Support écrit de cours
Clom
sur la “Prévention des risques et préparation aux situations d’urgence et de crise
(PPSUC) par les collectivités territoriales”
Module 2.2 – Les risques liés au changement climatique
Objectifs du module
En tant que maire, vous êtes en première ligne face aux impacts du changement climatique sur vos
territoires et mieux comprendre le phénomène et les risques associés sur les différents secteurs
d’activité vous permettra d’agir efficacement pour limiter leurs impacts. L’objectif du présent
module est de vous doter de connaissances nécessaires pour comprendre et anticiper les risques
liés au changement climatique. Ce module vise donc à vous sensibiliser aux défis climatiques
auxquels vos communes sont ou seront exposées afin de vous aider à comprendre la nécessité
d’intégrer la dimension climatique dans les politiques publiques locales et à communiquer
efficacement sur les enjeux climatiques auprès des citoyens.
Introduction
Le changement climatique est un des plus grands défis mondiaux actuels. Ses effets se font de plus
en plus sentir à l’échelle mondiale, avec des impacts considérables sur les activités économiques,
la santé et la qualité de vie, les infrastructures, les ressources naturelles et les écosystèmes. Le
changement climatique entraîne une augmentation de l’intensité, de la fréquence et de la durée
des événements météorologiques extrêmes comme les inondations, sécheresses et vagues de
chaleur. Les nombreux risques associés au changement climatique peuvent être d’origine naturelle,
socio-économique ou sanitaire. Ce module présente les causes du changement climatique, ses
conséquences ainsi que les différents risques climatiques qui menacent les territoires et les
communautés. Il décrit brièvement les mesures pour y faire face. Il s’adresse à vous qui souhaitez
mieux comprendre ces risques afin de jouer un rôle actif dans la lutte contre le changement
climatique.
Dans le présent document, les termes employés au masculin pour désigner des personnes sont pris au sens générique ; ils ont à la
fois valeur d’un féminin et d’un masculin
Le changement climatique
Le climat global est caractérisé par des fluctuations naturelles observées à différentes échelles
temporelles. Toutefois, depuis l’ère industrielle entamée au milieu du 19ème siècle, il est constaté
un réchauffement rapide et durable du climat global avec une modification des évènements
climatiques. Ce phénomène est appelé changement, dérèglement ou réchauffement climatique.
Le changement climatique peut être défini comme l’ensemble des modifications durables du
système climatique global qui sont provoquées par un forçage d’origine anthropique et qui sont
accompagnées par une augmentation générale de la température moyenne à l’échelle mondiale.
La température moyenne à la surface du globe est l’indicateur communément utilisé pour suivre le
changement climatique (Figure 1). Elle est estimée à partir des mesures des températures à la
surface des océans et près de la surface de la terre.
Figure 1 : Evolution de la température globale de 1850 à 2023 par rapport à la période 1961-2010
(source : [Link] )
Les causes du changement climatique
Le changement climatique a une origine essentiellement anthropique. L’utilisation excessive de
combustibles fossiles (transport, industrie, bâtiment, etc.), de fertilisants azotés et d’équipements
composés de gaz fluorés et l’élevage intensif émettent des quantités importantes de gaz à effet de
serre (GES) qui, en s’ajoutant aux GES naturellement présents dans l’atmosphère, amplifient le
phénomène d’effet de serre. La déforestation, en réduisant la capacité des espaces arborés à
stocker le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère, contribue également à l’aggravation de l’effet
de serre (Figure 2).
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Figure 2 : Répartition des émissions mondiales de gaz à effet de serre par secteur (source :
[Link] )
L’effet de serre est un phénomène naturel qui permet de réguler la température globale (Figure 3).
Les GES forment une barrière naturelle qui retient une partie de la chaleur provenant du
rayonnement solaire : plus la quantité de GES est élevée, plus la température globale augmente.
L’accumulation des GES émis par les activités humaines entraîne une perturbation de l’équilibre
atmosphérique qui s’exprime par une hausse de la température moyenne globale et, par
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conséquent, un réchauffement de la planète. Les GES d’origine anthropique représentaient
l’équivalent d’environ 52,6 milliards de tonnes de CO2 en 2021 (secteur UTCATF1 non compris) avec
une répartition inégale des émissions individuelles des pays.
