Via Docta 3D Histoire Chap 8’ - Décolo / Congo
Deuxième partie - Le monde de la seconde guerre mondiale à nos jours
Chapitre 8’ - La Décolonisation
Congo belge
Cours de
M. Smets ed. 2016
Revu et actualisé par
M Vanden Abeele ed. 2021
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Chapitre 6’’ - Décolonisation Congo belge
1. L’établissement de la colonie
Au milieu du 19e siècle, le centre de l’Afrique est encore mystérieux. Il est habité par des peuplades sauvages
et il y règne un climat torride. Y entrer est considéré comme étant dangereux : les géographes n’ont-ils pas
mentionné sur la partie restée blanche de la carte d’Afrique « Ici vivent les lions » !
1.1 Léopold II et Stanley
Léopold II, à l’instar d’autres hommes d’Etat européens, regarde avec beaucoup d’intérêt vers ce mystérieux
« continent noir ».
Alors que Léopold II réfléchit et élabore des plans, un certain Henry Stanley, journaliste américain d’origine
anglaise, part à la recherche d’un missionnaire anglais David Livingstone dont on était sans nouvelles depuis
qu’il était parti explorer le cours supérieur du fleuve Congo. En 1871, après plus de 8 mois de caravane et
d’aventures périlleuses, la mission est accomplie, les deux hommes se présentent l’un à l’autre et voyagent
ensemble pendant 28 jours.
Léopold II trouve dans les articles de Stanley la confirmation de ses aspirations colonisatrices et estime qu’il
est temps de mettre ses projets à exécution.
Au retour de Stanley d’une nouvelle expédition en Afrique, Léopold II l’invite à rejoindre l’AIA. Stanley,
préférant chercher des appuis dans les milieux commerciaux et politiques britanniques, refuse l’offre du roi.
Toutefois, après 6 mois de démarches vaines en Angleterre où il ne rencontre que scepticisme et méfiance, il
se résout à reprendre contact avec le palais royal de Bruxelles. Il signe 2 contrats :
Un contrat de 5 ans avec le roi
Un contrat de 2 ans avec un organisme nouveau, exclusivement belge, le Comité d’Etudes du Haut-
Congo. De 1879 à 1884, Stanley, aidé d’un groupe de pionniers parmi lesquels figurent de nombreux
Belges, va explorer méthodiquement la région du Congo inférieur.
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1.2 Des Résultats satisfaisants.
En 1882, Léopold II juge le moment venu de prendre position au point de vue politique. Il substitue au
Comité d’Etudes du Haut-Congo une Association Internationale du Congo (AIC) dont il est le dirigeant et
sous le couvert de laquelle il peut plus facilement accepter le bénéfice des traités conclus avec les chefs
locaux. Il cherche ensuite à faire reconnaître ses droits par les puissances étrangères. Son calcul
diplomatique est habile !
L’existence du Congo est donc largement admise lorsque débute, le 15 novembre 1884, la grande
Conférence de Berlin convoquée à l’initiative du chancelier Bismarck et à laquelle assistent les délégués de
14 Etats. Elle a pour objectif de s’occuper du partage de l’Afrique centrale au profit des nations
européennes.
1.2.1 L’acte de Berlin
Il ne précise cependant pas les frontières du nouvel Etat indépendant. Il convient donc de hâter la
reconnaissance des affluents du fleuve Congo et de conquérir rapidement le territoire le plus grand possible.
La délimitation des frontières fait l’objet de missions exploratoires difficiles et de négociations parfois
épineuses. Encore une fois, le roi manœuvre de sorte à éveiller les suspicions des grandes puissances les unes
envers les autres et à leur faire préférer, par la suite, des solutions « léopoldiennes ». Les frontières
définitives de l’Etat du Congo sont finalement fixées :
Le Congo, situé à 5.000 km de la métropole, s’inscrit ainsi dans un « carré » de 2.050 km du Nord au Sud et
de 1.930 km d’Est en Ouest couvrant 2.380.000 km2, soit une superficie 80 fois supérieure à celle de la
Belgique, peuplé de 10 à 15 millions d’habitants.
1.3 Léopold souverain au Congo
A l’époque, la Belgique n’a aucune responsabilité dans l’Etat du Congo. Le roi Léopold II, aux droits limités
par la Constitution en Belgique, devient, paradoxalement, un monarque absolu au Congo. Il peut y mener
une politique congolaise en toute indépendance.
Le souverain se met immédiatement à l’œuvre et peut compter sur la collaboration de beaucoup de Belges
pour l’assister dans l’administration de ce grand territoire.
En 1889, Léopold II fait un testament léguant le Congo à la Belgique. Mais comme en Belgique rien n’est
jamais simple, ce legs nécessite une révision de la Constitution.
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Des « Fondations de la Couronne » sont créées. Leurs revenus vont permettre la création du musée de
Tervuren ainsi que l’accomplissement d’une série de travaux d’utilité publique de caractère somptuaire, au
Congo et en Belgique.
