se glissa derrière une colonne en marbre, son regard inquiet rivé sur moi. Je retins ma
respiration, attendant que le gardien passe, mon cœur battant à tout rompre.

Les pas se rapprochèrent, puis un silence absolu s’installa. Ce fut alors que la porte du dortoir
s’ouvrit lentement, révélant le gardien.

— "Amber," dit-il d’une voix profonde, presque solennelle. "Où étais-tu ?"

Je me redressai et tentai de rassembler mon courage, tentant de garder ma voix calme.

— "Je… je suis allée me promener. J'avais besoin de prendre l'air," mentis-je, mes mots se
mêlant avec la peur qui s’installait dans ma poitrine.

Il me dévisagea, ses yeux perçants cherchant à lire en moi. Je pouvais sentir son évaluation,
cette tension palpable entre nous.

— "Il fait trop mauvais pour être dehors," répondit-il, son regard scrutant la pièce. "Sais-tu ce
qui se passe dans ce château ?"

Je déglutis, me forçant à maintenir son regard. — "Je ne sais pas de quoi vous parlez."

Un éclair de doute traversa son visage, mais il ne lâcha pas prise. — "Des choses se préparent.
Des forces que vous ne comprenez pas."

À cet instant, je vis Vicky se glisser hors de sa cachette, et je lui lançai un regard paniqué. Je
savais que nous ne pouvions pas nous faire prendre maintenant.

— "Vous devez nous laisser tranquilles," dis-je, essayant d’ajouter un peu de défi dans ma
voix. "Nous ne faisons de mal à personne."

Le gardien se mit à sourire, mais c'était un sourire froid, dépourvu de chaleur. — "Vous ne
comprenez pas. Vos actions ont des conséquences. Vous ne pouvez pas ignorer ce qui vient."

Je sentais l’urgence monter en moi. Si je ne réussissais pas à le convaincre, tout notre plan
serait compromis.

5
— "Nous ne cherchons qu'à explorer, à comprendre," dis-je, espérant qu’un peu de sincérité
pourrait l'amener à nous laisser partir. "Nous n'avons pas l'intention de causer du tort."

Il se pencha légèrement, son regard devenu plus intense. — "Quand vous comprenez enfin ce
que cette forêt vous réserve, vous réaliserez que votre curiosité pourrait bien vous coûter
cher."

Mon cœur battait la chamade. Je savais que je devais agir.

— "Mike a dit que vous le saviez," lançai-je, feignant une assurance que je ne ressentais pas.
"Que vous saviez pourquoi nous sommes ici."

Le gardien se redressa, intrigué. — "Et que penses-tu que je sais ?"

Je pris une grande inspiration, m'efforçant d'affirmer ma position. — "Je pense que vous avez
les réponses que nous cherchons. Et vous devez nous aider."

Il hésita un moment, son visage impassible, puis je vis une lueur de compréhension passer
dans ses yeux.

— "Peut-être que le temps vous enseigne quelque chose," murmura-t-il enfin. "Mais soyez
prudente. La vérité peut être aussi dévastatrice qu’elle peut être libératrice."

Vicky et moi échangâmes un regard. Peut-être y avait-il une chance. Mais nous devions agir
rapidement.

— "Nous sommes prêtes à affronter ce qui vient," dis-je avec conviction.

Le gardien inclina légèrement la tête, comme s’il pesait mes mots. — "Alors, suivez-moi.
Mais soyez prêts. Ce que vous découvrirez ici changera tout."

Il se détourna et se mit en marche, nous faisant signe de le suivre. Vicky et moi échangèrent
un regard, puis nous nous engagèrent derrière lui, le cœur lourd d'appréhension mais
également d'espoir. Nous étions sur le point de plonger plus profondément dans les mystères
du château et de la forêt. Nous allions enfin découvrir ce qu'il y avait derrière la porte.
Il avait risqué sa sécurité, sa liberté, et j’étais restée là, immobile, incapable d’agir. La
culpabilité me rongeait, chaque bouchée devenant une pierre dans ma gorge. Je ne pouvais
pas ignorer cette douleur.

Vicky était assise en face de moi, son regard inquiet fixé sur mon visage. — "Amber, tu es là
?" Sa voix était presque un murmure, mais je ne pouvais pas répondre. Tout ce que je pensais,
c'était à Mike, enfermé dans cette cave, la peur et l'incertitude l'assaillant.

— "Nous devons faire quelque chose," dis-je enfin, ma voix tremblante. "Nous ne pouvons
pas le laisser là-bas. Pas après ce qu'il a fait pour moi."

Vicky hocha la tête, mais je voyais l'inquiétude dans ses yeux. — "Que peux-tu faire ? Le
gardien ne te laissera pas entrer. Il a ses ordres."

5
Je frappai le table de ma main, frustrée. — "Je ne sais pas, mais je ne peux pas rester là à rien
faire."

L'angoisse me consumait. Des ombres dansaient dans ma tête, des souvenirs de cette nuit
terrifiante, des cris qui résonnaient encore dans mes oreilles. Je me levai brusquement, ma
chaise grinçant sur le sol.

— "Je vais le chercher," déclarai-je, déterminée.

Vicky se leva à son tour, me bloquant le chemin. — "Attends ! Si tu fais ça, tu risques de te
mettre en danger aussi !"

Je la repoussai doucement. — "Je le sais, mais je ne peux pas le laisser. Je dois essayer."

Son visage se radoucit alors qu'elle réalisait la profondeur de ma détermination. — "D'accord.


Mais je viens avec toi. Nous devrions nous préparer."

Nous nous dirigions vers la sortie, le cœur lourd mais résolu. La pluie continuait de tomber, et
l’orage grondait au-dessus de nos têtes. La cour était sombre, le château se dressant comme
un monstre silencieux. Les portes de la cave étaient closes, mais je savais qu'il fallait que
j'agisse vite.

— "Il faut trouver un moyen d'entrer sans se faire attraper," murmura Vicky. "Peut-être par
une fenêtre ou un autre accès."

Nous nous faufilâmes dans l'ombre, évitant les zones éclairées. En passant près des murs du
château, j’entendis des murmures venant de la cour. Les autres élèves parlaient de ce qui
s’était passé, de la capture de Mike, et je ressentis un déchirement dans ma poitrine.

Puis, sans prévenir, je vis une silhouette se dessiner dans la pénombre. C'était Joe, le loup.

— "Qu'est-ce que tu fais ici ?" demandai-je, surprise.

Il se tenait là, silencieux, sa présence apaisante au milieu du tumulte. Ses yeux brillaient d'une
lueur déterminée.

— "Je suis là pour vous aider," répondit-il d'une voix profonde, résonnant dans l'obscurité. "Je
sais comment entrer dans la cave."

Mon cœur se mit à battre plus vite. — "Tu peux nous montrer ?"

Joe hocha la tête. — "Suivez-moi."

Nous le suivîmes à travers les ruelles sombres du château, évitant les patrouilles du gardien et
la Dame au Chapeau. Chaque pas me rapprochait de Mike, chaque battement de mon cœur
résonnait comme un tambour de guerre, une promesse que je ne l’abandonnerais pas.

Finalement, Joe nous conduisit à une petite porte discrète, presque invisible au milieu des
ombres. — "C'est ici," dit-il, sa voix douce mais ferme.

5
Je déglutis, l'angoisse pesant sur mes épaules. — "Es-tu sûr que c'est sécurisé ?"

Joe inclina légèrement la tête, ses yeux brillants de confiance. — "Ne craignez rien. Je suis
avec vous."

Vicky et moi échangèrent un regard, et sans plus hésiter, je tournai la poignée de la porte. Elle
s'ouvrit dans un grincement faible, révélant un escalier en colimaçon qui descendait dans
l'obscurité.

— "Prête ?" demandai-je à Vicky, ma voix presque inaudible.

Elle hocha la tête, déterminée. — "Oui. Allons chercher Mike."

Nous descendîmes prudemment, le cœur battant dans nos poitrines. L'air était frais, chargé
d'une odeur de terre humide. En bas, un couloir sombre s'étendait devant nous, éclairé par une
lumière vacillante.

Au bout du couloir, j'entendis des voix. Celles du gardien et de Mike. Mon cœur s’emballa à
l'idée de le retrouver.

— "C'est lui," murmura Joe, nous poussant à avancer. "Soyez prudentes."

Nous nous approchâmes doucement, nos pas étouffés par la pierre froide. Puis, au détour du
couloir, je vis Mike, assis sur le sol, les bras liés derrière son dos. Son visage était sale et
marqué, mais il était vivant.

— "Mike !" criai-je, mais je me repris, réalisant que les gardiens pouvaient nous entendre.

Il leva les yeux, son regard s’illuminant à ma vue. — "Amber !"

Je me précipitai vers lui, mais Joe me retint. — "Pas comme ça," chuchota-t-il. "Nous devons
le libérer discrètement."

Je fermai les yeux, prenant une grande inspiration, puis je me tournai vers Vicky. — "Nous
devons trouver ce qui le retient ici."

Nous cherchâmes autour de nous, et je remarquai une clé suspendue à un crochet près de la
porte. Elle brillait faiblement dans la lumière. J’en déduisis qu'elle pouvait être celle qui
libérerait Mike.

— "Je vais essayer d’atteindre cette clé," dis-je à Vicky. "Reste ici avec Joe et surveille."

Je me penchai, m'approchant du crochet. Mes doigts tremblaient alors que je l'atteignais. Je la


saisis, la clé froide dans ma main.

— "Maintenant, comment on fait pour le détacher ?" chuchotai-je à Vicky.

Mike, conscient de notre présence, essayait de se lever. — "Il y a un cadenas. Je peux


t'indiquer où il est."

5
Je me rapprochai de lui, suivant ses instructions tout en gardant un œil sur le couloir. Mon
cœur battait toujours, mais l'espoir commençait à percer à travers l'angoisse.

— "Donne-moi un moment, Mike," dis-je, mes mains tremblantes luttant avec la clé.

Finalement, je trouvai le cadenas, et avec un cliquetis, il s'ouvrit.

— "C'est bon, je suis presque là," murmurai-je, le cœur gonflé d'espoir.

Je retirai les liens de ses poignets, et Mike se massa les bras, me regardant avec une gratitude
palpable.

