MP2 DS 5 Physique
La durée est de 4 heures.
Les calculatrices sont autorisées.
On rappelle les relations de passage entre deux milieux, ~n12 étant un vecteur unitaire orthogonal à l’interface
dirigé du milieu 1 vers le milieu 2 :
σ
~n12 .(E~2 − E~1 ) =
ε0
~n12 .(B~2 − B~1 ) = 0
~n12 ∧ (E~2 − E~1 ) = 0
~n12 ∧ (B~2 − B~1 ) = µ0~js
Problème 1 Four à induction
Distributions orthoradiales de courant électrique
On cherche à déterminer le champ magnétique créé par diverses distributions orthoradiales de courant électrique
continu circulant dans un cylindre de rayon a et de hauteur H.
On suppose que a est très petit devant H(a << H) ; de ce fait :
- on négligera les effets de bords ( ce qui revient à considérer le cylindre comme illimité dans la direction Z).
- le champ magnétique B ~ ext à l’extérieur du cylindre est nul.
On utilisera les coordonnées cylindriques (r, θ, z) et la base (~ur , ~uθ , ~uz ).
Dans toute la suite, on considérera que les propriétés électromagnétiques de l’air sont identiques à celles du vide
(perméabilité µ0 ).
Distribution volumique orthoradiale de courants : Le courant électrique circule dans le cylindre ; la densité de
courant volumique en un point M (r, θ, z) intérieur au cylindre est : ~j1 = α.r.~uθ ; elle n’est donc pas uniforme. Cette
distribution crée, au point M , le champ magnétique B ~ 1.
~ 1 et la (ou les) coordonnée(s) dont dépend la valeur algébrique B1 de ce champ.
1. Déterminer la direction de B
2. En utilisant le théorème d’Ampère, déterminer B1 en fonction de α, r et des données, pour tout r inférieur
ou égal au rayon a.
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Distribution surfacique orthoradiale de courants : A présent, le courant électrique ne circule que sur la surface
latérale du cylindre, l’intérieur étant « vide ». II est caractérisé par le vecteur densité de courant surfacique ~js = js ~uθ ,
js étant uniforme et constant. Cette distribution crée, à l’intérieur, le champ B ~ 0.
~ 0 = B0 ~uz satisfait aux équations de Maxwell à l’intérieur du cylindre.
3. Montrer qu’un champ uniforme B
~ 0 ( rappelons que
4. En utilisant les relations de passage rappelées en préambule, déterminer l’expression de B
~ ext est nul).
B
Si besoin, on donne ci-dessous les expressions des opérateurs divergence et rotationnel en coordonnées cylin-
driques :
1 ∂ (rAr ) 1 ∂ (Aθ ) ∂ (Az )
~=
div A + +
r ∂r r ∂θ ∂z
−→ ~ 1 ∂Az ∂Aθ ∂Ar ∂Az 1 ∂ (rAθ ) ∂Ar
rotA = − ~er + − ~eθ + − ~ez
r ∂θ ∂z ∂z ∂r r ∂r ∂θ
Four à induction
II est constitué d’une bobine cylindrique formée de N spires régulièrement espacées, de rayon a, réparties sur
une couche de hauteur H noyée dans une matrice réfractaire. Un courant électrique d’intensité i = Im cos(ωt) circule
dans chaque spire. On se place dans le cadre d’un régime électromagnétique quasi stationnaire : les expressions des
champs trouvées précédemment restent valables.
Champ magnétique à l’intérieur du four "vide" : On assimile cette distribution de courant formée par les N
spires à une distribution surfacique orthoradiale de courant, de densité surfacique ~js = js ~u0 , js étant uniforme.
5. Evaluer js en fonction de i, N et H
~ 0 à l’intérieur.
6. Déterminer le champ magnétique B
7. On met sa valeur algébrique sous la forme Bo = KIm cos(ωt). Donner l’expression de K.
Champ électromagnétique du four "chargé" : L’intérieur de la bobine est complètement rempli du matériau à
fondre. Dans la suite, on fera les hypothèses suivantes :
- Ce matériau est conducteur électrique : il obéit localement à la loi d’Ohm avec la conductivité électrique γ.
- On est en régime électromagnétique quasi stationnaire.
- On néglige le champ magnétique crée par les courants induits, de sorte que le champ magnétique dans le
matériau vaut B~ 0 (avec Bo = [Link] · cos(ωt) trouvé précédemment).
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8. On cherche le champ électrique induit en un point M du matériau à la distance r de l’axe de la bobine sous
~ 1 = E1 (r, t)~uθ . A l’aide de la loi de Faraday sous forme locale ou intégrale), trouver E1 (r, t).
la forme E
9. Rappeler la loi d’Ohm locale et en déduire l’expression de la densité volumique de courant induit ~j1 au point M .
Puissance transférée :
10. Donner l’expression de la puissance volumique locale Pv cédée par le champ électrique aux porteurs de charge.
11. Evaluer la puissance instantanée totale transférée au matériau conducteur contenu dans le four.
[Link] déduire la puissance moyenne P ( on donnera l’expression en fonction des données et du volume V occupé
par le matériau ).
