1
INTRODUCTION
La partie introductive de notre travail comporte six points consacrés respectivement à la
problématique, aux hypothèses, au choix et à l’intérêt de l’étude, aux méthodes et techniques
de recherche, à la délimitation de l’étude et à l’annonce du plan.
1. PROBLEMATIQUE
Par définition, la problématique est la question principale autour de laquelle doit
tourner tout le travail, elle désigne aussi les problèmes que suscite une science ou un sujet
d'étude dans une idéologie donnée, c'est aussi l’art de poser clairement les problèmes et de les
résoudre1.
En droit congolais, la propriété intellectuelle est perçue sous deux aspects, à savoir la
propriété littéraire et artistique (le droit d'auteur) et la propriété industrielle. Notre étude ne se
focalisera cependant que sur la première forme, qu’est le droit d'auteur. Le droit d'auteur qui a
pour but de reconnaitre et de protéger les œuvres de l'esprit.
L'objet du droit d'auteur est l’œuvre de l'esprit. C'est l'une des catégories juridiques les
plus difficiles à définir. Pourtant, chaque fois que la qualité d’œuvre est contestée, le juge doit se
livrer à une opération de qualification (par exemple, dans un procès en contrefaçon, le
défendeur dit que l'objet reproduit n'est pas une œuvre). Selon le cas, il fera entrer l'objet
litigieux dans la catégorie d’œuvre de l'esprit originale ou au contraire lui refusera la protection
du droit d'auteur en le déclassant comme œuvre de l'esprit banale, voire en lui déniant toute
qualité d’œuvre2.
Le droit d'auteur correspond à un droit de propriété sur ses œuvres. Celui qui en est
titulaire est en mesure d’autoriser ou d’interdire toute reproduction ou représentation de
l’œuvre (sauf exception légale).3
1
P. RONGERE, Méthodes des sciences sociales, Ed. Dalloz, Paris, 1971, p.20.
2
P. TAFFOREAU et C. MONNERIE, Droit de la propriété intellectuelle, Ed. Gualino, Paris, 2015, p.68.
3
[Link]
2
Le droit d’auteur vise d’abord et avant tout à protéger l’expression des idées et non
pas les idées elles-mêmes. Donc, quand une idée se matérialise par exemple sous la forme d’un
texte ou d’un article scientifique, cette forme peut être protégée par la Loi sur le droit d’auteur
si certaines conditions sont respectées.
Une fois ces conditions remplies, le titulaire des droits d’auteur dans une œuvre
bénéficie de plusieurs avantages tant moraux que financiers lui permettant de tirer profit de
son œuvre, de la protéger et de contrôler l’exploitation qu’un tiers pourrait en faire 4.
« C'est le lot des intellectuels et des artistes d'être inquiets ». Cette citation tirée d’un
roman d’Alice Parizeau pourrait très bien résumer le sentiment de certains auteurs et artistes
aujourd’hui. En effet, le droit d’auteur est à la croisée des chemins et fait souvent parler de lui
que ce soit dans la presse grand public ou dans des publications juridiques. Les auteurs sont
aujourd’hui fort inquiets de ce qui va advenir les concernant5.
C’est ainsi qu’un mécanisme de protection du droit d’auteur est mise en place à savoir la
gestion collective du droit d’auteur.
Une organisation de gestion collective est, dans la plupart des cas, une entité à but non
lucratif; elle peut être privée ou publique. Selon le répertoire qu’elle représente, elle peut aussi
être appelée société de gestion des droits musicaux, organisation de gestion collective des
droits mécaniques, organisation de gestion collective des artistes interprètes ou exécutants ou
organisation de gestion des droits de reproduction.