— "Merci, Amber," souffla-t-il, et je vis dans ses yeux qu’il était prêt à tout pour nous sortir
de là.

Mais alors que nous échangions des sourires, un bruit retentit dans le couloir. La voix du
gardien, plus proche.

— "Qu'est-ce que vous attendez ?" s’écria-t-il, sa voix résonnant comme un coup de tonnerre.

Nous n'avions plus de temps.

— "Vite, sortons d'ici !" ordonnai-je, et nous nous dirigeâmes vers la sortie.

Mais alors que nous nous précipitions, le gardien apparut au bout du couloir, sa silhouette
massive bloquant notre chemin.

— "Vous ne sortirez pas de là !" rugit-il, s’avançant avec une menace palpable.

Je savais que nous devions agir rapidement. C'était notre seule chance.
retourner, la détermination inscrite sur son visage. Quelque chose dans son attitude éveilla
ma curiosité. Je savais que Marianna avait des connaissances sur des choses que peu de
gens comprenaient, des secrets liés à la forêt, peut-être même à Valsak lui-même.
Sans réfléchir, je décidai de la suivre. Je me glissai hors de l'ombre et me mis à sa poursuite,
mes pas silencieux sur le sol froid du couloir. Chaque fibre de mon être me poussait à
découvrir ce qu'elle savait, à comprendre pourquoi elle semblait si pressée.
Elle sortit dans la cour, et je me cachai derrière un arbre, observant attentivement. Marianna
s'arrêta un instant, regardant autour d'elle avec méfiance, puis elle se dirigea vers l'angle du
bâtiment, où les ombres semblaient plus profondes, plus inquiétantes.
Je me rapprochai lentement, m'assurant de ne pas faire de bruit. Mon cœur battait la
chamade, à la fois excité et inquiet à l'idée de découvrir ce qui était caché à la vue des
autres.
Marianna s'arrêta devant un mur, apparemment en proie à une lutte intérieure. Elle murmura
quelques mots dans une langue que je ne comprenais pas, et soudain, une lueur apparut,
illuminant la pierre d'une lumière scintillante. Je restai figée, fascinée.
Puis, sans prévenir, elle passa sa main à travers le mur, comme s'il s'agissait d'un tissu
léger. Mon instinct me cria de reculer, mais la curiosité l'emporta. Je m'approchai encore un
peu, juste assez pour entendre ce qu'elle disait.
— "Je dois savoir. Le Voyant a dit que je ne pouvais pas échouer cette fois."
Il y avait une intensité dans sa voix qui me fit frémir. Je me demandai ce qu'elle cherchait à
découvrir, quel genre de vérité elle espérait trouver. Était-ce lié à Mike ? À Valsak ?

5
Je décidai de prendre un risque. Je m'approchai du mur, hésitant un instant avant de
murmurer. — "Marianna…"
Elle sursauta, se retournant brusquement, ses yeux s’élargissant de surprise. — "Amber !
Que fais-tu ici ?"
Je levai les mains, désarmant. — "Je ne voulais pas te faire peur. J'ai vu que tu partais… Je
voulais savoir où tu allais."
Elle se détendit légèrement, mais son regard restait prudent. — "Ce n'est pas un endroit
pour toi. Ce que je fais… ce n'est pas un jeu."
— "Je sais," fis-je, ma voix tremblante d'une détermination nouvelle. "Mais Mike est enfermé,
et je dois comprendre ce qui se passe. Tout le monde cache quelque chose."
Marianna me scruta, comme si elle pesait mes mots. — "Tu es sûre de vouloir cela ? Les
vérités que l'on découvre ici peuvent être dévastatrices."
Je hochai la tête, sentant la pression des événements autour de moi. — "Je ne peux pas
rester dans l'ignorance. Je dois agir."
Elle soupira, comme si elle réalisait que je ne reculerais pas. — "D'accord. Mais tu dois
rester près de moi et suivre mes instructions. L'accès à ce qui se cache derrière ce mur est
dangereux."
Elle leva la main, et à nouveau, la lumière scintillante illumina la pierre. Elle murmura
d'autres mots dans cette langue obscure, et le mur se mit à vibrer, révélant une légère
ouverture.
— "À l’intérieur, il y a des réponses. Mais sois prête, Amber, à ce que tu vas découvrir."
Sans attendre, elle passa à travers l’ouverture, et je la suivis, le cœur battant à tout rompre.
À l'intérieur, c'était comme si le temps s'était arrêté. Le lieu était baigné d'une lumière douce,
et des symboles anciens étaient gravés sur les murs, pulsant d'une énergie mystique. Au
centre de la pièce, une table était recouverte de différents artefacts, chacun scintillant d'une
promesse de pouvoir et de connaissance.
— "Ces objets sont des clés," expliqua Marianna, la voix basse. "Ils détiennent des pouvoirs
que ceux qui ne respectent pas la forêt ne devraient jamais avoir."
Je m'approchai d'un artefact particulier, une petite boîte en bois ornée de motifs délicats.
L'énergie qui en émanait était à la fois apaisante et puissante.
— "Que fait-elle ?" demandai-je, fascinée.
— "C'est un artefact de protection. Il peut te garder en sécurité dans les moments les plus
sombres," répondit-elle. "Mais tu dois savoir comment l'utiliser."
Je me retournai vers elle, déterminée. — "Je suis prête à apprendre. Je veux protéger Mike,
et je veux comprendre ce qui se passe ici."
Marianna acquiesça, un sourire rare illuminant son visage. — "Alors commençons."
Nous nous plongeâmes dans l'étude des artefacts, chaque objet révélant ses secrets au fur
et à mesure que Marianna m'enseignait. La connaissance, la magie, et la vérité se mêlaient
dans l’air, et je sentais que j'étais enfin sur le point de découvrir ce qui se cachait derrière le
voile de mystères qui entourait le château et la forêt.
Mais au fond de moi, je savais que chaque découverte comportait des risques. Et alors que
les ombres du passé s'épaississaient autour de nous, une question
ouvait qu'une mer de tourments, un flot d'émotions que je peinais à exprimer. Je voulais lui
dire que j'étais là pour lui, que je ferais tout pour le libérer, mais les mots restaient bloqués
dans ma gorge.
— "Nous devons partir," dis-je enfin, déterminée, en brisant ce silence pesant. "Je ne peux
pas te laisser ici. Pas un instant de plus."
Il hocha la tête, mais un éclat de doute traversa son regard fatigué. — "Comment comptes-tu
faire cela ? Le gardien ne nous laissera pas sortir."
Je sortis la clé que j’avais réussie à subtiliser dans la salle des magies. La petite pièce en
bois, ornée de symboles, brillait dans l’obscurité.
— "J'ai trouvé ça," expliquai-je, un sourire d'espoir naissant sur mes lèvres. "C'est notre
chance."
Mike observa la clé, puis me fixa avec une intensité qui me fit frissonner. — "Tu es vraiment
prête à risquer tout ça ?"

5
Je soufflai, rassemblant toute ma volonté. — "Je ne peux pas rester ici à rien faire. Nous
devons essayer."
Il leva les yeux vers moi, et je vis la flamme de détermination renaître dans son regard. —
"D'accord. Faisons-le."
Je m'approchai de la porte, ma main tremblante portée vers la serrure. Le cœur battant, je
glissai la clé dans la fente, l’esprit en ébullition. Un cliquetis résonna dans la pièce, et je
retins ma respiration.
La porte s’ouvrit lentement, révélant le couloir sombre derrière nous. Je me tournai vers
Mike, une lueur de défi dans les yeux.
— "Prêt ?"
Il sourit faiblement. — "Toujours."
Nous sortîmes de la cellule, en proie à un mélange de peur et d'adrénaline. Chaque pas
résonnait comme un tambour, mais nous devions être silencieux.
En avançant prudemment dans le couloir, je sentais le poids des ombres peser sur nous.
Les murs semblaient murmurer des secrets oubliés, et je ne pouvais m'empêcher de me
demander ce qui se tramait dans cette nuit mystérieuse.
Arrivés à l’angle, je pris un moment pour écouter. Aucun bruit, juste le souffle du vent à
l’extérieur.
— "Nous devons nous dépêcher," murmurai-je. "Je ne sais pas combien de temps nous
avons avant que quelqu'un ne remarque notre absence."
Mike acquiesça, et nous continuâmes à avancer, contournant le couloir pour atteindre la
sortie de la cave. Mais alors que nous nous approchions de la porte, un bruit soudain fit
vibrer l’air autour de nous.
Un coup de feu retentit, puissant et glaçant. Nous nous figeâmes, le cœur dans les
chaussettes, l’adrénaline nous enveloppant.
— "Qu’est-ce que c’était ?" demanda Mike, la voix tremblante.
Je levai la main, le silence pesant à nouveau, puis des pas lourds résonnèrent dans le
couloir. Des voix s'élevèrent, des murmures précipités, et je compris que le gardien n’était
pas loin.
— "On doit se cacher !" soufflai-je, entraînant Mike derrière un pilier dans l’ombre.
Nous retinrent notre souffle, le cœur battant à tout rompre, alors que les silhouettes
s’approchaient, les voix devenant de plus en plus distinctes.
— "Il faut vérifier la cave," gronda le gardien. "Je sais qu’ils sont là."
Un frisson d’angoisse parcourut ma colonne vertébrale. Nous avions peu de temps pour agir.
Mes pensées se bousculaient : comment échapper à cette situation ? Comment protéger
Mike ?
Je tournais la tête vers Mike, cherchant une lueur d’espoir dans ses yeux fatigués.
— "On doit se rendre à la sortie de secours," murmurai-je. "Si nous pouvons atteindre le hall,
il y a une chance de nous échapper."
Il hocha la tête, la détermination revenant sur son visage. — "Allons-y."
Quand nous sortîmes de notre cachette, les bruits des pas se faisaient de plus en plus
proches. C'était notre seule chance. Nous nous dirigeâmes vers la sortie de secours, le cœur
battant à tout rompre.
Arrivés près de la porte, je me tournai vers Mike, l'inquiétude peignant son visage. — "Tu es
prêt ?"
Il prit une grande inspiration, sa détermination semblant se renforcer. — "Prêt."
Je poussai la porte, et un grincement résonna dans le couloir. Au même moment, un éclat de
lumière illumina notre chemin.
Nous nous précipitâmes à l’extérieur, la fraîcheur de la nuit nous frappant comme une
vague. Mais à peine étions-nous sortis que j’entendis une voix derrière nous.
— "Attrapez-les !"
Le gardien s’était rendu compte de notre évasion. Je ne savais pas combien de temps nous
avions avant qu'il ne nous atteigne, mais je savais que nous devions courir.
— "Vite, par ici !" criai-je en prenant la main de Mike, l’entraînant à travers la cour.