13. On évalue les fuites énergétiques par rayonnement à η = 15% de l’énergie requise pour la fusion. Déterminer
littéralement puis calculer numériquement la durée tf de cette fusion ; on donne :
- f = 4000 Hz; Im = 150 A; K = 10−5 T.A−1 ; a = 15 cm; γ = 1, 6.106 S/m ;
- l’enthalpie massique de fusion du matériau est ∆fus h = 350 kJ/kg ;
- Au départ, le matériau est solide à la température de fusion ; sa masse est M = 80 kg et il occupe un volume
V = 0, 03 m3 supposé quasi invariant pendant toute la fusion.
Problème 2 Supraconductivité
En 1911, Heike Kamerlingh Onnes, physicien néerlandais, et son équipe ont montré que la résistance électrique
du mercure devient rigoureusement nulle en-dessous d’une certaine température, appelée température critique TC .
On parle alors de supraconducteur. Ces travaux lui valurent le prix Nobel de physique en 1913.
Ces derniers ont une température critique qui varie en fonction leurs propriétés. On donne ci-desous quelques
valeurs de températures critiques de certains matériaux supraconducteurs.
Al Ag Pb LaFeAs YBa2 Cu3 O6
TC (K) 1 4,2 7,2 55 92
Effet Meissner
Lorsqu’un matériau supraconducteur est soumis à un champ magnétique uniforme, le supraconducteur expulse
les lignes de champ magnétique. On parle d’effet Meissner
On se propose de réaliser une expérience mettant en évidence ce phénomène. On pose un aimant permanent sur
un matériau supraconducteur. On fait alors baigner le supraconducteur dans du diazote liquide pour abaisser sa
température en dessous de sa température critique. Il devient alors supraconducteur et se met à rejeter les lignes
de champ magnétique de l’aimant : le champ magnétique à l’intérieur du supraconducteur devient nul et l’aimant
se met alors à léviter.
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D’un point de vue microscopique, le supraconducteur crée des courants électriques qui s’opposent complètement
à ce champ magnétique.
1. D’une manière générale, dans quelles conditions peut-on observer un phénomène d’induction ? La situation
décrite ci-dessus évoque-t-elle à priori un phénomène d’induction ?
L’effet Meissner ne peut pas être décrit en utilisant la théorie électromagnétique classique. Cependant, d’un
point de vue purement électrique, le supraconducteur présente une résistance électrique rigoureusement nulle et
ressemble donc à un conducteur électrique parfait.
3. Qu’appelle-t-on conducteur parfait ? Que peut-on en déduire sur le champ électrique en son sein ?
~ à l’intérieur du conducteur
4. À partir d’une des équations de Maxwell, en déduire que le champ magnétique B
parfait est forcément un champ stationnaire.
On se propose de modéliser le supraconducteur par une boucle de courant circulaire de rayon R, parcourue par
un courant d’intensité I. On veut estimer l’ordre de grandeur de l’intensité I nécessaire pour faire léviter l’aimant
(figure ci-dessus).
5. Donner l’expression du moment magnétique µ
~ de la boucle de courant.
~ la boucle de courant va subir une force :
En présence d’un champ magnétique B,
−−→
F~ = grad(~ ~
µ · B)
L’aimant permanent possède un moment magnétique M1 = 10 A · m2 . On donne l’expression du champ magné-
~ à une distance −
tique créé par un moment magnétique M
−→
OM = r~er de son centre :
~ r) = µ0 3 (m
h i
B(~ ~ · ~
e r ) ~
e r − ~
M
4πr3
6. Exprimer l’ordre de grandeur du champ magnétique créé par l’aimant ressenti au niveau du supraconducteur.
7. Estimer par un raisonnement simple l’ordre de grandeur de l’intensité I nécessaire pour observer la lévitation
à une hauteur d’une hauteur h ' 1cm de l’aimant. On prendra une masse de 40 g pour l’aimant permanent.
Champ magnétique dans le supraconducteur
Les frères London (1935) ont postulé que les électrons dans un supraconducteur ne suivent pas les mêmes lois que
ceux du conducteur [Link] montrèrent que la densité volumique de courant ~j dans le supraconducteur s’écrit
−→ ~ ~ avec λ = m
rot(j) = − µ01λ2 B µ0 ne2 où m est la masse de l’électron, n la densité d’électrons supraconducteurs, e la
charge de l’électron et µ0 la perméabilité magnétique du vide.
8. Montrer que λ est homogène à une longueur.
9. Déterminer la valeur numérique de λ pour n = 1029 m−3 .
Dans toute la suite de cette partie, on se place en régime permanent.
~ dans le supraconducteur s’écrit
10. Montrer que l’équation différentielle vérifiée par le champ magnétique B
alors :
~
~B
∆ ~ = B
λ2
On s’intéresse maintenant à un supraconducteur d’épaisseur 2d selon la direction (Ox) et infini selon (Oy) et (Oz).
