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Physiologie de la digestion bucco-œsophagienne

La phase bucco-œsophagienne de la digestion comprend la mastication, la sécrétion salivaire et la déglutition, qui sont essentielles pour le passage des aliments de la bouche à l'œsophage. La mastication réduit la taille des aliments et les mélange avec la salive, tandis que la sécrétion salivaire joue un rôle clé dans la digestion et l'hygiène buccale. La déglutition, qui se déroule en trois temps, permet le transfert des aliments vers l'estomac grâce à des mécanismes réflexes et volontaires.

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Physiologie de la digestion bucco-œsophagienne

La phase bucco-œsophagienne de la digestion comprend la mastication, la sécrétion salivaire et la déglutition, qui sont essentielles pour le passage des aliments de la bouche à l'œsophage. La mastication réduit la taille des aliments et les mélange avec la salive, tandis que la sécrétion salivaire joue un rôle clé dans la digestion et l'hygiène buccale. La déglutition, qui se déroule en trois temps, permet le transfert des aliments vers l'estomac grâce à des mécanismes réflexes et volontaires.

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ANNEXE DE LA FACULTE DE MEDECINE DE JIJEL

PHASE BUCCO OESOPHAGIENNE


I. INTRODUCTION
La phase bucco-œsophagienne de la digestion est un processus complexe qui se
déroule en plusieurs étapes, intégrant des actions volontaires et involontaires pour
assurer le passage des aliments de la bouche à l'œsophage. Cette phase est cruciale
car elle prépare les aliments pour leur transit ultérieur vers l'estomac.

Elle comprend trois phénomènes :

 Mastication
 Sécrétion salivaire
 déglutition

II. MASTICATION

A. Définition :
C’est le premier phénomène moteur de la digestion elle permet le broiement (la
réduction de la taille des aliments), leur ramollissement et leur mélange avec la salive
ce qui augmente l'hydratation du bol alimentaire et assure le contact avec les enzymes
salivaires.

B. Mécanisme :
Elle se fait grâce aux mouvements de la mâchoire (muscles et dents), de la langue
et des joues afin de dilacérer les aliments et permettre leur découpage, broyage,
fragmentation, ramollissement et leur mélange à la salive : entraînant la
transformation des aliments en une masse compacte dite le bol alimentaire.

Elle résulte de 3 séries de mouvement de la mandibule :


 Élévation / abaissement.
 Propulsion (vers l'avant) / rétraction (vers l'arrière).
 Mouvement latéraux.

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Ceci est assuré par les muscles masticateurs qui sont au nombre de sept, groupés
en quatre familles :
 élévateurs et propulseurs = muscle masséter et le ptérygoïdien interne.
 Élévateur et rétracteur =muscle temporal.
 Abaisseur et propulseur =muscle ptérygoïdien.
 Abaisseur et rétracteur = muscle mylohyoïdien, le géniohyoïdien et le
digastrique.

C. Régulation :

Les muscles masticateurs sont innervés par le trijumeau(V), l’hypoglosse(XII).


La mastication est une action volontaire, mais au cours des repas, elle devient
réflexe, engendrée par le contact buccal des aliments (reflexe d’étirement), régulée
par les récepteurs buccaux du goût situés dans les joues, les gencives et la langue.

La stimulation des récepteurs bucco-gustatifs par les aliments provoque une


inhibition des réflexes des muscles qui assurent la fermeture buccale, et un
abaissement de la mâchoire en résulte. Par la suite, grâce à un processus de
coordination on a une succession de la fermeture et de l'ouverture buccale d'où l'acte
rythmique de la mastication.

III. SECRETION SALIVAIRE

La sécrétion salivaire est le premier acte sécrétoire de la digestion elle est assurée
par trois paires de glandes principales : (90 % de la sécrétion salivaire)
 La glande parotide constituée de cellules séreuses à sécrétion enzymatique.
 La glande sous maxillaire à sécrétion mixte, séreuse et muqueuse.
 La glande sublinguale à prédominance muqueuse.

Les glandes salivaires mineures, au nombre de plusieurs centaines, tapissent la


muqueuse buccale et produisent 10 % de la sécrétion salivaire totale.

La salive constitue la première barrière digestive contre les infections, et joue un


rôle indispensable dans les processus de mastication, déglutition ainsi que la
phonation grâce à son action lubrifiante. Elle contribue également à l'hygiène buccale.