5
Nous courûmes, nos pieds frappant le sol avec une détermination renouvelée. Le bruit de la
poursuite résonnait derrière nous, et je savais que chaque seconde comptait.
La forêt se tenait devant nous, sombre et mystérieuse, mais elle était notre seule chance de
fuite. Nous continuâmes à avancer, le souffle court, la peur nous poussant à aller plus vite.
Nous étions déterminés à échapper à nos poursuivants. Nous étions ensemble, et cette fois,
rien ne nous arrêterait.
persistait : jusqu'où serais-je prête à aller pour sauver ceux que j'aimais ?

it toute logique.
retourner, jusqu’à une zone reculée du terrain, envahie par les hautes herbes.
ouva qu’un gouffre insondable.
de ma chambre, une légère brise parcourant ma peau. Le château était plongé dans un
silence presque religieux, chaque bruit résonnant comme une cloche dans la nuit.
Je savais que le temps pressait. La lucidité de mes rêves m'avait convaincue que je ne
pouvais plus attendre. Mike avait besoin de moi, et je ne pouvais pas me permettre d'être
paralysée par mes propres doutes.
À travers le couloir, je me glissai aussi silencieusement qu'une ombre, mes pensées
vagabondant vers lui. L’image de son visage fatigué, de ses yeux cherchant désespérément
une échappatoire, m’encourageait à avancer malgré la peur qui s'accrochait à moi.
Je m’approchai de la porte de la cave, mes mains tremblant d'anticipation. La clé que j'avais
subtilisée battait contre ma poitrine, comme un cœur qui pulsait de vie, me rappelant
l'urgence de ma mission. Je devais être forte. Je devais libérer Mike.
Le couloir était désert, mais j'entendis des murmures étouffés au loin, des voix qui se
rapprochaient. Mon cœur se mit à battre plus vite alors que je me pressais contre le mur,
écoutant attentivement. Le gardien et la Dame au Chapeau, discutant à voix basse, leurs
mots se mêlant à l’écho des pas sur le sol.
— "Il faut qu'on garde un œil sur Amber," disait le gardien, sa voix grave. "Elle pourrait tenter
quelque chose."
Le sang me monta à la tête. Ils savaient que je pourrais agir. Je n'avais pas de temps à
perdre. Je devais trouver un moyen de passer sans être vue.
Je me glissai lentement vers la porte de la cave, mon cœur battant dans ma gorge et mes
mains moites de nervosité. Avec précaution, je tournai la clé dans la serrure, faisant un
maximum de bruit. Un clic résonna dans le silence, mais la porte ne s’ouvrit pas. Je retins
mon souffle, agissant plus vite cette fois.
Je poussai la porte, l'angoisse m'envahissant. Les gonds grinçaient, et je me figeai, écoutant
le bruit des voix qui s'intensifiaient dans le couloir.
Finalement, la porte céda. J'entrai dans la cave, refermant derrière moi, me laissant
envelopper par l'obscurité.
La pièce était froide, l'air humide me saisissant. Je scrutai les ombres, mon cœur battant la
chamade. Je devais trouver Mike.
Je me dirigeai vers l'endroit où je savais qu'il était enfermé. La lumière était faible, mais mes
yeux commençaient à s'habituer à la pénombre. Les murs en pierre étaient rugueux, et je
pouvais sentir l'humidité dans l'air.
Enfin, je le vis. Mike était là, adossé au mur, les mains liées derrière le dos. Son visage
portait les marques de l’épuisement et de la fatigue, mais son regard s'illumina à ma vue.
— "Amber !" murmura-t-il, surprise et soulagement mêlés. "Tu es là !"
Je me précipitai vers lui, mon cœur se serrant à la vue de son état. — "Je suis tellement
désolée. Je suis là pour te libérer."
Je sortis la clé, le tremblement de mes mains me trahissant. — "Tiens bon, je vais te sortir
de là."
Je plaçai la clé dans la serrure, mais mes mains tremblaient. J'entendis des pas résonner
dans le couloir, le gardien se rapprochant de plus en plus.
— "Vite, Amber !" dit Mike, son ton urgent. "Ils vont te découvrir !"
Je forçai la clé dans le mécanisme, le cœur battant à tout rompre. Un cliquetis résonna, et je
me précipitai pour ouvrir la porte.

5
Il y avait un frisson d'angoisse dans l'air alors que je luttais avec la serrure. Enfin, elle céda,
et la porte s'ouvrit dans un grincement.
Je me tournai vers Mike, et nos regards se croisèrent. Je sentais l'urgence de la situation,
mais je ne pouvais m'empêcher de sourire.
— "On y est presque," dis-je, ma voix pleine d'espoir.
Il se leva, la fatigue pesant sur ses épaules, mais une détermination nouvelle brillait dans
ses yeux. — "Merci, Amber."
Nous sortîmes de la cellule, mais alors que nous nous apprêtions à avancer vers l’issue, les
bruits de pas se rapprochèrent, et je vis une ombre se dessiner au bout du couloir.
— "Vite, cache-toi !" chuchotai-je, entraînant Mike derrière un pilier.
Nous nous tenions là, le cœur battant, en attendant que le gardien passe.
La voix du gardien résonna, pleine de colère. — "Amber ! Je sais que tu es là !"
L’adrénaline me parcourait alors que je retenais ma respiration. La tension était palpable.
Mike me regardait, son expression marquée par la peur, mais aussi par une détermination
profonde.
— "Nous devons sortir, maintenant," murmura-t-il.
J'acquiesçai, prenant une grande inspiration lorsque je vis le gardien se détourner, se
dirigeant vers une autre partie de la cave. C'était notre chance.
— "Allez ! Suis-moi," dis-je, prenant la main de Mike, le tirant vers l’avant.
Nous nous glissâmes hors de notre cachette, avançant rapidement mais silencieusement,
nos cœurs battant à l'unisson. La sortie était presque à portée de main.
Mais alors que nous approchions de la porte de sortie, le gardien se retourna brusquement,
une lueur de surprise dans ses yeux.
— "Vous !"
Mon cœur s'arrêta un instant. Il était là, prêt à nous attraper.
— "Cours !" hurlai-je à Mike, et nous nous précipitâmes en avant, le gardien nous
poursuivant.
La peur et l'adrénaline nous poussaient à aller plus vite, la sortie se dessinant devant nous
comme un espoir.
Nous nous précipitâmes vers la lumière, mais je savais que le chemin ne serait pas facile.
Nous devions échapper à l'ombre qui nous poursuivait.
La nuit était encore jeune, mais les dangers du château n'étaient

lait, chargé d’une énergie palpable, comme si la tempête elle-même était consciente de ma
présence. Cette force, qui semblait se déverser sur le monde, n'était pas seulement naturelle.
C'était un appel.

Je me ressaisis un instant, puis j’avançai en direction de la cave, la peur et l'excitation se mêlant


en moi. Chaque pas résonnait avec le grondement du tonnerre, et le ciel continuait à illuminer le
champ avec des éclairs spectaculaires.

— "C'est un message, Amber," murmurai-je pour moi-même, consciente que ce que je vivais
était bien plus qu'une simple tempête. Je pensais à Mike, à Marianna, et à tout ce que nous
avions découvert. J'avais l'intime conviction que tout cela était lié.

Lorsque j'arrivai devant l'entrée de la cave, la tempête sembla s'intensifier, comme si elle
voulait me retenir, m'avertir de ne pas entrer, de ne pas poursuivre cette quête. Mais je ne
pouvais pas reculer. Je devais comprendre ce qui se passait. Mike avait besoin de moi.

Je poussai la porte, qui grinça sous la pression. L'obscurité de la cave m'accueillit comme un
drap lourd. À l'intérieur, une odeur d'humidité et de terre fraîche flottait dans l'air, mais je ne me
laissai pas décourager. J'avançais, écoutant chaque bruit, chaque murmure du château.

5
À l'intérieur, les ombres dansaient autour de moi à la lumière des éclairs qui filtraient à travers
les fissures. Je savais que le temps était compté. Je me dirigeai vers la cellule où Mike avait été
enfermé. La clé battait contre ma poitrine, un rappel constant de mon objectif.

Mais alors, un bruit résonna derrière moi. Je me retournai brusquement, mes muscles se
tendant. Une silhouette se tenait à l’ombre, immobile. Mon cœur se mit à battre plus vite,
battant à tout rompre dans ma poitrine.

— "Qui est là ?" demandai-je, ma voix résonnant dans le silence pesant.

La silhouette se déplaça lentement, révélant Marianna.

— "Amber," dit-elle d’un ton grave. "Tu ne devrais pas être ici."

La tempête grondait toujours au-dessus de nous, mais je ne pouvais pas m’empêcher de


ressentir un soulagement en la voyant. — "Je viens chercher Mike. Je dois le libérer."

Marianna fixa son regard sur moi, une lueur d'inquiétude dans ses yeux. — "Tu ne sais pas ce qui
t'attend. Il y a des forces en jeu ici que tu ne comprends pas."

— "Je sais ce que je fais," répliquai-je, déterminée. "Je ne vais pas laisser le gardien ou Valsak
me retenir. Je suis ici pour sauver Mike."

Elle soupira, un mélange d’admiration et de tristesse dans son regard. — "Tu es courageuse,
mais la bravoure peut aussi être imprudente. Valsak ne se laissera pas faire."

Je secouai la tête, irritée par son hésitation. — "Il est temps que nous agissions. Je ne peux pas
rester là à attendre que les choses s'aggravent. Je ne suis pas seule ; je suis avec Mike. Nous
avons déjà traversé trop de choses ensemble."