Pour en savoir plus : Chiffres clés du climat 2023 ([Link])
Figure 3 : L’effet de serre (source :
[Link] )
Les manifestations et conséquences du changement climatique
Le changement climatique, ou réchauffement climatique, est un phénomène qui se traduit par des
changements palpables dans le système global (Figure 4). Il correspond à une modification durable
des paramètres statistiques (valeurs moyennes, variabilité, etc.) des variables climatiques à
l’échelle global et local. Les principales évolutions observées dans le système climatique mondial
incluent, entre autres, une augmentation de la température moyenne mondiale, une hausse de la
vapeur d’eau dans l’atmosphère, une fonte du manteau neigeux, un dégel du pergélisol, un recul
du trait de côte, une augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes
météorologiques extrêmes, etc. Certaines de ces manifestations comme la montée du niveau de la
mer pourraient être irréversibles.
Selon le 6ème rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC)
paru en 2021 (Masson-Delmotte et al., 2021), le réchauffement de la température planétaire
excéderait 1,5-2 °C au cours de ce 21ème siècle si des stratégies visant une réduction importante des
émissions de gaz à effet de serre (GES) n’étaient pas mises en œuvre dans les prochaines
décennies ; dans un contexte où les mécanismes naturels d’absorption du carbone seront de moins
en moins efficaces. Les analyses prévoient une variation non homogène des températures et des
précipitations à l’échelle planétaire. Cela pourrait, par exemple, se traduire par une diminution des
précipitations dans les régions subtropicales contre une augmentation au niveau des zones de
hautes latitudes (Figure 5) ; avec, bien entendu, des variations contrastées à l’échelle d’un pays
voire à une échelle spatiale encore plus fine.
1
Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie.
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Figure 4 : Manifestations du changement climatique (source :
[Link]
Figure 5 : Variations simulées des moyennes annuelles de précipitations pour différents niveaux de
réchauffement planétaire (source :
[Link]
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D’ici 2100, en fonction du volume des GES et du niveau de l’augmentation de la température à la
surface de la terre, les différentes caractéristiques du changement climatique vont continuer à
s’accentuer. Les prévisions du GIEC sur l’évolution des précipitations extrêmes, des vagues de
chaleur et des sécheresses sont alarmantes (Figure 5). Toute évolution de la température globale
entraîne une aggravation des manifestations du changement climatique.
Pour en savoir plus :
[Link]
Figure 5 : Changements potentiels dans le système climatique mondial en fonction de l’évolution de
la température globale (source :
[Link]
Le changement climatique touche ou va toucher toutes les régions de la terre bien que l’ampleur
des impacts ne serait pas forcément identique d’une région ou d’une commune à l’autre. Les zones
les plus vulnérables aux effets du changement climatique sont les territoires insulaires et les villes.
Les risques climatiques
Un risque peut être défini comme la possibilité qu’un aléa ou un événement potentiellement
dangereux d’origine naturelle, technologique ou humaine, entraîne des dommages sur des enjeux
humains, économiques, culturels et/ou environnementaux qui y sont exposés. L’importance d’un
risque dépend de la probabilité d’occurrence de l’aléa et de la vulnérabilité des enjeux concernés.
Les risques climatiques désignent les menaces liées à l’augmentation de la température globale
qui affectent ou affecteront directement ou indirectement vos villes. Ces risques, qu’ils soient
d’origine naturelle (épisodes caniculaires, feux de forêt, glissements de terrains, inondations,
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sécheresses, etc.) ou socio-économique (invasions biologiques, conflits, instabilités des marchés,
etc.), sont en constante augmentation.
Figure 6 : Schéma explicatif de la notion de risque d’origine naturelle (source :
[Link]
s--enjeux--risques)
Aléas climatiques d’origine naturelle
Les aléas climatiques d’origine naturelle peuvent être soit des évolutions tendancielles des
variables ou paramètres climatiques ou soit des phénomènes climatiques extrêmes.
Évolutions tendancielles des variables climatiques
Les aléas climatiques peuvent se manifester sous la forme d’une évolution progressive de certains
paramètres ou variables climatiques sur le long terme. Les principaux aléas climatiques de ce type
sont : l’augmentation des températures, la fonte des glaciers, l’élévation du niveau des océans,
modification des régimes de précipitations, les changements dans la circulation des vents, etc.
Phénomènes climatiques extrêmes
Les aléas climatiques peuvent également se traduire par des phénomènes extrêmes qui sont
souvent soudains, de courte durée et intenses comme les précipitations intenses, les tempêtes, les
vagues de chaleur, les sécheresses sévères, les feux de forêts, etc.
Lorsque ces différents aléas climatiques se produisent, ils représentent des risques pour les
écosystèmes, les populations, les activités économiques et les infrastructures en raison des
conséquences dommageables qu’ils sont susceptibles de générer.