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A. Composition de la salive

Le volume quotidien est de 0,5 à 1,5 L/J avec un pH entre 6 et 7,4 .


La salive est composée: d'eau (97% à 99.5%), d’électrolytes (NA+, K+, Cl¯, HCO3¯,
PO₄¯), des protéines plasmatiques, des thiocyanate, des enzymes (lipase salivaire et la
plus importante est l’amylase salivaire), des facteurs de croissance l’EGF (epidermal
growth factor), des déchets métaboliques (urée, acide urique) et du mucus
(responsable de la viscosité salivaire).
Elle contient également des lysozymes et des IgA qui détruisent les bactéries à
l’origine des caries et de la mauvaise haleine.

B. Mécanisme de la formation de la salive


Se fait en deux étapes :
 Sécrétion d'une salive primaire dans les acini sous forme d'une solution
isotonique proche de la composition du plasma et ensuite celle-ci est remanié
lors de son passage dans les canaux excréteurs.
 Par la réabsorption d'électrolytes, la salive définitive devient hypotonique et
contient plus de k+ et de bicarbonate et moins de Na+ et de cl- (ce qui permet
la réception du gout salé).

C. Régulation de la sécrétion salivaire


Elle repose sur des mécanismes nerveux à la fois sympathique et parasympathique.
Elle est exclusivement sous la dépendance du système nerveux autonome (Il n’existe
pas de régulation hormonale de la sécrétion salivaire). Contrairement à leurs effets
habituellement antagonistes dans la plupart des organes, les deux contingents,
sympathique et parasympathique, stimulent la sécrétion salivaire mais leur effet est
qualitativement et quantitativement différent.
La stimulation parasympathique, par intermédiaire du nerf facial VII et
glossopharyngien IX, est dominante, responsable d’une sécrétion abondante de salive
aqueuse (séreuse) riche en enzyme par vasodilatation (augmentation du
débit salivaire).

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Cette sécrétion augmente grâce à deux types de réflexes: simple et conditionné.


La stimulation sympathique (provient du ganglion cervical supérieur) est
responsable d’une sécrétion de salive peu abondante, épaisse et visqueuse riche en
mucus (muqueuse) par vasoconstriction (diminution du débit salivaire).
Les nerfs sensitifs (voie afférente) sont d’origine buco-pharyngienne véhiculés par
les nerfs : le trijumeau(V), le glossopharyngien (IX) et le pneumogastrique(XII).
L’odeur, le goût, le contact avec la muqueuse buccale, la mastication, les nausées
AUGMENTENT la sécrétion salivaire via le parasympathique
.Le stress diminue la sécrétion salivaire qui devient visqueuse par activation du
système sympathique.
Le sommeil, la déshydratation et les médicaments anti cholinergiques (atropine)
inhibent la sécrétion salivaire.
Deux types de réflexes sont observés :
-Réflexe simple : est déclenché par la stimulation reflexe de chémorécepteurs et
de mécanorécepteurs de la cavité buccale par la présence d’aliments, ce message est
envoyé au centre salivaire situé dans le bulbe rachidien .Ce dernier est responsable de
la sécrétion des glandes salivaires, par intermédiaire des nerfs efférents autonomes
(facial VII, glossopharyngien IX).
-Réflexes conditionnés ou acquis: Au cours de ces réflexes, la salivation est
déclenchée en l’absence de toute stimulation de la cavité buccale. Le fait de penser à
des aliments, d’en sentir d’odeur ou d’être témoin de leur préparation fait saliver de
façon reflexe. Ces stimuli extérieurs à la cavité buccale et associés mentalement au
plaisir de manger, agissent sur le centre salivaire par l’intermédiaire de zones
associatives du cortex cérébral.

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IV. DEGLUTITION

A. Définition :
Ensemble des phénomènes moteurs qui font passer les aliments de la bouche à
l’estomac en passant par l’œsophage.

B. Mécanisme de la déglutition
La déglutition est déclenchée quand le bol alimentaire est poussé volontairement
par la langue, de l’arrière de la cavité buccale au pharynx.
L’arrivé du bol alimentaire dans le pharynx, stimule des mécanorécepteurs qui
envoient des messages au centre de la déglutition situé au niveau du bulbe rachidien.
Ce centre met en route de façon reflexe le programme d’activation séquentielle des
muscles responsables de la déglutition. Cette dernière est déclenchée
volontairement, mais une fois déclenchée elle ne peut plus s’arrêter: elle se déroule
selon un réflexe programmé de type tout- ou- rien.
La déglutition se fait en 3 temps: temps buccal, temps pharyngé, temps
œsophagien.