La gestion collective revêt un caractère crucial car Il est possible que la gestion
individuelle du droit d’auteur et des droits connexes ne soit pas toujours réaliste. Par exemple,
un auteur, un artiste interprète ou exécutant ou un producteur ne peut pas contacter chaque
station de radio pour négocier des licences et une rémunération pour l’utilisation de ses
chansons. À l’inverse, il n’est pas pratique pour une station de radio de demander à chaque
auteur, artiste interprète ou producteur l’autorisation de diffuser chacune de ses chansons. Les
4
Ibidem.
5
T. VIERSET, Le droit d’auteur sur les créations de salariés. Une pierre d’achoppement à une harmonisation
européenne ?, Mémoire de Master, Université Catholique de Louvain, Faculté de droit et de criminologie, Année
académique 2013-2014.
3
organisations de gestion collective facilitent l’administration des droits dans l’intérêt des
deux parties et assurent une rémunération aux titulaires de droits.6
A l'heure actuelle, en RDC, l'unique organisation de gestion collective, jouissant
d'ailleurs d'un monopole, est la Société Congolaise des droits d'auteur et droits voisins,
SOCODA COOP-CA en sigle, au regard de l'article 111 de l'Ordonnance-Loi n°86-033 du 5 Avril
1986 portant protection des droits d'auteur et droits voisins en RDC, qui dispose : « La gestion
des droits d'auteur et des droits voisins ainsi que la défense des intérêts moraux et
patrimoniaux de tous les auteurs d'œuvres d'esprit sont confiées à un organisme national, seul
admis à fonctionner sur le territoire de la République Démocratique du Congo ».7
Cependant, beaucoup d’artistes font face à des difficultés financières en raison du
manque de structures de financement fiables, de la faible rémunération pour leur travail, et de
l’absence de systèmes de droits d’auteur efficaces pour protéger et rémunérer leurs créations.
Ce qui fait s’opposer deux écoles : la première est pour une libéralisation de la gestion
collective des droits d’auteurs et l’autre pour un conservatisme.
Les questions qui seront donc au centre de notre étude sont :
Comment est concrètement organisée la gestion collective du droit d’auteur en RDC ?
La libéralisation de la gestion collective serait-elle la solution miracle ?
Telles sont les questions qui feront l’objet de notre étude tout au long de notre travail.
2. HYPOTHESES
Plusieurs définitions ont été proposées autour du concept hypothèses. Cependant nous
retenons spécifiquement celle du professeur MULUMBATI. Selon lui l’hypothèse est la grande
interrogation que le chercheur se pose et à laquelle il s'engage de répondre par un certain
nombre d’investigation.8
6
[Link]
%20pas%20toujours%20r%C3%A9aliste
7
[Link]
randy-kalay/
8
N. MULUMBATI, Manuel de sociologie générale, Kinshasa, Ed. Africa, 2001, p.37.
4
L’auteur peut décider de gérer individuellement ses droits en autorisant lui-même
chaque acte d’exploitation. Mais dans certains cas, comme dit précédemment, il lui est
matériellement impossible de procéder ainsi tant les actes d’exploitation sont nombreux. C’est
le cas par exemple pour les œuvres musicales qui peuvent être diffusées régulièrement à la fois
à la télévision, à la radio, sur internet, dans des discothèques… La gestion collective permet
notamment d’organiser cette exploitation massive des œuvres. Elle peut concerner le droit
d’auteur comme les droits voisins.9
La nécessité de la protection des droits d'auteur et droits voisins en RDC se justifie par
un souci immodéré de renforcer le cadre de rémunération des œuvres de l'esprit, à travers la
gestion collective, dans un pays où il existe une créativité débordante.
Nous estimons, qu'en dépit de l'existence des instruments Juridiques en matière
d’œuvre de l'esprit, la protection des œuvres de l’esprit serait inopérante.
Nous rejoignons les propos du comédien Roch Bodo, coordonnateur du Collectif des
artistes et des culturels (CAC) qui déclare : «L’Ordonnance portant protection des droits
d’auteur et droits voisins qui donne le monopole de gestion du secteur à la Société congolaise
des droits d’auteurs (Socoda) est devenue quasiment obsolète. Elle nécessite impérativement
une mise à jour au niveau du Parlement. Les professionnels des arts et de la culture que nous
sommes sont prêts à apporter notre expertise pour engager des réformes solides qui vont
permettre aux artistes et entrepreneurs culturels de se retrouver ».