Risques climatiques pour l’environnement
Les risques climatiques sont un défi majeur pour l’environnement, perturbant les écosystèmes,
accélérant la perte de biodiversité et exacerbant les phénomènes météorologiques extrêmes.
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Épisodes caniculaires, sécheresses et feux de forêts
L’augmentation de la température de l’air entraîne une évaporation de plus en plus importante de
l’eau ; ce qui, conjugué avec la raréfaction des précipitations, accroît les épisodes caniculaires et les
phénomènes de fortes sécheresses. Les canicules, phénomènes météorologiques caractérisés par
de très fortes chaleurs sur plusieurs jours, peuvent entraîner des conséquences néfastes pour la
santé humaine, notamment chez les personnes vulnérables (enfants, séniors, personnes en
situations de handicap, personnes sans-abris, personnes travaillant en extérieur ce qui est souvent
le cas des employés municipaux, etc.).
Les sécheresses, qui correspondent à des déficits temporaires de la ressource en eau disponible,
engendrent souvent des dommages pour la biodiversité, les écosystèmes aquatiques, l’agriculture,
les activités économiques, les infrastructures (réseaux de transport, barrages hydroélectriques,
infrastructures de distribution d’énergie, etc.).
Les conditions créées par les sécheresses favorisent et alimentent les feux de forêts et de
végétation, qui deviennent de plus en plus spectaculaires et dont les zones d’impact ne cessent de
s’élargir. Selon la FAO, bien que les 400 millions d’hectares d’espaces arborés qui sont brûlés
chaque année2 dans le monde soient en majorité imputables aux activités humaines, les feux de
forêt devraient s’intensifier sous l’effet de vents forts, de températures élevées et de l’air sec
résultant du changement climatique.
Environnement marin : acidification, élévation du niveau et retrait du trait de côte
La dilatation thermique des océans et la fonte des glaciers sous l’effet du réchauffement de la
température globale induisent une élévation du niveau des océans. Selon les prévisions, le niveau
de la mer pourrait s’élever d’en moyenne un mètre à l’horizon 2100. Cette hausse, en augmentant
le risque de submersion marine et d’érosion le long des côtes, pourrait toucher une part
importante de la population mondiale ainsi que leurs activités économiques compte tenu de leur
concentration dans les zones côtières. Le phénomène de retrait du trait de côte ou de submersion
marine touche plusieurs pays insulaires (exemple de l’archipel des Tuvalu) et côtiers dont ceux de
l’Afrique de l’Ouest, entre autres.
Le changement climatique entraîne également de nombreux bouleversements qui modifient la
composition chimique, physique et biologique des environnements marins. Cela se traduit
principalement par une acidification des océans et une modification des courants marins qui
entraînent un blanchiment des récifs coralliens, une mise en danger des espèces ayant du
carbonate de calcium dans leur composition et un changement de la répartition géographique des
espèces ; certaines espèces se développant dans des zones où elles ne pouvaient pas survivre
auparavant. Ces perturbations entraînent des conséquences socio-économiques majeures pour les
régions impactées dans des secteurs comme le tourisme et la pêche.
2
[Link]
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Biodiversité
Le changement climatique engendre une modification progressive de la répartition des zones
climatiques à toutes les échelles, obligeant de nombreuses espèces animales et végétales, dont le
milieu de vie change drastiquement, à s’adapter ou à se déplacer pour survivre. En effet, les
hausses de température perturbent la phénologie ou le cycle de vie des espèces faunistiques et
floristiques, la structure et la disponibilité des habitats, la répartition géographique des espèces,
les processus écosystémiques, etc. Plus concrètement, les observations pour les espèces végétales
comprennent une précocité du bourgeonnement, de la floraison ou de la maturation des fruits
ainsi que des chutes tardives des feuilles annuelles dans certaines régions. En ce qui concerne les
espèces animales, les impacts observés portent sur la capacité à se nourrir et à se reproduire
provoquant des altérations des caractéristiques de certaines espèces (par exemple, les œufs de
tortue ne produisent que des femelles lorsque la température ambiante dépasse 31°C), un déclin
des populations ou l’élargissement des espèces thermophiles. Ces perturbations sont susceptibles
de favoriser la prolifération d’espèces nuisibles et envahissantes en dehors de leurs habitats
ordinaires avec pour conséquences des déséquilibres dans les écosystèmes. Elles peuvent aussi
affecter la capacité des écosystèmes à fournir des services essentiels comme la régulation du
climat, la protection contre les inondations ou l’érosion, les produits alimentaires, etc.