Marianna sembla réfléchir un instant, puis elle acquiesça lentement. — "D'accord. Mais je vais
t’aider. Nous devons être intelligents. Valsak utilise la tempête pour nous manipuler, mais nous
pouvons retourner cela contre lui."

Je fis un pas en avant. — "Que dois-je faire ?"

Elle me montra un coin de la cave, où se trouvait une petite alcôve remplie d'artefacts. —
"Prends ce que tu peux trouver. Ces objets ont des propriétés anciennes. Ils pourraient nous
aider à contrer l'énergie de Valsak."

Je fouillai rapidement, mes mains parcourant les objets énigmatiques. Mon esprit bourdonnait
d'excitation et de peur. Je pris une petite amulette ornée de symboles que je ne comprenais
pas, ainsi qu'une fiole contenant un liquide argenté.

— "C'est de l'eau de lune," expliqua Marianna, reconnaissant l'objet. "Elle peut renforcer notre
pouvoir dans l'obscurité."

Je soutins la fiole dans ma main, la regardant briller sous la lumière des éclairs.

— "Bien, maintenant, allons-y," dis-je, prenant mon courage à deux mains. Mais alors, un
rugissement de tonnerre éclata, faisant trembler les murs de la cave.

— "Nous devons partir avant que le gardien ne revienne," murmura Marianna, me tirant par le
bras.

5
Nous nous fîmes rapidement à la sortie, la tempête gronde toujours à l’extérieur. Je savais que
la confrontation avec Valsak approchait, et avec elle, un destin qui nous attendait.

Alors que nous pénétrions à l'extérieur, je me retournai une dernière fois vers la cave,
consciente que tout ce que j'avais découvert ici marquerait un tournant dans notre lutte. La
tempête n'était pas un obstacle, mais un catalyseur pour la révélation de notre véritable force.

Nous étions prêts à affronter l’inconnu, pour Mike, pour nous, et pour l’avenir de tous ceux qui
vivaient dans l'ombre du château. Avec Marianna à mes côtés, je sentais que nous avions une
chance, même contre les forces les plus sombres.
.
lait la peau.
Chaque inspiration était un combat.
Puis, un grondement.
Lourd. Opressant.
Comme un avertissement venu d’un autre monde.
Et alors, les symboles apparurent.

et me dirigeai vers l'entrée de la cave. La lumière vacillante des torches projetait des ombres
dansantes sur les murs, renforçant l'atmosphère déjà oppressante. Chaque pas que je faisais
semblait amplifier le bruit du battement de mon cœur.

Je me faufilai à travers le couloir, le regard fixé sur la porte de la cellule où Mike était enfermé.
Je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité. L'adrénaline pulsait dans mes veines, mais
une angoisse sourde me rongeait également. Qu'arriverait-il si je me faisais prendre ?
Qu'arriverait-il à Mike ?

Arrivée devant la porte, je sortis la clé que j'avais dérobée de la salle des magies. Mes mains
tremblaient, mais je n'avais pas le temps d'hésiter. Je glissai la clé dans la serrure, et le métal
froid m'électrisa.

Un cliquetis résonna dans le silence. La porte s'ouvrit lentement, révélant l'intérieur de la


cellule. Mike était là, assis sur le sol, fatigué, sale, mais vivant. Mon cœur se serra à la vue de
lui.

— "Amber !" s'exclama-t-il, levant les yeux vers moi, une lueur d'espoir se mêlant à la surprise.
"Tu es là !"

Je m'approchai rapidement, le souffle court. — "Je suis désolée, je suis en retard. Nous devons
sortir de là avant qu'ils ne s'en rendent compte."

Je commençai à défaire les liens qui le retenaient, mes doigts agiles malgré la panique qui me
rongeait. Mais alors que je luttais avec les cordes, un bruit résonna derrière moi. Mes muscles
se crispèrent.

— "Vite, Amber !" cria Mike, désespéré.

Je me retournai juste à temps pour voir une silhouette se profiler dans l'ombre du couloir. Le
gardien.

— "Qu'est-ce que vous faites ici ?" gronda-t-il, une irritation méfiante dans sa voix.

Mon cœur s'arrêta un instant. Je savais que je ne pouvais pas le laisser nous arrêter. Je devais
agir.

— "Mike, cache-toi !" hurlai-je, et dans un élan de détermination, je me précipitai vers le gardien.

5
Dans un mouvement rapide, je brandis la fiole d'eau de lune que j'avais récupérée et la lançai
dans sa direction. À peine la fiole toucha-t-elle le sol qu'une lueur argentée éclatante illumina la
pièce, créant un nuage scintillant qui enveloppa le gardien.

Il recula, surpris, les yeux écarquillés. C'était notre chance.

— "Maintenant, Mike !" criai-je, et nous nous ruons tous les deux hors de la cellule dans un élan
de désespoir et de détermination.

Nous courûmes à travers le couloir, le bruit de nos pas résonnant comme un tambour. Les cris
du gardien se mêlaient aux échos de la tempête qui grondait à l'extérieur, mais je ne pouvais
pas me laisser distraire. L'adrénaline me poussait en avant, déterminée à atteindre la sortie.

À chaque tournant, je scrutais l'obscurité, craignant de croiser d'autres gardiens ou des policiers
qui patrouillaient. Mais le destin semblait vouloir nous sourire. La voie était dégagée, et en un
rien de temps, nous atteignîmes la sortie.

L'air frais de la nuit nous frappa comme une vague. Nous étions enfin dehors, loin de l'ombre
oppressante du château. Je me retournai un instant, craignant de voir le gardien surgir, mais il
n'y avait rien. Juste la tempête au-dessus de nous.

— "On a réussi !" dit Mike, un sourire fatigué mais soulagé sur le visage.

Je lui pris la main, le cœur battant d'excitation. — "Mais il faut partir d'ici. Vite !"

Nous nous dirigeâmes vers la forêt, cette forêt qui avait tant de secrets à offrir. L'orage
continuait de gronder, mais je savais que nous avions encore une chance. Les motifs dans le
ciel résonnaient encore dans ma tête, une promesse de dangers à venir, mais aussi d'espoirs
renouvelés.

Alors que nous courions, je sentais la force de notre lien grandir, unissant nos destinées dans
cette aventure. Nous allions devoir affronter des vérités, des révélations, mais pour l’instant,
nous étions libres.

La tempête rugissait derrière nous, mais nous étions vivants, et cela suffisait.
.
Une seconde plus tard, j’étais devant la cellule.
Mike était là.

— "Je ne sais même plus ce que je ressens," murmurai-je, la voix brisée par l'émotion.
Chaque mot que je prononçais semblait s’envoler dans l’air chargé de désespoir et
d'incertitude.
Mike ferma les yeux un instant, comme si mes mots l'avaient frappé de plein fouet. Ce
silence entre nous était devenu un gouffre, une distance que rien ne pouvait combler. Je
voulais tant lui dire, lui expliquer ce que j'éprouvais, mais les mots se dérobaient, comme du
sable entre mes doigts.
— "Amber…" Sa voix était un souffle, une promesse presque désespérée. "Je suis là. Je
vais t'écouter."
Mais écouter, c'était précisément ce que je redoutais. Plongée dans mes pensées
tumultueuses, je me sentais perdue, à la fois en colère et désespérée. J'avais peur de mes
propres sentiments, peur de ce qu’ils auraient pu signifier.
Je me redressai, mon cœur battant la chamade. — "Je suis désolée que tu sois ici. Que tu
souffres à cause de moi."

5
— "Ça ne change rien," dit-il, sa voix tranchante. "Je suis ici parce que je veux être là, avec
toi. Ne confonds pas ma douleur avec un reproche."
Son regard s'accrochait au mien, insistant. Je pouvais presque sentir l'énergie palpable entre
nous, une tension qui menaçait d'exploser.
— "Et si je te disais que je ne sais pas si je peux continuer à me battre ? Que je suis fatiguée
de tout ça ? De cette peur qui m'étreint, de cette lutte incessante contre l'obscurité ?"
Une ombre passa sur son visage. Il se pencha légèrement, comme s'il essayait de percer le
mur de chaleur qui s'était dressé entre nous.
— "Tu es plus forte que tu ne le penses, Amber. Nous avons déjà traversé tant d'épreuves
ensemble. Je ne suis pas là pour te juger, mais pour t’aider. Quoi qu'il arrive."
Sa voix était douce, réconfortante, mais je ne pouvais m'empêcher de ressentir un poids
écrasant sur mes épaules. Je me sentais si petite, si insignifiante face à ce monde qui nous
engloutissait.
— "Je ne veux pas te perdre, Mike," soufflai-je, mes mots s'échappant de ma bouche comme
un secret longtemps gardé. "J'ai peur de ce que cette situation nous fait. J'ai peur de la nuit,
de l'obscurité qui nous entoure, et de la façon dont elle nous change."
Il secoua la tête, sa détermination renaissant dans ses yeux. — "Alors bats-toi. Pour nous.
Pour ce que nous avons. Nous pouvons surmonter cette épreuve ensemble."
Un souffle d'air glacial traversa la cave, et je frémis. Je savais qu’il y avait une vérité dans
ses mots, un éclat de lumière au milieu de la tempête. Mais comment pouvais-je être assez
forte pour l'affronter ?
— "Et si je ne sais pas comment faire ?" dis-je, la voix brisée par l'émotion. "Et si je faisais
trop de faux pas ?"
Il s'approcha un peu plus, franchissant la distance invisible qui nous séparait. — "Alors
apprends. Apprends à lâcher prise. À ne pas laisser la peur dicter tes choix. Je suis là,
Amber. Je ne partirai pas."
Je sentais mes barrières commencer à céder, lentement mais sûrement. Je pris une
profonde inspiration, le regard plongé dans le bleu de ses yeux. C’étaient des océans de
compréhension, des profondeurs où je pouvais me noyer sans crainte.
— "Tu es tout ce qui compte pour moi," murmurai-je, une larme coulant sur ma joue. "Je ne
veux pas te perdre dans cette lutte."
Il plongea son regard dans le mien, une lueur de détermination illuminant son visage. —
"Alors n’abandonne pas. Tiens bon. Ensemble, nous pouvons surmonter cela."
Nos mains se touchèrent, et un courant d'énergie circula entre nous. Dans cet instant fragile,
je compris que même si l’obscurité nous entourait, il y avait encore une lueur d’espoir à
laquelle nous pouvions nous accrocher.
Nous étions ensemble, et tant que nous restions unis, nous pouvions affronter n'importe quel
défi qui se présenterait à nous. La tempête rugissait au-dessus, mais nous avions le pouvoir
de façonner notre propre destin.
Avec une nouvelle détermination, je me redressai, mon cœur battant à l’unisson avec le sien.
Il était temps d’agir, de retrouver la lumière qui brillait même dans l'obscurité la plus
profonde.
— "Je ne veux pas finir comme ça," murmura-t-elle, la voix étranglée par l’émotion. "Je ne
veux pas disparaître dans l’obscurité, sans avoir laissé de trace."
Les larmes roulèrent sur ses joues, chaque goutte un témoignage de sa douleur. Mike la
regardait, son cœur se serrant à chaque mot prononcé. L’intensité de ce moment
l’envahissait, chaque instant entre eux se révélant comme un fragile équilibre, prêt à
s’effondrer.
— "Nous ne sommes pas condamnés à être des fantômes, Amber," dit-il avec une force
désespérée. "Nous avons encore le choix. Nous pouvons décider de nous battre, de vivre,
même au milieu de cette tempête."
Elle ferma les yeux un instant, comme si elle tentait de chasser ses peurs. Mais elles
restaient ancrées, solidement attachées à son âme. — "Et si je n’ai plus la force de me battre
? Et si cette lutte me détruit?"