Les indigènes sont tenus, par un système de corvées, à fournir d’importantes quantités de caoutchouc
et de défenses d’éléphants
Des agents locaux trop zélés, des chefs indigènes cupides punissent les réfractaires par des incendies
de villages, des captures d’otages et des châtiments corporels.
La campagne de dénigrement ne tarda pas à compromettre gravement la situation diplomatique de
l’Etat Indépendant du Congo. Pour sauver l’œuvre du roi, les Chambres votent la reprise du Congo
par la Belgique
Le 20 août 1908 et, le 15 novembre l’annexion est opérée de manière solennelle.
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2 L'Héritage pour la Belgique
La Belgique hérite donc d’une colonie où elle devra redresser une situation chaotique en supprimant:
le régime domanial
le travail forcé
la Fondation de la Couronne
Elle administre la colonie de manière classique.
2.1 En Belgique
Le ministère est augmenté d’un département des Colonies
Un Conseil colonial est composé de 14 membres. Une charte coloniale spécifie que le Conseil
colonial déposera ses projets de loi sur le bureau de la Chambre. S’ils ne provoquent pas
d’observations, ils acquièrent force de loi au bout d’un certain temps.
Le pouvoir législatif est dévolu au Roi : sur proposition du Ministre des Colonies, il prend les
décrets.
Le Parlement belge vote le budget et contrôle les adjudications des travaux publics.
Le pouvoir exécutif est exercé par : Le roi
Le Ministre des Colonies
Le gouverneur général qui séjourne au Congo
Le pouvoir judiciaire appartient aux tribunaux et cours d’appel composés uniquement de Blancs. Des
tribunaux indigènes jugent les infractions légères et les contestations survenues entre les Noirs.
2.2 Au Congo
Le gouvernement local comprend :
Un gouverneur général
Des gouverneurs de vastes provinces
Des commissaires généraux
Des commissaires de district
Des administrateurs territoriaux
Des agents
2.3 La population indigène
Elle conserve ses chefs qui veillent au respect des coutumes locales et au droit de libre récolte.
Le nouveau régime mis en place améliore considérablement les conditions de travail des Noirs et
met fin aux campagnes de presse.
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2.4 Les Agents de l’œuvre civilisatrice
Les hommes chargés de civiliser le centre de l’Afrique appartiennent à 3 catégories :
les officiers
les fonctionnaires et les médecins
les missionnaires
En vue de lier étroitement le Congo à la vie économique du royaume, la Belgique et d’importantes sociétés
capitalistes vont y investir d’importants capitaux.
2.4 L’infrastructure
Elle est surtout l’affaire de l’Etat belge qui va financer, dans une large mesure, les travaux d’infrastructure
qui s’imposent.
2.4.1 Les voies navigables
Le fleuve Congo et ses grands affluents forment un ensemble de voies navigables de plus de 12.000 km. Très
tôt, ces voies sont sillonnées de steamers rapides (bateaux à vapeur). De Léopoldville à Stanleyville, le bief
navigable du fleuve forme un arc de cercle de 1.730 km
Mais le fleuve comprend également des secteurs impropres à la navigation séparant les longs biefs
navigables. Il a donc été nécessaire de suppléer à ces déficiences afin de relier les différentes régions
productrices séparées par d’immenses régions de forêts désertiques. Ce sera l’œuvre du chemin de fer.
2.4.2 Le réseau ferroviaire
Lorsque les pionniers coloniaux devaient remonter l’estuaire du fleuve Congo, ils arrivaient devant la
barrière côtière des Monts de Cristal. Afin de relier Matadi à Léopoldville, un chemin de fer de 400 km fut
construit et inauguré en 1898. Sa mise en œuvre avait duré 8 ans et s’était effectuée sous des conditions
climatiques intenses, à une époque où les notions de l’hygiène coloniale n’avaient pas encore été identifiées.
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Les travaux coûtèrent la vie à 132 européens et à 1.800 indigènes.
Afin de contourner l’obstacle des Stanley Falls (une suite de 78 cataractes se succédant sur près de 100 km),
une voie ferrée réunit Stanleyville à Ponthierville par une ligne de 125 km construite en 1906 et 1908.
2.4.3 Les routes
La naissance progressive de grands centres de peuplement exige la construction de routes et l’achèvement de
communications interrégionales aisées pour amener de la nourriture au peuple indigène : maïs, manioc,
patates douces, etc.
2.5 Les richesses naturelles
La colonie cessa bientôt d’être considérée seulement comme utile pour la production de l’ivoire et du
caoutchouc. D’ailleurs, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, la production du caoutchouc avait déjà
considérablement diminué.