Sols
Le changement climatique constitue une menace pour la capacité des sols à assurer leurs fonctions
essentielles telles que la production agricole ou l’infiltration de l’eau pour la recharge des nappes
en raison des impacts sur la qualité et la stabilité de ceux-ci. Des températures de plus en plus
élevées et une raréfaction des précipitations provoquent un assèchement des sols qui deviennent
moins aptes à stocker l’eau ou à soutenir la végétation. Dans les cas extrêmes, cela peut aboutir à
une désertification du territoire. Les épisodes pluvieux intenses accroissent l’érosion des sols en
pente mis à nu par l’absence de végétation détruite par les fortes températures voire les
glissements de terrain et favorisent la pollution des cours d’eau par les sédiments transportés.
L’alternance des sécheresses et inondations fréquentes et intenses entraîne une baisse de la
teneur en matière organique des sols ainsi qu’une dégradation de leur structure, affectant leur
fertilité. De plus, la montée du niveau des océans entraîne une intrusion d’eau salée dans les sols
dans les zones côtières et détériore la qualité des sols en augmentant leur niveau de salinité.
Ressource en eau
Les effets du changement climatique perturbent le cycle de l’eau et affectent la disponibilité, la
qualité et la gestion des ressources hydriques entraînant des conséquences néfastes sur les usages
de l’eau. En effet, l’augmentation de la température associées à la réduction des précipitations
contribue à la réduction des quantités d’eau douce disponible dans les nappes phréatiques et
cours d’eau. Le stress hydrique et les déficits qui en résultent entraînent des tensions et des
conflits d’usage. En revanche, des inondations peuvent survenir en cas d’excès de précipitations,
lorsque les sols sont saturés d’eau limitant l’infiltration de l’eau et augmentant le ruissellement. De
plus, les fortes pluies contribuent à la dégradation de la qualité de l’eau en transportant des
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sédiments et des polluants (métaux lourds, microplastiques, pesticides, etc.) dans les cours d’eau
tandis que les sécheresses favorisent l’eutrophisation de ces derniers à travers la prolifération
d’algues toxiques. La fréquence et l’alternance des phénomènes hydro-climatiques intenses
peuvent fragiliser les infrastructures de gestion de la ressource de l’eau.
Risques climatiques pour les activités socio-économiques
Le changement climatique impacte également les systèmes socio-économiques humains. Les effets
du changement climatique peuvent influer sur la santé, les activités économiques, l’agriculture, les
infrastructures, le tourisme et le patrimoine culturel, etc. Les impacts sur quelques secteurs sont
présentés ci-après.
Santé
Le changement climatique entraîne des conséquences majeures sur la santé humaine, exacerbant
les risques sanitaires, particulièrement chez les populations vulnérables (personnes âgées, enfants,
femmes, personnes en situation de handicap, etc.), à travers plusieurs mécanismes. La fréquence
des vagues de chaleur intensifie le risque de déshydratation, de coups de chaleur et de maladies
cardiovasculaires. Des températures plus élevées peuvent accroître la mortalité (Figure 7). Les
phénomènes climatiques extrêmes, notamment ceux liés à l’eau, favorisent la propagation des
maladies infectieuses hydriques et/ou vectorielles (paludisme, dengue, diarrhée, choléra, fièvre
typhoïde, etc.) en raison de l’élargissement des habitats des vecteurs pathogènes tandis que la
dégradation de la qualité de l’air aggrave les maladies respiratoires (bronchopneumopathies
chroniques, asthme, etc.). L’insécurité alimentaire et la raréfaction de l’eau potable augmentent le
risque de malnutrition. Face aux différents défis climatiques, les populations sont également
soumises à la hausse de problèmes de santé mentale. Enfin, l’augmentation des cas de maladies
induites par les effets du changement climatique entraîne une pression supplémentaire sur les
infrastructures de santé.
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Figure 7 : Evolution de la mortalité induite par la chaleur (source :
[Link]
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Agriculture
Les effets du changement climatique affectent profondément l’agriculture car ils modifient les
conditions de production, ce qui augmente les risques d’insécurité alimentaire. En effet, la hausse
des températures et la modification des régimes de pluviométrie favorisent des sécheresses plus
intenses et plus fréquentes et réduisent la quantité d’eau disponible pour les activités agricoles et
par conséquent les rendements des cultures. A l’inverse, les pluies intenses dégradent la qualité
des sols et favorisent l’érosion hydrique et/ou éolienne, compromettant leur fertilité à long terme.