5
Mike fit un pas en avant, franchissant une distance invisible qui semblait les séparer. —
"Alors je te porterai. Je te soutiendrai, peu importe le poids. Nous avons traversé tant
d’épreuves ensemble. Je ne te laisserai pas sombrer."
Il tendit la main vers elle, ses doigts effleurant la douceur de sa peau. Le contact était
comme une étincelle, une promesse de chaleur au milieu du froid oppressant de leur réalité.
— "Regarde-moi," murmura-t-il. "Regarde ce qui reste de nous. Quoi qu’il arrive, nous avons
encore cet instant. Ne le laissons pas s’échapper."
Amber leva les yeux, croisant son regard. La détermination brûlait dans ses prunelles, une
lueur d’espoir qui commençait à dissiper l’obscurité. — "Je… je ne veux pas être seule. J’ai
peur de ce que je ne comprends pas."
— "Tu ne seras pas seule," affirma-t-il, sa voix empreinte de conviction. "Je serai à tes côtés.
Nous affronterons cette tempête ensemble. Tu es plus forte que tu ne le penses, et je crois
en toi."
Elle se mordit la lèvre, réfléchissant à ses mots. La peur était toujours là, mais une petite
flamme commençait à brûler au fond d’elle, une étincelle de courage.
— "Et si je me perds en te suivant ?" demanda-t-elle, la voix tremblante.
— "Alors je te retrouverai," déclara-t-il sans hésitation. "Rien ne pourra nous séparer tant que
nous avons l’un l’autre."
Leurs regards s'accrochèrent, et dans ce silence chargé d'émotion, quelque chose en elle
commença à se fissurer. La peur, bien que toujours présente, était accompagnée d'une lueur
de détermination.
— "D'accord," souffla-t-elle finalement, sa voix tremblante mais résolue. "Je veux essayer. Je
veux me battre."
Un sourire éclatant illumina le visage de Mike, chassant les ombres de l’incertitude. — "C'est
tout ce que je demande. Ensemble, nous pouvons surmonter n'importe quelle épreuve."
Alors qu'ils se tenaient là, la tempête continuait de rugir à l’extérieur, mais à cet instant, la
force de leur lien illuminait l'obscurité qui les entourait.
Ils étaient prêts à affronter l'inconnu, à plonger dans le tumulte avec l’espoir d’en sortir plus
forts. La lumière vacillante de leur amour était fragile, mais elle était là, prête à défier la
tempête.
Amber se mit à sourire, un sourire qui avait le pouvoir de briser les chaînes de l’obscurité. —
"Alors, allons-y. Ne perdons pas cet instant."
Et ensemble, ils avancèrent, main dans la main, vers l’inconnu, déterminés à écrire leur
propre histoire au milieu du chaos.
Je secouai la tête, une peur sourde en moi. — "Il faut qu’on parte, Mike. Maintenant."
Chaque fibre de mon être me disait de fuir, de quitter cet endroit chargé de souvenirs, de
promesses et de blessures.
Mais il ne bougeait pas, son regard bloqué sur le mien, comme s'il cherchait à décoder
chaque émotion qui se cachait derrière mes mots. Cette tension entre nous était à la fois
enivrante et dévastatrice.
— "Amber, si nous restons ici, nous allons perdre bien plus que du temps," murmura-t-il, sa
voix empreinte d’urgence. "Nous avons une mission. Je ne peux pas te laisser tomber."
Je baissai les yeux, consciente de la réalité qui pesait sur nous. Tout ce que j'avais vécu,
tout ce que nous avions perdu, pesait sur mes épaules, et je ne savais pas comment
avancer. La peur de perdre à nouveau quelqu'un que j'aimais me paralysait.
— "Et si je ne peux pas le faire ? Si je ne peux pas continuer ?" demandai-je, la voix brisée.
Il s'approcha, saisissant mes mains dans les siennes, les serrant doucement. — "Tu es plus
forte que tu ne le penses. Je crois en toi, Amber. Et je crois en nous."
Je sentis une chaleur se répandre dans ma poitrine à ses mots, une lueur d'espoir qui
s'éveillait lentement. Mais le poids de nos épreuves était encore lourd, et je ne pouvais
m’empêcher de douter.
— "Et si je me perds en te suivant ?" dis-je, hésitante. "Et si cette liaison nous mène à notre
perte ?"
— "Alors je te retrouverai," affirma-t-il, ses yeux brillant d'une détermination indéfectible.
"Rien ne pourra nous séparer tant que nous restons unis."

5
Je pris une profonde inspiration, essayant de balayer mes doutes. Ce n'était pas le moment
de céder à la peur. Nous savions tous deux que nous avions une bataille à mener, et que
chacun de nous avait besoin de l'autre.
Soudain, un bruit retentit au loin, brisant notre moment fragile. Une silhouette apparut dans
l'ombre.
— "Qu'est-ce que vous faites ici ?" La voix était froide, autoritaire. C'était Marianna.
Je reculai instinctivement, mais Mike garda sa position, se tenant fermement à mes côtés. La
tension monta à nouveau, une nouvelle menace planant sur nous.
— "Nous devons y aller, maintenant," dit Marianna, le regard perçant. "Il n'y a pas de temps
à perdre."
Mike me regarda, un mélange de volonté et de crainte dans ses yeux. Je savais qu'il avait
raison, que notre moment devait prendre fin. Je fis un pas en arrière, mes pensées
tourbillonnant.
— "Tu es prête ?" demanda-t-il, presque comme une promesse.
Je hochai la tête, bien que le doute persistât. — "Oui, je suis prête."
Ensemble, nous avançâmes, main dans la main, déterminés à affronter ce qui nous
attendait. La porte s'ouvrit sur un monde extérieur chaotique, où les ombres dansaient au gré
du vent. Nous étions sur le point de plonger dans l'inconnu.
Mais alors que nous franchissions le seuil, une voix retentit dans le hall, tranchante et claire.
— "Vous ne pouvez pas partir comme ça."
Je me retournai, le cœur battant, pour faire face à Vicky, son sourire glacial éclairant
l'obscurité.
— "Vicky," murmurai-je, la peur et l’angoisse se mêlant en moi.
Elle avançait, sa présence menaçante, et je savais à cet instant que notre lutte n’était pas
encore terminée. La trahison flottait dans l’air, palpable, et je comprenais que chaque pas
que nous faisions nous rapprochait d’un destin incertain.
Mike se mit en avant, prêt à défendre notre position. — "On ne te laissera pas faire, Vicky.
Nous savons maintenant qui tu es vraiment."
Elle rit, une mélodie glaçante qui résonnait dans le couloir. — "Vous pensez vraiment que
votre détermination peut changer quoi que ce soit ? Vous êtes trop naïfs."
Je sentis le vent se lever autour de moi, une tempête se préparant à éclater. Il était temps de
se battre, de défendre ce qui restait de notre espoir.
— "Nous ne sommes pas seuls dans ce combat," déclarai-je, la voix plus forte que je ne
l’aurais cru. "Nous avons la vérité de notre côté."
Vicky plissa les yeux, visiblement agacée par notre audace. Mais derrière sa façade de
confiance, je pouvais discerner une lueur d’inquiétude.
— "La vérité ?" répéta-t-elle, presque avec dédain. "Vous n'avez aucune idée de ce qui vous
attend."
Et alors que l'énergie dans l'air se chargeait de tension, je compris que la bataille n’était pas
seulement contre elle, mais aussi contre nos propres peurs et doutes. La décision de
poursuivre, de lutter pour notre liberté, nous appartenait à nous seuls.
Je pris une profonde inspiration. — "Nous sommes prêts à tout affronter. Même toi."
La lutte pour notre destinée avait commencé, et je savais qu'ensemble, Mike et moi, nous
pourrions éradiquer les ténèbres qui menaçaient de nous engloutir.

ntre ce chaos qui menaçait de m’engloutir.


La douleur fusa à travers ma poitrine, mais je me forçai à rester consciente, à relever la tête
malgré l’obscurité qui menaçait de m’engloutir. Je ne pouvais pas céder. Pas maintenant. Vicky,
debout devant moi, avec son sourire glacial, était le dernier obstacle sur ma route.

— "Vicky," murmurai-je, réalisant l'ampleur de sa trahison. "Pourquoi ? Pourquoi as-tu fait ça ?"

Elle secoua la tête, presque amusée par ma naïveté. — "Oh, Amber, tu étais si proche de
découvrir la vérité. Mais tu n’as jamais compris que cela ne te servirait à rien. Tu es trop
impliquée dans tes émotions pour voir le tableau d'ensemble."

5
Je tentai de me relever, mais la douleur était encore trop forte. Ses paroles résonnaient dans
ma tête comme un écho sinistre. — "Tu as manipulé tout le monde, y compris Marianna.
Pourquoi utiliser la famille contre moi ?"