2.5.1 L’agriculture
Dès la fin du 19e siècle, l’espoir naît de multiplier, dans les savanes et les forêts, de vastes cultures
rémunératrices :
Léopold II crée une station de domestication des éléphants d’Afrique
On encourage les indigènes pour la culture et l’élevage
La culture de la noix de palme, la production de l’huile de palme et l’exploitation des bois précieux sont
bénéfiques à l’exportation
Après de longs et pénibles efforts, la production du sucre et du café sont devenues très rentables
2.5.2 Les mines
Lorsque les prospections font connaître les ressources du sous-sol de la colonie, sa richesse prodigieuse ne
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fait aucun doute. Pour les exploiter, Léopold II fonde 3 sociétés très puissantes :
L’Union Minière du Haut-Katanga dont la mission principale est d’assurer la mise en valeur des
richesses du sol et du sous-sol katangais
La Compagnie des Chemins de Fer du Bas-Congo au Katanga (BCK)
La Société Forestière et Minière du Congo (la Forminière) qui exploite principalement le diamant,
les mines d’or et d’argent.
2.5.3 L’importance du Katanga
Dès le départ, le Katanga prend un développement remarquable et son chef-lieu Elisabethville, situé à 1.300
m d’altitude, dépasse en importance la plupart des villes de l’Afrique centrale.
Le Katanga est le quatrième centre de production mondiale du cuivre. Jadotville, au Nord-Ouest
d’Elisabethville, devient la « capitale du cuivre ».
On découvre au Katanga des quantités de minerais radioactifs (cobalt et minerai uranifère), ce qui permet
d’estimer que le Congo possède le quart des réserves mondiales d’uranium
Toutes les usines de la région sont alimentées en énergie par les chutes de la Lufira, captées par la puissante
centrale hydro-électrique de la Sogefor.
2.5.4 Extension du réseau ferroviaire
Le problème du transport des produits miniers du Katanga transforme la carte du Congo.
En 1928, un long tronçon de plus de 1.000 km rattache Elisabethville à Port-Francqui (Moyen Kasaï)
Depuis 1931, une voie part de Tenke (entre Jadotville et Bukama) et se dirige vers l’Ouest, entre
dans la colonie portugaise de l’Angola et aboutit finalement à l’océan Atlantique
Au Sud, le Katanga se rattache aux lignes de la Rhodésie et du Cap.
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3. L’Indépendance
Jusqu’en 1958, le calme règne dans la colonie belge en pleine expansion économique. Mais soudain, un
mouvement nationaliste émerge et ne tarde pas à se radicaliser : le Mouvement National Congolais, dirigé
par Patrice Lumumba, réclame la libération du peuple congolais. A l’instar de ce qui se passe dans plusieurs
pays africains, l’indépendance commence à être revendiquée de toutes parts.
3.1 En 1959
L’agitation gagne toutes les couches de la population :
En janvier, de violentes émeutes éclatent à Léopoldville. Ecoles, missions et magasins sont saccagés ;
l’intervention des forces de l’ordre fait 200 victimes africaines
Au cours des mois suivants, les partis politiques qui se sont créés entre-temps, exigent l’indépendance
immédiate
Dans le Bas-Congo, la population se rallie à la seule autorité d’un chef de parti, Joseph Kasavubu.
Réagissant dans le prolongement des émeutes de janvier, le roi Baudouin proclame la volonté de la
Belgique de « conduire la population congolaise à l’indépendance ».
De son côté, le gouvernement belge entend éviter d’alimenter le conflit et décide d’accélérer la marche vers
l’indépendance en concertation avec les Congolais.
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3.2 En janvier 1960
Une conférence belgo-congolaise dite de la Table Ronde s’ouvre à Bruxelles. Elle fixe au 30 juin suivant
l’accession à l’indépendance. Malgré le délai extrêmement serré, le calendrier est respecté. Les Chambres,
élues en mai, désignent :
Joseph Kasavubu comme chef de l’Etat
Patrice Lumumba comme Premier Ministre.
3.3 Proclamation de l’indépendance
L’indépendance est proclamée à Léopoldville le 30 juin 1960. Le roi Baudouin, dans son discours, dresse un
bilan positif de l’œuvre belge au Congo. Dans la foulée du discours royal et bousculant le protocole, Patrice
Lumumba se lance dans un violent réquisitoire où il s’étend sur les nombreuses souffrances que les Belges
ont inculquées aux Congolais.
Mais le chaos ne tarde pas à s’installer dans la jeune République du Congo :
Quelques jours après l’indépendance, de violents incidents éclatent et la Belgique doit évacuer ses
ressortissants.
De son côté, la province du Katanga fait sécession le 11 juillet 1960 sous la direction de Moïse Tshombé.
Profitant des désordres, le chef de l’armée, le colonel Joseph Mobutu s’empare du pouvoir en septembre
Lumumba est arrêté, emmené au Katanga où il sera exécuté en janvier 1961.
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Questionnaire - Congo belge
1. Rédiger un texte de 200 mots qui explique la formation de la colonie du Congo belge.
2. Donner 5 caractéristiques de l’administration du Congo sous Léopold II
3. Citer les pouvoirs de la population indigène et des agents de l’œuvre
4. civilisatrice.
5. Citer est expliquer les richesses du Congo.
6. Expliquer pourquoi en 1959 l’agitation gagne les couches populaires indigènes.
7. Qui sont Kazavubu, Lumumba, Baudouin 1er et Mobutu ?
Complément cinématographique
« La Légion saute du Kolwesi » Raoul. Coutard
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