Nous pensons pour notre part que la libéralisation de la gestion collective n’est pas
forcément la solution miracle. En effet cette libéralisation pourrait avoir des effets encore plus
néfastes. Il est possible, avec un minimum de rigueur, d’expertise et de bonne volonté que
même dans ce système, les artistes bénéficient d’une rémunération quant à leur travail.
Ainsi, il faudrait pour notre part :
9
[Link]
5
Intégrer les NTIC dans la perception et la répartition des redevances sur les droits
d'auteur ;
Mettre en place un mécanisme de suivi efficace de la rémunération équitable due aux
droits voisins.
3. CHOIX ET INTERET DE L’ETUDE
A. Choix
L’étude d’un travail scientifique dans un domaine donné, nécessite un choix judicieux
des phénomènes d’actualité qui restent sans aucune solution depuis une certaine époque.
Le choix de notre étude n'est nullement le fait du hasard, il s'inscrit plutôt dans le
constat observé chez les titulaires des produits et services issus des œuvres de l'esprit dans la
société congolaise.
De plus, notre choix est conforté par le grand intérêt que nous portons aux œuvres
notamment musicales et cinématographiques quant à la valorisation que donne le
consommateur s’agissant de la protection du droit d’auteur sur ces œuvres de l’esprit.
B. Intérêt
a. Intérêt personnel
L’intérêt personnel que nous portons dans ce travail est celui d'acquérir des
connaissances juridiques suffisantes permettant d'appréhender la notion d’œuvre de l'esprit, le
régime juridique des droits intellectuels en droit positif congolais mais également les divers
moyens utilisés par l'Etat afin de protéger lesdits droits.
b. Intérêt scientifique10
Dans le souci de recourir à la science afin de vouloir expliciter certains faits d'ordre
social, un intérêt scientifique est né en nous en vue de tenter d'enlever cette opacité qui du
10
Un sujet doit avoir un intérêt scientifique pour la société, car la science est faite pour la communauté sociale,
dont les préoccupations peuvent trouver solution dans la production scientifique. Lire à ce propos Le Guide de
Rédaction d’un travail de fin de cycle, Kinshasa, UPC ,Faculté de Droit, Année académique 2017-2018,Polycopié.
6
reste est presque injustifiable encore sur la manière dont fonctionnent les droits intellectuels
en RDC11 et la gestion collective en particulier.
Par ce travail nous tenons à apporter notre pierre à l’édifice afin pourquoi pas qu’il
constitue un cadre de référence pour les chercheurs désireux d’approfondir sur la
réglementation sur le Droit d’auteur.
c. Intérêt social
L’intérêt social que nous pouvons dégager dans la conception de ce travail est de
permettre à quiconque qui le lira d’être informé, un tant soit peu, sur les notions importantes
liées au Droit d’auteur.
Dans un environnement caractérisé par un contexte économique présenté à travers
l’instabilité politique avec le bas niveau de la population, à cela s’ajoute la méconnaissance des
lois en vigueur dans le pays, certains abus ont pris une certaine ampleur dans le pays. Ce travail
ce veut donc d’apporter des pistes de solution à ce fléau.
Ensuite, il a pour ambition d’éclairer l’opinion politique par le canal des décideurs, les
artistes, les auteurs et la population congolaise sur les orientations scientifiques à propos de la
gestion collective du Droit d’auteur afin que les créateurs vivent réellement de leur travail.
A. Méthodes
Selon le professeur MBOKO Dj’Andima, la méthode est la marche rationnelle de l’esprit
pour arriver à la connaissance ou à la démonstration d’une vérité 12. Les méthodes permettent
en tant qu’outils et/ou approche de faire le traitement, l’analyse et l’interprétation des
données nécessaires à la rédaction.