De plus, la hausse des températures, en modifiant les habitats, influence la répartition des
ravageurs et des maladies susceptibles d’affecter les cultures et le bétail. Certaines espèces
végétales et animales deviennent moins adaptées aux nouvelles conditions climatiques, obligeant
les exploitants agricoles à diversifier leurs productions ou à adopter des espèces
thermorésistantes. L’élévation du niveau des océans entraîne également une intrusion d’eau salée
dans les terres agricoles limitant ainsi leur productivité. Enfin, l’acidification des océans réduit la
quantité de ressources halieutiques perturbant l’approvisionnement en denrées alimentaires
provenant de la pêche.
Les impacts du changement climatique non seulement affectent la disponibilité des denrées
alimentaires et donc la sécurité alimentaire, mais aussi la stabilité des revenus agricoles et des
moyens de subsistance des populations.
Infrastructures et activités économiques
Le changement climatique affecte les activités économiques en fragilisant ou détruisant les
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infrastructures (transport, assainissement et eau, énergie, etc.) et en augmentant les coûts liés aux
catastrophes climatiques (réparations, perturbations des chaînes d’approvisionnement et des
activités, pertes de productivité, etc.). A titre d’exemple, les chaleurs extrêmes peuvent provoquer
une déformation et une détérioration accélérée des matériaux fragilisant ainsi les routes, rails,
canalisations d’eau, réseaux de télécommunication, bâtiments, etc. Les phénomènes climatiques
extrêmes accentuent la destruction des infrastructures perturbant les services essentiels et les
activités économiques.
Tourisme
Le changement climatique peut avoir un impact significatif sur les régions fortement dépendantes
du tourisme en modifiant les conditions environnementales avec pour conséquences une
modification de leur attractivité et un risque pour les revenus des acteurs du secteur. La
dégradation des écosystèmes et la perte de biodiversité entraînent une migration ou une
disparition d’espèces animales et végétales réduisant l’attractivité des destinations. Par exemple, la
déforestation, la désertification et le blanchiment des récifs coralliens ont un impact direct sur les
activités d’écotourisme. La réduction de l’attractivité des sites touristiques peut entraîner une
fermeture temporaire ou définitive d’infrastructures touristiques et une précarité économique.
Cette dernière peut favoriser dans certaines régions des pratiques telles que le braconnage ou la
chasse illégale qui contribue à accélérer la dégradation des écosystèmes réduisant davantage
l’attrait touristique de ces régions.
Les moyens de lutte contre le changement climatique : atténuation et adaptation
La lutte contre le changement climatique s’appuie sur deux stratégies complémentaires voire
interconnectées (Figure 8) : l’atténuation qui vise à freiner le réchauffement global en réduisant les
émissions de gaz à effet de serre à la source et l’adaptation dont l’objectif est de minimiser les
impacts inévitables du changement climatique. Les mesures d’atténuation comprennent, entre
autres, la promotion des sources d’énergie renouvelables au détriment des combustibles fossiles,
l’amélioration de l’efficacité énergétique, le développement des modes de transport durables, la
protection des forêts, etc. Les stratégies d’adaptation, quant à elles, incluent entre autres, le
renforcement de la résilience des infrastructures, l’amélioration des systèmes d’alerte précoce, la
préservation des ressources naturelles, etc.
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Figure 8 : Complémentarité entre atténuation et adaptation (source :
[Link]
Conclusion
Ce module a permis de prendre conscience de l’ampleur des défis posés par les risques climatiques
à l’échelle de vos communes. En effet, les risques climatiques représentent un défi majeur pour les
territoires, affectant les populations, activités économiques, infrastructures et écosystèmes. Face
aux menaces croissantes liées à l’aggravation du phénomène de changement climatique induit par
l’activité anthropique, il est essentiel de mettre en œuvre des mesures de réduction des gaz à effet
de serre émis par les différentes activités réalisées sur vos territoires. De plus, l’anticipation des
risques climatiques et l’adaptation des différents composants de vos territoires sont essentielles
pour réduire la vulnérabilité et renforcer la résilience des communautés. Les décideurs,
notamment les maires et élus locaux, jouent un rôle clé dans la mise en œuvre de stratégies
efficaces en raison de leur responsabilité dans la protection de leurs concitoyens. En intégrant les
enjeux liés aux risques climatiques dans la planification territoriale et en sensibilisant les
différentes parties prenantes, il est possible de limiter les impacts du changement climatique et
d’assurer un développement plus résilient des villes.
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Ressources
Références
Masson-Delmotte, V. et al. (2021). Climate Change 2021 The Physical Science Basis – Summary for
policymakers. Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), 31 p.
Unité de soutien technique du Groupe de travail 1 (TSU du GTI) (2021). Changement climatique
2021 : Résumé pour tous. Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC),
16 p.
Webographie
[Link]
[Link]
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Chiffres clés du climat 2023 ([Link])
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
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[Link]
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