Vicky s'approcha, son regard perçant comme un glaive. — "Parce que, ma chère, la famille est la
meilleure des armes. Andy est un pion, un outil que je peux utiliser pour atteindre mes objectifs.
Et toi, tu es juste un obstacle sur mon chemin."

Un frisson d'horreur me parcourut. Je n'avais jamais vu Vicky sous cet angle, et la réalisation de
sa froideur me coupa le souffle. — "Tu es prête à tout détruire pour parvenir à tes fins. Mais tu es
aussi en train de te détruire."

Elle rit, un son tranchant qui résonnait dans la nuit sombre. — "Je suis déjà au-delà de cette
destruction, Amber. Tu ne comprends pas la puissance que j'ai accumulée."

Je sentais une colère brûlante monter en moi, mais je savais que je ne pouvais pas laisser mes
émotions prendre le dessus. — "Si tu crois que la puissance peut t'apporter ce que tu veux, tu te
trompes. La vengeance ne mène qu'à la destruction."

Elle s'approcha encore, son visage à quelques centimètres du mien. — "Et que sais-tu de la
vengeance ? Tu n'as même pas vu ce qui est arrivé à ton frère. Tu es juste une enfant perdue
dans un monde qui ne te veut pas."

Je lui lançai un regard déterminé, refusant de céder à la peur ou à la douleur. — "Je ne suis pas
seule. Mike est avec moi. Nous allons prouver l'innocence d'Andy, et nous allons t'arrêter."

Le regard de Vicky s'assombrit. Elle recula légèrement, et je pus voir l'ombre de l'inquiétude
traverser son visage. — "Tu penses vraiment que tu peux me défier dans mon propre jeu ?"

C’est à ce moment-là que je réalisai que je devais agir. — "Nous avons la vérité de notre côté, et
cela, c'est quelque chose que tu ne peux pas contrôler."

Je me redressai lentement, sentant la force de mes convictions m'envahir. Les souvenirs de


mes batailles passées, de chaque épreuve que j'avais traversée, affluèrent dans mon esprit.
J'avais un but, un objectif, et je ne laisserais pas Vicky me détourner de ma route.

Elle relâcha la tension, un sourire sarcastique sur les lèvres. — "Tu es touchante, Amber. Mais les
belles paroles ne te sauveront pas."

À cet instant, je sentis une présence familière derrière moi. Mike était là, déterminé à me
soutenir, prêt à se battre à mes côtés. Je savais que la force de notre lien pouvait nous mener à
la victoire.

— "Vicky," dis-je d'une voix ferme, "ton temps est écoulé. Tu ne peux plus cacher la vérité. Elle
finira par éclater, et nous serons là pour la révéler."

L'air autour de nous s'électrisa d'une tension palpable, et je réalisai que le moment de la
confrontation approchait. Je n'avais pas le droit de reculer, et je ne le ferais pas.

— "Tu penses vraiment que tu peux t'opposer à moi, Amber ? Je vais te montrer ce qu'est la
vraie force," cracha-t-elle, levant la main pour lancer un sort.

Je pris une grande inspiration, me préparant à tout. Mike à mes côtés, je savais que nous avions
une chance contre cette ombre qui menaçait de nous engloutir.

5
— "Ensemble," murmurai-je à Mike, et il acquiesça, déterminé.

Nous étions prêts à tout affronter. La lumière de notre détermination brillerait à travers les
ténèbres, et nous allions nous battre pour la vérité — pour Andy et pour nous-mêmes.

Ecrivez votre message

mini

O
.

Le sol vibra à nouveau sous le choc de l’impact, et la rage dans les yeux de Valsak se
transforma en un mélange de surprise et de fureur. Je me redressai lentement, la douleur
toujours présente mais atténuée par la détermination qui émergeait en moi. Mike avait
toujours été là, un phare dans la tempête, et je savais que je pouvais compter sur lui.
— "Amber, concentre-toi sur ta force," me lança-t-il, son ton résolu. Ses mains tremblaient
d'énergie, et je pouvais sentir l'aura de sa magie vibrer autour de nous.
Je hochai la tête, prenant une profonde inspiration. Cette connexion, cette force qui émanait
de notre union, était tout ce dont nous avions besoin pour vaincre Valsak. Je fermai les yeux
un instant, laissant les souvenirs des Creeks, des vagues et du vent me remplir.
Quand je les rouvris, je vis Valsak se redresser, son regard empli de colère. — "Vous pensez
vraiment pouvoir m'arrêter ? Vous ne comprenez pas qui je suis." Sa voix résonna, profonde
et menaçante, une promesse de destruction.
Je ne pouvais pas céder à la peur. Je me tenais là, avec Mike à mes côtés, et je savais que
nous avions une force qui pouvait défier même les ténèbres les plus profondes.
— "Nous ne te laisserons pas détruire ce que nous avons de plus cher," répliquai-je, ma voix
ferme et claire. "Nous nous battons pour la vérité et pour ceux que tu as blessés."
La lumière autour de moi commença à pulser, une énergie vivante qui s'intensifiait avec
chaque battement de mon cœur. Je me concentrai sur cette énergie, me préparant à la
libérer.
Vicky, observant la scène, semblait hésiter, comme si le pouvoir que nous dégagions la
prenait au dépourvu. — "Vous ne pouvez pas comprendre ce qui est en jeu," murmura-t-elle,
mais ses yeux trahissaient une inquiétude grandissante.
— "Non, c'est toi qui ne comprends pas," répondit Mike, prêt à se battre. "Nous avons
quelque chose que tu ne peux jamais détruire : l'espoir et l'amour."
À cet instant, je levai les mains, et une lumière éclatante jaillit de mes paumes, illuminant la
pièce d'une lueur dorée. Les ombres reculèrent, et je sentis la puissance de la mer, du vent,
de tout ce qui m'entourait converger en moi.

5
— "C'est fini, Valsak," dis-je, la voix portée par la force de mon intention. "Nous allons mettre
fin à tes machinations."
Avec un cri puissant, je lançai mon sort, un torrent de lumière qui se précipita vers Valsak. Il
tenta de se défendre, mais l'énergie le frappa de plein fouet, l'enveloppant dans une spirale
de lumière et de pure magie.
Il hurla, la douleur se mêlant à la rage, mais je savais que je tenais le pouvoir de le vaincre.
Je concentrai mes forces, déterminée à ne pas reculer.
— "C'est pour Océanne, c'est pour Mia, et c'est pour tous ceux que tu as détruits !"
La lumière s'intensifia encore, et je vis Valsak chanceler, son corps se contorsionnant sous
l'assaut de ma magie. Mike se tenait à mes côtés, ajoutant sa propre énergie à la mienne,
unissant nos forces pour affronter cette créature des ténèbres.
— "Ensemble, Amber ! On y est presque !" cria-t-il.
Je fermai les yeux un instant, puis je les rouvris, un éclat de détermination brillait dans mon
regard. "Nous ne laisserons pas le mal triompher !"
Avec un dernier effort, je déchaînai toute l'énergie que j'avais, une explosion de lumière pure
qui engloutit Valsak. Le cri qu'il poussa résonna dans la nuit, un son de désespoir et de
colère mêlés, puis tout disparut dans un éclat éblouissant.
Quand la lumière se dissipa, je me retrouvai à genoux, le souffle court, mais avec une
sensation de paix. Valsak avait disparu, emporté par la force de notre magie unie.
L'obscurité qui pesait sur nous semblait s'éclaircir, les ombres reculant lentement. Mike se
pencha vers moi, l'inquiétude dans ses yeux. — "Est-ce que ça va ?"
Je hochai la tête, un sourire fatigué mais sincère illuminant mon visage. — "Oui... nous
avons réussi."
Marianna, qui avait observé la scène, s'approcha lentement, ses yeux pleins de gratitude. —
"Merci, Amber. Merci, Mike. Vous avez sauvé ce château."
Mais alors que nous reprenions nos esprits, une voix familière résonna dans l’air, claire et
omniprésente. — "Vous pensez vraiment que c'est fini ?"
Je me retournai, le cœur battant, pour découvrir Vicky, ou plutôt Valsak, se tenant là, son
apparence argentée scintillant dans la lumière. Le regard froid et calculateur, il avait
visiblement trouvé un moyen de se relever.
La bataille n'était pas encore terminée.

L'énergie ancienne qui émanait de la bague semblait vibrer avec la mer tumultueuse qui
couvait en moi. C'était comme si elle répondait à mon appel, prête à se libérer et à me
conférer la force dont j'avais désespérément besoin. Je pouvais sentir le pouvoir de la mer,
du vent, et de tout ce qui m’entourait, se mêler à cette magie.
La créature de cristal, avec ses yeux rouges brillants, me fixait, prête à attaquer à nouveau.
Chaque muscle de mon corps était tendu, chaque fibre de mon être me poussant à me
battre. J'ignorais comment contrôler ce pouvoir, mais je savais que je ne pouvais pas laisser
Valsak gagner.
— "Mike !" criai-je, cherchant son soutien. Sa silhouette était encore au sol, mais je voyais la
lueur de détermination dans ses yeux. Il se redressait lentement, prêt à se battre à mes
côtés, comme il l'avait toujours fait.
Je me concentrai à nouveau sur la bague. Dans ma main, elle brillait d'un éclat argenté,
pulsant comme un cœur vivant. Je fermai les yeux un instant, me connectant aux énergies
qui m'entouraient.
— "Donne-moi la force de me battre," murmurai-je, ma voix tremblante mais résolue. "Pour
Océanne, pour Mia… et pour ceux que nous aimons."
À ce moment-là, la bague se mit à briller intensément, illuminant la pièce d'une lumière
éclatante. Je sentis une vague de chaleur m’envahir, comme si la mer elle-même se
déversait dans mes veines. L'énergie se déplaça à travers moi, me remplissant de puissance
et de clarté.
La créature de cristal se mit à avancer, ses pattes acérées déchirer le sol avec un bruit
glaçant. Je savais que je ne pouvais pas hésiter. Avec une détermination renouvelée, je levai