Temps buccal :

Une fois bien mâchés et insalivés, les aliments se rassemblent (sous forme d’une
masse compacte) sur le dos de la langue qui les propulse vers l’arrière de la gorge
contre la voute palatine.

Le premier temps de la déglutition est donc volontaire.

Temps pharyngé :

Le contact des aliments avec le voile du palais déclenche le réflexe de déglutition


qui propulse les aliments vers l'œsophage. Ce réflexe comporte :
 L’arrêt de la respiration ou une brève apnée respiratoire.
 La fermeture du nasopharynx par le voile du palais.
 La fermeture du larynx par l'épiglotte et l'ascension du laryngo-pharynx
(empêchant la fausse route).
 L’ouverture de la bouche de Killian ou le sphincter œsophagien supérieur
dans lequel est propulsé le bol alimentaire sous l'influence de la pression
de la base de la langue, des muscles constructeurs et de l'aspiration
pharyngo-œsophagienne (cette brève relaxation du SSO est due à l’arrêt
de la stimulation vagale).

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Le deuxième temps de la déglutition est donc reflexe, déclenché par toute irritation
mécanique de la muqueuse du voile du palais (influx transmis par le trijumeau) ou de
la paroi postérieure du larynx (le nerf laryngé supérieur).
Ce temps est d’origine reflexe et dépend du système nerveux extrinsèque
(sympathique et para sympathique).

Temps œsophagien :

L’étape œsophagienne de la déglutition commence par la


relaxation du sphincter supérieur de l’œsophage (SSO)
Immédiatement après le passage des aliments, le sphincter
se ferme, la glotte s’ouvre et la respiration reprend. Entre deux
réflexes de déglutition il y a une période réfractaire pendant
laquelle aucune déglutition n'est possible.
Une fois dans l’œsophage, le bol alimentaire est poussé
vers l’estomac par une onde progressive de contraction
musculaire qui descend le long de l’œsophage, comprimant
sa lumière. Ce sont les ondes péristaltiques caractérisées par
deux éléments :
 une contraction des fibres circulaires qui poussent
l'aliment vers l'avant.
 un raccourcissement du segment au-dessous du bol
alimentaire.

Le sphincter œsophagien inférieur SIO se relâche à


l’approche du bol alimentaire qui pénètre dans l’estomac.
Cette relaxation du SIO est due à l’action du vague par le biais
du vasoactif intestinal peptide (VIP) et le monoxyde d’azote
(NO).
Ce temps est donc reflexe=involontaire.

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Remarque :
Il faut savoir que la musculature de l’œsophage est non uniforme:
 SSO+ 1/3 supérieur du corps de l’œsophage= muscle strié (sous influence de
l’innervation extrinsèque par (IX) et (X)).
 2/3 inferieur du corps de l’œsophage + SIO= muscle lisse (dépend des
mécanismes involontaires, l’innervation intrinsèque grâce au plexus
myentérique).

Le sphincter œsophagien inférieur (SIO) est fermé au repos du fait d'une activité
musculaire tonique évitant ainsi le reflux gastro-œsophagien (RGO). Cette pression de
repos (= tonus) est principalement d'origine myogène régulée par de nombreux
facteurs nerveux (nerf vague) et hormonaux.

Facteurs inhibant l’activité tonique Facteurs renforçant l’activité tonique

 Alcool  Métoclopramide (primpéran)


 Tabac, nicotine en excès  Indométacine
 Graisses  Gastrine
 Chocolat  Acétylcholine
 Théophylline
 Inhibiteurs calciques
 Cholécystokinine(CCK)

REFERENCES
Marieb. Anatomie et physiologie humaine (11éme Edition).
[Link] humaine (3éme Edition).
Linda S. Costanzo. Pcem Intensif de Physiologie.
Adam [Link], Chakib Ghomari Roumani's Physiology (2éme Edition).
Recueil des cours de l’UEI [Link] précis du système digestif.
SILBERNAGL [Link] de poche physiologie (5 éme Edition).
Dr L. [Link] Physiologie digestive 2023

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