11
D. TSHIKOLASONY Luvundo, Régime juridique des droits intellectuels en droit positif congolais : Le droit d’auteur
et le brevet, TFC de graduat, Université de Kolwezi, Faculté de Droit, 2015, p.3. ; Consultable sur
https//[Link]
12
J-M. MBOKO DJ’ANDIMA, Principes et usages en matière de rédaction universitaire, Kinshasa, Ed. CADICEO,
2004, p.21.
7
En effet il existe une multitude de méthode de recherche qu’il nous est donné de choisir
librement. Néanmoins la rigueur scientifique exige au chercheur de choisir des méthodes qui
cadrent avec son travail car tout travail scientifique doit suivre pour guider celui-ci.
C’est ainsi que pour mener à bien notre étude telle que présentée dans la
problématique et les hypothèses de recherche, nous feront appel à deux méthodes à savoir :
a. La méthode exégétique
Elle consistera à l’interprétation des textes de loi auxquelles nous feront recours pour
mieux procéder à l’élaboration de notre travail. Elle nous mènera à la compréhension des
textes par la recherche de l’intention du législateur et de la volonté l’ayant mené à élaborer la
norme.
b. La méthode comparative
La méthode comparative, nous permettra de nous informer sur la manière dont ce
régime est organisé dans un système autre que le nôtre. De la comparaison du droit congolais à
celui d'autres pays résultera probablement des ressemblances et des dissemblances.
Le droit belge et français, étant tous deux de la famille Romano-germanique tout
comme le droit congolais, ferons principalement l'objet de cette étude comparative dans la
matière intéressant notre domaine de recherche.
B. Techniques
Selon le professeur MUNAYI Muntu-Monji, les techniques sont des outils mis à la
disposition de la recherche et organisés par la méthode dans ce but. Elles sont limitées en
nombre et communes à la plupart des sciences sociales13. Dans le souci de collecter des
informations pertinentes en rapport avec notre étude nous avons utilisés les techniques
suivantes : la technique documentaire, la technique d’observation directe et la technique
d’interview.
13
Th. MUNAYI MUTU-MONJI, Cours d’initiation à la recherche scientifique, Kinshasa, UPC, Faculté de droit, Année
Académique 2019-2020, p.38.
8
a. La technique documentaire
Pour Madeleine GRAWITZ, la technique documentaire consiste en une fouille
systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche 14. Il s’agit
des ouvrages, des mémoires, des rapports et notes des cours ainsi que des sites web.
b. Technique d’observation directe
Selon QUIVY « l'observation directe est celle où le chercheur procède directement lui-
même au recueil des informations sans s'adresser aux sujets concernés. Elle fait directement
appel à son sens de l'observation. Les sujets observés n'interviennent pas dans la production de
l'information recherchée. Celle- ci est manifesté et prélevée directement sur eux par
l'observateur».15
4. DELIMITATION DE L’ETUDE
A. Délimitation spatiale
Pour la délimitation spatiale, nous examinerons les faits qui se sont déroulés tant sur le plan
national qu’international en matière de droit d’auteur sur la gestion collective les œuvres de
l’esprit.
B. Délimitation temporelle
En ce qui concerne la délimitation temporelle, nous analyserons les faits allant de 1886,
année de l’adoption de la convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et
artistiques, jusqu'à nos jours.
5. ANNONCE DU PLAN
En se rapportant à la problématique, notre travail s’articule sur deux chapitres, chacun
comportant des sections et des paragraphes.
14
M. GRAWITZ, Méthodes des sciences sociales, Paris, Ed. Dalloz, 1976, p. 751.
15
R. QUIVY, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Ed. Dunod, 1995, p.164.
9
Le premier cernera les notions générales autour du droit d'auteur et les droits voisins. Le
second, quant à lui, sera dédié à la protection des œuvres de l’esprit à travers la gestion
collective.