On choisit l’origine du repère orthonormé direct (Oxyz) au milieu de plaque. La face supérieure (respectivement
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inférieure) se situe en x = d (respectivement x = −d ). Cette plaque est plongée dans un champ magnétique qui,
~ ext = Bext~ez . On supposera que le champ magnétique est
en l’absence de plaque, est statique et uniforme tel que B
continu au niveau de chaque interface x = d. Le système est représenté ci-dessous (figure 3 ).
~ = B(x)~ez .
11. Montrer que le champ magnétique dans le supraconducteur est de la forme B
12. Etablir que :
ch(α)
B(x) = Bext ,
ch(β)
avec α et β des expressions à déterminer en fonction de x, d et λ.
13. Citer un autre phénomène électromagnétique décrit par une équation formellement équivalente. En déduire
la signification physique de λ.
14. Tracer l’allure de B(x) pour d = λ et d = 50λ. En déduire à quelle condition sur d le champ magnétique
moyen peut être considéré comme nul à l’intérieur du supraconducteur (effet Meissner).
Données :
- Masse d’un électron : m = 9, 1 × 10−31 kg ;
- Charge élémentaire : e = 1, 6 × 10−19 C ;
- Perméabilité magnétique du vide : µ0 = 4π × 10−7 H−1 m−1 ;
Problème 3 Ondes électromagnétiques
Ce problème étudie quelques aspects de la physique des guides d’onde. On ne s’intéresse qu’à la partie non
statique du champ électromagnétique.
Données numériques :
Permittivité du vide ε0 = 8, 8.10−12 SI
Perméabilité du vide µ0 = 4π · 10−7 SI
Vitesse de la lumière dans le vide c = 3, 0.108 m · s−1
−→ −→ ~ −−→ ~ − ∆A
~
Formule d’analyse vectorielle : rot(rotA) = grad(div A)
Propagation d’une onde électromagnétique dans le vide
1. Rappeler les équations de Maxwell. En utilisant les théorèmes de Stokes et d’Ostrogradski, retrouver les
formes intégrales associées. Dégager alors le sens physique des équations.
2. On se place dans le vide dans la suite de cette partie. Déduire des équations de Maxwell l’équation de propa-
gation du champ E.~
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3. On considère une onde électromagnétique monochromatique plane progressive. Retrouver la relation entre les
champs électrique et magnétique associés à l’onde.
4. On note ~π , le vecteur de Poynting associé à l’onde électromagnétique et w la densité d’énergie électroma-
gnétique associée à cette onde. Rappeler les expressions de ces grandeurs en fonction des champs électrique et
magnétique ainsi que des constantes physiques. Quelle est la dimension physique de ~π ?
5. Ecrire la forme intégrale de la conservation de l’énergie et en déduire la forme locale.
Polarisation
~ et E
6. Donner, dans la base orthonormale {~ex , ~ey , ~ez }, les expressions complexes des champs électriques E ~ ,
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associés aux ondes polarisées suivantes :
- le champ E 1 se propage suivant l’axe z et fait un angle de 45◦ avec l’axe x.
- le champ E 2 se propage suivant l’axe z avec une polarisation circulaire gauche (les deux conventions sont
acceptées, préciser sur un schéma).
7. Soit trois polariseurs P1 , P2 et P3 sur le trajet d’un faisceau de lumière incidente d’intensité I0 issu d’une source
de lumière naturelle. Les axes de polarisation de P1 et P3 étant respectivement horizontal et vertical, déterminer
en fonction de I0 l’expression de l’intensité émergente I3 de P3 dans les cas suivants :
- P2 a son axe de polarisation vertical
- P2 a son axe de polarisation orienté de 45◦ avec la verticale
- P2 a son axe de polarisation horizontal
Onde guidée entre deux plans conducteurs parfaits
Dans cette partie, l’espace est muni d’un repère orthonormé direct (Oxyz) associé à la base {~ex , ~ey , ~ez }. On
considère deux plans métalliques parfaits supposés infinis d’équations y = 0 et y = a. De façon à éviter des pertes
par rayonnement on cherche à faire se propager selon la direction (Ox) une onde monochromatique progressive (mais
pas plane) de pulsation ω, polarisée rectilignement selon (Oz). Le métal considéré dans cette partie est parfait ce
qui impose un champ électrique purement normal en y = 0 et y = a.
8. Apartir des relations de passage rappelées en préambule, justifier « le métal considéré dans cette partie est
parfait ce qui impose un champ électrique purement normal en y = 0 et y = a ».
~ = f (y) exp{i(ωt − αx)}~ez . Qu’est-ce qui indique que l’onde n’est pas plane ?
9. On pose E
10. En utilisant l’équation de propagation, déterminer l’équation différentielle vérifiée par f (y).
ω
11. Montrer, en considérant la condition aux limites f (0) = 0, qu’il ne peut y avoir des solutions que si c > α.
12. Ecrire la forme des solutions et montrer que la seconde condition aux limites f (a) = 0 conduit à une quan-
tification de α. Ecrire l’expression du champ électrique. On introduira un entier naturel non nul n et a.
~ associé à E.
13. Déterminer le champ magnétique B ~