5
la main, et la magie se déversa de la bague, se transformant en une onde lumineuse qui
enveloppa la créature.
Elle poussa un cri strident, un son qui résonna à travers la pièce, tandis que la lumière
l’engloutissait. Je pouvais sentir la résistance de Valsak, mais je ne me laissais pas
décourager. Je concentrerai toute ma force sur cette créature, la liant à moi par ce lien
magique.
— "Maintenant, ensemble, Mike !" criai-je, et il se leva, joignant sa magie à la mienne. Nos
énergies se mêlèrent, formant un tourbillon de lumière prête à frapper.
Le pouvoir de la bague pulsait plus fort, chaque battement résonnant avec le rythme de notre
cœur. L'onde de lumière se transforma en un faisceau concentré qui frappa la créature de
cristal avec une force écrasante.
La créature se mit à vaciller, ses pattes se dérobant sous elle, tandis qu'elle essayait de se
défendre. L'énergie que nous dégagions était trop forte, trop puissante. La lumière la frappa
de plein fouet, et je vis le cristal commencer à se fissurer, des éclats de lumière jaillissant
comme des étoiles.
— "C'est ça, ne lâche pas !" encouragea Mike, sa voix forte et pleine de conviction.
Je pouvais sentir le pouvoir de la bague croître, engendrant une tempête de lumière autour
de nous. La créature s'effondra, ses cris se mêlant à la tempête qui faisait rage autour de
nous. Valsak, déséquilibré par notre assaut, tenta de se redresser, mais son contrôle sur la
créature faiblissait.
— "C'est maintenant ou jamais !" dis-je, ma voix résonnant comme un mantra. Je rassemblai
toutes mes forces, toute ma volonté.
Nous étions deux faces d'une même pièce, unis par un but commun : mettre fin à cette
horreur. Je sentais l'énergie de la bague pulsant encore plus fort alors que je me préparais à
porter le coup final.
Avec un dernier cri, je dirigeai ma magie vers la créature, un éclat de lumière pure se libérant
de moi. La puissance explosa en un flash aveuglant, et tout devint silencieux.
Quand la lumière se dissipa, je tombai à genoux, haletante, tandis que Mike se tenait à mes
côtés, le souffle court mais le regard brillant de triomphe.
La créature de cristal était à terre, brisée, et Valsak se tenait là, son visage déformé par la
rage et la surprise. Il avait sous-estimé notre force.
— "Tu as peut-être gagné cette bataille..." dit-il, la voix pleine de venin, mais je savais qu'il
était sur le point de perdre la guerre.
Je ne pouvais pas me permettre de céder. Nous avions enfin le contrôle, et je ne laisserais
pas cette créature des ténèbres nous engloutir.
— "C'est la fin pour toi, Valsak," affirmai-je, la détermination brûlant dans mes veines. "Nous
allons libérer ceux que tu as emprisonnés, et nous allons mettre fin à ta folie."
La lumière de la bague brillait toujours, et je savais que tant que nous restions unis, rien ne
pourrait nous arrêter.

et de me concentrer sur les sourires autour de moi. La lumière dorée du crépuscule illuminait
les visages joyeux, et pour une fois, l’air était empreint de joie plutôt que de désespoir. Les rires
résonnaient dans les couloirs, et les échos des chants de célébration apportaient un sentiment
de renouveau.

Alors que je me frayais un chemin à travers la foule, je me sentais presque comme une
spectatrice de ma propre vie, observant ce qui se déroulait avec un mélange d'émerveillement
et de nostalgie. Mike marchait à mes côtés, son bras autour de ma taille, me soutenant tout en
se reposant sur moi. Chaque geste, chaque regard échangé était un rappel de tout ce que nous
avions surmonté ensemble.

— "Regarde comme tout le monde est heureux," murmura-t-il, un sourire fatigué mais sincère
sur son visage. "C'est comme si la vie reprenait enfin son cours."

5
Je hochai la tête, incapable de trouver les mots justes. La paix revenait lentement, comme une
marée qui efface les traces des tempêtes passées. Mais le souvenir de Valsak et de la Dame au
Chapeau planait toujours en arrière-plan, une ombre dans un coin de mon esprit, un murmure
persistant que je ne pouvais ignorer.

— "Et Vicky ?" demandai-je soudain, l'inquiétude s'insinuant dans ma voix. "Penses-tu qu'elle ait
vraiment disparu ?"

Mike marqua une pause, son sourire s'effaçant légèrement. — "Je ne sais pas. Il y a toujours des
vestiges de ce genre de mal. On ne peut jamais vraiment être sûr qu'un mal soit définitivement
anéanti."

Je me mordis la lèvre, découvrant que la paix que je ressentais était entachée par cette
incertitude. Nous avions gagné cette bataille, mais la guerre contre les ténèbres semblait loin
d'être terminée. Et ce n'était pas quelque chose que je pouvais ignorer.

— "Nous devons rester vigilants," dis-je, ma voix plus ferme. "Nous avons survécu à cette
épreuve, mais il se peut qu'il y en ait d'autres à venir."

Mike me regarda, un éclat de compréhension dans ses yeux. — "Tu as raison. Mais ce que nous
avons aussi, c'est le soutien de chacun ici. Nous ne sommes pas seuls dans cette lutte."

Je lui souriais alors que je réalisais qu'il avait raison. La force de notre communauté était un
atout puissant. Nous avions forgé des liens, non seulement entre nous, mais aussi avec ceux qui
nous entouraient. Et c’était cette unité qui serait notre meilleure défense contre les ténèbres à
venir.

À cet instant, un groupe de personnes s’approcha, des visages familiers, des amis et des alliés.
Marianna, son frère, et d’autres villageois avaient tous une lueur d'espoir dans les yeux. Ils se
rassemblaient autour de nous, comme un cercle de lumière dans cette soirée crépusculaire.

— "Vous avez fait un travail incroyable," dit Marianna, le regard brillant. "Nous sommes tous
tellement reconnaissants."

— "C'est grâce à vous tous," répondit Mike, sa voix pleine d’émotion. "Nous n'aurions pas pu y
arriver sans votre soutien."

Les festivités s'intensifièrent, les rires et les chants s'élevant de plus en plus haut. Je me laissai
entraîner par la musique, m'abandonnant à l'esprit de célébration. Nous dansions, nous riions,
et peu à peu, les ombres du passé commencèrent à se dissiper, comme les nuages devant le
soleil levant.

Alors que je dansais avec Mike, je sentis une chaleur dans mon cœur, un sentiment de
plénitude. Nous avions survécu, et ensemble, nous étions prêts à affronter tout ce que l’avenir
nous réservait.

Et même si la Dame au Chapeau veillait toujours quelque part dans l'ombre, je savais qu'avec
Mike à mes côtés et la force de nos amis, nous avions la capacité de faire face à ce qui
viendrait. La lumière avait triomphé des ténèbres, et cette vérité, aussi fragile soit-elle, était tout
ce dont nous avions besoin pour poursuivre notre chemin.

Alors que la nuit avançait et que la fête battait son plein, je fermai les yeux un instant,
savourant le moment. Je savais que nous étions réunis, et que tant que nous restions ensemble,
rien ne pourrait nous détruire.

5
Le monde était vaste, mais aujourd'hui, nous célébrions notre victoire. Et demain, nous nous
préparerions à faire face à ce qui suivrait. Pour l’instant, je choisissais d'embrasser la lumière,
de vivre chaque instant, et de chérir chaque sourire. Au fond, c’était ce qui importait le plus.
.

Un Château en Fête
:
Les étoiles scintillaient au-dessus d'elle, une promesse d'espoir dans le vaste ciel nocturne. Une
brise douce caressa son visage, emportant avec elle les murmures de la forêt. Amber sentit leur
présence, comme une étreinte chaleureuse, une affirmation qu’elle n’était pas seule, même
dans sa douleur.

Redressant la tête, elle contempla la clairière, toujours baignée de cette lumière dorée, son
cœur battant au rythme de ses pensées. Elias avait toujours cru en elle, même quand elle
doutait de sa propre force. Si elle devait continuer, ce serait pour honorer son sacrifice, pour
protéger ce qu'il avait chéri.

Avec un soupir déterminé, Amber se releva, la clé toujours pendue autour de son cou, pulsant
doucement contre sa poitrine. Ce n’était pas seulement un symbole de pouvoir, mais aussi de
responsabilité. Elle savait que le chemin devant elle serait semé d'embûches, mais elle était
prête à l'affronter, armée de l'amour et des leçons qu’Elias lui avait laissées.

Elle retourna vers la fête, le bruit des rires et de la musique l'accueillant à nouveau. La salle
était remplie de vie, un contraste frappant avec l’épreuve qu’elle venait de traverser. Les visages
des invités étaient rayonnants, et Amber réalisa que, malgré la perte, la vie continuait.

Dans un coin, Mike la chercha des yeux, son visage se radoucissant en la voyant approcher. Il
s’avança, les bras ouverts, et elle se blottit contre lui, se laissant porter par la chaleur de sa
présence. Elle avait besoin de lui, de son soutien, et de la force qu'il lui apportait.

— "Tout va bien ?" demanda-t-il doucement, son regard scrutant le sien.

Elle hocha la tête, une petite affirmation, mais il pouvait voir au fond de ses yeux qu'elle portait
une nouvelle détermination.

— "Je suis prête," murmura-t-elle. "À avancer. À honorer ceux que nous avons perdus."

Mike lui sourit, une lueur de fierté dans ses yeux. — "Alors dansons, célébrons cette vie et cette
nouvelle chance. Pour Elias, et pour nous."

Elle acquiesça, et ensemble, ils rejoignirent le groupe, s’immergeant dans la musique et la joie
qui régnait. Amber prit une profonde inspiration, se laissant porter par le rythme, par la lumière
qui l’entourait. Chaque pas de danse était une affirmation, une promesse de vivre pleinement,
malgré les ténèbres qui pouvaient ressurgir à tout moment.

Alors qu’elle tournait, rieuse, elle se surprit à penser à l’avenir, à tout ce qu’elle pourrait
accomplir. La clé pendait encore à son cou, mais elle ne représentait plus un fardeau. C'était un
cadeau, un héritage à protéger et à chérir.

Et tout en dansant, elle se promit de ne jamais oublier Elias, mais aussi de ne pas laisser sa
mémoire lui peser. Au contraire, elle le garderait vivant à travers ses actions, à travers tout ce
qu'elle ferait pour rendre le monde meilleur.

La fête continua, pleine de couleurs, de rires et d'espoir. Dans cette grande salle, sous les
chandeliers scintillants et entourée de ceux qu'elle aimait, Amber savait qu'elle était prête à

5
affronter tout ce qui viendrait. Elle était forte, elle était résiliente. Et elle ne se laisserait pas
engloutir par les ombres du passé.

La nuit avançait, et les étoiles brillaient toujours au-dessus d’eux, témoins silencieux de leur
promesse de vivre et de lutter. Chaque battement de cœur, chaque éclat de rire, était un pas
vers l'avenir que, tous ensemble, ils allaient construire.

Ecrivez votre message

Le cœur d'Amber s'emballa alors qu'elle scrutait l'obscurité, la silhouette qui s'était tenue à
l'entrée du labyrinthe de haies s'étant volatilisée aussi rapidement qu'elle était apparue. Les
ombres du jardin dansaient autour d'elle, et malgré la chaleur de la fête, un frisson de crainte
s'insinua dans son esprit. Elle avait ressenti une présence, familière mais inquiétante, et les
mots prononcés résonnaient encore dans sa tête : "La clé… est enfin à sa place."

Amber se retourna, le souffle court, et marcha lentement vers l'entrée du labyrinthe, ses sens en
alerte. Le vent soulevait les feuilles autour d'elle, et chaque bruissement semblait amplifié,
comme si la nuit elle-même observait.

Elle se remémora les événements récents, le combat contre Valsak, la sagesse et la paix qu'elle
avait trouvé dans l'épreuve. Mais ce qu'elle venait d'entendre, cette mention de la clé, la
ramenait à une réalité bien plus sombre. La clé n'était pas seulement un symbole de pouvoir,
mais aussi un aimant pour ceux qui désiraient s'en emparer.

Dans le labyrinthe, les murs de haies semblaient se refermer autour d'elle, et elle se demandait
si elle devait faire demi-tour, retrouver la chaleur de la fête, ou avancer et affronter l'inconnu.
Les mots d'Elias résonnaient dans son esprit, l'encourageant à ne pas reculer, à faire face à ses
peurs.

— "Je suis plus forte que je ne le crois," murmura-t-elle pour s'encourager.

Avec détermination, elle pénétra dans le labyrinthe, chaque pas résonnant comme un acte de
défi. Les haies formaient un dédale complexe, mais elle se laissa guider par son instinct,
chaque bruit l’alertant à la possibilité d’une autre rencontre.

Alors qu'elle avançait, elle se rappela des leçons apprises au cours de ses épreuves. Le pouvoir
de la clé, l’importance de l’unité et des liens qu’elle avait tissés avec Mike, Victor, Paty et tous
les autres. Même si l’inquiétude la tenaillait, elle savait qu’elle n’était pas seule.

Soudain, un bruit de feuillage attira son attention, et elle se figea. La silhouette était de retour,
plus près cette fois. Une figure encapuchonnée, l’obscurité de sa présence se mêlant à la nuit
ambiante. La voix de la silhouette était grave et résonnait comme un écho lointain.

— "Amber… la clé est un passage, un lien entre les mondes. Tu dois comprendre son pouvoir."

Amber rassembla son courage et confronta la silhouette. — "Qui es-tu ? Que veux-tu ?"

La figure s'approcha lentement, et Amber put distinguer des traits familiers dans l'ombre.
C'était une femme, sa voix empreinte d'une sagesse ancienne. — "Je suis l’une de tes ancêtres,
Gardienne de la clé. Le destin de ta lignée repose sur toi maintenant."

Un frisson parcourut Amber, prise entre la surprise et la peur. — "Pourquoi ne m’as-tu pas
avertie plus tôt ?"

5
— "Le temps n’est pas linéaire pour ceux comme nous. Ton chemin devait se tracer avec tes
propres choix. La clé te guidera, mais elle attirerait aussi ceux qui souhaitent la détruire,"
expliqua la femme. "Tu es le dernier rempart contre les ténèbres qui menacent de revenir."

Amber sentit la pression de ces mots s'imposer sur ses épaules. — "Mais je ne suis pas prête !"

La silhouette sourit doucement, bien que l’ombre de son visage demeurât indéfinie. — "Tu le
seras, Amber. Tu dois seulement croire en toi et en ceux qui t'entourent. La clé n'est pas un
fardeau, mais une lumière dans l'obscurité."

À cet instant, Amber comprit. Elle ne devait pas porter ce poids seule. Elle avait des amis, une
communauté qui l’avait soutenue, et elle devait s’appuyer sur cet amour pour avancer. Les
peurs qu'elle avait face à Valsak, les épreuves qu’elle avait surmontées, tout cela l’avait
préparée pour ce moment.

— "Je ferai face à ce qui vient," déclara-t-elle, la voix ferme. "Je protégerai ceux que j’aime."

La femme hocha la tête. — "Rappelle-toi, la clé est aussi un symbole d’unité. Rassemble tes
alliés, et préparez-vous. Le mal n’a pas dit son dernier mot."

Puis, dans un éclair de lumière, la silhouette se dissolut, laissant Amber seule dans le
labyrinthe. Elle se sentit pleine de détermination, une nouvelle force émergeant en elle.

Elle se retourna pour sortir du labyrinthe, prête à rejoindre ses amis, à partager son message et
à renforcer leur lien. Car elle savait maintenant que, quel que soit le défi qui les attendait, ils le
surmonteraient ensemble.

Amber émergea enfin du labyrinthe, le cœur battant, et se dirigea vers la fête, le regard résolu.
La clé, suspendue à son cou, brillait doucement à la lumière des lanternes, une promesse
d’espoir pour l’avenir.

.
Audjour d hui

Paty se tût un instant, le regard perdu dans les flammes du feu de camp. Amber pouvait sentir
la tension dans son corps, comme si elle retenait des souvenirs enfouis, des émotions trop
douloureuses à partager. Le crépitement des braises semblait résonner avec les battements de
son cœur, chaque son une écho du passé chaotique de Paty.

— "C’est pour ça que tu as choisi de vagabonder, n’est-ce pas ?" demanda Amber, prenant soin
de ne pas brusquer la conversation. "Pour échapper à ce pouvoir, à cet héritage."

Un soupir échappa à Paty, un mélange de résignation et de tristesse. — "Oui. Chaque pas que je
fais m’éloigne de ce cercle maudit et des attentes qui pèsent sur moi. Mais il y a des jours où je
me demande si je ne fuis pas en vain."

Amber sentit une connexion se tisser entre elles, un lien inattendu né de la vulnérabilité
partagée. — "L’héritage que nous portons, c’est ce qui nous définit, mais ça ne doit pas nous
emprisonner," murmura-t-elle, se remémorant ses propres luttes et les sacrifices qu’elle avait
dû faire pour embrasser son destin.

5
Paty hocha la tête, ses yeux brillants d'une lueur nouvelle. — "Tu as raison. Mais savoir ce que
l’on est censé être et ce que l’on veut vraiment, c’est un chemin semé d’embûches. Parfois, je
me demande si je suis prête à faire face à ce que je suis."

Amber, encouragée par l’ouverture de Paty, se pencha davantage vers elle. — "Et si tu cherchais
ton passé ? Si tu découvrais non seulement d’où tu viens, mais aussi qui tu es vraiment ?"

— "Et affronter ceux qui me recherchent ?" répliqua Paty, un éclat de défi dans ses yeux. "Ceux
qui veulent exploiter mon pouvoir pour leurs propres intérêts ?"

Amber réfléchit un moment. Elle savait ce qu’il signifiait d’être lié à quelque chose de plus
grand que soi-même, de porter le poids des attentes des autres. Mais elle avait appris que la
force venait aussi de la communauté, des amis qui se tenaient à ses côtés dans les moments
difficiles.

— "Tu n’es pas seule," dit-elle doucement. "Je comprends ce que c’est que de porter un fardeau.
Mais je crois que tu pourrais trouver des alliés, des personnes prêtes à t’aider à comprendre et à
accepter cet héritage. Comme moi, tu as des gens qui tiennent à toi."

Paty l'observa de manière intense, et Amber se sentit vulnérable sous ce regard. — "Tu es
courageuse, Amber. Peut-être que je devrais chercher des réponses, plutôt que de fuir pour
toujours."

Amber sourit. — "Et je pourrais t’accompagner. Le monde est vaste, mais nous avons déjà
prouvé que nous pouvions surmonter des épreuves ensemble."

Paty se redressa légèrement, un éclat d’espoir dans ses yeux. — "Tu serais prête à affronter ce
qui vient avec moi ? Même si ça implique des dangers ?"

Amber hocha la tête avec détermination. — "Je suis prête. Et je crois que tu as en toi la force
dont tu as besoin. Ensemble, nous pourrions découvrir la vérité sur notre passé et trouver notre
place dans ce monde."

Un silence chargé de promesses s’installa entre elles, comme une stratégie nouée dans
l’obscurité, entourées par le doux crépitement du feu.

Paty se leva lentement, rassemblant son courage. — "Alors, que dirais-tu de commencer par le
Cercle des Ancêtres ? Il est temps que je découvre d’où je viens vraiment."

Amber acquiesça, le cœur battant avec excitation. — "Je t’accompagnerai. Ensemble, nous
ferons face à ce qui nous attend."

Les deux jeunes femmes, liées par des histoires de souffrance et d'espoir, se tinrent côte à côte,
prêtes à affronter l'inconnu. Le feu dansait autour d'elles, comme un symbole de leur résolution,
et dans cette nuit étoilée, elles avaient trouvé à la fois une amie et une alliée.

Alors qu’elles se dirigeaient vers le chemin qui menait au Cercle des Ancêtres, Amber sentit une
énergie nouvelle émaner de leur alliance. Peut-être que ce voyage ne serait pas seulement une
quête pour découvrir le passé de Paty, mais aussi une exploration de leurs propres forces et
faiblesses.

Et avec chaque pas qu’elles faisaient, le poids de leurs héritages respectifs devenait un peu plus
léger, transformé en une promesse de devenir qui elles étaient vraiment.

5
Audjourd hui

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5
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